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 Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]

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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 27 Juin 2017 - 19:28


Le soleil approche de son zénith, et avec lui l’heure du repas. Mention faite de nourriture il n’y a que quelques dizaines de minutes tout au plus, ton corps ne tarderait pas à quémander, surtout après que tu l’aies exposé à la fois à la fatigue et à une pratique physique plus en durée qu’à son habitude. Tu lâchais enfin ta poutre pour entamer une longue série d’étirements lorsque se fit finalement ressentir la faim.
Il était toujours loin d’en être de même par contre pour Enoriel, qui profita de t’avoir plus disposé à l’écouter pour briser le relatif silence, et se faire l’instigatrice du contact… une seconde fois.

- Tant que tu ne comptes rien faire de particulièrement dangereux, dans l’arrière-cour, il y a une clairière entourant un étang. L’endroit est calme et les arbres coupent en grande partie le vent, donc tu ne devrais pas y avoir trop froid. Il te faudra juste faire de temps en temps attention ; les autres habitants du quartier viennent parfois s’y reposer. Sinon, selon les exercices que tu projettes de faire, tu peux soit rejoindre les mages de la caserne, soit te diriger vers la frontière Sud de la Cité. Les élémentalistes de la ville se réunissent régulièrement de ce côté aux abords de la fosse. Tu réfléchis un instant Par contre, que tu décides de rejoindre le terrain d’entraînement de la caserne ou la falaise, ce n’est pas la peine d’y aller avant que le soleil ne soit un peu retombé, tu n’y trouverais personne.

Et machinalement tu t’étais dirigé vers la cuisine, à la fois à la recherche de quoi te désaltérer et commençant à sertir ton plan de travail pour la préparation du repas.

- Tu me diras que je te harcèle, mais tu devrais vraiment en profiter pour manger un peu.

Ne resterait plus qu’à espérer que l’odeur des galettes de méroca et de la farce de champignons et de légumes la mette assez en appétit pour qu’elle accepte d’avaler quoi que ce soit. Elle n'avait pas choisi la clairière, c'est qu'elle comptait bien ne pas se contenter de murmurer à la brise. S'il lui restait le moindre souvenir de la veille au soir, et puisque ton hypersensibilité s'est à peine dissipée, tu es persuadé qu'il lui en reste, peut-être, et tu l'espères, s'obligerait-elle à sortir du jeun avant de s'éprouver.

- Je t'accompagnes après le repas.

Ne t’attendant pas à ce qu’Enoriel s’empresse de suivre ton conseil, c’est à toi qu’il revint de terminer le poisson, et de consommer à sa suite la plus grande partie de ton second plat. C’est en silence que tu fis ton repas, et en silence toujours que tu quittas la table pour aller te décrasser des suies du matin et remettre un peu d’ordre dans ta crinière.

Des collants de laine épaisse d’un profond bleu nuit, dont la taille te remontait jusque sous la première paire d’abdominaux ; des chausses de cuir noir d’une élégante simplicité ; et pour tout par-dessus une robe d’une soie turquoise si fine qu’elle laissait aisément paraître ce qu’elle se proposait tenter de couvrir. Aussi provocante qu’elle put objectivement paraître, la tenue lorsque tu la portais, dans sa légèreté prenait une allure très noble, presque cérémonieuse, que le blanc de tes cheveux t’ondulant librement sur les épaules complimentait à la perfection.

On comprendra très vite que si tu l’accompagnais, tu profiterais de cette occasion pour sortir, et que ta destination de l’après-midi était loin d’être la caserne. Tu n'en dirais cependant rien tant qu'elle ne te poserait pas la question, toujours te contentant de ce que tu estimes être le minimum nécessaire de dialogue. Laisser à Enoriel l'initiative de l'instiguer semblait jusque-là être une tactique efficace. Elle continuerait à s'extirper de sa coquille, tu prendrais le temps d'observer quelles étaient ses limites, et avec un peu de chance, le malaise ne s'instaurerait plus si profondément entre vous.
PS:
 

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 26 Juil 2017 - 14:11

Bien... au moins y aurait-il un endroit où je pourrais ne blesser personne. Pas que ce que j'allais faire allait être en soi-même des plus dangereux, mais j'avais appris à me connaître en sent cents ans... Vu à quel point j'étais renfermée sur moi-même, je me doutais que je risquais d'avoir besoin de laisser mon intuition s'exprimer plus que mon propre esprit. Et dans ce cas, il valait mieux que personne ne se trouve à côté de moi. On ne sait jamais jusqu'où je peux me laisser porter.

Avant de partir, je consentis quand même à manger une galette de meroca histoire d'avoir quelque chose dans le ventre. Le simple fait de manger aurait dû me rouvrir l'appétit, mais il n'en fut absolument rien. Pour tout dire, mon état psychologique était tel que j'eus du mal à avaler la galette, même si cela avait plutôt bon goût. Puis je remplis ma gourde d'eau, mit mon livre de recherches dans mon sac et attendis qu'il soit l'heure de partir. Je ne comprenais pas pourquoi Artiön voulait attendre qu'il y ait du monde là où nous allions ; j'avais juste envie de me changer les idées, d'être seule. Quoi que j'en pense je n'étais pas chez moi, aussi j'attendis sagement jusqu'à ce que nous partions.

Aucun mot. Une tension toujours palpable entre nous, que chacun désirait visiblement voir brisée par l'autre. Cette fois-ci, je n'avais aucunement l'envie de faire l'effort. Je préférais rester dans mes pensées de la veille et dans mes ressentis. C'était mon petit monde, le cocon bienfaiteur dans lequel je me réfugiais. Cocon dans lequel je n'avais envie d'inviter personne pour l'instant, même s'ils étaient également des mages manipulant les éléments naturels. C'est d'ailleurs ce que comprirent mes confrères en voyant ma tête profondément triste et mon manque flagrant d'ouverture à ceux qu'ils étaient. Je dis juste bonjour, avant de regarder autour de moi le paysage magnifique et pourtant immensément vide. Il y avait tout ce qu'il fallait ici, pour la magie. Après avoir timidement prévenu qu'il valait mieux que je reste seule, je me plaçais tranquillement sur une étendue d'herbe verte où je ressentais une faible brise, à côté d'un point d'eau - une rivière de montagne. Recroquevillée sur moi-même je regardais pendant un long moment ce paysage auquel je n'étais aucunement habituée, me laissant imaginer Beliandar passer du temps à admirer cela, lui qui adorait tout ce qui sortait de l'habituel. Puis, au bout d'un moment, je ressentis le besoin de me lier à ma manière à cette nature pleine de vie.

Laissant sur le sol mon sac, je me levais puis m'approchais de l'eau claire et tranquille. Délicatement je me défaisais de mes chaussures, les faisais léviter jusqu'au sac puis put prendre un grand bol d'air frais, bras ouverts au vent et tête levée vers le ciel. Les yeux fermés, je me contentais juste d'écouter et de ressentir ; de non pas juste produire un sort, vraiment de le vivre. Ce qui était autour de moi n'existait plus. Juste la terre, l'air et l'eau, pas les gens. Le regard des autres, leurs pensées... cela ne valait rien et de toute façon ne m'atteignait pas. Alors je me laissais happer par la brise, pris l'existant telle une marionnettiste joua avec les fils invisibles de l'air pour rendre le faible courant d'air de plus en plus puissant. Pour quoi faire ? Je n'en savais rien... je n'avais absolument aucune idée du sort que j'allais réaliser.

Je ressentais. Tout, absolument tout ce que je faisais, bien plus que d'habitude. A la fois sentiment d'extase et grande tristesse, mon corps dansait sous l'égide des ficelles éthérées alors que mon coeur et mon esprit s'enfermaient dans la douleur des souvenirs. Le gardien de la veille, les rires d'enfance, les questions demeurées sans réponses quant à certains départs de Beliandar pour des recherches, la mort, les pleurs... Les yeux toujours fermés, je ne vis pas l'ouragan protecteur que j'étais en train de créer ; je n'aperçus pas une partie de l'eau être balayée alors que je me rapprochais d'elle, les gouttes d'eau s'ajoutant à l'air, toujours plus nombreuses. Comme des langues d'eau, elles représentaient le passage de mes mains dans le vide, un bal dont on ne pouvait reconnaître le plafond du plancher.

Mon corps, mon être tout entier vibrait.

