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 Une lettre tardive... (Anorn)

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Une lettre tardive... (Anorn)   Ven 6 Jan 2017 - 21:50

Arkuisa de la première ennéade de Barkios, an IX du XI° Cycle.


Cela faisait une journée que le seigneur-protecteur d'Eteniril était parti pour rentrer chez lorsque arriva un oiseau au palais du Trône Blanc. Cet oiseau portait un message enroulé autour de la patte, adressé à Neraën Yeldoreï. Rien de bien particulier en soit, un lettre qui était arrivée trop tard... du moins était-ce là la première impression. La raison qui poussa l'elfe à oser dérouler le papier fut le sang séché le tachant, sang qui n'était aucunement visible sur la patte de l'animal. Le fait qu'il trouve un court message codé suffit, avec la présence du sang, à ce que la petite missive soit amenée à qui de droit.

Suite à une traduction du code, la lettre contenait ces mots-ci :
Hauts-conseillers assassinés. Conseil compromis. Tensions avec les noss, guerre imminente. Fais attention.
Laheed'Fal
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Anorn
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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Sam 25 Fév 2017 - 23:39

Alors qu’il finissait de discuter avec sa femme de la naissance des jumeaux, on entra avec violence dans la pièce qu’ils allaient quitter pour lui remettre une missive. Regardant avec surprise son conseiller, il voulut d’abord le recadrer en lui demandant de ressortir aussitôt. S’il y avait bien un moment dans lequel il ne supportait pas être dérangé, c’était lorsqu’il était avec sa femme. Mais ses conseillers le savait pertinemment et ne se permettraient en aucun cas de l’interrompre si ce n’était pas d’une importance capitale. Alors il prit sur lui, inspira et attrapa la missive. Ouverte, elle était tout de même visiblement tachée de sang. Il s’inquiéta alors, reconnaissant qui plus est le sceau d’Eteniril. Ils venaient tout juste d’envoyer Neraën là-bas. Et visiblement, les nouvelles n’étaient pas bonnes du tout. Les personnes à qui il avait envoyé sa dernière missive étaient en bien mauvaise posture, puisque les noss avaient visiblement décidé d’attaquer la Cité. Pourquoi, il n’en avait aucune idée. Mais l’assassinat ne présageait rien de bon. Serrant légèrement ses doigts autour du papier, il remit la missive à celui qui l’avait apporté et demanda à Arwain de le suivre. Son conseiller fit de même, puisqu’il ne l’avait pas congédié. Réunissant son plus proche conseil, quelques membres seulement manquaient à l’appel, il les laissa découvrir ce qu’il venait tout juste d’apprendre.

- Une guerre ? Vraiment ? Nous sortons tout juste d’un affrontement avec les drows et ils veulent faire couler le sang ?

Anorn n’avait pas non plus les mots, encore moins les idées. La nouvelle était tombée si abruptement qu’il n’en revenait pas. Et Neraën était en route. C’était ça le pire, sans aucun doute. Neraën qui se dirigeait vers sa Cité alors qu’elle menaçait de chuter en pleine guerre civile. Y avait-il pire conjonction ? Certainement pas. On lisait les quelques mots, faisait des réflexions, mais rien de bien constructif. Arwain posa sa main sur son bras et serra légèrement ses doigts. Elle aurait sans doute voulu faire plus mais elle ne pouvait devant tant d’autres.

- Je t’en prie, dis moi ce à quoi tu penses.
- Je crois qu’il serait bon de prévenir le cortège qui accompagne Neraën. Et de le faire revenir au plus vite si possible. La succession ne peut pas se faire dans de telles conditions. Et il y a un risque immense pour qu’il ne puisse se contrôler dans le chaos.
- Je vais envoyer deux cavaliers mais il est possible qu’ils ne les rattrapent jamais. Que Neraën arrive en Eteniril avant même qu’on ne puisse le faire revenir.

Ses conseillers le regardaient s’inquiéter au sujet du Seigneur Protecteur. Eux s’inquiétaient au sujet du protectorat. On demande s’il serait nécessaire d’envoyer des troupes. Il répondit que tant qu’il n’avait pas plus d’informations sur ce qui se passait réellement là-bas, il ne pourrait répondre à cette question. On lui dit qu’il faudrait alors envoyer des elfes pour faire un rapport. Il hocha simplement la tête.

- Si nous ne pouvons désamorcer cette guerre, nous devons au moins la contenir. Il ne peut pas, aujourd’hui, y avoir de débordement dans les autres protectorats. Ce ne doit pas être là une porte dans laquelle les noss et les cités s’engouffrent. Nous avons besoin d’unité et un exemple tel que celui-ci pourrait ruiner tout espoir d’en avoir une rapidement.
- Cela repousse indéniablement les espoirs que nous avions de pacifier les échanges entre noss et cités. Il faudra contenir, certainement. Je vais avoir besoin d’y réfléchir, comme vous tous ci présents. Je vous revois demain, au milieu de la journée, quand le soleil sera à son zénith. Dans la salle où nous avons pour habitude de nous réunir. Prévenez ceux qui étaient absents aujourd’hui. Que la nuit vous porte conseil.

Il se retira et les conseillers ne restèrent pas bien longtemps après lui dans la pièce. Laissant son bras à son épouse, il soupira bruyamment lorsqu’ils se retrouvèrent seuls. Y avait-il besoin de cette nouvelle à ce moment ? Pourquoi les noss décidaient de s’attaquer aux cités alors qu’on pleurait encore nos morts après Eraïson ? Il n’arrivait pas à comprendre, savait qu’il ne pouvait pas comprendre. Il n’avait pas toutes les informations, n’en avait aucune pour ainsi dire. Il ne savait pas à quel point c’était grave, même si l’assassinat ne laissait pas vraiment planer le doute. Regardant Arwain dans les yeux, il chercha en elle une once de réponse. Même s’il savait qu’elle ne lui apporterait ce soir que du réconfort, il voulait une réponse. Comme s’il ne pouvait dormir sans elle, comme si le besoin d’en avoir une allait devenir obsession. C’était sans doute ce qu’il fallait, puisqu’il allait devoir agir demain. Et pour agir, il lui fallait ne plus avoir de question.

