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 Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]

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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 27 Juin 2017 - 19:28


Le soleil approche de son zénith, et avec lui l’heure du repas. Mention faite de nourriture il n’y a que quelques dizaines de minutes tout au plus, ton corps ne tarderait pas à quémander, surtout après que tu l’aies exposé à la fois à la fatigue et à une pratique physique plus en durée qu’à son habitude. Tu lâchais enfin ta poutre pour entamer une longue série d’étirements lorsque se fit finalement ressentir la faim.
Il était toujours loin d’en être de même par contre pour Enoriel, qui profita de t’avoir plus disposé à l’écouter pour briser le relatif silence, et se faire l’instigatrice du contact… une seconde fois.

- Tant que tu ne comptes rien faire de particulièrement dangereux, dans l’arrière-cour, il y a une clairière entourant un étang. L’endroit est calme et les arbres coupent en grande partie le vent, donc tu ne devrais pas y avoir trop froid. Il te faudra juste faire de temps en temps attention ; les autres habitants du quartier viennent parfois s’y reposer. Sinon, selon les exercices que tu projettes de faire, tu peux soit rejoindre les mages de la caserne, soit te diriger vers la frontière Sud de la Cité. Les élémentalistes de la ville se réunissent régulièrement de ce côté aux abords de la fosse. Tu réfléchis un instant Par contre, que tu décides de rejoindre le terrain d’entraînement de la caserne ou la falaise, ce n’est pas la peine d’y aller avant que le soleil ne soit un peu retombé, tu n’y trouverais personne.

Et machinalement tu t’étais dirigé vers la cuisine, à la fois à la recherche de quoi te désaltérer et commençant à sertir ton plan de travail pour la préparation du repas.

- Tu me diras que je te harcèle, mais tu devrais vraiment en profiter pour manger un peu.

Ne resterait plus qu’à espérer que l’odeur des galettes de méroca et de la farce de champignons et de légumes la mette assez en appétit pour qu’elle accepte d’avaler quoi que ce soit. Elle n'avait pas choisi la clairière, c'est qu'elle comptait bien ne pas se contenter de murmurer à la brise. S'il lui restait le moindre souvenir de la veille au soir, et puisque ton hypersensibilité s'est à peine dissipée, tu es persuadé qu'il lui en reste, peut-être, et tu l'espères, s'obligerait-elle à sortir du jeun avant de s'éprouver.

- Je t'accompagnes après le repas.

Ne t’attendant pas à ce qu’Enoriel s’empresse de suivre ton conseil, c’est à toi qu’il revint de terminer le poisson, et de consommer à sa suite la plus grande partie de ton second plat. C’est en silence que tu fis ton repas, et en silence toujours que tu quittas la table pour aller te décrasser des suies du matin et remettre un peu d’ordre dans ta crinière.

Des collants de laine épaisse d’un profond bleu nuit, dont la taille te remontait jusque sous la première paire d’abdominaux ; des chausses de cuir noir d’une élégante simplicité ; et pour tout par-dessus une robe d’une soie turquoise si fine qu’elle laissait aisément paraître ce qu’elle se proposait tenter de couvrir. Aussi provocante qu’elle put objectivement paraître, la tenue lorsque tu la portais, dans sa légèreté prenait une allure très noble, presque cérémonieuse, que le blanc de tes cheveux t’ondulant librement sur les épaules complimentait à la perfection.

On comprendra très vite que si tu l’accompagnais, tu profiterais de cette occasion pour sortir, et que ta destination de l’après-midi était loin d’être la caserne. Tu n'en dirais cependant rien tant qu'elle ne te poserait pas la question, toujours te contentant de ce que tu estimes être le minimum nécessaire de dialogue. Laisser à Enoriel l'initiative de l'instiguer semblait jusque-là être une tactique efficace. Elle continuerait à s'extirper de sa coquille, tu prendrais le temps d'observer quelles étaient ses limites, et avec un peu de chance, le malaise ne s'instaurerait plus si profondément entre vous.
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Enoriel
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 26 Juil 2017 - 14:11

Bien... au moins y aurait-il un endroit où je pourrais ne blesser personne. Pas que ce que j'allais faire allait être en soi-même des plus dangereux, mais j'avais appris à me connaître en sent cents ans... Vu à quel point j'étais renfermée sur moi-même, je me doutais que je risquais d'avoir besoin de laisser mon intuition s'exprimer plus que mon propre esprit. Et dans ce cas, il valait mieux que personne ne se trouve à côté de moi. On ne sait jamais jusqu'où je peux me laisser porter.

Avant de partir, je consentis quand même à manger une galette de meroca histoire d'avoir quelque chose dans le ventre. Le simple fait de manger aurait dû me rouvrir l'appétit, mais il n'en fut absolument rien. Pour tout dire, mon état psychologique était tel que j'eus du mal à avaler la galette, même si cela avait plutôt bon goût. Puis je remplis ma gourde d'eau, mit mon livre de recherches dans mon sac et attendis qu'il soit l'heure de partir. Je ne comprenais pas pourquoi Artiön voulait attendre qu'il y ait du monde là où nous allions ; j'avais juste envie de me changer les idées, d'être seule. Quoi que j'en pense je n'étais pas chez moi, aussi j'attendis sagement jusqu'à ce que nous partions.

Aucun mot. Une tension toujours palpable entre nous, que chacun désirait visiblement voir brisée par l'autre. Cette fois-ci, je n'avais aucunement l'envie de faire l'effort. Je préférais rester dans mes pensées de la veille et dans mes ressentis. C'était mon petit monde, le cocon bienfaiteur dans lequel je me réfugiais. Cocon dans lequel je n'avais envie d'inviter personne pour l'instant, même s'ils étaient également des mages manipulant les éléments naturels. C'est d'ailleurs ce que comprirent mes confrères en voyant ma tête profondément triste et mon manque flagrant d'ouverture à ceux qu'ils étaient. Je dis juste bonjour, avant de regarder autour de moi le paysage magnifique et pourtant immensément vide. Il y avait tout ce qu'il fallait ici, pour la magie. Après avoir timidement prévenu qu'il valait mieux que je reste seule, je me plaçais tranquillement sur une étendue d'herbe verte où je ressentais une faible brise, à côté d'un point d'eau - une rivière de montagne. Recroquevillée sur moi-même je regardais pendant un long moment ce paysage auquel je n'étais aucunement habituée, me laissant imaginer Beliandar passer du temps à admirer cela, lui qui adorait tout ce qui sortait de l'habituel. Puis, au bout d'un moment, je ressentis le besoin de me lier à ma manière à cette nature pleine de vie.

Laissant sur le sol mon sac, je me levais puis m'approchais de l'eau claire et tranquille. Délicatement je me défaisais de mes chaussures, les faisais léviter jusqu'au sac puis put prendre un grand bol d'air frais, bras ouverts au vent et tête levée vers le ciel. Les yeux fermés, je me contentais juste d'écouter et de ressentir ; de non pas juste produire un sort, vraiment de le vivre. Ce qui était autour de moi n'existait plus. Juste la terre, l'air et l'eau, pas les gens. Le regard des autres, leurs pensées... cela ne valait rien et de toute façon ne m'atteignait pas. Alors je me laissais happer par la brise, pris l'existant telle une marionnettiste joua avec les fils invisibles de l'air pour rendre le faible courant d'air de plus en plus puissant. Pour quoi faire ? Je n'en savais rien... je n'avais absolument aucune idée du sort que j'allais réaliser.

Je ressentais. Tout, absolument tout ce que je faisais, bien plus que d'habitude. A la fois sentiment d'extase et grande tristesse, mon corps dansait sous l'égide des ficelles éthérées alors que mon coeur et mon esprit s'enfermaient dans la douleur des souvenirs. Le gardien de la veille, les rires d'enfance, les questions demeurées sans réponses quant à certains départs de Beliandar pour des recherches, la mort, les pleurs... Les yeux toujours fermés, je ne vis pas l'ouragan protecteur que j'étais en train de créer ; je n'aperçus pas une partie de l'eau être balayée alors que je me rapprochais d'elle, les gouttes d'eau s'ajoutant à l'air, toujours plus nombreuses. Comme des langues d'eau, elles représentaient le passage de mes mains dans le vide, un bal dont on ne pouvait reconnaître le plafond du plancher.

Mon corps, mon être tout entier vibrait.

Alors l'une de mes mains se posa sur quelque chose de froid et dur, situé juste en face de moi. Je m'arrêtais. La magie se stabilisa dans et autour de moi, quelques perles d'eau tombèrent, me faisant ouvrir les yeux. J'étais face à un mur de verre, tout un dôme qui me couvrait sur plusieurs mètres de diamètre, une protection demi-circulaire autour de laquelle l'air et l'eau dansaient doucement, formant des arabesques magnifiques. Je reculais, surprise de ce que j'avais moi-même créé, détachai ma main de la glace et eu un sursaut en ressentant mon pied plonger dans l'eau. La rivière... Tari... je tombais alors à genoux, des larmes coulant sur mes joues et se mêlant à la pluie interne au dôme.

Je tremblais. J'avais froid.

Alors je me souvins qu'autour de moi existait tout un monde compoé d'elfes capables de voir et de penser. Que je me trouvais dans un lieu où se trouvaient d'autres mages, des inconnus. Toujours dans ma bulle d'eau et d'air, à genoux dans la rivière, je baissais la tête... et me couvris de l'eau de la rivière, comme si je me revêtais d'un châle de laine, afin de ne plus avoir froid. Afin de dire au-revoir à mes souvenirs de la veille, enfin. Afin de ressentir la magie vibrer toujours en mon être.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 26 Juil 2017 - 21:10


Impossible de vraiment dire si ce silence était synonyme de succès ou d’échec. Au moins les choses n’empiraient pas, c’était là un bon point. Mieux encore, elle osait te suivre, prouvant que si vous étiez l’un face à l’autre toujours gênés, la confiance n’était pas encore complètement morte. Il suffirait de donner encore un peu de temps au temps. Ces quelques instants en tête à tête avec sa nature seraient un bienheureux commencement. Tu offres un au-revoir chaleureux quoiqu’attristé à ta camarade avant de faire demi-tour, la laissant en présence des quelques mages s’affairant déjà à manipuler les essences minérales pour reprendre le chemin de l’intérieur de la ville, une dernière indication en tant que marque de séparation.

- Au moment de rentrer, demande à ce qu’on te conduise à la maison Laergûl. Tu me retrouveras là-bas.


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~



- Et ça Emeril ? Quand est-ce que tu m’apprends à faire ça ? Et ça ? Je pourrai faire ça tu penses ?

L’ouragan blond pointe un à un ses aînés du doigt, s’émerveillant de ce qu’eux tous sont capables de faire, sans jamais réellement accorder à chacun le temps nécessaire à digne contemplation. Le jeune elfe, du haut de ses huit décennies se tente sans le moindre recul à singer dans la mesure du possible les sortilèges travaillés par les autres arcanistes, leur arrachant plus souvent que jamais un sourire au détour de leurs arabesques.

- Regarde Emeril ! Ça je sais faire ! Papa m’a montré la dernière fois !

Le môme tend le bras, laissant pendre à son poignet le pendule hérité de sa tante, puis entamant méthodiquement un mouvement de balancier. Les gouttes se rassemblent autour de l’objet, se coalisant en un amas aqueux de plus en plus important. C’est à peine un grain de poussière, puis c’est un caillou, puis une bille, et finalement, comme un petit galet en révolution autour du focaliseur de l’enfant.

- Attention Ril, tu vas voir comme je suis super fort !





La balance imposée par l’enfant devient rapidement complètement folle, et plutôt qu’un mouvement continu et logique l’objet s’affole en des cercles chaotiques. Autant dire que le sourire qui s’affichait déjà sur le visage de l’accompagnatrice de l’apprenti magicien s’était agrandi d’avance, la demoiselle ayant déjà prévu que…

- Trop fort ! Tu es tout mouillé maintenant !
- Ça veut dire que j’ai le droit d’aller me baigner alors !

Pas la peine de tenter de lui répondre, il avait déjà laissé sa chemise au sol et était parti à toutes jambes en direction de la rivière. Que l’on ne s’y méprenne pas, ni le froid ni les histoires comme quoi le courant le jetterait dans la fosse ne l’arrêteraient. Il était bien assez habitué à fréquenter ce bassin pour savoir qu’il ne risquait rien, et l’on aura bien compris qu’il n’y a pas meilleure barrière à la morsure du froid que la folie juvénile… si ce ne sont les véritables barrières de givre fermant à l’enfant l’accès à son aire de jeu.

