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 On ne rentre jamais chez soi [Terminé]

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Jeu 5 Jan 2017 - 22:34


Automne – 7e jour de la 2e ennéade de Barkios
9e année du XIe Cycle
En vue de Beaurivages au retour de Nelen

La fraîcheur des embruns rougissait les joues de Cécilie alors qu'elle s'appuyait sur le bastingage du gaillard avant, un sourire paisibles sur le visage, inconsciente des reflets du soleil blanc sur l'eau calme ou du jeu de ses rayons dans les voiles. Le petit matin pointait à l'horizon. Et pourtant tout ce qu'elle sentait comme différence, c'était l'accalmie du vent nocturne et les échos du changement de quart sur le pont principal. La galère tanguait légèrement, ballottée par les flots et par les à coups des rameurs. Elle inspira à pleins poumons l'odeur d'iode qui l'entourait et souffla avec délectation. Il lui semblait qu'elle n'avait jamais été autant de temps sur un bateau que depuis que son mariage avait été décidé. Peut-être était-ce ça d'épouser un marin. En tout cas, cela ne la gênait pas, bien au contraire. Il lui fallait toujours près d'un jour pour s'acclimater au fait que son monde se mouvait en permanence, et tout autant pour se réhabituer au planché des vaches, mais perdue dans les rudes contrées Nordiennes, la prévenance des Missèdois lui avait presque autant manqué que la mer elle-même.

La voix du contre-maître rythmait les soupires des rameurs dans le dos de la demoi... de la dame. Dame... Baronne... Tout cela lui faisait encore une étrange impression. Le guérisseur du manoir avait accepté de lui préparer les mêmes mixtures que celles qu'elle prenait à Lourmel pour pouvoir dormir. Mais à présent, elle gardait toujours une fiole sur elle pour s'abrutir lorsqu'elle en ressentait le besoin. Suffisamment de choses s'étaient produites depuis son arrivée à Nelen pour qu'elle garde l'esprit occupé. Mélisande était restée sur l'archipel avec Azula... Elle n'avait plus qu'à espérer que ces deux là ne donneraient pas de problèmes à Piezzare. Mais dans les moment de solitude, lorsqu'elle repensait à cette nuit là, lorsqu'elle pensait au mal que cela faisait à Jindanor, elle se sentait sale... Elle se répugnait. Un sentiment de dégoût si fort qu'il lui retournait l'estomac, lui coupait le souffle et ne laissait que cette potion calmer son esprit.

Heureusement, ce matin là, son esprit vagabondait loin de cette pensée obsédante. Les sons de l'Olienne bondissaient et se brisaient sur les crêtes des infimes vaguelettes.

Quand on souffle sur les braises
Voilà que le vent rôde
Tourne contre la falaise
Que la marée taraude
Ce ne sont pas des larmes
Ni même de la rosée
Que mon visage réclame
Juste un peu de buée
Un peu d'eau et de sel
Juste pour me souvenir
Sous les échos de ce ciel
De mon enfance le sourire...

Alors qu'elle fredonnait à voix basse, de courtes mèches s'échappaient de la tresse qui glissait dans son dos jusqu'à ses cuisses, tirés de là par la brise et rassemblés par le sel. Elle tirait d'une mains pensive sur sa redingote, comme si cette courte veste pouvait l'aider à se sentir moins nue dans cette tenue extravagante.

Les Rivegeois sont croyants, mais ils sont également superstitieux. Nul capitaine n'aurait accepté de prendre à son bord une créature portant jupon. Si certaines femmes naviguaient depuis quelques années, même elles n'auraient pas oser porter une robe une fois en mer. Cécilie ne dérogeait pas à la règle. Que ce soit pour aller de Seram à Langehack, de Seram à Nelen ou ici, de Nelen à Beaurivages, elle n'avait pas mis le pied sur un navire sans s'être travestie. Mais malgré les nombreux jours qu'elle avait passé habillée de la sorte, l'habitude n'y était pas... Vêtue d'un court pourpoint blanc qui s'arrêtait à la taille et d'une redingote noir qui, Néera la pardonne, ne lui arrivait même pas aux genoux, elle avait l'impression de sentir peser des regards sur ses jambes à longueur de journée. Des chausses rouge vif qui la collaient comme une seconde peau et glissaient dans des botes de cuir haute du même noir que son par-dessus. Même cette journée qu'elle avait passée à chevaucher avec Mathilde de Clairssac, elle n'avait pas été gênée...

Mais au moins cette fois, la fin du voyage lui donnait du cœur au ventre. Beaurivages... Enfin.

Elle aurait préféré que son retour se fasse dans des conditions plus festives, elle entendait déjà la voix glaciale de son père lui demander de quitter les lieux. Elle savait qu'à la Citadelle ne restait que Colombe et Gaël. Elle l'idée de retrouver son frère, elle était à la voix impatiente et terrifiée. Aussi étrange que cela lui paraissait, il lui avait manqué. Elle aurait aimé l'avoir près d'elle à Diantra... Mais il fallait qu'un de Laval reste à Beaurivages. Alors il était resté là-bas. Et ils ne s'étaient pas vu depuis Serramire... Et même maintenant, ils n'auraient que bien peut de temps. La présence de la jeune Baronne était demandée à Missède.

Enfin demandée... Grâce aux nombreux amis et admirateurs qu'elle avait toujours en Missède, Cécilie avait été bien vite mise au courant de ce que son père aurait voulu lui cacher. Le Comté au bord de la guerre civile. Théobald au plus mal – maintenant elle comprenait pourquoi il n'avait plus répondu à ses lettres depuis longtemps. Sa propre famille accusée à tort de deux assassinats. Son mari avait essayé de faire entendre raison à leur Duchesse, mais cela semblait peine perdue... Coincé entre un duché qui n'écoutait plus ses vassaux, la Ligue, les Marquisats du Nord et le Soltaar qui les conchiait, en l'absence d'un pouvoir Comtal établie et fort, le Conseil Exceptionnel semblait enlisé par certains côtés. Aussi s'était-elle permis, autant pour sa famille que pour Missède, de revenir dans la ville qui avait abritée ses premières années. Peut-être recroiserait-elle son premier maître de magie, ou des bourgeois et nobles qui l'avaient connu jeunette. L'enfant prodige qui se produisait dans les dîners mondains et les salons des grands noms de la ville avait bien grandie...

Mais il y avait plus fort à parier qu'elle soit reçue froidement par les gens du palais, son père compris. Elle ne comptait que sur la présence de son oncle pour réchauffer un peu ces retrouvailles. Elle n'avait jamais perdu contacte avec Renards. Ils étaient bien trop conscient l'un et l'autre de ce que leur correspondant avait à leur offrir. Elle dans ses arrangements commerciaux, lui dans sa flottes outrageusement nombreuse.

Quoi qu'il en soit, elle considérait ce voyage avec le plus grand sérieux. Elle connaissait de nombreuses personnes au Nord et son mari en connaissait tout autant au Sud. Elle avait même eu l'occasion de s'entretenir de façon informelle avec la Duchesse du Médian. Peut-être que sa présence alors que Gaël ne pouvait quitter Beaurivages raviverait de vieilles rancœurs familiales, mais elle ne pouvait pas laisser Missède livrée à elle-même si elle avait de quoi éclairer, même un peu, leurs décisions.

Alors elle était là. Suspendue sur les flots.Essayant de ne pas s'en faire pour des choses sur lesquelles elle n'avait aucune prise.

Elle se contentait de ramener à sa mémoire les échos des couloirs de pierres et les rires de ses frères, sœurs et cousines lorsqu'elle était autoriser à venir à la Citadelle pour les beaux jours. Le rythme du ressac depuis sa chambre tournée vers la mer. Le fracas des objets qui tombaient et se brisait lorsqu'elle ouvrait les volets les soirs de tempêtes.

Son sourire s'étira plus encore alors qu'elle revivait ses lointains souvenirs. La voix de Lyanna et Maélyne se chamaillant sur la plage sous la Citadelle lui arracha quelques éclats de rire.




Dernière édition par Cécilie de Laval le Jeu 26 Jan 2017 - 23:12, édité 1 fois
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Ven 6 Jan 2017 - 13:15




L'embrun marin frappait le visage endurcis du jeune chevalier comme l'on frapperait un voleur de ses quinze coups de fouets. Il se trouvait assez mal à l'aise sur le navire, bien que cela restait soutenable, c'était certainement dû au fait qu'il préférait porter son armure à n'importe quel autre pourpoint de cuir ou de tissus. Une habitude qu'il avait pris à force de se "pavaner" avec celle-ci.

D'une certaine manière il s'en maudissait aujourd'hui... Il lui aurait suffit d'un coups de mer un peu trop violent pour passer par dessus bord, et avec un tel attirail, il était fort à parier qu'il n'aurait su rester à la surface très longtemps. Et lorsque l'on sait qu'il avait sauté dans un fleuve en crue pour aller sauver un blondinet, l'on ne pouvait réellement douter de ses capacités en tant que nageur. Alors pour de nombreuses occasions il ne s'autorisait à porter que ses frusques orangées et bleutés, se délestant de cette armure d'acier pour la ranger en lieu sûr dans les quartiers qui lui avaient été attribués. Et par les dieux il se sentait léger, il avait manqué par deux fois d'éborgner quelqu'un, plus réellement habitué à se balader sans celle-ci... Et ce depuis qu'ils avaient pris la mer. Autrement sa taille n'aidait pas non plus, le navire n'était pas réellement taillé pour accueillir ce genre de mastodonte et le passage des portes se faisait souvent plié en deux, ou courbé. Et cela avait le don de lui casser le dos plus que de raison.

Autrement, cela faisait plusieurs jours... Peut-être énnèade ? Il ne s'en rappelait plus réellement, il n'avait plus la foi de compter les jours... Mais cela faisait trop longtemps à son goût qu'il n'avait pu s'entretenir seul à seul avec Cécilie, passer... Ne serait-ce qu'un peu de temps ensemble, oublier les formalités, se moquer de son nouveau mari, ou de ces demoiselles qui se pavoisaient devant le chevalier qu'il était. Il rit légèrement, ce qui eut pour effet de surprendre l'un des matelots cirant le gaillard arrière où Jindanor se trouvait. Il était ainsi devant la barre, alors que l'un manipulait celle-ci pour garder le cap, lui s'était mis là, pour observer au travers les légères commissures présentes entre les voiles et les mats la Dame de ses rêves, et malheur pour lui mais ils étaient tout sauf chaste pour la plupart... Et cela le tournait en bourrique, il en avait même était jusqu'à maudire Arcam, qui devait bien se fendre la poire là haut ! Tséh...

Il ne savait réellement pourquoi mais les peu de fois où il l'avait aperçue dans cette redingote, il s'était pris à la regarder plus encore que d'habitude... Etait-ce à cause de ses jambes partiellement dénudées ? Au toucher de soie... Pour cette folle envie de poser son regard sur son postérieur ? Arcam, je te hais... Ou bien encore parcequ'il ne pouvait plus depuis quelques temps profiter de la vue qu'il posait sur elle ? Qu'elle que soit sa tenue ? Dans le fond... Il pouvait prétendre s'assurer ne pas la perdre de vue pour éviter qu'elle ne finisse par dessus bord, ou ce genre de chose, mais c'était là difficile de cacher ces quelques regards... Et lorsqu'il ne l'accompagnait pas personnellement, que ce soit sur terre ou sur ce navire, l'un de ses hommes de confiance était envoyé pour la suivre...
Oh oui, nous pourrions parler là d'une forme de paranoïa, mais lorsque l'on sait qu'elle a le don de s'attirer des emmerdes grosses comme des dragons, on a pour manie d'être UN PEU trop prudent. Mais cela ne changeait rien au fait qu'il devait respecter ce... Foutue protocole de merde... Et puis tout ces foutus badeaux crasseux et noir comme de la suie comme multiples témoins, sans compter sur le reste des hommes qui s'autorisaient à la reluquer.. Oh oui... C'était compliqué ces voyages en navire, et d'autant qu'il ne la voyait que rarement, sa jalousie et ses humeurs massacrantes se faisaient monnaies courantes... Aux frais de ses camarades et sous-fifres.

-Chevalier ? Une voix bien connue de Jindanor vint tinter non loin, sur le pont supérieur juste devant le gaillard arrière, penchant la tête il posa son regard sur celui-ci, tentant attentivement l'oreille, le vent qu'ils pouvaient prendre sur ce gaillard arrière lui assourdissait parfois ceux-ci, sans compter l'sel et les braillements des rameurs. Je crois qu'on a un tantinet d'problême en perspective.

-Quoi encore... ? Soupira Jindanor, l'air agaçé, son visage se faisant d'un coups plus dur. Comme si cela était monnaie courantes voyez-vous ?

-C'est Georges, le gaillard nous fait une crise. Il parlait là très certainement de son compagnon... Ce cheval qui avait su le porter pendant le tournois, l'amener à de nombreux endroits, et depuis qu'il l'avait acheté, l'animal avait tout aussi sû montrer qu'il avait au moins autant de carractére que son propriétaire, aux grands malheur des autres...

