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 Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]

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MessageSujet: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Mar 14 Mar 2017 - 15:37


5ème jour de la 4ème ennéade de Bàrkios
Automne de l'an 9 du XIe Cycle

La réunion du Conseil terminée, Ernest et ses hommes avaient quitté Missède pour prendre la direction de Langehack. Là-bas, le seigneur du Rocher devait retrouver Cécilie de Laval dont l’issue de son entrevue avec la Grande Prêtresse allait déterminer l’avenir du comté. Ce que l'héritière de Beaurivages ne savait pas encore, c’était qu’une autre rencontre de la plus haute importance devait avoir lieu, en secret, dans la capitale du Duché ; et Ernest espérait bien pouvoir convaincre la jeune femme d’y prendre part. Les dispositions dont elle avait fait preuve lors de l’audience de la cour comtale n’avaient fait que conforter le seigneur d’Ethin dans sa détermination à la voir à ses côtés. Sa plus grande crainte à présent était de la voir s’étioler face au grand chambardement de la vie qu’était la sienne car la liberté pouvait être fardeau incommodant pour ceus qui n’eurent connu que le joug avilissant de la coutume et des traditions.  

 

Quelques jours plus tôt, à Missède, une lettre lui était parvenue en sous-main. À sa lecture, Ernest trouva le contenu du message précis, rigoureux et sans ambages ; en outre, son expéditeur semblait être très au fait des présentes affaires missèdoises, comme s’il avait sciemment attendu le bon moment pour se résoudre à l’écrire. Le vicomte de Tall, Guilhem de son prénom, et Grand Escuyer de Langehack, avait, en effet, observé d’un œil distant mais attentif les évènements qui remuaient le comté. Et alors que Méliane de Lancrais s’était jobardement compromise dans une torpeur néfaste et que les mugissements des nobles langecins s’épaississaient encore de jour en jour, le vicomte de Tall, qui, pour un temps, à la mort de Jeanne de Sephren, avait tenu l’office de la régence de Langehack, s’inquiétait d’un avenir où le Langecin serait une nouvelle fois victime des ambitions personnelles de ses grands et des conflits de lignages auxquels ceux-ci ne pouvaient que se livrer.



C’était donc vers Missède que l’homme s’était tourné, un pari risqué mais qui s’était avéré inévitable, pour étendre jusqu’à Langehack ce souffle de renouveau qui s’était fraîchement levé sur les terres du comté. Cependant, ces espoirs éthérés de renaissance se dissipèrent presque lorsqu’on lui rapporta des rumeurs de sécession missèdoise. Pressentant le vent tourné dans un moment de défaveur, il mit alors tout en œuvre pour raisonner la duchesse quant à la requête répétée du comté vis-à-vis d’Edelys. À travers cela, il avait souhaité que cette concession eût été suffisante pour garder Missède dans le giron du duché un peu plus longtemps. À son grand soulagement teinté de confusion, Méliane de Lancrais entendit sa recommandation. Edelys rejoignit le comté et l’envergure de Missède s’en trouva d’autant plus accrue, ce qui, aux yeux de Guilhem de Tall, ne pouvait qu’aider à la suite de ses projets.

 

Ernest savait que le vicomte de Tall avait été le tuteur de l’ancienne duchesse, Jeanne de Sephren, en sus de l’avoir élevée comme sa propre fille. Si sa loyauté envers Méliane de Lancrais était jusque-là restée indéfectible, l’incapacité accablante de sa suzeraine n’avait pu que la mettre à mal. En effet, l’allégeance de la maison de Tall à la Duchesse, du temps où elle briguait la couronne langecine, était notamment passée par un arrangement qui prévoyait le mariage de sa fille héritière, Linaelle de Lancrais, au fils du vicomte. Mais, l’été dernier, la mort de ce dernier mit fin à cet engagement. Et si, à l’époque, Guilhem de Tall n’envisagea nullement de remettre sur la table les bases de cette entente, les évènements récents lui avaient grandement donné à réfléchir. Car c’était bien l’héritage de Jeanne de Sephren que sapait Méliane de Lancrais en s’enfermant dans une déraison destructrice.

