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 Vélin serramirois

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Vélin serramirois   Lun 20 Fév 2017 - 13:07

D'un beau matin, illustrant tant toute sa plénitude les délices que pouvait offrir le berthildois, c'est à dire des torrents de pluie sur un lit de boue, un messager s'en vint, tout crotté, au devant de la marmoréenne Cantharel. Après s'être réchauffé, et avoir englouti un brouet capiteux, l'homme, arborant ses souliers souillés au delà du respectable, remit sans attendre un épais vélin, gardé précieusement sous son pardessus détrempé, aux enseignes du jeune Saint-Aimé. Le message était scellé par nulles autres armoiries que celles au corbin des Brochant, et s'adressait à Louis en ces termes :

Citation :
À son Excellence Louis, marquis de Sainte-Berthilde, et seigneur de Saint-Aîmé,

Au 9ème jour de la 5ème énéade de Barkios, à la 9ème année de notre cycle,

Bon seigneur, c'est non sans joie que j'ai appris votre ralliement à notre Roy Bohémond, ainsi que je vous l'avais conseillé tantôt, et non sans tristesse que j'ai appris l'avanie dont son Chancelier vous avait fait la victime. Il n'est autre marquis légitime du berthildois que vous même, et sachez que vous trouverez en moi un allié certain.

Je ne saurais que trop vous mettre en garde contre le Chancelier Cléophas. L'homme, en prétendant servir le Roy, n'a que trop mal défendu sa cause, abandonnant Diantra aux ligards, et remettant les clefs du Royaume à une estréventine, mais en revanche, n'a que trop bien servi ses propres intérêts. Lui qui s'est fait prince et régent de sa seule volonté profite aujourd'hui de l'animosité de vos vassaux, que je suppute d'avoir lui-même instillé, pour vous léser de vos biens légitimes, et exiger en échange que vous le serviez ni plus ni moins comme mercenaire.

Cependant, si me je défie du Mervallois, je conspue tout autant les félons ligards. Aussi, sachez cela : dès le printemps venu, j'entends porter les armes sur les terres du Médian, et reconquérir Diantra au nom du Roy. On vous dit homme d'honneur, cher ami, et j'espérais vous voir vous rallier à moi dans cette guerre ; non en tant que porte-glaive du Chancelier, mais en tant qu'homme du Nord, libre et de bonne vertu. Si, comme je le crois, vous êtes épris de justice, alors me rejoindrez vous, car cette guerre est non seulement nécessaire, mais avant tout juste.

Que la Damedieu vous garde,

Aymeric de Brochant, marquis de Serramire.

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Vélin serramirois   Mar 21 Fév 2017 - 19:28





Et pendant que certains maudissaient corps et âme cette malementeuse de flotte, d’autres tirait d’elle tout ce qu’elle avait de meilleur à offrir ; de la boue, ainsi que de la gadoue en abondance.

« Sang-Dieu! La perte de votre paternel vous aurait-il fait fol dingo? » Cria le mestre d’arme, détrempé comme un torchon qui coulerait au fond du loch, le souffle compendieux et la mine dépitée. Maladroitement, le mestre d’arme entamait une passe d’arme avec le jeune faon, s’empêtrant les petons dans une marre de fange. « Rahh! Quel temps de chiabrena! L’idée aussi, de croiser le l’acier alors que le ciel menace de s’écraser sur notre carafe! » Chouina l’homme qui, du premier coup d’œil, semblait avoir fait des alluvions son nouvel harnois, tant il avait pataugé dans la vase.

« Quel piètre mestre d’arme faites-vous, à calomnier de la sorte et à giguedouiller aussi gauchement! Votre père, du temps qu’il m’enseigna à guerroyer, m’inculqua l’importance du rôle que joue le terrain sur les chances de vaincre. Le jour viendra où les fantassins devront tenir la ligne, et ce jour-là, qui alors saurait deviner ce que nous préserve la DameDieu? L’envie de trépasser car tu perdis l’équilibre et tomba margoulette première saurait-elle te plaire, mmh? » Lança le fougueux Louis, débordant d’une énergie renouvelée, alors qu’il trouvait aisément le dessus sur son compagnon. Bêcher ainsi que labourer la terre, beau temps mauvais temps pour le petit peuple, payait finalement.

