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 Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]

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Enoriel
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 24 Mai 2017 - 19:30

Le ciel s'assombrissait rapidement, beaucoup trop rapidement à mon goût pour que ce soit naturel. La main d'Artiön se referma sur la mienne, m'obligeant comme s'il y en avait besoin à me forcer à le suivre. Ou peut-être craignait-il ce qui pourrait advenir ? Parce que ce n'étaient plus que des ruines... les ruines d'une tour appartenant à de puissants mages et donc pouvant encore receler des protections magiques en plus de véritables secrets. Et cette magie, j'en faisais très rapidement les frais.

Un roulement de pierre, le son de la voix d'une personne que je n'oublierai jamais. Mon coeur manqua un battement alors que mes yeux se tournaient vers l'endroit d'où venait la voix. Comment... Papa ? Non... cen'était pas possible. Il ne pouvait pas... Je ne pus m'empêcher de m'arrêter, surprise et sans voix face à cette apparition, et ce fut comme si ma main essayait de se poser avec délicatesse sur une glace me séparant de mon paternel. Mais elle n'alla pas plus loin, une partie de moi ne reconnaissant pas celui que j'aimai plus que tout, notamment ce sourire sadique sur son visage. Non, il était mort depuis trop longtemps... il ne pouvait pas être ici. Tout cela ne pouvait être que du faux.

La voix m'appela alors que je me retournais vers la tour. Sa voix m'appela, plusieurs fois. Je ne pouvais ni ne devais regarder l'illusion... mais c'était bien le même timbre que dans mes souvenirs et c'en était d'autant plus cruel que je savais ne pas avoir pu dire adieu à Beliandar ni être présente à son enterrement. Aussi mon visage se tinta d'une bien plus grande mélancolie que d'habitude alors que quelques larmes coulaient sur mes joues et que mes yeux fuyaient ceux d'Artiön. Je n'aimais pas cette situation. Je détestais cette magie. Si seulement elle pouvait s'effacer juste en l'ignorant... mais non. La voix continuait, encore et toujours, comme si l'archimage était encore de ce monde.

Alors que je m'avançais résolument vers la tour, des images revenaient à mon esprit. Images douloureuses datant de cet évènement tragique ayant vu tant d'elfes mourir. Le bruit si caractéristique de la guerre emplissait en même temps l'espace nous entourant, le sort se jouant de mes souvenirs comme un chat se jouerait d'une souris. Mes épaules tremblèrent alors que je me mordais les lèvres pour ne pas éclater en sanglots ; l'air autour de moi se faisait plus volatile, tournant autour du frêle être que j'étais.

Je n'étais aucunement mage de l'esprit mais je savais très bien qe l'esprit était capable de reproduire par identification un sort face à une situation similaire à un évènement particulièrement marquant. Alors il fallait que la boucle infernale soit brisée... brisée comme le souvenir, avant qu'il ne soit trop tard, ce que j'étais incapable de faire seule.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 25 Mai 2017 - 23:38



- Enoriel … il appela une fois, de sa voix sirupeuse, se délectant du malaise de sa « progéniture » Enoriel… osa-t-il une fois de plus, la dernière syllabe comme lui fondant dans le gosier Pourquoi m’abandonnes-tu il laissa passer le temps avant de rajouter, la mort dans les mots encore une fois…

La foudre frappa le sol non loin, le paysage disparut dans l’éclair, mais lorsque Beliandar réapparut, c’est son habit et son parfum de chairs brûlées qu’il revêtit. Celui de ce jour-là. Celui dans lequel il mourut. Celui dans lequel sa propre progéniture n’accepta pas de le voir autrefois, et n’accepterait pas plus de le contempler aujourd’hui. Tu voulus offrir à la mage ton regard en soutien, mais tu ne fis que resserrer l’étau dans lequel elle commencerait son asphyxie. Enoriel entama sa fuite, vers la tour, vers l’épicentre, vers l’œil du cyclone. Alors ton bras passa dans son dos, toujours à la recherche d’un contact, pour ne pas la perdre, physiquement ou psychologiquement, tandis que tes yeux assombris par le dégoût surveillaient l’abomination clopinant à votre poursuite.

- Enoriel ! regarde-moi ! cracha-t-il, furieux Tu as besoin de moi ! Tu as toujours eu besoin de moi !

Mais elle ne regarda pas. Ses yeux noyés par les larmes ne s’arrachèrent jamais de la tour, et à chaque pas fait en avant la tour leur sembla un peu plus loin. Prisonnier du cauchemar d’Enoriel, ton cœur n’accéléra pas plus qu’il n’en avait l’habitude. Tout cela était familier. Les sons, les odeurs, les cris sans gorges et les tintements sans métal. C’était la guerre. C’est à la guerre qu’elle a connu le plus grand de ses traumas. C’est à la guerre qu’elle a perdu son père. C’est sa guerre qui vous tuerait si elle ne reprenait pas ses esprits. Tu as été formé par et pour la guerre, alors peut-être ton calme pourrait la rassurer, peut-être te voir confiant suffirait à la calmer.
Ta main se referma fermement contre son trapèze, pour l’arrêter, et ta tempe s’approcha de la sienne pour que tes lèvres puissent lui servir le plus profond mensonge que tu n’aies jamais formulé.

- Ce n’est rien Enoriel. C’est ne sont que les restes de la magie du Cénacle. Ce n’est pas réel. Respire profondément, retourne-toi et tu verras qu’il n’y a…
- JE SUIS REEL ! l’abomination hurla d’un ton d’outre-tombe. Je suis votre réalité maintenant, et si elle ne veut pas me voir en face, tu sais aussi bien que moi que tu ne pourras pas me fuir Artiön.

Les chairs brûlées se boursouflèrent, gonflèrent atrocement alors que le visage difforme de Beliandar se sépara du reste de son corps. La créature chimérique pris des proportions astronomique, déchirant dans sa croissance l’exuvie faite de la peau du défunt Archimage. Sa titanesque musculature ne resta pour autant pas à nu bien longtemps. Recouverte d’un cuir sombre comme le ciel de nuit sans lune, protégé lui-même d’écailles couleur de vase maladive autour de ses quatre bras et à la naissance de ses larges ailes membraneuses, elle ne faisant encore qu’aiguiser ses armes. Le sol trembla lorsqu’elle y martela pour la première fois une puissante patte arrière griffue, et se débarrassa par la même occasion du grotesque visage elfique tuméfié pour te menacer de sa face sans visage, et de rugir sa victoire prochaine de sa mâchoire aux os tranchants. Aujourd’hui encore, le monstre des histoires de ton enfance revient te hanter. En lui sont personnifiées toutes tes craintes. Il est le héraut de tes cauchemars, le visage aveugle de tes insomnies.
Il est réel. Aussi réel que la douleur née de la main griffue s’étant abattue sur vous, vous envoyant faire chute quelques mètres plus loin. Instinctivement, tes bras ont entouré ton accompagnatrice, tu as fait barrage de ton corps, mais maintenant que tu as mal, que fuir n’est plus une option, que peux-tu faire ?

- Et lui Enoriel ? Que deviendras-tu après l’avoir vu mourir ?

La voix d’outre-tombe résonna directement dans l’esprit de l’érudite, alors que la titanesque main à six crocs se leva dans une sadique lenteur, te laissant le temps de prendre par la main ton accompagnatrice pour la tirer, toute boîteuse que fut ta course.

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Dernière édition par Artiön Sinyàra le Mar 30 Mai 2017 - 19:56, édité 1 fois
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Enoriel
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 29 Mai 2017 - 20:20


Je n'écoutais pas. Je faisais attention à la tour, essayant malgré moi de vouloir croire en cette simple apparition aussi grotesque que méprisante. Mais il m'appelait... il me rappelait sadiquement ce que j'avais toujours pensé avant que je n'apprenne réellement à voler de mes propres ailes, avant que je ne me décide à parcourir l'Anaëh afin de me libérer de son ombre dans laquelle les autres mages m'avaient soigneusement enfermée. Non, je n'avais plus besoin de lui. J'étais une femme indépendante et, qui plus est, j'avais désormais passé les sept cents ans.

Ce n'est rien... je n'écoutais pas vraiment ce que me chuchotait Artiön à l'oreille, prise dans mes souvenirs et la douleur de la perte inattendue de Beliandar. Et comme je ne pouvais que le craindre, mon esprit, la magie à laquelle j'étais liée réagissaient à ce souvenir. Ils réagissaient de sorte à refaire ce qui avait été déjà fait et ce qu'aucun mage n'avait su me refaire faire, même en me faisant passer par des états d'âme excessifs.

Mais il suffisait d'un changement, d'une erreur. D'un cri ; d'une transformation. Le coup de patte était réel, bien plus que ne pouvais l'être à mon coeur la réplique de mon défunt père. Il était bien réel, ce monstre... ce n'était pas que de la magie de l'esprit, à moins que ce n'ait été créé par des mages très talentueux. Quoi qu'il en soit, à mon sens le sort de cette abomination était réglé. Qu'il soit un changeforme, qu'il soit naturellement un monstre ou je ne sais quoi, comment avait-il osé ?! Comment avait-il cru pouvoir se jouer de mon attachement pour Beliandar, et surtout... comment pouvait-il oser essayer de faire peser sur mes épaules son prochain crime ?

Artiön s'était relevé ; pas moi. Je le sentis tirer sur ma main, mais celle-ci glissa entre ses doigts. Mes yeux regardaient presque avec effacement le reste de vent tourner autour de moi, ce vent qui serait devenu une véritable tornade si les choses avaient laissé mon esprit s'abîmer dans ses souvenirs. Ma main droite se tendit délicatement vers lui, paume tournée vers le ciel, et je ressentis la magie venir en moi, mon corps s'imprégnant dans la source d'énergie extérieure pour ensuite la véhiculer dans un sort que je n'avais pas eu l'occasion de faire depuis longtemps. Un sort de maître que ma colère embrasait plus que ne le pouvait ma simple constitution physique et qui se nourrissait de tout mon savoir et de ma dextérité à manier l'élément de l'air. Un sort à double propention, puisqu'il s'agissait de créer une boule élémentaire qui, combinée à une approche centrifuge de la magie, projetait en plus grand ce que je créais en minime au creux de mes mains. Et la force apportée par cette boule n'allait pas plaire à ce monstre sorti tout droit de cauchemars d'enfants, oh non ! Oh non non ! Oh non non non non !

Mues par l'habitude, avec une dextérité digne des araignées tissant leurs toiles ou encore un marionnettiste faisant danser trente-six pantins en même temps. Pas le temps de penser ; juste le temps d'envoyer un regard noir à l'horreur mobile qui levait lentement sa pattes griffue, se délectant d'avance de la peur qu'elle provoquait chez mon comparse tout en savourant d'avance le bouilli d'elfes qu'elle allait savourer par la suite avec une extrême lenteur. Tu penses avoir gagné, me faire pleurer encore et encore, m'empêchant de protéger l'un des miens, me faisant me fondre dans le plus grand des remords, mais tu oublies une chose essentielle, la créature hideuse : je suis Enoriel. Une personne, une maître dans le domaine de l'élémentaire, une elfe à part entière douée d'un coeur, d'un esprit et d'une volonté qui lui sont propres ; pas juste un nom qui sonne creux. Et cette terrible lenteur que tu te donnes j'en fais une force, ce qui me permet d'être suffisamment prête pour parer ta première attaque.

J'attirais à moi le vent déjà existant, l'aspirant dans la boule pour laisser celle-ci la recracher selon la forme que je donnais à la magie, donnant d'autant plus de force à l'air qu'il n'y paraissait. Tirant sur des fils invisibles, je concentrais rapidement la majeure partie de la magie sur le dessus de la sphère pour que la patte du monstre s'écrase sur un mur d'air, puis ensuite mes yeux se baissèrent vers mon chef d'oeuvre en cours. Je rerépartis la puissance magique sur le pourtour de la boule une fois cette première attaque arrêtée, faisant glisser mes mains dessus, battant du pied comme si mon corps réclamait une danse, des mots incompréhensibles pour des non-initiés s'échappant de mes lèvres, et laissant quelques larmes tomber nerveusement et douloureusement sur ce que je créais. Artiön, s'il faisait attention à ce qui se passait, pouvait remarquer que chaque larme tombée sur la boule s'écrasait sur celle-ci, se laissait disperser puis qu'une vague d'air et d'eau était souflée vers l'extérieur, rejoignant la projection magique. J'étais également mage de l'eau... aussi mes larmes amers se mêlaient-elles à la tourmente et coloraient notre nouveau ciel.