 

Le vicomte avait donc commencé par faire part de ses projets à Uthar de Brevise, seigneur de Brevise et Grand Chambellan de Langehack. Ce vieil homme avare avait une petite fille du nom d’Isilie, laquelle était son unique descendance. Jeanne de Sephren l’avait prise à sa cour afin de s’assurer du soutien de son grand-père et Méliane de Lancrais avait fait de même avant de célébrer, sous l’impulsion de son époux, le mariage de la petite avec Gilderio de Maribelo, neveu d’Arichis d’Asnozia, qui comptait à son palmarès la conduite de l’enlèvement du Roy et celle, échouée, de l’arrestation du Régent du Royaume. Si l’union avec cette riche et prestigieuse branche ydrilote avait naguère alléché Uthar de Brevise, elle lui laissait dorénavant un goût amère alors que son gendre était tombé dans la même disgrâce que son félon d’oncle. Ainsi, si sur le plan personnel, Uthar de Brevise et Guilhem de Tall avait perdu beaucoup ces derniers mois, c’était encore la déperdition du duché qui les avait motivés à agir; l'essartage du langecin devait avoir lieu et ses épines fielleuses brûler. Tous deux avaient donc convenu d’une rencontre avec Missède dans le plus grand secret.



Au moment même où Cécilie de Laval quittait le temple, une calèche, sobre d’apparence et sans insigne aucune, fit halte devant les marches. Lorsque la porte s’ouvrit, Ernest pencha légèrement la tête pour signaler sa présence à Rose et inviter les deux femmes à monter le rejoindre à l’intérieur couvert de la caisse capitonnée. Assis sur une des deux banquettes, le seigneur du Rocher, accoutré d’une pelisse doublée de fourrures de martres, s’enquit de la rencontre avec la grande prêtresse avant de donner l’ordre au cocher de repartir.

 


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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Mar 14 Mar 2017 - 22:12

<< Trancher le nœud GordienDernier Hommages >>

La garde de la jeune musicienne était restreinte lors de son voyage à Langehack. Jindanor ainsi que le reste de ses hommes étaient restés à Missède... avec la triste tâche de surveiller discrètement son propre père de peur qu'il fasse quelque chose d’irraisonné. Elle avait tant et tant insisté que même le jeune chevalier avait plié.

L'idée était venue de la nécessité.

Et elle le regretterait sûrement pour le restant de ses jours...


Au matin de son arrivée, alors que Cécilie logeait chez les de Lancet, la famille de sa grand-mère, des nobles vassaux de Trall qui avaient un minuscule manoir dans la capitale du duché, une missive était arrivée à son attention de la par des d'Arosque. Légère comme elle ne l'avait plus été depuis trois longs mois, elle avait accepté de leur rendre visite avec un plaisir non feint, n'ayant réussit à obtenir une audience auprès de la Grand prêtresse que le landemain après-midi. Ce déjeuné et ce dîné furent fort instructifs autant sur l'état de la cour langecine que sur le commerce de la soie venue de Thaar... Ce qui était un sujet bien plus intéressant que ce à quoi elle s'attendait. Ces cousins éloignés furent d'une gentillesse incroyable et, comme hors du temps, elle passa un délicieux après-midi à converser et à rire sans devoir être autre chose qu'elle-même. Ni Baronne. Ni Dame. Ni même héritière puisque l 'épée de Damoclès qui trônait au-dessus de sa tête n'avait pas été levée. Juste elle et ses projets d'avenir. Un nouveau souffle de sentiments positifs que la silhouette de son père, laissé sous bonne garde, n'arrivait pas à assombrir.  

Le soir venu, ils avaient discuté si tard qu'elle n'était retournée à Langehack qu'arkuisa matin pour retrouver ceux qui l'avaient si gentiment logé avec une compréhension bien plus précise des troubles qu'ils affrontaient. Vue de loin, la cour langecine était déjà menacée... Mais vue de près elle était à deux doigts de l'implosion.

La rencontre avec la prêtresse fut plus angoissante que prévue, mais au bout du tunnel, l'affaire avait été rondement menée. Elle était dès à présent délivré du serment qu'elle avait prononcé à Sainte-Deina et Néera lui avait donc permis de ne se parjurer en aucune façon auprès de l'homme qu'elle aimait si sincèrement. En descendant les marches de la cathédrale, elle ne pouvait s'empêcher de sourire tout en glissant ses doigts sur la broche qui fermait son manteau fourré. Une broche d'or, de cuivre et de vermeille formant une fleure flamboyante...

… Lorsque Rose s'arrêta. Le bruit d'une calèche toute proche et d'une portière qui s'était ouverte avait retenue l'attention de la jeune femme, lui faisant perdre un peu de sa décontraction.

« Ernest d'Ethin. Il semble attendre que nous montions dans sa calèche. » glissa Rose le plus doucement du monde.

Comment ? Que faisait-il là ? Elle n'avait pas même souvenance de ce qu'il lui avait soufflé le jour de la destitution de son père. Mais n'ayant pas toute la journée pour répondre à cette demande silencieuse, elle glissa a sa suivante :

« Bien. »

Elle monta avec précaution dans l'habitacle instable et se retrouva assise en face du jeune seigneur qui s'enquit sans ambages de l'entretient qui venait d'avoir lieu.

