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 [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.

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Mélnaica
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MessageSujet: [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.   Mar 20 Déc 2016 - 19:57



Kÿrianos de la première ennéade de Bàrkios
Neuvième année du Onzième Cycle

- Firïtya uasë’ava. Orwe otoro, encolina a taurë ; me varyatyë.
tradoc approximative:
 

Ta main râpe contre l’écorce du grand Chêne alors qu’elle te revient. Tes pensées vont à tes frères et sœurs de vert et de brun vêtu, rentrant dans leur première saison de sommeil depuis le dernier souffle destructeur. L’Anaëh fut, l’Anaëh est et l’Anaëh sera pour toujours. La forêt meurt et renaît continuellement au cours des cycles ; ce n’est que question de temps avant que l’univers ne recroise le tête-à-queue de l’Ouroboros et que les cicatrices s’effacent. Ce ne serait que question de temps si les êtres ayant posé pied sur cette terre ne faisaient qu’y marcher. La terre martelée un jour finit par étouffer. La terre brûlée à chaque coup de vent manque de s’effriter. Mais l’une comme l’autre dans un rappel du danger, au bout de l’épreuve se transforment en pierre.
La pierre est un cadavre, le cadavre d’une terre martyrisée. La pierre est la fin d’une vie ; fin d’une vie et queue du serpent ailé. Queue du dragon et donc tête de la bête. La pierre est une coquille, renfermant en son sein le cœur battant d’une nouvelle litière ; mais comme la coquille, la pierre ne rend vie qu’après avoir été brisée.
Poussières de roches tombant dans l’humus, juste remise à la terre de ce qui lui appartient, tel est le sacrifice qu’il te saigne d’un jour observer. Jusqu’à ce beau jour le noir de tes yeux vibrera de peine plus que de bonheur, de colère à la mesure de ton ardeur. Jusqu’à ce beau jour tu marcheras avec mélancolie, et gaspilleras ta jeunesse à miroiter une autre vie. Une véritable vie pour ton peuple.

D’une branche à l’autre tu glisses vers la terre, regagne la chaleur de la peau du monde. Genou au sol, doigts s’enfouissant dans l’humus encore pétrifié, tu te désoles de ce que l’Anaëh a dû encore endurer. Tu te désoles de ce qu’elle devra encore subir, la prochaine fois que ses enfants feront sourde oreille à ses avertissements. Elle pourrait ne renaître que pour mieux être à nouveau détruite. Tu pourrais au final n’être que celui qui l’amène à souffrir, mais ces sombres idées ne suffisent pas à te faire faiblir. Un jour de plus, comme chaque jour depuis la guerre, tu entames une nouvelle traversée du lac de cendres. Dans quel sens cette fois ? Vers lequel de tes frères cette fois ? Tu les écoutes, tu les appelle et demandent à ce qu’ils te guident. Vers les plus jeunes, les plus fragiles, les courageux maladifs tentant de briser la gangue d’argile cristallisé contre laquelle leurs jeunes cotylédons se brisent et que leurs racines n’arrivent pas à creuser.
Allant dérober l’humus là où il est encore abondant, écrasant le présent de feuilles mortes que leur font leurs aînés pour qu’ils puissent plus facilement l’assimiler, tassant ou brisant les cristaux selon qu’ils soient enclume ou crevasse, tu sauves toutes les vies qu’il t’est donné de sauver, mais au nombre de premiers chants faisant office de dernier, tu sais que ta seule présence est loin d’être assez.

Parfois il te vient l’idée d’abandonner. Parfois il te vient l’idée d’abandonner ta propre vie à l’Anaëh. Souvent tu réalises à quel point tu es insignifiant devant la Prime Forêt, et ces fois-là tu te laisses aller à rêver. Tu te laisses volontairement sombrer, jusqu’à ce que ton âme s’en trouve à se réjouir de ta petitesse devant votre Mère Déesse. Ces fois-là tu fais tinter les prismes pour jouer sur la lumière, et l’espace de quelques instants faire disparaître la misère. Tu redessines du peu de vert caché dans la cendre une Anaëh resplendissante, une fausse immensité dans laquelle tu te perds. Tu te perds petit point dans cette grande image, mais cette grande image tu en es à l’origine.