- Mais ! l’enfant trépigne, portant son regard en arrière, agacé de devoir attendre l’incertaine intervention de sa sœur pour aller au bain Tant pis ! le focaliseur est sorti Il va voir de quel bois je me chauffe, ce truc !

Au prix de toute sa concentration, et de balancements frénétiques de son pendule, Uirphen gratte tant bien que mal à travers la barrière de glace, se réjouissant de chaque millimètre d’avancée. À son arrivée Emeril se contente d’observer, moitié fière, moitié inquiète de ce que pourrait penser le mage à l’origine de l’œuvre – s’il on peut l’appeler ainsi – de l’intervention de son petit frère. Dans le pire des cas il s’agirait simplement de reconstruire. L’ouvrage avait quelque chose de brut, de naturel au point que cela laissait à penser que son créateur ne devrait avoir aucun mal à le renouveler, et de tout son cœur Emeril espérait que son analyse fut correcte.

- J’ai réussi Ril ! J’ai réssi ! les yeux d’Uirphen perdent brusquement leur joviale étincelle et braquent sur la femme ayant tenté de le priver de son aire de jeu Une voleuse ! Des mouvements chaotiques du pendule se traduisent par d’inefficaces éclaboussures au visage de la thaumaturge, ce qui n’eut pour effet que de pousser un peu plus l’enfant à l’emportement Voleuse de rivière !!

Abandonnant l’idée de la vaincre par la magie, le jeune sylvain s’élance à grandes enjambées vers son ennemie, et se serait probablement jeté sur elle pour l’emporter à l’eau s’il n’avait pas été retenu par une grande sœur confuse, forcée de présenter ses excuses à une élémentaliste probablement toute aussi confuse.

- Veuillez nous excuser quimellïnya, mon petit frère Uirphen est un peu trop en forme pour son propre bien. Je pensais lui laisser champ libre pour creuser son chemin jusqu’au bassin anodin, mais je n’imaginais pas qu’il s’en serait pris à vous avec autant de... passion.
- Mais tu dis quoi là Emeril ! Aide moi ! pas de pitié pour la voleuse de rivière !


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


- Qu’est-ce que tu veux encore Artiön ?
- Bonsoir, othanno.
- *Sigh* le vieil elfe roule des yeux Bonsoir, onònion.

Le grand blond au visage durci te tend avec hésitation une chaise, et t’invite à t’asseoir, pour ne finalement rien faire de plus que t’observer en chien de faïence. Lùthanar n’est plus le même depuis la mort de sa sœur, et sait pertinemment que rien de ce que tu pourrais lui dire n’irait sans la lui rappeler. Par la Mère et ses Ëalas, ton visage à lui seul lui suffisait. Heureusement pour toi, il y avait encore une once de sympathie à ton égard dans ce regard vindicatif, mais tu devrais t’atteler à ne pas en abuser, car il s’en faudrait de peu pour que ton oncle perde patience.

- J’ai obtenu des Tava’Mëar l’autorisation de fouiller les ruines de Lanthaloran. Mon objectif premier est de rassembler tout ce que je peux des recherches du Peninor Angol, mais s’il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour t…
- Tu en as déjà fait bien assez ! il aurait frappé du poing s’il y avait la moindre surface plane à portée Va-t-en maintenant, notre Mainyth doit bien avoir quelque chose à faire non ?
- Oui, et c’est ce qu’il fait déjà.

Et comme à voter habitude vous resteriez probablement là sans dire grand-chose, lui appréciant sans jamais le montrer ton insistance à lui tenir compagnie, et toi profitant de ce moment avec la seule famille qu’il te reste.

Fusse-t-il imparfait

Traductions:
 

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Enoriel
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Ven 11 Aoû 2017 - 12:43

La voleuse de rivière ?

Après un long moment à ne pas réagir aux assauts de l'enfant perturbateur, ses tentatives magiques n'ayant aucun effet sur moi - surtout sous la bulle que j'avais créée - et sa soeur l'empêchant de me sauter dessus. Ce n'était qu'un gamin... et pourtant il était encore debout, à vouloir sa rivière à tout prix, visiblement pas même fatigué par l'exploit qu'il venait de produire en venant jusqu'ici. J'avais ressenti sa présence, je l'avais ressenti grignoter au fur et à mesure la glace, cela m'avait même étrangement énormément touchée. C'était comme s'il m'avait rongée moi, au fur et à mesure, et cela avait été très désagréable. Au début j'avais voulu réagir, geler sur place la chose indésirable, puis heureusement pour l'inconscient, j'avais remarqué ce qu'il était et donc me doutais du fait qu'il ne pouvait se douter de la dangerosité de ce qu'il entreprenait. Je l'avais donc laissé faire, prenant le temps par-là même de réfléchir et de me reposer. Désormais qu'il était passé avec la dame, désormais que plus rien ne tentait de passer à travers la glace, je me laissais répondre au besoin qui me dérangeait de plus en plus. Avant même de répondre aux propos de la femme, je tendis le bras vers la faille et laissais la magie opérer, mon bras tremblant sous toutes les magnifiques sensations qui me traversaient de par en par. Ce n'est qu'une fois la glace reconstruite que je tournais mon regard fatigué vers les deux elfes.

"Il est dangereux d'entrer dans le sort d'un mage sans savoir ce qui se trouve à l'intérieur, et encore plus d'essayer de défaire ce sort. Si je n'étais pas revenue à moi vous seriez morts à l'heure qu'il est."

Il y eut un blanc gêné, un manque de réponse de la part de la dénommée Ril en comprenant la situation. C'était exactement pour cela que je préférais être dans un coin tranquille lorsque je me laissais complètement aller à la magie... je savais pertinemment que je pouvais être dangereuse. Le gamin, lui ne comprit pas ma remarque ou du moins préférait en rester à "sa rivière" que je lui avais "volée". Après un soupir je regardais Uirphen avec un léger sourire. J'étais moins timide envers les enfants que les adultes, et lorsque j'étais fatiguée on me pensait relativement normale.

"Tu veux la rivière, c'est cela ?"

Qu'il me dise oui... et en fonction de la manière dont il me parlerait, il aurait peut-être bien une correction en même temps que de l'eau !
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 16 Aoû 2017 - 13:27

Autant Emeril savait faire preuve de patience avec ses jeunes pupilles, autant la magicienne était fière. Les doux traits de son visage, et l’expression avenante et enjouée qu’elle affichait en quasiment toutes circonstances avait tendance soit à le faire oublier, soit à empêcher à ses congénères de le déceler, n’en reste pas moins que la première remarque d’Enoriel avait suffi à assez la piquer dans son orgueil pour qu’elle choisisse de se ranger du côté de son jeune frère, qui considérait déjà l’élémentaliste comme une empêcheuse de tourner en rond. Elle était une adulte cependant, et en tant que tel, elle se devait de montrer l’exemple à son cadet, bien conscient d’à quel point elle pouvait être froissée, et lui montrer qu’il n’était pas correct de faire une scène de ce genre de situations, peu importe qu’il soit ou non dans son droit.

Il y eut un blanc gêné, le temps que l’elfe réfléchisse une manière respectueuse de communiquer, ce qui laissa l’opportunité à l’empêcheuse d’à nouveau adresser la parole au trouble-fête.

- Moi je voulais juste aller me baigner avant de rentrer à la maison, mais votre truc prend tout le bassin ! le môme fait la moue En plus, on peut même pas aller un peu plus loin, parce que ça change l’écoulement de la rivière, et que du coup les courants sont bizarres, et moi j’ai pas envie de tomber dans la fosse. Il relève la tête, le regard décidé Alors moi je me suis dit que j’allais sauver le bassin ! Mais je savais pas qu’il y aurait une madame là-dedans, mais vu que vous étiez-là, ça veut dire que c’est vous la voleuse de rivière, alors je devais vous vaincre et vous ramener au tribunal pour sauver la rivière ! Mais Emeril a pas voulu m’aider et il recommence à faire la moue.
- Et vous savez, Emeril ne peut empêcher son sourire de prendre des airs nerveux le danger que représentent les créations d’autres mages je le connais. Si j’ai laissé mon petit frère s’approcher, c’est bien parce que je me sais capable de gérer la situation.

S’il est bien une trace du service militaire d’Emeril qui lui est restée, c’est son goût pour les duels entre élémentalistes, et de cette pratique elle garde une capacité plus que décente à contrecarrer la magie d’autrui. Certes, l’orgueilleuse n’irait pas se dire meilleure mage que l’empêcheuse de tourner en rond, mais en dessous au point d’avoir à craindre pour sa vie devant un mage ne cherchant pas activement à se débarrasser d’elle… certainement pas.

- Mais du coup, vous êtes une méchante ou une gentille ? Parce que j’ai envie de me baigner moi, alors faut que je sache si il faut vous envoyer au tribunal ou pas.


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Ven 18 Aoû 2017 - 15:55

J'écoutais le petit elfe m'expliquer pourquoi il était là, fait qui m'amusa tant l'enfant était sincère dans ses propos. Un fait qui changerait avec l'âge, certainement, alors autant jouer le jeu... du moins avant qu'il ne parle de tribunal. Pour ce qui est des propos de sa soeur, je préférais ne pas répondre. Peut-être était-elle une mage douée, et vu l'endroit où nous étions certainement était-elle mage de guerre... mais je ne m'étais jamais sentie aussi proche du flux, autant envahie par lui. Alors sachant ce que j'avais déjà fait comme "prouesse" magique, j'étais incapable de savoir si j'étais capable de m'arrêter à temps et si non, si cette femme était capable de se protéger elle et son petit frère. Alors autant ne pas partir dans de longs débats, d'autant plus que je devais prendre du temps à cette femme, la déranger. Et je n'aimais pas ça.

Ma timidité maladive revint en même temps que cette maudite pensée : je n'étais pas chez moi, je dérangeais, gênais... et je préférais rester seule qu'essayer de faire la connaissance des autres, pour le coup. J'écoutais à nouveau le gamin, la mélancolie désormais encore plus visible sur mon visage, qui me demandait si je devais passer au tribunal ou non pour pouvoir sauver la rivière. Je réfléchissais un instant, ne sachant pas trop quoi répondre, avant de finalement tendre mes bras sur les côtés, une paume tournée vers la vivière, l'autre vers le ciel.

"Parce que je suis gentille, je vais te laisser à ta rivière... mais fais attention à toi avant, parce que je vais défaire ce que j'ai fait. Regarde et surtout, ne touche rien."

C'était un message autant pour lui que pour sa soeur. J'avais une idée de comment arrêter la pluie à l'intérieur de la bulle, mais j'étais incapable de savoir si la glace allait fondre ou bien se briser en mille morceaux puis tomber sur nous. Je fermais donc les yeux, revisualisais l'entièreté de la bulle et des personnes prises dedans, et en appelais à l'eau dans laquelle j'étais encore assise. Une fois l'élément maîtrisé, je retournais ma main de sorte à ce que sa paume soit elle aussi tournée vers le ciel et commençais à faire un mouvement ample du bras. L'autre le rejoins et ensemble ils provoquèrent un magnifique tourbillon d'eau englobant toute la sphère. Chaque parcelle de glace était cachée par l'eau qui entrainait avec elle galets, poissons et autres. J'ouvris les yeux, regardais un instant... c'était magnifique, j'avais l'impression d'être dans une rivière mouvementée. Mais je le savais, je le ressentais, la glace restait.

Cela dura quelques minutes, tout au plus. Puis je réussis à me concentrer pour faire fondre l'épais couvercle de glace et mélanger son eau à celle de la rivière. Tout en ce faisant, je sentis comme une parcelle de mon propre être fondre, à l'instar de si j'avais essayé de défaire une partie de ma propre âme. Tristesse... douleur... Des larmes salées coulèrent le long de mes joues. Mes bras retombèrent, ma tête fit de même et d'un lent mouvement de la main, j'invitais toute l'eau retrouvée retourner à la rivière, délicatement. Le châle liquide qui me recouvrait fit de même.

