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 Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]

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Lucrétia
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MessageSujet: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Dim 19 Mar 2017 - 15:31

« Ô ma déesse, quelle cité ! »

Lucrétia de Valjoyeux mis enfin le pied à terre, après des jours de voyage le long des côtes. La caraque venait à peine de s’amarrer qu’elle s’empressa de descendre sur le ponton de pierre, trimballant avec elle un épais sac de cuir et sa sacoche de voyage. Les matelots commencèrent à décharger les caisses de matériel tandis que la jeune femme remontait le ponton passant devant le collecteur des taxes portuaires. Ce dernier, hurlant des ordres à son estafette, jaugea rapidement l’embarcation et griffonna quelques notes sur un morceau de parchemin, sans considérer plus que ça la jeune prêtresse. Les écus changèrent de main et les marchandises commencèrent à transiter vers le ventre de la cité.

La prêtresse s’enfonça rapidement dans les rues animées de la cité cosmopolite. Elle avait devant les yeux une activité qui aurait fait pâlir d’envie la cité de Pharembourg. Les bruits, les odeurs, le roulis des vagues s’écrasant mollement sur les docks, tout semblait si différent de Pharembourg et encore plus de Nelen.

Ses pas la guidèrent rapidement au cœur des bazars de la cité, chatoyant des couleurs des fruits exotiques et des marchandises clinquantes. Le bruit des écus et les braillements des poissonnières submergea l’atmosphère à mesure que les narines de Lucrétia s’emplissaient de toutes les odeurs d’épices et de grillades visant à attirer le chaland. L’un des étals attira son attention : un nain au tablier gras était en train de faire rôtir sur une grille d’acier et des charbons ardents une série de petits poissons à l’allure fort comestible et au délicieux fumet que celui-ci s’empressait de diffuser dans l’air ambiant avec un éventail de mauvais goût.

L’eau lui monta à la bouche. Cela faisait plusieurs jours qu’elle ne se nourrissait que de pain dur et de petits copeaux de viande séchée. Elle glissa quelques piécettes dans la main crasseuse du nain et repartit avec une belle brochette de poissons bien grillés et épicés. Son ventre, qui criait déjà famine à peine le soleil à son zénith, se régala autant que ses papilles tandis qu’elle remontait les allées des bazars en direction du temple de la DameDieu.

Car Lucrétia, au-delà de ses découvertes gustatives, avait été investie d’une mission de la part du clergé scylléen de la Bienveillante. Plus mobile que la plupart de ses coreligionnaires la demoiselle du Valjoyeux s’était vu confier l’insigne honneur d’apporter un exemplaire du Sourire de Néera et un exemplaire du Choix au grand-prêtre de la Déesse Mère de la cité de Thaar, afin de remplir maigre bibliothèque du temple et remercier le grand-prêtre pour ses services rendus. Ce dernier était, d’après les connaissances de Lucrétia, un vieillard ayant passé sa vie entière à consolider la présence de la DameDieu en Ithri’Vaan. On l’appelait Joltissin le Charpentier, titre qu’il avait reçu au cours de sa jeunesse pour avoir conçu la charpente de la petite chapelle de Sainte Maria à Diantra. Lucrétia avait pu visiter la capitale durant sa jeunesse et avait été émerveillée par ladite chapelle : un travail d’orfèvre, inspiré par Néera elle-même. La jeune prêtresse en gardait un souvenir ému et se réjouissait de pouvoir rencontrer une fois dans sa vie l’auteur d’une telle merveille à la gloire de sa déesse. Si le Charpentier avait été envoyé à Thaar il y a des années pour s’occuper du clergé dans la région, Lucrétia restait persuadée que cet homme, au vu de ses actes, pouvait devenir le 54e Saint. L’idée était belle, et la jeune femme ne pouvait que mesurer la chance de pouvoir rencontrer un tel homme.

La chapelle de Sainte Iselda de Néera en la cité de Thaar était très différente de celles que l’on pouvait trouver dans la Péninsule. La collision des panthéons et des croyances dans la cité faisait de Néera une déesse certes appréciée, mais minoritaire. En plus du grand temple avait été construit une petite chapelle dédiée à la sainte locale, au sein d’un ilot de bâtiments appartenant autrefois à une ancienne compagnie marchande ayant fait faillite. Le clergé de Néera avait réussi à obtenir cet ensemble de bâtiments après maintes négociations auprès des anciens ayants-droits et avait passé des décennies à rénover l’ensemble pour créer l’endroit parfait pour y accueillir l’autel de la Bienveillante et de Sainte Iselda. Si le Souffle de Néera restait faible à Thaar, dans l’enceinte du temple, il murmurait les possibles du Choix aux hommes et grandissait de jours en jours. Le réseau des petites chapelle dédiées aux 53 Saints permettaient d’assurer une diffusion efficace de la parole de Néera à Thaar, mais aussi de proposer aux plus démunis des services que le grand temple ne pouvait pas assurer à chaque instant.

