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 Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]

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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Jeu 9 Mar 2017 - 20:20



Sept-Centième année du Dixième Cycle
À l'aube de la bataille d'Uraal
Cité de Daranovar


Une goutte de carmin glisse le long de ton flanc, quittant ta dernière côte pour gagner l'ourlet de tes pantalons. Te plat de tes chausses râcle le sol, tôt suivi des doigts de ta main gauche, avalant ce qu'il reste d'élan de ton dernier saut. Maltlin sourit avec fierté, forçant ses narines à se dilater pour véhiculer l'air que ne conduisent plus ses lèvres. Vous êtes tous les deux tendus à vous en rompre les ligaments, les yeux plongeant dans le regard de l'autre, en attente de l'indice qu'ils donneraient quant aux prochains mouvements. Ton adversaire le premier brisera l'immobilité, cinglant l'atmosphère des griffures destinées à ta peau. Ton sceptre fait deux tours, cueillant au passage les rafales rendues visibles par la poussière déjà depuis longtemps levée, claque contre le sol faute de s'y enfoncer et soulève ton poids, en levier de fortune. Le bout de métal te rejoint à travers les airs et siffle ton échec. Tu es agile, mais l'élémentaliste l'est tout autant. Le vide éclate devant toi, te soufflant loin de ton adversaire, à une distance à laquelle il se sait être seul et unique chorégraphe de l'affrontement.

- Tu tiens bien jusque-là Artiön, mais ça risque d'être différent avec trente kilos d'armure sur les épaules.
- Tu verras quand Cìryon aura terminé ton armure, on a vite fait de l'oublier !

Tu engages ta remontée vers le mage, veines apparentes, ta peau d'albâtre rougie par le sang courant à toute vitesse au ras de l'épiderme affiné par ton état de congestion. Pour vous les soldats de Daranovar, et en particulier les mages de guerre, l'entraînement est un jeu sans l'être, une danse potentiellement mortelle durant laquelle chaque artiste essaie de porter ses pas le plus loin possible sans interdire à son partenaire l'accès au prochain numéro. Lorsque tu t'élances vers Maltlin renforcé par tes propres arcanes, lorsque les vents qu'invoque Maltlin se chargent en échardes gelées, c'est car vous avez tous les deux conscience qu'il est des temps où l'on ne peut se permettre le luxe d'épargner son adversaire.

Une rotation contre-horaire de ton arme brise un projectile de givre et ta main libre se tend vers l'avant dans un geste désespéré. La magie semble se rassembler dans ta paume, l'énergie déplacée se focalisant en un point lumineux que ton ultime acte aura précipité au contact du jeune blond. Le choc résonne à travers les flux d'éthers, les lames aériennes qui t'étaient destinées meurent en chemin alors que le duelliste s'écroule, pris d'une fulgurante léthargie.

Mettre un pied devant l'autre n'est jamais aussi difficile que lorsque l'on vient de sortir gagnant d'un duel. C'est donc avec la lenteur que peuvent se permettre les vainqueurs que tu traînes ta carcasse auprès de celle de ton frère d'armes, prenant le temps qu'il faut à ton corps cherchant maintenant à s'économiser pour inverser ton sortilège et sortir l'élémentaliste de son coma.

- On ferait mieux de se dépêcher d'aller aux bains, tu sais ce qui arrive lorsqu'on fait trop attendre le forgeron avant le repas.

~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~

Il était habituel de voir les tables manquer à Tyev'Valin (*goût de bonheur ) en cette période de l'année. La période de fruitaison des baies de montagne était aussi celle où la Main Armée de l'Anaëh abandonnait sa renommée en tant que pinnacle de la culture militaire pour enfiler quelques temps son costume de cuisinière ; et Tyev'Valin était réputée par delà les frontières du Protectorat comme possédant le secret des meilleures recettes à base de baies sauvages de tout le plateau montagneux Sud de l'Anaëh.
Chaque année, lorsque vous en aviez la possibilité, durant les quelques ennéades de la saison, Cìryon, Maltlin et toi aviez pris l'habitude de vous rejoindre pour souper à l'auberge. Malheureusement, force d'entraînements s'allongeant dans le temps pour vous les mages ou d'alliages plus coriaces que de raison pour le forgeron, il vous était par le passé souvent arrivé de vous trouver forcés de manquer à la tradition, faute de place ou de denrées.
Ce n'était plus un problème maintenant que les saisons avaient plusieurs fois tourné. Yavana s'était habitué à voir votre petit groupe au point de se prendre d'affection pour les trois elfes tant friands de ses plats et par conséquent, voilà plusieurs années déjà qu'une table vous était réservée durant les jours d'affluence comme celui-ci. Une table qu'elle servait à présent sans même que vous ayez besoin de passer commande. Une table assez proche du comptoir pour qu'elle puisse à l'occasion échanger quelques mots avec vous.

- Et ce duel finalement ? Comment est-ce que ça s'est passé ?

Cìryon savait la question épineuse, l'un comme l'autre de ses amis présents possédant un orgueil gonflé par l'esprit de compétition qu'entretenait leur position en tant que deux mages-guerriers les plus prometteurs de leur cru. Une grande gorgée de liqueur de Leoras ne rendrait les inutiles débats qui s'en suivraient certainement que de meilleur goût à ses papilles... si seulement ils pouvaient en arracher la saveur de la farce de légume de Yavana.
Maltlin et toi saviez le forgeron taquin, et ne comptiez pas tomber dans son piège, ou du moins pas cette fois. Alors plutôt que de tout de suite désigner vainqueur et vécu, vous vous étiez chacun laissé aller, l'un après l'autre, à décrire, sans manquer de la parsemer d'exagération, l'épique bataille qui vous a mis l'un face à l'autre.

- Désolé Grawmîn, mais j'aurais parié sans hésiter sur la victoire de Maltlin. Il faut dire que ce n'est pas bien souvent qu'on entend parler de guérisseurs passant à l'offensive, alors qu'un élémentaliste...
- Je ne sais pas si c'est Artiön qui doit se vexer du peu de confiance que tu mets en lui, ou si c'est moi qui doit être froissé d'avoir été surpris par un Mage de Vie.
- Les deux Nincilòs (*petite fleur), les deux.
- C'est à se demander ce que nous trouve le grand forgeron que tu es.
- Aussi étrange que ça puisse paraître, vous faites d'excellentes muses tous les deux.
- Et bien si ce n'est pas adorable !

Et passant du rire au drame, la franchise soulignée par le Leoras vous faisiez votre soirée.

_________________


Dernière édition par Artiön Sinyàra le Mar 6 Juin 2017 - 20:45, édité 1 fois
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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mer 15 Mar 2017 - 17:50

Un fin sourire se dessina sur le visage du lieutenant alors qu'il posait pieds à terre, regardant la grande cité de Daranovar de ses grands yeux clairs. Déjà ils étaient arrivés à leur première destination et, sur les six membres qui l'accompagnaient, il en laisserait une regagner sa famille et jouir de la vie au cours des prochains mois. Il se tourna ers sa monture, la gratifiant de petites tapes amicales sur le cou, tout en regardant discrètement la jeune femme aigle qui s'était vue accorder une permission sans même réellement en demander. Laliëna avait en effet appris qu'elle était enceinte quelques ennéades après avoir repris du service, aussi ses supérieurs n'avaient aucunement hésité à la renvoyer chez elle en même temps que le prochain convoit d'aigles en permission partirait. Et Neraën était autant de ceux qui avaient pris cette décision que de ceux qui avaient la chance de pouvoir retrouver l'espace de quelques courtes ennéades leur famille. Et qu'avait-il hâte ! Cela faisait des mois qu'il n'était pas rentré en Eteniril et ses parents comme amis lui manquaient cruellement. De plus, pour une fois, il avait en cette période un évènement à fêter avec eux, un que son père n'aurait pas voulu râter, pour une raison qu'il ne comprenait pas spécialement... Il espérait aussi qu'il pourrait retrouver son ami druide Tinrael, prendre de ses nouvelles ainsi que de la noss dont il provenait.

