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 la Morsure du froid

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Valère
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Lun 10 Avr 2017 - 16:45

J'avais employé le mot éphémère car je l'avais entendu au sein des esclaves, c'était souvent ainsi que ceux pouvant vivre des siècles nous nommait avec un brin d'humour. Certain y voyaient même un privilège, car ils disaient que notre souffrance s'abrégée plus vite que là leur. Tout était une simple question de contexte et de point de vue. Toutefois il était clair que dans la bouche de la Drow millénaire, ce mot avait un sens bien plus péjoratif et humiliant. On y voyait bien qu'elle nous considérait que du bétail.
-" Vous avez raison." Répondis-je d'une manière ordinaire dans m'étaler trop longtemps sur ce sujet qui au fond n'avait rien d'important.
-" Il n'a jamais employé ce terme."
Pour moi, j'étais fier de ce que j'étais ! Du moins, j'acceptais sans peine mon destin et ce que m'offrit ma naissance.

Il était clair que j'avais connu de nombreux échecs et que mon talent n'avait jamais vraiment suffi à me permettre d'accomplir mes rêves. J'avais un esprit correct mais moyen et guère de compétences qui pourrait me donner du génie, j'essayais simplement d'agir avec un sens aigu de la justice.
La Maîtresse se leva, à cet instant je suivis son déplacement en posant mon regard sur le bas de sa robe. Le frottement du tissu sur le sol berçait ses pas et empêchait le silence de s'installer.
Elle s'installa devant une coiffeuse. Quant à moi je devais juste tourner mon cou malgré la gêne que me causait le collier. Le regard vers le bas, j'attendais qu'elle réponde à mes interrogations. Je ressentais une certaine appréhension concernant Yvan et l'intendant.
J'avais du mal à croire qu'ils aient pu se sacrifier.

La réponse me laissait dubitatif. Il fallait avouer qu'il était pour moi fort compliqué de me concentrer et d'avoir toute ma tête avec ce flot d'émotion en un si bref instant.
-" Je ne crois pas être capable de pouvoir vous flatter, je sais que mes mots ne représentent rien pour vous." Soufflais-je sans attendre, comprenant que j'étais stupide.
La symphonie des bijoux de la maîtresse était agréable, élégant, cela me changeait du bruit de la chaîne qui m'avait accroché contre les murs. Le son m'indiquait qu'elle fouillait dans un tiroir. J'en profitais pour me recoiffer à l'aveugle, en me remettant du fait que le garde m'avait coupé les cheveux à la forge.

Soudain, elle poussa un cri de victoire et m'ordonna de venir prendre place sur le lit qui était juste à côté de la coiffeuse.
D'un geste fatigué je me relevai. Je m'étirai pour essayer de retrouver de la souplesse. Pour l'instant, mes craintes n'avaient pas raisons d'être. Pourtant il était impossible de m'ôter de la tête cet effroi. Je me demandais bien comment elle pouvait ainsi m'inspirer ce trouble terrible.
Sans bruit, je pris place, posant mes mains sur mes genoux, je n'avais jamais était aussi près de la Maîtresse que maintenant. C'était surprenant, il y avait une drôle d'ambiance presque intimiste... C'en était beau et effrayant à la fois, tout comme cette pensée qui germait dans ma cervelle et qui me faisait voir la propriétaire des lieux comme un être supérieur.

-" Puis-je savoir si je pourrai m'occuper de votre monture et de celle de la capitaine ?" Demandais-je pour y voir clair sur mon avenir.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Lun 10 Avr 2017 - 18:55

-" Je ne crois pas être capable de pouvoir vous flatter, je sais que mes mots ne représentent rien pour vous." souffla la voix dans son dos.

Elle en perdit tout sourire. Quel chochotte...

Son ordre n'eut rien de sympathique d'ailleurs.

La déception.

Et voilà. Encore la déception.

Mais que pouvait-elle attendre d'être auxquels elle imposait elle-même des chaînes après tout. Enfin...

« Si tu désires t'en occuper, libre à toi. » murmura-t-elle en passant près de sa tempe, posant sa main sur l'épaule souple du jeune homme.

D'un pas, elle était montée debout sur le lit, avant de s'asseoir derrière lui. Une jambe repliée sous elle, la seconde, débarrasser des pans de tissus, laissait sa noirceur suivre la hanche puis la jambe de l'humain jusqu'à ce que ses orteils frôlent le sol d'un souffle. Sa cuisse était taché de nombreuses tâches grisâtres, coupures nette, éraflures ou brûlures.

Ainsi placée à quelques centimètres de son dos, elle posa les ciseaux et le petit peigne de nacre qu'elle avait également récupérer sur le drap de soie pour passer ses doigts griffus dans les cheveux éparses du jeune homme. Le tout avait été grossièrement coupé dans le but semblait-il de dégager un pan de son cou. Mais il restait de longues mèches de taille disparates. Un vrai misère...

« Dis-moi. Je me suis posé la question le jour ou tu es venu me demander d'affranchir cette femme. Pourquoi était-ce si important pour toi ? Tu dois savoir que j'autorise tous mes serviteurs à épouser qui bon leur semble. » demanda-t-elle doucement, sa voix chaude était détendue, sans ordre ni jugement. Elle semblait parler à un égale, ou du moins à quelqu'un, plutôt que quelque chose.