Alors l'une de mes mains se posa sur quelque chose de froid et dur, situé juste en face de moi. Je m'arrêtais. La magie se stabilisa dans et autour de moi, quelques perles d'eau tombèrent, me faisant ouvrir les yeux. J'étais face à un mur de verre, tout un dôme qui me couvrait sur plusieurs mètres de diamètre, une protection demi-circulaire autour de laquelle l'air et l'eau dansaient doucement, formant des arabesques magnifiques. Je reculais, surprise de ce que j'avais moi-même créé, détachai ma main de la glace et eu un sursaut en ressentant mon pied plonger dans l'eau. La rivière... Tari... je tombais alors à genoux, des larmes coulant sur mes joues et se mêlant à la pluie interne au dôme.

Je tremblais. J'avais froid.

Alors je me souvins qu'autour de moi existait tout un monde compoé d'elfes capables de voir et de penser. Que je me trouvais dans un lieu où se trouvaient d'autres mages, des inconnus. Toujours dans ma bulle d'eau et d'air, à genoux dans la rivière, je baissais la tête... et me couvris de l'eau de la rivière, comme si je me revêtais d'un châle de laine, afin de ne plus avoir froid. Afin de dire au-revoir à mes souvenirs de la veille, enfin. Afin de ressentir la magie vibrer toujours en mon être.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 26 Juil 2017 - 21:10


Impossible de vraiment dire si ce silence était synonyme de succès ou d’échec. Au moins les choses n’empiraient pas, c’était là un bon point. Mieux encore, elle osait te suivre, prouvant que si vous étiez l’un face à l’autre toujours gênés, la confiance n’était pas encore complètement morte. Il suffirait de donner encore un peu de temps au temps. Ces quelques instants en tête à tête avec sa nature seraient un bienheureux commencement. Tu offres un au-revoir chaleureux quoiqu’attristé à ta camarade avant de faire demi-tour, la laissant en présence des quelques mages s’affairant déjà à manipuler les essences minérales pour reprendre le chemin de l’intérieur de la ville, une dernière indication en tant que marque de séparation.

- Au moment de rentrer, demande à ce qu’on te conduise à la maison Laergûl. Tu me retrouveras là-bas.


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~



- Et ça Emeril ? Quand est-ce que tu m’apprends à faire ça ? Et ça ? Je pourrai faire ça tu penses ?

L’ouragan blond pointe un à un ses aînés du doigt, s’émerveillant de ce qu’eux tous sont capables de faire, sans jamais réellement accorder à chacun le temps nécessaire à digne contemplation. Le jeune elfe, du haut de ses huit décennies se tente sans le moindre recul à singer dans la mesure du possible les sortilèges travaillés par les autres arcanistes, leur arrachant plus souvent que jamais un sourire au détour de leurs arabesques.

- Regarde Emeril ! Ça je sais faire ! Papa m’a montré la dernière fois !

Le môme tend le bras, laissant pendre à son poignet le pendule hérité de sa tante, puis entamant méthodiquement un mouvement de balancier. Les gouttes se rassemblent autour de l’objet, se coalisant en un amas aqueux de plus en plus important. C’est à peine un grain de poussière, puis c’est un caillou, puis une bille, et finalement, comme un petit galet en révolution autour du focaliseur de l’enfant.

- Attention Ril, tu vas voir comme je suis super fort !





La balance imposée par l’enfant devient rapidement complètement folle, et plutôt qu’un mouvement continu et logique l’objet s’affole en des cercles chaotiques. Autant dire que le sourire qui s’affichait déjà sur le visage de l’accompagnatrice de l’apprenti magicien s’était agrandi d’avance, la demoiselle ayant déjà prévu que…

- Trop fort ! Tu es tout mouillé maintenant !
- Ça veut dire que j’ai le droit d’aller me baigner alors !

Pas la peine de tenter de lui répondre, il avait déjà laissé sa chemise au sol et était parti à toutes jambes en direction de la rivière. Que l’on ne s’y méprenne pas, ni le froid ni les histoires comme quoi le courant le jetterait dans la fosse ne l’arrêteraient. Il était bien assez habitué à fréquenter ce bassin pour savoir qu’il ne risquait rien, et l’on aura bien compris qu’il n’y a pas meilleure barrière à la morsure du froid que la folie juvénile… si ce ne sont les véritables barrières de givre fermant à l’enfant l’accès à son aire de jeu.

- Mais ! l’enfant trépigne, portant son regard en arrière, agacé de devoir attendre l’incertaine intervention de sa sœur pour aller au bain Tant pis ! le focaliseur est sorti Il va voir de quel bois je me chauffe, ce truc !

Au prix de toute sa concentration, et de balancements frénétiques de son pendule, Uirphen gratte tant bien que mal à travers la barrière de glace, se réjouissant de chaque millimètre d’avancée. À son arrivée Emeril se contente d’observer, moitié fière, moitié inquiète de ce que pourrait penser le mage à l’origine de l’œuvre – s’il on peut l’appeler ainsi – de l’intervention de son petit frère. Dans le pire des cas il s’agirait simplement de reconstruire. L’ouvrage avait quelque chose de brut, de naturel au point que cela laissait à penser que son créateur ne devrait avoir aucun mal à le renouveler, et de tout son cœur Emeril espérait que son analyse fut correcte.

- J’ai réussi Ril ! J’ai réssi ! les yeux d’Uirphen perdent brusquement leur joviale étincelle et braquent sur la femme ayant tenté de le priver de son aire de jeu Une voleuse ! Des mouvements chaotiques du pendule se traduisent par d’inefficaces éclaboussures au visage de la thaumaturge, ce qui n’eut pour effet que de pousser un peu plus l’enfant à l’emportement Voleuse de rivière !!

Abandonnant l’idée de la vaincre par la magie, le jeune sylvain s’élance à grandes enjambées vers son ennemie, et se serait probablement jeté sur elle pour l’emporter à l’eau s’il n’avait pas été retenu par une grande sœur confuse, forcée de présenter ses excuses à une élémentaliste probablement toute aussi confuse.

- Veuillez nous excuser quimellïnya, mon petit frère Uirphen est un peu trop en forme pour son propre bien. Je pensais lui laisser champ libre pour creuser son chemin jusqu’au bassin anodin, mais je n’imaginais pas qu’il s’en serait pris à vous avec autant de... passion.
- Mais tu dis quoi là Emeril ! Aide moi ! pas de pitié pour la voleuse de rivière !


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


- Qu’est-ce que tu veux encore Artiön ?
- Bonsoir, othanno.
- *Sigh* le vieil elfe roule des yeux Bonsoir, onònion.

Le grand blond au visage durci te tend avec hésitation une chaise, et t’invite à t’asseoir, pour ne finalement rien faire de plus que t’observer en chien de faïence. Lùthanar n’est plus le même depuis la mort de sa sœur, et sait pertinemment que rien de ce que tu pourrais lui dire n’irait sans la lui rappeler. Par la Mère et ses Ëalas, ton visage à lui seul lui suffisait. Heureusement pour toi, il y avait encore une once de sympathie à ton égard dans ce regard vindicatif, mais tu devrais t’atteler à ne pas en abuser, car il s’en faudrait de peu pour que ton oncle perde patience.

- J’ai obtenu des Tava’Mëar l’autorisation de fouiller les ruines de Lanthaloran. Mon objectif premier est de rassembler tout ce que je peux des recherches du Peninor Angol, mais s’il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour t…
- Tu en as déjà fait bien assez ! il aurait frappé du poing s’il y avait la moindre surface plane à portée Va-t-en maintenant, notre Mainyth doit bien avoir quelque chose à faire non ?
- Oui, et c’est ce qu’il fait déjà.

Et comme à voter habitude vous resteriez probablement là sans dire grand-chose, lui appréciant sans jamais le montrer ton insistance à lui tenir compagnie, et toi profitant de ce moment avec la seule famille qu’il te reste.

Fusse-t-il imparfait

Traductions:
 

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Enoriel
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Ven 11 Aoû 2017 - 12:43

La voleuse de rivière ?

Après un long moment à ne pas réagir aux assauts de l'enfant perturbateur, ses tentatives magiques n'ayant aucun effet sur moi - surtout sous la bulle que j'avais créée - et sa soeur l'empêchant de me sauter dessus. Ce n'était qu'un gamin... et pourtant il était encore debout, à vouloir sa rivière à tout prix, visiblement pas même fatigué par l'exploit qu'il venait de produire en venant jusqu'ici. J'avais ressenti sa présence, je l'avais ressenti grignoter au fur et à mesure la glace, cela m'avait même étrangement énormément touchée. C'était comme s'il m'avait rongée moi, au fur et à mesure, et cela avait été très désagréable. Au début j'avais voulu réagir, geler sur place la chose indésirable, puis heureusement pour l'inconscient, j'avais remarqué ce qu'il était et donc me doutais du fait qu'il ne pouvait se douter de la dangerosité de ce qu'il entreprenait. Je l'avais donc laissé faire, prenant le temps par-là même de réfléchir et de me reposer. Désormais qu'il était passé avec la dame, désormais que plus rien ne tentait de passer à travers la glace, je me laissais répondre au besoin qui me dérangeait de plus en plus. Avant même de répondre aux propos de la femme, je tendis le bras vers la faille et laissais la magie opérer, mon bras tremblant sous toutes les magnifiques sensations qui me traversaient de par en par. Ce n'est qu'une fois la glace reconstruite que je tournais mon regard fatigué vers les deux elfes.