-J'arrive. Dit-il assez sèchement, déboulant les quelques marches menant au pont avec une rapidité affolante, alors que notre très cher Anthoine filait déjà dans les ponts inférieurs, se rendant tout aussi rapidement dans la soute, là où se trouvait la monture du géant... Il n'avait jamais réellement accepté de la laisser à terre, que ce soit à Nelen ou à Beaurivages, et même s'il n'avait jamais voulu l'avouer, la bête avait une sainte horreur des traversés en mer... Aussi claquait-il souvent des sabots avec force contre les poutres de la soute, ou ce genre de chose, rien de bien méchant dans l'fonds, mais cela pouvait vite virer au drame si par malheur celui-ci y mettait toute sa volonté..

C'était plus là des signaux d'alarmes, pour que son compagnon vienne s'occuper d'lui, lui faire ses papouilles, ce genre de chose... Non parceque niveau jalousie, l'Georges n'est pas à demander son reste.

Jindanor arriva quelques instant après Anthoine, voyant déjà les quelques "dégats"... L'animal avait de nouveau frotter ses sabots sur le sol, raclant son crottin et la paille avec effectivité, envoyant le tout par delà sa zone de "repos", et s'était même permis de mettre quelques coups de sabots dans l'une des poutres soutenant le pont supérieur, y laissant la marque d'un fer un peu trop marqué au goûts de Jindanor, de quoi avoir laissé des oreilles siffler et s'inquiéter quelque peu...

-Georges ! Rah ! Foutue bourrin, arrêtes donc ce bordel ! Va te mettre à ta place ! Commença-t'il d'une voix grave et portante, plus grave qu'à l'accoutumée, et plus sèche aussi, c'était certainement l'heure à une engueulade en bonne et dû forme ! Canasson buté ! Même un âne le serait moins que toi !

L'animal s'était vivement tourné vers l'ours qui lui arrivait à la mâchoire, reculant la tête avec une certaîne vigueur tout en faisant venir ses lèvres dans un bruit bien habituel des chevaux un peu trop rebelles. Un pouce vint s'insérer entre son encolure et son muscle, repoussant la bête avec une douleur suffisante pour lui rappeler qui était le patron, sans pour autant lui laisser de marques ou faire preuve de violence gratuite. Une bonne fessée en quelques sortes.

-A ta place ! Voilà... Bon gaillard, tu sais qu'il ne faut pas faire l'âne bâtté... Romain à du te l'expliquer assez souvent, foutus corgnaud !
Il vint lui flatter l'encôlure alors que la bête se calmait déjà, laissant simplement un hennissement sortir pour gratifier son maître d'un très probable "Corgnaud toi-même hé ! " Très vite rabroué par une tape sur l'épaule qui fit s'ébrouer l'animal.. Jindanor allait très certainement rester là, calmer la bête, s'occuper d'elle... De toute manière, à moins qu'ils ne traversent une tempête, ou qu'un navire ne vienne fondre sur eux pour s'emparer des richesses qu'ils transportaient, ils ne risquaient pas d'avoir besoin d'un si grand mastodonte que lui... Apporte moi le seigle Anthoine, s'il te plaît.

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Ven 6 Jan 2017 - 19:52

La légèreté était cependant de courte durée. Non pas que quelque chose d'affreux soit sur le point de se produire... quoi que... La chose qui tambourinait dans les entrailles du navire était assez furieuse pour qu'on entende son affolement jusque sur le pont supérieur, alors provoquer une catastrophe semblait à peu près dans ses cordes.

La pauvre monture ne s'y faisait toujours pas. Tous ces jours passés dans une cale étriquée... Étrangement Poudreuse et sa paresse habituelle n'avaient pas grand mal à se tenir au repos pendant quelques jours, du moment qu'on la nourrissait comme il se doit et qu'on ne la laisse pas macérer dans la fange.  et son caractère doux ne mouftait pas... du moment qu'on la nourrissait suffisamment. Cécilie serait sans doute tombé dans le même travers si ces traversées n'avaient pas été l'occasion rêvée de lui accordé un temps libre infini. Temps qu'elle consacrait prèsque entièrement à l'entrainement. Mais quel entrainement pouvait bien suivre une aveugle née avec une cuillère en argent dans la bouche? Celui de l'esprit.

Depuis son premier sort, les forces magiques lui apparaissaient avec plus de facilité, comme si cette décennie qu'elle avait passée à répéter les bases lui permettait à présent une progression fulgurante. Lors du trajet qui l'avait mené de Seram à Nelen, elle avait même commencer à remarquer que la chaleur et les sons si particuliers de la magie l'atteignaient même lorsqu'elle ne soulevait pas volontairement ce voile qui l'en séparait. Les mélodie des esprits glissaient dans l'air. Les volonté fortes chauffaient sa peau de façon diffuse. Assise à l'air libre, appuyée sur le bastingage ou dans les quartiers qu'on lui avait attribué, à elle et à Rose, elle répétait les gestes et les notes qui influençaient toutes ces mélodies dansantes.

Lorsque sa concentration flanchait de trop, elle laissait son esprit vaqué à la musique, loin des problème de son quotidien. C'était comme si, sur la mer, rien ne pouvait l'atteindre en fin de compte, si ce n'était ces petits tracas vestimentaires.

Dans les profondeurs du navire, la bête bourrait toujours. Avec un soupire, elle délaissa son perchoir pour se tourner vers Rose, assise à côté d'elle dans un accoutrement similaire, occupée à tresser une petite pelote de laine pour passer le temps. La jeune suivante se releva, prenant le bras que son amie lui tendait.

"Allons voir ce pauvre Georges avant qu'il démonte l'entièreté de ce navire." sourit la jeune dame.

Tournant le dos au ciel et à l'air frais, les deux femmes entrèrent dans les labyrinthes de bois et d'odeurs rances que formaient les entrailles de la galère. Tentant d'ignorer la présence des marins, Rose gardait le regard obstinément baissé à quelques pas devant elle, paraissant incroyablement renfermée au bras de la... Baronne... qui gardait tête haute et doux sourire, inconsciente des regards et des parcelles de peaux câlleuses et dénudées qui l'entouraient.

Après une porte basse et plusieurs escaliers raides - un vrai parcours du combattant si on ajoutait la sueur, le vinaigre et l'odeur des bêtes - elles mirent pied sur la parcelle de cale où était gardé les chevaux.

"Bonjour Anthoine." sourit Rose avec son entrain des matins heureux à l'homme qui plongeait le bras dans le coffre de seigle pour en tirer une mesure.

Cécilie fit échos à son amie avant d'ajouter avec un sourire amusé "Alors c'est vous qui prenez soins des montures cette fois. Nous avons entendu du chahut. Je crois que Georges à besoin d'un peu plus de compagnie si nous voulons arriver entier..."

Le lieutenant, après avoir réussit sans trop se faire voir à détourner les yeux de Rose - en même temps avec une aveugle... - se racla légèrement la gorge, à moitié embêté.

"Ha vous avez raison dem...e. Mais Messire Numanor est avec lui maintenant. ça devrait aller."

Elle laissa échapper un faible "oh..." impliqué sans pour autant tourné les talons, continuant la discussion sur l'état des bêtes et la situation de leur gardien d'un ton badin. Tant et si bien qu'avec le seigle, Anthoine ramena deux imprévus supplémentaires.
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Dim 8 Jan 2017 - 0:58




Ce qui est bien dans une cale, c'est que même si quelqu'un est à dix mètres de vous, elle est généralement remplie à tel point qu'il est difficile de l'entendre, alors quand notre cher Anthoine s'était chargé de la corvée demandée par son camarade, et qu'il y passa presque cinq minutes, tout ça pour un peu de seigle rappelons-le, Jindanor se demanda bien ce qu'il pouvait encore branler..

Bien qu'il eut quelques idées sur la question, celui-ci les élucida bien vite lorsque Georges lui fit comprendre que réfléchir ne lui permettait généralement pas de perpétuer ses gratouilles et caresse que la bête affectionnait tant. Autant vous dire que le géant sentit le coup d'épaule jusque dans ses bottes. Il ne se retint pas de lui rendre l'amour dont il lui avait fait part, avec autant de vigueur, l'animal frottant légèrement de son sabot après cet acte, alors que le chevalier s'attelait à lui rendre quelques gratouilles à nouveau, calmant assez rapidement la bête, qui tenta dans un excès de franche camaraderie de voler le chapeau du Chevalier... Chapeau qui n'existait pas, considérant donc le cuir chevelus de ce pauvre jeune homme comme un tas de paille aux délicâtes fragrances... L'homme venant bousculer la mâchoire de la bête en grommelant.

-Georges, ce que tu es peu être lourd quand tu t'y mets... Rah. Bon, ça arrive ce seigle ?! Si ça continue il va virer carnivore ce goinfre ! Anth-... Il n'eut pas à porter plus longtemps la voix alors que son camarade revenait de derrière quelques cargaisons et tonneaux.

-Humph, n'hurles pas, je suis là ! Lui lança-t'il avant de lui tendre un sac de cuir aux longues hanses du même matériaux, grommelant avant de secouer sa main droite, qui lui faisait quelque peu souffrir le martyr d'puis que cet imbécile avait manqué de se la briser en aidant Jindanor  quelques ennéades plus tôt. La faisant marcher comme tout un chacun le ferait pour s'assurer que celle-ci ne le faisait souffrir que lorsqu'il forçait sur ses muscles, il finit par soupirer calmement avant de reposer le regard sur le géant.

Gaillard qui lui regardait les deux femmes ayant suivis son compagnon, quelque peu décontenancé pendant un court instant, il en voulut presque outre-mesure lorsqu'il remarqua que l'odeur qui flottait dans l'air avait un de ces fumets de campagnes en plus d'une pointe de renfermé. Par principe il s'inclina légèrement devant Cécilie et Rose, accordant aux demoiselles un sourire franc et posé.

-Je... Ne m'attendais pas à vous voir, je paris que l'état de Georges vous à inquiété ? Il ne faut pas il n'a pas encore coulé ce navire. Il glissa son regard sur Rose, celle-ci toujours au bras de la Dame, semblait avoir traversée un couloir de la honte, le rouge tachant encore légèrement ses joues. Tout va bien Rose ? Il sourit en sa direction, légèrement amusé de la voir dans cet état.

Alors qu'il patienta calmement sa réponse, Anthoine lui s'était tourné vers la bête, venant prendre la place de Jindanor aux côtés de celle-ci, flattant son encolure avec une certaine habitude, bien qu'il s'occupait de cette créature, il ne pouvait s'empêcher de poser un regard sur Rose, toujours ce même regard, hésitant et pourtant directe. C'était son petit côté fragile qui pointait le bout de son nez, il craignait cette femme comme il pouvait l'aduler. De une car il savait qu'elle était très certainement la seule à avoir sortie Jindanor de ses gonds ( et à en être ressortie vivante, et en un seul morceau... d'autant plus incroyable), et de deux parce qu'elle avait un de ces pouvoirs sur lui-même qui le faisait trembler rien que quand il y pensait.

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Dim 8 Jan 2017 - 1:43

Cécilie sourit malgré elle en entendant l'éclat agacé de son chevalier. Il était décidément égal à lui-même... Le même qui passait et repassait dans la cour du château de Lourmel ou dans ses couloirs, traitant ses guêtres et marchant d'un pas décidé qui tambourinait sur le sol comme s'il se préparait à lui faire regretter la moindre inégalité. Lorsque son accompagnatrice s'immobilisa, elle tendit mine de rien sa main libre, espérant qu'il lui fasse l'honneur d'un baise main. Cela ne pouvait être qu'en tout bien tout honneur puisqu'elle était marier à présent.

A son bras, elle sentit Rose se raidir légèrement à la question qu'on lui posait. A y penser, elle devait, plus encore qu'une aveugle, être rendue mal à l'aise par une telle dégaine, Cécilie ne pouvait imaginer une autre raison.  

« Oui-oui. J'ai juste hâte que nous nous retrouvions en meilleure compagnie... Sans offense pour vous ou vos hommes. » ajouta-t-elle à l'attention de l'homme qui était depuis bien des ennéades chargé de la sécurité de la baronne... Et dire qu'elle avait toujours du mal à savoir si elle devait le tutoyer comme le bûcheron qu'il était un an auparavant, ou le vouvoyer avec emphase comme le chevalier lige et responsable de la garde personnelle de la baronne qu'il était à présent... Dans le doute, après la frayeur qu'il lui avait faite lors de leur dernier – et bref – entretient en tête à tête, elle avait décidé de le vouvoyer et de tenter une certaine neutralité... Après tout, Cécilie ne parlait plus du tout de lui... Si elle en avait un jour parlé. Alors quoi qu'il se passe ou quel que soit son idée, elle ne voulait pas que sa plus fidèle amie soit au courant... soit. La jeune femme avait fini par en prendre son parti... Même si elle avait parfois l'impression que quelque chose s'était durablement brisé entre elle-deux.