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Anorn
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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Lun 13 Mar 2017 - 19:37


Lendemain


La nuit était passée et il était toujours aussi préoccupé. Neraën était en route pour Eteniril où une guerre civile avait visiblement éclaté. Et il s’était maudit mille fois pour n’avoir pas lu cette missive avant de décider quoi que ce soit à son sujet. Il se sentait assez coupable, parce qu’il avait pris la décision d’envoyer Neraën là-bas au plus vite, pour ne pas laisser un protectorat sans protecteur. Mais la précipitation ne lui avait pas réussi. Elle ne réussissait d’ailleurs jamais à personne. Ou très rarement, du moins. Sauf qu’il avait assez hâte, au fond de lui, de régler le problème qu’on lui posait régulièrement. Cet elfe était un poids, par moments. Un poids dont il voulait se délivrer au plus vite. Et l’opportunité s’étant présenté, il n’avait pas hésité un instant. Arwain avait essayé de le déculpabiliser, en lui faisant remarquer que rien ne présageait un tel retournement de situation. Il savait bien qu’elle avait raison. Qu’il n’aurait pas pu prévoir une chose pareil. Que rien ne laissait à penser qu’une guerre civile pouvait éclater aujourd’hui. Mais les faits étaient là et on ne pouvait malheureusement rien y changer.

 - L’important est de réagir, maintenant. Pas de culpabiliser des heures pour une chose que tu ne pouvais prévoir. Depuis quand tu te sens responsable d’une situation sur laquelle tu n’as absolument eu aucun contrôle ?
 - Jamais. Mais tu me connais. Neraën est un sujet assez sensible et parfois je me demande si je ne mélange pas mes envies personnelles à l’objectivisme dont j’essaie de faire preuve.
 - Je crois que tu te débrouilles assez bien. Etant assez sensible et prompte aux expressions fortes d’émotions, je sais que dans ta situation, je n’aurais peut-être pas réussi à être aussi calme et objective.
 - Evidemment. C’est sans doute pour cela que je prends les décisions tandis que tu me conseilles.

Il déposa un baiser sur son front avant de la quitter pour rejoindre ses conseillers. Arwain les rejoindrait peut-être en cours de route mais pour l’instant elle devait se concentrer sur autre chose. Elle ne siégeait pas encore vraiment au conseil. Elle était présente, parfois, donnant un avis assez éclairé sur certaines situations. Mais s’il se retirait de la place de régent, elle n’y resterait pas. En somme, elle y était seulement parce que son mari occupait une place stratégique. S’il s’avérait qu’il prenait dans le futur une place plus importante encore, elle envisagerait sans doute d’officialiser, avec l’accord des autres conseillers, cette place qu’elle occupait à leurs côtés sporadiquement.

Le temps était aujourd’hui assez capricieux et la pluie tombait en averses aussi soudaines que rapides. Quand il arriva dans la salle où ils s’étaient donnés rendez-vous la veille, tous les conseillers n’étaient pas encore présents. Certains d’entre eux étaient encore légèrement mouillés, laissant deviner qu’ils avaient du être à découvert au mauvais moment. A cette réunion expresse étaient convié le conseil rapproché, mais aussi Cinnaeth Kielendar qui siégeait elle au conseil plus large. Elle était en charge des relations entre noss et cités et elle avait tout à fait sa place ici aujourd’hui. A vrai dire, elle était même indispensable. Attendant que tout le monde arrive, il invita ceux qui souhaitaient s’asseoir à la faire, tandis que lui même restait debout. Peu d’elfes s’assirent, à vrai dire, préférant imiter le régent et se tenir sur leurs pieds. Malgré la permission qu’il leur donnait, il n’était pas pensable pour certains d’entre eux d’occuper un siège si lui-même ne le faisait pas. Quand tout le monde fut enfin arrivé, il prit la parole.

 - Je vous remercie d’être ici aujourd’hui, maintenant que tout le monde est réuni nous allons pouvoir commencer. Normalement, tout le monde sait pourquoi il est présent. Si certains d’entre vous n’étaient pas là hier soir, on a du vous faire passer la nouvelle, n’est-ce pas ?

Attendant que chacun acquiesce, il ferait passer la missive si jamais quiconque manifestait une absence d’information.

 - Ce sujet est d’une certaine importance. Je souhaite d’abord vous dire que le cas de Neraën Yeldoreï me préoccupe particulièrement. J’ai envoyé ce matin des Aigles pour minimiser au maximum les potentiels dégâts, mais je ne serai sûr de l’efficacité du détachement qu’une fois qu’il sera revenu. S’il revient. Enfin, je voulais seulement vous informer ce que qui a été fait à ce niveau. Maintenant, j’aimerais discuter de cette guerre civile qui s’est vraisemblablement déclenchée à Eteniril. Nous n’avons pas à intervenir directement, du moins pas de notre propre chef. Seulement la situation est inquiétante et je crois que nous ne pouvons pas fermer les yeux sur celle-ci. Avez-vous une idée de ce qui serait bon à faire ici ?

Comme toujours, il n’énonçait jamais ses propres idées avant celles de ses conseillers. Certains pouvaient, consciemment ou non, se laisser influencer par ces dernières. Et parfois, cela pouvait freiner quelques idées jugées un peu trop extrêmes ou déplacées.

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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Mar 14 Mar 2017 - 20:20


An IX du XI° Cycle
Première ennéade de Barkios

Arkuisa

« Tu finiras par être ensevelie sous cette montagne de lettres...

Deux perles azures se fixèrent sur le nouveau venu, tandis que sa main continuait à écrire sur un parchemin vierge. Comme à son habitude Faerveren n'avait pas pris la peine de signaler son arrivée en toquant quelques coups à la porte.

- Des lettres de tes nombreux admirateurs je suppose ? Ajouta-t-il avec un petit air narquois. Elle reporta son regard sur sa missive et répondit :
- Malheureusement je ne sais dire si cela est de l'admiration ou juste de l'opportunisme pour se débarrasser de quelques fâcheuses affaires.