La sensation de vide s'installa en moi. Un vide ô combien profond qui... qui...non, rien. Autant en rester là. Je me relevais sans regarder les deux elfes, m'écartais de l'eau et fis cette fois-ci appel au vent pour que je sèche le plus rapidement possible. Parce qu'entre la rivière et la pluie, j'étais trempée jusqu'aux os... bien que ce ne soit pas pour me déranger. Mes yeux se portèrent seulement à ce moment-là sur les deux mages, qui avaient encore les traces de la pluie sur eux. Le gamin faisait une de ces têtes...

"Voilà, la rivière est revenue à la normale. Je ne vous dérangerai plus maintenant, il faut que je retourne voir quelqu'un. Bonne fin de journée."

Puis je repartis vers la cité avec le peu d'affaires que j'avais emmenées - et que je séchais bien rapidement. La sensation de vide bien ancrée en moi, j'avais froid... vraiment froid... et je n'arrivais pas à arrêter ces fichues larmes de couler.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 21 Aoû 2017 - 0:36



- T’as vu Ril, t’as vu ? Quand est-ce que tu m’apprends à faire ça aussi ? Quand je saurai faire ça je pourrai inviter les copains et on aura la rivière pour nous tout seuls !
- Je t’apprendrai un jour Phen, mais j'espère que d'ici-là tu auras appris la patience.

Même pour la plus expérimentée de la fratrie, le geste de leur consoeur avait quelque chose de merveilleux. L’expression de sa magie avait quelque chose de particulier, passant bien loin au-dessus d’Uirphen, mais inspirant plutôt que l’habituelle admiration, une certaine mélancolie chez son aînée. La glace pleurait des milliers de larmes plutôt que de vouloir devenir poussière liquide remise à la rivière, le tumulte prit avec lui toute forme d’existence, en révolution dans le ventre d’un chaos organisé, appelé par la mage pour vaincre sa propre création.

- Ril ! Les poissons ! Il faut sauver les poissons !
- Calme-toi Uirphen, ils ne risquent rien. Ils bravent des courants bien plus terribles lorsqu’ils remontent de la fosse tu sais.

De longues minutes de sanglots hargneux, de longues minutes d’une danse macabre, là où un mage de son acabit n’aurait pas dû tant peiner, et tout devenait instantanément plus clair. L’avertissement se justifiait, car en s’attaquant à la bulle dans laquelle elle s’était isolée Uirphen ne s’attaquait pas à une simple construction, mais à une métaphore d’elle-même. L’art qu’elle pratiquait en ce moment même n’était pas le fait d’une maîtresse élémentaliste, mais l’imprévisible tableau peint par une âme en peine.

- La rivière !

La stupeur avait vite fait quitté le visage du petit être impressionnable à la faveur d’un sourire à en faire fondre les glaces déjà liquéfiées. Il faudrait se contenter pour au-revoir venant de la part de l’enfant des quelques signes de main lancés à tort et à travers en direction des adultes au cour de ses batifolages aquatiques. Les lèvres d’Emeril, elles, eurent du mal à s’ourler vers le haut. Ce genre de peines, si elle en reconnaissait si aisément l’expression dans la magie Sylvaine, c’est parce qu’elle y avait perdu sa tante, il y a fort longtemps.

- Kÿria prenne soin de vous.

Formule de politesse dans la majeure partie des cas, véritable souhait dans celui-ci.




 
~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~




- Uirphen t’a en haute estime tu sais. Il soupire lascivement Il y a de grande chances qu’il s’engage dans l’armée après son service militaire.
- Il est encore jeune. Il y a aussi de grandes chances pour qu’il se prenne de passion pour tout autre chose au détour d’une rue.
- Tu ne connais pas mon fils comme je le connais, onònion. Ce genre de flammes est de celles qui ne s’éteignent pas. Il baisse les yeux, pensif S’alliancer avec une famille de soldats… quelle idée a bien pu passer par la tête de Gelluives.

À nouveau il ressassait, à nouveau les larmes encore aujourd’hui retenues par Lùthanar vous plongeaient dans un douloureux silence. Un silence comme seule forme concevable de communication entre un bourreau innocent et une victime accusatrice. Un silence motivé par un amour qu’aucun de vous n’ose exprimer autrement, à cause de la distance qu’a creusé la mort entre vous. Un silence motivé par l’orgueil de deux hommes refusant de se pardonner à eux-mêmes la douleur qu’ils ont pu causer à l’autre.

- Tu as pu trouver quelque chose ?
- Malheureusement non. Je n’ai même pas réussi à atteindre la tour.
- C’est peut-être pour le mieux. Mes tripes me disent qu’il y a des choses là-bas que tu n’es pas encore prêt à voir.
- Que ce soit magnifique ou atroce, je me demande s’il y a la moindre chose là-bas que je n’ai pas déjà imagin…
- Toujours à vouloir me contredire ! Ne parle pas si vite de ce dont tu ne connais rien garçon ! Sans y avoir jamais mis les pieds, je peux t’assurer que derrière les murs du Peninor Angol, sont dissimulées des choses à t’en donner des frissons son regard s'assombrit, se faisant pesant de reproche bien qu’au vu de ton passif, c’est bien possible que tout ça ne te fasse finalement ni chaud ni…

Le grand blond se lève soudainement, en réponse au bruit de phalanges cognant contre sa porte. Ni sa femme ni ses enfants n’avaient prévu le retour de sitôt, et ton oncle, à l’idée qu’il s’agisse d’un indésirable ou du porteur d’une mauvaise nouvelle, s’en trouva bien agacé. Tu emboitas son pas jusqu’à l’entrée, qu’il ouvrit d’un geste sans douceur, entonnant le visage toujours figé dans cette dure expression qui était la sienne, d’un air trop peu accueillant.

- À qui ai-je l’honneur ?
- Et bien othan…
- Tais-toi, faraud, la demoiselle n’a pas besoin de ton aide ses yeux redescendirent sur la menue nouvelle Que puis-je pour vous ?

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Dernière édition par Artiön Sinyàra le Lun 21 Aoû 2017 - 15:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 21 Aoû 2017 - 15:06

Le silence... le calme... la solitude, enfin. Loin des autres mages, j'avais fini par trouver un petit coin tranquille où plus personne ne pouvait venir me déranger. Où j'étais ? Je m'en fichais éperdument. Il y avait de la nature, c'était tout ce qui comptait. Allongée sur le dos dans l'herbe verte, je laissais tout simplement mon esprit partir et revenir à son gré, faisant naître quelques oeuvres artistiques éphémères du bout de mes doigts. Ce n'était que pour moi, ça aidait ma peine à diminuer et, dans le fond, personne ne risquait de les briser parce qu'elles prenaient trop d'ampleur. Au moins ne je ne dérangeais plus personne...

