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 Les feux fugaces

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Les feux fugaces   Mar 24 Jan 2017 - 1:03

Les feux fugaces…






« Il n’y a pas de bonne fête sans lendemain… »




5ième ennéade de Barkios de la 9ième année du XIième cycle
Hôtel des Abeilles, résidence Diantraise des Altenbergs, Diantra


La fête commandée par Niklaus était discrète sur l’extérieur du bâtiment. Il fallait savoir rester humble, surtout en ces périodes difficiles pour la capitale. Mais après les drames de l’occupation par le Langehack, qui avait usé d’une main de fer sur la population locale, il fallait rester attentif aux besoins locaux. Et il fallait montrer que la reprise des affaires serait sous un jour différend. Avec Blanche au pouvoir à Diantra pour le moment, Niklaus ne souhaitait pas se lancer immédiatement dans la remise sur le tapis du statut négocié de la ville.

Si le baron avait organisé cette petite fête, c’était aussi pour montrer aux élites bourgeoises de la ville et aux artisans les plus importants qu’ils n’avaient pas été oubliés. Niklaus n’était pas habitué à ce genre d’exercice dans l’ancienne capitale. Il recevait bien de temps à autre en Apreplaine pour remercier des seigneurs, des notables, le clergé ou même de simples sujets… Mais ici l’exercice était différent. Il s’agissait là de donner une mesure du respect qui s’était perdu avec l’âge, la société civile de Diantra ayant été inexorablement écrasée par le poids légitime de la Couronne dans un premier temps, puis avec les chiens qui s’étaient déchiré l’ancienne capitale comme un symbole de pouvoir ensuite.  

La chancellerie de la Ligue lui donnait un rôle d’intérim important pour ce qui concernait les affaires économiques de la Ligue. Il devait à présent être particulièrement attentif à ce que les gens pouvaient demander. Car lorsqu’on prenait des responsabilités, les flagorneries décuplaient également. Et le pouvoir dont il était le dépositaire, et qui n’était pas le sien, il fallait en user avec parcimonie et prévoyance.

L’hôtel des Altenberg étaient une grande résidence en colombages à plusieurs étages et qui constituait un petit pâté de maison. C’était une ancienne halle reconvertie. Un de ses aïeul baron l’avait racheté à une partie passée roturière et commerçante de la famille. La reconversion avait été réalisée avec goût mais avec économie. On était loin des petits palais de pierre que certains grands nobles avaient fait construire.

Si la demeure n’était pas très cossue, elle était tout de même grande et permettait d’accueillir sans trop de problème les deux grosses centaines de convives et leurs épouses ou maris. En des temps plus  fastes, la représentations du commerce de Diantra n’aurait pu se limiter à quatre cent individus, mais en ces temps difficiles où une partie non négligeable des commerçants et artisants étaient encore des réfugiés soit dans le Garnaad soit dans d’autres provinces, la capitale s’était vidée d’une partie de son sang.

La soirée avait été bien organisée. Plusieurs bardes faisaient une musique agréable, et les différentes salles étaient mises à profit sur tout le rez-de-jardin de l’hôtel. Les cuisines tournaient à plein et de l’aide avait été recrutée pour l’occasion. C’était la troisième réception du genre donnée par Niklaus. Une première avait été donnée pour les nobles de la capitale. Une seconde pour les prévôts et officiers de la ville. Maintenant venait le commerce.

Niklaus reçu un à un tous les convives. Il savait également que Mme de Broissieux, une amie proche, était en ville en ce moment et qu’il lui avait fait parvenir une invitation. Saluant un à un ses invités à l’entrée de l’hôtel particulier, le jeune noble se trouva bien triste de ne pas voir son amie arriver. Mais cela faisait partie des petites déceptions de la vie qu’il fallait savoir accepter avec fatalité.

L’essentiel des personnes étant là, Niklaus se rendit dans la salle principale, organisée comme une salle de bal et de banquet, les tables étant suffisamment ouvertes pour permettre de danser en leur centre. De nombreux plats étaient déjà là, et d’autres arrivaient encore. Il s’agissait de plats simples. Il voulait bien recevoir, mais sans excès. L’heure n’était pas au luxe démesuré. Il fallait montrer son soutien et sa compréhension au difficulté de ses interlocuteurs.