Son ami répondit par un rire. Un rire qui sonna étrangement aux oreilles de Cinnaeth. Un rire... nerveux ? Elle s'arrêta d'écrire et releva ses yeux vers lui. Elle l'examina avec attention. Derrière la nonchalance habituelle de Faerveren, elle percevait un malaise grandissant. Cela lui rappelait le jour où il lui avait annoncé la mort de la fille d'Arahaelon. Face à son visage interrogateur, il finit par lui dire :

- Un problème a éclaté en Eteniril...
- En vue de ton air, je suppose que c'est grave. Au fur et à mesure, elle sentait une certaine tension monter en elle, comme quelque chose qu'elle avait redouté pendant de longues années.
- La région est en situation de guerre civile. Un des Hauts Conseillers a été assassiné.

Un silence s'installa. Cinnaeth ne savait que répondre. En réalité, aucune réponse satisfaisante aurait pu être prononcée à l'instant même. Cela était une nouvelle pour le moins inquiétante et retournait l'elfe plus qu'elle aurait voulu l'admettre. Une telle situation lui était parue impossible, tout du moins pas aussi rapidement, en particulier après l'attaque des Drows dans le sud. Elle commença à réfléchir à toute vitesse. Le protectorat avait connu quelques conflits sur les dernières années entre Noss et Taledhels, suite, bien évidemment, au comportement hostile et hermétique de la cité d'Eteniril. Le seigneur protecteur de l'époque avait fait en sorte de rabibocher les deux peuples cousins, mais il semblait que cela ait échoué... Pour autant, que des Noss soient capables d'assassiner un Taledhel, qui plus est un conseiller, lui paraissait étrange. Il n'avait jamais été dans les mœurs Noss d'utiliser de telles méthodes ou d'attaquer les citadins directement dans leurs demeures de pierre, et les clans n'étaient pas les plus enclins à changer leurs manières de vivre et de faire.

- Savons-nous où est quand le conseiller a été assassiné ?
- Nous n'avons pas eu plus de détail que cela. La seule chose complémentaire que j'ai pu récolté est l'absence de Neraën Yeldoreï dans la capitale. Il est possible qu'il soit là-bas, étant donné qu'il est l'ancien protecteur de cette région... Je te laisse deviner le programme de demain.

Cinnaeth soupira. Elle se repoussa dans son siège et ferma les yeux. Cette situation lui paraissait à la limite de l'ubuesque. Elle savait déjà ce qui l'attendait demain. À demi-mot, Faerveren lui avait indiqué que sa présence allait être requise à un Haut-Conseil. En soit, cela était une nouveauté, elle n'avait jamais assisté à un tel Conseil. La présence du Régent n'était pas pour la rassurer. Celui-ci était resté une énigme aux yeux de Cinnaeth, même Faerveren, habituellement au courant des moindres rumeurs et secrets, ne semblait pas capable d'en apprendre beaucoup sur lui. Elle ne savait pas quelle était son opinion sur les Noss. La seule chose dont elle pouvait être sûre c'est qu'il ne laisserait pas le protectorat sombrer dans le chaos, de peur que l'intégralité de l'Anaëh s'engouffre dans la brèche. Bien que cela était un noble sentiment, il pouvait aussi mener à prendre des décisions malavisées. La deuxième chose sur laquelle elle pouvait parier était le fait qu'elle serait sans nul doute la plus jeune, et son avis ne serait potentiellement pas considéré avec le même sérieux que ceux des autres, malgré sa supposée spécialisation. Cela promettait d'être une journée... mémorable.
Elle rouvrit les yeux. Son ami s'était assis dans le fauteuil près de l'étagère en bois longeant le mur gauche de la pièce. Il l'observait attentivement. Après un échange de regard entendu, il annonça :

- Si tu es inquiète, il faudrait mettre l'intégralité de l'Anaëh en alerte...

Elle lui répondit par un faible sourire.







Elenwënas

Les talons des bottines de Cinnaeth claquaient sur les dalles blanches de l'Esplanade. Un claquement déformé par la pellicule d'eau recouvrant le sol. En partant de chez elle, elle fut inspirée d'attraper une cape bleu ardoise de coton enduit lui tombant jusqu'aux chevilles, ce qui lui permit d'arriver sèche au palais royale. Apparemment, les quelques autres conseillers déjà présents ne pouvaient pas en dire autant. Elle les salua un par un et discuta rapidement de choses diverses. Elle remarqua que chacun d'entre eux évitait soigneusement d'aborder le thème du jour. Elle n'insista pas. Leur attitude en révélait déjà beaucoup sur leurs positions. Si le Régent ne les avait pas convoqué, ils auraient sûrement préféré jouer l'autruche. Une dizaine de minutes après sa propre arrivée, ce fut au tour du Régent d’apparaître dans la salle. Cinnaeth ne l'avait qu'entre aperçut au palais. Il avait pour un elfe une stature assez imposante, et pas aussi longiligne que la plupart de ses congénères. Mais ce qui la frappa le plus fut son visage. Certes, il était marqué par les années passées, mais pas plus que ce que l'on pouvait attendre d'un elfe millénaire. Ses yeux par contre, d'un bleu-gris pâle, lui donnait un air froid et dur. D'une certaine manière, cette expression convenait parfaitement à la gravité de la situation, mais elle n'était pas pour vous rendre à l'aise en la présence du Régent. Cela était peut être volontaire ?
Debout autour de la table de pierre, ils attendirent une poignée de minutes supplémentaires les derniers conseillers. Alors Anorn s'exprima :

- Je vous remercie d’être ici aujourd’hui, maintenant que tout le monde est réuni nous allons pouvoir commencer. Normalement, tout le monde sait pourquoi il est présent. Si certains d’entre vous n’étaient pas là hier soir, on a du vous faire passer la nouvelle, n’est-ce pas ?

Cinnaeth répondit par un léger hochement de tête. Elle se doutait qu'elle devait faire parti des rares a avoir été alertés après coup, en particulier car elle ne faisait pas parti du conseil rapproché du Régent. Ce dernier continua :

- Ce sujet est d’une certaine importance. Un certain euphémisme pensa-t-elle. Je souhaite d’abord vous dire que le cas de Neraën Yeldoreï me préoccupe particulièrement. L'intuition de Faerveren se révélait juste. J’ai envoyé ce matin des Aigles pour minimiser au maximum les potentiels dégâts, mais je ne serai sûr de l’efficacité du détachement qu’une fois qu’il sera revenu. S’il revient.

