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 Quitter sa terre... [Astoria]

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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Quitter sa terre... [Astoria]   Mar 7 Mar 2017 - 20:03

Quitter sa terre...









Dites comme ils sont dans le passé,
Ces souvenirs d’argent et d’or fleurdelysés.

Mais comme en ce soir noir, ils suscitent dans l’âme
Avec toutes les forces du regret,
La mémoire perdue, en des forêts,
Mélancoliquement, où l’ennui brame ;
Si la raison avec solennité
Vous carre en son fauteuil d’inbougeabilité,
Je suis celle des surprises fécondes
Qui vous conseille avec amour, d’aller
Vous-même enfin vous retrouver,
Là-bas, dans votre fuite au bout du monde.





Quitter l’Apreplaine était une chose aisée. Les routes y étaient relativement sûres, bien entretenues et la population rurale était méfiante mais brave. On n’y accueillait pas à bras ouverts mais le temps de la suspicion initiale passée on recevait avec charité. Les terres royales avaient toujours été un lieu conservateur et prospère. Une sorte de havre où une autorité toute puissante mais juste déclinait vers une noblesse de terrain des besoins simples : assurer la paix et la prospérité pour fournir les capacités à la Couronne de mener à bien son action sur tout le royaume.

Il fallait être brave pour s’échapper de ce cocon rude mais codifié qu’était les terres royales. Ces dernières années et ces derniers mois avaient été particulièrement durs mais la situation s’était quelque peu régularisée. Si l’arrivée d’une masse importante de réfugiés provenant de la capitale toute proche avait mis bien des difficultés dans le pays, ce dernier s’en sortait plutôt bien et cela malgré l’hiver rude qui se profilait. Lorsqu’on avait eu la chance de vivre dans la prospérité pendant des décennies mais avec la conscience de la chance et du travail nécessaire pour y arriver, on se serrait les coudes pendant les années difficiles sachant qu’on repartirait plus fort au moment du retour à un régime moins laborieux.

La neige était tombée durement sur l’Apreplaine. Comme à chaque hiver. L’hiver y était froid, l’été y était chaud, et les intersaisons étaient très agréables. Un automne particulièrement clément avait cédé le pas à un hiver bien plus rude. Mais là encore l’on avait suffisamment anticipé pour éviter le pire. Les cultures tardives du sud et de l’ouest du Garnaad avaient fait un appel d’air pour la constitution de surplus. A cela s’ajoutait qu’un certain régime de carence s’était organisé sous l’exemple de la noblesse, et l’on consommait moins que les années précédentes.

Mais tout cela ne souciait certainement que peu les voyageurs de la route du nord. Cette route importante qui reliait la face ouest de la Péninsule et que remontait jusqu’en Erac. Elle passait naturellement par tout le nord du Garnaad pour arriver ensuite dans le Médian et finir au duché d’Erac et à la ville éponyme. La route était longue, et n’était pas entretenue avec la même consistance d’un bout à l’autre de la tortueuse trajectoire qu’elle prenait au travers des terrains qu’elle traversait. Son utilisation plus importante que ceux pour quoi elle avait été initialement envisagée était également un véritable problème. Mais il devait être intéressant et fascinant pour les voyageurs qui remontaient cette route de voir tant de marchands, tant de voyageurs suivre ou croiser ses propres pas.

Le paysage au sortir de l’Apreplaine était celui que l’on retrouvait presque sur tout le territoire de l’Apreplaine, à savoir une vaste plaine relativement vallonnée et densément peuplée. Les villages se succédaient les uns aux autres, l’essentiel du territoire était exploité pour le bétail ou pour des cultures céréalières. Le reste n’était que de vastes forêts dont l’exploitation des ressources allait également bon train.

Ce paysage se changeait rapidement en une grande lande bien plus désolée au fur et à mesure que l’on traversait la baronnie de Castel-Pic. Cette dernière n’avait pas réalisé les mêmes travaux d’habilitation que l’Apreplaine avait menée et l’état naturel des lieux était bien plus proche de la réalité historique et climatique des lieux. Il s’agissait d’une grande lande, assez rude, et où les principales ressources étaient potagères ou d’un artisanat plus raisonnable. De grandes forêts de pins étaient aussi exploitées, surtout pour le bois d’allumage pour la résine et l’essence qu’on pouvait en tirer.