« Je suppose que tout s'est bien passé. » asséna-t-elle en serrant légèrement les genoux. « Mes serments de Sainte-Deina sont déliés. »

Elle n'était pas particulièrement à son aise, mais mis à part une légère tension musculaire, il aurait fallu la côtoyer depuis des années pour identifier son trouble.

« Mais, et vous ? Pourquoi cette invitation si cavalière ? »


Dernière édition par Cécilie de Missède le Lun 7 Aoû 2017 - 13:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Mer 15 Mar 2017 - 0:00



Ernest discerna le sourire faiblissant de l’héritière de Beaurivages lorsque sa suivante lui signala sa présence. Son appréhension fut aussitôt exacerbée à l’idée que la jeune femme puisse honnir sa présence et vilipender sa personne. Se glissant au fond de la banquette, il attendit nerveusement que les laquais aient fini d’aider les deux femmes à monter dans l’habitacle pour entamer la conversation. Les portes fermées, les rideaux tirés, les trois missèdois se trouvèrent plongés dans un demi-jour orangé qui ne manquait pas de faire brasiller la somptueuse broche de Cécile de Laval. De temps à autre, la lumière réfléchie dardait le visage et les yeux d’Ernest au gré des cahots du véhicule qui bourlinguait maintenant à travers les rues pavées de la capitale du duché.

 

Le ton de la jeune femme semblait trahir sa volonté de le mettre mal à l’aise et cela n’y manqua guère. Ajustant et réajustant sa position sur la banquette, Ernest ne put réprimer des coups d’œil fugaces envers Rose comme si la contenance de la suivante eût pu lui apporter une quelque indication au sujet des sentiments de sa maitresse. Finalement, il se décida à répondre sur un ton qui se voulait calme et mesuré. « Pardonnez l’inconvenance de ma visite, Votre Seigneurie, dit-il non sans une certaine emphase sur ces deux derniers mots. Et je n’irai point jusqu’à surenchérir d’impudence en vous offrant mes félicitations pour votre entretien avec la Grande Prêtresse. Je ne doute pas que ces derniers jours ont été, pour vous et votre entourage, une épreuve laborieuse. Néanmoins, je me félicite de pouvoir être le témoin de cette prise de liberté qui est la vôtre. C’est donc à la Dame de Beaurivages que j’adresserai la requête suivante. » Le seigneur d’Ethin entreprit alors d’informer la jeune femme de la lettre de Guilhem de Tall et des raisons de la rencontre qui devait avoir lieu dans moins d’une heure. Il parla ouvertement, quoiqu’à voix basse au vu de la nature de la conversation, et ne lui cacha rien des détails qu’il avait en sa possession. « J’ai bien conscience du caractère nébuleux de la situation et je comprendrais si vous ne souhaitiez pas y prendre part. Mon souhait, néanmoins, serait que vous soyez à mes côtés lors de cette entrevue qui pourrait s’avérer capitale pour l’avenir de ce pays qui est le nôtre. » Ernest avait guetté la moindre contorsion sur le visage de Cécilie de Laval sans pouvoir y entrevoir un présage de réponse.

 


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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Mer 15 Mar 2017 - 13:24

Comme toujours dans ce genre d'occasion, Rose faisait semblant de ne pas exister. Droite, effacée, elle gardait les yeux tournés vers la fenêtre comme si les deux autres occupants de cet espace restreint n'existaient pas. Non pas en signe de dédain, mais simple signe d'humilité quant à la place qu'elle occupait. Sentant plusieurs fois le regard du jeune seigneur se poser sur elle, elle le lui rendit un instant avec un sourire encourageant. Elle ne prenait jamais part aux discussions politiques mais puisque Cécilie l'avait déjà vu deux fois seule à seule et qu'elle avait accepté de monter dans cet attelage, ils devaient être en bon terme... enfin plu sou moins...

Cécilie, elle, attendait de façon plus circonspecte de savoir dans quel sorte d'engrenage elle avait encore mis le doigt. Elle faillit reprendre le jeune homme sur le fait qu'elle n'était pas encore Dame de Beaurivages car elle n'avait pas encore vu le conseil ni prêter serment à qui que ce soit... Mais c’eut été de la pure provocation et quoi qu'extrêmement satisfaisante, ce genre d'enfantillage n'avait pas sa place pour l'instant. Aussi, elle se contenta de hocher la tête sans prononcer un mot de toute son explication.

Ce ne fut qu'à la toute fin qu'un sourire un peu plus tendre refit surface.

« Au contraire. Je suis touchée que vous me permettiez d'assister à cette entre-vue. »

Ses mains se posèrent sur ses genoux, défroissant sa robe de laine grise en essayant de ne pas continuer dans cette atmosphère tendue.

