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 [terminé]Terreur nocturne | Solo

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Glinaina
les Pommes Légendaires Salées
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MessageSujet: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Jeu 16 Fév 2017 - 10:54

Le monde est terne. Froid. Sans vie. Comme dans le temple ce jour là. Sans énergie. Je sombre. Englouti par le néant lui-même. Et je sens mon existence arrivée à son terme...

Je m'extirpais de cette fin imminente avec un rugissement, emplit d'un sentiment de peur indicible. Je me sentais fébrile... La place était libre. L'Autre dormait. Je me lançais en avant, prenant ma place dans cette coquille laissé vide par le sommeil de sa principale occupante.

Je respirais.

Une fois deux fois.

Je me concentrait sur chaque goulée d'air pour essayer de repousser cette ignoble impression. Rapidement, cette peau se couvrit d'un film de sueur froide. Je regardais ma main tremblante. C'était quoi ça?! C'était ça la maladie? Ce corps avait fini par lâcher car il n'était pas prévu pour contenir deux esprit?

"Glinaina !"

La voix de ce corps résonna dans l'air en même temps que ma voix intérieur, me faisant sursauter.

* Glinaina *

Je plongeais dans ce lieu entre les mondes. Tirant sur sa conscience pour l'ammener à moi, de plus en plus fébrile, je répétais son nom.

* Je disparais! *


Dernière édition par Glinaina le Dim 25 Juin 2017 - 23:54, édité 3 fois
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Glinaina
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Jeu 16 Mar 2017 - 20:00

Au fond des rêves...


Le monde est parfois fait de choses surprenantes, les unes plus enivrantes ou contrariantes que les autres. Dans ce monde empli de magie, je me retrouvais une nouvelle fois confrontée à ce que je n'avais aucunement choisi, comme une carte du destin s'étant posée sur la table. Ust'kor, encore et toujours lui... mais cette fois-ci, il eut une réaction qui changeait totalement de l'ordinaire.

Après une journée comme beaucoup, c'est-à-dire fort fatiguante et où je n'avais pu que trop peu m'occuper de mes enfants, j'avais pris un bon bain, m'étais rhabillée d'une robe de nuit blanche tout à fait légère et étais passée embrasser les jumeaux, m'émerveillant une nouvelle fois de ces deux petits êtres déjà si différents, puis étais tout simplement partie me lover sous les draps de mon lit - malheureusement toujours vide de la présence de Glenn. Après quelques longues minutes à réfléchir à tout et à rien, mon esprit s'était en laissé à s'abandonner au sommeil, passant du monde réel à cet espace que seuls Ust et moi connaissions. Notre jardin secret, aussi intime qu'immatériel, où nos esprits vivaient tour à tour lorsqu'ils ne prenaient pas possession de mon corps. Une salle immense dans laquelle nous pouvions limite créer ce que nous désirions et nous représenter comme il nous plaisait : nus, dans de beaux atours, simplement, en armure... Cette nuit-là, je ne m'étais pas embêtée - comme pratiquement à chaque fois d'ailleurs : mon esprit se représentait dans cette salle comme mon corps était en réalité.

*Glinaina ! Glinaina !*

J'ouvris les yeux, me réveillant avec difficultés tout en évitant de grogner. Enfin pourquoi éviter cela ? Cet imbécile d'elfe noir n'arrêtait pas de tirer sur mon esprit endormi ! S'il y avait un problème, ne pouvait-il pas s'en occuper tout seul ? Pffff... Je me forçais donc à ouvrir pleinement les yeux, quand même un peu alertée pas le ton paniqué du drow (enfin de ce que mon esprit embrouillé pouvait intégrer...).

*Je disparais !
- Hein ?*

Je le regardais, circonspecte. Il fallut quelques temps pour que mon esprit se réveille pleinement et arrive à analyser la situation : Ust'kor ne changeait en rien, son essence métaphysique était toujours aussi présente. Je ne pus m'empêcher de l'admirer alors que je le détaillais des pieds à la tête, tant il était beau, une admiration malsaine du fait que physiquement il était un mélange de moi et de mon damné tourmenteur. Mais qu'y pouvais-je ? Réprimant une forme de dégoût au fond de moi, je répondis tranquillement à mon vis-à-vis.

*Tu ne disparais pas du tout, Ust. Tu as juste dû faire un cauchemar.*

Allongée sur le dos, ma main droite reposant doucement sur mon ventre et ma jambe gauche pliée en deux démontraient la quiétude qui m'habitait. D'un côté, j'avais envie d'être tranquille. De l'autre, je ressentais la détresse des plus inhabituelles d'Ust et je comprenais que mes simples mots n'avaient pas suffit à le calmer. A y réfléchir, avait-il seulement une fois cauchemardé ? Je n'en avais pas souvenir... C'était étrange, vraiment. Presque tout aussi étrange que ce rapprochement qu'avait créé Arcam lors de la cérémonie donnée en son honneur. Un rapprochement qui restait malgré tout, me semblant bien plus puissant que je ne l'avais imaginé, même si j'étais sûre et certaine de n'avoir encore rien vu de toutes ses conséquences. En même temps, si Arcam n'avait pas soudainement fait tomber toute passion, n'aurions-nous pas tous les deux fini par ne faire plus qu'un ? J'avais peur à cette idée. J'en tremblais même lorsque j'y repensais. Mais là je devais me concentrer sur mon double, l'écouter comme j'aurais écouté un frère d'arme.

*Peut-être veux-tu m'en parler ?*
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Ven 17 Mar 2017 - 0:07

Le souvenir diffus de ce jour au temple se matérialisa autour de nous. La résonance de ce que je venait de vivre et du furtif rappel de l'Autre avaient suffit à faire renaître le décors du temple et de ses colonnades. L'odeur. Le son d'une foule qu'il n'était visible nulle part... Et de nouveau le néant. Mon magnifique visage se tendit de nouveau, ma main se crispant sur ma poitrine comme si un cœur que je ne possédais pas s'était arrêté de battre. Je m'écartais d'elle et de ses foutus yeux. Soufflant avec force pour faire disparaître cette impression... Un rêve... J'avais rêvé... Je pouvais rêver... J'en avais les membres tremblants.

*Peut-être veux-tu m'en parler ?*

* T'en parler... *

Cracher aurait put se faire avec plus de tact...

Comme si elle ne connaissait déjà pas assez de choses de moi. Comme si je n'étais pas obligé de la subir dans chaque parcelle de mon existence! Un rire mauvais secoua mes épaules. J'étais soudain aussi agacé que j'avais été terrorisé... et bordel de monde de merde j'arrivais même à être en colère et encore légèrement tremblant en même temps !

Une idée folle me frappa soudain.

Je me retournais. Un sourire malsain s'étirait sur ce visage si beau soudain empreint d'une perversité effroyable, une étincelle dans mon regard rouge.

Oh oui... J'étais bien curieux de voir ce que cela donnerait...

* Je peux faire mieux qu'en parler... *


En un battement de cil, j'étais près d'elle, plaquant ses épaule contre le sol de marbre du temple. Mes cheveux blancs glissaient sur mes épaules nues à la peau noire d'entre. Comme toujours, ma forme était moins nette que celle de cette elfe. Mi éthérée, mi détaillées, comme un souvenir. Bien sûr puisque je devais me construire sans corps... a cause d'elle. Mais l'heure n'était pas à la haine... plutôt à une observation suave.

* Je peux te montrer comme tu m'obligeais à voir tes journées interminables...*


La peur atroce. Le froid. La mort. La sensation de disparaître. La douleur presque physique qui en résultait. L'impression que mon être se déchirait de l'intérieur pour s'effacer peu à peu...

Tout cela, je le partageais sans aucune retenue avec elle, scrutant dans tout son être les conséquences de cette succulente expérience...
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Ven 17 Mar 2017 - 12:13

M'en parler... à croire qu'après tout ce temps et cette main tendue, Ust'kor pouvait avoir une infime once d'humainté ou de normalité. Il en avait, je le savais... il en possédait lorsqu'il se trouvait seul avec les enfants, comme un père protégeant sa propre progéniture. Il n'en avait peut-être pas conscience mais parfois je me réveillais pour le regarder faire, au départ en ayant peur pour les jumeaux, finalement pour réfléchir à cet étrange esprit. Mais cette lueur que je pouvais percevoir certaines nuits était malheureusement pour moi complètement absente à l'instant même : ce rire à en faire froid dans le dos, ce sourire malsain hérité de son père... je savais à l'instant-même que cette nuit ne serait pas une partie de plaisir pour moi, tant que je n'arriverais pas à reprendre le contrôle de mon corps.

