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 [Eyroles] Une affaire de forges.

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Gorkim Hargrund
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MessageSujet: [Eyroles] Une affaire de forges.   Ven 17 Mar 2017 - 23:54


Milluzizril-Azad, Monts Corbeaux, côté nord, Marquisat de Sainte-Berthilde. 7e jour de la 5e ennéade de Bárkios, an 9 du 11e cycle.


Deux ennéades après la discussion qu’il avait eue avec la marquise. Chacun des 17 nains étaient assis, certains sur des grandes roches dures et froides, d’autres sur des bûches et des troncs humides et d’autres encore directement sur le sol mouillé après les pluies du matin de cette journée-là. Ils étaient tous réunis autour d’un feu de camp bien fourni. C’était maintenant comme une tradition de discuter de choses sérieuses, autant que de sujets anodins, autour de la chaleur des flammes et de la braise. Gorkim tenait dans ses mains une lettre que la marquise lui avait envoyée. Bien-sûr, avant de la lire devant les nains, il l’avait lue une première fois pour savoir de quoi il s’agissait.

Tout le monde, attentif, écoutait la lecture à voix haute du forgeron. En résumé, le message parlait d’une invitation de la part de la marquise et de Basile d’Eyroles, seigneur du lieu du même nom, à venir réinstaller leur colonie sur les côtes d’Eyroles. Mais cette invitation n’aurait pas de sens sans aucune autre proposition ; les forges d’Eyroles étaient en dormance, ou du moins ne fonctionnaient pas à pleine puissance, depuis longtemps. On avait alors invité les nains à venir y travailler et les « réveiller ». Mais cela posait un problème pour certains nains.

« – Des forges! Mais qu’y a-t-il pour nous là-bas? s’écria Kulm. Je suis bûcheron ; ici, les arbres, il y en a à profusion, mais de ce que je sache, il n’y aurait même pas de quoi construire une cabane en bois, aux alentours d’Eyroles.

– Allons, Kulm, riposta Gorkim. Il y a quand même des boisés aux alentours de la ville et dans le seigneurie.

– Quand même bien il y aurait du bois pour notre ami le bûcheron, où est-ce que nous nous installerions? demanda Uhr, le seul mineur du clan.

– Le seigneur d’Eyroles nous a proposé de nous installer dans les falaises bordant l’océan Éris. Il y aurait donc du calcaire en masse pour toi, Uhr, répondit Gorkim avec un léger sourire.

– Mais s’installer là-bas, à peine deux moi après s’être installés dans les Monts Corbeaux n’est pas une bonne idée selon moi, dit Jua. Déjà que nous n’avons pas travaillé sur l’excavation pour rien, on quitterait une fois de plus la montagne pour se rétablir là où il n’y en a pas.

– Mais vous aviez dit lors de notre sortie à Cantharel que vous vouliez.

– Oui, mais je parlais de Thanor, pas d'Eyroles.

– Écoutez, je n’ai pas beaucoup de détails pour l’instant, mais je suis persuadé que c’est la meilleure chose pour notre colonie. Un bon partenariat avec un bon seigneur. »

Le forgeron ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en Eyroles mais cela ne lui importait plus depuis qu’il avais pris la décision d’y aller, que ces compagnons viennent avec lui ou non. Après avoir parler de ce dilemme quelques minutes encore, les nains avaient pris leur décision. Ils se sépareraient. Quelques nains resteraient à Milluzizril-Azad, n’ayant pas l’envie de venir à Eyroles et pour surveiller le campement et le reste irait dans la ville portuaire pour « tester » l’endroit et vérifier s’ils veulent vraiment se sédentariser à cet endroit au lieu des Monts Corbeaux.


Aux alentours d’Eyroles, seigneurie du même nom, Marquisat de Sainte-Berthilde. Moitié de la 6e ennéade de Bárkios, an 9 du 11e cycle.