Le jeune noble se retrouva donc devant cette foule à proclamer un discours convenu. Il parla de son attachement à la capitale, des engagements de la Ligue, de la neutralité de cette dernière. Il répéta encore une fois que l’absence de royauté était la cause et non la conséquence de la Ligue et qu’il regrettait que cela ne fut pas plus compris. Il annonça -ce fut la seule surprise du discours- qu’il travaillait à une proposition d’acte pour fixer les conditions de dissolution de la Ligue, afin de prouver leur bonne foi.

Le reste fut assez enjoué, il parla des besoins du commerce, de l’analyse qu’il avait fait des politiques commerciales imposées par le Langehack, qui s’étaient montrées désastreuses. Il précisa bien que les statuts d’exception et d’interdiction du commerce des denrées, au profit d’une distribution centralisée, allait être abandonnée immédiatement au profit d’un commerce régulé par une vente de la Ligue aux distributeurs principaux si les prix dépassaient une certaine valeur, et une vente de la Ligue directement aux individus si les prix dépassaient encore une autre valeur.

Cette façon de procéder, déjà en application au Garnaad, avait fait ses preuves pour limiter la spéculation rapidement et pour ne pas tuer le commerce au profit d’une économie de rente. Son discours fut très bien accueilli. L’on sentait ici-bas que le jeune noble était un administrateur et qu’il était proche des problématiques des personnes présentes. D’autant que l’Apreplaine n’était pas loin et que bien que relativement anonyme cette terre n’était pas méconnue des Diantrais. Les Altenbergs ne faisaient peut-être pas partie du gratin aristocratique habituel du tout Diantra, mais leurs résultats dans leur petite campagne étaient connus et reconnus.

Le discours ne fut pas long, d’un réalisme pointé d’optimisme. Il rappela à la fin son attachement à réaliser les promesses de la Ligue, à savoir une ancienne capitale disposant d’un statut particulier. Cela fut également bien accueilli. Il appela tous ses convives à se sustenter s’ils le souhaitaient, et proposa également d’ouvrir en parallèle les danses, de manière à donner aux convives le choix de leurs activités entre la nourriture et la boisson ou la danse.

Des yeux il fouilla du regard le fond de la salle, espérant que son amie était arrivée durant son discours en catimini. Espérant ainsi échapper à Mme Soreville, veuve du plus important marchand en vin de la ville, et qui ne ménageait pas ses efforts pour se faire remarquer depuis le début de la soirée. Si l’éducation de Niklaus lui avait appris à ne pas faire de commentaire sur le physique ou l’esprit des dames, il fallait bien avouer que là l’exercice de politesse était tout de même assez poussé, et il priait mentalement pour qu’il réchappe à la corvée de faire bonne mine en ouvrant le bal avec cette personne…

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Les feux fugaces   Mer 1 Fév 2017 - 18:37