Tout en parlant, ses mains couturées de cicatrices et déformées par les cales du à son Art glissaient des tempes et du front du jeune homme vers l'arrière de sa tête pour rabattre sa chevelure malmenée et la dénouer peu à peu. Le peigne buttait souvent sur un nœud, mais elle mettait dans la tâche une patiente emprunte d'une certaine douceur, de manière à ce qu'il ne ressente pas même un tiraillement désagréable. Féline dans le moindre de ses geste, elle ne semblait pas gêner le moins du monde de la proximité qu'elle avait établie entre eux ni de l'inopportun frôlement de sa poitrine contre le dos de l'humain.
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Valère
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mar 11 Avr 2017 - 10:43

Elle accepta que je poursuive ma tâche dans les écuries. Cette fois, elle répondit en passa sa main ornée de griffes sur ma tempe avant de la déposer sur mon épaule. Pourquoi ? Que se passait-il me dis-je en essayant de ne pas trop y porter d'importance. Etait-ce encore l'une de ses manoeuvres pour se rire de moi ?
Rapidement, comme un serpent elle se positionna dans mon dos en montant dans le lit. Je ne bougeais pas, et laissait mon regard glisser un bref instant sur le miroir pour essayer de voir ne serait-ce qu'une ombre menaçante. Au contraire, elle agissait avec une certaine et étonnante douceur. Serais-je en train de tomber dans le piège ? Celui-là même que m'avait mentionné la capitaine et mes compagnons. Sa jambe s'était enroulé autour de ma hanche avant de venir glisser vers le sol. Mes pupilles dans mes orbites se baissèrent pour voir la cuisse de la Maîtresse.
J'y vis brûlures, blessures. Tant d'éléments qui me faisait penser à son passé. Il m'était seulement impossible d'imaginer qu'avec tout le pouvoir qui était le sien, elle puisse avoir connu la souffrance par le passé.

-" Je prendrai le plus grand soin de Tril." Dis-je avec un air de soulagement, et de plaisir, tout en la laissant glisser ses griffes dans mes cheveux. J'avais un peu honte de l'état dans lequel ils devaient être. Puis, cette fois, j'étais touché par sa finesse loin de l'image qu'on avait d'elle.
Néanmoins, je gardais une pointe d'anxiété en sentant qu'elle me coiffait. Le collier devait maintenant être parfaitement visible, et on pouvait bien voir comment il épousait la forme de mon cou.

Puis, alors que lentement je commençai à me détendre, elle m'interpella par une question. Une interrogation que je qualifiai de curieuse. Que pouvait-elle faire de ma réponse ? Mon regard planté sur le sol pour aider la drow millénaire dans son oeuvre je mis un certain à me décider à parler. J'étais toujours aussi surpris néanmoins cette fois-ci le ton n'exprimait pas un ordre, ni même un air de supériorité.
Ce fut plutôt dans une ambiance de confidence, elle avait l'art d'inspirer le sentiment qu'elle désirait chez ses esclaves pensais-je.
Mes mains se posaient sur la soie du lit.
-" Peut-être qu'au fond je souffrais d'être libre." Susurrais-je d'une voix audible et sincère. Cette phrase je n'avais jamais osé la prononcé tant elle me faisait peur, mais cette confidence m'apaisait pour débuter.
-" J'étais en train de sombrer dans la misère, et comme vous le savez, je ne possède guère de compétences pour survivre sans appui dans une ville comme Thaar. Et pourtant, je m'imaginai partir avec Lucile et retourner en Péninsule, je trouvais ça plus simple, et j'étais prêt à tout pour ça... Perdre me faisait peur, mais je ne voulais pas m'éloigner d'elle malgré l'autorisation que vous donnez aux esclaves cette situation ne me plaisait pas. En tant qu'humain, je possède une conception différente de la votre concernant l'esclavage. " C'était évident, je trouvais ça horrible, et ne comprenais pas cette pratique.
-" Lucile m'a raconté son existence, et petit à petit l'idée de vivre mieux avec ce collier que sans fit son chemin... Bien que je voulais me convaincre du contraire en voulant la délivrer malgré qu'elle refusait que j'essaye."

Mon regard se grisa, mélancolique, triste.
-" Le chevalier que je servais auparavant était contre ma relation il voulait même m'éloigner d'ici, alors je l'ai tué sur un coup de folie." Ce fut le tournant de mon existence jusqu'ici. Finalement, j'étais incapable de répondre avec précision.
-" Vous répondre est compliqué, l'amour que je ressens pour Lucile m'a fait perdre la raison. Je sais seulement que perdre le pari ne me dérangeait pas malgré l'effroi logique du début."

Les gestes de la Maîtresse étaient félins, avec délicatesse, qui me rassurait pendant mes révélations. Je sentais dans mon dos, sa poitrine flirter et lever mon âme. Parfois elle dénouait des noeuds dans mes cheveux sans me faire de mal comme si elle s'occupait de son enfant.
Je levai la main pour caresser le collier, les formes de ronces en soufflant.
-" Je devrai sans doute regretter mes actes. Pourtant j'en suis fier, j'ai agi en me fiant à mon instinct rien de plus en acceptant les conséquences. Peut-être qu'en gagnant, nous serions déjà morts ! Alors qu'ici, je peux faire ce que j'aime en m'occupant des chevaux, et je suis près de Lucile." Ajoutais-je sincèrement en donnant naïvement raison à Lucile.

