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 Briser le silence [ Artiön ]

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Kaëlistravaë Yasairava
Elfe
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MessageSujet: Briser le silence [ Artiön ]   Mer 1 Fév - 15:26




L'heure du couché était révolue depuis fort longtemps depuis que Kaëlis s'était saisit de son fidèle arsenaille ; des vélins, de l'encre et sa plume. Sur l'un d'iceux, elle y étala une correspondance formelle avec le légat des armées de Daranovar, Artiön Sinyàra. Ponctuée d'une calligraphie stylée et forte en arabesques, la dépêche retenue d'un ruban cramoisi et aux rayures dorées emportait avec elle une discrète effluve de menthe, signature personnalisée de la régente d'Ardamir. Les lunes étaient hautes mais ne semblaient pas faire obstacle au désir d'envoyer cette dépêche au plus preste, à l'un de ses imminents coursiers. C'est donc en personne, en le dérangeant au beau milieux de la nuit, que la Main Droite d'Ardamir ordonna à Aëthel de piéter jusqu'en Daranovar. Elle lui offrit le vélin en question, beau comme jamais, ainsi qu'une missive franchement plus discrète et de taille plus sobre.

« La première, tu dois officiellement la remettre au Commandant des Armées. La seconde, il te faudra faire preuve de plus de ... discrétion. » Lui demanda-t-elle en service, s'en suivant d'un sourire reconnaissant.



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Au très respectable Artiön Sinyàra, Commandant de toutes les armées de Daranovar, je vous salue.

Un acharnement de tourments virevolte aux quatre coins de notre bonne Ardamir et à ceux-ci, se rattachent des questionnements qui perdurent et harcellent la bonne humeur de mes fidèles conseillers. Sans étaler de long en large le pedigree d’un des récents litiges auquel nous nous sommes frottés, il fut mi de l’avant l’absentéisme de nos imminents alliés à la reprise d’Éraison. Linaêh, pour nommer le cœur de la problématique, s’est montrée fort bien discrète lors de cette ultime bataille, mais non seulement a-t-elle brillée par son absence, mais osa également venir fouler les vestiges de la désormais citée fantôme. En effrontés qu’ils se montrèrent, ils nous firent part de leur prime motivation ; ils avaient l’œil sur le fer de feux nos braves soldats. Autant vous dire qu’ils sont retournés la queue entre les jambes et que désormais, les portes d’Ardamir leur sont closes.

Mais vous, mon ami, qu’en est-il de Daranovar ? Où étiez-vous lorsque les éternels d’Éraison avaient le plus besoin de vous ? Le bras armé de l’Anaëh ? Beaucoup ici se questionnent quant à la solidité de l’amitié de nos deux respectives citées … Sachez tout de même que cette lettre est dénudée d’animosité et que simples explications pourraient se voir baume à nos soucis les plus létaux.

Dans l’attente de votre prochaine dépêche, je vous prie d’agréer, Commandant, à l’assurance de ma sincère considération.


Kaëlistravaë Yasairava, Main Droite d’Halyalindë Yasairava, Dame Protectrice d’Ardamir.

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Mon tendre Artiön …

Sauras-tu pardonner la rudesse dont je te fis part dans ma précédente et formelle dépêche ? Le devoir l’obligeait … Aujourd’hui plus que jamais, je me sens désarmée et impuissante face à l’adversité. Mes prérogatives savent me tenir loin de l’ennui je te l’avoue, lorsque je trouve ma couche solitaire, mon cœur se serre à l’idée de te savoir si éloigné. Si autrefois j’arrivais à apaiser mon âme avec le baume de tes nouvelles dictées par écrit, icelles se sont raréfiées et depuis j’en suis venue à me faire du sang d’encre à ton propos. Aussi périlleuses que peuvent l’être, le cadre de tes fonctions sont-elles venues à bout de ta santé ?

À défaut de pouvoir vivre à tes côtés, ne me laisses pas dans l’ombre de tes nouvelles. Elles me sont précieuses …

À très bientôt, mon tendre aimé.

Kaëlis.

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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Mer 1 Fév - 18:29



Cinquième ennéade de Bàrkios
Neuvième année du Onzième Cycle
Cité de Daranovar


Aux portes de la Cité de Fer glisse un intrus parmi les affiliés de la place. Marche tête pensante parmi les Sylvains armurés un elfe dont l'unique simulacre d'ornement guerrier fût le sceptre d'or rivé entre ses omoplates. Pour les concierges de la place néanmoins les pans du riche manteau opalin ne sont pas sans rappeler le drapeau blanc et d'or qu'est la cape du - Coeur de la Guerre - Enda'Otha. Bien entendu, supérieur ou héros de guerre, ici en ce jour n'était pas ta place, mais Nostalgie venant avec le regard dans le passé que sont tes recherches, et couteau dans cette même plaie qu'est la compagnie de Dame Valiendal, tu ressens le besoin en ces temps troubles de la méditation. Devant les portes de Daranovar, le regard plongeant vers le lointain tu penses à elle, à qui tu n'as pas osé conter tes nouvelles depuis le refus des hautes instances aux suppliques de la Protectrice d'Ardamir. Parfois tu oses te demander s'il y a encore pensée avenante à ton égard dans l'âme de Kaëlistravaë après telle trahison. En quelques mois de silence tint plus d'amertume qu'en tout le reste de ton Eternité.

Seulement pensée n'est point salutaire sans l'action qui la réalise, et parce que toute action te semble trop grande pour ta petite personne, voilà longtemps que tu t'en es remis aux Dieux. À Arcamenel et à Kÿria tu adresses de quotidiennes prières, espérant qu'au moins l'un des amants vienne apaiser tes doutes et mettent sur ton chemin un signe de leur bénédiction. Ce signe tu l'espérais sans réellement l'attendre, te confortant chaque jour un peu plus dans l'imminent besoin de briser le silence, toi qui au départ fut celui à faire le premier pas. Malheureusement la couardise jusqu'à maintenant t'avait tenu loin du vélin, et tu retournais en tes appartements sans l'intention de prendre le problème à bras le corps.
Aujourd'hui cependant Arcamenel prit pitié devant les fêlures de ton coeur. Dans ton dos, à la garde dont tu venais de te séparer fut demandé le droit de passage par le convoi d'un coursier que tu ne connais que trop bien, puisqu'il est celui qui garde les dépêches que la Main Droite se refuse à confier aux messagers ailés. Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour que ton voyage vers ton foyer se trouve interrompu par celui auquel on indiqua sans hésitation ton itinéraire. C'est avec tout le respect que lui permettait son habituel empressement qu'Aëthel te coupa la route avant de faire son annonce.

- Veuillez m'excuser sieur Sinyàra, mais j'ai à votre destination un important courrier de Ma Dame la Main Droite d'Ardamir.
- Epargnez-vous les convenances Aëthel et suivez-moi. Je sais à quel point le voyage à travers les montagnes est éprouvant. Vous devriez d'abord vous soucier de trouver où votre compagnie prendras son temps de repos.

