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 [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.

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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Jeu 19 Jan 2017 - 22:07


Au jour  1
De la troisième ennéade
Bàrkios, mois d’automne
De l’an 9 au 11ème cycle
A Wenden.

« On voit enfin la fin de cette maudite forêt ! » Répliqua l’un des gardes alors que l’escorte sortit enfin des bois d’Hedda, arrivant ainsi que les terres Arétanes. Le soleil était à son zénith et ressentir à nouveau ses rayons apportait une certaine chaleur à toute la joyeuse petite bande qui escortait la Dame. Leur destination n’était autre que la cité de Külm, Maélyne avait soigneusement envoyé une missive au bourgmestre pour prévenir ainsi la communauté naine de sa venue. Néanmoins, le voyage sera long. Après tout, cela faisait maintenant déjà  quatre jours qu’ils étaient tous partit d’Etherna et ils avaient parcourus que la moitié du chemin.

« Votre Honneur. Je propose que nous hâtions un peu l’allure. Que nous puissions arriver à Wenden avant la tombée de la nuit, et ainsi profiter du gîte du seigneur local. »

« Que l’un d’entre vous se rende prestement nous assurer des lits à l’auberge du bourg. Auquel cas, nous dormirons sous tentes. »

« Hum… Pourquoi refuser le gîte si celui-ci peut nous apporter un peu de confort ? »

La Dame ne répondit pas un mot de plus, préférant simplement lui jeter un regard de désapprobation. Elle seule connaissait la réponse et ne comptait pas ébruiter celle-ci. Néanmoins, le chevalier avait raison. Ce voyage était long, et des auberges, ils n’en avaient point trouvé dans la forêt. Elle-même rêvait d’un bon lit malgré l’habitude de la selle et de la tente.

« L’auberge en priorité, nous aviserons ensuite. » Finit-elle par répondre, désignant un coursier qui partit au galop sans attendre.  Maélyne et son escorte reprirent ensuite la route.

La soirée venait d’être entamée lorsque les pavés de la petite cité de Wenden faisaient résonner les sabots des chevaux. Ils parcoururent les allées calmement jusqu’à l’auberge de la cité où le garde envoyé les accueillit à l’extérieur.


« Ma Dame. Seule une chambre est occupée, le restant nous pouvons nous en disposer. »

La jeune femme, toujours assise sur son étalon, laissa trainer son regard vers le château fortifié de Wenden. L’expression de son visage n’avait point changé depuis qu’ils avaient quitté les bois d’Hedda et il ne changera certainement pas avant d’être repartit de cette endroit.

« Très bien. Nous partons demain et ce dès l’aube. Profitez donc pour vous reposer. » Dit-elle en quittant la selle de sa monture, s’engouffrant ensuite dans l’auberge et prit la direction de la chambre qui lui était attribuée. Au dehors, les bannières de Lourmel flottaient encore et flotteraient jusqu’à leurs départ. Sans doute, l’homme en charge de l’intendance de la citadelle de Wenden se demandera pourquoi la Dame de Lourmel et de Seram ne s’est point présentée à ses portes et c’était bien là le but de la manœuvre.

Affalée sur le lit après s’être défait de sa tenue de voyage, celui-ci était peu confortable par rapport au sien mais bien plus que le sol d’une forêt. Ses yeux se fermèrent lentement, plongeant ainsi Maélyne dans un sommeil plus que nécessaire.


Dernière édition par Maélyne de Lourmel le Mar 13 Juin 2017 - 10:11, édité 2 fois
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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Ven 27 Jan 2017 - 3:27




« Peste soit cette damnée flotte! Il pleut averse depuis les matines et le temps ne semble pas vouloir faire preuve de clémence, mordioux! Et j’ai la panse creuse de surcroît, pute vierge de sale vie! » Cracha-t-il pour lui-même, ou à son seul compagnon, Naros. Il cheminait vers Wenden depuis un moment déjà sans en apercevoir le début. Seuls d’interminables champs auxquels de chaleureuses et coquettes maisonnées constituaient les routes boueuses sur lesquelles Naros estampillait sa griffe à l’aide de ses sabots, à chacune de ses enjambées. Un peu de sport aurait été de mise, compte tenu de l’intransigible temps qui n’allait pas pour s’améliorer, mais ils étaient tous deux d’ores et déjà détrempé de pieds en cap. Or, il avait opté pour un sobre trot duquel au moins, il pouvait profiter du serein panorama qui s’affichait à lui.

Vu l’heure qu’il était, lorsqu’il atteignit Wenden, si le Soleil avait daigné faire quelques percées au travers les épais cumulus imbibés d’humidité, s’aurait été ses dernières. À pieds joints, il sauta dans une abondante flaque boueuse, en scandant la présence de quelqu’un. « Hého! » Tonna-t-il, vers la taverne qui semblait pour l’heure, fort bien silencieuse. Un bedonnant personnage aux défroques usées ouvra le portail de son domicile, sans oser affronter la pluie.

« De quoi t’est-ce qu’y’a ? » Répondit le pansu tavernier, en fronçant des épaisses fourrures qui lui servaient de sourcils.

« J’ai cru apercevoir que vos box étaient forts bien douillets et mon canasson aurait besoin d’un chez-lui, au moins l’espace d’une nuit. Est-ce possible ? » Le tavernier grogna un moment, puis lorgna vers les besaces que transportaient comme une mule le compagnon du chevalier.

« Z’avez de quoi payer, au moins? On m’a entubé jusqu’à l’os la dernière fois! Deux racailles attriquées comme v’z’êtes. J’ai pas prévu faire banque route mon gars! » Ajoutait-il, grognon comme pas deux, sans faire la moindre preuve d’une once de respect envers le rang du Hardi.

« J’ai bien quelques pièces trébuchantes et sonnantes en ma besace. Suffisamment également pour étancher ma soif ainsi que la vôtre, mon ami. J’irais même jusqu’à dire qu’une fois le fond de ma giberne atteinte, tu en oublieras ce mauvais souvenir que t’ont fait subir ces fot-en-cul de rapaces. » Ajouta ultimement le hardi, en reniflant un bon coup, comme s’il commençait à attraper froid.

Or, il laissa sa monture aux bons soins d’un jeune palefrenier, probablement le petiot du malcommode tavernier, puis pénétra dans l’établissement où les accueillantes flammes d’un généreux brasier vinrent immédiatement lui donner le frisson. Dénouant à la hâte les crevets de son pourpoint aux teintes de vinasse, il balança dans un claquement bien audible, le haut de ses vêtements détrempés et imbibés de flotte. Ses bas, ses bottillons ainsi sa tunique étaient désormais suspendues contre des assises de bois à proximité du foyer rougeoyant. Certes le Hardi n’était maintenant plus vêtu que de ses braies, mais après tout, comme seul et unique client, n’en avait-il pas hérité de ce privilège ?

« Dis-moi l’ami! Tu ne ferais pas grailler une poularde par hasard ? J’ai faim à en ripailler! Demande au Queux à l’arrière de faire préparer de la souplette, du saucisson et une miche de pain! Puis double la mise, c’est moi qui invite! » L’ambiance allait à ravir au Hardi qui, sous ces conditions semblait plus heureux que de nature. Loin de ses obligations mondaines, réduit à partager le couvert avec un désagréable personnage, puis à s’approprier une chambre pour quitter au petit matin ; voilà qui l’enchantait.

La soirée avança fort rapidement et enchaînant les chopes, faisant descendre déraisonnablement l’alcool, plus tôt que tard le Léjantais dut quémander la présence de sa couche. Péniblement, il se hissa au deuxième étage où les chambrettes lui étaient toutes réservées. Il pénétra finalement dans l’une d’elles, où une fenestration donna sur le chemin qui menait à l’entrée du domaine. Demain matin serait agréable, se disait-il. La vue y serait inoubliable. Il s’écroula sur sa couche puis s’enroula d’un bras paresseux dans l’une des chaudes couvertures où il trouva sommeil en deux temps trois mouvements.