Les Aigles ? Elle se demanda si Fenris faisait parti de ceux détachés sur cette mission. Elle demanderait à Faerveren de se renseigner sur ce sujet. Même si elle savait le jeune elfe talentueux et évitant les conflits inutiles, en vue de la situation, l'idée de le savoir au milieu d'un tel guêpier n'était pas pour lui plaire.

- Enfin, je voulais seulement vous informer ce que qui a été fait à ce niveau. Maintenant, j’aimerais discuter de cette guerre civile qui s’est vraisemblablement déclenchée à Eteniril. Nous n’avons pas à intervenir directement, du moins pas de notre propre chef. Seulement la situation est inquiétante et je crois que nous ne pouvons pas fermer les yeux sur celle-ci. Avez-vous une idée de ce qui serait bon à faire ici ?

Un silence s'installa dans la salle. Cela n'était pas une question facile. Cinnaeth sentit son voisin de droite s'agiter. Deux des conseillers face à elle la regardaient avec insistance. Espéraient-ils qu'elle prenne la parole en première ? Cela lui aurait parut déplacé étant donné sa position d'étrangère au sein de ce Conseil. La jeune conseillère resta muette, adoptant un air aimable sur son visage, et se mit à méditer aux pensées qu'elle avait eues lors de la nuit, tout en observant avec des yeux de lynx les autres participants de cette assemblée extraordinaire.

Ce fut un elfe doté d'une chevelure dorée, situé en bout de table, qui prit le premier la parole. Elle le resitua comme un ancien membre de l'armée royale s'étant tourné vers la politique après une grave blessure l'ayant privé de l'usage de son bras d'arme. Sa proposition n'étonna pas Cinnaeth. Il proposait purement et simplement de militariser la cité, avec une recrudescence de gardes postés dans la ville et sur ses murs, mais aussi avec une petite armada d'éclaireurs dispatchée dans la forêt avoisinante, afin de prévenir en cas de mouvements hostiles de la part des Noss. Cela serait au mieux, un gaspillage d'énergie, au pire, considéré comme une menace directe par les clans. Elle jeta un coup d’œil furtif au visage du Régent. Celui-ci n'avait pas changé d'expression depuis le début de la séance. Elle se demanda si celui-ci était figé tel les statuts de pierres blanches présentes dans le palais. Quoiqu'il en soit, il semblait qu'il ne comptait pas influencer la parole de ses conseillers, aussi bien par ses propres dires que par son langage corporel. Dans cette perspective, la jeune conseillère ne se priverait pas de donner un avis honnête, même si certains pourraient le voir comme déplacer.

Tout à tour, les conseillers exprimèrent leur réponse à la question du Régent. Certains rejoignirent le premier avis. D'autres affirmèrent que cela n'était pas du ressort du protectorat d'Alëandir, et que leur situation ne risquait en aucun cas de dégénérer. Il n'y avait donc rien à faire ici. Certains proposèrent d'envoyer une aide plus importante à Eteniril pour endiguer aussi rapidement que possible la situation, ce à quoi la majorité des conseillers protesta. Ils considéraient qu'il n'était pas sage de mener une telle action. Aucun n'était sûr que les Drows n'allaient pas tenter un nouvel assaut sur le territoire d'Anaëh par le Sud ou l'Est. L'un, connu pour sa paranoïa extrême, sous-entendit même que l'agitation au Nord du territoire était une distraction de la part des Drows. Son voisin de gauche proposa alors d'envoyer des espions dans chaque clan Noss de la région. L'idée eut le mérite d'amuser quelque peu Cinnaeth. Les clans n'étaient pas des plus accueillants envers les étrangers, la plupart, même après le Voile, accepterait difficilement une présence étrangère.

D'autres avis et visions furent avancées jusqu'à ce qu'il ne reste plus que Cinnaeth qui ne se soit exprimée. Lorsque se fut à son tour, elle laissa un léger silence s'installer. Elle sentit quelques regards curieux se poser sur elle. Le Régent, lui, ne semblait toujours pas décidé à prendre la parole. Affichant toujours la même expression ouverte et avenante qu'elle avait adoptée depuis le début de la session, Cinnaeth s'adressa directement à celui qui les avait réuni aujourd'hui et qui présidait l'assemblée:

- Je souhaite tout d'abord vous remercier pour m'avoir conviée à ce Conseil, Régent. Comme vous l'avez indiqué la situation en Eternil est grave et il est évident que les autres protectorats doivent se questionner sur leurs propres relations entre les cités et les Noss. Les conseillers présents à cette table proposent de nombreuses solutions pour le moins intéressantes.
Après cette légère pointe d'ironie voilée, elle marqua une légère pause, scrutant le visage toujours impassible d'Anorn. Ne se laissant pas décontenancer par ce détail, elle continua avec calme et aplomb : À ce moment même, il me paraît difficile de formuler une quelconque réponse constructive à votre demande. En effet, avant d'imaginer des solutions pratiques et matérielles pour éviter qu'une situation telle que celle d'Eteniril s'installe dans notre protectorat, le premier pas ne serait-il pas d'inclure des représentants Noss dans une telle réflexion ?

Des personnes autour de la table, elle n'en avait repéré aucun pouvant vivre ou provenir directement d'un clan, au mieux un parent ou grand-parent mais cela serait tout. L'absence des Noss autour de cette table lui paraissait lourde de sens. Elle représentait à la perfection le manque de dialogue entre les deux peuples elfiques. D'une façon qui avait toujours échappé à la jeune conseillère, les Taledhels s'étaient toujours octroyés le fait de gérer les protectorats sans jamais chercher l'avis ou le conseil des clans. Ainsi la plupart des contacts se faisant entre les deux factions elfiques étaient généralement à l'occasion d'un conflit autour d'une région précise ou d'une ressource. Il n'était pas réellement étonnant que tôt ou tard ce type de situation finisse par dégénérer. Ce jour était peut être celui où ce fait commencerait à changer, lentement...

Un léger toussotement se fit entendre provenant du fond de la salle, mais Cinnaeth ne quitta pas le Régent du regard.


