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 Au devant du Roy [Cléophas]

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Au devant du Roy [Cléophas]   Jeu 12 Jan 2017 - 18:47


Kÿrianos de la troisième énnéade du mois de Barkios, an 9 du onzième cycle.

Le véhicule fût prêt à l'aube. Le soleil rougeoyait à peine, ses rayons s'étirant au delà de sa vision pour éclaircir un brin le ciel de nuit. Il y avait quelques nuages curieux dont le duvet se parait sans honte de la lumière chaude. Ils portaient – presque insolents – les armoiries du matin, troublant l'immensité endormie, rompant avec assurance la monotonie des cieux. Il ne faisait pas froid, au dehors et cela lui manquait un peu. Quid de ces petits matins où l'air frais des Monts d'Or venait taquiner sa peau d'enfant ? Il était loin ce temps là où l'innocence régnait en place et maître et où son cœur de battait que pour elle. Les sabots des chevaux résonnaient sur la pierre pavant la cour du castel – n'y avaient-ils qu'eux qui s'impatientaient ? Alors, curieuse, elle laissa son regard se perdre vers des choses moins grandes. Sa garde avait pris place non loin de là et si elle ne pouvait les entendre, elle devinait quelques discussions curieuses sur leur destination et sur leur retour. Elle n'était point la seule à qui les champs de l'Alonnan manquait. Pour sûr, elle aurait parié ses deux mains que ces braves gaillards n'attendaient que de retrouver leur chaume. Par la Sainte Mère, elle aussi arrivait à ce demander ce qu'elle attendait pour retourner auprès des siens ! Elle soupira, jetant un dernier regard vers le porche qu'elle quittait à peine. Alors, elle ne fût plus sûre de rien. Devait-elle partir ou souhaitait-elle rester ? Son âme s'arracha sous les flots de sentiments qui l'envahissait et pourtant, elle resta droite et digne. C'était là tout ce que l'on attendait d'elle.
« Nous pouvons partir ».
Elle revint à la réalité. Ses conflits intérieurs se turent pour laisser place au calme placide. Et le torrent se mua en fleuve qui fini sa vie, impavide, dans l'immensité bleue des rivages. Telle était sa vie ; quoique agitée, tout finissait invariablement par redevenir serein bon gré mal gré. Pleine de contradiction, il venait pourtant le moment fatidique où rien ne semblait l'attendre. A trop ressentir, elle finissait par ne plus rien sentir, et ne donnait en retour que la triste monotonie de sa rigueur et de son impérialisme. Son regard se brancha sur celui de Jean qui ne détourna point les mirettes. C'était un homme solide et de confiance qui n'avait encore failli à la tâche confié par Hermance lors de son départ. Quoi qu'un peu rustre, l'homme d'arme avait cette étrange bienveillance pour sa suzeraine. Cette fidélité qu'elle ne comprenait pas. La méritait-elle au moins ? Sans broncher, elle hocha la tête et s'approcha de son fiacre qu'on lui ouvrit prestement. Elle ne faisait le voyage qu'avec sa garde : elle n'avait guère besoin de plus là où elle se rendait. Il était bien inutile de s'encombrer de monde alors même qu'elle n'avait pas de temps à perdre.
« Êtes-vous sûre ? »
Elle fût surprise et pourtant, assise sur son siège, ne détourna pas la tête. Il n'eut pas besoin de préciser d'avantage sa question qu'elle avait déjà compris. Elle aurait dû dire mille fois non, se répéter encore et encore qu'il n'était ni l'heure ni la saison pour cela jusqu'à finir par s'en convaincre, elle-même. Mais elle n'était pas elle. Voilà bien longtemps que la Broissieux avait cessé d'exister pour sa personne, qu'il ne restait plus de cela qu'un nom. Un fantôme qu'elle traînait comme un boulet à sa cheville et qu'une fois jetée dans l'océan, l’entraînait sans qu'elle ne puisse rien y faire vers le fond. Elle serra les dents, observant l'étrange cohue au dehors. Les petites mains s'affairaient : les marmitons envoyaient de ça et là les commis, tandis que les lavandières revenaient les bras pleins d'un linge tantôt sale et tantôt propre dans un ordre qu'elle ne compris pas. Et les femmes de chambre et les dames de compagnie. Et les maîtres d'écurie et la garde. Tous s'agitaient tandis que elle ne parvenait pas même à savoir quoi répondre. Elle se retourna vers l'indiscret espérant trouver dans la mâchoire carré et la barbe de l'homme quelques réponses. Mais nenni. Pour une fois, elle aurait aimé faire ce qu'elle voulait faire et dire ce qu'elle voulait dire mais à la place, un sourire hypocrite étira ses lèvres, fendant son minois d'une moue qu'elle aurait voulu sincère.