Il se força un instant à penser à autre chose, revenant à l'instant présent. Ils étaient tout juste arrivés dans la première cité et, tant qu'il n'aurait pas déposé tout le monde chez lui et se serait dévêti de l'uniforme de l'armée royale, il restait un lieutenant de l'armée d'élite et devait se comporter comme tel en chaque instant, surtout devant le peuple elfique. Enfin... montrer l'exemple ne voulait-il tout simplement pas montrer son corps de métier tel qu'il était, avec ses moments sérieux et les autres ? Parce qu'il faudrait qu'ils fassent une entorse au sérieux ce soir, ils ne pouvaient pas faire autrement ! Non, vraiment pas...


~~~~~~~~


"Hé bien ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de monde dans cette taverne...
- En même temps, vous avez choisi Tyev'Valin dans la période de fruitaison des baies de montagne, lieutenant. Il ne pouvait en être autrement, les mets du tavernier sont tout simplement délicieux !
- C'est à se demander pourquoi vous vous êtes engagée dans l'armée royale, Laliëna. Si ce que vous dites est vrai, je serais resté ici pour profiter de la nourriture.
- Et de la boisson !"


Neraën releva les yeux vers celui qui venait d'arriver, un grand sourire aux lèvres et des pintes plein les mains. Content d'avoir pu trouver une table suffisante pour sept personnes ainsi qu'avoir pu discuter avec le tavernier lui-même, Aelian distribua la boisson à chacun tout en racontant une histoire de chez lui, faisant rire tous ses frères d'armes.

"Voulez-vous que je vous aide Aelian ?
- Moi ? Non, noooon... Contrairement à certains qui seraient bien restés dans une cité juste pour la nourriture, personnellement je me sens très bien chez les Aigles ! On travaille bien et le reste du temps on peut rire avec des blagues pas drôles - de mon cru, s'il-vous-plaît ! - ou en faisant peur aux nouveaux. D'ailleurs je me rappellerai toujours de la tête de Lendianeth lorsque...
- Oh ! Tu vas encore la raconter celle-là ?!
- Ils ont terminé le test, je peux...
- Non, non et non !
- Lendia', du calme, pas ce soir. Aelian, si vous voulez raconter comment s'est passé l'entrée en service de vos chers camarades, je me ferai tout d'abord un plaisir de raconter comment je vous ai vaincu dans un duel de combat de feuilles et comment vous avez râlé lorsque je me suis retrouvé être votre lieutenant, visiblement plus sérieux que l'ancienne.
- Hum... Oui c'est vrai, je dois avouer avoir eu peur pour mon sens de l'humour. Et finalement c'est l'autre lieutenant qui m'inquiète à ce sujet.
- Enfin soit ! Amis, il est l'heure !"


Neraën se leva de table, tenant sa pinte à la main, un sourire presque sérieux aux lèvres et un air malicieux ornant ses grands yeux bleu clair. Il attendit que tous les siens le regardent, notant au passage que plusieurs paires d'yeux s'étaient tournées vers leur table malgré le fait que la salle soit bondée. Peut-être avait-il entonné sa phrase avec un peu trop d'entrain, mais cela ne l'empêcha pas de continuer dans le rituel qu'il commençait seulement à lancer. Il fit tout de même attention à ne pas parler trop fort.

"Pour une fois dans la soirée, je vais revêtir le sérieux dû à mon rang ; aussi je vous demanderai de ne pas m'interrompre pendant mon interminable discours. Il posa son verre sur la table avant de reprendre, cette fois-ci avec la mine grave. Nous sommes tous frères, que ce soit de sang comme d'armes. Nous faisons tous partie d'un même corps d'armée, d'une même fratrie, et où que nous soyons, à partir du moment où nous portons l'uniforme nous nous engageons à garder ce fait en mémoire et à apprendre en chaque instant à mieux nous connaître pour mieux nous entraider. J'espère que tous ici, que vous m'ayez pour lieutenant ou bien mon cher confrère encore de service, l'avez ressenti dès votre arrivée dans nos rangs.

Quoi qu'il en soit, ce soir pose une première étape du voyage que nous effectuons pour rentrer dans nos familles respectives. Nous sommes en permission et avons l'honneur de ramener chez elle notre soeur Laliëna qui est, puisse Kÿria la bénir, enceinte. Pour ceux qui ont leur première permission avec nous, sachez que nous sommes plusieurs à avoir tendance à fêter cette permission ensemble lors de la première étape, alors que nous sommes tous encore présents. Un au-revoir fraternel, en somme. Un au-revoir qui s'accompagne également d'un jeu connu en Eteniril, qui s'appelle le "pot pourri". En plus de votre pinte se trouve devant vous un verre dont vous n'avez pas le droit de voir le contenu, donné au hasard. De la bonne boisson - sans alcool pour madame - sauf pour l'un d'entre eux. Le but pour celui qui se retrouve avec le pot pourri est de ne pas le montrer, pour les autres le but est de trouver qui est tombé dessus en le dévisageant. Bonne goulée et bon courage. Santé !"


Le lieutenant leva son propre verre, imité timidement par ceux qui ne connaissaient pas ce jeu idiot - comment avaient-ils pu imaginer qu'ils n'auraient pas le droit à une idiotie de ce genre, avec lui, en même temps ? -, et but. Avec satisfaction il vida son verre d'une traite, heureux de ne pas être tombé sur la mixture peu ragoûtante qu'il avait préparée avec Aelian. Puis il fit attention à chacun de ses soldats tout en riant de la grimace que faisait Lendianeth... Tylvith lui donna une tape sur l'épaule pour l'aider à passer ce mauvais instant, riant de concert avec les autres.

"C'est pire que sucré ce truc !
- Nous nous sommes inspirés d'une recette humaine que nous avions entendue. Ravi qu'elle te plaise !
De nouveaux rires.
- Et maintenant, si nous buvions de la vraie boisson pour l'aider à faire passer le goût ?
- Bonne remarque Tylvith !
- Puisse la Mère veiller sur nos pas et nous garder vaillants le plus longtemps possible."


Tous reprirent sa phrase et portèrent la boisson quelque peu sucrée mais surtout amer, comme les Elfes pouvaient apprécier la nourriture, à leurs lèvres. Une boisson bienfaitrice pour... pour... Neraën mit un temps d'arrêt tout en buvant, son cerveau mettant une extrême lenteur à comprendre ce qu'il était en train de boire, avant de subitement recracher la boisson dans le conteneur tout en s'en projetant plein dans le visage. Des rires éclatèrent dans toute la tablée alors que le lieutenant peinait à reprendre contenance. Le guerrier attrapa la chope de son voisin et la but à pleine gorgée afin de faire passer le goût horrible qu'il avait dans la bouche.

"Joyeux anniversaire lieutenant !"

Les cons, ils avaient fait un second pot pourri... Tout en s'assayant sur le banc, Neraën insultat gentiment ses frères d'armes avant d'éclater de rire. Ils étaient bien beaux ainsi, ils étaient bien beaux !

Autour d'eux, pratiquement tous les elfes assis non loin s'étaient tournés vers cette bande d'énergumènes heureux de se retirer le temps de quelques semaines du service. Bonheur qui ne durerait que trop peu de temps...
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Dim 19 Mar 2017 - 23:41



- ... Et c'est comme ça qu'il a...
- Cassé son marteau, tu nous l'as déjà racontée il y a deux ans.
- Déjà deux ans ? C'est que le temps passe vite quand on est en bonne compagnie...
- Un jour il va sérieusement falloir qu'on réalise que quel que soit le temps qui le sépare du premier, le second verre reste mortel pour le cerveau de notre pauvre petit forgeron.
- Je vous aime les amis, j'espère que vous le savez ça.
- Ça va Maltlin, c'est à peine une fois tous les deux ans, et personne ne court aucun danger. Tu peux bien lui laisser ce petit bonheur.
- C'est vrai que de toute façon, sobre il est tout aussi désagréable donc tant qu'à faire...

Les clameurs vont et viennent à travers l'établissement. De temps en temps un rire gras remplit l'atmosphère, parfois pris en écho par une voix rendue cristalline par la comparaison. Les tintements des verres et des couverts sont omniprésents, les soupirs satisfaits des mangeurs et buveurs baignent l'endroit dans une agréable ambiance. Elle est connue pour sa rigueur en toute chose Daranovar, mais c'est bien parce qu'elle est est si rigide qu'elle se doit lorsqu'elle est au repos d'être conviviale. C'est avec l'ouvrier heureux de sa condition que l'on peut être le plus exigeant. En retour, l'ouvrier avec lequel on a été exigeant cherche son bonheur dans une liberté d'être exacerbée.
Elles sont souvent bruyantes à l'heure du repas les auberges de Daranovar à cause de cela, du moins, plus bruyantes qu'elles ne le seraient à Alëandir, en Quatrième Saison, et probablement dans toutes les Terres Ancestrales autres que l'Epine Dorée, marquée sans se l'avouer par les fréquents contacts autrefois entretenus avec les petites gens du Zagazorn. Elles sont souvent bruyantes parce que les elfes de Daranovar cultivent encore dans le privé un comportement relativement brute, qui sans non plus tomber dans la grossièreté, est moins raffiné que l'image que prêtent les peuples étrangers à l'idéal Sylvain.

Moins raffiné tant et si bien que les étrangers attirés à l'idée des recettes hivernales acidulées par leur simple comportement étaient reconnus de tous et de toutes. Souvent les aubergistes les inviteraient à se détendre et à abandonner les politesses surfaites pour se plonger dans l'ambiance. Point de révérences pour se saluer une fois passées les portes de Tyev'Valin, pas besoin de se connaître pour se parler et pour peu que nos histoires puissent nourrir la bonne humeur, parler fort n'était point prohibé.
Et cette fois, c'est à leurs visages qu'ils avaient reconnus les nouveaux venus. Pas la moindre once de timidité, pas d'hésitation au moment de s'attabler, et si c'est au grand plaisir de toutes les paires d'yeux s'étant retournées vers eux que les soldats en permission avaient pris leurs aises, c'est avec une pointe déception qu'ils accueillaient l'idée de ne pas avoir de travail d'hôte particulier à effectuer.

- J'ai entendu le mot anniversaire !

Cìryon s'était soudainement levé, dos à la table en question, mais l'oreille tendue vers eux. Difficile d'échapper à l'ouïe fine du peuple de l'Anaëh, en particulier à celle d'un forgeron trop curieux et trop taquin, dont les dernières inhibitions avaient été effacées par les infusions de fleurs.

- Et c'est parti...

Maltlin roule des yeux, conscient que c'est là le geste le plus efficace qu'il pourrait esquisser si d'aventure son ami s'était déjà imprégné d'une idée. Le forgeron marche d'un pas décidé vers l'attablée étrangère, sans une seule fois vaciller, laissant à penser que la Leoras aurait tout aussi bien pu n'être qu'une excuse pour lui de se laisser aller à ses plus extravagantes fantaisies sans que son image n'ait trop à en souffrir ; théorie que ses deux mages d'amis pensent d'ailleurs l'hypothèse la plus proche de la vérité.

- Alors, à qui est-ce qu'on fête deux saisons de plus ? Parce qu'en tant que militaire, je serais offusqué de ce qu'on me fasse une fête aussi ennuyeuse ! Où est le spectacle ? Où sont les joutes ? Où sont donc les grands discours vantant le démérite de chacun ! J'espère au moins que vous avez pensé au bain sous les étoiles où vous oublierez les disputes et les réconciliations de la journée en coulant dans l'eau chau...
- Excusez-moi vous tous, c'est vrai que ça n'est pas évident au premier abord, mais mon cher ami Cìryon que voilà tu passes ton bras autour des épaules du forgeron, le forçant de s'écarter légèrement de l'attablée d'Aigles tient très mal la tisane de Leoras. Tu échanges un sourire complice avec lui Et disons que l'ivresse rend difficile pour lui de voir une fête menée autrement que de la manière qui lui plaît.
- Mais Artiön ! La mise à l'épreuve ! Les joutes ! Les gages !
- Ecoutes Cìryon, tu continues de reculer, et par la même occasion de t'écarter ces messieurs sont certainement en permission, donc je pense que participer à des joutes est loin d'être de leurs priorités. Tout le monde ne partage pas tes goûts en matière de spectacle.
- Tu dis surtout ça parce qu'après avoir enfin battu Maltlin, tu aimerais bien ne pas perdre contre quelqu'un d'autre n'est-ce pas ? Le jeune forgeron hausse le ton, de manière à être sûr d'être entendu des Aigles. Tu devrais arrêter d'appréhender l'affrontement avec de véritables maître d'armes, surtout s'ils sont d'autres Cités. Tu sais très bien que les soldats Daranovans sont de loin les meilleurs. Les yeux de celui qui se dit ivre t'inspectent avec une précision bien trop chirurgicale pour quelqu'un de désorienté, avant de se poser sur chacun des Aigles un à un. Dis-moi Artiön, lequel d'entre eux t'effraie autant ? Le lieutenant j'imagine ? Y'a pas de raison pourtant ; il m'a pas l'air si costaud, tu devrais pouvoir le tenir.

Tu soupires bruyamment, et lâche ton ami par la même occasion. Maltlin lui observe tout de loin, sans mot piper. Ce n'est pas la première fois que ce genre de choses arrive après tout. Cìryon a toujours été un grand amateurs de duels et de joutes, peu étonnant en réalité lorsque l'on considère le patrimoine que lui aura laissé l'éducation de la Cité Martiale et les traditions du clan très guerrier dont il est descendant. Plus encore que cela, c'est sa qualité de forgeron qui le poussait à vouloir observer les maîtres d'armes à l'oeuvre. Leurs mouvements étaient son inspiration après tout. Il créait en grande partie pour eux, s'affairait à leur construire l'arme qui leur ressemblerait le plus, à leur offrir ce qu'ils pourraient un jour qualifier d'une véritable extension d'eux-même. S'il voulait accéder au titre de Tamin Dolan, il fallait que ce jour arrive.

- Donnez-moi un tournoi !

Trop fort cette fois. Trop sérieusement surtout. Les élucubration de Cìryon avaient fini par maintenir l'attention du public. Un public pour la majeure partie aussi friand d'escrime que lui. Un public vocal, qui ne manquerait pas de faire entendre sa voix, de clamer haut et fort leur désir nouveau-né. Un tournoi. Deux mots que le reste de l'auberge commencerait à scander, tôt suivi par les passants dans la rue proche, se propageant comme une peste dont tu es incapable de mesurer l'étendue depuis l'enceinte de Tyev'Valin.

- Et bien, on dirait que tu as eu ce que tu voulais mon p'tit.

Tu roules des yeux, sourire en coin seulement moitié ennuyé au visage, probablement arborant l'exacte même expression que Maltlin resté derrière. Ton regard vient ensuite se poser sur les Aigles, comme implorant des excuses silencieuses.

- Voilà des choses qui arrivent. Ce n'est probablement pas ce que vous aviez en tête en arrivant dans la Cité, mais si c'est spectacle à vôtre goût, je pense que vous n'aurez aucun mal à trouver quelqu'un pour vous expliquer où vous rendre si vous voulez assister au petit tournoi que notre amuseur de service s'est mis en tête d'organiser. Dans le cas où vous viendriez d'ailleurs, j'espère que vous avez de la famille ou des amis parmi nos corps armés, c'est toujours plus excitant lorsque l'on a quelqu'un à encourager.

Cìryon applaudit. L'assemblée le suit. Et le mot est passé. Les terrains d'entraînement de la caserne tourneraient certainement à plein régime dans les prochains jours.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Lun 20 Mar 2017 - 13:31


Rires, amusement, silence. Neraën regardait fixement les deux elfes debouts à côté de leur table, sans rien dire, les laissant discuter tout en reculant. Le lieutenant avait un sourire en coin et s'amusait plus de la tête des deux confrères de celui qui appelait à une joute festive qu'autre chose. Tournoi qui pouvait s'avérer sympathique - et que l'aigle ne pouvait qu'apprécier pour son cinq centième anniversaire - mais qu'il ne pourrait pas se permettre. Comme l'avait si bien deviné le dénommé Artiön, ils étaient en permission et avaient d'autres priorités, comme terminer leur voyage afin que chacun puisse retrouver sa famille. C'était une vérité, que rien ne pourrait...

"Tu devrais arrêter d'appréhender l'affrontement avec de véritables maître d'armes, surtout s'ils sont d'autres Cités. Tu sais très bien que les soldats Daranovans sont de loin les meilleurs. Dis-moi Artiön, lequel d'entre eux t'effraie autant ? Le lieutenant j'imagine ? Y'a pas de raison pourtant ; il m'a pas l'air si costaud, tu devrais pouvoir le tenir."

Et ce petit con avait visé juste ! L'elfe tourna la tête vers ses frères d'arme, ne montrant aucunement le désespoir que la provocation suscitait en lui. En effet, il n'eut aucun mal à percevoir la flamme du défi s'allumer dans le regard de certains aigles, étrangement dans ceux des deux eteniriliens qui étaient présents. Comment ça les soldats de Daranovar étaient bien meilleurs que les autres ? Vraiment ? Ils avaient bien envie de démontrer à cet énergumène que ce n'était pas forcément vrai... Neraën fixa ses deux frères de sang du regard, leur intimant de ne pas répondre sur une impulsion. Il avait lui-même assez de recul pour savoir qu'effectivement l'armée de Daranovar était meilleure que celle d'Eteniril et que si les elfes de ces deux cités venaient régulièrement à se provoquer mutuellement, ce n'était que parce qu'ils étaient tous fiers de leur armée. Ce n'était pas pour rien qu'il arrivait que des elfes appelés à faire partie de l'armée royale refusent de quitter leur propre armée...

"Donnez-moi un tournoi !"

Cette fois-ci, l'idée du tournoi fut reprise par tous ceux présents dans la taverne, si ce n'était pas également par les passants extérieurs. Le lieutenant se retint de soupirer tout en tournant à nouveau les yeux vers les daranoviens. Bon... ils allaient finir par être en retard et concrètement, ils n'étaient pas en permission pour s'amuser à s'arrêter dans chaque cité dans le but de faire des duels et autres. De plus... de plus... de plus quoi, d'ailleurs ? De plus il avait bien envie de remettre cet elfe à sa place, lui apprendre le respect dû à des aigles et, au passage, s'amuser. Artiön revint vers eux et leur expliqua presque en s'excusant de la situation qu'ils pourraient trouver sans problème où aller si l'idée de tournoi leur convenait. Un regard vers ses frères ; un fin rire. Le lieutenant se leva alors de table, réaction qui instaura un semblant de silence dans la pièce, et vint se placer à côté du daranovien. Avec la droiture et le sérieux attendus d'un haut-gradé, il toisa Cìryon et Artiön avant de prendre la parole, s'adressant autant à eux qu'à tous les autres elfes de la salle.

"Il semblerait que je manque de choix et, de toute façon, je ne puis qu'accepter votre invitation... un cadeau ne se refuse pas ! De plus, j'ai beaucoup entendu parler de l'armée de Daranovar ; j'espère que ses membres se montreront à la hauteur de mes attentes ainsi que de celle de mes comparses."

Des clameurs de joie envahirent la salle, l'amusement promis étant tout aussi divertissant qu'intéressant. Neraën leva calmement la main, demandant à ce que le silence revienne. Lorsqu'il en eut un minimum il reprit, posant ses conditions.

"Cependant ce tournoi ne pourra durer plus d'une journée, puisque nous devons retourner dans nos familles respectives. Et étant donné que d'où je viens il est extrêmement malpoli que l'initiateur d'un tel évènement ne participe pas lui-même au tournoi, et aussi parce que je suis le principal concerné dans cette histoire, je me ferai un devoir d'affronter en duel amical le dénommé Cìryon, ivre ou non, et ce sera même la première partie du spectacle. On verra si le "pas si costaud que ça" se débrouille mal pour autant !"

Des rires. Neraën sourit, les bras croisés. Cela lui rappelait de bons souvenirs de quand il était à l'académie militaire d'Eteniril et il était content d'avoir pris Cìryon dans son propre jeu. L'elfe allait apprendre à connaître la valeur d'un aigle... et l'humour considéré parfois comme déplacé de ce lieutenant. Il avait là son gage et ne se doutait certainement pas de ce qui l'attendait. Sans plus faire attention au public improvisé, il se tourna vers Artiön lui adressa la parole, parlant désormais normalement et ayant abandonné toute posture militaire.

"Il semblerait que vous ayez à nous faire part des closes habituelles des tournois de votre cité... Et je crains que nous n'ayons pas beaucoup d'encouragements. Enfin si cela ne vous dérange pas... Artiön, me semble-t-il ?"

Il aurait pu demander directement à Laliëna, mais il lui était plus intéressant de nouer un premier contact avec l'individu qui était à ses côtés.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Lun 20 Mar 2017 - 15:54

Se déroulant sous une étouffée clameur, vos échanges avec le lieutenant d'Eteniril prennent un air de messes basses dites tout haut, et pour une bonne raison. Le forgeron sentait bien qu'il avait touché un point sensible tandis que tu prenais enfin, alors qu'il se levait, la mesure du Lieutenant. Ses yeux se levèrent légèrement, pour ne pas flirter avec ton menton ; ce qui revenait déjà à plus haut qu'une grande majorité de tes convives ; et c'est dans un échange de regards assassins comme vous les aimiez que vous preniez mot. Sans réellement faire plus que l'insinuer, le lieutenant des aigles venait de répondre à ton invitation en prenant place non pas en tant que spectateur, mais en tant que participant.

Les acclamations atteignirent leur paroxysme juste avant que Neraën ne vienne à mentionner ses conditions. À partir de ce moment, yeux, lèvres et oreilles se fixèrent de concert sur le petit groupe, en attente du descriptif que feraient ensemble leur improvisé organisateur et l'exceptionnel invité... pour finalement laisser échapper un rire collectif à la simple évocation de la participation de Cìryon. L'Aigle n'avait pas tort. Cìryon organisait toujours, et Cìryon participait toujours ; mais jamais bien longtemps. Beaucoup des attablés de l'auberge avaient eu l'occasion de voir évoluer son style de combat au fil des événements auxquels il avait pris part. Beaucoup des attablés de l'auberge savaient les capacités du plaisantin à analyser et à s'adapter à la brette de n'importe quel adversaire. Beaucoup des attablés de l'auberge savaient aussi qu'il n'en restait pas moins un forgeron avant un combattant, et que si capable soit-il de prévoir les prochains coups, s'ils étaient trop rapides ou trop puissants, il n'aurait pas la coordination nécessaire pour les parer.
Cìryon participait toujours, mais se trouvait toujours parmi les premiers perdants, pour le bonheur des spectateurs pouvant par la suite profiter de son analyse et de ses commentaires devant les affrontements les plus excitants.
Le forgeron vint prendre ta place en face de son futur adversaire et cette fois, c'est au Daranovan qu'il fut nécessaire de lever les yeux. C'était cependant loin d'être la différence de taille qui effrayait le plus Cìryon, et ce qui l'effrayait d'ailleurs, il préférait l'ignorer. Jamais son visage ne devait se départir de se sourire provocateur, presque suffisant, que l'on avait même pas le droit de déprécier tant il ne se prenait lui-même pas au sérieux.

- Vous m'en voyez désolé, mais je ne peux donner suite à votre demande... pas pour l'instant en tout cas. Laissez-moi simplement le temps de tout organiser, et je promets de me montrer un duelliste à la hauteur de vos attentes. Ce qui revient à peu près à celle de votre menton vu que je ne suis pas très grand, mais il faudra s'en contenter. Il claque des doigts, comme pris d'une illumination Tenez, faisons-en l'acte d'ouverture des réjouissances, que votre patience en soit le moins possible éprouvée et qu'il puisse se trouver éjecté le plus tôt possible afin de plus confortablement observer. Et puis, vous m'excuserez pour ma précédente remarque, mais à force de côtoyer Grawmîn, vous comprendrez que mes référentiels soient quelque peu biaisés.

Enfin, maintenant que l'ouverture des joutes était presque officialisée, Maltlin quittait son poste d'observateur silencieux pour s'approcher de la scène de crime. Peut-être son ami forgeron se plaisait-il à lancer les affrontements, mais le jeune mage de guerre lui aimait y participer plus qu'il n'y paraissait. Et surtout, il détestait ne pas les gagner. De loin il paraissait d'un calme extrême le Lieutenant des Auxiliaires offensifs, mais la menace d'une quelconque compétition faisait de lui un autre elfe. Maltlin était de ceux qui ressentent sans cesse le besoin de se prouver, à eux-mêmes comme aux autres. C'est donc avec autant de respect que de défi qu'il s'inclina devant les Aigles, poing au coeur couvert de son autre main, avant de commencer à détailler les règles habituelles.

- Artiön le blond confie en te pointant du doigt récemment promu Commandant des Auxiliaires. Cìryon il désigne d'un mouvement de main négligé de la main gauche Lieutenant des Auxiliaires Défensifs ; et moi-même Maltlin, Lieutenant des Auxiliaires Offensifs. Vous êtes Neraën Yeldoreï, Lieutenant des Aigles, si je ne me trompe pas. Et encore une fois il prouvait qu'il entendait, lisait et voyait tout Pas de soucis au niveau des délais, les tournois qu'organise notre milice ou du moins Cìryon sont loin d'être des événements de grande ampleur, et les participants sont en général relativement peu nombreux et le peu de temps de récupération entre les affrontements fait partie du jeu. Ils ne durent par conséquent jamais plus d'une ou deux journées entières. Sinon, pour ce qui s'agit des règles, les rencontres se font par équipes de trois. N'importe qui peut participer et inclure n'importe qui d'autre dans son équipe tant que la moyenne d'âge n'excède pas cinq-cent ans. Les participants choisissent leurs armes et leurs armures parmi les modèles d'entraînement de notre caserne et les vainqueurs sont désignés aux touches. Pour faire simple, si le cumul de vos touches est considéré comme mortel, le participant est éliminé. La première équipe a éliminer les trois membres d'en face remporte la rencontre.

Le ton quasi inorganique de Maltlin jeta un froid sur l'assemblée, renforcé par des au-revoirs aussi soudains que formels. Se retrouver face à de potentiels futurs adversaire n'était jamais une situation agréable à l'élémentaliste. Il n'y a finalement qu'avec toi qu'il tolère ce genre de situations, et c'est le résultat de plusieurs siècles d'une amitié sincère.

- Ne vous inquiétez pas, nous serions ravis de vous accueillir parmi les participants. Certains se feraient même un plaisir de vous accueillir dans leurs équipes, à moins bien sûr, que vous ne choisissiez de concourir ensemble, ce qui me paraîtrait logique. Quant à Maltlin, ne lui en voulez pas, il est simplement très compétitif et à sa manière, particulièrement timide Je vous conseille d'aller vous coucher tôt ce soir. Je serai à la caserne aux aurores pour préparer les équipements pendant que Cìryon s'occupe de terminer de faire passer l'annonce. Je vous invite fermement à m'y rejoindre au plus tôt possible que j'aie le temps de faire une sommaire présentation des lieux.


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


Comme promis, à peine le soleil commençait-il à éclipser l'astre nocturne que tu t'appliquais déjà à trier les armures d'entraînement en fonction de leur taille et poids. D'autres, participants ou non, s'affairaient à enduire de colorant les pointes des fausses flèches, à exposer les armes pour que les concurrents puissent se servir à leur arrivée ou à préparer les onguents qui apaiseraient les bleus et les écorchures qui ne manqueraient pas de pleuvoir au cours de la journée.

L'atmosphère était légère au point de t'en donner des vertiges, ou alors n'étais-ce que l'excitation. Tu attendais encore l'arrivée des Aigles, impatient de leur présenter ce qui était finalement l'un des joyaux de la Cité. Preuve de l'importance de la milice au sein de la Cité d'Armes, votre caserne était une perle d'architecture, à la fois menaçante et fascinante. Les infrastructures d'entraînement étaient une seconde fierté, allant des équipements d'entraînements pour certains vieux de plus d'un siècle quel les manutentionnaires remettaient perpétuellement à neuf aux objets à l'apparence d'outils de torture qui servaient à l'entraînement physique pur des soldats. Tu les imagines d'ailleurs déjà siffler des soupirs amusés lorsqu'il constateront l'agencement des bancs autour de la grande cour, semblable à celui de gradins autour d'une scène de théâtre, puisque les lieux étaient en définitive au moins une fois l'an traités comme tels.


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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Lun 20 Mar 2017 - 22:28

"Vous m'en voyez désolé, mais je ne peux donner suite à votre demande... pas pour l'instant en tout cas. Laissez-moi simplement le temps de tout organiser, et je promets de me montrer un duelliste à la hauteur de vos attentes. Ce qui revient à peu près à celle de votre menton vu que je ne suis pas très grand, mais il faudra s'en contenter. Tenez, faisons-en l'acte d'ouverture des réjouissances, que votre patience en soit le moins possible éprouvée. Et puis, vous m'excuserez pour ma précédente remarque, mais à force de côtoyer Grawmîn, vous comprendrez que mes référentiels soient quelque peu biaisés.
- Oh mais très cher, sachez que la patience est l'une des vertus fondamentales d'un aigle - ou d'un lieutenant, au choix. Si vous avez peur de ne pas satisfaire à un quelconque de mes caprices, je puis vous proposer sans problème de faire notre duel en conclusion du tournoi ! De plus cela vous permettrait de pouvoir gérer au mieux le début des festivités... Neraën s'inclina bien bas et ce de façon théâtrale tout en regardant Cìryon. Si cela n'interfère pas avec la proposition que je vous ai faite plus tôt, bien entendu."


La conversation continua, amenant aux règles du tournoi. L'aigle écouta sans rien dire, intégrant les conditions sans broncher. Il avait très bien remarqué la façon dont l'elfe avait tourné la situation pour faire en sorte que ce soit lui qui propose de combattre au début au lieu de se le voir imposé par son invité. Et il remarquait également que le lieutenant des Auxiliaires Offensifs était pour le moins très informé. En effet, il n'avait ni donné son prénom ni celui de son nom de famille... et si un "Neraën" avait pu sortir à un quelconque moment dans la soirée, son nom de famille cependant n'avait pas une seule fois depuis qu'ils avaient quitté les gardes à l'entrée de la cité. Il ne fit aucunement la remarque, se contentant de retenir ce fait pour plus tard.

Finalement chacun revint à sa table et la soirée se termina autour d'un repas, à parler de tout et de rien, certains voyant d'un oeil critique cette histoire, n'ayant pas dans les coutumes de leur protectorat natal de tels jeux. D'autres, au contraire, s'amusaient clairement à imaginer ce qu'ils pourraient faire. Finalement, sur les sept aigles, seuls les eteniriliens foncèrent tête baissée dans cette idée hurluberlue. Laliëna aurait volontiers participé, mais inutile d'y songer vu son état... Aussi Neraën, Aelian et Gwendoe se retrouvèrent plus tard le soir, seuls dans une chambre à la lumière d'une unique bougie. Assis par terre en triangle, ils discutaient du lendemain tout en se passant une gourde d'alcool d'Alëandir.

"Bon, déjà, première chose, combattrons-nous ensemble ou séparément demain ?
- Ensemble, quelle question ! Ils ont osé prétendre qu'ils sont meilleurs que n'importe qui d'autre sur le plan militaire, on ne va pas passer l'occasion de leur prouver le contraire !
- Je serais du même avis, si ce n'est qu'ils n'ont aucunement précisé si la magie serait interdite ou non.
- Oui... et si elle n'est pas explicitement interdite, alors c'est qu'elle est autorisée. Et je suppose que vous avez pu voir que dans les potentiels concurrents de demain, tous n'avaient pas l'air d'être des soldats purement au corps-à-corps.
- Pffff... ce serait quand même beau, trois soldats d'Eteniril battant des daranovans ! Et en plus cela permettrait de montrer ce que vaut une équipe aigle unie.
- Nous sommes toujours unis...
- Je sais !
- Par contre l'intérêt qu'il y aurait à être dans des groupes différents serait que cela nous permettrait de connaître la mentalité des participants ainsi que de les repérer en étant tout aussi bien avec que contre eux, en plus d'essayer d'avoir d'autres types de combattants avec nous. Cela fait quelques temps que nous n'avons pas recruté, dans le fond, pourquoi pas commencer à poser un oeil sur eux ?
- C'est vrai... il faudra demander aux autres de faire attention de loin et de s'informer sur ceux qui sortent du lot.
- Je m'occuperai de faire passer le mot.
- Nous partons sur l'idée d'être séparés, donc ?
- Mouais.
- Aelian ?
- J'aurais préféré qu'on les remette à leur place ensemble, c'est tout.
- La prochaine fois, vieux blagueur, la prochaine fois... je te le promets, nous serons tous ensemble.
- Bon, c'est bien parce que tu tiens toujours tes promesses que j'accepte !
- Haha !
- Je suppose que nous nous combattrons joyeusement si jamais nous nous retrouvons les derniers de nos équipes respectives ?
- Tout à fait Gwendoe !
- Mais de façon théâtrale, pas autrement ! Quant à se retrouver confrontés, autant se donner en spectacle."


Aelian fit un clin d'oeil à sa soeur d'arme avant que tous les trois ne se mettent à rire. Neraën les regarda tous deux, de l'un de ses habituels regards paternels. Les deux elfes ne racontaient rien sur leur relation - visiblement amicale - mais il était persuadé que leurs coeurs se liaient l'un à l'autre au fil des années. Il ne pouvait se l'expliquer, mais il le ressentait. L'empathie certainement, il avait toujours fait preuve d'une très grande empathie depuis sa plus tendre enfance... au point que les adultes ne s'étaient pas demandé s'il n'avait pas un don particulier pour la magie de l'immatériel ou encore s'il ne pouvait pas ressentir la Symphonie. Quels que furent les tests, de la manière dont ils furent amenés, ils n'avaient jamais abouti à l'expression d'une sensibilité particulière. Tant mieux dans le fond. Tant mieux...


~~~~~~~~~


A l'aube, les trois combattants franchirent l'entrée de la caserne. Ils n'eurent aucun mal à trouver Artiön qui, comme d'autres, s'affairait déjà à préparer le tournoi. Sachant que de toute façon leurs propres armes ne seraient pas utiles, ils avaient demandé à Laliëna de les garder chez elle jusqu'à ce qu'ils doivent partir. C'était également par habitude de leur cité natale, puisqu'en Eteniril le gens n'étant pas en faction ne se promenaient pas avec leurs armes, ou bien sauf pour des vétérans les armes étaient scellées au fourreau. Ce qui était tout l'inverse d'ici, l'arme semblant plus faire partie de l'habit quotidien qu'autre chose. Les daranovans furent donc très étonnés de voir trois personnes arriver sans aucune arme sur eux, du moins d'apparence.

Après des salutations en bonne et due forme, le commandant des Auxilières leur fit la visite des lieux, histoire qu'ils s'y habituent avant que ne commence le tournoi. Neraën fut presque autant amusé de voir des bancs disposés en gradins autour d'une scène que d'écouter son guide, dont la fierté de ce bâtiment se ressentait dans la voix. Il fallait avouer que c'était en effet un espace de belle architecture... mais il n'atteignait en rien la splendeur du palais d'Eteniril, bien plus fin et merveilleux que toute autre construction elfique qu'il avait pu voir en cinq cents ans.

La visite guidée terminée, Artiön les invita à prendre des armes parées pour l'occasion. Gwendoe prit une épée longue ainsi qu'un arc et des flèches alors qu'Aelian se contenta d'une épée bâtarde. Pour Neraën, le daranovan sentit qu'il y eut une once de gêne - ou d'inquiétude ? - dans sa voix lorsqu'il prit la parole.

"Je sais que ma question va vous paraître étrange puisque vous ne m'avez pas vu avec hier et qu'en plus vous risquez de ne pas en avoir, mais parmi vos armes d'entraînement se trouverait-il être une épée double ? Il serait possible que j'en ai besoin..."