« J'étais hier chez de la famille éloignée. Nous avons beaucoup parlé de l'état actuel de la cour langecine et je ne peux qu'être heureuse de savoir que certains s'évertuent a faire bouger les choses. Je ne sais pas ce que cela vaut pour le moment, mais ils craignaient particulièrement les actions du Seigneur Ashal d'Amderran. Depuis son retour de Sharas, il semblerait qu'il soit de plus en plus virulent envers la duchesse, les di Montecale et les d'Anoszia sans s'en cacher d'aucune façon. Si sa probité n'est pas mise en cause, celle de certains de ceux qui partagent ses idées semble faire frémir de nombreux seigneurs du Langehack... A force de voir un homme puissant chauffer les esprits, ils craignent que le sang ne soit versé sous peu. »

Pour le reste des informations qu'elle avait échangé avec ses cousins, Ernest avait l'air tout aussi au courant, et même davantage, grâce à la missive qu'il avait reçu.

« Mais puis-je vous demander où nous nous rendons ? »
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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Mer 15 Mar 2017 - 18:24



Le jeune homme ne put celer son soulagement et se redressa une nouvelle fois sur l’inconfortable banquette. Cependant, cette fois-ci, ses gesticulations avaient tout l’air de résulter de l’effervescence suscitée en lui par l’intérêt de son interlocutrice pour les affaires qu’il lui présentait. À la mention d’Amderran, Ernest opina vivement de la tête. La jeune femme avait mis le doigt sur ce qui était, selon lui, l’un des deux points les plus épineux de la situation. Le seigneur du Rocher savait pertinemment que Guilhem de Tall et Uthar de Brevise figuraient au premier rang de ces grands du langecin qui craignaient les d’Amderran tout autant qu’ils pouvaient les haïr. Ces conflits de lignées remontaient à l’époque des passes d’armes entre les familles de Sephren et de Langehack pour la tête du duché. Historiquement, le fief d’Amderran représentait un bastion de soutien indéfectible aux de Sephren et lui avait octroyé une position tout aussi privilégiée qu’aliénante aux yeux des nobles du reste du pays. En outre, l’ascension de Méliane de Lancrais au titre de duchesse avait été accueillie on ne peut plus froidement par le mystérieux Alcion, seigneur d’Amderran. Et l’époux de celle-ci, Oschide d’Asnozia, avait recouru à maints stratagèmes pour tenir à distance la pesante menace amderrane. Le duc alla même jusqu’à retirer le titre de Capitaine des Aigles de Sang, ordre d’élite militaire associé à la protection de la couronne ducale, à Ashal d’Amderran, frère d’Alcion, avant de lui confier, en consolation, l’Amirauté de Langehack. Les suspicions à l’égard de cette lignée gagnèrent en crédibilité lorsqu’elle parut soutenir Harold du Lyron du temps où celui-ci semblait avoir quelque chance d’accéder à la royauté. Ernest devait bien l’avouer, fou était celui qui ne montrerait pas méfiance à l’égard de cette engeance. À présent, comme le rappelait justement la dame de Beaurivages, la véhémence de l’indignation des seigneurs du sud du duché à l’encontre de Méliane de Lancrais et ses alliés était sur le point de se débonder sur tout le langecin.

 

Le coche continuait d’aller au petit trot dans les ruelles de la ville. Le rendez-vous approchait. « Nulle part, à vrai dire, répondit Ernest. Cette entreprise nous impose la plus grande discrétion, vous le comprenez sûrement. La rencontre avec le vicomte de Tall et le seigneur de Brevise doit avoir lieu ici-même, sur ces banquettes. Il est convenu que nous les cueillerons au détour d’une rue dans quelques minutes. » Il laissa passer un moment de silence avant de reprendre. « Le jeune homme y a une chose sur laquelle nous devrions peut-être, comment dire, accordez nos violons. Loin de moi l’intention de vous ramener à nos conversations d’il y a quelques jours. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. Néanmoins, il m’est possible d’imaginer que, à travers cette rencontre, de Tall et de Brevise entendent aussi juger, de leurs propres yeux, des dispositions du comté. Il serait donc primordial de faire preuve de vigueur et d’unité dont ils sauraient tirer inspiration et assurance. Cela nécessitera peut-être une pointe d’affectation de votre part et je tiens juste à m’assurer que cela ne vous causera trop mésaise. » Ernest faisait bien évidemment allusion à ses intentions non dissimulées de prendre Cécilie de Laval pour épouse et, par là même, d'unifier Missède. Pourtant, il s’appliquait à faire preuve d’un tact avisé à ce sujet ; il ne s’agissait pas d’acculer la biche dans les fourrés.