« Souhaitez-vous que je vous fasse annoncer à son Altesse avant son discours ? »
« Nullement ».
Elle accordait un petit sourire poli au valet à la mine sérieuse. Une marque d'attention bien vite oubliée tandis que ses yeux cherchaient dans la foule. La pièce était assez vaste et richement animée. Cela réchauffait quelque peu le cœur de la Belle : Diantra s'offrait de nouveau le luxe du plaisir. C'était là une chose que la grande cité avait délaissée contre son gré, il y avait une année de cela. Elle se rappelait fort bien l'odeur rance et les visages aussi détruits que pouvaient l'être les bâtiments. Personne ne riait. Même les enfants semblaient avoir perdu de leur insouciance. Beaucoup étaient devenus adultes trop vite mais comment leur en vouloir alors que la ville elle-même s'était mue en un instant fugace, happée par les langues de flammes ardentes. Elle avait expiré et aujourd'hui, oui elle le voyait bien, elle respirait de nouveau. Certes au dehors les troubles persistaient – et persisteraient longtemps encore – mais l'on pouvait voir de ça de là les prémices de la renaissance. Les gens reprenaient leur vie tant bien que mal, essayant d'occulter les murs calcinés renfermant les cris des innocents. Diantra-la-Jolie avait perdu de sa splendeur. Sa robe immaculée été tombé sur le sol et il ne restait là qu'un corps nu, si fébrile et si chétif qu'il avait plié à la volonté du premier venu. On ne pouvait imputer tous les maux au Langecin et pour cause, malgré la mal habilité politique d'Oschide, il avait toujours veillé à rétablir l'ordre à long terme dans la grande cité. Mais la volonté était un joli rêve dont beaucoup se délectait. Depuis Oschide avait plongé et il ne restait de sa volonté que le souvenir éparse d'une baronne aigre. Telle était peut-être la fin de toute chose.
La renaissance. La foule se tut peu à peu et elle se glissa dans un coin, près de cocottes trop parfumée. Niklaus se présenta alors face à eux. Elle ne connaissait personne dans la salle, sinon ce grand homme à la mine rêveuse qui s'apprêtait à livrer son discours. Elle souriait en coin, ne détachant rarement ses mirettes que pour incendier quelques bavardes. Certes cela ne les arrêtaient pas – après tout, qui la connaissait ici ? Elle n'était personne. Ce soir elle se délestait de ses titres et de sa charge pour n'être qu'une femme dans la masse, une étrangère invitée comme les autres par le duc profitant des premiers sanglots étouffés du nourrisson que tous semblaient chérir. Diantra était aimée. Non pas comme une mère nourricière ou comme un lieu. Ce soir, elle le voyait par ces gens d'où qu'ils venaient. C'était leur enfant, le berceau de leurs illusions, le couffin de leur avenir que la force du discours venait nourrir à point nommé de son sein. Son ami avait cette qualité là qui lui manquait. Elle n'était pas mauvaise en l'exercice d'expression mais elle n'avait pas cette chose étrange qui semblait l'animer à chacune de ses phrases et ponctuant chacun de ses mots. L'assemblée resta calme jusqu'à la fin et si elle n'était pas toujours attentive, elle donnait au moins le respect d'un relatif silence, qui à son terme, fut ponctué de quelques applaudissements. Elle se fondit dans la masse, espérant rejoindre celui qui l'avait invité. Elle ne fût arrêtée qu'une fois par un galant homme auprès duquel elle s'excusa brièvement.
Elle n'avait point fait d'efforts pour eux. La Broissieux n'avait que pour seule hâte de retrouver son ami. Il s'était passé tant de choses depuis sa visite en Alonnan – et tant de tristes choses que la perspective d'une agréable soirée en sa compagnie la réjouissait comme une enfant. Elle avait pris du retard pour se préparer et faire honneur à son hôte. Ses cheveux habilement relevés laissait apparaître son cou nu. Elle ne portait aucun bijoux, elle n'aimait de toute façon guère cela. Sa robe noire était de très bonne facture, issue du tissu envoyé par Blanche d'Ancenis lors de son accession à la baronnie. Elle avait fait bonne usage de ce présent. La Dame était bien plus belle dans la simplicité que dans l'extravagance et cela était aussi vrai pour Niklaus. Ne s'étaient-ils point rencontrés dans un lieu saint, là où le riche était à la même place que le pauvre ? Oh bien sûr, elle n'idolâtrait pas cette Foi pour autant, la comparaison n'en était pas moins vraie. Et aujourd'hui, elle n'était personne. La maxime s'écrasa contre les parois de son crâne, soulagée. Elle n'aurait pas à faire semblant.
« Cherchez-vous quelqu'un ? »
Elle était arrivée dans son dos. Un sourire splendide s'accrochait à son minois tandis que ses yeux se posèrent sur la dame avec qui il s'entretenait un peu plus tôt. L'air mécontent de cette dernière ne l'alarmait peu : elle venait tel un cheveu sur la soupe, coupant certainement un entretien des plus courtois.
« Madame ».
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Les feux fugaces   Mer 22 Fév 2017 - 0:06

HRP:
 


L'orchestre jouait une musiquette. Le baron était descendu de son estrade, il s’était avancé avec son habituelle expression neutre, celle d’un visage sans complaisance mais au sourire agréable et passe partout. Celle de l’homme ayant appris à disparaître dans la foule des cours et à avancer à pas feutrés. Il fut naturellement littéralement prit d’assaut par Mme Soreville. La dame n’était pas méchante. Kitsch au possible et sans grand intérêt intellectuel peut-être, mais pas méchante. Elle avait visé juste car elle était arrivée devant l’homme et avait habilement coupé la retraite à Niklaus.