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Anorn
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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Dim 19 Mar 2017 - 16:12

Quand la conseillère qu’il avait convié à cette réunion restreinte arriva dans la salle, il ne put s’empêcher de noter qu’il était flagrant qu’elle n’était pas à sa place. Certains de ses proches conseillers n’étaient pas bavards, spécialement quand ils savaient être dans une situation délicate. La situation en Eteniril était assez inquiétante pour qu’ils ne se répandent pas en bavardages. Les discussions allaient bon train et on lui proposait tour à tour de refermer la cité sur elle même, de renouer avec les noss ou encore de laisser les choses se dérouler sans jamais prendre parti. Il les écoutait sans dire mot, les laissant se contredire ou tout simplement énoncer leur pensée. Il commençait à bien connaître ses conseillers et savait que certains d’entre eux avaient pour habitude de débattre jusqu’à arriver à un semblant d’accord. Ils ne montraient pas vraiment front uni devant Anorn mais ils se complétaient. D’autres ne développaient leur point de vue que s’ils étaient sollicités. Et enfin, il y avait ceux qui n’étaient jamais sûrs d’eux mêmes mais qui avaient toujours ces idées qu’on finissait généralement par préférer.

Finalement, Cinnaeth prit la parole. En effet, elle était restée muette tout du long, écoutant sans doute ce que les autres proposaient. Il se demandait s’il n’y avait pas aussi là une certaine incertitude doublée d’un manque de confiance. C’était possible, après tout. Elle était nouvel au sein du grand conseil et c’était la première fois qu’elle était convié à un conseil restreint. Alors peut-être n’osait-elle pas s’imposer. Cependant, quand elle prit la parole elle ne le fit pas mal, heureusement d’ailleurs. Elle était chargée de communication entre les noss et le cités, alors il aurait été étonnant qu’elle se révèle être mauvaise oratrice. Malheureusement, elle ne répondit pas vraiment à sa question, préférant dériver sur la possibilité qu’une telle situation s’installe en Alëandir. S’étende donc.

- Bien, je pense que nous avons fait le tour. Merci de m’avoir donné vos points de vus respectifs, ils sont absolument tous nécessaire à la réflexion que nous allons mener. Mais avant de l’entamer, il est nécessaire de revenir sur le dernier point tout juste évoqué. Nous dialoguons ici de ce qu’il convient de faire vis-à-vis d’Eteniril. Nous n’avons certes que peu de moyens et peu de poids mais il me semble tout de même nécessaire de garder un œil dessus. D’une part pour que la situation ne dégénère pas trop et d’autre part pour s’assurer qu’Eteniril est bien capable de gérer seul ce qui est entrain de se passer.

Vous venez, Cinnaeth Kielendar, d’évoquer la possibilité que cela s’étende au protectorat d’Alëandir. Avez-vous dans ce cas une quelconque information que vous ne nous auriez pas communiqué à ce sujet ? Y a-t-il des tensions plus marquées en ce moment entre les noss et les cités ? Je n’ai eu vent d’aucune information de la sorte. Quant à intégrer des noss dans notre réflexion, sans m’y opposer totalement, je saurai vous dire combien cela sera risqué, sans doute trop. Surtout pour une question qui ne demande pas une action directe de notre part mais au contraire une certaine passivité. Si la capitale se trouve être menacée, alors il serait sans doute judicieux de déployer tant d’effort pour arriver à une discussion entre les noss et les cités, mais est-ce seulement le cas ?


Il ne comprenait pas ce soudain revirement. Elle venait de placer Alëandir en première ligne de mire, tandis qu’il n’en était absolument pas question. La guerre civile qui s’était déclenchée en Eteniril n’avait visiblement pas – encore – débordé et il se demandait si cela allait être le cas. La rapidité avec laquelle elle avait proposé de faire siéger ici des noss avait braqué certains conseillers. D’autres étaient surpris mais ils ne bronchaient pas. L’un prit tout de même la parole, avant même que Cinnaeth n’ait pu répondre quoi que ce fut.

- Régent Anoredellon, il est hors de question que nous intégrions des noss au sein de cette réunion qui, au début, ne devait concerné que le conseil restreint. Je ne doute pas de votre décision quant à l’ouvrir à cette jeune conseillère, mais visiblement il échappe à cette dernière ce que nous sommes entrain de faire ici. Je soutiens fermement qu’il est nécessaire d’offrir une aide militarisée au protectorat d’Eteniril, ainsi que des conseils qu’ils ne pourraient décemment refuser. Mais que vient faire le dialogue avec les clans qui entourent nos murs dans cette discussion ?

- Si je peux me permettre...

- Evidemment, permettez-vous, tant que vous mettez un peu plus en lumière l’absurdité de cette proposition.

- Trop aimable à vous, conseiller. Je disais donc que si le fait de se recentrer maintenant sur Alëandir sort un peu de nulle part, excusez moi Cinnaeth, l’idée d’ouvrir le dialogue n’est peut-être pas si mauvaise. Nous ne connaissons pas la situation là-bas, d’où la nécessité selon moi d’envoyer des informateurs, mais il est possible que nous puissions arriver à un terrain d’entente. Pourquoi des Hauts-Conseillers ont-ils été assassinés ? Pourquoi le sang coule-t-il là-bas, pourquoi ces tensions ? Il y a forcément une raison. Et si nous trouvons cette raison, nous qui ne sommes pas englués dans cette horreur, nous pourrons sans doute désamorcer les choses avant qu’elles ne prennent plus d’ampleur.

- Elles en ont déjà trop pris. Il est impératif que nous ne nous laissions pas faire. Les noss sont des fils de la Mère mais je crois qu’ils oublient que nous le sommes aussi. Nous devons leur faire savoir qu’ils ne peuvent pas nous attaquer impunément, qu’ils ne peuvent pas massacrer les nôtres sans jamais être inquiétés.

- La Mère se chargera de le leur rappeler. Ayez foi, mes frères et mes sœurs. La Mère veille sur chacun d’entre nous.

- Qui nous dit qu’ils entendent encore Kÿria ? Ils n’entendent plus grand-chose, si ce n’est un gargouillis déformé qu’ils aiment à appeler la Symphonie.

- S’il-vous-plait, ne nous égarons pas. J’attendais une réponse de Cinnaeth Kielendar mais il me semble que vous ne l’avez malheureusement pas laissé parler. Je vous demande maintenant de l’écouter, nous reprendrons ensuite. Ce sera bien mieux que de nous perdre en conjectures.