Il espérait sincèrement qu'ils en aient une, même si ce type d'arme n'étant que rarement manipulé il y ait des risques que ce ne soit pas le cas. Au pire il ferait avec une bâtarde, cela ne le dérangerait pas. Mais déjà qu'il avait peur qu'il ne réussisse pas à trouver une réelle harmonie avec une arme autre que la sienne, passer à la simple bâtarde lui donnerait du fil à retordre. Et bien qu'il pourrait quand même s'en sortir, ce n'en serait que plus difficile.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mar 21 Mar 2017 - 2:08


Un satisfaite exclamation parcourut le hall d'entrée alors que tu donnais encore dos à la porte principale. Pas besoin de se retourner pour comprendre que c'était l'arrivée des tant attendus étrangers qui suscitait chez tes camarades telle réaction. Tu l'aurais deviné au bruit de leur pas, mais te retourner te permettait de constater de visu qu'ils n'étaient plus que trois. Une équipe de plus à inscrire sur la liste des participants. Une équipe que tu mourrais d'envie de voir en action.

Pour qui est habitué aux évasives salutations échangées entre soldats, trop habitués à la constante présence de leurs camarades pour leur offrir un accueil digne de ce nom, les solennelles révérences courbées pour et par les étrangers semblèrent durer une éternité. La courtoisie a un prix, et il se compte en secondes et en minutes, minutes que tu passerais à leur faire visiter ce qui dans quelques heures deviendrait l'arène dans laquelle ils combattraient.
Le hall en lui-même était la pièce d'architecture la plus complexe de l'infrastructure. Les murs de pierre blanche n'étaient pas sans rappeler ce que l'on pouvait trouver à Alëandir, mais les omniprésentes arabesques d'acier ornant toits murs et cadres de portes étaient typiques de l'art Daranovan. Au fur et à mesure que tu attirais les yeux les sculptures de bronze ornant les murs ou sur les chandeliers aux supports de bougies comme mille lames, il devenait de plus évident de voir comme la férocité et la fierté de la Cité des Armes paraissait même au travers de l'apparence de ses bâtisses, en particulier une fois le temple du savoir et de la pratique militaire pénétré.
Etonnemment l'armurerie était des lieux  celui à l'atmosphère la moins oppressante. Pourtant partout où l'oeil pouvait se poser trônaient lames, pointes et flèches, armures et boucliers. Seulement la finesse de l'ouvrage, et l'apparence particulièrement raffinée de certaines de ces armes donnaient à la pièce un air de musée, de temple du savoir plutôt que d'entrepôt de mort. Les statues à l'effigie de héros passés de la Cité, portant sur eux des pièces parmi les plus belles qu'il fut donné aux forgerons de l'Anaëh de créer ne faisaient que renforcer la sensation d'avoir posé le pied dans un mémorial, et tu le confieras aux visiteurs, c'est un sentiment que vous cultivez. La tangeante que tu fis sur les combats menés par vos héros fut courte mais assez lourde de sens pour que ceux d'Eteniril comprennent que dans leur mémoire vous trouviez motivation à mettre un pied devant l'autre même vers le danger.
Aelian ne manqua pas de commenter l'effrayante apparence du mobilier de la salle suivante, et à juste titre. Ici reposaient les machines de torture de Daranovar. Celle-ci une fois l'inertie lancée devenait un piège à mouvement perpétuel, forçant celui qui s'y retrouve piégé à esquiver les lourds pendules jusqu'à s'être décidé à faire obstacle de sa force pour les ralentir et éventuellement les arrêter un à un, en espérant ne pas être pris en traître par un autre. Celle-là n'était qu'un bête balancier de chaînes et de masses servant à exercer la force brute... qu'Aelian ne possédait pas en assez grande quantité pour soulever les poids laissés par le dernier utilisateur, au grand amusement de l'assistance, qu'il préféra ne pas provoquer de peur qu'au moins l'un de ses deux collègues masculins ne le fassent paraître plus ridicule ; ce qui, au vu du regard que tu lui avais destiné au moment d'une potentielle réplique, aurait été plus que probable. La parenthèse fut conclue par une longue tirade de ta part sur l'idée à la fois horrifique et excellente qu'avait eu le concepteur de ces engins-épreuves en pensant un moyen pour le soldat de se renforcer le corps plus efficacement que par le simple maniement d'arme, en particulier pour une armée aussi friande des armes et armures lourdes que celle de Daranovar.
La visite se termina au centre de la grande cour. Faite de terre battue où le piétinement constant empêche à toute plante autre que les plus résistantes des petites herbacées et les quelques arbres que la main d'elfe surveille attentivement de pousser ; longue de trois cent pieds pour cent-cinquante de large, entourée de bancs et de chaises faisant des gradins de fortune, elle serait le siège des affrontements une fois de plus.

Restait maintenant le choix des armes et armures, la partie la plus intéressante à tes yeux. Curieux de savoir quels étaient les instruments de choix des trois Eteniriliens, tu l'étais pour sûr. Eux avaient dû depuis longtemps t'identifier en tant que mage, le focaliseur que tu portes sur le dos était toute somme difficile à manquer. Voir Gwendoe choisir l'arc, les flèches et le cuir ne t'étonnait pas le moins du monde. Sa silhouette était agile, et pour cause tu l'aurais mal imaginée dissimulée sous les plaques et le bouclier. Aelian à l'épée bâtarde était un peu plus étonnant, mais toujours ce n'était toujours pas une armure parmi les plus lourdes qu'il avait choisi, et ta surprise s'en trouvait donc amoindrie. La demande de Neraën, elle, força ta stupéfaction. L'épée double n'était pas parmi les armes les plus populaires du peuple elfe, et en dehors de quelques vétérans des Auxiliaires Offensifs comptés sur les doigts de la main d'un cerf, tu n'avais pas connu âme qui se soit intéressé au maniement de cet arsenal.

- Je crains que nous n'ayons aucun soldat régulier qui en fasse usage, et du coup, aucune disponible dans le matériel d'entraînement. Je n'ai connu qu'un elfe qui en faisait usage, et c'est... attendez, je pense pouvoir faire quelque chose. Tu te diriges vers l'extérieur avant de te retourner vers Neraën Suivez-moi.

La forge dans laquelle travaillait Cìryon n'était pas bien loin de la caserne, il ne vous fallut pas plus de quelques minutes pour y accéder. Tu sais la fascination qu'a toujours entretenu ton ami pour les armes inhabituelles, et tu sais la double-lame qu'utilise maintenant ton frère d'arme être le fruit de son travail. Tu sais que ses premiers essais ne furent pas bien concluants, des lames de mauvaise qualité ou des manches aux ornements trop peu recherchés à son goût... ce qui devrait convenir à Neraën tant que l'équilibre de l'arme n'était pas touché.

- C'est ici que Cìryon conserve ses prototypes. Il appelle l'endroit son cimetière. Il doit bien y avoir une épée double utilisable qui traîne par ici. Ce serait dommage de vous forcer à utiliser une arme avec laquelle vous êtes peu à l'aise. Nous avons tous à gagner à vous voir au sommet de vos capacités.

Vous n'aviez pas eu besoin de chercher bien longtemps. Elle n'était pas bien belle, les lames étaient émoussées et légèrement asymétriques, mais cela ne se ressentait que peu dans la balance finale de l'objet, et dans un tournoi qui se jouait aux touches, il ne sert à personne de prendre le risque d'aiguiser ses tranches. Il ne resterait plus qu'à rentrer à la caserne et à attendre l'arrivée du reste des participants, qu'ils soient en équipe ou cherchant encore à faire partie d'une équipe. Les Eteniriliens se prouvant être d'agréable compagnie, l'attente fut l'occasion pour toi de faire un brin de causette, et d'apprendre un peu à les connaître, bien que le tournoi et ses aboutissants soient restés le sujet principal des débats.

- Les tournois sont autant un divertissement qu'un moyen pour tous les participants de mettre à l'épreuve leur entraînement et de se renouveler. Nous sommes réputés à juste titre être une armée extrêmement disciplinée, et malheureusement, avec la discipline vient souvent le manque d'initiatives, que ce soit des leaders habitués à leurs séries d'ordres ou de leurs troupes devenant trop submissives. Affronter des personnes partageant en grande partie notre bagage martial nous force à repenser notre approche et à développer de nouvelles techniques. C'est durant ce genre de joutes que sont nés beaucoup de nos coups. Ton visage s'illumine d'une fierté non dissimulée Maintenant, j'ai hâte de voir à quoi ressemble votre approche à vous. Sachant les Aigles plus réputés pour la diversité de leurs styles que pour leur cohésion, j'attends avec impatience de voir comment se marient vos arts.
- Et bien voilà qui est dommage, Aelin en prononçant ces mots semble sincèrement déçu parce que nous avions décidé de jouer le jeu jusqu'au bout et de nous mêler aux équipes de Daranovar et à la recherche d'une excuse pour rester en compagnie de ses frères d'arme mais si les autres équipes sont toutes déjà formées alors nous ne voyons pas d'inconvénients à concourir ensemble...
- Toutes déjà formées tu ris tous crocs dehors ce serait nouveau. En dehors de quelques vétérans qui se présentent systématiquement avec leurs pupilles, la majorité des équipes se forment sur le tas. Vous n'aurez qu'à participer à la recherche d'escouade lorsque les autres seront là.

Les Daranovans, participants comme spectateurs ne tardèrent pas à se montrer, les premiers se dirigeant vers la salle d'armes et les seconds directement vers la cour. Presque tous se connaissaient, et presque tous avaient déjà au moins idée de qui seraient leurs équipiers potentiels. Pour certains c'était cet ami à qui ils avaient promis de participer ensemble au prochain défi, pour d'autres c'était ce vétéran auprès de qui ils cherchaient à apprendre, mais devant des personnes qu'ils ne connaissaient pas, il fut bien difficile aux Aigles de choisir des équipiers dont le caractère se marierait bien au leur, encore plus des équipiers dont le style de combat était compatible avec le leur. Difficile au point que les trois d'Eteniril se retrouvèrent toujours bredouilles après que la majorité des équipes fut formée.
Tu ris, secondé par les quelques Daranovans solitaires encore en lice. Ceux-là étaient pour le gros d'entre eux de jeunes espoirs de la milice, avoisinant les quatre siècles. D'anciennes pupilles développant maintenant par elles-mêmes leur talent, ceux que leurs camarades reconnaissaient être la fine fleur de leur génération. Parmi eux il y avait toi, il y avait Maltlin et il y avait Caladhiel, l'une des sous lieutenants de l'infanterie et ta seule partenaire pour l'instant.

- C'est que trouver des compagnons est plus difficile qu'il n'y paraît. Tu hausses la voix pour t'adresser à tes frères de la Cité d'Armes Et si on les aidait à se décider ?

Sans broncher, les derniers solitaires se rangent, se regroupant selon leurs préférences martiales. Epéistes, archers, lanciers, pavois ou mages se retrouvèrent en ligne avec leurs homologues, visages sérieux comme la mort mais l'envie de rire brillant dans les iris.

- Tous ici sommes ravis d'accueillir un, ou même deux d'entre vous avec nous. À vous de choisir avec qui vous voulez concourir, nous terminerons de former les équipes ensuite.

Court d'un membre, tu étais partagé entre l'envie d'affronter le Lieutenant des Aigles et celle de combattre avec lui. Restait à savoir quelle serait leur décision.

- Dernière précision Maltlin laisse échapper depuis sa rangée Une équipe ne peut posséder plus d'un mage. et la précision était importante, car elle était la grande raison pour laquelle lui et toi, malgré l'envie de joindre vos forces, étiez toujours forcés de vous faire face.


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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mer 12 Avr 2017 - 20:48

"C'est ici que Cìryon conserve ses prototypes. Il appelle l'endroit son cimetière. Il doit bien y avoir une épée double utilisable qui traîne par ici. Ce serait dommage de vous forcer à utiliser une arme avec laquelle vous êtes peu à l'aise. Nous avons tous à gagner à vous voir au sommet de vos capacités.
- Si vous souhaitez vraiment me voir au sommet de mes capacités, autant que je prenne ma propre arme..."


Neraën décocha un sourire taquin à son guide avant de parcourir la salle, faisant attention à toutes les armes plus ou moins bien faites entreposées dans le cimetière. Il eut un sourire sincère en apercevant les quelques épées doubles qui prenaient la poussière et se permit après un coup d'oeil à Artiön d'en prendre une. Tout de suite il vérifia le poids, l'équilibre, les lames, leur symétrie... Il se fichait complètement de la fioriture, tant que l'arme soit pratique à manier. Et le prototype qu'il avait entre les mains était amplement suffisant pour le combat qui allait avoir lieu. Il lui faudrait cependant se faire à cette épée précise et donc s'entraîner pour ne pas mettre en danger ses adversaires. Il était quelqu'un d'extrêmement précis dans ses gestes et les quelques différences qui existaient entre cette arme et la sienne feraient la différence par rapport à d'habitude...

"Me permettriez-vous de me laisser un temps pour me faire à cette arme ? Dans une salle d'entraînement, par exemple ?"

Une fois qu'il eut l'approbation d'Artiön et qu'on lui montra une salle où il pourrait être seul et ne pas faire de dégâts autour de lui, il remercia son guide et laissa ses deux confrères aux bons soins de celui-ci. Puisqu'ils avaient terminé la visite en elle-même, Aelian et Gwendoe pourraient prendre le temps d'apprendre à connaître les daranovans ainsi que se familiariser aux armes et armures qu'on leur avait confiées.

La porte se ferma derrière lui. Le silence se fit. Il attendit d'être sûr que les autres avaient repris le chemin de l'arène avant de s'asseoir en tailleur. Il posa l'épée horizontalement sur ses genoux et la regarda longuement, regrettant déjà celle qui se trouvait à l'auberge. Pas que celle-ci n'avait aucune qualité... mais il s'était fortement attaché à la sienne et elle était devenue une soeur pour lui, voire même une partie du soldat qu'il était. Les forgerons elfes prodiguaient des armes capables d'être le prolongement du bras armé du guerrier et Neraën devait avouer que même s'il avait hérité de l'épée double qui était son arme de prédilection, il s'était très bien retrouvé en elle et ne se voyait pas se battre avec une autre arme.