J'avais mal. Le sort était puissant et ma peine plus grande encore que ce que je laissais entrapercevoir. Reprendre une respiration normale, surtout après le premier choc, n'était pas ce qu'il y avait de plus simple. C'était une volonté de plus et une maîtrise de soi qui s'acquéraient au fil des siècles. Mes mains, un instant, s'arrêtèrent. Mes yeux bruns défièrent ceux inexistants de la créature. Mon corps était prêt à réagir à tout instant en fonction des réactions des uns et des autres. Je m'étais relevée et, bien qu'immensément plus petite et frêle que mon ennemi, je restais là sans montrer la moindre crainte. Parce que je détestais la guerre, plus que tout au monde... mais mes talents de mage et le fait que j'avais dû apprendre à survivre dans la forêt avaient fait de moi une personne qui, si son dégoût des batailles n'était pas si profond pourrait être mage de guerre. Du moins était-ce ce que certains reconnaissaient.

"Beliandar, ou grande créature... qui es-tu ?"

A cette horreur de faire son choix, maintenant. Parce qu'elle ne ressortirait pas forcément vainqueur de cette entrevue.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 29 Mai 2017 - 23:03


Ta respiration est courte, ton cœur est au bord de l’explosion, ta peau s’empoisse de sueurs froides… et c’est à ce moment qu’elle choisit de faire face. C’est au moment où la panique finit par te prendre qu’elle quitte enfin le sein d’Enoriel. Tu pourrais comprendre, si tu étais encore en état de réfléchir. Beliandar n’est plus, mais l’insulte est toujours bien présente. Sa vision de cauchemar s’est éteinte à la faveur de la tienne, mais Enoriel voyait toujours son nom et celui de son père entachés par les mots de la créature. Tu as peur. Elle est en colère. Et tu as honte. Tu as honte d’être incapable de faire face avec elle, tu as honte de te trouver sous sa protection alors que tu as porté serment de lui offrir la tienne. Tu as honte de reculer alors que tu es encore en état d’avancer. Surtout, tu as honte de la forme fantasmagorique que prennent tes peurs. Ce n’était pas son apparence, ce n’était pas sa force, c’était sa signification à tes yeux. Le monstre des histoires de ton enfance était devenu une métaphore de toutes tes insécurités, de toutes tes peurs, de toutes tes faiblesses. Ce n’est pas lui qui t’effraie, ce sont les sensations qu’il évoque en toi, mais cela, tu doutes qu’Enoriel puisse réellement le comprendre.

Tu connais la créature pour l’avoir eue dans nombre de tes cauchemars, tu connais la créature pour t’être déjà confronté à elle en ce lieu. Toi, c’est la peur qui t’a arrêté ; contre elle, tu crains que la force brute ne suffise.

Le ciel est encore sombre, les gargouillis infâmes de la bête parviennent encore à ton oreille, et le vent gronde. Le vent gronde la rage de sa maîtresse. Qu’Enoriel soit en cette heure capable d’élever la voix face à la créature était testament de son talent d’élémentaliste, mais pour combien de temps. Combien de temps serait-elle capable de retenir les assauts de ce monstre ? Combien de temps avant que ton cauchemar ne devienne le sien ? Ta part de courage espère le temps long, que la résistance de la mage du vent lui donne l’occasion de se relever ; Ta part de faiblesse prie que l’abomination vous épargne son sadisme, et vous achève au plus tôt, que tu n’aies pas le temps de macérer dans la honte.

La patte de la bête s’abat contre l’intangible mur, y trouvant inattendue résistance. Elle sourirait si elle en était capable, mais pour l’heure, elle ne fait qu’émettre grinçants rugissements avant de reculer d’un pas.

- Plusieurs fois une seule entité. Vérité de tous et de personne. Je suis à la fois ce que vous fuyez et ce que vous cherchez. Le visage de la créature reprend les traits ignobles d’un Beliandar difforme Je suis le malheur dont vous avez besoin des faveurs sa griffe vient se poser contre la barrière aérienne pour y distiller une sombre substance et lentement la corrompre, au grand dam d’Enoriel Le gardien de ce que l’on ne peut voler…
- …Une chose et son contraire…

Tu marmonnes, timidement, trouvant à peine la force de te retourner vers l’immondice. Etais-ce seulement possible ? Comment ? Tes yeux larmoyants tentent de percer ceux de Beliandar, quand finalement les vents d’Enoriel cèdent devant la masse sombre, et que la main griffue s’écrase juste devant vous. Tu oses, tu le regardes, et parce qu’il sent tes yeux mis en confiance par ceux du Père Valiendal, c’est à nouveau les orbites vides qu’il choisit de s’exposer à toi, mais tu n’es plus en conditions de flancher. Enoriel t’a tendu la main et permis de monter la première marche, maintenant il te faudra mettre un pied devant l’autre.

- Fa-Faernùron ? tu demandes à moitié, interpelé par la citation, la même que s’amusait à répéter le mysticiste au prénom oxymorique C-comment ?

Tu n’obtins pour réponse qu’une nouvelle métamorphose. De ses épaules et de sa nuque la bête se fit de nouveaux visages au nombre de sept. Sept gueules de dragon à la salive comme d’obscures flammes. Elles rugirent une fois sans qu’aucun de vous ne flanche, Enoriel prête à désespérément riposter, toi terrorisé mais résigner à faire face à ton meurtrier. Au troisième avertissement les flammes furent déversées, et à nouveau le vent cueillit l’assaut. Incrédule, tu regardais ton alliée perdre lentement l’avantage, tu regardais les courants d’air reculer, tu sentais peu à peu la morsure de la froide brûlure se rapprocher, et malgré tout tu n’arrivais pas à bouger. Faernùron… Pourquoi Faernùron ?

Tu te relèves, déglutis. À la guerre comme à la guerre, fusse-t-elle menée contre une part de toi-même. Quitte à détruire chose intrinsèque à ton être, c’est bien à la racine de tes maux, à la forme chimérique de tes troubles que tu avais le droit de t’attaquer. La peur ne t’a pas abandonné non, tes gestes ne sont pas fluides non plus, la panique pèse encore sur tes mouvements, mais au moins tu combats, comme on t’a depuis l’enfance appris à le faire. Tes iris s’emplissent des reflets violacés de votre enfer, protégés de tes seuls paupières plissées et sourcils froncés. De ton sceptre émane une lumière comme jamais auparavant. Un tour, battue montante, et tu poses ta main contre Enoriel, offrant à son corps tout le soutien que ta magie est capable de lui offrir. Et elle lutte, elle lutte de plus belle avec toi, privant la créature de son avancée, mais sans réussir à la faire reculer.

Tu grognes, abandonne l’élémentaliste à ce qu’il lui reste de l’énergie que tu lui as fourni, pour détourner ton attention vers votre adversaire lui-même. Battue descendante, d’une main tendue, tu l’attaques dans son corps. Comment exactement ? Tu ne sais pas. Tu ne sais rien de son corps. Tu ne sais rien de s’il est organique, mais puisqu’il est réel, puisqu’il marche, souffle et mugit, il doit vivre. S’il vit, tu dois pouvoir le tuer, alors tu tenteras ta chance, quitte à ce que ce soit ton dernier effort.

Tout cela n’est après tout qu’une réalité parmi tant d’autres.

La créature sous ton assaut ne vacille pas, au contraire, elle te fait joyeusement face toi qui enfin accepte son défi. Tous crocs dehors, elle t’offre ce que tu n’as jamais vu d’elle. Un regard. Un regard d’un œil unique, né du néant entre deux orbites vides, un regard qui te perce l’esprit comme s’il fut animé d’une puissante magie.

- Meurs Artiön.

Et il en fut ainsi. Déchiré sous son propre poids, ton esprit se perdit. Tu es mort, car tu n’es plus toi. Tu es mort, car c’est un autre qui se tient à ta place. À ta place se tient un elfe ayant choisi d’affronter ses propres démons, et qui dans l’épreuve a appris.
Les flammes cessèrent de pleuvoir. Les dragons n’étaient plus. La créature n’était plus. Tu n’étais plus. Il n’y avait maintenant plus que Beliandar. Beliandar et Enoriel.

- Veux-tu bien me regarder cette fois Enoriel ?


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 30 Mai 2017 - 6:04

La puissance de la bête infâme était bien plus grande que je ne l'avais espéré, mais pour autant je ne reculais pas. J'avais choisi de me battre contre cette monstruosité, désormais totalement détachée de ce que pourrait représenter pour moi la forme elfique qu'elle reprendrait certainement à un moment donné. Je fis une grimace en sentant le poison s'immiscer dans mon sort et ma première réaction fut de faire exploser à sa figure sans visage mon sort. Cela lui aurait causé beaucoup de mal, mais un simple regard vers Artiö m'en dissuada : bien que dans notre improbable duo c'était moi qui ressemblais à une brindille et lui à un rocher vivant sur lequel on pouvait s'appuyer, je sentis qu'il serait encore plus blessé que la bête par l'explosion. Il avait trop peur, était tétanisé. Alors je reculais de quelques pas, l'invitais à faire de même puis laissais la magie naissante s'évaporer, permettant à la créature de faire tomber sa patte à six doigts juste devant nous.

Faernùron. Bête à sept têtes cracheuse de flammes. Avec des sorts plus basiques j'écartais le danger dès qu'il se présentait, ne faisant pas plus d'effort qu'il ne le fallait mais ressentant tout de même qu'au fur et à mesure je cédais sous l'assaut et que mes forces commençaient à se raréfier. Alors Artiön reprit ses esprits, m'aidant dans un premier temps à tenir en m'insufflant une force bienfaitrice. Puis il prit à son tour ses ailes et s'attaqua au monstre de manière frontale, me laissant seule avec le reste de mes forces ainsi que de celles qu'il me laissait.

"Meurs Artiön."

L'oeil, unique. Je fronçais les sourcils et fus surprise de constater la disparition de mon collègue. Désormais seule. Désormais seule avec Beliandar. Ou plutôt seule face à la copie de ce père que j'aimais tant. Une copie qui à mon esprit, quoi qu'elle ferait, ne pourrait jamais être mon vrai et défunt père. Toujours prête, mes attaques défensives s'arrêtèrent pour autant. Artiön avait disparu, ce qui n'aurait pas dû avoir lieu, et la créature semblait prendre les capacités de la personne dont elle prenait l'apparence... et Beliandar était un archimage de l'immatériel, ce qui ne me mettait pas à l'aise. De plus, Artiön avait disparu dans le néant... bon... j'allais devoir le suivre, n'est-ce pas ? Je ne connaissais pas la suite !

"Veux-tu bien me regarder cette fois Enoriel ?
- Je te regarde... mais tu ne seras jamais à mes yeux celui que tu prétends être ; le passé ne peut être pris ni rendu, même si la mémoire y étant associée peut subir des altérations."


Je le regardais, droit dans les yeux. Je n'avais pas peur. Seul mon souffle plus rapide qu'à l'ordinaire montrait que le dernier combat avait commencé à m'épuiser. Et alors que mes yeux plongeaient dans les siens, de nombreux souvenirs d'enfance tous plus pourvus de sentiments les uns que les autres envahissaient mon esprit. Souvenirs qui m'arrachèrent une dernière larme, larme qui ne changeait pour autant rien de ce que je pensais.

"Je te vois, et ?"
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 30 Mai 2017 - 20:02

Pourrait-on dire du Gardien qu’il s’attendait à la réaction de la mage du vent ? On pourrait, mais ce serait alors lui prêter une logique qui n’est pas la sienne. Le Gardien n’agit pas, il réagit. Le Gardien n’est jamais qu’un miroir porté sur l’un des secrets de ceux venus le défier, en barrière à la connaissance que renferme son cœur. Le Gardien n’offre la connaissance qu’à ceux qui sortent vainqueurs sur lui. Pour vaincre Ce Gardien, il fallait se vaincre soi-même.