Mais là encore, son amie n'en parlait pas...

« Tu es dure, Rose, pas une seule personne n'a eut le moindre mot ou le moindre geste déplacer envers nous. » sourit la jeune aveugle sur un ton léger.

Rose dut se pincer très fort les lèvres pour ne pas répondre du tac au tac. « Pour les mots et les gestes je ne dis pas. Mais crois, moi, tu es bienheureuse de ne rien percevoir de leurs regards. » A la place elle laissa plutôt son amie essayer d'oublier ce qui devait être pour elle une insupportable puanteur en continuant à badiner.

« Mais tant qu'à faire, je préfère m'inquiéter de Georges avant qu'il ne brise quelque chose d'irréparable. Le Capitaine Tores vous en veut déjà assez pour les traces de fer-à-cheval dans la base de son mât... » ajouta-t-elle. « Et puis cela me permet de prendre également des nouvelles de Poudreuse. Je ne voudrait pas que Maélyne regrette de m'avoir f... »

Elle sursauta brusquement. Les renaclements, les bruits de sabots, les claquement de crin. Georges avait tout de même la bougeotte... et un cri de douleur contenu en un viril 'Umpf' venait de lui indiquer que le pied ou la main d'Anthoine avait assez probablement subit un funeste destin à cause d'une inattention.

En effet, Rose fut au première loge pour voir Anthoine faire un bon sur place après un bref coup d'oeil vers elle...  c'était bien la main que le canasson venait de malmener... Et la mauvaise de surcroît.

« Anthoine !
-ça va... » répondit une voix crispée

Ce qu'elle pouvait détester ce genre de scène... Rose avait fait un pas en avant, lâchant son bras. Et à part la note de souffrance dans la voix d'Anthoine, elle n'avait pas la moindre idée de son état...
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Dim 8 Jan 2017 - 22:49




« Oui-oui. J'ai juste hâte que nous nous retrouvions en meilleure compagnie... Sans offense pour vous ou vos hommes. » ajouta-t'elle à l'attention de Jindanor, celui-ci l'observant en opinant légèrement du chef. Il ne pouvait qu'imaginer la situation dans laquelle cela mettait cette demoiselle, après-tout, un navire n'avait pas réellement de quoi plaire à toutes les fleurs de la gente féminine. Et de ce qu'il avait pu personnellement remarquer des coups d'oeils déplacés de certains gaillards de ce rafiot, il ne pouvait qu’acquiescer. Il la savait aussi balancée dans les termes qu'elle devait utiliser à son égard, et cette gueulante qu'il avait poussé tantôt avait très certainement dû poser quelques tensions entre eux. Et ce n'était pas totalement pour lui déplaire, dans le fond celle-ci l'avait poussé à bouts et avait même tenté de l'éjecter de ce qu'il avait durement acquis... N'importe qui se serait emporté ! Du moins était-ce là ce qu'il espérait.

-Je ne peux que comprendre. Laissa-t'il glisser, en l'observant avec toujours ce même sourire, il ne pouvait réellement lui vouloir au fond, mais il savait aussi que toute forme d'amitié ou de proximité avait été tuée dans l'oeuf lorsqu'il s'était mis hors de lui.

Il dériva son regard sur la Dame qu'il était dorénavant chargé de protéger, et il en était honoré, pour plusieurs raisons : Il pouvait tenir sa parole, et ne plus la quitter. Il s'assurait lui même que rien ne pouvait lui arriver, et pouvait passer ses nerfs sur les quelques camarades lorsque ceux-ci ne lui donnait pas assez de précision, ce qui l'amenait souvent à se reposer sur les conseils de l'ancien capitaine de la garde, qu'il n'a toujours pas laissé tomber d'ailleurs, lui envoyant quelques missives de temps à autres, à la grande surprise de celui-ci. Et pourtant, il en était aussi mal-aisé : Devoir la côtoyer sans arrêt était une forme de supplice, un doux supplice certes, mais un supplice quand même. Surtout en présence d'autres nobles ou membres de la cours de la baronnie. Et supporter les ronds de jambes, garder son sang froid lorsque certains se permettaient des rictus sournois en glissant des phrases qui n'auraient pas lieux d'êtres (Et se retenir d'éclater de rire lorsque Cécilie les rabrouer avec le talent d'une expérimentée bicentenaire.)

« Tu es dure, Rose, pas une seule personne n'a eut le moindre mot ou le moindre geste déplacer envers nous. » sourit la jeune aveugle sur un ton léger. Il ne put s'empêcher de penser qu'il valait mieux qu'il n'entende jamais parler d'une telle chose... La sentence saurait très probablement faire pâlir le Nifflheim.

Et lorsqu'il vit Rose pincer les lèvres du coin de l'oeil, il ne put qu'estimer ce qu'elle se retenait de claquer. Ce qui le fit perdre ce léger sourire un court instant... Ha par les dieux, s'ils n'avaient pas besoin de cet équipage il en aurait bien rossé une dizaine de ses membres en l'instant.

« Mais tant qu'à faire, je préfère m'inquiéter de Georges avant qu'il ne brise quelque chose d'irréparable. Le Capitaine Tores vous en veut déjà assez pour les traces de fer-à-cheval dans la base de son mât... » ajouta-t-elle. « Et puis cela me permet de prendre également des nouvelles de Poudreuse. Je ne voudrait pas que Maélyne regrette de m'avoir f... »

Jindanor ne put retenir un léger rire lorsqu'elle fit part des marques de fers sur la base du mât, il 'était vrai que l'animal y avait laissé sa marque de fabrique, et qu'il ne pouvait nier que c'était en partie sa faute, mais... C'était assez hilarant que de repenser à cet homme éberlué par l'état de ce mât. Mais lorsqu'elle sursauta, suite aux renaclements, les bruits de sabots, les claquements de crins, et le cri de douleur d'anthoine retenus dans un "Umpf" des plus viril, Jindanor se retourna vivement, serrant les dents en observant son camarade dont la main venait d'être malmenée ... Par le canasson affamé.

Cette bête était véritablement un poids lorsqu'il s'agissait de nourriture, et vu avec quel dévouement l'animal s'inquiétait de l'état de son camarade, Jindanor s'approcha, s'emparant du sac de seigle pour venir le poser à quelques pas de l'animal, grognant tout en lui faisant part d'un ordre clair.

-A ta place, Georges ! Foutue bourrique... Pas besoin de rabrouade physique pour que la bête comprenne son erreur, elle avait pris la main de notre cher Anthoine pour une légumineuse très certainement, et lorsque ses dents avaient manquée de cisailler les doigts de celui-ci d'un coups sec, celle-ci s'était arrêté presque immédiatement, réalisant peut-être qu'elle n'avait jamais mangée de légumineuse sur ce sol tanguant, ou peut-être simplement parce qu'elle avait très vite reconnue la main de ce pauvre Anthoine qui était presque un habitué à cela. La bête ne demanda pas son reste, reculant dans ce qui lui servait d'étable pour s'occuper à mâchouiller un peu du foin qui traînait encore là et qu'elle n'avait encore souillée.

Jindanor n'avait pas réellement pu s'inquiéter de l'état de la Dame, pour le coup son camarade méritait plus d'attention, ses doigts n'avaient pas été sectionnés coups de chance, mais sa main déjà mal en point n'avait pas été traîté avec beaucoup de tendresse, manquant de réduire ses phalanges en bouillies. l'un de ses doigt avait déjà viré au bleu rougeâtre, et le reste de sa main s'y voyait bientôt reconnues.. Rose n'était pas bien loin de lui, et Jindanor avait donc du passer entre eux, maintenant que la bête était occupé il s'était permis de s'approcher de son ami, vérifiant donc son état par extension... Rose tenait déjà la malheureuse main aux doigts (habituellement) fins d'Anthoine.. Maintenant ressemblant à quelques saucisses estréventines bien grasses.

-Bougre d'âne, ce bourriquot à encore manqué de te les sectionner... Qu'est-ce que tu fichais ? Je t'ai dis d'faire attention, cet idiot à tendance à ne plus penser que par son estomac lorsque celui-ci se met à gronder... Il observa la main d'Anthoine, celui-ci grognant à chaque fois qu'il tentait de bouger celle-ci, déjà qu'elle avait manquée de se briser il y avait peu, là c'était bon pour qu'on y r'garde de près. Rose... Il y a un médecin sur ce navire ? Avec un peu de chance ? Nan ? Autrement, occupez-vous de lui, vous voulez bien ? Je n'aimerais pas que ça vienne à gangrèner, il ne manquerait plus que ça... Il posa son regard sur son camarade qui pestait intérieurement contre lui-même.

-Bordel, désolé... J'ai...Eu la tête ailleurs. Georges n'y est pas pour grand chose, en vérité, il aurait bien pu me les couper cet idiot... Il ne l'a pas fait c'est qu'il a dû se douter de quelque chose.. Numph... Attention Rose, c'est... Pas que c'est douloureux mais je n'apprécie pas trop que l'on bouge mes doigts ainsi.

Celle-ci l'observa en soupirant... Plus de peur que de véritable mal, mais prendre soin de cela serait très certainement une bonne idée.

-Je crains qu'il ne faille couper au poignet, Anthoine... C'est trop tard. Dit-elle sur un ton plaisantin après s'être assurée que ses doigts étaient toujours fonctionnels. Je rigole.. Mais allons vérifier que ta-... Votre main va bien. Comme l'a dit Jindanor, il ne faudrait pas que cela gangrène.

Et il ne fallut pas bien longtemps pour que les deux remontes les ponts, Jindanor profitant d'un court instant pour placer le sac de seigle devant la bête, la laissant se repaître de cet ajout quotidien à son repas, s'emparant ensuite d'un rouleau d'foin, le débarrassant de sa corde pour le laisser dans l'étable du navire, laissant le cheval se régaler de celui-ci... Avant de faire de même pour Poudreuse, la jument de la Baronne qui s'était démontré d'un calme à toute épreuves.... Presque, lorsque celle-ci ne poussait pas son renâclement contre son confrère de cale avant de refermer les deux portillons.

Et... et il se tourna immédiatement vers la baronne, ayant fait de son plus rapide.

-Désolé...De t-... Vous avoir laissée ainsi, ma Dame, Anthoine va bien, un bon hématome tout au plus, peut-être qu'il devra faire quelques entailles par endroît, pour éviter que cela ne gangrène, mais tout ira bien, la bête ne lui a rien tranché... Foutue bourrique... Il soupira longuement, quelque peu essoufflé, il mentirait en disant qu'il n'avait pas été pris d'une petite frayeur. Désolé, j'espère que vous ne vous êtes pas trop inquiétée... J'ai été assez silencieux en faisant tout cela.. J'ai remis du foin aux deux invités... Poudreuse est toujours aussi calme, un vrai plaisir comparé à ce gaillard. Il doit vouloir jouer les durs, maintenant que j'y pense.

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Mer 11 Jan 2017 - 2:11

Une paire de pas rapide passa près d'elle. Ils l'avaient à peine dépasser, elle sentit une légère hésitation dans la démarche, Rose pris une inspiration, mais elle repartit du même pas, traînant sûrement Anthoine sous une lumière vive pour examiner plus avant sa main. Elle n'avait eut le temps que de se tourner à demi pour tendre faiblement la main... et rien.

« Rose... » murmura-t-elle un peu perdue, bien trop tard pour être entendue.

Plantée là, comme un navet, elle se sentait aussi démunie que d'habitude dans ce genre de situation. Il suffisait que quelques petites choses soient imprévues et elle devenait un poids mort à traîner... Un boulet qui avait autant peur de gêné que d'être laissé derrière. Le dos imperceptiblement raidi, elle ne prononça pas un mot, ses mains se dirigeant par réflexe vers l'ourlet de sa robe. Ne trouvant que du bide, ses doigts commencèrent à s'écharper pensivement, mettant en pièce le contour de ses ongles et jouant avec la flexibilité de diverses articulations des phalanges. Et pourtant elle gardait son éternel sourire posé.

Les bruits de fourrage et de grain à se droite la firent pivoter peu à peu. Elle ne voulait pas l'arrêter dans sa tache mais au moins pouvait-elle lui faire face. Elle ne bougeait pourtant pas plus de peur de heurter quelque chose de fragile dans ce lieu exiguë.

Elle attendit, mesurant sa respiration pour qu'elle reste la plus paisible possible. Les légers vas-et-viens du navire ballotté par l'eau auraient presque put servir de métronome. D'après la résonance, elle aurait mis sa main à couper que cette portion de la cale se trouvait sous la ligne de flottaison et que l'endroit était encombré de monceaux de... choses en bois qui coupaient le mouvement naturel du son. Ces empilements transmettaient sans doute les vibrations au sol et aux parois mais étouffaient le moindre bruit comme l'intérieur d'un écrin molletonné. Elle avait à peine entendu Rose et Anthoine s'engouffrer dans l'escalier.