Tu offres au messager un sourire de soulagement au détour d'un coin de rue, t'éloignant finalement de ton tracé initial pour prendre la direction d'une auberge servant des mets que tu sais ton camarade apprécier. L'espoir ressurgissait. Il ne pouvait là s'agir que de simples délibérations politiques, d'une nouvelle requête d'Ardamir à une Daranovar reprenant lentement en main sa logistique, mais il s'agissait au moins d'une lettre de ton aimée. Ton aimée dont tu connais les moindres penchants, sa sensibilité étant le premier. Si elle nourissait pour toi une quelconque animosité, alors qu'elle le veuille ou nom, celà s'en ressentirait sur son écriture. Les mots les plus innocents pourraient te révéler si celle que tu veux faire ta fiancée était revenue sur cette idée. C'est vrai, rien que l'idée qu'elle puisse se sentir trahie te terrifiait, mais au moins ton coeur se verrait soit brisé soit renforcé, et la désagréable sensation de morcèlement serait morte à jamais.

- Artiön, Kaëlistrava m'a aussi remis ceci. Seulement il n'était que de mon ressort de vous le faire parvenir, pas de celui de la compagnie.

Au crépuscule d'un au-revoir, ton coeur manque un battement. Alors tu n'aurais rien à décoder, rien à comprendre ni rien à imaginer. Elle avait décidé de s'adresser à toi à coeur ouvert. C'est donc de la même façon que tu lui répondrais. C'est de la même façon que tu lui ferais parvenir tes deux courriers, à chacun des siens une réponse appropriée, que sur le chemin du retour Aëthel jalousement garderait.

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lettre officielle :
 
lettre officieuse:
 

Traduc:
 

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Kaëlistravaë Yasairava
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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Lun 6 Mar - 19:42




Une lionne emprisonnée derrière les barreaux de sa cage, vironnant d’un bout à l’autre de son bureau d’un air angoissé. C’est que les ennéades s’étaient égrainées au compte-gouttes depuis qu’elle avait envoyé ses deux missives … Alors le pourquoi et le comment de l’absence de dspfjifg lors de la reprise d’Éraison ne seront jamais expliqués … Pis encore, les nouvelles de son amant dont elle attendait avec encore plus d’impatience n’arrivaient pas non plus! Et que dire encore, de l’absence du coursier qui brillait par son absence ; s’était-il égaré ou même blessé ? Ces deux scénarios n’était pas pour plaire à la régente qui chaque jour, alimentait son angoisse par une nouvelle déception, lorsqu’elle demandait à ses coursiers ; « Une lettre pour moi, aujourd’hui? »

S’en était trop. Précipitamment, achevant précocement son labeur quotidien, elle s’arma d’un encrier, d’une plume, d’un saucier à cire, ainsi que d’un vélin encore vierge. Le dos arc-bouté et penchée légèrement sur son écrit, elle étala quelques mots adressés à la flamme qui maltraitait de son absence son petit cœur solitaire ; Artion.


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Artion, mon amour …

Aujourd’hui je m’oblige à t’écrire derechef, car mon âme se noirci de jours en jours d’angoisse. À l’heure qu’il est, je me laisse involontairement rêvasser à toutes les possibilités qui pardonneraient ton mutisme. As-tu seulement reçu ma missive, mon ami le coursier s’est-il rendu saint et sauf … Le travail que t’incombe ton poste aurait-il éteint la flamme de ton amour qui jadis, brûlait ardemment en mon honneur ? Je m’inquiète Artion, autant pour la sécurité de mon héraut que pour tes sentiments envers moi … Si tant est que tu ne ressens plus l’amour qui naguère te faisait sourire, lorsque tu me côtoyais, je peux comprendre que de ne pas donner suite à ma dernière requête fiévreuse soit une solution confortable …

Mais je t’en prie, mon amour, écris-moi. J’ai besoin de lire tes mots, avant d’aller quérir le confort de ma couche …


Kaelis


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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Mar 7 Mar - 15:37


Kÿrianos de la Huitième ennéade de Bàrkios
Neuvième année du Onzième Cycle
Cité de Daranovar

À ce qui pouvait sembler représenter peu de projets étaient nées bien trop de dichotomies.
D'abord, les recherches entreprises avec Enoriel, si elles ne s'étaient avéré n'être que des sauts d'énigmes en énigmes avançaient, lentement mais sûrement, mobilisant une part non négligeable de ton esprit aux conjectures et aux théories qui découlaient de ce qu'elle et toi n'imaginez être que la partie émergée de l'iceberg.
Ensuite, il y avait tes responsabilités en tant que Chef de guerre en ces troubles temps. Plus que jamais et ton bras et ta voix furent nécessaires. Quand les ordres reçus et la politique en place parfois devenaient contradictoires, quand Daranovar la main armée de l'Anaëh se dissimulait derrière ses murs, quand l'éducation intellectualistes Lanthloranne se heurtait au culte du savoir-faire Daranovan... chaque fois les figures d'influences étaient conviées à débattre du chemin à adopter, chaque fois de longs et épuisants débats semblaient remettre en cause l'organisation entière de la Cité, et chaque fois après que ton esprit fut épuisé, il te restait à remplir tes obligations auprès de ton corps.
Heureusement Cìryon en véritable frère de coeur prit sur ses épaules une parti du poids de tes responsabilités. Heureusement ton ami Lanthloran, même en tant que non-initié fut d'une grande éducation, car à la fois lorsque vous creusiez les mystères du Peninior Angol et lorsque vous reconstruisiez à partir des bribes qu'il en restait, la Bibliothèque gardienne des savoirs de votre Cité natale, il sut s'en servir pour alléger la tâche qui t'incombait.
Parce qu'il savait ce qui plus que tout le reste te dévorait l'esprit. Tes yeux comme absorbés vers l'azur chaque fois qu'un battement d'ailes faisait frémir le ciel, ton regard scrutant le moindre convoi passant la garde aux Grandes Portes ; même sans que tu n'aies à lui dire le contenu de tes missives pour Ardamir, il ne pouvait qu'imaginer l'importance de la réponse que tu attendais.


Mais rien.

Plusieurs ennéades déjà qu'Aëthel s'était redirigé vers Ardamir, plusieurs ennéades déjà que soit lui, soit une quelconque autre forme de messager aurait dû te faire part de la décision qui changerait ta vie, et rien. Peut-être avais-tu sauté des étapes. Peut-être n'était-il pas convenable d'ainsi poser tel dilemme à l'élue de son coeur à peine avait-on repris contact avec elle... mais voilà trop longtemps que vous aviez attendu le bon moment. Il ne s'était pas présenté, et il ne se présenterait jamais. Il vous fallait le créer. Alors oui, peut-être que faire demande aussi impersonnelle manquait de romantisme, mais lorsque la patience commençait à manquer aux immortels, alors c'est que l'indélicatesse valait mieux que de prolonger l'attente.

