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 Une brute à cheval [ Thibaud ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Dim 5 Mar 2017 - 19:09



8ième jour de la 8ième ennéade de Barkios, 9ième année



Sans doutances aucunes, c’était dit et bien dit! Précocement, l’hiver se manifestait dès potron-minet, pour filer en douce lorsque les primes rayons lumineux chassaient ce timide linceul de neige immaculé, que recouvrait le sol. C’est que la température faisait preuve d’un favoritisme certain envers cette rude saison, une froideur à vous donner un frisson de tous les diables, si d’un élan téméraire l’idée de pisser un coup à l’extérieur pendant la rosée matinale vous traversait la tête! De suite après sa litanie quotidienne, Louis piqua du nez vers la salle d’entraînement, où un de ses mestres l’attendait, prêt à faire chanter l’acier.

« Enfin vous voilà, il était grand temps. »
« La DameDieu prime sur nos politesses matinales, vous le savez. » Répondit du tac au tac le jeune faon, alors qu’il saluait d’un sourire joueur son maître d’arme.
« Tout de même, je peine à me sentir le bout des doigts, si tant vous vous êtes fait désiré. La froideur s’abat sur le castel comme la misère sur le pauvre monde, c’est peu vous dire! »
« Et bien remuez un peu, cela ne pourrait vous faire de tords! L’oisiveté du castel ne vous sied pas, mestre. Vous avez le fondement d’une bonne femme et les hanches qui vont avec! »

Sitôt la pique lancée, le maître d’arme s’élança vers le Régent, qui dû pour sauver sa peau, se saisir précipitamment du premier glaive à sa disposition. Ah certes, les échanges se passèrent d’échauffement, car les railleries avaient d’elles même imposées leur tempo. L’acier chanta, haut et fort, tant les échanges furent coriaces. Tôt, à cette mélopée endiablée, s’ajoutait les plaintes éreintées et accablées par l’effort physique des deux combattants. Mutuellement, ils s’accordèrent une trêve pour se désaltérer et à terme, reprendre leur souffle haletant. Après un silence à gros respires, son enseignant boursouflé du cul et du bide questionna sans arrières pensées son Seigneur.

« Alors, le départ approche, m’a-t-on dit. Votre journée doit être fort bien organisée, le castel se privera de votre présence pendant plus de deux ennéades … Ce n’est pas rien. »
« Surprends-toi donc, mon ami! Je n’attends la venue que de mon vassal, le Seigneur de Kelbourg. Je l’ai fait mander car j’ai pour lui quelque chose de la plus haute importance à lui faire savoir avant de laisser derrière moi Cantharel. Autrement, la journée m’appartiens, pardi! »  Ajoutait-il avec excitation, comme si le temps libre qu’il s’accordait était l’un des premiers depuis le décès de Feu son père.

L’entraînement reprit de plus belle et sans relâche, Louis combattit le colosse. Sans savoir quand déboulerait monsieur le boucher, mais sachant qu’il n’avait que peu faire des convenances et qu’il pouvait bien se permettre de le recevoir dans n’importe quelle condition, sans qu’il en doit vexé, Louis en profita pour prolonger sa rixe musclée. La salle d’entraînement emprunta tôt l’odeur des écuries, car il sentait fort l’effort!


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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Dim 5 Mar 2017 - 23:29


"WAAAATCHOUM"

-Par tous les dieux ! hurla Thibaud, vas-tu cesser !

-Mes excuses, sire, répondit son bâtard en essuyant son filet de morve.

-Si j'avais su, bon sang ! Si seulement j'avais que j'engrosserai ta mère après l'avoir besogné, je l'aurai tué et jeté à la mer pour qu'elle ne revienne plus me hanter.

-Mais la dame dieu a été clémente, bénie soit-elle de m'avoir donné la vie.

-Donné la vie à un tocsin qui m'emmerde, trancha-t-il avant de repartir en tête de colonne.

Hector, son bâtard devenu son écuyer par la force des choses, avait le don de l'irriter au plus haut point. Pour quelle raison ? Ce bougre d'empoté ne réagissait jamais à ses remarques où ses insultes. Il avait cru tout d'abord que le jeune homme était trop idiot pour comprendre ses sarcasmes. Mais le salopard lui répondait toujours avec respect et modestie. Foutu bâtard!

En cette toute fin d'automne, une fine couche de neige était déjà tombée. Cantharel avait revêtu son manteau d'hiver et voilà qu'elle allait de nouveau accueillir l'ours d'Argonne accompagné de sa troupe. Dix hommes d'armes le suivaient avec son écuyer. Henri était resté à Kelbourg afin de s'occuper du castel et Charles faisait de même à Villeroy. Seul le brave Hector, portrait craché de son aïeul, jouissait du même sang que le sien. Les autres, des canailles de la petite noblesse argonnoise, s'apparentaient bien plus à des hommes de mains plutôt qu'à de gentilshommes.

De loin, Cantharel semblait cracher de la fumée en des centaines d'endroits différents. Les premières fraîcheurs hivernales avaient eu raison de la rudesse des berthildois et ceux-là s'affairaient déjà à alimenter incessamment leurs cheminée. Loués soient les dieux, Sainte-Berthilde était parsemée de bois et forêts. Assez pour tous les épargner des gelées. En parlant de ça... le sieur d'Argonne accéléra la cadence pour gagner au plus vite le palais. Non pas qu'il se les gelait. Mais bien parce que son foutu bâtard allait finir par clamser à force de se vider.

-Grand comme un ours, mais aussi faible qu'une pucelle. Les dieux me maudissent... lâcha-t-il en sautant de selle pour gagner les portes du palais.

Deux gardes de l'égide du nord lui firent signe de s'arrêter. Stoppé dans son élan, l'argonnois montra les dents.

-Le sire Louis m'a mandé, dépêchez !

-Vos hommes attendront à l'extérieur, seigneur.

-Pas lui, dit-il en montrant son écuyer, je l'emmène.

Après avoir acquiescé, l'un des gardes lui ouvrit la grande porte et il put enfin tenter de se débarrasser des flocons sur ses habits.

-Je vais être bien clair, l'idiot. Devant le régent, tu la fermes et tu baisses les yeux. Compris ?

Il n'attendit point la réponse et s'en alla devant le premier serviteur du palais venu. Il apprit alors que le Saint-Aimé se trouvait en séance d'entraînement avec son mestre d'arme. Bien sûr, Cantharel était dotée d'une salle d'armes qu'il ne connaissait que trop bien pour y avoir traîné les pieds à de maintes occasions. Jadis cette salle était l'occasion pour tous les preux de s'affronter et de se jauger. Moult fois, il en était ressorti avec des ecchymoses et la gueule en sang. Une certaine nostalgie s'empara ainsi de lui lorsqu'il y remit les pieds. Elle était telle que dans ses souvenirs, longue et haute, disposant de nombreuses armures et armes décoratives. Il vit Louis et son mestre d'arme au centre d'icelle. En plein échange, le jeune faon ne le remarqua pas et ce n'est que lorsqu'il eut fini de croiser le fer avec son adversaire qu'il se retourna.