L'autre main vint sécher des larmes qui commençaient à perler avant de s'échouer maladroitement sur la cuisse de la Maîtresse...
Ma réponse était confuse et correspondait hélas à mon état actuel.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mar 11 Avr 2017 - 19:26

Les mains de la forgeronne continuaient de passer paisiblement dans la chevelure sombre de l'humain, maintenant cette activité répétitive et apaisante. Dans la chambre dépourvue de fenêtre et décoré de tentures luxueuses dans un style tout à fait Eldéen, elle ne l'interrompit  pas une seule fois. Après le peigne, ce fut au tour des ciseaux. Mèches après mèches, égalisant sans se presser, les lames aux tranchants fuselés se refermaient dans ce chuintement caractéristique des cheveux coupés.

Krish écoutait les mots qui s'égrainait avec attention... Cet homme se roulait dans la vérité comme un porc dans la fange. Il exposait son idée, clairement. Il la jugeait sans même s'en apercevoir. Il avait suffit qu'elle le mette à l'aise pendant quelques minutes pour qu'il lui réponde d'égal à égal. Sans déférence ni fausseté. Mais elle commençait à mettre le doigt sur ce qui l'intriguait depuis le début dans le comportement de cet homme. Cette alliance de naïveté innocente mêlée à une franchise trop aiguisée pour ne pas laisser de cicatrices...

« Je n'en doute pas... » murmura-t-elle lorsqu'il se tu en rappelant qu'il était heureux de servir et de profiter de la présence de la femme pour laquelle il avait donné sa liberté. Pendant quelques instants, seuls les ciseaux continuèrent à cliqueter dans l'air. D'une main experte, elle faisait entendre à son hôte qu'il devait tourner la tête d'une façon ou d'une autre pour lui faciliter la tâche. Elle ignorait même sa respiration difficile, tendu par une trop grande émotion, s'accordant tout le temps dont elle avait besoin pour organiser son intuition et sa pensée avant de reprendre.

« Tu sais que ce sont les humains qui ont inventé l'esclavage ? » demanda-t-elle d'un ton détaché, attendant un oui ou un non.

«  C'est au contacte des vôtres, en traversant les contrées Nisetiennes, que les suivants d'Elda ont découverts cette pratique. … Le cœur des humains est plus tortueux que ceux de toutes les autres races. Il peut passer en un instant de l'amour le plus profond à un égoïsme mortel tout en restant d'une innocence désarmante. Vous êtes comme des enfants arrachant les ailes d'un insecte. Vous ne vous rendez pas compte de ce qu'implique vos actions avant d'aller trop loin. » expliqua-t-elle sans la moindre animosité. « La plupart d'entre vous rejettent leurs contradictions au lieu de les épouser. Ils s'enterrent la tête dans le sable en se parant de toutes les vertus et estiment qu'ils sont assez punis qu'ils méritent mieux que ce qu'ils sont et ce qu'ils ont... Mais toi... »

Les lames claquaient près de l'oreille du jeune homme, réparant un peu plus à chaque fois l'abjecte humiliation à laquelle le garde avait soumis cette pauvre crinière. Mais l'objet de métal froid apparu bientôt face à l'humain, posant sa pointe sous son menton, y exerçant une pression à peine perceptible  alors que la jambe de la drow venait ceinturer son ventre, le collant contre elle en un instant. Le profile de la noire-elfe était posé contre le crâne de Valère, chacune de ses respirations chatouillait l'oreille blanche. Sa voix se fit plus rapide et plus tendue, comme si elle se retenait vraiment de ne pas le suriner.

« Tu parles, tu parles... Tu répands tes propres tripes partout autour de toi, ôtant tout intérêt à l'idée de les extirper de ton être. Tu donnes l'impression de te dégager seul d'une gaine grossière en te confrontant à la réalité, bonne ou mauvaise... Et pourtant dès la phrase suivante, tu prouves que tu ne comprends rien. »

Elle desserra sa prise aussi soudainement qu'elle l'avait noué. Sa jambe retomba sur le sol, les ciseaux cessèrent de se faire menaçant. Son bras armé retomba nonchalamment sur l'épaule de l'humain. « Tu m'insupportes... Plus un mot ou je t'exécute. » ajouta-t-elle avec un soupire en posant sa tête sur l'autre épaule du jeune homme, à la fois lasse et légère.

« Tu ne t'écoutes pas. Tu ne ressens pas. Tu dis avoir tuer un homme mais tu pourrais dire sur le même ton que tu aies allé te payer une bière à la plus proche gargote. Tu dis avoir jouer ta vie en espérant perdre, puis tu te raccroche à l'idée que c'est l'amour qui t'a aveuglé. »

Il pouvait sûrement la sentir nier de la tête en soupirant une seconde fois. Elle se redressa pour donner encore quelques derniers coups de ciseaux, puis, satisfaite de son œuvres, elle lança les ciseaux en direction de la coiffeuse pour le voir mollement retomber sur le tapis, quelques pas trop à gauche. Elle fronça les sourcils mais revint rapidement à ses moutons.