Estime-toi heureux Artiön, de ce qu’Enoriel ait pu livrer le gros de ta bataille à ta place. Estime-toi heureux de pouvoir profiter de cette sensation d’éveil, car elle n’est que temporaire. Elle n’est qu’un indice, l’avant-goût d’un but à atteindre. Elle est la réponse à votre question, la source de la magie des plus grands maîtres et des archimages. Tu en es maintenant bien plus près que tu ne le crois, et Enoriel en était avant cette incursion plus proche encore.
Blâme-toi Artiön, de ne pouvoir aider Enoriel dans son épreuve maintenant que la tienne était terminée. Blâme-toi de ne pouvoir lui offrir la solution à sa propre énigme. Qu’elle ressorte de cette expérience sans les mêmes réponses que toi, et tu en seras le premier coupable ; mais que peux-tu faire à présent à part espérer que Maurquimellë ne prenne pitié et ne l’inspire ?

- Plusieurs fois une seule entité. Vérité de tous et de personne. Je suis à la fois ce que vous fuyez et ce que vous cherchez. Je suis le malheur dont vous avez besoin des faveurs. Le gardien de ce que l’on ne peut voler. Une chose et son contraire. Je suis Faer comme la joie et Nùr comme la tristesse. Mon nom est contradiction, mais je suis maître de logique.

Le souvenir du Mysticiste te réchauffe le cœur. De tous les grands mages du Peninor Angol, Faernùron était à la fois le plus abordable et le plus mystérieux. Il était celui qui acceptait d’enseigner la discipline du Cénacle à ceux qui ne pouvaient y pénétrer, mais aussi celui qui en taisait assez pour obliger qui voulait savoir toute la vérité à se donner les moyens d’y entrer. Faernùron faisait honneur à la philosophie de ses parents et cultivait l’opposition. Aux autres, au passé, mais surtout à soi-même. Se détacher de ce que le monde a décidé être votre vérité n’est que la part la plus simple. C’est construire votre vérité la tâche la plus ardue, car il vous faudra souvent vous oublier pour vous réapprendre, vous détruire jusqu’aux fondations pour les nettoyer, et rebâtir d’une pierre plus solide. Il le répétait souvent, très souvent, trop souvent au goût de certains. Certainement cette créature était-elle ce que l'Anaëh jugea bon de faire naître pour que continue de vivre son héritage.

- Je ne te demande pas de simplement me voir. Je te demande de me regarder. Son cauchemar séparé du tien, la malice de ta créature purgée de ses souvenirs, la falsification de Beliandar s’en trouvait d’autant plus convaincante Peut-être ne suis-je pas celui que tu veux, mais je sais être celui dont tu as besoin, sauf que je ne peux te donner ce que tu refuses de prendre.

Le regard de Beliandar se durcit, jaugeant et jugeant sévèrement celui de celle qui d’apparence était sa fille. Il attend. Il attend patiemment de voir soit la faille se creuser, soit de voir la carapace se durcir.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 30 Mai 2017 - 20:40

J'écoutais, je regardais, j'essayais de comprendre. Joie, tristesse, contradiction... pour le coup je devais avouer avoir du mal à saisir celui qui me faisait face. D'autant plus qu'en réalité une vérité dont mon père ne m'avait aucunement fait part lorsque j'étais encore jeune m'était cachée. Je ne savais pas. Et je me demandais bien pourquoi cette créature me disait que j'avais besoin d'un père ne ressemblant aucunement à celui que je connaissais... d'un gars au sourire morbide et au faciès défait par la mort.

"Je ne te demande pas de simplement me voir. Je te demande de me regarder. Peut-être ne suis-je pas celui que tu veux, mais je sais être celui dont tu as besoin, sauf que je ne peux te donner ce que tu refuses de prendre.
- Je te regarde, ne t'inquiète pas... Et je n'ai pas besoin d'un père, encore moins semblant vouloir attirer dans la mort. Si je devais avoir besoin de quelqu'un, ce serait certainement de celui qui était présent autrefois, ou d'une autre personne. Mais dis-moi, puisque je suis aveugle ou sourde, qu'est-ce que je refuse de prendre ? De qui ai-je besoin ?"


J'en arrêtais là pour mes questions, le ton très neutre. Etrangement, aucune timidité ne perçait ma voix, ne fissurant ainsi ni ne renforçant ma carapace. Parce que j'étais seule. Parce que je savais que dans le Beliandar qui m'observait il y avait du faux, énormément de faux. Peut-être la seule chose qui pouvait intéresser la créature était ce désir de savoir, cette curiosité de comprendre... il me faudrait donc faire attention.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 30 Mai 2017 - 21:11


Ils étaient ainsi les chercheurs. Ils intellectualisaient. Ils posaient des questions. Ils cherchaient le tangible, le concret, sans jamais offrir sa véritable valeur à la métaphore. Pour eux le passé est passé et le futur n’est pas construit. Pour eux puisque l’on ne change pas ce qui est fait, il ne sert à rien d’en imaginer un autre dénouement. Pour les hommes de science, imaginer autrement ce que l’on a vu est mentir, et pourtant, c’est ainsi que l’on guérit.

On se constitue une réalité propre, on s’invente de nouveaux événements ; et puis on les déconstruit, on se résigne à en accepter l’impossibilité, mais au moins le temps que les cicatrices se referment on se sera accroché à eux. Cela Enoriel semble soit ne pas le voir, soit ne pas vouloir le voir. Voilà trop longtemps qu’elle est enfermée dans son cauchemar à tenter de l’expliquer plutôt que d’en faire un rêve heureux. Voilà qu’elle cherche les raisons de sa défaite plutôt que d’en faire une victoire. Parce qu’elle n’est pas La vérité, Enoriel fuit Sa vérité, le Gardien en est la preuve.

- Le mettre en mot c’est te le donner, mais te le donner c’est l’empoisonner. Je ne peux tout t’offrir que si tu prends. Si je te donne alors cela te coûtera ce que tu cherchais. Je ne pourrais me tenir devant toi sans t’être capital. Si je te fais face c’est que je te dois ce que tu attends de moi, et qu’en des siècles de vie tu ne m’as jamais pris.

À chaque mot du Gardien un peu de sa connaissance s’évanouit. Pour chaque indice il retire une pièce de son trésor, mais il est si grand le joyau qu’il renferme, que du peu d’une immensité il reste beaucoup. Marchez dans la lumière pour chasser les ombres, et les flammes des étoiles auront tôt fait de vous brûler. Vas-tu te brûler Enoriel, ou accepter de t’envelopper dans l’ombre que la guerre t’a volé ?

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 31 Mai 2017 - 11:24

"Le mettre en mot c’est te le donner, mais te le donner c’est l’empoisonner. Je ne peux tout t’offrir que si tu prends. Si je te donne alors cela te coûtera ce que tu cherchais. Je ne pourrais me tenir devant toi sans t’être capital. Si je te fais face c’est que je te dois ce que tu attends de moi, et qu’en des siècles de vie tu ne m’as jamais pris."

Je restais là, à le regarder. A essayer de voir au plus profond de ses yeux, au plus profond de l'être, plus loin que ce que pourrait juste vouloir montrer mon paternel. Enfin... l'image de mon père. Je n'étais pas forcément sûre de moi, le silence pesant sur nous deux en attestait. J'avais besoin de comprendre le fond des choses, de comprendre l'essence même de cette créature qui m'appelait. Et à en écouter ses mots, visiblement dénués d'hostilité, la pure objectivité de l'instant présent ne servait à rien.

Non... ces quelques mots qui résonnaient en moi appelaient à la subjectivité du passé.

Les images de mes premiers siècles revinrent, encore une fois, me rappelant à la vie d'autrefois, cette vie où j'avais une véritable attache sentimentale en Alëandir. Jusqu'à ceux où je revoyais l'explosion magique, pour ensuite constater que mon père était allongé sur le sol à seulement une centaine de mètres de moi. J'ai courru, n'étant que mon coeur et non pas la raison de l'ordre qu'on me donnait - l'avais-je seulement entendu à l'époque ? - mais c'était trop tard. Puis le cri, le noir... et le réveil à la maison de soins. Le fait d'apprendre la mort de Beliandar ainsi que le fait que cela faisait déjà plusieurs ennéades qu'il avait été enterré auprès des autres combattants, et que je n'avais pas pu lui dire adieu. Et enfin la mélancolie qui ne quittait pratiquement jamais mon visage... Toi la créature ignoble, toi qui prenais là maintenant la forme de celui que j'avais tant chéri, de mon idole de l'époque, était-ce de cela que tu voulais me parler ? Moi qui cherche un savoir, me demandais-tu d'être en paix avec moi-même, avec mon passé pour me laisser passer, tout comme Artiön devait avoir dû surmonter l'une de ses peurs d'enfance ?

Je baissais le regard, portant mes mains au niveau de mon bas-ventre. Désormais je comprenais... et pour le coup je ne me sentais pas à l'aise en pantalon, habituée que j'étais aux robes même pour les voyages. Comme si j'aurais préféré être, en ce dernier instant devant Beliandar, celle qu'il connaissait mieux. Mais non. J'avais changé, grandi, était devenue plus indépendante et avait commencé à essayer de sortir de sa gigantesque ombre même si pour totalement y parvenir - enfin je l'espérais - il me faudrait m'élever au rang d'archimage.

Il ne se passa rien pendant ces quelques secondes ; la créature semblait attendre, se demandant peut-être ce que j'allais faire, si j'allais l'accepter. C'était à moi de faire le premier pas. A moi d'oser prendre le risque de me faire avoir, de mourir entre ses griffes parce que tout cela n'aurait été qu'un leurre. C'était à moi de m'approcher, de m'aancer jusqu'à ce que nos souffles puissent se croiser. Mes mains s'enserraient l'une l'autre de timidité et de gêne, une partie de moi sachant toujours que le véritable archimage n'était pas celui qui avait la même allure, la même odeur, la même voix que lui... J'osais à peine le regarder dans les yeux, j'osais encore moins bouger maintenant. Puis, après avoir passé bien deux longues minutes à me forcer intérieurement à répondre à cette envie qui aait été autrefois un rêve douloureux, je me laissais enfin à me lover contre lui, posant ma tête contre son épaule et le laissant serrer ses bras autour de ma fine taille. Les mots me manquaient, les larmes elles recommençaient à vouloir couler. Alors je fermais les yeux, me vouant au destion, et dit le seul mot que j'étais capable de prononcer... et qui dans le fond signifiait énormément pour moi vu ce que j'avais vécu.

"Adieu..."
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 31 Mai 2017 - 18:06


- Il t’aimait, du plus profond de son être. Il, car se dire être lui ne servirait qu’à faire germer en la conscience d’Enoriel de nouvelles appréhensions Fier comme il l’était de sa fille, soit certaine qu’il le soit resté jusqu’à la fin.

De son étreinte se dégageait une véritable empathie, une véritable sympathie, presque un véritable amour. De son étreinte se dégagerait tout ce qu’Enoriel serait convaincue d’y trouver, car n’est-ce pas dans son propre rêve qu’elle se trouve enfermée ?
Le monde autour de l’image du père et de la fille entama sa révolution, de l’énergie née de la révolution naquit la destruction. Le ciel fut fait poussière, le sol sable volant au vent et de Beliandar ne resta plus que l’écho de ses mots, et la chaleur de ses mains. Elle grimpa lentement le long de la colonne de la mage cette chaleur, avant de se déverser dans tout le reste de son corps. Elle s’intensifia lorsqu’elle l’eut prise en entière, se métamorphosa en un puissant magnétisme, aussi oppressant qu’étrangement agréable. C’est enchaînée à l’univers tout entier que le Gardien rendit Enoriel à son monde, loin de la tour dont vous sembliez si proches, là où vous aviez vu le ciel commencer à s’assombrir, à tes côtés, et auprès de Vìrin.