Il fallut on bon moment avant que mes larmes finissent par complètement arrêter de couler et que je ne sente plus le besoin irrémédiable de faire appel au flux. Je finissais par être bien, sereine et, comme toujours, mélancolique. Ce temps m'avait également permis de réfléchir, notamment à cette rencontre que j'aurais préféré ne jamais faire, celle d'Emeril et de Uirphen. Je n'aimais pas me montrer faible ; je l'étais déjà suffisamment comme ça à cause de mon corps et de ma timidité. Et ce que j'avais dit à l'aînée, en y repensant, il s'était fallu de peu pour qu'il n'y ait une catastrophe... l'envie de cesser d'être grignotée était si forte que j'aurais pu sans problèmes refermer la glace sur les deux êtres. Enfin... Aucun mal n'avait été fait, le petit avait sa baignade et je ne dérangeais plus sa soeur. Tout allait pour le mieux et j'allais pouvoir retourner vers la cité. Cette fois-ci, il faudrait que je me force à demander où se trouvait la maison du dénommé La... Laer... Laer... Mince, c'était quoi déjà le nom ?


~~~~~~~~


C'est bon, c'était trouvé. Je remerciais la personne qui m'avait grâcieusement amenée jusqu'à l'habitat, inspirais et frappais contre la porte de bois en faisant bien attention à y aller relativement fortement. Déjà que je ne me sentais pas à l'aise de me présenter chez quelqu'un que je ne connaissais absolument pas pour aller voir son propre invité... j'espérais sincèrement qu'Artiön n'allait pas me dire d'entrer. J'attendis quelques instants, triturant nerveusement la sangle de mon sac, pour au final sursauter lorsque la porte s'ouvrit à la volée.

"À qui ai-je l’honneur ?
- Et bien othan…
- Tais-toi, faraud, la demoiselle n’a pas besoin de ton aide. Que puis-je pour vous ?
- Euh..."


J'eus un bref instant d'hésitation, me retrouvant face à un grand elfe blond au visage loin d'être amical et durci par la vie. La façon dont il parla à Artiön ne fut pas pour me rassurer sur la personne et c'est uniquement parce que mon collègue de recherche était au pas de la porte que je ne tournais pas les talons en me disant que je m'étais trompée de maison.

"Enoriel Valiendal... je... Je travaille actuellement avec Artiön et il m'a demandé de le rejoindre ici. Alors me voici. Désolée de vous déranger..."

A la tête du gars, j'avais l'impression qu'il allait jeter des pierres ou des éclairs d'une seconde à l'autre sur moi ou Artiön. C'était avec peine que je ne rentrais pas ma tête entre mes épaules et encore plus que je restais là, tout simplement à les regarder.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 31 Aoû 2017 - 19:28


- Artiön m’avait prévenu que vous passeriez. Donnez-vous au moins la peine d’entrer.

La proposition sonne comme un ordre plus que comme une invitation, et l’empressement avec lequel l’hôte s’en retourna vers l’intérieur de sa demeure ne laissa pas grand temps pour la discuter. Tu emboîtas le pas à ton oncle quelques secondes à sa suite, invitant d’un signe de la main Enoriel à te suivre à travers le manoir. C’est un long couloir mal éclairé qui vous accueille, pour s’ouvrir sur une pièce à vivre dont les omniprésentes fenêtres te forcèrent, toi qui pourtant en sortait à peine, à plisser les yeux face à l’agressive lumière qui la baignait. Tu te serais attendu à ce que Lùthanar s’y arrête, et retrouve machinalement le fauteuil dans lequel il passait depuis quelques dizaines d’années le gros de son temps, mais il n’en fit rien, gagnant les escaliers, jetant à l’occasion un coup d’œil en arrière pour vérifier que vous le suiviez.

Tout au long du parcours, décorant ça et là les plus dégarnis des murs, trônaient les portraits de générations de Laergûl, tous dépeints dans l’exercice de leur art. Des guérisseurs et des élémentalistes pour la majorité, des hydromanciens surtout. Une lignée de mages que les portraits à eux seuls permettaient de remonter jusqu’à la naissance de Lanthaloran, et dont tu auras évoqué nom et hauts-faits des plus notables au détour de votre marche. C’est avec un entrain à peine freiné par les tensions qui vous séparaient Enoriel et toi que tu t’étais retrouvé à mentionner l’aïeule dont tu avais hérité du focaliseur au début de ta carrière en tant qu’arcaniste, puis avec une fierté teinté de mélancolie que tu abordas l’histoire de ton onclie Lùthanar et de ta mère, et de la manière dont le pyromancien perdit sa chaleur au jour où la vitaliste s’abandonna à Tari. Tu ne t’attardas pas sur le détail des conditions du décès de ta mère, bien trop personnels pour être si facilement partagés, surtout lorsque veillait l’oreille de l’oncle dont le cœur vit encore au lendemain du drame, mais à ton ton la demoiselle Valiendal devinera à quel point elles t’auront touché.

L’arrivée à la terrasse d’étage coupa court à tes discours, sans que tu puisses véritablement statuer de si la faute en revenait à la soudaine réexposition aux vents d’altitude, à la vision toujours aussi enchanteresse qu’était la bordure Daranovane depuis les toits, ou à celle de ton oncle en train de verser le thé, le visage esquissant un sourire abattu, mais un sourire tout de même.

- J’imagine qu’après que notre cher Mainyth vous ait conté toute l’histoire familiale il est un peu tard pour se présenter, mais pour la bienséance… je suis Lùthanar Laergûl, l’oncle de ce grand imbécile. Le grand blond vous invita tous les deux à vous assoir d’un geste, avant de déposer un tasse de thé pour chacun sur une table proche Alors comme ça vous – travaillez – avec Artiön, c’est bien cela ?

L’ironie était palpable, et elle t’était plus destinée à toi qu’elle ne l’était à elle. Folle adolescence et indécisions de l’âge adulte obligent, ils furent peu nombreux ceux de ta famille à croire en la relation que tu entretenais avec Kaëlistravaë, depuis si longtemps, et de si loin.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 10 Sep 2017 - 21:51

Ca y est, l'invitation - ou l'ordre plutôt - était lancée. Je n'avais pas spécialement envie d'entrer, mais le signe d'Artiön m'obligea quelque peu à entrer dans la demeure, dont je fermais la porte derrière moi, sans aucun bruit. Hésitante, je suivais tant bien que mal les deux elfes dans le couloir un peu trop sombre pour mes yeux bleus, mon sac serré dans mes bras. Je ne pouvais m'empêcher de regarder autour de moi, étant malgré le fait que je logeais chez Artiön peu habituée à l'architecture et la mode daranovanes. Sans mot dire je suivais, toujours, et écoutais les nombreux récits familiaux que me contait le militaire. Comme toujours réceptive aux émotions du passé, le ne réussis à adresser qu'un sourire attristé au conteur lorsqu'il parla du décès de sa mère et de l'effet que cela avait eu sur le mage qui nous guidait. Je ne m'attardais aucunement sur le fait qu'il soit pyromancien, même si mon esprit ne put s'empêcher de retenir cette information. En fait, en voyant tous ces portraits et l'histoire qui était transmise par leur biais, je ne pouvais m'empêcher de penser à ma propre ascendance. Il y avait eu des êtres plus ou moins illustres dans ma lignée, mais celui qui avait réellement fait connaître le nom des Valiendal était mon propre père, Beliandar. Archimage de l'immatériel, chercheur intéressé et pédagogue, il avait toutes les qualités requises pour être un excellent professeur et membre du Chapitre Blanc. Pourtant, il avait fallu que la guerre l'emporte... Non, valait mieux que je pense à autre chose, sinon j'allais montrer une mine encore plus mélancolique qu'elle ne l'était ces derniers jours. Et je n'allais pas me remettre à pleurer non plus !

Au bout d'un moment, le maître de maison s'arrêta à une terrasse qui avait tout de plaisante : vue sur le lointain, courant d'air bienfaiteur, propreté et aménagement sympathique. En plus, ici, il y avait du soleil. Le dénommé Lùthanar fit signe de la main de nous asseoir et, avec une docilité toute polie, je répondis à son invitation en m'asseyant sur l'une des chaises.

"Alors comme ça vous – travaillez – avec Artiön, c’est bien cela ?"

Je regardais un instant le concerné, un peu trop timide pour répondre ainsi du tac au tac face à une personne de ce charisme. J'eus même un instant de honte à cette pensée, me disant que si jamais Lùthanar avait connu mon père, alors il ne devait aucunement me reconnaître en lui... Je baissais un instant les yeux avant de me reprendre et de lui répondre, en essayant d'avoir le regard assez haut.

"Oui. Je fais des recherches magiques sur des manières de créer des sorts - au moins élémentaires - rapidement et en utilisant le moins d'énergie possible. En discutant avec votre neveu nous sommes venus à la conclusion que mes recherches pourraient avoir en partie un lien avec celles qu'il effecue sur les travaux du Peninor Angol. Et après avoir été à Lanthaloran, il s'est avéré qu'effectivement ce pourrait être le cas, bien que j'ai encore du mal à me faire aux méthodes du... protecteur du Peninor."

N'y repense pas, Eno, n'y repense pas... Tu vas finir par te remettre à pleurer sinon. Bon... Et si je changeais de sujet ? Pour parler de quoi ? M'intéresser à lui ? Je n'étais pas assez à l'aise... pas du tout même. Et j'étais incapable de deviner s'il se ficherait complètement de savoir ce qui s'était passé là-bas, s'il rebondirait seulement sur le fait que j'étais également une mage élémentaliste - avec la carrure et la prestance en moins. Aussi je le remmerciais d'un signe de tête pour le thé, ne sachant pas trop sur quel pied danser.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Sam 16 Sep 2017 - 3:21



Le naturel avec lequel elle répondit, malgré l’attitude de chouineuse – qui avait tout l’air d’être son état normal – suffit à contredire les implicites de Luthànar. Et son visage se barra d’un sourire. Un sourire mesquin cette fois, mais toujours un sourire. Rictus qui s’élargit bien vite lorsqu’avec le même implicite elle se présenta en tant que mage élémentaire. Non pas que ton oncle ne le sache pas, car tu avais déjà eu l’occasion de le lui dire, mais observer Enoriel de ses propres yeux était une toute autre expérience. Petit est plus difficile à concevoir qu’il n’y paraît lorsque si peu des membres de votre famille, de ceux que vous côtoyez et avez côtoyé par le passé, et même si peu des membres de votre cercle d’amis n’ont la tête sous la moyenne. Les vieilles lignées Daranovanes, celles dont tu descends, et celles que Lùthanar eut l’occasion de fréquenter durant la majeure partie de sa vie sont les descendants de vos fondateurs ; pour la plupart de féroces guerriers ayant gagné les places d’honneur à la force des bras. Difficile pour lui de savoir s’il devait être impressionné par le fait que la demoiselle soit arrivée si loin malgré son apparente fragilité, ou avoir peur qu’elle ne se brise au prochain courant d’air qu’elle-même invoquerait… jusqu’à ce que l’option de simplement se donner matière plus importante à penser ne lui vienne comme l’évidence.

- Si vous avez du mal à vous y faire, n’y retournez pas. Les mages du Peninor Angol étaient des génies, mais ils étaient tous complètement fous et si Lùthanar s’exprime ainsi, c’est plus par amertume que parce qu’il le pense réellement Quoi que vous ayez pu voir là-bas, continuez de fouiller trop longtemps et vous trouverez bien pire. La Mère elle-même ne saurait dire toutes les expériences étranges menées entre ces murs.
- Othànno, tu…
- Excuse-moi Artiön, ton vieil oncle radote, et parle de choses qu’il ne connaît pas, parce que bien sûr, ton vieil oncle n’est pas capable de se faire une idée de ce qui se passait derrière ces murs vu qu’il n’y a jamais suivi ta mère. Le sarcasme lui penche légèrement la tête en lui soulevant un sourcil… c’est définitivement à lui que tu as emprunté cette habitude Le raisonnement serait valable si seulement elle avait été capable de ne pas transpirer ses secrets à travers tous les pores de sa peau en ma présence.

Le cœur de ton oncle accélère, comme chaque fois que lui reviennent les souvenirs de sa sœur. Il s’assoit, posant la tasse qu’il avait à l’instant en main, encore presque pleine. Ton oncle ne garde jamais rien en main lorsque l’émotion monte, car s’il est maître de son visage, les frissons parcourant ses mains sont rendus évidents lorsque faiblit sa poigne. Au moins ainsi, son tourment resterait invisible aux yeux de votre invitée. Cette histoire n’était pas la sienne, et Lùthanar n’était pas elfe à mêler qui n’a rien à y faire aux péripéties familiales.

- Donc heri Enoriel, je peux vous le confirmer, si c’est à la recherche de l’expression de l’art à son summum que vous êtes, vous mettez le pied au bon endroit Son regard fuit vers le lointain sauf que c’est pour la même raison que les lieux sont aussi dangereux. Mais c’est aussi à ça que sert notre cher Mainyth n’est-ce pas ?
- En réalité Heri Enoriel est tout à fait capable de se débrouiller tu sais. Je suis son guide plus que son protecteur.
- Qui est-ce que tu crois tromper Artiön ? Je te signale que je t’ai vu enfant, et je t’ai plus souvent bercé au beau milieu de la nuit pour te rendormir que ne pourraient le compter les plus grands mathématiciens Lanthloran. J’ai aussi vu un nombre incalculable de fois ton visage lorsque tu retrouvais un sommeil plus paisible ; ce n’est pas en faisant semblant de penser qu’elle n’a pas besoin de toi pour la protéger que tu te feras pardonner d’avoir eu peur. D’ailleurs, tu ne serais pas si tranquille si tu t’étais prouvé totalement incapable de lui apporter la moindre sécurté.

