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 La loi des hommes et le joug d'une femme

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Ernest de Missède
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MessageSujet: La loi des hommes et le joug d'une femme   Lun 20 Fév 2017 - 23:35


2ème jour de la 4ème ennéade de Bàrkios
Automne de l'an 9 du XIe Cycle

La tradition voulait que la cour exceptionnelle se réunisse dans la salle du trône du palais. Le trône en question était juché au sommet de neuf marches de pierres grises. La première d’entre-elles se détachait clairement des autres d’une couleur différente ; plus blanche, la légende racontait qu’elle avait été façonnée à partir des pierres d’Armonvent sous les ordres vindicatifs du baron Viktor I de Missède après l’unification des terres missèdoises. Pour le reste, les formidables sculptures des salamandres couronnées, cracheuses de feu, ornaient les murs de cette salle aux allures de cathédrale. Les fauteuils de bois des trois procureurs avaient été alignés au pied des marches du trône du Comte qui resterait notoirement vide pour l’occasion. À la gauche du celui-ci, les sièges des membres du conseil, à sa droite ceux des vassaux du Comté ; et enfin, en face, deux autres chaises avaient été placées à bonne distance l’une de l’autre, l’une pour Arnaut de Laval, l’autre pour la demoiselle de Beaurivages. L’audience se tiendrait à huis clos et la grandeur renversante de ces lieux n’accueillerait que les dix individus qui y avaient été expressément conviés.

Dehors, la rosée couvrait encore les plantes de cette cour intérieure où le soleil venait tout juste de déverser ses premiers rayons. C’était dans ce petit jardin du palais, à quelques pas seulement de la salle du trône, qu’Ernest et Cécilie s’étaient donné rendez-vous. L’audience devait avoir lieu dans moins d’une heure et les environs se paraient d’une touffeur pesante. Ernest se tenait là, près de la fontaine centrale, les mains jointes derrière le dos, les yeux clos, et le menton tourné vers le ciel, baignant son visage dans la lumière naissante de l’astre du jour. Il avait commencé à prier mais, bientôt, son esprit se vida de toute pensée et un silence angoissant l’assaillit. Finalement, Elmure, campé de toute son immensité dans un coin de la cour, se racla la gorge pour signaler à son seigneur et maître l’arrivée de la demoiselle de Beaurivages. Ernest se retourna aussitôt et salua la jeune femme. Dans sa lettre qui était arrivée tard dans la nuit, elle lui avait demandé de trouver la bienveillance de lui pardonner en sus de l’inviter à entreprendre d’ultimes discussions avant que la cour comtale ne se réunisse. Il avait embrassé ces deux requêtes positivement. Invitant d’abord l’héritière de Beaurivages à s’asseoir sur un des nombreux bancs de pierre de ce pourpris à ciel ouvert, Ernest dit finalement avec mansuétude : « J’espère que la nuit, aussi courte fut-elle, a su vous gratifier d’un peu de cette précieuse vigueur dont elle a le secret et qui nous sera utile à tous au vu de la journée qui s’annonce. Est-il possible qu’elle ait aussi conçu en vous de nouvelles questions à mon encontre ou quoi que ce soit dont vous souhaiteriez me fait part sans attendre ? »

 


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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Mar 21 Fév 2017 - 21:50

<< Fureur et TremblementTable Rase >>

La nuit avait été inespérément longue après que la réponse du jeune seigneur d'Ethin soit arrivée au manoir. Après un temps incalculable passé à réfléchir, Cécilie avait fini par trouver le sommeil, glanant quelques heures d'un repos sans rêve sans même le concours de médecines. Le matin avait même été difficile à supporter... Mais c'était malgré tout aussi réveillée que possible que la jeune femme était arrivée au Palais un peu avant son paternel, accompagnée d'une garde propre à satisfaire Jindanor.

L'air froid de cet automne annonçait de plus en plus clairement un hiver qui avait toutes les chances de ne pas être clément. Pourtant, la cour abritée du vent était encore relativement agréable. C'est vêtue à la mode Rivegeoise que Cécilie avait décidé de se présenter au conseil, ses amples manches gris clair couvrant ses mains blanches, son lourd mantel traditionnel protégeant des températures saisonnières. Une tenue à la fois élégante et particulièrement sobre sur laquelle ressortait la broche florale d'or, de vermeil et de rouge qui fermait sa capeline.

Au final, elle n'avait pas envoyer de lettre à son mari. Cela n'aurait servit a rien jusque l'audience était en ce jour même. Mais elle n'était pas sûre qu'elle aurait agi autrement si l'audience avait été repoussée... Et elle était bien heureuse de ne pas avoir à trancher la question.

