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 Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)

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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Jeu 23 Mar 2017 - 19:22

Hiver, Panahos, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


Un pigeon frappait machinalement son bec contre le carreaux de la fenêtre de l'auberge. T'sisra s'enroula dans ses draps, fuyant le son désagréable du réveil. Elle avait si bien dormit qu'elle ne se sentait plus la force de quitter son lit. Son dos et ses jambes, véritables œuvres d'arts de scarifications ethniques, étaient encore engourdis du lourd sommeil qui l'avait bercée toute la nuit. Et la matinée aussi.
Elle ouvrit alors brusquement les yeux, s'asseyant à la hâte sur le lit. Les rayons du soleil perçant le carreaux lui agressaient les yeux.

_ Pu... Tain. Lâcha-t-elle désabusée par sa propre flegme.

L'art du juron oliyan était une chose qu'elle tenait de Dagobert, ce marchand à la morale souple, qui l'avait longuement accompagnée, malgré lui, durant le long et dangereux périple wandrais. Et c'est un art, qui fois inscrit dans vos pensées, ne les quitte plus. Jamais.

T'sisra se précipita à la fenêtre. La placette était bondée, les bonnes gens allaient et venaient, les commerces fleurissaient. Des miliciens aidaient au nettoyage des rues et déblayaient les quelques débris, des charpentiers, perchés sur les toits de certaines maisons, s'affairaient à replacer des tuiles qui furent arrachées par les bourrasques de la veille. On vivait bien ici. Difficile de croire qu'une véritable tempête s'était abattue sur Syriac hier au soir. Mais en y prêtant attention, on pouvait discerner les tissus et linges qui luttaient pour rester accrochés à leurs cordes sous le vent fort d'aujourd'hui, et au loin dans les cieux, d'autres nuages qui approchaient déjà. Le temps était vraiment particulier sur la côte. Changeant et imprévisible, tout comme l'océan impétueux qui bordait la région.

A en juger par la position du soleil dans sa course, les midi devraient sonner d'ici peu. La daedhel avait dormi toute la matinée. Elle se sentait mal rien qu'à l'idée de faire attendre ces messieurs qui l'avaient bien reçue et lui avaient, en plus de cela, offert le gîte et le couvert. Alors la sombre s'habilla à la hâte, et profita des commodités à disposition pour se rafraîchir le visage, avant de quitter sa chambre en coiffant sa chevelure noire de jais d'une queue de cheval haute, et dévaler deux à deux les escaliers.
Elle déposa la clé sur le comptoir de l'auberge, en congratulant et remerciant un aubergiste aussi curieux que méfiant. Puis, sans perdre une seconde, elle ouvrit la porte qui donnait sur la place.

Que les vents qui sifflaient à ses oreilles étaient froids ! Elle regrettait déjà le confort de sa nuit, mais n'ayant pas le temps de s'apitoyer, la daedhel se couvrit sous sa capuche et s’élança en direction du tribunal, traversant la placette à grandes enjambées, sous des regards qui rappelaient celui de l'aubergiste. Sans doute que les gens d'ici se demandaient que faisait une personne accoutrée ainsi, et traversant si hâtivement la foule éparse, quand d'autres se seraient plutôt interrogés sur la longueur atypique de sa lame.

Arrivée à l'entrée du bâtiment, où la justice se rendait chaque jour, elle s'adressa au premier garde qu'elle aperçut.

_ J'ai rendez-vous à midi avec l'échevin de Syriac. Lui souffla-t-elle, la cage thoracique secouée par sa forte respiration.


Dernière édition par T'sisra Do'ath le Mer 12 Avr 2017 - 18:53, édité 1 fois
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Sam 25 Mar 2017 - 20:05


Le jour était revenu avec un beau soleil d’hiver. De ceux qui réchauffent la peau et les pierres mais ne réchauffent pas l’air. Le vent était encore fort et il était d’un froid humide assez désagréable. La ville s’était réveillée avec quelques dégâts, comme durant toutes les grandes tempêtes d’hiver, mais les nouvelles venant de l’intérieur des terres étaient bien plus graves. Une tempête de neige d’une force importante s’était abattue sur l’intérieur des terres et avait fait pas mal de dégâts. Ici la neige n’avait pas montré le bout de son nez. Mais on savait que ce n’était que partie remise. Au moins le vent baissait-il et les anciens prédisait que si la neige allait venir, le vent se calmerait. Il en allait souvent comme cela après de violentes tempêtes. Les quelques navires qui avaient pris le large étaient à présent de retour au port et retournaient s’amarrer le long des quais. Rien ni personne ne semblait vouloir troubler la marche du temps ici. Les choses semblaient glisser comme l’eau sur une pierre polie.
 
L’aubergiste intercepta la drow pour lui donner un pain au lait et une sorte de long feuilleté. On l’avait attendu pour le déjeuner, mais à cette heure tardive, la table avait été dressée pour le midi. De nombreux marchands et autres notables viendraient certainement, comme chaque jour, pour clôturer des affaires autour d’un bon repas. L’affaire était importante pour l’aubergiste et il avait donc fait préparer un plateau à l’attention de la drow. Voyant cette dernière filer, il avait couru jusqu’à la cuisine pour arracher au plateau ledit pain au lait et la sorte de pâtisserie. On n’aurait pu savoir s’il se méfiait de la drow, comme beaucoup de gens en Péninsule ou en Apreplaine, mais il était certain que comme les autres, ils étaient suffisamment commerçants ou ouverts pour être accueillant au premier abord.
 
Une cloche sonnait dans le grand temple, proche du port. Une seconde cloche s’activa dans la chapelle qui donnait sur la place du palais de justice. Et bientôt toutes les cloches de la ville sonnaient les douze coups. Il était effectivement midi. La dame était en retard. Un nombre impressionnant mères attendaient quelque chose à proximité de la chapelle, devant un grand bâtiment et il fut bientôt clair que c’était leur progéniture qui sortaient de l’école, visiblement tenues par les religieux qui les avaient précédés. Une nuée de jeunes gens s’échappèrent de l’école à grands renforts de cris et de dissipation.
 
Bientôt la place fut noire de familles rentrant de l’école vers leurs maisons. Cela ne facilita pas les choses dans sa course pour rattraper le temps. Beaucoup eurent des regards assez étonnés, voir un peu hostiles. Tout le monde n’était pas dans le commerce. Si elle avait levé le nez, elle aurait pu voir que l’échevin regardait la scène depuis sa fenêtre, droit comme un I. Il buvait une infusion ou autre chose, de l’extérieur il aurait été difficile de dire. Il semblait contempler sa petite ville à travers les carreaux avec la satisfaction d’un juge conservant la paix et l’ordre sur son petit coin de terre. Il y avait de quoi être fier. L’Apreplaine n’était pas immensément riche, n’était pas puissante, mais était, pour un territoire densément peuplé, paisible et prospère.
 
La porte principale du palais de justice par laquelle elle avait été emmenée était fermée, et il fallait passer par une porte plus dérobée. Décidément les éléments étaient contre elle aujourd’hui.
 
L’intérieur du palais de justice était presque totalement vide. C’était assez singulier. Il n’y avait pas beaucoup plus d’activité que le soir précédent alors que leur discussion avait été tardive. Vraiment c’était étonnant.
 
Le planton de base n’était d’un grand secours. Il mit presque dix minutes à revenir avec le même Arthur qu’hier. Le greffier était visiblement sur le départ, dans un manteau très épais. Il devait certainement revenir chez lui.
 
« - Ah ! C’est vous Madame Doa’th ? Vous n’êtes pas encore avec Son Honneur ? Mais quelle heure est-il ? Olà… Il faut que nous nous pressions, cela ne va pas lui plaire. Il est très à cheval sur la ponctualité vous savez… »
 
Il fit suivre la drow et accéléra le pas. Ils suivirent un couloir qu’ils n’avaient pas suivi hier. Puis arrivèrent devant un escalier bien plus petit en bois. Arthur monta les marches quatre à quatre.
 
« - Nous allons au cabinet privé de Son Honneur. Cette après-midi le tribunal est fermé. C’est la fête de lumière cette après-midi et demain… »
 
Ils arrivèrent dans un couloir boisé et Arthur finit par ouvrir la porte sur un immense bureau plongé presque entièrement dans la pénombre à part un grand couloir de lumière qui donnait vers la porte qu’Arthur venait d’ouvrir. La fenêtre dont les rideaux étaient tirés donnait sur la place. L’échevin faisait toujours face à la fenêre, une tasse en porcelaine à la main.
 
 «  - Votre Honneur ? Madame Do’ath… 
 
- Vous êtes encore là Arthur ? fit l’homme sans se retourner.
 
- Je m’en vais Votre Honneur, avec votre accord.
 
- Vous avez plus que mon accord. Filez retrouver votre famille Arthur… Et bonne fête… 
 
- Merci Votre Honneur, à dans deux jours… »
 
La porte se referma derrière Arthur.
 
La pièce était presque totalement encadrée d’immenses toiles, soit de tapisseries magnifiques, soit d’immenses peintures sur bois présentant des scènes maritimes ou des scènes de justice. Une grande cheminée à droite dans laquelle aucun feu ne ronflait. A droite un immense poêle de faience dont les carreaux magnifiques étaient gravés de petits poissons et crustacés et qui était recouvert d’un émail bleu envoutant. L’immense poêle montait jusqu’au plafond et une chaleur douce s’en échappait. Il faisait très bon dans la pièce.
 
Quatre immenses sièges entouraient la cheminée. Ils étaient particulièrement dans la pénombre et étaient plus ou moins cachés par l’immense table qui séparait cet espace du reste de la pièce. Sur la table se trouvait d’immenses vases de fleurs séchées. Devant la fenête se trouvait une autre grande table faisant potentiellement office de bureau. Derrière se trouvait un siège en cuir visiblement destiné à l’échevin, qui ne s’était toujours pas retourné.
 
Devant le bureau se trouvaient quatre grands sièges. Deux d’entre eux étaient occupés par les mêmes personnage que la veille. Le dernier était libre et attendait la drow certainement. Un plateau fumant de grandes tasses entourait une sorte d’immense théière équipé d’un petit robinet. Une bourse était également présente sur la table et un parchemin ainsi qu’une plume.
 
« - Vous êtes en retard Mme Do’ath… »
 
Fit l’échevin dans un soupir tout en se retournant portant dans un geste dramatique sa tasse à ses lèvres. Il la reposa doucement pour poursuivre.
 
« - Approchez donc et joignez-vous à nous. »
 
Les deux personnages qui étaient penchés par-dessus l’accoudoir de leur siège se remirent droits dans leur fauteuil tout en attendant qu’elle les rejoigne. Le prévôt servit une tasse à la drow.
 
« - J’ai vu le navire que je pense celui de Son Altesse s’approcher du port. Mais je ne souhaite pas attendre. Commençons si vous le voulez bien…»
 
L’échevin eut l’air de scruter la pénombre derrière l’épaule de T’sisra vers la cheminée éteinte. Mais il haussa les épaules pour reposer ses yeux sur la drow.
 
« - Bon… Tout d’abord Mme Doa’th voici vos cent souverains. Je vous demanderai de signer ce reçu. Faites en bon usage… Et parlons maintenant de ce Boniface. Nous avons réuni des informations et je ne sais pas si c’est votre venue qui a provoqué ces évènements mais nous avons constaté en analysant cette nuit les rapports de la sénéchaussée sur le climat général nous avons découvert certaines anomalies qui mériteraient enquête.
 
Normalement cette enquête serait du ressort de notre ami Karlsbach ici présent… Mais il en a été décidé autrement, vu la situation et vu de quoi nous parlons… »
 
Les yeux de l’échevin était passé du prévôt à la drow et il avait de nouveau regardé dans le fond de la pièce pour à nouveau hausser les épaules d’un air insatisfait.
 
« - Bref… Nous avons reçu des instructions ce matin. Je ne m’attendais pas à ce que cela aille aussi vite. Mais l’intendance générale du domaine souhaite que l’enquête vous soit confiée au titre de l’avis de recherche suivant. Par conséquent nous souhaitons naturellement vous donner les moyens de votre enquête. Et en particulier les rapports que nous avons reçu concernant ces fameuses anomalies… Allez-y Karlsbach...
 
- Eh bien principalement en recoupant certaines choses nous nous rendons compte que plusieurs hameaux ont eu des problèmes, soit avec leur bétail, soit avec leurs récoltes que nous n’avons pu expliquer par la simple maladie. Les choses interviennent dans le triangle entre Westensee, Clos-sur-Mer et Neubrück. C’est un coin tranquille, et très densément peuplé. Il y a une ferme toutes les demi-lieues là-bas… Et sur la côte, les hameaux de pécheur font foison dès que les falaises laissent un peu de place…
 
Ce qui nous préoccupe est que l’abbaye de Waldhouse a déjà donné un avis d’information en soutenant que des pratiques tendancieuses devaient être à l’œuvre dans la région. Nous n’avons jamais rien trouvé et la région est globalement tranquille. Je ne vois pas pourquoi vous devriez perdre votre temps avec cette histoire, fit l’homme en se retournant pour apostropher lui aussi la cheminée. La prévôté peut très bien enquêter toute seule, et de se retourner pour bougoner. Nous n’avons pas besoin de l’intervention des cognes… »
 
L’échevin fit taire l’homme d’un regard et reprit la parole.
 
« - Le plus ennuyeux est que nous avons une disparition d’enfant à Neubrück… Nous ne savons pas si les deux affaires sont reliées, mais c’est un cas absolument exceptionnel. Je suis à la tête d’un district très calme Mme Doa’th. Si les chose se sont un peu complexifié avec les réfugiés et les bandits liés à la guerre civile, la milice et la prévoté sont tout de même capable de maintenir l’ordre. L’Apreplaine en général et le district de Syriac en particulier sont des lieux de calme… Je n’ai eu que deux meurtres l’année dernière… Imaginez-vous cela ? »
 
Mme Dugrène, qui n’était pas intervenue pour le moment prit la parole.
 
« - Vous n’êtes pas devant le baron ou Waldman Alfred… Arrêtez de vous plaindre… Mme Doa’th… Que pensez-vous de tout cela ? Comment souhaitez-vous procéder ? Je suppose que vous vous rendez compte que nous ne sommes pas dans l’estrevent ici. Il y a des lois et des façons de faire… »
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Dim 26 Mar 2017 - 14:48

Hiver, Panahos, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


T'sisra patientait, adossée contre le mur à l'intérieur du tribunal. Les cloches qui sonnaient la mi-journée avaient retentis il y a déjà quelques minutes. Comment avait-elle pu se réveiller aussi tard ? Le confort. Le confort de sa chambre avait endormi tous ses sens. Quelle honte...

« - Ah ! C’est vous Madame Doa’th ? Vous n’êtes pas encore avec Son Honneur ? Mais quelle heure est-il ? Olà… Il faut que nous nous pressions, cela ne va pas lui plaire. Il est très à cheval sur la ponctualité vous savez… »

_ Je me suis réveillée très tard... Dit-elle en se grattant la tempe, honteuse.