Sans que je puisse réagir, Ust'kor était sur moi, toujours cette perversité peinte sur son visage maginfique. Ses mains plaquèrent mon dos contre le sol glacial du temple d'Arcam, m'arrachant un gémissement de douleur au passage, me tenant assez fermement pour que je ne puisse pas bouger les bras comme je le voulais et ainsi me dégager de son éteinte. J'avais peur, vraiment. Me savoir à sa mercie était loin de me rassurer et je craignais tout ce qui pouvait passer par sa tête. Il avait été créé par la magie d'un prêtre de Kiel, dont l'atrocité ne pouvait pas être contredite. J'avais donc une peur bleue de ce double, notamment lorsqu'il était dans ses instants démoniaques. Nos regards se croisèrent, mes yeux ne purent que se perdre dans les siens alors que je ressentais un froid intense s'immiscer en moi, brisant tour à tour toutes les protections que j'avais érigées, me déchirant de l'intérieur avec ses longues griffes acérées. Je sentis ma respiration se faire de plus en plus rapide et saccadée, ne me laissant aucun contrôle sur elle. Je voulais fermer les yeux, me concentrer pour refuser cela... mais ils restèrent indéniablement accrochés à ceux rouges du sombre.

Je brûlais sous la douleur, ayant l'impression qu'on me poignardait avec des lames chauffées à blanc tout en me déchirant psychologiquement comme physiquement. Je mourais sans mourir, m'asséchais sans pouvoir m'hydrater. Mes yeux réussirent à se fermer, mais pour mieux laisser s'exprimer la douleur du viol que m'infligeait Ust'kor. Je me mis à crier sans même m'en rendre compte, et mes mains tentèrent fébrilement de repousser le corps de mon tourmenteur, en vain bien évidemment. L'expression corporelle de mon esprit essayait tant bien que mal de réagir alors que mon être le plus profond s'abîmait dans des souvenirs liés à toute cette douleur dont on l'accablait. La peur, les pertes de connaissance, l'angoisse profonde de ne pouvoir réussir à se maîtriser face à de la magie et se voir perpétrer un massacre sans aucune émotion, la rencontre avec Bol, la douleur atroce quand il me mordit à l'épaule, les marques qui s'agrandissaient dans le sang, ce besoin de sang pour ne pas plonger... Autour de nous le décor changeait au fur et à mesure que mes souvenirs se succédaient, laissant voir à mon bourreau tous les souvenirs refoulés qui me détruisaient encore plus qu'il ne l'avait peut-être imaginé.

*Ust, arrête ! Arrête !*

Je me sentais partir, disparaître. Je ne sais combien de temps dura cette torture, mais suffisamment pour que toute force m'abandonne, temps qui me parut interminable. Mes bras finirent par tomber mollement sur le sol, ne pouvant plus supporter le combat, et ce fut difficilement que ma tête se tourna vers ma gauche. Je me rendis alors compte que des larmes coulaient sur mes joues et que je transpirais, le souffle peinant grandement à reprendre. J'avais le goût du sang dans la bouche et l'envie de vomir à cause de la douleur infligée. Mais ce n'était pas cela le pire, à mes yeux, pas ce relent normalement purement physique. Le pire était cette position dans laquelle j'étais, faible face à un être qui de base était plus fort que moi, à son entière disposition puisque j'étais désormais incapable de répondre quoi que ce soit par les actes.

La peur était tombée ; seules restaient l'anéantissement ainsi qu'une attirance malsaine pour le drow, attirance que je ne pouvais aucunement contrôler ni comprendre depuis la cérémonie d'Arcam. Cela me faisait mal, très mal. Il ressemblait trop au haut-prêtre... Cela me rappelait trop sa rencontre en Anaëh... mais là nous n'étions pas dans cette forêt qu'il avait du mal à supporter mais dans salle immatérielle qu'il connaissait bien mieux que moi, dont il pouvait donc utiliser toutes ses propriétés à sa guise, comme il venait de faire en me transmettant toute cette douleur.

Et je ne pouvais rien faire.
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Ven 17 Mar 2017 - 16:50

Qu'il est étrange de pouvoir observer un esprit dépourvu de toute enveloppe. Quelque part dans le lointain, le corps qui était obligé de supporter notre monstrueuse alliance restait inerte. C'était à peine si sa tension montait alors que son cœur battait profondément pour irriguer chacun des organes que nous devions partager... Et dont le foie fatiguait un peu, il faudrait surement que j'en parle à l'Autre. Un jour, quand j'y penserai... Mais pas maintenant. Car pour l'heure rien n'existait si ce n'était Elle.

Forcer le passage avait été un jeu d'enfant. Lui imposer ce qu'elle avait qualifié de cauchemar s'était fait d'une simple intension de ma part... Mais ce à quoi cela avait fait échos... Tous ces souvenir. Le doigts pris dans l'engrenage, je n'avais pas cesser d'appuyer. Je voulais aller plus loin, plus profondément. Elle ne pouvait que refuser, elle tentait de m'échapper mais je sentais au creux de moi comme un murmure, une certitude ignoble qui légitimait chacun de mes actes... Elle aurait put se libérer si elle l'avait vraiment voulut.

Et au fur et à mesure que ces souvenirs envahissaient de nouveau cet espace, chacun de ces souvenirs qui était entrer en résonance avec la détresse que j'avais ressenti un peu plus tôt me revenaient au visage. Je connaissais tout cela. Je l'avais déjà vu, déjà ressentit. Je m'en était nourrit...

C'était exactement cela... Tout cela... Je lui avait pris pour m'en gorger.

Mon sourire s'étira en la voyant se débattre plus encore. Elle me supplia d'arrêter.

* Il n'est que justice que cela te revienne. * murmurais-je au bord de sa conscience, ma voix rauque de tout ce que nous ressentions à cet instant précis glissant sur son esprit comme du velour.

C'était infime pourtant. Une infime part de ce que nous avions été alors que je n'existais pas encore. Une infime part de ce qui avait été dans ce temple. Je le ressentais comme elle. Je connaissais cette douleur. J'en avais connu de bien pire, incrustées dans mon être par ce Créateur qui ne me considérait que comme une chose, un pantin sacrifiable. La détresse, la peur, la douleur, tout cela passait de plus en plus intensément en elle, tordant son visage, emplissant mon être. Mes souvenir? Ses souvenirs? Comment savoir? Et cette simple idée m'emplissait de dégoût et de rage. J'existais. Par moi même.

Je creusais toujours plus profondément dans son être, me frayant un chemin jusqu'à ce qu'elle redoutait le plus, jusqu'à ce qu'elle chérissait le plus, tremblant d'émotion, d'une impatience que je ne m'expliquais pas...

Lorsqu'elle détourna la tête.

Et tout s'effondra.

J'étais là, à bout de souffle... et elle lâchement effondrée.

Plus de peur. Plus de colère. Plus de détresse. Elle était tombée, comme morte, entre ses bras. Non... Pas morte... Il restait quelque chose... Elle pleurait, tout son être meurtri d'une douleur à laquelle je ne l'avais encore jamais confronté... Pourquoi ne l'avais-je pas fait avant ? C'était pourtant grisant...

D'une poigne d'acier, je tournais doucement son visage vers moi, l'obligeant à me regarder en face. Il était difficile de dire si ses yeux étaient plus ou moins rouge que les miens... Ma poitrine se soulevait avec force alors que je tentais de sonder ces pupilles, toute satisfaction ayant déserté mon visage pour n'y laisser qu'une attention si grande que tout décor avait disparu autour de nous, retournant dans les limbe de nos imaginations pourrissantes.

Après un moment infini, toujours à cheval sur elle, je lâchais ses bras pour poser mes coude de chaque côté de sa tête et abaisser ma tête jusqu'à ce que nos tempes se frôlent. Jusqu'à ce que mes mots puissent mordre son oreille. Je respirait toujours profondément, les yeux clos. Fatigué ?

* Tu es une créature faible et lâche. Sans moi tu ne serais rien. Tu voulais qu'on partage quelque chose ? Tu voulais que je te parle... Tu es satisfaite j'espère ? Et encore, ce n'était rien... *

Nous étions étrangement proche dans cette posture. Je sentais son Souffle Ardent vibrer juste là. Une respiration griser ma joue.

* Cela n'est que ce que tu as fais de moi. *

Les mots étaient sortis d'eux même. Je n'étais pas sûr, moi-même, de ce que cela pouvait signifier mais c'était important qu'elle le sache. Important que je le formule.
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Ven 17 Mar 2017 - 19:18

D'une ferme douceur, Ust'kor fit tourner mon visage pour que nos yeux se croisent à nouveau. Nulle force ne pouvait être utilisée pour contrer cette volonté de m'avoir à sa merci, nulle force pour que je puisse ne serait-ce que me soustraire un temps soit peu à son emprise. Mes yeux furent une nouvelle fois captivés par les siens, et je sentais mes larmes continuer à couler alors qu'il m'emprisonnait de cette manière si particulière. De même, la seule réaction que je pus avoir lorsqu'il se pencha pour faire en sorte que nos têtes soient collées l'une contre l'autre fut que ma respiration se coupa. J'étais sa captive tant que ses yeux se fixaient aux miens, impression augmentée par le fait que ses bras encadraient ma tête. Sa respiration profonde influençait mon être, ma propre respiration épousant la sienne sans m'en rendre compte. Ses mots, chuchotés à mon oreille, vibrèrent en moi comme une sentence enivrante.