"Il est dangereux d'entrer dans le sort d'un mage sans savoir ce qui se trouve à l'intérieur, et encore plus d'essayer de défaire ce sort. Si je n'étais pas revenue à moi vous seriez morts à l'heure qu'il est."

Il y eut un blanc gêné, un manque de réponse de la part de la dénommée Ril en comprenant la situation. C'était exactement pour cela que je préférais être dans un coin tranquille lorsque je me laissais complètement aller à la magie... je savais pertinemment que je pouvais être dangereuse. Le gamin, lui ne comprit pas ma remarque ou du moins préférait en rester à "sa rivière" que je lui avais "volée". Après un soupir je regardais Uirphen avec un léger sourire. J'étais moins timide envers les enfants que les adultes, et lorsque j'étais fatiguée on me pensait relativement normale.

"Tu veux la rivière, c'est cela ?"

Qu'il me dise oui... et en fonction de la manière dont il me parlerait, il aurait peut-être bien une correction en même temps que de l'eau !
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 16 Aoû 2017 - 13:27

Autant Emeril savait faire preuve de patience avec ses jeunes pupilles, autant la magicienne était fière. Les doux traits de son visage, et l’expression avenante et enjouée qu’elle affichait en quasiment toutes circonstances avait tendance soit à le faire oublier, soit à empêcher à ses congénères de le déceler, n’en reste pas moins que la première remarque d’Enoriel avait suffi à assez la piquer dans son orgueil pour qu’elle choisisse de se ranger du côté de son jeune frère, qui considérait déjà l’élémentaliste comme une empêcheuse de tourner en rond. Elle était une adulte cependant, et en tant que tel, elle se devait de montrer l’exemple à son cadet, bien conscient d’à quel point elle pouvait être froissée, et lui montrer qu’il n’était pas correct de faire une scène de ce genre de situations, peu importe qu’il soit ou non dans son droit.

Il y eut un blanc gêné, le temps que l’elfe réfléchisse une manière respectueuse de communiquer, ce qui laissa l’opportunité à l’empêcheuse d’à nouveau adresser la parole au trouble-fête.

- Moi je voulais juste aller me baigner avant de rentrer à la maison, mais votre truc prend tout le bassin ! le môme fait la moue En plus, on peut même pas aller un peu plus loin, parce que ça change l’écoulement de la rivière, et que du coup les courants sont bizarres, et moi j’ai pas envie de tomber dans la fosse. Il relève la tête, le regard décidé Alors moi je me suis dit que j’allais sauver le bassin ! Mais je savais pas qu’il y aurait une madame là-dedans, mais vu que vous étiez-là, ça veut dire que c’est vous la voleuse de rivière, alors je devais vous vaincre et vous ramener au tribunal pour sauver la rivière ! Mais Emeril a pas voulu m’aider et il recommence à faire la moue.
- Et vous savez, Emeril ne peut empêcher son sourire de prendre des airs nerveux le danger que représentent les créations d’autres mages je le connais. Si j’ai laissé mon petit frère s’approcher, c’est bien parce que je me sais capable de gérer la situation.

S’il est bien une trace du service militaire d’Emeril qui lui est restée, c’est son goût pour les duels entre élémentalistes, et de cette pratique elle garde une capacité plus que décente à contrecarrer la magie d’autrui. Certes, l’orgueilleuse n’irait pas se dire meilleure mage que l’empêcheuse de tourner en rond, mais en dessous au point d’avoir à craindre pour sa vie devant un mage ne cherchant pas activement à se débarrasser d’elle… certainement pas.

- Mais du coup, vous êtes une méchante ou une gentille ? Parce que j’ai envie de me baigner moi, alors faut que je sache si il faut vous envoyer au tribunal ou pas.


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Ven 18 Aoû 2017 - 15:55

J'écoutais le petit elfe m'expliquer pourquoi il était là, fait qui m'amusa tant l'enfant était sincère dans ses propos. Un fait qui changerait avec l'âge, certainement, alors autant jouer le jeu... du moins avant qu'il ne parle de tribunal. Pour ce qui est des propos de sa soeur, je préférais ne pas répondre. Peut-être était-elle une mage douée, et vu l'endroit où nous étions certainement était-elle mage de guerre... mais je ne m'étais jamais sentie aussi proche du flux, autant envahie par lui. Alors sachant ce que j'avais déjà fait comme "prouesse" magique, j'étais incapable de savoir si j'étais capable de m'arrêter à temps et si non, si cette femme était capable de se protéger elle et son petit frère. Alors autant ne pas partir dans de longs débats, d'autant plus que je devais prendre du temps à cette femme, la déranger. Et je n'aimais pas ça.

Ma timidité maladive revint en même temps que cette maudite pensée : je n'étais pas chez moi, je dérangeais, gênais... et je préférais rester seule qu'essayer de faire la connaissance des autres, pour le coup. J'écoutais à nouveau le gamin, la mélancolie désormais encore plus visible sur mon visage, qui me demandait si je devais passer au tribunal ou non pour pouvoir sauver la rivière. Je réfléchissais un instant, ne sachant pas trop quoi répondre, avant de finalement tendre mes bras sur les côtés, une paume tournée vers la vivière, l'autre vers le ciel.

"Parce que je suis gentille, je vais te laisser à ta rivière... mais fais attention à toi avant, parce que je vais défaire ce que j'ai fait. Regarde et surtout, ne touche rien."

C'était un message autant pour lui que pour sa soeur. J'avais une idée de comment arrêter la pluie à l'intérieur de la bulle, mais j'étais incapable de savoir si la glace allait fondre ou bien se briser en mille morceaux puis tomber sur nous. Je fermais donc les yeux, revisualisais l'entièreté de la bulle et des personnes prises dedans, et en appelais à l'eau dans laquelle j'étais encore assise. Une fois l'élément maîtrisé, je retournais ma main de sorte à ce que sa paume soit elle aussi tournée vers le ciel et commençais à faire un mouvement ample du bras. L'autre le rejoins et ensemble ils provoquèrent un magnifique tourbillon d'eau englobant toute la sphère. Chaque parcelle de glace était cachée par l'eau qui entrainait avec elle galets, poissons et autres. J'ouvris les yeux, regardais un instant... c'était magnifique, j'avais l'impression d'être dans une rivière mouvementée. Mais je le savais, je le ressentais, la glace restait.

Cela dura quelques minutes, tout au plus. Puis je réussis à me concentrer pour faire fondre l'épais couvercle de glace et mélanger son eau à celle de la rivière. Tout en ce faisant, je sentis comme une parcelle de mon propre être fondre, à l'instar de si j'avais essayé de défaire une partie de ma propre âme. Tristesse... douleur... Des larmes salées coulèrent le long de mes joues. Mes bras retombèrent, ma tête fit de même et d'un lent mouvement de la main, j'invitais toute l'eau retrouvée retourner à la rivière, délicatement. Le châle liquide qui me recouvrait fit de même.

La sensation de vide s'installa en moi. Un vide ô combien profond qui... qui...non, rien. Autant en rester là. Je me relevais sans regarder les deux elfes, m'écartais de l'eau et fis cette fois-ci appel au vent pour que je sèche le plus rapidement possible. Parce qu'entre la rivière et la pluie, j'étais trempée jusqu'aux os... bien que ce ne soit pas pour me déranger. Mes yeux se portèrent seulement à ce moment-là sur les deux mages, qui avaient encore les traces de la pluie sur eux. Le gamin faisait une de ces têtes...

"Voilà, la rivière est revenue à la normale. Je ne vous dérangerai plus maintenant, il faut que je retourne voir quelqu'un. Bonne fin de journée."

Puis je repartis vers la cité avec le peu d'affaires que j'avais emmenées - et que je séchais bien rapidement. La sensation de vide bien ancrée en moi, j'avais froid... vraiment froid... et je n'arrivais pas à arrêter ces fichues larmes de couler.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 21 Aoû 2017 - 0:36



- T’as vu Ril, t’as vu ? Quand est-ce que tu m’apprends à faire ça aussi ? Quand je saurai faire ça je pourrai inviter les copains et on aura la rivière pour nous tout seuls !
- Je t’apprendrai un jour Phen, mais j'espère que d'ici-là tu auras appris la patience.