Les coups s’échangèrent, et bien que le duo fasse piètre démonstration d’adresse, l’étendue de leur résilience s’exprima aux nombreux spectateurs qui, sous le confort d’un vaste appentis, admiraient le spectacle. Entre deux tintement d’acier, un coursier arriva en toute hâte en jouant de l’épaule au travers l’auditoire pour s’exprimer sans gêne ni autres cérémonies :
« Monseigneur! Une missive en provenance de son Excellence, le Marquis de Serramire! »

Nulle besoin de vous dire que le boléro armé cessa du tac au tac, et que Louis s’approcha du coursier pour s’approprier la lettre. Il admira le sceau à l’effigie du corbac, authentique et intacte. Sans se retourner, il confia son épée au premier venu puis quitta les lieux sans autres avertissements. Bien qu’à son départ, il ordonna qu’on lui apporte des pelures plus confortables, mais surtout, plus sèches. Arrivé à une chambrette emménagée et dédiée à la rédaction et aux leçons de lecture, le jeune faon se saisit d’un écussonnoir et décacheta la dépêche. Il en fit la lecture, encore, encore et encore. Et c’est précisément à cet instant, que le poids de ses prérogatives de Marquis, ou de Régent –c’était selon-, venaient de s’appesantir sur ses juvéniles épaules. Jusqu’à maintenant, certes, quelques décisions lui étaient revenues, mais il sentit par la sollicitation d’Aymeric, un homme en qui Cléophas lui avait conseillé de tenir à l’œil, tout le poids de ses responsabilités.

Concentré, il barbouilla nombres d’ébauches et de brouillons, constatant durement comme son adresse à l’écriture était déficiente. Éclairé par une chandelle d’un éclairage assez mièvre, Louis s’affaira à la tâche durant plus de deux heures pour coucher sur papier une réponse finale.



Au 8ème jour de la 6ème énéade de Barkios, du 11ème cycle.


Vous, Marquis de Serramire et Seigneur de Brochant,
Moi, Régent de Sainte-Berthilde, Seigneur de Saint-Aimé, de la Toranne, et d’Érignac, vous salue respectueusement et humblement.

Mon allégeance au Roy ne fût jamais autrement que celle que je témoignai, totale et irréfutable, lorsqu’on défiât les Saint-Aimés afin de connaître à quel homme ma famille ployait le genou. Aussi vous témoignerais-je qu’il est bon et doux de savoir Sainte-Berthilde épaulée par Serramire, alors que les maux qui lui pèsent semblent s’acharner sur elle.

Quant à vos recommandations face au Régent du Royaume, cela ne saurait vous étonner j’en suis persuadé, si je vous annonçais ici et maintenant que vous n’étiez point premier à m’en prévenir. Quelques proches genses admonestèrent pis encore que vos mots à son sujet, je vous rassure. Ce jourd’hui, je crois être suffisamment mûr pour pouvoir m’en faire une lucide idée ; c’est là le seul moyen pour moi de me sortir de cette impasse que me plongeât mon paternel de son vivant, en me tenant loin de la politique.