Elle passa encore deux ou trois fois ses mains dans la courte chevelure de l'humain pour le débarrasser des mèches coupées avant de lui ordonner de se lever et d'aller se regarder dans le miroir. Pendant qu'il marchait, elle épousseta le drap et se laissa tomber sur le côté, tirant à elle un oreiller pour se tenir simplement sur un coude, allongée sur la couche sans aucune gêne.

« Alors, comment te trouves-tu ? »
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Valère
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mer 12 Avr 2017 - 18:00

J'étais dans un confessionnal. Je parlais ainsi, avec la plus grande sincérité, avec la plus grande des confusions. Les coups de ciseau berçaient ensuite mon esprit. Sans le moindre geste de contestation je laissa la Maîtresse guider ma tête afin qu'elle puisse travailler. Parfois, le mouvement fit étirer ma peau légèrement brûlée en me causant un rictus de crispation.
La manière qu'elle employait fit que je savais déjà qu'elle agissait avec sérieux, et envie d'arranger la situation de ma chevelure.

-" Je le sais bien." Soufflais-je pour répondre au sujet de la naissance de l'esclavage, un souffle qui ajoutait le mot, hélas.
J'écoutai la petite leçon d'histoire en me calmant un peu, en me relaxant même. C'était une curieuse sensation je me sentais bien, et pourtant dans mon dos se trouvait celle qui possédait mon corps et mon âme. Elle ne prêta aucune attention à mon inattention quand je posai ma main sur sa cuisse qui s'enroulait délicieusement autour de ma hanche.
L'histoire passa à devenir une sorte de description des humains.
Comme je n'avais jusqu'ici côtoyé que des humains, j'assimilai son expertise. L'intonation de sa voix était sans animosité. Il y avait aussi cet air de vérité absolue qui m'impressionnait. Le ciseau s'approchait de mes oreilles sans que je ne m'en inquiète.

Alors qu'elle allait faire une analyse sur ma personne, le métal dans sa main se montra sous mes yeux, pire encore la pointe vint s'appuyer sous mon menton. Je sentais sa chevelure contre ma nuque, et sa jambe qui s'enroula autour de mon ventre.
Elle s'amusait avec mes nerfs ! Le moindre mauvais geste pouvait me coûter le pire, je levai ma tête comme pour éloigner ce poignard improvisé en vain.
Et la description de mon être vint au rythme d'une voix qui exprimait clairement qu'elle était prête à me donner le coup mortel.
La mine paisible se changea en de gros yeux inquiets. Pourtant cela ne dura pas une minute. Mon souffle fut long.

Elle relâcha la pression, sa jambe retombant au sol, le ciseau s'éloigna et elle pesta en déclarant que je l'insupportait et que je ne devais plus dire un mot sous peine de mort. Tout cela avec une gestuelle totalement contraire. Je ravalai ma salive en baissant ma tête. Heureusement j'avais les nerfs plutôt solides, même si je commençai à m'épuiser mentalement.
La Drow Millénaire reprocha mon comportement curieux, le fait de ne point agiter mes émotions et de rester comme ça dans une sorte de monotonie, d'avoir un rythme monocorde.

Je ne savais plus quoi penser, les mots, ou ses gestes ? Avec l'une de mes mains je frottai mon visage et mon menton comme pour le laver de la frayeur.
Le ciseau glissa sur la coiffeuse et tomba. Cela me fit sourire bêtement. D'une main habile elle frotta encore ma chevelure bien courte je pouvais le deviner. Au moins, je ne pouvais pas être pire qu'avant.
Je me dirigeai vers le miroir comme elle venait de me l'ordonner pour que je puisse m'observer. Je mis parfaitement en face du miroir, mes mains s'appuyaient sur la coiffeuse. Ce qui me choqua en premier fut ma figure pâle, fatigué... Tout était sur mon visage d'une rare beauté me dis-je ironiquement en écoutant la Maîtresse me demandant une remarque sur son travail.

Je m'observai un peu plus, avec quelques mimiques en regardant les côtés, c'était court, je sentais l'air frappé ma nuque. Sans doute une question d'habitude comme pour ce maudit collier, pensais-je. Je tournai ma tête pour fixer la Maîtresse. Qui était-elle vraiment ? Me demandais-je.
-" C'est un peu court pour moi, mais je m'y ferai, et puis d'ici quelques énnéades ils auront repoussés." Dis-je en frottant mon crâne.
-" Au moins je serai plus présentable." Concluais-je en ricanant timidement. Je m'approchai du lit sur lequel était allongé la Maîtresse, je pouvais contempler son corps. Je le faisais avec autant de dégoût qu'admiration. D'un geste vif je ramassai le ciseau au sol, et je tendis la pointe en direction du coeur de la Drow, j'étais évidemment loin de sa peau...
-" Ne craignez-vous pas que je puisse attenter à votre vie, Maîtresse ? " Questionnais-je sans donner l'intention de vouloir agir.
-" Nous sommes seuls dans cette pièce..." Murmurais-je comme pour affirmer qu'elle était peut-être un peu trop imprudente.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mer 12 Avr 2017 - 20:01

Un sourire joueur illumina le visage de la drow. Ce jeune blanc bec était plein de surprise... Ou était-ce elle qui était d'humeur taquine ? Quelle importance ? Il était inconscient et bouché mais son cran l'amusait. La peur des esclaves n'avait pas eu le temps de s'instiller jusque dans la moelle de ses os. Elle aurait put mal le prendre. Elle aurait put tuer de ses mains ce jeune arrogant qui venait de la menacer de façon imaginaire.