Un moment de flottement. Et alors que le sourire de Niklaus s’élargit pour cacher son embarras et poser la fatidique question son ouïe si délicate, formée par tant d’heure de chasse à l’affût entend un pas feutré derrière lui. Le plissement d’une robe qui s’est frayé un chemin. Il ne se retourne pas mais entend un son clair, celui d’une voix qu’il connaissait bien.


« - Cherchez-vous quelqu’un ? »

Le chancelier eut un sourire et un regard tournant à l’espiègle avant même de se retourner. Il leva un doigt envers Mme Soreville pour lui demander un instant. Se retournant, il constata que la dame d’Alonna se tenait bien là. Elle avait pu venir. Il fit un pas de côté.

« - Madame. »

Le chancelier fit un sourire franc à la nouvelle arrivée mais n’en faisant pas trop. Il ne voulait pas montrer à Mme Soreville qu’il était rassuré. Il se contentait de son habituelle politesse.

« - Laissez-moi vous présenter Mme Soreville. Mme Soreville, Mme de Broissieux. »

Flairant le coup venir, la dame fit un salut assez froid.

« - Mme de Broissieux je crois me souvenir que je vous ai promis la première danse… Mme Soreville si vous voulez bien m’excuser. »

Il s’inclina devant Alanya. Avec un sourire cette fois plus sincère.

« - Je suppose que vous me l’accorderez… »


Il prit la main de la jeune femme avec une douceur étonnante pour le grand gaillard un peu maladroit qu’il était. Le silence s’empara légèrement de l’assistance tandis que les quelques musiciens avaient arrêté la petite musiquette, signe que la danse allait commencer. Il emporta la dame jusqu’au centre de la salle. Ici l’on dansait à la mode Diantraise. Il ne s’agissait pas des danses communes que l’on préférait dans le nord ou encore les rondes que l’on adhorait dans le sud, à la mode de l’ancienne cour royale.

Ici dans le centre dans cette ancienne capitale, dans ce joyaux déchu et dépoli la danse était par couple. Plus intime, mais plus conventionnée, il s’agissait des restes de la dernière mode ayant réussi à survivre à la déchéance de la royauté. Ici encore, l’on conservait dans une certaine mesure la mémoire d’un temps qui s’était arrêté. On pouvait reprocher bien des choses à Niklaus, mais l’on ne pourrait pas dire qu’il n’était pas de ceux tentant de maintenir l’esprit, la façon d’être, la culture finalement, de ce qui fut autrefois appelé les terres royales.

Il ne s’agissait pas de faste, il ne s’agissait pas d’ors et de marbrures, mais de coutumes de façon de faire. Cela disparaissait encore plus rapidement que les palais et les belles pièces de mobilier.

Il salua encore Alanya tandis que la foule faisait cercle autour de la pièce. D’autres les rejoindraient bien assez vite. Mais il fallait donner l’exemple. On gausserait sûrement sur ce couple improbable, mais Niklaus n’en avait que faire. Avec une douceur toujours insoupçonnée, il prit la main droite de la dame et lui fit face avec un sourire éclatant et un peu gêné. Là aussi c’était insoupçonné. Pourtant Niklaus n’était pas homme à être si expansif dans ses expressions et ne montrait que rarement de la gêne.

Ils prirent place. Niklaus fit un signe de tête au premier des musiciens et l’on démarra.

La musique était sûrement inconnue à Alanya. Et pour cause, il s’agissait d’un morceau de l’Apreplaine. A la fois entrainant, doux et simple. Dans une certaine mesure, il était représentatif de ce que Niklaus et ses aïeux espéraient faire et projeter du petit bout de territoire que la Couronne leur avait donné le mandat de faire progresser contre la rudesse mais avec la bonté de la mère nature et de son peuple.

Niklaus avait pris la direction des choses, mais avec une grande douceur. Il guidait bien plus qu’il ne menait. Sans violence, sans à-coup, mais sans non plus hésiter. Le rythme s’accélérait parfois. Le pas de danse était classique et Alanya si elle ne s’en souvenait pas ou ne le connaissait pas, donna parfaitement le change, car rien ne fut visible. Niklaus respectait le rythme de la musique mais prenait quelques libertés pour permettre à sa cavalière de suivre plus agréablement ses pas. Surtout que les chausses des dames étaient souvent bien moins confortable que celle de ces messieurs. Il fallait tenir compte de ces désagréments.