-N'allez donc pas risquer de vous blesser avant de partir en guerre, Louis, dit-il en le saluant brièvement. Il serait inconvenant de devoir vous porter sur une litière durant l'assaut.
 
A côté, Hector éternua une nouvelle fois, ce qui lui fit rappeler sa présence.

-Mon bâtard et écuyer, Hector le tocsin.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Lun 6 Mar 2017 - 16:10




Alors il leva le nez vers Thibaud qu’il contempla d’haut en bas, d’un œil unique, car l’autre s’était involontairement refermé de force, sous l’acidité de sa sueur abondante et dégoulinante. En plus d’apporter sa fidèle gueule de canasson, il était cette fois accompagné. Un jeunot qui avait … peut-être le même âge que Louis, à la gueule tout aussi détestable mais qui dégageait quelque chose de différent de son paternel. Était-ce le fait qu’à sa simple vue, on flairait la dévotion d’Hector pour la soumission ? Pas du respect, de la soumission, ses yeux léchaient le sol car son père lui avait ordonné et qu’il craignait le bâton ou pis, la cravache. Après tout, c’eut été peu étonnant d’entendre de telles choses le concernant, lui qui subissait tout bas quelques avanies du petit peuple en l’accusant des pires calomnies. Certains disaient même que l’un de ses salons au castel de Kelbourg était décoré des plus anciennes et illustres machines de torture … Comme quoi le bonhomme avait sans doute un penchant pour la chose.

Enfin bref, Louis tendit l’allonge et offrit son épée bâtarde à son servant, de suite avant d’aller plonger ses deux mains dans une assiette d’eau fraîche pour s’en asperger le faciès.  Lorsqu’on lui tendit un linceul pour s’éponger, il préféra le revers de sa manche et se saisit plutôt d’une calebasse de vinasse, à laquelle il étancha sa soif d’une goulée, avant de réitérer son mouvement de l’avant-bras contre son bec. Hochant quelques fois du visage, il voua un sourire vers Thibaud non feinté, comme si la remarque l’avait amusé.
« Je préférais patauger dans la boue et la fange, eshanché et à moitié crevé, que de me faire traîner par d’autres. Allongé au sol, on a encore quelques chances de saigner l’ennemi d’un coup bien placé. » Répondit-il à Thibaud, sans le saluer, comme il l’avait lui-même omit, comme s’il connaissait déjà son genre. Il lui confia aussi la gourde, non pas pour qu’il la tienne, mais qu’il s’en désaltère aussi, le sachant bon buveur.

« Hector, mhh ? » Questionna-t-il Thibaud, en reniflant un coup, toujours à chercher son souffle. « Est-un quolibet car il vous harasse autant que cet instrument, ou parce qu’à son arrivée il nous faut être aussi alerte qu’à l’écho de la cloche de détresse ? » Le tout était lancé non méchamment évidemment, ce n’était pas le genre de la maison, mais Louis commençait à apprécier les airs grossiers de son interlocuteur et il s’amusait de connaître la vraie raison de ce badin pseudonyme.

« Enfin, je ne vous ai pas fait demandé pour discutailler de votre progéniture. J’ai fort à vous causer, Thibaud … Et j’irai sans ambages et ferai outre de fioritures ; il me faut gagner Serramire au plus presque. À dire vrai, Sainte-Berthilde est attendue pour le jour final du mois afin de souligner la fête des morts et d’assister au positionnement officiel du Marquis, par rapport à cette juste guerre qui patiente la fonte des neiges. » Lui récupéra son épée batârde, sur laquelle il s’appuya légèrement, sa pointe s’insérant entre deux dalles de pavé.

« Je désire votre présence là-bas, à mes côtés, Thibaud. » Avait-il ajouté, l’œil brillant et malin, l’air toujours aussi avenant qu’à son arrivée. Son ton de voix n’était pas impératif, mais plutôt adoptait des airs familiers, comme s’il avait demandé la chose à l’un de ses alliés les plus anciens. Feintait-il l’amitié ou simplement, le fait de combattre et de suer à grosses gouttes lui avait libéré le cul du bâton qui y était coincé ?

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mer 8 Mar 2017 - 1:49


Ainsi dit, Louis l'avait mandé pour gagner les terres serramiroises. L'idée de refoutre les pieds dans ce pays d'arriérés ne l'enchanta aucunement. Qui plus est lorsqu'il l'avait quitté en même temps que la sgardie après s'être juré de ne plus jamais y remettre le cul. L'ordre venait pourtant du Saint-Aimé et ce n'est non pas sans un certain sourire amer qu'il acquiesça comme si l'on venait de le brûler à forte température.

-J'imagine fort bien que le rustre de Brochant est celui qui vous a fait l'invitation de venir en premier. Cela ne m'étonne guère. Cet homme pourrait essayer de donner des ordres aux nains et aux noireauds si l'envie lui prenait. Alors méfiez-vous de cette pierre rigide et froide, il tâchera de vous mettre sous sa coupe sans même que vous ne puissiez le voir.

A sa grande habitude, il n'y était pas allé par quatre chemins pour dire ce qu'il pensait de l'homme fort de Serramire. Si le Brochant était un fort bon stratège, l'homme en revanche, avait la fâcheuse tendance de tout prendre pour acquis et un seul de ses compliments pouvait cacher la pire affronte qui soit. Il l'avait vu œuvrer durant le siège d'Amblère. Ce coco là pouvait être capable de tout pour arriver à ses fins.  

-Je vous sais néanmoins assez habile pour ne pas vous laisser marcher sur les pieds, mais si vous le désirez, alors j'accepte votre demande et me tiendrai prêt pour la fin du mois, dit-il en se raclant la gorge. Mais dites moi, Louis, en qualité de quoi serai-je affilié à votre ambassade. Il me semble fort mal avisé que le régent de Berthilde s'entoure d'un homme qui l'a destitué de son titre, n'est-il pas ?