" Exacte. "
souffla-t-elle " Nous sommes tous les deux, seuls, et le garde n'entrera pas, quoi qu'il entende. Toi, moi, et une lame que tu brandis vers moi. "

Toujours appuyée sur un coude, l'autre bras suivant lascivement la courbe de sa taille et de ses hanches, son décolleté flou reposait sur son opulente poitrine, flattant sa peau d'encre par sa blancheur immaculée. Elle n'avait pas bougée sous la petite menace. Sa voix était suave. Son regard de lave faisait pression sur celui de son vis à vis, fouillant dans ses iris comme dans les tréfonds de son esprit.

" Alors frappe. " laissa-t-elle tomber, on ne pouvait plus sérieusement.
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Valère
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Jeu 13 Avr 2017 - 18:47

Mes paroles amusèrent la Drow millénaire. Un éclair de raison me fit prendre conscience de la folie de mon geste, même s'il ne s'agissait que d'une simple envie de jouer, une simple hypothèse. Elle confirma que le garde n'entrerait pas, et que par conséquent, comme je l'avais souligné, nous étions seuls dans cette chambre luxueuse.
Même si je voulais le cacher, ma main tremblait, et montrait la peur qui m'habitait. Son regard de feu se planta dans le mien et ne fit qu'accroître mon sentiment.
Plus encore quand sérieusement, elle m'autorisa de frapper. La Maîtresse se tenait avec sensualité, allongée sur le lit, attendant que je frappe.

-" Comment pourrais-je ? " Répondis-je en mimant une estocade en direction de sa poitrine. Troublé par son air aguicheur je détournai mon regard.
-" Que m'apporterait un tel geste ? La plupart des gens vous adorent, et je serai bon pour mourir peu après." Poursuivis-je en serrant fort le ciseau avant de le balancer contre le mur derrière la drow en le faisant effleurer le tissu au niveau de sa hanche. C'était de rage ! D'impuissance ! J'étais incapable de faire cesser les tourments de mon âme.

Et cette personne dans le lit, qui se moquait de moi, qui semblait m'observer comme un simple animal qu'elle analysait pour des expériences. Cet air supérieur qu'elle avait, en toute logique puisque j'étais devenu sa propriété, m'insupportait grandement.
Mes nerfs me jouaient des tours. Qu'y faire ? L'emprise qu'elle avait sur mon être me terrifiait. Je serrai les poings, vivement.

Mes jambes fléchissaient, mes genoux se plantèrent au sol.
-" Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous ? " Hurlais-je d'une voix frénétique en posant ma tête sur le lit, frappant le matelas avec mes poings, manquant souvent de frapper la maîtresse.
-" Pourquoi suis-je incapable de vous frapper mortellement ? On m'en voudrait, mais d'autres seraient fou de joie."
J'étais dans un état de désespèration qui contrastait avec ma menace juste avant. J'étais fou. J'étais en train de craquer.
Avec mes mains j'attrapai celle de la drow millénaire, et je l'embrassai avec vigueur. Mes lèvres heurtèrent les griffes de métal.
-" J'ai besoin de vous Maîtresse ! Même si j'ignore pourquoi, et que je vous hais." Clamais-je en rythmant mes mots par des baisers sur le revers de la main de la drow. Ici j'étais plus tranquille qu'avant, même si j'avais du mal à m'en convaincre, Lucile avait raison. Ma rencontre avec Wydrin aussi fut un beau moment... Devais-je oublier mes rêves de liberté, et admettre la supériorité de la maîtresse.

Ma résistance était vaine, et ne me causait que des soucis...
-" Pourquoi me faites-vous si peur ?"
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Lun 17 Avr 2017 - 13:26

Et voilà... Si peu et il craquait. Elle le laissa s'emparer se sa main sans protester, les doigts rudes de l'humain couvrant ses propres cales en tremblant tandis que l'humidité de ses lèvres caressait la peau d'encre. Et dans ce fervent empressement qu'elle avait pourtant vu à bien des visages d'esclave, elle reconnaissait une rage éperdue...




Ses pas las, l'avaient conduite en ces lieux intimistes. A genoux devant l'Avatar des Désirs, sa nouvelle épée reposant sur ses cuisses, ses poumons s'emplissaient et se désemplissaient de l'air chargé d'une résine au parfum de musque capiteux. Déchirée entre deux mondes, la veille de ses premiers pas en tant qu'adulte, elle ne voulait plus bouger. Elle ne voulait pas rentrer chez elle. Elle ne voulait même plus penser... Elle serra les mâchoires à s'en faire mal.

Pourquoi avait-il fallu que cela lui tombe dessus ?!

Les larmes lui vinrent une fois de plus. Ce qu'elle pouvait être stupide... Mais elle ne pouvait s'empêcher de revivre cette scène. Toujours la même scène. La puissance divine du liquide pâteux et rougeâtre qui s'écoulait en contrebat, jaillissant des royaumes du dessous. La chaleur étouffante de la forge. Les coups répétés de la masse sur le métal qui résonnaient dans l'air et s'écraser sur sa peau, creusant en elle de plus en plus profondément... Elle n'avait jamais vu un si bel homme. Elle n'avait jamais sentit une vibration si intime. Elle n'avait jamais goûter un tel moment. Elle n'avait jamais entendu un tel éclat.