*Tu es une créature faible et lâche. Sans moi tu ne serais rien. Tu voulais qu'on partage quelque chose ? Tu voulais que je te parle... Tu es satisfaite j'espère ? Et encore, ce n'était rien... Cela n'est que ce que tu as fais de moi.*

Le sadisme porté dans ses mots me toucha profondément, et une nouvelle fois je sentis une douleur me transpercer. Mais plus fort que tout, ce furent les souvenirs, les vieilles angoisses et douleurs qui remontèrent. Tous ces combats menés, cette volonté de survivre, ces moments de vie malgré les atrocités que j'avais connues avant même qu'il ne naisse... Faible et lâche ? Vraiment ?

*C'est sans moi que tu ne serais rien, Ust. Si je n'avais pas survécu à ton père tu n'aurais jamais existé. Si je n'avais pas eu la force de continuer à vivre malgré les épreuves et si je n'avais pas combattu la magie avec laquelle tu es né, je serais morte et toi aussi. Tu ne serais jamais né et tout aurait été bien plus simple. Si j'étais à ce point lâche, je ne serais plus là, j'aurais trouvé un moyen de fuir ce que tu me fais subir. Mes yeux se fermèrent, tandis que je reprenais difficilement ma respiration. Nous partageons déjà quelque chose, Ust. Bien plus que tu ne le crois. Que ce soit moi qui ai fait de toi ce que tu es ou bien cette maudite Kiel."

Je rouvrais les yeux, attendant la réaction de mon double sans oser espérer que la torture ne cesse réellement.
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Ven 17 Mar 2017 - 23:30

Toute la peur que j'avais ressenti un peu plus tôt avait disparue... C'était comme si la revivre à travers elle lui avait fait retrouver sa juste place. Sa juste proportion. Respirant sa présence comme d'autre inspirent une odeur, mes tremblements avaient cessés, me rendant toute la force qui était habituellement mienne. Lorsqu'elle me répondit, si pleine d'autorité, tentant de se convaincre en m'adressant les faits qu'elle ne voyait qu'en les déformant, mon sourire redoubla.

Je posais un baiser sur son front avant de m'y poser en miroir.

* Tu fuis déjà. * souriais-je avec sincérité, toute vilénie envolée de mon visage d'encre... pour revenir, toute aussi inquiétante, une seconde plus tard, la bâillonnant d'une main ferme sans que la moindre gesticulation, la moindre morsure ne puisse me faire bouger.

* Bien sûr que nous partageons quelque chose. Un corps entre autre. * raillais-je * Bien sûr que nous sommes lié. J'ai été obligé d'assister à l'intégralité de ta vie pendant des mois. A chaque fois que tu respirais. A chaque fois que tu mangeais. Que tu pleurais. Que tu baisais. Que je le veuille ou non. J'étais pieds et poings liés.*

A peine les mots glissaient de mes lèvres que les fers claquaient autour des poignets et des chevilles de l'elfe. Je marquais un temps d'arrêt, me redressant d'abord surpris, puis satisfait. Je ne l'avais pas réellement voulu... enfin peut-être. De toute façon cette vision me ravissait au plus haut point.

* J'étais réduit à avaler les quelques émotions dont tu ne voulais pas pour survivre. Réduit à gober la merde que tu me jetais entre les dents sans même t'en rendre compte. Je suis né parce que tu fuis depuis des années. Tu as fuit ta forêt. Tu as fuit les humains. Tu as fuit tes responsabilité. Mais tu a bien raison, au final seuls les lâches survives. Je pourrais être aussi lâche que toi si tu ne l'étais pas pour nous deux... Et tu te retrouves là à me demander si je veux parler... *


La colère montait. Montait. Montait.

* Parasite. Maladie. Malédiction. Tu te rappelles de ça aussi ? Le temps que tu as passé à essayer de tuer le germe de vie que j'étais ? Ça aussi nous l'avons partagé... *

Chaque qualificatif avait été asséné avec tout le rejet, toute la peur qu'ils portaient pour moi.

Retirant ma main de sa bouche, j'attrapais son menton, le tenant fermement face à moi, plus agressivement que tout à l'heure. Je voulais lui faire voire la vérité. Je voulais obtenir Justice. Mes doigts oppressaient sa mâchoire, maquant sa peau blanche de tâches noires. J'étais si près que je pouvais détailler le moindre de ses cils.

* Alors tu t'attends à quoi ? A ce que je te remercie pour avoir survécu assez longtemps pour que nous soyons tous les deux coincé dans ce corps, condamnés à ne vivre qu'à moitié ? Je ne serai pas obligé de te tirer de ta torpeur pour comprendre le monde qui m'entoure si je pouvais faire mes propres expériences plus de quelques heures volé au détour d'une nuit. *

Je n'étais plus que haine colère et rancœur, crachant les mots  pour les enfoncer en elle plus que je ne les prononçais pour qu'elle les entende. Je voulais une légitimité. Je voulais une reconnaissance. La compassion... la commisération qu'il y avait dans sa voix lorsqu'elle m'avait demander si je voulais parler me retournait encore l'estomac. De la pitié de sa part à elle... Je lui aurais dévorer les entrailles pour cela... J'aurai posé assez de cicatrice sur son esprit et sur son corps pour qu'elle ne puisse plus jamais ignoré mon être tout entier.

* Que faudra-t-il que je fasse pour que tu arrête de te planter la tête dans le sable et que tu m'écoute. Que tu m'écoutes vraiment. Cesse de te donner le beau rôle ou de repousser la faute sur ces hypothétiques dieux ! Tu m'as façonné autant que je t'ai façonné. Tu me dois la vie autant que je te dois la mienne. J'ai essayé la manière douce mais finalement cela ne suffit pas. Alors combien de temps faudra-t-il pour que tu descendes de ton piédestal ?! *

Ma fureur et ma volonté faisait vibrer l'espace lui-même, rendu au point où je ne savais même plus exactement pourquoi j'étais en colère. Chaque mot que je prononçais, chaque intension, chaque geste me semblait empreint d'une vérité pure... et pourtant leur sens s'effilochait comme de la fumée entre mes doigts. Mes certitudes étaient inébranlables mais j'aurais eu peine à les traduire en idées ou en mots.

* Ce corps t'appartenait peut-être mais c'est toi et toi seul qui a brisé mes liens. Tu ne te souviens pas pourquoi j'ai put prendre le contrôle la première fois? *

Je voulais vivre. Pleinement. Mais j'avais l'impression que son dédain me poursuivait depuis toujours. Elle ne faisait que concéder. Sans comprendre. Sans vouloir m'entendre. Je n'étais qu'une gène. D'un fardeau. Un parasite.

* C'est toi qui me l'a laissé. C'est toi qui m'a fait prendre conscience de moi même en me laissant toute la place dont j'avais besoin... Lorsque tu t'es réfugiée ici comme une enfant désemparée... *

Elle ne pouvait même pas reconnaitre sa propre faiblesse... Cette garce... Et quoi? Bientôt elle me pointrait comme responsable ?!

* Tu t'en souviens ? *

Ma main libre se posa sur ses côtes. Je me rappelais avec une exactitude morbide ce premier contact. Je pouvait retracer ses gestes brouillons avec langueur pour que nous puissions en prendre l'un et l'autre la mesure. La chambre de l'auberge se retraça autour de nous et nous nous retrouvions sur ce fameux lit... Mais de proie j'étais devenu bourreau... Et j'adorais cela.
Assoiffé, je changeais de position pour prendre celle, exacte, de ce tueur. Lâchant son visage, ma seconde main se mis de la partie, glissant sous sa chemise, la tirant pour dénuder les glyphes noirs qui apparaissaient à cet instant comme ce qu'ils étaient à l'époque de ce souvenir. Je reproduisait chaque geste avec une lenteur calculé, respirant profondément, scrutant toujours ma victime de tout mon être.

* La première inspiration que j'ai prise. Le premier cri que j'ai poussé. Le premier regard sur le monde... et le premier regard qu'on a posé sur moi. Cet homme allongé sur nous qui désirait ce corps dont ne je comprenais qu'à peine le fonctionnement. Il voulait le prendre. Et il voulait le détruire.

... Voilà ce que tu fais continuellement. Comme ce soir là. *


Une soif de mort et de douleur. J'avais combattu pour ma vie ce soir là. Pour ma survie. Comme j'avais toujours combattu par la suite. Je descendait dans son coup, la mordant violement avant de revenir planter mon regard dans le sien, soudain immobile, détachant chaque sylabe comme une sentence... car c'était très exactement ce que j'avais éprouvé.