Le Gardien lui a éveillé le corps comme il t’a éveillé l’esprit. À chacun de vous il a offert la pièce s’emboîtant le moins bien dans son puzzle. À vous deux il a donné la tâche implicite d’assembler vos expériences pour reconstituer l’image complète.
Tu la regardes, l’air à la fois rassuré et pensif, perdu dans un lourd silence que seul coupaient les bourrasques du vent d’automne se levant sur le plateau, et puis tu te retournes à nouveau vers le bâtiment qui malgré son apparente proximité te paraissait maintenant complètement hors de portée. L’intensité de l’instant en plus de se lire sur vos visages, se reflète à travers les puissantes lumières émanant de vos focaliseurs.

- J’ose à peine imaginer ce que l’on pourrait découvrir d’autre là-bas. tu engages finalement la conversation Le Voile aura décidément été source de bien étranges phénomènes.

Tu lèves la tête vers le ciel, pour y trouver un soleil déjà bien bas. Déjà… alors vous aviez réellement passé autant de temps là-bas.

- Il serait temps de rentrer je pense. Je ne me pense pas la force de vivre ça une seconde fois tu soupires nonchalamment et je pense que l’on a déjà largement assez matière à discuter pour aujourd’hui.


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 31 Mai 2017 - 18:56

"Il t’aimait, du plus profond de son être. Fier comme il l’était de sa fille, soit certaine qu’il le soit resté jusqu’à la fin."

Ces quelques mots, après l'adieu inespéré, suffirent en eux-mêmes à briser la carapace de vérité que j'avais hérigée autour de mon coeur. Je savais qu'il m'aimait, tout comme moi je l'adorai. Qu'il était fier de moi était une chose agréable que j'avais toujours été heureuse d'accomplir. Mais de là à entendre ces mots, prononcés de sa voix, au creux de ses bras... Même si je savais que ce n'était pas lui, tout cela me toucha tellement que je fondis en sanglots, m'accrochant sans même y penser à lui.

Alors le monde ne fut plus. Alors mes perceptions changèrent, le monde autour de moi tourna, s'effilocha, puis me laissa à genoux à terre, ressentant étrangement le flux vibrer dans tout mon corps. C'était plaisant et intriguant. Cela avait de quoi provoquer en moi la folie des grandeurs, ou plutôt la folie du savoir et des recherches. Mais non. J'étais à terre, la tête baissée, une main devant ma bouche, des larmes coulant abondamment sur mon visage et les épaules tremblantes. Je n'avais plus qu'une envie : me recroqueviller sur moi-même afin d'essayer de me concentrer uniquement sur l'essentiel, de ne plus avoir la vision de Beliandar devant mes yeux.

Il se passa un bon moment avant que je ne me reprenne un minimum et qu'Artiön ne s'autorise à prendre la parole. Je lui fus intérieurement reconnaissante de m'avoir laissé le temps de me remettre de mes émotions et séchais mes larmes avant de lui répondre.

"Rentrons donc... mais je m'occupe du voyage du retour."

Je n'avais pas la force de braver la vitesse au-dessus du vide, je préférais largement me laisser planer jusqu'à Daranovar. Je me levais donc et, avec une incroyable aisance qui me déstabilisa, je commençais à me faire voler au-dessus de l'herbe. Un regard à Artiön pour savoir s'il préférait que je l'emmène ainsi ou bien s'il voulait retourner dans sa cité de la même manière qu'à l'aller. Jamais il n'avait dû remarquer telle mélancolie dans les yeux d'une elfe... cela faisaitbien des siècles qu'elle n'avait pas été si grande en moi.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 1 Juin 2017 - 13:25


Tu t’abandonnes à un sourire désolé. Tu n’aurais même pas osé imaginer que votre incursion la mène à quoi que ce soit d’aussi dur. Tu aurais dû pourtant. Ce n’était pas ton premier cauchemar Lanthaloran, et les règles des Gardiens ne s’appliquaient pas qu’à toi. Restait à espérer que la récompense lui soit consolation suffisante, ce dont tu osais, dans l’immédiat au moins, fortement douter. Affronter une sombre part de soi est une épreuve difficile, et ne réagissent pas tous comme toi ceux qui s’y retrouvent confrontés.
Tu avais été celui à briser le silence, mais tu ne parlerais pas bien plus, parce que l’abcès n’était pas encore prêt à être crevé. Te confier à elle aurait été mal placé, parce que tu te sentais léger. Tu te sentais capable à toi tout seul de vaincre sur le monde, et la sensation d’un esprit ouvert sur l’univers entier n’en était pas seule fautive. Grâce à elle, tu avais eu l’occasion de vivre une victoire sur l’incarnation de tes peurs les plus profondes et tu t’en sentais d’autant plus confortable en ta propre personne. L’expérience avait été difficile, honteuse même, mais ô combien libératrice.

- Libre à toi. Je rentrerai comme nous sommes venus. Vìrin n’apprécierait ni de rentrer seule, ni de voir ses mouvements entravés par la magie. Ta main vient par réflexe flatter le flanc du félin C’est une capricieuse, n’est-ce pas Vìrin ?

La Faïra pour toute réponse s’allonge, la tempe posée contre toi avant de te gratifier d’un sonore ronronnement que tu devines exprimer son soulagement. Tu ne tardes pas, Enoriel prenant la voie des airs, à enfourcher ton destrier pour le lancer dans la direction de la Cité encore debout.
Le trajet du retour fut pour toi une sensation unique. Comme Enoriel, tu pris le temps de profiter de la récompense du Gardien, d’écouter plus loin que tu n’entendais avant, d’ouvrir l’œil à des choses que tu ne voyais pas. L’esprit ainsi ouvert, ce n’était pas que la magie qui te paraissait plus vibrante. L’esprit ainsi ouvert tu pouvais entendre la cohorte de sons dans laquelle baignaient les terres de Daranovar. Alors malgré le froid, malgré les neiges, malgré leur petitesse, la flore d’altitude elle aussi chantait. Un hymne bien à elle, plus épuré, plus rustique que ne le serait tu n’imagines le puissant orchestre que doivent entendre les Noss en Ardamir. La flore de Daranovar, éparse et balayée par les vents chantait une ode chaleureuse et accueillante à ton oreille, mais peut-être n’étais-ce que l’amour de ton foyer qui te le faisait percevoir ainsi.

Tu arrivais en ville, et les sensations ne faisaient qu’à peine commencer à s’estomper. Même au sein des pavés, les lichens, les jardins, chaque sapin planté en décoration y allait de sa voix. Pendant quelques secondes la mélancolie te prit, car tu savais cet instant n’être qu’une goutte dans ta vie, que tout cela ne serait au mieux le décor que de quelques jours, et qu’ensuite jusqu’à t’être toi-même rouvert tu regagnerais ta quasi surdité. Alors finalement tu souris, appréciatif. S’il ne reste pas ton présent, cet instant sera au moins inscrit dans ta mémoire. En attendant l’arrivée d’Enoriel, tu resterais là à méditer, et à écouter la pulsation des passants.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 8 Juin 2017 - 11:41

Il était dur de se concentrer sur le présent, aussi avais-je pris le temps de planer au-dessus du vide, ressentant si bien le flux qu'il m'était extrêmement facile d'emprunter les courants d'air pour avancer plus simplement. Au bout d'un moment l'idée que j'imitais les oiseaux m'amusa, mais ce ne fut qu'une seconde parmi de nombreuses minutes. Mon corps entier vibrait sous la magie, et ce fut certainement cette perception qui finit par m'arracher de ma tristesse. En effet, plus le temps passait plus j'avais envie d'essayer, de ressentir la moindre petite note de musique à l'intérieur de moi-même lorsque j'en appelais à la douce symphonie magique. Ce fut pour cela qu'Artiön dut attendre quelques temps avant de me voir enfin arriver : je n'avais pas été tout à fait directe sur le chemin du retour.

Comme d'habitude, je ne dis rien et attendis qu'il s'arrache de lui-même à sa contemplation pour lui adresser un essai de sourire. Puis nous prîmes le chemin de sa maison, sans plus me voir parler. Ce n'est qu'une fois installée à table, un thé devant moi dans l'espoir que je ne m'endorme pas sur place - le fait de m'asseoir faisant retomber toute la fatigue morale comme physique -, que je pris enfin la parole. La tête appuyée lourdement sur ma main gauche, coude posé sur la table, j'étais tellement amorphe que tout ce que j'arrivais à faire était de m'amuser avec le liquide transparent en traçant du bout des doigts de petites arabesques. Je n'avais même plus la force - ou le courage ? - de prendre de ma seconde main la tasse pour la porter à ma bouche.

"Cela fait toujours cet effet-là quand on va au Peninor ?"

Mon regard se leva difficilement afin de croiser les yeux du mage de bataille...
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 8 Juin 2017 - 17:10

La simple marche entre les portes de la Cité et ta demeure, celle que tu avais fait plus de fois que ne pourraient le compter les plus grands mathématiciens du Royaume, avait quelque chose d’irréel. L’omniprésence des flux, les battements des cœurs Daranovans, la pulsation des flux, la Symphonie étouffée par la pierre et le fer, tout se mêlait en un hymne que tu ne saurais véritablement qualifier d’agréable ou de perturbant. Il était, voilà tout. Il faisait partie intégrante du monde auquel les derniers événements t’avaient ouvert. Il était et t’était familier, au vu du temps passé durant tes études à le frôler, à tenter de le toucher, à t’ouvrir à lui, pour te livrer à ton art. Il t’était familier, mais son intensité réelle t’était jusque-là étrangère. Tu ne saurais pas non plus dire s’il t’apaise ou s’il t’épuise, parce qu’il est juste là, à portée de main, et que tes doigts dansant à l’occasion lui arrachent son énergie avec une facilité déconcertante ; mais ton esprit pour se maintenir dans ce rêve éveillé s’agite plus qu’il ne l’a jamais fait.

Ton domicile ne t’aura que rarement paru refuge si doux. Ce n’est qu’en retour de campagne que tu eus l’occasion de vivre ces sensations. La sensation de sécurité que te prodiguent ces murs, les souvenirs encore accrochés à son atmosphère, le soulagement d’être enfin rentré chez toi. Autant de sensations qui devaient cruellement manquer à Enoriel en ce moment même…
Tu pris l’initiative de l’inviter à s’asseoir à table, après quoi tu étais parti chercher tasses et eau à mettre sur le feu. Un coup d’œil vers l’élémentaliste visiblement épuisée te suffisait à comprendre qu’un peu de tisane lui ferait le plus grand bien. Ça, et sûrement une bonne soupe chaude. Tu déposas les deux tasses brûlantes à table, les feuilles qui y baignaient dissimulées par les coupelles en couvrant l’ouverture.

- Elle devrait bientôt être prête. Ton regard part en direction de la salle d’eau Je reviens, pas la peine de m’attendre.

Comme lorsque tu t’allégeais de la masse de ton armure, te débarrasser des cuirs t’était d’un réconfort sans nom. Le contact de l’éponge froide raclant ta peau, laissant sur son chemin un luisant film aqueux était une délivrance. La pression de tes doigts couverts d’huiles aux odeurs fruitées contre ton crâne libéré des nœuds tissés au matin de ta propre chevelure t’était une libération. Face au large miroir de ta salle d’eau, tu pris le temps de longuement masser tes muscles ankylosés, encore légèrement arrondis par le souvenir de l’effort, y déposant au passage le reste d’essences prises sur tes paumes et prenant à l’occasion un instant pour admirer le fruit de ton labeur avec une toute assumée complaisance.
Etais-ce simplement dans cette même complaisance, ou par pure provocation que tu te contentas de passer des pantalons de lin avant de rejoindre ton invitée ? Peut-être un peu des deux, peut-être était-ce pour une toute autre raison, mais c’était chose faite. Tu pris place à la perpendiculaire d’Enoriel plutôt que face à elle, et en te saisissant de ta tasse, constata sans surprise que la sienne était encore pleine. Ce n’est qu’après une gorgée du liquide tiède, la peau frissonnante à cause de la différence toujours notable avec l’air frais, que tu pris la peine de doucement sourire en retour au lourd regard de la Taledhelle et de lui répondre.