La rosée avait fait monter cette odeur d'humus caractéristique de l'automne dans le jardin. De mort, d'eau et de froid collant qui préparait le sommeil de la nature pour les mois à suivre. L'homme qui l'avait conduite en ces lieux s'éloigna quelque peu. Pour où ? Pour quoi ? Elle n'en avait pas la plus petite idée et n'y prêtait qu'une attention distraite qui revenait plus du réflexe que de la volonté.

Elle gouttait avec plaisir l'air qui glissait dans sa gorge alors que le jeune seigneur la saluait. L'endroit lui semblait encore paisible malgré tout ce qui allait suivre. Plus que la plupart des lieux dans lesquels elle avait du faire face à de bien plus funestes débats... Après tout qu'étaient les délibérations du jour sinon une question de confort... Elle tentait bien maladroitement de se convaincre en s'accrochant mentalement à la seule et unique chose qui lui semblait pour l'instant immuable : la présence d'un chevalier qui ne la quitterait pas, peu importait son rang, son titre ou la reconnaissance qu'on lui accordait. Et ne serait-ce que pour en arriver à un tel résultat... Elle s'était battu contre elle même à grand renfort de rejet, de colère, d'angoisse et de peur. Elle savait devoir lâché prise d'une certaine façon. Mettre de côté une part de sa passion pour ne pas se laisser engloutir par le jeu politique qui allait suivre et dans lequel elle n'était pas encore certaine de différencier les pions des joueurs eux même. Car aussi cruel que soit ce jeu, il n'en restait pas moins un jeu. Connaître les règles et accepter également défaite ou victoire lui serait bien plus utile que toute forme de revendication...

Elle suivit l'invitation du jeune homme et s'assit à son côté.

« Hélas j'ai l'impression qu'elle ne m'a pas été plus favorable qu'à vous, mais ce n'est pas d'une grande importance. Je vous remercie d'avoir proposer ce nouveau rendez-vous. »
entama-t-elle sur un sourire amical « Je pense que vous pouvez imaginer sans peine qu'il me reste au bas mots des dizaines de questions. Mais elles paraîtraient aussi indues que les précédentes, aussi je préfère m'abstenir. »

Cela n'était pas forcément la façon la plus... frappante de remettre les compteurs à zéro, mais elle se refusait à jouer d'une hypocrisie et d'une lâcheté intellectuelle à ce point visible envers un homme qu'elle cherchait encore à cerner.

« A vrai dire il y a tant de questions que j'aimerai posé à tant de gens que je m'y perd moi-même... Alors je vous en prie. Posez les vôtres si vous en avez encore. » après leur dernier entretien, elle avait comme un doute sur leur existence, quel que soit le sujet. Mais elle y répondrait avec plaisir, aussi étonnant que cela puisse paraître.


Dernière édition par Cécilie de Missède le Lun 7 Aoû 2017 - 13:09, édité 2 fois
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Sam 25 Fév 2017 - 5:21




Ernest sourit. Le fait est que la nuit lui avait été bien plus favorable qu’elle ne le paraissait ; car s’il était resté insensible aux douces caresses du sommeil, le jeune homme n’avait pour autant guère sorgué en blanc. En effet, lorsqu’au cœur de la nuit, la lettre de la demoiselle de Beaurivages s’était faufilée à travers les rues de Missède et jusqu’à la propriété familiale des seigneurs du Rocher, Ernest se trouvait alors sur le toit du corps de logis. Les fraîcheurs nocturnes avaient poussé la valetaille à y faire monter maintes fourrures et chaudes pelisses. Mais c’était surtout la gnôle qu’avait apportée Roland qui enveloppa les deux hommes dans des pardessus d’ivresse, les laissant ainsi impassibles face aux bourrades de la rude brise qui balayait la petite terrasse où ils étaient venus se percher. L’amitié d’Ernest et de Roland de Valmu remontait aux premières années de leur formation au sein des Vertueux. Issu d’une petite mais fameuse famille fieffée d’Ybaen, Roland avait toutes les qualités du preux chevalier et ses exploits à la joute étaient connus par-delà les frontières du Comté. Lui, Ernest et Alden de Béjarry nouèrent des liens étroits à l’époque où tous trois furent en poste à Missède. À la nomination d’Ernest au poste de gouverneur militaire d’Isgaard, celui-ci insista à plusieurs reprises auprès du Comte pour que Roland soit muté dans le delta ; en vain, Théobald lui avait discrètement fait comprendre qu’il subissait des pressions de la famille de Valmu qui ne souhaitait voir leur fils embarquer pour l’hasardeuse enclave missèdoise. Ainsi, Roland fut séparé de ses deux frères d’arme et ne sut jamais ce qui avait fait obstacle à son affectation à Isgaard. Depuis peu, en tant que lieutenant de section, il se trouvait en poste à Edelys où il avait la charge des troupes missèdoises déployées dans la région du Garnaad. Sa présence dans la capitale du Comté résultait de la récente décision de la Duchesse qu’il se devra de rapporter au sein de la baronnie dès le lendemain du conseil.