* Tu t'es réfugié derrière moi, tu m'as permis de devenir conscient, de devenir moi, dans l'espoir que je me ferai violé à ta place. *

Que faudrait-il que je fasse pour qu'elle accepte le monde tel qu'il est ? Sombre. Pour qu'elle reconnaisse enfin la vérité. Pour qu'elle me rende Justice et qu'elle me reconnaisse. Moi. Mon existence. Mon passé et mon Avenire. Que devais-je faire pour être plus qu'une pièce rapportée indésirable dont s'affranchir aurait été la meilleur chose à faire... Qu'elle arrête de se croire supérieur. Qu'elle arrête de ne voir que ce qui l'arrangeait !

Certes notre relation avait changée... Mais je sentais que ça, elle le rejetais... Avant cela ne me gênais pas... Mais depuis quelques temps...

* Tu ne pourras pas fuir cette fois-ci. *

Je n'avais pas voulu articulé cette dernière phrase... Mais j'étais sûr que d'une façon ou d'une autre, elle l'avait perçue.
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Lun 20 Mar 2017 - 18:41

Que dire face à cela ? Que dire face à ce qui était une pure colère, une haine profonde, un dégoût, un rejet même ? Comment lui faire comprendre qu'il se méprenait, que ce qui semblait être pour lui la vérité n'en était pas une de mon point de vue ? Que si j'avais un jour fui Naelis, c'était bien pour protéger les miens de lui, quitte à encourir la peine de mort ? Comment raisonner un être qui de toute façon n'interprèterait mes remarques que comme de la couardise ? Je n'en savais rien. Alors je l'écoutais, je le laissais déverser sa haine sur moi, comprenant tout de même qu'une partie de ses dires reflétait bien la réalité des actes. J'eus peur lorsque je sentis et entendis les fers se refermer sur mes poignets et chevilles. Mes yeux bleus, encore une fois, se plantèrent dans ceux rouges d'Ust'kor. Je ne pouvais rien dire... je n'avais rien à dire.

*Tu t'en souviens ?*


Me souvenir ? de cette première fois où il avait pris possession de mon corps ? Ust put lire l'incertitude sur mon visage : de vagues souvenirs, mais qui s'arrêtaient là. Je me souvenais d'un elfe, un assassin... je l'avais poursuivi, préférant me mettre en danger plutôt qu'à ce que les soldats qui étaient sous ma responsabilité ne meurent. Je l'avais trouvé, nous avions commencé une discussion... puis tout était devenu vague. Je m'étais réveillée ensanglantée dans une chambre auprès de cet elfe, en comprenant que cette fois-ci mon corps avait réagi au-delà de mon esprit. J'avais été droguée, mais que s'était-il passé exactement ? Cela Ust'kor semblait être des plus enclins à me le remémorer : notre salle métaphysique prit des allures de chambre d'hôtel et je sentis le sol sous moi se transformer en lit, mes chaînes me maintenant toujours. Ust'kor changea alors de position, se mettant dans une propice à des préliminaires, posant une main sur mes côtes et enlevant la seconde de ma bouche pour la glisser sous ma sous-robe, remontant jusqu'à mes marques noires pour les caresser. La respiration profonde, ses gestes se suivant avec une lenteur parfaite pour imprégner sa volonté sur mon esprit, il continuait. Il continuait alors qu'une partie de mon propre esprit se souvenait de cela, faisait remonter à la surface les faits de cette triste nuit et faisait se contorsionner comme il pouvait mon pseudo-corps, comme une réaction allergique. Je me souvenais oui... maintenant cela devenait plus clair.

Des mots. Une morsure brusque au cou, m'arrachant une grimace. Encore des mots, racontant avec violence que j'avais désiré qu'il se fasse violer à ma place. Comment cela aurait-il pu être possible puisque je n'étais pas au courant de son existence et qu'en plus mon esprit se laissait complètement faire du fait de la drogue ? C'était ridicule... Puis il tint son visage au plus près du mien, nos souffles se mélangeant tout autant qu'il pouvait ressentir de par ses mains mon coeur s'emballer et ma poitrine se relever à faibles intervalles. Alors que nos corps étaient pratiquement l'un contre l'autre, ce qui aurait dû me dégoûter au plus haut point, je ressentais à nouveau cette attirance malsaine pour lui. Attirance que j'avais du mal à contrer en l'état actuel des choses.

*Tu ne pourras pas fuir cette fois-ci.*

Je restais un instant interdite, ne sachant plus, perdue entre les accusations, la vérité et cette voix qui s'était immiscée dans ma tête sans que les lèvres n'aient bougé. Mon coeur battait toujours avec rythme, mes yeux étaient plongés dans ceux de mon ravisseur. Mes lèvres s'écartèrent pour répondre, revinrent ensemble... puis enfin des mots les traversèrent, ne laissant transparaître ni peur, ni pitié, ni compassion... juste autre chose que je ne connaissais pas encore.

*Je ne veux pas te fuir, Ust. Ni toi ni ta haine.*
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Lun 20 Mar 2017 - 23:14

Elle était la cause et le remède à tous mes maux.

Elle refusait de voir à quel point je pouvais être utile.

Malgré notre cohabitation, il me restait toujours cet arrière goût désagréable. Celui de n'être qu'un être négligeable aux yeux de la seule personne qui me connaissait un tant soit peu. Celui de n'être qu'un être auquel on tourne paisiblement le dos. Incapable de la moindre idée sensée. Un pariât sanguinaire et ignorant.

Je voulais être considéré sur un véritable pied d'égalité !

Je la haïssais du plus profond de mon être car je la tenait pour responsable de cette colère et de cette haine qui me dévoraient de l'intérieur. A cause d'elle que j'avais passé mon existence à me battre pour une petite chance d'exister... Et elle ne me donnait que mépris, pitié et compassion en retour... Comme à une petite créature blessée... ou comme à un erzatse d'enfant...  Toujours...

Jusque là.

Incertaine, elle n'avait pourtant pas détourner les yeux.

Comme au temple...

Non. Je ne voulais pas revenir là dessus ! C'était par pur volonté de survivre que j'avais du la protéger tout ce temps. Pour rien d'autre ! Je n'avais pas eu d'autres choix ! Et ce qui s'était passé à ce moment là n'était que la brève expression d'un sortilège !

Dans ses pupilles, je voyais le reflet de mon visage troublé.

* Tu n'es... *

Son visage, son être, si près du mien... Son regard était sérieux... Il était plus que ça...  Son cœur battait rapidement. Je sentais sa conscience comme une flamme chaude à la limite de la mienne. Une lumière dans une nuit sans lune. Rayonnante au point d'en devenir hypnotique. Nos Souffles étaient rythmés sur la même mesure.

Autour de nous, le décors s'était envolé une fois de plus, ne laissant que le lit et des chaînes rouillées prêtes à se briser. Je frôlait ses lèvres comme on frôle la chaleur d'une bougie du bout des doigts. Dans mon froid ambiant, je clouais sa bouche d'un baiser fougueux. Avide de ce 'je ne savais trop quoi'... Lorsque la brûlure me fit instantanément reculer.

Un bond était encore trop faible pour décrire mon mouvement de recule. J'étais à l'autre bout de l'univers. Au plus loin de l'Autre. Sans un mot, je laissais cet espace derrière moi, dans un coin infime de ma conscience pour remonter aux commende de notre corps et sauter du lit. Cette nuit qui n'appartenait qu'à moi et dont je me devais de profiter.

Je refusais tout contact tout appel, me battant contre la moindre tentative éventuelle d'attirer mon attention, jusqu'à ce que la lune décroisse. Jusqu'à ce que ce soit à son tour. Je me murais alors dans le même silence intérieur. Tout le jour durant, redoutant la nuit car j'avais le pressentiment que cette fois, je ne pourrai l'éviter si elle le souhaitait...
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Jeu 23 Mar 2017 - 11:40

Les respirations qui s'harmonisent... l'incertitude, l'incompréhension, l'envie... les lèvres qui se frôlent, pour se lier en un baiser étrangement passionné. Mes yeux se fermèrent un instant, juste pour ressentir le vide se déposer brutalement sur mes lèvres alors qu'Ust'kor disparaissait, fuyait. Un vent de solitude se leva alors, balayant les chaînes rouillées qui retenaient jusque là mes membres comme si elles n'étaient plus que poussière et, au fond de moi, la peur monta. La peur de comprendre ; la peur d'avoir agi contre son propre être, contre ses propres valeurs. Le dégoût de me dire que l'envie, le besoin d'être au plus proche d'Ust - y compris de façon charnelle - avait primé sur la douleur qu'il m'avait infligée et tout mon amour pour Glenn. J'étais tiraillée : d'un côté je me dégoûtais moi-même, de l'autre je ressentais l'absence d'Ust comme un vide, ce qui n'était jamais arrivé. M'asseyant avec peine, je trainais dans un coin de la salle et serrais mes bras de mes mains. J'avais froid, subitement... très froid...