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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Mer 15 Mar 2017 - 21:20

Cette rencontre était donc aussi furtive que discrète... Cela en disait long sur la peur que pouvaient éprouvé les deux personnages qui s'étaient résolus a faire appel à des vassaux pour tenter de démêler le sac de nœud qu'était devenu leur situation politique... Quand aux sous-entendus légèrement gênés du jeune homme...

Elle retint un éclat de rire enfantin, son visage s'éclairant soudain d'une joie rayonnante. Depuis son entrevue avec la Grande Prêtresse, l'heure ne lui paraissait pas si grave et les précédents entretiens qu'ils avaient eut bien moins tendus que ce qu'ils avaient réellement été. Elle en venait même à se demander pourquoi elle y avait accorder tant d'importance... Cela se passait de façon si fluide finalement... Enfin c'est ce qu'elle se représentait maintenant que c'était fait...

« Je préfère être claire avec vous dès à présent, je suis déjà promise à quelqu'un d'autre. Cela date d'avant mon mariage avec Enrico et c'est une promesse que les engagements de mon père m'a forcé à rompre. Je pense que c'est en grande partie à cause de cela que la DameDieu semble avoir mis un point d'honneur à ce que mon union avec le baron ne soit jamais réellement conclue. Cela étant dit, nous pouvons accorder nos violon comme il vous sied pour cette rencontre. Je pense aussi que ma présence n'aurait pas grand intérêt si cela montrait une dissension au sein de Missède. »

Elle sourit en tendant une main inhabituellement ferme dans la direction approximative qu'il devait occuper, attendant qu'il la saisisse... pour s'y appuyer et passer sur la même banquette que lui dans une envolée de parfum de violette, de muscade et de rose. Gigotant pour trouver sa place à une distance raisonnable, elle remit de l'ordre dans sa robe qui s'était égarée sur le genou du jeune seigneur dans la manœuvre avant de se tourner de nouveau vers lui.

« Mais avant pourrions nous nous arrêter une seconde pour que Rose puisse descendre ? » S'attendant à une incompréhension de la part du jeune homme, elle ajouta. « Nous faisons en sorte qu'elle ne soit pas prise à parti lors de problèmes politiques. »

Rose sorti un moment de son mutisme pour hocher la tête.

« Une précaution pour moi autant que pour ma Dame. »


Avec un demi sourire, Cécilie eu encore l'audace d'ajouter :

« N'y voyez pas de problème pour mon honneur. Je crois ne plus en être au point d'avoir besoin d'un chaperon... »
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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Mer 15 Mar 2017 - 23:46



La mornifle de cet aveu obscène lui souleva le cœur. La douche froide fut assortie d’un virage serré exécuté inopinément par le cocher. Impensable. Il venait de la sortir d’un mariage foireux et elle trouvait déjà le moyen de potasser avec un autre. L’effort inhumain qui l’amena à ne pas la bazarder hors de la calèche en pleine marche crispa tous les muscles de son visage rendu livide. Choqué, il l'aida à prendre place à son côté. Elle l’avait tronché comme le dernier des terreux. L’amère déconvenue chavirait ses tripes de droite à gauche. Et puis, un nid de poule. Les trois passagers sursautèrent dans le fond de leurs sièges mais Ernest, avant que son fignard n’eût le temps de regagner la banquette, avait déjà passé la tête par la fenêtre et rendait gorge à grandes coulées. Le corps encore pétri jusqu’aux os par la nouvelle, il fut contraint, épuisé, à rester dans cette position pendant un petit moment. Le vent dans les cheveux, le rideau fouettant son visage, de la vomissure glaireuse accrochée à la commissure des lèvres, le seigneur d’Ethin luttait pour reprendre son souffle. Puis, la calèche fit subitement halte. Ernest ferma les yeux. Il savait ce que cela voulait dire : ils étaient arrivés au point de rendez-vous. Trouvant finalement le courage de redresser la tête, il vit là, à moins d’un pas de sa tête encore ballante et suintant de dégueulage, le vicomte Guilhem de Tall et le seigneur Uthar de Brevise, debout devant le portique d’une bâtisse sans prétention, comme convenu, à l’heure et enveloppés de la tête aux pieds d’épais mais simples manteaux de voyage pour parfaire la discrétion essentielle qu’entourait cette rencontre. Les deux hommes avaient l’air médusé. Uthar de Brevise ne semblait pouvoir détacher ses yeux de la trainée de dégobillis qui remontait tout le long de petite ruelle. Tandis que le vicomte, lui, fixait Ernest bouche bée.