 

Texte?

« Vas-tu finir par me dire ce qu’il s’est passé à Isgaard ? demanda Roland en revenant à la charge. Ernest secoua la tête de gauche à droite avant de se rincer le fond de la gorge de cette eau-de-vie en grains dégueulasse. C’est Alden ? Hein ? Ernest lança un regard noir au visage goguenard de son ancien frère d’arme avant de se replonger dans la contemplation de la ville endormie dont ils avaient une vue surplombante du haut de la terrasse. Roland pouffa derrière sa moustache. Évidemment que c’est Alden. À la Loge vous aviez déjà la fâcheuse tendance à vous comporter comme d’ineptes donzelles… La griserie n’entrava en rien la prestesse du seigneur d’Ethin et Roland évita de justesse la bouteille de verre qui alla se fracasser un peu plus loin. Elle avait intérêt d’être vide celle-là. Ils croulèrent de rire.
- C’est Alden, admit finalement Ernest en se rajustant dans l’épais nid de fourrures qu’il s’était fait à même le sol.
- Il t’en veut ? demanda Roland en sortant une nouvelle bouteille de bistouille, pleine, celle-là.
- J’ai raccourci son père, son frère et sa mère. Il a de quoi.
- Ils l'avait quasiment renié. Et puis, c'est leur félonie qui leur a apporté la mort.
- Mais c’est de ma main qu’ils…
- La Main de la Justice, interrompit Roland. Pas la tienne.
Ernest resta silencieux. Si la vertu éthinienne enseignait de tuer l’homme pour faire naître le seigneur, la pratique se voulait bien plus compliquée. Pour autant, ce n’étaient pas des remords qui le préoccupaient lorsqu’il repensait aux évènements de Rivelmon, mais plutôt un sentiment d’embarras, résultat de la gaucherie innocente de celui qui apprend tout en devant prouver qu’il sait. Bientôt, le silence de la terrasse fut troublé par un barouf sans-nom provenant du petit escalier en colimaçon qui donnait accès au toit du corps du logis.
- Les marches sont traitres, dit simplement Ernest en voyant Roland s’interroger.
Une servante émergea de la trappe ouverte. Sa respiration poussive laissait deviner qu’elle avait dû dévaler quelques marches en moitié moins de temps qu’il ne lui en avait fallu pour les monter.
Monseigneur ? appela-t-elle en murmurant dans la nuit. Monseigneur, où êtes-vous ?
- Ici, répondit Ernest avec désinvolture. L’alcool avait pris en otage ses manières de gentilhomme.
La jeune femme s’approcha à pas feutré jusqu’à ce qu’un crissement au sol laissa échapper de sa bouche un juron particulièrement poissard.
- Attention, y a du verre, dit Roland, railleur. Sa Seigneurie ne sait pas viser.
- Une lettre, monseigneur. Elle est arrivée à l'instant.
- Il est tard pour recevoir des lettres, dit Ernest en saisissant le bout de papier des mains frileuses de la servante. Il est tout aussi tard pour les lire, vous m’avez apporté une bougie ?
- Je… Oui, monseigneur. Mais j’ai chu. Et je l’ai perdue dans l’escalier.
Emmitouflé dans son tas de fourrures, Roland se gaussait de la scène.
- Je ne vois même pas le bout de votre nez dans cette obscurité, qu’est-ce que vous voulez que je fasse de cette lettre ? demanda Ernest, passablement irrité.
- Moi, je le vois très bien le bout de son nez, rétorqua Roland alors qu’il fixait la bouteille de gnôle. Je peux faire la lecture à Sa Seigneurie, si cela lui sied.
- Je vais trouver la bougie, dit la jeune femme en tournant sur ses talons avant de laisser échapper un nouveau juron.
- Y a du verre, dit Ernest.
- Elle en connait des choses, la petite, commenta Roland.
- Mes excuses, monseigneur, je vais…
- Non, on se débrouillera. Allez vous coucher ou on risque de tous se retrouver à quatre pattes en quête de votre petit orteil. »