Ses yeux se fermèrent. Ses mains caressèrent doucement l'arme pour en ressentir toutes les formes, toutes les imperfections, tout l'équilibre... alors sa respiration se fit imperceptible. Là commençait l'entraînement.


~~~~~~~~


Il était un danseur. Un danseur né, rapide et mobile malgré l'arme qu'il tenait dans ses deux mains, semant la mort sur le champ de bataille mais préservant de celle-ci ses frères d'armes. Les yeux fermés il bougeait dans tous les sens, faisant parades et attaques successives, combattant un adversaire imaginaire tout en s'affiliant à l'arme qu'on lui avait allouée. Gwendoe le regardait faire, sans rien dire, les bras croisés et appuyée contre le chambranle de la porte. L'avait-il entendue ? Elle n'en savait rien... le connaissant elle supposait que oui. Et le connaissant très bien pour l'avoir suivi de peu au sein des Aigles, elle savait que s'il ne s'arrêtait pas c'était parce qu'il considérait que ce n'était pas le moment. Alors elle attendit, patiente. Elle attendit qu'il termine sa danse, se redresse et pose les yeux sur elle. Elle sourit... un sourire qui cachait les embryons d'émotions qu'elle avait pour lui.

"Neraën... Ils ont commencé à former des groupes en bas, vous allez finir par n'être avec personne si vous restez ici.
- Ne vous inquiétez pas pour moi, je me débrouillerai. Tout le monde est arrivé ?
- Cela fait longtemps que vous êtes ici.
- Oh, je n'ai pas vu le temps passer. Merci d'être venue me prévenir.
- De rien. Et je ne suis pas seulement venue vous prévenir, mais également vous chercher, sinon vous serez en retard.
- Moi, en retard ? Jamais ! Je suis toujours à l'heure, voire même en avance. Mais trêve de plaisanterie, vous êtes-vous mise dans un groupe ? Et Aelian ?
- Non, comme l'a si bien expliqué Artiön certains gars sont arrivés avec leurs préférés et d'autres avec des promesses de combattre ensemble. Ils ont l'air d'être plus intrigués de savoir comment nous nous battons ensemble plutôt qu'envieux de faire écquipe avec nous. A ce propos, ils sont curieux de savoir avec quoi vous allez vous battre ! Le fait que vous vous soyez isolé fait naître des questions.
- Et je suppose que vous n'avez rien dit à ce sujet...
- Oh que non ! Si cela peut faire augmenter les paris...
- Les paris ?!
- Hum... Aelian a, j'y pense, essayé de faire en sorte que nous restions ensemble.
- Cela ne m'étonne pas de lui. Mais cela ne change absolument rien au fait que des paris soient à mon sujet !"


Gwendoe eut un doux rire, auquel Neraën répondit par un franc sourire. Il but une gorgée d'eau dans sa gourde et suivit sa consoeur. Alors qu'ils marchaient, il pensa au fait qu'il n'avait pas encore pris d'armure... si jamais il en restait une à sa taille, il faudrait qu'il voit à s'en procurer une.

Quelques minutes plus tard les deux elfes étaient redescendus et Neraën avait récupéré une armure de cuir à sa taille, ce qui lui allait très bien même si les daranovans semblaient pour la plupart étonnés qu'un guerrier de forte stature maniant une double lame prenne une armure légère. Personne ne lui en fit pour autant la remarque et, de toute façon, il n'en aurait eu que faire. Bien évidemment, après quelques minutes, les trois eteniriliens restèrent bredouilles quant à de quelconques partenaires.

"C'est que trouver des compagnons est plus difficile qu'il n'y paraît. Et si on les aidait à se décider ? Tous ici sommes ravis d'accueillir un, ou même deux d'entre vous avec nous. À vous de choisir avec qui vous voulez concourir, nous terminerons de former les équipes ensuite."

Les daranovans se rangèrent alors automatiquement selon leurs préférences martiales. Une dernière précision fut portée concernant la magie, par rapport au fait qu'il ne pouvait y avoir qu'un seul mage maximum par équipe. Les trois étrangers se regardèrent et les deux plus jeunes insistèrent pour que Neraën soit le premier à choisir, sous prétexte que c'était son anniversaire et donc qu'il se devait d'être à l'honneur. Retenant un soupir désabusé, le lieutenant s'approcha du premier de la file, arme à la main, et planta ses yeux dans les siens avec sérieux. Il fit de même avec tous ceux de la file, en terminant par les mages, sans prendre son temps. Puis il se retourna et fit désigna un archer ainsi que Maltlin. Il avait un court instant hésité quant au mage, ne sachant quel type de magie chacun maniait, mais la démonstration de la veille au soir avait piqué la curiosité du lieutenant à vif. Par la suite Gwendoe choisit décida de se mettre avec un pavoi ainsi qu'un épéiste tandis qu'Aelian, en bon hurluberlu... Neraën ne put que soupirer en voyant sa réaction... Il se planta devant Artiön avec un immense sourire sur le visage et déclara, avec entrain : "Je vous prends, vous avez l'air sympa finalement ! Pour l'autre personne, il me semblait que vous aviez déjà une partenaire, non ?".

Une fois les équipes faites, Neraën s'entretint quelques minutes avec Meltlin et celui qui se présenta sous le nom de Seraën afin de les cerner, autant sur le plan psychologique que martial. L'aigle savait parfaitement que pour gagner une bataille il fallait connaître ses frères, se connaître soi et avoir confiance. Alors il prit le peu de temps dont il disposait pour que ce soit le cas, même s'il savait pertinemment que ce ne serait que supperficiel. De loin, il put voir les deux autres aigles faire de même. Il eut une pensée pour eux ; ils avaient bien appris et étaient de ceux qui veillaient toujours sur la bonne entente entre soldats au sein de l'armée. Ils iraient loin, si Tari ne les réclamait pas trop tôt.

Allait pouvoir commencer le tournoi. Tournoi par équipes de trois, comme d'habitude. Si ce n'est que Neraën se permit une dérogation à la règle ainsi qu'un rappel à l'ivrogne du soir qui l'avait embarqué dans cette histoire. Il s'approcha donc de Ciryon alors qu'il était en plein discours, se racla la gorge et attendit que le forgeron le regarde tout en arrêtant de parler.

"Cher ami, vous êtes en train de lancer le tournoi, mais il me semble qu'une promesse m'oblige à vous arrêter là où vous en êtes. Voyez-vous hier soir nous avions parlé de nous affronter en duel amical afin d'ouvrir cet évènement, et il va de soit qu'étant donné que c'est un duel, vous serez seul face à moi. Quel que soit le perdant, il participera quand même au tournoi, histoire de ne pas défaire une équipe dès le départ. Etes-vous prêt ?"

Un sourire, franc et amusé. Il n'attendait plus que le forgeron pour ouvrir le bal... à sa manière.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Dim 16 Avr 2017 - 20:41



Caladhiel jaugea avec appréhension celui qui serait son compagnon d'arme pour la durée de ce tournoi. Elle était passé trop près de la victoire la dernière fois pour l'abandonner aujourd'hui. Elle et toi aviez l'habitude de fonctionner ensemble. Elle et toi faisiez bonne équipe. Elle comptait là dessus pour arriver au plus loin, mais Aelian lui était une variable inconnue, et bien qu'elle n'ait aucunement cherché à douter de la valeur martiale de l'Aigle, l'imprévu ne lui plaisait qu'à moitié.

- Caladhiel. Enchantée. La main calleuse de la Taledhelle au visage délicat se tend vers l'Aigle, l'invitant à une poignée de main plus ferme qu'attendue. Bienvenue dans l'équipe gagnante. Une menace autant qu'un encouragement

Tu souris d'amusement, elle soulève un sourcil, Aelian avale sa salive, et vous vous écartez du devant de la scène pour gagner des lieux plus discrets. C'est le temps d'apprendre à se connaître, et d'apprendre à connaître ses adversaires. Et puisqu'il y en avaient parmi eux que votre partenaire connaissait mieux que personne, il aurait autant à vous apprendre que vous auriez à lui confier. Vous n'auriez pas le temps de soumettre vos stratégies à l'essai avant l'heure butoir, mais au moins Aelian savait maintenant qu'il se battrait avec la lancière que l'on surnommerait plus tard Arta'Nisto - la Femme Forteresse  et le le mage de Vie qui serait suite à l'Uraal reconnu en tant qu'Enda'Otha - le Coeur des Batailles ; et vous deux pouviez imaginer quel oeil de rapace possédait Gwendoe, et quel danseur étant Neraën une fois l'épée à la main.





~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


- Maltlin la mine du mage se marque d'ennui Combien de fois va-t-il falloir que je le répète ?

Seraën au moins partait avec plus d'entrain, l'air moins sévère. En réalité, le tempérament fougueux de Seraën serait très certainement le parfait point de balance avec les manières très calculatrices de l'élémentalistes. C'est une équipe de poids légers qu'avait bâti l'épéiste, car quand lui-même, les deux mains à l'arme et l'armure de cuir léger au dos était le plus protégé, il était vite évident aux yeux de ses deux compagnons à quel point ils présenteraient des ouvertures si leurs offensives n'étaient pas fulgurantes. Une équipe de poids légers, mais d'âmes parmi les plus déterminées que l'on pouvait trouver au sein de cette armée. Maltlin refuserait de perdre. Pas deux fois en si peu de temps. C'était inconcevable. Et Neraën était un combattant doué, il pouvait le sentir. Il trouverait un moyen de s'adapter. Il y arrivait toujours... à condition que l'on prononce correctement son prénom.


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


- Vous m'excuserez de vous décevoir... le visage du forgeron s'illumine mais je suis seul membre de mon équipe aujourd'hui. J'ai bien peur de me trouver forcé de gagner les gradins une fois la fin de notre duel sonnée. Je sais que vous en serez déçu, mais faites-moi confiance si je vous dit que j'ai mes raisons.


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


Ciryon lève les bras au ciel dans un geste théâtreal, et dans le plus grand des silences, les équipes se présentent au bas des gradins déjà gagnés par le public. La tension monte dans l'air de la caserne alors que le forgeron posté au milieu de la scène, bouclier à une main, masse d'arme à l'autre, se lance dans son grandiloquent discours. Toujours le même à peu de choses près, et pourtant toujours suivi avec une attention toute particulière par ses spectateurs. C'est le détail qui compte, c'est dans ce qu'il ne dit qu'à moitié qu'il déploie son humour, et c'est dans son regard que l'on lit ses derniers mots.

- ... Et aujourd'hui je me jette premier parmi les Leomenis, car nous célébrons la participation de quelques uns des soldats du corps des Aigles. Voyez cette entrée en matière comme une promesse, ou comme un avertissement, mais profitez surtout des surprises qu'apporteront ceux portant les épées d'ailleurs !

Face à face, écartés des trente pieds règlementaires, c'est au signal donné par la clameur de la foule que les deux elfes se donnèrent l'assaut... ou du moins que l'Aigle donna l'assaut au forgeron. Ciryon comme toujours attendrait le bon moment. Ciryon n'était jamais pressé. Il avançait lentement, l'oeil vif, guettant la manière de se mouvoir de son adversaire, prêt à parer et à esquiver comme il savait si bien le faire. Il ne passerait pas à l'offensive sans qu'il n'ait jugé en avoir vu assez de l'arsenal de Neraën pour se le permettre. Ce serait probablement trop tôt. Il perdrait certainement, mais au moins il perdrait sachant qu'il en a tiré quelque chose. Une signature comme chaque guerrier en possède une.

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Dernière édition par Artiön Sinyàra le Mer 24 Mai 2017 - 22:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Lun 17 Avr 2017 - 15:51

"C'est bien dommage..."

Son sourire ne s'effaça pas, au contraire même. Sans rien ajouter, il se détourna du forgeron pour respecter la distance obligatoire entre les deux adversaires. Trente pieds, ce n'était pas bien long si les concurrents se déplaçaient de concert lors du lancement du duel. Trente pieds, ce serait bien long pour les spectateurs si ces mêmes elfes passaient leur temps à se regarder en chiens de faïence. Neraën s'arrêta, ferma les yeux, inspira profondément puis se retourna. Son sourire toujours inscrit sur son visage aux yeux rieurs, il fit à nouveau face à Ciryon tout en posant la pointe de l'une des lames de l'épée double sur le sol, non loin de son pied droit. Le forgeron face à l'une des armes qu'il avait forgées ; n'était-ce pas une belle situation ?

La clameur de l'assemblée annonça le début des hostilités, demandant autant à apprendre à connaître l'aigle qu'à savoir comment leur ami allait se débrouiller face à lui. Mais, étrangement, aucun des deux ne bougea réellement. Neraën fixa Ciryon de ses grands yeux clairs, détaillant chacun de ses mouvements ainsi que l'expression du daranovan. Constatant après quelques pas que l'elfe à la masse et au bouclier resterait sur la défensive et n'attaquerait pas le premier, il s'accroupit sans le quitter des yeux et prit de sa main gauche une poignée de terre battue. Malgré l'épaisseur de son gant il ressentit que la terre était déjà suffisamment compressée pour ne pas être utilisable et éviter les glissements d'une quelconque surface dessus. Pratique pour garder ses appuis mais pas pour certaines bottes qu'il appréciait. La terre était donc des plus dures... à lui maintenant d'essayer de s'accorder à elle pour gagner en efficacité, comme avait pu lui apprendre Tinrael.

Ciryon ne bougeait toujours pas, n'avait pas essayé de profiter de ce moment où Neraën n'était pas dans la meilleure position martiale pour attaquer ; il était intelligent ce facilement pompette ! Alors il se releva et commença à marcher en cercle, se rapprochant quelque peu en même temps, ne perdant jamais de vue son adversaire. Comme il s'y attendait l'autre fit en sorte de toujours rester face à lui, ce qui lui permit de voir de quelle façon il tournait sur lui-même. Puis, au bout d'un long moment dominé par le silence, il s'élença. Il courut jusqu'au forgeron et, à seulement quelques pas de lui, se débrouilla pour être du côté de la masse, sauta et porta un coup qui dans un vrai combat serait fatal si Ciryon ne parait pas ou n'esquivait pas suffisamment. Et il savait déjà où porteraient ses prochains coups, même si ses yeux ne le montraient aucunement.
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mar 18 Avr 2017 - 18:41

Le premier coup serait un coup mortel. C'est que ceux d'Eteniril n'étaient pas du genre à perdre leur temps. Piquer du côté de la masse, tactique efficace, mais bien peu novatrice. Ciryon n'esquive pas, il pare plutôt, se servant à son avantage des creux de la partie contondante de sa masse. Les espaces sont assez grands pour accueillir le bout de la lame de Neraën, et la position du lieutenant des Aigles donne au forgeron l'avantage de l'équilibre. Si c'était une épée simple, son adversaire aurait été désarmé, mais les forces ne se répartissent pas de la même façon dans une épée double.
Les deux armes se prennent en une violente clef, forçant le plus grand des deux à reconnaître la force du plaisantin. Battre le fer trace le dos et les épaules, qu'on se le dise. Si les forces du lieutenant étaient probablement mieux réparties dans son corps, ce genre de confrontations n'étaient pas à son avantage. Ciryon devrait les provoquer s'il voulait avoir une chance de gagner. Il devrait attendre le coup de trop, et parer jusqu'à ce qu'il puisse piéger son adversaire dans un affrontement de force brute. Et parce que Neraën était grand, plus haut sur ses appuis, le mettre au sol ne serait que plus simple.

Mais tout cela n'était que le peu de théorie que Ciryon pouvait développer à partir d'un et d'un seul coup. Il faudrait en voir plus avant de pouvoir se positionner sur l'attitude à adopter, surtout que son adversaire était rapide, et agile. Neraën s'était dégagé avec une relative facilité de la première prise, ce qui n'était pas de bon augure pour le forgeron. Il revenait avec des séries de coups moins incisifs, que le targe cueillait avec aisance. Il attendait, il harassait, il cherchait de son côté aussi l'ouverture... ou alors il s'amusait.
L'imbécile... un coup de trop. Le bouclier se positionne dans l'inclinaison que le forgeron seul est capable de calculer, car c'est celle qu'il sait forcer la lame qu'il a créé à perdre appui. La masse avance non pas par le flanc, mais vers l'abdomen de l'épéiste, utilisée comme l'aurait été un fleuret. C'est la réaction rapide de l'Aigle, et sa diligence à relâcher la grippe qu'il avait sur son arme qui éloignèrent ses intestins du coup qui menaçait de les purger.

Ciryon prend de l'assurance, et il en devient d'autant plus dangereux, parce que son assurance nourrit sa patience, et que sa patience est sa force. Donnez-lui le temps d'en voir assez, et bien qu'il soit loin d'être le plus grand des maîtres d'armes il risquerait de vous vaincre, qui que vous soyez. Il n'y a rien que l'artisan fasse mieux que de lire vos mouvements, de les analyser, jusqu'au jour où il pourra les prédire. Ciryon n'en a peut-être pas l'air, mais il est un duelliste dangereux, et si son adversaire lui laissait le temps de poser son jeu, cela pourrait bien lui coûter la victoire.

Si Neraën agissait vite, sans nul doute il gagnerait ; mais s'il choisissait de jouer, alors il faudrait qu'il calcule bien son lancer de dés.


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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mer 19 Avr 2017 - 9:20

A plusieurs reprises l'aigle aurait pu décider d'arrêter le combat en harassant le forgeron de coups, mais il n'était pas là le but. Il voulait voir, apprendre, comprendre... et après quelques passes, il devait avouer que Ciryon se débrouillait bien mieux qu'il ne l'avait laissé croire, ce qui fit franchement plaisir au lieutenant. Il appréciait ce genre d'adversaire et reconnaissait que c'était une façon de faire que tout guerrier se devait d'avoir. Mis à part cela, Neraën remarqua également que plus le temps passait, plus le daranovan semblait gagner en confiance. S'il n'avait pas été forgeron, l'aigle aurait pu penser que le fait que lui-même faisait approximativement le même type d'attaques causait cette confiance ; le problème était justement qu'il était forgeron et que pour exercer son métier il devait s'adapter à la façon de combattre de son client. Il était donc probable que plus le combat traînerait, plus Ciryon s'adapterait à lui... et cela pouvait le rendre dangereux, bien plus que sa masse en elle-même. Il allait donc falloir qu'il choisisse entre mettre fin au combat rapidement ou jouer avec le feu et risquer de perdre.

Encore quelques passes, où là Neraën visa volontairement certaines zones en de nombreuses attaques successives, dansant et forçant Ciryon à se tourner plus d'une fois, afin d'être sûr d'avoir cerné le personnage. De même, il adoptait un nouveau comportement martial dans le but de faire penser qu'il prenait une direction bien précise, comme fatiguer l'autre et jouer sur le déplacement pour prendre de revers l'adversaire au niveau de son bras d'arme. Mais c'était un mode de pensée trop courant aux yeux de Neraën qui changea de stratégie d'un claquement de doigt. Il attaqua du côté de la masse après avoir déjà tenté une échappée de l'autre lame, attaque qui se vit parée par l'arme. Sans attendre de voir s'il pouvait s'attaquer à un membre plus bas que l'épaule, il fit au contraire glisser sa lame vers le haut, si bien que l'autre descendit pratiquement à la verticale. D'une main il donna un léger coup vers l'avant, faisant ainsi passer la lame basse derrière le bouclier puis la releva avec force et rapidité. La lame qui était toujours contre la masse glissa dans un bruit métallique vers le côté et Ciryon sentit le plat de la lame - Neraën ayant fait pivoter son arme par mesure de sécurité - heurter son bras de plein fouet. L'elfe profita alors de sa promiscuité avec son confrère pour tirer de toutes ses forces sur son arme tout en pivotant sur lui-même, amenant ainsi le forgeron à être tiré vers l'avant, emporté par son propre bouclier. La main du lieutenant lâcha l'épée double côté masse pour s'emparer du poignet avant que Ciryon ne trouve l'amplitude nécessaire pour lui porter un coup et força le bras de l'elfe à partir vers l'arrière, déséquilibrant à nouveau son adversaire. De sa deuxième main il retira en même temps son épée de la prise qui pouvait se refermer contre lui puis asséna un coup de pied dans le genou pour définitivement faire tomber à terre le forgeron. Il lui suffit juste de poser délicatement une lame sur le cou de Ciryon pour signifier que le duel était terminé.

Des applaudissements, un sourire, une main tendue vers celui qui était malencontreusement tombé à terre. Une poignée amicale et, surtout, une forme de respect qui pouvait se lire dans le regard de l'aigle.

"Vous vous débrouillez mieux que vous ne le dites, Ciryon, mais ne vous laissez pas trop avoir par la mécanique que peuvent montrer certains sur de longs combats, notamment les duels. L'une des premières forces d'un soldat est d'être toujours imprévisible, s'il ne se défait pas de son ennemi rapidement. Ravi d'avoir pu faire ce duel contre vous... et votre épée double est pas mal du tout, même si la pauvre se trouvait dans un cimetière."

Une pointe d'humour, comme il en avait l'habitude. Comme tous les siens le connaissaient. Comme Ciryon en aurait fait les frais s'il n'avait pas été un adepte du bouclier.
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mer 19 Avr 2017 - 15:03


Ciryon començait à prendre le rythme. Les échanges de coups se faisaient plus égalitaires. D'un côté le bouclier parait, et de l'autre les jambes esquivaient. Les combattants tournaient l'un face à l'autre dans une ronde infernale qui ne demandait qu'à être brisée. Ciryon attendait qu'elle se brise. Il savait qu'elle finirait par se briser. la question étant : comment ? Il en existait des centaines des techniques pour passer outre la défense d'un bouclier, et parmi ces centaines, les milliers de variantes que chacun se constituaient. Arriverait le moment où Neraën plongerait sous l'armure, et où le temps de trouver une réponse s'écourterait.

Le temps arriva où son ouverture se présenta, sous une forme pour le moins inattendue. Ciryon sourit alors qu'il perdait contrôle sur son propre corps, forcé en des positions inconfortables par l'enchaînement de son adversaire. Alors c'était cela...  l'arme n'était pas tout, c'est de ses mains et de ses pieds qu'il faudrait que ses prochains adversaires se méfient. Un soupir navré pour la douleur qu'avait dû s'infliger Neraën en frappant de son pied les solides protections lui couvrant les genoux n'empêcha pas le forgeron de finalement mordre la poussière. Une fois de plus.

Pour ajouter à la clameur de la foule, c'est un véritable hurlement de soulagement que laissa échapper l'artisan en prenant la main de son adversaire, et en le tirant vers lui pour lui offrir une embrassade digne de ce nom. Sa respiration était lente et lourde, mais lorsque l'étreinte se brisa, les yeux du vaincu ne se baissèrent pas, et vinrent plutôt communiquer leur étincelle à ceux du vainqueur. Ainsi en ce jour Ciryon se fit la promesse intérieure d'assez impressionner le Lieutenant des Aigles au jour de leur prochaine rencontre pour qu'il ne puisse pas piper le moindre mot.

- Disons que je fais en sorte d'être capable de porter mon propre poids il rit Mais tu sais, en réalité, après quelques temps d'observation, aucun soldat n'est totalement imprévisible. Je ne fais pas qu'observer une technique martiale tu sais le forgeron explique en haletant, parlant trop vite pour son souffle encore coupé C'est assez difficile à faire quand quelqu'un est lourdement vêtu, mais j'observe les comportements corporels. Je regarde comment ton corps réagit à tes gestes, j'observe comment se comportent tes muscles, et dès que j'ai réussi à me faire un dessin assez précis, j'ai une idée de ce qui t'es physiquement possible et confortable, et du coup, au moindre engagement musculaire assez intense, je peux essayer de prédire le prochain mouvement, même si je ne l'ai jamais vu. Tu m'aurais laissé un peu plus de temps avant de faire... ce que tu as fait, que j'aurais peut-être pu y trouver une réponse, mais là... disons que c'est encore un peu difficile pour moi d'y aller à l'instinct. le forgeron jette un oeil sur sa création à l'écoute des derniers compliments de Neraën Eh bien si tu l'aimes bien, attend seulement que j'en forge une digne de ce nom ! Je te promets qu'elle sera à t'en donner envie de briser la tienne.

Le forgeron se tourna vers la foule, poings en l'air, avant de regagner la tribune, sous une enjouée clameur. C'est maintenant que le véritable tournoi commençait. Il ne resterait plus qu'à attendre que les noms soient tirés, et que chacun apprenne qui sera son premier adversaire.

À chaque équipe il fut attribué un sceau, jumeau du dessin peint sur leur pierre dans l'urne qui déciderait de l'organisation des rencontres. C'est la main innocente d'une jeune adolescente qui piocherait une à une les gemmes, secondée de Ciryon, qui lui appellerait l'équipe correspondante pour la présenter à son adversaire. La cérémonie ne dura pas beaucoup plus d'une heure, mais comme toujours, elle sembla s'étirer bien trop longtemps pour les coeurs et des combattants et du public, tous anxieux de savoir jusqu'où leurs favoris, ou eux-mêmes iraient. Tous anxieux de savoir s'ils mèneraient bataille honorable aujourd'hui, ou s'ils deviendraient la prochaine plaisanterie à la mode pour les quelques ennéades suivantes. Tous anxieux, mais tous décidés à tirer leur épingle du jeu, et surtout, tous heureux de pouvoir vivre cela en compagnie de leurs plus fidèles camarades.

Même jouant les uns contre les autres, elle pèse dans l'air l'Unité de Daranovar.

Les rencontres:
 
L'organisation du tournoi:
 
Notre ordre de passage:
 



D'entre vous c'est Gwendoë qui devrait se tenir prête à partir la première, pour faire face à une équipe de talents aussi jeunes qu'ils étaient menaçants.
Formé en tant qu'ailier, le plus âgé d'entre eux ne devait pas dépasser les quatre siècles, mais déjà son adresse à l'arc court était aussi impressionnante que la vitesse de la monture féline avec qui il travaillait. Habitué à garder le mouvement, habitué à tirer en mouvement, il serait aussi précis qu'il serait difficile à atteindre, pour autant que de devoir faire confiance à ses propres jambes plutôt qu'aux pattes du Faïra ne lui joue pas de mauvais tour.

Portant deux épées courtes plutôt que de se séparer de l'une d'elles pour le bouclier, la seconde était une éclaireur de métier. Réputée vive comme le vent, et aussi adroite que les plus grands des artisans, elle faisait partie des armes de l'ombre de Daranovar. Détruire l'adversaire de l'intérieur, prendre la vie des ensommeillés, à son air grave on voyait autant ce que sa position l'avait forcé à faire que les raisons pour lesquelles elle avait accepté ces tâches de peu d'honneur. Ici elle avait l'occasion de prouver sa véritable valeur en tant que maître d'arme, espérant que son agilité seule suffirait à compenser l'absence de l'effet de surprise.

N'en reste que c'était la plus jeune d'entre eux, jeune Taledhelle quelques decennies au dessus des deux siècles la plus effrayante. Hydromancienne de talent, connue pour sa fougue et sa propension à l'utilisation de sortilèges plus puissants que précis, elle était de ceux qu'il fallait réduire au silence au plus vite s'il on souhaitait faire le moindre pas en avant. Peut-être elle n'était pas encore mage de guerre accomplie, peut-être ses incantations n'avaient pas encore la rapidité de celles des maîtres, mais quand ses sortilèges étaient aussi virulents, elle devenait bien assez faste pour faire d'elle un potent canon de verre.

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~

Neraën lui pourrait savourer la chance qu'il lui fut offerte de ne se voir appelé qu'à la dernière rencontre, mais ne dit-on pas que l'on garde toujours le meilleur pour la fin ?

Fidèle au diction, la tête d'équipe adverse était un vétéran, éclaireur depuis plus de six siècles, à la technique de combat tout à fait particulière. Maître des armes de lancer, c'est une arme tout à fait singulière qui était devenu sa signature. Les deux lames en disque qui lui pendaient à la hanche étaient ses propres équipement d'entraînement, et peu devineraient à les voir s'ils sont destinés au lancer comme le sont les couteaux factices tenus au cuir de son pantalon ou si ce sont là ses armes pour le corps à corps. Imprévisible est le maître mot en ce qui le concerne, et rapide est le seigneur.

Son second autant dans ce tournoi que dans les corps armés, un jeune mage approchant les deux siècles, encore partagé entre l'enseignement de la magie et celui de la science militaire, encore peu adroit en comparaison avec ses confrères, mais abominablement prometteur. Abominablement car si son apprentissage est si lent, c'est qu'il s'est prouvé être à l'aise avec une forme de magie que trop peu d'elfes maîtrisent, et ainsi se voit enseigné de manière approximative. Il est intelligent heureusement, et des conseils prodigués par les mages de lumière, il est capable de tirer ce qui servira sa magie d'ombre.

Allié sécurisant, véritable mastodonte, le dernier d'entre eux porte l'armure lourde et le pavois comme on porterait le coton. Est-ce un véritable espadon qu'il manie aussi aisément d'une main ? On serait tenté d'acquiescer si cela ne paraissait pas aussi irréel. Il est la puissance personnifiée et le mur qu'il faudra passer pour que victoire soit assurée.

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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mer 24 Mai 2017 - 20:21

"Bon... je m'occupe d'éliminer la mage avant qu'elle n'ait le temps d'incanter, je n'ai pas envie de me retrouver face à une folle en puissance. Vu ce que vous me décrivez de l'autre archer, je suppose que tu seras le plus à même de te battre contre lui Galeldhron.
L'épéiste hocha affirmativement de la tête.
- Je m'occuperai de vous défendre, intervint Daleren, je ne serai pas le plus mobile et vu l'équipe d'en face, vaut mieux ne pas perdre l'archère.
- Parce que je compte pour du beurre ?!
- Non, mais toi tu seras certainement celui qui aura le moins besoin d'être défendu d'entre vous-deux."


Gwendoe sourit à son tour, connaissant très bien ses forces et faiblesses. Et contrairement à ce que l'on pouvait penser des archers, elle était également très à l'aise à l'épée courte - sinon elle aurait sûrement terminé chez les archers de l'armée royale et non chez les Aigles. Autant jouer là-dessus donc, et faire croire que sa faiblesse principale serait le corps-à-corps.




Une course ; une dernière. Courir contre le temps, courir contre l'adversaire. La récupération de son arc au passage, un saut puis une dernière flèche de tirée. Puis la fin du combat, permettant à l'aigle de savourer l'air qui allait lui permettre de reprendre un meilleur souffle. Un sourire, des poignées de main échangées. L'équipe de Gwendoe ressortait vainqueur de ce combat mais ce n'était pas sans blessures, même factices. L'etenirilie discuta quelques instants avec ses frères d'arme du jour avant de regagner les gradins et de boire avec avidité. Ce tournoi était amusant, elle devait bien le reconnaître. Qui plus est elle était contente, elle n'avait pas eu besoin de vraiment se battre au corps-à-corps, Dalaren faisant un très bon protecteur. L'équipe adverse était bonne et elle avait pu remarquer de sympathiques talents chez certains... à voir maintenant ce que donnerait le prochain combat.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Jeu 25 Mai 2017 - 0:46

La manière dont s'ajuste le vêtement d'acier et de cuir sur ta silhouette ne ment pas. Les traces d'éraflure sur le cuir et la plaque non plus. Cette armure est ta tenue d'entrainement depuis bien longtemps maintenant, avantage que tu partageais avec seulement les plus soigneux et les plus impliqués des soldats. L'excellent entretien que tu fais avec l'aide de Cìryon bien sûr de ton matériel t'es remboursé en confort lorsque viennent ces événements, un confort que ne connaissent pas ceux qui changent chaque fois de tenue.
Le sceptre planté dans la terre battue, l'avant-bras gauche transformé en protection de plus par le targe de poing, tes deux prunelles de givre vrillées dans les yeux de vos futurs adversaires, tu es presque effrayant. D'autant plus effrayant que dans les esprits de tous est encore gravée ton habituelle légèreté.

À ton regard on aurait pu juger quel terrible combattant tu es, si seulement le regard pouvait s'arracher de la femme-forteresse. Fièrement debout, le menton haut, quelques pas devant toi se tenait Caladhiel, portant les lourds morceaux de métal que sont sa lance, son pavois et son armure comme une femme porterait la plus belle de ses robes. Elle les connaît déjà ses adversaires. Elle les connaît déjà trop bien.

Le mage Naruthiron, l'hyperactif. Le caractère aussi instable que la foudre son élément de prédilection, nombreux sont ceux qui s'étaient posé la question de sa légitimité en tant que soldat de l'un des corps armés les plus stricts de l'Anaëh. Un peu plus de trois siècles à observer sa ferveur au combat ont suffit à y répondre. On ne soumet pas Naruthiron à une quelconque stratégie, on bâtit une stratégie autour de lui, et alors il devient un atout des plus redoutables.
La bretteuse Uirebel, au pas léger. Une externe. Une assistante. Une auxiliaire d'un jour et déserteuse d'un autre. Elle est jeune, à peine plus d'une décennie au-dessus des deux siècles, et pourtant déjà son imprévisible jeu d'épée donnait du fil à retordre aux vétérans. Peu puissante, mais plus rapide qu'un battement de paupière, la harceleuse ayant coûté sa victoire à ta coéquipière aux derniers jeux. Heureusement tu peux te permettre de garder confiance en le sang-froid de Caladhiel. Elle ne joue pas la revanche, elle joue la victoire. Peu importe combien la mouche peut importuner le Phish-Oura, ce n'est jamais qu'une question de temps avant que le félin ne finisse par l'écraser. La lancière serait patiente cette fois.
Le hallebardier Celeg, l'intrépide. Puissant, contrairement à sa camarade, mais tout aussi imprévisible que les deux autres, en dehors d'une chose. Celeg ne recule jamais. Il est connu parmi l'infanterie comme étant celui dont la témérité inspire autant ses alliés qu'elle terrifie ses adversaires. Sa témérité autant que son abnégation. Une seule chose insupporte autant le guerrier que de devoir battre en retraite : voir un allié sur le point de tomber. Et parce que son style de combat n'est que pure offense, c'est en éliminant la menace plutôt qu'en l'écartant qu'il répond.

Et parmi tous ces joyeux combattants sérieux et prêts à faire mordre la poussière aux autres, se trouvait un elfe qui n'avait pas l'air d'être à sa place. Un sourire d'abruti - ou d'enfant - aux lèvres et l'air complètement décontracté, il regardait tour à tour adversaires et partenaires, attendant le début de la bataille. Aelian... pitre de renom et insatiable bavard lorsqu'il s'y mettait, y compris pendant un combat, nombreux étaient ceux qui pensaient qu'il aurait dû faire barde. Pourtant il fallait croire que ses prouesses martiales étaient assez spectaculaires pour qu'il ait été appelé à entrer dans le corps des Aigles. Ainsi en était-il de lui : sur un échiquier, il serait le fou du roi... et qui ne prend pas assez garde au fou se retrouve dans de mauaises situations.

- Tiens-toi sur tes gardes Aelian, ce sont des imprévisibles. Observe Naruthiron, le mage, c'est autour de ses gestes que les deux autres organiseront les leurs.
- Ne te laisse pas prendre par surprise par Uirebel, fais attention à mes signaux, et tout devrait bien se passer.
- Bien compris ! Ah, au fait... si vous m'entendez parler en plein combat n'y prenez pas garde, et surtout ne sursautez pas trop si jamais je fais quelque chose de pas très conventionnel.

Il sourit de plus belle, agaçant plus sa comparse qu'autre chose. Si quelqu'un devait trouver de l'amusement dans cette bataille, ce serait très certainement Aelian !

- Tant que tu les surprends autant eux que nous, je n'y vois pas de mal.

Caladhiel abandonna les soupirs pour vous offrir au pitre et à toi un hochement de tête entendu, dont la réponse serait votre dernier geste avant que ne soit sonné le début de l'affrontement.
Les premières secondes, le temps des regards, durant lequel chaque équipe jauge posture et formation de leurs adversaires, les temps les plus importants pour les mages, car c'est l'un des rares instants durant lesquels en tant que thaumaturges vous pouviez pleinement vous concentrer sur vos sortilèges. Quelques tours de sceptre, ton focaliseur s'imbue d'une douce lumière, et à l'abri du pavois d'une alliée enfoncée sur ses appuis, tu lançais ton premier sortilège. Caladhiel et Aelian inspirent de concert, leurs propres corps leur paraissant soudain plus légers, leurs sens aiguisés et leurs gestes plus incisifs. Toi au contraire, soumis au même traitement, tu ne laisses rien paraître. L'habitude de manipuler ton propre organisme aura eu pour mauvais côté de te priver de l'euphorie de l'instant.

- J'en ai assez des tortues de guerre !

Le mage pointe le doigt vers le ciel, et le ciel lui répond. L'atmosphère s'alourdit au point d'en devenir étouffante, et bien trop près du sol naissent d'effrayants cumulonimbus. C'est sur ta camarade et toi que s'apprête à pleuvoir l'impatience de l'élémentaliste.

- Aelian, pars devant ! essaie de gagner du temps
- Je pars, je cours, je vole !
- Je t'ai Artiön

Ton sceptre tournoie toujours lorsque ton genou vient trouver le sol, pour t'abriter sous le pavois de Caladhiel, levé vers le ciel, et férocement frappé par la foudre. La température monte dangereusement autour de vous, et vos cœurs accélèrent à la pensée de ce qu'il aurait pu arriver à la porteuse s'il n'y avait pas les couches d'isolant qui la séparaient des plaques de métal de son armure. L'assaut céleste dure, dure bien trop longtemps pour votre confort, mais qu'importe, vous êtes prêts à faire ce sacrifice, le temps joue à votre avantage.
Les yeux faisant des allers-retour entre la bretteuse faisant à grands bonds son avancée victorieuse vers les victimes immobilisées que vous êtes, le mage arrivant à bout de souffle et le hallebardier aux prises avec Aelian pour protéger son camarade arcaniste, tu continues ta machinerie, contant avec une joie bien dissimulée les pulsations dont le tempo se modère à petit feu.

- Non mais... tu sais, les mages, quand ça veut c'est vraiment énervant. Ça fout dix gars par terre en même temps, ça fait pleuvoir des orages, ou encore ça t'empêche de bien faire son travail. Bon, d'accord, j'avoue, des fois ils sont utiles... Hé ! Pas la peine d'essayer de me scalper non plus ! Vous feriez mieux de bavarder un peu, ça vous donnerait un côté plus sympathique. Bon... j'en étais où déjà ? Ah oui les mages... Alors c'est l'histoire d'un élémentaliste, d'un mage de la vie et d'un spiritueux euh... d'un gars de l'immatériel qui... ATCHA !!!

Cela faisait déjà quelques temps que l'aigle jacassait sans arrêt, sans jamais manquer de souffle malgré la bataille qu'il livrait. Seules choses ayant réussi à le faire taire plus de quelques secondes, le manque d'imagination, et les coups les plus retors du hallebardier, le forçant à plus de concentration s'il voulait y faire face, mais encore et toujours il continuait... et le pauvre Celeg n'était aucunement habitué (ou paré) à une situation si incongrue. Cela avait donc amené à une situation qu'Aelian adorait par-dessus tout : l'énervement de l'adversaire. Et là il se faisait un malin plaisir à passer sous la garde de l'elfe, entrant dans ses défenses et imitant l'éternuement à bien plus haut volume que l'on aurait pu imaginer de lui. À la fois surpris et déstabilisé à cause de la fine ouïe de son peuple, Celeg dût plier le genou devant l'Aigle, l'épée méticuleusement placée sur son cou, charmant sourire au visage.

Maintenant... fallait-il faire passer en priorité le mage ou la fille ? Sa première idée partait en faveur du mage, mais l'essoufflement semblant gagner ce dernier, l'épéiste pourrait se prouver être choix plus judicieux. Oui il allait s'occuper d'elle, il avait trop peur du coup de foudre. Quoique Caladhiel et toi essuyiez déjà ses assauts, et peineriez bientôt à la gérer en même temps que les assauts du mage... Et bien quitte à passer pour un poulet, autant être un poulet bien cuit, c'est meilleur !

- Bon, Kÿria, je compte sur toi !

Il emprunta rapidement l'hallebarde de son précédent adversaire et fonça (pas si) joyeusement (que ça) sur le mage afin de l'obliger à se concentrer, ne serait-ce qu'une seconde, sur lui au lieu des autres.

Dans les gradins, les aigles étaient partagés entre l'hillarité pour ceux qui connaissaient bien leur pitre de collègue et l'envie de ne pas exister pour ceux qui tenaient un tant soit peu à la représentation que leur corps d'armée pouvait avoir auprès des autres soldats sur le champ de bataille. Gwendoe riait aux éclats ; Neraën, lui, soupirait... tout en s'empêchant de trop sourire.

Tu ne l'aurais pas imaginé capable de se débarrasser si rapidement du hallebardier, mais c'était tout à son honneur. Aelian ne pourrait pas imaginer à quel point son effort te faciliterait la tâche. Plus que deux cibles sur lesquelles se concentrer... si seulement Caladhiel arrive à contenir Uirebel assez longtemps. L'adversaire et toi dansez autour du pavois. Toi pour t'éloigner de la rapière, elle désespérément à ta recherche, mais les muscles galvanisés par ton tout premier sortilège, la lancière est bien plus rapide que n'aurait pu l'imaginer la bretteuse. L'ouverture ne vient pas, et l'ultimatum continue d'approcher, alors que de l'autre côté du terrain se dévoilent au grand jour les raisons de votre liberté de mouvement.
Naruthiron fuit, recule à grand sauts devant un Aigle à l'air peu enjoué. Pourquoi avoir pris l'arme de Celeg ? Le mage n'en a aucune idée, seul lui importe que son adversaire est certainement bien moins habile la hallebarde à la main qu'il ne l'est avec sa seule épée. Ça, il pourrait s'en servir. Il va s'en servir. Merde soit des nuages de foudre et des grands gestes, il lui suffirait de quelques éclairs pour paralyser l'Aigle sur place. Le doigt de l'élémentaliste se pointe cruellement vers Aelian, faisant planer sur lui la menace de la tétanie.

- Encore un peu tu marmonnes entre tes dents, pris en tenaille par les tintements de l'acier d'un côté et par la menace pesant sur ton allié de l'autre Caladhiel !

Le bruit de la hallebarde s'écrasant sur la terre battue n'est pas suffisant pour couvrir celui de la décharge s'étant abattue sur l'épéiste, immobilisant le pitre dans son éternel sourire. Que la paralysie ait duré une seconde de plus, et cela lui aurait valu l'élimination, mais à sa grande surprise, c'est avant d'être réellement assommé qu'il fut libéré, pour observer le mage adverse lourdement s'écrouler de sommeil juste devant lui.

Uirebel repose au sol un peu plus loin, préservée de la douleur d'une épaule déboitée par son état d'inconscience. La femme forteresse était passée à l'offensive en même temps que toi. le sortilège que tu préparais depuis un moment déjà avait pris le mage adverse, tandis qu'un seul coup de bouclier sur l'insupportable mouche avait suffit à l'écraser.

Tu soupires, exténué, levant ton sceptre en signe de victoire, faisant naître par la même occasion dans la foule une intense clameur. Tu viens ensuite t'appuyer sur l'épaule de ta camarade, qui attend l'arrivée de votre troisième coéquipier avant de se diriger vers les dortoirs de l'Institut où se reposaient déjà quelques des participants des matchs précédents. C'est pour la première fois un sourire au visage qu'elle se tourna vers Aelian, plus qu'agréablement surprise par sa performance.

- C'est que tu es plutôt bon pour une demi-portion finalement. J'espère pour toi que tu comptes garder la cadence.


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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Jeu 25 Mai 2017 - 10:13

"C'est que tu es plutôt bon pour une demi-portion finalement. J'espère pour toi que tu comptes garder la cadence.
- Merci bien pour ton compliment, charmante dame au bouclier. Par contre la prochaine fois j'essayerai de ne pas me prendre un éclair en pleine face.... l'hallebarde c'était vraiment pas une bonne idée !"

Toujours un peu abasourdi par le dernier sort, Aelian sourit tout de même à Caladhiel puis Artiön. Avec un peu plus de sérieux il inclina légèrement la tête vers ce dernier, le remerciant ainsi de l'avoir défait du sort s'étant abattu sur lui.