Arthur ne perdit pas de temps et l'invita à la suivre. Et les deux traversaient le tribunal, de couloirs en couloirs, le pas pressé. La daedhel espérait que l'échevin ne serait pas trop agacé.

« - Nous allons au cabinet privé de Son Honneur. Cette après-midi le tribunal est fermé. C’est la fête de lumière cette après-midi et demain… »

L'arcaniste acquiesça, bien qu'elle se demandait ce qu'était cette fête de lumière. Elle aurait sûrement l'occasion de l'apprendre, mais pour l'heure, le temps filait et lui échappait. Quelques enjambées plus tard, Arthur et elle se retrouvèrent dans le cabinet. Ses interlocuteurs de la veille étaient déjà là, ce qui n'était pas pour rassurer la drow qui se sentait encore plus mal à l'aise. Une fois Arthur congédié, T'sisra lui offrit un sourire aussi discret que le signe de main qu'elle lui adressa pour le remercier.

« - Vous êtes en retard Mme Do’ath… »

La jeune daedhel s'attendait à un constat cinglant de ce genre.

_ Je vous prie de m'excuser. Répondit-elle en inclinant la tête.

« - Approchez donc et joignez-vous à nous. »

Acquiesçant, elle fila s'asseoir dans le fauteuil vide qui l'attendait, et remercia le prévôt qui lui servit une tasse de thé.

« - J’ai vu le navire que je pense celui de Son Altesse s’approcher du port. Mais je ne souhaite pas attendre. Commençons si vous le voulez bien… » Expliquait l'échevin dont le regard semblait vouloir accrocher autre chose que ses invités.

« - Bon… Tout d’abord Mme Doa’th voici vos cent souverains. Je vous demanderai de signer ce reçu. Faites en bon usage… Et parlons maintenant de ce Boniface. Nous avons réuni des informations et je ne sais pas si c’est votre venue qui a provoqué ces événements mais nous avons constaté en analysant cette nuit les rapports de la sénéchaussée sur le climat général nous avons découvert certaines anomalies qui mériteraient enquête.

Normalement cette enquête serait du ressort de notre ami Karlsbach ici présent… Mais il en a été décidé autrement, vu la situation et vu de quoi nous parlons… »


La daedhel écoutait, et à mesure l'échevin parlait, son faciès se figeait dans un air des plus sérieux. Elle avait les sourcils légèrement froncés, et fixait son interlocuteur droit dans les yeux.

« - Bref… Nous avons reçu des instructions ce matin. Je ne m’attendais pas à ce que cela aille aussi vite. Mais l’intendance générale du domaine souhaite que l’enquête vous soit confiée au titre de l’avis de recherche suivant. Par conséquent nous souhaitons naturellement vous donner les moyens de votre enquête. Et en particulier les rapports que nous avons reçu concernant ces fameuses anomalies… Allez-y Karlsbach... »

Et les explications sur la situation fusèrent. La sombre se concentrait sur les informations importantes, et saisissait approximativement comment fonctionnait la communication régionale. En revanche, il y avait une chose qu'elle ne connaissait pas, un mot qui ne lui disait rien du tout. Attendant la fin des tractations, et qu'on lui donne la parole, en triturant machinalement sa longue queue de cheval qui cascadait sur son torse depuis son épaule, elle garderait la question dans un coin de sa tête.

La bourgmestre intervint, comme la veille, pour conclure les discutions à rallonges avec un tact tranchant. T'sisra avait de plus en plus d'estime pour cette femme qui maniait la langue comme escrimeur joue de sa lame.

« - Vous n’êtes pas devant le baron ou Waldman Alfred… Arrêtez de vous plaindre… Mme Doa’th… Que pensez-vous de tout cela ? Comment souhaitez-vous procéder ? Je suppose que vous vous rendez compte que nous ne sommes pas dans l’estrevent ici. Il y a des lois et des façons de faire… »

_ Je ne connais pas les méthodes estreventines, mais sachez que je ne souhaite pas imposer ma vision des choses ou ma façon de faire. Mon concours se résume à une aide et une expertise sur les méthodes employées par ce Boniface, voire le combattre si besoin est. Mais très certainement pas à instaurer la loi du talion pour le capturer. J'aime cette région, il y fait bon vivre, et je tiens à ce que cela reste ainsi. Expliqua-t-elle en veillant à ne pas perdre son auditoire. Vous l'avez souligné hier au soir madame, la magie peut faire des dégâts, c'est d'autant plus vrai lorsqu'on ne sait pas s'en prémunir.

T'sisra se repassait en boucle les faits énoncés, pour être certaine d’appréhender la chose correctement. Après une poignée de secondes à rester silencieuse, elle reprit.

_ De ce que je comprends, vous êtes parvenus à définir une zone dans laquelle des faits pour le moins inexplicables se produisent. Il est évident que c'est par là qu'il nous faille commencer cette enquête. Quand vous dites que le bétail est passé à trépas d'une manière qu'on peut expliquer par la simple maladie, que voulez-vous dire exactement ? Que ce n'est pas une maladie commune ? Une chose... Inédite ? Les bézoards sont souvent recherchés par les alchimistes, et ils se forment dans les estomacs et vessies des animaux ruminants. Et concernant la disparition de l'enfant... Personnellement, je serai d'avis de commencer par là. Quand bien même il s’avérerait que cela n'est pas lié à notre affaire, on ne peut négliger aucune piste, et la vie d'un marmot me paraît être une priorité. Ensuite, je proposerai de nous rendre à... ce que vous appelez « Labbaye » ou « Abbaye »? Qu'est-ce que c'est exactement ? Il me semble que ces personnes puissent être au fait de certains détails, étant donné leur signalement récent.

T'sisra jeta un œil à la bourgmestre, le prévôt puis l'échevin, alors qu'une question lui revint en tête.

_ Ah, et qu'est-ce que la fête de lumière ?


Dernière édition par T'sisra Do'ath le Mer 12 Avr 2017 - 18:54, édité 1 fois
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Ven 31 Mar 2017 - 23:53


Les trois personnages écoutèrent la drow avec attention, buvant ponctuellement quelques gorgées de l’infusion. La pièce était presque totalement silencieuse à la fin du discours de la drow. Personne n’osait visiblement trop répondre. Une voix grave et discrète, comme un murmure mais à la portée de paroles dites fortement, se fit entendre.

« - Il s’agit d’une fête pour le jour le plus court de l’année. Il s’agit d’une veille coutume. Nous y brûlons l’effigie d’une sorcière. Il s’agit d’un symbole bien sûr… »

C’était relativement indescriptible. Les paroles provenaient du fond de la pièce, plongée dans la pénombre. Chacun se retourna. L’interlocuteur ne se dévoila pas. Le visage de l’échevin était devenu presque rouge.

« - Monsieur Max… Rejoignez-nous. Ne faites pas l’enfant ainsi… S’il vous plaît. »

Il y eut un bruit de siège et la personne apparut. Visiblement elle avait été assise dans un des deux fauteuils dans la pénombre, invisible à moins de s’approcher. Sortant du fauteuil d’un bond et trois pas, l’homme fut derrière le bureau de l’échevin, sa tête près de son oreille… Un sourire moqueur sur ses lèvres qui étaient à présent à quelques centimètres de l’oreille de l’échevin.


« - Vous rejoindre où cela Votre Honneur,
murmura l’homme. Et c’est Max… Sans rien d’autre… Votre Honneur.

- Asseyez-vous monsieur… Ne m’obligez pas à être désagréable.

- J’aimerai bien voir cela,
ajouta l’homme tout en contournant le bureau de l’échevin pour se tirer un fauteuil et s’asseoir avec les autres. »

A la lumière, on pouvait maintenant voire parfaitement l’homme. C’était un homme jeune, il devait avoir la trentaine tout au plus. Habillé d’un grand habit de voyage en un solide tissu brun, il était à la fois élancé et visiblement parfaitement entrainé. Même pour un magicien, il était absolument impossible de savoir si l’homme disposait ou non de l’éveil ou d’une aura. C’était une sorte d’ombre. Une énigme de plus… Visiblement l’Apreplaine recelait bien des secrets.

A son comportement atypique s’ajoutait un physique atypique. Car l’homme avait toute sa pilosité parfaitement blanche. Il n’avait jamais posé le regard sur T’sisra. Il avait croisé ses mains sur son ventre et croisé ses jambes. Conservant son petit sourire moqueur, masquant visiblement les moindres pensées du personnage.


« - Ce monsieur représente le Secret… Il nous est envoyé de l’intendance générale de la baronnie. Il vous sera adjoint durant votre enquête. Afin de vous aider… »

Un silence gêné suivit cette phrase. Chacun attendait que le fameux ‘Max’ reprenne la parole sans aucun doute, mais la chose n’était pas à l’ordre du jour visiblement. L’homme était retombé dans un mutisme niais, faisant visiblement semblant de ne pas comprendre, ou s’amusant de la gêne, on ne saurait dire. Le prévôt finit par reprendre la parole.

« - L’abbaye de Waldhouse est un lieu où sont réunis une grande communauté religieuse. C’est un haut lieu de la botanique et de la médecine. Ils sont également l’autorité spirituelle de notre territoire. Ils nous aident pour ce qui touche à la problématique de sorcellerie. Eux ou le Secret… »

Il décocha un regard sombre au dit ‘Max’.  Un bruit se fit entendre dans le couloir. On toqua à la porte.

« - Entrez, fit l’échevin d’une voix forte,visiblement heureux de trouver une échappatoire dans la personne du page qui était entré.

- Son honneur le baron... »

Les quatre personnes, y compris ledit ‘Max’, se levèrent comme d’un seul homme tandis qu’un homme également assez jeune entrait dans la pièce. Il s’agissait d’un jeune homme à l’apparence très simple. Habillé d’un costume bleu foncé assez élégant mais sans faste particulier, il émanait de lui une sorte de tranquillité communicative. Il arborait un petit sourire discret, de ces visages qui vous mettaient en confiance en un instant et semblait avoir quelque chose de fondamentalement sympathique.

Il portait une cape noire elle aussi assez élégante. Il était poursuivi par un homme de son âge environ, qui devait certainement être son aide personnel car il faisait ce qu’il pouvait pour être le moins visible possible. C’était visiblement une personne bien formée et discrète. Le baron avançait d’un pas rapide et dynamique et en quelques instants fut devant les personnes. Son regard s’arrêta sur la drow. Il fronça légèrement les sourcils tout en ouvrant un sourire plus large. Il fronça d’autant plus les sourcils et son sourire s’estompa un peu en reconnaissant ledit ‘Max’.

« - Bonjour à tous… Excusez mon arrivée à l’improviste. Je vous en prie asseyez-vous. »

Sans qu’il n’ait besoin de rien demander, le baron avait déjà un fauteuil et une tasse de boisson chaude devant lui avant même de s’asseoir. Le page qui avait fait l’annonce de son arrivée et son aide de camp avait tout fait en quelques secondes tandis que le baron avait salué les autres. Avec une habitude d’un homme ayant passé l’essentiel de sa vie à se préparer ou à assumer des tâches de cette ampleur, il conserva une froideur toute administrative. Il ne mit pas quarante ans à se décider, et avant même qu’on lui demande comment son voyage s’était passé, le baron demanda :

« - J’en déduis qu’il se passe quelque chose de grave. Résumez-moi les faits Dugrène. »

Il s’était adressé à la bourgmestre étonnement. Mais les deux hommes ne mouftèrent pas. Ils en menaient encore moins large que devant la bourgmestre seule. Cette dernière résuma la situation en quatre ou cinq phrase avec un sens de la synthèse absolument déconcertant. On comprenait alors pourquoi elle en était là.

«  - Mmh, fit le baron en relevant la tête de sa boisson chaude, je vois… »

Il posa les yeux sur la drow, puis sur ‘Max’.

« - Et Waldman vous a envoyé Max ?

- Oui Votre Honneur…

- Votre avis ?

- Une sombre affaire… Mais je suis certain qu’elle s’en sortira très bien cette dame…

- Avec votre concours ?

- Naturellement Votre Honneur.

- Bon… Très bien. Un mandat a été signé ?

- Nous vous attendions Votre Honneur, fit l’échevin avec déférence.

- Inutile. Je vous délègue l’affaire Alfred. Vous vous êtes très bien débrouillé jusqu’ici. Aviez vous besoin d’autre chose Madame ?, fit le baron à l’adresse de la jeune drow… Sans quoi vous pouvez, vous et Max, disposer… »

A moins que la dame ne souhaitait s’entretenir avec le baron, la chasse était ouverte, avec son drôle ‘d’aide’ ou surveillant…
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Dim 2 Avr 2017 - 1:44

Hiver, Panahos, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


T'sisra avait croisé les jambes dans son fauteuil. Elle écoutait ce que l'homme du Secret expliquait, tandis qu'il sortait de l'ombre, invectivant d'hors et déjà l'échevin, qui, quant à lui, devait certainement regretter amèrement sa petite pique.
La daedhel offrit un léger sourire accompagné d'un signe de tête à ce Max qui s'attelait à cultiver le mystère et soigner ses entrées.

« - Ce monsieur représente le Secret… Il nous est envoyé de l’intendance générale de la baronnie. Il vous sera adjoint durant votre enquête. Afin de vous aider… » Expliqua le prévôt, pas très enchanté par la situation.

_ Enchantée Max. Dit-elle avant que le silence ne s'installe.

Sans le quitter des yeux, la sombre attendait qu'il s'exprime, ou qu'un autre ne le fasse. Mais l'homme semblait vouloir attendre, et c'est ce qu'il fit, avant que le prévôt ne recentre le sujet au cœur de la réunion.

« - L’abbaye de Waldhouse est un lieu où sont réunis une grande communauté religieuse. C’est un haut lieu de la botanique et de la médecine. Ils sont également l’autorité spirituelle de notre territoire. Ils nous aident pour ce qui touche à la problématique de sorcellerie. Eux ou le Secret… »

_ Ah. Des religieux... Souffla la daedhel, perplexe tout à coup. Ces gens seront sûrement capables d'apporter des précisions et renseignements intéressants, mais ils ne sont, en général, pas les plus ouverts d'esprit. Déclara-t-elle désignant son faciès de l'index.

Bien qu'elle aurait aimé avoir de plus amples informations sur l’accueil réservé aux gens de son espèce par les hommes et femmes de foi de ce pays, la discussion fut coupée nette par une arrivée impromptue et inattendue. Le jeune page qui se tenait sur la pas de la porte annonçait le baron. T'sisra se demandait si elle était chanceuse ou attirait la guigne comme une lanterne attire les lucioles. En à peine deux jours, elle aura pu croiser quatre des personnalités les plus importants de la région.
Alors que tous les humains se levaient d'un bond pour accueillir leur noble représentant, la jeune daedhel eu comme un léger flottement avant d'imiter ses hôtes. Elle avait pris le temps de jeter un œil au nouvel arrivant, des pieds à la tête, sans aucune gêne. Voilà donc à quoi ressemblait un noble Péninsulaire. Il semblait être simple et agréable, et étaient loin des standards qu'on lui avait décrit par le passé.