Aussi facilement que le faisaient tes parents, et contrairement à tous ceux qui se laissent avoir par l’apparente dureté de ton visage, ton oncle lisait dans le moindre des mouvements de tes traits comme dans un livre ouvert, et puisque ce n’était pas le sien, il n’avait aucun scrupule à le lire aux yeux de tous.

- Et veuillez m’excuser Heri Enoriel si je me trompe, il commence, le visage vers l’élémentaliste, avant de se retourner dans ta direction mais je doute fortement qu’une demoiselle aussi réservée aurait accepté de composer avec ton culot si elle estimait pouvoir se débrouiller seule. Un simple guide n’est pas à ce point indispensable.
- Toujours aussi doué pour les grands discours de motivations à ce que je vois. Tu lui rends un peu de l’attitude sarcastique Je n’ai presque pas eu envie de me cacher dans les placards cette fois-ci.
- Je n’aurais pas à en faire si tu n’étais pas un aussi grand imbécile. Il se retourne vers Enoriel Et j’espère Enoriel, que vous penserez à régulièrement lui rappeler quel idiot d’enfant gâté il est.

Le ton est étrange. Quelque part entre le sincère reproche et la provocation complice ; tenant quelque chose des deux extrêmes qu’a connu votre relation. Le ton est étrange, mais voilà longtemps que ton oncle et toi n’aviez pas témoigné d’une proximité aussi évidente. Et silencieusement tu remercies à la fois la présence d’Enoriel et l’incorrigible fierté de ton oncle, qui en essayant de cacher le malaise installé entre vous et ses raisons aura finalement fait une pas important pour le réduire.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 17 Sep 2017 - 16:51

Je n'aimais absolument pas la façon dont l'oncle d'Artiön me regardait. Je détestais ce regard qui me scrutait, se demandant certainement comment une si fragile chose avait pu devenir une mage élémentaire. Ce genre de regard qui se posait régulièrement sur ma personne lorsqu'on me rencontrait pour la première fois, qui me jugeait sans me connaître et qui parfois ne voulait pas reconnaître que les écrits et faits relatés pouvaient être asociés à la brindille timide que j'étais. Aussi je baissais les yeux un instant, prenant en même temps ma tasse à pleines mains comme pour faire semblant d'avoir baissé les yeux pour cela. Je bus une longue gorgée puis me forçais à relever mes doux yeux marron sur le grand elfe. Il avait repris ses chamailleries avec Artiön, ce qui n'était pas plus mal pour moi ; du moins au début.

Régulièrement, j'étais prise à partie sans pouvoir avoir mon mot à dire. J'essayais à un moment de répondre à une remarque, mais ma voix était si faible comparée à la leur que je n'obtenus absolument rien. Pas même une seconde de silence, pas même une considération. Je serrais d'autant plus la tasse de mes mains, priant en quelque sorte pour disparaître rapidement et rentrer dans un endroit où je ne serais pas là assise à regarder deux membres d'une même famille s'envoyer des balles verbales au sujet du passé. Puis, enfin, cette situation se calma et les regards se reportèrent sur moi, alors que Luthànar me demandait de bien vouloir régulièrement rappeler à Artiön qu'il n'était qu'un idiot d'enfant gâté.

"Si je puis me permettre..."

Mes lèvres se pincèrent, mes yeux ne fixaient que le vide entre notre hôte et moi. Etait-ce si important que je prenne la parole ? Que je remette en ordre certaines choses qui avaient été dites ? Cela en valait-il seulement la peine, cela n'allait-il pas juste apporter des pensées sarcastiques ? Pourquoi avais-je pris la parole, au juste ? Si seulement cette journée n'existait pas...

"J'ai besoin d'un guide. Je ne connais pas les ruines de Lanthaloran. Mais... même si je suis juste une brindille... je pense avoir assez traversé l'Anaëh ces derniers siècles pour savoir me défendre."

Mes mains se resserrèrent encore plus sur la tasse, au point que mes mains en blanchirent. Encore une fois, je ne voulais pas être là. Je n'avais pas envie d'être l'invitée d'une personne que je ne connaissais pas et qui avait un caractère trop éloigné du mien pour que je me sente à l'aise. Pourtant, à croire que je possédais plus de force ou de volonté que ce que ne le suggérait ma timidité, mes lèvres s'écartèrent à nouveau pour laisser passer d'autres mots.

"Je cherche effectivement le summum de l'Art, heru Luthànar ; bien plus pour les autres que pour ma simple curiosité. J'ai pu voir une chose dans les ruines, affronter mon passé à travers le gardien du Peninor Angol. Il reste du temps et ce n'est certainement pas assez pour que je puisse aller jusqu'au bout de mes recherches. J'y retournerai, heru... même si je ne sais pas quelles sont les expériences qui ont pu être menées là-bas."

Il y eut un temps où personne ne parla, assez court, mais où je réussis enfin à le regarder droit dans les yeux. Le sujet que j'allais aborder était plus intime et vu ce qu'il avait prononcé auparavant, peut-être avait-il ne serait-ce qu'un début de réponse à la question qui allait suivre.

"Vous... vous n'avez peut-être pas été au courant de ce qui se passait, mais peut-être aurez-vous une réponse à ma question... hum... Je... comment dire... Mon père, Beliandar, est régulièrement allé à Lanthaloran de son vivant afin d'aider, m'avait-il dit, à faire des recherches. Mais j'ignore sur quoi. Peut-être auriez-vous entendu quelque chose dessus, ou même l'auriez-vous rencontré ? Enfin je vous demande cela, mais c'était il y a plus de trois cents ans..."

Je baissais à nouveau les yeux. J'avais presque honte de cette pseudo-question que j'avais posée. De cet infime espoir de pouvoir découvrir quelque chose sur mon bien aimé père, de me raccrocher à lui dans cette quête pourvue de mystères et de dangers. Pourquoi ? Je n'en savais rien. Peut-être bien parce que même si je voulais sortir de son immense ombre, j'avais toujours besoin de lui... même les siècles passant.
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 17 Sep 2017 - 18:36



- Se préserver des dangers de la forêt est une chose. S’exposer à ceux d’une magie inconnue en est une autre. Vous devez savoir la réputation d'Ellyrion. Lùthanar entame sévèrement Mais si là est réellement votre objectif, ainsi soit-il.

Ce n’est pas la réponse à la question posée, mais c’est de bonne guerre. Lùthanar n’avait pas porté aux attentions aux menues épines que portait la petite fleur, et il s’y était piqué… pour son plus grand bonheur. Il était finalement moins inquiétant pour le vieil elfe de savoir son neveu accompagné d’une elfe au moins capable de soutenir son regard. Rien n’y ferait, elle n’était pas mage de guerre, et en l’absence de la moindre idée de ce que pouvait receler les profondeurs du feu Cénacle de magie, il continuerait de croire ta présence nécessaire auprès d’Enoriel pour arriver à bout de votre entreprise… seulement maintenant qu’elle commençait à se racheter, il se voyait capable d’envisager la réciproque.

- Mais en ce qui concerne Beliandar, c'était un homme fort sympathique. Peut-être un peu trop même. À vrai dire, il y a bien des choses que le savoir votre père expliquerait. à commencer par ce tempérament un peu trop mou Mais je ne pourrai malheureusement pas être plus d’aide que cela. Ma sœur a bien plus côtoyé les mages de l’esprit et ses collègues mages de vie que les mysticistes.

Si Beliandar était son père, alors fort était à parier qu’Enoriel était aussi douée en magie qu’elle était renfermée. Si l’Archimage Valiendal était moitié aussi doux avec sa progéniture qu’il ne l’était avec ses compatriotes, elle aura vécu une enfance aussi privilégiée qu’étouffante. Sans aucun autre obstacle sur sa route que l’ombre de son propre père, sans aucune autre interférence que les attentes démesurées de son entourage, le moral et la confiance en soi lentement rongés par l’absence de challenges autres que celui dont elle ne verrait peut-être pas le bout même après un millénaire. Si l’éducation Daranovane avait mauvaise réputation auprès de certaines des autres Cités à cause de sa dureté, elle avait le mérite de construire des personnalités fortes. Des individus à part entière.

- Je me rappelle Faernùron avoir souvent fait l’éloge de Beliandar lorsqu’il mentionnait ses recherches sur l’expression des flux. J’imagine que s’il devait aider qui que ce soit, fort est à parier que ce serait lui. Tu ajoutes avec la pointe d’arrogance de celui non seulement en sachant plus que son aîné, mais ayant eu l’occasion de voir la surprise sur son visage impassible au moment de la prise de parole d’Enoriel.

Tu termines de boire ton thé, puis te lèves, allant t’appuyer à la balustrade, pour laisser ton regard se perdre vers l’horizon, en direction des ruines de Lanthaloran. Si seulement vous pouviez revenir quelques années en arrière… si seulement vous pouviez aller chercher les réponses auprès de ceux qui les ont.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Dim 17 Sep 2017 - 20:23

Le silence s'était installé sur le trio que nous formions, Artiön étant parti auprès de la balustrade. Je me renfonçais contre le dossier du siège, jambes croisées, mes mains toujours refermées sur ma tasse. Un peu moins fortement que quelques secondes auparavant. Tant qu'il était là, j'écoutais le silence et ce qu'il laissait apparaître, comme la brise qui caressait doucement nos visages. En même temps, j'appréciais sans le montrer les quelques mots que les deux daranovans avaient prononcés sur mon père. Un personnage fort sympathique - trop ? - dont on faisait l'éloge ; et cela sans me remettre dans son ombre. En même temps, il était archimage... rien d'étonnant sur ce second point. Pour le premier, en revanche, j'avais souvenir qu'il pouvait se montrer extrêmement sévère pour réussir à obtenir d'une personne le meilleur de lui-même. Même si cela ne paraissait pas, même s'il m'avait toujours montré énormément d'amour, mon apprentissage n'avait pas été gentillet à partir du moment où j'avais montré un véritable don pour la magie. Alors qu'il ait été trop sympathique... peut-être était-ce là l'avis des Daranovans, qui étaient habitués à être élevés à la dure ? Possible. Ou peut-être s'était-il montré différemment lors de ses visites, tout simplement. Ah Beliandar ! Pourquoi fallait-il que tu gardes bien plus de mystères sur toi-même que ce que ta propre fille pouvait imaginer ?

Je continuais à réfléchir, à dénicher dans ma mémoire tous les souvenirs qui pourraient m'aider, en vain. Au lieu de cela, je finis par me rendre compte que ma tasse était vide. Après une moue, je laissais le conteneur se remplir à nouveau d'eau parfumée avant de boire à nouveau, comme si de rien n'était. A y penser, quelle ironie... Le père avait visiblement fait des recherches sur l'expression des flux alors que la fille, trois siècles plus tard, cherchait à en découvrir leur évolution pour mieux les comprendre. Et je n'avais jamais vu d'écrits de sa part concernant de telles recherches, pourtant j'avais lu, relu et rerelu absolument tous les livres qui se trouvaient dans l'appartement familial. Et si... et si... et si ?

"Et si Beliandar avait laissé ses écrits ici ?"

En pleine réflexion, ma question était partie d'elle-même. Je finis ma tasse et la reremplis à nouveau, par magie, sans même me poser de questions. Ainsi travaillait mon cerveau, une fois en transe il ne faisait plus du tout attention à ce qui l'entourait... à moins qu'un regard trop appuyé ne vienne le perturbé, ce qui fut rapidement le cas. Instinctivement je levais les yeux vers l'elfe qui me faisait face, avant de me recroqueviller sur moi-même tout en rougissant légèrement.

"Hum... Mon père avait toujours la manie d'écrire ses pensées et recherches, même s'il savait que ça ne servirait à rien ; juste pour garder l'habitude au cas où un détail finirait par devenir important, ne jamais oublier. Alors pour des recherches sur le flux, il ne peut qu'avoir écrit bien plus que quelques brouillons... et je n'ai jamais trouvé quoi que ce soit sur une recherche vraiment approfondie sur le sujet. S'il n'a pas laissé ses notes chez lui, en Alëandir, alors il a dû les laisser à un endroit où il les pensait en sécurité non loin du Peninor Angol. Et s'il a agi de la sorte, c'est certainement parce qu'il devait y avoir quelque chose dans ses notes qu'il ne voulait pas entre les mains de n'importe quel mage ; que ce soit par raison d'étique ou bien parce que le résultat pouvait aussi bien donner du bon comme du catastrophique."

A en parler, je sentais que mon esprit était en train d'essayer de se rappeler un instant, une conversation que j'avais pu avoir avec Beliandar. Malheureusement, pour l'instant... ce n'était qu'un flou des plus artistiques.

"Quoi qu'il en soit, s'il avait bien fait des recherches sur l'expression des flux, retrouver son savoir serait une bonne aide..."

Disais-je, le regard à nouveau perdu dans ma tasse d'eau froide mais doucement parfumée.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 18 Sep 2017 - 3:57


- S’il n’a rien emporté avec lui à Alëandir, c’est sûrement qu’il les aura laissées à Faernùron pour étude. Et cela aurait pu être une bonne chose… Sauf que les laboratoires de Faernùron sont au plus profond des sous-sols des bâtiments du Cénacle. On pourra s’estimer chanceux si seulement les étages supérieurs ne se sont pas complètement écroulés dessus.