Plus au nord, et alors que l’on entrait dans le médian, la plaine se transformait en une série presque continue de pâturage et le relief devenait plus découpé. Les montagnes du centre de la Péninsule, maintenant bien plus proches, étaient visibles mais bien plus qu’à l’horizon. On pouvait croire aisément qu’il ne fallait que quelques heures pour les rejoindre, même si la réalité était tout autre.
Là en revanche la misère était bien plus avancée. Christabel avait tout perdu durant la guerre civile. Les batailles terribles qui s’y étaient déroulées et qui laissaient des traces encore visibles dans le sol autour de la ville principale avec son lot d’épieux, de lances et autres flèches plantées dans le sol. Certains cadavres d’animaux, en particulier les chevaux, avaient été laissés sur place par la population locale, trop occupé à survivre et leurs squelettes esseulés laissaient une drôle d’ambiance.

De toute manière c’était le passage obligé vers le nord. Mais c’était en arrivant à Christabel que l’on pouvait constater que le malheur allait aux vaincus. Ainsi la baronnie qui avait perdu sa noblesse royale et qui avait été rattachée au Médian subissait également de plein fouet l’état de presque faillite que son territoire suzerain, plus au nord, lui imposait par ricochet. Les gens étaient là aussi braves, et bien qu’ils reluquaient avec une certaine envie à ceux qui avaient réussis à rester dans les anciennes terres royales, ils s’étaient résolus à faire contre mauvaise fortune bon cœur et tentaient de tenir malgré les difficultés.

Plus au nord encore, alors que l’on rentrait plus profondément dans le médian, la situation était plus difficile à juger. De nombreux grands travaux étaient toujours en cours, dont l’extension de ports ou de nombreux ajouts à des fortifications militaires. L’on ne savait en revanche si la pauvreté massive et l’état de faillite de plus en plus prononcée du sud n’était pas lié en partie à ces efforts conséquents demandés au nord.

Les chantiers ne tournaient néanmoins pas avec une grande vélocité. Il fallait dire que la chancellerie de la Ligue n’était pas très favorable à la poursuite des travaux dans le mauvais élève économique de la Ligue. Et si le pouvoir politique local était visiblement décidé à continuer vent debout, on sentait que ni l’argent ni l’administration générale de la Ligue ne semblaient disposées à favoriser la poursuite de ces chantiers. A ce titre l’activité de ces villes et leur moral étaient en demi-teinte.

Tout cela représentait néanmoins des paysages, des lieux et des conditions bien différentes de ce que notre aventurière en devenir avaient pu trouver dans son Apreplaine natale.

Vint ensuite l’Erac, encore plus au nord. Et le premier village Eracien dans lequel le commerçant fit halte était un petit village visiblement une halte connue des voyageurs et dont la fonction première était de servir le gite et le couvert à ceux remontant vers Erac. Plusieurs auberges avaient pignons sur rues, chacune avec leur propre niveau de confort, et naturellement de prix.

L’auberge choisie n’était pas la plus luxueuse, mais n’était pas non plus la plus miteuse. C’était visiblement un établissement de bonne famille où de nombreux marchands avaient leurs habitudes. On retrouvait des rires, des chansons, de la musique. Une atmosphère chaleureuse qui ne laissait pas nécessairement présager du mauvais état des affaires de chacun.

Certains discutaient des circonstances économiques, beaucoup discutaient affaire entre deux pintes. Mais l’essentiel ne parlaient que de sujets assez généraux ou se racontaient des histoires. Quelques-uns parlaient de politique, mais c’était là bien rare. Bref, une atmosphère tout à fait standard d’une auberge de marchand et de passage tout à fait standard. La nourriture y était assez copieuse, pour ceux qui devraient bientôt affronter la neige, mais abordable en prix. L’alcool étaient d’une facture plus douteuse, à savoir qu’il n’était pas bien fort, mais à un prix encore plus abordable.

Peu de femmes dans ce monde d’homme de passage. Et si certains regards un peu intéressés se firent sentir, aucun n’étaient indécents. Ces hommes devaient pour la plupart avoir de la famille au foyer, et si une jolie jeune fille était toujours un spectacle d’intérêt pour ces gens qui n’étaient pas tous très bien élevés, cela restait bien plus poli que d’autres endroits. Surtout que la matrone de service, une bonne maman à la poitrine imposante se tenant derrière un petit bureau à l’entrée de l’auberge, avait un œil sur ses clients. On sentait que l’action se passait dans l’auberge de l’entrée du village, devant laquelle ils étaient passés quelques temps auparavant, et où visiblement des gens moins raisonnables et moins recommandables faisaient leur soirée. Peut-être la jeune femme y ferait-elle un tour si elle souhaitait voir des choses moins convenues ?

