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 Le Diable est dans les Détails, Deuxième Partie

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MessageSujet: Le Diable est dans les Détails, Deuxième Partie   Mar 17 Jan 2017 - 15:28

Dehors, une bruine glaciale, s’apparentant presque à une de ces brumes de montagnes si communes dans les Monts Corbeaux. A l’intérieur, une vingtaine de cierges éclairaient une noire et élégante table d’ébène. Un artisan local y avait apposé un ingénieux système d’écoulement de la cire, permettant d’une part de la récupérer, et d’autre d’illuminer l’onéreux espace de travail sans pour autant le tâcher. Sous la lumière blanche des pâles cierges, et sous les doigts froids d’une marquise blême, des lettres étaient posées sur la table.

Des échanges avec Azénor. D’autres, des missives à son mari, qu’il avait reçu lorsqu’elle était restée souffrante à Hardancour. Souffrante. Un mot bien vague et sans signification; d’abord utilisé comme prétexte. Mais lorsqu’elle se leva un jour en douleurs et en sangs, le prétexte s’était mué en nécessité. Elle aurait voulu revenir. Lui dire que l’animosité qui lui avait fait quitter le château n’était plus, et que c’était celui qui aurait pu être son- sa main trembla- l’avait retenue. Dans sa fierté, elle avait fait jurer son père de garder le secret. Et maintenant Godfroy était mort, gisant dans son cercueil, se demandant encore, comme il le fit sur son lit de mort, ou était passé sa “paresseuse d’épouse”, qu’il n’avait pas “tout le temps du monde pour un dernier baiser.” Peut-être savait-il.

Peut-être.

Judith n’avait peur que d’une chose.

“Messire Nuit.”

Devant elle. Une incertitude d’abord, une ombre alors.

“A votre service, Madame.”


Elle ne se fit pas prier. “Alors, L’Orient ? ” Se contenta-t-elle de dire.

“L’Orient se lasse et se prélasse, madame. Le millénaire d’Al-Serat, prince marchande de Thaar, semble… focaliser toutes les attentions. La menace drow, si l'on peut parler d'une telle chose toutefois- n’est point visible à l’horizon.”
La menace drow. La marquise remarqua un air narquois lorsque Nuit avait proncé ces mots. Ils étaient bien moins une menace pour nous, pensa-t-elle, que nous pour eux. Le nom de Léandre devait sans doute suffir à raviver les souvenirs d’une époque des plus sombres pour les peaux-noires.

“Dois-je en conclure que nos échanges...”

“Poliment remis à un autre jour.”

Elle acquiesça. Un échec, même anodin, semblait lui coûter énormément. Il se considérait comme le meilleur dans son domaine, et voulait se comporter comme tel.

“La diplomatie en Miradelphie n’est rien d’autre qu’un jeu d’échec contre une tornade. Certes, vous ne jouez contre personne, mais sans pions solidement placés...” A sa droite, une petite table ornée et des figures d’ivoire et de verres trônaient. Elle en fit tomber une. Le maître espion opina du chef. Mais il était quand même temps de parler de l’éléphant dans la salle.

“En deux ans de service, je ne vous ai posé aucune question, et vous ai servi avec fidélité, mais, si je puis me permettre, madame…”

“Vous vous demandez aujourd’hui pourquoi, après cinq jours sans donner signe de vie, vous êtes la première personne de Cantharel à qui j’adresse la parole, et ce, avant mon fils même ?”


Malgré l’artifice visuel, dissimulant savamment son visage, elle pouvait voir la commissure de ses lèvres se fendre d’un léger sourire amusé. Judith était une noble, aux manières et à l’égo digne de son titre, mais elle ne laissait pas ses états d’âme ou sa fierté l’aveugler. Et si Néera ne l’avait pas doté d’une bonne âme, sa connaissance aiguisée des hommes aurait pu faire d’elle une personne bien dangereuse. Ce fut au tour de Judith de sourire, avant qu'une ombre ne passât sur son visage, l'espace d'un bref instant.