Vous pourriez surtout vous estimer chanceux de pouvoir mettre le pied jusque-là, lorsque le danger rôdait déjà à la surface ? Quelles épreuves de plus vous attendraient autour des lieux où ont été développées les armes ayant servi durant Ellyrion ? Quelles épreuves de plus vous attendraient au croisement de portes ayant dissimulé pendant des siècles les poisons nés de combinaisons manquées à la recherche d’un remède miracle ? Que renfermerait l’aile des guérisseurs, ou celle des élémentalistes ? Tout était possible, les conjectures les plus folles devenaient réalistes, lorsque dans le Chaos d’une renaissance, la magie de la Mère se mêlait au summum de celles des elfes. Enoriel sait se débrouiller seule, mais peut-être l’autre côté des murs donnerait raison à Lùthanar. Quelque chose te dit que tu seras loin cette fois de pouvoir te contenter d’agir en simple guide.

Ton oncle ne prit pas le temps de vous mettre en garde plus longuement. Il l’avait déjà assez fait. Il ne le ferait plus. Il n’avait après tout aucun pouvoir sur une décision de toute façon déjà prise. Ton pauvre oncle aigri par un deuil mal vécu, difficile pour lui d’admettre devant toi que s’il cherchait autant à vous décourager, c’est qu’après avoir perdu sa sœur, il lui serait insupportable de voir disparaître le neveu pour lequel malgré tous ses efforts, il n’arrive pas à s’empêcher d’éprouver de l’affection.

Lentement mais sûrement, chaque goutte de thé finit par trouver place d’abord dans une tasse, puis sur la langue de l’un d’entre vous, jusqu’à ce que l’infusion soit entièrement consommée. Le soleil entamait la fin de sa course descendante, et venait maintenant l’heure de s’en aller. Tu quitterais la maison Laergûl avec une certaine mélancolie, triste qu’Emeril et Uirphen et leur mère ne se soient pas montrés avant que la bienséance ne veuille votre départ ; mais heureux d’avoir eu, aussi volatile eut-il pu être, un instant de complicité avec ton aîné.



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~



Sans Enoriel pour l’obliger à faire un minimum bonne figure, ta relation avec ton oncle était un pesant malaise. Sans Lùthanar pour la forcer à faire de même, le silence dans lequel s’était fait le chemin de votre retour te rappelait que celle construite avec Enoriel n’était pas non plus en bonne passe. Vous arriveriez chez toi et vous recommenceriez à presque vous ignorer l’un – l’autre. L’atmosphère serait moins lourde qu’à la veille au soir sans pour autant retrouver sa légèreté naturelle.

Tu gagnerais ton vêtement de maison comme à ton habitude, illustrant de ton dos dénudé le même culot que te reprochait Lùthanar il y a quelques heures de cela. Mais Enoriel ne disait rien. Enoriel ne réagissait plus. Il devait être finalement passé le temps d’accoutumance à ton franc exhibitionnisme ; ou alors était-elle à ce point absente qu’elle ne te voyait tout simplement plus ? N’en reste que tu n’osas pas t’en occuper avant d’avoir terminé de préparer et servi la soupe qui accompagnerait le pain de méroca.
Tu touilles sans raison, pensif, observant un croûton de pain s’imbiber du bouillon et respirant l’odeur de champignon qui en émane. Tu prends une bouchée que tu avales sans conviction, malgré une faim réelle et un goût te flattant le palais. Tu avales la gorge serrée et le ventre lourd d’un sujet que tu t’en veux presque de faire remonter.

- J’espère que mon oncle ne s’est pas montré trop abrupt tu parles doucement, cuillère décrivant des cercles à la surface du potage On y peut rien, c’est de famille. Tu souris timidement

Manière détournée d’une fois de plus demander pardon pour tes dernières humeurs nocturnes. Vous aviez décidé de travailler ensemble après tout, vous auriez besoin de travailler ensemble, maintenant plus que jamais. Continuer votre entreprise sans que la confiance ne règne, c’était demander à risquer la mort, et vous le saviez. Vous ne mettriez plus les pieds ensemble dans les ruines de Lanthaloran, ni demain ni jamais, si votre équipe n’était pas capable de fonctionner. Vous ne mettriez plus les pieds tout court dans les ruines de Lanthaloran si vos roues ne tournaient pas en tandem, car elles étaient en somme les seules à prendre cette direction.

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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 19 Sep 2017 - 12:48

Depuis que nous étions parti de chez son oncle, le silence s'était réinstallé entre Artiön et moi. Un silence gêné, comme au moment où nous nous étions quitté près de la rivière, là où venaient s'entraîner les mages daranovans. Cela ne fit qu'aider à ce que je me réfugie dans mes pensées, ressassant la conversation que nous avions eue avec Luthànar ainsi que toutes les questions que je me posais désormais. Maintenant, je savais que mon père avait laissé des écrits dans cette région, qu'une partie de son mystère devait encore se trouver enfoui sous des monticules de cailloux et de sorts. Ecrits qui avaient des chances de m'aider dans mes recherches, et peut-être même Artiön. Ce n'était que folie, mais j'étais plus que partante pour retourner à Lanthaloran afin de déterrer ses recherches ainsi que celles des lanthalorans. Dans le fond, la simple idée que tout ce savoir puisse finir par moisir dans des sous-sols avait fini par me donner l'impétueux besoin d'aller sauver les livres. N'importe quel livre était précieux. Alors ceux-là...

"J’espère que mon oncle ne s’est pas montré trop abrupt. On n'y peut rien, c’est de famille."


Je relevais la tête de ma soupe, me demandant à cet instant précis dans quel monde j'étais, ou plutôt dans quel espace temps je me trouvais. Dans ma petite caboche j'étais limite sur le départ pour la cité perdue, aussi me rendre compte que j'étais assise à table devant une soupe que j'avais déjà à moitié avalée me fit un choc. Autre choc, m'apercevoir que mon hôte avait carrément oublié de s'habiller convenablement. Mes pensées restèrent un instant bloquées sur ce haut tout à fait invisible qui laissait bien voir les muscles un peu trop bien faits du mage de guerre, m'imaginant mal me marier avec un elfe s'accoutrant de la sorte, très mal même. Je ne trouvais pas ça très beau, contrairement à son petit sourire timide... sourire timide... timide... Euh quoi ?!

Mes yeux dévisagèrent le visage d'Artiön, notamment ses lèvres courbées dans une expression que je ne lui connaissais que peu. Et, alors que la réponse attendue était certainement un "tout va bien", ma main vint instinctivement se porter devant ma bouche alors qu'un rire incontrôlable s'extirpait de celle-ci. J'essayais en vain de parler, de m'excuser quant au fait que j'avais à peine compris ce qu'il avait dit du fait de mes pensées dirigée vers le prochain voyage, mais rien n'y fit. J'étais absolument incompréhensible tant le rire me prenait, au point que des larmes finirent par poindre sur mes joues. Incapable de tenir ma cuiller, le repas semblait être en pause pour moi, sûrement sous le regard médusé d'Artiön.

La soirée commençait bien...
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 19 Sep 2017 - 19:24


Ton regard s’attarde sur elle, presque anxieux. Plutôt que de répondre elle semble t’inspecter, comme ne se rendant compte que maintenant de ta présence… et pourtant il y a quelques secondes à peine elle mangeait bon train. Tes pupilles font dubitativement le parallèle au trajet des siennes, qui retracent longuement et avec perplexité ta silhouette, poussant tes muscles à feintement se contracter le temps d’un frisson, avant de remonter vers ton visage. Là seulement ses sourcils se décontractent, mais ses paupières ne perdent pas leur plissure pour autant… quoique.

Lorsque l’expression de ton invitée perdit en gravité, elle ne le fit pas à moitié. Ne t’étant pas attendu à ce que ses yeux s’écarquillent et que ses sourcils décollent, tu fus probablement autant surpris qu’elle-même par sa propre réaction, et tu ne savais pas réellement quoi en penser. Ou plutôt, tu ne savais pas quelle route prendre parmi les dizaines de possibilités qu’une fraction de seconde t’avait laissé envisager. Elle aurait pu s’être attendu dès le départ à ce que ce comportement te vienne de tes aînés, et trouver par conséquent la question ridicule. Elle aurait aussi pu s’être réfugié dans un rire nerveux justement à cause des souvenirs encore frais de poussées caractérielles que ton oncle et toi aviez eu. Peut-être encore ne s’attendait-elle pas à ce que tu insistes autant à demander pardon pour ton attitude… comme elle aurait pu rire sachant que toutes les excuses du monde ne changeraient jamais complètement ta personne.
N’en reste qu’elle riait, et que force de la regarder, ton sourire s’étirait, tes abdominaux étaient pris de spasmes et ton souffle se faisait de plus en plus saccadé. Il y avait quelque chose d’exutoire dans ce rire, de presque émotionnellement médical. Alors tu y as cédé, et laissé l’hilarité d’Enoriel te prendre. Son rire provoquait le tien et le tien provoquait le sien. Un peu plus et vous vous retrouveriez à prier Elenwë pour de l’air, véritable comble pour l’Aeromancienne, dont le visage baignait déjà dans ses larmes.

Un silence. Un silence léger. Enfin. Ta poitrine se soulève bien haut, et ton ventre te fait mal. Une chance que tu n’en sois pas arrivé jusqu’à vomir le repas que tu viens d’avaler, ou l’échange aurait risqué soit de s’étendre en de douloureuses minutes supplémentaires, soit de trouver une bien peu ragoûtante conclusion. Tu profites de l’instant, sourire béat aux lèvres, les yeux encore brillants posés sur l’élémentaliste rougissante, mais te semblant plus à l’aise qu’elle ne l’a jamais été auprès de toi jusqu’à ce jour.

- Du coup… amis ?

Et tu tends ta main vers elle, espérant qu’elle l’accepte.


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Ven 29 Sep 2017 - 21:07

Rire. Qu'est-ce que cela pouvait faire du bien ! Je peinais à reprendre mon souffle, tout comme Artiön qui s'était finalement laisser contaminer par ce rire que je n'avais su maîtriser. Le calme, le silence... et une dernière larme qui glissa sur mes joues brûlantes. Alors... amis ? J'eus un sourire timide face à la main que le mage de bataille me tendait, puis avec la délicatesse me caractérisant si bien je me redressais sur mon siège pour serrer sa mien de la mienne. Ainsi, j'avais l'impression d'être une poupée fragile qu'il pouvait briser d'un simple mouvement de poignet. C'était une sensation assez étrange, raison pour laquelle ma main ne resta pas dans la sienne mais vint plutôt rejoindre l'autre.

"Collègues... et amis oui."

J'adressais un sourire tout aussi sincère que timide, tout en me recroquevillant sans faire attention. Au moins, comme cela, je ne prenais pas de place. Le silence reprit sa place entre nous, mais pour une fois je ne baissais pas frénétiquement les yeux. Je regardais l'elfe, n'osant pas trop parler. Puis, finissant par me persuader que je ne le gênerais pas e brisant le silence, je laissais mes idées naître en mots afin de pouvoir être partagées.

"Je... J'ai repensé à ce que nous avons dit chez votre oncle... Cela pourrait parraître être égoïste de ma part, enfin peut-être, je crois, mais si Beliandar a vraiment effectué des recherches sur les flux... je pense vraiment qu'avoir accès à ses écrits nous serait bénéfique. Et puis l'idée de laisser plein de livres pourrir dans des ruines me démange vraiment. Enfin... Je sais que je fais fébrile, mais peut-être faudrait-il penser à retourner au Peninor ?"

Je me mordis les lèvres, ne sachant pas trop quelle serait la réaction d'Artiön. Il pouvait très bien être pour cette idée comme me traiter de folle...
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Sam 30 Sep 2017 - 19:12

Tariho de la troisième ennéade de Barkios
Neuvième année du Onzième cycle
Ruines de Lanthaloran
.




Tu passes ta main contre le pelage de Vìrin pour calmer ses souffles agacés. La Faïra n’aime pas ainsi se trouver immobile en milieu ouvert, alors par un temps aussi mauvais… Le vent d’automne battait férocement les murs de l’ancienne Lathaloran, redoublant de vigueur à travers le dédale de bâtisses vétustes et de pierres écroulées. Sceptre en main, la capuche de ton manteau de cuir rabattue sur le front, c’est avec une certaine appréhension que tu autorisais ta monture à prendre congé de vous. Vous ne pourriez maintenant plus compter que l’un sur l’autre si les choses venaient à mal tourner, et ton instinct te le soufflait, les choses ne tourneraient pas bien.

Prenant les devants, tu t’ouvrais à l’éther avant de faire un seul pas de plus vers les quartiers des mages, laissant ton focaliseur s’imbiber de la douce lumière trahissant l’utilisation de ta magie. Une lente rotation horaire, un choc de la base de ton sceptre contre le sol. Les flux vous enveloppent un instant, avant de vous prendre au corps. Votre cœur ainsi stimulé, vos muscles ainsi éveillés, vous seriez au mieux de votre potentiel physique… mais Enoriel aurait toujours froid. Tu pourrais autoriser son corps à créer plus de chaleur, peut-être jusqu’à presque autant l’immuniser au froid que le commun des elfes, mais toute énergie offerte était prise quelque part, et ainsi la distribuer serait prendre le risque soit de la voir s’écrouler de fatigue bien trop tôt, soit de devoir trop régulièrement prendre le temps de lui insuffler un peu plus de force… et sans savoir exactement à quoi vous devriez faire face, tu ne pouvais pas prendre ce risque.