- Commandant Sinyàra, votre présence est requise en urgence auprès du Seigneur-Protecteur.

Sur cette déclaration le son des chocs entre ton sceptre et la lame d'entraînement de l'un de tes frères d'armes s'éteint, tôt suivie par les râles des autres soldats à l'entraînement. Stupeur générale, la cour entière semble s'être figée dans le temps. Ce n'est qu'en ces moments d'immobilité générale que l'esprit se retrouve assez peu distrait par le spectacle des militaires à leur besogne pour que les corps couverts de sueur, et surtout leur odeur, si peu souvent humée par la grande majorité du peuple Sylvain ne se rappelle aux narines. Celles du messager se seront d'ailleurs vite fait retroussées, inspirant par la même occasion un sourire amusé sur l'assistance avant qu'il ne prenne congé, t'invitant à sa suite. Triste de constater qu'il ne te laisserait pas le temps de faire un brin de toilette, tu pris à peine le temps d'enfiler une tunique de fortune, qui tu l'espères résisterait à la tentation d'entièrement s'imbiber de ta transpiration, avant d'emboiter le pas vers le palais.

- J'apprends aujourd'hui du Conseil d'Ardamir que les suites de l'entretien que vous m'avez confié avoir eu avec la Main Droite d'Ardamir quant à l'état du lien entre nos deux Protectorats ne leur seront jamais parvenues.
- Sieur Daenor, si cela est vrai, alors je crains bien qu'il ne soit pas cas de moi mais du...
-  Du coursier en charge de la dépêche, et vous auriez tout à fait raison. Voilà trois ennéades qu'Aëthel de son nom aurait dû être de retour dans la Cité du Palais de Chêne, et le conseil semble s'inquiéter qu'il n'ait été fait victime des sentes des montagnes. Mais puisque je sais le lien entre les deux Protectorats vous tenir particulièrement à coeur, et que je sais le contenu de votre dépêche, j'ai pris la liberté d'envoyer à mot volant la promesse que Daranovar s'occuperait elle-même des investigations. Puisque nous connaissons mieux l'environnement alpin que nos frères de la forêt profonde et que nous avons comme vous le dites si bien "un honneur à restaurer" j'aime à penser que vous n'y trouverez pas d'objection.
- Bien que j'aie du mal à concevoir une Ardamir s'écartant d'une affaire concernant la vie de l'un de ses enfants, je pense que l'implication de Daranovar leur sera bienvenue après ces quelques années de mutisme. Je me tiens d'ailleurs à votre entière disposition en tant que possible participant à l'expédition.
- Et vous en serez. Je suis certain d'ailleurs que l'intérêt que je peux lire en vous est autant dû à l'amour que vous portez à notre Cité qu'au contenu de cette seconde dépêche.

Force de te confronter au Seigneur-Protecteur lors du subtil jeu d'influence que sont les réunions du Conseil, résister à la tentation de s'empourprer alors que votre jeu fut dévoilé te fut insensément aisé. Voilà un elfe de plus qu'il te faudrait inviter lorsque votre union serait célébrée.
Un message de plus que tu confierais toi aussi aux messagers volants plutôt qu'aux marcheurs. Une missive destinée à Kaëlistravae qui voyagera avant toi. Missive extrêmement concise, sans d'autre fioriture que ces deux mots : Je viens.

Un bagage à faire, une ultime toilette et une lettre d'au-revoir. Soigneusement calligraphiés, posés en plein milieu de la table centrale du séjour, trônaient les quelques mots que tu te devais en elfe bien élevé, adresser à celle à qui tu confiais ton foyer jusqu'à ton retour. Les recherches que tu sais Enoriel actuellement mener pourraient l'avoir mené n'importe où dans la Capitale, et si au moins un passage par la Bibliothèque aurait pu être possible, tu n'avais pas le temps de plus d'efforts que cela pour la chercher, alors tu t'étais contenté de faire impasse sur la possibilité d'une dernière entrevue pour directement te diriger à votre lieu de rendez-vous.
De tes camarades mobilisés tu fus le premier arrivé, second seulement devant le responsable du cheftel, encore en plein dans les préparatifs des montures.


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Oglicos de la Huitième ennéade de Bàrkios
Neuvième année du Onzième Cycle
Plateaux montagneux de Mera

Les coussinets des trois félins à la robe de chat pêcheur s'enfoncent à peine dans le fin tapis de neige avant qu'il ne s'élève encore une fois dans les airs. L'incroyable agilité des Faïra est en grande partie ce qui vous a permi de couvrir autant de terrain en si peu de temps, et pourtant, vous arriviez sur les Terres Ancestrales d'Ardamir encore bredouilles. Si le convoi du coursier avait survécu jusque là, alors ses membres devaient s'être réfugiés dans l'une des grottes relativement proches soit de la route, soit de points d'eau, et malheureusement, entre le vent et la neige, il ne restait que peu de traces de leur passage. Vous aviez cherché les endroits logiques, et peut-être aviez-vous eu tort, mais il serait encore trop tôt pour en décider tant que vous n'auriez pas passé les portes de la Cité du palais de Chêne.


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Arcamenel de la Huitième ennéade de Bàrkios
Neuvième année du Onzième Cycle
Cité de Mera



- Nous avons fouillé les potentiels abris entre Ardamir et Mera, quelques-uns d'entre nous sont restés en arrière pour approfondir les recherches, mais je crains que nous ne devions faire le deuil de nos frères si les recherches dans les montagnes de Mera ne donnent pas conclusion positive.

Rathlòriel semblait épuisée, et le moral de ses deux compagnons de route ne paraissait pas en meilleur état que le vôtre. Alors que Chevaux et Faïra se désaltéraient prédateurs aux côtés des proies dans la plus grande des innocences, vous les elfes preniez un repas à l'amer goût d'échec. Un amer que même votre palais elfique ne saurait apprécier.

- Peut-être nous y sommes-nous mal pris dès le départ. C'est durant leurs pauses que les processions sont au plus vulnérables, plutôt que d'inspecter les potentiels abris, probablement devrions-nous faire des arrêts aux aires de repos courantes et y chercher plus longuements des indices.
- Chercher plus longuement ne serait que partir en chasse à l'Oüsomos sous la mer. On ne peut pas lutter contre le vent et la neige. Se fourvoyer ne sert à rien, continuons simplement nos recherches à Mera sachant qu'il est possible que l'Anaëh ait repris ses droits sur nos frères.

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- Par ici.

La piste que tu suis n'est pas physique. Aucun visible indice ne t'attire là où tu vas. Tu travailles à l'instinct, guidé vers le bas par ton coeur et tes tripes. Tu n'expliques pas ce qui te pousse à prendre ces décisions, préfères ne pas vanter ces soudaines certitudes auprès de tes compagnons, mais dans tes convictions ils ont placé leur confiance. Sans la moindre hésitation ils t'ont suivi vers les pieds des plateaux, galvanisés par les bons pressentiments que semblait communiquer Rathlòriel à ta suite.