Onze petits nains voyageaient dans la plaine de Sainte-Berthilde. Certains marchaient tandis que d’autres chevauchaient un poney. L’ambiance était calme et paisible, alors que l’on pouvait apercevoir la fin de la terre à l’horizon, celui-ci étant illuminé par le Soleil couchant derrière la compagnie. On approchait lentement de la ville, dont on pouvait déjà distinguer la grande muraille des hauts bâtiments.

Environ une heure de marche plus tard, les nains arrivèrent devant la majestueuse porte qui mettait fin à la route. Gorkim présenta son groupe puis demanda à entrer. Les gardes prirent manifestement du temps pour en discuter, mais cela ne faisait point de doute que les nains venaient après l’invitation de sire Basile, information que prit bien soin de préciser le forgeron. On les laissa finalement entrer après qu’on leur ait averti de l’absence du seigneur.

Les nains avertirent celui qui semblait être le chef des gardes qu’ils se trouveraient à l’auberge du coin en attendant messire d’Eyroles. Aussitôt dit, aussitôt fait, ils finirent leur soirée en festoyant un peu à la taverne du rez-de-chaussée puis en allant se coucher dans des chambres à l’étage.
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MessageSujet: Re: [Eyroles] Une affaire de forges.   Mar 23 Mai 2017 - 15:27


Il faisait un froid glacé en cette journée d'hiver. Trop glacé. Trop dur, pour un peuple eyrolien qui n'avait du tout besoin d'affronter une telle épreuve. Clopin clopant, les bruits des sabots de son destrier clapotaient en concert sur le granite de la belle grand’route menant au port, symbole négligée d’une époque depuis longtemps révolue.

« Les réserves tiendront l'hiver, monseigneur, »
commenta le père Barnabé, conseiller du seigneur sur diverses affaires. «  Nous avons d'ores et déjà prévu les rationnements jusqu'à la fin de la période creuse. Mais même ainsi, espérons que le marquisat, craignant les dieux, sera honnête et clément dans sa perception de son droit. »

Le conseiller du seigneur, son frère Albert, trottait à ses côtés.

« Ne comptez pas sur la clémence du marquis, »
rétorqua le capitaine Albert. « Si sa quête nous entraîne dans une guerre, il aura besoin, plus que jamais, de ravitaillement. Nos greniers sont pleins pour l’instant ; nous ferions bien de nous soucier de l’instant présent et de l’arrivée de mon frère. D’ailleurs, les voici. »
Le prêtre se résigna d’un « soit » presque soupirant.

La garde du régent, de vert et d’argent, escortant la dame d’Hardancour, trottait en rythme avec la calèche, où semblaient trôner Basile d’Eyroles et Judith d’Hardancour. Et ceux-ci semblaient discuter avec intérêt, même après tant d’heures de route.

« Ma dame, le peuple d’Eyroles a servi le marquis ainsi que bien des marquis d’avant de manière loyale et dévouée. Comprenez que je ne puis m’engager sur des promesses en l’air. »

Judith dévisagea son interlocuteur, une nouvelle fois. La rudesse d’un seigneur des campagnes du nord, mais la persévérance bien connue du pays berthildois ainsi que de la sainte éponyme, elle comprenait bien où l’homme voulait en venir, mais elle n’était pas sûr qu’il avait bien compris.

« Sire, il n’y a nul promesses en l’air ; nous parlons ici d’un échange de bons procédés. Je ne prétends point apporter ni manne ni caille, avertit Judith d’un ton qui se voulait conciliant. Je vous donne seulement une occasion de faire d’Eyroles ce qu’elle fut lorsque nous étions encore jeunes, et Ulthuant régnait encore sur le Royaume. »

La calèche s’arrêta à la hauteur des deux protagonistes à cheval.

« Eh bien, Basile, que voilà une large escorte pour un si petit seigneur ! »
s’exclama Albert, couvrant un instant le bruit de la pluie.