Sainte Iselda était la sainte patronne de la charité. Elle s’était distinguée pendant sa jeunesse pour avoir aidé les plus pauvres et les plus démunis pendant la seconde guerre des Boucliers des Vaux. Son dévouement avait été salué en son temps par l’ensemble des clergés de Néera et Tyra et restait dans l’histoire comme un modèle du don de soi à la collectivité, au nom des principes de Néera. Il n’était pas rare de trouver Sainte Iselda dans les hospices, les orphelinats ou encore les plus petites chapelles.

Les passants se faisaient de plus en plus rares à mesure que la jeune femme progressait vers la chapelle de Sainte Iselda. L’agitation de la cité se faisait plus lointaine et Lucrétia entrait maintenant dans les quartiers résidentiels, à la frontière entre les anciens faubourgs et les beaux-quartiers. Elle avait mémorisé le chemin pendant toute la traversée en bateau, si bien qu’elle ne se sentait pas perdue dans le dédale de ruelles et de seuils.

Lorsqu’elle arriva devant la porte cochère de la chapelle de Sainte Iselda, Lucrétia fut accueillie par celui qui s’annonça comme frère Jérémiah, un jeune novice au regard un peu perdu. Le novice semblait troublé par quelque chose. Lorsque la jeune femme s’enquit du problème, il n’eut pas le courage de lui refuser une réponse :

« Ma sœur, c’est le Père Joltissin…Il est très souffrant. »

Lucrétia sentit son estomac se nouer. Elle s’attendait effectivement à ce que le vieil homme soit au crépuscule de sa vie, mais elle ne s’attendait pas à ce que cela soit pendant son voyage à Thaar. Elle commanda au novice de la mener à lui. Si elle pouvait faire quelque chose, il fallait qu’elle soit présente.
Le novice l’amena à toute vitesse dans les quartiers des prêtres, situés dans un des étages réaffectés du complexe. Les surfaces généreuses avaient permis aux fidèles de Néera de disposer d’un bel endroit pour s’installer et on voyait au travers du soin apporté aux espaces que ceux-ci n’avaient pas chômé pour rendre les cellules des prêtres des plus agréables. Jérémiah s’arrêta devant la porte en bois de Joltissin. Devant attendaient de nombreux novices, d’une dizaine d’années les cadets de Lucrécia, qu’elle s’empressa de disperser.


« Il est à l’intérieur, avec le grand-prêtre et…cette femme avec lui... »

N’attendant pas plus d’explications, serrant son sac contre elle, Lucrétia ouvrit la porte de bois.
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Johann
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Dim 19 Mar 2017 - 22:04


Thaar, une zone "neutre" ou tous les peuples pouvaient cohabiter sans trop de difficulté. L'avantage de cette zone était aussi la facilité de faire du commerce afin d'obtenir des denrées ou du matériel issus des autres peuples. Certains matériaux étant plus chers que d'autres en fonction de l'ouverture du peuple au commerce extérieur. Le seul problème ayant été la forte influence des sombres sur cette terre, ce qui pouvait rendre compliqué les relations avec les autres espèces, même si cette dernière s'était peu à peu affaiblie au cours du temps.

Son fond de commerce ? Ses "connaissances" en guérison et dans un remède dont elle se gardait bien de révéler l'origine. Et bien que parfois il lui arrivait de le faire "gratuitement", il y avait toujours une faveur en retour qui parfois avait une valeur difficile à monétiser tel que les connaissances en plantes ou autres substances à propriété médicinales. Après tout ça restait assez rares que des personnes offrent leur service gratuitement, et malgré toute sa bonne volonté, elle n'en faisait pas vraiment partis, du moins pas tout le temps. On pouvait dire qu'elle choisissait qui devait payer et avec quoi et qui ne le devait pas.
Son étude avait été interrompue. Ses "talents" ou plutôt son remède miracle avait été demandé auprès d'un patient tout particulier, le vieil homme qui dirigeait ce lieu de culte. Un homme qui avait connu Diantra à sa belle époque avant qu'elle ne soit ravagée par des années de guerres et de querelles humaines pour savoir qui avait la plus grosse. C'était également cet homme qui lui avait permis d'accéder librement au peu d'ouvrages qu'il avait en sa possession, malgré la rareté de ces derniers.

Il était sur son lit de mort, c'était malheureux à dire, mais il fallait bien que cela arrive un jour de par son age avancé. C'était d'ailleurs bien un miracle qu'il ait pu vivre aussi vieux et aussi longtemps en bonne santé. Mais quand le corps finit par lâcher, le meilleurs des remèdes ne peut pas vraiment faire grand chose. Retarder l'inévitable peut-être, ou alors simplement alléger les souffrance si ce n'est les abréger. Sentir ce genre de choses était devenu dans ses cordes au fil des mois. Au tout début elle ne pouvait vraiment sentir que si quelque chose clochait, mais les choses avaient bien changé depuis. Et ce qu'elle sentait là, tout de suite... Et bien, elle ne pourrait y faire grand chose, personne ne pouvait y faire quoi que ce soit, et mis à part attendre et espérer un miracle divin, il ne lui resterait que quelques énéades à vivre.