Judith n’avait peur que d’une chose.

“Je crains de ne point pouvoir répondre à cette question pour l'instant... Ce qui clôt donc notre discussion. En sortant, je vous prie de demander aux gardes de convoquer Harmfhol et Skollrus à mon salon pour dans deux heures. Vous nous rejoindrez à la Toranne, avec un navire capable de braver le Nord, avec un cabaliste de feu capable dans deux ennéades. Si nous n’y sommes pas, attendez-y mes ordres suivant. Partez avec ma bénédiction. Et s'il vous arriverait de passer par les Monts Corbeaux, envoyez cette lettre à ces messieurs nains. Mandez un messager sinon.”

“A votre service, madame.”

Elle hocha la tête et sourit poliment, mais lorsque Judith la releva, il avait déjà disparu. Il était magicien. C'était la seule explication possible. Elle rangea les lettres et les notes sur un coin de la table, loin de la cire. La nouvelle marquise-mère prit le temps de vérifier l'état de sa robe, imaginant à peine celui de son visage en l'heure actuelle.  Plus rien n'était sien, ici. Ni les murailles, ni les gardes. Ni même Nuit, bien qu'il se gardait de l'admettre. Elle ouvrit la porte.

"Messieurs…  Conduisez-moi à mon père, et convoquez-moi mon fils, s'il n'est pas occupé."


Nous avions beaucoup de choses à se dire, finit-elle pour elle-même.



C'était en suivant les gardes dans l'enceinte du château qu'elle se rendit compte qu'elle n'avait, en plusieurs semaines, fréquenté que sa chambre solitaire et son bureau, limitant les contacts au possible, isolée comme une araignée derrière sa toile. Bien des choses avaient pourtant changé : les airs étaient plus graves, les sourires à son encontre, bien plus formels. Était-ce de la crainte qu'elle vit dans les yeux de cette femme de ménage ? Enfin, elle pouvait le comprendre, à défaut de s'en rappeler.

Judith se rappelait avoir beaucoup bu, à un moment.

Le château était, sinon, toujours resté le même. La réalité politique de la région n'avait pas encore choqué les locaux, qui continuaient sans doute leur quotidien comme si de rien n'était. Les troubles politiques, en cette époque de grâce, n'était que le fait de seigneurs et de leurs suzerains. Mais pour Judith, tout était néanmoins différent. La situation était dramatique, et il y avait une nécessité de rigueur et un ordonnancement des tâches politiques vitale pour éviter une autre guerre de l'Atral. Godfroy n'est pas mort en vain.

Elle frappa à la port dès que les gardes l'annoncèrent, faisant fi du protocole devant un homme qu'elle ne connaissait que trop bien, son père. Les gardes reprirent leur marches vers le coeur de la citadelle, où résidait l'homme qui devait être le marquis. Charles était un homme concret. La rectitude, l'honneur et le terre-à-terre, au-delà des intrigues des demoiselles de basse-cour et de la noblesse d'étable, étaient les seuls valeurs que cet homme respectait. Et Judith fut sans doute son meilleur élève.

"Père... J'ai fait mon deuil."

Clair, net, précis. La tête baissée, le visage digne, elle n'avait peur que d'une chose. Et c'est cette chose qui la poussait à venir ici. A faire violence de sa mélancolie, à grappiller ce qu'elle pouvait d'un pouvoir qu'elle ne posséderait jamais. Judith n'avait peur d'une chose. Elle avait peur de ce qu'elle pourrait être dans les heures à suivre.

Une femme seule, triste, qui voulait changer le monde.

Et qui ne pourrait désormais plus le faire.