«  Comptes-tu discuter mes décisions mon bon Jean ? »
Ses mirettes grossirent et il baissa la tête, confus.
« Cent fois non votre Honneur. Vous me sembliez préoccupée, voilà tout ».
« Il n'est pas de ton ressort de te soucier de quoique ce soit d'autre que ma sécurité. A moins que tu ne souhaites devenir ma dame de compagnie ? ». La réprimande, bien que claquée sans détour sonnait faux.
« Non, votre Honneur ».
« Ne me faîtes plus perdre mon temps Jean. Nous devrions déjà être partis ».
Après un ordre beuglé qu'elle ne pris même pas la peine d'entendre, la petite troupe se mit en branle et le carrosse chahuta au rythme du trot des chevaux. Il fallut peu de temps pour rejoindre les docks du Langecin et pourtant la baronne eut cru une éternité. La ville s'étendait encore silencieuse. Ils ne croisèrent que quelques badauds matinaux et autres soiffards effondrés de ça de là. La capitale du duché n'avait rien à envier aux autres car après tout, elle n'était ni mieux ni pire. Elle avait son lot de pestilence et de misère, de maisons bourgeoises et de marchés. Elle n'avait jamais apprécié la proximité et l'émulation des grandes cités : à cela elle préférait les odeurs des champs et le cliquetis régulier de l'eau qui s'écoulait. Et défilèrent dans une même teinte les champs et les villages qu'ils traversèrent sans s'arrêter jusqu'à Léliande. C'était une ville portuaire parée de chaudes couleurs qui rappelaient l'ère Pharétan. Voilà une bien drôle de chose que de penser qu'avant elle, ses rues étaient foulés par des gens bien différents. Du génie de ces pèlerins, on ne pouvait voir aujourd'hui que quelques brides d'architectures qu'il lui plaisait de contempler au travers de son petit carreau. Eut-elle eu plus de temps, elle aurait certainement demandé une halte à chaque lieu digne d'intérêt pour en faire une analyse autrement plus détaillée mais il était déjà midi passé. La troupe s'arrêta enfin sur les bords de l'Olienne. Les docks résonnaient sous les conversations des matelots et des commerciaux qui traitaient un peu partout autour d'eux.
Il ne fallut guère de temps pour trouver leur convoyeur ; c'était un homme robuste aux dents éparses et aux mains calleuses. Il transportait habituellement quelques trésors miniers vers les côtes sud du Royaume. Il possédait une cogue qui aurait tôt fait de leur épargner une route longue sous le soleil lancinant. Ce n'était pas un bateau de grandes extravagance mais la petite troupe s'en contenterai fort bien. Il n'y avait nul besoin de plus – il n'était qu'une dizaine après tout. Rapidement l'on eu conclut un marché plus qu’honorable : la baronne en son nom s'engageait à verser la taxe d'amarrage et reversait une somme tout à fait correcte pour le transport qui devait durer deux jours. Durant ce temps, chacun mangerait à sa faim et les quartiers du capitaine lui serait concédée. C'était sans compter que - quelques minutes après avoir descendu les voiles pour profiter du souffle maritime que charriait les dernières langueur d'après-midi – la Belle se retrouve fort mal à l'aise. L'estomac dans la gorge, la houle ne lui réussissait guère. N'était-il rien de plus cocasse pour ces matelots que de transporter une noble personne dégobillant tripes et boyaux par dessus le bastingage tandis que l'on apercevait encore la silhouette du port ?