Une nouvelle personne entra dans la pièce alors qu'elle se relevait du lit du vieillard qui semblait se reposer, les yeux fermés ne troublant le silence que par sa respiration lourde et lente. Mais elle n'y prêta pas plus d'attention, ce n'était pas la première allée-venue qu'elle voyait aujourd'hui.

"Mon remède ne fonctionnera pas, pas plus que vos prières." Elle entreprit de se laver les mains dans une bassine mise à sa disposition. "La meilleure chose que vous pouvez faire pour lui serait de l'installer confortablement et de l'accompagner dans ses derniers jours et lui éviter trop de souffrances."

Qui était-elle pour dire ça ? Une rouquine étrange aux cheveux longs, attachés en queue de cheval pour l'occasion et aux oreilles pointues qui pouvait trahir des origines elfiques. Et qui plus est ne semblait pas vivre bien souvent en ville quand on voyait sa tenue qui était une sorte de mélange provenant de plusieurs ethnies en passant par le "fait main". Mais ce n'était pas vraiment le plus choquant... Le plus choquant était cette arme qu'elle avait conservé malgré le fait qu'ils étaient dans un lieu de culte, et de paix. Non, elle jurait vraiment dans le décors !
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Lucrétia
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Jeu 23 Mar 2017 - 20:55

Lucrétia franchit le pas de la porte. Apparemment, le Charpentier, alité, recevait des soins attentionnés de la part du grand-prêtre, dont la robe était reconnaissable entre mille. Par contre…qui était cette femme et que faisait-elle ici ? Elle tenait un étrange flacon dans la main et…

«
Sainte Néera ! Mais que faites-vous avec ça ici !? s’exclama Lucrétia, outrée. »

Ses yeux étaient désormais fixés sur le fourreau de l’étrangère d’où sortait le pommeau et la garde d’une épée longue. Les armes étaient pourtant totalement interdites dans les lieux consacrés à Néera ! Qu’une personne ne sache pas cela était totalement inconcevable pour Lucrétia…surtout en présence du grand-prêtre et du Charpentier !

La jeune prêtresse serra les poings, attendant une explication. Intolérable, c’était tout à fait intolérable. Cela allait à l’encontre non seulement des bonnes manières, mais aussi des enseignements les plus sacrés de la DameDieu. Que le grand-prêtre ait laissé faire ça outrepassait grandement ses fonctions. Même la haute-prêtresse ne pouvait autoriser qu’exceptionnellement le port d’armes dans le temple.

« Grand-prêtre, je suis Lucrétia, chapelaine de Nelen envoyée par le temple de Pharembourg pour délivrer des présents au Charpentier. Vous outrepassez clairement vos droits en laissant cette femme porter des armes dans nos lieux les plus sacrés. Grand-prêtre, veuillez lui prendre son arme. Et vous, qui êtes-vous ?»

Son accent scylléen et son ton étaient sans appels. Il n’était pas question que cette étrangère reste plus longtemps dans ces lieux. Quoique furent les raisons de sa présence ici, il était hors de question qu’elle foule à nouveau le sol de ce temple. Si les chapelles de Thaar relâchaient leur veille envers les commandements de Néera, le clergé se ferait rappeler à l’ordre en peu de temps. Lucrétia n’avait jamais vu un tel relâchement dans la discipline du temple.

Ses yeux verts fixèrent intensément la femme qui se trouvait devant elle. Lucrétia et elle étaient de même taille, mais cette dernière était beaucoup plus musclée. On voyait clairement à sa stature et à son port qu’elle avait l’habitude de manier les lames et le bouclier. Lucrétia, encore sous le coup de la colère, ne remarqua pas de suite les yeux de la soldate, qui pulsaient d’une étrange lueur…Elle reconnut, au-delà des impressionnants cheveux carmin de la femme qui se tenait devant elle, une inclinaison pour la magie…laquelle ? Elle ne savait le dire. Et ses oreilles ! Une sang-mêlée ?

Mais ce qui la frappait le plus, au-delà du crime qu’elle venait de commettre ou de l’étrange impression de magie qui se dégageait de la soldate, c’était son attitude. Elle semblait étrangement sereine et lointaine. Quelque chose ne collait pas dans ce personnage. Elle était à la fois vêtue comme une mercenaire et pourtant, son attitude n’était pas blasée, mais plutôt…lointaine…ou mature, comme si elle avait vécu l’équivalent de plusieurs vies dans un laps de temps très court. Il y avait quelque chose d’à la fois triste et magnifique chez cette femme.