Elle n'arrivait pas a oublier la fascination qu'elle avait ressenti. La Force infini d'Uriz qui se dégageai des du magma pour se transmettre au froid de l'acier sombre et lui conférer une forme frôlant la perfection des essences dignes de Teiweon. Jamais elle n'avait ressenti ça devant les combats, même les plus épiques.

En elle brûlait un Désir impérieux de revoir ce spectacle, de le comprendre et de s'y complaire.

Un désir contraire à son être, à sa famille, mais également à son devoir envers les Dieux.

Dans moins de dix jours, elle entrerait dans la Dohtka. Elle y excellait. Elle avait été éduquée pour cela. Elle n'avait pas d'autre choix.

Et pourtant...

Les yeux rougis, elle hurlant de frustration et de rage en brandissant son épée pour en frapper le socle de a statue. Une fois. Deux fois. Trois fois. Le marbre cliquetait sombrement.

« JE VOUS HAIS ! » hurlait-elle entre chaque coup sans réussir à frapper directement l'image d'Isten qui trônait devant elle.

Mais sa lame avait l'outrecuidance de ne pas se briser. La jeune fille finit par la jeter, retombant face contre terre. Elle sanglotait et hurlait du trop plein d'émotion qui menaçait de la faire exploser. « Pourquoi ?! » demandait-elle périodiquement dans un hoquet jusqu'à en être réduite à se rouler en boule aux pieds de la déesse. Elle était terrifiée... Absolument terrifiée.

Se tirant en tremblant pour tenir à genoux, n'osant même plus lever les yeux vers le corps d'obsidienne, elle effleura les pieds dansant de ses lèvres, les embrassant de plus en plus de vigueur.

« Ô Mère de tous les Désir, Femme d'entre les femmes, ne me laissez-pas ainsi. Je vous en supplie à genoux. Libérez moi de ces idées. »

Elle aurait tout fait, tout ! Pour l'espoir de comprendre son état et de se débarrasser de cette peur viscérale.

« Comment oses-tu rejeter les présents d'Isten ? Tonna pourtant une voix qui la fit se retourner, le cœur battant.
- Qui êtes vous ?! »

Une silhouette se tenait sous les voûtes, à contre jours. Depuis combien de temps ? La honte et la détresse se disputaient les nerfs fatigués de la jeune fille.

« Peu importe, je viens seulement te dire que le désir est le moteur de toute chose. Mis à nos cœurs pour les dieux eux-même, ils sont leurs voix en nous. Suis les tiens et tu honoreras les Dieux avec vigueur. »


La grande femme qui venait d'interrompre sa pitoyable supplique resta un moment là, debout, l'observant dans toute sa fragilité.

Elle se souviendrait à vie de ce regard à la fois accusateur et ampli de courage. Ses formes galbées tatouées de symboles, à peine couverte par quelques voiles colorés, inspiraient des envies au moindre de ses mouvements. Elle n'avait rien formulé de plus, puis elle était partie, la laissant seule devant l'autel avec ses doutes, sa peur, ses questions... et une voie toute tracée.

Le dernier souvenir qu'elle avait de cette journée, était d'avoir lever timidement les yeux sur le visage de la déesse. Un visage qu'elle avait trouvé à la fois magnifique et terrible. Un visage qu'elle avait haï et adoré.






Depuis ce jour dans le temple d'Isten, bien des siècles avaient passés. La déesse des désirs guidait ses pas plus que toute autre divinité. Mais depuis près d'un an, depuis qu'elle avait amorcé son deuxième Cycle, les choses changeaient peu à peu. L'ambition de son cœur avait évolué devant la défaillance des hérauts divins sensés être infaillibles. Et cette réminiscence, cet homme à ses genoux comme elle s'était jadis jeté à ceux d'Isten lui prouvait qu'elle avait fait le bon choix. Un goût de miel glissait dans sa gorge tandis que son sourire joueur restait impérieux.

Il était fébrile. Il était en colère. Il était désespéré. Il était terrorisé.

Un cœur si passionné dans une gangue d'incompréhension.

Libérant à demie sa main, le revers de ses doigts glissa sur la joue du jeune homme en un geste doucereux, son regard fendant celui de l'humain à la moindre occasion qu'il lui offrait. Elle l'observait avec l'attention tendre qu'elle accordait aux travaux d'une certaine finesse, tentant d'en déceler toutes les imperfections, les veines, les rainures, pour parachever la création.

« Souhaites-tu réellement que je réponde à tes questions ? »

La question était franche, elle ne l'obligeait pas à lever la tête pour la regarder. Ses doigts suivirent la ligne de sa mâchoire, passèrent sur la pointe de son menton avant de remonter sur la joue opposé jusqu'à souligner son œil du bout des griffes, flattant au passage ses mèches raccourcies.

« Tu débordes d'une telle intensité... »
murmura-t-elle en goûtant la texture de sa peau.

Elle avait l'impression de sentir son âme tinter au moindre coup, à la moindre accroche. Qu'elle force trop et il se briserait. Mais l'intrigant avait accroché l'intérêt de sa Maîtresse. Par son regard obtus et sa langue trop inconséquente autant que par la chance qui se rangeait de son côté. Il représentait un pari risqué. Un pari sur lequel elle n'aurait pas misé beaucoup... mais aujourd'hui elle allait tout de même miser, juste pour voir son jeu. Juste pour la possibilité de jouer.