Les yeux d’un gris d’acier de Niklaus portèrent presque exclusivement sur son amie. La danse avait ceci d’extraordinaire que pour ceux comme Niklaus qui avait toujours quelque chose à dire ou quelque chose à faire, cela obligeait à se poser et à respecter un temps de silence et de proximité physique avec les personnes. Il eut un rire un peu gêné qui aurait pu paraitre un peu idiot, mais qui dans le contexte avait quelque chose d’espiègle et de charmeur.

La musique s’arrêta sur un final assez rapides. De nombreux applaudissements furent audibles signe qu’ils avaient réalisé leur mission au-delà des espoirs de la foule. On parlerait certainement beaucoup du couple ce soir et demain. Niklaus échangea un sourire radieux. Il approcha son visage de l’oreille de la jeune femme et lui glissa un rapide.


« - Merci et bravo… »

Il s’écarta tout en lui faisant un clin d’œil. Il garda la main gauche de cette dernière dans sa main droite tandis qu’ils se mettaient côte à côte face à la foule. Ils s’inclinèrent légèrement face aux applaudissements comme le voulait la coutume. Puis d’autres couple se formèrent et vinrent sur la piste tandis que les conversations reprenaient. Niklaus reprit position avec Alanya.

La musique reprit. Ils repartirent de plus belle. Cette fois ils n’étaient plus suivi par une centaine de regards et par conséquent pouvaient se permettre d’être plus dissipés. La danse était devenue plus régulière, plus lente aussi, permettant bien plus la conversation. Etrangement la musique reflétait dans une certaine mesure les états d'âmes du baron. A croire que quelqu'un veillait sur cette scène.

« - Ma chère Alanya… Vous avez pu venir… Vraiment c’est une grande joie de vous voir. J’ai beaucoup souffert d’avoir dû vous quitter aussi vite et sans vous donner de grandes raisons. J’aurai tant aimé rester plus longtemps dans votre beau pays que je n’ai pu que survoler des yeux… »

Il eut un regard un peu triste.


« - Vous qui avez tant perdu dernièrement. Je n’ai pas été un ami très fidèle pour vous récompenser en vous abandonnant à vos chagrins si rapidement. J’espère que vous pourrez me pardonner et j'espère ne pas vous avoir fait souffrir. J’ai été rappelé par cette garce et maîtresse qu’est la politique d’une part et par des nouvelles graves concernant mon fils… Car je dois admettre que malgré notre amitié, j’ai été malhonnête. J’ai conservé pour moi certains secrets qui me rongeaient autrefois. »

Niklaus n’était pas une mauviette, car grand et solidement bâti. Peu de sentiments sortaient de sa grande carcasse ou de son visage fin. Il était visiblement discret et introverti. Cela n’échappait à personne. S’il était connu pour être juste et attaché au bien des petites gens, on savait qu’il n’était pas non plus laxiste. Il était difficile de cerner ce grand bonhomme.

Mais aussi inaccessible et confondant que pouvait être Niklaus, en cet instant, on pouvait lire en lui comme en un livre ouvert si l’on était à la place d’Alanya. S’il était heureux, sincèrement, de revoir son amie, sa peine était réelle d’avoir la crainte de lui avoir fait du mal.
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Les feux fugaces   Ven 7 Avr 2017 - 22:23