« - Bonjour à tous… Excusez mon arrivée à l’improviste. Je vous en prie asseyez-vous. »

_ Bonjour. Répondit-elle dans un sourire discret et avenant, avant de se rasseoir dans son fauteuil et croiser les jambes à nouveau.

Une fois tout le monde assis, le Baron s'adressa à Madame Dugrène pour connaître les tenants et aboutissants de l'affaire qui avait amené une drow à braver les dangers culturels jusque dans les terres humaines. Et la bourgmestre fit un nouvel éclat, de par son sens de la synthèse cette fois-ci, ce qui arracha un léger sourire à l'étrangère.

« - Et Waldman vous a envoyé Max ?

- Oui Votre Honneur…

- Votre avis ?

- Une sombre affaire… Mais je suis certain qu’elle s’en sortira très bien cette dame…

- Avec votre concours ?

- Naturellement Votre Honneur.

- Bon… Très bien. Un mandat a été signé ?

- Nous vous attendions Votre Honneur, fit l’échevin avec déférence.

- Inutile. Je vous délègue l’affaire Alfred. Vous vous êtes très bien débrouillé jusqu’ici. Aviez vous besoin d’autre chose Madame ?, fit le baron à l’adresse de la jeune drow… Sans quoi vous pouvez, vous et Max, disposer… »


_ J'aurais aimé faire plus ample connaissance, mais ça ne sera pas pour cette fois, je le crains. Dit-elle en passant de Niklaus à Max. Je suppose que nous n'avons plus qu'à prendre la route, vous et moi. Je serais d'avis de rejoindre Neubrück, et de commencer par cette histoire de disparition d'enfant. Inutile de vous préciser que je n'ai pas de carte de la région, et que je suis incapable d'y voyager sans votre aide Max, aussi je vous suivrai.

La nécromancienne se dressa sur ses deux jambes et salua l'assemblée avant de s'en écarter un peu, attendant l'homme du Secret.

_ Je vous remercie encore pour votre hospitalité, la soirée d'hier a été... Vraiment agréable. Expliqua-t-elle dans un sourire plus franc qu'à l'accoutumée. Et excusez-moi encore pour le retard. Ajouta la deadhel, gênée, en se frottant la nuque.


Dernière édition par T'sisra Do'ath le Ven 7 Avr 2017 - 0:32, édité 1 fois
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Jeu 6 Avr 2017 - 20:23

Ils en avaient finalement finis effectivement. Sous le regard attentif du baron, les deux personnes quittèrent donc la pièce pour se retrouver dans le couloir. Ledit Max fit un sourire à sa supérieure. Ses instructions étaient de toutes manières claires. Il s’agissait de faciliter l’enquête. Mais au fond, il s’agissait également de tenir à l’œil une sorcière laissée à elle-même en Apreplaine. Même si elle ne souhaitait pas faire de mal, sa présence en elle-même pouvait créer des frictions dont il fallait savoir se prémunir. Et le patron de Max était spécialisé dans l’évitement de problème.
 
«  - Bon Patronne, je vous dirai tu… Si nous devons travailler sous couverture, je pense qu’il vaudra mieux ne pas être trop formel… Et il vaudra mieux que tu te fasses passer pour une marchande ou voyageuse, avec moi comme associé. Les gens d’ici ne seront déjà pas enthousiasmés par tes origines mais ils respectent les Thaaris de passage qui viennent commercer même s’ils s’en méfient comme la peste… Je suis désolé de te le dire. Mais si tu viens commercer ou voyager, surtout accompagné, ils le prendront bien. Moi je dis ça, je suis le local de l’étape, donc c’est pour ton enquête et t’es la Patronne. »
 
Renvoyé par la drow, il ne dit rien de particulier, se contentant de sourire en haussant les épaules.
 
Ils sortirent du tribunal. Au dehors le temps était absolument magnifique, même si le vent ne s’était pas calmé. Au contraire cela donnait une sorte d’aspect hors du temps et surréaliste à la scène. De gros nuages moutonneux roulaient au loin et fonçaient dans le ciel, preuve que le vent d’altitude était encore plus important. Les étendards, redressés depuis le matin recommençaient à claquer au vent. Sur la place devant le tribunal on construisait une sorte d’immense buché. De nombreuses personnes s’afféraient à constituer la tour de bois qui semblait vouloir prendre une taille de quatre ou cinq mètres de haut.
 
Sorti du tribunal, le dit Max proposa d’aller vers les quais.
 
« - Faut qu’on améliore votre présentation Patronne… Ça ne va pas du tout en l’état. On dirait un chien dans un jeu de quille avec vos affaires… Il va falloir paraitre plus locale… Et en plus vous allez mourir de froid dans de pareils habits. »
 
Ne se rendant pas compte qu’il n’avait pas reçu l’acceptation de la drow, il se lança à marcher vers le port.
La redescente vers les quais se fit sous un chaud soleil qui était mis à rude concurrence de la bise glacée. Dans le port, contrairement à la nuit dernière, des gros morceaux de glace avaient pris place, poussés par la tempête de la nuit sans aucun doute. Sur le port les personnes étaient occupées sur un grand marché qui avait pris place sur les quais. On vendait pour partie beaucoup de poissons et crustacés, plus loin un cétacé avait été chassé visiblement et l’on découpait la prise sur un quai spécial. Ce n’était pas beau à voir. 
 
Le reste du port en revanche était bien tenu et d’une propreté exemplaire. Ils prirent la direction du cétacé en voie de dépeçage et s’enfoncèrent dans une partie des quais visiblement plus chiche. Max se dirigea sans hésiter vers une sorte de grande auberge ou peut-être était-ce un commerce ? Les écriteaux étaient vieux et fatigués, et les vitres n’étaient pas très bien nettoyées. Le bâtiment tenait bien debout, mais ne respirait pas une grande santé économique.   
 
Il passa la porte sans hésiter. A l’intérieur une grande pièce faisait office d’une espèce d’échoppe d’objets en tout genre. Il y avait des vêtements, des objets domestiques. Une gamine qui devait avoir une quinzaine d’année tenait le comptoir. Elle leva à peine la tête pour saluer Max qui alla directement vers la porte donnant sur l’arrière-boutique. Là se trouvait une pièce  de taille moyenne où quelques personnes étaient attablées à plusieurs tables différentes, pour la plupart assis devant une pinte de pière. Il s’agissait d’hommes et de femmes à l’air tout à fait commun. Plusieurs saluèrent Max de la tête. Une femme immense en largeur autant qu’en hauteur servait les gens attablés.
 
«  - Madame Weiss, j’ai une cliente… »
 
Elle toisa la drow de la tête aux pieds... Elle déposa le plateau de bières fraiches sur la table la plus chargée de monde et tout en servant avec la force d’un géant les breuvage, dit à Max :
 
« - Monte à l’étage Max. J’arrive. »
 
Ils sortirent donc par une autre porte et montèrent à l’étage. Là se trouvait des rangées et des rangées d’habits. Sur les murs, cadenassés, trouvaient un nombre impressionnant d’arc, carquois, épées, dagues, et autres armes. Max regarda la dame.
 
«  - Je vous abandonne Patronne… Elle va s’occuper de vous. Ce n’est pas que le spectacle semble inintéressant, mais je vais me faire recevoir si je ne vous laisse pas entre dames. Je vais réunir mes affaires. On se retrouve quand vous aurez fini. »
 
Il s’en fut et fut remplacé presque instantanément par la matrone.
 
« - Bonjour… Alors on va commencer par vous trouver des vêtements plus discrets et plus adéquats… Vous n’êtes pas du coin vous hein ? Hmm… Bon… Vu votre taille, on va tout de suite aller par là… »
 
Ils s’en furent vers une partie plus lointaine des armoires. Il s’y trouvait de beaux habits visiblement plus chics qu’à l’entrée. Parfaits pour une commerçante en voyage. Discrets mais marquant une certaine situation sociale.
 
« - J’ai de tout pratiquement, donc dites-moi ce que vous voulez, et on va essayer de trouver un exemplaire acceptable et qui rentrerait dans les mœurs locales… Vous me les rendrez à Max… Il retournera tout cela. »
 
Au final la chose fut contrariée par les velléités de la drow. Cela ne changeait pas grand-chose par la matrone qui visiblement avait autre chose de ses journées et qui par conséquent se contenta de lui recommander de se trouver des affaires plus chaudes dans le fatras mais plus à son goût.
 
L’exercice dura environ une demi-heure et la drow eut l’autorisation de partir avec un ballot de vêtements adéquat. Max l’attendait, mais un Max relativement méconnaissable car il avait les cheveux mouillés, et pour cause, il les avait teints de noir. Il était également parfaitement rasé, on ne voyait plus son début de barbe blanche mal rasé subsistant précédemment.
 
Il n’avait peut-être paru que faire la trentaine avant, il en paraissait péniblement dix-huit à présent.
 
« - Changement de plan à ce que je vois Patronne… Comme vous voulez… Si votre méthode est de marcher dans la rivière pour capturer le poisson, c’est vous la Patronne. Je me changerai ce soir. Plus de temps à perdre. On y  va ? »
 
 
Au dehors, comme par magie, un jeune homme attendait avec trois montures, dont l’une chargée déjà de paquet. Max sauta sur sa monture, qui visiblement le connaissait bien comme si de rien n’était. On aurait dit qu’il avait joué à saute-mouton sur un cheval de bois d’enfant.
 
« - On va où ? »


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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Ven 7 Avr 2017 - 0:43

Hiver, Panahos, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


«  - Bon Patronne, je vous dirai tu… Si nous devons travailler sous couverture, je pense qu’il vaudra mieux ne pas être trop formel… Et il vaudra mieux que tu te fasses passer pour une marchande ou voyageuse, avec moi comme associé. Les gens d’ici ne seront déjà pas enthousiasmés par tes origines mais ils respectent les Thaaris de passage qui viennent commercer même s’ils s’en méfient comme la peste… Je suis désolé de te le dire. Mais si tu viens commercer ou voyager, surtout accompagné, ils le prendront bien. Moi je dis ça, je suis le local de l’étape, donc c’est pour ton enquête et t’es la Patronne. »

_ Faites comme bon vous semble Max, ne vous sentez pas offusqué mais je ne permettrai pas de familiarité.
 
T'sisra suivit l'homme du Secret en dehors du tribunal, portant sa main en visière au dessus de ses yeux, éblouie par le soleil, avant d'enfiler se capuche. Elle jeta un coup d’œil curieux, à mesure qu'ils traversaient la place, aux hommes et femmes qui s'affairaient à ériger l'effigie qui serait bientôt brûlée, durant d'agréables festivités. La fête de la Lumière, voilà une chose qui devait être formidable à observer.

_ J'aimerai voir ça. Souffla-t-elle pour elle-même en revenant à Max qui l'invitait à se diriger vers le quai.
 
« - Faut qu’on améliore ta présentation Patronne… Ça ne va pas du tout en l’état. On dirait un chien dans un jeu de quille avec tes affaires… Il va falloir paraître plus locale… Et en plus tu vas crever de froid dans de pareils habits. »

T'sisra roula des yeux.

_ Un chien dans jeu de quille... Je crains de ne pas comprendre. Lui dit-elle avec un air perplexe. Je ne sais même pas ce que signifie « quille »... Ajouta la drow pour elle-même en regardant les alentours avec certaine candeur.
 
La traversée du marché portuaire fût autrement moins rapide que celle de la place. La daedhel observait les étals avec une grande curiosité, sans pour autant trop s'approcher. Le poisson était une chose relativement nouvelle pour elle, qui avait vécu dans un volcan la quasi-totalité de sa vie. Et pour les crustacés, il en valait de même. L'aspect gluant et visqueux lui semblait plutôt étrange, mais certaines poiscailles colorées de vives couleurs lui arrachaient de temps à autre un léger sourire. En revanche, lorsqu'elle aperçu le cétacé, elle s'arrêta net, avec des yeux ronds qui ne se détachaient plus des hommes qui débitaient la bête et travaillaient sur un quai plein de viscères et de sang.

_ Il y a beaucoup de poissons aussi gros ici ? Demanda-t-elle incrédule en rattrapant Max et pointant la direction du cétacé de l'index.

Avant d'arriver à la bâtisse, l'homme qui l'accompagnait avait très certainement dû bien s'amuser de son ignorance sur la faune marine. Mais l'heure n'était pas à la plaisanterie, et sans tarder, il s'engouffra sans même frapper à l'intérieur de ce qui ressemblait à une boutique. Une boutique de quoi ? Elle n'aurait su le dire. La culture et la société humaine ne ressemblaient de toute manière à rien de ce qu'elle avait pu connaître, et bien qu'elle avait lu des dizaines d'ouvrages sur leur compte, ça ne l'aidait pas spécialement à s'approprier des repaires culturels quels qu'ils soient.
Quant à l'intérieur, il ne permettait pas non plus de définir réellement la boutique. Il y avait de tout, des vêtements à la soupière en passant par le pot de chambre, on trouvait tout ce que la vie courante nécessitait en matière d'ustensiles et d'habillements.
Quoiqu'il en soit, elle n'avait pu qu'à peine saluer le jeune fille qui tenait le commerce, qu'ils passaient déjà dans la pièce suivante. Et Max se dirigea droit vers une créature qui faisait écho au cétacé des quais.
 
«  - Madame Weiss, j’ai une cliente… »
 
« - Monte à l’étage Max. J’arrive. » Lui répondit-elle en observant de pied en cap la daedhel qui retirait sa capuche.

_ Salutations. Lança T'sisra à l'assemblée.
 
Sans plus de cérémonie, l'homme du baron reprit la marche et la jeune sombre suivit le mouvement, grimpant les marches qui menaient à l'étage d'un pas leste, pour déboucher dans une nouvelle pièce qui avait tout l'air d'une salle d'arme.
L'arcaniste observait la décoration pour le moins particulière avec un sourcil arqué. Les humains étaient assez semblables aux drows sur ce qui étaient des cachotteries visiblement.
 
«  - Je t’abandonne Patronne… Elle va s’occuper de toi. Ce n’est pas que le spectacle semble inintéressant, mais je vais me faire recevoir si je ne vous laisse pas entre dames. Je vais réunir mes affaires. On se retrouve quand tu auras fini. »

_ Que... Pardon ? Que voulez dire par l...

Elle s'interrompit nette. En se retournant, elle découvrit que l'imposante dame qu'ils avaient croisé en bas avait pris la place d'un Max qui avait tout bonnement disparu sans faire de bruit.
 
« - Bonjour… Alors on va commencer par vous trouver des vêtements plus discrets et plus adéquats… Vous n’êtes pas du coin vous hein ? Hmm… Bon… Vu votre taille, on va tout de suite aller par là… »
 
_ Plus adéquat ? Nous partons traquer un m...
 
« - J’ai de tout pratiquement, donc dites-moi ce que vous voulez, et on va essayer de trouver un exemplaire acceptable et qui rentrerait dans les mœurs locales… Vous me les rendrez à Max… Il retournera tout cela. »

T'sisra plongea un regard désespéré dans les yeux de son interlocutrice avant de regarder la panoplie de vêtements. Aussi riches soient-ils, cela ne l'intéressait guère et lui paraissait purement et simplement inconscient.