- Pas toujours. Tu baisses la tête Mais des quelques excursions auxquelles j’ai participé sur les lieux, c’est la seconde où est apparue cette… chose. Les autres fois les perturbations dans l’éther ne s’étaient pas fait ressentir aussi fortement, mais à cause de la présence des Tava’Mëar nous n’étions pas venu dans le but de récupérer quoi que ce soit. Nous n’avons jamais fait que faire l’état des lieux en vue du jour où nous pourrions enfin entamer les véritables recherches tu claques la langue C’est comme si les lieux avaient compris que l’on était venu prendre. D’ailleurs… tu ris doucement, pris de nostalgie Le… la… le Gardien c’est le terme que tu trouvais le plus approprié auquel on s’est retrouvé confrontés avait quelque chose de Faernùron, l’un des grands noms du Cénacle. La philosophie de Faernùron se basait sur le dépassement de soi par l’opposition à soi. L’épreuve que l’on a traversé avait quelque chose de ses enseignements Tu marques une courte pause Mais en bien plus traumatisant.

Tu ris, avec un peu plus d’entrain sans y être totalement. La pulsation d’Enoriel est puissante, mais lente, irrégulière. Elle est encore touchée par ce qu’elle vient de vivre, peut-être trop pour même essayer d’en rire, alors parce que tu te sais déjà en train d’assez jouer avec sa timidité, à défaut de lui prendre la main, tu te contentes de lui offrir un regard que tu espères au moins un brin réconfortant.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 14 Juin 2017 - 18:41

J'écoutais les paroles de mon hôte, trop crevée pour m'offusquer un temps soit peu du fait qu'il soit torse nu. Je continuais donc à faire paresseusement danser mes fins doigts au-dessus de la tasse désormais tiède afin de faire bouger l'eau comme bon me semblait. Et celle-ci, gracieuse, s'en allait sans peine en direction d'Artiön. Quand il parla du "gardien" qu'il n'avait croisé que pour la seconde fois, les petites arabesques d'eau prirent aussitôt la forme de l'horrible monstre qui avait osé se faire passer pour mon père ; l'eau le représenta tout d'abord comme le monstre pour enfant qu'Artiön avait voulu combattre, puis en Beliandar faisant les cent pas tout en maugréant quelque chose qui ne serait jamais entendu. Puis vint la fin de sa prise de parole, avec la mention d'un ancien maître du Peninor Angol. Maître qui apparut immédiatement aux yeux du mage de la vie, trait pour trait, enfin de ce que pouvait donner comme détails un elfe miniature ainsi que ma propre mémoire. Parce que je voyais qui était ce Faernùron, mon père me l'ayant présenté étant jeune. Pas que je le connaissais particulièrement, mais je me souvenais que Beliandar avait travaillé avec lui à plusieurs reprises. En fait, il était même allé plusieurs fois à Lanthaloran en quelques siècles... mais je n'avais aucune certitude sur ce qu'il avait bien pu faire là-bas. Certainement des choses liées à l'immatériel ou à la manière d'amener la magie au mage comme la transmutation. Ah, les secrets du Peninor Angol... et dire que j'essayais désormais d'en percer certains !

Ma tête toujours nonchalamment appuyée contre l'une de mes mains, je soupirais. Face à Artiön, le mini-Faernùron semblait faire la leçon à son ancien élève, avant de commencer à se balader un peu partout sur la table tout en laissant derrière lui une traînée de thé. Je le regardais se déplacer tout en rapetissant du fait de se priver de sa propre eau, la mine déconfite... déçue... enfin quelque chose comme ça.

"Se confronter soi-même laisse toujours des traces. C'était ce que me racontait mon père, il m'assurait même qu'un mage de l'esprit suffisamment doué était capable de voir chez une personne si elle avait dû subir une telle épreuve ou non. Sinon c'est comme ce petit mage d'eau : à force de se dépasser, on finit par perdre de soi jusqu'à ne plus exister. Je réfléchis un instant, oubliant presque la présence du daranovan. Je me demande bien ce qu'il venait faire là-bas..."
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 14 Juin 2017 - 21:56


Si son visage n’avait pas la force de s’éclairer, au moins lui en restait-il assez pour s’abandonner à son art. Tu te laisses aller tout en parlant à darder de l’œil vers les œuvres mouvantes illustrant tes dires. C’est avec une certaine satisfaction que tu constates ton propre calme lorsque l’infusion prend les traits de ta bête noire. La dépiction de Beliandar elle t’amusait plus que tu n’oserais l’avouer devant sa fille, tandis que la silhouette de Faernùron fait naître chez toi un étonnement presque complet. Tu savais le père de ton invité avoir fait partie du Cénacle, mais tu n’imaginais pas Enoriel avoir eu l’occasion d’assez côtoyer le mysticiste pour en faire portrait si ressemblant.

- Triste manière de voir les choses tu te lèves le temps d’aller chercher ton focaliseur, avant de te rasseoir au même endroit, te laissant à ton tour bercer par ta propre magie Le but n’est pas de laisser derrière soi ce que l’on a été, mais de réagencer notre œuvre première pour en ériger une plus solide. Une sur laquelle on pourra ensuite se hisser pour bâtir l’étage suivant.

Seulement construire une fois prenait du temps, déconstruire était éprouvant, et rebâtir était épuisant. Chercher le ciel en grimpant sur des fondations fragiles était tentant, mais à voir ceux qui sont tombés, on a vite fait de se rappeler que l’on a pour limite que l’éternité.

- Je me demande bien ce qu’il venait faire là-bas…
- Beliandar tu veux dire ? tu prends quelques secondes à soupeser la réaction de l’élémentaliste Il me semble que Farnùron avait fait appel à lui pour étudier les différences d’expression des flux selon les Voies. J’ai souvent entendu Faernùron se demander ce qui l’empêcherait, en tant que mage maniant les arcanes sous leur forme la plus pure, de reproduire l’empreinte d’un sortilège pour obtenir les mêmes effets. Tu soupires Pour autant que je le sache, il n’aura jamais obtenu réponse satisfaisante à cette question. Tu fermes les yeux, poussant l’éther à courir avec intensité à travers ton sceptre C’est dans le but de reprendre cette étude qu’il a entamé celle sur la transmutation, mais il a eu beau creuser qu’il n’aura jamais trouvé le fond.

Lorsque finit par te gagner le silence, et que pour seuls sensations animant ton univers se confondent les bribes de Symphonie et les Pulsations conjointes de la Terre et du Vivant, tu profites pour entièrement t’ouvrir, comme tu le faisais sur les champs de bataille, à la différence près que cette fois tout te semblait couler de source. Le geste te semblait moins forcé, moins réfléchi, plus naturel. Sans plus d’obstacle entre volonté et capacité, sans plus faire preuve de la moindre appréhension, tu te laisses vibrer au rythme du Cœur du Monde. Vaisseau mère de cette immense énergie, ton focaliseur s’imprègne d’une chaleur comme seuls les magiciens peuvent la décrire, il frémit jusqu’à atteindre point de résonance et se laisse engouffrer par de flamboyantes gerbes d’arcane.
Tes yeux se rouvrent pour profiter du spectacle qu’est cette communion plus proche de la perfection que tu ne l’as jamais été. Ton regard, totalement apaisé se pose à nouveau sur Enoriel, comme si tout cela ne fut absolument rien d’exceptionnel.

- Mais pour l’heure, voilà ce que j’ai appris de Faernùron. Passer outre l’angoisse, employer l’intégralité de tes capacités cognitives à l’atteinte du but plutôt qu’à tenter d’en éviter les conséquences Depuis que tu as vaincu le Gardien car tu considères bien cette victoire être son oeuvre plus que la tienne je me sens comme maître de mes gestes sans pour autant les réfléchir. Peut-être qu’il y a dans l’état d’inconscience éthérée un début de réponse à ta question initiale.

Mais accepter cela était soit vous attribuer une chance hors du commun, soit offrir aux ruines du Cénacle une certaine forme… d’intelligence.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Sam 17 Juin 2017 - 21:59

J'écoutais, crevée, faisant limite plus attention au flux que je ressentais en moi, aux vibrations de l'éther qu'à mon petit bonhomme d'eau ou encore les mots qu'Artiön prononçait. Pas que c'était inintéressant, loin de là, mais j'avais quelques peu l'impression qu'une boule de coton avait décidé de se placer entre mon oreille et sa bouche. Aussi je comprenais, mais limite inconsciemment.

"[...] C’est dans le but de reprendre cette étude qu’il a entamé celle sur la transmutation, mais il a eu beau creuser qu’il n’aura jamais trouvé le fond.
- Peut-être n'avait-il juste pas pris la bonne pelle."


Crevée, j'étais. Des bêtises, je sortais. Et pourtant, comme absorbé par tout à fait autre chose, le mage de guerre ne releva pas et laissa le silence s'instaurer entre nous. Sans même me forcer j'utilisais encore la magie de l'eau pour défaire le peu qu'il restait du petit bonhomme liquide et commençais à faire un long ruban aquatique qui s'allongeait, s'allongeait encore, sans perdre de son épaisseur. Suivant juste mes idées sans les réfléchir auparavant, ressentant juste un besoin d'explication sur un point qui me paraissait complètement logique, j'allais sans même m'en rendre partir sur un cours sur la sensibilité à la magie - enfin plutôt une explication de comment je la voyais - lorsque Artiön prit son sceptre et l'utilisa à une fin que je ne vis pas. Tout naturellement, j'arrêtais mon serpent d'eau pour le laisser faire. Même, je fis en sorte que le ruban ne devienne plus qu'une boule bleue qui, au passage, sentait bon le thé. Je la fis léviter jusqu'au creux de mes mains, la rendant ainsi moins imposante qu'au centre de la table.

"Mais pour l’heure, voilà ce que j’ai appris de Faernùron. Depuis que tu as vaincu le Gardien je me sens comme maître de mes gestes sans pour autant les réfléchir. Peut-être qu’il y a dans l’état d’inconscience éthérée un début de réponse à ta question initiale.
- Peut-être... me concernant c'est comme si tout mon corps vibrait en continue sous l'influence de la magie, que je pouvais ressentir chaque fibre de mon être être traversé par le flux. Comme un joueur de harpe pouvant glisser ses doigts comme il le désire et obtenir les sons puis la symphonie rêvée. Et pour le problème de Faernùron, de ce que j'ai pu effectuer comme recherches le fait qu'il ne trouve pas moyen de reproduire les sorts des autres ne m'étonne aucunement. Pour faire simple, c'est comme si la sensibilité magique de chaque elfe pouvait être représentée comme étant la pièce centrale d'un puzzle, une pièce circulaire ou à plusieurs côtés qui aurait des formes différentes un peu partout. Je matérialisais en même temps avec ma boule d'eau que je reformais pour avoir ce que je voulais. Et pour que l'elfe soit réceptif à la Symphonie, la magie de l'eau, de l'air, de la vie, du mysticisme ou autre, il faut que les embouts externes de sa base de puzzle correspondent avec les morceaux de puzzle naturels correspondant à ces filières magiques. Donc même pour celui qui manipule la magie la plus pure qui puisse être, quelque chose l'empêchera dans sa sensibilité magique de pouvoir s'ouvrir aux autres. Sinon il lui faudrait réussir à suffisamment modifier sa propre base pour y arriver, mais surtout sorti de l'enfance, cela devient extrêmement complexe et difficile."


Je me laissais à regarder mon sort continuer à prendre vie, pensive... ou plutôt fatiguée. Pour une fois je restais sur de l'explication simpliste, tiens, je n'allais pas plus loin... c'est qu'il était temps que j'aille me coucher ; ou pas.