Même pour la plus expérimentée de la fratrie, le geste de leur consoeur avait quelque chose de merveilleux. L’expression de sa magie avait quelque chose de particulier, passant bien loin au-dessus d’Uirphen, mais inspirant plutôt que l’habituelle admiration, une certaine mélancolie chez son aînée. La glace pleurait des milliers de larmes plutôt que de vouloir devenir poussière liquide remise à la rivière, le tumulte prit avec lui toute forme d’existence, en révolution dans le ventre d’un chaos organisé, appelé par la mage pour vaincre sa propre création.

- Ril ! Les poissons ! Il faut sauver les poissons !
- Calme-toi Uirphen, ils ne risquent rien. Ils bravent des courants bien plus terribles lorsqu’ils remontent de la fosse tu sais.

De longues minutes de sanglots hargneux, de longues minutes d’une danse macabre, là où un mage de son acabit n’aurait pas dû tant peiner, et tout devenait instantanément plus clair. L’avertissement se justifiait, car en s’attaquant à la bulle dans laquelle elle s’était isolée Uirphen ne s’attaquait pas à une simple construction, mais à une métaphore d’elle-même. L’art qu’elle pratiquait en ce moment même n’était pas le fait d’une maîtresse élémentaliste, mais l’imprévisible tableau peint par une âme en peine.

- La rivière !

La stupeur avait vite fait quitté le visage du petit être impressionnable à la faveur d’un sourire à en faire fondre les glaces déjà liquéfiées. Il faudrait se contenter pour au-revoir venant de la part de l’enfant des quelques signes de main lancés à tort et à travers en direction des adultes au cour de ses batifolages aquatiques. Les lèvres d’Emeril, elles, eurent du mal à s’ourler vers le haut. Ce genre de peines, si elle en reconnaissait si aisément l’expression dans la magie Sylvaine, c’est parce qu’elle y avait perdu sa tante, il y a fort longtemps.

- Kÿria prenne soin de vous.

Formule de politesse dans la majeure partie des cas, véritable souhait dans celui-ci.




 
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- Uirphen t’a en haute estime tu sais. Il soupire lascivement Il y a de grande chances qu’il s’engage dans l’armée après son service militaire.
- Il est encore jeune. Il y a aussi de grandes chances pour qu’il se prenne de passion pour tout autre chose au détour d’une rue.
- Tu ne connais pas mon fils comme je le connais, onònion. Ce genre de flammes est de celles qui ne s’éteignent pas. Il baisse les yeux, pensif S’alliancer avec une famille de soldats… quelle idée a bien pu passer par la tête de Gelluives.

À nouveau il ressassait, à nouveau les larmes encore aujourd’hui retenues par Lùthanar vous plongeaient dans un douloureux silence. Un silence comme seule forme concevable de communication entre un bourreau innocent et une victime accusatrice. Un silence motivé par un amour qu’aucun de vous n’ose exprimer autrement, à cause de la distance qu’a creusé la mort entre vous. Un silence motivé par l’orgueil de deux hommes refusant de se pardonner à eux-mêmes la douleur qu’ils ont pu causer à l’autre.

- Tu as pu trouver quelque chose ?
- Malheureusement non. Je n’ai même pas réussi à atteindre la tour.
- C’est peut-être pour le mieux. Mes tripes me disent qu’il y a des choses là-bas que tu n’es pas encore prêt à voir.
- Que ce soit magnifique ou atroce, je me demande s’il y a la moindre chose là-bas que je n’ai pas déjà imagin…
- Toujours à vouloir me contredire ! Ne parle pas si vite de ce dont tu ne connais rien garçon ! Sans y avoir jamais mis les pieds, je peux t’assurer que derrière les murs du Peninor Angol, sont dissimulées des choses à t’en donner des frissons son regard s'assombrit, se faisant pesant de reproche bien qu’au vu de ton passif, c’est bien possible que tout ça ne te fasse finalement ni chaud ni…

Le grand blond se lève soudainement, en réponse au bruit de phalanges cognant contre sa porte. Ni sa femme ni ses enfants n’avaient prévu le retour de sitôt, et ton oncle, à l’idée qu’il s’agisse d’un indésirable ou du porteur d’une mauvaise nouvelle, s’en trouva bien agacé. Tu emboitas son pas jusqu’à l’entrée, qu’il ouvrit d’un geste sans douceur, entonnant le visage toujours figé dans cette dure expression qui était la sienne, d’un air trop peu accueillant.

- À qui ai-je l’honneur ?
- Et bien othan…
- Tais-toi, faraud, la demoiselle n’a pas besoin de ton aide ses yeux redescendirent sur la menue nouvelle Que puis-je pour vous ?

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Dernière édition par Artiön Sinyàra le Lun 21 Aoû 2017 - 15:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 21 Aoû 2017 - 15:06

Le silence... le calme... la solitude, enfin. Loin des autres mages, j'avais fini par trouver un petit coin tranquille où plus personne ne pouvait venir me déranger. Où j'étais ? Je m'en fichais éperdument. Il y avait de la nature, c'était tout ce qui comptait. Allongée sur le dos dans l'herbe verte, je laissais tout simplement mon esprit partir et revenir à son gré, faisant naître quelques oeuvres artistiques éphémères du bout de mes doigts. Ce n'était que pour moi, ça aidait ma peine à diminuer et, dans le fond, personne ne risquait de les briser parce qu'elles prenaient trop d'ampleur. Au moins ne je ne dérangeais plus personne...