Ernest s’extirpa du tas de peau où il était avachi et tituba avant de trouver son équilibre. Aussitôt debout, le tord-boyaux lui monta à la tête. Dans une éructation forcée, Roland le rejoignit près de la balustrade du toit et tous deux se mirent à la tâche de décrypter le message à la faible lumière des astres de la nuit. « J’espère que… que… que vous… commença Ernest.
- … que… vous ne garderez pas… continua Roland.
- … que vous ne garderez pas longtemps raclure.
- Rancune, corrigea le moustachu.
- …rancune… que vous ne garderez pas longtemps rancune.
Après de longues minutes de lecture à quatre yeux éméchés et deux bouches en brindezingue, les deux Vertueux, fleurons de l’armée missèdoise, arrivèrent à la fin de la lettre.  
- Les Cinq vous gardent malgré tout et pisse Néera…
- Elle a écrit pisse Néera ? s’interrogea Ernest.
- Pisse Néera… Puisse ! Puisse ! Elle a… C’est ses u, ils sont… Pisse Néera vous…
- Puisse Néera vous aider… à trouver la… la bienveillance… de me pardonner.
Le message finalement décrypté, Ernest le fourra dans sa proche et se remit à boire.
- Tu en penses quoi ? demanda Roland. Ernest lui lança un regard interrogeant. D’elle. Tu en penses quoi d’elle ?
Ernest soupira pour toute réponse.
- J’avais sous-estimé son histoire, finit-il par dire.
- Les rumeurs sont vraies ?
Le seigneur d’Ethin haussa les épaules.
- Tout semble la condamner à se faire transbahuter d’un homme à un autre.
- Les femmes ont toujours excité ta commisération. C’est bien pour ça que tu n’as jamais su les aimer. Prends-la, ou un autre s’en chargera.
- Missède a besoin d’un pouvoir fort, surtout après ce qui est arrivé à Théobald; sans parler de Langehack. À croire que le sopor des têtes couronnées est à la mode.
- Tu es fort, rétorqua Roland.
- Non ! s’emporta presque Ernest. Non, je ne le suis pas. Je ne suis et ne resterai toujours qu’un Vertueux, un Garde de la Bibliothèque, un soldat avant tout. Le couronne du Rocher me presse déjà tellement le caberlot, celle du Comté achèvera de me le broyer. Je ne saurai porter ce fardeau seul.
- Pourquoi es-tu aussi certain que c’est elle qu’il te faut ? La fille de la Faviar ferait l’affaire. Elle a aussi l’avantage de ne pas être mariée et est exempte de toute félonie.  
- Je n’ai aucune certitude. Je croyais que… Mais je ne sais plus.
La rencontre avec la demoiselle de Beaurivages n’avait finalement été que source de confusions et Ernest, d’un naturel pourtant pugnace, en était sorti des doutes plein les poches.
- Admettons que la cour annule son mariage, elle s’en trouvera couverte de parjure. Tu ne peux prendre pour épouse une félonne de la sorte.
- Le pouvoir comtal la lavera de toute forfaiture.
- Mais Théobald ne… commença Roland avant de comprendre. Toi ? Tu lui pardonneras toi-même avant de la prendre pour épouse ?
- Tout cela n’a plus d’importance. Elle ne me fait pas confiance.
- Ça te surprend ?
- Non. Elle a raison. Le contraire aurait fait état d’un défaut d’intelligence. Malheureusement, j’ai le sentiment que nous aurions pu discuter des jours et des nuits sans que cette suspicion ne se dissipe. La situation renferme tellement de subtilités. Pourquoi me ferait-elle confiance alors qu’elle se méfie même de son propre père ?
- Penses-tu qu’elle subisse son influence ? Ou celle de son époux ?
- Non, dit Ernest après un moment de réflexion. Non, elle est à la dérive et trop inquiète pour s’amarrer à un quelconque port d’attache.
- Dans ce cas, penses-tu qu’elle soit vraiment la force dont tu crois avoir besoin ?
- Elle est toujours à flot, malgré la houle infernale et son tangage déroutant. Nombreuses sont celles qui auraient déjà sanci.
- Donne-lui ce qu’elle veut et elle mouillera peut-être à bon port, dit Roland avec un large sourire qui exprimait toute la fierté de ses allusions égrillardes.
Ernest ignora le sous-entendu.
- Si seulement je savais ce qu’elle désirait au plus profond d’elle-même.
- Oh, si c’est une question d’aller en profondeur, tu sais bien que je me porte volontaire, répondit Roland en continuant sur sa lancée. La nature m’a doté du matériel de labour nécessaire.
- La question du nom de la lignée semblait particulièrement la troubler, dit Ernest, pensif. La possibilité que celle d’Ethin s’impose à celle de Beaurivages la préoccupait. Encore une fois, elle avait bien raison.
Plusieurs minutes de silence s’écoulèrent au cours desquelles la brise vint ragaillardir les corps des deux hommes.  
- Fondez-en une nouvelle, dit finalement Roland. Donnez naissance à une nouvelle lignée et abandonnez vos noms.
- Une nouvelle lignée ? contempla Ernest. Cela ne ferait que repousser le problème à plus tard. Qu’arrivera-t-il si elle venait à s’éteindre ?
- À travers votre union, les de Laval et les d’Ethin ne formeront plus qu’une seule et même famille, non ? Si vous veniez à calancher sans laisser de chiard, les coutumes de la primogéniture stricte en vigueur à Missède s’appliqueraient. Le plus proche de vos parents vous succèdera et, s’ils ne peuvent être départagés sur ce critère, le droit d’ainesse prévaudra. L’affaire est réglée.
Cette idée acheva de dégriser Ernest. Les plis de son front apparurent comme autant de vagues sur l’Eris en temps de tempête. Son esprit s’empressait à considérer cette éventualité mais devait d’abord se dépêtrer des entraves de la gnôle.
- La couronne t’a rendu tellement solennelle, Ernest, dit finalement Roland en montant sur la balustrade avant de baisser ses bas et de pisser au vent. Une douleur luit dans tes yeux à chaque instant et consume ton insouciance à petit feux. N’oublie pas de vivre. Avec un certain engouement, Ernest le rejoignit sur le petit muret et prit part à son tour au compissage des jardins du domaine en contre-bas. Mes excuses, Votre Seigneurie, j’ai la mémoire courte. J’avais oublié que vous étiez doté de tout ce qu’il faut et bien plus en matière d’hersage. » Cette nuit-là Roland tira toute sa fierté du franc sourire qu’il avait finalement réussi à arracher à son ancien frère d’arme ; il ne se doutait pas qu’il avait accompli plus encore.