« Veille à ton langage, Albert ! » aboya Basile. « La mère du marquis est avec moi. Aussi, tenez-vous bien, ou c’est moi qui vous tiendrait. »

Judith, brusquée, se tourna vers l’homme qui changea en un instant si bref. Emotif, il l’était, et cela se comprenait. De voir son pays sombrer progressivement dans la déchéance et la pauvreté était particulièrement tragique. Judith se raffermit en repensant à l’ensemble du marquisat, à l’image de cet arrière-pays. Si rien n’est fait, nous courrons à la ruine, se dit-elle.

« Je m’excuse platement, madame, se reprit Basile.
Albert, voici Judith d’Hardancour, dame d’Hardancour et mère de Louis de Saint-Aimé, régent du Marquisat. »

« Régent ? » souleva Albert, surpris.

« C’est compliqué, et je te prierai de ne plus m'interrompre. Madame, voici le Capitaine Albert d’Eyroles, mon frère. »

« Tout le plaisir est pour moi, messires, fit Judith d'un ton affable, masquant sa perplexité de manière experte. Mais, bien que j’apprécie ces rencontres qui -m’honorent au plus haut point, je dois vous avouer manquer de temps, et je crains que cette bruine ne me rende plus enrhumée que je le suis dernièrement ; aussi puis-je vous demander s’il vous est arrivé de loger une petite communauté de nains, pas loin d’ici ? »

Albert haussa les sourcils, légèrement surpris par la question, se tournant alors vers Barnabé, qui prit la même expression en haussant les épaules. « Ma foi, avoua Albert… Ah si, un groupe de nains ! Le capitaine de la garde m’en avait fait mention. Ils vivent à la taverne, non loin du port. Jarninééra, nous pensions qu’ils n’étaient guère que des cul-terreux venus voler nos poules s’il n’avaient pas ce sceau sur eux… Bon sang, des nains depuis si longtemps ? Viennent-ils commercer avec nous ?»

Judith, ainsi que Barnabé, firent la moue à l’entente du juron, mais firent mine d’ignorer l’incartade. Basile, lui, ne releva même pas. Ils furent alors conduit sans autre cérémonie à l’auberge dont les tenanciers se mirent au garde à vous, sans même savoir qui était l’illustre personnage venu leur rendre visite. Judith fit alors mander les nains, et attendit patiemment. Elle considéra le vin chaud et épicé dont l’odeur semblait envelopper les relents de nourriture frite et de charcuterie fumée qui caractérisaient les auberges de cette région. Les nains vinrent alors.

« Maîtres nains…Sire Gorkim. »

En réalité, Judith n’avait aucune idée du prédicat à utiliser lorsqu’il s’agissait de parler de nains, nobles ou non. L’un des explorateurs humains de l’époque conseillait fortement les interlocuteurs étrangers de qualifier l’ensemble de la gente de « maîtres », les nains étant majoritairement organisés sous la forme de corporations artisanales, où la plupart d’entre eux, ayant pratiqué depuis des siècles, disposaient d’un savoir-faire qui faisait passer n’importe lequel artisan humain pour moins qu’un apprenti ; un amateur, tout au plus. Et les gens du Nord, plus particulièrement les eyroliens, loin de connaître les traitements des immigrés en Nanie, avaient associé aux nains leur époque de prospérité et de paix, se désolant de leur absence.

« Je suis désolée de vous avoir fait patienter aussi longtemps, et gambader de pays corbin en pays eyrolien en si peu de temps. J’espère que la compensation apportée vous a été suffisante ; je reporterai le surplus sur la prochaine tâche que je vous propose donc à tous.  Asseyez-vous donc, maîtres nains.  Nous avons beaucoup de choses à discuter. Voici le seigneur d'Eyroles et ses gens. Ce sont des hommes honnêtes, qui ont déjà travaillé avec des nains jadis, lorsque la route Thanorite était encore ouverte.. »


Les nains se présentèrent alors, mais il semblait clair que l'interlocuteur principal était Gorkim. Gorkim que Judith ne manqua pas de saluer à part.

«Un plaisir de vous revoir, sire Gorkim; mais trêve de politesses. L'hiver est déjà sur nous, et il semble être bien rude. Il se doit donc de le préparer, lui, et le printemps ensuite. Messire, fit-elle à l'adresse de Basile, l'idée vient de vous. Je vous laisse donc composer avec nos amis nains.»