~~~~~~~~


Neraën regarda attentivement la fine équipe qui se trouvait devant, l'air calme et serein. Debout face à ses adversaires, l'épée double posée de manière à ce qu'une lame repose sur le sol pendant que le reste tenait tranquillement penchée grâce à la main droite de l'elfe, l'aigle ressemblait à une statue de pierre. Statue qui faisait une moue ennuyée, de celles qui signifiaient qu'il risquait d'avoir un peu de mal à gérer l'équipe adverse. Enfin, pour ceux qui le connaissaient, il arborait souvent cette grimace avant qu'une bataille ne commence... mais personne ne savait s'il se disait réellement qu'il allait avoir du fil à retordre ou s'il ne tentait pas de faire en sorte que l'ennemi le sous-estime.

Pour cette fois, le lieutenant trouvait l'équipe d'en face suffisamment intriguante pour devoir se méfier de tous et prendre en compte chaque détail, ce qui nécessiterait un effort de concentration le fatiguant plus rapidement. Le premier et le plus simple à gérer serait certainement Monsieur Muscles, dont la vitesse devait sûrement être son principal défaut. Celui d'après, dans l'ordre des plus compliqués à maîtriser, était le mage. Les mages, de base, étaient aussi chiants dans une bataille qu'ils étaient pratiques. Et les mages de l'immatériel étaient bien les pires de tous ! Encore une chance, son équipe avait affaire à un jeune que Maltlin - avec la bonne prononciation - qualifiait de très prometteur, ils pourraient donc jouer sur la fierté qui devait en découler. En somme, ils devraient tromper son assurance. Et pour le dernier... le maître risquait d'être un vrai filou avec ses dagues de jet, en plus d'avoir l'avantage de se battre avec des armes qu'il ne connaissait que trop peu. Lui il faudrait l'occuper très rapidement, si ce n'était pas le mettre hors d'état de nuire avant même qu'il n'y ait du corps-à-corps.

Un coup d'oeil vers ses deux frères d'arme de la journée : ils étaient prêts. Maltlin se chargerait en premier lieu du mage de l'ombre pendant que Seraën handicaperait voire éliminerait le maître d'armes. Quant à lui, il s'était permis de garder le rôle le plus adaptable. Ils devraient faire vite et le jeune mage devait être le premier à sortir du jeu, et il lui faudrait agir en ce sens si jamais Maltlin renncontrait des complications. Si tout se passait bien du côté de l'élémentaliste, alors il se devrait soit d'aider Seraën, soit de gérer le mastodonte. Et cela si la situation lui permettait de passer à l'offensive... parce qu'il était rare que Neraën n'essaie pas de protéger les siens.

Maltlin aurait préféré se charger du pavois plutôt que du mage. Il devrait de toute façon attendre que le pavois soit baissé pour correctement se charger du mage. Peu convaincu de la manière qu'avait eu Neraën de partager les tâches, le mage s'attela tout de même à la sienne, restant au même moment prêt à briser formation. L'etenirili comprendrait une fois l'affrontement réellement commencé où était son erreur.
 
Qu'il s'en rende compte ou pas, la victoire contre Cìryon devait lui être montée à la tête, parce que s'il pensait une seule seconde disposer du bouclier d'Ulband'Ossa* et atteindre les deux adversaires les plus fragiles, la déception serait grande... si le pavois ne fracassait pas son crâne. Simplement s'approcher à moins de deux mètres du mastodonte était aux yeux de l'élémentaliste, et à juste titre, manoeuvre suicidaire ; en particulier quand le maître d'arme assurait les arrières de la formation adverse... et qu'il n'avait pas véritable mesure de ce dont était capable le mage d'ombre.
 
Les flèches de Seraën, tour à tour courbes ou droites, cherchèrent à tâtons l'éclaireur, qui lui même dansait entre la protection du pavois allié et le terrain découvert, pour répondre aux tirs. Mage et archer alliés se voyaient obligés de prendre le temps d'esquiver, faute de protection, et à cause de cela la cadence des tirs de flèche se trouvait forcée d'en prendre un coup, pareillement aux sortilèges de l'élémentaliste qui ne trouvait pas le temps d'en incanter d'assez puissants.

Une flèche à parer, et Neraën trouvait son ouverture dans la défense du combattant en armure lourde. Maltlin sourit nerveusement, tandis que Seraën profitait allègrement de la position de l'Aigle pour mettre en oeuvre un plan de départ qui semblait enfin avoir une chance de fonctionner. La formation adverse se voyait obligée d'éclater, leurs mouvements péniblement guidés par les éclairs de givres et les flèches... qui commençaient d'ailleurs à se raréfier

"Je n'ai plus que trois tirs, il faudra les faire compter.
- On les a séparés, alors laisse tomber l'éclaireur et vise plutôt le mage.
- Et Neraën ? suffit à l'archer pour que Maltlin comprenne le danger que représentait le maître d'armes inoccupé pour l'Aigle.
- Ul' ne l'a pas encore écrasé, c'est bon signe... NERAËN ATTENTION !


Le moment où l'archer tourna son attention vers le mage fut celui où l'éclaireur tourna la sienne vers l'aigle. La flèche futt décochée, d'un côté une dague fut lancée, de l'autre ce fut le disque qui s'envola, alors que le mage adverse sourit au nez du projectile filant vers sa poitrine. Le mage d'ombre referma ses mains l'une contre l'autre. La dague cueillit la flèche au vol, et le guerrier au pavois, sous les yeux de Neraën, se vit avalé par les ombres ; et recraché, espadon brandi, juste devant Maltlin.

"Parfait..."

Le vent se lèva autour de l'élémentaliste, trop fort pour que même le poids de l'armure lourde y fasse opposition. On ne berne pas aussi aisément un arcaniste tel que lui. Depuis le départ, il était la cible principale, ce n'était qu'une question de temps pour que l'équipe d'en face trouve une opportunité de le mettre à terre. Que les flèches de Seraën soient venues à manquer, ou que le moindre changement en pression de votre offensive leur laisse une ouverture, et il savait que l'assaut lui serait donné. C'était bien pour cette raison que son sortilège ne fut pas perdu dans une inutile offensive, mais bien dans une léthale défense.

Lorsque se meurt la carapace tourbillonnante du mage, tombe avec elle la muraille.

Finalement Neraën se retrouva par la force des choses contre l'adversaire au bouclier, et c'était un duel acharné qui s'était engagé entre eux deux alors que les différents coéquipiers se déclaraient mutuellement la guerre. L'un jouait sur la force et le déséquilibre alors que l'autre primait sur la vitesse et la dextérité, esquivant autant que possible afin de ne pas se faire écraser par l'autre et cherchant à ouvrir de plus en plus la garde de l'adversaire. Mais contrairement à l'équipe du maître d'armes, celle de Neraën avait un net désavantage qui se remarquait : ils ne se connaissaient pas suffisamment bien et ne fonctionnaient pas de la même manière. A nouveau, l'etenirili allait devoir s'adapter.

