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 Honneur et Fidélité [Cléophas]

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Enrico di Montecale
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.: MANUSCRIT :.:
Âge :  32 ans
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MessageSujet: Honneur et Fidélité [Cléophas]   Mar 7 Fév 2017 - 9:48


Seconde ennéade de Bàrkios,
Neuvième année du XIème Cycle,
Port de Merval



Accoudé sur le gaillard d’avant de l'Inexorable, Enrico regardait se rapprocher une terre qu’il avait maintes fois foulée, et qui pourtant n’avait que peu changé. Lorsqu’il était encore ce jeune marin avide de voyages et de découvertes, il s’était fréquemment arrêté en Merval, comme dans n’importe quel autre port de la Côte de Sel. Mêmes embarcadères, mêmes bâtiments… Il était prêt à parier que les mêmes prostituées continuaient de faire le tapin depuis près de quinze ans. Le Porphyrion étalait encore et toujours son ombre opulente sur l’ancienne cité des Pharétans, et les pauvres chalutiers aux filets abîmés draguaient les mêmes endroits que leurs pères avant eux. Tout semblait exactement à sa place, dans l’ordre des choses, et Enrico se sentait comme une tâche d’huile dans l’eau claire. Il ne revenait pas en Merval comme simple marin.

Il se releva, le dos bien droit, et tourna légèrement la tête.

« Wiivran ? »

Le jeune garçon qu’il avait pris à son service sembla sortir de derrière le cabestan, toujours aussi maigre et tanné par le soleil. Trahissant ses origines orientales, il prononça avec un léger accent :

« Oui, votre Honneur ? »

Enrico se retourna complètement, tendant la main.

« Ma canne. La plus belle. Et mon harnois. Celui avec la bande noire. »

L’Estréventin acquiesça, et s’en fut vers la cabine de son maître en zigzaguant entre les marins comme une anguille. Le baron de Nelen se tourna à nouveau vers le port à quelques encâblures, un coude sur le mat de misaine et une main sur son ceinturon. Derrière lui se présenta son vieil ami Marco, main sur sa rapière et triturant sa moustache rousse tombante.

« Tu n’es pas censé être un traître ? »

Enrico haussa les épaules.

« Je viens me jeter moi-même sur le wagyl. C’est un geste rassurant, de la part d'un supposé traître, non ? »

Marco acquiesça.

« Peut-être. Il paraît que le Prince est plutôt compréhensif… Enfin, il paraît aussi qu’il a brûlé Diantra. Je serais toi, j’irais avec des pincettes... »

Enrico sourit, et tourna la tête vers son compagnon expatrié.

« Mais tu n’es pas baron, toi. »

Marco croisa alors les bras, fixant Enrico.

« Mon cousin était bailli de la Tour Bleue ! »

Ils se regardèrent tous les deux pendant un instant, avant de pouffer de rire. Un peu de détente avant de plonger vers l’inconnu. Qu’aurait-il à affronter, devant le Protecteur du Roy ? Il avait beau être sûr de son allégeance, c’était lui-même qui avait conquis l’archipel nélénite. Au nom du Langecin, mais aussi en son propre nom, puisqu’au final les îles lui avaient été offertes…






L’arrivée au port ne fut pas célébrée en grande pompe. Et pour cause, le baron venait légèrement à l’improviste. Nulle lettre, nul avertissement, il débarquait en Merval sans y être invité ni annoncé. Ses conseillers avaient craint la préparation d’une embuscade si le Prince avait été au courant de la venue d’un homme encore considéré comme l’hostile conquérant de Nelen. Pourtant, pas d’embûches sur la route du Porphyrion. La bannière au homard en intriguait plus d’uns. Pour les pêcheurs, elle était source de ricanements, mais les soudards d’Enrico avaient été bien avertis ; ils étaient là pour protéger le baron, non pour le venger du quolibet d’un quelconque chiourme. La vingtaine d’hommes arborant le blason des Montecale parvinrent aux portes du palais princier, édifice millénaire  et tout de marbre vêtu, un étalage maladif de richesse.

Enrico attendait au sein du hall que veuille bien le recevoir Cléophas d’Angleroy. Il regardait les murs avec une certaine appréhension, s’apprêtant à voir en surgir une arbalète, au détour d’un passage secret. Le souvenir du Scylléen lui ayant lancé un calice à la tête lui revint en mémoire. Pouvait-il encore prouver son allégeance à un Roy envers lequel ses suzerains s’étaient montrés hostiles ?

La réponse ne tarderait pas à jaillir.
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