Il arrivait parfois qu’il ait à calmer le jeu. Certains avaient tendance à s’emporter et à prendre à coeur chaque parole, chaque proposition et chaque positions qu’ils défendaient. Même si en soi c’était souvent assez constructif, il arrivait que parfois ils en oublient d’être clairs, cohérents et de voir ce qui manquait cruellement à leur argumentaire. Ici en l’occurrence, il leur manquait les réponses qu’attendait Anorn à ses questions.

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Cinnaeth Kielendar
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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Dim 26 Mar 2017 - 14:30


La jeune conseillère avait pour le moins retenu l'attention des autres participants ainsi qu'allumé chez certains une vive flamme de haine et de mépris envers les Noss. Elle se rendit compte du décalage de ses paroles par rapport au questionnement initial lorsque le Régent lui demanda de clarifier sa pensée. Malgré ce recadrage, Cinnaeth était convaincue du fait que la situation d'Eteniril pouvait s'étendre à d'autres protectorats d'Anaëh, Alëandir compris. Les paroles de la chef du clan de son père raisonnaient toujours en son esprit. Même si les relations avaient toujours été marquées d'une certaine défiance entre les deux peuples elfiques dans le protectorat d'Alëandir, des troubles ailleurs pouvaient facilement animer de virulents sentiments de haine enfouis sous la surface, comme pouvait le prouver l'attitude de certains des Conseillers.
Elle laissa les paroles médisantes à son encontre glisser sur les rails de son indifférence. Elle avait été habituée à être la cible de ce genre de quolibet depuis plus de deux cents ans, et désormais peu de choses pouvaient lui faire perdre son sang-froid. Sans aucune expression de trouble sur son visage, Cinnaeth prit la parole posément lorsque le Règent l'invita de nouveau à le faire :

« Les relations actuelles avec les Noss dans notre protectorat sont stables. Par son intonation elle insista sur ce dernier terme et laissa quelques secondes de silence. Elle reprit toujours aussi calmement : cela n'est pas pour autant le signe d'une entente cordiale entre Taledhels et Noss. Au mieux nous pourrions décrire celle-ci comme une dédaigneuse indifférence. Au pire, comme une inimité dormante. Nous nous tolérons, mais, par expérience personnelle, je peux vous assurer que la plupart ne comprend pas et n'accepte pas l'existence de l'autre, aussi bien chez les sylvains que chez les elfes de pierre.

Si une escarmouche venait à éclater dans notre protectorat, cela causera du remous, ce des deux côtés. Les événements en Eteniril ne feront que décupler cette vague. Car soyons clairs sur une chose : si nous sommes au courant de ce qui se passe là-bas, il est certain que des clans au travers de l'Anaëh toute entière, dans notre protectorat également, en ont aussi eu vent. La Symphonie des Arbres peut être très claire et distincte pour certains et des clans nomades ont pu aussi colporter la nouvelle. Il suffirait de peu pour qu'un conflit s'installe dans notre protectorat, et beaucoup d'autres. Tous les éléments sont réunis pour enclencher une réaction en chaîne d'hostilité. Il est ainsi nécessaire de désamorcer aussi rapidement que possible la situation, et vous paraissez pleinement conscient de cela Régent.

En ce qui concerne un quelconque agissement en Eteniril, il faut garder à l'esprit qu'il sera observé avec attention. En effet, en partant du postulat précédent, les clans Noss au courant des événements dans le protectorat du Nord pourront déduire de nombreux faits des décisions et actions qui seront prises par la capitale. Une action militarisée pour soutenir la cité d'Eteniril, hormis le fait que cela serait une ingérence totale dans les affaires d'un autre protectorat, sera comprise comme il se doit par les Noss. Outre le fait d'être une déclaration officielle d’opposition aux clans, elle s'en va accuser les Noss de crimes qu'ils n'ont pas nécessairement commis. Ce serait le pire message à faire passer aux clans car cela signifierait que nous ne leur portons aucun respect et décidons de leur culpabilité avant même d'en avoir appris plus sur le déroulé réel des événements.

Si une action doit être prise, je préconiserai celle de la justice. Je rejoins l'avis du conseiller Velethuil. Il est essentiel d'en apprendre d'avantage sur le contexte et les circonstances de cet acte odieux afin d'y apporter un jugement impartial. Il me parait nécessaire que cette procédure judiciaire inclue des représentants de tous les partis préjudicés dans les membres du jury. Face à des faits établis chacune de leurs paroles est égale, mais il est évident que certains se laisseront aveugler par leurs sentiments. Il serait ainsi pertinent d'inclure dans ce tribunal des Noss et Taledhels d'autres protectorats, comme celui d'Alëandir. Indépendamment du fait que cette situation unique concerne l'intégralité de l'Anaëh dans ses répercussions possibles, cela permettrait d'apporter un regard plus détaché aux événements et accusations. De plus, cela montrerait que nous estimons l'avis des Noss et ne cherchons pas à régler des problèmes les concernant sans considérer leurs opinions.

Quoiqu'il en soit, je maintiens le fait que la vérité doit être révélée et la justice rendue envers la ou les personnes à l'origine de ce meurtre, et ce indépendamment de leurs origines.


Une longue tirade sans nul doute. Au contact des clans, elle avait du apprendre à faire preuve d'une pédagogie sans faille, devant expliquer chaque chose avec autant de précision que de transparence que possible pour que les Noss lui fasse un temps soit peu confiance. Elle appréciait le fait que personne ne l'ai interrompue, mais elle se doutait que certains éléments du discours feraient s'indigner certains Conseillers, en particulier son dernier point. En effet, elle insinuait que le meurtre n'avait pas nécessairement était perpétré par un Noss, chose que tous n'était pas prêt à entendre. Les réactions ne se firent pas attendre, et avant même que le Régent puisse s'exprimer, les conseillers les plus vindicatifs s'exprimèrent :

- Que voulez-vous dire par « indépendamment de leurs origines » ? Aucun elfe de pierre n'oserait porter la main sur un de ses concitoyens ! Seuls ces sauvages de Noss en auraient l'audace !

- Le temps que vous avez passé auprès des clans semblerait avoir amoindri votre discernement conseillère Kielendar.  

Cinnaeth ignora royalement ces accusations et n'y répondit rien. Elle n'était pas là pour se quereller sur des choses futiles et encore moins débattre sur des préjugés stériles.