Le mage de l'ombre referma ses mains ; l'épéiste disparut, faisant craindre à l'aigle qu'il disparaîtrait dans les ombres lui aussi. Un battement de coeur, un seul. Il n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait exactement, mais ses réflexes de soldat le sauvèrent de justesse de la fin de jeu : son bras se plia et une lame de l'épée double frôla son visage, parant presque miraculeusement le disque en acier qui avait été lancé sur lui. Le crissement du métal contre le métal lui vrilla les oreilles et il vit le disque tomber plus loin sur la terre battue. Se reprenant il se prépara à bondir pour à nouveau esquiver mais put observer qu'une nouvelle flèche s'abattait sur le mage, et encore une autre. Cette dernière, tirée immédiatement après la première, fit mouche et le mage de l'ombre dut sortir du terrain. Le combat s'avançait jusqu'à sa fin, mais Neraën se doutait très bien que le seul adversaire encore debout pouvait assez bien se débrouiller pour faire gagner son équipe. Aussi se déplaça-t-il de sorte à ce que l'elfe aux armes inhabituelles se retrouve entre Seraën et Maltlin, et lui. Ainsi, il lui faudrait choisir qui affronter, sachant qu'en se tournant vers l'un il ne pourrait plus assez faire attention à l'autre.

Malgré la situation de trois contre un, c'est un Seraën n'ayant plus que son arc sans flèche et sa dague comme lignes de défense, et donc peu sûr de lui, qui toisait le maître d'arme immobile, les jaugeant Maltlin, Neraën et lui. Certes il était seul, certes les trois membres de l'équipe étaient encore en condition de continuer à se battre, mais l'éclaireur avait l'avantage de l'âge, de l'expérience, du perfectionnement de ses techniques. Il était un espion, un saboteur, habitué à travailler seul, ayant déjà plusieurs fois été mis face au surnombre, dans des conditions bien moins clémentes. Si les vétérans sont aussi respectés, c'est parce que leur présence même est témoignage de leurs prouesses. Ils ont survécu, plus d'une fois, à l'enfer de la guerre, et celui-ci compte bien renouveler l'exploit.

Le souffle de Maltlin était imperceptiblement plus court qu'à l'accoutumée. Qui ne le connaissait pas ne verrait pas la différence, mais qui l'avait côtoyé saurait qu'il ne faudrait pas plus attendre de lui que ce que son physique lui offrirait de faire. La magie était pour l'instant hors de l'équation. Les deux daranovans, privés de leurs armes de prédilection, étaient en réalité deux proies faciles pour leur dernier adversaire, il le savait. Il ne faisait qu'attendre l'instant qui lui permettrait de le prouver. Et s'il les éliminait il ne resterait que Neraën, qui déjà que même au meilleur de sa forme n'avait que de maigres chances de remporter un duel contre tel personnage, avait été bien entamé par son face à face avec Ul'. Heureusement le maître-lanceur s'était trouvé dans l'impossibilié de correctement s'économiser.

"Maltlin !"
 
L'archer comme pris par le désespoir lança tout simplement son arc au visage de son adversaire, avant de s'élancer dague en main et rage au ventre. Les couteaux adversent ne tardèrent pas à être lancés, d'abord pour arrêter la course de l'un, et profitant de l'élan pour empêcher le commencement même de celle de l'autre. Seraën sourit, Maltlin prit maintenant son départ, sauvé du projectile par le bois et la corde ayant forcé le lanceur à se résoudre à l'approximatif.
 
"Je l'ai !"
 
Surnommée la dernière manoeuvre par l'archerie de Daranovar, nécessitant le sacrifice d'un elfe, c'est un geste risqué, particulièrement face à tel adversaire, qu'entreprenaient les deux jeunes recrues. Une charge frontale de Seraën, dague au poing, forçant l'esquive de l'adversaire, esquive et donc position d'équilibre précaire, que le mage était prêt à cueillir.

Un simple contact entre le mage et l'éclaireur, et le second se trouvait déstabilisé. Déstabilisation qui pouvait ne pas assez durer puisque l'éclaireur était un vétéran et devait certainement avoir appris à vite retomber sur ses pattes afin de ne pas donner de trop gros avantage à son ennemi. Mais il avait fait là l'erreur qu'espérait Neraën, s'occupant des plus faibles - du moins en apparence - en premier et négligeant malgré lui l'épéiste. Le maître tomba soudainement à terre, les genoux forcés à être pliés lorsqu'un objet les heurta de plein fouet : Neraën avait couru aussi vite qu'il lui était possible et avait terminé sa course en se laissant glisser sur le sol tout en positionnant son épée horizontalement au niveau des genoux. Ainsi il ne s'était pas risqué à déranger ses partenaires et ensuite avait-il fait ce qu'il devait.

Vu la situation, le combat était dorénavant terminé. Neraën soupira un coup puis se leva en même temps que l'autre elfe à terre, et échangea une poignée de main tout de même admirative. C'était un beau combat. Il avait soif maintenant.

"Bon, tous les deux... Je ne me souvenais pas que nos façons de penser étaient si différentes. En tout cas beau travail.
- Elles ne le sont pas. Tu connais juste moins bien tes adversaires que nous.
- Et tu commences à peine à connaître tes propres alliés.
- Mais le résultat est acceptable, pour l'instant. Le mage planta ses yeux dans le regard de Neraën, lui adressant l'un des regards profondément accusateurs dont il avait le secret. Il faudra faire mieux si on veut arriver jusqu'au bout.
La réplique de Maltlin fit éclater de rire Neraën.
- Maintenant que je commence à vous connaître, je pense que l'aigle que je suis pourra réussir à correspondre aux attentes du mage Maltlin. En attendant... je déteste ces putains de bouclars !"


Seraën rit de bon coeur, finalement plus parce que la remarque aura forcé à tirer aux lèvres de Maltlin un de ses trop rares sourires que pour accompagner l'aigle.

"Tu veux correspondre aux attentes de Maltlin ? Il suffit de le laisser diriger les opération. Le bougre est un véritable dictat...
- Le bougre est plus qu'à son aise pour se débarrasser d'un bouclar mais se retrouve forcé d'essayer de passer au travers quand on ne lui laisse pas les commandes !
- Pourquoi le bougre ne l'a-t-il pas dit plus tôt alors ?
- Faire les choses à ta façon était tentant. Le leader est toujours le pilier de ses propres stratégies, maintenant que Seraën et moi avons pu tâter de ton mode de fonctionnement, ce sera plus simple de t'inclure au nôtre une fois que j'aurai repris les commandes.
- Tu vois, l'archer roule des yeux, qu'est-ce que je disais ?
- Vous disiez que j'avais des risques d'aimer un bougre daranovan jouant avec de la magie et se montrant un poil dictateur quand il le voulait. Et je crois que vous aviez raison puisque j'ai bien envie de voir comment vous allez vous débrouiller avec un soldat comme moi en étant aux commandes. Pour une fois que je ne serais pas le décisionnaire, j'ai hâte de voir ça !
Un large sourire accompagna ses mots taquins.
- Fais gaffe à ce que tu dis, il risquerait de te passer la ficelle aux mains.
- Seraën !
- Bon, et si on allait se poser, les autres doivent certainement attendre qu'on ne reste pas sur le terrain pour savoir quel sera l'ordre du deuxième tour. Seraën, je vais vous aider à ramasser les flèches."


Ainsi se terminait le premier tour, voyant des équipes s'affronter et gagner avec plus ou moins de facilités. Il était temps de se reposer maintenant, en espérant que le hasard ne ferait pas en sorte que Maltlin, Seraën et Neraën ne soient pas dans les premiers à concourrir. Autant Neraën pourrait vite récupérer, autant craignait-il qu'il n'en soit pas de même pour le mage.

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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Mar 6 Juin 2017 - 20:38

Ta sieste n'aura pas duré bien longtemps. Quelques dizaines de minutes après que tu aies fermé les yeux que Cìryon était venu à votre rencontre pour vous annoncer qui serait votre prochain adversaire. L'intérieur de tes paupières est encore chaud et ta vue encore trouble qu'un sourire rapace vient déjà trancher ton visage. Tu ne t'attendais pas à déjà affronter Gwendoë, mais on ne pouvait pas dire que la pensée de te retrouver en compagnie d'un Aigle à en affronter un autre ne t'était pas satisfaisante.

- En état de poursuivre Artiön ?
- Donne-moi juste le temps de reprendre mes esprits et je serai paré.
- L'archère et toi êtes les seuls différences entre nos deux compositions, tu sais ce que ça veut dire j'espère ?
- Que j'ai intérêt à faire la différence... Mais soyons sérieux une seconde tu passes une main dans tes cheveux Ai-je déjà manqué à cette tâche ?
[Aelian]- Faudra pas seulement faire la différence dans le sens d'être meilleur. Aelian se releva, encore un peu usé par le sort qu'on lui avait lancé plus tôt.
- Imbécile de poseur la guerrière te gratifie d'une complice bourrade sur l'épaule J'espère juste que ça ne changera pas. elle se retourne ensuite vers Aelian Quant à toi, j'espère que tu n'as pas de scrupules à affronter ta soeur d'armes.
- Nooooon... j'ai l'habitude, plus que des mages de la foudre. Ca va même être sympa. Enfin, ses deux comparses, ils donnent quoi sur le champ de bataille ?
- Daleren et moi avons fait nos armes ensemble. Essaie d'imaginer ce que je ferais et tout devrait couler de source. Reste attentif tout de même, lui et moi n'avons pas la même carrure, ses coups sont bien plus difficiles à encaisser que les miens... heureusement son temps de réaction est un peu plus lent, mais je ne compterais tout de même pas trop là-dessus à ta place.
- Galeldhron, l'épéiste, lui est un formidable duelliste, l'un des meilleurs de sa génération. L'affronter en face à face est généralement peine perdue à moins d'être beaucoup plus légèrement armé. Tu souris en coin à la pensée du tempérament d'Aelian Mais il aime être le centre d'attenti...
- ... et il n'est pas le seul ! elle ajoute, satisfaite
- Il aime être le centre d'attention tu regardes Caladhiel en coin, trop habitué à ses plaisanteries pour t'en trouver déphasé et a tendance à facilement s'enorgueillir. Le mieux que l'on puisse faire, c'est l'ignorer jusqu'à ce qu'il perde patience, et saper son moral en lui plaçant une touche dès qu'il aura baissé sa garde.
- Je vois je vois... Ils vont être sympas ces deux-là ! En ce qui concerne Gwendoe, il faudra que vous fassiez très attention à elle : non seulement elle est une excellente archère, mais en plus c'est une très bonne épéiste qui ne possède pas le défaut habituel de ses semblables, c'est-à-dire de ne pas savoir se défendre au corps-à-corps. En fait, le meilleur moyen de la surprendre est d'être trop prévisible, de ne pas correspondre au niveau que l'on devrait avoir, de ne pas être soi-même en somme.



~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~




- Maintenant que Gwendöe ne leur est plus inconnue, tu as intérêt à faire attention à toi 'Ron.
- Dalenya... l'elfe avait le visage aussi pâle qu'une âme en peine Rien que de penser à l'autre teigne bavarde me donne déjà envie de m'arracher les cheveux.
- Alors arrache-les et bouche-toi les oreilles avec.
- Aelian ?
- C'est bien le nom de votre camarade ?
- Tout à fait.
- Alors oui, Aelian.
- Il a fait le coup de la pipelette au précédent combat et sait que je le connais trop bien pour tomber dans ce piège, alors peut-être sera-t-il aussi muet qu'une carpe.
- J'en doute. Mon pauvre Galeldhron est connu pour être susceptible alors...
- Je ne suis pas susceptible !
- Voyez-donc.
- Haha ! Si vous devez l'avoir contre vous, faites plus attention à vos propres défauts. Aelian aime s'amuser, certes, mais il peut être encore plus sérieux et froid que Neraën lui-même. S'il comprend que c'est quelque chose de visuel qui vous gêne, alors ce sera visuellement qu'il vous gênera. Par définition, Aelian est un emmerdeur professionnel ; ne jamais l'oublier !
- Faites-moi confiance, s'il on en vient là, je pourrai m'en charger. Je compte sur toi pour m'aider à garder mon sang froid Dalenya.
- Si vous le dites...

Le grand brun s'avance solenellement vers son comparse, pour lui offrir une étreinte qu'on devinera facilement plus qu'amicale. S'il est un seul elfe capable de raisonner Galeldhron, il était cette personne. Restait à savoir jusqu'où leurs adversaires le pousseraient, et jusqu'où il pourrait sacrifier de sa concentration pour offrir son soutien à l'épéiste. Aucun des deux ne s'inquiète malgré tout, car ils savent leur paire avoir survécu bien pire que de bêtes affrontements amicaux. Que l'adrénaline que déverse les corps craignant pour leurs vies ne viennent pas à leur manquer, celle de ceux qui voient l'honneur en jeu est bien suffisante.

- visiblement apaisé Pour autant que l'idée d'affronter Aelian m'agace, mieux vaut ne pas laisser Artiön et Caladhiel en arrière-plan.
- Ces deux-là ont au moins autant que nous l'habitude de fonctionner ensemble, et je pense qu'il n'est pas bien utile de préciser ce que peut faire un mage correctement protégé.
- Méfie-toi surtout de ce dont seront physiquement capables Aelian et Caladhiel. Avec le soutien d'un mage de Vie, ils peuvent se permettre d'ignorer la fatigue. Le temps jouera contre nous.
- Je vois... ils ne vont pas être simples à défaire donc. Une idée de tactique face à eux ?
-  Un assaut éclair, et éviter les temps morts par la suite. On ne peut se permettre de le laisser Artiön incanter. Restera à trouver le moyen de passer outre Caladhiel sans trop donner d'opportunités à Aelian.


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


Second tour, seconde bataille. Les coeurs ayant déjà pris le pli restent calmes, et Caladhiel et toi avancez vers vos adversaires avec un flegme irréel, que vous rendent bien Galeldhron et Daleren. Pas d'étincelles dans les yeux cette fois. Pas de flammes prêtes à s'embraser, pas d'arcs électriques dans l'air, seulement la pensée d'être capable de prendre le dessus.
Chacun y va de ses propres mots intérieurs, mais d'aucun on ne pourrait miner la confiance, pour cet affrontement où mage et archère sont les seuls brisant le miroir.

A son habitude, Gwendoe était silencieuse et faisait attention à tous les détails concernant aussi bien ses adversaires que ses partenaires. Son esprit pédalait très rapidement et déjà ses doigts tapotaient l'encoche de sa flèche. De l'autre côté, Aelian s'étirait encore tout en regardant son amie avec une malice non déguisée dans son regard. D'avance il se délectait de la situation et pensait déjà à plus tard embêter l'archère sur le fait que son équipe aurait vaincu la sienne - enfin si c'était le cas, sinon ce serait elle qui lui ferait mordre la poussière. Le temps filait et l'aigle attendait avec un semblant de patience que l'heure de la bataille sonne.

- Bon, quand est-ce qu'on y va ?

Poussé vers les cieux par le diaphragme de Cìryon, le signal de départ fut pris en écho par la foule toute entière. Tu ne perdis pas de temps, parce que tu n'en aurais pas plus tard, sceptre en main tu lança ton premier sortilège, celui auquel tu es aujourd'hui le plus habitué, et d'une main dans le dos de tes deux alliés tu leur fis comprendre que ton travail était terminé.

- Maintenant.

L'assaut était lancé, et tu ne resterais pas en ligne arrière cette fois. Ils t'y attendraient. L'épée viendrait t'y chercher et les flèches y pleuveraient. À quoi bon jouer les tortues quand les serres de l'aigle peuvent venir vous chercher sous la carapace ? Tu restes derrière Caladhiel, comme toujours, mais elle charge férocement cette fois, droit vers l'archère, pavois en avant, se fiant à tes instructions pour garder le cap.

- Aelian !

Coupé dans son élan par l'étrange stratégie adverse, Daleren retrouva position défensive devant Gwendöe, tandis que son frère d'arme, profitant du trou dans votre formation vint tenter de te faucher de derrière ton mur. Tu retins ta respiration, attendant le bon moment, l'éther courant à travers tes vaissaux.

- Je sais !

L'épéiste s'était élancé avec rapidité derrière son comparse adverse, répondant en même temps à Artiön en dosant suffisamment sa voix pour que les deux elfes l'entendent et que Galeldhron comprenne ainsi la nécessité qu'il avait de se défendre. Il aurait dans le fond mieux valu qu'il se charge personnellement de l'autre en toute discrétion, mais pour le coup cet effet lui permettait d'essayer de capter un minimum d'attention de la part du reste de l'équipe de Gwendoe en mettant en danger leur camarade sans pour autant se défaire de lui immédiatement. Même s'il était persuadé que dans le fond, le combat serait rapide... surtout avec Artiön qui s'apprétait à user de sa magie.

- Vas-y Ael', vas-y... Daleren, sois prêt à encaisser !

Sa flèche était déjà encochée et l'arc bandé. La vitesse de l'attaque était de bon augure et, sans plus attendre, Gwendoe se laissa se baisser auprès du sol, comme si elle tombait, avant de lâcher sa flèche. Un coup peu commun puisqu'il fallait visualiser la trajectoire de sa flèche tout en tenant horizontalement son arc, et donc le manier à la perfection. Heureusement elle s'était entraînée à cela en arrivant ce matin, histoire de s'y faire... et elle sourit quand elle aperçut le projectile passer derrière le bouclier et toucher la jambe de Caladhiel.

La fausse flèche venue percuter son tibia en appela aux talents d'actrice de la lancière, qui malgré sa rage de vaincre se prouva être bien meilleur sport que l'on ne lui accorderait. Caladhiel fit mine de perdre l'équilibre, et bien qu'elle ne mordit pas la poussière, se vit forcée d'interrompre sa course préemptivement. Se déplacer était maintenant hors de question. Jouer de la vitesse de course que lui autorisait ton premier sortilège n'étant plus possible, il vous faudrait trouver moyen de déloger l'archère sans pouvoir correctement l'approcher... si Galeldhron vous laissait faire.
Dans votre situation l'épéiste voyait son moment de gloire. Il pourrait faire d'une pierre deux coups et probablement vous éliminer tous les deux. Une fois pris au corps à corps, si tu sais te défendre, tu n'es définitivement pas de taille à faire face à de véritables duellistes bien longtemps, et quant à Caladhiel, elle ne s'autoriserait pas à oublier sa factice blessure et se verrait forcée de laisser des ouvertures. Il fondait sur vous comme le ferait un aigle affamé devant deux lapins déjà blessés... oubliant presque à quel point le troisième était proche.

 D'un geste sec, ta main vint fouetter l'air, et la jambe d'appui de l'épéiste adverse fut prise d'un malencontreux spasme. Il n'eut pas à feindre sa perte d'équilibre, encore moins l'accueil que lui fit le sol, et bien qu'il fut rapide à se relever, il ne le fut pas assez pour échapper à la lame d'Aelian.
 
- Un peu d'aide par là ferait du bien Artiön.

À nouveau, les serres de l'aigle arrachées, vous pouviez reprendre le jeu de la tortue. Toujours en plein contrôle du haut de son corps, la femme-forteresse fit de son mieux pour parer les projectiles d'où qu'ils viennent, tandis que tu prenais le temps de préparer ton prochain enchantement. Daleren fut rapide à comprendre votre jeu, comme il fut rapide à comprendre qu'il leur fallait égaliser avant que tu ne remettes ta soeur d'arme d'aplomb.


Un tour de sceptre ; Le porteur de bouclier s'élança dans votre direction.
Deux tours de sceptre ; Daleren entra à portée d'action
Trois tours de sceptre ; La lance de l'elfe s'écrasa contre le bouclier de Caladhiel, te forçant à en quitter la protection.

- Je l'ai !

Tu te figeas, les doigts en crochet autour d'un corps invisible. Tu tenais Gwendoe, mais pour combien de temps ? Combien de temps avant que Daleren n'en ait terminé avec Caladhiel ? Combien de temps avant qu'Aelian n'arrive jusqu'à elle ? Tu tenais Gwendoe, mais tu ne la tiendrais pas assez longtemps pour que puisse suivre une manoeuvre conventionnelle.
Ce n'était pas une approche conventionnelle que vous aviez de toute manière prévue.
Quand la force du lancier adverse la fit choir de ses appuis, Caladhiel chercha en elle la force d'un dernier lancer. L'arme fila à travers les airs en direction de l'archère immobilisée pour venir la frôler d'un peu trop près, et se planter dans la terre battue juste devant elle, le manche flirtant avec son armure.

L'assistance entière sortit d'une apnée collective, et les arbitres furent unanimes, Daleren était de son équipe le dernier apte à combattre.
À savoir si Aelian pourrait percer sa carapace seul, ou au moins le tenir en place le temps que tu reprennes contenance.

Si elle avait pu, Gwendoe aurait également retenu son souffle. Mais elle était paralysée par magie, ce qui lui fut extrêmement désagréable, aussi ne put-elle que voir la lance la frôler, la mettant ainsi hors d'état de combattre selon les règles du tournoi. Elle sentit ses joues rosir plus que légèrement, ce qu'Aelian remarqua et attira sur ses lèvres un formidable sourire. Sourire qui ne s'effaça aucunement lorsqu'il sauta littéralement sur le bouclier d'en face puis se plaqua contre lui, handicapant ainsi Daleren dans ses mouvements et jouant de coups de pieds lorsqu'il le pouvait. C'était un geste stupide, mais l'elfe s'en fichait éperdument ! Ce combat-ci, il gagnait du temps avec des moyens tous plus moins conventionnels.

- Aaaaaaaaah vouuuuuuus !

Le porteur de bouclier pesta haut et fort sa contrariété. Si seulement il avait préféré le tranchant d'une épée à la portée de la lance... il aurait pu facilement se débarasser de la sangsue qui l'avait pris dans cette infortunée étreinte. Il finit par abandonner son arme pour tout simplement cogner du poing sur le passager clandestin, probablement plus fort que ne le nécessitaient les conditions de l'affrontement. Aelian tint bon malgré tout, cherchant de nouveaux appuis, une poigne plus ferme, une position plus indélicate, mais il y avait une limite à ce qu'était capable de soutenir l'Aigle.
Laissant tomber l'idée d'user de magie, tu t'es dépêché de rejoindre la scène incongrue, inquiet de l'état dans lequel tu trouverais ton nouveau camarade une fois ce combat terminé.