Dernière édition par Judith d'Hardancour le Ven 10 Fév 2017 - 15:21, édité 2 fois
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Charles d'Hardancour
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MessageSujet: Re: Le Diable est dans les Détails, Deuxième Partie   Mar 17 Jan 2017 - 15:50

Charles s'était à moitié assoupi dans l'un des salons de Cantharel. Les derniers jours avaient été épuisants, et les prochains promettaient de l'être tout autant. Après la réunion des vassaux, qui s'avéra être la révélation des opposants à son petit-fils, Charles s'était convaincu de la nécessité de voyager vers Kelbourg afin de ramener Thibaud dans le giron de la fidélité. Il n'apportait guère d'importance à Roderik, le comte d'Arétria, et pour une raison simple. Fut-il contesté, Louis demeurait le marquis, et s'il venait à recourir à la commise sur Roderik de Wenden, ce dernier ne serait plus, en théorie et aux yeux du droit, suzerain d'Arétria. Mais faire cela à Kelbourg attiserait les flammes de la guerre civile dans le pays, là où Arétria était encore peu en état de livrer une guerre totale.

Yeux fermés, et mains jointes sur le ventre, les fesses sur un fauteuil à somnoler face à la cheminée, Charles presque sursauta lorsque sa fille fut introduite. Ses yeux s'ouvrirent brusquement, et ses mains le servirent afin de s'éveiller tandis que Judith, sa plus grande fierté, lâchait des mots graves avec un calme incroyable.

« Que veux-tu que je te réponde, ma fille. Je sais que Godfroy était cher à tes yeux, et je suis peiné de te savoir affligée. » Il n'avait pas dit qu'il regrettait la mort de Godfroy. Il n'en était pas à ce niveau là d'estime pour l'ancien marquis. Il appréciait le dirigeant. Mais n'avait jamais vraiment aimé l'homme.

« Prends place, fille. Tu vas avoir un grand rôle à jouer dans les jours à venir. Veiller sur ton fils et ta fille. Prendre soin de ta famille. De grands devoirs t'attendent, et une grande responsabilité t'échoit en tant que marquise-mère. » La moustache du doyen de la noblesse berthildoise se hissa alors que ses lèvres trémoussèrent. Son regard se posa sur sa fille, qu'il invita à s'asseoir sur le fauteuil à ses côtés.






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MessageSujet: Re: Le Diable est dans les Détails, Deuxième Partie   Mer 25 Jan 2017 - 23:40


"Je n'en doute pas," fit-elle. "Mais il reste certaines affaires à régler et à déléguer, et il me ferait grand mal de les laisser sans suite."

L'enquête sur Aetius, les routes commerciales, les accords avec Etherna, l'Université de Gassien... tout cela semblait si urgent ! Elle avait laissé tant d'affaire de choses interrompues qu'elle ne pouvait les compter. Et pourtant, de chacune dépendait la prospérité de Sainte-Berthilde. Vérole soit de ces préoccupations égoïstes !


"Néera, j'ai oublié la carte. Martin, j'ai laissé un grand rouleau sur la table, pourriez-vous me l'amener ? Prenez-en grand soin, je vous prie."


Carte de Sainte-Berthilde qu'un explorateur avait établi il y a une vingtaine d'année, recopiée deux fois, c'était là l'une des rares cartes qui recoupait correctement les cartes du monde présentes autrefois à la disposition de tous à Diantra, tout en retranscrivant fidèlement et en détail la plupart des routes de l'époque... Qui n'avaient guère changé, si ce n'est en qualité. Le garde acquiesça, et s'empressa d'obéir.

"Quelques projets, père, que j'avais mené conjointement avec mon mari, et qui sont désormais en suspens. Mais le plus important souffre de l'être, et il me plairait de débloquer la situation. T'ai-je parlé de la route commerciale que je compte créer ? Allant de la Nanie en Estrévent; j'avais d'ores et déjà envoyé mon intendant inspecter l'état des routes."


Mais brusquement, elle se planta. Judith réalisa ce qu'elle était en train de faire, légèrement troublée.