_ Je voyage avec une arme presque plus grande que moi, et qui est aussi mon bien le plus précieux. Je ne m'en séparerai pour rien au monde, quand bien même il faille coller à un thème vestimentaire. De plus, nous partons traquer un mage, nos pistes et sont minces et nous mènerons potentiellement à des dangers aussi bien physiques qu'ésotériques. Il est hors de question que j'affronte quoi que ce soit sans un équipement adapté. C'est à dire celui que je porte. Dit-elle calmement mais fermement.

Il était clair que la noiraude n'avait pas été élevé dans l'art du déguisement et de l'étiquette, et que la sournoiserie ne l'enchantait guère. Elle était fière et droite, et assumait pleinement ses choix.

_ Je vous prie d'excuser la gêne occasionnée, je ne m'attendais pas à une chose de ce goût là. Conclu-t-elle en inclinant la tête par respect avant de tourner les talons et quitter la pièce.

En refermant la porte derrière elle, la sombre tomba nez à nez avec Max. Elle n'avait pas l'air très enchantée, et semblait méfiante quant à la prise au sérieux du souci qui l'avait poussée à venir jusqu'ici.

_ Comme je viens de l'expliquer à votre collègue, nous traquons un mage, complice d'un nécromancien qui n'était pas vraiment sympathique. Nos pistes sont minces et pourraient nous amener à devoir nous exposer à des dangers aussi bien physiques qu'ésotériques. Expliqua-t-elle d'une traite en frappant doucement du poing son armure de cuir renforcée d'écailles d'acier. Je n'affronterai rien ni personne sans l'équipement adéquat. Et je ne me séparerai pour rien au monde de ma lame.

L'arcaniste effleura du doigt le col de Max.

_ Jouez les marchands si vous le souhaitez, mais ne comptez pas sur moi pour ce jeu là. Lâcha-t-elle sur un ton aussi sec qui le vent qui soufflait au dehors. Je préfère dormir sous la neige et la pluie que de prendre le risque qu'un carreaux d'arbalète me perce un poumon, tout ça pour avoir troqué mon armure pour une chemise de marchand.

« - Changement de plan à ce que je vois Patronne… Comme vous voulez… Si votre méthode est de marcher dans la rivière pour capturer le poisson, c’est vous la Patronne. Je me changerai ce soir. Plus de temps à perdre. On y  va ? »

T'sisra recula d'un pas en toisant Max avec perplexité, avant d'acquiescer. Et elle le suivit au dehors. Sans perdre un instant, l'homme du secret grimpa sur l'une des montures avec une facilité déconcertante, a tel point que la drow en resta coïte. Elle approcha doucement la monture qui lui était réservée, pas très confiante. Après tout, elle n'avait jamais monté une des ces créatures. Et pour se hisser sur la selle, il lui fallu l'aide du jeune garçon qui avait amené les chevaux.

« - On va où ? »

_ Neubrück. Mais... Doucement je vous prie. Lui demanda-t-elle en saisissant les rennes qu'on lui faisait signe d'attraper.

Et c'est ainsi qu'ils quittèrent Syriac, sous les vents froids et le soleil réconfortant de la région. A mesure que le duo s'éloignait, T'sisra jetait des regards vers l'arrière de plus en plus fréquement. Quitter la ville, et laisser derrière elle toutes ces festivités attrayantes, pour se lancer dans une aventure incertaine en terre humaine l'effrayait un peu.
Au bout de deux bonnes heures passées à traverser les plaines et les landes de la région, la noirelfe ne tenait plus : Il lui fallait faire une pause. La position que devait adopter tout cavalier lui tiraillait les muscles des cuisses depuis bien trop longtemps pour qu'elle ne puisse le supporter d'avantage.
Ils mirent pied à terre non loin d'un petit bosquet, comme on en trouve beaucoup dans la région, et l'arcaniste, toujours encapuchonnée, se mit à faire les cents pas, avec une démarche ridicule.

_ Je ne sais pas comment vous faites pour monter les chevaux sans en pâtir Max... Souffla-t-elle en s'asseyant dans l'herbe.
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La Renarde
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Dim 16 Avr 2017 - 20:42

Pendant que son clan s’inquiétait de cette menace grimpante en Anaeh. Renarde faisait son petit bout de chemin. Emme était restée à Thaar, avec la compagnie de Nienna, cependant, l’idée de la chasse au dragon lui semblait maintenant bien lointain, jusqu’à trouver cela inutile. Cependant, ce nouveau monde qui l’entourait l’intriguait, nourissant cette curiosité insatiable de ce nouveau monde qui était complètement différent d’Anaeh. Elle découvrait la culture humaine de Thaar, les drows qui était bien différent de sa vision canonique. Du moins à Thaar, les noirelfiques semblaient moins cruels que les drows d’Elda, gardant toujours les mêmes traits vicieux de leurs coutumes. Néanmoins, les mœurs, la vie en général dépaysa la petite elfe qui semblait sortir de son œuf en découvrant tout un système inconnu

Cependant, la petite aventurière en avait fait le tour ! Par chance, un groupe de voyageur quitta cette immense métropole pour venir immigrer dans le Nord ! En direction de la Péninsule ! Ainsi, son histoire commence en Agréplaine ! Dans une immense plaine pas très loin de Syriac


Loin de Syriac, loin de la vie humaine, Renarde ne prenait pas de risque de trainer une bonne partie de son temps dans les milieux urbain. C’était un grand risque, surtout, qu’elle avait quitté son groupe de voyageur. Elle avait eu une petite peine à l’idée de dire adieu à ces êtres amicales et étranges, elle aimait bien leurs présences et ils étaient très accueillants. Néanmoins, son intérêt se portait sur la nature qui recouvre la Péninsule. Elle découvrait une nature si différente, moins dense que la belle Anaeh. Pourtant, elle découvrit une autre beauté, peut-être, à ses yeux, était-ce un regard exotique.
Adrilah, la belle renarde à la belle fourrure rouquine marchait avec nonchalance découvrant avec sa maitresse les vastes plaines. Puis, elle vit au loin un pauvre petit lapin. De ce fait, elle voulait prouver son talent de chasseuse. De ses pupilles noirs, elle fixa sa maitresse, Nerdhanel donna son aval.Tout d’un coup, comme une flèche, l’animal parti à la chasse, se faufila dans les herbes pour s’approcher au plus près de sa proie . Elle se camoufla au maximum dans les broussailles, s’approchant le plus que possible de sa proie

Au plus près de sa cible, sans remarquer une autre personne encapuchonner au loin qui était devant elle. Au contraire, elle se préoccupait plus de sa proie que la personne qui la fixait. Puis, dans un coup d’élan, elle fonça sur l’animal qui tentait de fuir avant que les crocs de la belle prédatrice choppa le cou du lapin et de le retourner comme un vulgaire objet. Puis, elle se dandina gardant la proie sur sa gueule, puis, son regard se porta sur cette étrangère avec une capuche. Curieuse, elle avança vers elle, regardant au plus près de cette personne.

Nerdhanel, pendant ce temps, rechercha sa renarde, avant de la trouver en train de fixer cette étrangère. Curieuse de voir son amie d’être si proche de cette voyageuse, elle s’approcha. Dans un pas élancé, elle s’approcha d’ADrilah puis caressant avec douceur le crâne de son amie. Renarde fixa ce voyageur, fixant son visage caché par la capuche. Elle connaissait brièvement la langue humaine, préférant faire semblant d’être muette.

Dans un geste simple, elle salua cette étrangère, fixant par la même occasion le compagnon au loin, s’assurant par la même occasion de bien cacher ses oreilles pointues avec sa longue chevelure. Prenant, le lapin avec sa main, Nerdhanel lui offrit l’animale. Sa demande était simple, elle voulait savoir si la personne voulait partager ce repas avec elle.
Après tout, le partage était le père de la bonne entente.
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Mar 25 Avr 2017 - 21:27

Hiver, Panahos, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


T'sisra était assise dans l'herbe balayée par le vent sec et frais de la région. Elle étendait les jambes, gênée par la position de monte, alors qu'il n'avait voyagé que deux bonnes heures, et sans se presser. Allant jusqu'à attraper le bout de ses bottes pour tirer sur ses muscles, la daedhel observait les alentours d'un œil distrait. Les paysages de l'Apreplaine n'avaient rien à voir avec ce qu'elle avait connu des milliers de lieues plus au Sud du monde connu. Les étendues de sables en Péninsule se résumaient globalement à des plages côtières, tandis que le reste des terres n'étaient que végétations, prairies, champs, et forêts.

L'arcaniste se dressa sur ses deux jambes après quelques minutes de détente qui lui furent nécessaires, avant de s'étirer face au soleil qui continuait sa course immuable dans les cieux. Les gros nuages soufflés par les puissants vents d'altitude étaient loin, et c'était une excellente nouvelle pour elle, qui fuyait plus l'orage que la peste. En faisant quelques pas, histoire de se dégourdir les cannes une dernière fois avant se remonter sur son cheval, les yeux de la noirelfe se posèrent sur le renard qui se tenait à quelques centimètres d'elle.

_ Qu'est-ce que c'est... Que cette chose ? Demanda-t-elle à Max en désignant de l'index l'animal au pelage roux qui l'observait de bien trop près. Une espèce de loup nain ?

Levant les yeux, au son des pas de l'étrangère qui approchait au travers des herbes folles, T'sisra recula d'un ou deux pas, par simple précaution. L'homme du Secret tenait à éviter les scandales, évitons-les. La femme ne disait mot, se contentant d'offrir un geste affectueux à l'animal. Ce qui expliquait entre autre la capacité de ce dernier à approcher tout ce qui avait deux jambes et devait d'ordinaire le chasser.

_ Un animal apprivoisé... Susurra l'aventurière pour elle-même.

Puis la muette se mit à lui tendre le lapin. T'sisra reste de marbre quelques secondes, était-ce coutumier d'offrir un lapin chassé par son compagnon à quatre pattes dans ces contrées humaines ? Voilà des mœurs bien étranges. Elle se tourna vers Max en haussant les épaules, dénotant son incompréhension face ce qui se déroulait en ce moment même.
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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Mer 26 Avr 2017 - 20:20

L’homme du secret était un compagnon de route discret. On pouvait le prendre au final pour un homme lunatique, tantôt très expansif, tantôt muet comme une tombe. Mais il n’en était rien. Il avait plusieurs masques, et il s’en servait. La chevauchée s’était fait lentement, la dame avait visiblement peu l’habitude de monter tandis que Max était un grand habitué. Ils allaient donc à la vitesse de son invitée.
 
Il avait profité d’une des haltes pour se changer. Sans pudeur ni sans réellement se préoccuper visiblement du froid piquant de la bise hivernale, il s’était retrouvé en simples chausses et culotes. Il s’était changé en une minute et demi, à peine, retrouvant l’aspect d’un voyageur lambda. Ils étaient repartis en direction du sud, suivant la côte tantôt de plage tantôt de falaise, restant vers l’intérieur des terres néanmoins et suivant depuis l’oraison de la forêt la côte.
 
L’Apreplaine était tout de même grande, c’était là qu’on le remarquait, et bien qu’ils n’eussent pas beaucoup de temps à perdre, ils ne pouvaient non plus forcer le destin. D’autant que ce dernier mit sur leur route une bien étrange rencontre.
 
A quelques lieux de l’arrivée, un renard fit son apparition. La chose n’était pas rare, mais n’était pas courante non plus. Le nuisible était souvent chassé pour ses dégâts causés sur le gibier et pour son appétence pour la volaille. En des terres aussi agricoles que l’Apreplaine, il ne faisait pas bon être un renard, tout aussi mignon soit-il. On avait tôt fait d’en faire des pochons.
 
Cela fut d’autant plus singulier que ce dernier avait une prise et qu’au lieu de s’en retourner bien vite la manger dans un coin moins contaminé par l’homme, il se rapprocha de la chef d’expédition pour lui présenter la proie. Max resta sans broncher, mais approcha sa main droite de son épée et sa main gauche de sa ceinture, serrant un peu les jambes pour prévenir sa monture que les choses pouvaient bouger rapidement.  Car Max était un cavalier hors pair d’une part, et sa complicité avec sa monture Phaeton était presque symbiotique.
 
La mage le regarda d’un air interrogatif, comme pour demander si la chose était normale. ‘Non madame cela ne l’est pas et je croyais que vous étiez la spécialiste en trucs louches’ fut le regard et le haussement d’épaule que Max fit à la dame. Il plissa les yeux en direction du renard et eu un sourire convenu. Il se tranquillisa quelques peu, comme s’il avait vu un signe dans le regard de la bête. Ce Max était peut-être moins niais qu’il n’y paraissait. En tout cas il gardait la main proche de sa ceinture, sans aucun doute où une arme devait être dissimulée.
 
«  - Vous voulez qu’on fasse causette plus avant Madame ou on laisse cette créature suivre son chemin ? »
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La Renarde
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Ven 5 Mai 2017 - 21:08

Nerdhanel posa son regard en direction de l’humain, s’attardant à la main qu'il avait posée ceinture. Loin d’être dupe, elle se méfiait. Elle avait vu cela à plusieurs de reprises durant les combats entre Noss. La jeune elfe était loin d’être une novice pour ce qui était de se battre, cependant, elle était une piètre guerrière par rapport aux gens de son peuple et de son clan. La voyageuse voulait juste rencontrer les peupledes, et comprendre le monde qui l’entourait. Néanmoins, elle portait une attention toute particulière à cet homme, n’oubliant pas qu’il pouvait représenter une menace. Si, elle devait se défendre, elle devrait tuer…Le meurtre était bien quelque chose qui lui déplaisait…

Pendant ce temps, son animal se contentait de rester assis sur l’herbe, fixant la scène avec tranquillité. La bête se sentait à l’aise, voir amusée par cette situation inattendue. Puis, son attention se porta sur sa maitresse, d’un coup de tête, elle demanda à ce qu'on offre le lapin à cette voyageuse. Nerdhanel se mit à sourire, elle était d’accord avec Adrilah.

D’ailleurs, la Drow ne semblait pas comprendre l’action de Nerdhanel. L’elfe n’était pas douée pour communiquer, la langue humaine était trop compliquée. Elle avait eu peu de temps pour s'y habituer, et avait appris l'Oliyan sur le tas et sa connaissance en était donc très limitée. De plus, elle avait une certaine crainte quant à ce que sa nature d'elfe soit révélée, elle savait que les humains étaient des gros racistes. D’antan, ils avaient détruit la forêt de Linoïn, et massacré hommes, femmes et enfants Noss. Du moins, c’était les rumeurs qui circulaient dans la forêt d'Anaëh.

L’elfe hésita à franchir le cap de la parole. Puis, prenant son courage à deux mains, la petite noss osa se faire comprendre.

« Moi, offrir pour toi et toi. Vous mangez. Heuu…..Cadeau ? » expliqua-t-elle en faisant un effort surelfique pour se faire comprendre.