Aux matines, alors que le Soleil offrait en maestro le départ au coq qui vivait sur l’une des rambardes avoisinantes, Tancrède se réveilla péniblement, la langue épaisse et la bouche molle. Aussitôt l’œil ouvert, il se transporta dans le plus aride des déserts, où sa gorge se lamentait de douleur, assoiffé comme jamais.
« Saloperie … » Jura-t-il, en posant une main contre son front. Il se redressa, péniblement toujours, puis s’approcha d’une petite bassinette à laquelle il s’apergeat le visage d’un peu d’eau. Il s’approcha comme il l’avait désiré la veille de la fenestration pour admirer le paysage. C’était à en couper le souffle, le soleil donnant sur les terres agricoles, les animaux au loin, les nuages grisonnants s’en étant allés, laissant à découvert un interminable ciel bleuté, non tout était parfait. Sauf … Sauf ces bannières et ces dizaines de chevaux devant l’établissement. Suspicieux, il observa les armoiries pendant un moment, comme s’il en avait oublié leur prime provenance. Puis, il écarquilla les yeux, comme s’il n’y croyait pas. « Que les Dieux m’en soient témoins, ce n’est pas possible … »

Il secoua sa tête plusieurs fois pour s’esquiver de son état somnolent, puis farfouilla énergiquement l’une de ses besaces. Il avait besoin d’un accoutrement un brin plus présentable, des vêtements du moins, qui n’étaient pas boueux à souhait! Il enfila un ténébreux surcot zébré de rayures bourgognes, mais qui démontraient tout de même que le tissus avait du vécu, au vu des quelques déchirures éparses. Il s’empara du restant de ses biens puis descendit au rez-de-chaussée où il tapa du poing contre le comptoir en exigeant la présence du tavernier. Chose qui donna bon résultat, car prestement on vit sortir des cuisines la bedaine du drôle de personnage. « Faites préparer le petit déjeuner à son Honneur la Baronne. »

À peine quelques minutes s’écoulèrent depuis le départ du tavernier pour ses chaudrons, que Maélyne montra le bout de son nez, où elle pouvait apercevoir au bas des marches un patient Tancrède qui attendait sa venue. Lorsqu’elle sut faire un contact visuel, sans hésiter la moindre seconde, avec déférence et respect, il ploya le genoux devant elle et abaissa le regard sur le poisseux plancher de la taverne, avant de s’exprimer comme il avait l’habitude de faire avec elle. « Doux matin, votre Honneur. »

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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Ven 27 Jan 2017 - 20:11


La nuit fut plutôt agitée. Maélyne jonglait entre différents cauchemars et ce, seulement lorsqu’elle avait la chance de plonger dans un sommeil profond. La plupart du temps, la jeune femme ne fit que bouger dans tous les sens, se levant même parfois pour faire les cents pas dans sa chambre. Elle s’était doutée que se retrouver ici, à Wenden, la chamboulerait, mais sans doute pas à ce point. C’était une petite cité, on ne pouvait donc pas lui reprocher un trop peu de quiétude et puis avec l’hiver qui approchait, l’effervescence de la ville était bien moindre qu’en plein été. Le problème venait d’ailleurs et ce problème, elle ne voulait pas y faire face. Sans doute ne voulait-elle pas se l’avouer, mais Maélyne avait tant espérer croiser le seigneur de ces lieux. Un espoir enfoui ainsi qu’un espoir en vain et pour cause, ce dit seigneur, devenu comte, logeait dorénavant à Arétria et plus dans sa petite bourgade qui ne devait certainement l’intéresser tant que ça, lui qui avait tout quitté, sans une once d’hésitation, pour un trône bien plus confortable et un castel qui l’était tout autant.

L’ordre avait été de s’en aller dès l’aube, pourtant le soleil était déjà présent depuis longtemps dans le ciel lorsqu’elle ouvrit les yeux. Emmêlée dans ce qui lui servait de couvertures, la jeune femme émergeait doucement. Maélyne se sentit bien plus fatiguée que la vieille, preuve que cette nuit ne lui avait ne servit à rien d’autre qu’à la bousiller d’avantage. Son fidèle compagnon, Arth, lui, était déjà réveillé depuis longtemps et avait un peu sillonné le ciel Arétan au-dessus de la cité. Il devait tout juste de revenir lorsque la Dame termina sa toilette et enfila ses habits de voyage fait de tissu bordeaux et de cuir. Elle sentit alors la bonne odeur du pain frais lui arriver aux narines ce qui lui donna immédiatement faim. Un léger sourire se manifesta sur son visage qui affichait les stigmates de sa fatigue longuement accumulée. Ses traits étaient un peu moins frais, ses cheveux coiffés étaient tressés pour éviter de les emmêler durant ses longues chevauchés et ses yeux, assez terne, reflétait une mélancolie à peine dissimulée.

Emballant ses affaires rapidement, elle les fit porter à son cheval avant d’ordonner à ses gardes de se sustenter auprès de l’aubergiste et de se ravitailler pour le restant du voyage. En haut des marches, Maélyne hésita à descendre. Son départ était de plus en plus proche. Elle jeta un dernier regard au lit qu’elle avait occupé et s’imaginait encore y passer une nuit, ou même plusieurs, elle qui manquait cruellement de sommeil.

Soupirante, la jeune femme descendit rapidement lorsqu’elle fut bien vite interpelée par une voix familière. Genoux à terre, son chevalier fétiche venait de l’appeler « votre honneur » ce qui, couplée à ses nombreuses pensées suffisait à complètement la déstabiliser.


« Tancrède ?! » s’écria-t-elle immédiatement trahissant ainsi son grand étonnement. Et ni une ni deux, comme si sa surprise l’avait encore plus trahie, Maélyne s’emmêla les pieds, ratant la prochaine marche qui s’offrait à elle, la jeune femme s’écrasa contre le chevalier à genoux.

Se retrouvant à terre, sa propre chute amortie par le Serramirois, la première réaction de Maélyne fut de rougir si intensément qu’on aurait pu aisément la confondre avec une grappe de tomates fraichement murie au soleil. Le regard croisant celui du chevalier, elle chercha ses mots mais rien n’arriva à traverser la barrière de ses lippes, incapable de faire un quelconque mouvement.

Puis, se ressaisissant quasiment instantanément lorsqu’elle entendit le bruit des pas de l’aubergiste qui s’approchait, Maélyne se releva aussitôt et plutôt gauchement.


« Milles excuses… je… je suis vraiment maladroite parfois. J’espère que vous n’avez rien ? » Finit-elle par articuler alors que l’aubergiste arriva à leur hauteur, présentant le petit déjeuné sur un plateau.

« J’comptais vous l’apporter en haut, M’dame. » marmonna-t-il en présentant ses mets tout en étant pas peu fier de leurs qualité vu le grand sourire qu'il lui offrait.
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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Sam 28 Jan 2017 - 0:22




Seule une poignée d’énnéades s’était écoulées depuis leur dernière rencontre et ce bien malgré cette donnée temporelle, l’image qu’il avait gardée d’elle resta intacte. Son incroyable ascension officialisée par son mariage ne semblait pas de prime abords l’avoir changée. Accoutrée sobrement mais avec goût, elle trouva avec brio la manière de traîner avec elle la grâce des femmes de hauts rangs et ce, même lorsqu’elle voyageait. Non, vraiment, elle était parfaite. Et sa maladresse avait une place réservée en ce tout si extraordinaire qui faisait d’elle son idylle. Son menton se redressa lorsque, ébahie, elle l’interpella en toute surprise. Son radieux sourire était là, bien ancré à son minois. Du moins, jusqu’à ce qu’il doive tendre les pattes à peu près pour la rattraper, alors qu’au final il devint involontairement le coussin de sa chute. Bras accueillants, il s’assura que nul heurt ne lui soit fait lorsque ses chevilles se nouèrent ensembles, ce au détriment de son propre postérieur qui avait fait rude connaissance avec les planches du terrain.

À proximité d’elle, les mains pouvant derechef couver ses frêles épaules, de la même manière qu’il l’avait si amoureusement fait lors de cette soirée généreusement arrosée… Son cœur se serra, omettant de battre quelques fois, le souffle absent et la gorge nouée. Il se souvint de sa fuite, elle s’était dérobée à lui … Sans explications, sans messes ni cérémonies. Elle avait pris la poudre d’escampette, simplement, en l’esseulant pour le restant de la soirée … Et des ennéades à venir. Un souvenir qui avait tout de doux, au départ, et qui finalement, se termina en queue de poisson pour le Hardi. Or, ses mires tombèrent dans les siennes, où il put y constater à l’instar de cette mémorable soirée la profondeur de ses yeux. Son sourire renaquit, de nouveau, lorsqu’il constata que ses pommettes s’étaient empourprées d’un vif cramoisi. Et puis, elle s’enquit de son état, à lui, alors qu’il n’était rien devant elle. Elle que tous idolâtraient, que tous devaient le respect le plus absolu, que tous se devaient de nommer « Votre Honneur ».

Nulle réponse ne franchit ses lippes étirées de son éternel sourire avenant, optant plutôt à lui servir d’appuis afin qu’elle se redresse. Une main lui était offerte candidement afin de se redresser, tandis que l’autre tenait la chute de ses reins afin de lui donner un coup de pouce.

« Rassurez-moi d’abord, ma Dame. Dites-moi que vous ne souffrez en rien de ce faux pas? » Omettant de lui répondre, faisant preuve que son propre état passait largement après le sien.

« Je … J’aurais dû me montrer plus averti. Laissez-moi au moins vous aider, je vous en prie. » Demanda-t-il humblement, en bon obligé qui se montrait. Ses yeux croisèrent les siens, en quelques occasions, mais restèrent évasifs, comme s’il cherchait à désamorcer la gêne qui planait sur cette cocasse rencontre. Le pas prudent, la main toujours tendue vers elle, si elle accepta de s’en saisir, il la guida vers l’une des tablées rapprochées du foyer. Une fois sagement installée, il la questionna sagement, lui s’étant interdit de s’asseoir devant elle ou même à ses côtés.