- Ça ira ? tu demandais en espérant qu’elle soit toujours aussi décidée que la veille au soir Il risque de faire encore plus froid au cœur de la perturbation.

Tu entames malgré tout la marche sous le ciel obscur, priant la Mère que le premier Gardien considère avoir accompli sa mission, et que vous puissiez vous enfoncer plus profondément dans les ruines du Peninor Angol. Hier tu étais heureux qu’elle accorde à votre paire assez de confiance pour retourner sur le terrain. Aujourd’hui, il fallait espérer que votre assurance soit justifiée.


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 11 Oct 2017 - 10:42

Je détestais ces voyages. La première fois m'avait rendue quelque peu malade, et là ce n'était pas vraiment mieux... Si seulement il ne me fallait pas garder toute mon énergie pour ce qui allait venir, je serais bien repartie pour Lanthaloran en utilisant la magie. Mais non... Alors je me tenais debout contre un arbre, essayant de respirer profondément, afin de faire passer cette dégoûtante envie de rendre mon repas du matin. En plus, il faisait froid. A croire même vu le ciel qu'il allait pleuvoir voire faire de l'orage. Rien de bon lorsque l'on a une idée de ce qu'habritent ces ruines, mais je passais outre. Marcher me ferait du bien et de toute façon je n'avais pas l'intention de rester là à me morfondre alors qu'Artiön partait affronter ses démons. J'avais tout un savoir à tenter de sauver, fichtre !

"Ça ira ? Il risque de faire encore plus froid au cœur de la perturbation.
Je hochais doucement de la tête.
- Ca passera. Marcher me fera du bien."


Sans attendre, le mage de guerre prit la direction du Peninor Angol. Je me redressais, vérifiais que mon focaliseur était toujours pendu à mon cou, regardais si j'avais bien mon carnet, mon crayon et mes quelques bricoles dans mon sac puis courus pour le rattraper. Un dernier coup d'oeil en arrière, vers la forêt qui n'était pas bien loin de là où nous nous trouvions. Je fronçais un instant les sourcils puis me retournais dans la bonne direction, regard baissé. Les noss... Ils me faisaient toujours aussi peur ceux-là. Et visiblement ils étaient curieux de savoir comment nous allions nous débrouiller face aux sorts de protection de nos aïeux. Eux et le temps anormalement froid - ou peut-être était-ce là l'idée que je me faisais - ne me donnaient pas une bonne impression concernant ce que nous trouverions au coeur de la cité.

Comme lors de ma première visite de ces ruines, je finis par ne plus pouvoir m'empêcher de regarder autour de moi, imaginer comment était la vie avant le Voile, comment s'était déroulé le départ des elfes de cette cité... Le froid se faisait au fur et à mesure que nous avancions de plus en plus oppressant, mais mon esprit était suffisamment occupé pour ne pas trop s'en rendre compte... ou du moins pour ne pas considérer la chose comme étant plus significative qu'elle ne devait l'être. Jusqu'à ce que je n'ai la saugrenue idée de vouloir monter un tas de pierre pour voir de plus haut où nous étions rendus et si devant autre chose qu'un nuage obscur se profilait. Je commençais à gravir le monticule rocheux, m'aidant de mes mains, avant de m'arrêter. Je regardais la pierre, mes mains... C'était moi ou... ?

"Euh... Artiön ?
Ma voix étant trop faible, je recommençais en essayant de parler assez fort pour qu'il m'entende.
- Artiön ?"


Je m'ouvris aux flux magiques, en espérant ne pas tomber dans un piège qui drainerait ma force vitale ou magique. Je ressentis ces flux me caresser comme un courant d'air continu caresserait mes mains ou mon corps. Etant habituée à imaginer ce que je ressentais comme étant une multitude de fils sur lesquels je pouvais tirer, je visualisais mon ressenti et osais à peine bouger, testant si le fait d'enlever une main, de défaire en partie le tas de décombres ou encore de faire attention à mon ressenti du froid changeait quelque chose. C'était étrange... autant comme sensation que comme constat.

"D'ici je ressens le flux comme un courant partant vers le centre de la cité... Est-ce une impression ou bien voyez-vous la même chose ?"
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 11 Oct 2017 - 23:46


- Ne t’inquiètes pas, c’est normal. Tu hausses la voix pour que ta camarade t’entende depuis son perchoir Ça fait longtemps déjà que l’éther pulse différemment ici. Le passage du Voile a empiré les choses, mais tant que l’on est loin du cœur on ne risque rien tu marques une pause avant de rajouter Tu es autorisée à t’inquiéter une fois qu’on aura atteint la tour.

Si elle craignait les pièges, elle pouvait se rassurer, ils étaient aussi absents dans les rues de la ville qu’ils étaient rares à l’intérieur du bâtiment qui abritait autrefois le Cénacle de Magie. Ce sont les mages en personne qui faisaient opposition à l’entrée des curieux la majeure partie du temps, et par crainte comme par respect, les curieux étaient extrêmement rares de toute façon. Seuls les parties les plus reculées de l’endroit devaient se trouver sous pareille protection, mais connaissant les miracles d’enchantement qu’avait engendré l’Arche-Magie, et vu l’effet que semble avoir eu le Voile sur la magie des lieux, le peu d’obstacles que vous rencontreriez serait certainement de taille.

Tu marches malgré tout avec assurance, droit vers l’endroit que vous vouliez atteindre la première fois, serrant les poings à l’idée de te retrouver une nouvelle fois face au premier Gardien, mais espérant sincèrement qu’après votre – victoire – le passage vous ait été libéré. Machinalement ta procession ralentit, et ton attention se fait plus vive lorsque vous atteignez le même niveau que la fois précédente, et êtes accueilli par un froid mordant et un silence perçant.
Rien. Absolument rien. Au point que c’en devienne inquiétant. Le vent battait les murs, s’engouffrait dans les restes de ruelles, soufflait sur vos tempes, et pourtant semblait ne pas faire le moindre bruit.

- Enoriel, tu m’entends ? tu hurles... sans raison Désolé tu reprends d’une voix plus posée c’est juste que… l’atmosphère est étrange.

Tu continues, accélérant cette fois, dans l’espoir que t’éloigner de cet endroit veuille dire que celui qui partageait une part du Souffle de Faernùron se trouverait loin derrière vous. Fort d’une cadence redoublée, la distance qui semblait infinie il y a deux jours de cela se refermait à vue d’œil. Cette fois vous pourriez toucher la tour, cette fois vous pourriez toucher au but, repartir avec ce pourquoi vous étiez venus. Tout semblait se dérouler bien trop parfaitement à ton goût. Le froid, aussi glacial puisse-t-il être, ne pouvait décidément pas être le seul obstacle à votre but du jour. Il devait s’être passé quelque chose… peut-être l’avais-tu simplement manqué. Peut-être Enoriel l’avait-elle remarqué de son côté. Non, il ne fallait pas que tu te montres pessimiste. D’autres expéditions t’avaient bien autorisé à mettre le pied jusqu’à l’intérieur de la tour, alors pourquoi pas celle-ci ? Pourquoi plus maintenant ?

Tu ne sais pas s’il s’agit de tes doutes, du froid, de la perturbation magique, de l’atmosphère bien trop lourde, ou d’une combinaison des quatre, mais plus tu avançais, et plus ton état semblait se dégrader. Tu frissonnais, toi qui crains si peu le froid. Tu te sentais comme avançant au milieu d’un immense champ d’électricité statique, courant autour de toi comme dans une éternelle fuite vers l’avant, et pourtant vos cheveux étaient encore bien à plat sur vos têtes. Tu pris une grande respiration, tentant de reprendre contenance, avant de te retourner vers Enoriel, moitié brisée par la température.

- Tu tiens touj… mais ?

Tu n’entends plus sa pulsation. Tu n’entends plus aucune pulsation. Ton monde vient de se renverser. Ton enchantement est brisé, et en l’état, tu n’as aucune idée de comment à nouveau le conjurer.

- Il se passe quelque chose d’étrange Enoriel. Je crois que j’ai perdu la trace des flux. Je… tu vas bien ?

La perturbation:
 


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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mar 24 Oct 2017 - 17:11

Je ne répondis rien mais je n'étais absolument pas convaincue par les dires d'Artiön. Que je ressente les flux en me concentrant était normal, d'autant plus maintenant que le gardien que nous avions rencontré la première fois m'y avait sensibilisée. Par contre, que tous les flux se dirigent vers le centre de l'orage - ou vers la tour de magie, ce qui revenait au même - n'était pas pour me plaire. Pour fonctionner de la sorte, je savais que plus un sort appelait de magie plus il risquait d'être puissant et problématique pour nous. Je rattrapais donc Artiön de quelques enjambées et restais auprès de lui, me demandant sincèrement ce que nous allions avoir comme épreuve cette fois-ci. La première fois, nous avions échangé notre ressenti des flux... alors là ?

Nous nous rapprochions de la tour, cela se voyait. Et toujours pas de traces du gardien. Au lieu de cela le vent glacial se faisait plus incisif, fouettant mon visage, s'engouffrant dans mes vêments... et me faisant greloter à un point que j'étais sûre de retourner à Daranovar complètement enrhumée.

"Enoriel, tu m’entends ? Désolé c’est juste que… l’atmosphère est étrange.
- Pas la peine de crier..."


Ma petite voix timide s'était à peine fait entendre, me reprenant encore de la surprise que le militaire venait de me faire : à hurler sans raison mon nom, j'avais cru que nous étions attaqués ou autre chose horrible que je ne voulais pas imaginer. Mes mains frottèrent machinalement mes bras et nous continuions, plus rapidement. Sur le coup, je me disais que marcher vite me réchaufferait. Puis je commençais à ne pas me sentir bien. Mon ventre se nouait et je chancelais, ayant l'impression que toute énergie me quittait. Au même moment que le froid me prenait et que mon organisme réclamait de la nourriture, j'entendis une pulsation rapide et puissante dans ma tête, la ressentais dans tout mon corps, comme si un coeur essoufflé continuait encore et encore sa course effrénée. En réaction à cela mon coeur commença à battre à tout va, me réchauffant mais me donnant l'impression que j'allais mourir tant il se sera épuisé à la tâche. Je ressentais. Trop. Bien trop. Et j'étais incapable de garder un quelconque équilibre, même assise, aussi sans même m'en rendre compte je me retrouvais allongée sur le sol.

"Artiön... ?"

Je n'entendis même pas prononcer le nom de mon collègue, tout comme je n'avais aucunement entendu ses paroles avant que je ne tombe sur le sol. J'avais mal à la tête ; je me sentais partir, d'une manière ou d'une autre, sans pouvoir rien faire. Mes yeux se fermèrent alors que mes mains se collèrent tant bien que mal sur mes oreilles. Je criai le nom du mage de la vie. Cela faisait si mal... Je voulais juste que ces battements s'arrêtent. Juste qu'ils laissent mon corps fragile en paix. Et pour cela j'avais besoin d'aide...
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Jeu 26 Oct 2017 - 21:19


Tu ne sais pas quoi faire. Tu ne sais absolument pas quoi faire. La raison voudrait que vous abandonniez, et que vous espériez qu’en vous écartant de l’endroit les maux passent ; mais la raison pouvait bien aller se faire voir. Ce n’est pas la logique qui vous avait sauvé la fois précédente. Au contraire, si vous aviez choisi de fuir le Gardien, de refuser d’affronter vos peurs, alors dans le pire des cas vous seriez morts, et dans le meilleur vous seriez toujours en état de stagnation. Il était temps que vos recherches avancent, c’était là tout ce qui t’importait, et tu l’espères, cela importait assez à Enoriel pour qu’elle accepte de te faire confiance.

- Je suis là, je suis là. Je sais qu’il se passe des choses étranges, mais pour l’instant, il n’y a rien qui mérite que tu te mettes dans un état pareil. Tu te baisses auprès d’elle, posant une main sur son épaule et une sur son ventre Respire et essaie de retrouver ton calme.

Mais sans sa pulsation pour te guider, sans les flux sur lesquels te baser, tu ne pouvais pas plus l’aider que ne le pourrait n’importe quel médecin sans le moindre onguent à disposition. Le mal d’Enoriel t’était non seulement inconnu et incurable, mais il aurait été en plus, même si tu avais eu les outils nécessaires, loin d’être traitable par les méthodes conventionnelles.
Tu es impuissant, incapable d’autre chose que d’essayer de la réconforter, incapable de tenter autre chose que d’inutiles gestes de premiers secours. Son cœur bat de plus en plus vite, de plus en plus fort, happé par une puissance qui lui était jusque-là inconnue, et en cela elle risque sa vie. Tu dois trouver un moyen de la sortir de là. Peut-être finalement vaut-il mieux abandonner et rebrousser chemin… à moins que…

- Fais-moi confiance Enoriel. Tiens bon.

Tu passes délicatement un bras derrière ses genoux et l’autre sous ses aisselles, la soulève comme une plume et continues ton chemin vers la bâtisse. C’est la bonne direction, c’est ton intuition qui te le dit. Ton intuition te le hurle au point que tes yeux mêmes voient des traits, des soies par milliers, filant droit vers la tour. Trop droit pour être arrêtés. Tes enjambées s’accélèrent, au point que tu te retrouves rapidement à courir, serrant fermement l’élémentaliste contre toi pour lui épargner en plus du mal qui l’a pris, la crainte de tomber au sol.