Dans tous les cas le diner fut prompt et bon, et l’ami de la famille laissa la jeune fille rapidement, harassé par une journée à devoir conduire son char et à tenir à l’œil ses marchandises. Chacun avaient sa petite chambre, qui devait être très simple mais confortable, très certainement une paillasse bien réalisée, et une armoire, un miroir et un pot de chambre.

Abandonné dans la petite foule de l’auberge, bien des options se profilaient à la dame si elle souhaitait discuter. Au comptoir l’on parlait politique de la Ligue et de la Diète avec force. Un homme en particulier avait visiblement des idées bien arrêtées. Plus loin un groupe hétéroclites jouaient à un jeu de société, et échangeaient des histoires sur des territoires lointains qu’ils avaient parait-il visités. Dans un coin un jeune couple n’avait d’yeux que l’un pour l’autre et gloussait, au grand désespoir visiblement du vieil homme qui essayait de tenir un livre de compte à la table d’à côté. Dans un coin un jeune homme dinait seul, il échangea l’un ou l’autre regard avec la jeune femme sans réellement la guetter.

Bien des options pour que la jeune aventurière débute effectivement ses aventures… Irait-elle discuter avec l’un ou l’autre, souhaiterait-elle aller voir de plus près à quoi ressemblait le dessous du panier dans l’auberge de l’entrée de la ville, irait-elle se coucher pour faire passer plus vite le temps et arriver dans quelques heures d’éveil à Erac, la grande cité des ducs, où ferait-elle encore autre chose ?

L’avenir nous le dira certainement…

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Astoria Guhur
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MessageSujet: Re: Quitter sa terre... [Astoria]   Mer 22 Mar 2017 - 21:41


Un frémissement, une secousse, le bois cède un craquement mais demeure toujours fièrement résistant, habitué à subir ce genre de traitements. Le mouvement se fit cependant plus vif cette fois ci et ce fut donc l'intégralité du chariot qui manifesta sa désapprobation dans un grand couinement lorsque les chevaux s'arrêtèrent. La jeune femme allongée à l'arrière effectua immédiatement une roulade de côté, un réflexe qui lui fut salvateur car un plastron de métal vint s’écraser sur le bois, à l'endroit même où elle se tenait quelques instants auparavant. Plus qu'un réflexe, il s'agissait surtout d'une habitude, un instinct de survie qu'elle avait rapidement dû développer pour éviter de se faire de nouveau réveiller brutalement par une marchandise instable à chaque arrêt. Chaque grosse secousse pouvait être synonyme d'une chute imminente, la jeune femme était donc contrainte d'avoir le sommeil agité.

Sous quelques mèches blondes particulièrement désordonnées, Astoria ouvrit des yeux encore abrutis de sommeil sur un plastron qui avait lamentablement raté sa cible. Elle se redressa, curieuse de pouvoir jeter un coup d’œil sur ce qui avait pu provoquer un tel arrêt. A sa grande surprise, ils n'étaient pas dans un milieu urbain, mais en pleine campagne. Gaston qui tenait les rênes de ses chevaux, faisait signe à un autre maître de chariot qui, au vu de l'état de sa cargaison, avait dû momentanément perdre le contrôle de ses bêtes. Rien de particulier, la jeune femme plongea de nouveau sous sa laine. Avec leur trajet, il n'était en effet pas rare que le duo soit contraint de dormir à la belle étoile, et la jeune aventurière devait donc se reposer la journée pour pouvoir monter une garde efficace la nuit. Après avoir replacé le plastron et réajusté la sangle défaillante, Astoria s'allongea à nouveau tandis que la marche des quadrupèdes reprenait.


***


Le cri d'un enfant dans le lointain, l'odeur salivante de la viande qui envahissait l'air mêlée à l'odeur putride des écuries qui n'étaient pas bien loin. C'est dans une petite bourgade sans prétention que le duo fit halte pour la nuit. Les établissements étaient assez nombreux, l'activité économique du coin devait être importante, et elle le serait sans doute bien plus lorsque l'hiver allait commencer à montrer les crocs et que des voyageurs frigorifiés feraient leur apparition en quête d'un abri chaud.