Ton intervention fut des plus quelconques. Un simple croc de jambes, et les deux combattants mordirent ensemble le sol, après quoi il te suffit de placer la pointe de ton sceptre au dessus du visage de Daleren pour qu'il soit considéré à ta merci, et son équipe, par la même occasion, perdante. Aelian, allongé de tout son long sur le sol, face contre terre, ne réagit pas pendant de longues secondes. Même si le combat était terminé. Ce n'est qu'après qu'il éclata de rire, pleurant de chaudes larmes tout en se disant que décidément, cette bataille avait été bien belle... et qu'elle restera certainement l'une des meilleures où il avait pu faire le fou !

 Ce n'est que lorsque tous les combattants se saluèrent, leurs ombres portant exactement de la même manière qu'au départ que vous conscientisez quelle bataille éclair votre affrontement avait été, et en parallèle à quel point elle avait été épuisante. L'idée des dortoirs prit à ton esprit une odeur d'utopie, et quand votre anormalement longue marche t'autorisa à enfin y rentrer, leur vision prit l'apparence d'un rêve éveillé. Assis sur ta couche, dos au mur, tu pris enfin la peine d'ouvrir la bouche pour échanger avec tes deux comparses.
 
- Rassure-moi Aelian, tout ça... tu ne ferais pas ça sur un véritable champ de bataille quand même ? Parce que je dois dire tu prends une pause le temps d'inspirer que si c'est le cas, et que tu as survécu jusque là, je dois plus de respect que je n'en ai déjà à tes frères d'armes.
- Je... hé bien... il se gratta la tête tout en cherchant dans sa mémoire Quoi comment ça c'est à mes frères d'armes que tu dois le respect ?! Et moi ?
- Kÿria elle-même aurait du mal à te tenir en vie si tu faisais l'imbécile comme ça dans un véritable combat à mort, alors si eux ils y arrivent...

La blonde se permit d'offrir à l'Aigle une grande claque dans le dos, avant d'échouer à son tour sur la couche, presque épuisée par son propre élan d'affection.

- Et pourtant... Faut pas croire, je me montre être un idiot sur le champ de bataille, et un rigolo en-dehors. C'est pourtant ce qui m'a valu d'être toujours en vie. Parfois il faut se montrer imprévisible et contraire à toute manière académique pour...

- Il y a imprévisible, et faire un câlin à un adversaire. C'est le genre de démonstrations d'affections après lesquelles on finit le coeur à vif. Au sens propre du terme.

Aelian sourit à Caladhiel, d'un sourire pourtant sans joie - ce qui ne lui ressemblait aucunement. Il savait très bien que dans un véritable combat ce genre de manoeuvre était dangereux. Il savait également très bien, pour l'avoir vécu, que c'était parfois la meilleure option à prendre. Mais il se doutait ne pas pouvoir la convaincre... alors il s'assit à son tour, se mettant à l'aise, et laissa ses yeux dans le vague alors que de douloureux souvenirs remontaient à sa mémoire.

- Ce que Caladhiel veut dire, c'est qu'elle est flattée que tu puisses figurativement donner ta vie pour sa victoire, n'est-ce pas Caladhiel ?
- Si on veut. Le jour où il me fera le même cadeau en situation réelle, on en reparlera.
- Je l'ai déjà fait... malheureusement pas assez tôt.
- Au moins tu es toujours là pour en raconter l'histoire, ou le refaire si besoin en est.
- Alors arrangeons-nous pour qu'il n'ait pas à le refaire.
- Fais plutôt passer une requête aux Aigles dans ce cas. Je te rappelle qu'Aelian n'est pas Daranovan.
- Hpmf elle laisse son dos glisser contre le mur jusqu'à se retrouver allongée Dommage pour lui, il ne sait pas ce qu'il perd.
- Tu peux dire "tu" hein... et "il" sait très bien ce qu'il gagne  à ne pas être daranovan...

Aelian eut un petit sourire. Au moins la boutade de Caladhel arrivait-elle à l'arracher quelque peu à ses funestes souvenirs.

- Je te dirai tu quand ce que je dirai te sera directement adressé ! Et je m'adresserai directement à toi quand tu rempliras assez l'espace pour que je te voie.
- Mais Caladhiel, tu...
- La ferme Artiön !
- Ah... je tâcherai de prendre du poids alors. Enfin laisse, j'ai l'impression que ce n'est plus le moment des boutades.

Quatre yeux surpris se tournèrent vers Aelian, et deux elfes interloqués se demandèrent quel genre de souvenir pouvait bien miner un bout-en-train comme lui ; mais à sa demande le silence fut, et dura jusqu'à ce que Cìryon vienne vous en arracher pour vous infliger le match suivant.

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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Jeu 22 Juin 2017 - 22:26



- Pas étonnant que tu restes une demi-portion vu celles que tu manges !

Revigorés par le passage aux thermes, et l'odorat attisé par l'odeur de la nourriture, les participants au tournoi discutaient de bon train autour des tables de leur cantine. Les éliminés d'un tour charriaient gentiment ceux d'un autre, chacun allant de l'épique récit de ses épopées, quitte à prendre le risque d'enjoliver une réalité que tous les autres avaient eu l'occasion d'observer de leurs propres yeux. Si les tensions créées dans l'adversité ne les empêchaient pas de bien s'entendre durant le tournoi, la fin de leurs parcours respectifs semblait faire naître chez les soldats Daranovans une indivisible fraternité. Mais au coeur des chamailleries, un sujet refaisait à chaque table systématiquement surface : l'issue du prochain et dernier affrontement du tournoi.

 D'un côté : Caladhiel, Aelian et toi. De l'autre : Maltlin, Seraën et Neraën. Et vous étiez là, à partager table, repas et boisson, comme si de rien n'était.
 
- Arriver en finale... et bien c'est une première pour moi !
- Tu n'es pas le seul. Maltlin s'est toujours fait un plaisir de s'arranger pour m'éliminer avant ça.
- Plains-toi à Cìryon, c'est en grande partie lui qui s'occupe de l'organisation.
- Plains-toi au destin ! Jamais je n'oserais influencer les chiffres. Tout est aléatoire.
- Taisez-vous un peu ! Il y en a qui essaient de manger ici.
- Mais ton plat est vide Caladhiel.
- Je n'ai jamais dit que je parlais de moi.

Un certain elfe releva la tête de son assiette, qu'il venait visiblement de dévorer goulument.

- De quoi ? De qui ?
- Je pense qu'elle parle de moi, Ael'...

En effet, des six concurrents, Neraën était le plus lent à manger. Pas qu'il prenait son temps à parler, au contraire il était très calme et tout aussi muet. En fait, il pensait déjà à l'itinéraire qu'ils devraient prendre après la bataille finale, comment ils organiseraient leurs prochaines journées pour rattraper leur retard et, aussi, ses parents et amis qui devaient être heureux de le savoir retourner quelques ennéades dans son foyer natal. Le lieutenant piqua un morceau de viande, pensif, puis commença à l'acheminer jusqu'à sa bouche. Il s'arrêta en plein trajet puis regarda tour à tour les elfes de la table, se rendant alors compte de leur soudain silence.

- Mais ce n'est pas parce que je mange lentement que vous me dérangez, loin de là ; il serait dommage de faire fuir la convivialité de cette tablée par ma simple présence, non ?
- J'avoue... Alors, content d'être en finale ? Pour une première fois qu'on participe à un un tournoi daranovan, c'est quand même gratifiant !

L'elfe aux longs cheveux blancs eut un sourire amical.

- Je ne dirai pas le contraire ! Et étrangement, ce sont deux équipes avec des aigles qui se retrouvent à la dernière bataille...
-*Tousse*
- *roule des yeux*

Tout en mangeant sa bouchée, un sourire encore plus prononcé aux lèvres, Neraën fit un clin d'oeil à Aelian qui ne se priva pas de rire.
- Dites tout de suite que je n'ai pas fait grand chose pendant que vous y êtes !
- Ce ne serait pas faux après tout.
- Merci Caladhiel, ça fait plaisir d'avoir ton soutien.
- Au plaisir.
- J'aime l'humour daranovan... je crois qu'une fois rentré en Eteniril il me manquera...
- Tu n'as qu'à partir avec Caladhiel, elle en est l'officielle fondatrice.
- Haha ! Jamais je n'oserai importuner une si sympathique dame, voyons. Qui plus est une soeur d'arme qui a fait ses preuves à mes yeux.
- Ne t'emballe pas trop vite mon frère...
- tu ris à gorge déployée Je crois que c'est bien la première fois que quelqu'un appelle Caladhiel "sympathique". Sans y placer une quelconque ironie du moins.
- Ben quoi ?

A sa tête Aelian était presque gêné de la situation, et il fuit instinctivement les regards. Comme s'il était anormal de dire à une personne qu'il la trouvait sympathique, même si celle-ci le trouvait "trop maigre" et avait un humour froid plus que régulier.

- Blague à part, et cette fois-ci je vais être sérieux, vous avez tous montré suffisamment de talent pour que je n'ai pas à penser que nous en sommes là aujourd'hui juste parce qu'il se trouve dans chacune des équipes un aigle. Quelle que soit l'issue de notre combat, sachez d'avance que je suis heureux d'avoir pu faire équipe avec vous deux, Maltlin et Seraën, et que ce sera une joie de vous affronter tous les trois.
- Et je pense parler en lieu de tous en disant que l'on s'est trouvé agréablement surpris de vos performances.
- Même celles de notre cher imprévisible pitre ?
- Surtout les siennes ! Je n'attendais pas moins de la qualité de vos passes d'armes en tant qu'Aigles, mais je dois dire que je ne vous imaginais pas de styles de combat si particuliers.

Aelian ne dit rien, limite encore plus gêné que précédemment.

- Chaque aigle a son style en fonction de là d'où il vient, de son mode de pensée et et de son histoire. Et bien qu'au sein de l'armée royale la tendance soit plutôt au combat plus académique, il ne faut pas oublier que nous restons des elfes avec nos forces et nos faiblesses, et pouvant se retrouver dans des situations que l'on n'imaginais pas... surtout lorsqu'on se retrouve à se battre aux frontières de l'Anaëh. Alors il arrive que certains d'entre nous ne correspondent pas tout à fait à ce que l'on imagine des soldats de l'armée royale et, en plus, cela nous amène tous à essayer de développer des approches particulières du maniement des armes.
- Ils ont de la chance les deux mages les yeux de la femme soldat se plantent entre les tiens et ceux de Maltlin Ils sont relativement libres de leurs mouvements. On ne peut pas se payer ce luxe dans l'infanterie et dans l'archerie. Quand toute une escouade se doit d'agir comme un seul, y aller de son coup de patte peut vite devenir... dérangeant.
- Au final, ce n'est que pendant des événements comme celui-ci qu'on peut se permettre de "s'exprimer" si vous voyez ce que je veux dire.
- Une fois en situation ce n'est pas bien frustrant, mais durant les tournois... c'est autre chose.
- En théorie il en est de même pour nous. Après nous avons la chance de la diversité, ce qui nous permet de fonctionner autrement et plus en harmonie qu'autre chose, ce qui ne nous empêche pas non plus d'apprendre à fonctionner en une seule et unique entité, en formation donc. Ce que nous n'avions pas en Eteniril non plus, la force et la cohésion de l'armée elle-même faisant foi. Le coup de me jeter à corps perdu sur l'ennemi, par exemple, ne serait jamais passé en-dehors d'un entraînement amical ou d'un jeu comme un tournoi. D'ailleurs l'autre partie des Aigles, avec l'autre lieutenant, correspond bien plus à ce à quoi les gens s'attendent...
- C'est vrai qu'il t'aurait fait la remarque une fois puis tu aurais dû arrêter de te comporter comme tu le fais. Et si cela peut vous rassurer, lorsqu'il n'est pas en permission Aelian se montre un peu moins fou, même si c'est un bon blagueur.
- Mais je ne suis pas fou ! J'ose juste faire ce que les autres n'osent pas faire !
- C'est ce qu'ils disent tous...
- C'est vrai !
- Hahaha !


~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


Les rayons du soleil haut dans le ciel frappaient avec force sur les crânes qui lui étaient exposés, sans pour autant réussir à proprement réchauffer l'atmosphère des hauteurs. Le public encore lourd du récent repas ne se prélassait pas pour autant, son attention au moins autant éveillée que la vôtre, à l'aube de ce qui promettait être un intense affrontement de finale. Chez les Daranovans la conversation allait bon train, de paris aveugles à précises analyses des forces en jeu. Nombreux étaient ceux qui s'étaient laissé aller à observer les Aigles évoluer en terre inconnue, espérant depuis la rencontre du second tour que les deux autres encore en course viennent à s'affronter. Nombreux étaient donc les Daranovans satisfaits des compositions des deux équipes.

D'un côté se dressait un trio à l'offensive dévastatrice. Pas plus de protection que ce que pouvaient leur offrir leurs armures légères, aucun abri derrière lequel se loger, mais une ligne arrière à la fois puissante et mobile en les personnes de l'élémentaliste Maltlin, sorcier de génie, connu pour les retournements de situation expéditifs que provoquent presque systématiquement ses interventions ; de l'archer Seraën, réputé faire pleuvoir les flèches comme la grêle au plus fort de l'hiver et de Neraën, dont l'adresse à l'épée double n'était maintenant pas plus à prouver que la longueur de la liste de contres.

De l'autre avançait une escouade d'apparence plus équilibrée. À l'abri du pavois, servie par le tranchant de l'épée et sous la protection des arcanes. Arborant fièrement l'armure lourde que peu de femmes s'aventurent à endosser, la lancière Caladhiel s'érigeait une fois de plus en la forteresse qui porterait son équipe durant le dernier combat des festivités... espérant pour elle qu'elle puisse cette fois le remporter. Sous un cuir aussi léger que ses humeurs s'agitait déjà Aelian, proclamé à l'unanimité l'excentrique virtuose de ces jeux par un public mourant d'envie de découvrir quelles surprises leur réserve-t-il encore. Partagé entre le cuir et le fer, l'écu à l'avant-bras droit et le sceptre à la main gauche, tu es le Mage de Guerre à la médecine mortelle.

D'un côté comme de l'autre, les visages souriants d'elfes qui si prêts soient-ils à en découdre, voient en cet affrontement l'occasion d'ajouter un agréable souvenir à la courte liste qu'ils ont récemment entamée.



~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~  ~


La chaleur en ce début d'après-midi était forte, si bien qu'il fallait pour les plus sensibles au soleil faire attention à à eux. Mais, selon la grande majorité des elfes présents, là n'était pas le plus important. Le plus intéressant était cette bataille finale, la fin tant attendue de ce tournoi. Bataille qui commençait comme on pouvait se l'imaginer, c'est-à-dire d'un côté une réaction très rapide de l'équipe de Maltlin et, de l'autre, magie et protection. Mais peut-être n'était-ce pas ce qui était réellement le plus important en ce jour. Peut-être que l'important se trouvait juste à l'ombre, derrière les gradins improvisés, à regarder la scène sans montrer une seule once d'émotion. Le plus important ne pouvait pas vraiment attendre... et pourtant, le détenteur du message laissa le combat continuer ; parce qu'il avait idée de la suite.

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Neraën Yeldoreï
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Sam 24 Juin 2017 - 18:53

À peine fut l'enthousiasme de la foule monté vers le plafond céleste que les yeux d'Artiön vrillèrent la distance jusqu'à trouver ceux de Maltlin. La dernière fois qu'ils s'étaient affrontés, pour la première fois, ils avaient trouvé victoire. Voilà que l'exploit était déjà à répéter. Son sceptre frappa le sol, soufflant à Caladhiel et Aelian la force avec laquelle ils avaient pris l'habitude de se battre depuis le début des rencontres, et ses yeux scrutèrent l'espace, à la recherche d'où viendrait l'agression. Sans réelles possibilités défensives, leurs adversaires seraient forcés de tôt passer à l'offensive, et pour l'instant, le mage de la vie se ferait un plaisir de les attendre, s'ils n'avaient pas décidé de faire autrement.

Caladhiel avança à grands pas, et lui avec elle. C'était Aelian le seul d'entre eux à être exposé aux premières volées de flèches de Seraën... mais là où la précision n'était pas l'un des plus grands points forts de l'archer, elle lui faisait cette fois complètement défaut. Calqué sur le rythme auquel l'elfe bandait l'arc, Artiön lui vola le contrôle de sa main, lui mettant les nerfs trop à vif pour que ses doigts puissent correctement se refermer. Et lorsque l'écart se fut assez creusé entre l'épéiste et eux, il échangea avec Aelian un regard entendu. Qu'il occupe Neraën assez longtemps, Caladhiel et lui devraient pouvoir déstabiliser la ligne arrière avant que Maltlin ne soit prêt à les briser.

Il soupira de culpabilité lorsqu'une bourrasque glaciale faucha les chevilles de leur épéiste, le séparant du sol pour l'envoyer valdinguer à la position opposée à son collègue Aigle... et par la même occasion plus près de Seraën.

"Artiön !"

La lancière et l'appelé se lancèrent dans une course à une allure invraisemblable, engloutissant en quelques secondes à peine la distance entre le mage et eux. Et ce ne fut finalement pas Caladhiel qui engagea l'élémentaliste au corps à corps, mais bel et bien Artiön, la porteuse de pavois se contentant de faire obstacle à la défense que représentait les féroces coups de lame de Neraën. Ses passes de bâton forcèrent le blond à reculer, à s'abandonner à d'incessantes esquives et tentatives de parade, plutôt qu'à l'usage de magie. Caladhiel peina à le maintenir en sécurité, appréciative de sa force stimulée dans une situation aussi tendue. Une fraction de seconde encore, le temps que sa dernière passe soit achevée...

Maltlin lâcha un cri de tous les diables quand finalement la main se tendit vers sa poitrine, et le peu de glace qu'il aura pu conjurer en parade au sortilège qu'il lui connaissait venait lui prendre les pieds, ralentissant son mouvement ; ce que Caladhiel ne put supporter. Ecourtant sa passe de bouclier, la femme forteresse lui mit pied au dos sans la moindre douceur, permettant finalement à ses doigts de trouver la peau de son adversaire, mais l'offrant par la même occasion à la lame dont elle l'aura jusque-là péniblement protégé.
Artiön l'a payé cher, mais il aura vaincu Maltlin, une seconde fois.

Il n'est plus question de compter sur les prouesses des mages maintenant, pour espérer créer l'inattendu. Car les quatre guerriers étaient encore debout, ou tout du moins tentaient de le rester. D'un côté, Aelian se réceptionna tant bien que mal au sol et se mit bêtement à crier tout en se carapatant en comprenant que l'archer avait à nouveau l'usage de ses mains. Roulades, sauts, changements brusques de trajectoire, tout était bon pour éviter les flèches qui auraient été mortelles dans un véritable combat. Finalement, le duel se termina tout aussi étrangement qu'il avait commencé : Aelian jeta sa seule arme sur Seraën alors que celui-ci tirait une nouvelle flèche, et les deux armes, non contentes de ne pas s'être rencontrées, frappèrent chacune le torse de l'autre de sorte à le mettre à terre pour la fin du combat.

De l'autre, Neraën faillit se prendre un coup de bouclier enragé alors qu'il se demandait encore pourquoi le mage de la vie se trouvait à terre. Il lui fallut manoeuvrer et sauter par-dessus le corps du pauvre Maltlin pour réussir à se dégager de la daranovane et reculer vers un endroit où ils avaient moins de risques de piétiner les elfes tombés à terre. C'est là qu'un court instant, il vit. Il aperçut l'elfe derrière les gradins, habillé de couleurs reconnaissables pour qui y était habitué. Et s'il dut reporter tout de suite son attention sur Caladhiel, un malaise s'installa pour autant en lui, comme si cette seule vision suffisait en elle-même. Mais pas le temps d'y réfléchir, que nenni ! Neraën eut tout juste le temps de placer son épée devant lui avant de se prendre un formidable coup de bouclier de la part d'une elfe qui avait bondit sur ses jambes pour mieux avoir le grand gaillard qu'il était. Malheureusement pour lui, d'instinct il fléchit encore plus ses genoux pour être plus movible, aussi se prit-il l'attaque en pleine tête, lui fracassant le nez tout en le faisant violemment tomber sur la terre battue. Sa tête lui tourna, et il mit plus de temps à commencer à ressentir la douleur qu'à comprendre que le combat était terminé.

Elle soufflait, une main crispée sur le manche de sa lance, l'autre tremblotante, assez pour faire vibrer l'intégralité de son bouclier. Caladhiel n'était pas réputée flancher devant qui ou quoi que ce soit. Caladhiel ne tremblait jamais, et pourtant, elle était là, prise de frissons, son arme pointée contre la poitrine d'un aigle à terre, y appliquant une légère pression. Elle ne soufflait pas d'épuisement. Elle aurait dû souffler d'épuisement, mais on ne l'avait pas emmenée jusque là. On ne l'avait pas poussée à bout. Alors elle soufflait dans un vain espoir de se décharger de la pression qu'elle s'était mise sur elle-même au début des hostilités. Oui, elle savait à cause de la stratégie employée que l'affrontement serait court, mais elle ne l'espérait pas aussi... décevant. La langue de la Daranovane claqua, et elle avala bruyamment sa salive, affermissant encore un peu l'appui de la pointe de la lance contre le poitrail de Neraën, avant de se résoudre à brutalement laisser tomber au sol arme et bouclier, et de partir, le regard hagard et le pas hésitant, telle une âme en peine. Elle les revoyaient encore, ses pupilles, se resserant sur autre chose qu'elle, son regard, lui infligeant l'ignorance. Elle le revoyait encore, son déshonneur. Oui, elle avait gagné, mais il n'y avait pour elle que honte à gagner ainsi.