Allez. La distance se raccourcit à vue d’œil. Tu n’es pas loin. Tu y seras bientôt. Tu es à un pas. Tu y es.

À peine l’entrée des bâtiments du Peninor Angol passée que l’ambiance avait soudainement changée. L’atmosphère était plus légère, moins sombre, presque conviviale, et pourtant les portes brisées, les toiles d’araignées et la magie ambiante… toutes ces soies courant dans un incroyable fouillis à travers plafonds, galeries et escaliers, rendaient l’endroit objectivement inquiétant.

- Il doit forcément avoir quelque chose ici qui puisse t’aider. Tu caresses son épaule du bout du pouce, comme on le ferait pour rassurer un enfant Ma mère était connue pour étudier les effets de toutes sortes de substances sur le corps. On trouvera probablement de quoi te soulager dans son laboratoire.

Pour peu que vous trouviez son laboratoire à temps. Tu n’es jamais allé bien profond dans l’établissement. La logique voudrait qu’elle se soit trouvée dans les étages supérieurs, que les fumées trouvent leur chemin vers le ciel en incommodant un minimum de personnes… mais passer au peigne fin la bonne dizaine d’étages potentiels ne serait pas mince affaire.

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Enoriel
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Lun 6 Nov 2017 - 18:07

Musique


Quelques mots. L'image du mage de guerre se baissant pour être auprès d'elle, la sensation confuse du contact de sa peau contre son torse. Ses oreilles n'entendaient que trop peu les mots qui pourtant avaient de quoi réconforter l'esprit tourmenté par la nouvelle sensibilité de son corps. Il la prit dans ses bras, partit en courant, la retenant fermement ainsi que ses affaires. La tête appuyée contre le torse de l'elfe, ses yeux se fermaient, bercés par les pulsations d'un coeur battant moins rapidement que celui de la terre. Mais déjà, son souffle s'arrêtait...

Le silence. Juste le fin chant de la brise dansant parmi les feuilles des arbres et le doux clapoti de l'eau sur les pierres. Le silence... Je gardais les yeux fermés, appréciant pleinement cette solitude ainsi que le manteau confortable d'herbe fraîche. J'étais si bien ici, loin du bruit... Je m'y sentais mieux que dans mon lit douillet au réveil, chaque matin lorsque je rentrais chez moi. Dans l'appartement que j'avais toujours habité avec mon père. J'attendis donc, les yeux fermés, ne m'étonnant aucunement d'être à ce moment précis au beau milieu de la Première Oeuvre. Il se passa ainsi un long moment, pendant lequel j'appréciais la vie, avant de me résoudre à ouvrir les yeux et m'asseoir.

J'étais seule. Seule au bord d'une rivière de laquelle dépassaient quelques rochers au dos rond. Le temps était magnifique, les rayons dorés du soleil traversaient les feuilles rougeoyantes de l'automne et éclairaient de mille feux l'épais cours d'eau. Je me levais, remettais par habitude ma robe  bien comme il fallait, vérifiais que mon focaliseur se trouvait bien à mon cou et regardais attentivement autour de moi. Où étais-je ? Je n'en savais rien. Je n'avais pas souvenir de m'être déplacée là. Mais ce n'était pas grave... cela n'avait absolument aucune importance. J'étais là, curieuse comme heureuse de l'être, à écouter les deux éléments qui avaient régi ma vie. Non loin, une feuille dorée tombait d'un arbre, se balançant lentement au gré du vent. J'écoutais, toujours. Et l'eau m'appela alors, assurance qui faisait battre mon coeur en toute confiance et qui me faisait poser un pied sur la première pierre.

La feuille d'or tombait, tombait...

Un pas, puis un autre. L'eau m'appelait, d'une manière que je n'avais jusqu'alors jamais ressentie. J'avais l'impression que mon esprit ne faisait plus qu'un avec cette essence de vie, et cela me plaisait. J'étais là ; Elle était là. Retroussant ma robe pour ne pas la mouiller, j'avançais sur le deuxième rocher, puis le troisième. La feuille commença à lentement se poser sur le sol de terre, alors qu'hypnotisée mon pied allait pour entrer dans l'eau douce et calme. Des bras puissants me retinrent alors, m'enserrant fortement la poitrine, me faisant mal. Je me mis à crier alors que tout redevenait noir et que l'eau et le vent ne se faisaient plus entendre à mes oreilles. Perdue, arrachée à mon élément, je criai.

Une brise légère souffla sur la feuille dorée, la faisant remonter vers les frondaisons forestières. Puis elle recommença, lentement, sa chute éternelle.

Les yeux ouverts. Le souffle presque imperceptible. La douleur à la poitrine. La sensation de froid intense... Je mis un moment avant de reprendre mes esprits et de tout simplement me demander : "Où suis-je ?". J'avais un goût âcre dans la bouche, qui ne s'enlevait pas avec la salive, à mon grand malheur. Des sons très ténus faisaient vibrer mon corps et jouaient avec mon ouïe, mais rien que mon esprit embrumé ne considéra réellement. Tout ce qui réussissait à m'importer, hormis ce goût horrible, était ce que je voyais et comprenais. J'étais allongée dans un lieu en pierre, une sorte de ruine ; Artiön était à genoux à côté de moi et me regardait, une fiole dans la main. Mes lèvres s'entrouvrirent, mais aucun son ne s'en échappa. Je ne comprenais pas... J'étais comme perdue, en fait, et je ne comprenais pas pourquoi, ne me souvenant aucunement de tout ce qui venait de se passer.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Les secrets du Peninor Angol [Pv Enoriel]   Mer 8 Nov 2017 - 2:02

Tu grimpais les escaliers cinq à cinq, espérant monter plus vite que le souffle d’Enoriel ne chute vers l’abysse, mais son état allait inexorablement en se dégradant, et plus les secondes passaient, plus les minutes s’égrenaient, plus tu te disais qu’il faudrait tout bonnement un miracle pour qu’elle s’en sorte. Son cœur est pris d’arythmies sévères, parfois battant à tout rompre, parfois s’arrêtant brusquement, te forçant à presque lui écraser la cage thoracique pour qu’il reparte. Voilà une raison de plus de t’inquiéter. Si seulement le miracle arrivait, mais qu’il arrivait trop tard, alors Enoriel à force que tu te retrouves obligé de lui imposer des compressions de plus en plus fortes finirait par se réveiller avec la douleur de côtes cassées à supporter… et ta magie qui refusait de répondre…

Des bibliothèques à n’en plus finir, des salles dont les installations ressemblent trait pour trait à celles dans lesquelles vous est enseignée la physique, à une toute autre échelle cependant, des réserves de gemmes, d’essences végétales en tous genres, d’essences animales parfois, des armureries, mais rien qui ne ressemble à un endroit que ta mère… ou n’importe quel autre mage de vie aurait pu fréquenter. Les guérisseurs étaient-ils si rares au Peninor Angol ? Ou alors étaient-ils occupés à exercer d’autres facettes de leur art ?
Tu regardes, tu écoutes, tu renifles même, à la recherche du moindre indice. Tu t’arrêtes souvent, trop souvent, pour ramener le corps de ton amie au monde des vivants. Ce sont les soies… elle ne supporte pas les soies. Lorsque les soies se multiplient, son cœur accélère, puis lâche brusquement lorsqu’elles s’emmêlent ou se divisent. Ce sont les rayons de magie l’origine de son arythmie. Les flux l’étouffent et la Trame la tue. Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi seulement maintenant ? Parce qu’elle ne les perçoit pas comme à son habitude Tu continues de courir, mais ton pas se cale sur autre chose que ton empressement. Ton pas se cale sur ses battements de cœur tant qu’ils sont perceptibles, tu fais corréler la pulsation avec la direction de flux que tu perçois maintenant par la vue, et tu comprends. Tu comprends enfin.

Heureusement ceux avec qui tu as étudié la théorie percevaient l’éther d’une manière profondément différente de la tienne. Heureusement tu as eu l’occasion d’enseigner et d’apprendre de nombreux mages aux approches parfois fondamentalement opposées, parce que sinon, tu n’aurais jamais compris. Ce n’est pas un phénomène physique réel que tu perçois, et ce n’est pas un mal mystérieux qui a pris Enoriel. Elle est victime de ta pulsation, de ta perception des flux ; alors peut-être que… peut-être que ce que tu vois est ce qu’elle est habituée à voir. Tu comprends oui, les raisons pour lesquelles son corps peine à s’accommoder à ton environnement pulsatoire. Elle voit, mais elle n’est pas frappée par la magie comme tu l’es en permanence. Son oreille et son cœur doivent être trop perturbés par les rythmes pour continuer de fonctionner correctement…

Une odeur de champignon et de matière végétale en décomposition attire ton attention. Tu connais cette odeur, tu la connais bien. Elle était bien moins forte dans le temps, probablement parce qu’elle n’était pas corrompue par l’humidité ambiante et les années de négligence, mais elle imprégnait souvent les robes de ta mère. Le voilà ton miracle.
Tu avais déposé Enoriel au sol, aussi délicatement que possible, l’avait placée sur le flanc, la tête appuyée sur son bras, pour être sûr qu’elle n’en vienne pas à se noyer dans sa propre salive si son réflexe de déglutition se retrouvait lui aussi coupé, et puis tu t’étais mis à lire. Tu n’avais jamais lu autant, jamais lu aussi vite. Tu as lu tout ce qui t’étais passé sous les yeux, et tu n’avais même pas eu le temps ni de t’en réjouir ni de t’en effrayer. Tu as lu des choses bien sombres pourtant, traitant de choses aussi fascinantes que l’hypothèse d’une possibilité de régénération des membres amputés comme aussi sombres que les applications de la nécromancie sur des sujets vivants. Mais ce n’était pas ce que tu cherchais, pas pour l’instant, pour l’instant il te fallait un remède, un calmant, un stabilisateur, un inhibiteur, un… un hallucinogène ? C’était donc là l’objet de ses recherches sur ce champignon. Certaines des essences contenues dans les substances hallucinogènes synthétisées par le funge semblaient aussi avoir un effet sur la perception de la magie. La perception de la magie étant d’ailleurs l’une des plus fragiles du système sensoriel, elle était l’une des plus sensibles à cette drogue. Il s’agissait donc de faire le bon dosage pour inhiber les canaux éthériques sans embrumer l’esprit… et tout n’était que phénomène biologique, qu’effets de différentes substances créées par un simple champignon. L’esprit à la merci de la vie… réduit à une expression complexe de fonctions vitales…

Tu perds quelques instants à observer les dessins de ta génitrices, dépeignant un réseau de canaux traversant le corps. À leur position tu reconnais qu’il ne s’agit pas de ni de veines ni d’artères, et dans certains tu penses voir une potentiel carte de canaux éthériques, marqués d’une couleur différente. Les autres étaient désignés en tant que l’esprit physique… mais tu devrais l’étudier une autre fois.
Tu plies le schéma à la va-vite et le range dans une poche large, avant de commencer à fouiller les tiroirs et les armoires, à la recherche d’une fiole à l’odeur du bon funge, mais rien qui ne soit à ta portée, et rien qui ne te permette d’attraper ce qui trône au plus haut des étagères. C’était la meilleure. Toi, incapable de mettre la main sur un objet parce qu’il était trop haut. Jamais, ô grand jamais tu ne laisseras ce jour arriver.

Tu te débarrasses de ta cape, tenant un pan de tissus de tes dents et l’autre d’une main, le tendant comme une bâche, alors que tu frappais comme un forcené du poing sur le bois des étagères, heureusement quelque peu entamé par l’humidité. Les mitaines de cuir épaisses préservent en grande partie ta paume, mais les échardes te rongent les phalanges, et la friction du cuir contre ta peau te promet de sérieuses ampoules. Tu continues pourtant, frappant de plus belle, jusqu’à ce que le plus haut promontoire voit une de ses piliers lâcher, et ne se transforme en une rampe versant potions et autres babioles droit dans ton sac de fortune.
Le bon dosage, le bon dosage… tu as l’essence d’amanite, mais tu ne sais pas lequel est le bon dosage. À vue de nez tu sais repérer le moins fort, mais tu ne sais pas s’il suffira. Tant pis, ne reste plus qu’à tous les lui faire boire du moins au plus fort en espérant qu’elle réagisse avant que son esprit ne se retrouve bercé d’illusions. Enoriel bien vivante mais perdue dans un monde délirant ne serait-ce que pour quelques minutes pourrait probablement s’infliger plus de dégâts encore qu’elle n’en subissait à l’heure actuelle.

Tu verses dans sa bouche les produits, la force à déglutir, et tu attends. L’attente te paraît interminable, et pourtant tu n’attends qu’une trentaine de secondes à peine après chaque fiole, et tu n’as eu à lui faire avaler que trois fioles avant qu’elle ne montre des signes d’améliorations. Elle revient, elle revient et son œil ne semble pas complètement perdue. Perdue oui, mais pas comme l’amanite peut perdre les âmes. Elle voit. Tu passes tes doigts devant son visage et sa pupille les suit, elle essaie de parler mais elle n’y arrive pas… mais au moins ce n’est qu’un moindre mal. Elle te regarde, cherche à comprendre et tu souris, soulagé. Tu ris même, trop nerveusement pour que ce soit entièrement agréable.

- Si on m’avait dit qu’un jour ma magie manquerait de tuer quelqu’un sans que je n’aie à rien faire tu la prends dans tes bras, la serre contre toi Plus jamais ça Enoriel, s’il te plaît.

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