« C’est une journée d’Automne, froide comme il ne s’en fait plus. Profitez de la flambée, je vous en prie. » S’était-il permit de dire, alors que le pansu tavernier alimentait de quelques rondins le foyer central. «  Est-il quelque chose que son Honneur préfères pictonner aux matines ? » Lorgnant vers un gobelet vide, posé là devant elle.



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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Ven 3 Fév 2017 - 23:13


« Non, ça va… je n’ai rien. Et vous ? Vous allez bien ? J’ai tout de même fait une sacrée chute, veuillez m'excuser si je vous ai blessé. » S’était-elle empressée de lui répondre alors que l’aubergiste s’était éloigné pour aller poser les victuailles sur l’une des tables. Son regard n’avait pas quitté le sien, prouvant sa véritable inquiétude. Forte heureusement, il la rassura bien vite et son sourire pu témoigner qu’il ne souffrait aucunement.

Conduite à l’une des tables, elle prit assise, soulagée que son écroulement n’ait causé aucuns dégâts. Le feu qui crépitait non loin apportait une douce chaleur qu’elle ne refusait pas. Malgré sa tenue qui la tenait bien au chaud, Maélyne ne s’était pas encore parée de sa peau de vison.

L’odeur du pain frais et à peine sortit du four vint titiller une nouvelle fois ses narines. Son regard se posa sur le plateau qu’avait apporté l’aubergiste et les mets présentés commençaient à lui donner l’eau à la bouche, et si bien qu’elle finit par oublier d’inviter le chevalier à s’attabler avec elle.

Se ressaisissant, elle fit un bond pour se lever, s’approchant pour lui attraper la main. « Venez. Asseyez-vous. Venez. » Avait-elle simplement dit en l’entrainant avec elle, le plaçant à ses côtés. L’aubergiste montra à nouveau le bout de sa trogne apportant avec lui une carafe remplit d’eau et deux coupes.

Maélyne n’avait cessé de regarder Tancrède. Tant de choses lui revint à l’esprit et un sourire ne put qu’apparaître sur son joli minois.
« J’ai l’impression que cela fait des mois depuis notre dernière rencontre… » Avait-elle commencé doucement alors que ses mains tenaient toujours l’avant-bras du chevalier prouvant ainsi la joie qu’elle ressentait de le revoir. C’était même étrange de ressentir de telles choses alors que leurs dernière rencontre s’était finit par des adieux à peine prononcés et une fuite bien plus remarquée. Mais il y avait ce petit pincement au cœur qui apportait non pas de la peine mais un sentiment bien plus agréable à la Dame. « Le temps passe si vite… tant de choses se sont passées depuis. »

Malgré la faim et les odeurs agréables, il n’y avait plus que Tancrède qui avait son attention. « Vous avez fait pousser vos cheveux. Ainsi que votre barbe… » Dit-elle, affichant un large sourire. « Dîtes moi tout, je vous en prie. Qu’êtes-vous devenus ? Que faites-vous à Wenden ? N’êtes-vous pas retourné auprès de votre cousine, en Alonna ? »

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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Lun 6 Fév 2017 - 4:04




Se montrant insistante pour qu’il joigne sa dextre, le rachis du Léjantais se senti perdre de sa raideur lorsque les doigts de sa consœur  au sang bleu lui saisit la menotte. Ne sachant lui montrer une once de résistance ni même lui tenir tête, il emboîta le pas gauchement pour venir poser son séant sur l’assise qui juxtaposait la cheminée rocheuse du foyer. Inconnue du chevalier, la gêne n’était pas une alliée à laquelle il offrait la moindre considération. La situation pourtant l’incombait d’user d’elle involontairement, car une bribe de souvenir concernant leur dernier tête-à-tête lui remémorait le triste dénouement qu’elle lui avait enfoncé dans la gorge.

Tancrède redressa le menton pour l’abaisser respectueusement lorsque leur badaud de tavernier vint remplir jusqu’à ras-le-bord leur godet, pour constater à son départ que Maélyne le fixait toujours. Il ravala lourdement sa salive ne sachant trop sur quel pied danser, pour une fois. Se devait-il de faire, à l’instar de son comportement habituel, l’étalage de ses sentiments les meilleurs envers elle, ou se devait-il plutôt de tenir le balan d’une rambarde entre eux deux ? Ne l’avait-elle point fuit alors qu’il s’était ouvert à elle comme le gentilhomme qu’il était ? N’était-elle point engagée devant la Néera avec l’illustre Clairssac ? La noblesse de son sang demandait le respect, un respect qui maintenant plus que jamais, demandait d’être considéré. D’une autre part, qui était-il lui, simple noble de basse extraction, pour pouvoir dresser les sentiments de l’amour ? Une œillade discrète à la menotte de la Lourmeloise, toujours agrippée à lui, surchargeât son cœur qui désormais voulait s’arracher de sa cage, à cognant son poitrail de plein fouet. Aussi préféra-t-il répondre par de simples sourires envers son aimée, puisant en son mutisme une concentration suffisante pour purger ses envies de conquérir ses lèvres une seconde fois.

Puis elle lui posa une question sur sa nouvelle apparence, une colle qui dénoua sa langue
. « Lors de mon séjour en villégiature de Diantra, j’ai eu la plus fascinante des révélations ; je devais voyager. Alors que j’admirais les champs à perte de vue de cette même citée, une pécore s’est adressée à moi, niaise comme tout, en me disant à quel point il faisait beau de voir sourire un homme, ébahi par ce qu’il y avait de plus rudimentaire ; l’agriculture. Elle avait raison, un rien me fascine, mais pourquoi ? Heh bien je vais vous le dire, je ne connais rien de la péninsule... Il me faut voyager. Or depuis, je vogue ici et là, sans nécessairement savoir l’heure de mon retour, tout en ayant la ferme intention de retourner au service de mon illustre cousine, en bon obligé que je suis. Quant à mon apparence … » Il voulut lui dire qu’elle fût la principale instigatrice de ce changement, mais il n’en fit rien. Plutôt, il préféra ajouter, presque timidement, en passant lui-même le bout de ses doigts le long de sa barbe, pensivement. « Cela vous plait-il, mon amie? »

« Aussi oserais-je vous lancer la même question, si vous me le permettez. Quelles affaires peuvent-elles motiver le déplacement d’un tel cortège jusqu’à Wenden ? » Alors qu’il acheva son questionnement, il se permit d’user d’un coutelas aux dents carrées, afin de séparer une tranche de la miche fraîche et odorante. « On m’a dit ici que le chef faisait la meilleure confiture de groseille … Le fruit est certes un peu mûr mais en vaut la peine. » Tout en beurrant la tranche à l’aide du plat de son poignard, qu’il déposait dans l’assiette de sa voisine. La servir lui semblait si naturel ... Comme si lui faire le témoignage de son attention ne lui demandait pas une once de force.  


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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Ven 17 Fév 2017 - 22:43


Elle avait écouté le moindre de ses mots, faisant même fi de ce qu’il lui servait. Le temps avait passé depuis Diantra et lorsqu’il en parla, le souvenir encore récent de leur échange remonta une nouvelle fois. Sauf que cette fois-ci, ce n’était pas l’envie de fuir qui s’était épris d’elle mais bien tout l’inverse. Une multitude de questions lui vint à l’esprit. Que ce serait-il passé si elle l’avait rencontré bien plutôt ? Bien avant ses fiançailles, bien avant Roderik ?

Pourtant, s’il y avait bien quelque chose en quoi Maélyne croyait fortement, c’était la destinée. Les dieux ont choisi de l’écarter de sa route, c’était pour une bonne raison et il ne fallait pas chercher laquelle. Une destinée ne peut être changée.

Revenant doucement à elle, la Dame empoigna un bout de pain qu’elle porta bien vite à sa bouche. Dégustant quelques instants ce met succulent, elle finit par répondre à son ami.