Il fallut on bon moment avant que mes larmes finissent par complètement arrêter de couler et que je ne sente plus le besoin irrémédiable de faire appel au flux. Je finissais par être bien, sereine et, comme toujours, mélancolique. Ce temps m'avait également permis de réfléchir, notamment à cette rencontre que j'aurais préféré ne jamais faire, celle d'Emeril et de Uirphen. Je n'aimais pas me montrer faible ; je l'étais déjà suffisamment comme ça à cause de mon corps et de ma timidité. Et ce que j'avais dit à l'aînée, en y repensant, il s'était fallu de peu pour qu'il n'y ait une catastrophe... l'envie de cesser d'être grignotée était si forte que j'aurais pu sans problèmes refermer la glace sur les deux êtres. Enfin... Aucun mal n'avait été fait, le petit avait sa baignade et je ne dérangeais plus sa soeur. Tout allait pour le mieux et j'allais pouvoir retourner vers la cité. Cette fois-ci, il faudrait que je me force à demander où se trouvait la maison du dénommé La... Laer... Laer... Mince, c'était quoi déjà le nom ?


~~~~~~~~


C'est bon, c'était trouvé. Je remerciais la personne qui m'avait grâcieusement amenée jusqu'à l'habitat, inspirais et frappais contre la porte de bois en faisant bien attention à y aller relativement fortement. Déjà que je ne me sentais pas à l'aise de me présenter chez quelqu'un que je ne connaissais absolument pas pour aller voir son propre invité... j'espérais sincèrement qu'Artiön n'allait pas me dire d'entrer. J'attendis quelques instants, triturant nerveusement la sangle de mon sac, pour au final sursauter lorsque la porte s'ouvrit à la volée.

"À qui ai-je l’honneur ?
- Et bien othan…
- Tais-toi, faraud, la demoiselle n’a pas besoin de ton aide. Que puis-je pour vous ?
- Euh..."


J'eus un bref instant d'hésitation, me retrouvant face à un grand elfe blond au visage loin d'être amical et durci par la vie. La façon dont il parla à Artiön ne fut pas pour me rassurer sur la personne et c'est uniquement parce que mon collègue de recherche était au pas de la porte que je ne tournais pas les talons en me disant que je m'étais trompée de maison.

"Enoriel Valiendal... je... Je travaille actuellement avec Artiön et il m'a demandé de le rejoindre ici. Alors me voici. Désolée de vous déranger..."

A la tête du gars, j'avais l'impression qu'il allait jeter des pierres ou des éclairs d'une seconde à l'autre sur moi ou Artiön. C'était avec peine que je ne rentrais pas ma tête entre mes épaules et encore plus que je restais là, tout simplement à les regarder.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 31 Aoû 2017 - 19:28


- Artiön m’avait prévenu que vous passeriez. Donnez-vous au moins la peine d’entrer.

La proposition sonne comme un ordre plus que comme une invitation, et l’empressement avec lequel l’hôte s’en retourna vers l’intérieur de sa demeure ne laissa pas grand temps pour la discuter. Tu emboîtas le pas à ton oncle quelques secondes à sa suite, invitant d’un signe de la main Enoriel à te suivre à travers le manoir. C’est un long couloir mal éclairé qui vous accueille, pour s’ouvrir sur une pièce à vivre dont les omniprésentes fenêtres te forcèrent, toi qui pourtant en sortait à peine, à plisser les yeux face à l’agressive lumière qui la baignait. Tu te serais attendu à ce que Lùthanar s’y arrête, et retrouve machinalement le fauteuil dans lequel il passait depuis quelques dizaines d’années le gros de son temps, mais il n’en fit rien, gagnant les escaliers, jetant à l’occasion un coup d’œil en arrière pour vérifier que vous le suiviez.

Tout au long du parcours, décorant ça et là les plus dégarnis des murs, trônaient les portraits de générations de Laergûl, tous dépeints dans l’exercice de leur art. Des guérisseurs et des élémentalistes pour la majorité, des hydromanciens surtout. Une lignée de mages que les portraits à eux seuls permettaient de remonter jusqu’à la naissance de Lanthaloran, et dont tu auras évoqué nom et hauts-faits des plus notables au détour de votre marche. C’est avec un entrain à peine freiné par les tensions qui vous séparaient Enoriel et toi que tu t’étais retrouvé à mentionner l’aïeule dont tu avais hérité du focaliseur au début de ta carrière en tant qu’arcaniste, puis avec une fierté teinté de mélancolie que tu abordas l’histoire de ton onclie Lùthanar et de ta mère, et de la manière dont le pyromancien perdit sa chaleur au jour où la vitaliste s’abandonna à Tari. Tu ne t’attardas pas sur le détail des conditions du décès de ta mère, bien trop personnels pour être si facilement partagés, surtout lorsque veillait l’oreille de l’oncle dont le cœur vit encore au lendemain du drame, mais à ton ton la demoiselle Valiendal devinera à quel point elles t’auront touché.

L’arrivée à la terrasse d’étage coupa court à tes discours, sans que tu puisses véritablement statuer de si la faute en revenait à la soudaine réexposition aux vents d’altitude, à la vision toujours aussi enchanteresse qu’était la bordure Daranovane depuis les toits, ou à celle de ton oncle en train de verser le thé, le visage esquissant un sourire abattu, mais un sourire tout de même.

- J’imagine qu’après que notre cher Mainyth vous ait conté toute l’histoire familiale il est un peu tard pour se présenter, mais pour la bienséance… je suis Lùthanar Laergûl, l’oncle de ce grand imbécile. Le grand blond vous invita tous les deux à vous assoir d’un geste, avant de déposer un tasse de thé pour chacun sur une table proche Alors comme ça vous – travaillez – avec Artiön, c’est bien cela ?

L’ironie était palpable, et elle t’était plus destinée à toi qu’elle ne l’était à elle. Folle adolescence et indécisions de l’âge adulte obligent, ils furent peu nombreux ceux de ta famille à croire en la relation que tu entretenais avec Kaëlistravaë, depuis si longtemps, et de si loin.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 10 Sep 2017 - 21:51

Ca y est, l'invitation - ou l'ordre plutôt - était lancée. Je n'avais pas spécialement envie d'entrer, mais le signe d'Artiön m'obligea quelque peu à entrer dans la demeure, dont je fermais la porte derrière moi, sans aucun bruit. Hésitante, je suivais tant bien que mal les deux elfes dans le couloir un peu trop sombre pour mes yeux bleus, mon sac serré dans mes bras. Je ne pouvais m'empêcher de regarder autour de moi, étant malgré le fait que je logeais chez Artiön peu habituée à l'architecture et la mode daranovanes. Sans mot dire je suivais, toujours, et écoutais les nombreux récits familiaux que me contait le militaire. Comme toujours réceptive aux émotions du passé, le ne réussis à adresser qu'un sourire attristé au conteur lorsqu'il parla du décès de sa mère et de l'effet que cela avait eu sur le mage qui nous guidait. Je ne m'attardais aucunement sur le fait qu'il soit pyromancien, même si mon esprit ne put s'empêcher de retenir cette information. En fait, en voyant tous ces portraits et l'histoire qui était transmise par leur biais, je ne pouvais m'empêcher de penser à ma propre ascendance. Il y avait eu des êtres plus ou moins illustres dans ma lignée, mais celui qui avait réellement fait connaître le nom des Valiendal était mon propre père, Beliandar. Archimage de l'immatériel, chercheur intéressé et pédagogue, il avait toutes les qualités requises pour être un excellent professeur et membre du Chapitre Blanc. Pourtant, il avait fallu que la guerre l'emporte... Non, valait mieux que je pense à autre chose, sinon j'allais montrer une mine encore plus mélancolique qu'elle ne l'était ces derniers jours. Et je n'allais pas me remettre à pleurer non plus !

Au bout d'un moment, le maître de maison s'arrêta à une terrasse qui avait tout de plaisante : vue sur le lointain, courant d'air bienfaiteur, propreté et aménagement sympathique. En plus, ici, il y avait du soleil. Le dénommé Lùthanar fit signe de la main de nous asseoir et, avec une docilité toute polie, je répondis à son invitation en m'asseyant sur l'une des chaises.

"Alors comme ça vous – travaillez – avec Artiön, c’est bien cela ?"

Je regardais un instant le concerné, un peu trop timide pour répondre ainsi du tac au tac face à une personne de ce charisme. J'eus même un instant de honte à cette pensée, me disant que si jamais Lùthanar avait connu mon père, alors il ne devait aucunement me reconnaître en lui... Je baissais un instant les yeux avant de me reprendre et de lui répondre, en essayant d'avoir le regard assez haut.

"Oui. Je fais des recherches magiques sur des manières de créer des sorts - au moins élémentaires - rapidement et en utilisant le moins d'énergie possible. En discutant avec votre neveu nous sommes venus à la conclusion que mes recherches pourraient avoir en partie un lien avec celles qu'il effecue sur les travaux du Peninor Angol. Et après avoir été à Lanthaloran, il s'est avéré qu'effectivement ce pourrait être le cas, bien que j'ai encore du mal à me faire aux méthodes du... protecteur du Peninor."