Petit points que sont les druides dans la grande image de l’Anaëh , c’est pourtant à vous qu’elle a confié sa santé.
Ces fois-là, tu refais la réalisation qu’aussi minuscule que soit la pièce, sans elle le puzzle n’est jamais complet.


Dernière édition par Mélnaica le Sam 24 Déc 2016 - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.   Mer 21 Déc 2016 - 19:50

Une silhouette glisse aux abords d'un champ de ruine. courtaude. frêle.

Elle fredonne un chant que sa mère connait bien. Une berceuse si douce à l'oreille.

Quelle âge peut-elle bien avoir? bien moins de la centaine en tout cas.

Entre ses petites mains, une fiole en terre cuite soigneusement ouvragé. De quoi boire une gorgée ou deux. guère plus.

Elle est triste. Mais elle ne pleure pas. Elle a promis d'être courageuse. derrière elle, les quatre haute ombres se dessinent à peine. Arc et coutelas de silex sont visibles, prêts à l'emploie. Elle les sait prêt d'elle mais ne leur prête pas vraiment d'attention, prise dans la contemplation morbide de ce sol cendre à travers des yeux d'enfant.

Une main fini par se poser sur son épaule. Le sourire de son grand frère semble lui promettre que tout irait bien, que rien était perdu, que ce n'était qu'une goutte de pluie sur un océan gigantesque. Elle lui sourit en retour.

"C'est là-bas?" murmura-t-elle en pointant le centre du cataclysme.

Il acquiesça. Elle se remit en marche, ses quatre ombres sur les talons.

Elle trébucha sur une épaisse racine, rattrapée in extremis avant que son précieux bagage ne lui échappe. Elle s'excusa.

Et devant eux, un grand chêne. Elle allait s'approcher pour verser le contenu de sa jarre au pied de l'arbre quand le profil d'un étranger fit son apparition. La petite ouvrit de grand yeux fasse aux tatouages qui recouvraient son corps et son visage, ses longs cheveux roux rendant encore plus prenante l'expression de ses yeux mordorés.
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MessageSujet: Re: [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.   Jeu 22 Déc 2016 - 14:59

Un grain de sable dans ce désert de tristesse. Petite chose insignifiante et paradoxalement composante fondamentale. Tu t'en reviens vers le frère que tu as quitté, désireux de retrouver son ombre, son regard et sa voix. Regard affligé de son morose habituel, tu tends la main, encore une fois, vers ce Chêne hors normes. Ton obélisque, un géant se jetant vers le ciel comme pour en voler la brillance. Un monument en l'honneur de l'espoir nourri par l'un de tes jeunes ancêtres. Un témoignage de foi et d'abnégation te rappelant chaque joue que dans ce combat, tu n'es pas seul.

Tu n'es pas seul. La Mère te tient contre sa poitrine. Les mains de tes frères et soeurs enlacent les tiennes, et pour peu qu'ils ne te lâchent, pour peu qu'un accident vienne à survenir et que tu doivent tomber, alors Kÿria t'a offert des ailes qui te porteront pour le reste de ton éternité.

Tu n'es pas seul. Ça et là craquent les fusains et murmurent les buissons. Le peu d'yeux que possède encore l'Anaëh en ces terres ravagées, elle les garde grand ouverts. Sa complainte endeuillie n'est jamais qu'une exhortation. Jamais ingrate, jamais égoïste, la Prime Forêt dans sa grande tristesse prend le temps de remercier ceux des fils de Kÿria prenant le temps de lui rendre tout ce qu'elle ne peut plus donner.
Tu n'es pas seul, te rassure ton frère, dans une vaine tentative de chasser le ressentiment que savoir et jugement t'ont mis au coeur. Tu n'es pas seul, il psalmodie pour mieux t'en persuader. Et tu le crois sans pourtant t'en réconforter. Triste sourire t'en trancherait presque le visage. Non, tu... vous n'êtes pas seuls. Mais combien êtes-vous ? Combien d'âmes dévouées à guérir la forêt pour combien d'autres pleurant des larmes de crocodile face à un mal qu'elle s'approprient sans le connaître ? Combien d'enfants sincères pour combien de parasites hypocrites ne méprisant la guerre que parce qu'elle menace leur saint confort. Combien de coupables pour combien d'innocents ?

Et comment seulement juger de qui est innocent ?