« Juste un peu d'eau sur mes lèvres
Juste pour me souvenir... »


Pour se tenir compagnie, elle commença sans s'en rendre compte à fredonner à voix basse l'air qu'elle avait en tête depuis son réveil, se détournant sans y penser de manière a avoir l'oreille dans la direction d'étranges cliquetis un peu plus loin. Comme une chaine se balançant lentement et dont les anneaux, en se tendant auraient émis une ribambelle de sons aiguës.

« Dit moi juste que tu es ici
Sous l'océan enfouit.. »


-Désolé...De t-...


Elle arrêta immédiatement les fins murmures qui glissaient entre ses dents pour se tourner de nouveau vers la seule présence dont elle sentait émaner une mélodie... enfin mis à par les deux personne juste en dessous-d'eux dans le fond de cale. Elle l'écouta avec attention, son nez se fronça même à la mention des éventuelles incisions, mais elle se contenta d'une remarque sincèrement soulagée.

-Contente qu'il n'ai rien de grave. Nous pourrons le confier au Chapelain Louis une fois arrivé. Je ne connais pas de guérisseur plus doux ou plus émérite.
-Désolé, j'espère que vous ne vous êtes pas trop inquiétée... J'ai été assez silencieux en faisant tout cela..

Elle sourit un peu plus sincèrement. Ses excuses à mi mots la touchait. Elle détestait ce sentir impuissante à ce point, mais elle ne lui en tenait aucunement rigueur, et ce n'était pas seulement du à l'indulgence qu'elle avait tendance à lui témoigner, bien qu'il n'en eu d'ailleurs pas besoin. Durant cette attente d'autant plus interminable qu'elle ne savait pas pour combien de temps elle était partie pour patienter, elle s'était amusée d'un détail. Bien entendu, elle se sentait tendue par le fait même qu'elle ne pouvait comprendre ce qui venait de se produire aussi bien qu'elle l'aurait voulut. Mais elle s'était aperçu qu'elle ne ressentait qu'une angoisse diffuse et supportable là où, un an auparavant, elle aurait été totalement dévastée et tétanisée. Si quelque chose de réellement grave était survenu et qu'elle avait eut le temps de revenir de sa surprise avant que les choses ne soient prises en main, elle avait l'impression qu'elle aurait put réagir. Peut-être pas au mieux, mais réagir tout de même. Comme à Karras... Cette horrible nuit. Mieux qu'à Karras. Et c'était un pas de géant. Un pas qui avait été fait dans le deuil, le sang, la violence et la peur. Mais un pas de géant tout de même.

-J'ai remis du foin aux deux invités... Poudreuse est toujours aussi calme, un vrai plaisir comparé à ce gaillard. Il doit vouloir jouer les durs, maintenant que j'y pense.

Quelques éclats de rire lui échappèrent à cette idée.

-Peut-être que quelqu'un devrait lui expliquer que laisser le navire arriver à quai serait un meilleur moyen de plastronner ? Enfin... Merci de vous occuper d'eux. Contrairement à Anthoine, vous semblez avoir l'art d'amadouer les animaux les plus farouches, votre père en serait fier, j'en suis certaine.

La fin de sa phrase s'éteignit un peu rapidement alors qu'elle se rendait compte de son compliment maladroit. Mais quelle idiote elle faisait parfois...

-Pardonnez-moi... Et ne vous en faites pas pour moi. Un peu d'attente n'est rien, s'il n'y a finalement rien de grave. Hmm... mais... et vous?
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 14 Jan 2017 - 3:51




Quelques éclats de rire lui échappèrent à cette idée, ce qui lui permis de sourire plus franchement, détendant ses épaules qui se sentaient lourdes et déchirées par des poids plus lourd qu'il ne se serait cru capable de porter, son dos le tirailler, comme si des aiguilles venaient se glisser dans ses fibres, il la regardait à demi, il ne savait pourquoi, mais depuis ce mariage... Il avait envie de ... De quoi ?
De lui hurler dessus ? Ou de tout simplement s'en emparer et partir loin avec elle ? Vivre dans le délits ? Ou dans le déni ? Voulait-il se battre pour elle, lui montrer que cette flamme ne tarirait jamais ? Ou bien lui faire croire l'inverse, pour qu'elle le haïsse et mette fin à ses rêves ?

Les mots de Roses n'avaient jamais autant résonné dans sa tête que depuis ce foutue mariage... Et pourtant il les balayait avec toujours autant de fureur et de certitude, allant même jusqu'à braver ce que son corps lui criait..

-Peut-être que quelqu'un devrait lui expliquer que laisser le navire arriver à quai serait un meilleur moyen de plastronner ? Enfin... Merci de vous occuper d'eux. Contrairement à Anthoine, vous semblez avoir l'art d'amadouer les animaux les plus farouches, votre père en serait fier, j'en suis certaine.

La fin de sa phrase s'éteignit un peu rapidement alors qu'elle se rendait compte de son compliment maladroit. Alors qu'il avait commencé à sourire, sortant de ces pensées qui le rongeait parfois suffisamment pour qu'il ait de nouveau envie de se plonger dans l'alcool, se le refusant simplement pour éviter de finir comme ces poivrots qu'il avait déjà observé, loque humaine inutile et même parfois dangereuse.. Et il ne voulait pas s'imaginer un danger pour ceux qui ne méritait pas de le croiser hors de ses gonds. Alors se le permettre, jamais. Mais ce compliment, il l'avait fait sortir de tout ça, pendant un court instant, jusqu'à ce que vienne le sujet de son père.. Il avait laissé un froid, temporaire mais pourtant bien présent.

En ferait-il le deuil un jour ? Sera-t'il un jour à même de briser cette chaîne qui ouvrait sa carapace de bête invincible ? Ses dents s'étaient serrées, mais pouvait-il lui en vouloir ? Il effaça bien vite ces idées, évitant de se plonger dans ses souvenirs, cette journée lui revenant encore bien trop souvent à son goûts dans des rêves qui se voulaient pourtant si beau... Revoir cette demeure, sur pieds, ces chaises en chênes, et cette table sciée dans un tronc millénaire, et même le visage de son père, toujours aussi aigris sur ses comptes, se redressant pour lui faire face et lui offrir un magnifique sourire, aimant, débordant d'une fiéreté et d'un amour persistant. Avait-il jamais connu un autre regard de la part de son père ?

-Pardonnez-moi... Et ne vous en faites pas pour moi. Un peu d'attente n'est rien, s'il n'y a finalement rien de grave. Hmm... mais... et vous?

Il se força à poser son regard sur elle, ses yeux ne pouvant s'empêcher de courir sur son visage, caresser ses courbes par delà sa tenue, le faisant ravaler sa salive. Il se croyait comme au premier jour, ne sachant plus vraiment quoi faire depuis tout cela... Lui si habituellement solide et certain était devant elle et en ce jour, rien d'autre qu'un gamin effrayé des conséquences d'évènement qu'il n'aurait pu changer..

-Et...Et moi ? Il haussa les épaules, comme pour se permettre de détourner le regard de Cécilie.. Hé bien, je-... Je n'ai pas grand chose à dire, vous savez, ces quelques ennéades ont été .. Précipitées, certainement autant pour vous que pour moi et mes hommes. Il tentait de dériver, loin de ce sujet tortueux, parler d'autre chose, du travail, bonne idée. S'occuper de déplacer vos affaires, s'occuper de ce bouriquot de canasson.. Prendre soin de Poudreuse, lorsque nous n'avons pas de palefrenier à disposition, ce n'est là que la routine..Rien ..Rien de transcendant en soi..

Pouvait-il être plus distant en répondant ainsi ? Il en doutait fortement, et une enclume de culpabilité lui vola alors en plein visage lorsqu'il repensa à ce qu'il venait de faire.

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 14 Jan 2017 - 4:35

Le silence... Et cette réponse distante...

-Oui... je vois...

Oui... Il était le capitaine de sa garde personnelle après tout... Ni plus ni moins... ou presque...

Certaines choses qui auraient du pouvoir s'oublier avaient été marqués dans le bois et le métal... Le poids de la broche qu'elle portait chaque jour depuis ce soir-là se faisait parfois sentir plus que de raison... Mais y avait-il la moindre parcelle de raison dans ce qu'elle avait commis ? Que les gens la voient ou non, elle l'accrochait chaque matin à sa tenue. Aussi invariablement que le soleil se levait. A bien y réfléchir, le seul jour ou elle ne l'avait pas portée, c'était celui ou elle avait prononcé ses soit disant vœux dans la Cathédrale de Sainte-Deina.

Et depuis...

Son sourire n'avait pas bougé, quoi que moins éclatant.

-Et bien... Si tu trouves un moment dans tes obligations, j'espère qu'une fois arrivée j'aurai l'occasion de te montrer le Beau Rivage dont la seigneurie tient son nom... D'après tous ceux qui y passent, la vue donne le vertige. Personnellement j'y trouve surtout une acoustique unique...

En plus de ses autres... particularités. Mais elle aimait autant qu'il ne les apprennent pas avant d'y être... S'il acceptait d'y aller. Quelque chose en elle n'en était même pas convaincue... Alors si elle devait jouer sur son devoir pour être encore un peu plus égoïste... Et même si ce n'était pas tout a fait vrai...

- Après tout tu as un peu prêté serment à Beaurivages à travers moi. La moindre des choses serait que tu connaisse au moins les sanctuaires les plus incontournables...

Parler ainsi... C'était comme ajouter du néant au silence. Marcher debout sur une couche de glace fine dont les craquement auraient été les seuls bruits perceptibles dans l'univers. Se brûler à une flamme froide qui laissait autant de marque qu'une coulée de lave... Et elle détestait cela...

-Mais j'ai l'impression de vous interrompre. Si vous voulez bien me raccompagner sur le pont pour que j'y attende Rose un peu plus confortablement, nous pourrons vaquer à nos occupations.

Et peut-être essayé d'oublier l'incident...
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 14 Jan 2017 - 4:57




-Oui... Je vois...

Une gifle aurait été moins expressive, Jindanor sentit ses dents se serrer contre sa volonté.. Mais que pouvait-il vraiment faire ? Il.. ll se rongeait l'intérieur de la joue à s'en baigner la mâchoire de sang. Il lui était aussi difficile de penser intelligiblement qu'il le serait pour une puce. Et malgré cette broche qu'elle portait.. Cette broche qu'il lui avait offerte, se coupant en quatre pour parvenir à lui offrir, s'abaissant à retourner au travail de la main pendant les heures de repos qu'il était obligé de s'accorder, prenant pièce par ici, pièces par là, il avait même été jusqu'à jouer de nouveau, prendre des paris dans des tavernes malfamée , écraser quelques hommes par ci par là dans ces duels à la force seule de leurs mains..

Il ne parvenait même plus à la regarder, observant le plancher de cette cale en sentant tout d'un coups tout le poids de la mer qui les entourait, il avait même l'impression de se noyer, sa respiration s'alourdissant sensiblement, devenant plus rauque à mesure que sa gorge se serrée.
Et pourtant elle, ELLE, elle souriait encore, et une forme de rancune vint se glisser plus profondément dans sa gorge alors qu'il ne parvenait même pas à déserrer ses lèvres, il n'y avait peut-être plus cet éclat, mais...Elle parvenait encore à lui sourire ? Alors qu'il venait de se dégoûter, de s'infiltrer une lame rouillée sous la peau de son torse, la douleur y étant semblable.

-Et bien... Si tu trouves un moment dans tes obligations, j'espère qu'une fois arrivée j'aurai l'occasion de te montrer le Beau Rivage dont la seigneurie tient son nom... D'après tous ceux qui y passent, la vue donne le vertige. Personnellement j'y trouve surtout une acoustique unique...

Tes obligations ? J'espère qu'une fois arrivée ? Il voulait vomir, l'amertume venait de lui atteindre le bord des lèvres, ses yeux devenaient embrûmés, est-ce que c'était de sa faute ? De sa faute à elle ? Ou de lui même ? La leur ? Quelle idée de s'en éprendre.. PAUVRE IMBECILE !

Il serra frénétiquement sa main droite, comme il le faisait toujours lorsque le stress s'emparait de lui, pourquoi se mettait-il dans tout ces états ? Alors qu'elle paraissait si impassible ? Alors c'était tout ? C'était tout ce qu'elle ressentait ? Elle...

- Après tout tu as un peu prêté serment à Beaurivages à travers moi. La moindre des choses serait que tu connaisse au moins les sanctuaires les plus incontournables...

Il entendit tout cela d'une oreille assourdie, le sang lui montant aux tempes, il ne savait pas du tout ce qui lui arrivait, était-ce toute la frustration depuis qu'elle s'était marié à ce ..ce....

-...Ce...n'est pas ce que je voulais faire...Comprendre... Il la laissa continuer, abattre le marteau sur des clous rouillés qui le scellait derrière une porte aux gonds d'acier qu'il venait de lui même poser. Il ne parvenait toujours pas à déserrer les dents, toujours pas, et sa frustration montée, sans pouvoir trouver de bord par lequel déborder.