Effectivement, Brochant avait fait envoyer son cadet durant le couronnement de Louis. Alors le bel étalon s'en était allé dans des compliments jusqu'à dévoiler la véritable position du marquis son frère. Aymeric ne voulait point d'un berthildois sous le joug branlant d'une couronne pour qui il le reconnaissait le Roy, mais point sa suite. Alors lui qui avait oeuvré pour la destitution du faon et pour le rétablissement de la couronne sur la tête d'un chiard de trois ans, voilà qu'il s'était mit en fâcheuse posture dans les plans du serramirois. Heureusement pour lui, cela ne l'empêcherait point de faire sa guerre. N'en déplaise au coquin de Serramire.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mer 8 Mar 2017 - 10:31




Curieusement, ce ne fût pas la première fois que Louis écoutait ce genre de plaidoyer à propos de la tête forte de Serramire. En effet, maints avis se rejoignaient lorsqu’il était temps d’aborder le caractère du le bonhomme. On le disait enjôleur à outrance, rusé comme pas deux, sans scrupules, mais surtout, prêt à tout pour parvenir à ses fins. Voilà un tableau fort bien peint, qui pourtant agressait l’œil du Régent lorsqu’on le lui présentait comme étant la réalité, alors qu’icelui n’avait vu à son échange que de bonnes intentions. Certes ses mots étaient un peu mielleux et même forts flatteurs, mais le fond de ces dépêches prouvait qu’Aymeric épousait les mêmes ambitions que le Berthildois, soit le rétablissement de la justice, de l’ordre, mais surtout le retour du Roy sur son trône, afin qu’il reprenne l’intégralité de sa souveraineté sur l’entièreté de ses sujets. Et bien qu’il ne semblait voir d’issue possible en la diplomatie, il était prêt à la guerre et c’était tout ce qui comptait, puisqu’au final, de l’une ou l’autre solution, le Médian paierait.

Louis reçu le premier avertissement de la même manière que tous les autres, c’est-à-dire avec beaucoup de considération. Le décès de son grand-père intronisa le jeune Régent dans la cours des racontars, des rumeurs et murmures, mais aussi dans celle des trahisons et où la confiance se montrait rare et valait plus qu’une jambe et un bras. Ce jour’dhui, outre son aïeul, personne ne l’avait complétement acquise et c’est ce pourquoi il se gardait de croire complétement ce qu’on lui disait des autres. Après tout, ne lui avait-on point aussi mis en garde contre Thibaud, qui maintenant faisait preuve de sa dévotion pour la couronne ? Louis peina à reprendre son souffle, se désaltérant cette fois d’une pesante gorgée de flotte tiède.


« On m’a aussi averti que le corbin lui seyait que trop bien, lui qui se moquerait des autres derrière de doucereuses simagrées étalées sur vélin! Quant à notre venue là-bas, elle nous sera profitable. Ce dernier veut guerroyer avec le Berthildois, alors nous aurons le luxe de constater de quoi sont faits ses hommes, s’ils sont de pailles ou de fer. Quant à ses ambitions, elles vont en aval avec nous. »

Un point de pression venait de sauvagement se manifester derrière sa nuque. Non point que la chose fût déjà du passé, mort et enterré, mais soulever derechef qu’il était l’auteur de la mutinerie contre son élévation à titre de Marquis, lui fit grand mal. Il déglutit lourdement puis inspira à plein poumons, consciemment, pour répondre à son interlocuteur avec le même ton qu’il usa plus tôt, franc et enthousiasme.

« Eh bien, Thibaud … J’ai songé longuement à notre dernier entretient, me ressassant comme je fus satisfait non seulement de vos connaissances par rapport à la croisade qui nous attend, mais aussi de votre sens analytique. Sans omettre un détail, vous m’avez convaincu d’aborder ce projet avec moins d’assurance et, je crois que ceci ne peut nous en être que bénéfique. Pour ces raisons, je vous veux à mes côtés dans cette épreuve que devra surmonter Sainte-Berthilde, et vous nomme Connétable de la Légion de la cavalerie. Vous héritez donc dès le jourd’hui des prérogatives relatives à ce titre, de toutes les tâches qu’en incombent le titre, ainsi qu’à tous les avantages de cette fonctions. » Enfin, Louis avait repris son souffle et son sourire, de surcroît. Fier de le lui annoncer, le Saint-Aimé guettait sa réaction en ajoutant à la fin, avant qu’il ajoute quoi que ce soit :

« Aussi, comme nous partirons d’ici deux journées, à l’aube bien évidemment, que vous n’aurez point temps de quérir vos effets ni même d’en avertir vos proches, je vous offre une avance salariale afin que vous puissiez vous équiper en conséquence. L’étalon du connétable est aussi offert en guise de bienvenue, dressé et harnaché pour fouler les champs d’infortune, mais il n’en tient qu’à vous de l’accepter, si vous préférez garder le vôtre, de cheval. »

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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Dim 12 Mar 2017 - 8:55

Si tôt la nouvelle tombée, Thibaud s'inclina brièvement après la réception de sa nouvelle charge. Lui qui avait été le capitaine de Sainte-Berthilde durant la campagne d'Oesgard, voilà qu'on venait de l'affubler du titre de connétable de la première légion. A lui maintenant de s'assurer du bon fonctionnement des compagnies de cavaleries composées majoritairement de ce qui se faisait de nobles dans le marquisat. La mission serait corsée, surtout en sachant la moitié de ses hommes pro Saint-Aimé. Ces flagorneurs n'avaient point dû apprécier ses dernières prises de décision. Qu'à cela ne tienne. S'ils étaient amer, il leur rendrait par le quintuple.

-J'accepte la charge, messire et m'en acquitterai de bon gré. J'accepte pareillement votre cheval qui remplacera le mien une fois tombé sur le champ d'honneur. Il n'est plus bien vaillant mais sait encore me porter en harnois. Aussi, dès qu'il mourra je veillerai à vous l'offrir en ragoût en guise de remerciement.

Quant au départ prochain, peu le dérangeait vraiment. Retourner en son fief pour y revenir à Cantharel dans l'ennéade n'aurait de toute façon point été une solution. A lui les bordels et les tavernes de la cité en attendant le départ. Voilà à quoi servirait l'avance de solde que le régent lui donnerait. Mais cela, il se cacha fort bien de lui faire savoir. S'il ne montra rien de sa grande réjouissances, il n'en pensa pas moins. Devenir connétable après avoir été l'instigateur d'une fronde contre le Saint-Aimé était chose bien récompensée. Il n'en réalisa pas moins que le Saint-Aimé venait de l'amadouer et de lui donner un os à ronger pour les prochains mois à venir. Telle avait été aussi la solution du cervidé du temps où il était encore en vie. Avoir un chien enragé n'était guère conseillé pour quiconque souhaitait gouverner. Alors, afin de satisfaire tous les partis, autant léguer et donner satisfaction plutôt que de risquer l'affrontement interne.