N'y repense pas, Eno, n'y repense pas... Tu vas finir par te remettre à pleurer sinon. Bon... Et si je changeais de sujet ? Pour parler de quoi ? M'intéresser à lui ? Je n'étais pas assez à l'aise... pas du tout même. Et j'étais incapable de deviner s'il se ficherait complètement de savoir ce qui s'était passé là-bas, s'il rebondirait seulement sur le fait que j'étais également une mage élémentaliste - avec la carrure et la prestance en moins. Aussi je le remmerciais d'un signe de tête pour le thé, ne sachant pas trop sur quel pied danser.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Sam 16 Sep 2017 - 3:21



Le naturel avec lequel elle répondit, malgré l’attitude de chouineuse – qui avait tout l’air d’être son état normal – suffit à contredire les implicites de Luthànar. Et son visage se barra d’un sourire. Un sourire mesquin cette fois, mais toujours un sourire. Rictus qui s’élargit bien vite lorsqu’avec le même implicite elle se présenta en tant que mage élémentaire. Non pas que ton oncle ne le sache pas, car tu avais déjà eu l’occasion de le lui dire, mais observer Enoriel de ses propres yeux était une toute autre expérience. Petit est plus difficile à concevoir qu’il n’y paraît lorsque si peu des membres de votre famille, de ceux que vous côtoyez et avez côtoyé par le passé, et même si peu des membres de votre cercle d’amis n’ont la tête sous la moyenne. Les vieilles lignées Daranovanes, celles dont tu descends, et celles que Lùthanar eut l’occasion de fréquenter durant la majeure partie de sa vie sont les descendants de vos fondateurs ; pour la plupart de féroces guerriers ayant gagné les places d’honneur à la force des bras. Difficile pour lui de savoir s’il devait être impressionné par le fait que la demoiselle soit arrivée si loin malgré son apparente fragilité, ou avoir peur qu’elle ne se brise au prochain courant d’air qu’elle-même invoquerait… jusqu’à ce que l’option de simplement se donner matière plus importante à penser ne lui vienne comme l’évidence.

- Si vous avez du mal à vous y faire, n’y retournez pas. Les mages du Peninor Angol étaient des génies, mais ils étaient tous complètement fous et si Lùthanar s’exprime ainsi, c’est plus par amertume que parce qu’il le pense réellement Quoi que vous ayez pu voir là-bas, continuez de fouiller trop longtemps et vous trouverez bien pire. La Mère elle-même ne saurait dire toutes les expériences étranges menées entre ces murs.
- Othànno, tu…
- Excuse-moi Artiön, ton vieil oncle radote, et parle de choses qu’il ne connaît pas, parce que bien sûr, ton vieil oncle n’est pas capable de se faire une idée de ce qui se passait derrière ces murs vu qu’il n’y a jamais suivi ta mère. Le sarcasme lui penche légèrement la tête en lui soulevant un sourcil… c’est définitivement à lui que tu as emprunté cette habitude Le raisonnement serait valable si seulement elle avait été capable de ne pas transpirer ses secrets à travers tous les pores de sa peau en ma présence.

Le cœur de ton oncle accélère, comme chaque fois que lui reviennent les souvenirs de sa sœur. Il s’assoit, posant la tasse qu’il avait à l’instant en main, encore presque pleine. Ton oncle ne garde jamais rien en main lorsque l’émotion monte, car s’il est maître de son visage, les frissons parcourant ses mains sont rendus évidents lorsque faiblit sa poigne. Au moins ainsi, son tourment resterait invisible aux yeux de votre invitée. Cette histoire n’était pas la sienne, et Lùthanar n’était pas elfe à mêler qui n’a rien à y faire aux péripéties familiales.

- Donc heri Enoriel, je peux vous le confirmer, si c’est à la recherche de l’expression de l’art à son summum que vous êtes, vous mettez le pied au bon endroit Son regard fuit vers le lointain sauf que c’est pour la même raison que les lieux sont aussi dangereux. Mais c’est aussi à ça que sert notre cher Mainyth n’est-ce pas ?
- En réalité Heri Enoriel est tout à fait capable de se débrouiller tu sais. Je suis son guide plus que son protecteur.
- Qui est-ce que tu crois tromper Artiön ? Je te signale que je t’ai vu enfant, et je t’ai plus souvent bercé au beau milieu de la nuit pour te rendormir que ne pourraient le compter les plus grands mathématiciens Lanthloran. J’ai aussi vu un nombre incalculable de fois ton visage lorsque tu retrouvais un sommeil plus paisible ; ce n’est pas en faisant semblant de penser qu’elle n’a pas besoin de toi pour la protéger que tu te feras pardonner d’avoir eu peur. D’ailleurs, tu ne serais pas si tranquille si tu t’étais prouvé totalement incapable de lui apporter la moindre sécurté.

Aussi facilement que le faisaient tes parents, et contrairement à tous ceux qui se laissent avoir par l’apparente dureté de ton visage, ton oncle lisait dans le moindre des mouvements de tes traits comme dans un livre ouvert, et puisque ce n’était pas le sien, il n’avait aucun scrupule à le lire aux yeux de tous.

- Et veuillez m’excuser Heri Enoriel si je me trompe, il commence, le visage vers l’élémentaliste, avant de se retourner dans ta direction mais je doute fortement qu’une demoiselle aussi réservée aurait accepté de composer avec ton culot si elle estimait pouvoir se débrouiller seule. Un simple guide n’est pas à ce point indispensable.
- Toujours aussi doué pour les grands discours de motivations à ce que je vois. Tu lui rends un peu de l’attitude sarcastique Je n’ai presque pas eu envie de me cacher dans les placards cette fois-ci.
- Je n’aurais pas à en faire si tu n’étais pas un aussi grand imbécile. Il se retourne vers Enoriel Et j’espère Enoriel, que vous penserez à régulièrement lui rappeler quel idiot d’enfant gâté il est.

Le ton est étrange. Quelque part entre le sincère reproche et la provocation complice ; tenant quelque chose des deux extrêmes qu’a connu votre relation. Le ton est étrange, mais voilà longtemps que ton oncle et toi n’aviez pas témoigné d’une proximité aussi évidente. Et silencieusement tu remercies à la fois la présence d’Enoriel et l’incorrigible fierté de ton oncle, qui en essayant de cacher le malaise installé entre vous et ses raisons aura finalement fait une pas important pour le réduire.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 17 Sep 2017 - 16:51

Je n'aimais absolument pas la façon dont l'oncle d'Artiön me regardait. Je détestais ce regard qui me scrutait, se demandant certainement comment une si fragile chose avait pu devenir une mage élémentaire. Ce genre de regard qui se posait régulièrement sur ma personne lorsqu'on me rencontrait pour la première fois, qui me jugeait sans me connaître et qui parfois ne voulait pas reconnaître que les écrits et faits relatés pouvaient être asociés à la brindille timide que j'étais. Aussi je baissais les yeux un instant, prenant en même temps ma tasse à pleines mains comme pour faire semblant d'avoir baissé les yeux pour cela. Je bus une longue gorgée puis me forçais à relever mes doux yeux marron sur le grand elfe. Il avait repris ses chamailleries avec Artiön, ce qui n'était pas plus mal pour moi ; du moins au début.

Régulièrement, j'étais prise à partie sans pouvoir avoir mon mot à dire. J'essayais à un moment de répondre à une remarque, mais ma voix était si faible comparée à la leur que je n'obtenus absolument rien. Pas même une seconde de silence, pas même une considération. Je serrais d'autant plus la tasse de mes mains, priant en quelque sorte pour disparaître rapidement et rentrer dans un endroit où je ne serais pas là assise à regarder deux membres d'une même famille s'envoyer des balles verbales au sujet du passé. Puis, enfin, cette situation se calma et les regards se reportèrent sur moi, alors que Luthànar me demandait de bien vouloir régulièrement rappeler à Artiön qu'il n'était qu'un idiot d'enfant gâté.

"Si je puis me permettre..."

Mes lèvres se pincèrent, mes yeux ne fixaient que le vide entre notre hôte et moi. Etait-ce si important que je prenne la parole ? Que je remette en ordre certaines choses qui avaient été dites ? Cela en valait-il seulement la peine, cela n'allait-il pas juste apporter des pensées sarcastiques ? Pourquoi avais-je pris la parole, au juste ? Si seulement cette journée n'existait pas...

"J'ai besoin d'un guide. Je ne connais pas les ruines de Lanthaloran. Mais... même si je suis juste une brindille... je pense avoir assez traversé l'Anaëh ces derniers siècles pour savoir me défendre."

Mes mains se resserrèrent encore plus sur la tasse, au point que mes mains en blanchirent. Encore une fois, je ne voulais pas être là. Je n'avais pas envie d'être l'invitée d'une personne que je ne connaissais pas et qui avait un caractère trop éloigné du mien pour que je me sente à l'aise. Pourtant, à croire que je possédais plus de force ou de volonté que ce que ne le suggérait ma timidité, mes lèvres s'écartèrent à nouveau pour laisser passer d'autres mots.

"Je cherche effectivement le summum de l'Art, heru Luthànar ; bien plus pour les autres que pour ma simple curiosité. J'ai pu voir une chose dans les ruines, affronter mon passé à travers le gardien du Peninor Angol. Il reste du temps et ce n'est certainement pas assez pour que je puisse aller jusqu'au bout de mes recherches. J'y retournerai, heru... même si je ne sais pas quelles sont les expériences qui ont pu être menées là-bas."