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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Lun 3 Avr 2017 - 18:03

Stables. Ainsi décrivait-elle donc les relations entre les noss et les cités d’Alëandir. Il n’y avait pas de grands mouvements de prévus, pas de discordes trop importantes. On se tolérait, on se côtoyait. Sans jamais vraiment plus s’approcher. Désamorcer rapidement la propagation d’une rumeur. Celle qui courrait à propos d’Eteniril. On avait assassiné des Hauts-Conseillers. Et on se demandait qui pouvait l’avoir bien fait. La rébellion des noss qui s’en était suivie appelaient à un jugement hâtif. Ils avaient semer le chaos pour mieux envahir la cité. Ils avaient fait verser le sang pour ouvrir les portes et conquérir ce qui ne leur appartenait pas. Voilà ce qu’on pourrait bientôt entendre. Voilà ce qui se dirait quand les citoyens seront au courant de la situation. S’en suivraient des escarmouches, ci et là. Peut-être ne pourrait-on bientôt plus sortir des murs. Sous peine que d’autres enfants de Kÿria s’en prenne à sa vie. C’était un des futurs qu’il voyait se dessiner. Un de ceux qu’il voulait à tout prix éviter. Elle déconseillait un soutien militaire. Anorn était de son avis. Il était hors de question qu’ils envoient un contingent en Eteniril. D’une part parce que la cité n’en avait sans doute pas besoin. D’autre part parce qu’ils n’étaient pas en guerre. Finalement, elle se révélait être d’avis de faire la lumière sur ce qui s’était réellement passé en Eteniril.

Assis en bout de table, là où le bord était plus aplati, Anorn écoutait ses conseillers réagir. L’un d’entre eux s’offusqua à l’évocation d’une potentielle origine citadine de l’assassin des Hauts-Conseillers, tandis qu’un autre rétorquait que Cinnaeth manquait de discernement. Peut-être n’était-elle pas encore assez expérimentée pour siéger là. Et c’était pourquoi il s’agissait seulement d’un cas d’exception. Mais elle apportait des éclaircissements assez judicieux. Alors il intervint avant qu’un autre le fasse.

- Suffit. Je ne tolère pas le manque de respect. Que vous ne vous rangiez pas de son côté, que vous trouviez son avis non pertinent, je peux le concevoir. Que vous n’apportiez rien de plus que de l’amertume et une remarque désobligeante, je ne le peux pas. J’attends vos excuses.

L’elfe n’avait aucune envie de retirer ses propos. S’il les avait prononcé, c’est qu’il les avait pensé. Mais visiblement, il n’allait pas avoir le choix.

- Veuillez excuser l’amertume et la désobligeance de mes propos, conseillère. J’y serai plus attentif la prochaine fois que je formulerai un reproche. Quoi qu’il en soit, l’assassin ne peut être un citadin. Ou bien il aurait déjà péri de honte et de culpabilité, tant l’acte qu’il auriat proféré aurait été insupportable. Je ne peux croire que la Mère l’aurait laissé oublier, encore moins pardonné.

- Il faut bien voir l’autre comme un animal pour oser lui retirer le souffle et la vie. Ne me dites pas le contraire, vous seriez de bien mauvaise foi.

- Se questionner encore et encore à ce sujet n’a aucun intérêt. Tant que nous n’en savons pas plus, pourquoi se tourmenter ? Non, laissez d’autres nous rapporter les informations nécessaire et jugeons ensuite. Un tribunal est une idée qui me semble correcte. Nous pouvons inviter les noss mais… Viendront-ils ?

- Si nous sommes capables de leur montrer notre bonne volonté, si nous sommes capables de parler à leur coeur, alors ils sauront qu’ils doivent. S’ils sentent en nous ce qui nous lie à eux, ils n’auront plus aucune raison de refuser.

Anorn acquiesça. Première fois depuis le début de leur réunion qu’il manifestait un quelconque signe d’accord ou de désaccord avec l’un d’eux. Il avait toujours considéré les noss comme ses frères et ses sœurs. Il avait mis du temps à comprendre qu’il ne pourrait jamais avoir la même légitimité auprès d’eux qu’auprès des citadins. Mais il en avait eu l’espoir, parce qu’il voulait les protéger. Ils étaient tous des enfants de Kÿria et savoir qu’ils l’ignoraient délibérément, seulement parce qu’ils avaient décidé de vivre différemment, était une chose qui lui brisait le coeur. L’unité fait la force. Et ils étaient plus déchirés que jamais. Comment pouvait-on s’interroger sur les causes du front elfico-drow ? Comment pouvait-on questionner son origine ?

- Très bien, je vous ai tous entendu, sans exception. Vous commencez à me connaître et je pense que ce qui suivra ne surprendra personne.

Un soupir dans la salle, des bras qui se croisent.

- Il m’apparaît qu’un soutien militaire n’a pas lieu d’être. Nous ne sommes pas censé intervenir directement en ce qui concerne les affaires du protectorat d’Eteniril. Cela ne veut cependant pas dire qu’il ne nous est pas possible de faire quoi que ce soit. Il serait judicieux de connaître les origines de ces altercations. Laissons un détachement partir, sous peu, en Etenril. Ce dans le but d’enquêter sur la situation. Nous avons besoin de plus d’informations quant à ce qui se déroule là-bas en ce moment. Nous pourrons peut-être, par la suite, envisager de soumettre l’idée d’un tribunal. Mixte.

Dans l’éventualité où cette idée serait retenue et appliquée, Cinnaeth sera en charge de la communiquer aux noss. Si vous avez proposé cela, c’est qu’il est possible qu’ils acceptent de se joindre à nous. Alors il sera de votre devoir de faire en sorte que ce soit le cas. Velethuil, je vous charge de regrouper le détachement qui partira dans les jours qui suivent. Je vous donnerai, une fois le conseil dissout, le détail de ses membres. Quelqu’un souhaite-t-il rajouter quelque chose de
constructif ?



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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Mer 5 Avr 2017 - 20:03


Le Régent, qui avait semblé pensif jusque là, coupa net une nouvelle salve de dénigrement à l'encontre de la jeune conseillère. Elle en lui fut gré, même si son visage ne laissa rien transparaitre. Cinnaeth lui reconnaissait une autorité rare, qui selon elle était l'apanage des vieilles âmes. Celles qui ont vu, appris, compris. Celles qui sont sages. La seule elfe qu'avait côtoyé Cinnaeth et qui dégageait la même aura n'était autre que la chef du clan Peth'Idhren.    