-Pour revenir sur les hommes de Serramire, maintenant. J'ai longuement fait campagne avec eux et peux vous dire qu'ils savent se servir d'une arme tenir la ligne. J'ai ouïe dire par quelques colporteurs que le marquis en était même allé jusqu'à réformer sa troupe en prévision sûrement des batailles à venir. Il serait bien bon et utile de nous en faire des amis le moment venu et si je puis vous être d'une quelconque utilité, alors je vous aiderai.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mar 14 Mar 2017 - 11:03




Un ragoût ? Grand ciel, était-ce là une tradition de son patelin de pays ? Or, depuis ce jour où Louis entendit cette drôlerie, plus jamais il ne goûta de la même manière ce mets …

Alors Thibaud avait non seulement moult connaissances relatives aux forces armées du Berthildois, mais aussi s’était-il permis d’emmagasiner de pertinentes informations concernant le Brochant ainsi que son Marquisat. Ce qui somme toute, derechef, valait beaucoup aux yeux du Saint-Aimé. Si la nomination de Thibaud passait pour une friandise à laquelle le molosse pouvait y faire ses crocs, eh bien, c’était à moitié vrai. Louis s’était entouré non pas juste de gens qui avaient acquis la confiance du Régent, mais aussi qui faisait preuve de talent, de connaissances et de sagesse –parfois pas toutes ces qualités en même temps!- et qui se montrait d’une utilité toute désignée. Thibaud était l’un d’eux : sa fougue pour la guerre, son amour pour sa patrie, ainsi que l’ensemble de ses connaissances sur l’art de guerroyer, ne pouvaient qu’être bénéfique au Marquisat, peu importe ce qu’en disaient ceux qui le considérait comme félon.

« J’ai fort grande envie de faire d’Aymeric de Brochant notre allié, bien évidemment. Qu’importe les ragots le concernant, qu’importe l’image sale qu’on m’a dépeint du bonhomme, s’il est une chose que je suis certain le concernant : cet homme épouse les mêmes ambitions que les nôtres : la défaite du Médian et la restauration de la suprématie du Roy. En cela, j’y vois l’opportunité d’y gagner un allié grand et fort de milliers de piques, prêtes à batailler côte à côte avec les gens du Berthildois. S’ils sont revêches à l’idée de partager le champ d’honneur avec nous, alors nous leur ferons comprendre qu’ils croiseront le fer non pas qu’avec de simples alliés, mais avec leurs semblables : d’authentiques nordiques. Alors, ils comprendront que nous sommes issus de la même souche et que le Berthildois est féroce et tout aussi redoutable que son voisin immédiat. Je vous emporte avec moi car vous pourrez constater ce qu’il en est de leur organisation, que vous pourrez mesurer si nous pourrons avoir confiance en eux, lorsqu’arrivera le moment décisif ou lorsque nous en aurons le plus de besoin. »  

Finalement, Louis rendit son épée à l’un de ses cerfs, terminant sa flotte d’une traite, en s’essuyant le bec du revers de sa manche. « Offrez au Seigneur de Kelbourg sa solde pour les deux ennéades à venir, qu’il puisse en disposer à sa guise et offrez-lui également un de nos appartements, si tant l’envie lui prenait de loger au Castel. » S’était-il exprimé vers le même homme qui s’en allait astiquer les armes d’entraînement, de suite après avoir accompli sa nouvelle besogne. « Quant à nous, Thibaud, nous nous reverrons au jour du départ. Nous quitterons avant l’aube. »

Et il le laissa non sans saluer au passage son bâtard de fils qui léchait toujours le sol des yeux. La journée du départ arriverait forte rapidement et, tous se devaient d’être parés car le convoi serait massif et décollerait sans patienter les retardataires.



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Thibaud de Kelbourg
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mer 15 Mar 2017 - 6:05


avant dernier jour de barkios, 9e année du XIe cycle


-On se gèle les bourses !
-A qui le dites vous, sire...

Thibaud et l'un de ses rustres argonnois attendaient vaille que vaille que leur vessie se vide sur le lit de neige à leurs pieds. Mais la fraîcheur matinale vous piquez tellement les couilles que cette sale gârce d'urinette se gaussait littéralement de votre bobine en vous jouant des tours et en restant bien au chaud. D'un simple regard, les deux hommes se mirent d'accord sur le fait qu'ils finiraient tous deux le travail de nouveau en selle. Ce n'était point comme s'il ne s'était jamais soulagé durant les interminables instants précédant la bataille. Ainsi fait, il rejoignit Louis et sa compagnie sur le point de repartir. Le convoi berthildois avait bien belle allure. Plusieurs chariots et voitures apportaient les provisions, les tentes et tous les objets pour l'usage quotidien. Une forte escouade de l'égide du nord accompagnait le régent de Saint-Aimé, rehaussant pour l'occasion une belle image du marquisat. Ce n'était point le cas de ses canailles à lui qui semblaient tout droit sortie d'un mauvais rêve. Ces hommes n'en étaient pas moins les plus aguerris et les plus expérimentés dans leur domaine. Bien loin des bonnes mœurs de l'égide, garde d'élite du marquisat, qui s'apparentait plus où moins à ce qui se faisait de meilleur dans le pays. Les siens ne se préoccupaient ni des règles, ni d'une quelconque forme d'honneur. En soit, ils étaient ses propres limiers, tandis qu'il en était devenu le chef de meute.

-Un conseil Louis, lança-t-il en rejoignant le régent à ses côtés. Faites quérir le Brochant en premier la prochaine fois. Cela nous évitera pour sûr de nous peler les miches dans le trou du cul du monde. Je gage qu'il appréciera notre généreuse hospitalité et que cela lui changera de ses landes désertes.

Emmitouflé dans une peau d'ours venant toute droit des Monts-Corbeaux, Thibaud gratifia le régent  d'un sourire narquois.

-Je parierais ma bourse que ce vilain de Brochant a souhaité notre venue dans ces conditions pour nous récupérer gelés et facilement malléables. Cela ressemblerait bien au loustic, ajouta-t-il en déchiquetant un morceau de viande séchée.  
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Sam 18 Mar 2017 - 11:01




En tous genres composaient la compagnie de Sainte-Berthilde. Du chevalier au soudard, passant par de gros bonhommes aux plus graciles jouvencelles, sans omettre les soudards et autres fiers grivetons, permettaient en cette union de projeter une image du Berthildois, celle de l’union. Un lien qui tenait tissé étroitement tous les genres qui désiraient faire de leur Patrie un endroit grandiose, un endroit où il fait bon vivre. Et c’est d’ailleurs tout ce qui comptait pour le Régent ; peu lui importait le langage utilisé, les us et coutumes, les mœurs ou les habitudes, du moment que ses genses faisaient preuve de fidélité envers leur pays et qu’ils témoignaient d’un peu de patriotisme! Or certes, il s’était récemment entouré de gens qui divergeaient de sa personnalité, mais il n’en avait cure, du moment qu’ils tenaient le rang et la pique au nom du Roy, au nom de Sainte-Berthilde.