"Mais... Penses-tu que c'est le bon moment pour en parler, père ? Il me semble avoir entendu que des... Troubles, perturbaient le pays en ce moment ? Peut-être Louis aurait-il mieux à faire ?"
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Charles d'Hardancour
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MessageSujet: Re: Le Diable est dans les Détails, Deuxième Partie   Ven 3 Fév 2017 - 18:35

Charles leva les yeux sur sa fille durant un instant, sourcils levés trahissant son scepticisme, moustache et barbe comme hérissées de ce que les oreilles du vieil homme venaient d'entendre. Joignant ses doigts quelque peu ridés, Charles reprit la parole :

« Tu devrais, en tant que marquise-mère, et tant que veuve, montrer un peu plus de considération envers le deuil que tu ne sembles en témoigner jusque-là. Ton fils doit se battre pour son trône légitime, et je dois m'en aller demain à Kelbourg pour ramener ce couillon de Thibaud dans le giron de la droiture. »

Se levant machinalement, un air sévère sur le visage, le patriarche des Hardancour et des Saint-Aimé fixa ses yeux sur sa progéniture, qu'il regardait avec des mirettes trahissant l'inflexibilité des véritables seigneurs du Nord, la droiture de leur morale, et la force d'esprit qui les habitait. Ses mains se joignirent au bas de son dos, les doigts s'entremêlant entre eux, les poignets fixés au bas de sa tunique, sentant ainsi jusqu'au cuir de sa ceinture.

« Je n'ai pas élevé ma fille pour qu'elle manque à ses devoirs de mère et de veuve, et je n'ai point élevé une dame pour qu'elle faillisse à ses devoirs de marquise. Tu as plus important à gérer qu'une route commerciale aujourd'hui. Alors oui, ton fils a mieux à faire que de s'occuper de ces élucubrations. Et toi aussi, d'ailleurs. »

Le patriarche se détourna de sa fille, le visage teint d'une calme colère sur le visage. Il s'approcha de la fenêtre, dont il regarda à travers les carreaux, le regard perdu sur la ville de Sainte Berthilde, se confondant en contrebas des sommets de Cantharel. Il se prit à s'en vouloir. Avait-il donc si mal éduqué sa fille qu'elle en oubliât ses devoirs aux instants les plus cruciaux ? Non, il ne pouvait le croire. C'était donc cet endroit, ce lieu du pouvoir, ce centre des intrigues des comploteurs de bas-étage, adeptes des intérêts secondaires et des lubies de femmes enceintes, trop occupées à se focaliser sur le superflu alors que le crucial requiert leur attention. Un HMPFH ! étouffé vint trahir sa frustration envers sa fille, qui se tenait toujours là, à quelques pas derrière.

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Le Diable est dans les Détails, Deuxième Partie   Mar 7 Fév 2017 - 18:57





Et la bruine, glaciale et précurseur de l’arrivée de l’hiver, harassait sans fatiguer les alentours ainsi que l’entièreté de l’illustre Cantharel. Sous le couvert d’une étable à l’enfaîtement partiellement faite de paille et de bois, conversaient deux paysans en pâmoison devant leur Seigneur bienfaiteur, Louis de Saint-Aimé.

« C’est qu’on manque d’bras, mon bon Sire! Les récoltes n’sont pas à moitié ach’vées sur nos champs et le fraideur viendra plus vite qu’on l’pense! »

« Berard dit vrai, Monseigneur. Nous nous sommes fait surprendre par le mauvais temps et si d’autres genses ne mettent pas la main à la pâte, nous risquons de perdre gros. L’hiver s’annonce féroce, long et frais à outrance, nous aurons besoin de tout le blé disponible. »

« Puis euh, c’pas qu’les pertes! On a travaillé d’arrache-pied d’puis l’printemps pour finalement perdre! »