Des excuses lui furent présentées. Des excuses hypocrites au mieux. Et des explications pour le moins naïves et bornées. Une envie furieuse la démangeait de lancer une pique cynique à l'égard de ses interlocuteurs au sujet de la noblesse supposée des Taledhel, les élevant au-dessus de tout crime et de toute bassesse. Mais elle n'en fit rien et laissa aller les propos. Il n'était certainement pas recommandé de se conduire ainsi dans un Conseil, encore moins un avec de tels enjeux. Ce qui était acceptable au cours de négociations marchandes, voir même un atout de marchandage, n'était pas le bienvenu autour d'une table où se prenait d'importantes décisions.

Le Régent repris la parole. Sa première phrase en fit réagir certains, comme s'ils savaient que la réponse n'allait pas leur convenir. À entendre celle-ci, elle pu aisément comprendre pourquoi. Dans une certaine mesure, la résolution d'Anorn penchait plus dans son sens que dans celui d'autres conseillers plus belliqueux. Ceci dit, elle n'en éprouva aucune fierté ou source d'orgueil. À ce moment précis elle n'avait rien prouvé. La seconde partie des propos du Régent confirmèrent ce point. Si le Tribunal se tenait, c'est à ce moment là qu'elle aurait à démontrer ses capacités. Le ton du Régent indiquait clairement qu'il ne tolérerait pas l'échec. Un challenge de taille. Mais c'était dans ses conditions que Cinnaeth préférait opérer. Nulle réponse orale était nécessaire aux paroles du Régent, mais elle adressa un signe de tête entendu à Anorn. Elle allait devoir se mettre au travail très rapidement. Comme voulait l'adage, il vaut mieux prévenir que guérir.

La séance touchait ainsi à sa fin. Tous acquiescèrent aux propos du Régent. Puis présentant un à un leur salutation, les Hauts-Conseillers abandonnèrent progressivement le tour de la table. La jeune elfe imita ses aînés. Après une salutation aimable au Régent et aux autres conseillers encore présents, elle sortit de la salle. Le dénommé Velethuil allait s'en doute s'attarder quelques temps de plus afin de recevoir les instructions nécessaires pour le détachement envoyé en Eteniril.

En quittant le palais, qu'elle avait traversé silencieusement plongée dans ses pensées, Cinnaeth remarqua que les nuages qui surplombaient plus tôt la capitale étaient partis. Si elle avait été superstitieuse, elle aurait considéré cela comme un bon augure. Malheureusement, la situation ne lui laissait présager rien de bon pour les temps qui allaient suivre. Mais cela ne la décourageait pas. Si tout était calme elle s'ennuierait de pied ferme. Prenant une grande bouffée de l'air frais hivernal, elle s’élança d'un pas décidé vers son officine. Il lui fallait s'entretenir avec la personne qui serait capable d'apporter un éclairage nouveau à cette situation. La même qui serait une candidate parfaite pour siéger au Tribunal si jamais celui-ci avait lieu. Ma'hëlnoss.



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MessageSujet: Re: Une lettre tardive... (Anorn)   Mer 12 Avr 2017 - 15:41


Personne n’eut rien à rajouter. Alors ils finirent par se saluer, avant que les discussions ne reprennent entre eux alors qu’ils quittaient la salle. Velethuil le rejoignit comme il était convenu, pour fixer les détails du groupe qui partirait. Cinnaeth était en retrait des autres. Pas étonnant, puisqu’elle ne faisait pas partie du conseil restreint. Un jour peut-être serait-elle ici à sa place. Pour l’instant, elle ne l’était pas et c’était flagrant. Anorn pensa un instant qu’elle devrait peut-être durcir son jeu, ne pas tant dévoiler à ceux qui l’entouraient, mais il n’en dit pas un mot. Après tout, ils n’étaient pas tous comme lui. Et c’était un bien pour un mal. Les conseillers vidèrent la salle en deux temps, mais bientôt il n’y en resta plus que deux.

 - Conseiller, je sais que tout ceci est un peu précipité, mais nous sommes dans l’urgence, vous en conviendrez.

Il ne pouvait dire le contraire. Les événements en Eteniril étaient inquiétants et on ne pouvait décemment les laisser empirer. Même si le groupe qu’il enverrait risquait d’arriver un peu tard. Même s’ils n’auraient des informations que dans quelques ennéades. Même s’ils ne pouvaient agir directement et instantanément.

 - Dites moi ceux que je dois réunir, Régent. Je le ferai, en transmettant les consignes que vous m’aurez donné pour eux. C’est si précipité et en même temps si tard… Aurons-nous vraiment un poids quelconque ?
 - Ce n’est pas ce que nous cherchons là. Nous voulons simplement des informations. Suites auxquelles nous enverrons sans doute une missive à Eteniril pour proposer l’alternative dont nous avons précédemment discuté. Je souhaite que vous réunissiez un petit groupe, pas plus de dix personnes. Les Aigles que vous jugerez les plus à même d’escorter un des diplomates qui s’occupent des missions intérieures. Qu’il prenne avec lui plusieurs oiseaux. Un mage de l’immatériel spécialisé dans la protection et un autre dans l’illusion. Nous ne sommes presque pas là.

Pas de grande manifestation quand ils arriveront aux abords de la cité. Un oiseau préviendra les hautes instances de l’arrivée du groupe, mais personne d’autre ne doit être au courant. Sauf s’il s’agit d’une absolue nécessité. Entendez-vous ?

 - Absolument Régent.
 - Bien. Nous ne sommes pas là pour intervenir. Quoi qu’il se passe. Nous sommes là pour récolter des informations, pour savoir ce qui s’est réellement passé. En aucun cas les Aigles ni les mages sont autorisés à interférer avec les décisions prises au sein de la cité. Ce n’est pas dans leurs attributions.
 - Je transmettrai cela, Régent. Autre chose ?
 - Que la Mère guide leurs pas.

Ils allaient en avoir besoin. Parce qu’ils allaient entrer dans une zone dangereuse.

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