Ce que Nerdhanel voulait n’était pas un éventuel conflit. Par ailleurs, dans un coup de regard, elle pointait du doigt l’homme qui avait porté sa main à sa ceinture. Sa compagne canine fixa le monsieur en penchant la tête, se demandant à quoi il pensait. Puis, la demoiselle poilue s’approcha de la drow, se dressant sur ses deux pattes arrières et apposant ses pattes avants sur la jambe de la drow.
Nerdhanel traduisit aussi le geste.

« Adrilah offre lapin, plutôt, vouloir partager. Bon lapin si bien cuisiné. » dit-elle en souriant.

Nerdhanel esquissa un petit sourire joyeux. Pointant du doigt la plaine, elle s’exclama avec gaieté
« Puis, manger autour de feu sur vaste plat. Chouette…heu..super ? »

Elle guettait des yeux la réaction de la drow. Qui sait ? Cette inconnue pouvait nourrir sa curiosité, voire devenir une bonne amie, ou pas ?
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Jeu 11 Mai 2017 - 23:13

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Max ne semblait pas plus inquiet que cela. C'était bon signe, du moins elle le pensait. Il était après tout la personne à qui elle se fiait le plus ici, malgré le fait qu'il semblait bien manier le mensonge et le déguisement. Et qu'elle ne savait rien de lui, ce qui en soit, est un détail important.

« - Vous voulez qu’on fasse causette plus avant Madame ou on laisse cette créature suivre son chemin ? » Lui demanda-t-il dans la foulée.

La daedhel répondit en haussant les épaules, pour se tourner à nouveau vers la femme au renard, qui daignait enfin prendre la parole pour expliquer ses intentions.

« Moi, offrir pour toi et toi. Vous mangez. Heuu…..Cadeau ? » expliqua-t-elle en faisant un effort surelfique pour se faire comprendre.

Avant même qu'elle puisse répondre, la noirelfe baissait la tête sur le petit animal poilu qui s'appuyait sur sur sa jambe. Jamais elle n'avait vu d'animal aussi peu craintif et affectueux avec un étranger. Elle s'accroupit, pour passer avec douceur un doigt hésitant sur le museau du renard. Une créature atypique au minois amical et amusant. Voilà donc le genre de bêtes qui vivaient dans les contrées du Nord.

« Adrilah offre lapin, plutôt, vouloir partager. Bon lapin si bien cuisiné. » Traduisit l'elfe. « Puis, manger autour de feu sur vaste plat. Chouette…heu..super ? »

T'sisra se redressa ensuite, se répétant mentalement ce que lui racontait son interlocutrice.

_ Vous parlez du « petit loup roux » ? Je suppose. Demanda-t-elle sans quitter le renard des yeux. Personnellement, je meurs de faim. Et cette chevauchée, bien que lente, précisa-t-elle en se retournant vers Max comme pour lui accorder cet ajout, m’exténue. Je dois reconnaître ne pas être habituée aux chevaux. Conclut-elle en marquant une pause sous le coup de la réflexion. Souhaiteriez-vous du lapin pour le dîner Max ? Lança la sombre à son guide.

L'arcaniste observait la plaine, et l'orée de la forêt. Installer un bivouac le temps d'un repas dans cet endroit agréable lui rappelait ces livres et ces histoires d'aventures qu'elle avait lus par le passé. Et cette femme et son loup roux, tout aussi atypique l'une que l'autre, attisaient sa curiosité.
Elle n'oubliait cependant pas la quête l'avait menée jusqu'en Apreplaine, mais son estomac criait famine, et elle ne sentait la force de grimper à nouveau sur un équidé. Pas le ventre vide en tous les cas.

_________________

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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Mar 16 Mai 2017 - 22:52


Max n’était pas enchanté de cette rencontre hautement suspecte. Les elfes ne couraient pas les forêts de l’Apreplaine. Ceux de passage étaient souvent fichés. Surtout ceux n’étant visiblement pas des marchands de passage habitués aux mœurs humaine. Hors l’elfe en question entrait totalement dans cette catégorie. Décidément on avait eu raison de confier à Max cette affaire qui devenait de plus en plus étrange. Lui n’aimait pas les coïncidences, pas plus que l’organisation pour laquelle il travaillait. Il empêcha un sourire de monter à ses lèvres tandis qu’il observait l’elfe tenter de ne pas montrer ses oreilles ou sa chevelure.
 
L’elfe se méfiait de Max, cela ne faisait aucun doute. Tant mieux. Il préférait autant laisser savoir qu’il n’était pas de ceux à être surpris. De plus sa compagne et maitresse de circonstance semblait prendre plaisir à aller rencontrer l’elfe. Cela permettait d’équilibrer les rôles. Dans la posture de la créature, dans les réactions d’attente amusée et d’observation de son renard apprivoisé, Max pouvait deviner avec une certaine aisance la réserve, voire même la réaction défensive que l’elfe avait à son égard.
 
Puis vint une scène inattendue où l’elfe proposa de donner son cadavre de lapin à T’sisra. Il était vraiment amusant de voir que l’elfe hésitait. Pourtant toute cette pudeur était bien inutile. Personne ici n’avait de doute sur ses origines.
 
Max laissa la scène se dérouler. L’elfe souhaitait visiblement leur offrir le lapin afin que ces derniers puissent le manger ensemble. Max n’était pas certain de vouloir déjà s’arrêter. Ils n’étaient même pas encore arrivé à Neubrück. A minimal il aurait aimé arriver à Milliad, un petit hameau proche. Dormir à la belle étoile était une très très très mauvaise idée en plein hiver. Lui y résisterait certainement. Il avait des doutes sur l’elfe noire en revanche.
 
Max vit sa maitresse se tourner vers lui pour lui demander s’il voulait s’arrêter pour diner ici. Etait-ce réellement une plaisanterie ?
 
Avec un air détaché, il jeta un œil au ciel en direction de la côte. Le front froid s’était renforcé et si le soleil était toujours de la partie avec le vent, des nuages avaient refait leur apparition au loin.
 
« - Je ne sais pas si c’est une bonne idée… La nuit tombe tôt en cette saison. Et nous allons être surpris par le froid. Nous entrons dans les terres et le climat change. Je vous garantis qu’il fait faire glacial cette nuit. Et je garantis de la neige. Je n’ai pas de problème à dormir dehors par ce froid. Mais je pense que vous allez avoir grand mal.
 
Nous pourrions pousser jusqu’à la ferme d’Eleanor. C’est une herboriste et une amie. Elle vit dans la forêt dont on voit l’orée là-bas. Il y a une demi-heure de marche, mais nous serions mieux pour passer la nuit. »
 
Il eut un sourire. Il avait sans nul doute bien compris que T’sisra avait faim.
 
« - Ne le prenez pas mal, mais là-bas nous serons certains d’avoir un plat pour cuire l’animal. Et j’irai chercher de quoi accompagner dans la forêt pendant que vous discuterez. »
 
Son sourire s’écarta car visiblement il avait là aussi lu dans les pensées de la dame ou vu son regard contentieux envers sa monture.
 
« - Et nous n’avons pas besoin de monter à cheval, nous pouvons y aller à pied avec votre nouvelle… Connaissance. »
 
Il mit pied à terre et regarda l’elfe avec détachement. Et dans un elfe parfaitement maitrisé lui dit quelques mots :



Soit en humain::
 
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Jeu 6 Juil 2017 - 0:39

Hiver, Panahos, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


« - Je ne sais pas si c’est une bonne idée… La nuit tombe tôt en cette saison. Et nous allons être surpris par le froid. Nous entrons dans les terres et le climat change. Je vous garantis qu’il fait faire glacial cette nuit. Et je garantis de la neige. Je n’ai pas de problème à dormir dehors par ce froid. Mais je pense que vous allez avoir grand mal.

Nous pourrions pousser jusqu’à la ferme d’Eleanor. C’est une herboriste et une amie. Elle vit dans la forêt dont on voit l’orée là-bas. Il y a une demi-heure de marche, mais nous serions mieux pour passer la nuit. »
Déclara Max, sur un ton dont simple lui seul était capable.

L'idée même de passer une nuit dans le froid n'enchantait guère T'sisra, qui affichait une moue contrie sous sa capuche. Elle avait déjà donné dans les wandres, et durant la traversée de l'Eris.

« - Ne le prenez pas mal, mais là-bas nous serons certains d’avoir un plat pour cuire l’animal. Et j’irai chercher de quoi accompagner dans la forêt pendant que vous discuterez. » Ajouta-t-il avec bienveillance.

- Voilà qui est une idée réconfortante. S'enquit la daedhel en jetant un œil au cheval. Mh...

« - Et nous n’avons pas besoin de monter à cheval, nous pouvons y aller à pied avec votre nouvelle… Connaissance. »

Parfait. La soirée s'annonçait chaude, et se ferait autour d'un repas chaud. Qui plus est, rencontrer une herboriste ne pouvait être que plaisant. L'arcaniste appréciait les gens d'intellect et au savoir particulier.
Puis Max s'adressa à la femme au renard directement en elfe. T'sisra était abasourdie, elle ouvrit la bouche, pour la refermer tout bonnement. Décidément, son guide recelait bien des qualités cachées. Elle se tourna ensuite vers l'elfe.
Nerdhanel se contentait de sourire avec politesse. Au fond, la petite demoiselle était bien heureuse de voir que les deux personnes acceptaient sa présence. Néanmoins, sa surprise était grande ! Un humain parlait sa propre langue. Ainsi, elle lui adressa un hochement de tête avec un sourire radieux.



La forêt de Syriac n'était pas réellement une grande forêt couvrant d'une seule masse des centaines de lieues carrées. Il s'agissait d'un amoncellement de plusieurs forêts de tailles moyennes qui se touchaient presques toutes, laissant de grands espaces de champs entre les différentes sections boisées.

En cette saison aucun champ n'était cultivé et l'on passait donc au milieu de grandes étendues totalement blanche. Seuls les bosquets marquant les haies et bocages séparant les propriétés donnaient du relief à la plaine. Pour quelqu'un de peu habitué à la neige ce décor pouvait être angoissant. D'autant que les forêts à traverser étaient boisées tantôt de grands arbres feuillus sur lesquels ne subsistait pas la moindre feuille, tantôt dans de sombres forêts de conifères, particulièrement peu éclairées en cette soirée d'hiver.

Pendant la marche, Nerdhanel observait le paysage péninsulaire avec un petit pincement au cœur, de voir l'homme étendre ses vastes champs sur les forêts éparses. En Anaëh, surtout chez les noss, c'était un blasphème voir un outrage à l'encontre de la Mère ! Elle posa un regard sur les voyageurs en parlant la langue qu'ils comprendraient.

« Vous...détruire beaucoup de forêt....Triste de détruire des forêts. Nature rien demandé....Nature risque d'attaquer en retour. Humain trop jeune, trop enfant pour comprendre. » Fit elle remarquer.

Max regarda l'elfe et il eut un petit rire. Il redevint immédiatement sérieux, comme s'il avait changé de masque. Il ne répondit rien immédiatement.

Puis, elle adressa en language elfique pour appuyer son propos

« Chez les Noss, pour les elfes très ancrés dans leur rapport à la Nature, Elle est sacrée. Et contrairement aux autres elfes, on vit en clan. Pour vous, on serait des sauvages, pourtant, notre vie simple est plus stable que votre culture. Vous êtes compliqués... Vous les humains. Mais, vous attisez ma curiosité. On me dit souvent que les humains sont des barbares... »

Il haussa les épaules. Il fit la traduction à T'sisra de ce que la Noss venait de dire. Il répondit en elfique :



Traduction:
 

Et il rajouta en humain :

« - Patronne, malgré notre nouvelle invité et son amour des arbres, ne comptez pas sur moi pour ne pas faire du feu ce soir... Me peuler dans les forêts elfiques, j'ai déjà donné. En Apreplaine fait comme les plainiens. »

- Je n'aurais pas mieux dit, nature ou pas, le froid ne fait pas de cadeau. Et je ne lui laisserai pas ma peau. Confirma-t-elle avec un sourire.

L'elfe soupira en comprenant une partie.

« Noss fait feu pour manger, Noss pas animaux... »

La daedhel émit un léger rire, moqueur certes, mais pas par méchanceté.

De petits tourbillons de neiges étaient de temps à autre soulevés par le vent léger, ce qui était assez joli jusqu'à ce que la bourrasque arrive. Max semblait quelque peu les nerfs à vif tandis qu'ils progressaient. Cela faisait déjà une petite demi heure qu'ils marchaient et ils arrivèrent face à une sorte de petit vallon qui semblait renfermer un petit torrent. Emmitouflé dans ce vallon se trouvait une petite forêt là aussi, et l'on pouvait voir que le centre de cette dernière devait être habité car une fumée blanche montait au milieu des arbres, même si l'habitation n'était pas visible.

La descente vers le vallon fut assez suprenante. On passa le long de petites carrières de pierres calcaires abandonnées. La roche était d'une blancheur suprenante, faisant ton sur ton avec la neige. Dans la roche, par endroit, on pouvait voir à l'oeil nu et de loin de gros coquillages scellés dans la roche, et à un endroit, un crane d'une gigantesque bestiole en sortait à moitié.

« - Cela a effrayé les ouvriers... La carrière est abandonné depuis longtemps. Le baron n'a pas insisté, c'est pas les endroits pour carrières qui manquent dans le coin... Mais cela a aidé la vieille Ingrid à avoir un coin tranquille. »

Le fond du vallon fut atteint alors que la nuit commençait à tomber.

La noss fit une drôle de tête en voyant ça, et resta silencieuse. L'animal regarda sa maîtresse, fixant le crâne puis sa maîtresse à nouveau du coin de l’œil. Nerdhanel capta son regard et compris sa partenaire.

« Adrilah semble aimer cet endroit. »

- S'il pouvait y faire moins froid, commenta T'sisra en tirant machinalement sur la bride du cheval, je l'aimerai aussi. Quand arrivons-nous Max ? Demanda-t-elle ensuite à son guide.

« - Nous y sommes presque.  »

Effectivement le chemin s'enfonçait dans la forêt du valon. Plus touffu, on n'y voyait guère et si le chemin existait encore, on sentait qu'il n'était plus utilisé par grand monde, et que les autorités elles-mêmes avaient décidées que ce chemin n'était plus d'une grande importance à maintenir.

La bordure de la route était emplie d'humus et ce qui aurait dû être convexe était maintenant concave. On sentait ici que la nature emplissait petit à petit les lieux et reprenait ses droits. Quelques fougères avaient également commencé à pousser en plein milieu du chemin, mais en cette période hivernale, elles n'étaient plus qu'une masse brunâtre flétrie et informe sur le sol.

Il faisait presque nuit noire dans la forêt et si le vent s'était calmé, coupé par le vallon et par la forêt. L'air absolument immobile des lieux semblait encore plus froid. Comme si ces lieux, ployant sous l’insidieuse influence de l'hiver, resserraient des liens glaciaux autour des voyageurs.