« Wenden n’est qu’une halte sur ma route. Je me rends actuellement à Külmazad, plus connu sous le nom de Külm. Une colonie de nains s’y est installée. Je souhaite m’y rendre pour négocier un nouveau contrat d’exploration dans les pycks d’Ortheim, une fois le printemps revenu. »  

Elle se tût bien de rajouter qu’elle avait fait halte spécifiquement dans cette cité pour espérer y croiser une certaine personne dont l’identité était différente de la sienne. « Cela vous va à ravir. » reprit-elle subitement, parlant de sa nouvelle apparence. « Vous devriez nous accompagner jusqu’à cette cité. Si votre désir est de voyager pour en apprendre d’avantage, quoi de mieux que de rencontrer des colonies de nains installés pourtant à deux pas de chez nous ? Il me semble qu’il en existe une autre en Alonna d’ailleurs. Et puis, la cité de Külm est également réputée pour son architecture atypique. Cela ne peut que vous être bénéfique… Si toutefois vous acceptez de voyager en ma compagnie. »
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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Dim 19 Fév 2017 - 21:20




La panse du Hardi gargouillait famine au fur et à mesure que se réunissait les victuailles sur la tablée, généreusement préparées par le maître queux de l’auberge. Pouvait-on rêver de mieux que de flairer ce brillant mélange de fumets odorants générés par le pain frais, les confitures ainsi que du beurre en abondance? Il attaqua l’assiette au même moment que Maélyne mais s’interdit la première bouchée, comme s’il la laissait inaugurer le repas et lui laisser les honneurs d’une prime bouchée. Tout en mastiquant silencieusement –efforts évidemment exécutés devant un aussi important personnage qu’était la Dame de Lourmel-, Tancrède se montra bonne oreille à ses déclarations explicatives. Des nains, alors? Vraiment? Non pas qu’il n’en avait jamais obsersé de son vivant, mais il était vrai qu’il n’avait jamais vu de ses yeux vus une colonie Naine … À ce qu’on lui avait raconté, leur savoir-faire en matière d’artisanat –dans tous les aspects du métier, eut été de la constructions que dans la création d’une œuvre quelconque-, dépassait l’entendement. Aussi disait-on qu’aussi curieusement qu’il soit, leur petitesse ne se montrait point handicap à leurs talents de guerrier et qu’ils n’avaient rien à envier au reste du monde péninsulaire.

Cela vous va à ravir … Vraiment ? Le genre lui plaisait, alors que son bouc au menton avait disparu, au profit d’une barbe bien garnie et d’une chevelure plus abondante? Tous les goûts sont dans la nature ou les Dieux guettaient vraiment le Léjantais, pour qu’il puisse toujours plaire autant à son interdite flamme. Et vint le moment où il s’étouffa pratiquement avec une boule de mie de pain. Une quinte de toux souleva ses épaules, alors que ses yeux s’écarquillèrent un peu, le temps que la bouche passe. Elle l’avait vraiment invité à chevaucher à ses côtés? Non, à faire partie de sa garde? Non, à traîner la nourriture ? Non, à nettoyer les pommes de routes de ses canassons ? Que pouvait-elle bien faire de ses services, n’avait-elle pas à ses côtés les meilleurs hommes ainsi les plus fidèles serviteurs? Pourquoi inviter à joindre sa suite, alors qu’elle l’avait si méchamment repoussé lors de cette soirée arrosée d’hydromel? Ou encore, Alanya sa cousine se verrait-elle courroucée, s’il d’absentéisme il brillait d’avantage ? Des questions qui resteraient sans réponses, pour le moment …


« Je … Oui, bien évidemment, mon amie … Il n’est point plus grand honneur que de vous servir, vous le savez plus que nulle autre… » Avait-il répondu en tout honnêteté, le ton solennel. « Mais j’ai des engagements envers ma cousine de l’Alonna, vous n’êtes point sans le savoir non plus, n’est-ce pas? Ce voyage risque-t-il de s’allonger suffisamment longtemps que j’en rougisse lorsque je me représenterai devant la Baronne? Mais surtout, en quoi vous serais-je utile, pourquoi une telle demande? »


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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Sam 18 Mar 2017 - 21:34


« Oh mais détrompez-vous, très cher. Je ne vous demande point de m’accompagner en tant que serviteur, mais en tant qu’ami. Je ne cherche pas à voler vos services à la Baronne d’Alonna, je ne fais que vous proposer un voyage vers un lieu chargé de culture. Si vous pensez offusquer votre suzeraine en vous absentant une ennéade de plus alors dans ce cas, je n’insisterais pas… Même si votre compagnie me serait agréable. »

Le pain frais du jour avait fini par être complétement engloutis par les deux affamés du matin ainsi que les quelques fruits, confitures et fromages. Tancrède avait finalement accepté de l’accompagner, après tout, une ennéade de plus ou de moins, peu importe, depuis le temps qu’il s’était absenté, Alanya n’y verrait que du feu. Kulmazad était encore à plusieurs jours à cheval, il ne fallait donc pas traîner plus longtemps malgré le bon accueil de l’aubergiste et le feu qui réchauffait les menues épaules de la Dame.  

Maélyne invita alors Tancrède à chevaucher à ses côtés et la petite troupe put enfin quitter la cité de Wenden. La jeune femme était arrivée avec une boule au ventre et ne cessait de trainer son regard sur la forteresse, en repartant toutefois, celle-ci n’avait d’yeux que pour son chevalier et l’anxiété qui avait fait d’elle sa proie toute la nuit durant s’était envolé pour laisser place à une légèreté que la Dame appréciait grandement, sourire aux lèvres.

La journée s’était écoulée et aucune auberge ne s’était présentée sur leur chemin forçant ainsi le capitaine de la garde à monter le camp. Certains soldats se mirent à bougonner avant de mettre à la tâche. Les tentes furent montées rapidement et alors que la capitaine distribuait les rôles de gardes, Maélyne se rafraichissait avec un peu d’eau glacé. La jeune femme se permit ensuite d’ajuster sa tenue de voyage et de se défaire de quelques lanières de cuir superflus.

Le repas ne sera pas servi avant une bonne heure et la Dame comptait bien en profiter pour s’accaparer l’attention du chevalier. Bâtons à la main, Maélyne s’approcha furtivement de Tancrède alors qu’il avait le dos tourné, occupé à défaire ses propres affaires. La jeune femme avait une idée en tête et comptait tout mettre en œuvre pour arriver à ses fins.


« Ahem… » Se permit-elle, le forçant à se retourner. La proximité entre les deux individus était fortement réduite au point que la Dame pouvait presque sentir le corps du chevalier serré contre le sien. « Dites-moi… Tancrède. » Avait-elle soufflé dans un murmure alors qu’elle avait plongé son regard dans le sien. « J’ai… un service à vous demander. Quelque chose d’insignifiant… » La distance déjà peu présente entre les deux êtres semblait diminuer encore plus au point tel que la Dame ne distinguait plus que les lèvres entrouvertes de son interlocuteur. Pourtant, Maélyne s’approcha encore d’avantage pour venir lui glisser sa requête au creux de l’oreille : « entrainez-moi. » Avait elle finit par avouer, toujours dans un murmure alors que soudainement, elle recula de plusieurs pas et lui lança l’un des deux bâtons. « Entrainez-moi. » Répéta-t-elle en changeant ainsi radicalement de ton.
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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Dim 19 Mar 2017 - 3:35




À la queue de sa réponse, les derniers mots lui arrachèrent de force un sourire contemplé de la satisfaire. Cet ultime argument aurait su le convaincre de la suivre aux confins de Miradelphia, même s’il aurait été menacé de visiter la potence à son retour en Alonna. Ce fût sans grand mal qu’il retourna sillonner le sentier à la dextre de son idylle,qu’il ne manquait pas d’admirer en sourdine, de temps à autres, d’un regard fiévreux. Et si Maélyne avait la boule au ventre en regardant le castel de Wenden s’éloigner au fur et à mesure de leur trot, il en était tout autant de la première lance de Léjante qui, convoyant aussi près de la source de ses tourments les plus lancinants, n’y voyait dorénavant plus clairement. Elle était unie, non seulement devant les Dieux, mais aussi à un homme aussi puissant que redoutable. Chercher à devenir son amant ne lui servirait en rien qu’assouvir ses besoins les plus primaux, le temps d’une nuitée … Et au change, elle y tomberait en disgrâce et lui, sûrement, hériterait du boulet aux chevilles ou pis encore, à la décapitation! Plus fortement encore, était son sens de l’honneur envers le sang bleu, car élevée par le rang il ne pouvait, ni ne désirait la déshonorer d’une quelconque manière …

Et ce fût pour la première fois de son entière vie, la tâche la plus ardue qu’il se dut de mener à terme. Tous ces regards complices, cette proximité entre les deux cavaliers, leurs bottes qui parfois s’échangeaient innocemment –ou de manière provoquée- quelques caresses passagères, cette discrète brise qui jouait rôle du transport, en offrant au chevalier un échantillon du parfum de son idylle … À plus d’une reprise il s’évertua à clore les paupières et à inspirer un bon coup, à pleins poumons, pour chasser les démons tentateurs qui harassaient non seulement sa psyché, mais son bas ventre également. Si seulement il l’avait secourue plus tôt, si seulement il lui avait fait esquivé la mort plus tôt, si seulement il s’était montré présent au moment juste … Si seulement il n’était pas la moitié d’un noble, l’ombre de ce qu’il aurait dû être, s’Il avait été fait Seigneur de Léjante à la place de son encôné d’aîné …

Être près d’elle lui faisait mal, atrocement même. Mais le tenait au chaud, du même coup … Et cette chaleur, cette sensation d’être accompagné de son âme sœur lui donnait suffisamment d’argument pour supporter cette souffrance qui s’acharnait à coups de baguettes sur le tambour de son cœur.