Après avoir laissé échapper un soupire, le seigneur d’Ethin se hissa hors de l’encadrement de la fenêtre et se laissa retomber sur la banquette à côté de sa maquerelle. Alors que la suivante sortait d’un côté pour aller s’asseoir à l’avant, à côté du cocher, Ernest ouvrit la porte et invita les deux hommes à monter de l’autre. Tout le monde assis, la calèche repartit de bon train. Il y eut un moment de silence gênant au cours duquel Ernest finit de se débarbouiller le visage d’un revers de manche. Réprimant un nouveau renvoi, puis inspirant profondément, il parla le premier : « Messires, c’est un honneur de faire votre reconnaissance. Les deux hommes eurent un mouvement de tête vers l’avant en guise de salutation sommaire. Uthar de Brevise fixait la jeune femme avec incompréhension. Cécile de Laval, messire. En passe de devenir Dame de Beaurivages. Elle sera donc amenée à représenter les intérêts de Missède tout autant que moi.
Ernest dut avoir recours à toutes ses forces pour sauver les apparences. Une tâche à la base déjà ardue que la jeune femme avait cru bon de rendre insupportable au moment le moins propice.
- Tout va bien ? s’enquit Guilhem de Tall, dubitatif.
- Fort bien ! s’empressa de répondre Ernest. De la poissonnaille qui manquait de fraicheur, je suppose…
Les deux hommes d’un âge avancé échangèrent un regard entendu avant d’entrer dans le vif du sujet.
- Vous avez donc reçu ma lettre ? Ernest acquiesça d’un mouvement de tête.
- Le temps presse, ajouta le seigneur de Brevise.
- Pensez-vous vraiment que la duchesse concèdera à la mise en place d’un conseil de régence ?
- Concéder ? Ha ! Bien sûr que non, fit l'homme avec une hilarité affectée.
- Comprenez bien qu’il ne s’agit pas là de solliciter son accord mais son abdication.
Les rumeurs étaient donc vraies, certains vassaux envisageaient de pousser Méliane de Lancrais vers la porte de sortie.
- Comment présumez-vous vous y prendre ? Elle compte encore nombre de soutiens majeurs sur ces terres. Vilsteir d’Olside, en particulier, ne lui fera pas défaut et la protégera envers et contre tout.
L’homme en question était le sénéchal de Langehack et le plus vieil ami de la duchesse. Âgé de plus de soixante ans, il était sorti de sa retraite lors de l’ascension de Méliane de Lancrais pour l’épauler. Elle l’avait toujours considéré comme une figure paternelle.
- Vilsteir est vieux et malade. Depuis l’affaissement du pouvoir ducal, il a endossé beaucoup de responsabilités.
- Une charge démesurée, m'est avis, renchérit Uthar de Brevise. Il se tue pour la protéger.
- Il y a moins d’une ennéade, le brave homme a pris les fièvres et, depuis lors, sue sang et eau. Selon nos rapporteurs, la suette l'enverra rejoindre Tyra en brefs jours.
- La mort de Vilsteir finira d’accabler la duchesse.
- Et c’est là notre chance d'agir. C’est là que nous pousserons la duchesse à abdiquer. »
Toutes ces manœuvres si pernicieuses donnèrent à Ernest matière à réfléchir.

 


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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Jeu 16 Mar 2017 - 10:27

Son aveu jovial était sans doute la plus belle vengeance qu'elle pouvait avoir sur tous ces hommes qui avaient entrepris de décider à sa place du déroulement de sa vie, de la place de son cœur et de la portée de ses choix. Catin. Putain. Sorcière. Maquerelle. On lui donnait ce genre de qualificatifs depuis si longtemps qu'elle n'y pensait même plus. Et pour la première fois son cœur réjouit avait la possibilité d'envisager un avenir radieux. Ah... Quand elle serait au bras de Jindanor dans la chapelle de la citadelle, tout rentrerait enfin dans l'ordre. Ernest ou même n'importe qui pouvait bien s'occuper de Missède, elle saurait se charger du devoir de sa famille, celui de veiller sur Beaurivages et sur nulle autre terre. Ce qu'elle faisait en attendant était un geste de pur altruisme envers de pauvres Souffles perdus, ballottés au gré du vent comme elle l'avait été si souvent.

Cependant... La réaction pour le moins... viscérale... du jeune homme, sans qu'elle arrive a savoir si ses mots ou le cahot de la calèche étaient en cause, lui fit froncer les sourcils d'inquiétude. Elle fit un geste dans sa direction, mais sa main ne trouva que de l'air... et tout s'embraya.

