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 [Kelbourg] Oh le bâtard

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: [Kelbourg] Oh le bâtard    Jeu 12 Jan 2017 - 16:27


5e jour, 3e ennéade de Barkios, an 9 du XIe cycle

-Trouves-tu qu'il me ressemble ? S'enquit-il discrètement au près de son frère.  

-Je ne saurai l'affirmer, fit Henri avec une mine de déterré. C'est qu'il est affreusement laid alors je ne voudrais pas te vexer.

Tôt dans la matinée, une femme et son fils étaient venus au château. La femme était la fille d'un berger aujourd'hui mort. Beaucoup de mauvaises langues disaient qu'un lourd secret avait finalement eu raison du pauvre homme. Désormais seule à élever son fils, sans les rentes financières que lui procuraient son père, la bergerie était dans un piteux état et menaçait d'être récupérés par des voisins trop pressés d'agrandir leur terre. Dans un sursaut de désespoir, la fille du berger avait quitté le petit bourg de Boissy avec son fils pour venir rencontrer le seigneur d'Argonne en personne. Faisant fi du protocole imposé par les doléances, elle était passée devant tout le petit rassemblement de culs-terreux venus aussi se plaindre. Alors, sans entendre les protestations elle fit irruption avec son chiard. Que ne fut pas sa surprise lorsqu'il vit cette femme aux formes généreuses et à la crinière de feu. Elle lui disait quelque chose à n'en point douter. Et autant dire que le doute fut bien écarté lorsqu'elle se présenta, elle, ainsi que son fils. « Voici Hector, votre fils mon seigneur », avait-elle balancé comme s'il avait s'agit d'un vulgaire bétail présenté sur le marché. Au moins, les souvenirs revinrent. Cette bergère se nommait Clotilde. Il l'avait rencontré lors d'une chasse avec le sire d'Hautségur. Il était également vrai qu'elle lui avait réchauffé le lit avant de dormir. Enfin, c'était la version dont il se souvenait. Peut-être n'avait-elle point été très consentante à dire vrai. Toujours est-il qu'une fois encore l'alcool avait fait son travail et il en récoltait « probablement » les fruits aujourd'hui.

Justement, il scruta le môme de la tête aux pieds. De prime abord, il lui parut totalement idiot. Grand et costaud, son regard était inexpressif, ses yeux vitreux. De toute évidence, ce garçon n'avait guère reçu d'éducation. Par contre, ils partageaient la même couleur de cheveux et... le même regard. Merde...

-Approche toi gamin ! lança-t-il à l'adresse du fameux Hector.

Un peu maladroitement, le jeune homme avança pour venir près de lui.

-C'est vrai qu'il est laid, reprit-il en regardant dans tous les angles. Quel âge as-tu ?

-Quinze ans, m'sire.

Fichtre, tout concordait. Pouvait-il vraiment être son fils ? Son bâtard. Il se savait être le géniteur de nombreux bâtards dans tout le berthildois, mais il était bien rare d'en rencontrer.

-Qu'est ce qu'on t'a dit au sujet de ton père ? demanda-t-il pour tenter de percer un peu plus le mystère.

Hector parut hésitant et gêné. Au contraire, sa mère semblait avoir prévu la question et le regardait fixement.

-Que mon père était une brute et un violeur et... qu'il avait une petite andouillette, poursuivit le gamin sans savoir de quoi il parlait visiblement.

Ce ne fut pas le cas de son frère et des quelques gardes se trouvant dans la salle qui se laissèrent aller à quelques rires étouffés dans les secondes qui suivirent. Lui, parut bien moins amusé.

-C'est qu'elle a un sacré sens de l'humour ta mère, dit-il en fustigeant la bergère d'un regard noir. Et que puis-je faire pour vous ?

-Le reconnaître pour commencer, puis lui donner la possibilité d'être un homme. Il n'y a plus d'avenir chez nous, je ne peux plus le nourrir.  

-Houla, doucement ! Qu'elle est la preuve que ce gamin est bien mon bâtard d'abord ?