- Là bas, les Actaël surveillent quelque chose.
- Bien vu, allons-y.

Quelque chose ou quelqu'un. Dans une grotte à flanc de montagne, trop éloignée des routes pour que les stratégies de recherche habituelles vous retrouviez enfin Aëthel, seul, aux côtés d'un Meharas bien mal en point.
En respectable Mage de Vie, c'est en premier lieu vers l'animal qu'alla ton attention, tandis que l'envoyée d'Ardamir se dirigea vers l'elfe pour s'enquérir de son état. Le cheval avait bien peine à se soumettre au moindre mouvement, au point que respirer lui semble difficile. Son corps fiévreux combattait ardamment, et s'il n'est pas mort après ces quelques ennéades, c'est bien parce que son maître a préféré donner de son temps et de sa personne pour donner à son destrier une chance.

- Vous n'êtes pas bien loin de Mera Aëthel. Pourquoi ne pas avoir envoyé l'un de vos collègues faire rapport de votre situation ? Voilà qui nous aurait épargné bien des soucis. D'ailleurs, où sont-ils ?
- Je suis désolé, c'est vrai, à y repenser, nous aurions pu envoyer l'un d'entre nous à Mera, mais la vérité est que peu après son empoisonnement, Roch a été pris de crises de paniques qu'il a communiqué aux autres montures de l'attelage. Nous avons passé plusieurs jours à rassembler les Meharas, pour finalement découvrir que plusieurs s'étaient blessés dans leur fuite. Nous n'étions que trois elfes pour six chevaux, alors nous avons décidé de rester tous ensemble pour être en position de lutter si une menace venait à se présenter. Tuidynn et Thavain sont partis faire marcher les bêtes pour vérifier l'état de leurs chevilles, ils ne devraient pas tarder à revenir.
- Dis-moi Aëthel, Roch a toujours un faible pour les fleurs d'eau ?
- Oui, toujours, c'est en en mangeant d'ailleurs qu'il s'est empoisonné.
- C'est bien ce que je pensais, ce n'est pas un poison végétal, c'est celui d'un Crotrifua. Ne t'inquiètes pas, l'empoisonnement est douloureux mais ne va que rarement au delà d'une paralysie facile à soigner.

Sur ces mots tu prenais en main ton sceptre, et lui infligeait une rotation avant de toucher le museau de l'animal de l'ornement de tête du bâton. La lumière court contre la robe du Meharas, l'influx d'énergie traverse son corps, et son organisme s'en trouve galvanisé. Les traces de poison s'effacent rapidement, mais les forces de l'animal en prennent par la même occasion un coup. L'effort est intense, surnaturel, et ce n'est qu'un second de tes sortilèges qui lui permet de le passer sans rendre l'âme. Mais le Meharas s'endort guéri cette fois, prêt à se relever quand viendra le lendemain.


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Julas de la première ennéade de Verimios
Neuvième année du Onzième Cycle
Cité d'Ardamir

C'est une véritable petite compagnie qui passe les frontières symboliques de la Cité végétale. Trois de Daranovar, six de Mera, et trois Ardamirois retrouvant enfin les terres dont ils avaient éprouvé la patience. Douze elfes pour une quinzaine de destriers dont certains avaient eux aussi connu un moment difficile. Des frères revenus parmi les leurs, mais un convoi malheureusement irrécupérable. Mais qu'importe, les biens matériels seraient vite oubliés. Ardamir qui a connu trop de pertes sourit devant le retour de ses enfants. La population s'enjoue, elle s'enjoue autant que toi, toi dont le coeur bat la chamade à la vue du Palais de Chêne.

T'y voilà enfin.

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Kaëlistravaë Yasairava
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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Jeu 16 Mar - 3:16




Accompagnée de deux commissionnaires, la régente d’Ardamir palabrait en leur compagnie plus qu’elle discutait, puisque le vif du sujet semblait ne pas vouloir aboutir. Déambulant dans l’un des interminables corridors aux fenestrations décorées d’un léger frimas, Kaëlis s’indigna face aux arguments et aux faits qui tournaient en rond. Sous l’impulsion d’une colère éphémère –rarissime, en ce qui la concernait-, elle souleva sa voix en coupant net leurs explications.

« Mais à la fin! Allez-vous me dire si les cargaisons se rendront à destination, oui ou non ?! » Leur disait-elle, en freinant sèchement sa marche pour mieux piquer du regard ses deux compagnons. Simultanément, ils se regardèrent d’un air complice, puis alors qu’un des deux lécha le sol des yeux, l’autre canasson baragouina quelques mots, non fier de sa déclaration.

« N… Non. Non, ils n’y arriveront pas. » Soupirait-il à la suite de cette déception non assumée. Et il avait ses raisons de ne pas en être fier, car sa déclaration laissa pantoise l’Étoile d’Ardamir. Sans mots aucuns, les mires rondes comme des billes, Kaëlis ne sut quoi répondre en retour. Ces dites cargaisons valaient beaucoup, riche non seulement de leur biens, mais aussi de leur but. Elles se devaient de fournir en nourriture l’imposant chantier qu’avait été érigé par la Régente, en l’espoir qu’icelui redonne à Éraison son lustre d’antan. Restauration et réfection des bâtiments ainsi que des logis, construction de nouvelles fortifications ainsi que le prompt rétablissement d’une vie viable pour les prochains habitants de cette citée, encore ce jourd’hui, toujours en ruine. Et la perte de ces victuailles signifiait non seulement un ralentissement considérable de ce chantier, mais aussi un hiver fort rigoureux. Car l’endroit non heureux d’avoir été ruiné et souillé, avait également son lot de problème d’eau potable et de nourriture.

« C’est une catastrophe … » Souffla-t-elle plus pour elle-même que ses deux compagnons, les épaules basses.

« N’y a-t-il rien que nous puissions y faire? »

« Je ne suis pas certain … La provoquée par les pluies diluviennes bloque le chemin et nous peinons à mettre un pied devant l’autre. »

« Écoutez … Il nous faut à tout prix leur faire parvenir le tout. Quitte à vous envoyer une vingtaine de pair de bras pour y parvenir, vous ne pouvez pas rebrousser chemin, ces gens ont besoin de vous … » Elle le disait non simplement comme une recommandation, mais comme une faveur qu’elle lui demandait solennellement.

Mais il n’eut pas le luxe de répondre, car à vive allure débarqua un quatrième elfe, celui-ci le souffle court et les joues empourprées par l’effort. Stoppant sa course infernale devant le trio qui le dévisagea d’un œil curieux, ce dernier poussa quelques mots entrecoupés de fortes respirations.


« Un … un convoi, plusieurs personnes viennent … viennent d’arriver. » Ce à quoi Kaëlis répondit d’un air un peu agacé, comme si le moment était mal choisi.