***


L’heure du repos venait, mais pour qu’elle arrive à point, il fallait courser avec l’astre diurne qui menaçait de s’éteindre, en levant le campement pour la nuitée. Ce fût pour Tancrède comme à la garderie, lâchement et mollement s’élevaient bâtons et toiles pour dresser les appartements du convoi, alors il dut faire la discipline. Venant jouer un peu du coude, en franche camaraderie cependant, le rustre vint offrir son coup de patte en les provoquants. « Palsambleu! Vous pensez vous préserver de la flotte si elle venait, avec de pareilles tentures ? J’ai déjà oeillé sur de plus élégantes latrines en basse ville, sangdieu! » Il ne fallut avec ces provocations pas plus de dix bonnes minutes pour que le soudard improvisé soit admis parmi les autres reîtres Lourmelois.

La chose faite, et bien faite, il était temps de s’installer à son tour, loin de la tente de la Reine des lieux … S’éloignant de la tentation, une fois l’heure du loup arrivée, l’envie de butiner ne lui serait peut-être pas aussi saillante … Bref, c’est en délicotant son baluchon et ses nombreuses besaces qu’on l’interpella sans trop de finesse, avant qu’il ne se retourne et qu’il ne se retrouve nez à nez avec sa chimère. Ses poings se serrèrent de surprise au même moment qu’il en laissait chuter l’une de ses gibernes potelées contre le sol humide. Être frappé par la foudre lui aurait autant secoué les entrailles, en fait … Car si la belle pouvait pratiquement sentir leurs corps s’unir, elle pouvait également sentir son cœur vouloir lui arracher de la poitrine, vouloir défaire les entraves qui le retenait de battre plus férocement. Lui qui normalement avait toute la confiance du monde se voyait désarçonner par une Maélyne, tentatrice à souhait, qui désirait se jouer d’un pauvre homme aux valeurs un peu trop bien placées! Il attendit le baisé, il patienta, immobile, se disant que si les choses étaient forcées et venaient d’elle … La faute lui serait pardonnée!

Mais c’est plutôt une douche froide, gelée à souhait et parsemé de glaçon douloureux qui le remmena de son monde utopique à la réalité. D’abord incrédule, voir même dubitatif, le bonhomme s’attendait à tout sauf cette singulière demande. Et déjà plongé dans la froidure de la réalité, Tancrède abaissa les épaules non pas de manière dépitée, mais soulagées qu’elle s’éloigne … Le sourire placardé contre son adorable minois lui pardonnait –pratiquement- la vilaine prestation qu’elle avait offerte au preux.

Ainsi, il conquit à nouveau sa contenance et repoussa du bout de son bâton ses affaires qui s’étaient envolées suite à sa désagréable surprise. En bon soldat qu’il était, il trouvait l’idée pas peu désagréable, car même pour la fame, se défendre n’était pas la plus stupide des idées. Or, séance tenante il aborda son éducation sur la posture qu’elle se devait d’adopter.
« Vous êtes raide comme une enclume, fléchissez un peu les genoux. » Lui avait-il démontré, en faisant tout pareillement. Et la voyant ne pas l’imiter correctement, il lui força la position en butant le bout de son piquet à l’arrière de ses genoux. « Soyez prête à bondir à tous moments, que ce soit pour l’esquive, l’attaque ou la retraite. Chaque coups évités sont quelques secondes de plus à votre vie, pensez-y! » Et il termina son préambule en portant une ruade d’attaques répétée et assez sèches contre l’arme de son idylle. La manœuvre ne cherchait pas à l’atteindre elle, mais plutôt à tester ses réflexes. Après un certain moment, il entreprit un jeu de pied afin de se mouvoir autour d’elle, lentement, mais suffisamment pour qu’elle adopte une posture différente et qu’il puisse peser sa manière naturelle d’agir : si elle était faite pour se battre, ou être battue.

« L’art de guerroyer s’apprend, mais c’est aussi une question d’instinct. Et le combat n’est pas seulement question de votre petit bâton contre le mien, la rixe se joue avec les yeux, c’est une bataille sauvage à laquelle on doit deviner qui d’un, ou de l’autre, flanchera le premier … » Avait-il affirmé tout en enchaînant l’abattage de son arme contre celle de son adversaire et en la défiant du regard …

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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Mar 4 Avr 2017 - 20:23


Le combat, ou plutôt l’entrainement entamé, Maélyne afficha un radieux sourire qui ne quittait plus son visage malgré les quelques coups douloureux assenés par son adversaire du soir. Qu’il accepte ainsi de l’entrainer l’avait comblé au plus haut point. Dorénavant, et certainement avec un entraînement régulier, saura-t-elle se défendre un minimum si un homme venait à tenter de lui faire du mal. Encore fallait-il qu’il puisse continuer de l’entraîner et ce, même au-delà de leurs visite à Külmazad. Mais ce sujet serait abordé plus tard. L’actuelle séance primait et la Dame se devait d’en profiter pour apprendre un maximum durant cette leçon qui sera peut-être l’unique.

Maélyne regardait attentivement le chevalier et le trouvait terriblement attirant depuis qu’il s’était laissé pousser les cheveux et la barbe. Il avait un côté sauvage que la jeune femme préférait largement aux coupes soignées et aux mentons dépourvus du moindre poil. Difficile donc, de rester concentrée dans ce genre de situation, pourtant, pour son propre bien, Maélyne se devait de l’écouter le plus attentivement possible et de reproduire ses gestes à la perfection.


« Tout cela est bien joli, Messire. » Dit-elle alors qu’elle lança son bâton à terre. « J’arriverais dorénavant à me défendre… hum… convenablement si j’avais en ma possession une quelconque arme. » La jeune femme fit quelques pas en arrière, laissant pendre ses bras avant de les écarter légèrement. « Mais si je n’ai point d’épée, comment dois-je m’y prendre pour me défendre ? Comment puis-je suffisamment faire mal pour tenter une échappée ? Où dois-je viser ? »

Son regard plongé dans le sien, elle se sentit soudainement mordre la lèvre. Fort heureusement, le chevalier se trouvait bien trop éloigné pour avoir remarqué quoi que ce soit et au vu du rouge qui s’empara désormais de ses joues, la Dame avait bien du mal à assumer ce qu’elle ressentait.

Et alors qu’elle s’apprêtait à écouter les conseils avisés de son maître d’armes, l’esprit de Maélyne accueillit bien vite une voix que trop familière.

- Au secours ! Au secours ! au secours !
« Arth ? »
- Au secours ! Au secours !
« Arth où es-tu ?!! »

Parlant à haute voix, la Dame ne se souciait guère du chevalier. Elle commençait à regarder autour d’elle à la recherche de son petit compagnon qui criait sans cesse à l’aide.

« Arth, réponds-moi, où es-tu ? Es-tu blessé ? ARTH ?! » Cherchant à repérer le dräke, Maélyne se retourna sans cesse avant de retourner au campement en courant. Montant la petite bute que les séparait du reste de la troupe, la jeune femme pu rapidement se rendre compte qu’ils étaient attaqués. Des brigands qui semblent en avoir qu’aux objets de grande valeur. Ceux-ci seraient sans doute déçu car Maélyne avait pour habitude de voyager avec le moins de bagages possible mais il est vrai que sa garde rapproché était conséquente ce qui attirait forcément les plus courageux d’entre eux.

Et alors que les coups d’épées frictionnaient entre eux et que des flèches semblaient sortir de l’ombre, Maélyne s’enfonça entre les gardes. Insouciante et certainement complètement folle, la jeune femme se devait de retrouver son petit compagnon. Car même si le lien existant entre eux n’était point aussi fort que celui qu’un dragonnier possède avec le modèle supérieur, Maélyne ressentait non seulement la détresse de son fidèle compagnon mais aussi ses moindres maux.

Sa tente privée n’était plus qu’à quelques enjambées lorsqu’un homme s’interposa entre elle et le but de sa course. Restant fixe à le regarder tout en haletant à cause de son effort physique, elle attendait son heure lui qui s’apprêtait à l’attaquer d’un coup d’épée qui lui aurait sans aucun doute ôté la tête si un de ses gardes n’avait pas surgit pour poignarder l’assaillant dans le dos. Sans plus attendre, la lourmelloise pénétra dans la tente et s’aperçut qu’un autre malfrat était en train de maltraiter Arth.

Poings serrés, Maélyne s’empara du premier objet qui se présenta à elle et commença à frapper le dit homme. Tancrède ne devait sans doute plus être loin mais le temps jouait contre elle. Le ressentiment de toute cette douleur que son ami avait enduré cumulé à la colère avait fait d’elle plus qu’une simple dame en détresse.

Un coup fut assené puis un deuxième avant que Maélyne eut juste le temps d’attraper l’une des dagues que portait l’agresseur. Il se releva et chargea la Dame lorsqu’Arth, enfin libéré vint se poser sur sa tête, l’aveuglant à moitié.

Elle ne pouvait plus attendre et décida d’enfoncer la lame dans sa gorge. D’une force qu’elle ne soupçonnait pas et alors que ses yeux devinrent larmoyant, Maélyne maintenait tant bien que mal  la pression nécessaire jusqu’à ce que le corps s’écroule lourdement au sol.