Lucrétia plaça ses mains sur ses hanches, l’air contrarié. Le grand-prêtre, un petit homme replet et suant à grosses gouttes, comme un enfant pris la main dans le sac alors qu’il piquait des brioches sur un étal bredouilla quelques vagues excuses. Visiblement, il ne s’attendait pas à l’apparition de Lucrétia. Il tenta de s’exécuter mollement, minaudant, son front perlé de sueur et tendant ses mains vers l'arme de la soldate.


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Johann
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Dim 26 Mar 2017 - 17:12


C'était à croire que la nouvelle arrivante avait des problèmes auditifs et si elle en avait besoin, des guérisseurs pouvaient l'aider à résoudre son problème : elle était venue au bon endroit ! Ou alors peut-être était-ce trop difficile à comprendre que ce n'était ni le lieu, ni le moment de faire une esclandre ? Ce vieil homme avait besoin de repos et de calme, pas de ce genre de choses. Et elle savait d'expérience que c'était inutile de discuter avec ce genre de personnes qui tapent d'abord et posent les questions ensuite, après tout elle avait été de ce genre là pendant des années. Elle la laissa donc s'égosiller sur le pauvre Grand Prêtre à ses côtés qui ne savait plus ou se mettre et finissait même pas lui obéir, c'était à se demander comment un homme avec si peu de volonté avait pu se retrouver à un tel poste... A moins que ce soit exactement pour celà : facilement manipulable et ainsi garder un oeil sur le vieil homme qui avait à une époque bien trop d'influence à Diantra aux yeux de certaines personnes.

Mais tout ça n'étaient que des suppositions qu'elle faisait en le regardant obéir avec un léger sourire compatissant, même si elle ne comptait absolument pas obéir. Sa réponse potentielle fut tuée dans l'oeuf par une vilaine quinte de toux de la part du patient, attirant son attention loin de cette scène alors qu'elle se tournait de nouveau vers ce dernier qui tentait de se redresser.

"Je vous ai dit de rester couché." alors qu'elle se baissait pour l'empêcher de forcer, mais la main que ce dernier posa sur son avant bras et le regard qui lui portait n'eurent pour effet que de lui tirer un sourire et à la faire changer d'avis.
"Maintenant vous comprenez ce que c'est d'avoir un patient qui ne vous écoute pas." avait-il murmuré.

C'était de bonne guerre, et il n'avait pas perdu son sens de l'humour même après devoir finir sa vie dans le "trou du cul du monde" comme pouvaient le dire les habitants de la péninsule. Après tout, elle lui en avait fait voir de toutes les couleurs à l'époque ou il avait eut le malheur de devoir s'occuper d'elle après le second siège de Diantra ou elle avait été alitée pour quelques côtes brisées par un coup de masse. Toute la durée de sa convalescence avait été un conflit permanent avec le personnel soignant qui avait au final beaucoup de mal à gérer celle qui commandait la Cavalerie de l'Armée Royale.

"Il n'est pas dans vos attribution de remettre mes décisions en cause, Prêtresse." finit-il par répondre à voix haute. "Cette person..." La phrase fut interrompue par une vilaine quinte de toux, immédiatement prise en charge par la dragonnière, qui apposa sa main sur la gorge de ce dernier, y "prescrivant" une petite dose de magie pour calmer la gêne et la douleur causée, le Grand Prêtre quant à lui avait préparé un verre d'eau pour le Charpentier alors que la main se retirait fébrilement, comme si elle avait un peu trop abusé de l'utilisation de la magie.
"Ca suffit maintenant, vous avez besoin de repos. la rouquine avait pris le relai, assez sèchement d'ailleurs, pour lui montrer son désaccord. "Vous savez ou me faire chercher si vous avez besoin de moi quand les choses se seront calmées."

Les derniers mots étaient visiblement dirigés à l'encontre de la prêtresse fanatique qui avait préféré faire un excès de zèle plutôt que de respecter le besoin de repos et de paix d'un homme en fin de vie.
Une fois le vieil homme allongé, elle ne mit pas longtemps à réunir le peu d'affaires qu'elle avait pour se diriger vers la porte, passant à côté de la Prêtresse un peu trop zélée, lui glissant quelques mots à l'oreille en passant. "Il a besoin de repos, et donc de calme. Je vous invite à le lui permettre, si vous vous souciez un tant soi peu de son bien être, après lui avoir présenté vos respects." Il n'y avait aucune agressivité dans les paroles, on pouvait même sentir un peu de compassion pour cet homme malgré le ton neutre employé.

Elle ne laissa pas l'occasion à la prêtresse de répondre alors qu'elle passait la porte ou le novice qui attendait à l'extérieur la pris en charge pour la guider vers la bibliothèque en passant pas les jardins.
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Lucrétia
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Ven 31 Mar 2017 - 21:31

Un innocent pot de céramique traversa les colonnades du cloitre quelques minutes plus tard, pour s’écraser aux pieds de la soldate. A quelques mètres derrière elle se tenait la jeune prêtresse, furieuse. Cette dernière n’avait pas du tout apprécié le sermon du vieil homme, encore moins celui d’une scélérate qui se permettait de violer l’une des règles les plus sacrées du temple. Elle avait dévalé 4 à 4 les escaliers la menant au cloitre, non sans s'être platement excusée auprès du Charpentier pour son comportement. Toutefois, il était hors de question qu'elle se laisse balader par une simple mercenaire, soldate, ou quoi que cette femme fut !