Au matin, lorsqu'il fut à mon tour de prendre possession de mon corps, la première réaction qu'eut celui-ci ne fut pas glorieuse. Le froid continua à m'envahir, la fièvre monta très rapidement et l'une des premières choses que je réussis à faire fut de rendre mon repas de la veille, avant même d'arriver à faire dix pas. J'avais l'impression qu'on m'avait planté une multitude de coups de couteau, voire même qu'on s'était amusé à me déchirer, et j'avais mal au cou, là où mon tourmenteur comme Ust m'avaient mordue. Je fus toute la matinée incapable de faire quoi que ce soit, tremblante comme une feuille. La nourrisse fut tout de suite en alerte et la roue de l'inquiétude se mit immédiatement en place. Quand un médecin vint me voir, il fut surpris de constater que mon corps n'avait rien - ah si un petit truc au foie, mais rien de grave. C'était donc au domaine de l'esprit d'entrer en scène et cela, je refusais catégoriquement qu'un mage essaie seulement de s'approcher de moi ! Déjà que je ne supportais que très mal la magie, alors si en plus on venait à apprendre qu'un autre esprit se trouvait en moi... je n'osais imaginer ce qu'il en serait. La journée se passa donc au lit, à être dorlotée comme si j'étais une humaine malade, sans avoir la force de prendre mes enfants dans mes bras. Certains craignaient un sort ou un poison, je réfutais habilement ces idées... Si on avait voulu me tuer, ne serais-je pas morte ? Il était difficile de cacher la vérité et encore plus de faire comprendre que je ne savais pas pourquoi j'étais dans cet état inhabituel. Parce qu'au fond de moi, je savais. Je savais que mon corps exprimait simplement ce que mon esprit avait subi pendant la nuit, que ce soit la torture ou mon coeur et mon esprit qui se battaient violemment.

Enfin, au bout de très longues heures, je m'endormis. Je me réveillais dans la même salle que d'habitude, un peu plus reposée, et constatant que mon double n'avait pas pris les commandes de l'enveloppe charnelle. Je regardais tout autour de moi : noir, comme souvent. Seul Ust, me tournant le dos, semblait être présent... pas même un objet. Toute la journée avait été un interminable débat dans mon esprit, complétée d'une sensation de vide tant Ust'kor s'était fait petit, loin de toute pensée. J'attendis un peu, il ne sembla pas me remarquer. Alors je fis l'effort de me lever et de me rapprocher de lui, sans faire de bruit. Je devais apprendre à ne plus avoir peur de lui, voire même à lui faire confiance. A lui donner l'attention, la considération dont il avait besoin. C'était compliqué... je ne su dire le premier mot. Alors, désormais à côté de lui, je jetais juste un regard sur son visage toujours aussi magnifique.
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Jeu 23 Mar 2017 - 14:12

Pour une fois, après être allé voir les enfants, j'avais réussi à me faufiler hors du palais. Pas bien loin, juste de quoi marcher sous la lune. Marcher... Je commençais à comprendre pourquoi les gens voulaient se ''vider l'esprit'' lorsqu'ils pensaient trop. Jusqu'ici, cette locution me donnais l'impression que les êtres pensant prenaient le monde pour une grosse poubelle, mais ce n'était pas ça finalement. Le monde extérieur était si riche, il apportait tellement de sensation, qu'il était facile de s'y perdre, laissant derrière soi les souvenirs et les émotions trop prenantes qui ne pouvaient que devenir de plus en plus oppressante dans le monde de l'esprit.

J'ai marché. Pendant des heures. Sans but réel. Caché sous ma capuche. Passant de rues larges en rue large sans sortir des hauts quartiers ni entrer dans les auberges  qui avaient pignon sur rue. Quelques baroudeurs nocturnes m'offraient des sourires écœurant, je leur répondais d'un regard glacial sans réelle attention. Je le confesse, au détour d'une rue déserte un peu moins dégagé, un homme passant à proximité eu l'honneur et l'avantage de connaître le contacte de ces douces mains déformées par l'art du combat sur la peau tendre de son cou. N'étant pas stupide, je l'avais attaqué de dos. Il se débattait. Plus il se débattait plus je souriais, à la fois détendu et exalté. L'odeur musquée de ses cheveux. La façon qu'il avait de bouger frénétiquement le bras gauche. Je le lâchais, le regardant tousser et haleter au sol pour le rouer de coups avant de partir en trottinant, satisfait de ma grandeur d'âme : il était encore vivant. Brisé et inconscient. Mais vivant... Enfin je crois.

Puis, respectant notre contrat, je rentrais, lavais le sang que j'avais sur les mains avant de me mettre au lit pour laisser l'Autre reprendre le dessus en l'ignorant. Je restait coi, recroquevillé dans mon coin de manière a lui laisser toute la place qu'elle désirait et plus encore.  C'était drôle, comme tenter de retourner à mon état premier... Mais avec un trouble au cœur que j'avais du mal à comprendre.

Malgré tous mes efforts, je n'arrivais pas à trouver un sens à tout cela. Mais j'étais certain d'une chose. Ce que j'avais ressenti à son contact n'était pas normal. Ce n'était même pas possible. Ce n'était même pas une émotion... du moins pas une que je connaissais.

Mais que je le veuille ou non, elle fini par venir vers moi. Sans rien dire. Juste... être là. Le silence s'étira sans que je ne sache quoi dire... jusqu'à ce qu'une question vienne briser la gêne.

" Explique moi... Pourquoi les êtres vivants rêvent ? "
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Lun 27 Mar 2017 - 7:16

*Explique moi... Pourquoi les êtres vivants rêvent ?*

Ce fut finalement lui qui brisa le silence gêné qui s'était instauré entre nous, silence qui me semblait avoir duré une éternité. Une question d'apparence idiote à laquelle je n'avais jamais réfléchi. Une question qui en réalité, je le savais, devait pratiquement être de l'ordre existentielle pour mon double. Je pris donc le temps de réfléchir, tentant de trouver autre chose à répondre qu'un simple "je n'en sais rien". Et mine de rien, ce fut compliqué de trouver quelque chose qui me convenait.

*Je pense que nous rêvons pour nous évader de ce monde, imaginer quelque chose d'alternatif à ce que nous vivons, modifier le passé ou réfléchir aux solutions que nous pourrions trouver à une situation en cours inconfortable. Mais c'est également lors de rêves que nous pires craintes s'éveillent pour prendre forme. Il paraît que pendant notre sommeil notre esprit réagit à sa manière aux évènements de la journée, mais je n'ai jamais cherché à avoir la confirmation auprès d'un mage de l'immatériel. Ce n'est pas plaisant de cauchemarder, n'est-ce pas ?*

Un demi-sourire s'afficha sur mes lèvres, ayant moi-même l'habitude de faire de mauvais rêves. C'était même plutôt un rictus de circonstances qu'un sourire, d'ailleurs.

*Parfois les rêves sont si intenses que le corps réagit à celui-ci. On peut se réveiller en tremblant, en ayant froid, dans des cas extrêmes en vomissant... un peu comme la façon dont a réagi le... nôtre, ce matin, mais en moins fort. Ces explications te vont-elles ?*

Je ne savais pas quoi dire d'autre. Alors je regardais autour de nous, désespérant face à ce noir abyssal. J'imaginais ma chambre, faite d'une pièce longue où se trouvaient lit, fauteuils, bureau, chaise, ainsi que différents ustensiles... y compris la caraffe de vin habituelle. La chambre se matérialisa alors, une fois toute la concentration nécessaire à cela donnée. Contente d'avoir réussi cela je lâchais, plus pour moi-même qu'autre chose

*Ce sera un peu mieux ainsi, non ?*

Puis j'allais m'asseoir dans l'un des fauteuils, de sorte à pouvoir voir Ust'kor sans problème. Mes yeux se posèrent sur lui un long moment, et encore une fois je finis par me surprendre à admirer sa beauté. Peut-être même plus que sa simple apparence physique d'ailleurs, peut-être plus... Quoi qu'il en soit j'attendis que nous ayons terminé de parler des rêves pour en venir à un sujet qui avait toute la journée obnubilé ma pensée.

*Si je puis me permettre d'aborder ce sujet... J'ai du mal à comprendre ce qu'il s'est passé hier soir, entre nous deux. Pas ta haine, mais la fin... ce... bref. Y as-tu compris quelque chose, toi ?*
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Mer 29 Mar 2017 - 1:12

Durant toute l'explication, je gardais un silence quasi religieux, écoutant l'explication des interprétations et croyances de cette femme qui était sensé supporter ce genre de choses depuis sa naissance... Et m’apercevant amèrement que certaines choses de la vie quotidienne des vivants leurs étaient aussi mystérieux qu'à moi. Je mémorisais pourtant soigneusement chacune des explications possibles, les reliant à certaines impressions que j'avais eu la nuit dernière.