Il y eut un temps où personne ne parla, assez court, mais où je réussis enfin à le regarder droit dans les yeux. Le sujet que j'allais aborder était plus intime et vu ce qu'il avait prononcé auparavant, peut-être avait-il ne serait-ce qu'un début de réponse à la question qui allait suivre.

"Vous... vous n'avez peut-être pas été au courant de ce qui se passait, mais peut-être aurez-vous une réponse à ma question... hum... Je... comment dire... Mon père, Beliandar, est régulièrement allé à Lanthaloran de son vivant afin d'aider, m'avait-il dit, à faire des recherches. Mais j'ignore sur quoi. Peut-être auriez-vous entendu quelque chose dessus, ou même l'auriez-vous rencontré ? Enfin je vous demande cela, mais c'était il y a plus de trois cents ans..."

Je baissais à nouveau les yeux. J'avais presque honte de cette pseudo-question que j'avais posée. De cet infime espoir de pouvoir découvrir quelque chose sur mon bien aimé père, de me raccrocher à lui dans cette quête pourvue de mystères et de dangers. Pourquoi ? Je n'en savais rien. Peut-être bien parce que même si je voulais sortir de son immense ombre, j'avais toujours besoin de lui... même les siècles passant.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 17 Sep 2017 - 18:36



- Se préserver des dangers de la forêt est une chose. S’exposer à ceux d’une magie inconnue en est une autre. Vous devez savoir la réputation d'Ellyrion. Lùthanar entame sévèrement Mais si là est réellement votre objectif, ainsi soit-il.

Ce n’est pas la réponse à la question posée, mais c’est de bonne guerre. Lùthanar n’avait pas porté aux attentions aux menues épines que portait la petite fleur, et il s’y était piqué… pour son plus grand bonheur. Il était finalement moins inquiétant pour le vieil elfe de savoir son neveu accompagné d’une elfe au moins capable de soutenir son regard. Rien n’y ferait, elle n’était pas mage de guerre, et en l’absence de la moindre idée de ce que pouvait receler les profondeurs du feu Cénacle de magie, il continuerait de croire ta présence nécessaire auprès d’Enoriel pour arriver à bout de votre entreprise… seulement maintenant qu’elle commençait à se racheter, il se voyait capable d’envisager la réciproque.

- Mais en ce qui concerne Beliandar, c'était un homme fort sympathique. Peut-être un peu trop même. À vrai dire, il y a bien des choses que le savoir votre père expliquerait. à commencer par ce tempérament un peu trop mou Mais je ne pourrai malheureusement pas être plus d’aide que cela. Ma sœur a bien plus côtoyé les mages de l’esprit et ses collègues mages de vie que les mysticistes.

Si Beliandar était son père, alors fort était à parier qu’Enoriel était aussi douée en magie qu’elle était renfermée. Si l’Archimage Valiendal était moitié aussi doux avec sa progéniture qu’il ne l’était avec ses compatriotes, elle aura vécu une enfance aussi privilégiée qu’étouffante. Sans aucun autre obstacle sur sa route que l’ombre de son propre père, sans aucune autre interférence que les attentes démesurées de son entourage, le moral et la confiance en soi lentement rongés par l’absence de challenges autres que celui dont elle ne verrait peut-être pas le bout même après un millénaire. Si l’éducation Daranovane avait mauvaise réputation auprès de certaines des autres Cités à cause de sa dureté, elle avait le mérite de construire des personnalités fortes. Des individus à part entière.

- Je me rappelle Faernùron avoir souvent fait l’éloge de Beliandar lorsqu’il mentionnait ses recherches sur l’expression des flux. J’imagine que s’il devait aider qui que ce soit, fort est à parier que ce serait lui. Tu ajoutes avec la pointe d’arrogance de celui non seulement en sachant plus que son aîné, mais ayant eu l’occasion de voir la surprise sur son visage impassible au moment de la prise de parole d’Enoriel.

Tu termines de boire ton thé, puis te lèves, allant t’appuyer à la balustrade, pour laisser ton regard se perdre vers l’horizon, en direction des ruines de Lanthaloran. Si seulement vous pouviez revenir quelques années en arrière… si seulement vous pouviez aller chercher les réponses auprès de ceux qui les ont.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 17 Sep 2017 - 20:23

Le silence s'était installé sur le trio que nous formions, Artiön étant parti auprès de la balustrade. Je me renfonçais contre le dossier du siège, jambes croisées, mes mains toujours refermées sur ma tasse. Un peu moins fortement que quelques secondes auparavant. Tant qu'il était là, j'écoutais le silence et ce qu'il laissait apparaître, comme la brise qui caressait doucement nos visages. En même temps, j'appréciais sans le montrer les quelques mots que les deux daranovans avaient prononcés sur mon père. Un personnage fort sympathique - trop ? - dont on faisait l'éloge ; et cela sans me remettre dans son ombre. En même temps, il était archimage... rien d'étonnant sur ce second point. Pour le premier, en revanche, j'avais souvenir qu'il pouvait se montrer extrêmement sévère pour réussir à obtenir d'une personne le meilleur de lui-même. Même si cela ne paraissait pas, même s'il m'avait toujours montré énormément d'amour, mon apprentissage n'avait pas été gentillet à partir du moment où j'avais montré un véritable don pour la magie. Alors qu'il ait été trop sympathique... peut-être était-ce là l'avis des Daranovans, qui étaient habitués à être élevés à la dure ? Possible. Ou peut-être s'était-il montré différemment lors de ses visites, tout simplement. Ah Beliandar ! Pourquoi fallait-il que tu gardes bien plus de mystères sur toi-même que ce que ta propre fille pouvait imaginer ?

Je continuais à réfléchir, à dénicher dans ma mémoire tous les souvenirs qui pourraient m'aider, en vain. Au lieu de cela, je finis par me rendre compte que ma tasse était vide. Après une moue, je laissais le conteneur se remplir à nouveau d'eau parfumée avant de boire à nouveau, comme si de rien n'était. A y penser, quelle ironie... Le père avait visiblement fait des recherches sur l'expression des flux alors que la fille, trois siècles plus tard, cherchait à en découvrir leur évolution pour mieux les comprendre. Et je n'avais jamais vu d'écrits de sa part concernant de telles recherches, pourtant j'avais lu, relu et rerelu absolument tous les livres qui se trouvaient dans l'appartement familial. Et si... et si... et si ?

"Et si Beliandar avait laissé ses écrits ici ?"

En pleine réflexion, ma question était partie d'elle-même. Je finis ma tasse et la reremplis à nouveau, par magie, sans même me poser de questions. Ainsi travaillait mon cerveau, une fois en transe il ne faisait plus du tout attention à ce qui l'entourait... à moins qu'un regard trop appuyé ne vienne le perturbé, ce qui fut rapidement le cas. Instinctivement je levais les yeux vers l'elfe qui me faisait face, avant de me recroqueviller sur moi-même tout en rougissant légèrement.

"Hum... Mon père avait toujours la manie d'écrire ses pensées et recherches, même s'il savait que ça ne servirait à rien ; juste pour garder l'habitude au cas où un détail finirait par devenir important, ne jamais oublier. Alors pour des recherches sur le flux, il ne peut qu'avoir écrit bien plus que quelques brouillons... et je n'ai jamais trouvé quoi que ce soit sur une recherche vraiment approfondie sur le sujet. S'il n'a pas laissé ses notes chez lui, en Alëandir, alors il a dû les laisser à un endroit où il les pensait en sécurité non loin du Peninor Angol. Et s'il a agi de la sorte, c'est certainement parce qu'il devait y avoir quelque chose dans ses notes qu'il ne voulait pas entre les mains de n'importe quel mage ; que ce soit par raison d'étique ou bien parce que le résultat pouvait aussi bien donner du bon comme du catastrophique."

A en parler, je sentais que mon esprit était en train d'essayer de se rappeler un instant, une conversation que j'avais pu avoir avec Beliandar. Malheureusement, pour l'instant... ce n'était qu'un flou des plus artistiques.

"Quoi qu'il en soit, s'il avait bien fait des recherches sur l'expression des flux, retrouver son savoir serait une bonne aide..."

Disais-je, le regard à nouveau perdu dans ma tasse d'eau froide mais doucement parfumée.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 18 Sep 2017 - 3:57


- S’il n’a rien emporté avec lui à Alëandir, c’est sûrement qu’il les aura laissées à Faernùron pour étude. Et cela aurait pu être une bonne chose… Sauf que les laboratoires de Faernùron sont au plus profond des sous-sols des bâtiments du Cénacle. On pourra s’estimer chanceux si seulement les étages supérieurs ne se sont pas complètement écroulés dessus.

Vous pourriez surtout vous estimer chanceux de pouvoir mettre le pied jusque-là, lorsque le danger rôdait déjà à la surface ? Quelles épreuves de plus vous attendraient autour des lieux où ont été développées les armes ayant servi durant Ellyrion ? Quelles épreuves de plus vous attendraient au croisement de portes ayant dissimulé pendant des siècles les poisons nés de combinaisons manquées à la recherche d’un remède miracle ? Que renfermerait l’aile des guérisseurs, ou celle des élémentalistes ? Tout était possible, les conjectures les plus folles devenaient réalistes, lorsque dans le Chaos d’une renaissance, la magie de la Mère se mêlait au summum de celles des elfes. Enoriel sait se débrouiller seule, mais peut-être l’autre côté des murs donnerait raison à Lùthanar. Quelque chose te dit que tu seras loin cette fois de pouvoir te contenter d’agir en simple guide.