-Mais j'ai l'impression de vous interrompre. Si vous voulez bien me raccompagner sur le pont pour que j'y attende Rose un peu plus confortablement, nous pourrons vaquer à nos occupations.

Il n'osait toujours pas la regardait, il dégageait une froideur qui lui avait encore été inconnus, et pourtant cette frustration enflammait son estomac, elle le brûlait avec la puissance d'un soleil de plomb, lui arrachait des grincements de dents alors qu'il se tendait tant que son dos le martyrisait avec un aplomb plus certain encore que lors de leur face à face.

Et..

Deux minutes..

Quinze... ?

Une décennie ?

Il ne savait pas réellement combien de temps s'étaient écoulés pendant lesquels il s'était totalement figé, serrant ses deux poings, gagné par une amertume sévère, des douleurs s'étant emparés de chacun de ses muscles, il ne voulait qu'une chose à nouveau, hurler, crier sa rage et abattre un autre de ces foutus arbre, avec ses mains s'il le fallait.

Et il craqua, le monde autour de lui s'affaissa lourdement alors que son coeur battait à ses tempes.

-Ce fils de salop... Cécilie.. Je... Il tentait véritablement de déserrer les dents sans laisser pour autant un grognement sourd sortir du fond de sa gorge. Il tenta par deux fois de prendre une longue bouffée d'air, n'y parvenant enfin qu'à la quatrième tentative, calmant la tension qui se dégageait de tout son être.. Cécilie, je suis désolé... Je... C'est... Cela m'est... Très compliqué à supporter. Chaque fois.. Que je le vois, avec ses grands airs, son visage anguleux, ses yeux enfoncés dans ses orbites.. Comment celui-ci oses... Je gardes tout cela en moi chaque jour...Et chaque jour j'évite de croiser ton regard, de te croiser. Car j'ai... Peur de ce que je ressens en ce moment.


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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 14 Jan 2017 - 6:35

Sourire. C'est bien la la seule chose qu'une dame de sa condition pouvait faire en tout temps. Sourire et être soumise à son époux, à sa famille et à son rang. Si un jour elle avait une fille, elle lui souhaitait d'être une ravissante idiote frigide. Voilà qui serait une parfaite noble dame. Capable d'aimer sans désirer. De se satisfaire de sa vie. De ne pas imaginer plus que ce qui est. Avec le temps, les années lui tannant le cuir, cette ravissante idiote frigide deviendrait une douce épouse qui ne pense pas trop. Un repos pour son époux avec lequel elle serait toujours en accord. Une mère attentionnée qui laissera à d'autres le soin d'élever ses enfants. Et elle finirait en vieille femme comblée et digne que le manque d'esprit aurait laissé hors des querelles de pouvoir et des décisions impactant des milliers de personnes sur des dizaines de générations...

Mais voilà, Cécilie n'était rien de tout ça. Son titre, son rang, sa passion et son éducation, toute cette personnalité à fleur de peau, elle la portait en son cœur qu'elle le veuille ou non, ne pouvant que les dissimulé derrière ce masque qu'elle perfectionnait depuis son plus jeune âge. Un masque de ravissante jeune femme mesurée et posée, à défaut d'être idiote.

Sourire. C'était alors bien la seule chose qu'une dame de sa condition pouvait faire en tout temps.

Car parler pouvait changer tant de choses.

Tandis qu'elle parlait, une sueur froide lui monta dans le dos. La proximité de Jindanor n'avait pas changé, la légère chaleur que produisait tout être depuis quelques ennéade faisait partie intégrante du panorama... Mais les lignes mélodiques qui fredonnaient à son oreille semblaient... distordues. Comme si un volonté chaotique et froide étirait ou raccourcissait aléatoirement les notes ambiantes.

Et sa vois s'estompa. La demande de la jeune femme resta suspendue dans l'air, sans réponse. Au bout de quelques instants, sa main passa sur la poche qui contenant la potion avec laquelle elle s'abrutissait.

-Jindanor...

Un temps infini et ses doigts se remirent à se martyriser les uns les autres sans que son faciès ne perde de sa superbe. Pour la deuxième fois de sa vie... Et la première fois où se n'était pas par une brusquerie involontaire, il commençait à... lui faire peur.

Mal à l'aise, une boule se formait dans sa gorge sans qu'elle n'arrive à en détacher ses pensées. L'air ambiant s'était comme figé, transformé en glace ou en fumée de bois, elle n'aurait su le dire...

Elle allait desserrer une nouvelle fois les lèvres pour tenter de comprendre ce qui était en train de se passer mais il la devança d'un souffle, la faisant à demi sursauter.

-Ce fils de salop... Cécilie.. Je...

Dans se monde obscure, hors de sa portée, il tournait comme un ours en cage. Il respirait à peine. Elle n'y arrivait pas elle-même, l'état du jeune homme l'atteignant de plein fouet plus que sa propre amertume à l'égard de la distance qu'il témoignait. Elle ne savait pas comment... Elle ne voulait pas l'indisposer, imaginant aisément à quel point la situation devait lui peser... Elle ne voulait pas en parler tant cette même situation la révulsait... Mais peur... Cela ferait bientôt un mois qu'elle n'avait plus peur.

Il s'excusait.

La rancœur. La colère. La frustration. Voilà ce qu'elle sentait dans sa voix. Cela ne l'étonnait pas... mais cela la tuait.

Malgré ses efforts le jeune homme cracha un léger grognement.

Un jour elle lui avait demandé combien de temps il resterait auprès d'elle si elle refusait sa demande en mariage et combien de temps il resterait si elle l'acceptait. Elle n'avait eu droit qu'à une unique réponse, comme si cela ne changeait rien... Et en fin de compte cela changeait-il quelque chose à la difficulté du quotidien ? Elle avait souvent l'impression d'être égoïste pour deux. Malgré tout l'amour qu'elle lui portait, elle était toujours incapable de renoncer à tout pour lui et lui demandait sans cesse plus d'engagement, allant jusqu'à oublié que cette demande en mariage venait de lui et non d'elle.

Mais son entretien avec Irys l'avait apaisée. Elle y voyait plus clair depuis, elle avait fait le choix qui s'imposait tout en laissant les dieux guider ses pas. Si le Choix n'était pas seulement sien, alors il n'y avait pas à s'inquiéter. La grande trame les tirait et les poussait dans des directions qu'ils ne pouvaient prévoir, mais ils pouvaient toujours choisir comment réagir au jour le jour, ouvrant et fermant des portes pour eux et pour une multitude d'autres personnes comme si cela n'était que pur coïncidence. Ce jour là, elle avait compris que la peur était inutile. Dans ce Grand Dessein constitué de toutes ces volontés imbriquées, elle ne pouvait agir que sur ce que les dieux lui mettait entre les mains, comme le faisait chaque homme et chaque femme qui foulait la terre au pied.

Ses sentiments n'en étaient pas moins forts, la passion, la frustration, elles les affrontait chaque jour, tout comme lui. Mais de la culpabilité mortelle qu'elle avait ressenti, de la rancœur envers sa famille et envers le monde entier, il ne restait plus que la douleur impardonnable de faire du mal à l'être aimé et le dégoût de ses propres actes. Un dégoût suffisant pour devoir s’assommer à coup de médicaments mais dépourvu de cette soif de sang qui lui avait fait commettre les pires atrocités...

Certains y auraient vu une sorte de résignation concernant les événements qui se déroulaient. Mais débarrassée de sa peur d'elle-même, de la culpabilité de sa propre naissance, elle y trouvait une capacité de pardon salvatrice...

En un sens, elle avait l'impression d'avoir passé un cap. D'avoir... Mûri.

Pourtant, face à Jindanor, elle était toujours aussi désemparée. Le sentir dans tout ses états, prêt à craqué... Elle savait, au moment ou elle avait prononcé cette promesse solennelle au bord du lac, qu'en le liant à elle, elle condamnait au moins l'un d'entre eux à un quotidien de frustration ou de regret. Mais elle n'avait pas put renoncer à l'évidence même d'une passion trop grande pour être oubliée.

Et aujourd'hui, elle ne savait même plus comment le soutenir.

Elle ne savait plus quoi dire. Ni quoi faire. Elle essayait de trouver le remède dans leurs souvenirs communs. Mais savoir ne servait à rien car cela ne changeait rien. Ou peut-être ne savait-elle pas assez malgré tout ? Puisqu'elle n'était pas sûre, qu'elle ne voyait pas de solution, elle n'avait que son oreille et sa présence à lui offrir s'il le désirait...

Elle tendit le bras vers lui, timidement, espérant trouver un bras, intercepter un morceau de laine qui puisse la guider jusqu'à sa main. D'une voix tendre, elle articula la seule question qui faisait sens dans son esprit:

-Et qu'est-ce que tu ressens ?
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 14 Jan 2017 - 14:00




Il sentit un index frôler le bras de sa chemise, comme s'il venait de se faire piquer par un tison chauffé à blanc, celui-ci recula son bras rapidement, avant de poser son regard sur Cécilie, visiblement perturbé, son regard devint plus doux lorsqu'il entendit sa voix tendre caresser ses oreilles... Redonnant lentement son bras, ayant non pas peur de se brûler, mais de lui faire du mal, d'une manière où d'un autre... N'était-il pas bon qu'à ça ? Il excellait à la guerre, à devenir une bête sans pitié, immonde et emplis de rage... Il n'avait probablement rien d'un grand homme, rien d'un enfant de choeur.

-Et qu'est-ce que tu ressens ? Cette question était ...Tout ce qu'il fallait lui poser. Elle déclencha dans son esprit un flot continus de raisons de vouloir s'arracher d'elle, de vouloir sauter par delà le gaillard arrière de ce navire à la première occasion, d'envenimer sa rage contre cet homme... De troubler ses sentiments pour elle, son coeur se serrant chaques seconde un peu plus que l'autre...


-Ce...Que je ressens ? Il posa un regard sur elle, nageant entre la colère, l'amour fou, la jalousie, la tristesse aussi. Je le hais... Je le méprise pour la chance qu'il a eu et qu'il ose délaisser... Je le hais en sachant ce qu'il a pu te faire... Je n'ai qu'une envie c'est de le voir sur un champs de bataille, un vrai, combattre pour essayer de se démarquer, combattre pour même simplement survivre et réussir à se tirer du bouges dans lequel je traînais... De le voir tenter d'atteindre une femme qu'il aime éperduement, et la lui prendre sous le nez, lui arracher des main ! Il sentait sa respiration s'accélérer légèrement, tentant de garder son calme.. Je rêve de mettre à ses jours... J'en rêve si souvent que cela me rends malade... Car je ne veux pas tuer ...Pas comme ça... Et pourtant j'en ai une envie...

Il prit une longue respiration, crispant sa main droite sur elle-même, à s'en faire blanchir les phalanges... Il serrait ses dents avec au moins autant de vigueur, comme pour éviter de le hurler... Et combien aurait-il voulu d'être sur que personne ne pourrait surgir derrière eux... Il voulait lui dire tant de chose, bien au delà des convenances, il aurait peut-être même succombé à .... A s'emparer d'elle, immédiatement, dans le foin même.... Mais... Une part de lui lui en voulait.

-Je t'aime à en tuer... Je t'aime à vouloir... A vouloir faire passer ton bonheur avant le mien, je t'aime suffisamment pour être à même de me déshonorer, à aller faire n'importe quelle quête, n'importe quoi... tant que cela saurait te rendre heureuse... Et je t'aime tant qu'Arcam tourmente mes nuits paisibles, les remplissant de pensées que je ne devrais avoir.. ... J'ai peur de ce que je peux faire. Autant aux autres, qu'à toi... Je sais... Je sais que plus les jours passent, plus j'ai du mal... A contenir ces pensées... Et ce qui me rends malade, c'est de savoir que ce... Fils de chienne... Qu'il puisse poser la main sur toi, sans que je ne puisse rien dire, ni rien y faire.

Il sentait sa main droite tremblait, comme dans ses moments... Il lui en voulait, sans lui en vouloir. Il la voulait ne serait-ce que pour un soir, mais ne tiendrait pas sa promesse s'il lui promettait ne plus vouloir s'emparer d'elle. Il voulait la mort de ce Baron, afin de se rendre le champs libre, et pouvoir faire ce que bon lui semblait auprès de la femme qu'il aimait... Il se posait des questions sans arrêt... Que feraient-ils s'ils venaient à être découvert ? Ce baron voudrait certainement le mettre à mort... Il la battrait peut-être... Que feraient-ils s'ils venaient à avoir un enfant ? Que feraient-ils si... Et si ? Et pourquoi pas.. ?