« Oui, les gens vont et viennent en Ardamir, c’est chose courante mon ami … »

« Aëthel est parmi eux … »

Derechef, les yeux de la main droite s’écarquillèrent d’étonnement et sans faire ni une ni deux, pinça deux pans de sa robe immaculée pour se lancer elle aussi dans une course à la mort, piquant du nez vers l’entrée du palais de chêne. Arrivée là, elle fit ordonner l’ouverture du grand portail, malgré son accoutrement fort bien alléger pour ce rigoureux temps d’hiver. Et alors qu’elle croyait tomber nez à nez avec son coursier, porteur de bonne ou mauvaise nouvelle, une toute autre surprise se dévoila à ses yeux. Son souffle se coupa net, ses jambes se ramollirent, tandis que sa mâchoire tremblota d’émoi. De nouveau, ses menottes pincèrent deux rebords de sa robe et affrontant froid et la brise, elle s’élança en toute hâte vers lui, vers Artiòn. À l’instar d’une enfant, elle se jeta corps et âme contre lui, s’abandonnant comme à nul autre. Elle se blottie contre son poitrail en déposant son dans le creux de son cou, de sorte à fuir son regard tandis que roulaient sur ses joues refroidies par l’air, de nombreuses perles salées. Et ce fût ainsi pendant d’interminable secondes, incapable de d’enligner le moindre son, tant son cœur battait fort. Si fort, qu’il aurait été capable de le sentir au travers de ses vêtements … Vêtue ce jour de Vérimios d’une robe tout aussi immaculée que l’était la neige et tout aussi légère que la brise, elle en oublia complètement la morsure de l’hiver.

Non, après tout ce temps à le monopoliser elle ne dit point mot, mais cependant alla lui quêter un baisé, ou plutôt le lui vola même s’il ne le désirait pas. Un baisé convoité depuis tant de temps, qu’il se montra non seulement gourmand, mais aussi fort passionné. Une fois leur étreinte interrompue, en toute délicatesse, ses deux mitaines venaient s’épouser à la nuque de son aimé, pour que d’un fol amour, ses deux spinelles grisâtres prennent confortablement en joue les yeux d’Artion et que d’un sourire à en faire pâlir la clarté du soleil, elle s’exprime finalement en soufflant en messe basse :


« Mon aimé … Tu m’es revenu … »

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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Ven 17 Mar - 4:15


Ton pendule myocarde s'affole à tout rompre, et au même temps qu'il prend son élan s'envole la valeur du temps. C'est ainsi que s'allongent les moments forts. Lorsqu'horloge universelle et biologique se désynchronisent, alors celle qui s'affole voit son cours s'écrouler. Ainsi à celui qui s'excite une seconde est trois battement, tandis qu'à celui qui dort à un battement sont deux secondes. Par grâce la nature nous a offert à nous ses créature sagesse nécessaire à en tous temps apprécier nos monnaies d'échange, de sorte que toutes fluctuantes qu'elles soient elles ne nous perdent jamais.

Ce ne sont donc pas les bouleversements de ta pulsation qui t'ont égaré, mais les effusions amoureuses ayant envahi tes veines. Ton coeur pompe une eau d'angoisse, tes artères irriguent tes organes d'un venin paralysant... mais par Arcam ce que le poison pouvait être enhivrant. Aujourd'hui était le jour du jugement. Les secondes étaient comptées avant que la sentence ne tombe. Elle était face à toi. Elle venait vers toi. Elle briserait le silence. Mais pour dire quoi ? Pour faire quoi ? N'importe qui d'autre l'aurait deviné. Sur les visages des témoins déjà les sourires se fendaient, mais pour toi coupable de lui avoir infligé la séparation l'analyse n'était pas la même. Il était simple pourtant de voir qu'elle n'attendait que tes bras, il était simple de lire sur son visage qu'elle se languissait de toi, mais il fallut qu'elle trouve sa tanière dans le creux de ton cou, et qu'elle s'abandonne contre ton coeur battant, pour que tu réalises avec soulagement que votre amour n'était pas mort.

Tes yeux se fermèrent d'instinct pour mieux te permettre d'apprécier sa chaleur contre ta peau. Tes doigts sortirent de leur torpeur pour venir se recroqueviller cinq contre son dos, cinq contre son crâne. Tu la serrais fort contre toi, te voulant protecteur, tu la serrais fort contre toi te voulant rassurant ; mais toutes vérités mises à jour, les larmes te coulèrent tout autant. Kaëlistravae... tu l'avais quittée depuis si longtemps que son odeur ne t'était plus qu'un fantôme, et les narines flirtant à nouveau avec son opaline crinière, il te revenait des souvenirs douloureusement agréables. Tes pouces dansent à la recherche de joues à caresser, mais au moment de les atteindre, c'est un grand vide qui leur fut infligé. Brisant vos douces retrouvailles pour mieux les sceller, c'est sans sommation que Kaëlis prit tes lèvres dans un langoureux baiser. D'abord surpris, mais rapidement de fougue emporté, c'est de joie que tu lui répondis, laissant des paumes bredouilles trouver le creux de ses lombaires pour reposer sur son naissant fessier.

Elle sourit. Tu lui rends. Ton front se pose contre son front. Tes mains lui caressent les joues. Ses mots te caressent le coeur. Elle te rappelle un à un chacun des détails qui t'ont conduits à t'éprendre d'elle. Cette apparence de beauté fragile, ce corps marqué de l'élégance du verre blanc qui au contact se révélait être le plus limpides des diamants. Ton aimée était telle la pierre précieuse déjà raffinée, indestructible bijou dont les entrailles, le siège de ses plus beaux atours, se révélait en toute humilité au joailler qui s'osait à s'en saisir. Elle te rappelle la pureté de son coeur, son tempérament déraisonnément avenant, qui au lieu d'en vouloir à ton absence et de s'écorcher sur ton silence trouvait bonheur dans ce que tu faisais enfin part de ta présence.

- Il était temps. J'aurais aimé te dire que tu ne peux pas imaginer à quel point tu m'as manqué Tigilidënya, mais nous savons tous les deux comme c'est faux.

Vous échangez un rire complice, laissez timidement vos doigts refaire connaissance, vos paumes se jauger, vos mains prendre la mesure de celles de l'autre, avant qu'elles ne s'enlacent à l'occasion d'un baiser final.

Aëthel et ses camarades coursiers savaient. Les soldats d'Ardamir et de Daranovar l'avaient vite compris. Les bienvenues de la Main Droite serait implicite, et les usages ne seraient pas en cette heure respectés, car les frasques d'un amour pendant longtemps réprimé avaient englouti devoir et responsabilités. Ce qu'ils ne pouvaient à l'instant confier à Kaëlis, le Conseil lui apprendrait quand elle serait disposée, et ce que tu devais porter comme information au Conseil, ils sauraient quand la fièvre serait tombée.