Assis aux côtés de la demoiselle de Beaurivages, Ernest sentit monter en lui une frénésie de la dernière chance. « J’ai bien peur que l’heure ne soit plus aux questions, répondit-il. Ainsi, je souhaite vous apportez une réponse qui, si elle ne déliera pas tout, je vous l’accorde, aura le mérite, je l’espère, de vous apporter la preuve de ce qui m’anime en toute chose. Hier, vous m’avez demandé sous quel nom serait scellée notre union ; celui de votre famille ou, plus naturellement, celui de la mienne. Vous aviez raison, l’un comme l’autre ne reviendrait qu’à bander un membre déjà putréfié. Notre alliance devrait amener une renaissance et pour cela nous devons nous défaire de ce qui ne saurait être sauvé. Un nouveau nom et une nouvelle lignée issue de l’union des héritiers des deux familles légitimes à la succession, voilà ce que je vous propose, voilà ce que nous pouvons offrir à Missède. »  


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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Jeu 2 Mar 2017 - 21:21

Le sourire mesuré de la jeune femme s'étira Ainsi les premiers emportements de cet hommes n'avaient pas signé l'arrêt de ses réflexions... D'un côté, il revenait mine de rien sur les amabilités qu'il lui avait lancé au visage en retirant sa prime proposition d'alliance, parlant de ses doigts crochus et de la bassesse de son sang, De l'autre, il adoucissait son propos. D'autres auraient put en être réellement offusqué après des éclats si véhéments. Mais l'orgueil personnel était sûrement la première cause de colère et de conflits, quelque soit l'âge ou la naissance et cela faisait bien longtemps que celui de la jeune dame avait été mis à mal par nombres de murmures et de réflexions. Il n'y avait là qu'à voir les faits. Et ils étaient digne d'intérêts.

« C'est en effet un beau présent à offrir au Comté. » répondit-elle sincèrement « Et si le choix était entièrement mien, j'y répondrai sans doute favorablement. Mais comme je vous l'ai dit, cela ne change pas le fait que je sois mariée devant les Dieux. C'est un serment que le Conseil ne peut défaire. On peu me priver de mes droits et de mes titres, mais défaire à la place de la Haute-Prêtresse un lien qu'elle a elle-même noué n'est pas encore dans ses attributions. Et il en irait de même du Comte.
Votre proposition permettrait une stabilisation interne durable… Mais déclencherait également un malaise important avec Nelen qui représente notre meilleur accès à Thaar. Accès qui nous est garanti par mon mariage. Mon mari a de nombreuses connaissances au Soltaar et même si une guerre frontale n'est pas forcément à redouter, nous pourrions souffrir d'une opposition bien plus subtile. J'ai entendu la raison pour laquelle vous voulez que ce soit moi et nulle autre… mais j'ai du mal à … intégrer que le jeu en vaut malgré tout la chandelle à vos yeux…  »


Ce n'était certainement pas la seule chose qui pesait sur la corde raide sur laquelle elle se tenait debout… mais c'était déjà un bon point d'interrogation… Rose aurait été là, elle aurait put parier entendre sa respiration disparaître rien qu'à l'évocation de ces problèmes de mariage. Il y en avait déjà trop eu et elle et sa mère en avait déjà trop fait les frais… un peu plus et Arnaut risquait de passer à l'acte en les faisant marquer et en les congédiant l'une et l'autre. De plus, la jeune femme ne s'attendait pas vraiment à se voir renouveler cette proposition.