D’un trot un peu encouragé par les éperons de ses bottillons, Thibaud joignait la tête fléchée du convoi, là où Louis dominait le sentier, accompagné de deux conseillers de l’état. Râlant à son habitude, mais de bon cœur, c’était là sa manière à lui de se faire remarquer et de saluer au passage son souverain. Non sans un sourire complice, le Saint-Aimé lui répondit tout en fixant l’horizon, en secouant les épaules pour faire chuter la neige accumulée à ses épaules.
« C’est pourtant le temps qu’il fait au Nord. Et nous sommes Nordiens, ventre-dieu! Il ferait beau de ne pas supporter le froid dans lequel vous vous êtes endurci, Thibaud. C’est pourtant lui qui vous aura durci la couenne, remerciez-le plutôt, car autrement vous seriez tout aussi mou de la tige qu ces poètes Suderons, m’est d’avis! » Lança le Régent vers Thibaud, auquel il commençait à apprécier la légèreté des propos qu’il pouvait lui entretenir, tout en soulevant parfois d’importants sujets. À dire vrai, il commençait même à regretter les tensions qu’il avait entretenu avec Feu son père, le gaillard n’était certes pas à l’image de ceux qui polissonnaient à la cours, mais on pouvait lui donner que son franc parlé relevait plus de la qualité que du défaut.

« Malléables, dites-vous? Que pourrait-il bien vouloir nous faire faire ? Si ses mots déposés sur vélin n’étaient pas parfumés de venin, alors nos cordes sont ajustées avec les siennes : nous voulons tous deux la guerre. Et qu’importe les raisons, seule la résultante d’une telle entreprise compte à mes yeux, celle de restaurer la suprématie du Roy. Si le Brochant cherche à se vautrer dans la gloire comme le ferait une putain de satin, alors grand bien pour lui. Nous nous contenteront d’offrir la juste punition aux félons suderons en guise de rédemption, et qu’importe si la gloire nous tombe dessus au passage. Je vois notre arrivée là-bas comme la confirmation de notre désir, à vouloir la paix, en préparant la guerre. »

À son tour, Louis quêta du bout des doigts quelque chose à se mettre sous la dent, en farfouillant dans l’une des gibernes accrochées sur les flancs de son pesant destrier. La brise se levait, de même que la neige se faisait chasser du sol par les bourrasques, et le temps se gâtait. Pourtant, ils arrivaient, ils y étaient presque. Plus qu’une journée avant d’arriver pile poil à l’heure attendue.




Dernière édition par Louis de Saint-Aimé le Mar 21 Mar 2017 - 21:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Lun 20 Mar 2017 - 11:53


Il dut se retenir pour ne pas se gausser à haute voix puisqu'il était chose bien rare de trouver un homme assez téméraire pour oser lui parler de la sorte. Pourtant, lorsqu'il l'entendit de la bouche du jeune faon, il n'y eut qu'une irrépressible envie de se foutre de lui même. Après tout, n'avait-il point eu raison de lui rappeler qu'il était lui-même un fils du nord et que les plaintes n'étaient guère dans leur nature. Au moins, il vit assez de répartie chez le Saint-Aimé pour le rassurer quant à aux prochaines hostilités. Le gamin de l'effroyable l'avait fait mentir à de maintes reprises. Lui qui s'était imaginé un enfant incapable de s'imposer et de faire preuve d'autorité, voilà qu'il les avait tous mouché lors du concile. Certes, le Louis avait dès lors eu l'image d'un intrépide et trop impatient, mais le jeune homme s'était alors ravisé et sut accepter ce qu'il n'aurait pu faire : Recevoir la régence et attendre le titre comme un chien attendrait son os.

-Gardez donc la même verve lorsque vous vous trouverez face à la fripouille de Serramire, affirma-t-il tout en gardant un tant soit peu de sincérité. Je n'en serai que plus rassuré, car si vous vous dites que le Brochant est un allié, n'oubliez point qu'il n'est pas du berthildois et gardera toujours ses intérêts personnels avant ceux du Royaume. Sinon, pourquoi ne serait-il guère venu saluer son Roi avant de prendre son armée et de marcher sur le médian à la fin de l'hiver ?

Aymeric de Brochant, Grand capitaine de la coalition nordienne contre les puysards, avait sut gagner en popularité après leur victoire qu'il s'attribuait lui-même de bon gré. Lui-même respectait l'homme de guerre, mais lorsqu'il était question de politique, non seulement cela l'emmerdait au plus haut point. Mais sa confiance en toute autre personne en dehors du berthildois ne pouvait être que très relative. Alors certes ils s'en iraient guerroyer aux côtés e Serramire par la grâce des dieux, mais qu'en était-il des véritables intentions du Brochant quant à l'avenir de la royauté ?

-Comprenez, Louis, que la paix n'est qu'une courte trêve entre deux guerres. Ce jour d'huis nous avons l'hiver mais seuls les dieux savent combien de temps dura la prochaine lorsque nous aurons pourfendus tous les sodomites de la ligue. Alors, messire, tâchez de comprendre les desseins du Brochant et qu'elle place il vous laissera une fois que tout sera fini. Cela sera mon conseil le plus avisé avant que ma vessie ne finisse par imploser.
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mer 22 Mar 2017 - 23:19




À l’instar d’un os qu’on aurait offert au clabaud du coin, Louis mâchouillait son échantillon de barbaque salé et rétif à souhait, raidit par la froidure de leur promenade. Et s’il n’avait interrompu son compagnon de route, c’était que ses dents étaient tous affairées à découdre ne serait-ce qu’un ligament de cette damnée viande congelée. Aidé du peu d’écume que la prison de ses dents contenait, Louis tenta d’avaler à qui mieux mieux cet amas de nourriture tiédie par le temps à lui rouler au palais. Alors l’idée de participer à un concours de la plus affreuse et hideuse baboue lui semblait tout à coup fort seyante à la douleur que lui provoqua la descente de cette boule de pâte à saveur de gigot prémâché …  Enfin, après avoir poussé une rauque et profonde quinte de toux accompagnée de quelques coups de poignet au thorax, c’est en se raclant le gorgoton qu’il répondit à son chef de guerre.