L'innocence. La pureté d'âme. Ce zeste d'inconscience rendant plus éclatant le moindre trait de courage. Cette vertu que la Prime Déesse tenta de vous insuffler en vous appelant ses enfants.

Une goutte d'eau portée par un grain de sable. Une seule et unique gorgée que pouvait se destiner la forêt si elle ne voulait pas épuiser la source de cet océan de sincérité. Une enfant parmi les enfants de l'Anaëh, un diamant brut comme vous l'avez tous été, et à la merci de cet improbable sculpteur qu'est la vie. Elle ignore encore tant de chose de son propre monde. Elle s'émerveille encore devant si peu et s'insurge pour un rien. Ignorante et curieuse, elle ne peut que nourrir passion pour l'Anaëh. Ainsi comme seul peut le faire un enfant elle t'attendrit, t'inspire un prière. Tu avances vers elle tout en quémandant à la mère que cette enfant à jamais voie son appétit entretenu par les chants de ses frères ; afin que jamais elle ne soit repue et ne trahisse. Tu avances vers elle jusqu'à lui faire face, accroupi pour que le reflet de ses yeux pare ton regard d'ébène de couleurs chaudes. Ô rareté, les coins de ta bouche se soulèvent en un timide, mais sincère sourire.

- Courageuse demoiselle, quel est ton nom ?

Tu romps un instant l'échange à la recherche du soutien de ses accompagnateurs. Tu laisses tomber tes paupières à mi-chemin, réduisant d'autant l'insistance de ton regard le temps qu'elle te réponde. Tu cherches sa confiance, tu cherches sa passion.

- Petite soeur, lève les yeux et vois comme le Chêne est grand. Crois-moi quand je te le dis, c'est lui qui veille sur nous. Mais petite-soeur, baisse les yeux et vois comme le jeune Ërbainiel est petit et fragile. C'est à toi pour l'instant de veiller sur ton petit-frère. Offre-lui un peu de ton eau et beaucoup d'amour, et alors vous grandirez ensemble ; et quand ses racines monteront vers le soleil, quand elles seront grandes et puissantes, pour te remercier il t'en fera un foyer.

Tu discoures tout en te levant, tend la main vers la minuscule tige. De miroirs et de rayons, petit fragment par petit fragment tu illustres ton propos. Tu bâtis de toutes pièces le potentiel futur du résinifère. Tu ne termines que lorsque ton dernier mot est prononcé, et aussitôt les énergies déplacées inversent leur inertie. La réalité reprend son équilibre le plus stable, ton image se déconstruit comme un château de cartes s'effondre. C'est au chevet d'une pousse à peine germée que tu auras envoyé la jeune Sylvaine s'affairer.
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MessageSujet: Re: [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.   Jeu 22 Déc 2016 - 20:13

En voyant approcher ce curieux personnage, elle recule d'un pas. Le trésors qu'elle tient entre ses mains, elle le sert contre son cœur, se détournant à demi pour faire de son propre corps un rempare entre lui et ce vase de terre cuite. Elle est frêle à un point que ce geste en devient risible. Derrière elle, en retrait, ses quatre gardiens ont sorti les armes, attendant de savoir quels sont les revendications de l'homme qui marchait sur ce tapis de mort. Mais l'endroit et paisible. L'étranger peu menaçant, aussi le laissent-ils approcher sans agressivité.

La petite se perd dans le regard sombre presque oppressant. Il y a quelque chose de froid chez cet étranger et dans sa simplicité, elle le sent sans une once d'hésitation. Elle détourne les yeux tout comme lui, impressionnée par sa proximité.

"Silën." commence-t-elle a bredouiller après un coup d'oeil à ses accompagnateurs. Mais lorsque le jeune arbre se déploie sous ses yeux, elle en oublie jusqu'à son malaise, la bouche entrouverte de stupeur... et lorsqu'il s'évanouit, elle met un petit moment avant de secouer frénétiquement la tête.