Autant la remarque presque naïve d'Ernest sur l'accord de la duchesse aurait put l'attendrir, autant les manœuvres retorse des deux hommes retournèrent l'estomac de la jeune dame qui n'en perdit pourtant pas le sourire fin, doux et maîtrisé qui flottait sur son visage. Elle avait trop souvent entendu ce genre de chose pour en être choquée... Mais trop aussi pour en être dégoûtée au plus haut point. Les parole de ces deux hommes lui rappelèrent l'intonation des traîtres de Lourmel, lui déchirant le cœur qu'elle avait pourtant au beau fixe en ce jour. Elle se mettait soudain à éprouver une immense compassion pour cette femme frappée de deuil autour de laquelle tous s'agitaient désespérément.

« Veuillez excuser mon outrecuidance, mes seigneurs, mais comment comptez vous la contraindre à l'abdication sans déclencher un bain de sang alors même que son titre est la seule chose qui la protège encore de la colère de tant d'entre vous ?
- Une fois que le sénéchal sera mort, et privé de ses soutiens, elle n'aura plus le choix mais il faudra agir vite.
- Vite et sans bavure... »

Les réponses des deux hommes la laissaient perplexe... Elle ne voyait que l'issu des armes dans leurs soit-disant solutions...

« Pardonnez moi d'insister mais dans un contexte pareil, son titre de Duchesse est la seule chose qui la protège encore de la colère de certaines personnes et si vous essayez de faire taire totalement ses appuies, il y a de grandes chances que cela dégénère. Anéantie ou non par le chagrin, elle ne peut l'ignorer. Un moyen rapide de la contraindre à l'abdication serait de lui offrir cette paisible sécurité qui lui fait tant défaut. Ainsi la lignée ducale sera épargnée et le conseil de régence pourra exercé en toute légitimité aux yeux de toutes les autres puissances jusqu'à ce que la petite ait quinze ans. »

S'en suivit une discussion pointue sur l'état des différents partis et appuis de la situation, leurs position économique et leurs connaissances dans et hors de Langehack qui auraient put entraîné un brusque retournement de situation... Notamment la famille d'Amderan. Bien que nécessairement sommaire, des détails éloquents furent évoqués et questionnés. Dans l'élément de ses jeunes années, Cécilie retrouvait rapidement les schémas qu'elle avait si souvent observé partout en Péninsule et pointaient leurs forces et leurs faiblesses avec concisions. Quelques personnalités stratégiques étaient encore à retourner ou à maîtriser d'une façon ou d'une autre pour que cela ne dégénère pas. Certaines situations permettraient une transitions plus confortables... et elle pensa un moment à l'archipel de l'Oliyenne... car presque toutes mettaient Nelen en posture difficile. Oschides et Mélianes loin du pouvoir ducale, le titre d'Enrico commencer à sonner creux pour bien des oreilles et d'autant plus aux oreilles de vieilles familles comme celles qui allaient reprendre le dessus... et d'autant plus maintenant qu'il n'avait plus la légitimité d'une longue lignée par le mariage. Elle s'en sentit navrée... un bref instant avant que cela ne soit qu'un point de plus à prendre en note. Il s'était conduit en parfait goujat durant leur courte vie commune, au plus n'avait-il pas tenté de lever la main sur elle... elle n'allait certainement pas le plaindre.

L'oreille au aguets, lorsqu'elle ne parlait pas, elle enregistrait mot pour mot les échanges qui l'entouraient avec la même précision que durant ces longues représentations au cours des quelles les langues trop ivres se déliaient. Le plan qui se fomentait à quelques centimètre d'elle lui éraflait douloureusement la peau... Mais tel était le prix de la paix et de la stabilité.
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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   Ven 17 Mar 2017 - 18:07