Prise de colère, elle avait attrapé un innocent pot de céramique qui prenait le soleil et l'avait projeté au travers du cloitre, espérant ainsi atteindre les pieds de la soldate. Il n'était pas question de lui faire mal, mais au moins d'attirer son attention.

Elle déboula à toute allure vers la soldate et se planta devant elle, les mains sur les hanches, l’air furieux. Lucrétia s’emportait rarement, mais là, c’en était trop. Elle n’avait pas parcouru tout ce chemin depuis Pharembourg pour se laisser marcher sur les pieds par une roturière, si bien armée soit-elle, et encore moins dans le temple de la Bienveillante. Il n’était pas question de laisser passer cela. Cette femme violait l'un des commandements les plus sacrés de sa déesse et quoiqu'en furent les raisons, contourner la règle était inacceptable.


« Vous rendez-vous compte de votre insolence !? Porter des armes dans l’enceinte sacrée de Néera est une honte. Vous croyez pouvoir vous en sortir comme ça ? »

Son flot de paroles était rapide et son accent prononcé. Lucrétia n’allait pas lâcher le morceau. Il n’était pas question pour elle de laisser l’importune s’enfuir sans recevoir une bonne leçon. Lucrétia planta son regard dans le sien, cherchant à y déceler une once de remord, mais c’était peine perdue. Elle se révélait bien incapable de savoir ni de déceler la moindre information ni le moindre signe lui permettant d’en savoir plus sur la contrevenante.

Le jeune novice qui l’accompagnait recula, trop apeuré pour avoir ne serait-ce que l’idée de faire face à la jeune prêtresse et à la mercenaire. Il disparut sans crier gare au travers des colonnades du cloitre, probablement pour chercher refuge. Les débris de la pauvre céramique crissèrent sous ses pas. Le pauvre pot n’avait pas tenu plus de 3 mois…c’était le 6ème brisé depuis le début de l’année. Les pots de céramique avaient la fâcheuse tendance à mourir sous les coups de Lucrétia lorsqu’elle était chauffée à blanc.
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Johann
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Jeu 6 Avr 2017 - 17:34


Il laisserait le vieil homme dans la situation causée par ses subordonnés, après tout même les religieux avaient une sorte de hiérarchie, et comme l'on disait : chacun ses problèmes, on a bien assez des siens pour se mêler de ceux des autres. Et avec un peu de chance le vieillard aurait assez de force pour expliquer à sa prêtresse de quoi il en reto... Ah bah non.
La première victime, ou plutôt dégât collatéral fut un pauvre pot en céramique qui n'en demandait pas tant. Qu'est-ce que ce pauvre pot avait bien pu faire pour se retrouver assassiné aussi cruellement ? A ce qu'elle compris c'était juste le fait d'être sur le chemin d'une folle furieuse...

Voilà d'ailleurs la fameuse folle qui s'approchait d'elle, d'un pas certainement décidé à en découdre, allant jusqu'à effrayer le pauvre novice qui l'accompagnait et qui ne se fit pas prier pour prendre la poudre d'escampette. Il aurait presque semblé que les religieux de ce temple fuyaient devant la folle furieuse, un peu comme si sa réputation la précédait.

Elle regarda l'individu de la tête au pied alors que cette dernière continuait à lui faire la morale comme si de rien n'était. Elle trouvait d'ailleurs cette situation plutôt drôle, qui aurait cru que les prêtres de Néera puissent avoir un si mauvais caractère, qui plus est en cherchant le conflit. On aurait presque pu dire qu'elle s'était trompée de porte lors de son engagement et avait pris celle de Néera au lieu de Mogar et n'avait pas osé dire qu'elle s'était trompée.

"Hum... Oui." répondit-elle à l'unique question de la prêtresse en feignant quelque peu l'hésitation. "Et si vous posez cette question c'est que vous n'avez certainement pas écouté notre ami commun." Continua-t-elle en soupirant. "Je pensais également que les comportements violents étaient proscrits en ces lieux." Elle désigna du menton les restes de la jarre à ses pieds.

Et en plus d'être agressive, elle était complètement irrespectueuse ! La moindre des choses avant d’agresser quelqu'un et de lui hurler dessus comme une mégère était au moins de se présenter !

"Joh." dit-elle simplement, avant de chercher du regard son novice qui avait disparu et ne semblait pas vouloir revenir. "Maintenant que vous avez effrayé mon guide, vous pouvez me raccompagner à la bibliothèque ?"