A peine ceci fait, la Dame fit de même, tombant sur ses genoux tout en accueillant Arth dans ses bras. Ses mains empli de sang vint en déposer sur les écailles de l’animal enfin sauf.

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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Ven 21 Avr 2017 - 20:22





Retenir ses coups, laisser quelques ouvertures afin qu’elle puisse tenter sa chance, voilà comment il aurait agi avec la fame! Mais ô pauvre de lui, son cœur battait fort la chamade pour la Lourmeloise et, dans l’unique but de ne pas lui mettre la puce à l’oreille, ses passes relevaient de la punition. C’est en se montrant impitoyable, qu’il pouvait oublier lui-même qu’il affrontait l’être qu’il aimait plus que tout en ce bas monde, la femme qui tourmentait son cœur et qui savait le virer à l’envers plus aisément que saurait le faire un tonneau de cervoise. Sèchement, son bâton venait claquer contre sa cuisse, puis tantôt contre sa hanche, puis son épaule et parfois, arrêtait sa course près de son adorable minois, sans jamais le heurter. La leçon n’avait rien de plaisant pour le corps, certes, mais était fort bien éducative, car même si le hardi n’était pas le premier épéiste de la péninsule, il n’en restait pas moins un fier bretteur.

Si seulement Tancrède devait se contenter de combattre ses sentiments pour Maélyne … Il se devait de surcroît retenir ses ardeurs lorsqu’elle en mettait par-dessus … Ses allusions, ses mimiques, ses regards … Elle demandait comment vaincre sans armes, alors qu’elle pouvait soumettre son entraîneur en un battement de cils, si elle en avait l’envie … Usait-elle d’ironie ou s’amusait-elle simplement des réactions du Léjantais qui, la voyant ainsi le provoquer, commençait à perdre les pédales ?

D’un coup de langue, il tâcha de balayer la sécheresse de ses lèvres puis se racla la gorge par deux fois, dans l’optique de lui offrir une réponse improvisée … Puis … La fièvre emporta sa belle! À voix haute, elle s’exclama en oubliant complètement la présence de son mestre d’arme, le laissant d’ailleurs dans une posture franchement dubitative.
« Maélyne … Je … C’est quoi, Arth ? »  Mais elle n’en eut guère attention, tant l’affolement s’était éprit de sa psyché. Alors, en toute hâte, elle s’enfuit vers le campement, distançant momentanément son protecteur. Dans l’espoir de palier au problème, lui également conquis la colline puis aperçue le désastre ; une attaque sournoise sur tout le campement!

Ainsi, perché du haut de la colline, non seulement la surprise de l’assaut le tenaillait, mais également celle de voir Maélyne courir aussi rapidement vers l’affrontement. L’avait-il frappé trop fort, pour que soudainement elle soit inspirée d’autant de courage?!
« Foutre-Dieux! Elle fend l’air, la follingue! »[/color][/font]  À son tour, il dévala la côte dans l’espoir de la rattraper. Filant comme une flèche, ce qu’il craignait arriva, elle se perdit dans la masse de gens qui se guerroyaient corps et âmes. Hurlements hargneux et furibonds fusaient désormais dans la plaine, tandis que se mariaient les aciers des combattants. « MAÉLYNE! MAÉLYNE! »  Cria à gorge déployée le preux, dans l’espoir d’être entendu au travers la cohue. Il fonça, jouant de l’épaule autant sur l’ennemi que sur ses alliés, se frayant un chemin comme il le pouvait jusqu’aux tentures de sa belle. Arrivé là, pratiquement à destination, deux soudards tenta de raccourcir les jours de Tancrède en lui assenant tous deux, deux coups de flamberge. Esquivant de peu, il dégaina à son tour et s’engagea dans une rixe plus sauvage que jamais ; mettant à exécution les récentes leçons qu’il avait inculquées à son élève improvisée. Tout près des appartements de la Lourmeloise, l’acier chantait haut et fort et réservait en dénouement de leur représentation, d’importantes goulées sanguines pour le sol! L’herbe se rougeoyait au fûr et à mesure que les coups se lançaient, ne laissant au final qu’un seul vainqueur.

Chassant les pesants rideaux qui servaient de portail d’entrée à la tente de Maélyne, le hardi fit son entrée, le souffle haletant et le regard désespérément à la recherche de son idylle. Et son cœur pu enfin recommencer à battre lorsqu’il la trouva saine et sauve, recroquevillée au sol en tenant ce petit être ailé, quelle avait si bravement sauvé … Et accompagnée d’un cadavre à la gorge trouée, pissant toujours comme une fontaine le sang chaud de son corps inerte …

Il se permit une inspiration de soulagement plus que méritée, lorsqu’il la vit ainsi en sécurité, omettant totalement sa propre condition : une main lacérée au dos, une ecchymose au visage et le corps peinturé de parts et d’autres de la même peinture qui glougloutait du corps aux pieds de Maélyne. « Dites-moi que vous n’avez rien … »  Lui avait pratiquement ordonné le guerrier, en jetant une œillade curieuse au petit animal aux écailles, tout en s'approchant d'elle sans pour autant la toucher, de peur qu'elle réagisse étrangement vu l'état actuel de ses émotions.


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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Lun 15 Mai 2017 - 19:45


La voix de Tancrède n’était point arrivée aux oreilles de Maélyne. Sa question, son ton, ses mots, rien, absolument rien ne l’avait aidée à surmonter l’état dans lequel elle se trouvait actuellement. Toujours agenouillée, tenant Arth dans ses bras, son regard scrutait l’homme allongé devant elle.

Il se vidait toujours de son sang et elle… elle le regardait mourir, là, sans bouger, sans manquer une seule miette de cet instant. Ses pupilles devinrent de plus en plus humides à force des questions qui s’insinuaient dans son esprit. Qui était-il ? Méritait-il cela ? Avait-il une famille ? Etait-il obligé de faire ses pillages pour subvenir à celle-ci ? Avait-il eu le choix ?

Trop d’interrogations, trop de violence.
« Je l’ai tué... » Murmura-t-elle à peine, la mâchoire toujours autant paralysée. « Je l’ai tué ! » S’écria-t-elle soudain tout en éclatant finalement en sanglots alors que ses bras vinrent se resserrer autour de la taille de son dräke. Celui-ci, d’ailleurs, se fit bien silencieux. Nulle voix ne vint troubler le chagrin de Maélyne, nulle couinement n’était audible par Tancrède.

Rien.

Juste un silence.

Et une tête tournée vers celle de sa maîtresse.

Malgré l’absence de mots, son regard, lui, pourtant, se voulait doux et compatissant. A y voir de plus près, celui-ci s’humidifiait également. Et tout comme Maélyne avait ressenti son désarroi, un peu plus tôt, lui ressentait à présent toute sa détresse et sa tristesse. Il aurait voulu faire plus, il aurait voulu être capable d’empêcher cela. L’homme, finalement, n’était bon qu’à ces seules choses ; la haine, la violence, le mépris  et l’irrespect.


« Je l’ai tué… » Répéta-t-elle une nouvelle fois en lâchant chaque mot entre plusieurs sanglots.

Maélyne avait pourtant assisté à bon nombre d’horreurs. Que ce soit les pestiférés en Missède, le meurtre de sa sœur, les écorchés vifs dans les pycks. Elle avait même vu son propre corps se vider de son sang lors de cette trahison, il y a peu. Pourtant, jamais, au grand jamais n’avait-elle levée la main sur qui que ce soit. Jamais n’avait-elle heurtée une vie. Et pourtant, là, sous cette tente, elle n’hésita pas une seule seconde pour sauver son animal.

Qu’allaient donc penser ses gardes ? Ses gens ? Son époux ? Comment allaient-ils la voir désormais ?


« Tancrède… qu’ai-je fait ? » Finit-elle par articuler alors que son regard se posa enfin sur le chevalier.