Gaston et Astoria prirent leur repas dans l'une des auberges, un repas qui se voulut particulièrement riche en viande. Il s'agissait là d'un luxe dont la jeune femme raffolait particulièrement, elle en avait été privée pendant des années, et cela lui avait appris à l’apprécier davantage.

L'ambiance était typique de ce genre d'endroits. La musique se mêlait au bruit des différentes conversations, rires et autres onomatopée légèrement plus bruyante que les autres. La lueur vacillante des torches venait achever cette ambiance chaleureuse et assez accueillante pour un endroit inconnu. Les regards ne se voulaient pas foudroyants, les étrangers n'étaient semblait il pas traités de manière hostile dans la région, leur venue était courante au vu de la disposition géographique de la bourgade. Écrasé de fatigue, Gaston laissa Astoria seule pour rejoindre sa couche à l'étage. La jeune femme l'observa monter les escaliers avant de reporter son attention sur le reste de la salle. Il pouvait être intéressant de se mêler à certains groupes, conversations sérieuses ou non, il y avait toujours quelque chose à apprendre, et parfois juste sur les clients eux mêmes.

La jeune femme se leva et se dirigea vers un groupe attablé autour d'un jeu qu'elle ne connaissait pas.

Mais c'est pourtant bien vrai, gros comme ça qu'il était ch'bestiau !

L'un des trois hommes écarta les bras aussi loin que sa petite allonge le lui permettait tandis que ses deux camarades éclataient de rire.

Astoria se glissa derrière lui, attrapant l'une de ses mains et lui mordit délicatement le pouce. L'homme eut un cri de surprise et s'écarta aussitôt d'elle, la fixant comme s'il s'agissait d'une sorcière lui ayant jeté un mauvais sort. Elle étouffa un léger gloussement avant de se présenter poliment en s'inclinant légèrement.

Astoria Guhur, fille du grand forgeron Guhur d'Apreplaine et aventurière ayant jeté son dévolu sur cet établissement pour la nuit.

Le mordu continuait de la fixer.

Je n'avais jamais vu ce jeu auparavant, je viens donc vers vous afin de m’enquérir de ses règles, si vous me le permettez.

Elle fut invitée à prendre place autour de la table et elle s'installa donc confortablement sur l'une des chaises à dossier. Le jeu se jouait avec des dés, mais certains étaient différents du format classique à 6 faces et en possédaient bien plus. D'autres encore ne comportaient pas d'inscription numérique, mais de petits dessins, des animaux pour la plupart ou autre représentation symbolisant objets ou ustensiles. Pendant l'explication, Astoria remarqua l'homme qu'elle avait mordu tenter d'observer discrètement la marque qu'elle avait laissé sur son pouce et gloussa intérieurement.

Le trio proposa à la jeune femme de se joindre à eux le temps d'une partie d'essai sans parier le moindre gain. Elle accepta avec joie et fut surprise de faire preuve d'une chance particulièrement récurrente sous les exclamations de ses partenaires de table. Les dés étaient une manière assez agréable de faire intervenir physiquement le hasard, et Astoria éprouva rapidement le désir d'en posséder un. Elle proposa alors à ses compagnons de leur acheter un dé pour quelques piécettes. S'ils refusèrent de lui céder ceux qui avaient été taillés en ivoire, elle réussit cependant à récupérer un modèle plus sobre en bois qu'elle décida rapidement de conserver très précieusement.

Après ces quelques instants passés à cette table de jeu, Astoria congédia ses partenaires dans l'optique d'explorer un peu plus l'endroit. Son regard parcourut l’intégralité des tablées et en croisa soudainement un autre. Instant fugace que ce contact visuel qui n'en restait pas moins une merveilleuse étincelle à mi chemin entre l'envie et la curiosité. C'est donc à la table d'un jeune homme que l'aventurière décida cette fois ci de s'installer. Elle y fut accueillit avec un grand sourire et une énergie qui se voulait débordante. L'émoustillement des premières paroles échangées et ces yeux vifs et agiles firent rapidement comprendre à la jeune femme que son nouveau partenaire de table possédait une volonté puissante. La curiosité d'Astoria mena au récit endiablé et sans doute par endroit romancé de cet apprenti charpentier, une voie certes sobre mais bien plus stable que la sienne. Il s'agissait là d'un art comme un autre, et il pouvait paraître tellement merveilleux avec les mots qu'employait ce jeune rêveur bien plus érudit que son statut premier n'aurait pu le laisser penser.