Si elle décidait de la suivre quoi qu'il arrive alors autant qu'elle se rende utile non ? Avec sa manie de faire fuir les novices et autres apprentis comme une volée d'étourneaux face à un chasseur...
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Lucrétia
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Dim 23 Avr 2017 - 11:03

Effectivement, la dénommée Joh pouvait s’en sortir comme ça. Après tout, c’était elle qui possédait l’épée tandis que notre jeune prêtresse ne possédait que des morceaux de poterie cassée pour seule arme. Tout bien considéré, il s’avérait que Lucrétia ne possédait nul moyen de pression sur la mécréante…et la prêtresse avait commis un acte violent dans un lieu sacré. Néera avait de la compassion même pour les céramiques et il était totalement proscrit de détruire des objets précieux. Elle baissa le regard sur les restes de la céramique brisée et serra les poings, toujours furieuse…et un peu honteuse d’avoir elle-aussi enfreint l’une des règles du temple.

Lucrétia se mordit la lèvre inférieure. Comment avait-elle pu être aussi sotte ? Et devant une simple mercenaire qui plus est ! Elle avait beau retourner l’argument dans tous les sens, elle était prise à son propre jeu et, n’étant pas de mauvaise foi, ne pouvait que se résigner, vaincue. Mais il n’était pas question de s’excuser, loin s’en faut ! Lucrétia commettait des erreurs, certes, mais elle était trop fière pour se comporter en paillasson devant n’importe qui. Non mais oh !

Il fallait qu’elle évacue sa colère et se contrôle. Il était totalement contreproductif de tenter d’étrangler la mercenaire à cause d’une fierté blessée. Les Scylléens étaient connus pour leur tempérament sanguin et Lucrétia ne dérogeait pas à la règle, mais les années passées sous la férule des prêtres de Pharembourg lui avaient appris à se contrôler lorsque les évènements dérapaient. Elle se mit à réciter rapidement quelques versets livrés par Néera pour refocaliser son attention sur la scène. La jeune prêtresse finit par desserrer les mâchoires et s’exprima d’un ton qui se voulait le plus neutre possible.


« Lucrétia…Vous pouvez m’appeler Lucrétia. Veuillez me suivre s’il vous plait. »

Le ton était peut-être un peu trop mécanique. La transition entre la fureur de la prêtresse et sa façade impassible avait-elle été trop brusque ? Quoiqu’il en soit, Lucrétia enjamba les débris de la poterie (le novice ramasserait les morceaux plus tard) et fit signe à « Joh » de la suivre au travers des colonnades du cloître. Evitant de se retourner pour voir si la soldate la suivait –il ne fallait pas non plus qu’elle lui tienne la main ! – la prêtresse scylléenne, franchit le seuil de l’escalier de bois menant à la bibliothèque.

Après quelques volées de marches vermoulues, la porte de la bibliothèque se dévoila. Lourde et dotée d’une poignée en laiton usée, celle-ci n’était pas fermée et laissa se déployer le volume de ce lieu de savoir. La bibliothèque de la chapelle de Sainte Iselda était une salle de taille moyenne éclairée par quatre grandes fenêtres verticales à cadres de bois donnant sur la rue nord en contrebas. Un petit escalier de chêne en colimaçon permettait d’accéder à la mezzanine et aux bibliothèques murales qui s’élevaient jusqu’au plafond.

L’ensemble était richement décoré, même les tables de lecture. Il n’était pas rare que les bibliothèques consacrées à Néera soient les plus fournies des royaumes péninsulaires et des cités franches. Après tout, Néera avait donné pour mission à ses fidèles de propager la connaissance dans les terres connues. Il était tout à fait naturel de trouver dans ses temples et ses chapelles des bibliothèques bien fournies. Toutefois, celle de Sainte Iselda brillait, disait-on, par la qualité des ouvrages accumulés pendant ces dernières années par le Charpentier.


« Nous y voilà. » dit-elle d’une voix froide.

Elle désigna de la main gauche la table la plus proche, située près des rayonnages consacrés à l’histoire récente de la Péninsule. Une invitation à prendre place, rien de plus.

« Je ne peux toutefois pas vous laisser seule sans surveillance dans la bibliothèque. Aussi vais-je rester. »

Lucrétia se mordit à nouveau la lèvre inférieure. Elle hésita quelques instants avant d’ajouter.

« Si je peux vous être utile en quoi que ce soit… »

A ces mots, l’ongle de son pouce pinça la chair de son index. Lucrétia se devait d’être serviable et de respecter les commandements de la Damedieu. Malgré toute l’antipathie qu’elle éprouvait à cet instant envers la soldate, elle se devait de rester calme et respecter les règles. Elle tenta de faire le vide dans son esprit pour répéter les versets des livres saints, mais c’était peine perdue.
 