-Je n'ai jamais connu d'autre homme que vous. J'avais quatorze ans à l'époque, vous vous souvenez ? Aucun homme n'a jamais voulu m'épouser après cela. Mon père en est à mort à force de trimer pour nous. Vous en êtes responsable, messire de Kelbourg.

-Hé ho ! Ça vous écorcherez la gueule de me tenir un peu de respect ? Sans se démonter, la bergère continua de défier le seigneur des lieux. Elle osait, se dit-il, elle n'a plus grand chose à perdre, sauf son fils. Il se radoucit peu à peu. Et qu'est-ce qu'être un homme selon vous ?

-Les bâtards peuvent être fait chevalier. Je veux qu'il en devienne un et qu'il ne manque jamais de rien.

-Il est vrai que certains bâtards sont devenus de grands hommes, mais il est aussi vrai que la plupart finissent mal, rejetés par les légitimes qui voient en eux de sacrés obstacles. Est-ce donc ce que vous désirez, dame Clotilde ?

-Je ne suis pas une dame, ne m'appelez pas de la sorte. Contrairement à vous, Hector sera un homme bon. Il sait ce qu'est la misère et les petites gens. Il sait ce qu'être aimé et aimer en retour.

Il s'amusa d'une telle naïveté. Elle lui dressait là le portrait d'un jeune homme capable d'incarner le bon et vertueux chevalier.

-Aimé, être aimé, patati patata, c'est bien beau, mais sait-il au moins tenir une épée sans se faire mal ?

-Non, ça c'est à vous de le lui enseigner.

-Bien sûr, c'est évident. Désirez-vous également que je lui torche le cul une fois sale ?

-Accessoirement si vous le désirez, mais il sait le faire tout seul.

-Non mais...

-Je reviendrai tous les jours si vous refusez, reprit la bergère, toujours aussi sûre d'elle.

-Je ne sais pas ce qui m'empêche de vous enfermer tous les deux.

-Votre conscience.

S'en était trop, il se leva brusquement et s'en alla rejoindre la bergère. Elle ne lui opposa aucune résistance. En quelques secondes seulement, sa main était sur le point de s’aplatir sur le visage de la jeune femme. Mais avant qu'il n'ait pu rabattre sa main, une pression l'en empêcha. Il vit que le « brave » Hector lui retenait désormais tout le bras avec une facilité déconcertante. Ce n'était pourtant pas faute de forcer. Au delà du fait que cela lui sembla totalement stupéfiant, il vit aussi que le gamin n'avait point hésité une seule seconde avant de le retenir. S'il avait été un homme du peuple, cela n'aurait guère causé de problèmes. Seulement là, il n'était point un vulgaire cul-terreux.

-Sais-tu ce qu'il peut t'en coûter de lever la main sur son seigneur ? Demanda-t-il en regardant le gamin droit dans les yeux. Je pourrais te tuer séant petit con.

-Alors faites, mais épargnez ma mère, répondit Hector sans s'alerter de la menace.

Il lâcha prise et la bergère recula aussitôt de quelques pas pour retrouver son fils.

-Mais je reconnais la fougue des Kelbourg. Tu es bien le portrait craché de mon aïeul je dois l'admettre. Alors, fais tes adieux à ta mère et dis lui de ne jamais plus venir m'emmerder. J'ai bien trop à faire pour me coltiner les véhémences d'une pucelle que j'ai défloré il y a quinze ans. Tu trouveras de quoi t'occuper dans les écuries jusqu'à ce que je te trouve une autre utilité. Avec un peu de chance, je te prendrais comme écuyer, qui sait.  



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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Kelbourg] Oh le bâtard    Lun 16 Jan 2017 - 16:27


-Le monde entier a décidé de m'emmerder à ce que je vois... murmura-t-il après la lecture d'une missive reçue dans la matinée.