~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~



Pas une seule seconde depuis ton arrivée vous ne vous étiez quittés. Pourtant la Main Droite d'Ardamir croulait sous les responsabilités, devoirs devant le Commandant des Armées de Daranovar n'était pas bien souvent habilité à conseiller. Par ignorance des conditions sociales des Terres d'Ardamir bien souvent, par incapacité à formuler une réflexion correcte en présence de celle qui te fait perdre l'esprit d'autres fois. À quelques questions tu pus cependant apporter avis fort constructif, et tant que l'elfe portant à bras le corps la campagne de réunification de deux Cités aux idéaux si distincts ou sous le nom de celui qui menait l'une des troupes les plus disciplinées de toute l'Anaëh.
N'en reste pas moins que les problématiques te touchant furent trop peu nombreuses et celles t'ignorant trop affectées par ta présence pour que tu t'entêtes à rester au chevet de ton aimée. Oui, faire le moindre pas t'éloignant d'elle alors qu'enfin elle était redevenue présence palpable t'était pensée déchirante, mais elle et toi, en toi saviez que c'était pour le mieux, que tout viendrait à point à vous si vous saviez patienter un peu plus. Cette nuit, vous la posséderiez...

En attendant, perdu sans ta dulcinée, tu errais comme vidé de ta substance, ou du moins c'est ce qu'il semblait. Le Palais de Chêne tu le connaissais, et Kaëlistravae a ton retour s'était faite un point d'honneur à t'en exposer la moindre nouvelle aspérité. L'air chancelant et la pâle mine n'étaient pas ceux d'un elfe ne sachant pas sa destination, au contraire. C'est la destination que tu savais emprunter qui te terrifiait. Seconde épreuve, mais pas la plus difficile à passer, puisque le soutien de celle qui compte le plus t'était déjà gagné ; il était l'heure de s'armer de sincère rhétorique, que le diplomate s'en trouve assez décontenancé pour se trouver incapable d'objecter à ce sur quoi il n'y a aucun débat à mener.
Ici s'affairait le Père. ici s'élevait barrière personnifiée devant les dangers que pouvait soulever l'Eternité contre ta convoitée. Tu sais ce que représentent à leurs yeux les enfants des elfes. Tu sais combien serait prêt à sacrifier cet homme pour le bonheur de sa progéniture. Ce bonheur, à ses yeux, tu ne peux qu'espérer le représenter.

Trois coups à la porte avant que l'on ne t'invite à rentrer. Une basse révérence à laquelle il répondit sans hésiter. Une moue sur son visage laissant à penser que cette entrevue il l'attendait.

- Sieur Yasairava, si vous voulez bien m'excuser mon impromptue venue...

Plus d'hésitation, plus le moindre tremblement, tu te dresses fièrement du haut de ta grande carrure. Prochain roc à soutenir sa vie, c'est ce que tu es, et ainsi doit-il te voir. À l'instant arrivé, l'appréhension n'a plus raison d'être. C'est maintenant à la confiante sérénité d'exister.

- ...Mais vous le savez, voilà de trop longues années que dure le prologue de l'histoire que votre fille et moi avons entrepris d'écrire. tu marques une pause Je sais ma position en tant que militaire rendre notre union potentiellement douloureuse, et je sais la somme de mes responsabilités à ma Cité natale et des siennes à Ardamir être un frein à une vie conjugale conventionnelle... tu joins les mains et t'incline, tant par respect que dans une prière silencieuse à la Mère et à l'Amant ...mais mon amour pour Kaëlistravaë est profond et sincère, comme est le sien pour moi. Alors c'est vous demandant de me pardonner l'injustifiée attente que je lui ai imposée et vous promettant entière dévotion à celle que j'aime que je quête votre bénédiction devant notre alliance.

Il est rare que les elfes refusent le mariage d'amour, et l'amour entre l'Etoile du Matin et Le Coeur de la Guerre est bien réel. Que le Père t'offre son approbation, et alors tu pourrais en toute quiétude dévoiler l'ampleur de tes sentiments à la fille, et bien mieux qu'à travers une missive.


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Kaëlistravaë Yasairava
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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Lun 27 Mar - 22:01




Suspendue à des dizaines de mètres en les airs, se mariaient ramilles gargantuesques et branchages surdimensionnés, formant entres-elles des tresses serrées et rassemblées de sorte à effectuer passerelles et ponts menant à un « quartier » résidentiel. Parfois creusée en entaille dans le tronc, parfois aidé par la chute d’épais feuillages et autres rameaux appesantis par leur longueur disproportionnée, aucune demeure n’avait son égal, car tous étaient construits avec les moyens offerts à leur emplacement. Mais ce qu’aperçu Artion avant sa montée de courage contre la porte, c’était l’une des œuvres parmi les nombreuses qu’abritait Ardamir, une résidence qui avait su profiter avantage de son environnement comme peu d’autres. L’endroit était si parfait, que seules quelques modifications avaient été émises, notamment pour enrayé les interstices entre les branches soudées les unes aux autres, de même que la séparation des différentes pièces. L’ensemble paraissait si naturel, si peu modifié par les elfes qu’on n’aurait su imaginer un couple y vivre.

Surfant sur la brise hivernale, les nouvelles et ragots trouvaient oreilles et auditoire à qui voulait bien les entendre. De fait, le père de l’étoile du matin, Laérion, faisait partie de ceux-là qui désiraient toujours être tenu au courant du moindre remous dans la cité. Et aussi bien avouer que l’arrivée impromptue d’un groupuscule elfique, avec à leur tête un homme auquel le patriarche de la famille savait que trop bien le prénom … Depuis le temps qu’il sut plus ou moins la relation qu’entretenait sa fille, sa progéniture, sa fierté, avec le Daranovan, Laérion s’était empêché par respect le moindre commentaire. En effet, Artion n’avait rien de bénéfique pour sa fille, croyait-il à l’époque, tout autant qu’il croyait encore la chose. C’est un guerrier, redoutable et qui aimait son métier, qui faisait parler l’acier avant les mots, lui avait-on raconté… Mais pis encore, c’était qu’il n’était pas de l’endroit. Pas que cela lui gênait vraiment, mais le fait de savoir qu’il n’était pas impossible que sa fille puisse un jour vouloir le rejoindre, ça, en revanche, l’irritait au plus haut point. Ça, jamais il ne put le dire à sa progéniture, mais aujourd’hui il était temps de le dire au principal concerné …

Malgré la certaine animosité qu’entretenait Laérion pour le chef des armées, c’est en usant de son talent qu’il n’en fit rien paraître. Il le fit pas pour l’hypocrisie, mais pour la bienséance, il avait eu le courage de venir s’entretenir avec lui, il lui donnerait au moins sa chance. C’est donc après quelques protocolaires salutations que le diplomate invita d’une main son invité à pénétrer et s’asseoir là, sur un fauteuil. Mais le jeunot ne fit pas des pieds et des mains avant d’aborder le vif du sujet : il avait une idée derrière la tête et se devait d’être moult habile pour convaincre le négociateur qu’était le père de son aimée. Et pendant les prémices de son discours, la voix de l’elfe trancha, le coupant dare-dare sans possibilité de poursuite.