« Je pourrais vous promettre monts et merveilles mais mon avis sur l'importance de l'honnêteté n'a pas évolué depuis hier. Je vous demande simplement un délais. Laissez moi entendre le verdict de la cour. Parler de nouveau avec mon père une fois qu'il l'aura entendu également. »
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Mar 7 Mar 2017 - 0:41



L’heure de l’audience approchait et Ernest et Cécilie durent rejoindre la salle du trône attenante au petit jardin. Là, pendant plusieurs heures, des mots furent échangés qui bouleverseraient bientôt la société missèdoise. Dans le début d’après-midi, les hérauts de la Cour furent invités à se présenter devant les procureurs qui leur signifièrent le verdict avant qu’ils fussent mandés aux quatre coins du Comté. Sitôt, l’audience fut levée et le l’ordonnance rendue publique.



La Cour Exceptionnelle du Comté de Missède s’étant réunie, le deuxième jour de la quatrième ennéade de Bàrkios, mois d’automne de l’an neuf du onzième cycle, dans les conditions prévues par le droit coutumier, suite à une requête de Jules de Lavier, régent d’Ybaen, tendant au droit de quittage en vigueur sur les terres missèdoises et au mariage unissant Cécilie de Laval à Enrico di Montecale.

Au vu des textes suivants :
Article 22 du droit coutumier
Article 22 bis du droit coutumier
Article 22 ter du droit coutumier
Au vu des pièces suivantes :
Registres et Archives des droits de quittage
Contrat de mariage de Cécilie de Laval et Enrico de Montecale
Au vu des témoignages de :
Arnaut de Laval
Cécilie de Laval
Armand Méliose
Au vu des informations à sa disposition,


La Cour, ainsi constituée :
Théobald de la Courcelle, Comte de Missède, ainsi représenté par Jules de Lavier, régent d’Ybaen ; Ernest d’Ethin, seigneur de Missède ; Léona de Faviar, dame de Roch ; Hubert de Champant, seigneur de Champant ; Richard de Chantelune, conseiller du Comte et juge
Jules de Favier, régent d’Ybaen
Ernest d’Ethin, seigneur d’Ethin
Ganelon de Vipier, procureur du Comte
Armand Méliose, procureur du Comte
Eloi Montauban, procureur du Comte

A délibéré à huis clos et reconnaît Arnaut de Laval coupable de parjure à l’encontre de Sa Grandeur, Théobald de la Courcelle, Comte de Missède, pour avoir bafoué Son autorité en unissant sa fille, Cécilie de Laval, héritière de Beaurivages, par les liens sacrés du mariage à Enrico di Montecale, sans Son accord tel qu’il est prévu par le droit de quittage en vigueur à Missède.  

A délibéré à huis clos et reconnaît Cécilie de Laval non coupable de parjure à l’encontre de Sa Grandeur, Théobald de la Courcelle, Comte de Missède.

A délibéré à huis clos et reconnaît la responsabilité du juge Armand Méliose dans l’affaire de parjure susmentionnée.


Par la présente, la Cour Exceptionnelle de Missède :

Condamne Arnaut de Laval à l’abdication de ses titres et droits sur Beaurivages.

Démet de ses fonctions Armand Méliose et le prive du droit d’exercer toute œuvre de justice et de conseil pour une durée de cinq ans.

Se tient favorable à l’appel prononcé par Cécilie de Laval et lui accorde sept jours pour se défaire des liens qui l’unissent à Enrico di Montecale, sans quoi ses titres et droits sur Beaurivages reviendront à son frère puîné, Gaël de Beaurivages.

Charge le Conseil Exceptionnel de régir les affaires de Beaurivages jusqu’à ce que la seigneurie jouisse à nouveau d’un suzerain de plein droit.  



Prononcé par la Cour Exceptionnelle dans sa séance du deuxième jour de la quatrième ennéade de Bàrkios, en ce mois d’automne de l’an neuf du onzième cycle, où siégeaient : Ganelon de Vipier, procureur du Comte ; Armand Méliose, procureur du Comte ; Eloi Montauban, procureur du Comte ; Jules de Lavier, régent d’Ybaen ; Ernest d’Ethin, seigneur de Missède ; Léona de Faviar, dame de Roch ; Hubert de Champant, seigneur de Champant ; Richard de Chantelune, conseiller du Comte et juge.




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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Mar 7 Mar 2017 - 0:46

Il avait osé... Ce sale petit verre de terre putride... Ce chancre abjecte...

Debout, aussi immobile qu'une statue de marbre, Arnaut avait perdu toute couleur. Les poings serrés. Tremblant d'une fureur à peine contenu, ses yeux du même bleu que les douces iris de sa fille ne passèrent, assassine, sur les visages de ceux qui venaient de condamner sa bonne foi comme s'il gravait chacun de leur visage dans son esprit. Et celui de ce petit merdeux arriviste...

Il serrait les dents à s'en briser la mâchoire. La douleur de la pression remontait jusque dans son crâne.