Ils tournaient sagement, leurs mains et leurs pieds se faisant et se défaisant au rythme mesuré de l’orchestre. L’air était terriblement doux et pourtant, derrière le grincement des violons on trouvait une certaine mélancolie qui sied à merveille à son cavalier. Pourquoi, elle n’aurait su le dire pourtant dans cet instant de grâce silencieux, il s’exprimait autrement. C’était donc cela l’amitié : les jeunes gens n’avaient point besoin de converser pour se parler et si la magie opérait à la perfection dans ce moment hors du temps, la foule n’en semblait pas moins subjuguée. Elle-même ne se rendait pas encore compte de ce qui se passait là. Elle n’avait plus dansé depuis bien longtemps et bien malgré elle, la jeune fille qu’elle fût s’élançait avec insouciance sur cette piste vidée. Elle était légère, à mille lieues de ce qu’elle dégageait habituellement. Bien plus douce et fragile, elle avait toutefois cette force tranquille qui attirait le regard. Mais par-dessus tout, elle se sentait libre à nouveau. La baronne avait en cet instant magique retrouvée la folle désinvolture de sa jeunesse. Elle n’était plus à Diantra, elle ne voyait plus ces gens richement vêtu. Elle était chez elle, à Broissieux, dans la grande salle. La pierre taillée du castel Nordique luisait derrière les langues enflammées tandis que les nobles gens s’amusaient autour d’elle. Son rire s’écrasait sur ces mêmes pierres qui l’avaient vu grandir, et au loin l’observait son oncle une coupe à la main. Les violons grincèrent une nouvelle fois et elle abandonna son souvenir tandis qu’une larme discrète roula sur sa joue, se perdant au coin de son sourire. Il lui aura fallu attendre mille et un tourment pour être de nouveau heureuse, l’espace d’une danse. Ses mirettes dévisagèrent sans gêne le grand Niklaus. Il venait malgré lui de réussir une prouesse. Sous les yeux éberlués des Diantrais, ils ne virevoltaient plus. Ils faisaient bien plus que cela.
Et sans s’en apercevoir tout à fait, la musique prit fin à son grand désespoir, laissant derrière la dernière note de l’orchestre le feu des applaudissements. Le poids revenait comme un vieil ami sur ses épaules peu à peu et ils se détachèrent non sans un certain regret pour l’instant passé. Son murmure la fit frissonner et elle salua la foule. Cet homme était capable de miracle. Pour sûr qu’il rirait lorsqu’elle lui avouerait qu’elle n’était qu’une piètre danseuse. C’était d’ailleurs une des raisons qui l’avait poussé à apprendre à jouer de la harpe plutôt que d’écumer pas-de-deux et autres branles. Et pour sûr, elle excellait bien mieux pour tirer les cordes que pour ne point vaciller après avoir piétiné son partenaire. Alanya se tourna vers l’orchestre et malgré le bruit des conversations qui reprenaient, elle les applaudit en retour. Par la Sainte Mère, cela faisait au moins dix années qu’elle n’avait point dansé alors ouvrir un bal retournait de la prouesse. Puis les gens de la foule se mêlèrent à leur couple. Pendant une fraction de seconde, elle leur en voulu. Elle aurait aimé prolonger les quelques minutes de sérénité. Là, elle n’avait point besoin de parler, point besoin d’être baronne, pas même d’être Alanya. Elle pouvait choisir de n’être qu’une femme. Une femme parmi tant d’autres. Mais la musique n’attendit pas plus pour couler de nouveau des instruments habilement maniés. La même justesse se dégageait de la mélodie. A croire qu’on lisait dans l’âme. Il y avait peut-être un peu de cela après tout. Sans même réfléchir davantage, le duc et elle-même reprirent leur douce dérobade sans qu’aucun ne fût gêné par la discussion qui s’amorçait.
Elle lisait au fond de ses yeux quelque chose qu’elle ne lui connaissait peu. Sa sincérité allait bien au-delà de la crainte d’avoir failli à son devoir d’ami et elle aurait juré voir passer de la tristesse. Pourtant, ce n’était pas de celle que l’on pouvait ressentir pour un si petit manquement. Non…Il s’agissait là de quelque chose de plus profond, d’immuable. Une blessure qu’elle ouvrait bien malgré elle en cet instant. Etait-ce la politique ? Son fils ? Elle n’osa rien dire, le laissant finir. Ses yeux se plongèrent dans les siens.
« Nous avons tous nos démons, mon ami… ». Et elle n’aurait pu dire plus vrai. Elle arrêta la danse, immobile dans une foule mouvante, le cœur serré. Elle entrouvrit les lèvres mais la raison la rattrapa plus vite que les mots ne sortirent. Alanya se ravisa. Quand bien même aurait-il pu comprendre son geste, aurait-il accepté de partager ce fardeau ? Non, elle ne pouvait se résoudre à lui imposer ses pêchés. Elle vivrait dans l’ombre de ses remords jusqu’à la fin de ses jours. Tel était le prix à payer. « Je ne vous en veux point Niklaus. Vous m’avez été bien plus précieux que nombre de bonnes gens prétendument présents ». Elle lui saisit la main et esquissa un sourire réconfortant. « Ne voudriez-vous pas m’accompagner au dehors ? Je crains d’être une bien piètre danseuse et il me tarde d’entendre vos nouvelles ». Si elle se voulait engageante, elle savait que quelque chose torturait son pauvre ami. Voulait-il seulement lui en parler ? Elle caressa de pouce sa main chaude. Elle était aussi fraîche qu’il était chaud mais ce simple geste la rassurait. Ici, elle se sentait libre.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Les feux fugaces   Mar 11 Avr 2017 - 22:26