-Cécilie... Même par des tempêtes pareils... Sach-...ez que mon amour pour cette femme, est immense. Je ferais tout, tout, sans aucune exceptions pour elle, et ce que je vous ais dis, est ce que je lui aurais dis, si j'en avais eu l'occasion... Un bruit, un bruit qu'il n'aimait guère, derrière ces caisses, quelqu'un... Cela n'allait pas continuer ? Allait-on encore enfoncé le clou d'avantage dans son coeur ? Allait-on en plus détruire toute ses chances ? Il faudrait qu'il aille voir, mais peut-être que faire croire que ce n'était là qu'une conversation entre la baronne amie et le chevalier ami... Peut-être... Son coeur battait à tout rompre, ses tempes cognaient par l'afflux de sang... Il avait autant peur qu'il savait qu'il n'aurait d'autres moyens que de trouver une façon de faire taire l'importun... Ou les importuns s'ils se trouvaient être plusieurs.

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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 14 Jan 2017 - 21:54

La réponse de Jindanor était honnête, comme a son habitude. Trop honnête pour la laisser de marbre. Mais ce qu'elle aurait put dire pour peut-être soulager sa rancœur dû resté cloîtré derrière ses dents. Ce n'était pas non plus une bonne idée d'insinuer qu'en tant que bourgeois devenu Baron, Enrico avait sûrement essuyé plus de revers, de menaces et de batailles que bien d'autres hommes, sa jambe faisant foi de ce qu'il était à sacrifier par devoir. Elle avait comme intime conviction que bien peu de ce qu'elle avait à dire aurait put être à même de le calmer...

Il semblait perdu dans milles questions qu'il ne parvenait pas à articuler, les cachant derrière des sentiments dont il hurlait la force à la face du monde.

Les doigts de Cécilie glissa le long de son bras, prenant sa main tremblante entre les siennes. Sentant qu'elle ne pouvait placer un mot, elle se contentait de serrer un moment son immense battoir pour le porter à ses lèvres et y poser un baiser silencieux avant de le relâcher, entendant soudain un bruit discret sur sa droite. Et cette présence n'avait rien d'animal.

« Vous devriez lui dire une fois que nous aurons mis pied à terre. » embraya-t-elle avec l'assurance de la simplicité pour donner le change « Et si vous avez besoin d'un jour de repos pour régler ce genre de problème vous savez que je vous l'accorderai, mon ami. »

Mon amour...

« Vous pouvez vous montrer. » lança-t-elle un ton plus haut. « Peut-être pourrons nous vous aider à chercher ce que vous semblez avoir tant de mal à trouver. Et cela vous évitera d'écouter aux portes. »

Après un ramdam un peu chaotique, une voix lui répondit. Indéniablement masculine. Mais jeune. Un adolescent à n'en pas douter.

« P-Pardonnez moi, Dame di Montecale !
- de Laval. rectifia-t-elle, son perdant pour la première fois de sa superbe. Je suis toujours héritière de Beaurivages ne vous en déplaise. Le pauvre n'avait sûrement pas l'éducation requise pour savoir quelle bévue il venait de connaître, mais une pierre écrasait lentement chaque organe de la jeune femme en sombrant dans sa poitrine.
- Oui ! Pardonnez moi, Ma Dame. Je ne faisais que chercher... euh... »

Visiblement, les seules choses qu'il cherchait pour le moment, c'étaient ses mots.
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Dim 15 Jan 2017 - 18:56




« Vous devriez lui dire une fois que nous aurons mis pied à terre. » embraya-t-elle avec l'assurance de la simplicité pour donner le change « Et si vous avez besoin d'un jour de repos pour régler ce genre de problème vous savez que je vous l'accorderai, mon ami. »

Il opina lentement du chef, comme pour la remercier, elle ne pouvait très certainement pas le voir, mais il lui était maintenant difficile d'articuler réellement, autant la colère venait de le submerger, autant ce simple geste, ces mains qui glissèrent sur les siennes, avait eu le don de le calmer plus qu'il ne l'aurait jamais cru... Ce n'était qu'un geste léger, un geste qui venait de percer cette bulle avec délicatesse, laissant la pression s'échapper lentement, mais lorsqu'il eut entendu ce bruit, ses muscles se tendirent tout de même, un peu plus qu'auparavant.. Quand bien même avait-il sû se rattraper juste à temps, tout cela... Tout pouvait être compris d'une manière qui aurait mis sa tête sur l'échafaud, et l'honneur de sa Dame dans un cachot.

« Vous pouvez vous montrer. » lança-t-elle un ton plus haut. « Peut-être pourrons nous vous aider à chercher ce que vous semblez avoir tant de mal à trouver. Et cela vous évitera d'écouter aux portes. »

Après un ramdam un peu chaotique, une voix lui répondit. Indéniablement masculine. Mais jeune. Un adolescent à n'en pas douter. Un adolescent, Jindanor serra les dents, fermant doucement les yeux avant de soupirer de nouveau, il se détendit, comme si tout ses malheurs venait de disparaître, ce jeune homme ne devrait pas être le plus compliqué à convaincre, pas le plus compliqué à balayer loin de tout soupçon... Lui donner le nom de n'importe quelle baronne de péninsule, et le tour serait suffisamment bien mené pour que celui-ci croit avoir une information croustillante.

« P-Pardonnez moi, Dame di Montecale !
- de Laval. rectifia-t-elle, son perdant pour la première fois de sa superbe. Je suis toujours héritière de Beaurivages ne vous en déplaise. Le pauvre n'avait sûrement pas l'éducation requise pour savoir quelle bévue il venait de connaître, mais une pierre écrasait lentement chaque organe de la jeune femme en sombrant dans sa poitrine.
- Oui ! Pardonnez moi, Ma Dame. Je ne faisais que chercher... euh... »

-Tes mots ? Jindanor quitta son air renfrogné un court instant, posant son regard sur celui-ci avec un léger sourire amusé, sa tunique de marin lui donnait cet air d'aventurier que beaucoup espérait un jour devenir, ses cheveux noirs glissant dans son dos dans une queue de cheval assez courtes, et son corps finement taillé faisait comprendre que malgré son jeune age, celui-ci avait déjà passé bien du temps en mer. Ses joues étaient grillées par le sel et le soleil marin, son teint basané laissait entendre qu'il avait certainement passé plus de temps dans les mers du sud que Jindanor, et lorsque l'on voit le chemin parcourus d'ici et là, ce n'était pas réellement effarant. Depuis quand es-tu ici ? Lui demanda-t'il, calmement, ne laissant apparaître aucune once d'animosité, se laissant plus... Pantois qu'il n'aurait certainement dû l'être, l'habitude de filer entre les mailles du filet ? L'habitude de devoir mener des conversations avec elle, et de jongler avec des instant d'improvisation impromptues afin de sauver la face et l'honneur ?

Il passa sa main dans sa nuque, avant de venir glisser ses deux mains dans son dos, croisant ses bras. Le jeune homme observa le géant avec une frayeur grandissante, visiblement peu enclin à faire part de ce qu'il avait réellement entendus. Ou soit simplement intimidé par l'homme qui le dépassait de deux fois sa taille. Jindanor se rappelait ce petit bouts de gaillard qu'il avait été à sa dizaine, il lui avait plutôt ressemblé s'il se faisait le portrait que son père lui avait décris un jour, il ne pourrait pas lui faire du mal, il n'en aurait pas la foi... Le seul moyen était de lui faire entendre une autre vérité, ou de simplement lui acheter son silence.

-... Pourquoi es-tu en mer ? Et depuis combien de temps ? Lui demanda-t'il, comme sortit de nul-part.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Lun 16 Jan 2017 - 0:17

La réflexion du géant eu le don de ratatiné encore plus jeune gringalet qui avait interrompu l'échange écheveler d'un aveux qui n'avait pas lieu d'être. La tête rentrée dans les épaules, les yeux faisant des allez-retours dans ceux du chevalier sans réussir à l'affronter totalement, son cœur battait à tous rompre et chaque battement le tétanisait un peu plus. Tout le courage dont il était capable, il le mettait au service de la langue qui restait coincée derrière ses fichues dents légèrement avancées.

Voyant qu'il restait muet comme une carpe, le colosse posa une seconde question qui le fit sortir de sa torpeur avec autant de mesure d'un diablotin d'une boite.

- ça fait pas long mon sire. Pas long du tout... Juré promis que Tyra m'emporte si c'est que j'mens !


Il balaya sa poitrine d'un geste ample et cracha sur le sol de bois avant de reculer un pas et d'oser enfin regarder le géant dans les yeux. C'est qu'il avait pas l'air commode... Pas l'air méchant mais pas l'air commode non plus... La jeune dame s'était lentement retournée, son visage resté droit semblaient regarder bien au-delà de sa position, ses yeux bleus fixant une horizon absente... On lui avait bien dit qu'elle était aveugle mais jusque là ses travaux l'avaient tenus éloignés de leur illustre passagère. Lorsqu'il avait l'occasion de couler un regard vers elle ou sa suivante, l'une et l'autre avait bien souvent le dos tourné...

L'ours reposa sa question.

Il se mis au garde à vous. Les jambes tendues et les bras serrés le long du corps.

- Pour apprendre l'métier mon sire. Ça va faire deux ans qu'chui mousse. Au printemps, à mes seize ans, j'passera matelot...
Puis il ajouta, la voix plus basse : Pitié mon sire... vous plaindez pas d'mi au cap'tain. J'dira rien. D'ailleurs j'sais que'd'chie.
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Lun 16 Jan 2017 - 0:27




Jindanor ne put s'empêcher de sourire, ce gamin lui filait vraiment cet aire de déjà vu, et cette façon de réagir ne pouvait que le détendre totalement, il savait bien qu'il le regretterait peut-être un jour, même très probablement, mais... Comment tenir rigueur à un pauvre mousse, un chiard d'à peine seize ans qui n'était là que pour un jour devenir capitaine d'un de ces somptueux bâtiment.. Peut-être pour se hisser par la suite dans les échelons, et pourquoi pas.. Pourquoi pas devenir Baron ?

Jindanor soupira longuement, l'observant en secouant lentement la tête.

-Deux ans, tu dis ? Alors peux-tu me dires ce que vous utilisez pour cirer votre pont ? Il l'observa un instant, celui-ci semblant se demander d'où diable pouvait venir cette question avant de ricaner. Je te chari.. Saches jeune homme que je connais ton visage, et les ragots vont vite, autant sur un navire qu'un port... Je suis sûr que tu sauras tenir ta langue, d'autant qu'il ne s'est rien dis ici. Autrement, pourrais-tu me donner ton nom ?

Il glissa sa main droite contre son propre flanc, comme pour s'emparer de quelque chose, qu'est-ce que cela pouvait bien être ? Mais qu'allait-il lui faire ?! PAR TYRA PAS MAINT-... Une bour...Une bourse ? Et pas peu remplie d'première vue.

Jindanor avait cet air calme cette fois, tranchant vivement avec l'air qu'il donnait plus tôt... Pourquoi s'était-il détendu si vite ? Croyait-il que tout le monde avait sa parole ? Ou ne pouvait-il pas se résigner à véritablement menacer un chiard qui n'aurait de toute manière probablement pas eu les couilles de parler de ce géant même si sa vie en dépendait ?


-Dis-moi, après qu'il lui ait rapidement donné son nom, manquant par deux fois à ravaler sa langue, ce n'est pas la première fois que je te vois, avons-nous pris ce navire pour chaque voyage ? Il devait avouer que les voyages en navire n'avait rien d'un grand plaisir pour lui, devoir calmer le semblant de dragon dans la calle n'aidait pas à apprécier l'paysage.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Lun 16 Jan 2017 - 0:48

- Philippe fils de Georgio, mon sire. Baragouina-t-il en voyant la pochette de cuir.

Cécilie, en entendant tinter le métal, avait fait un mouvement pour tenter d'empêcher Jindanor de sortir cette bourse mais ne fut ni assez rapide, ni assez ferme sur son bras... Et en plus elle n'était pas du bon côté... Alors elle se remis d'aplomb, sa discrète tentative devant apparaître entre le réflexe pour éviter un déséquilibre et un signe d'apaisement... Enfin elle espérait que cela pourrait passer pour quelque chose dans ce goût là.

Et le gamin continuait d'être soumis à la question.

- Je... Je n'crois, mon sire. J'men souviendrais si j'vous avais vu qué'qu'part... répondit-il, encore plus gêné en plantant son regard sur ses pieds.

S'il avait réussi à se dandiner d'un pied sur l'autre, il l'aurait sûrement fait. Il n'en menait déjà pas large mais là...

-Allons, Messire. Soyez magnanime. Ce garçon à sûrement foule d'obligations...
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Lun 16 Jan 2017 - 1:00




- Je... Je n'crois, mon sire. J'men souviendrais si j'vous avais vu qué'qu'part... répondit-il, encore plus gêné en plantant son regard sur ses pieds.

S'il avait réussi à se dandiner d'un pied sur l'autre, il l'aurait sûrement fait. Il n'en menait déjà pas large mais là...

-Allons, Messire. Soyez magnanime. Ce garçon à sûrement foule d'obligations...