Ton oncle ne prit pas le temps de vous mettre en garde plus longuement. Il l’avait déjà assez fait. Il ne le ferait plus. Il n’avait après tout aucun pouvoir sur une décision de toute façon déjà prise. Ton pauvre oncle aigri par un deuil mal vécu, difficile pour lui d’admettre devant toi que s’il cherchait autant à vous décourager, c’est qu’après avoir perdu sa sœur, il lui serait insupportable de voir disparaître le neveu pour lequel malgré tous ses efforts, il n’arrive pas à s’empêcher d’éprouver de l’affection.

Lentement mais sûrement, chaque goutte de thé finit par trouver place d’abord dans une tasse, puis sur la langue de l’un d’entre vous, jusqu’à ce que l’infusion soit entièrement consommée. Le soleil entamait la fin de sa course descendante, et venait maintenant l’heure de s’en aller. Tu quitterais la maison Laergûl avec une certaine mélancolie, triste qu’Emeril et Uirphen et leur mère ne se soient pas montrés avant que la bienséance ne veuille votre départ ; mais heureux d’avoir eu, aussi volatile eut-il pu être, un instant de complicité avec ton aîné.



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~



Sans Enoriel pour l’obliger à faire un minimum bonne figure, ta relation avec ton oncle était un pesant malaise. Sans Lùthanar pour la forcer à faire de même, le silence dans lequel s’était fait le chemin de votre retour te rappelait que celle construite avec Enoriel n’était pas non plus en bonne passe. Vous arriveriez chez toi et vous recommenceriez à presque vous ignorer l’un – l’autre. L’atmosphère serait moins lourde qu’à la veille au soir sans pour autant retrouver sa légèreté naturelle.

Tu gagnerais ton vêtement de maison comme à ton habitude, illustrant de ton dos dénudé le même culot que te reprochait Lùthanar il y a quelques heures de cela. Mais Enoriel ne disait rien. Enoriel ne réagissait plus. Il devait être finalement passé le temps d’accoutumance à ton franc exhibitionnisme ; ou alors était-elle à ce point absente qu’elle ne te voyait tout simplement plus ? N’en reste que tu n’osas pas t’en occuper avant d’avoir terminé de préparer et servi la soupe qui accompagnerait le pain de méroca.
Tu touilles sans raison, pensif, observant un croûton de pain s’imbiber du bouillon et respirant l’odeur de champignon qui en émane. Tu prends une bouchée que tu avales sans conviction, malgré une faim réelle et un goût te flattant le palais. Tu avales la gorge serrée et le ventre lourd d’un sujet que tu t’en veux presque de faire remonter.

- J’espère que mon oncle ne s’est pas montré trop abrupt tu parles doucement, cuillère décrivant des cercles à la surface du potage On y peut rien, c’est de famille. Tu souris timidement

Manière détournée d’une fois de plus demander pardon pour tes dernières humeurs nocturnes. Vous aviez décidé de travailler ensemble après tout, vous auriez besoin de travailler ensemble, maintenant plus que jamais. Continuer votre entreprise sans que la confiance ne règne, c’était demander à risquer la mort, et vous le saviez. Vous ne mettriez plus les pieds ensemble dans les ruines de Lanthaloran, ni demain ni jamais, si votre équipe n’était pas capable de fonctionner. Vous ne mettriez plus les pieds tout court dans les ruines de Lanthaloran si vos roues ne tournaient pas en tandem, car elles étaient en somme les seules à prendre cette direction.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 19 Sep 2017 - 12:48

Depuis que nous étions parti de chez son oncle, le silence s'était réinstallé entre Artiön et moi. Un silence gêné, comme au moment où nous nous étions quitté près de la rivière, là où venaient s'entraîner les mages daranovans. Cela ne fit qu'aider à ce que je me réfugie dans mes pensées, ressassant la conversation que nous avions eue avec Luthànar ainsi que toutes les questions que je me posais désormais. Maintenant, je savais que mon père avait laissé des écrits dans cette région, qu'une partie de son mystère devait encore se trouver enfoui sous des monticules de cailloux et de sorts. Ecrits qui avaient des chances de m'aider dans mes recherches, et peut-être même Artiön. Ce n'était que folie, mais j'étais plus que partante pour retourner à Lanthaloran afin de déterrer ses recherches ainsi que celles des lanthalorans. Dans le fond, la simple idée que tout ce savoir puisse finir par moisir dans des sous-sols avait fini par me donner l'impétueux besoin d'aller sauver les livres. N'importe quel livre était précieux. Alors ceux-là...

"J’espère que mon oncle ne s’est pas montré trop abrupt. On n'y peut rien, c’est de famille."


Je relevais la tête de ma soupe, me demandant à cet instant précis dans quel monde j'étais, ou plutôt dans quel espace temps je me trouvais. Dans ma petite caboche j'étais limite sur le départ pour la cité perdue, aussi me rendre compte que j'étais assise à table devant une soupe que j'avais déjà à moitié avalée me fit un choc. Autre choc, m'apercevoir que mon hôte avait carrément oublié de s'habiller convenablement. Mes pensées restèrent un instant bloquées sur ce haut tout à fait invisible qui laissait bien voir les muscles un peu trop bien faits du mage de guerre, m'imaginant mal me marier avec un elfe s'accoutrant de la sorte, très mal même. Je ne trouvais pas ça très beau, contrairement à son petit sourire timide... sourire timide... timide... Euh quoi ?!

Mes yeux dévisagèrent le visage d'Artiön, notamment ses lèvres courbées dans une expression que je ne lui connaissais que peu. Et, alors que la réponse attendue était certainement un "tout va bien", ma main vint instinctivement se porter devant ma bouche alors qu'un rire incontrôlable s'extirpait de celle-ci. J'essayais en vain de parler, de m'excuser quant au fait que j'avais à peine compris ce qu'il avait dit du fait de mes pensées dirigée vers le prochain voyage, mais rien n'y fit. J'étais absolument incompréhensible tant le rire me prenait, au point que des larmes finirent par poindre sur mes joues. Incapable de tenir ma cuiller, le repas semblait être en pause pour moi, sûrement sous le regard médusé d'Artiön.

La soirée commençait bien...
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 19 Sep 2017 - 19:24


Ton regard s’attarde sur elle, presque anxieux. Plutôt que de répondre elle semble t’inspecter, comme ne se rendant compte que maintenant de ta présence… et pourtant il y a quelques secondes à peine elle mangeait bon train. Tes pupilles font dubitativement le parallèle au trajet des siennes, qui retracent longuement et avec perplexité ta silhouette, poussant tes muscles à feintement se contracter le temps d’un frisson, avant de remonter vers ton visage. Là seulement ses sourcils se décontractent, mais ses paupières ne perdent pas leur plissure pour autant… quoique.

Lorsque l’expression de ton invitée perdit en gravité, elle ne le fit pas à moitié. Ne t’étant pas attendu à ce que ses yeux s’écarquillent et que ses sourcils décollent, tu fus probablement autant surpris qu’elle-même par sa propre réaction, et tu ne savais pas réellement quoi en penser. Ou plutôt, tu ne savais pas quelle route prendre parmi les dizaines de possibilités qu’une fraction de seconde t’avait laissé envisager. Elle aurait pu s’être attendu dès le départ à ce que ce comportement te vienne de tes aînés, et trouver par conséquent la question ridicule. Elle aurait aussi pu s’être réfugié dans un rire nerveux justement à cause des souvenirs encore frais de poussées caractérielles que ton oncle et toi aviez eu. Peut-être encore ne s’attendait-elle pas à ce que tu insistes autant à demander pardon pour ton attitude… comme elle aurait pu rire sachant que toutes les excuses du monde ne changeraient jamais complètement ta personne.
N’en reste qu’elle riait, et que force de la regarder, ton sourire s’étirait, tes abdominaux étaient pris de spasmes et ton souffle se faisait de plus en plus saccadé. Il y avait quelque chose d’exutoire dans ce rire, de presque émotionnellement médical. Alors tu y as cédé, et laissé l’hilarité d’Enoriel te prendre. Son rire provoquait le tien et le tien provoquait le sien. Un peu plus et vous vous retrouveriez à prier Elenwë pour de l’air, véritable comble pour l’Aeromancienne, dont le visage baignait déjà dans ses larmes.

Un silence. Un silence léger. Enfin. Ta poitrine se soulève bien haut, et ton ventre te fait mal. Une chance que tu n’en sois pas arrivé jusqu’à vomir le repas que tu viens d’avaler, ou l’échange aurait risqué soit de s’étendre en de douloureuses minutes supplémentaires, soit de trouver une bien peu ragoûtante conclusion. Tu profites de l’instant, sourire béat aux lèvres, les yeux encore brillants posés sur l’élémentaliste rougissante, mais te semblant plus à l’aise qu’elle ne l’a jamais été auprès de toi jusqu’à ce jour.

- Du coup… amis ?

Et tu tends ta main vers elle, espérant qu’elle l’accepte.


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