"C'est un honneur, messieurs. Je vous avoue que la vue de nains dans mon domaine remonte à l'époque où je n'étais encore qu'un marmot, à jouer au ports pendant que les dockers s'affairaient à débarquer les fournitures des marchands nains. Croyez bien, qu'au contraire du reste du marquisat, les nains sont estimés et respectés."

Basile marqua le coup d'une gorgée de vin.

"Je pense que vous avez pu voir l'état de la ville. Lorsque mon grand-père était le seigneur de ce domaine, la ville ne comptait pas moins d'une vingtaine de forgerons, ainsi que leurs commis. C'était des hommes, certes, mais la qualité de l'armement eyrolien ne rivalisait qu'avec l'acier nain. Nous avions également des bijoutiers et des bons artisans, honnêtes et fier. Mais lorsque la peste s'est déclarée, passez-moi l'expression, mais tout a foutu le camp. Eyroles désertée, et alors que les forges ne produisaient plus, même les marchands nains ne passaient guère plus à Eyroles, à part la rare caravelle estrévetine à l'occasion; il semblerait que ce soit la faute de ces maudits suderons soltariis, qui ont jeté je ne sais quel maléfice sur la tombe de vos pères. La peste soit d'eux et de leur bougrerie. Voici ce que je vous suggère donc. Venez donc vous installer ici, et je vous donnerait moi-même tout les locaux qu'il vous faut, dussé-je vous offrir une de nos fonderies."


"Si vous acceptez la proposition, précisa Judith, il y aura fort à parier que cela ne restera pas sans suite. Si les nains s'installent à Eyroles, cela attirera forcément d'autres artisans, et nous pourrions relancer les production d'antan. Bien des forgerons ayant fui à l'époque ne réfléchiront pas à deux fois pour revenir. Votre clan sera respecté dans l'ensemble du marquisat; et alors pourrons-nous renégocier des accords avec les thanorites de manière bien plus sereine, en étant capable de leur faire de véritables propositions commerciales. Qu'en pensez-vous ? Oh, et une chose également : pourriez-vous nous faire une liste des professions de votre clan ? Vous êtes un clan, n'est-ce pas ? "

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Gorkim Hargrund
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MessageSujet: Re: [Eyroles] Une affaire de forges.   Lun 31 Juil 2017 - 1:18


« Oui nous sommes un clan, dit Gorkim. Enfin, un clan plutôt... inhabituel. Mais l'histoire de notre groupe serait littéralement trop longue à raconter, croyez-moi. Je suis bien réjoui de votre ouverture face aux nains. Nous acceptons votre proposition, et aurions besoin, effectivement, d'une fonderie, de d...

- Arrête! cria Jua en khazalid. Ça suffit! Arrête de toujours te prendre pour le Thane et prendre les décisions pour tout le monde.

- Mais pourquoi es-vous là, Jua, si  vous avez une si grande aversion envers mes comportements?

- Écoute, jeune Gorkim. Je voulais bien venir à Eyroles pour parlementer avec toi, mais tu semble argumenter pour toi-même, non pour le clan. Ça suffit, tout ce parlage inutile, je suis bien mieux dans les montagnes. Vas-y seul dans les plaines, si tu veux, mais n'aie pas trop d'espoir qu'il y ait un nain à tes côtés. »

À l'issue de cette phrase fracassante, il s'en alla, en se faisant suivre des quelques autres nains qui étaient présents, sauf Gorkim. Ce-dernier, déconcerté, ne savait plus du tout quoi faire. Il pencha légèrement la tête, regardant le vide, et poussa un grand soupir.

« Je suis navré, dame Judith, sire Basile, mais je crois que ce projet n'aboutira pas, dit le forgeron, désolé. »

Gorkim resta une nuit de plus dans la ville pour parler avec les humains, mais leur amabilité n'était qu'un vaste mirage faisant contraste avec le reste du marquisat Sainte-Berthilde.
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