-Bien.. Vous avez sans doute raison. Il sourit alors toujours un peu plus amusé, glissant la bourse à sa ceinture, en gardant simplement la main quelque peu fermée un instant. File jeune-homme, je suis certain que tu étais venus chercher quelque chose, prends-le, et file retourner sur le pont, le second te fera passer un sale quart d'heure autrement..

Il l'observa filer d'un pas vif, attendis bien dix minutes, avant d'enfin véritablement se détendre, et se poser assez lourdement sur un tonneau à proximité... passant ses deux mains sur son visage en soupirant un peu plus.

-J'ai... l'impression que plus cela va, plus cela devient compliqué... Est-ce simplement moi ? Ou est-ce le cas ?

Il posa son regard sur Cécilie, lui offrant un sourire légèrement inquiet, comme s'il avait quelque peu peur... Il passa sa main sur sa barbe avant de la poser calmement sur sa jambe, se redressant doucement pour venir lui faire face, l'observant d'un oeil calmé, cette intervention lui ayant permis de se vider la tête..
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Lun 16 Jan 2017 - 2:29

Le gamin détala sans demander son reste laissant une Cécilie assez soulager... Peut-être davantage qu'il soit reparti sans plus mettre en boule le chevalier de son cœur que de le voir partir les lèvres scellées. Resteraient-elles longtemps closes ? Elle doutait que son silence ne dure plus de quelques ennéades ou quelques mois. Mais cela ne changeait rien.

- Tu lui as donner quelque chose ?
- La vie sauve... ?

Le rire rocailleux et léger de l'ours fit sourire la jeune dame bien au delà du masque qu'elle gardait habituellement.

- Tu es bête... murmura-t-elle avec un éclat de rire dans la voix.
- Non...  Il aura quelque chose plus tard.
- Tant mieux. Lui donner maintenant aurait été le pire des aveux... Je sais que cela parait stupide, mais la plupart des nobles n'écouteront pas les rumeurs colportés par les roturiers à moins qu'ils soient à leur service... ou jusqu'à ce qu'un être innocent dise la phrase magique.

Elle laissa traîner l'explication dans l'air tout en se retournant vers Jindanor. Les yeux de nouveau humblement baissés, comme a son habitude.

« Il m'a donné la pièce pour que je me taise. »
finit-elle avec un sourire entendu.

Avec une somme rondelette en preuve à l'appui, bien que ce témoignage ait autant de poids juridique que celui d'un porcelet, on tendait l'oreille sans plus réfléchir. Ternir une réputation de façon frauduleuse était terriblement aisé, aussi les nobles étaient souvent circonspect lorsque les rumeurs se mettaient à courir. Et de toute façon, aucun homme n'aurait fait une telle chose sciemment au risque de déplaire à Néera et de sombrer dans les profondeurs terribles du Royaume de Tyra, donc les preuves tombaient rarement, pour soi comme pour les autres.

Près d'elle, et malgré ses quelques explications, elle sentait Jindanor assez peu attentif. Comme s'il était tendu vers quelque chose d'autre. Cette fois, elle inspira profondément et souffla avec mesure, se plongeant réellement dans les trames musicales que formaient son univers autant que dans le moindre bruissement que lui rapportait son ouïe. Elle sonda paisiblement chaque recoin de cette coquille de noix. Une foule de présence. Au dessus, en dessous. Mais autour d'eux, à part les craquements du bois, leurs menues respirations et le cliquetis régulier de cette chaîne d'entrave : rien.

Revenant à la situation présente, elle était bien plus détendue. Sans réelle estimation du temps qui s'était écoulé, elle pouvait néanmoins dire que Jindanor ne s'était pas lassé de tendre l'oreille. Elle tendit la main... Qui ne se referma que sur du vide... Décidément, elle avait bien peu de chance aujourd'hui... hmmm...

Elle ne voulait pas reproduire l'effet de tout à l'heure, restant coite sans s'éloigner. Si elle pouvait trouver le moyen de garder la légèreté du simple trait d'humour qu'il avait fait un peu plus tôt... Mais avant qu'elle n'ai trouvé une phrase suffisamment sûre pour ouvrir la bouche, il s'éloigna un pas. Deux pas. Et laissa tomber sa lourde carcasse sur quelque chose constitué principalement de bois et de liquide à entendre l'infime clapotis. Un tonneau sûrement.

-J'ai... l'impression que plus cela va, plus cela devient compliqué... Est-ce simplement moi ? Ou est-ce le cas ?


Las. Poussant un soupire à en fendre les pierres. Il paraissait fatigué mais moins à fleur de peau qu'un peu plus tôt. A tâtons, elle suivit sa trace jusqu'à ce que sa cuisse gainée de ses braies rouges ne heurte son imposant genou. Elle le sentit prêt à se remettre sur pied mais ne recula pas pour le lui permettre. Trouvant sans problème ses épaules, elle glissa une main téméraire sur sa barbe, remarquant avec un sourire en coin qu'elle était plus fournie mais bien plus égale qu'auparavant.

- Plus compliqué que le jour ou j'ai du accepté des sentiments indus à l'égard d'un roturier auquel je n'aurait même pas du parler d'égale à égale, ou que cette affreuse fin d'année ? Je ne crois pas... Cela a toujours été compliqué. Je suis une femme, par essence, Je suis compliquée. Ajouta-t-elle en riant à demi. Elle se hissa jusqu'à ses lèvres pour s'y poser l'espace d'un battement de cil. Mais je n'aurai pas tenu la moitié du chemin sans toi.

Certes, ils le savaient tout les deux, en tant qu'homme d'arme, Jindanor avait sauvé sa vie et son honneur plus d'une fois. Mais elle ne parlait pas seulement de cela... Peut-être pas du tout...
Elle ne pouvait en être consciente, mais son sourire sincère rayonnait d'une certitude qu'aucun masque de bienséance, aussi étudié soit-il, ne pouvait mimer. Contrairement à son habitude, ses dents blanches apparurent quelques instant avant que ses lèvres ne se pincent comme si elle avaient voulu réprimer l'expression d'une émotion trop grande.

Son front s'écarta de celui du jeune homme d'une distance minimale.

- J'étais sérieuse tout à l'heure, j'aimerai que nous prenions le temps de parler une fois a terre. Hors de ces îles et de ces couloirs inconnus, nous serons plus tranquille. J'ai quelque chose à te dire. Rien de très important mais la vie sur un navire ne s'y prête pas. Il y a trop d'yeux et trop d'oreille, ici.

Sa main, à regret, glissa de la joue du jeune homme à la naissance de son torse, prête à reculer. Mais elle eu le temps d'un frisson. En plus du fait qu'il ne portait pas son éternelle armure et qu'elle venait de s'en souvenir, elle heurta par mégarde un lacet à son cou. Poussée par sa curiosité, avec une dextérité certaine et une expression quasi enfantine, elle tira sur la cordelette jusqu'à ce que ses doigts se referment sur le bijou... Un amalgame de métal, de perles et de pierre précieuses. Rendu tiède, porté au contact de la peau. Son pendentif... Son sourire redoubla... Mais il fallait bien...

-Nous ne devrions pas trop nous attarder.
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 21 Jan 2017 - 1:26




A tâtons, elle suivit sa trace jusqu'à ce que sa cuisse gainée de ses braies rouges ne heurte son imposant genou, il voulait... Tout sauf se trouver près d'elle de suite... Il se savait bien trop facilement échauffé, et son sang n'aviat déjà fait qu'un tour tantôt, il valait certainement mieux s'éviter tout cela.... Il la sentit prête à le retenir, du haut de son mètre soixante, c'était... Touchant, oui. Trouvant sans problème ses épaules, elle glissa une main téméraire sur sa barbe, remarquant avec un sourire en coin qu'elle était plus fournie mais bien plus égale qu'auparavant. Jindanor posa un regard sur elle, presque suppliant et partiellement attendri. Elle avait toujours eu ce don avec lui, un mot, une caresse, tout suffisait de sa part pour qu'il trouve le calme et le répit, et pourtant elle était souvent la source de ces états capricieux.

- Plus compliqué que le jour ou j'ai du accepté des sentiments indus à l'égard d'un roturier auquel je n'aurait même pas du parler d'égale à égale, ou que cette affreuse fin d'année ? Je ne crois pas... Cela a toujours été compliqué. Je suis une femme, par essence, Je suis compliquée. Ajouta-t-elle en riant à demi. Elle se hissa jusqu'à ses lèvres pour s'y poser l'espace d'un battement de cil. Mais je n'aurai pas tenu la moitié du chemin sans toi.

-Ha...Il ne put s'empêcher de rire à demi avec elle, lui offrant un sourire plus entendu, il perçut ce mouvement qu'elle fit vers lui, et n'eut pas la force de la retenir, laissant ses lèvres venir se poser sur les siennes, en une caresse qui lui transféra une chaleur sans pareil, de l'extrémité de celles-ci jusqu'à ses propres orteils, une main voulus venir se poser sur ses braies, se retenant cependant de l'attirer plus vers lui, il aurait voulu la garder contre lui... Des heures durant, rien que pour une myriade de ces baisers. Tu es plus forte que tu ne le crois.

Certes, ils le savaient tout les deux, en tant qu'homme d'arme, Jindanor avait sauvé sa vie et son honneur plus d'une fois. Mais elle ne parlait pas seulement de cela... Peut-être pas du tout...
Elle ne pouvait en être consciente, mais son sourire sincère rayonnait d'une certitude qu'aucun masque de bienséance, aussi étudié soit-il, ne pouvait mimer, ce qui eut l'effet de milles rayons de miel dans la bouche de Jindanor, ce qui le secoua de frisson et de papillons des plus plaisants, c'était là l'un des seuls spectacle que beaucoups d'hommes pouvaient réellement lui envier. Contrairement à son habitude, ses dents blanches apparurent quelques instant avant que ses lèvres ne se pincent comme si elles avaient voulues réprimer l'expression d'une émotion trop grande, ce qui ne fit que redoubler l'air aimant et protecteur du Chevalier.

Son front s'écarta de celui du jeune homme d'une distance minimale.

- J'étais sérieuse tout à l'heure, j'aimerai que nous prenions le temps de parler une fois a terre. Hors de ces îles et de ces couloirs inconnus, nous serons plus tranquille. J'ai quelque chose à te dire. Rien de très important mais la vie sur un navire ne s'y prête pas. Il y a trop d'yeux et trop d'oreille, ici.

Sa main, à regret, glissa de la joue du jeune homme à la naissance de son torse, prête à reculer. Mais elle eu le temps d'un frisson. En plus du fait qu'il ne portait pas son éternelle armure et qu'elle venait de s'en souvenir, elle heurta par mégarde un lacet à son cou. Poussée par sa curiosité, avec une dextérité certaine et une expression quasi enfantine, elle tira sur la cordelette jusqu'à ce que ses doigts se referment sur le bijou... Un amalgame de métal, de perles et de pierre précieuses. Rendu tiède, porté au contact de la peau. Son pendentif... Son sourire redoubla... Mais il fallait bien...
Il la regardait toujours, ce pendentif il le gardait depuis cette date où elle le lui avait offert, cela pouvait paraître pour un grossier bijoux, aux provenances douteuses, mais lui en connaissait la signification pour la femme qui le lui avait tendu. Jamais ne se serait-il permis de l'abandonner, quand bien même la chaîne briserait, il garderait d'une manière ou d'une autre ce pendentif sur lui. Et ce qu'elle venait de lui faire part à nouveau lui donna un vague espoir, une forme de souffle s'éleva de son torse, le laissant sourire d'autant plus.

-Nous ne devrions pas trop nous attarder.

-Et pourtant, je ne désire que cela. Dit-il naturellement, l'observant en laissant sa main glisser de ses braies... Nous en prendrons le temps, quand cela t'arrangera, mais pas ici, oui. Il sentit malgré toute cette joie qui l'emplissait que quelque chose le tiraillait. Il voulait la garder à ses côtés, quelques heures de plus, pouvoir jouir de sa présence, la garder dans ses bras, déposer des baisers sur sa peau, sa main quittant difficilement ses braies, après s'être très légèrement refermées sur celle-ci.. Il aurait pu la plaquer contre l'un de ces murs de câle, la couvrir de baiser. Je ferais mieux de vous accompagner à l'extérieur de cette cale nauséabonde, ma Dame.

Oh il ne disait pas cela pour son odorat, mais pour leurs bien à tout les deux. Une minute de plus à ses côtés, et il craquerait. Il se releva lentement, offrant son bras gauche pour qu'elle puisse le suivre aisément, avant de commencer à vouloir reprendre les devants, s'éloigner de cette cale, aller respirer un air plus frais, autant pour se changer les idées que pour s'éviter de faire une bourde.