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Johann
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Lun 1 Mai 2017 - 22:16


Le message semblait avoir atteint sa cible, et son "interlocutrice" ou plutôt son adversaire qui voulait mener ce combat unilatéral finit par plus ou moins entendre raison. Il n'y avait pas besoin d'être devin pour lire les mimiques de cette dernière qui visiblement devait se sentir gênée, ou bien peut-être honteuse de son comportement. Elle qui était venue pour se recueillir au chevet d'un mourant se retrouvait là, à pourchasser quelqu'un, en lui voulant tout le mal du monde, hurlant et cassant tout sur son passage dans un excès de rage. On pouvait dire que la situation était très ironique quand on regardait quelques années en arrière puisque les rôles étaient maintenant comme inversé

La prêtresse finit par répondre favorablement à sa demande, la conduisant en silence après s'être mécaniquement présentée, quelques mots dont le ton montrait clairement qu'ils retenaient une tempête intérieure. Le silence ne fut brisé que par les planches de bois qui grinçaient sous leurs pieds et le cliquetis de la serrure de la porte qui séparait le couloir de la bibliothèque.
Elle s'immobilisa en silence, sentant les odeurs de vieux papier parfois moisis, les odeurs de renfermé et peut-être même de poussière mêlée à celle de la cire des bougies qui avait été brulée pour apporter un peu plus de lumière une fois la journée arrivant à sa fin.

Elle n'écouta que d'une oreille les mots de sa "compagne" violente, préférant observer le comportement de cette dernière qui rongeait son frein. Elle se retrouvait bloquée avec celle qui l'avait faite sortir de ses gonds.

"Je ne pense pas que vous puissiez m'aider." finit-elle par lâcher sans aucune hésitation, mais avant que son interlocutrice ne remonte sur ces grands chevaux elle finit par continuer. "En tout cas, pas tant que vous serez dans cet état."

Elle avait accompagné les mots par des gestes, tournant presque le dos à son interlocutrice pour se diriger vers une des nombreuses étagères, sachant parfaitement vers quels genre d'ouvrages se diriger : ce n'était certainement pas sa première visite en ces lieux. Elle s'empara d'un premier ouvrage, qui d'après sa couverture contenait des informations sur l'art et la manière de conserver des préparations et des denrées alimentaires, puis sans discontinuer sur un autre ouvrage quelques étagères plus loin, cette fois traitant des remèdes médicinaux à base d'éléments animal. Sans adresser un autre regard à son accompagnatrice elle se dirigea cette fois vers une des tables ou elle y déposa les deux ouvrages, restant visiblement dubitative devant ces deux derniers, elle finit par ouvrir le premier des deux avant de se tourner vers son interlocutrice. Elle sortit de sa poche une petite fiole qu'elle lui tendit.

Si la prêtresse observait avec attention le "remède" tendu, elle pouvait vite s'apercevoir que cette substance blanchâtre et transparente avait un petit quelque chose de visqueux, jurant avec tout ce que l'on pouvait trouver habituellement comme préparations, et si on avait le malheur de profiter du doux fumet de ce dernier, il y avait tout à penser qu'il s’agissait d'une substance animale certainement prélevée il y a un peu trop longtemps.

"Vous savez le problème de la plupart des remèdes est la durée de conservation et si je pouvais résoudre ce petit soucis sans altérer leurs fonctions... Ou au moins masquer efficacement cette odeur d'animal crevé." lacha-t-elle dans une dose d'humour.

En lui donnant matière à réfléchir, elle pensait la ramener vers des pensées moins belliqueuses. Sauf si cette dernière voulait un peu d'autre "musclée" pour lui faire passer ces envies, là elle n'aurait qu'à lui signaler.
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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Mer 17 Mai 2017 - 21:38

Lucrétia était absorbée dans ses pensées. Appuyée contre le rebord de l’une des fenêtres de la bibliothèque, elle répétait dans sa tête quelques versets confiés par Néera à ses plus fidèles servants pour apaiser les tourments de l’esprit. Le regard dans le vide, elle ne s’aperçut que bien trop tardivement de l’appel de la mercenaire. Encore pensive, jaugeant rapidement le flacon tendu par la femme, elle se remémora machinalement ce qu’elle avait appris durant son pèlerinage avec la Haute-Prêtresse. La conservation des éléments extraits d’animaux restait toujours compliquée, tant et si bien que dans le cadre de fluides animaux, le mieux était encore de tout conserver au frais. Malheureusement, conserver au frais des produits à Thaar ou dans la Péninsule de manière générale relevait du miracle et il n’y avait guère que quelques vieux systèmes de glacières enterrées qui pouvaient faire l’affaire. En somme, rien qui permette de se déplacer avec les extraits récoltés.