Une main et une jambe se frôlent délicatement, presque par erreur. Si les mots sont les acteurs premiers de cette scène, les deux jeunes gens y jouaient en réalité un jeu bien différent et Astoria s'y livrait sans retenue. L'énergie positive que le jeune homme dégageait lui avait même fait oublier le reste de l'auberge. Et elle espérait particulièrement qu'elle lui faisait le même effet, ce qui semblait peu probable au vu de l’envahissant enthousiasme qu'il déployait.

Le repas se termina finalement avec un apprenti qui se devait de rejoindre son maître et de préférence sans délai supplémentaire. Peu importe, elle avait bien profité de ce qu'il avait voulu lui partager. Sa main effleura un instant la joue de la jeune femme avant de finir sur un adieu tonitruant et une présence déjà disparue. Le calme entoura de nouveau la jeune Guhur, heureuse de constater qu'elle était en mesure de rencontrer ce genre de personnes. Même si l'idée d'exprimer sa créativité au travers d'un art pouvait sembler alléchante, Astoria ne pouvait concevoir le sédentarisme et l'isolement évident qui en émergeait. Elle ne vibrait pas par l'expression de son âme, mais par ce qu'elle pouvait lui faire ressentir. Et quoi de mieux pour continuer de stimuler constamment son plaisir sans aucun risque d'une quelconque habitude que de l'engager sans cesse sur des voies inconnues.

Sur ces dernières pensées, la jeune femme se leva et constata l'endroit qui se vidait peu à peu à mesure que l'heure du sommeil approchait. Elle emprunta donc les escaliers pour se diriger vers sa chambre avec la ferme intention de tenter d'y dormir malgré sa sieste diurne. Après plusieurs lancés de dés dans un défi contre elle même et quelques dernières pensées envers un certain jeune homme, elle s'installa sur sa couche. Son poids soudain généra une certaine désapprobation de la part de ce qui devait la soutenir. Un frémissement, une secousse, le bois céda un craquement, mais il n'osa pas réitérer l'action en question, de peur de courroucer celle qui devait déjà subir ces parasites sonores lors de ses sommeils en chariot.

Ce n'est qu'une fois envahie par le sommeil qu'Astoria eut la possibilité de se venger, tranchant de sa lame tous les arbres du monde dans ce royaume mental qui n'était rien qu'à elle.
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MessageSujet: Re: Quitter sa terre... [Astoria]   Jeu 23 Mar 2017 - 21:59

La nuit était d’un calme olympien. Il fallait dire que la situation géographique et la démographie du hameau ne se prêtaient guère à une grosse activité nocturne. Pourtant au cœur de cette nuit si tranquille un évènement allait certainement changer le cours de l’existence de la future aventurière. Il fallait dire que la chose était très singulière.

Sur le coup de minuit un bruit réveilla notre aventurière. Il y avait du bruit dehors. Un cheval qui marchait au pas. Dans un silence presque de mort cet animale remontait la route. Il avait fallu bien de la chance pour qu’elle entende la chose. Certainement devait-elle être la seule dans tout le hameau. Le cheval s’arrêta en silence devant l’auberge et un petit bruit de grattement se fit entendre. On s’annonçait avec discrétion à la porte.

Dans les profondeurs de l’auberge, un plan machiavélique était à l’œuvre. On marchait dans l’escalier sans aucun doute mais avec une légèreté de pas absolument pas honnête. Quelque chose se préparait dans le silence et dans la pénombre de l’établissement. Derrière la porte, la lueur d’une bougie qui passait pour continuer vers l’escalier du fond. Des chuchotements à peine audibles venaient du couloir.

Si Astoria trouvait le courage et la force de se lever et d’écouter à la porte, elle entendrait certainement les paroles prononcées par le funeste personnage accompagnant l’aubergiste :


« - Personne n’en saura rien. Je serai discret, il étouffera dans son sommeil. Rassure-toi. Pense à ta femme … Si tu veux qu’elle revienne… Alors ? Ou est-il ?

- Dernière porte à l’étage supérieur… »


Les pas s’éloignèrent alors avec les paroles. Une marche d’escalier grinça doucement. Ils montaient à l’étage.

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