"Ce qui est impressionnant avec cette conception de la sensibilité magique - parce que cela reste plus une théorie qu'autre chose - est qu'il existe de rares cas où, pour des raisons souvent incompréhensibles, cette base change. C'est qu'il est donc possible de la travailler et qu'elle n'est pas seulement innée, d'où le fait que des non-mages arrivent à se mettre à la magie à force d'entraînement et de patience. C'est tout un travail que je n'ai jamais suivi mais qui me laisse quelque peu perplexe. Mais ce qui me laisse bien plus perplexe est la constatation au fil des écrits et des histoires, que les Elfes ne doivent pas ressentir les différentes formes de magie de la même manière au fil des cycles ; ce qui expliquerait en partie pourquoi les citadins se sont de plus en plus éloignés de la Symphonie, puisqu'ils y étaient naturellement moins sensibles - ce que le fait de vivre dans des villes n'a pas dû aider, sinon il en aurait été de même pour les noss. J'en suis venue à me dire que l'Anaëh étant une entité vivante en elle-même, qu'elle avait sa propre pièce centrale qui changeait au fil des millénaires. Mais la question que je me pose est par rapport au flux en lui-même : j'ai comme l'impression qu'il en est de même avec la relation entre flux et elfes. Aussi soit je me trompe complètement et que je dois prendre le changement sous un autre angle pour la Symphonie, soit c'est que le flux lui-même est en constante évolution ! N'est-ce pas génial ?"

J'eus un grand sourire. Là, je m'étais réveillée.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 18 Juin 2017 - 2:57

Est un imbécile quiconque croirait un seul mot d’une réflexion devant la magie perdu lorsqu’Enoriel est dans les parages. Apathique comme elle semblait l’être, ton premier réflexe aurait été de lui laisser le temps d’à la fois digérer un épisode à la limite de pouvoir être appelé traumatique et de reposer son corps avant d’entamer une quelconque discussion sérieuse ; sauf qu’il s’agissait d’Enoriel, qui se donnait l’air d’être capable de tenir debout des ennéades durant sans dormir et avec pour toute nourriture et boisson le fruit de ses recherches et de ses réflexions.
La fatigue jouait tout de même. Là où elle se serait probablement perdus en de longs essais couvrant la moitié de ses sujets d’études de la dernière décennie, elle avait presque réussi à se limiter au sujet initial, et sans même prendre le temps d’y plonger plus profond que de nécessaire. Tu l’écoutes la mine soulagée, d’une certaine façon. Soit elle avait compris que l’implicite suffirait à te faire comprendre le fond de sa pensée et ne prenait donc plus la peine de te l’exposer ; soit elle l’avait réalisé depuis le début sans s’en soucier, et n’en tirait profit que maintenant qu’elle était trop épuisée pour réorganiser son train de pensée ; soit l’épuisement la forçait à s’y prendre à la va-vite, et puisqu’elle n’espérait pas te voir comprendre le moindre des mots se battant en duel au creux de son crâne, elle ne prenait pas la peine d’en faire mention. Tu te contenteras des deux premières suppositions tout de même, puisqu’elles sont les seules à te plaire, et à respecter l’amabilité de caractère qui émanait de ton invitée.

Tu t’apprêtais à reprendre la parole quand sa tirade te fit la surprise de s’allonger. Au moins par-là elle te prouvait définitivement l’hypothèse rejetée être fausse. S’étirer en de vagues tangentes ne lui aurait pas semblé si agréable en face d’un public totalement perdu. En face d’un public dubitatif par contre, cela pouvait être stimulant, parce qu’au fur et à mesure de son avancée, ton sceptre perdait en éclat à la faveur des plis de ton visage. Non pas que tu ne comprennes pas son raisonnement, mais il te semblait en certains points questionnables.

- Tu m’excuseras de revenir en arrière maintenant, mais je dois dire que si je ne suis pas étonné que Faernùron n’ait pas été capable de mimer d’autres formes de magie, je continue de penser qu’il était naturel d’aller chercher la réponse au pourquoi dans le fonctionnement du phénomène de transmutation. Ce qui nous prédispose, et nous conserve, dans une des grandes voies de la magie, c’est à mon avis plus l’approche de la transmutation découlant de notre sensibilité que notre sensibilité elle-même. Tu écoutes attentivement les changements de pulsation autour d’Enoriel Après tout, avec un peu d’entraînement, quelle que soit notre manière de percevoir les flux, nous arrivons tous à identifier à notre manière l’empreinte d’un sortilège, et à partir de là, d’expérience, à en imaginer les effets. Si nous sommes capables d’associer une empreinte à un effet, c’est qu’avec la pratique adéquate, nous aurions aussi été capables de le produire. Ton expression se marque à la fois d’un grand sérieux et d’une intense réflexion D’ailleurs, quel que soit les mages les ayant conjurés, deux sortilèges ayant exactement le même effet ont exactement la même empreinte. Les moyens mis en œuvre ne sont pas les mêmes, la perception de l’empreinte n’est pas la même, mais le fait est que pour l’œil étranger, le résultat est le même. C’est d’ailleurs ce détail qui à mon sens rend l’enseignement de la magie possible.

Ton apaisement initial te regagne, tu te remets à mobiliser les flux, tentant de mimer au mieux de tes capacités l’empreinte du sortilège d’Enoriel. En tant que mage de Vie, mobilisant l’éther d’une manière tout à fait différente de la sienne, tu n’arrives qu’à un résultat relativement pitoyable, ayant pour seul effet de perturber le flux sanguin de ta main, et par la même occasion, d’y provoquer une désagréable sensation d’engourdissement, jusqu’à ce que tu ne brises l’enchantement.

- Les mysticistes sont les seuls mages capables de reproduire n’importe quelle empreinte, et la logique voulait qu’à une empreinte étant associé un effet particulier, qu’ils soient capables de répliquer n’importe quel sort. Tu soupires Mais là, je pense que leur approche de la transmutation les empêche d’opérer la dernière étape dans la pratique de l’Art : mouler l’empreinte. J’avouerai tout de même que je n’ai ni idée ni hypothèse quant au phénomène physiologique tangible conditionnant le passage ou pas de cette étape. Je devrai me contenter de dire que ce n’était pas fait pour eux.

Tu avales la dernière gorgée de ta boisson avant de reprendre.

- Quant à ta théorie, je doute fortement que notre base change. Je la pense simplement plus adaptée à une certaine approche, et quand cette approche est plus suitable à l’expression d’une Voie en particulier, ce sera celle que l’on aura tendance à emprunter. Ensuite, à force de nous conditionner à l’application des codes de notre voie et de parfaire le dessin des empreintes de nos sortilèges, il nous devient de plus en plus difficile de s’en détacher pour en constituer de nouvelles… qui en plus depuis le départ nous étaient difficilement approchables. Tu marques une courte pause Pour ce qui est des apprentis au départ peu sensible, ou même supposément totalement insensibles, et bien ils n’ont de différence avec nous que la conscientisation de cette base. Tu parles en connaissance de cause, toi que l’on pensait au départ peu prometteur, tu t’étais prouvé mage d’exception une fois réalisée le mode d’expression de ta sensibilité Disons que là où toi tu imagines le travail de notre pièce centrale, je vois plus une avancée à tâtons, pour mieux en saisir les formes. Tu prends ta mâchoire, perplexe, au moment d’aborder le sujet de la Symphonie, puisque c’était aussi là, et particulièrement maintenant que ton esprit éveillé l’entendait mieux que jamais, un sujet te touchant de près Pour ce qui est de la Symphonie, je doute qu’il soit correct de la comparer d’aussi près aux flux. Les flux sont. Ils existent en tant qu’énergie dans la Création comme existe le mouvement ou la chaleur. Probablement comme toute forme d’énergie au cours de l’évolution du monde leur expression connaît de légers changements, et à force de découverte on aura changé notre manière de l’aborder, mais ce n’est rien qui ne soit comparable aux Chants. Plus tu écouteras les récits des Noss, et plus la Symphonie t’apparaîtra comme une forme de dialecte, une essence reliant les habitants entre eux dans une éternelle conversation sans mots. Evidemment elle se métamorphose au fur et à mesure du temps, parce que sinon ça voudrait dire qu’elle raconte toujours la même chose ! tu ris Le fait est que c’est une langue que nous Citadins ne comprenons pas, ou très peu, alors elle devient une nuisance sonore, et tu sais aussi bien que moi que lorsqu’une nuisance sonore devient habituelle, on finit rapidement par l’occulter. Il aura suffi que notre physiologie suive notre psychologie, et ceux qui au départ avaient jugé ne pas avoir besoin de la Symphonie y seraient devenus sourds. Ton regard fuit vers la fenêtre ouverte, en direction du lointain Et là, contrairement aux flux que nous pouvons facilement apprendre à percevoir, seule notre Mère sait comment nous rendre ce que nous avons perdu. Tes yeux reviennent au contact de ceux d’Enoriel Je n’irai pas jusqu’à affirmer mes sentiments primer sur ton raisonnement, mais avant, j’étais complètement sourd ; le Voile m’a rendu un semblant de connexion avec l’Œuvre, et notre épreuve en m’ouvrant l’esprit m’a aidé à plonger dans le peu que j’ai. Si tu veux bien me croire sur parole, je peux te promettre que les Ornedhels disent vrai. Une fois le cadeau de la Mère reçu, probablement faut-il faire comme avec n’importe quelle langue étrangère et s’appliquer à l’apprendre. Tu soupires Et tout ça m’a l’air bien plus difficile que le Khazalid.

Tu t’éloignes un instant, prenant nonchalamment la direction de la cuisine, pour fouiller à travers les placards à la recherche d’un quoi-que-ce-soit à manger. Une chance pour toi, il avait été fait bonne pêche durant votre absence, et l’on avait visiblement pu te faire cadeau d’une belle prise. Mieux valait pour vous la consommer ce soir d’ailleurs, ta chambre froide n’était pas de celles capables de conserver du poisson pendant bien longtemps. Tu reviens à table, t’occupant machinalement de ta préparation en même temps que tu parlais, fermant à l’occasion l’œil à cause des écailles qui prenaient leur envol.

- Le poissonnier a l’habitude de me voir très occupé alors à l’occasion il passe me laisser un peu de poisson. Au point où j’en suis, je pense que toutes les mains nourricières de Daranovar doivent connaître mes goûts alimentaires tu ris, réalisant que c’est très probablement plus vrai que tu ne le laisses entendre Mais pour en revenir aux conclusions de notre expédition, ce que tu me décris de tes sensations ressemble à la sensation que l’on apprend à dompter en tant que mage de guerre lorsque l’on nous enseigne à prendre conscience de notre corps et de son travail en tant que vecteur. Enfin, je t’en ai déjà parlé, tu imagines ce que risque un mage au combat s’il ignore totalement ce qu’est capable d’endurer son corps. Mieux que de l’imaginer, elle l’a vécu En pratique, ce n’est jamais réellement aussi stable que l’image que tu en peins, mais je pense qu’avec ça on tient quelque chose.

Tu souris comme un enfant à l’idée que cette sensation soit nouvelle pour Enoriel, comme elle aurait très certainement souri, eu-t-elle été moins timide, en réalisant à quel point ta perception de ton environnement était étriquée et tes pensées compassées lorsque tu faisais usage complexe de ton art. Mais après tout, aucun de vous deux n’avait réellement le choix. Son corps à elle était trop fragile pour qu’elle se permette une approche se centrant dessus, alors elle avait compensé en cherchant à voir plus, plus loin et mieux. Elle jouait des détails qu’elle était capable de distinguer dans l’organisation des énergies en sa faveur, à défaut d’être capable de provoquer le mouvement de sa force brute. Toi, au contraire, ayant appris à agir vite, avec poids, et sous la pression, n’ayant pas le temps de t’attarder à observer, tu avais pris pour habitude de jouer de tes limites physique et mentale pour atteindre ton but. À la guerre, ne comptaient que ta cible et toi. Le reste n’était jamais que source d’anxiété qu’il te fallait ignorer si tu voulais pouvoir rassembler assez de concentration pour user de magie.