Il salua dignement, pliant littéralement devant la décision dérisoire qui lui refusait l’œuvre d'une vie. Lui... Parjure... Alors qu'il avait eu recours à un représentant du baron pour éviter de commettre le moindre impair lors de ce mariage... Un mariage qui allait être délié sur un coup de tête de sa salope de fille... Rien... Il ne lui restait rien...

Au bras de sa catin de suivante, Cécilie se relevait pendant que la cour se levait et déliaient leurs langues fourchues. Les dents et les rires grinçaient de plus en plus fort. Plus fort que les pas qui passaient par la porte. Des suppôt d'Arcam. Des fous. Des hérétiques. Menteurs. Vicieux. Décadents. Prêts à toutes les bassesses pour jeter le discrédit une fois de plus sur sa famille. Il les vouaient tous à l'Eternité de Glace et de Tourments dans les Antres de Tyra. Qu'ils rient les traîtres ! Qu'ils se gausses !

Majestueux comme un général victorieux, il tourna les talons pour sortir à son tour de cette antichambre de mort.

« Père, puis-j... »


Le mot siffla à son oreille. Insultant. Répugnant. Révoltant. Il se retourna pour la gifler à toute volée. Le coup fut si violent qu'il retentit dans la salle, couvrant un bref instant le brouhaha.

Un silence pesant s'installa immédiatement. Ceux qui n'étaient pas encore sortis s'étaient brusquement arrêtés. Un silence qu'il ne remarqua même pas tant il était occupé à détailler le visage à demi tourné de sa fille. Elle avait porté par réflexe la main à sa joue rougie. Quelques gouttes de sang perlaient de sa lèvre inférieur. Quelques cheveux s'étaient échappés de son chignon bardé d'un filet perlé. Elle se redressa doucement, sans un mot, pour faire face de nouveau à celui qui venait de la frapper. Il remarqua sans peine son tressaillement lorsque son pouce heurta sa lèvre meurtri, étalant un peu de rouge sur sa phalange.

Arnaut était au bord de la rupture. Une mèche de cheveux poivre et sel, brisant sa distinction digne d'exemple, barrait son visage, assombrissant encore son œil. Il fixait sa progéniture avec une lueur de folie. La main toujours en l'air comme pour l'abattre une seconde fois... Pourtant il fini par l'abaisser.

Elle lui avait tout pris... Tout... Jusqu'à la parole qu'il avait donné à Hernan. Jusqu'aux efforts qu'il avait fait pour lui trouver un mari plus que convenable. Une réelle alliance. Tout jusqu'aux profits que Beaurivages auraient put tiré de Nelen. Tout jusqu'au pouvoir suffisant pour réunifier Beaurivages et Chiard alors qu'il effleurait ce rêve que toute sa lignée attendait depuis un siècle. Elle lui avait pris jusqu'à ses droits. Jusqu'à sa réputation. Jusqu'à son honneur. Tout...

« Tu n'es pas ma fille. » souffla-t-il d'une voix rauque presque imperceptible.

Enfin il pouvait prononcer ces mots qui lui écorchaient la gorge depuis tant d'année. Enfin il pouvait la regarder de haut en bas et ne voir qu'une erreur de la nature. Un échec. Une vile punition de Néera. Pour quelle erreur ? Quelle faute infâme ? Il ne savait pas. Il ne savait plus.

Il quitta les lieux sans un regard en arrière.
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Lun 13 Mar 2017 - 1:15



Ernest accueillit la décision de la cour avec circonspection. Si certains regards se tournèrent vers lui, ils furent confrontés à un visage de marbre, sérieux sans trop l’être, d’une neutralité souverainement affectée. Le seigneur du Rocher sentit que de Favier cherchait à attirer son attention alors qu’il se levait pour quitter la salle. Ernest feignit de ne point le voir mais le régent d’Ybaen paraissait empreint d’une agitation difficile à contenir et indiquant qu’il ne manquerait pas d’avoir de ses nouvelles d’ici peu. Soudain, l’emplâtre appliquée à pleine volée par Arnaut de Laval à sa fille fendit l’immensité de la pièce dans un claquement déchirant. Le silence et l’immobilité de tous s’imposèrent immédiatement. Ernest sentit ses genoux se fléchir. Il était prêt à avaler les quelques mètres qui le séparait de Cécilie dans l’éventualité où la démence qui dévorait alors le visage du père s’abattrait de nouveau sur la jeune femme. Mais celui-ci quitta finalement les lieux après l’avoir reniée au vu et au su de tous.

 

Engoncé par les apparences qu’il tentait de maintenir, Ernest s’approcha de Cécilie d’un air détaché et lui offrit un mouchoir blanc, immaculé et brodé des insignes d’Ethin. « Je vous retrouverai à Langehack », coula-t-il à l’oreille de la jeune femme avant de prendre le chemin de la sortie.