* De toute façon je ne pourrais pas avoir de meilleur explications, n'est-ce pas ?
- Pas de ma part en tout cas...*

L'obscurité apaisante qui nous entourait, le bienveillant silence tiède duquel j'étais né, se mua en une pièce tangible... Elle mettait toujours autant de temps à matérialiser ce qu'elle désirait, s'attachant trop aux moindres détails pour laisser vivre une nouvelle réalité. Je soupirais, me tournant dans la direction de l'Autre puis m'avançais jusqu'à la carafe de vin pour m'en servir un verre, goûtant le simple plaisir de voir couler indéfiniment le liquide rouge dans le verre de cristal.

* Je ne pensais pas que tu souhaiterais revenir sur le sujet... *


*Pourquoi dis-tu cela ?*

* Parce que je n'ai pas été particulièrement... clément... * Je fronçais le nez en reposant la carafe en me tournant vers elle. * Je n'aurais pas du m'emporter concernant ce... rêve.*

Je souriais, satisfait devant son rictus de surprise. Si un petit geste pouvait m'épargner une longue conversation que je n'avais nullement envie d'avoir... Tant mieux !

*C'était la première fois que tu en faisais un. Mais je préfèrerais revenir sur notre sujet, si cela ne te dérange pas.*

Elle éludait... raté. Je sentais venir toute la suite de questions assourdissantes comme une cascade me tombant déjà dessus... Elle avait l'air de vraiment vouloir revenir sur l'épisode de la veille. La boule au ventre, la rage au cœur... pour autant que j'ai ne serait-ce que l'un ou l'autre, je me plantais devant elle, renfermés, feignant une assurance que je n'avais pas vraiment. La troquant, plutôt contre un air mi inquisiteur, mi tendu tout en essayant de juguler la moutarde que je sentais d'avance me monter au nez.

* Et ce qu'il s'est passé au temple, tu va vouloir en parler aussi? *

*Seulement si nous avons à en parler. Malheureusement j'ai l'impression que c'est cela qui...qui nous a rendus étranges la nuit dernière. Enfin l'as-tu ressenti ainsi ? Quelque chose que tu ne pouvais pas maîtriser ?*

Un frisson. Je repoussais le souvenir encore puissant pour qu'il ne trouble pas l'espace familier qu'elle avait formé à grand renfort de concentration et de volonté.

* A part mon corps, il n'y as pas grand chose que je maitrise...* répondais-je du tac ou tac avec un sourire provocateur, me débarrassant de cette désagréable impression qui m’oppressait d'un haussement d'épaule.

J'avais fait mouche semblait-il. Elle se referma sur elle-même, pliant ses jambes de sorte à ce que ses pieds soient réunis sur le fauteuil. Son regard s'égara au loin. Je pouvais presque voir passer l'ombre de souvenir dans ses iris.

*Tu ne maîtrises pas grand chose... tu en maîtrises bien plus que moi, surtout ici. Et tu n'as fait que le démontrer hier.* Elle me regarda droit dans les yeux. *N'en as-tu rien tiré ?*

J'avais même fait plus mouche que ce que je ne pensais... Sa voix était soudain plus... terne... et cela m'affectait plus que cela n'aurait du.

* C'est pas vrai! Tu y tiens, hein! * laçais-je avec un moue énervée en me détournant d'elle, inutilement agité.

*Et ?*

* Et tu veux entendre quoi?! Hein?! Oui... Bah oui, je contrôle mieux cet espace que toi, c'est presque moi qui l'ai créé... ou ce qui m'a créé l'a créé...* J'allais encore hausser le ton en me retournant dans un large mouvement de bras dépité lorsque son regard me rappela à l'ordre. Je soupirais, excédé.

*... Et non je n'ai aucune explication sur ce qu'il s'est passé hier soir. Aucune. Et... Et je ne sais pas quoi te dire de plus à propos de ça.* terminais-je en agitant la main comme si j'essayais de me débarrasser d'une désagréable fumée.

Je reculais le bras comme touché par la foudre. Elle avait essayé de... Me prendre la main? Mais elle jouais à quoi ?! Après ce qui avait faillit se passer! DEUX FOIS! Sans vergogne, je la dévisageais avec un mélange étrange de colère et... d'une pelote de tout un tas d'autres émotions indescriptibles. Je ne m'étais pas écarté, mal m'en prie. Elle avança une nouvelle fois la main, me la brandissant sous le nez sans tenter quoi que ce soit d'autre... Oui... Certes...  

*N'aie pas peur de la prendre.*


*Arrête. *

Cette fois il n'y avait plus d'hésitation. Je ne savais pas à quoi elle jouais exactement mais cela n'avait rien pour me faire rire. Elle ne pouvait pas ignorer ce qui avait faillit se produire. Même si cela me coutais de l'admettre, elle le comprenant sans doute mieux que moi. Alors son petit manège ne m'amusais pas... Qu'essayait-elle de prouver cette fois ? Qu'elle pouvait me contrôler ? Le fait que je la laisse s'en tirer à bon compte la veille lui avait-il donné une idée pour arriver à ses fin ? Comme au temple... Nous avions faillit... fusionné? rompre toute barrière entre nos conscience? Déteindre définitivement l'un sur l'autre? Cela ne devait pas arriver. Je refusais catégoriquement l'idée qu'elle me prive de ma propre existence.

Sérieux comme il m'arrivait rarement de l'être, je repoussais sa main d'un bref revers de la mienne sur son poignet.

* Tu joues à quoi exactement? Que penses-tu qu'il se produiras ? *

* Je n'en sais rien. *

Elle tendit de nouveau la main, comme une provocation de plus. Alors c'était ça... Je me sentais de plus en plus oppressé. Heureusement, une rage bienfaitrice me submergea sans ménagement. Un rictus haineux explosa sur mon visage alors que je la saisissais par les épaules en criant. Elle grimaça de douleur, je n'en desserrait pas pour autant ma prise, indifférent autant qu'elle l'était envers moi!

* Peut-être que l'idée de retrouver ton corps quitte à changer, ça t'amuse! Mais moi je suis très bien comme je suis! Moi! Et personne d'autre! *

C'est tout ce que j'ai !
Je ravalais ces derniers mots alors qu'elle se dégageait d'un mouvement sec pour me saisir aux poignets. Je tentais de m'en défaire tout aussi promptement, mais elle tenait bon la garce ! Quelle me lâche ! Qu'elle arrête avec ses questions stériles et ses théories fumeuses !

*Parce que tu crois que j'ai envie de changer ? De devenir je ne sais quoi ? Vraiment ? Tu as tout autant peur que moi, Ust. Tu as peur et tu ne sais pas comment réagir face à ce que tu ressens ! Sinon, toi qui me hais tant, pourquoi m'aurais-tu embrassée hier ? Pourquoi t'es-tu enfui par la suite ? Dis-moi ! Dis-moi ! Dis-m... *

* PARCE QUE TU ES LA SEULE PERSONNE QUI SOIT AU COURANT DE MON EXISTENCE ! *

La sensation d'un mur de verre qui se brise dans un monde soudain figé dans la glace... sans pouvoir l'expliquer, je me sentais soudain... vidé.

* C'est tout... * soufflais-je en laissant mes bras retombés entre nous sans plus chercher à les libérer.

*Tu... tu m'as fui pour cela ? * Un fin silence s'étira, fragile. Je la regardais sans même savoir ce qu'elle pouvait bien percevoir de moi en cet instant. Ma respiration était profonde, saccadée. La sienne également... Mais elle s'était étrangement radouci... * Ou parce qu'il y a des sentiments en toi ?*

* Je t'ai fuit parce que tu finira pas avoir ma peau...* grondais-je d'une voix assourdie en me dégageant d'un coup pour reculer de quelques pas. J'allais lui tourner définitivement le dos, mais puisque nous en étions là, autant que nous mettions les choses au clair une bonne fois pour toutes.

* Je te l'ai dis. Je n'ai aucune idée de la raison de ce qu'il s'est passé hier soir, mais ce n'était pas étranger à ce qui a eu lieu au temple. Et dans un cas comme dans l'autre, je n'y aurait pas réchapper, ça j'en parierais même mon existence entière.... *

*Je ne veux pas te tuer, tu le sais très bien. Et je pense également que ce que nous avons ressenti est lié au temple...*

Je l'observais attentivement, gardant cette distance entre nous autant dans l'image que nous nous faisions de l'autre en ce lieu que du point de vue de nos consciences. Je restais loin d'elle. Volontairement. De toutes les façons possibles. Durant mon silence, qu'elle aurait certainement tenté d’interpréter de tout un tas de façon farfelu dans d'autres circonstances, elle se mordais légèrement les lèvres comme hésitante.

Dévoiler à un être envers lequel elle éprouvait des sentiments si contradictoires ce qui l'avait intrigué une bonne partie de la journée n'avait rien de facile. Mais ne sachant pas dans quel dilemme elle pouvait bien se trouver, je restais là, sans bouger. Je n'avais même pas envie de la brusquer. Pas même de la voir frémir ou de lire cette crainte abyssale dans ses yeux. Je voulais juste... Je ne savais trop quoi en fait...