Cela dura tout du long, si bien que lorsque ses pieds foulèrent le quai du Mervallois ce ne fût plus l'appréhension mais le soulagement qui animait la Broissieux. Encore un peu incommodée par cette traversée, elle donna à Jean de quoi régler le capitaine comme convenu. Il ne fit pas trop d'histoire, du moins elle avait toute confiance en son garde pour régler les soucis qu'une hardiesse nouvelle aurait pu provoqué. Le soleil se couchait et malgré la somptueuse allure de la cité, elle ne souhaitait pas se rendre au Porphyrion de suite. Il lui fallait trouver de quoi faire une toilette convenable et plus encore, manger car elle n'avait rien pu garder dans son ventre. De la nourriture aux poissons. Aussi, par manque de choix et certainement une méconnaissance de cette région somme toute charmante, ils finirent dans une auberge. Elle était très simple, et convenait habituellement aux voyageurs moins prestigieux mais cela conviendrait bien. Elle n'avait le luxe de refuser, la nuit approchait bien plus tôt qu'elle n'aurait cru.
« V'là vot' chambre vot' seignerie ! »
L'accent chantait tandis que le tenancier un peu rondouillard ouvrait un battant de bois grinçant. Au milieu de la pièce se trouvait un lit et à son pied un coffre. Les fenêtres n'étaient guère propre et le plancher couinait à chaque pas. Jean se tenait tout près d'elle. Il n'appréciait guère que sa suzeraine se mêle à la foule et se méfiait de tout et de tout le monde. Sans nul doute qu'il voudrait coucher avec elle sur la tapis miteux plutôt que de prendre la chambrette attenante.
« Cela ira mon bon ».
Après quelques politesses hésitantes, il s'éclipsa par l'escalier. Du bas s'élevaient quelques voix graves et les conversations fusaient. Elle n'y prêta guère plus d'attention. Jean était resté sur le seuil de la porte, la mine sérieuse et l'oreille aux aguets.
« Allons, vas-tu te détendre ? Tu me rends nerveuse ».
« Je n'aime pas à vous savoir ici. Il aurait été plus prudent de... »
« Non. ».
Il ne chercha pas d'avantage. Elle affectionnait cette prudence et la forme d'insoumission qu'il affichait sans crainte pour autant elle ne la tolérait pas. C'était de ces choses qu'elle bannissait lorsqu'elle était présente mais qui lui manquait cruellement lorsqu'il en était autrement.
« Va voir le tenancier et dis lui que j'aurais besoin de sa fille jusqu'à mon départ demain ».
Le silence tomba dans la pièce, entrecoupé par les rires gras du bas de l'escalier. Il n'approuva pas, se contentant de la regarder, elle. Ces énnéades de voyage lui avait permis de voir le vrai dans le tissu de mensonge et à présent il la voyait telle qu'elle était réellement. Elle n'aurait su dire si cela était un bien ou un mal ; cela n'en demeurait pas moins la vérité. Elle serra les dents et il tourna les talons dans le cliquetis de son épée solidement attachée à sa hanche.
On lui fit porter ses affaires et la petite de l'aubergiste. Elle devait avoir douze ans, tout au plus. Elle avait des cheveux blonds tressés et un tablier salit par le travail. Elle était mignonne et bientôt, son père ne tarderait pas à la marier à un artisan florissant du quartier.
« Comment te nommes-tu ? »
Elle avait été douce et gentille afin de ne pas effrayer l'enfant qui se tenait tête baissée contre la porte close. Elle se mâchonna un peu la lèvre.
« Aude »
« Bien. Approche... ».
Elle leva les yeux et hésita avant de faire quelques pas.
« Tu n'as rien à craindre de moi Aude. J'ai besoin de toi pour m'aider, es-tu d'accord ? »
Elle hocha la tête en se détendant un peu. Et plus le temps filait et plus la fillette se rassura sur les intentions de la baronne. Elle mena de l'eau chaude par baquet et aida la Dame à se délester de l'odeur du voyage mouvementé. Elle frottait avec application son dos et ses longs cheveux. Elle lui porta ensuite du linge propre et lui sécha la peau. Alanya assise au bord du lit, elle lui brossa la chevelure puis la tressa avec adresse.
« Fais-tu cela souvent ? »
« Oui ma Dame… J'ai une jeune soeur ».
La réflexion tira un sourire à la Belle.
« Moi aussi, j'ai une jeune sœur. Aussi jolie que toi ». Son coeur se serra si fort que sa vision se troubla un instant. « J'aurais aimé lui natter les cheveux comme tu le fais. J'ai partagé si peu de chose avec elle... ». Les regrets lui transperçaient l'âme comme autant de dagues invisibles. « Va maintenant. Tu reviendras demain lorsque le jour sera levé ». La baronne ne bougea pas alors que la  demoiselle balbutia un au revoir faisant grincer une dernière fois la porte de la chambre. La Broissieux se laissa porter par ses pensées jusqu'à s'endormir, une heure plus tard.