« Je vous serai gré de me rappeler toutes ces sages paroles, le moment venu, Thibaud. Car en effet, j’ai pour mauvaise manie de voir seul le meilleur de mes alliés en omettant le pis. Et vos mots son teintés de véracité, car il est juste d’affirmer que notre hôte n’a pas son égal en matière de patriotisme. Et le bien de son chez-lui passe par la réussite de cette guerre au Médian, une bataille qu’il désire plus qu’aucun autre joyaux en ce monde, pas même la plus rarissime des pierres de lunes, pardi. En revanche, il est aussi vrai que si sa foi fut à ce point carabiné que le sont nos reîtres Berthildois, alors où était-il lors de ce concile, à cet endroit précis ou le Roy manifesta sa vive envie de reconquérir ce qui lui appartenait naguère? Et bien je vais vous le dire Thibaud, il n’y était pas car monsieur de Brochant exècre le Chancelier comme la bleusaille déteste les coureuses de remparts pustuleuses. Il se peut en effet qu’icelui épouse l’envie de reconquérir le médian pour la grâce du Roy, mais qu’en revanche il le fasse non pas car ce fut le désir du Mervalois, mais plutôt car c’est ce qui lui est le plus profitable. » Et Louis laissa en suspend le restant de sa réponse, préférant laisser l’imagination de son coloré compagnon à l’œuvre.

Revêches, quelques montures montrèrent quelques signaux de faiblesses ou d’inconfort, à faire patauger leur quatuor de sabot dans cette vase immaculée qui recouvrait le pays Serramirois. Alors Thibaud enchaîna une seconde fois, terminant son conseil avisé à l’aide d’un point d’exclamation qui avait de la classe. Une remarque comme il ne s’en faisait plus!


« Ça … En revanche, ceci, j’ai crainte de ne jamais y avoir réfléchit … »  Sans avoir plus à exposer, jetant un coup d’œil à l’arrière pour savoir si une décision se devait d’être prise. Une œillade discrète fut offerte à Thibaud, comme si pour l’une des premières fois le régent-marquis avait été pris de court par l’un de ses avertissements … C’est alors qu’à sa sénestre, l’un de ses conseillers avait monté à son niveau en quelques coups d’éperons, pour lui tenir quelques paroles basses.

« Woohhh … » Laissa-t-il siffler d’entre ses babines, légèrement souffrantes du vent septentrional, en direction de son équidé compagnon. « Nous allons tenir le campement ici-même, nous avons peut-être trois, voire quatre heures encore à chevaucher avant de fouler Serramire-ville, mais nos chevaux méritent une pause, tout comme le restant du convoi. Aux matines du prochain jour, nous arriverons tel que prévu à destination. Je veux voir une flambée et de la boucane en sus dans les minutes qui suivent! Nos jouvencelles doivent grelotter d’envie de se faire accueillir par un brin de chaleur. »

Et le temps déboula rapidement, de même que le fit le soleil qui laissa place aux lunes, brillantes et imposantes dans ce ciel à perte de vue. De loin, quelques puits de chaleur alimentés de quelques bubuches et de bébé rondins, chassait la noirceur de cette fraîche nuitée, bien que toujours automnale. Devant ses appartements, aussi sobres que les autres abris, c’est cul posé sur un martyr de bois que Louis accomplissait l’aiguisement de son arme fétiche : une épée bâtarde à la garde brillamment décorée et au pommeau serti d’un jade verte forêt.


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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Ven 24 Mar 2017 - 7:04


Le convoi s'était arrêté à une demi journée de marche de la cité serramiroise. Bien qu'il rechigna à l'idée de passer une nuit de plus dans de telles conditions, il admira l'idée de retarder un brin leur arrivée. Cela leur servirait à accorder leurs luth en prévision de la rencontre à venir. Thibaud s'était tenu éloigné des intrigues de la cour berthildoise, mais il ne pouvait s'empêcher d'imaginer que de nombreux sujets seraient tôt où tard mis sur le tapis. Et, préférant ne point passer pour une courge inculte durant les futures échauffourées, il vint prendre place aux côtés du régent de Saint-Aimé qui affûtait sa lame. L'obscurité avait recouverte le campement, mais quelques torches posées ici et là, ainsi que plusieurs feux alentours permettaient que l'on ne finisse pas le cul dans le neige. Alors l'humeur était joviale. Les hommes buvaient leurs chopines, en commençant par les siens qui avaient vraisemblablement déjà du écouler plusieurs tonneaux.

-L'on y voit comme dans le trou du cul d'un puysard juste à côté, balança-t-il en prenant place sur un rondin de bois non loin du feu. J'ai manqué de m'embourber jusqu'au cou au moment même où je déféquais. Imaginez donc une telle mort à annoncer à mon épouse. M'est avis qu'elle se serait gaussée à en pisser dans ses chausses.  

Il fixa la pierre à aiguiser du régent avant de sourire bêtement.

-N'auriez-vous donc pas une autre pierre que celle-là afin que je puisse aiguiser la mienne ? Je crains que le froid et l'inaction ne l'aient emprisonné à tout jamais dans son fourreau... quel piètre connétable ferais-je si je me retrouvais à estocader mes ennemis avec une telle arme.

Son rire recouvrit plusieurs lieux à la ronde.

-HECTOR !!! gueula-t-il à l'adresse de son bâtard plus malade que jamais. Vas donc me chercher une barrique de blonde et prends en une lampée.

L'écuyer décampa aussitôt afin d'aller chercher le précieux breuvage dans l'une des charrettes.

-Aussi futé qu'une moule celui-là, mais je parviendrais probablement à en faire un bon gaillard avant la fin de l'hiver. Hector vint lui servir la bière dans sa chope et celle du régent. A nos chevaux ! A nos femmes ! Et à ceux qui les montent ! Les hommes reprirent en échos la formule et burent de bons cœur. Alors Louis, avez-vous donc d'autres sujets à me faire part avant que nous ne finissions chez le Brochant ?
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mar 28 Mar 2017 - 10:38




Le climat ne s’était point montré miséricordieux envers le convoi, mais cette fraîche soirée s’annonçait plus douce et enfin, la brise montrait des signes de faiblesses. Car à l’heure où seuls les foyers de fortune éclairaient le campement, le retrait de quelques épaisseurs de fourrure était de mise ; le temps était bien doux! Ainsi, chopine levées, brochettes de bidoche graillées sur le feu, de la souplette en sus des autres victuailles, voilà qui savait redonner sourire aux soudards! Voilà comment les gens du nord appréciaient banqueter, le séant dans la neige, chauffé d’un côté par une généreuse flambée et refroidis par la brise de l’autre! Et si toutes ces circonstances illuminaient le visage de ses gens, Louis, lui, souriait aux balivernes que crachaient Thibaud. Il était trop rarement accompagné de grossier personnage et l’entendre râler de la sorte l’amusait plus que saurait le faire le bouffon du Roy.