Sauf qu’elle et toi étiez arrivés bien loin depuis vos débuts. En ce qui te concerne au moins tu te savais bien plus difficilement perturbable qu’auparavant. Ta manière de pratiquer ton art avait évolué avec toi, et c’est ce qui en faisait la qualité et l’efficacité d’aujourd’hui, mais certainement était-il temps d’aller encore plus loin et possible d’y arriver plus tôt que tu ne l’aurais imaginé.
S’opposer à soi-même, briser quelque chose pour rebâtir sur une base plus solide, c’était la philosophie de Faernùron. Enoriel et toi possédiez tous les deux une qualité désirable par l’autre dans votre manière de manier les arcanes. Peut-être était-il temps de tous les deux vous opposer à vous-même et d’apprendre de l’autre.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 22 Juin 2017 - 15:52

J'écoutais Artiön répondre à mes idées plus ou moins farfelues, cette théorie que j'avais commencé à élaborer au fil des ans et des recherches. Bien sûr, comme tout bon mage cherchant à connaître et comprendre la magie et le raisonnement de ses comparses, il rebondit sur certains points pour les questionner. Et, mine de rien, cela s'annonçait intéressant : lui et moi n'avions aucunement la même approche de la magie et essayer de comprendre le point de vue de l'un ne pouvait qu'aider l'autre à se remettre en question. Ah, les recherches ! Que ce soit en magie ou en autre chose, l'idée était de toujours se remettre en question soi et ses connaissances, et d'être capable de prouver ses dires si on le demandait. C'est bien pour cela que je me permettais de répondre à mon interlocuteur quant à la transmutation et les empreintes magiques.

"Concernant les empreintes et le fait de pouvoir faire un même sort, je vois la chose différemment. Certes le résultat est le même, certes sur le plan de l'apprentissage la base peut être similaire voire même identique, mais essayer de reproduire un sort à partir d'une empreinte reviendrait à mon sens à vouloir reproduire une recette de cuisine jusque là inconnue en ayant juste les ingrédients et un aperçu de ce que le plat donne au final. A partir de là, on pourra essayer tout ce que l'on veut, ce ne sera qu'en goûtant que l'on pourra dire s'il s'agit bien de la même recette ou non. La recette, c'est ta transmutation. Mais à cela s'ajoute la sensibilité : de base, nous avons chacun la nôtre, unique, qui nous permet d'être affilié à un domaine magique et de l'appréhender de manière tout aussi unique. Un peu comme l'intuition en cuisine... tout le monde n'a pas la même et ne va pas se sentir tout aussi à l'aise devant des ingrédients assez méconnus à cuisiner, certains n'auraient même aucune intuition. C'est plus qu'une histoire de recette créée à partir d'une intuition particulière, c'est l'intuition elle-même lorsqu'il manque de recette. Est-ce que j'ai été assez claire... ou bien t'ai-je perdu ?"

Par la suite, notre discussion bifurqua sur ma théorie et le fait que la "base centrale", comme je l'appelais, pouvait être changée.

"... Disons que là où toi tu imagines le travail de notre pièce centrale, je vois plus une avancée à tâtons, pour mieux en saisir les formes.
- Il y a des deux. Et justement, généralement on part vers cette découverte à tâtons de notre base, de ses formes, et donc de comprendre comment mettre à profit cette sensibilité. Mais dans certains cas, comme dans celui où un mage de l'immatériel voudrait reproduire un sort de la vie ou de l'élémentaire, il se retrouve confronté à devoir toucher à un domaine auquel il n'est pas sensible. Et c'est là que ça bloque ! Sinon, avec de l'entraînement même moi je pourrais espérer réussir à soigner des elfes. Non, sans parler des rares cas magiques fort difficilement explicables - peut-on seulement les expliquer, en fait - il faudrait se forcer à changer le plus profond de sa sensibilité et donc modifier sa base du puzzle pour pouvoir arriver à faire quoi que ce soit de suffisant."


C'était complexe. Complexe mais fichtrement intéressant. Une énigme que je n'arriverais certainement jamais à résoudre, et qu'aucun elfe n'arriverait jamais à vérifier. Ah, si seulement il existait une quelconque invention nous permettant de pouvoir réellement matérialiser tout ça... Quoi qu'il en soit nous abordions désormais le caractère si particulier de la Symphonie, et c'était avec grande attention que j'écoutais Artiön. Je devais avouer que je n'y connaissais rien en Symphonie, je ne l'entendais même pas. Et pour ce qui était d'apprendre quoi que ce soit dessus, j'avais trop peur des noss pour ne serait-ce qu'oser les approcher ! Aussi finis-je par hocher doucement de la tête, acceptant ainsi de le croire sur parole.

"Je n'y connais que trop peu, aussi je veux bien vous croire. Je dois avouer ne pas avoir réussi à faire la démarche d'aller questionner des noss à son sujet..."

Artiön s'éloigna alors, se dirigeant vers la cuisine. Peut-être avait-il trouvé la force et l'envie de voir s'il avait de quoi cuisiner. J'attendis donc, et petit à petit je sentis la fatigue me reprendre doucement dans ses bras maternels. Une fois le daranovan revenu un poisson frais à la main, je me contentais de le regarder commencer à préparer le repas du soir tout en l'écoutant. Il riait ; beaucoup même. C'était agréable. J'esquissais un fin sourire à ses plaisanteries, sourire qui disparut lorsque les mots de l'elfe refirent monter en moi de funestes souvenirs. Déjà que la mélancolie était constamment présente en moi, alors reparler de ça... non mais il avait tout à fait raison d'en parler. Les mages de sa trempe devaient plus que tout autre mage connaître leurs forces et faiblesses au détail près pour ne pas se laisser submerger.

"Que nous tenons quelque chose ?"
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 22 Juin 2017 - 22:00


Qu’Enoriel ne saisisse pas ce que tu sous-entendait t’étonnait au moins autant que le fait qu’elle se soit attendue à ce que tu accroches à sa métaphore culinaire. Habituellement d’un flegme à toute épreuve, tu dois bien t’avouer avoir été agacé par la question. Ou du moins par ce que tu en percevais. Ton visage se referma, le poisson fut abandonné à son sort, et ton sceptre retrouva et ta main et les flamboiements qui le parcouraient encore il y a quelques instants de cela. Qu’Enoriel te pardonne si c’est cet instant que tu choisis pour lui rappeler à quel point tu étais grand, pour lui apprendre à quoi ressemblait ta poitrine lorsqu’impérialement tu la soulevais, et quelle apparence avait ta musculature lorsque l’agacement la tendait. Qu’Enoriel te pardonne si aussi introvertie que tu l’avais connue, tu t’étais autorisé à te montrer sous une apparence qui plus qu’intimidante, on pouvait aisément qualifier d’effrayante.
Aucun autre mouvement qu’une lente rotation de ton focaliseur entre tes doigts, et la magie se mit à courir les vaisseaux de l’élémentaliste comme la foudre à travers les arbres. Désagréable sensation que celle d’être épiée par-delà le vêtement, par-delà-même la peau, à travers les chairs et jusqu’à la moelle. Puisqu’il lui avait été offerte profonde conscience de son corps l’intrusion devait lui être plus incommodante encore, mais elle ne lutta pas, ou trop peu, car même si elle refusait à l’instant de se l’avouer, elle serait obligée de reconnaître, au plus profond d’elle-même, que rien de cela n’était fait contre elle. Au contraire.

Tu te rassieds, reprends l’écaillage du poisson là où tu en étais, le geste plus abrupt, le regard non plus dirigé vers Enoriel, mais vers la créature heureusement déjà morte. Seul le bruit du couteau contre la peau de la bête crève le silence, rapidement suivi des battements du cœur de ton invitée, évidemment mise bien mal-à-l’aise par ton soudain changement de comportement. Mais tu es aussi fatigué qu’elle, et après avoir tenté de te prouver hôte accueillant et oreille attentive, tu en as assez de devoir chaque fois partir à la pêche aux confessions sur un lac de verglas.

- S’être brûlé une fois n’est pas une raison de rester loin du feu quand le corps a froid. Tu laisses planer le silence avant de reprendre Je veux bien comprendre que la magie soit à l’origine de la faiblesse de ton corps, mais plutôt que de faire comme si tu ne voyais pas l’évidente piste qui s’est tracée devant nous, tu aurais simplement pu me le dire geste et ton s’adoucissent quelques peu Nous n’en sommes plus à nous demander quoi faire. Maintenant il ne reste plus qu’à trouver comment. Tu expires lentement, terminant de reprendre ton calme Je veux bien qu’explorer les limites de ton – nouveau – corps te soit effrayant, mais j’aurais préféré que tu me préviennes plutôt que d’avoir à me poser des questions devant une chercheur qui fait mine de s’arrêter à deux doigts du but.

Effectivement, les mains couvertes du sang d’un poisson que tu vidais n’était pas la meilleure manière de l’annoncer, mais…

- On a l’habitude de ce genre de cas ici tu sais. Tu regardes par la fenêtre, comme capable de voir l’Institut militaire au travers de toutes les autres bâtisses Mais si l’idée de te lancer dans une aventure pareille sans être en possession de tes pleins moyens te gêne, qu’importe le temps que ça prendra, on a les moyens de te soigner.

Du pas en arrière d'Enoriel ou de son silence devant une situation qu'elle aurait à ton sens dû clarifier dès l'instant où tu mentionnais devant elle la dangerosité des méthodes des mages militaires, tu ne sais pas ce qui te frustres le plus. La fatigue te pousse-t-elle à jouer les enfants à la curiosité déçue, ou les figures paternelles trop inquisitrices ? Qu'importe quand dans tous les cas, la réaction est aussi justifiable que disproportionnée.


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Dernière édition par Artiön Sinyàra le Lun 18 Sep 2017 - 2:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Sam 24 Juin 2017 - 20:24

Je ne pensais absolument pas que ma question provoquerait une telle réaction chez Artiön. Fatiguée que j'étais, je n'étais pas sûre d'avoir compris ce que nous "tenions" concernant nos recherches. Je me redressais brusquement sur ma chaise, peu assurée face au mage de guerre fortement musclé qui repenait son focaliseur. Je n'avais pas à craindre de lui... pas de ce que je connaissais du personnage. Mais pire que la simple surprise, ressentir en moi la magie m'envahir comme une maladie perfide sans que je ne puisse y faire quoi que ce soit, une horreur s'engouffrer dans mes veines, frôler mes muscles et os, jusqu'à m'inspecter au sein-même de la colonne vertébrale. Et je ressentais cela certainement plus fortement que je n'aurais dû.

"Artiön... arrête..."

La sensation continuait alors que je me levais, horrifiée. Il parlait. M'expliquait ce que je n'avais pas vraiment compris. M'accusait de ne pas vouloir explorer les capacités de mon corps, de ne pas le lui avoir dit... et me proposait d'y remédier. Mais avec la peur que sa posture m'insufflait et le sang sur ses mains qui n'arrangeait rien, sa réaction finit par provoquer en moi un rejet total de tout ce qu'il venait de dire et faire. Ce n'était pas pour rien que j'avais une peur bleue des noss... et là il montrait tout ce que je craignais.

La boule d'eau qui flottait encore au-dessus de la table se défit et explosa dans la pièce, mouillant ce qui se trouvait à sa portée comme si une bombe d'air s'était trouvée en son coeur l'instant d'avant. C'était beaucoup... c'était même trop pour la mage timide et fatiguée que j'étais à l'instant, sans compter qu'au final les souvenirs récents du monstre du Peninor Angol devaient encore beaucoup m'influencer. Je voulus sortir ; la porte donnant sur le couloir s'ouvrit en claquant et sans demander mon reste, je sortis en courant.

J'avais peur. Cela, Artiön avait pu nettement le lire sur mon visage. Mais ce n'était pas de mon propre corps que j'avais peur... c'était malheureusement de lui.


Artiön me retrouva dans la chambre qu'il m'avait allouée, lovée dans le lit, complètement recroquevillée sur moi-même. Mes longs cheveux d'or étaient détachés et cachaient mon visage fin enfoui au creux de mes genoux repliés. Les bras enserrant les jambes, j'avais fini par céder à la tension et la peur en pleurant. Comme une enfant j'essayais de retenir mes larmes, mais rien... Je pleurais. Je n'en pouvais juste plus et je n'avais même plus la force de me coucher.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 25 Juin 2017 - 0:15

Enoriel n’est pas l’un de tes amis d’enfance. Enoriel n’est pas Daranovane. Enoriel est encore moins soldat, et des simples citoyens elle était parmi les plus sensibles. L’avais-tu oublié, ou n’avais tu pas simplement réalisé quelle était la profondeur de cette réalité ? Restait maintenant que pour toujours et à jamais tu lui avais inspiré la crainte de ta personne. Si tu étais capable d’aller jusque-là, alors jusqu’où ? Quoi d’autre ? Pas grand-chose en réalité, mais si la question était née, elle ne trouverait pour réponse que ce que l’imagination d’Enoriel voudrait bien lui donner.