Quant à cette mascarade qu’accueillit Cantharel, lors des pourparlers avec le Mervallois, je vous le concède, ce fripon s’est donné à cœur joie pour gâter l’image de ma lignée. Et je ne peux vous le cacher, bien qu’humblement j’ai dompté l’idée de régenter le Berthildois, je détiens toujours une rancœur qui se voit enfler par ce grotesque personnage à mesure que je me ressasse le souvenir de cette supercherie. Son égocentrisme exubérant m’accable pesamment, mais pis encore, ses volages exigences m’ont écœurées à outrance. Car oui, mon bon Seigneur, contrairement aux primes paroles du Régent, le temps n’est plus au fer ni à l’acier, mais aux pourparlers. Ce dernier compte se rendre au noyau des tourments de la péninsule afin d’y engager les négoces de leur reddition …

Je ne peux honnêtement point blâmer une telle tentative ; la fame et le fillot ont tous droit de garder avec eux leur père. Avec la guerre, vous le savez fort bien mieux que moi, des milliers de vies sont en jeux, du misérable à l’argenteux, tous pourraient voir leurs destins menacés par les relents d’une telle entreprise. Et si la diplomatie peut épargner que le sang du pauvre monde tapisse d’écarlate le sol des citées, alors je prierai pour qu’un miracle survienne et que la Ligue s’éparpille comme le ferait une fourmilière paniquée, alors qu’une botte menace de s’écraser sur elle.

Jeune, je le suis, mais je n’en suis pas moins réaliste. Les probabilités qu’un tel événement se produise relève du miracle, comme je l’ai mentionné plus tôt. Et bien qu’un tel acte divin puisse se manifester, je ne puis tolérer que ces félons s’en tire à si bon compte, même s’ils embrassent l’idée de rentrer dans le rang. Si Sainte-Berthilde s’est vu mettre en punition lorsqu’elle revint sous les bannières du Roy, alors autant vous laisser imaginer le sort qui devrait être réservé à la Ligue. Enfin, comme vous sollicitez ma présence sur les champs d’honneur, et que vous désirez connaître ma position officielle ; sachez que Sainte-Berthilde affile ses haches et polit ses pavois, car avant la fonte des neiges, si l’efficacité de la diplomatie se voyait compromise et que ces grippeminauds du Médian ne payait le prix fort de leurs prévarications, nous entrerons en guerre.

Une guerre au nom de la justice, du bien, et du Roy.

Soyez béni, Aymeric de Brochant.



Louis de Saint-Aimé, Régent de Sainte-Berthilde








Entre-temps, Louis avait déposé sur son lumignon un saucier auquel il faisait chauffer la croupe pour ramollir la cire qu’elle contenait. Il plia soigneusement la dépêche, fit pencher le tiède contenant et embrassa la flaque de son jonc aux armoiries des Saint-Aimés. La nuitée n’eut pas temps d’arriver, que la réponse au Marquis était déjà en voie d’être livrée.



Dernière édition par Louis de Saint-Aimé le Mar 28 Fév 2017 - 17:24, édité 2 fois
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Vélin serramirois   Ven 24 Fév 2017 - 18:17

Il ne fallut pas plus d'une énéade pour que la réponse d'un marquis en parvienne à un autre. Décachetant la missive, Aymeric put alors découvrir pour la première fois l'écriture du jeune Louis de Saint-Aimé. Ou du moins le supposait-il : la patte y semblait tremblante, guère l’œuvre d'un clerc (ou alors d'un fort vieux, et bien abimé) ; les formules étaient obsolètes, peut-être susurrées à l'oreille par l’aïeul du nouveau seigneur, dont on disait qu'il était sorti de ses fiefs à la mort de Godfroy, pour prendre une place importante à la cour de Cantharel.

Faisant mander plumer, vélin et encrier, le marquis, entre une séance d'étude aux côtés de ses jeunes pupilles, et une revue militaire en compagnie de son frère et nouveau sénéchal, entreprit le jour même de répondre à son voisin :

Citation :
À son Excellence Louis, marquis de Sainte-Berthilde, et seigneur de Saint-Aîmé,

Au 6ème jour de la 7ème énéade de Barkios, à la 9ème année de notre cycle,

Bon sire, cher ami, l'heur m'emporte à la lecture de vos mots. Je gage qu'en votre personne, le berthildois ait trouvé un seigneur juste et vertueux, et la malice du Chancelier à attiser vos vassaux contre vous me semble dès lors d'autant plus détestable. Que la malepeste l'emporte! Chaque jour passe un peu plus où nous autres bons sires du Nord devons assister impuissants à ses avanies, si bien que je n'en puis plus.