Et pourtant il eut bien du mal à faire les deux premiers pas, il eut autant de mal à vraiment vouloir l'emmener plus loin, et il s'arrêta même pour lui faire face de nouveau, son coeur battant la chamade comme au premier jour. Il nécessitait qu'elle lui demande, fermement, ou qu'elle trouve un moyen de le forcer à l'emmener là haut, autrement il pourrait ainsi rester devant elle, à scruter ses yeux d'un bleu de glace pourtant si chatoyants, ce visage à la peau de soie, pourtant si tranchante.

Et alors qu'il allait enfin se décider à se déplacer, qu'il allait enfin se décider à quitter cette cale avec elle... Hé bien une secousse violente vint secouer le navire, unique, mais d'une force peu commune, quelques cris de surprises, dont un d'un Jindanor qui s'attendait à tout sauf ça venant de la mer réputée la plus calme de leur continent, qu'était-ce ? Ils ne le sauraient peut-être jamais, ce qui était sûr cependant, c'est que ce mouvement violent du navire venait de faire valdinguer le chevalier et sa dame, en même temps que quelques dizaines de caissons et tonneaux, les canassons manquèrent à leur tour de s ebriser les flancs, et c'est enfin lorsque le calme retomba sur la scène, que Jindanor pu reconnaître qu'il se trouvait au dessus de la Dame, qu'il avait instinctivement protégé de ses bras, recouvert d'une ou deux caisses, et certainement d'une ou deux morues salées et séchées... Clignant des yeux, il se redressa assez rapidement, se secouant presque comme l'aurait fait un animal pour se débarasser de ce qui le recouvrait avant de venir aider sa dame à se relever..

-Cécilie... Tout vas bien ?




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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Sam 21 Jan 2017 - 2:13

La secousse vint les cueillir alors qu'ils gravissaient les premières marches de l'escalier raide et étroit qui menait à la cale sans ouvrir le pont principal. D'escalier, ce passage n'avait presque que le nom. D'autres avaient du se dire que le nommer échelle-avec-des-marches serait un peu trop long. Toujours est-il qu'en tombant, on ne risquait pas systématiquement de se rompre la nuque... Mais bien plus de se briser un sacré nombre d'os en s'étalant d'un coup, de tout son long sur le sol lointain... Et c'est à peu près le destin que connurent les deux jeunes gens.

Prise par la surprise autant que par le déséquilibre, le pied de la jeune dame glissa de son perchoir. Elle bascula en arrière avec un hurlement de terreur. Le brut strident de corde qui lâche. Mal attachées ? Trop tendues ? Un chaos totale de craquement, de chute et de bris de bois. Ses bras montèrent pour protéger instinctivement sa tête. Elle fut à peine rattrapée qu'ils heurtaient le sol pour rouler un peu plus loin. Puis tout s'immobilisa plus ou moins.

Une odeur de poisson envahit l'air. Elle avait perdu tout repère au point qu'elle ne aperçue de la proximité du chevalier, seulement lorsqu'il s'écarta d'elle dans un chambardement de caisse envoyées au sol. Elle reprenait doucement son souffle lorsqu'il lui empoigna le bras pour la remettre debout. Son dos et ses cotes étaient un peu endolories mais ce n'était rien. Plus de peur que de mal comme on disait...

Le pic d'adrénaline la faisait légèrement tremblée. Elle acquiesça à la question de Jindanor tandis qu'une de ses mains agrippait au hasard un pan de sa chemise comme l'aurait fait une enfant ne voulant pas se perdre. Elle avait... du mal à retrouver ses repères.

Elle n'en était même pas encore arrivé à se poser la question de savoir quelle était la cause de cet subite secousse...
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Jindanor Numanor
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Mar 24 Jan 2017 - 17:46




L'adrénaline était toujours présente, il respirait assez vite, et sentait de plus en plus une vive douleur le frapper dans sa cuisse, sans compter les multiples hématomes qu'il allait très certainement se coltiner encore pendant quelques jours... Les dents serrées il s'était empressé de s'assurer que sa dame allait bien,l'observant de bas en haut il pu constater qu'elle n'avait rien, si ce n'était quelques tremblements au niveau de ses mains, qui ne tardèrent d'ailleurs pas à chercher quelque chose à laquelle s'agripper. Ce fut sa chemise qui servit comme tel, le faisant baisser le regard vers elle, il était tout aussi perdu qu'elle, bien qu'il y voyait clairement, si il n'avait pas vu l'état de cette cale avant qu'elle soit frappée, il aurait très certainement pu se croire au plafond... Son regard se porta vivement sur sa droite, alors qu'il passait sa main droite sur la douleur qui le prenait encore, avec la chute qu'ils venaient de faire, il était bien heureux de ne pas s'être fait empâlé par il ne savait quoi... Il put observer les bêtes, Georges était allongé, comme s'il était encore quelque peu sonné, il n'avait certainement pas tenté de se lever depuis ce choc, sa comparse se trouvait dans le même état d'hébêtement que la dame qui s'était accrochée à sa chemise.

Le chevalier observa l'état de la coque, essayant de s'assurer qu'aucune perforation n'avait eu lieu, que ce n'était pas un fond marin qu'ils venaient de percuter... Devoir nager... Oh par les dieux, si l'on pouvait s'éviter ça... Il observa avec précision chaque chose autour d'eux... Deux des très nombreuses attaches avait lâchée sur le plafond, laissant tomber quelques tonneaux et caisses, plupart remplies d'aliments séchés, dégageant une odeur de sel plus poussée qu'il ne s'y attendait... A sa droite les deux bêtes commençaient à se remettre sur pied, sous le regard attentif d'un Jindanor serrant les dents.

Il ne manquerait plus que l'uns des deux ne parvienne pas à se tenir sur ses pattes...

Il patienta un peu plus, observant cela avec une boule au ventre, avant de se rassurer lorsqu'il vit les deux bêtes se remettre debout,toujours aussi sonnées... Elles commençaient à peine à s'agiter que Jindanor reposa un regard sur Cécilie, s'assurant une nouvelle fois de son état.

-Bon sang... Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais l'on n'est pas passé loin de la catastrophe... Il grogna un peu en faisant bouger ses épaules, celles-ci ayant connues un certaine choc comme le reste de son corps maintenant qu'il y pensait... Ses homoplates vinrent le faire souffrir, comme ses côtes et ses reins... Comme si chaque partie de son corps voulait manifester son mécontentement, des douleurs de chair, rien de plus que quelques dizaines de bleus... Les bêtes vont bien, mais elles vont commencer à s'énerver... Autant essayer de les calmer maintenant, et aller quérir des informations après...Autrement ces bourricots vont se faire du mal... Il avait dit ça d'un ton si... Calme et posé que c'en était presque à croire qu'il n'était plus épaté par grand chose ces derniers temps. En même temps, niveau malchance ils se trouvaient à une toute autre échelle.

Il glissa calmement sa main entre les doigts qui s'étaient agrippées dans sa chemise, les désancrant doucement tout en venant la prendre avec délicatesse, visant à l'aider à se déplacer dans tout ce fatras, bien qu'il y avait eu plus de bruit et de peur que de mal, il fallait s'assurer que rien n'empirerait... Il profita aussi de cette proximité entre sa peau et la sienne, glissant son pouce sur le dos de sa main comme pour l'apaiser, elle comme lui-même.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Mar 24 Jan 2017 - 19:09

Des raclements de sabots sur le sol. Des grognements sourds. Douleur ou agacement ?

-Tu es sûr que ça va ?


Elle retrouvait doucement une respiration normal mais avait du mal à juguler la peur. C'était allé si vite... elle se retrouvait... aussi désemparée qu'elle l'aurait été un an auparavant par le galop d'un cheval. Elle aurait voulut prendre quelques instants pour se blottir dans les bras de Jindanor pour laisser cette frayeur s’évanouir... Mais elle devait se rendre à l'évidence de la réalité : contrairement a ce qu'aurait pu clamer un roman, ce n'était absolument pas le moment.

-Les bêtes vont bien, mais elles vont commencer à s'énerver... Autant essayer de les calmer maintenant, et aller quérir des informations après...Autrement ces bourricots vont se faire du mal...

Il glissa sa main sur la sienne, la serrant avec délicatesse, la caressant sans même semblé y prendre garde. Elle sera fortement ses doigts, une profonde inspiration venant soulever sa poitrine pour la première fois depuis la chute, comme si elle était restée en apnée jusque là.

Avec précaution, elle marcha dans le sel et enjamba les débris de bois selon les indications du chevalier. Et soudain, la sagesse populaire selon laquelle aucun jupon n'était admis à bord d'un navire prenait tout son sens...

Au dessus, on entendait des bruits de cavalcades. Étant donné les dégâts de cette partie de la cale. Le chambardement avait du être aussi problématique sur les ponts supérieurs... Des voix criaient, mais le navire semblait être de nouveau stable... cela n'avait aucun sens... C'est comme si une unique grosse vague avait faillit faire verser le bateau... Rien ne pouvait cause quelque chose comme ça...

Pendant que Cécilie frémissait en se perdant en conjectures toutes plus farfelues les unes que les autres, Jindanor avait lâché sa main pour rassurer George puis Poudreuse. Mais lorsqu'a force de tenter de trouver ce qui avait put produire quelque chose comme ça, les versets concernant les Wagyls s'imposèrent à son esprit, elle lâcha une sorte d'onomatopée peu rassurée.

Elle en venait presque à espérer qu'une nouvelle secousse se produise... ça serait quand même moins impressionnant...
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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Mar 24 Jan 2017 - 19:43



Il était restait évasif sur son état, un oui rapide, un hochement de tête ponctué d'une onomatopée, éviter de dire qu'il s'était probablement encore briser quelque chose aiderait très certainement la situation a garder un semblant de calme... Et puis s'il s'était vraiment brisé quelque chose, il ne pourrait pas bouger comme il le fait alors...

Il se tenait donc près des bêtes, il avait un instant laissé sa dame... Par les dieux cette secousse lui restait en tête, des myriades d'idées avaient fleuris dans son esprit, l'hypothèse des bas-fond avait été rapidement écartée, autrement ce fonds de cale se verrait déjà bien vide... Une vague solitaire ? Comment cela pouvait-il être simplement possible ou même imaginable ?

Alors quoi ? Il se posait très certainement autant de question que la Dame qu'il accompagnait, mais s'occuper des bêtes avait été sa priorité, les calmer ne fut pas des plus compliquer, les assurer que tout se passerait bien, leur donner de quoi grailler un peu plus et quelques papouilles suffirent avec la présence de leurs deux meneurs habituels. Mais lorsqu'il se retourna enfin vers Cécilie, tout ce qu'il put entendre de sa part fut un son de surprise, mêlé à un semblant de craintes... Quoi ? Que se passait-il ? Avait-elle entendue quelque chose qu'il n'avait pas entendu pour sa part ? Autre chose ?

-... Un problême ? Demanda-t'il, sur un ton quelque peu inquiet, elle était tout de même plus douée que lui au niveau de l'écoute, et il fallait dire que malgré les millions d'idée qu'il avait eu qui auraient pu expliquer ce choc violent sur le navire, il n'avait toujours pas l'ombre d'une réponse plausible... Bien qu'il se serait bien dit qu'un souffle de vent provenant d'il ne savait quelle source suffisamment puissante aurait pu surprendre les voiles et le navire, le faisant presque chavirer...

Il gardait un regard quelque peu inquiet sur elle, entendant toujours du mouvement rapide à l'étage, précipité, des hommes étaient peut-être tombés à la mer ? Oh ça ne pouvait pas réellement être pire que ça si ? Mais maintenant que le silence s'était presque fait totale dans la cale... Il sentait comme... Une tension presque bien trop palpable pour être saîne, oh ce n'était pas entre lui et la dame qui se trouvait dans cette cale... Non.

-... Nous... Ferions mieux de sortir d'ici. Dit-il alors que même les chevaux venaient de faire le silence le plus total. Prendre l'air nous feras certainement plus de bien.

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MessageSujet: Re: On ne rentre jamais chez soi [Terminé]   Mar 24 Jan 2017 - 20:06

- Rien... J'ai cru... Mais non.

Non non et non. Ce n'était pas possible.

La proposition du jeune homme paru presque cinglante tant le silence qui régnait là avait quelque chose de surnaturel. Elle acquiesça pourtant sans la moindre hésitation et se laissa guider en sens inverse, tachant d'avancer au pus vite parmi les débris. Alors qu'elle enjambait un tas de sel à en déduire de l'odeur, elle laissa tout de même tomber.

- Les monstre marins, ça n'existe pas en Olienne...


Arrivé au bas de l'escalier, un coup d'oreille suffisait à savoir une chose : la cale était aussi calme que les quartiers de l'équipage étaient agités. Les appels semblaient surtout être fait dans le but de mettre en ordre tout ce beau monde. Rien de bien alarmant étant donné ce qui venait d'avoir lieux.

Ils avaient avalés la moitié des marches raides de l'escalier lorsque Cécilie planta ses ongles dans le bras du chevalier.

- Jindanor... Un navire qui en éperonne un autre ne cause pas ce genre de remous... n'est-ce pas ?
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