Et alors qu’elle attendit une réaction de sa part, la souhaitant chaleureuse et réconfortante, au dehors, de nouveaux cavaliers firent éruption. Sauf que cette fois-ci, ceux-ci n’étaient point la pour les piller. En réalité, ils poursuivaient eux-mêmes ces-dits bandits. A leurs tête chevauchait un seigneur locale, qui une fois témoin du massacre qui eut lieu, ordonna à ses hommes de venir en aide aux Lourmellois. Les derniers malandrins récalcitrants furent vite arrêtés alors que dans cette tente, Maélyne attrapa la main du Léjantais qu’elle serra fortement, ne cessant de répéter son nom pour qu'il lui vienne en aide.
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Mer 17 Mai 2017 - 23:00




N’était-il point plus âpre goût que celui de l’impuissance ? L’incapacité de protéger celle que l’on aime et pis encore, l’impossibilité de la réconforter outre mesure, la voyant là, agenouillée près du cadavre encore chaud de son assaillant, les mains rougies de son sang ? Encore sous le joug de la panique, le regard hagard, il voulut réconforter sa belle de milles et unes mielleuses paroles réconfortante, qu’elle puisse par ses mots s’égarer momentanément dans un endroit douillet, un fauteuil couvert d’une flopée de fourrures, devant un feu vigoureux et dont les volutes d’un thé agréablement odorant flottait dans les airs … Non, en remplacement, le hennissement de quelques chevaux supplémentaires se fit entendre, de même que les cris de nouveaux venus qui, sans doutances pourchassaient les malandrins hors du campement. Alors, détourna sa tête vers les lourdes portes de tissus, prêt à agir si besoin était, sa main se fit saisir farouchement de celle de son aimée. À l’instar d’une douche froide, le contact de sa peau doucereuse lui fit oublier la gravité de la précédente panique. Ses yeux dérivèrent jusqu’aux siens, où il l’aperçue, l’implorant à l’aide, les yeux écarlates de peine et encore bien humides de ses sanglots récents …

Alors point de panique, ni d’énervement, qu’elle existait. Il ploya le genou à ses côtés et sans demander son autorisation, il la fit se cambrer pour qu’elle puisse trouver le réconfort de ses bras à la musculature saillante. Il lui offrit sa protection, la couvrant sans ménagement, de sorte à ce qu’elle puisse poser sa tête contre son épaule, prête à devenir le berceau de sa peine et de ses soucis.
« Tu as fait ce qu’il fallait, Maélyne … Tu t’es défendue … Tu as fait preuve d’un impressionnant courage … Tu n’as rien à te reprocher, Maélyne, rien. » Ainsi il la tutoya pour la première fois depuis qu’il connaissait sa véritable identité, alors que sa patte caressa sa longue tignasse, de sa nuque jusqu’à la chute de ses reins. Il se comportait à ce moment non plus comme son chevalier, mais comme l’amant qu’il avait toujours désiré être ; bien que le tout avait été fait sans arrières pensées.

« Je suis heureux que tu te sois défendue, car eut été autrement, mon cœur lui, ne s’en serait sorti indemne. Il aurait cessé de battre, pour le restant de mes jours. » Lui avait-il soufflé, réconfortant comme elle le désirait, toujours à lui offrir son égide, alors que sa tempe était collé à la sienne, de sorte à ce que leurs regards ne se croisent, de peur d’être incapable de faire autrement que de lui voler un baisé …


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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Sam 20 Mai 2017 - 22:38


Les mots prononcés par le Hardi vinrent achever Maélyne qui dans un énième et dernier sanglot vint réfugier son visage dans le creux de son cou, posant à la même occasion l’une de ses mains, toujours ensanglantée sur la nuque du chevalier. Un silence suivit puis les évènements s’enchaînèrent rapidement. Le corps fut découvert par d’autres gardes qui ne tardèrent pas à s’en débarrasser sans chercher à connaître les faits réels. Sans doute la présence de Tancrède incitait ceux-ci à croire qu’il était le seul et l’unique bourreau de ce bandit. Arth de son côté avait décidé de s’envoler pour trouver refuge dans les branchages d’un arbre, là où personne ne l’apercevrait, laissant ainsi un moment de répit à sa maîtresse.

L’aide apporté par le seigneur local accompagné de ses cavaliers ne s’arrêta pas à la poursuite et à la capture des malfrats. Il proposa le gite et le couvert que Maélyne refusa poliment. Estimant que cela nécessiterait trop de temps à démonter le camp. Pourtant, la proposition n’était pas mauvaise, elle qui serait forcée à dormir dans cette même tente où elle ôta la vie de cet homme. L’idée ne l’enthousiasmait aucunement, pourtant, le nettoyage était déjà en cours et certains n’hésitèrent point à se montrer insistants sur le besoin de sommeil dont elle faisait face.

De retour sous cette toile, Maélyne profita d’une bassine remplie d’eau fraiche pour retirer tout le sang qui s’était aventuré sur sa peau avant de se préparer pour le couché. Son regard ne cessa d’être happé par cette terre rougie que les gardes avaient tant bien que mal tenté de dissimuler. Mais l’image de ce corps gisant sur le sol en train de se vider de son sang ne cessa de lui revenir à l’esprit.

Près de deux heures passèrent avant que Maélyne fit quémander le chevalier une nouvelle fois alors que la nuit n’était entamée que de moitié. Elle attendit patiemment qu’il arrive, assise sur sa couche, les jambes recroquevillées de manière à rapprocher ses genoux de sa poitrine. Sa longue robe de nuit vint englober le tout alors que ses bras vinrent enrouler ses jambes.

Lorsque le Hardi arriva, Maélyne ne tergiversa pas et entama directement la conversation pour en venir directement a des aveux.
« Il m’arrivait de penser à vous… plutôt fréquemment. » lâcha-t-elle directement pour enchaîner sur un « et j’ai plusieurs fois maudits les dieux de ne pas vous avoir placé sur ma route plutôt. » Des larmes vinrent une nouvelle fois embrumer son regard. « Je vois son visage partout Tancrède… J’aurais pu faire autrement… j’aurais pu crier, fuir, ou que sais-je… » Sanglota-t-elle soudain. « Il a décidé de me hanter... Il… » La conversation s’arrêta là, ses bras se resserrèrent autour de ses jambes alors que sa tête vint trouver refuge entre ses genoux. Son corps quant à lui, se mit à trembler sous l'émotion.
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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Lun 29 Mai 2017 - 2:12




« La Dame de Lourmel vous fait mander à sa tente, Chevalier de Léjante. » Prononça un obligé de la belle Lourmeloise, tout en interrompant les derniers préparatifs au coucher, auquel le hardi s’affairait de compléter. « D’Alonna. Je suis un chevalier au service de l’Alonna, mon garçon. Tiens-toi le pour dit et souviens-t-en. » Avait-il de son côté rajouté, sans se retourner, l’air encore dérangé par les derniers rocambolesques événements. « Faites-lui savoir que j’accours, j’arriverai sous peu. » Lui-même n’avait guère encore prit temps de se toiletter –un minimum au moins, vu les salissures auquel son uniforme avait été exposé, de même que ses pattes-, ainsi il enfila quelque chose de moins formel, bien qu’aussi chaud. Silencieusement, il laissa entrevoir son ombre sur les reliefs des différentes maisons de fortunes faites de toile, cheminant jusqu’aux appartements de son idylle. Arrivé là, il s’introduisit tout aussi silencieusement qu’il était venu, en guise de respect non seulement pour ceux qui d’ores et déjà ronflaient de baveuses bulles de morvine, mais aussi pour celle qui très certainement, n’avait point en habitude la réception d’une nocturne compagnie. « Vous m’avez demandé? » S’était-il d’abord exprimé, les yeux un peu plus bas, en obligé qu’il était, même après les récents rapprochements auquel ils s’étaient tous deux livrés.

Nulles salutations ne vinrent, ni même de remerciements, seul de profonds et proscrits aveux. Il eut été plus judicieux de lui planter un coutelas directement dans le cœur, car c’est à peu près cette sensation qui le tenaillait juste. Sa gorge se serra, tandis qu’il freina tous mouvements, comme paralysé par une telle nouvelle. Venait-elle de lui livrer que son cœur battait au même rythme que le sien, lorsqu’ils venaient à se rencontrer ? Depuis le temps, la chose lui semblait improbable, mais voilà que les larmes venaient rouler sur ses joues allégrement, en confirmation de ses doutes. Elle lui livra à la suite de cette pseudo-déclaration le restant des maux qui lui pesait et il ne sut comment retomber sur ses petons sans s’enfarger. Il se devait de la consoler, de lui dire que ce qu’elle avait fait n’avait rien de mal ; mais sa prime déclaration n’avait encore à ce point été digérée. C’est que depuis le premier jour où ses yeux s’étaient posés sur elle, alors qu’elle s’était affublée de vêtements indigestes afin de se mouvoir librement au travers la roture et qu’il n’avait pour elle, aucune espèce d’idée de l’importance de son patronyme, son cœur avait tenté de s’esquiver de la cage de son thorax, tant il battait pour elle la chamade.