Neraën eut du mal à comprendre la réaction de son adversaire victorieuse, encore embrouillé par l'attaque et la douleur. Le sang coulait abondamment de son nez, offrant à ses lèvres le goût du liquide vermeil. Mais de cela, le lieutenant ne s'en préoccupa aucunement. A demi relevé sur ses coudes, ses yeux fixaient ceux de l'elfe qui était toujours debout derrière les gradins, une très désagréable impression lui compressant de plus en plus la poitrine. Il entraperçut une main tendue vers lui, aussi s'en saisit-il pour s'aider à se relever, sans détacher ses yeux du messager ; sans même voir qui lui avait offert son aide, sans même faire attention aux voix qui l'entouraient. Alors l'elfe perturbateur du duel s'avança, se dirigeant clairement vers l'aigle, et Neraën s'avança vers lui en retour. Seuls sur cette parcelle du terrain d'entraînement, tous les regards braqués sur eux, ils échangèrent très rapidement quelques mots. Les sourcils de Neraën se froncèrent alors que l'elfe lui tendait une missive, que le lieutenant n'attendit pas avant d'ouvrir et de lire. Une fois... deux fois... trois fois. Son visage se ferma complètement, ses mains se crispèrent discrètement sur le papier, et ses yeux se relevèrent vers le messager avant d'embrasser chacun des elfes présents, en particulier ses frères d'armes du corps des Aigles. Son coeur se serra mais il savait ce qu'il avait à faire... A nouveau il échangea quelques mots avec l'autre, finit par acquiescer de la tête, lui rendit la missive et se dirigea vers le milieu du champ de bataille, de sorte à ce que tous puissent l'entendre. Après avoir essuyé d'un revers de manche le sang coulant, il parla d'une voix forte et autoritaire.

"Aigles ! Je me dois de vous annoncer la mauvaise nouvelle que nous reprenons service en cet instant même, hormis Laliëna. L'Anaëh est mise en danger par les Drows et nous nous devons de la défendre à l'ouest. L'armée royale requiert l'aide des armées protectora...
- Soldats ! un timbre grave retentit depuis les gradins Je sais que nombre d'entre vous sont encore sous le contrecoup des jeux, mais nous n'aurons malheureusement pas le temps de goûter au repos. Passez la nouvelle aux absents, que tous soient rassemblés ce soir au couchant sur la Grand-Place. Nous y désignerons troupes mobilisées et garnison au plus vite."


Neraën regarda le nouvel arrivant, l'esprit trop résigné à la guerre suite à l'annonce de la mauvaise nouvelle pour ne serait-ce que soupirer. Il fixa le commandant des yeux, volontairement, lui faisant ainsi ressentir sa présence et lui faisant comprendre que si un aigle parlait ainsi, ce n'était peut-être pas pour rien.

"Bonjour. Neraën Yeldoreï, Lieutenant du corps des Aigles. Veuillez m'excuser mais vu ce que j'ai commencé à dire sur la nouvelle qui m'est également parvenue, je crains que vos soldats comme les miens aient besoin d'avoir les explications nécessaires maintenant...
- Camaenor Hrònmectar, Commandant des Armées de Daranovar. l'homme annonça sans ciller Vous aurez tout le temps de parler au crépuscule, quand tous seront là. Pour l'instant, vous qui savez de quoi il en ressort, donnez l'exemple et dépêchez-vous de vous préparer.
- Mes affaires sont déjà prêtes. Mais soit, puisque vous êtes à cran, je vous laisse gérer vos elfes. A ce soir."


Sur ce, Neraën fit signe à ses aigles de le suivre. Il leur parlerait de la missive en détails une fois loin de ce commandant, comme ça lui n'aura pas à avoir de problèmes de personnes trop peu informées qui voient leur esprit pédaler à tort et à travers toute la journée. A chacun ses elfes, à chacun ses merdes.

L'erzats d'un sourire désabusé traversa l'assistance à la vue de l'altercation. L'aigle ne connaissait pas le Commandant Hrònmectar ; l'aurait-il connu qu'il aurait compris que son apparent calme n'était pas feint. L'aurait-il connu qu'il aurait compris que lorsque Camaenor parlait de se préparer, il faisait mention de la personne et pas des biens. L'aurait-il connu qu'il n'aurait certainement pas pris la peine de commencer à parler dès lors que le Chef des Armes de Daranovar se soit levé, de peur de voir sa parole engloutie comme elle l'avait été sous le tonitruant baryton de celui qui se savait posséder la confiance de la majorité présente. Que l'aigle accepte de mettre sa fierté juvénile de côté, et certainement comprendra-t-il que l'oreille de Daranovar sera plus attentivement tendue au soir, après qu'elle ait été appelée par l'un des siens.


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


"J'espère que ça lui passera vite, sinon ça risque de coûter cher à l'infanterie.
- Caladhiel est largement capable de séparer ses problèmes personnels de son devoir... et ton père ne la laisserait pas s'engager s'il jugeait son état impropre au bon fonctionnement des opérations de  toute façon. N'est-ce pas Artiön ?
- Non bien sûr... mais si tu pouvais éviter de mentionner nos liens de parenté dans ce genre de contexte, ça m'arrangerait. Tant que l'on est en service, il est Mainhyth de Daranovar autant pour moi que pour toi.
- C'est parfois difficile à oublier. Vous vous ressemblez tellement.
- C'est un compliment j'espère ?"


Les hommes de Daranovar n'avaient pas le coeur à rire, profitant tant qu'ils le peuvaient encore du frais souvenir des bains de l'Institut, enfilant cérémonieusement les fins tissus qui faisaient le dessous de leurs armures.


~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


"Vous devriez aller voir un guérisseur, Neraën. Votre nez ne va pas s'arranger comme ça.
- Pour l'instant ça suffit comme c'est. Point final."


La daranovane soupira de découragement et se tourna vers le couloir menant aux autres chambres où logeaient les aigles. Aelian, qui attendait debout sans faire de bruit, lui fit signe de renoncer. Vu le visage fermé de leur lieutenant, l'etinirili savait pertinemment que tant qu'il n'aurait pas écrit ses missives ou tant que la douleur ne serait pas devenue insupportable, il se braquerait à faire ce qu'il doit en ayant simplement un bout de tissu coincé dans la narine pour arrêter le saignement. Neraën était un bon chef. Mais comme beaucoup d'elfes, Neraën pouvait également être très con quand il le voulait. Alors autant attendre...

C'est presque une heure plus tard que l'elfe sortit de la chambre, la mine toujours aussi sévère. Il avait déjà prévenu des détails les siens ; certains étaient partis depuis longtemps s'entraîner, d'autres avaient plutôt pris les quelques minutes qui s'offraient à eux pour écrire à leurs familles. Certainement était-ce là ce que le lieutenant avait fait... il devait sûrement être dégoûté de ne pouvoir revoir sa famille pour ses cinq cents ans, surtout après de nombreux mois de service. Mais là était la triste histoire de la guerre... et cela Neraën le savait parfaitement. Quoi qu'il en soit, en voyant son frère d'armes, il lui fit juste un très bref signe de tête pour lui indiquer qu'il pouvait le suivre. Aelian, bien que grand blagueur, ne fit aucune remarque sur le fait que son comparse avait enfilé son armure - un coup d'oeil vers la porte lui fit comprendre que Laliëna avait dû l'aider à la mettre - et portait son épée double, comme prêt à se battre à n'importe quel moment. Ce n'est qu'une fois dans les rues que l'épéiste se décida à briser le silence.

"Où vas-tu ?
- Trouver un médecin. Et ensuite me passer les nerfs... j'en ai bien besoin."



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


"Heureusement que la mobilisation d'urgence n'est pas immédiate."

De retour sur les terrains d'entraînement, le petit groupe de soldats encadrait, tous à l'exception de Maltlin une mine préoccupée au visage, la seule d'entre eux ne s'étant ni détendu, ni nettoyé depuis qu'avait sonné la fin des jeux. Au moins Caladhiel avait quitté son armure, n'en gardant équipés que les gants de fer grossiers, qu'elle s'acharnait à abîmer. Il était dans un état moins reluisant encore que son attirail le mannequin d'entraînement sur lequel elle passait ses nerfs. À plusieurs endroits le bois s'était fragilisé, renfoncé par les chocs. Un peu partout des échardes s'arrachaient de la sculpture, preuve de la force qu'était capable de déployer la lancière même privée de ses armes.

"Arrête Caladhiel, tu vas y perdre tes mains à f...
- Ne t'inquiète pas pour elle. Il faut qu'elle évacue."


L'archer baissa la tête, culpabilisant presque d'être plus chamboulé par l'état de sa soeur d'arme que par l'annonce de la mobilisation. Au moins la présence proche d'un mage de Vie le rassurait quant au devenir des phalanges de sa camarade. C'est alors qu'arrivèrent Aelian et Neraën, celui-ci ayant au préalable été soigné, échangeant à voix basse tout en marchant. Les deux elfes s'arrêtèrent en voyant les daranovans, et notamment Caladhiel qui semblait encore plus enragée que pendant la finale du tournoi. Aelian fit la moue, hésita à faire remarquer ce fait, puis ayant deviné la cause de son énervement - qui datait tout juste de sa victoire - il se retint et fit juste un signe de la main aux elfes. Même si Neraën semblait avoir le visage toujours figé sur le même manque d'expression, un regard suffit à son comparse pour que celui-ci comprenne que le lieutenant ne savait pas quelle était la raison de l'énervement de la lancière. Aussi le lui expliqua-t-il à voix très basse.

"Elle est énervée depuis qu'elle t'a battu... je pense qu'elle a dû trouver la victoire trop facile et non véritable.
- Je vois..."


Encore un sujet qui n'allait pas aider l'aigle à retrouver un parfait calme intérieur. Aussi fit-il un signe de la tête à ceux qui le regardaient et s'approcha doucement de Caladhiel, faisant le moins de bruit possible, restant à distance respectable d'elle et étant prêt à réagir si jamais l'envie lui prenait de passer ses nerfs sur autre chose qu'un manequin. Il pouvait comprendre et reconnaissait que la victoire avait été si facile par sa faute. C'était bien la première fois qu'une telle erreur lui arrivait et ce serait la dernière fois qu'il la commettrait.

L'oreille de Caladhiel trembla, et pour toute conséquence ses spasmes musculaires se stoppèrent. La demoiselle soupira de frustration, et enleva précautionneusement le dernier bout de protection qui la couvrait. Le geste voulait tout dire. Les soldats daranovans retinrent leur souffle, les aigles ouvrirent des yeux incrédules, et Neraën ne témoigna pas la moindre surprise lorsque la main ouverte de la taledhelle vint chercher sa joue. Sans la trouver. Le poignet pris au piège de la poigne du lieutenant, elle dut se résoudre à cette fois accepter la défaite... ce qui n'eut pour effet que de plus l'agacer. La main libre de la Lass'ehtyar se referma et s'envola dans un fulgurant direct, qui manqua de peu de renvoyer le nez de l'aigle à l'état dont on venait de le tirer. L'etenirili eut un mouvement de recul, conscient qu'arme en main, son avantage devenait presque problématique. Un faux mouvement, et la lancière se blesserait contre les lames ; un faux mouvement, et il finissait à nouveau au sol.

Lancée dans un semblant de pugilat, il était difficile de savoir si la guerrière était enragée ou au contraire ravie. Seule constatation sûre, ses coups pleuvaient, et même lorsqu'elle frappait contre l'armure ou contre le manche de l'arme adverse, même quand ses phalanges souffraient le martyre, elle ne stoppait pas son avancée. Elle finirait par trouver une faille. Il portait l'armure, et donc bien plus de poids qu'elle, alors toute femme qu'elle était, elle savait qu'elle tiendrait plus longtemps que lui.

"Caladhiel, assez !"

Surprise d'avoir été interpelée de manière si brute, elle qui avait l'habitude d'être celle qui hurle les ordres, la demoiselle se sentit forcée de s'interrompre, et de constater la trace rougie laissée à l'emplacement du dernier impact de son poing droit contre le plastron de l'aigle. Il n'en fallut pas plus pour que la douleur des vaisseaux sanguins éclatés lui soit rappelée, et qu'elle ne se mette à se secouer les doigts dans une vaine tentative de la faire passer. Ses yeux larmoyants se levèrent, indécis entre déception, haine profonde et détresse, pour foudroyer ceux de son adversaire.

"Abruti."

La blessée se tourna rapidement vers l'Hest'sàmor, qui suite à un hochement de tête entendu couvrit la plaie, heureusement encore peu grave, de la chaude lumière accompagnant l'expression de sa magie, appelant ainsi les tissus à se reconstituer. Il ne fallut pas bien longtemps pour qu'elle soit soignée, mais la douleur resterait certainement pendant de longues heures.

Neraën était resté froid, aussi froid que ses yeux d'un bleu des plus clairs. Généralement, cela ne signifiait rien de bon. Mais là, c'était plus pour délaisser son besoin de lui-même passer ses nerfs qu'il était resté ainsi, se contentant d'esquiver ou de parer les coups de Caladhiel. Une fois qu'elle s'arrêta et qu'elle se dirigea vers le mage de la vie il resta debout et droit, silencieux. Puis il tourna la tête vers la femme au fort caractère, lui adressant des mots qu'il essaya de faire calmes et sincères.

"Tu attendais beaucoup de ce combat et je t'ai déçue, je le reconnais. Peut-être n'es-tu pas encore prête à les entendre, mais je te présente mes excuses. L'intuition n'aurait pas dû primer sur notre duel.
- Tu avais tes raisons et malgré la difficulté qu'elle avait à prononcer ses mots, elle y croyait dur comme fer. Mais tu aurais dû avoir la présence d'esprit de t'excuser dès que tu as mis le genou à terre. Maintenant, je suis obligée d'avancer en me disant que si je venais à mourir à la guerre, mon nom serait terni par une victoire sans honneur pour le reste de l'éternité ses pupilles vinrent chercher un bref instant refuge dans celles d'Aelian avant d'à nouveau se braquer dans les glaciers de Neraën, et crois-moi quand je te dis que ça ne me plaît pas du tout.
- Alors assures-toi de survivre le temps de le laver dans ce cas-là.
- Mais pour l'instant ce n'est pas le moment. Il reste à peine quelques heures avant que l'on doive rejoindre le père d'Artiön sur la Grand-Place. Tu devrais en profiter pour te détendre un peu, on risque de ne pas pouvoir le faire avant longtemps.
- Il reste encore du temps... les aigles resteront avec les daranovans jusqu'à ce que nous soyons arrivés à destination ou jusqu'à nouvel ordre. De nous c'est moi qui devrais avoir le plus honte, Caladhiel... du moins selon la pensée etenirilie. Si passer vos nerfs sur moi peut vous aider, alors je me ferai un devoir d'être à votre service."


La langue de Caladhiel claqua, et elle s'en retourna, n'accordant pas grande valeur aux derniers mots de l'aigle et n'y répondant qu'en une désinvolte remarque jetée par-dessus l'épaule.

"Tes promesses te perdront un jour."

Et elle s'en alla vers les quartiers des femmes de la milice. Aelian pour un instant eut idée de la suivre, mais se rendant compte de la direction qu'elle prenait, il se résolut rapidement à l'abandonner. Quand lui s'interdit de faire un pas, elle s'arrêta, leva la tête au ciel, avant de lâcher à mi-chemin entre la provocation et le dédain.

"Ça fait longtemps que les autres sont déjà parties."

Et elle reprit la marche sans plus se retourner. Tout penaud, Aelian se retourna vers les autres, se demandant sincèrement s'il devait accepter ou non l'invitation qui pouvait être considérée comme relativement osée. N'ayant aucune réaction l'interdisant de suivre celle qui avait peut-être bien besoin de ne pas être seule, il se retourna avec l'excentricité qu'on lui connaissait si bien et rejoignit sa soeur d'armes du tournoi.

"Bon... ceci fait... Désolé de vous avoir déçus. Pour le reste, cela vous dérange-t-il si je profite du terrain d'entraînement avant que nous ne devions aller sur la grande-place ?
- Libre à toi. Maltlin et moi sommes juste à côté si tu as besoin de quoi que ce soit.
- Quant à moi, il faut encore que je rassemble ce que j'emporterai aux camps. À ce soir."


Sur quoi il partit, laissant Neraën et les deux mages à leurs exercices respectifs. Neraën secoua juste la tête pour remercier Artiön et alla se caler dans un coin tranquille où il pourrait se concentrer et "danser" avec son arme. S'épuiser, juste, ne faire plus qu'un avec elle et enlever de son esprit tout ce qui ne lui permettait pas d'être serein. Il y resta, longtemps. Et contrairement à son entraînement d'il y a deux jours, dans la salle d'entraînement, ceux qui avaient un temps soit peu l'envie d'attarder leurs yeux sur lui pouvaient voir quel danseur il était lorsque son esprit n'était pas aspiré par l'anonciateur d'une mauvaise nouvelle.
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Artiön Sinyàra
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MessageSujet: Re: Un pan du passé - L'oeil du Cyclone [PV Neraën]   Dim 25 Juin 2017 - 0:26

L'armure Daranovane se décline en un millier de coupes et de tailles dans l'assistance. Dans un salut commun, les soldats s'inclinent devant le Mainhyth de Daranovar, ce à quoi il répond d'une révérence tout aussi basse avant d'entonner à pleins poumons.

- Soldats, c'est un bien triste jour qui se peint à l'horizon. L'ennemi a enfin dévoilé son visage. Ceux qui nous font parvenir ce message ont vu la menace sombre en face, et malheureusement, les missives ne nous proviennent pas des frontières mais bien de l'intérieur des terres. Nos frères Léandrois ont déjà entamé de protéger leur foyer au péril de leur vie, mais malgré leurs efforts, la marée de Peaux-de-Suie ne fait que grossir. Soldats, nous avons peu de temps pour prendre les armes et les rejoindre, c'est pourquoi dès ce soir seront désignés ceux à qui il incombera de marcher vers la Cité Blanche pour défendre l'Oeuvre de nos frères, et l'Oeuvre de notre Mère !

Démarra ensuite une longue liste de noms et d'attributions, à laquelle les appelés ne répondirent qu'en se postant aux côtés de leur Commandant, bien organisés selon leurs rangs. Ce furent les Aigles présents dans l'enceinte de la Cité les derniers appelés, et d'un regard, Neraën fut invité à ajouter ce qu'il lui convenait d'ajouter... s'il lui restait encore quoi que ce soit à dire.

Volontairement resté sur côté pour laisser place entière au commandant daranovan, Neraën attendit discrètement que ce soit à son tour de prendre la parole. Intérieurement il avait retrouvé tout son calme, ce qui se voyait. Pour le reste, il avait pris soin de s'entretenir avec le Mainhyth afin de trouver une harmonie de travail et non rester sur un premier contact peu prometteur. Les choses rentrées dans l'ordre et les deux elfes ayant rapidement appris à se connaître, il était désormais temps pour lui d'apporter quelques précisions à ce que venait de dire son collègue ; et le tout en faisant en sorte de refléter la réalité de la guerre - inutile de raconter n'importe quoi, surtout à des daranovans - tout en gardant le moral des troupes. Un regard, un acquiescement. A lui maintenant. Aussi se plaça-t-il devant tous, le port droit, et regarda tour à tour les elfes qui avaient été appelés tout en s'adressant d'une voix forte à eux.

- Vous êtes daranovans ; je n'ai donc pas à vous expliquer ce qu'est la guerre et quels risques tous ceux appelés à rejoindre le front encourent. Vous êtes de cette cité et avez la chance de faire partie de cette grande armée connue et respectée à travers l'Anaëh ; plus que n'importe quel autre jour, vous êtes appelés à jouer votre rôle de protecteurs de la Prime Forêt. Vous en avez toutes les qualités. Et plus qu'en simplement entendre parler en Alëandir ou en Eteniril j'ai pu moi-même le constater, que ce soit en ayant parmi mes aigles des daranovans ou en étant resté quelques jours parmi vous. Vous avez toute notre confiance dans ce combat qui s'annonce et je suis sûr que les souvenirs de la bataille mettront encore plus en valeur l'armée que vous constituez tous. Vous êtes daranovans ; la force ne réside pas que dans vos boucliers, mais également voire même surtout dans vos esprits. Veillez les uns sur les autres, gardez la foi et n'oubliez jamais pourquoi et pour qui vous traversez ces épreuves. Je n'ai plus qu'à vous souhaiter que la Robe de Fer de l'Anaëh voie ses maillons tenir et se renforcer de jour en jour.

Nous partirons dans deux jours en direction d'Alëandir puis, une fois là-bas, nous serons redirigés en fonction de l'avancée de l'ennemi. Nous ne savons pas combien de temps cela durera et donc quand vous pourrez revoir vos familles. Alors profitez d'elles tant qu'il en est encore temps et préparez-vous."

Un regard accompagné d'un court hochement de tête envers Camaenor. Il avait dit ce qu'il avait à dire, plus rien n'était à ajouter. Ou tout du moins pas de sa part. Aussi se recula-t-il, laissant le chef de cette armée reprendre les rênes.

En lieu et place d'applaudissements Camaenor leva l'épée au ciel, entonnant d'un ton décisif, rapidement pris en écho par tous.

- Nous sommes la robe de fer qui habille notre Mère !
- Nous sommes son bouclier face au danger !
- Nous sommes son épée dans l'adversité !
- De nos vies, nous protégerons l'Anaëh !


En échos à cela, les aigles levèrent également leurs armes vers le ciel, sans pour autant prononcer les mots prenant au coeur. Ils ne faisaient pas partie de l'armée daranovane, mais ils étaient de tout coeur avec elle. Ils n'étaient pas la Robe de Fer d'Anaëh, mais ils étaient les frères sur qui n'importe quel soldat pouvait compter. Le geste du Mainhyth n'était pas anodin et le lieutenant ne pouvait que le remercier d'avoir agi ainsi. Mais nul sourire, nulle fierté d'avoir prononcé un discours qui réussit à aller jusqu'au coeur des elfes qui lui faisaient face. Parce qu'il savait très bien ce qu'était la guerre ; parce qu'il espérait profondément qu'ils reviendraient tous dans leur foyer tout en sachant que ce ne pourrait être le cas ; parce qu'il savait d'avance qu'une guerre contre les Drows au sein-même de l'Anaëh serait un bouleversement pour de nombreuses vies. Mais il n'imaginait pas à quel point...

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