Mais lorsqu'elle s'est décidé, j'avoue avoir longtemps regretté lui en avoir donné l'occasion...

*Cela m'a fait étrange aujourd'hui, j'ai eu l'impression que tu n'étais plus là... cela a créé comme un vide, un vide froid...*

Un long frisson secoua les fines épaules de l'elfe, comme un échos au froid qu'elle avait physiquement ressentit malgré la chaleur de la fièvre. Mais ce fut avec angoisse que je sentis ce frisson m'atteindre. Se propager le long de mon dos, m'obligeant à un léger mouvement du bras pour me débarrasser de l'abjecte sensation. Ma poitrine était prête à exploser. La boule qui me serrait le ventre était lourde à m'en donner la nausée. Tout pour que cela s'arrête...

Campé, je croisais vigoureusement les bras, cherchant en moi même la source ininterrompu de magma bouillant qui me donnait envie de dévaster le monde comme pour allumer une bougie dans une pièce obscure. Mon visage s'illumina soudain de cette expression caractéristique qui rendait mes traits harmonieux aussi terrifiants que ceux de mon créateur. Ce regard à la fois froid, hautain, malicieux... et emplit de cette soif de sang qu'il m'avait mis au cœur.

* Je vois. Tu veux que je comble un vide... Je t'aurais crue plus romantique. Tu ne lui parles pas comme ça à l'autre babouin poilu.*

*Quoi ?!*

* Oh ça va, ne monte pas sur tes grands chevaux. On est deux dans ce corps je te ferais dire. Et il a moins de secret pour moi que pour toi. *
continuais-je, un sourire de plus en plus large sur les lèvres.

Ses yeux se braquèrent sur moi avec plus de force, une lueur de colère et de surprise dans les prunelles. Ses lèvres battaient l'espace sans qu'un mot de les passent. Et oui... Je n'étais ce genre de chien errant au quel il suffisait de sourire pour que je perde mes crocs ! Elle aurait du le savoir ! Crachant sur mon propre malaise, me convainquant sans peine qu'il n'avait jamais existé, je retrouvais tout mon aplomb à travers cette saine occupation qu'était la douleur. Je la regardais avec impatience... et pourtant nous savions tous les deux que j'étais capable de prendre tout mon temps.







Ca y est, il recommençait... son sourire sadique, ses sous-entendus, cette façon de me regarder. Comme hier soir, mais différemment. Je sentis mon cœur battre à tout rompre, de peur et de cette autre chose présente en moi la veille.

*Pourquoi veux-tu que je sois romantique ?*

Il attrapa mon menton d'un main sûre, m’obligeant à vriller mon regard dans le sien.

* C'est dans ta nature de l'être. Angoissée, désespérée et romantique. Tu devrais savoir pourtant que ça ne marche pas avec moi.*


Je me laissais faire, ne pouvant plus quitter ses yeux pourpres ; comme la veille. Au départ je ne sus pas quoi lui répondre, approuvant intérieurement une partie de ses dires. Combattant ma peur, je tins ces mots avec un semblant d'assurance :

*Et si tu allais directement au but ?*


Son sourire s'étira, donnant à son visage cette expression profondément perverse que j'avais tant redouté sur celui de mon bourreau. Sa voix s'était faite miel... me poignardant pourtant dès les premiers mots.

*Glenn ne se réveillera jamais et tu n'a personne d'autre que moi sous la main pour t'épancher.*

*Tu mens...*

* Non et tu le sais. *

*Arrête... bien sûr qu'il se réveillera. Il finira par se réveiller.*


Je sentais les larmes commencer à monter à mes yeux, douloureuses. Je ne pouvais pas croire ses mots... ou plutôt je ne voulais pas y croire, pas penser au fait que je pourrais si rapidement perdre l'homme que j'aimais.

La main qui gardait mon visage sous contrôle disparue pour se poser sur mon épaule, m'attirant doucement sans que je ne parvienne à résister.

De la tendresse... rien n'était pire dans ce genre de moment. Et, comme Ust'kor l'avait si bien indiqué plus tôt, nous n'étions que deux dans ce lieu. Et le sujet qui venait de naître était le plus lourd qui pouvait être pour moi. Je le laissais donc effacer une larme coulant sur ma joue, puis une autre. La peur et la souffrance n'étaient pas de bonnes amies pour l'elfe que j'étais... Doucement je posais ma main sur la sienne, fermais les yeux et, étrangement, appréciais le contact de sa paume contre ma joue. Je rouvris les yeux pour les planter une nouvelle fois dans ceux d'Ust. Ma seconde main, tremblante, se leva et vint poser ses frêles doigts sur le visage du sombre, hésitant entre rester tels qu'ils étaient et la caresse. Je ne savais pas... j'avais besoin de lui.








Je frissonnais de tout mon être alors qu'elle posait ses doigts contre ma joue... pourtant mon idée ne changea pas. Ignorant avec superbe cette sensation grisante, je me penchais pour l'enlacer, posant mon visage au creux de son cou. J'inspirais lentement sa présence, une douce fragrance, tout en imaginant l'aigreur et l'amertume qui s'y ajouteraient d'ici peu. Je goûtais dans ses cheveux d'or le courroux qu'elle tenterai de m'opposer, trop fragile pour dissimuler un désespoir bien trop grand...

Puis, gonflé de ce qui serait, de ce qui ferait tout rentret dans l'ordre, je me redressais légèrement pour atteindre son oreille, laissant aller ma tempe contre la sienne.

* Ces larmes sont elles assez chaudes pour votre Majesté? *

Un soupire presque sensuel. Aussi sensuel que pouvait être le son d'une lame s'enfonçant dans les chaires les chairs tendre d'une proie si chère. Comme dans un rêve, je m'arrachais à son éteinte, laissant le vide nous séparer de nouveau. La laissant seule. Mon visage fier, dédaigneux et victorieux fixant en riant à demi les yeux rougis de l'elfe pour y voir naître sa réponse.

*Ces larmes préféreraient ne pas être aux yeux d'une elfe, tout simplement. Tu sais, Ust... pleurer n'est pas une faiblesse, puisqu'il est plus dur d'accepter de montrer ses sentiments à un autre plutôt que de les cacher. Et tu es nettement plus beau sans ce dédain sur ton visage.*

Un fin sourire ornait ses lèvres. Tête haute, les larmes qui continuaient de perler sur ses joues me défiaient. Elles me volaient mon jeu, ma victoire... et ma sérénité ! Il ne me restait plus que la frustration et la colère. Depuis le début de cette conversation, j'avais l'impression d’osciller entre une victoire facile et une désagréable sensation de gifle...

* Pour pouvoir les montrer il faudrait déjà que j'en éprouve.*

Je lui crachais presque au visage, faisant preuve de la plus grande mauvaise foi du monde.

*C'est en toi, puisque tu viens d'en montrer.*

Elle combla le vide entre nous... Sa main vint caresser mon visage, doucement. Puis elle se redressa pour m'embrasser sur le front avant d'y poser le sien, désormais à ma hauteur. Je la repoussais sans ménagement.

*Faire souffrir l'un ou l'autre d'entre nous ne nous servira à rien. Il va falloir que nous apprenions à nous écouter, que ce soit au sein de nous-mêmes ou bien l'un envers l'autre.*

*Tss! Arrête tes boniments, elfe. Moi cela me convient parfaitement de te mener la vie dure. Et je continuerai. Jusqu'à ce que je dispose d'un corps. D'une vie. Une vrai. Entière, totale, et absolue.*
souriais-je, mon air amusé cachant aussi bien mon trouble qu'il laissait entrevoir la convoitise de mes derniers mots.

*Vraiment ?*

Un air amusé éclaira son visage encore triste. Je voulu ouvrir la bouche pour lui réponde mais elle m'en défia du regard, me glaçant jusqu'à la moelle des os. Elle s'était approché, la tristesse quittant peu à peu son visage.

*Toi qui te montre généralement si indépendant, n'es-tu pas capable de prendre cette parcelle de vie ? De n'y trouver aucun plaisir ? Toi-même qui osais faire des sous-entendus plus tôt, et qui semblait si bien profiter hier ? Non ?*


Je pouvais sentir son cœur battre contre le mien. Les sensations de la veilles, celles là même que j'avais essayé de repoussé durant toute cette saleté de journée, couraient dans mes veines autant que dans les siennes. Elle ferma les yeux, me coupant dans l'élan dont je n'avais même pas eu conscience et me permettant de me redresser tout à fait. Mais cela n'effaçait rien... Elle me rongeait comme un verre. Elle aurait ma peau... un jour ou l'autre...

*Tu aimerais plus de liberté... mais ce n'est pas en me torturant que tu arriveras à tes fins.*

J'avais à peine entendu sa dernière phrase, restant suspendue à l'avant dernière assertion autant qu'à ses iris azurées.