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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Lun 13 Mar 2017 - 9:17

« Ce ne sera pas la peine. » répondit-elle à l'annonce du jeune seigneur.

Après sa lèvre, c'était maintenant à sa main d'être délicatement frottée par un tissus fin. Sûrement un mouchoir sorti par Rose étant donné la fébrilité de la main qui s'occupait d'elle. Sans chercher à résister, sans un mouvement d'humeur, elle lui demanda seulement :

« Quand tu auras fini, fait apprêter une diligence, nous partons sur le champs pour Langehack. »
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: La loi des hommes et le joug d'une femme   Ven 17 Mar 2017 - 18:07


8ème jour de la 4ème ennéade de Bàrkios
Automne de l'an 9 du XIe Cycle

Le second conseil du mois de Bàrkios avait eu lieu quelques jours plus tôt mais le compte rendu ne fut finalement consigné dans les registres par le Juge Chantelune qu’après l’arrivée d’information attendue.

- Le Conseil exceptionnel de Missède entérine la décision de Son Altesse Méliane de Lancrais, Duchesse de Langehack, de déposer les responsabilités feudataires de la baronnie d’Edelys auprès du Comte de Missède qui en devient par conséquent le suzerain direct. Le Conseil ne s’adjugeant pas les prérogatives de nommer un suzerain à la tête de ces terres, le titre de baron d’Edelys reste attaché à la personne du Comte jusqu’à ce que l’autorité comtale soit pleinement rétablie. Soucieux de la situation des nouvelles terres vassales du Garnaad, le Conseil s’engage à achever la redistribution du patrimoine baronnial dans les plus brefs délais, à renforcer la présence militaire dans la région et à examiner les projets de développement du territoire qui lui seront soumis.

- Le Conseil exceptionnel de Missède confirme la passation de pouvoir entre Ernest d’Ethin et Alden de Béjarry au poste de gouverneur d’Isgaard. Parmi les premières requêtes du nouveau gouverneur, le Conseil retient et approuve le besoin d’extension et de consolidation des murs d’enceinte de la ville. La flotte missèdoise demeurera à Isgaard jusqu’à nouvelle ordre. Suite à des informations rapportées par la Dame de Lourmel eu égard aux troubles qui agitent le baronnie d’Etherna et au mouvement de l’armée odélianne, le Conseil décide de renforcer les effectifs et d’élever le niveau de vigilance de la châtellenie d’Isgaard à son maximum. Alden de Béjarry est invité à prendre toutes les dispositions nécessaires pour préserver la sécurité de l’enclave missèdoise et les intérêts économiques des partenaires commerciaux de Missède face à l’éventualité de l’embrasement de la région.

- Le Conseil exceptionnel de Missède prend acte du dernier rapport des guérisseurs du Comte Théobald de la Courcelle. Aucune amélioration de son état n’est à signaler. Sa torpeur n’est interrompue que par des crises journalières de dégorgements d’un sang épais et noir et les effets de la malingrerie sur son physique a pressé les guérisseurs à refuser toute visite de sympathie sans autorisation préalable du Conseil. Si le cœur du Comte bat toujours, il semble néanmoins glisser inexorablement vers le Royaume de Tyra.

- Le Conseil exceptionnel de Missède prend acte de la décision de la cour comtale consécutive de sa séance du deuxième jour de la quatrième ennéade de Bàrkios, en ce mois d’automne de l’an neuf du onzième cycle. Cécilie de Laval devient Dame de Beaurivages et prend la place de son père, Arnaut de Laval, forcé d’abdiquer de tous ses droits et privilèges, au sein du Conseil exceptionnel de Missède.

- Le Conseil exceptionnel de Missède constate l’absence de décisions de Son Altesse Méliane de Lancrais, Duchesse de Langehack, quant aux questions qui agitent le Duché et le reste du Royaume. Le Conseil note l’impatience des vassaux et s’inquiète des bruits dissidents qui bruissent au sein du Langecin. L’éventualité de la sécession du Comté, les possibilités de son rapprochement d’autres puissances péninsulaires, ses droits et devoirs vassaliques envers Langehack sont mis à l’étude.

- Le Conseil exceptionnel de Missède maintient les relations commerciales du Comté avec le Nord, le Médian et le Sud mais s’abstient de tout rapprochement politique et diplomatique dans l’attente d’un positionnement clair de la part de Langehack. Des rapporteurs sont dépêchés dans toute la Péninsule afin de s’enquérir de la situation de chacune de ces régions.

- Le Conseil exceptionnel de Missède propose l’accentuation des flux commerciaux en direction de l’Estrévent et autorise l’ouverture de négociations avec la Baronnie de Nelen afin de renforcer les liens économiques qui unissent le Comté et l’archipel.

 


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