Se mettant lentement en mouvement, elle se rapprocha jusqu'à poser un baiser sur son front avant de reculer juste assez pour que leurs yeux puissent s'affronter de nouveau, attendant qu'il réponde à son tour.
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Lun 17 Avr 2017 - 16:02

Je voulais tout briser, me déchaîner dans cette pièce jusqu'à en crever, jusqu'à mourir de fatigue. Seul la présence de la drow millénaire parvenait à dompter cette folie. Alors j'étais là, posant des questions, versant des larmes dans un mélange de candeur et de rage.
Ma cervelle allait exploser, mon coeur se briser en mille morceaux, je souffrais. Mes nerfs lâchaient. Et la Maîtresse ? Je ne savais plus, je la haïssais, et pourtant j'étais incapable de l'exprimer, au contraire, je me sentais obligé de l'adorer. Mes lèvres ne cessaient d'embrasser sa main, ses griffes comme s'il s'agissait d'une idole sacré. Comme si le souffle de ma vie en dépendait.

Mes sentiments, je n'arrivais plus à les faire chanter. Mon âme attrapait en cet instant, la peine, la peur, la haine, la rage et la passion le tout dans une frénésie qui me donnait mal à la tête. La foudre s'acharnait sur ma raison.
Lorsque je me calmai d'épuisement, et que quelques spasmes me firent frapper le sol d'un poing fébrile, la maîtresse ôta sa main.
Elle glissa le revers de ses doigts sur ma joue avec tendresse. Mon regard croisa le sien, elle m'observait plus comme une oeuvre que comme un humain. C'était mon impression, qui étrangement me flattait, même si tout dépendait du modèle.

Mon souffle était long, et saccadé. Les pupilles flamboyantes de Griffe-Argent me fascinaient par son hypnotisme.
Sa question parvenait à mes oreilles comme un danger à venir... Je m'en moquais, je n'attendais que des réponses.
Elle continuait de jouer sur mon visage de dessiner les traits avec ses griffes; je ne bougeais pas. Elle souffla une réflexion en s'amusant avec mes mèches de cheveux.

-" Je le désir... Je souhaite des réponses précises... Je dois savoir Maîtresse. Je vous en supplie." Répondis-je en redressant ma tête pour exprimer ma détermination. Ma main caressant mon collier en forme de ronce autour de mon cou.
-" Je dois comprendre... Pourquoi cette peur, pourquoi cette admiration... Pourquoi vous semblez indispensable à ma survie ? "

Ma tête se balançait dans des mouvements faibles comme pour essayer de récupérer mes esprits. La Maîtresse approcha ses lèvres et déposa un baiser sur mon front avant de reculer à peine pour que nos regards se croisent à nouveau. Le mien demandait miséricorde et des réponses, le sien me donnait cette amer sensation qu'elle jouait...
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mar 18 Avr 2017 - 18:20

Bien présomptueux aurait été celui qui se serait venté de pouvoir dire si la Maîtresse des Forges était sérieuse ou non. Bien présomptueux ou bien fou. Et le jeune homme tenait plus de l'un que de l'autre. Il la suppliait, avide d'une compréhension que son cœur ne supporterait qu'à peine. Il débordait comme une outre crevée par des coups répétés. Il pliait. Mais gare au métal trop chauffé. Elle regretta de ne pas avoir pris ses lames rituelles, mais elle pourrait faire sans, elle n'en doutais pas.

« Alors laisse moi te conter une histoire qu'un humain m'a raconté. Celle d'un jeune homme.

Depuis des années, ce jeune homme sert un homme obtus et coléreux. Pourtant il se pliait à ses ordres car c'était là sa vie et qu'il n'en connaissait pas d'autres. Puis il rencontra une jeune femme. Une lumière au milieu des jours ternes qui se succédaient pour lui. Elle aussi servait quelqu'un. Elle servait une femme qu'elle décrivait comme exigeante mais juste. Contrairement au jeune homme, elle aimait sa vie et ne voulait pas quitter son service car elle savait que l'injustice et la douleur existent partout.
Tout bascula le jour ou le Maître de ce jeune homme voulu s'en prendre à la jeune femme. Par colère ? Par jalousie ? Mais cruauté ? Dans tous les cas, le jeune homme le perça d'une flèche.
Soudain livré à lui-même, sa vie de jadis ayant disparut en même temps que la vie de son tortionnaire, il se rendit compte qu'il était seul et sans but. Même la présence de la jeune femme lui parut insuffisante. Il était perdu. Il doutait. Il ne savait que faire pour redonner un sens à sa vie. Alors il voulu fuir.

Car il ' souffrait d'être libre '.

Alors il alla trouver la femme que servait la jeune femme et risqua sa liberté sur un coup de dé.

Et il a gagné.

Depuis, le jeune homme à l'occasion de briller aux yeux de ceux qu'il sert. Avide de reconnaissance, il s'enorgueillit de faire un travail exemplaire, un travail qu'il s'imagine être le seul a pouvoir faire. Débarrassé du doute et de la peur, il vit au jour le jour, à la fois profondément apaisé et rebuté par ce qu'à exigé de lui son être profond. »


Tout en parlant, elle n'avait cessé de caresser la joue de l'humain. Son menton noir reposait sur son bras entièrement détenu dur le matelas.