« Oui, je connais fort bien votre position à Daranovar. Et en cette unique phrase deux choses me tracassent au plus haut point, si tant que j’en viens encore à me demander pourquoi n’ai-je pas déjà intervenu. Vous ne pouvez pas vivre cette relation sainement, la distance vous tuera! De même que le fera votre occupation dans l’armée, la guerre emportera l’amant de ma fille à la première occasion et l’esseulera cruellement. Je la vois d’ores et déjà pleurer votre départ, ou votre décès, à regretter que vous soyez venu car tôt vous serez de nouveau parti. Non, il n’en est pas question, je ne peux pas donner ma bénédiction pour une union qui est vouée à l’échec! Vous mourrez, vous partirez ou me prendrez ma fille, dans tous les cas, je ne veux rien savoir de ces dénouements. »







Rapidement le ton avait monté, ayant perdu tout du diplomate qu’il fut et laissant plutôt jaser son cœur qui en avait lourd à dévoiler. Une pareille union, issue de deux êtres aussi importantes, aux tâches aussi conséquentes et ne vivant pas au même endroit ne pouvait être voué au bonheur …


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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Mar 28 Mar - 0:58

Les elfes refusent rarement l'amour. À vrai dire, il était si rare de voir opposition à un mariage que tu n'avais pas envisagé l'option du refus. Bien sûr tu appréhendais de sévères remontrances, des menaces même, tu ne t'attendais pas à ce que Laérion te confie le bonheur de sa fille sans la moindre mise en garde... mais de là à te retrouver face à un si catégorique refus. Tu ne l'aurais pas imaginé. Tu ne le concevais simplement pas, et plus que de t'attrister, cela t'agaçait, te dégoûtait même. Qui était-il pour ainsi décider de ta valeur ? En quoi avait-il le droit de faire ainsi obstacle à votre union ? Elle te remontait à la gorge la nervosité emmagasinée jusqu'à ce que tu passes la porte, et elle bouillait dangereusement. Tu aurais eu envie d'exploser, de le cribler d'insultes, ou même de coups. Mais tu n'en fis rien.

Ton nez se pinça d'agacement, voilà tout. Aucun autre signe ne vint te trahir. Qu'on se le dise tout de même, il t'était plus aisé de garder composure devant le sang qui gicle sur les champs de bataille que d'ainsi faire face au père de ton aimée. Malgré tout tu le ferais. Tu te devais de le faire, parce que s'il y avait ne serait-ce que les restes d'un coeur dans la carcasse de ce vieil elfe, alors il finirait peut-être par comprendre qu'un jour ou une éternité, de près ou de loin, rien de tout cela ne comptait pour vous. Vous vouliez vous donner l'un à l'autre, ni plus ni moins.
Tu plissa les yeux et déglutis. Ta voix habituellement s'assombrit aussitôt. Le ton avec lequel tu prononcerait tes prochains mots serait aussi glacial que tranchant, à la manière des lames des soldats de la montagne.

- Avez-vous seulement la moindre idée de qui est votre enfant ? La pensez-vous sincèrement trop faible pour me survivre ? Tu joins les mains devant ta poitrine Que Kaëlistravae ait développé des sentiments pour un soldat n'est pas anodin. Tu te penches en avant, rapprochant ton visage de celui de Laérion, t'autorisant à couper dans ton volume de parole, faisant de tes mots presque des murmures Voyez-vous, j'étais aux portes de l'abysse lorsque nous nous sommes rencontrés et c'est au fur et à mesure de la disparition de mes blessures que notre relation s'est tissée. Nous nous sommes résolus avant même de nous aimer à ne faire de l'éternité conjugale qu'une lointaine espérance. Loin de nous l'idée du toujours, loin de nous l'idée du parfait, nous nous sommes résolus à nous battre pour le mieux sachant qu'il ne serait certainement pas idéal. Tu recules, reprenant un ton plus neutre Votre fille n'est pas une imbécile, et même l'aurait-elle été, elle a vu de ses yeux les risques qu'elle courrait à nourrir cet amour et puisqu'elle a choisi de le faire, j'ai entièrement confiance en elle pour porter en son coeur et avec courage mon souvenir pour le reste de l'éternité viendrais-je un jour à rejoindre le royaume de Tari. Tu prends une profonde respiration, et porte un regard profondément accusateur à ton interlocuteur Mais imaginez seulement que les batailles me prennent la vie demain : j'aime Kaëlistravae comme je n'aimerai jamais personne d'autre, et il en est de même pour elle envers moi ; ne pensez-vous pas qu'elle serait plus dévastée encore de me perdre n'ayant pas eu l'opportunité de nouer le dernier des liens ? Ne pensez-vous pas même les plus courts instants de bonheur sincère, faille-t-il tôt les entretenir à travers les remembrances mieux valoir qu'une éternité de regrets ? Tu te lèves, t'écartes, ouvre grand les bras depuis l'autre bout de la salle, portant ta voix jusqu'à lui Ne m'entendez vous pas même les yeux fermés ? Ma voix ne suffit-elle pas à me faire entendre par delà la distance en attendant que mon visage termine de transmettre le message ? Nous avons survécu à des siècles à se questionner quant à la force des sentiments de l'autre, nous avons survécu à des siècles de lettres timides, nous pouvons survivre à une vie nous menant loin de l'autre quelques mois durant. Je dirais même que nous pouvons pleinement la vivre sans y trouver quelconque regret, puisque la certitude de notre amour nous est pleine satisfaction. Dragan et Rêverie par leur mariage n'ont-ils pas réussi à lier Ardamir et Malereg le temps qu'a duré leur tragique histoire ? Tu te rapproches, t'appuies sur le dossier de la chaise, en soulevant les deux pieds avant Et vous-même, n'êtes-vous pas heureux maintenant que vous avez fait son deuil de pouvoir porter la mémoire de votre défunte épouse ? Pourriez-vous même concevoir votre vie autrement ? Arriveriez-vous à concevoir votre existence sans votre mariage... sans la fille qu'il vous donna, sous le simple prétexte que la mort de l'un aurait pu entraîner le chagrin de l'autre ?

Tu te rasseois, gardant le même calme effrayant, perçant le regard de Laérion de tes yeux de glace. Que pourrait-il rétorquer ? Que pourrait-il ajouter ? Que pourrait-il objecter ? C'est vrai, rien n'aurait pu laisser à penser que son épouse le quitterait si tôt, quand ta vie est en permanence risquée. C'est vrai, Kaëlis et toi teniez des postes contraignants, et ne pourriez passer ensemble qu'une fraction de l'année. Mais vous vous aimiez sincèrement. Vous étiez assez forts pour voir au delà de la contrainte. Vous vous aimiez assez pour que les moindres secondes passées en tant qu'époux valent une éternité de cruelle séparation. Tes traits s'allègent, se font plus avenants. La tristesse que son refus t'inflige s'affiche lentement sur ton visage au même temps que le respect que tu portes à cet homme.