ϗ

« Nous sommes prêts ma Dame ».
Jean aida sa suzeraine à monter sur le cheval. Il avait loué pour lui et sa compagnie des bêtes. Ils n'en auraient besoin que pour quelques minutes, le temps de se rendre là où elle devait se faire annoncer. Nulle lettre n'avait précédé sa course vers le Roy. Il était probable que jamais on ne lui accorde audience et pourtant elle se devait d'essayer. Le destrier piaffa. C'était une cavalière correcte sans être une amazone. Elle s'approcha de Aude qui se tenait non loin de là, impressionnée par la garde de la baronne. Elle n'avait sûrement jamais vu si curieux attroupement.
« Si d'aventure tu le souhaitais, présente toi au Porphyrion. Dis que tu as été envoyée par la baronne d'Alonna. Je suis certaine qu'ils trouveront bien de quoi te faire travailler ».
Elle lui jeta un pièce et repris sa place dans la colonne qui avança aussitôt. La ville de Merval était sympathique. Elle avait la même teinte suderonne que le Langecin bien que moins emprunt de l'art estréventin. Il ne fallut pas bien longtemps pour atteindre la porte du Pouvoir. Le palpitant battant la chamade dans sa poitrine, Alanya de Broissieux s'avança, impérieuse mais néanmoins avenante :

« Annoncez à son Eminence qu'une ambassade Alonnaise vient d'arriver à sa cour, avec la baronne en personne »
.

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Cléophas d'Angleroy
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MessageSujet: Re: Au devant du Roy [Cléophas]   Mar 28 Fév 2017 - 16:34

Certains temps sont faits pour les nouvelles, d’autres pour rester englouti sous une montagne de draps, loin de la lumière du monde et des bruits de la vie, végétant dans l’obscurité, dans la chaleur et l’humidité de ses propres miasmes jusqu’à ce que le sommeil, simulant la mort douce des anciens, vienne te prendre et te consoler. En dépit de la toux qui t’arrachait les bronches et teintait tes glaires de gerbes de sang pourpre, en dépit de ton teint livide et de ta voix écrasée, en dépit de ton humeur exécrable –à laquelle ils devaient s’être habitués- comme à l’accoutumée débarquèrent dans tes appartements valets, laquais, prêtres et chambellans pour les rituels, rogations, ablutions matutinales. Le soleil pointait à peine le bout de ses rayons rosés qu’une forêt de cierges se dressait dans la pénombre de ta chambre, illuminant une poignée de faces d’éphèbes trop parfaites pour être poudrées et celles plus glauques des ministres du culte draconique, ces hiérarques agnésiens aux coiffes affreusement hautes et aux habits plus violets que les cernes d’une veuve. Qu’attendaient-ils tous ? Pensaient-ils voir jaillir de sa couche un dieu dans sa glorieuse nudité ? Tu bénissais cette pénombre qui leur dissimulait ton visage bouffi et tes yeux collants. D’un geste de la main tu leur donnas une bénédiction, alors les prêtres commencèrent leur office et c’est ainsi, comme chaque matin, que tu regardas par la fenêtre le soleil se lever au son de psalmodies pharétanes et que tu reçus ses premiers rayons frais comme l’aiguail, filtrés par la fumée des cierges et de l’oliban. L’heure passée tu appelas Lévantique lequel n’eut pas de mal à se frayer un passage entre tout ce monde -ils s’écartaient instinctivement de lui- et te fit boire une série de concoctions délicates pour te redonner vigueur et voix, point assez malheureusement pour te tirer du lit trop longtemps.