Tu aurais dû couper court à ton élan dès le premier signe d’inconfort. Tu n’aurais pas dû prendre ses avertissements à la légère. Mais le mal était fait, et tu n’avais plus que ton poisson pour écouter ta complainte silencieuse. La fin de la préparation de ton repas prit des airs de pénitence, la pulsation anarchique de l’élémentaliste rythmant le reste de l’écaillage, puis la coupe des épice, et même le tintement des couverts contre tes dents. Tu avais faim, et malgré tout tu mangeas sans appétit. Tu avais abusé des baies de poivre, du thym et du piment, mais la chair n’avait pas de goût. Les filets étaient crus et froids, mais la culpabilité te brûlait la bouche. Tu terminas quand même de te sustenter avant de gagner l’entrée de la chambre d’Enoriel, te rassurant du fait qu’elle l’ait jugé un abri suffisant. Elle n’avait pas entièrement fui ton domicile, c’est qu’elle t’accordait encore un once de confiance.

Tu ne pourrais pas dire si la voir ainsi en sanglots te donnait envie de la réconforter ou de la sermonner, mais Kÿria sait que l’un et l’autre se seraient certainement tenus la main. Tu t’es déjà prouvé être trop fatigué pour te contenir, et en tant que soldat, il t’incombe de reconnaître tes faiblesses. Ce soir n’est pas le moment, alors tu te contenterais de soupirer de consternation dans l’entrebâillement de la porte, en vue, mais gardant tes distances. Tête baissée, presque dans un murmure ; la honte, un sentiment qui t’es presque inconnu, transpire d’entre tes lèvres.

- Je suis désolé Enoriel, je n’aurais pas dû. Je suis fatigué, j’ai perdu patience et… enfin, il reste une part de poisson dans la chambre froide si tu as faim. Je vais me coucher.

Et tu partis sans plus un mot t’affaler dans tes draps, sachant pertinemment que ce serait une de ces rares nuits où tu peines à trouver le sommeil

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 26 Juin 2017 - 12:31

"Je suis désolé Enoriel, je n’aurais pas dû. Je suis fatigué, j’ai perdu patience et… enfin, il reste une part de poisson dans la chambre froide si tu as faim. Je vais me coucher."

Aucune réponse. Inutile d'essayer, je savais très bien que déjà ça ne servirait à rien, et surtout que je n'en avais plus la force. Alors j'écoutais juste l'elfe terminer ses mots et refermer la porte derrière lui. Qu'avais-tu bien pu penser, Enoriel ? Qu'avais-tu imaginer en rencontrant Artiön ? Certes, il était quelqu'un de gentil... mais il était avant tout un militaire au sein de la plus grande armée protectorale d'Anaëh. Et les soldats, tu les connaissais... tu avais toujours eu du mal avec eux. Vraiment, Eno, tu étais bête ! Enfin... de toute façon ce qui était fait est fait... tu avais lamentablement pris peur et avais rejeté les propos du daranovan. Maintenant, il ne restait plus qu'à espérer réussir à dormir.


Le lendemain, je ne descendis qu'en fin de matinée. J'avais pris le temps de me laver, de mettre une tenue plus habituelle et de regarder par la fenêtre le paysage si particulier. Pour une fois, je n'avais même pas eu l'envie de me pencher sur de quelconques ouvrages, ou encore d'écrire les idées qui me venaient à l'esprit. Non, mon cerveau faisait en sorte de continuellement me faire repenser à la veille, entre l'apparition de mon père, les mots de la créature et la réaction somme toute disproportionnée d'Artiön le soir venu. C'était en raison pour cela que je me laissais regarder par la fenêtre : je me demandais sincèrement quelles recherches mon père venait faire ici, ce qu'il avait pu trouver et pourquoi il ne m'en avait jamais parlé... Nostalgique, j'essayais d'imaginer Beliandar traversant les rues de Daranovar un jour où il aurait fait un arrêt ici en attendant de pouvoir aller jusqu'à Lanthaloran. Inutile de mentionner que lorsqu'Artiön me vit, mon visage était bien triste, mes yeux étaient quelque peu dans le vague et aucune joie intérieure ne venait égayer l'elfe que j'étais.

Je m'assis sur un canapé, regardai le mage de guerre s'occuper de ses affaires tout en me recroquevillant sur moi-même, et attendis. Attendis quoi ? Rien. Juste qu'une quelconque envie me prenne, la première étant certainement celle de lui adresser la parole. Mais pour quoi dire ? Rien. Je n'étais même pas sûre que j'avais à m'excuser. Cela dura quelques temps, je ne saurais dire combien. Je n'étais pas prête à reprendre comme si de rien n'était. Puis je créais une boule d'air, souriant tristement en la voyant parfaitement tourner sur elle-même au-dessus de ma main tendue. Les vibrations de mon être à la création du sort, les autres permettant à celui-ci de maintenir... cela me rappela pourquoi j'étais ici, que j'avais des recherches bien plus importantes que mes simples sautes d'humeur à faire.

"Artiön... ?"


J'hésitais... Pourquoi avais-je prononcé son nom ? Avais-je seulement quelque chose d'intéressant à raconter ? Ou bien peut-être fallait-il tout simplement que je remette à plat les choses pour pouvoir avancer ? Je levais un regard timide sur lui.

"Désolée pour hier soir... si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à demander... même si je ne suis pas grande cuisinière. Et il reste du poisson dans la chambre froide."
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 26 Juin 2017 - 19:43

À l’entraînement le poids de la moindre heure de sommeil manqué se faisant inexorablement ressentir. Heureusement tu avais tout de même fini par trouver le repos, mais à cause de sa médiocre qualité, tous les habitués de l’Académie militaire purent constater qu’il manquait à tes mouvements un peu de force, un peu de précision, un peu d’entrain… nombre d’infimes détails qui rendaient ta prestation bien terne en comparaison à celles que tu avais l’habitude de donner. Durant la course de fond les discussions allèrent bon train, certains s’inquiétant de ce que le travail de restauration des mémoires de Lanthaloran ne te pèse trop sur les épaules, d’autres accusant tes rencontres trop fréquentes - bien qu’elles ne fussent qu’extrêmement rares - avec les chefs Ornedhels du Protectorat, et les derniers se contentant de mettre culpabilité sur le hasard d’une mauvaise nuit. Parce qu’elles arrivaient parfois, et que l’on y pouvait en réalité pas grand-chose.

Entre deux passes d’arme tu confias à qui voulut bien l’entendre avoir en réalité récemment fait un pas de géant dans tes recherches, confirmant au passage avoir correctement mis à profit ta présence à temps partiel. Tu ne te privas pas non plus d’évoquer, sans réellement les détailler, les possibles complications liées d’un côté à la magie résiduelle rendant les restes de ta Cité natale dangereux et de l’autre les deux personnalités extrêmement divergentes que vous étiez, ta collaboratrice et toi. Les rires se soulevèrent aussitôt auras-tu mentionné ton erreur de la veille au soir, et tes regrets devant la manière trop militaire que tu pouvais avoir d’aborder les choses du quotidien.
Les hommes ne tardèrent pas à te faire remarquer comme cela leur était inhabituel et même difficilement imaginable, de t’imaginer ayant le moindre souci avec la gente féminine, ce à quoi les femmes réagirent avant toi, répondant que c’était en grande partie l’aura que portait ta romance avec cette Ardamiri qui mettait tes sœurs à ce point à l’aise.

Malgré la légère baisse de rythme qu’imposait ton état, vos exercices allèrent bon train, et comme toujours, la fin de matinée te vit libéré de tes fonctions et libre de retrouver le chemin de ta résidence.

C’est exactement dans l’état que tu les avais quittés que tu retrouvais tes appartements, ce qui voulait dire qu’Enoriel devait soit s’être absentée le plus discrètement possible, soit être encore au lit. Laquelle des deux options était la bonne, tu n’avais pas le cœur à aller vérifier. Pour l’instant, la seule chose qui te préoccupait réellement, c’était de compenser les manquements de ton entraînement… ou n’étais-ce qu’une stratégie pour pouvoir remettre une discussion délicate à plus tard ? Reste que tu n’avais pas tardé à te défaire de tes cuirs, à dénouer ton chignon et à gagner une paire de collants, pour ensuite t’allonger dos au sol et remettre tes muscles au travail.

Cela faisait un peu moins d’une heure depuis ton retour lorsque le bruit d’un pas à travers les escaliers, n’attire ton attention. Perché à la force des bras sur une poutre, tu t’arrêtas dans ton mouvement le temps de poser l’oreille, puis l’œil, sur une demoiselle dont le poids de la palpable nostalgie semblait alourdir le pas… et l’atmosphère. Elle et toi, dès lors que vos yeux se croisèrent vous étiez enfermés dans le silence d’un commun accord, vous contentant de vous observer en chiens de faïence, attendant d’être pris d’une illumination quant à la procédure à adopter pour renouer le contact. Au bout de quelques dizaines de secondes, tu repris naturellement tes exercices, te contentant de te réjouir silencieusement qu’Enoriel se trouve finalement être capable de te supporter dans ton habit de confort.

L’air te paraissait autant s’appesantir que ton propre corps, la tension entre elle et toi se faisant parallèle parfaite à celle installée dans tes biceps et trapèzes alors que tu mettais tes forces dans une dernière traction.

Entendre ton nom fut l’excuse parfaite pour te donner le droit de lâcher prise.

- Tu n’as pas à t’excuser tu réponds en t’étirant ça fait longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de faire une avancée aussi majeure alors… entre ça et la fatigue, j’ai perdu patience et je n’ai pas pris le temps de réfléchir à une réaction adaptée. Tu n’es pas une de mes collègues de la milice, je n’ai pas à te parler comme ça, c’est tout.

Et sur ces mots, tu sautais pour à nouveau attraper ta barre improvisée, changeant ta poigne pour changer les muscles cibles, et c’est la parole quelque peu gênée par l’effort que tu clôturais cet échange.

- Mais si c’est le poisson… d’hier soir… tu devrais le manger… avant qu’il ne soit gâté. Moi… j’en ai eu ma part.


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 27 Juin 2017 - 11:50

"Merci... mais je n'ai pas faim aujourd'hui. Peut-être tout à l'heure."

Quittant mes yeux marron de l'elfe qui commençait à se couvrir de sueur, je me reconcentrais sur la sphère d'air qui tournait plus ou moins rapidement au-dessus de ma main. Trop parfaite. Dans mon bras, dans ma main, je ressentais trop bien le flux être utilisé de la bonne manière, circulant sans encombres. Mais ce n'était qu'un tout petit sort, rien de bien important ; rien d'utile ; rien qui ne puisse ne serait-ce qu'égayer cette fin de matinée. Et le fait que je ne sache pas comment interagir avec Artiön et que visiblement lui non plus n'était pas pour m'aider... la lourdeur de l'atmosphère en devenait suffoquante.

Je restais un long moment absorbée par mon ressenti intérieur ainsi que l'effet tournoyant du sort, puis finit par mettre fin au sortilège. Un nouveau regard vers le mage de vie qui continuait à s'entraîner, l'écoute du silence... silence que je brisais sans trop être sûre de moi.

"Hum... Est-ce que... Y aurait-il un endroit où je pourrais m'entraîner magiquement ? Je veux dire... sans... sans avoir de problème de meuble et objets fragiles, un espace assez grand..."

Je me recroquevillais encore plus sur moi-même tout en faisant ma demande, désormais tout aussi timide que gênée par la situation dans laquelle nous étions tous les deux. Au moins comme ça je ne le dérangerai plus après... lui pourrait s'entraîner sans avoir de regard sur lui et moi je m'occuperai l'esprit en m'abandonnant à l'Art.
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