Cette glaciale impression se dissipa néanmoins dans l'esprit de chacun lorsqu'ils arrivèrent devant une petite clairière, semblant être au fin fond du vallon tant la marche avait put paraître longue. Devant une immense roche était adossé une petite chaumière aux allures toutes rurales. Le toit était fait de chaume et semblait attaqué sur sa face nord par une végétation luxuriante. L'arrière du toit, au sud, néanmoins semblait réparé de neuf et la chaume y était intacte, marquant que les lieux étaient entretenus.

Autre signe de civilisation, plusieurs cheminées, une petite dizaine environ, tiraient de grands panaches de fumée tantôt noire, tantôt blanche. Toutes les cheminées sortaient du même endroit, à la base de la toiture, à l'endroit de la jonction avec la roche.

Le bardage de la maison était réalisé dans un bois presque gris, qui avait été sculpté par endroit pour prendre des formes d'arbres. La clairière brillait sous la neige de l'hiver malgré l'heure tardive et le soleil qui visiblement pointait sur l'horizon. Les nuages du ciel renvoyait en réverbération une teinte orangée caractéristique du coucher de soleil que l'étrange équipage était en train de rater par la faute des hauts arbres les entourant.

Max s'approcha de la maison sans hésiter et fit le tour vers la gauche, évitant la porte principale. Il s'y trouvait une porte en deux battants, et dont le battant supérieur était entrouvert. La porte était immense, suffisante pour laisser passer des animaux. Max y entra avec son cheval, faisant signe à T'sisra de le suivre.

Il s'agissait d'une étable dont la chaleur suffisait à démontrer qu'elle était occupée. Autant l'extérieur de la maison pouvait paraitre un peu négligé par endroit, autant l'endroit dans lequel ils venaient d'entrer aurait pu être occupé par des hommes plutôt que des animaux tant il était parfaitement nettoyé.

De grands boxes étaient aménagés dans un bois aux couleurs chaudes et plusieurs animaux étaient allongés dans une paille paraissant neuve. De quel grenier elle pouvait venir, cela était mystérieux, mais elle était néanmoins présente. Cinq vaches et une dizaine de chèvres étaient là. Soulevant des paupières alourdies par une nuit de sommeil déjà commencée et prestement interrompue vers les nouveaux arrivants. La lumière venait de plusieurs lampes à huile accrochées au mur.

Max se dirigea vers le box de l'entrée, vide de bête, et y plaça sa monture, avant de la déséquiper. Il en fit de même pour T'sisra. Il entreprit ensuite de lui passer un rapide coup de brosse. L'homme était visiblement habitué, autant que le cheval qui se laissait faire voire anticipait les mouvements de l'homme.

Il rangea ensuite sa brosse et ils s'en furent.

Au dehors la nuit était tombée. Il fallait peu de temps pour qu'elle tombe en cette saison. Ils s'approchèrent de la porte d'entrée qui était éclairée par une lampe à huile elle aussi. Aucune trace de pas dans la neige néanmoins pouvant indiquer qu'une personne était venue l'allumer.

Sur la porte une plaque semblant être en bronze épelait :

« Madame Ingrid Eleanor
Herboriste
Élève de l'abbaye de Waldhouse
Sous la Protection de Son Honneur le Baron
Sonnez la cloche avant d'entrer »

Dans un geste rapide, Max tira une poignée sur la droite de la porte et l'on entendit à l'intérieur le tintement d'une petite clochette. On attendit plus d'une minute... Rien...

Max resonna à la porte. Toujours rien.

« - Bon... Allons-y... »

Il ouvrit la porte. A l'intérieur un grand couloir absolument banal. Il était d'une propreté presque décalée par rapport à l'endroit. Un porte manteau en bois sculpté représentant des têtes d'oiseaux se trouvait sur le côté droit. De grandes armoires de produits se trouvaient sur le côté gauche, derrière des fins grillages. Au bout du couloir se trouvait ce qui avait dû être un comptoir à une époque, et qui était maintenant une sorte d'empilement de fleurs séchées.

Sans plus attendre, l'arcaniste retira sa capuche et se délesta sa cape, l'accrochant au porte-manteau. Elle poussa un long soupir de soulagement, car elle laissait enfin le froid derrière elle.  Renarde la vit retirer ses habits remarquant cette elfe et son teint différent. Elle avait un doute, non, c'était une certitude, elle vit une Drow. Tout de suite, elle se méfia d'elle, les noss avaient une haine farouche à l'encontre des elfes sombres. Cependant,elle avait su faire la différence entre ceux du Puy et d'Ithri'Vaan. Car ces derniers étaient bien différents, comme elle l'avait remarqué depuis son récent voyage, mais elle ne savait pas de quel coté cette femme était.

Il faisait très chaud à l'intérieur et une odeur agréable d'herbes séchées embaumait l'atmosphère. La lumière était toujours produite par de petites mais charmantes lampes à huile, presque toutes sculptées différemment. Une fois entré, il y avait comme une marche d'escalier pour continuer dans le couloir. Un petit coffre se trouvait à l'entrée avant de pouvoir poursuivre. En face de lui : un banc de bois tout simple.

Max s'assit et entreprit d'enlever ses bottes. Il enleva également ses chausettes. Il tapota le banc pour faire signe aux deux autres de s'asseoir.

« - Faites de même si vous ne voulez pas d'ennuis. »

Il ouvrit le coffre qui contenait, parfaitement rangés, un nombre important de sachets de tissu sur lequel était brodé d'étranges caractères. Il regarda les pieds de ses compagnonnes et avec la sûreté d'un homme semblant chez lui, sortit trois sachets qu'il distribua.

Les sachets s'ouvraient grâce à une rangée de bouton à la forme recherchée taillé dans des os sans aucun doute. Ils contenaient des sandales de cuir semblant toutes neuves.

Max mit ses sandales. Et il fallait dire que maintenant que la porte vers l'extérieur était fermée, on pouvait se rendre compte de la chaleur presque estivale dans laquelle la maison était plongée. Max entreprit de se désabiller, enlevant sa cape, ses gants de cuir et ses couches successives de son veston et de son gros lainage, ne conservant que sa tunique la plus près du corps.

Il s'engagea ensuite dans le couloir, laissant également les affaires du groupe dans l'entrée et faisant signe de ne pas s'en préoccuper. Une fois l'angle du couloir et le comptoir passé, ledit couloir devenait plus sombre. Des armoires étaient toujours présentes, mais sur ces dernières se trouvaient d'innombrables oiseaux empaillés. Cela allait de la chouette au corbeau en passant par le merle.

Le couloir donnait sur plusieurs portes. La taille de la maison à l'intérieur était insoupçonnée à la vue de ce qu'il y avait à voir dehors. Sur la gauche se trouvait de la roche dure, preuve qu'ils suivaient la paroi de l'immense roche contre laquelle la maison était adossée.

Finalement Max ouvrit une porte sur la gauche, donnant sur une cuisine. Un fumet absolument extraordinaire s'échappait du lieu. Sur le poêle de cuisine chauffait une petite marmite. Une table se trouvait entourée de six chaises, elles mêmes entourées de nombreux plans de travail et de nombreuses armoires. De nombreux ustensiles de cuisines, des plus communs aux plus exotiques se trouvaient sur les plans de travail, entourant les ruines de plusieurs légumes, certains n'étant pas totalement épluchés. Comme si le travail avait été interrompu en cours de route.

Max referma la porte de gauche, refermant la vision de la cuisine, et ouvrit la porte de droite, qui semblait -étonnamment donner sur l'intérieur de la roche. Alors que Max, encore la main sur la poignée, terminait d'ouvrir la porte, les deux femmes entendirent à leur oreille une chose siffler puis retentit un grand 'tchac' semblant mécanique. A bien y regarder un couteau élancé était sortit de l'obscurité et avait atterri un doigt au dessus du bras de Max, provenant de derrière eux, s'enfonçant dans la manche de sa tunique. Renarde était surprise, mettant sa main sur sa dague. Elle ne comprit pas la réaction de l'humaine. Les humains sont si étrange à ses yeux. Elle lâcha sa dague lorsque cette femme rompit le silence. Adrilah se mettait devant protégeant sa maîtresse en cas ou. Cependant, Nerdhnael la convainc par un échange elfique de se calmer.

« - MAX !!! »

Tout le monde se retourna. Une femme semblant avoir une trentaine d'année mais aux cheveux blancs comme la neige se trouvait au bout du couloir. Elle avait un air féroce des rides de mécontentement marquées étaient apparues autour de ses yeux plissés. Ses yeux semblaient aveugles, car d'un blanc de nacre. Ledit Max, qui pourtant devant T'sisra n'avait jusqu'à présent jamais semblé manqué d’aplomb avait à peu près la même tête qu'un enfant prit les mains dans le bol de confiture.

« - Ingrid... Je... »

« - TU NE MANQUES PAS D'AIR... »

La femme avança avec une célérité extraordinaire vers le petit groupe, comme un taureau chargeant sa proie. Les deux compagnonnes de Max durent se coller au mur pour éviter la jeune femme, qui semblait ne pas vouloir s'arrêter pour elles. Renarde ne comprit qu'encore moins la situation.

« - SANS PRÉVENIR EN PLUS... ET QUI SONT CES DINDES QUE TU ME RAMÈNES ? SOUS MON TOIT... TU ES LA HONTE DE LA PÉNINSULE. »

« - Mais enfin Ingrid... »

Il déchira la manche de sa tunique pour se défaire de l'emprise du couteau, juste à temps pour tenir éloigné de ses deux bras la femme qui réussit néanmoins à lui envoyer une immense giffle qui le rata de quelques millimètres seulement.

« - Ingrid... Du calme voyons. Je suis en mission... »

La dame sembla se calmer instantanément. Elle se retourna, les cheveux quelque peu défaits. Dévisageant les autres. Max pensant l'orage passé, relâcha les épaules de la dame.

« - Mmmh. »

Dans un geste aussi preste qu’inattendu, elle sortit un couteau de sa ceinture qui finit sous la gorge de Max.

« - Et tu penses vraiment que venir ici était tout de même une bonne idée. Surtout avec cette couleur de cheveux...  C'est pour ta mission j'espère ? »

L'homme avait été surpris à nouveau. Il ne répondit rien si ce n'était d'hocher légèrement la tête. La femme relâcha l'emprise du couteau, et l'embrassa sans visiblement en avoir beaucoup à faire des deux compagnonnes. Ayant fini son manège, elle se retourna.

« - Vous êtes ici chez vous. Mais les Dieux seulement savent pourquoi vous vous êtes fourrées de cet imbécile. Vous devez avoir froid. Suivez-moi. »

Elle entra dans la cuisine. Poussant la marmite, elle mit une sorte de grosse bouilloire à chauffer.

« - Asseyez vous Mesdames. Je n'en ai pas après vous. Toi tu restes debout et tu m'épluches tout cela. »

Max ne dit pas un mot et se mit au travail. Renade faisait mime de comprendre en hochant la tête. Et la daedhel alla s'assoir en jetant un regard compatissant à son guide.

« - Les hommes, on ne les tient jamais assez à l’œil, même quand ce ne sont pas les siens. »

Elle ouvrit plusieurs armoires et sortit un petit sachet blanc en tissu. Elle entreprit d'ouvrir de nombreux pots et de prendre plusieurs pincées de nombreuses plantes qu'elle versa dans le sachet. Elle chercha ensuite une bouteille d'un liquide rouge sang qu'elle versa dans la bouilloire. Quelques seconde après, alors qu'une odeur d'alcool chauffé semblait monter dans la pièce, elle ouvrit la bouilloire et laissa tomber l'intégralité du sachet dedans. Les odeurs changèrent presque instantanément.

Elle sortit une petite passoire et trois tasses en verre magnifiquement ciselées. Elle versa le contenu de la bouilloire dans les tasses, entreprenant avec la petite passoire d'arrêter les herbes. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce qui avait été rouge sang il y a un peu plus de deux minutes était maintenant d'un bleu nacré.

Elle posa les tasses devant les deux femmes et sorti un plateau recouvert de petits légumes.

« - J'ai fait cela ce matin... Mangez donc... Le dîner n'est pas cuit et nous avons beaucoup de chose à nous dire. »

« - Je peux avoir quelque chose de chaud aussi ? » Demanda Max dépité.

« - Épluche plus vite cela te réchauffera... »

Il maugréa quelque chose.

« - Comment ? »

« - Rien, pardon. »

« - Je préfères... Alors. Quelle est cette 'mission' que le Secret vous a confié... Vu votre origine T'sisra, vous devez chercher Boniface c'est cela ? »

La daedhel jeta un oeil à leur hôte avant de répondre. Un sacré bout de femme celle-là. Elle hocha la tête pour toute réponse, roulant des épaules dans son armure de cuir. T'sisra imaginait l'allure qu'elle devait avoir ainsi vêtue, avec ses sandalettes. Un sourire s'étira sur son visage. La voyageuse avait tout de même laissé sa cape au porte-manteau à l'entrée, bien qu'elle avait gardé sa lame, déposée contre le mur, juste à coté de la porte de la pièce.

- Effectivement. Je vois que les nouvelles vont vite ici. Au vu des activités d'Abel le Fielleux, je ne me sentais pas l'esprit libre de laisser son ami dans la nature.

Renarde s'approcha de l'elfe noire jusqu'à ce que sa tête soit en face d'elle, la fixant avec ses yeux curieux, tantôt méfiante. Elle ne comprenait pas qu'une drow soit chez les humains. Des histoires racontent la haine farouches entre les péninsulaires et drows. Elle la regarda droit dans les yeux, les sourcils froncés, touchant d'un doigt l'une de ses oreilles !

« Ithri'Vann ?! Puy ou rejet?! » Questionna-t-elle. « Drows faire mal à mon peuple, mon clan ! Drow Puy, Ithri'Vaan différents ! Pourquoi Drow ici ? Drow comme moi ? Voyageuse ? »

La daedhel se laissa toucher le bout de l'oreille sans rien dire. Elle jeta un oeil à Ingrid, leur hôte capable de mettre Max au pas, lui adressant un léger sourire accompagné d'un haussement d'épaule tout aussi discret.

- Je viens du Puy d'Elda, je ne connais pas vraiment l'Ithri'Vaan. Et je suis bien au courant des guerres entreprises par les peuples durant les siècles. Expliquait-elle à la Noss en plongeant son regard dans le sien. Cependant, je suis ne suis pas « les drows ». Je ne suis que moi, et ce que font ou ce qu'on fait les autres n'est ni de ma volonté, ni de mon ressort.

« Drows méchants. Toi être comme moi ! Partir pour partir ! Moi différente du clan ! Moi quitter Anaeh ! Noss considère moi folle ! Car Noss pas quitter Anaeh! Toi être un peu comme moi ! Etre différents des autres! Toi gentille alors? »

T'sisra arcqua un sourcil, se mettant à tapoter de l'index sur la table. Elle prenait le temps de la reflexion.