Malgré la mortification que Cécilie de Laval venait de lui causer, Ernest ne put qu’abonder avec les propos de celle-ci. L’abdication ne pouvait avoir de conséquences heureuses sans la protection de Linaelle de Lancrais, fille de Méliane et future duchesse. Quand bien même à titre purement symbolique, elle représentait stabilité et pérennité, deux choses essentielles à la prorogation de la vie du duché. Les deux hommes ne semblaient pas avoir songé au sort de la jeune fille de douze ans, ce qui ne manqua pas de déconcerter Ernest. La mort de celle-ci déchainerait à coup sûr tous les conflits de lignées pensables entre les grandes familles du langecin. Le jeune homme eut une idée mais il lui fallait d’abord comprendre ce que de Tall et de Brevise attendaient de Missède. À cette question, le vicomte répondit avec embarras : « Le seigneur de Brevise et moi-même sommes arrivés à la conclusion que le domaine langecin a besoin d’une influence extérieure pour canaliser les ambitions des grands du pays. Si l’un de nous s’approche de trop près du trône, ce sera la guerre civile, pour sûr. Le conseil de régence doit être mis en place sous l’impulsion du comté. 
- Vous souhaitez placer Missède en position de bouc émissaire ?  s’offusqua Ernest avec feintise. Les deux vieillards ne purent cacher leur gêne. Si l’abdication, la transition, ou même la régence tournait au vinaigre, c’est le comté qui serait pointé du doigt, n’est-ce pas ? Ainsi nous deviendrions les instigateurs de ce projet qui prendrait lors tous les atours d’un renversement de pouvoir, d'une grossière ingérence, pis encore, d'une forfaiture.
- Rien de tout ça ne… commença Uthar de Brevise.
- Le langecin est prêt, messire, interrompit Guilhem de Tall. Une régence est la seule solution envisageable. Nous ferons bloc autour du missèdois. Vous en avez ma parole. 
- Et après ? Que fera la régence vis-à-vis du Roy ? Quelles décisions seront prises pour garantir la prospérité du langecin ? L’aide que vous nous demandez s’apparente fortement à un don contraignant. Et Missède ne saurait s’y résoudre aveuglément. Les deux nobles se regardèrent avant d’hocher de la tête, invitant le seigneur d’Ethin à continuer. Afin de soutenir la gageure d’une telle entreprise, Missède bénéficiera d’un siège au conseil de régence et des prérogatives similaires à celles du reste de ses membres. En outre, la duchesse et sa fille demeureront au sein du comté jusqu’à ce que cette dernière ait l’âge et les dispositions nécessaires pour endurer le poids de la couronne ducale et ses responsabilités.
S’ils avaient peut-être anticipé la première revendication, la deuxième les laissa timides. Mais s’y opposer aurait été révélateur de bien trop d’ambitions et éveillerait des doutes quant au sort qu’ils réserveraient à la jeune héritière. Deux nouveaux hochements de tête vinrent donc conclure l’entente. La conversation se prolongea à travers les détails des évènements à venir. Ils passèrent en revue les soutiens sur lesquels ils pouvaient compter et ceux qui seraient susceptibles de poser problème. Ernest nota qu’un nom était délibérément occulté et finit par mettre les pieds dans le plat.
- Et pour ce qui est d’Amderran ? demanda le seigneur du Rocher.
Les visages des deux hommes se rembrunirent. Uthar maugréa des insultes à mi-mot.  
- Nous ne pouvons faire confiance à d’Amderran, affirma le vicomte de Tall, péremptoire et sec.
- Et pourtant si Alcion d’Amderran ne se trouve pas à la table du conseil de régence, toute cette entreprise est vouée à l’échec. 
- Hors de question ! aboya le seigneur de Brevise.
- Je partage votre méfiance messires, tempéra Ernest. Mais vous vous fourvoyez en pensant pouvoir écarter cette ombre d’un revers de main. 
- Même si nous en venions à tolérer sa présence, jamais il ne se ralliera à une cause dont il ne fut pas l’instigateur. Sa confiance envers nous est tout aussi médiocre que la nôtre envers lui. 
- Alors Missède servira d’intermédiaire. Je partirai tantôt pour Amderran. 
- Que Néera vous garde, répondit Uthar de Brevise avec dédain. »

 




7ème jour de la 4ème ennéade de Bàrkios
Automne de l'an 9 du XIe Cycle


Deux jours plus tard, Ernest rencontra Alcion d’Amderran et son frère Ashal. L’entretien fut des plus houleux. Anticipant les finasseries des deux hommes, Ernest dut faire preuve de prudence pour qu’à aucun moment ses interlocuteurs ne se trouvent dans une position de force qui les amènerait à exprimer d’inconcevables revendications. Après plus de deux jours de négociations éreintantes, un accord fut passé. Amderran rejoindrait le conseil de régence. Néanmoins, deux conditions émergèrent de cette entente. Ashal d’Amderran reprendrait la tête des Aigles de Sang. Pour cela, il lui faudrait évincer Sigmund d’Olile, actuel capitaine de l’ordre et cousin de la duchesse. L’homme assura à Ernest qu’il n’aurait aucun mal à reformer le Carré autour de lui et en toute discrétion, jusqu'à ce que le moment propice à l'abdication de la duchesse soit venu; l’élite de la chevalerie langecine qui constituait l’ordre était à grande majorité originaire du fief d’Amderran. Mais les deux frères exigèrent une garantie qui agaça le seigneur du Rocher au plus haut point. S’ils devaient faire confiance à Missède, tous deux décrétèrent qu'un lien entre le comté et leur fief devait sceller cette entente : Ashal demanda la main d’Irène, la sœur d’Ernest. Et celui-ci fut contraint d'accepter cette promesse de mariage. Sur le chemin du retour, le seigneur du Rocher eut des difficultés à ne pas considérer que l'engagement de Missède était bien trop important pour une entreprise si délicate.




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MessageSujet: Re: Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]   

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Les quatre roues du carrosse. [Cécilie]
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