"Je peux pas lui donner de l'eau. C'est pour lui.
" ajouta-t-elle en pointant le grand chêne de sa fille main cuivrée. "Je voulais l'aider et le Sourcier à accepter juste pour lui. Je peux pas le donner à quelqu'un d'autre. Ce serait trahir la confiance de Meliën. Je serait changée en grenouille et des épines pousseraient sur mon cœur..." ajouta-t-elle avec un frisson en fronçant le nez.
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MessageSujet: Re: [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.   Jeu 22 Déc 2016 - 22:23


Espoirs brisés du simple hochement de tête d'un enfant. Tu soupires, faute de mieux, faute de pire avant de finalement reporter ton attention de la cadette aux aînés. Impuissant devant une promesse à laquelle l'enfant s'est déjà corps et âme accrochée, la sentence de ton regard se pose à présent sur eux, les mauvais guides.

Une fois relâchée, libérée et de ta pression et de celle de ses ombres, la petite fuit droit vers son oeuvre. Glacial coup de vent après les avoir laissé miroiter l'attendrissement. Tes oeillades ne sont maintenant plus que reproche et déception. Tu es jeune, probablement plus jeune qu'eux. Tu es petit, plus petit qu'eux, et pourtant tu sembles les regarder de bien haut. À tes yeux ils viennent de choisir d'abandonner un enfant pour nourrir un adute repus. À tes yeux ils se sont prouvés d'imbéciles bigots plutôt que des êtres de compassion. Ils n'écoutent pas la Mère, ils sont indifférents à ses appels. Ils n'écoutent que leurs aînés, se rendent esclaves de leurs traditions... exactement comme les elfes de pierre.

Heureusement leur traditions étaient-elles moins destructrices, ou du moins le paraissent-elles.

- Pauvre Silën. Déjà placée sous le joug de fausses doctrines et écartée du chant de Liltalaima par les voix des Anedhels.

Tu te contentes d'un murmure audible ; de deux mots, deux mots qui veulent tout dire, avant de leur tourner le dos et de lancer ton pas. Tu as grandi déçu par l'histoire de ton peuple. Malheureux paradoxe, c'est le sang que tu les a vu verser à la guerre qui renouvela ton peu de foi. Mais le deuil dure, le deuil s'allonge et ils semblent tous dans l'attente d'un quelconque miracle. La forêt combat difficilement le tapis de cendre, et trop rares sont ceux prêtant main forte aux rejetons de l'ancienne canopée à travers cette épreuve. Désabusé, un peu plus déçu chaque fois que tu oses reconduire la moindre de tes expectances, tu n'as plus le courage de rester dans l'attente. Faire ta part du travail n'est pas suffisant, pas quand personne ne semble comprendre l'étendue de l'effort à fournir.

Tu es fatigué, fatigué de te demander comment faire pour qu'ils comprennent. En cette heure tu es trop fatigué pour parler, trop fatigué pour continuer à lutter le moindre combat. Tu as besoin de lâcher prise, tu as besoin de repos, tu as besoin de laisser vagabonder ton esprit à la recherche de nouvelles forces.
Tu faiblis, et lorsque tu faiblis la bête reprend le pas. Ses griffes lacèrent ton crâne à la recherche d'un échappatoire. Ton totem dans sa véhémence ne comprends pas encore la douleur qu'il t'inflige. Votre symbiose n'est pas encore assez parfaite pour que le contrôle ne soit plus un combat, mais au moins la réflexion t'aura autorisé à trouver réconfort dans la puissance contre laquelle tu te brûles. Parce que le Wyvern tient à sa vie il tient à la tienne. Lorsque tu es faible et que le Wyvern se bat ainsi, c'est parce qu'il se sait fort. Il se sait plus apte à porter les charges sous lesquelles tu croules. À sa manière, qu'il en soit entièrement conscient ou non, Hurulocë te blesse pour mieux te protéger.

Les écailles transpercent ta peau, tes dents s'affinent et ton crâne se déforme. Ton armure prend possession de ton corps. Tes doigts s'allongent en de ridicules mains de chiroptère et ta colonne te perce le dos pour s'allonger en une queue aussi longue que ton corps. La douleur sera la même tant que l'entente ne sera pas parfaite. L'échange sera une courte éternité tant que vos esprits n'entreront pas en parfaite résonance ; mais il te porte tout de même, il t'emporte à travers les airs, là où les vents fouettent tes inquiétudes. Là où par sa faute tu as pris goût de réfléchir.
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MessageSujet: Re: [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.   Ven 23 Déc 2016 - 13:14

Le regard de l'étrange se fait plus dur à son refus. Mais cette fois c'est une colère enfantine devant la déception de quelqu'un qu'elle ne connaissait pas qui brouilla les traits de la jeune elfe. sans attendre, elle couvrit les quelques pas qui la séparaient du gros chêne. Entonnant le chant des Guérisseurs, elle versa une première rasade sur les racines affleurantes. Puis fit le tour du tronc pour en trouver une autre sur laquelle vider sa petite jarre.