« Connétable pendant une ennéade, avant de trépasser dans sa propre merdaille, quelle mémorable épitaphe ce serait. » Répondit-il aux politesses que le Seigneur de Kelbourg lâcha en entrée de scène. Puis, jetant un coup d’œil vers lui, il farfouilla dans son havresac pour y dénicher une pierre ponce, qu’il garda pour lui-même et qui, en échange, offrait à son comparse sa propre pierre à aiguiser. « Ce n’est pas comme si nos armes étaient émoussées, à force de croiser l’acier avec personne. Mais enfin, sait-on jamais, nous pourrions en avoir besoin plus tôt que tard, alors aussi bien être parés. Et puis, la chose me calme, elle me détend. » Dit-il, juste avant que couine bruyamment son connétable, en quémandant à son bâtard quelque chose pour faire descendre la barbaque. Réprimant une grimace escagacée par son hurlant comportement, il alla lui-même quêter la hanse de sa chopine pour s’envoyer une rasade.

« D’autres sujets … Ma foi, je crois que nous avons couvert tout le sujet, du moins, en ce qui concerne le Brochant. En revanche, votre avis sur un autre sujet pourrait me plaire. Ou déplaire, enfin, je verrai. » Un sourire vers Thibaud, s’essuyant du revers de la manche son bec couvert d’écume de bière. « Vous n’êtes pas sans savoir qu’Étherna vie en ce moment de biens mauvais jours ; celle-ci est persécutée par son tyran de Marquis qui s’est affublé du titre de Baron, aux dépends des Clairssacs. Voyant là la belle occasion, et de redonner un souffle de liberté aux Étherniens et de redonner à Sainte-Berthilde sa Baronnie d’antan, j’ai offert les moyens à mon aïeul d’offrir un coup de mains à nos voisins. Mais voilà, je pense que le conflit risque de s’envenimer et je redoute que nous devions user d’avantage de ressources … Alors ma question, croyez-vous que cette entreprise soit profitable non seulement pour notre Marquisat, mais aussi aux misérables qui subissent des sévices du Marquis d’Odélian ? »

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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Sam 8 Avr 2017 - 2:17


La question ethernienne avait finalement été mise sur le tapis. Lui qui s'était pourtant bien gardé d'aborder le sujet, préférant attendre qu'il vienne à lui, ce fut enfin chose faite lorsque le régent de Saint-Aimé dévoila ses doutes et intentions. Son point de vue sur la chose était fait depuis bien longtemps et ses paroles s'apprêtaient à être aussi tranchantes qu'une lame bien aiguisée. Il ne s'emporta point pour autant et garda son calme. Mais lorsque Thibaud parlait calmement, le pis était toujours à craindre.

-A votre place, je prendrais du recul sur la question. Les Clairssac ne sont point tout blancs dans l'histoire. Ce qui vaut également pour le marquis d'Odélian. Jérôme a entraîné sa baronnie dans de nombreux sentiers sinueux et parsemés d'embûches en se liant puis en se déliant de ses serments auprès de ses seigneurs. Comment ne point voir en lui un tourne-casaque bouffant à tous les râteliers ? Demanda-t-il sans cynisme. Alors de là à affubler le marquis du titre de tyran, je dirais plutôt qu'il est un seigneur soucieux de préserver sa terre vassale léguée par un de ces foutus édits royaux.

Est-ce là dire qu'il cautionnait l'intervention du marquis dans la baronnie ? Aucunement bien entendu. Cela ne le regardait juste d'aucune manière et son avis sur la question valait autant que celui sur la véracité du Roy Bohémond. Le monde s'en cognait foutrement. Thibaud n'était point dupe pour autant et savait que l'interventionnisme berthildois n'était en aucun cas du au triste sort des Clairssac mais bien plus à la véritable opportunité de récupérer ce qui avait appartenu à Sainte-Berthilde depuis des siècles.

-Pour répondre à votre question, Louis. Peu importe ce qu'elle sera, nos hommes sont déjà partis et risquent de passer un rude hiver à force de regarder les odélians en chiens de faïence. Ce que je crois par contre, c'est qu'il n'y a point de misérables dans l'histoire. Les Ethernans s'étaient déjà préparés à vivre un hiver impitoyable dans tous les cas, avec ou sans nous. Alors m'est avis que notre intervention là-bas n'était pas forcément une priorité et que même si nous nous en sortons victorieux dans l'affaire, les hommes que nous récupérerons pour marcher contre la ligue ne seront guère des vétérans mais bien des pauvres ères ayant pataugé dans la boue et la neige pendant trop longtemps.

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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Jeu 20 Avr 2017 - 19:18




Alors là … Le boucher de Kelbourg venait de scier les jambes du jeune marquis en devenir. Pratiquement aucune grotesque injure, des mots sagement enchaînés et une pensée pratiquement … Non, une pensée pragmatique! Ses criailleries abondantes sur le mauvais temps étaient peut-être belles et bien fondées … Thibaud ne supporterait pas le froid et la morve au nez, la fièvre l’aurait conquis ? Ou était-ce finalement, que Louis ne le connaissait pas totalement, au final … Car s’il lui avait demandé son avis sur la quête Éthernienne, c’était sans doutances qu’il espérait une réponse inspirée par sa fougue naturelle et sa verve singulière, pas des paroles débordantes de sens et qui, de surcroît, menaient à la refléxion …

Plus voracement encore, Louis grattait des molaires et de ses canines l’ossement de son morceau de viande engloutit tantôt, comme s’il espérait obtenir plus de ce qu’il en restait. La faim ne lui donnait pas cet appétit, ça non, c’était la véracité des propos de son connétable qui l’énervait de la sorte! Préférant taire ses commentaires non autrement que désagréables, en se pourléchant les babines et se curant les dents de avec son cure-dent de fortune, en l’occurrence l’ongle de son auriculaire, il laissa pleine liberté au seigneur de Kelbourg de vider son sac à ce sujet. Ce ne fût qu’un peu par après que Louis ajouta calmement, bien qu’un quelque chose d’énervé dans la voix :


« Vous n’avez peut-être pas tord … »  Simplement, tandis que son regard venait chercher un certain réconfort dans les entrailles des flammes dansantes de leur feu de camp. Il se remémora toutes les belles paroles de son aïeul, comme quoi la chose était bonne et juste, comme quoi la guerre serait contournable et que la messe serait vite dite … Son inexpérience en politique lui avait masqué ce que le Clairssac était en vérité ; une belle tantouze de girouette. Mais si Louis vouait en Jérome ce bien triste rôle, il n’en restait pas moins que les habitants d’Étherna, tous en majorités, désiraient quitter l’égide d’Odélian pour le Berthildois et cela, que Jérome fut grand ou petit dans son rôle de Baron. « Les lunes sont bien hautes pour faire marche arrière, Thibaud. Je ne peux désormais plus qu’espérer que vous vous fourvoyez, que ferons-nous de moitié d’hommes défaits et fatigués au printemps, si nous gagnons ce litige ? Enfin … Nous verrons, maintenant que j’ai mis les doigts dans le rouage de ce conflit, me voilà la main jusqu’au coude prit dans l’engrenage ; alors nous n’avons pas d’autres choix que de vaincre. »

Louis détourna son attention du brasier ardent pour quérir le regard de son homologue, tandis qu’il lui tendait une généreuse sacoche de cuir débordante de cervoise, de suite après s’en être servit. « Si l’hiver est pour eux bien rude, alors que sera le printemps pour ceux qui paieront le pesant prix du sang, au Médian ? »  Non sans un sourire qui inspirait un brin de camaraderie, en changeant de sujet gauchement ...