Louis s’était privé de commenter, comme pour les laisser s’exprimer librement et libérer l’oppression de leurs soucis à leur cœur. N’était-ce après tout la manière que procédaient les prêtres, lorsqu’ils écoutaient les tourments de leurs ouailles? Finalement, Louis jeta un coup d’œil vers l’extérieur, où il constatât un début de givre au sommet des talles de blé. À force d’œuvrer au chaud, au sein d’un Castel robuste et où l’or semble être en mesure de guérir les moindres maux, on en vient à oublier la misère de la roture ainsi que leur importance. Sans elle, Sainte-Berthilde n’aurait plus lieu d’exister … Louis, heureusement, travaillait la terre bénévolement depuis sa tendre enfance et avait pleine conscience de tous ces facteurs.

« Je comprends trop bien votre souffrance… Mais vous comme moi savez l’effervescence que provoque l’hiver aux citoyens de Cantharel ; tous cherchent à faire l’approvisionnement d’oripeau bien douillets, de bois de chauffage et doivent s’assurer que du pain soit sur la table de leur famille … Seuls quelques rarissimes bonnes genses peuvent se permettre de travailler avec seul la gratitude de vos deux personnes en guise de salaire …» Laissant en suspend le fait qu’il était à parier qu’aucun n’accepterait de venir travailler la terre gratuitement. Et aussitôt expliquât-il ce triste constat, que le visage des deux fermiers s’assombrissait de désarroi.

« C’est qu’on a rien à leur fourguer comme paiement à tous ces gueux! » Ajouta à la hâte l’un des deux laboureurs, sans doute dans l’espoir que Louis ajoute sa contribution en or sonnante et trébuchante. Et avant que puisse répliquer le bienveillant Saint-aimé, deux bleusailles fit leurs apparitions, le souffle rare et détrempés de pieds en cap.

« Monseigneur, votre Grand-Père vous fait demander au Castel. » Lancèrent-ils, pratiquement déconcertés de le voir converser avec la roture, alors que d’autres questions fort bien plus conséquentes devaient être élucidées. Ils étaient cependant sans savoir, que Louis passait le plus clair de son temps à œuvrer en ce sens, à aider le bas peuple et résoudre leurs conflits, car en leurs sourires et reconnaissance, Louis puisait la force de poursuivre. Son père se faisant désormais absent, un torrent de problématiques s’était déversé sur sa juvénile personne et c’est par la voix du bon travail, qu’il échappait au courroux de la déprime.

« Excusez-moi, d’autres complications requiert ma présence. Je reviendrai sous peu avec en main, un remède à vos tourments, je vous en fais la promesse. » Et ce fut suffisant aux deux agriculteurs, pour que naisse sur leur bouille un sourire reconnaissant. Ils s’inclinèrent profondément devant le jeune Louis et l’observèrent quitter sans autre procès, accompagné par les deux gendarmes.

Sa chevelure trempe et humide, de même que l’était son sobre accoutrement, restèrent ainsi car il omit de se changer de sorte à se présenter à son aïeul dans les plus brefs délais, lui qui certainement devait l’attendre depuis fort bien trop longtemps. Vêtu d’un pourpoint aux teintes de vinasse rougeâtre et aux rayures d’ébène, c’est empressé qu’il se rendit jusqu’aux appartements de Charles sans faire l’attente de ses deux copains encombrés par leur harnois. Une fois arrivé à destination, alors qu’il s’attendait de prime abord à n’y rencontrer que son grand-paternel, il aperçut sa mère, qu’il n’avait vue depuis plus de cinq interminables journées. Ses pommettes se creusèrent de joie à sa vue, s’approchant d’elle d’un pas léger. Il tendit la patte pour cueillir sa menotte et venir lui faire un candide et respectueux baisemain, en courbant le rachis devant elle. « Mère, comme il fait bon de vous revoir... » S’était-il contenté de dire cordialement. « Grand-Père. » Ajoutait-il par la suite, rajoutant les mêmes signes de respects envers lui.

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