Le chant de l'arbre se fit brusquement plus fort. Plus clair. Aussi compatissant que celui de la fillette. Revigorer par une énergie douce et bienveillante qu'il partageait de la voix aux jeunes pousses autour de lui, les incitant à tenir et à pousser. Lui qui était né du sacrifice était remercié par ses frères.

Baigné dans l'eau du Mirtil'Di.

Lorsqu'elle avait entendu les hurlement de la horde soufflés à travers la Symphonie, la jeune Silën avait senti cette gratitude. C'était pour cela qu'elle avait longuement insisté auprès du Sourcier pour qu'il lui laisse porter ce gage si loin de leur camp. Voilà des jours qu'elle marchait avec ses gardiens. Et enfin elle y était arrivé.

Le Mirtil'Di ne pouvait abreuver tout le sol du Lac de Cendre, alors ils avaient abreuver une voix puissante pour qu'elle guide et apaise ses frères.

Un souffle de vent balaya les branchage de l'arbre solitaire.

Silën sourit, oublieuse du druide qui, trop obnubilé par la rancœur de ses certitudes en devenait sourd à la sincérité des allants du cœur d'une enfant.
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MessageSujet: Re: [Lac de cendre] - Le grand sommeil des éveillés.   Ven 23 Déc 2016 - 15:30


Une alliée.
Une amante.
Une amie.
Une mère.
Une soeur.
Une compagne.
Une enfant.

L'Anaëh est tant de chose à tes yeux. L'Anaëh est tant de choses à ton coeur. L'Anaëh te tient tout entier en otage dans une prison de cristal. L'Anaêh est tout ce que tu as jamais été et tout ce que tu as jamais eu. Tu es son hérault, tu es son porte-parole, tu entends ses chants et ses plaidoyers comme seuls tes confrères le peuvent ; mais toute la dévotion du monde ne rendra jamais l'échec impossible. Ta compréhension plus qu'autre chose t'aveugle à leurs intentions. Tu es une jeune âme n'ayant plus pour repères que le chant des Ëalas. Tu connais la Symphonie mieux que tu ne connais ton propre langage... et à cause de cela tu pêches tant par orgueil que par manque de sagesse.
Tu n'es pas un elfe Mélnaica. Tu n'es plus un elfe Mélnaica. Tu ne peux pas te prétendre un Ornedhel lorsque tu n'as presque plus mémoire de ton père et de ta mère. Tu ne peux pas te prétendre un Ornedhel quand les pratiques de ton propre peuple t'inspirent dégoûtante confusion. Tu n'es qu'une moitié de Druide, la moitié tournée vers la mère. Tu n'es qu'un porte parole muet, incapable de porter le message à qui-de-droit. Tu ne pourras jamais faire entièrement office tant que tu n'embrasses pas entièrement ta nature première.

Tu fus un elfe avant d'être choisi, et tu fus choisi car tu étais un elfe.
Tu fus choisi pour marcher sur la corde raide, jouer les funambules une main tendue dans chaque monde.
 Apprentissage à peine complété, et enseignant perdu à jamais, motivé par un zèle trop orgueilleux, tu as mêlé ta douleur à celle des sacrifiés, et voilà que tu la déverses sur tous les imparfaits. Mais puis-qu’imparfait toi-même tu es, tu souffre deux fois chaque fois qu'erreur est commise et tu meurs quatre fois quand tu vois tes propres failles.
   Tu es druide, corps de deux esprits et voix de la multitude.
    Tu es druide, corps de deux esprits dont l'un s'est perdu dans la multitude.
     Le Wyvern sera toujours plus fort tant que l'Ornedhel ne sera pas elfe.

Si tu veux un jour toucher ton peuple, il faut d'abord que tu l'embrasses.

Une enfant dans sa négligence en a abreuvé un autre de bonheur plutôt que d'eau, pourquoi diable l'en blâmer ? La pluie finira bien par tomber.
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