- Je ne suis ni méchante, ni gentille. J'ai certains principes, je m'y tiens. Je suis ici pour retrouver un homme, que je suppose être un mage, et ses intentions ne sont pas les plus pures. Quant à savoir si cela fait de moi une bonne personne, ce n'est qu'une question de point de vue. »

« Oh, moitié compris. Toi être comme Ithri"Vaan, alors... Toi chasser un méchant. Moi pouvoir t'aider par mon... » Expliquait l'elfe en montrant son nez pour signifie son flair, puis son arc. « Moi chasseuse! Pistage! »

- Certes, je doute que notre homme se déplace à quatre pattes dans les bois, mais une flèche entre les côtes, mage ou pas, cela reste une flèche. Il faudra te tailler des flèches avec un tête horizontale et non verticale, c'est l'idéal pour chasser un bipède. Répondit la noirelfe sur un ton plat.

« Hahun, j'ai flèche pour bipède ! Moi Chasseuse ! Clan de guerrier nomade ! Moi connaitre tout ça ! Moi pouvoir t'aider ! Moi elfe ! Elfe de nature pas elfe de pierre ! »

- Les elfes de... Pierre ? Demanda-t-elle sans trop comprendre de quoi parlait la noss. C'est à dire ?

« Chez moi, il y a elfe tradition...Et elfe vit cité comme Thaar »

La daedhel acquiesca, et son périple wandrais lui remonta en tête.

- J'en ai rencontré deux, dans les wandres. Je comprends la distinction que vous faites, entre modernité et tradition. C'est cela ?

« Oui oui! C'est ça ! » Dit-elle dans un sourire. «  Mon clan accepte les deux ! Mais beaucoup d'elfes tradition sont hostiles à elfes pierre ! C'est idiot ! »

- Certes. Mais ainsi vont les choses, quelques soient les peuples. Conclu-t-elle en se tournant à nouveau vers Ingrid. Et concernant notre tâche, nous sommes effectivement sur la trace de cet homme. Et je puis vous assurer que ce voyage me... Fait souffrir. Le froid. Ajouta-t-elle en tressaillant. Il est saisissant par ici, il vous transperce la peau comme un surin. Votre résidence m'apparaît comme un véritable salut, croyez-le bien.

La dame au regard vide eut un sourire pour la drow. Il n'était pas totalement évident de décripter les sentiments de l'aveugle.

« - Vous n'êtes pas la première à prendre mon habitation pour un refuge, mais je suis heureuse néanmoins de voir que vous trouvez un peu de repos dans ces lieux. D'autres ne perçoivent pas nécessairement les choses que ces lieux ont à offrir. »

Elle eut un regard insistant et inquisitoire envers le dos de Max, toujours affairé à éplucher la pile de légumineuse. Si tout du moins l'on pouvait appeler cela un regard, puisque ce dernier était vide.

- Je suppose que l'on y perçoit plus ce que l'on mérite, que ce que l'on désire. Lui accorda-t-elle avec un sourire en coin. Et visiblement, Max mérite une corvée de cuisine... Ajouta la daedhel en penchant la tête sur le côté pour observer le dos de l'homme à son tour.

Sans hésiter un instant, Ingrid se leva pour aller chercher les légumes déjà épluchés, les ramenant sur la table et sortant une lame d'un des nombreux fourreaux de cuisine disséminés sur les plans de travail. Ramenant l'ouvrage ainsi qu'une planche sur la table, elle entreprit de détailler les légumes avec la précision d'une personne en pleine possession de sa vue. Et tout en s'attelant à cette tâche ménagère, continua la discussion :

« - Il existe de nombreuses forces en action dans ce pays. Certains parmi les plus doctes et les plus puissants d'entre nous aimeraient bien cantonner ces forces à celles que l'on peut concevoir avec les arts naturels. Pourtant tout ne peut et tout ne doit pas s'expliquer par les théorèmes et les axiomes que ces gens adulent. Certains voient plus loin que cela. »

Elle eut un sourire.

« - Chacun trouve midi à sa porte. Et malheureusement certains n'estiment pas que ce midi pourraient être suffisant. Boniface est de cela. Je ne le connais pas plus que cela. Mais j'ai entendu parler de lui. Il est malfaisant. »

Max se retourna.

« - Et tu n'en as pas parlé ? »

La dame haussa les épaules, avec un sourire moqueur.

« - On ne m'a pas posé la question... »

- Quoiqu'il en soit, nous allons lui mettre la main dessus. Je n'ai pas bravé la mer glaciale du Nord, ni les plaines enneigées de la région, pour repartir sans l'avoir au moins mis hors d'état de nuire. Trancha T'sisra sur un ton plat.

La dame eut un sourire de plus en plus large et tapa un grand coup sur la table tout en éclatant d'un rire communicatif.

« - Voilà qui est parlé. Des gens qui cherchent à faire la peau des méchants... Cela devient rare. MAX ! Va au salon et cherche la liqueur de rose. Elles méritent bien cela. »

Dans un maugrément supplémentaire, le guide de T'sisra s'en fut.

« - Vous avez raison l'amie. Je n'aime pas me mêler des affaires des autres, mais celle ci est grave, et pour une fois mon Max ne m'a pas ramené du menu fretin à la maison... Je vais vous aider... Connaissant ce dernier.. Je suis sûr qu'il vous a ramené ici en connaissance de cause. Mais je peux pas lui en vouloir... Que voulez-vous savoir ? »

- Il sait que je pratique l'Art, en effet. Mais je crains toujours les réactions. Enfin... Soupira T'sisra en tapotant à nouveau du doigt sur la table. Que pourriez-vous nous dire sur Neubrück et ses environs ? Et sur ce Boniface. Je n'ai pas eu le temps discutailler longuement avec son ami le Fielleux pour tout vous avouer, et parler n'est plus à sa portée aujourd'hui.

« - Tant mieux... De ce que j'ai pu en entendre... On ne le regrettera pas. »

T'sisra acquiesça, confirmant les dires de la femme. Et sans qu'elle puisse avoir le temps de poser à nouveau sa question, Ingrid reprit la parole.

« - Neubrück. C'est charmant, vraiment... Quelques deux milliers d'honnêtes hommes et femmes qui vivent de l'agriculture des terrains environnants, des commerces prospères et des échanges avec les fermes et hameaux de la régions. Il y fait bon vivre, et l'âme de cette ville est fondamentalement bonne, si une telle chose puisse exister. »

L'aveugle marqua un pause, comme si elle souhaitait insister sur ce qui allait suivre.

« - Mais il y a toujours un trait plus grossier qu'un autre dans une esquisse. Un trait plus sombre, et Neubrück ne fait pas exception. Ces dernières semaines, des mauvaises nouvelles me parviennent... On parle de rapts d'enfants en bas âge. Et l'on défends les enfants de rallier la lisière, certains avancent qu'une bête rôde dans les bois, quand d'autres invoque un esprit malin qui se terrerait le jour dans une demeure abandonnée plus au sud, un peu avant les marais. »

Max intervint, toujours le nez plongé dans son office :

« - Les marais sont peu surveillés. Même les douaniers n'y vont que rarement. La zone est dangereuse. Bien des barons ont voulu lancer les travaux de drainage. Mais le nord de Vallancourt vit beaucoup du commerce de la tourbe. C'est un contentieux ancien. Si un homme voulait vivre à l'écart des autorités, choisir un petit village ou une maison dans les marais, c'est le paradis. »

- Effectivement, cela semble propice à la vie criminelle. Mais... Ces marais... Pardonnez-mon ignorance à ce sujet, cependant j'aimerai connaître le genre de créatures ou d'animaux que l'on y rencontre. De là d'où je viens, les seuls marais sont ceux de Faelia, si ce nom vous dit quelque chose ?

Ingrid prit la parole.

« - Nos marais sont bien plus inoffensifs. Tout du moins en apparence. On y trouve des poissons assez voraces même à l'encontre les humains. La baignade n'est pas recommandée. Mais ils n'attaquent que rarement. Il faut surtout éviter les grands lacs. Pour le reste, il faut se méfier des insectes et des sangsues. Beaucoup sont venimeux. Et encore plus nombreux véhiculent des maladies. Les gens là-bas vivent mal. La misère y est plus importante que dans le reste du pays. Ce sont le rappel de ce que notre pays a pu être il y a quelques siècles. »

La daedhel opina du chef, les poisons carnassiers et les maladies naturelles. Certes. Cela ne serait pas non plus un problème pour la noss, et son regard, un brin inquiet, se tourna donc vers Max.

- Max ? Demanda-t-elle pour attirer son attention dans un premier temps. Vous sentez-vous capable, s'il s'en fait nécessité, de vous aventurer jusque dans les marais ?

Max se retourna jetant un coup d'oeil à la drow. Il eut un petit sourire.

« - C'est une question patronne ? »

- Evidemment, je me sentirai responsable si vous tombiez malade. Et je ne voudrais pas vous forcer à vous aventurer là ou vous ne voudriez pas aller. Bien que j'ai besoin d'un guide.

« - Patronne... Ne le prenez pas mal, mais je suis pas inquiet pour moi... C'est plutôt de votre nouvelle amie dont je ne suis pas certain que les marais soient à son goût... »

- A son goût ou pas, c'est une elfe. Nous jouissons d'une résistence naturelle à certaines substances qui viendraient à bout d'un homme. D'où la raison de mon inquiétude. Expliqua-t-elle sur un ton toujours aussi plat.

Max leva les yeux au ciel et s'en retourna à ses légumes. Les deux partageaient visiblement également une immunité au sens de l'humour. Tout en souriant à ses légumes, il maugréa.

« - Mouais... On verra bien... »

T'sisra coula un regard à Ingrid, le genre de regard qui hésitait entre bien des émotions. Elle agrémenta le tout d'un haussement d'épaules. Et la voyageuse comptait sur leur hôte pour briser le silence qui s'installait.

« - En cette saison la zone est praticable. Max vous fera un bon guide, il connait le pays comme sa poche... Je ne suis pas étonnée qu'on vous l'ai placé dans les pattes. Vous devrez être prudent. Je n'ai jamais rencontré celui que vous cherchez. Mais j'ai entendu des choses. Des plantes poussent étrangement, et des animaux disparaissent. A mon avis, vous devriez tenter votre chance vers Hambach et tenter de vous louer une barque de pêcheur. »

- Nous suivrons votre conseil, répondit l'arcaniste en opinant du chef, Hambach. Nous finirons par mettre un terme à cette histoire et ces événements peu communs qui se produisent. J'en suis certaine. Ajouta-t-elle en acquiesçant une fois de plus.



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Niklaus d'Altenberg
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Mar 18 Juil 2017 - 19:04

Les marécages du Bas-Lopre. Ainsi était appelée toute cette zone se trouvant à l’extrême sud ouest de l’Apreplaine. Il ne s’y trouvait rien de beau, sauf pour les amateurs de marais. Cette zone était sauvage et donnait l’idée de ce à quoi l’Apreplaine avait certainement ressemblé des années ou des siècles auparavant. Avant que les ancètres du baron et les hommes sous leurs ordres se mettent en tête qu’ils pouvaient rendre cette terre bienfaisante pour les hommes. A la sueur de leur front ils avaient endigués, creusés, asséché et replanté. L’immense plaine fertile de l’Apreplaine, baignée par des rivières creusées par l’homme pour grande partie, était une formidable épopée de transformation artificielle.
 
Point de cathédrales, point d’arches de triomphe, point de grandes statues de héros en Apreplaine, et pourtant les hommes de ces terres avaient décidé qu’ils changeraient ce jardin maudis que les Dieux et la Couronne leur avait donné en charge. Max n’avait rien dit à la dame elfique qui les accompagnaient. Car elle aurait certainement fait une syncope en apprenant que les forêts de l’Apreplaine, tout comme ses champs, tout cela n’existait non par le bon vouloir de la Sainte Mère Nature mais par l’intendance industrieuse de quelques hommes.
 
Sans compter que l’assèchement systématique des marais de l’Apreplaine avait très certainement conduit à un petit sacrifice de ces milieux sauvages et putrides. Rien de romantique à tout cela au final. Mais Max n’était pas mécontent de vivre et de faire partie de ce petit bout de terre dont personne n’avait entendu parler avant que son patron ne décide de s’impliquer dans la politique de cette foutue péninsule. Il y avait une certaine fierté sur ces terres difficiles.
 
Lui avait passé une nuit encore plus courte que d’habitude mais n’en avait rien montré. Ingrid ne lui avait pas laissé beaucoup de largeur de manœuvre de toute manière. Il avait de toute manière besoin de peu de sommeil. Ils avaient passé la journée à cheval, pour la plus grande joie de la chef d’expédition. A cela s’ajoutait que Niklaus avait pris en croupe le renard de l’elfe tandis que cette dernière partageait le cheval de T’sisra.
 
Ils arrivèrent à Neubrück en milieu de journée. C’était allé plus vite que la veille. La petite bourgade était calme, l’hiver avait stoppé les travaux dans les champs et la ville semblait au contraire se préparer à la guerre. Beaucoup de jeunes hommes, visiblement d’assez braves paysans, s’entrainaient à l’arc et aux flèches sous le regard vigilant d’un capitaine de garde qui, s’il était aimable avec ses ouailles, ne laissait rien passer non plus.
 
Ils ne restèrent pas longtemps dans la ville. Max passa à l’hôtel de ville pour discuter rapidement avec l’édile local. Il n’avait rien appris de plus. Puis il avait rencontré une jeune femme qui tenait visiblement une échoppe à l’entrée de la ville. La discussion fut plus longue ce coup ci. Le ton ne paraissait pas léger, loin de là. Max revint avec la mine grave.
 
« - Le maire de la ville ne le sait pas encore, mais il y a eu un autre enlèvement. Julie, fit-il en secouant la tête en direction de la femme qui était reparti dans l’échoppe, a été mise au courant par notre communauté en avance. Habituellement nous sommes au courant en même temps que la milice ou la prévosté. Elle confirme que nous devrions aller voir du côté de Hambach. Un de mes collègues est sur place et surveille le hameau. Nous allons devoir trouver un autre moyen de transport pour aller plus vite… »
 
Ils avaient ainsi laissé leurs chevaux à Neübruck et avaient loué un canot plat pour remonter la lente rivière vers les marais. Ainsi étaient-il arrivés en milieu d’après-midi dans les marais putrides. Heureusement qu’il s’agissait de l’hiver d’après le conducteur de la barque, car en été les moustiques et les autres insectes rendaient les lieux infernaux.
 
La faune était assez silencieuse, à part de temps en temps des oiseaux pécheurs plongeant dans l’eau ou le cri de drôle d’animaux, semblant être des batraciens. Le seul désagrément du voyage fut, au milieu d’un marais où le tirant d’eau paraissait plus profond, un cri du conducteur de la barque.
 
« - Attention… Une cocalse… »
 
Lui et Max ramenèrent la barque rapidement plus proche du rivage, loin du courant central du marais. Là un animal semblant être un poisson ou un reptile au format énorme, d’une taille supérieure à la barque, passa sous l’eau à faible vitesse. Son dos effleura l’onde et marqua un sillage. Il semblait glisser dans l’eau sans faire le moindre bruit.
 