Ce drôle a trop longtemps profité de nos faiblesses pour accroitre son emprise sur le Royaume. Quand notre pays était en proie à la guerre contre les rebelles et les puysards, il a grandement profité de cette absence pour prospérer. Aujourd'hui, vous me dites qu'il entend jouir de notre force retrouvée pour s'octroyer à lui seul le fruit des déboires de la Ligue : c'en est trop.

Comprenez moi bien, cher ami : les ligards ne déposeront les armes par la seule volonté du Chancelier, ni la force suderone. La seule chose qui puisse leur cause de mauvaise nuit est bel et bien nos armées, populeuses, et demain prêtes à marcher sur leurs terres de félonie. C'est par nous seul que le Roy peut espérer retrouver ses fiefs, et non par la parole sybilline de son Chancelier.

Vous même l'avez dit : la guerre que ce dernier tente d'empêcher est une guerre juste et bonne, aussi, s'y opposer rend l'homme mauvais et inique. Fort heureusement, vous ne partagez pas ces réticences à la lutte, et en cela, je loue votre bravoure. Sachez donc que je vous convie, vous et les vôtres, dans ma cité, aux derniers jours de l'automne. Je désirerais m'entretenir avec vous, quant au juste conflit que le printemps nous réserve.

Que la Damedieu vous garde,

Aymeric de Brochant, marquis de Serramire.
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MessageSujet: Re: Vélin serramirois   Mar 28 Fév 2017 - 18:30







Daté du 8ième jour de la 8ième ennéade de Barkios, à la 9ième année du 11ième cycle,


À son excellence Aymeric, Marquis de Serramire,


Vaillant seigneur, mon ami, ce dernier vélin transporté en toute hâte a su tirer de notre sombre mine le premier de ses sourires depuis belle lurette. À la lumière de ces mots pesants de sens, je peux odir correctement la colère qui vous habite. Ce sentiment d’impuissance face à un homme qui se terre sous un voile de bienveillance, de droiture et justice, m’harasse et me rend d’autant plus atrabilaire.

Je ne peux vous masquer que j’entretiens des réserves quant aux chances de réussite de cette entreprise diplomatique, mais que je ne peux qu’en espérer le succès. Certes, votre verve au sujet de la guerre est inspirante, mais gardons toujours en tête que des vies pourraient être épargnées, que le petit peuple souffrira d’avoir fauté d’être né au mauvais endroit. Point de têtes fichées en pal, point de joncs pelés et nulles personnes autres que les coupables, les vrais, portés en grevance. En ces conséquentes négoces, vos genses comme les miennes pourraient s’éviter la mortaille et rejoindre leur famille afin de prospérer comme le désire le commun de la piétaille. N’omettez jamais ces réalités qui souventefois furent les vôtres, car il n’est point plus honorable que d’épargner la vie des pauvres, et vous le savez.

En revanche, cette entreprise que dirige le Mervallois, est fort bien utopique. J’imagine mal ces grippeminauds se rendre aussi bêtement après tout ce qu’ils ont eu le courage –ou la folie- de faire subir au Royaume. Alors mon ami, oui, c’est avec le plus grand des honneurs et d’une joie certaine, que j'acceptes humblement votre invitation. Pour les jours finaux de l’automne, nous visiterons la prospère et puissante Serramire dans l’idée d’entretenir ces liens naissants d’amitié, qui nous unissent, ainsi qu'a poursuivre cette discussion.

Nous espérons la paix, mais préparons la guerre.

Doux sire, je vous recommande à la dextre de la DameDieu,



Louis de Saint-Aimé, Régent de Sainte-Berthilde




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