De toute évidence, la délégation alonnaise n’en sut rien et après plusieurs heures d’attente, le mot de son arrivée te parvint par la voix d’un membre du Consistoire, le bon Hespérion.

- Il va falloir dire au reste des nobles que Merval ne vaut pas le détour. On se croirait à un fichu carnaval. Alonna…tu y crois ça ? Alonna…je ne me souviens même pas de leurs armes. Par les Dieux, cela aurait été plus logique qu’une foutue délégation elfique vienne frapper à ma porte qu’une troupe sortie d’Alonna…
- Que ferai-je dire au Grand Pappias ?
- Qu’elle entre. Je ne vais tout de même pas forcer une Baronne à dormir dans une auberge. Que personne ne s’avise jamais de dire qu’ils ont été mal reçu dans mon pays. T’ai-je déjà raconté l'histoire de mon dernier voyage au Val ? J’étais reçu par la dame Blanche et elle –
- Oui, Serafein, vous me l’avez déjà racontée.
- Ah oui ?
- Huit fois, Serafein.
- A ce point ?
- Vous l’avez faite inscrire dans vos chroniques, Serafein. Et vous avez forcé le Chambellan à la raconter à tous les échansons et pages du Palais. Et de celui de l’Eparque.
- Où veux-tu en venir ?
- Nulle part, Serafein…
- Fais passer le mot au Grand Logothète, qu’il accueille la Baronne.
- Et après ? Vous comptez tout de même la recevoir…
- Qu’est-ce que tu ne comprends pas en me voyant, Hespérion ? Il faut que je te vomisse un rein dans les mains pour que tu réalises que je ne suis pas capable de passer encore des heures debout à parlementer de je ne sais quoi.
- Vous pourrez être assis sur le trône, Serafein.
- Pourquoi ? Pour qu’elle voie que je ne suis pas fichu d’être debout ? Non…tu iras à ma place, elle s’en contentera.
- Vous le prendriez bien à sa place ?
- Je te trouve bien impudent aujourd’hui, Hespérion…
- C’est juste que –
- C’est juste que quoi ? Depuis quand débarque-t-on à l’improviste avec toute une suite, des gardes armés qui plus est ? Les pentiens n’ont pas passé des siècles à dresser des pigeons voyageurs pour en arriver là.
- Je disais juste que –
- Je sais bien ce que tu as dit Hespérion. Bon…j’ai une idée mais cela demandera un peu d’organisation…


Hespérion écouta ton projet avec attention et une certaine dose de perplexité avant de s’en aller et de trotter à travers tout le Palais faire tout ce qui ne relevait pas de ses fonctions. On prévint le Grand Logothète, on laissa entrer l’Alonnaise passer les Portes et après quelques heures d’attente, on la fit entrer dans le Porphyrion, inhabituellement peuplé d’un lot de marchands, de maîtres de guildes et de corporations et d’autres négociants en carpettes langecines, chacun attendant le moment opportun pour plaider sa cause auprès de toi, à qui ils devaient doublement allégeance. Ils allaient être déçus. La baronne fut annoncée et la même routine impeccablement chorégraphiée se déroula, avec son lot de métanies et de saluts, ses cloches, son pas lent et solennel, et le kilo d’encens qu’on déversait dans les encensoirs en or autour du trône. Tu l’accueillis depuis ton piédestal de marbre ébréché, debout et immobile, plus imposant que d’habitude. Elle ne te connaissait pas, elle était loin et derrière un rideau de fumée – d’aussi loin elle ne se rendrait compte de rien. C’est ainsi donc qu’assis sur une chaise haute, la tête et les mains dépassant d’un mannequin de bois auquel on avait revêtu tes habits d’apparat que tu adressas tes premiers mots à la dame, en contrebas :

- Grave doit être la raison d’un détour aussi loin de vos terres, ma Dame. Je me réjouis néanmoins de votre venue car voici qu’Alonna lointaine et muette a désormais un visage et une voix. Dites-moi, ma Dame, qu’augure votre présence ici ?

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