- Voyez en réalité, c'est votre bénédiction et non votre autorisation que je suis venue quêter. C'est entre les mains de votre fille qu'est le pouvoir de prendre sa décision, seulement tant qu'à vous prendre pour famille, j'aimerais autant que nous soyons une famille unie. Et tu le dis avec la plus grande sincérité, toi qui autrefois t'étais symboliquement marginalisé de la tienne pour couper le cordon que la guerre aurait pu arracher plus douloureusement encore Vos inquiétudes sont louables. Kaëlis est votre chair et votre sang et elle le restera pour toujours. Faites-moi confiance. Je ne suis pas venu vous la prendre. Je viens simplement la compléter.


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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Mer 29 Mar - 5:36


Laérion Yasairava

Plus pesant qu’un coup à la figure et aussi difficile à avaler qu’une poignée de sable, faire ressortir d’outre-tombe le souvenir de feu sa femme lui embrasa le cœur. Une flamme point de colère, ni de ressentiment, mais plutôt de chagrin et de peine. En vérité, Artion vivait son amour aussi intensément qu’il l’avait lui-même fait à l’époque, du temps où il courtisait encore Aëthra, la mère de Kaëlis. Sa tâche de diplomate le retenait parfois loin d’Ardamir, tandis qu’elle se devait de s’absenter le temps de rituels prolongés ou même de quêtes en relation avec sa position de prêtresse. Certes, les enjeux de distance n’étaient pas égaux avec ceux de sa progéniture et du soldat, mais l’histoire avait un peu de la leur. Et la colère avait monté le long de son long discours, mais s’était atténué lorsqu’il se remémora le visage de sa femme. Artion avait aussi vu juste lorsqu’il énonça que leur mariage avait donné ce qu’il avait de plus cher en ce monde : sa fille, son adorable et précieuse Kaëlis. L’enfant prodige du veuf diplomate!

Bouleversé par ses multiples déclarations, le patriarche de la famille se laissa choir sur un fauteuil, un brin désemparé. Pouvait-il seulement le croire, malgré toute la verve dont il usa pour tenter de le convaincre de la profondeur de son amour ?


« Non, je ne peux concevoir ni même imaginer ma vie, si je n’avais rencontré Aëthra … » Laérion se reclus en silence, pendant un instant seulement, tout en passant l’une de ses pattes sur son faciès toujours pensif. « Je ne possède rien qui soit plus précieux et n’aime personne d’autres plus que ma fille alors, Artiön, promets-moi que jamais tu ne lui feras de mal. C’est … C’est une femme plus sensible qu’elle y paraît et ses sentiments sont parfois refoulés, alors lorsqu’ils explosent … » Il l’avait dit pour son gendre, mais aussi pour lui-même, comme pour se souvenir que sa fille pouvait parfois surprendre, quand on s’y attendait le moins. « Tu peux lui faire ta demande … Ça ne m’enchante guère, mais je te laisserai le bénifice du doute, car de toute manière, elle n’en fera qu’à sa tête … » De nouveau, il termina sa phrase d’un silence, menu et concis. « Elle t’aime et je le sais, tout le monde le sais. Fais en sorte qu’elle soit heureuse et donnes-moi un petit fils, tant qu’à y être … » Et naquit le premier sourire sur le visage de l’aîné, certes un peu fragile et assez court, mais tout de même.

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MessageSujet: Re: Briser le silence [ Artiön ]   Mer 29 Mar - 16:50

Tu observes avec un intérêt non dissimulé les gesticulations du visage du diplomate. As-tu touché point sensible ? T'es-tu assez bien exprimé pour que tes mots trouvent à se glisser derrière la carapace de Laérion ? Tu le penses. Tu en es convaincu même. Les yeux ne mentent pas. Le sang non plus. Tu ne sais pas assez du passé de Laérion pour en faire un véritable argument, alors tu n'as fait qu'espérer et lancer de vagues accusations, trop brumeuses pour être contredites. Mais cette fois la chance t'as souri. Peut-être le poids de vos tâches n'est-il pas comparable, mais de votre amour tu as su faire le miroir de celui que l'elfe a vécu avec son épouse. Incapable de se souhaiter autre vie que la sienne, il fini par voir comme il pouvait en être de même pour vous.

Pour la première fois tu voyais ton parâtre pris de faiblesse. Pour la première fois tu voyais le grand diplomate perdre mot et ralentir sa parole jusqu'à se réfugier en de longs silences. De la fierté du vainqueur ton humeur s'allégea bien vite, pour qu'au poids se substitue la lourdeur du coeur. Il avait peur, sincèrement peur, et de ses angoisses tu en tirais de nouvelles. S'il était extrême dans son jugement, il n'était pas entièrement absurde. De votre amour naîtraient très certainement des peines. De votre union naîtrait très certainement la douleur de la séparation. Sur votre commun chemin se dresseraient à coup sûr de nombreuses et difficiles épreuves...
Depuis le début tu le sais, et dès les premiers jours tu as entrepris de te fortifier l'esprit pour qu'à la bonne heure, tu puisses y faire face ; mais savais-tu réellement quelle en serait la rudesse ? Non. Pas le moins du monde. Tu as jusqu'à ce jour couru contre la brise espérant que tes jambes s'en trouvent assez affermies pour marcher dans la tempête. Et si finalement...

Tu te lèves, souris, invite d'un regard celui de l'aîné. Tu t'approches de lui pour lui faire basse révérence. Genou au sol et mains contre ta poitrine tu le remercies. Tu as confiance. Tu as pleine confiance en Kaëlistravae et en ce qui vous rapproche. Ton coeur bat fort, car oui, tu crains la tempête ; non, tu ne sais pas de quoi sera fait demain ; mais oui, tu sais que sous les vents et l'orage il fera bon vivre. Sous les vents et l'orage il fera bon vivre, car vos âmes sont à jamais liées dans l'épreuve.

- Faites-moi confiance... faites-moi confiance.

Tu te redresses, lentement, tôt suivi de l'homme que ton regard a désespérément appelé. Mu par une force que seule la belle Ardamir peut se vanter posséder, exhorté à ce geste par la forêt elle-même, par la diffuse célébration murmurée par la Sylve, Laérion te pris dans ses bras. Comme un ami. Comme un Père.
Une larme a coulé contre ta joue durant cette embrassade. Après que le tien soit tombé à la guerre, après que ta mère ait fini par le suivre, en prenant Kaëlis pour épouse, tu réapprendrais ce que c'était que d'avoir un Père.

Dans cette larme il y avait des choses que les mots ne pouvaient pas exprimer, des remerciements que la bouche ne pouvait pas prononcer. Tu en es convaincu pourtant, Laérion les a entendus.

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