« - Ils sont carnivores… Elles sont très dangereuses en cette saison. Elles nourrissent leurs petits. La zone en pullule. Ne marchez pas près du rivage. Elles peuvent vous attraper avec leur appendice. »
 
Au détour de quelques mottes de tourbes, ils arrivèrent à une sorte de presqu’ile adossé à une forêt où se trouvait un tout petit village de pécheur. Les lieux étaient un peu lugubres. L’homme à la barque les laissa là et repartit aussitôt, souhaitant rentrer à Neubrück avant la nuit. Le village devait compter moins d’une cinquantaine de maison en colombage. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un hameau. Il y avait une sorte de maison d’hôte qui faisait aussi brasserie et autre lieu de sociabilité. Ils avaient débarqué sur les quais de bois mais il ne s’y trouvait presque personnes. Deux pêcheurs étaient là et recousaient des filets. Un homme à l’air rude, qui aurait également pu être pêcheur, était assis à coin de maison et les regardait du coin de l’œil. Il se leva pour partir dans le village après avoir observé Max.
 
Max justement entraina les deux femmes vers une petite ruelle. Ils tournèrent deux fois de suite dans deux séries de petites ruelles. Max se retourna une ou deux fois. Finalement il arriva devant un autre quai. Un homme d’une trentaine d’année tout à fait banal attendait là.
 
« - Isaac. Un confrère. Salut Isaac… 
 
- Max…
 
- Où est le village ?
 
- Ils cherchent le gamin. Six ans, les cheveux roux, fils de pécheur, pas de lien de parenté avec l’enfant de Neubrück a priori. L’autre était rouquin aussi cela étant dit. Ils cherchent les marais. Ils pensent à un sorcier…
 
- D’après ma patronne, ils n’ont peut-être pas tort. »
 
Les regards se tournèrent sur T’sisra.
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Mer 16 Aoû 2017 - 12:06

Hiver, Arkuisa, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


Lorsqu’ils débarquèrent à Hambrach, T’sisra fût soulagée. Bien que la région marécageuse semblait inhospitalière tant par sa flore que par sa faune, elle craignait bien plus les villes. Neubrück en était le parfait exemple, et avait offert un spectacle qui s’annonçait triste et fort dommage. Une fois de plus, on préparait de jeunes hommes à la guerre. Une fois de plus, les hommes feront couler leur propre sang. L’on profitait sans nul doute du manteau protecteur de l’hiver pour préparer des dégelées qui s’annonçaient sanglantes. Il va sans dire que la daedhel avait bien tiré sur les bords de sa capuche durant leur bref passage en ville, et s’était fait bien moins bavarde qu’elle ne l'avait été sur le chemin. En effet, la noss et elle avaient eu l’occasion de bavasser et d’échanger quelques trivialités lors de leur chevauchée. Et ici, au milieu des marais frigorifiés, elle regrettait déjà la selle inconfortable de son cheval.


◈ ◈ ◈


« - Isaac. Un confrère. Salut Isaac…

- Max…

- Où est le village ?

- Ils cherchent le gamin. Six ans, les cheveux roux, fils de pécheur, pas de lien de parenté avec l’enfant de Neubrück a priori. L’autre était rouquin aussi cela étant dit. Ils cherchent les marais. Ils pensent à un sorcier…

- D’après ma patronne, ils n’ont peut-être pas tort. »


Lorsque les regards se tournèrent vers elle, la nécromancienne tira un peu sur sa capuche pour dévoiler son visage à ce fameux collègue, en le gratifiant d’un léger sourire. Elle ne manqua pas non plus de l'observer de pied en cap avant de prendre la parole.

- Heureuse de faire votre connaissance Isaac, bien qu’en des circonstances plus ordinaires cela aurait très certainement été plus sympathique. Je suis T’sisra Do’ath, mais vous devez peut-être déjà le savoir ? Demanda-t-elle en jetant un regard en coin à Max, avant de revenir à son interlocuteur. Et, en effet, comme mon guide l’indique, je pense qu’il s’agit d’un magicien. Je fonde mon hypothèse sur les correspondances entre feu Abel « le Fielleux » et notre homme. D’autant que les ragots concernant les « maisons hantées » et les disparitions d’enfants avérées semblent trop bien coïncider, sans parler du bétail en proie à on ne sait quels maux. Et à part un utilisateur de magie, je ne vois pas comment l’on pourrait faire peur à autant de monde tout en impactant autant son environnement. Alors… Reprit-elle en croisant les bras, un brin d’inquiétude sur le visage comme dans la voix. Quand vous dites que les villageois sont partis à la recherche de l’enfant, vous parlez d’une battue assez large dans le marais ? Ou bien d’une expédition pour ce qui pourrait-être la tanière d’un mage noir ?

L’une comme l’autre possibilité comportait des risques, certes, et surtout en cette période avec la faune, notamment à cause de ces créatures aquatiques qu’on appelle cocalse. Aussi grandes que puissantes, qui peuvent vous attraper alors que vous vous pensez en sureté sur la berge, et par la même occasion sceller votre destin dans une mort aussi effrayante que douloureuse, à n’en point douter.
Mais tomber sur le repaire d’un mage noir était sans nul doute plus effrayant et douloureux encore. Quand on avait vu les pratiques auxquelles s’était adonné Abel « le Fielleux », il était légitime de craindre celles de ce Boniface. D'autant qu'un groupe pêcheurs fait une proie rêvée pour un mage expérimenté qui requerrait quelques composants et sujets pour ses recherches.

- J'ose espérer qu'ils ne s'aventureront pas trop loin, déjà pour leur propre sécurité. Et si nous voulons retrouver les enfants disparus, une horde d'hommes et de femmes inquiets et en colère est loin d'être le meilleur atout dont l'on dispose. Ajouta la noirelfe en levant l'index et sur un ton des plus sérieux. La peur est un mal qui se propage vite et fait preuve d'une efficacité sans commune mesure en matière de ravages. Alors dites-nous Isaac, y a-t-il un quelconque moyen de faire rentrer rapidement tout ce monde ici à l'abri ?
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Lun 4 Sep 2017 - 20:47

Le collègue de Max attendit que la patronne de ce dernier ait totalement terminé ses questions pour répondre avec un professionnalisme et un ton posé qui n’était pas celui de Max. Visiblement les deux hommes ne se ressemblaient pas. Il n’était pas évident de savoir de quelle manière ces gens étaient formés… Isaac en tout cas aurait pu être issu d’une maréchaussée ou d’une prévôté avant de joindre les services de l’organisation qui employait Max. Dans tous les cas il rendit le regard de T’sisra et ne répondit que d’une manière assez militaire.

« - Je sais avec certitude qu’un sorcier a trouvé refuge dans le marais. Et j’en ai la preuve depuis hier. J’ai demandé l’ennéade dernière du renfort

- Et nous voilà Isaac…

- Certes… Pour répondre à votre question les hommes du village se sont séparés. Ils ont pris plusieurs barques et cherchent les marais. Ils n’ont pour le moment pas d’indices sur l’endroit où doit se trouver le lieu de résidence de notre suspect. »


Il jeta un œil sur les marais.


« - Depuis quelques jours que je suis arrivé ici, je pense avoir trouvé sa tanière, mais elle semble protégée par ce qui semble être un sort de confusion, ce qui expliquerait pourquoi les hommes du village n’ont jamais réussi à mettre la main dessus. Ils ont dû passer leur chemin sans même s’en rendre compte. Pour ma part je ne me suis jamais approché des lieux. Sans renfort l’approche me paraissait incertaine. J’ai été informé de votre venue par l’office de Neubrück. »

Il déplia une carte très précise des marais.

« - Il s’agit de la dernière carte mise à jour par le cadastre, il y a dix ans de cela. Voici Hambach où nous nous trouvons. J’ai ressenti les vibrations du sort de confusion à partir d’ici… J’en ai fait le tour plusieurs fois pour m’en assurer et j’ai pu noter que le périmètre commençait ici, ici et là. Comme vous pouvez le constater il s’agit presque d’un cercle. Cela m’a paru être un signe clair. Et si vous regardez le cadastre, presque centre se trouve une construction. Je me suis renseigné auprès de l’officiel de la ville, le titre de propriété est à une certaine Fania Alders. Mais apparemment les gens dans la région ne l’ont plus vue depuis au moins quatre ans. Elle aurait déménagé… Ou disparue… Ce n’était pas très clair dans l’esprit des locaux.

- Que dit Neubrück ?,
s’enquit Max.

- Rien du tout, jamais entendu parlé… Ils devaient se renseigner auprès de l’intendance, mais je n’ai pas eu de réponse. Je n’ai pas insisté car je ne voulais pas faire parler de la chose.

- Très bien… Patronne ? »


Les regards retombèrent sur T’sisra. Visiblement, elle était aux commandes…
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T'sisra Do'ath
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Mar 26 Sep 2017 - 17:25

Hiver, Arkuisa, première ennéade de Verimios, an neuf, onzième cycle.


- Je propose de faire confiance à ces déductions. C’est, de loin, la piste la plus tangible que nous ayons. Quant au sort de protection qui a été érigé autour de la propriété… Il nous faudra être sur place pour en confirmer sa nature avec exactitude. Pour faire simple, les mages peuvent user de deux moyens pour parvenir à tromper leurs cibles. L’un étant plus embêtant que l’autre, l’illusion reste, quoiqu’il en soit, une magie des plus puissantes. Commença T’sisra en veillant ne pas trop s’étendre, se voulant laconique. Au vu de ce que vous décrivez, je pense que nous avons à faire à l’un de ceux qui utilisent la lumière pour plier l’image de la réalité à leur volonté.

Le regard de la daedhel passait de l’un à l’autre de ses compagnons, même sur le renard qui ne quittait jamais la noss.

- Il ne nous reste qu’a nous mettre en route, et avancer prudemment jusqu’aux abords de cette bâtisse.

Chacun prit le temps de vérifier son équipement, se préparant à arpenter le marais froid et inhospitalier. On reconnaissait au moins deux avantages à l’hiver : Les odeurs insupportables ne vous prenaient pas au nez et à la gorge comme en été, et les insectes n’étaient pas là pour vous rendre la vie impossible. En revanche, la progression est toujours aussi difficile, quelque soit la saison. Il fallu trois bonnes heures au groupe, guidé cette fois-ci par Isaac, pour atteindre leur destination. Les villageois ayant fait une razzia sur les barques à fonds plats, les aventuriers n’avaient eu donc d’autre choix que d’emprunter de petits sentiers perdus, voire oubliés pour certains. Le confrère de Max abandonna le trio, où plutôt le quatuor en comptant le renard, peu avant l’emplacement marqué sur le carte, pour retourner jusqu’à Hambach.

Et effectivement, il n’y avait rien d’autre que les marécages là où était censé se trouver, d’après les plans du cadastre, une maison. A mesure que l’on approchait, on entendait comme un bourdonnement sourd. Infime. Si léger qu’on jurerait que cela soit un simple défaut de sa propre oreille. Pour l'arcaniste, c’était surtout le signe qu’on usait d’un sort sans le maîtriser pleinement. Le soleil déclinait au dessus des cimes des arbres, et la réverbération des rayons orangés avait quelque chose de dérangeant lorsqu’on y prêtait attention. C’était comme observer une peinture, aussi doué soit l’artiste, cela ne reflétait pas la réalité, quand bien même son auteur serait doté d’un don inhabituel.

- Nous y voilà. Dit-elle en approchant la main, tout en sentant comme un léger picotement sur la paume. Le danger ne viendra pas de ça, mais plutôt de ce qu’il y a derrière. Tenez-vous prêts. Conclut-elle en faisant un pas de plus et disparaissant dans l’illusion.

Derrière, la vieille et imposante bâtisse au bois pourri et rongé par les vers se dressait telle une ombre sur le marais, semblant narguer les invités inopportuns. Elle était légèrement surélevée à certain endroit, et la terre jusque là spongieuse se faisait plus meuble sous ses fondations. La maison avait tout l’air d’être aussi hantée que celle des contes pour enfant, les fenêtres de l’étage étaient brisées pour certaines, et celle du rez-de-chaussée avait été barricadées de planches. Près du porche un arbre tordu par les années, sans plus aucune feuille et mal en point subissait les assauts de l’hiver. L’endroit n’avait pas vraiment besoin d’être caché aux yeux des autochtones, pour peu que l’on ne soit qu’à peine un poil superstitieux, n’importe quelle type aussi costaud soit-il n’oserait approcher pareille demeure.
Mais déjà, la porte d’entrée grinçait. Le trio aurait pu croire y être invité, si un molosse musculeux au pelage court et noir ne bondissait pas déjà du porche la bave aux lèvres .
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La Renarde
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MessageSujet: Re: Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)   Mar 17 Oct 2017 - 13:13

La renarde se contenta pendant tout ce voyage de suivre le groupe, comprendre la langue humaine et sentir que cette aventure mènerait dans quelque chose de dangereux. La Noss était habitué à la nature sauvage d’anaeh, d’ailleurs, le marécage était aussi dangereux que sa région natale. Pour ces deux êtres, la nature n’était pas encrée en eux. Pour la Renarde, la nature faisait parti d’elle-même. Comme toute chasseuse, elle se mêla à son nouvel environnement, suivant le groupe tels une ombre.

Lorsque Tsirah était devant l'illusion, elle traversa cette barrière magique et disparut devant les yeux de Nerdhanel. La jeune elfe décida de faire de même et arriva devant la bâtisse. Nerdhanel comprit, du moins, elle pensait que c’était le refuge du fugitif. Sans prier garde, elle avait déjà sortie son arc et sa flèche de son carquois. Elle était déjà préparée au danger, l’instinct lui disait de faire attention. D’ailleurs, sa compagne adoptait le même comportement que sa maitresse. Ils étaient prêts à chasser et traquer la proie. Le regard de Renarde était devenu plus sérieuse. La gentille elfe laissait place à la prédatrice.

« Proies êtres là. Instinct me le dit » annonça-t-elle

A peine arrivée devant la porte, elle vit ce géant molosse musculeux. Au premier coup d’œil, elle fixa sur la forme de la bête, le physique et l’altitude de l’animale. Par déduction, Renarde remarqua que l’animale ne sera pas facile à tuer à coup d’une simple flèche. Lorsque la bête bondissait sur l'elfe. Renarde ne réfléchissait plus, elle arma sa flèche, décocha la flèche en direction de la jambe du molosse avec comme objectif de l’affaiblir. Cependant, la flèche rata de peu la bête, bien trop rapide et vint s’écraser contre l’elfe. Nerdhanel se protégea à l’aide de son arc, empêchant la bête enragée d’arracher son coup. Pendant ce temps, son animale de compagnie fonça sur la bête. La rapidité d’Adrilah ( la renarde ( la  bête) ) et son agressivité repoussa le molosse. Adrilah se mettait devant le molosse, prête à bondir et protégée sa maitresse. L’animal au pelage roux  était prête à défendre Nerdhanel au péril de sa vie. Aucun être vivant n’avait le droit de toucher sa maitresse et ça ne serait pas ce vulgaire molosse de toucher à l’elfe.
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Quand le Secret se joint à l'aventure. (Niklaus, La Renarde)
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