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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mer 26 Avr 2017 - 10:55


-Vaincre ou périr, Louis... soupira-t-il une fois que le régent eut terminé de passer à confesse.

Il avait vu et entendu la part de doute qui avait submergé le jeune faon. Quel suzerain n'en aurait pas fait de même après avoir lancé tête baissée plusieurs milliers d'hommes dans le chaos ? Ces fidèles vallets lui avaient rapporté que l'Hardancour en personne avait mené une telle expédition. Le vieil homme avait sauté sur l'occasion de récupérer l'ancienne terre vassale dérobée depuis le triste Roy Trystan. C'est que les vieux avaient la dent dure en ces temps difficiles. Mais pour résumer, Louis s'était mit dans une belle panade en jouant les Saint-Bernard de Sainte-Berthilde.

-S'il le faut et si le conflit s'éternise en Etherna, j'irai moi-même porter l'effort de guerre pour mettre un terme à la chose. Ajouta-t-il, sûr de lui. Bien évidemment, il me faudra votre permission pour user de la méthode adéquate... comme ultime recours.

Avait-il déjà une idée afin de remporter la guerre contre Odélian ? Peut-être. Toujours est-il que si une telle chose était possible, il se passerait bien entendu des bonnes mœurs et du respect que se doivent les hommes de bon aloi. Il était chose à peu près sûre qu'Etherna deviendrait alors aussi inhospitalier que la Sgardie toute entière.  

-Mais je suis persuadé que votre aïeul saura trouver le moyen de mettre un terme à tout ceci avant que je ne puisse intervenir, émit-il en souriant avant de boire une gorgée de bière. Pour ce qui est des médiannais et du printemps qu'ils s'apprêtent à vivre. Je crois que la moitié devrait espérer pouvoir mourir gelé avant que les neiges ne fondent, car lorsque le nord marchera contre eux, nulles montagnes ni nulles forteresses ne parviendront à les maintenir en sécurité.

Lui le premier était convaincu que le Médian tout entier ne serait plus qu'un tas de ruines fumantes dès l'été. Lui le premier ne se contenterait jamais d'une simple soumission et de vulgaires exuses pour passer à autre chose. L'orgueil du nord tout entier avait été frappé, la réponse n'en serait que plus terrible.
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MessageSujet: Re: Une brute à cheval [ Thibaud ]   Mer 3 Mai 2017 - 16:23




« J’irai moi-même porter l’effort de guerre pour mettre un terme à la chose… » Ces mots résonnèrent en son crâne comme une fatalité inévitable. Il irait, pour sûr, car il n’était pas autre chose pour laquelle son vassal était mieux fait que la guerre. Son cœur ne pompait pas grâce à son propre sang, mais plutôt à la vue de ses ennemis, lacérés et tailladés par son acier, laissés pour mort dans leur propre flaque sanguine et souillée. Du moins, c’était le tableau que lui avait dépeint son aïeul du boucher de Kelbourg. Et ce n’était pas pour plaire à Louis, lui qui était l’amant principal de la paix et de l’ordre. Pour l’heure, Thibaud ne rendait pas honneur à sa description que Charles lui avait narrée, il se montrait plutôt de bonne compagnie. Vraiment. Contrairement aux autres pompeux de la cours, à ceux qui mâchaient les mots pour les rendre moins âpres, à ceux qui peinaient à dire la vérité à leur suzerain, quand bien même fut-elle exigée par icelui, Thibaud se montrait d’une franchise irréprochable. Sa grossièreté ajoutait à cette qualité un quelque chose d’amusant et de dépaysant, de comique même!

Alors il irait, vraiment ? L’Armageddon de Sainte-Berthilde serait relâchée contre Gaston, voilà qui manquerait d’esprit sportif, la joute serait inégale, pardi. Pour le moment, le chien se devait d’être gardé en laisse, c’était franchement plus prudent et, les nouvelles d’Odélian manquaient pour réellement être en mesure de comprendre comment avait évolué le conflit.


« On dit des croulants qu'ils vivent encore car ils ont apprit à survivre. J’imagine que Charles sait ce qu’il fait, car il a tout à perdre et si peu à gagner … »  Lança Louis, en s’essuyant le bec du revers de sa manche, avant d’étancher sa soif d’une gorgée bien goulue de liqueur.

La dernière tirade de son comparse avait quelque chose à donner froid dans le dos, car à y voir le sérieux de son regard, rien n’y personne ne saurait barrer son chemin lorsqu’il viendra le temps de mettre en place ses menaces et promesses envers le Médian.

Et l’heure du manger acheva, laissant place à quelques soudards qui levaient toujours le coude dans l’espoir de réchauffer et leur âme et leur corps à la fois. Tantôt ricaneuses, les voix s’élevaient à l’unisson lorsqu’un groupuscule de soldats s’appropriait le couvre-chef de bouffon de fortune. Alors le crépuscule n’était plus, la nuitée était belle et bien installée, laissant danser allègrement toutes les nombreuses flammes des feux de camps. Certains sommeillaient, étendus sur leurs capes, à se faire griller les pieds près des âtres, tandis que d’autres usaient de leurs voix pour le peu d’occasions qui se présentaient à eux, pour faire belle représentation de chants militaires. Bien que les propos n’enchantaient que rarement le marquis, il fallait l’avouer, une fois trempé dans l’ambiance qu’emportait avec elle un convoi militaire et armé, les mots : mort, guerre et bataille semblèrent pure poésie.

La nuit serait courte, car l’esprit festif des hommes présents ne semblaient pas vouloir s’essouffler. Pourtant, il fallait bien dormir. Demain, Serramire serait gagnée par le convoi et d’autres événements étaient à prévoir.

Il fallait dormir.



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