~ Mais cela ne m'enlèvera rien non plus... ~ avais-je faillit susurrer, la bille débordant de moi comme le fiel d'une plaie.

Elle venait de... quémander ma présence ? De me provoquer ? De lui concéder une part de sa propre vie ? ... De lui dire qu'il ne voulait pas qu'il en ait une autre que celle là ? J'étais tendu à en rompre. Tant que j'étais près d'elle, je ne pouvais que sentir ces fers chauffés à blanc me battre comme plâtre. Encore. Et encore.

Un échos glissait au seuil de ma conscience. Une pulsation, une simple présence. Près de moi. A un endroit ou les yeux ne servaient à rien. Un flambeau illuminant l'espace d'une chaleur douce.

Crispé, oppressé, furieux, étouffant sous un poids que je n'expliquais pas plus que son comportement, je clouais ses lèvres d'un baiser, saisissant sa nuque d'un main transformée en serre avide, l'autre faisant pression sur ses reins pour la coller à moi.

Un coup de tonnerre qui n'aurait jamais du avoir lieu.
Un fragment de temps.
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Glinaina
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Lun 1 Mai 2017 - 20:02

Pour une fois, je le regardais dans les yeux. Pour une fois, je me tenais forte devant cet être, cet esprit qui je devais l'avouer était bien plus fort que moi. Pour une fois, j'étais en passe de gagner cette bataille, de lui montrer ma valeur, de lui faire comprendre que ce ne serait pas en me détruisant de l'intérieur qu'il réussirait à vivre pleinement... parce que j'avais fini par accepter sa présence, à comprendre quelle était mon erreur même si j'avais encore du mal à vouloir lui faire confiance. Pour une fois, pour la première fois même, je me confrontais à ce feu ardent ; feu qui me brûlat d'une manière bien différente à laquelle j'avais pu penser.

Nous n'étions que des esprits, pourtant nos têtes étaient proches l'une de l'autre. Très proches même. Puis tout bascula : ses lèvres se posèrent ardamment sur les miennes, ses mains se saisirent de ma nuque et de mon dos, m'enfermant entre ses bras, m'empêchant désormais tout geste demandant un minimum d'amplitude. Ma première réaction fut de vouloir me défaire de son emprise, que ce baiser n'existe pas. Mais il y avait ses bras... je sentais battre son coeur... et surtout je sentais battre mon coeur. Encore une fois, mon esprit voulait l'inverse de mon corps. Comme la veille où Ust'kor avait eu la folie de m'embrasser. Ma respiration se fit difficile, quelques larmes coulèrent sur mes joues du fait de cette contradiction qui m'habitait. Une main se posa sur le côté droit du drow sans rien faire de particulier, l'autre se fit un poing contre son épaule. Poing qui finit par se détendre jusqu'à devenir une main ouverte, main qui en une caresse vint se nicher dans les cheveux de mon double. Je n'étais plus un esprit qui réfléchissait à ses actes ; je n'écoutais plus que cette pulsion qui m'habitait depuis la cérémonie en l'honneur d'Arcam, embrassant timidement mais passionnément Ust. Quelque part au fond de moi, cachée derrière cet instinct, une émotion d'une grande force naissait.

Ô Arcam, qu'as-tu fait de moi ? Qu'as-tu fait de nous ?

Je n'étais pas la plus à mon aise, n'ayant fait que très peu de fois l'amour dans ma courte vie d'elfe - et pourtant j'avais déjà des enfants. Je ne savais pas trop comment faire, comment continuer. Alors je l'embrassais, me laissais faire, laissais mes mains le caresser dans le haut du corps, notamment dans le dos et les sur épaules.

Cette impression, cette volonté étranges...

A cet instant, la seule chose que je désirais était de rester ainsi auprès de lui.
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Ven 5 Mai 2017 - 7:29

Mon être vibrait d'une énergie nouvelle. Un rayon chaud comme la lumière de la lune lorsque je m'esquivais à la nuit tombée coulait de ses lèvres pour se glisser en moi.

De féroce et violent, le baiser se faisait avide. D'avide, il se fit langoureux. De langoureux, il devint calme et profond. Après un long moment à sa sentir explorer la surface de mon être, je reculais, serein. Mes orbes rouge sang dépourvues de réelle pupille se vrillaient dans son regard humide.

La force. La fierté... La Solitude.

Je me déversait simplement en elle, laissant échapper la vérité du fond de mon être. Nous ne communiquions plus entièrement avec des mots. Ils avaient fait place à des concepts, des ressentis, sans que nous nous soyons réellement perdu l'un en l'autre. Je percevais les dissensions entre sa raison et son instinct sans savoir si elle percevait elle-même ce que je lui offrait par delà le langage. Son être pulsait d'une étrange manière. Je continuais d'une voix douce, ma main se posa sur sa joue, ne sentant rien si ce n'était que sa présence chaleureuse dans le froid brûlant et la fournaise glaciale de mon être.

* La petite elfe retrouve goût à la vie en désirant un fantôme. Et moi je n'ai qu'elle pour me regarder. *

Mes yeux dans les siens, je me tu pendant un moment, ses mains encore nouées sur ma nuque, à mon contact. Je ne savais trop pourquoi, mais quelques mots s'échappèrent.

* Je ne suis pas de chair et de sang Glinaina. Je ne suis pas ton Glenn. Je ne suis pas notre Tortionnaire. Et je ne suis pas toi non plus. Je ne suis même pas une part de toi. Je ne le suis plus. *

Elle avait raison. Avoir peur de son contact était stupide. Avoir peur était stupide. Mais au-delà de ce qui pouvait nous unir, une idée fixe me dévorait toujours de l'intérieur.

* Je veux une vie à moi. Je veux pouvoir choisir l'endroit où je me trouve et les choses que je touche. Et tant que je ne l'aurai pas, il n'y aura rien de plus entre nous que la relation d'une Geôlière gardant un dangereux Assassin. *

Mes lèvres se posèrent sur les sienne une fois de plus, mais je me faisais bien plus doux. Un contact furtif. Puis je m'emparais de ses poignets pour les écartés de moi.

* Je veux consulter les mages de l'Aurore. Si tu me reconnais vraiment, promet moi que nous irons les voir avant la fin de l'année.*

Avec un sourire enfantin, fort d'un désir et d'une colère qui restaient le noyau de mon existence, j'ajoutais, la regardant droit dans les yeux.

* Sinon ma colère finira par te dévorer de l'intérieur, que je m'y perde ou non.*
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Sam 6 Mai 2017 - 16:29

Je posais doucement un doigt sur les lèvres d'Ust'kor, lui demandant ainsi de ne pas en dire plus. Il avait raison, d'une vérité que mon esprit ne pouvait que ressentir. Je reprenais en partie goût à la vie ; uniquement parce que je me laissais enfin guider par cet énergumène d'Arcam. Il n'était pas Glenn ; un être complètement différent qui m'avait jusque là inspiré peur et dégoût, mais que je regardais aujourd'hui comme une entité purement métaphysique qu'un partie de moi aimait. Il voulait une vie à lui ; je ne pouvais que le comprendre.

"Tu n'étais pas obligé de prononcer ta dernière phrase... Nous irons à l'Aurore et nous parlerons à Nakor. Il sait qui tu es et sera certainement celui le plus à même de t'aider."

Je déposais un doux baiser sur ses lèvres. Je ressentais ce qu'il acceptait de me transmettre, et peut-être même était-il capable de voir le conflit qui était en moi. Conflit qui s'était soudainement apaisé, me laissant pour une fois d'un calme tranquille. Nul besoin de force à ce moment, nul besoin de mots... Cette promesse qu'il me demandait, la voilà désormais faite.

Je détâchais mes lèvres des siennes et posais mon front contre celui ébène du drow, le laissant toujours tenir mes poignets. Il se passa quelques secondes pendant lesquelles mes yeux se perdirent dans les siens alors que nos souffles se mélangeaient, aussi opposés que pouvaient l'être le feu et la glace.

"Et si nous profitions du reste de la nuit pour nous reposer, avant que tu ne prennes le contrôle du corps ?"
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MessageSujet: Re: [terminé]Terreur nocturne | Solo   Dim 25 Juin 2017 - 22:34





* Le jour est à toi, Geôlière.* ricanais-je en hochant négativement la tête.

Je reculais, mettant une distance bien plus grande entre elle et moi que simplement celle séparant nos représentations dans ce monde qui mimait celui des vivants.

* Contente toi de tenir parole. * ajoutais-je avec un sourire moqueur.

Je me tendais intérieurement, refusant de céder à ces pulsions contradictoires qui me donnaient autant envie de la voir se tordre de douleur à mes pieds que de la protéger la plus petite menace extérieure. Alors que je dissipais toute trace de ma présence à ses yeux, une pensée pour l'état de Glenn me fit flamber plus fort encore. Celui-là ferait mieux de ne jamais se réveiller... Mais je n'avais encore rien de ce qu'il adviendrait dans les jours suivants.
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