Le baron et sa cavalière firent une pause dans la danse. Il fallait bien avouer que cela était agréable mais quelque peu fatigant. Et au-delà de cela, il fallait bien avouer que l’on ne pouvait pas parler à son aise. Pour ce qui était de trouver un peu de solitude dans l’hôtel, cela reviendrait certainement à faire chou blanc, tant la fête était grande, mais l’on pouvait essayer. Les Altenbergs n’étaient pas connus pour se construire d’immenses palais ou tenter d’entrer en concurrence avec les grands nobles de la cours à Diantra. Ils étaient des administrateurs et dans une certaine mesure des commerçants, à ce titre l’hôtel n’était pas immense et ils n’allaient pas non plus monter dans les appartements.
 
L’avant était une immense cour pavée qui desservait principalement les calèches déversant leurs flots d’invités ou emportant ceux qui en avait déjà assez. Bien que les choses devaient être calmes à l’heure qu’il était, la fête étant entamée, il devait encore y avoir beaucoup de monde à l’entrée, et surtout des gens qui chercheraient à voler Niklaus à son interlocutrice. A l’arrière une petite cour de service, qui n’avait aucun intérêt et où les domestiques devaient être de toute manière en grand nombre. Il restait le petit jardinet, sorte de petit cloitre adossé à un grand mur donnant sur la rue. Il y aurait certainement d’autres invités, mais s’ils s’asseyaient à un banc dans un coin, cela irait.
 
« - Mais bien sûr… Excusez-moi d’avance en revanche, je vais vous utiliser comme excuse. »
 
Ils quittèrent la piste de danse, et Niklaus prit avec légèreté le bras de son amie pour la guider parmi la foule. Il s’adressa à l’une ou l’autre personne qui cherchaient à engager la conversation. Il s’agissait presque toujours de la même rengaine : « Oh vous êtes là ? Merci beaucoup… Je reviens vous voir dans quelques minutes, la danse nous quelque peu lassé, nous allons reprendre notre souffle au dehors… Oui oui, je serai de retour sous peu… »
 
Il présenta l’une ou l’autre personne à son amie, sans entrer dans les détails, par politesse et par obligation. Au final ils quittèrent la grande salle, ce qui permit de passer un cap en termes de foules. Les couloirs étaient encore avec beaucoup d’invités, mais comme la rencontre du baron était plus insolite dans ces lieux, les invités ne faisaient que dire un mot poli sans arrêter le couple de circonstance. Finalement ils arrivèrent devant une double porte dont seul un battant était ouvert. A l’extérieur l’air était frais. Les nuits annonçaient un hiver dur. Niklaus se défit de son veston, restant en chemise et gilet. Il n’était de toute manière pas très frileux. Le veston devait être réalisé dans une étoffe assez épaisse mais respirant, il était étonnement confortable malgré son aspect extérieur assez rigoureux. L’intérieur devait être doublé d’une sorte de soie sauvage qui le rendait très confortable. Bien qu’il sentait le parfum masculin, cela ne cocotait pas. Naturellement vu la différence de gabarit il fut un peu comique de le déposer sur la dame.
 
Effectivement plusieurs groupes d’invités s’étaient placés dans le jardinet et faisait la conversation. Personne ne fit attention à eux, d’autant que la lumière n’était pas immense à l’extérieur. Quelques lanternes seulement éclairaient le jardinet.
 
Niklaus fit un résumé très court des dernières nouvelles. Il ne voulait pas perdre son amie en détail. Il expliqua donc qu’il avait réussi à remettre la main sur son fils. Bien que la chose ne fut pas simple et qu’il ne disposait pas de la preuve absolue de la filiation, les preuves circonstancielles et la simple ressemblance physique – qui était confondante des dires de Niklaus- avaient donné une conviction à l’homme. Il ne parla pas de la Ligue ou de politique.
 
«  - Et vous chère amie ? Comment allez-vous ? »
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