Sa sœur, Louise, allait séjourner dans le castel. Lui qui s'était fait une joie de ne plus jamais la revoir, voilà qu'elle débarquait de nouveau pour mettre son nez dans les affaires familiales. Maudite garce... La cadette de la fratrie s'était pourtant jurée de ne plus jamais remettre les pieds à Kelbourg après la mort de leur mère. Louise s'était retirée dans les ordres pour rejoindre la foutue Damedieu, déesse des emmerdes que subissait tout le royaume. Cette petite chieuse avait toujours eu la fâcheuse tendance à le foutre en rogne. Sans-doute était-ce à cause de ses dires et de sa façon de voir le monde comme un havre de paix. Elle se disait libre penseuse et optimiste. Elle pensait que la parole de Néera réussirait à apaiser les divers maux des hommes. Foutue conne. Il se souvint de la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Cela avait été juste avant qu'elle ne quitte l'argonne pour rejoindre un couvent. Leur dispute avait résonné dans tout le fief, certains allant même jusqu'à imaginer la cadette morte sous les coups ravageurs de son frère aîné. Il n'en avait rien été. Henri et son père étaient intervenus in-extremis avant qu'il ne commette un fratricide. Il avait vu la peur dans les yeux de sa sœur, mais pas seulement, il y avait eu aussi de la pitié. Chose qui avait terminé de le mettre dans une fureur comme il n'en avait jamais connu jusque-là.

En la voyant entrer dans la cour du castel, il ne put se retenir de grimacer. A ses côtés, Henri parut bien plus heureux de la revoir. Encore à côté, son nouveau bâtard en date – Hector – attendait toujours avec son petit air idiot. Il faisait peine à voir, mais avait finalement reçut une petite promotion en rejoignant le logis seigneurial. Cela fut surtout du au fait qu'il ne supportait plus son odeur et qu'il était temps que son bâtard commence son apprentissage.

Louise arriva devant eux accompagnée de deux autres dames. Vêtues de longs manteaux bleus, les religieuses quittèrent leur voiture pour venir se présenter. Au milieu se trouvait sa sœur. Les années n'avaient point eu d'effets sur son physique même si ses pas étaient quelque peu hésitant. L'on eut dit une vieille dame peinant à se mouvoir. Quelque chose n'allait visiblement pas. Henri se rendit en premier à elle et l'enlaça comme un frère aimant. Lorsque vint son tour, il se contenta de hocher la tête. Elle fit de même, bien qu'elle n'exprima pas la moindre aigreur.

-Que nous vaut le plaisir de ta venue ? S'enquit-il, pressé d'en finir.

Elle les regarda d'un air grave avant de mettre un terme au suspens.

-Ta fille m'a envoyé une missive pour m'informer de son futur mariage. Sa fille ? Tiens donc. Sa femme devait aussi être dans le coup. Cette sale peste avait du prendre un malin plaisir à mettre son nez dans ses affaires. Qui est ce jeune homme ? Demanda Louise en se tenant devant le jeune Hector.

-Mon bâtard, Hector, dévoila-t-il, sèchement.

-Je vois. Enchantée de faire ta connaissance, Hector.

-De même m'dame, répondit le gamin, tout impressionné qu'il était devant une personnalité du culte.

-Bon, ne restons pas plantés là. Allons manger et finissons-en !

-Toujours aussi pressé, mon frère. Je salue néanmoins ton hospitalité.

-Est-ce que tes... amies viennent aussi ? Demanda-t-il en regardant les deux autres religieuses.

-Oui, elles m'aident à marcher lorsque la fatigue me guette. Voici Clair et Emeline.

-Trois pour le prix d'un, me voilà gâté.