D’un ultime effort, il tenta de ravaler ses émotions mais aussi, la nouvelle lourde de conséquences qu’elle venait de lui livrer, puis se rapprocha d’elle afin de poser son séant à ses côtés. Certes, cela était inconvenant, mais dans l’état où elle était, chamboulée et confuse à souhait, le mieux à faire était de lui offrir une épaule où sécher ses larmes et un bras protecteur, afin de lui rappeler qu’elle était aimée, mais surtout protégée.
« Il n’existe ni fantôme ni esprits, je vous assure. Depuis le temps, j’aurai eu mon lot de tourments si de malheur ils existaient. Certes, vous auriez pu courir, hurler ou fuir ; et peut-être vous aurait-il atteint au collet et s’en aurait été finit de vous. Vous avez préféré vous défendre, lever la tête et vous tenir droite, affronter le danger et assurer vous-même votre propre sécurité. Il n’est rien de plus noble et de plus honorable que d’affronter les menaces qui se dressent devant nous. Il serait fol le premier à prétendre le contraire. De plus, à quoi bon avoir un mestre d’arme si en ces cas précis vos classes ne vous servent en rien ? » Lui assurait-il, en balayant la distance qui les séparaient, tout en glissant candidement un bras à son dos, mais réconfortant, pour lui délivrer le genre de caresse qui apaiserait même le plus déchaîné des poupons. Elle balayait de sa nuque jusqu’à la mort de son rachis, la caresse du revers de sa patte. « Vous avez grand cœur, vraiment … Cet homme a voulu me priver de vous … En … Enfin, nous tous nous priver de vous … » Balbutia gauchement le chevalier, en lapsus assez gênant. « À vouloir vous priver de la vie, cet homme a eu ce qu’il mérite. Vraiment. »


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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Ven 9 Juin 2017 - 21:29

Un silence s’installa, loin d’être pesant, il apporta une sereine tranquillité et un réconfort plutôt chaleureux. L’on dit même parfois de lui qu’il apporte l’aveu lorsque celui-ci est nécessaire, et il n’a jamais été aussi réclamé qu’en cet instant présent. Son regard encore humide vint se fermer, laissant ses joues mouillées se sécher au gré du souffle de son chevalier. Si proches et pourtant si éloignés l’un de l’autre, Maélyne se laissa aller à la savoureuse caresse qu’il lui offrait. Se voulant réconfortante, chaste et froide, ce fut pourtant des sentiments bien contraires qui vinrent prendre possession de la Dame. Si légère soit-elle et ce, malgré le tissu, chaque pression fut ressentie comme une délivrance. De haut de sa nuque jusqu’au bas de son dos, à l’extrême limite de sa courbure de reins, chaque parcelle de sa peau accueillait ce geste d’un léger frisson. Maélyne ressentit alors une douce chaleur l’envahir, une chaleur venant du cœur. C’est à cet instant précis qu’elle sut.

C’était lui. Personne d’autre que lui.

Leurs regards vinrent alors se croiser, et toujours dans ce doux silence si révélateur, Maélyne contempla le visage qui s’offrit à elle. L’une de ses mains vint en caresser les courbes alors que ses lèvres, brulantes, vinrent quérir les siennes. Un premier doux contact qui s’enchaina bien vite sur l’échange d’un véritable baiser. Doucement, les deux corps se serrent, puis s’entrelacèrent. La jeune femme se laissa alors basculer en arrière, entrainant le Hardi avec elle. La tendresse de leurs échanges était telle que Maélyne se sentit envahir d’un amour puissant. Elle en oublia tout le reste pour se concentrer que sur cet homme qui jusqu’à présent, avait eu le don de la faire chavirer à chacune de leurs rencontres. La sensation de ses mains, glissant sur son corps lui rappela les douces brises du vent au printemps. Son souffle chaud sur son visage vint lui arracher de nombreux souvenirs d’un ancien amant, souvenirs qu’elle chasse bien vite car, en cet instant, il n’était point question d’attirance purement physique, mais quelque chose de bien plus puissant, de bien plus pure. C’était son cœur qui orchestrait ses sensations actuelles, et non son corps. Maélyne aurait voulu le lui crier, lui révéler à quel point il arrivait si facilement à lui faire perdre la tête, à quel point ses regrets étaient nombreux et douloureux mais plutôt que de s’adonner à des mots, la délicatesse de ses gestes révèlerait celle de ses sentiments.
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Tancrède de Léjante
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Dim 11 Juin 2017 - 3:34




Les pulsions du cœur plus que celles du sexe dominaient cet instant d’une aisance cruelle. Sa main doucereuse caressait son dos d’une manière empathique, considérant l’étendue de son chagrin. À mesure que se déroulait les consolations, il en oubliait comme il l’avait désiré, comme il avait voulu la posséder depuis ses primes regards posés sur elle. Elle était pour lui le joyau interdit, la seule chose au monde à laquelle pour la vie, il serait indigne de toucher. Non seulement n’avait-il pas le lignage nécéssaire pour aspirer à être plus qu’un serviteur pour elle, mais de surcroît, elle appartenait à un autre. Un autre qui pourrait faire s’abattre sa fureur sur le hardi, pis encore, sur sa propre femme, s’il venait à en deviner les sentiments qu’il avait pour elle! Voilà pourquoi sa main était restée chaste, prude et voir même froide, car un rien l’aurait fait flancher. Un regard de travers, une main indiscrète lui étant destinée, peu s’en fallait pour que le hardi se voit devenir l’esclave de ses pulsations amoureuses.

Et il fallait qu’elle le fasse, qu’elle l’achève, d’un cruel mouvement. Leurs regards s’épousèrent pour ne faire qu’un, tandis que la main de sa belle se déposa contre sa joue velue, faisant tomber les dernières barrières de sa volonté. Par tous les dieux, il ne devait p …
« Maélyne ... » souffla-t-il, en dernier avertissement à la pauvresse qui venait de pratiquement lui donner autorisation au péché. Doux, délicat et prudent, il l’était au départ, car le choc ne semblait pas être des plus doux. Il venait de réitérer ce qu’il fit à cette fête, alors que tous deux étaient beurrés jusqu’à la moelle, sauf que cette fois-ci, ils étaient tous deux bien sobres … Tancrède se retourna à demi afin de mieux l’affronter, car après un bref instant à lui insuffler l’étendue de ses sentiments les meilleurs, il posa sa patte contre sa cuisse en un premier contact plus personnel. Leur étreinte se poursuivit sans qu’il ne sache l’interrompre, même que plutôt il s’enhardissait, plus fiévreux qu’au départ et que celui qu’ils partagèrent à cette monumentale beuverie.

Son cœur pompait à vive allure, voulant pratiquement s’arracher de son poitrail, tant cette sensation d’allégresse était prenante. Il l’avait si longuement désirée qu’une fois qu’elle s’offrait à lui, il semblait en perdre les moyens. Jamais une femme ne semblait lui avoir procuré tant d’excitation … Était-ce car elle était interdite et qu’enfin, elle montrait qu’elle en avait cure, ou était-ce simplement car c’était elle, elle seule qui tourmentait son cœur depuis toujours ? Curieuse, sa main continuait à fouiller sa cuisse à la recherche d’un endroit à s’immiscer entre les tissus, alors que son autre patte se calla au creux de ses reins, là où il l’attira vers lui pour réaffirmer son amour dans l’intensité de son baisé fiévreux. Les mots n’étaient plus requis, seules les actions parleraient et, il avait belle verve.

La raison et l’honneur paraissaient toujours moins importants, lorsqu’une femme –surtout celle qui détenait entre ses dix doigts votre cœur- s’emparait de vos lèvres. Ce soir, Tancrède l’avait compris et, plutôt que de culpabiliser, il la rendrait heureuse. Il avait en tête de lui faire oublier toutes ses peines, ses déceptions et ses anciens amants. On ne le nomma point première lance de Léjante par hasard!


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Maélyne de Loutremel
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    Mar 13 Juin 2017 - 10:26


De ses doigts fins et froids, la jeune femme vint les glisser sous la tunique de son chevalier, effleurant ainsi la peau de son dos en de fines caresses. Encore accaparé par ce baiser qui se voulu de plus en plus passionné, Maélyne faisait fi de tout danger, se croyant à l’abri, là, entourée des bras musculeux de son amant. Celui-ci, après une brève réticence, n’hésita plus à plonger en sa compagnie, parcourant sa cuisse d’une main délicate à la recherche d’un passage qui lui donnerait droit à ce qui, jusque-là, lui était défendu. Sentant son corps se presser contre le sien, une envie irrésistible de lui ôter ses habits vint guider ses mains dans ce but. Son dos, son torse, sa nuque ainsi que ses bras lui étaient dorénavant complètement accessibles et la jeune femme ne se priva nullement de les parcourir en de douces caresses qui au fil des allées et venues se firent plus insistantes, plus mordantes. Ses lèvres vinrent explorer ses joues velues avant de prendre définitivement possession de son cou. Elle sentit alors le souffle chaud de son chevalier accélérer au fil des délicatesses qu’elle lui offrait généreusement alors que son propre cœur s’emballait à l’idée, qu’enfin, elle avait trouvé celui qui serait sans nul doute son véritable amour. Un homme qui n’avait que faire de la gloire et du pouvoir, un homme qui saura l’aimer pour ce qu’elle est, non pour ce qu’elle a à offrir et qui ne s’enfuirait pas au moindre obstacle. Maélyne songea alors à tout quitter et à partir avec lui. Abandonner Lourmel, son époux, sa famille. Ils partiraient loin, là où personne ne pourrait les séparer ou leur interdire de vivre cette passion qui les dévorait tout deux. Son esprit voguait vers ces doux espoirs, ces doux rêves lorsqu’elle sentit la main de son amant se frayer lentement un chemin. Un frisson vint immédiatement l'accaparer alors que ses lèvres vinrent retrouver celles de Tancrède, impatientes de reprendre ce baiser passionné.
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MessageSujet: Re: [Wenden] Il n'y a pas de hasard lorsqu'il s'agit d'amour | Tancrède de Léjante.    

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