La jeune prêtresse resta pensive quelques instants. Et puis bon, son interlocutrice pouvait attendre, elle n’allait pas non plus se plier en quatre pour elle. En ce qui concernait l’odeur…quelques graines de café pilées puis chauffées pour en récupérer le moud suffiraient. Le moud de café avait pour particularité de capter les odeurs et de les faire taire définitivement. Par contre, pour éviter la corruption des éléments, le mieux était encore de tester l’essence de Sigasfrin, un mélange assez facile à réaliser. Il suffisait simplement de faire sécher quelques feuilles de Sigasfrin, une plante assez commune dans les pâturages de Soltariel et de mélanger la poudre avec quelques fleurs de marjolaine et de distiller l’ensemble dans un alambic avec un peu d’alcool de bonne qualité pour en récupérer une décoction assez fantastique pour ses usages. Une fois mélangée avec des liquides, elle en ralentissait considérablement la corruption de ceux-ci.

Lucrétia tira de sa sacoche un morceau de parchemin et griffonna la recette avec un crayon de bois. Elle respecta scrupuleusement les quantités et indiqua la posologie en bas de la note. Les ingrédients étaient relativement simples à trouver…sauf l’ingrédient de base, le Sigasfrin, qui ne poussait qu’en Soltariel. Et Lucrétia ne savait absolument pas si cette plante pouvait se trouver aisément à Thaar. A côté de ça, il fallait un alambic, ce qui nécessitait au moins un endroit fixe et d’un temps de préparation conséquent. Elle tendit la note à la mercenaire.

« Tenez. Les ingrédients ne devraient pas être trop difficiles à trouver. Par contre, pour le matériel, difficile à dire…à moins que vous ne connaissiez quelques maîtres-brasseurs à Thaar. »

Elle finit par se rasseoir à la fenêtre.

« J’oubliais…Pour l’odeur, vous devriez utiliser du moud de café. Bien utilisé, il dissipe les odeurs les plus fortes. Ce n’est pas mieux que l’essence de Sigasfrin, mais cela peut au moins cacher les odeurs les moins délicates. Ce devrait cependant être plus facile à trouver… »

Elle ne demanda cependant pas ce qu’était ce liquide visqueux. Lucrétia restait encore énervée par la présence de la jeune femme et malgré ses tentatives désespérées pour faire de l’humour, elle n’était absolument pas d’humeur. Et quel que fut le liquide à l’intérieur de cette fiole, il ne lui inspirait rien de bon. Machinalement, elle porta la main à sa besace et joua avec les perles d’un chapelet, le regard perdu dans les rayonnages. Il ne lui fallut pas longtemps pour s’ennuyer et attraper le premier ouvrage venu : « Créatures magiques : mythes et réalités » réalisé par Asfjar Borgne-le-Bœuf, un célèbre explorateur nain de la précédente ère. Elle le feuilleta d’un air pensif, espérant ne plus être sollicité de sitôt !

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MessageSujet: Re: Le Charpentier, la Dragonnière et la Dévote [Joh]    Dim 11 Juin 2017 - 21:36


Le "en tout cas, pas dans cet état" venait de se révéler vrai, ou plutôt à demi-vérifié par son interlocutrice qui n'avait pas vraiment pris la peine d'observer ce qu'elle venait de lui tendre avant de proposer la solution la plus "simple". Car oui, c'était la plus simple que l'on trouvait dans la plupart des ouvrages ou pour quelqu'un qui avait un tout petit peu réfléchit à la problématique. Le problème des "produits" secondaires efficace était généralement le prix de ce dernier ou encore la mise en oeuvre, ce qui était au final peu abordable pour monsieur ou madame tout le monde. Le second problème était que son "produit" animalier n'était pas un produit des plus normal, il ne tirait pas son efficacité d'un simple élément produit par le dit animal, comme par exemple certains venins utilisés comme médicaments, mais plus de la magie qu'il contenait. C'était cette magie qui était difficile à maintenir en place avant qu'elle ne finisse par se dissiper.

"Le problème n'est pas de le faire, le problème est que ce soit abordable." soupira-t-elle "Rien n'est gratuit dans ce monde, vous devriez le savoir plus qu'un autre."

Sans connaitre ou étudier le produit, sans s'y pencher un tout petit peu afin de voir la "magie" qu'il pouvait contenir alors il n'était pas utile de penser à une quelconque solution car aucune ne serait viable. Le second problème ? C'était également que le dit produit était inconnu, ou plutôt avait été oublié depuis plusieurs centaines d'années si tenté qu'il ait été utilisé un jour !
A quoi bon passer des heures à fouiller dans cette tonne de parchemins alors qu'ils ne contenaient rien qui pouvaient résoudre le problème lié à cette situation. Après tout comment le pouvaient-ils ?

"La plupart de ces ouvrages sont complètements inutiles." conclu-t-elle en fermant le manuscrit qu'elle avait posé devant elle. "Vous passerez mes amitiés au vieil homme."

Si elle espérait partir ainsi ? Oui, après tout pourquoi pas non ? Son "interlocutrice" ne pourrait de toute manière pas la retenir par la force, même si elle le tentait ! Et puis elle avait récupéré pour elle une petite quantité de ce fameux remède. Puisse-t-il lui être utile.
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