 

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: [Kelbourg] Oh le bâtard    Dim 22 Jan 2017 - 15:18


La fratrie était réunie. Chose impensable depuis plusieurs longues années. Mais ils étaient enfin là, assit autour de la table familiale. Henri était le plus détendu, tout heureux qu'il était de pouvoir revoir sa sœur. Louise, quant à elle, tenait à garder une certaine retenue. Elle n'avait plus grand chose à voir avec la petite intrépide de quinze ans. Celle qui était désormais devenue une prêtresse du culte de la Dame semblait à la fois calmée et bien plus mûre. Ce qui l'énervait le plus, à n'en pas douter, c'était bien cette attitude à la fois compatissante et distante qu'elle parvenait à garder. Comme si elle ne pouvait qu'incarner la voix de la sagesse et eux celle de la dissonance. Ces religieux avaient le don de vous faire passer pour des abrutis tandis qu'ils s'affirmaient comme les détenteurs de l'unité, de la paix et de l'amour. Rien que ça. Thibaud fulminait. Comme un chien prêt à aboyer ou à sauter pour bouffer une gorge, il se retenait depuis quelques minutes déjà pour ne pas gifler la prêtresse. Cette femme, qui avait été autrefois une petite peste, revenait presque vingt ans plus tard pour lui donner une leçon de moral. Il y avait de quoi s'injurier surtout en sachant que cette même femme avait abandonné leur famille pour fuir une union qui aurait rapporté gros à la seigneurie. C'était le culte qu'elle avait épousé au lieu de ça. Sale conne.

-De quel droit peux-tu t'immiscer dans les histoires de notre famille ? Tu n'en fais plus partie, jeta-t-il au visage de sa sœur.

-Catherine est ma nièce...

-Elle est ma fille. Elle fera ce que je lui dirais de faire.

-C'est une union forcée, je ne veux pas qu'elle subisse la...

-La ferme ! Depuis quand les femmes ont elles le droit de donner leur avis ? Depuis quand hein ? Et ôte toi l'idée de proposer à ma fille de rejoindre tes rangs, sinon quoi je peux te jurer que ton monastère brûlera et ses croyants avec.

-Ce serait un crime impardonnable aux yeux de la Dame, tu ne le ferais jamais, répliqua Louise.

-Épargne moi tes bondieuseries, tu veux bien. J'ai tué des centaines d'hommes et j'attends toujours la colère de ta dame.

-Ton âme est noire mon frère. C'est bien pire que je ne le pensais... souffla-t-elle avec l'un de ses regards compatissants. Les rumeurs disaient donc vrai.

-Je t'emmerde Louise. Je ne renoncerais pas à l'union entre ma fille et le seigneur de Laraus. C'est un engagement que j'ai pris et qui apportera  un allié de taille à notre domaine. Contrairement à toi, je me démène pour l'avenir de notre nom.

-Crois ce dont tu as envie de croire, Thibaud.

-Tu as abandonné notre famille. Tu as perdu le droit de porter notre nom. Tu n'es ici que parce que je comptais bien te balancer ça une bonne fois pour toute. Si tu pensais me faire changer d'avis, c'est raté.

-Je savais que tu ne changerais pas d'avis, mais je souhaitais connaître ta position. C'est chose faite.

-Bien des choses ont changées depuis ton départ ma sœur.

-Tu es donc prêt à vendre ta fille comme notre père voulait le faire pour moi.

-S'il fallait que ma fille se fasse monter dessus par une troupe de soudards afin d'éviter une incursion sur nos terres, je le ferais sans la moindre hésitation.

Sa sœur eut l'air dégoûté. Son frère parut gêné. Il se félicita d'avoir enfin réussi à la faire réagir à l'une de ses remarques.

-Tu es répugnant, Thibaud. Je ne sais comment aider ton âme... s'indigna-t-elle.

-Tu veux m'aider ? Donne ta bénédiction aux épousailles de ma fille et je te permettrais de continuer à la voir.

-Je n'ai pas besoin de toi pour...

-Je connais le bâtard de Laraus. La religion lui importe peu, Néera encore moins. Quelques mots de ma part et il aura terminé de juger vos échanges néfastes pour son mariage.

Hésitante tout d'abord, Louise dut comprendre que la mariage de sa nièce ne pourrait finalement qu'éloigner sa nièce de son père. Finalement, il y avait là matière à réfléchir à la proposition. Thibaud joua dessus, comprenant aussi que la bénédiction donnée par l'une des personnalités religieuses les plus importantes du berthildois ne pourrait que légitimer un peu plus cette union politique.    
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