« Regarde-toi... Tu es déchiré au point d'en pleurer. Tu ne me demande qui je suis, mais tu ne sais plus qui tu es, toi. »

Elle soupira et roula sur le côté dans un cliquetis métallique pour quitter la couche qu'elle avait pris d'assaut. Une fois debout, elle releva l'humain, une main glissant de son épaule à sa joue en une longue caresse.

«  Laisse moi calmer tes doutes, fils de la chance. La douleur que tu ressens, beaucoup la partagent. Le dégoût. La haine. L'admiration. La jalousie. La colère. L'impuissance. Tous les êtres, dans leur jeune temps, connaissent ce déchirement. Tu sais maintenant à quel point ne pas savoir qui on est peut être douloureux.

Tu vois, la majorité des gens ne supportent pas le poids de la liberté. Ils la désirent car cela donne un sens à leur vie. Mais s'ils la trouvent, ils souffrent comme s'ils tenaient des braises à main nue. Car à ce moment précis, il ne reste que soi. Toi-même, tu as trouvé la liberté. Une fois dans toute ta misérable vie. Et tu t'es empressé de la déposée entre mes griffes. Si les dés en avaient décidés autrement, tu l'aurais remise entre celles de Lucile.

Alors cesse de te tourmenter. Tant que tu te concentreras sur ce qui ne dépends pas de toi, tu connaîtras la peur, la jalousie, la haine et le doute. »


Elle passa les doigts sur les contours de son collier jusqu'à en saisir l'anneau, tirant légèrement sur celui-ci pour rapprocher le visage de l'esclave du sien.

« Tu voulais savoir pourquoi, moi, je te met dans un état pareil. Regarde dans mes yeux. Regarde bien. Tu y trouveras tout ce que tu ne veux pas comprendre de toi-même.

Ce n'est pas de moi que tu as peur. C'est de toi. De toi et de ce que tu risques de découvrir en plongeant ton regard plus profondément dans tes propres contradictions. Du vide abyssal que pourrait être ta vie sans quelqu'un pour te donner un but et de l’ignorance de ta propre personne.

La seule raison pour laquelle tu trembles devant moi, c'est la peur que t'inspirent tes propres failles et ce qu'elles te coûteront. Tu trembles car ton instinct est bon. Tu sais que je peux voir chaque mensonge auquel tu t'accroches. Façonner les choses et les êtres. Les révéler au monde et à eux-mêmes. Voilà ce qui m'amuse. Voilà ce que je fais et ce que je suis. »


Elle se tu, gravant le regard du jeune homme dans sa mémoire avant de relâcher l'anneau de son collier. Leurs visages étaient à un souffle l'un de l'autre, elle sentait le souffle du jeune homme sur ses lèvres et sa propre respiration s'égarait sur la joue blanche de son vis à vis.

« Je suis la Forge-l'Âme. »

Un sourire et un frisson délicieux suivirent cette simple déclaration. La première de son genre. Forgelame... C'était pourtant ce qui était noté en langue sombre sur son sceau, sur son glyphe, sur les capes de sa milice. Le double sens était le même en langue drow et en oliyan. Il avait toujours sonné à son oreille d'une mélodie toute particulière. Pourtant, ce n'était qu'aujourd'hui qu'elle acceptait de s'en parer réellement.

« Et peut-être te doutes-tu de ma prochaine question... » sourit-elle, presque innocemment.
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mer 19 Avr 2017 - 10:53

L'histoire débutait. Rapidement je compris qu'elle récitait mon passé avec une justesse terrifiante. Tout était vrai. La peur de la liberté, la recherche d'une étoile à suivre. Mon regard exprimait certainement un mélange de chagrin et d'effroi. Les doigts de la Maîtresse flattait mon visage, des gestes qui habilement me donnaient le sentiment de manipuler mon esprit et mon angoisse.
Les dés me donnèrent vainqueur. La pitié que j'implorais était un appel à l'aide. Je l'ignorais, et même maintenant, j'essayais encore de le nier. Le sens à ma vie ? L'avais-je trouvé ?

Elle voyait tout. Et la suite le confirmait. Qui suis-je ? Me demandais-je à répétition à la suite de sa phrase. Je n'acceptais pas ma nature. Pas encore. C'était trop dur.
Elle avait raison, si les dés avaient contrariés mon désir inconscient, alors j'aurais cherché une autre issu. Me retrouver devant la réalité m'effrayait. Je tremblais même. Oui je haïssais mon inconscient, et ses désirs...
Griffe Argent se leva, et m'aida à en faire de même.
Mes yeux dans les siens, je me calmai lentement, mon souffle se tranquillisa.

Je l'écoutai, encore, en silence, je regardai ses mains quand elle mentionna que j'avais volontairement mis ma liberté entre ses doigts. Ma tête s'agita lentement comme pour essayer de se convaincre du contraire. Ce que je vivais, elle avait déjà lu chez d'autres. Cela ne me soulageait pas vraiment même si je fis mine de l'accepter. Le métal de ses griffes frappa mon collier, doucement, avec délicatesse, je ne disais rien, j'étais troublé, je remuais tout ça dans ma tête, et ce n'était que le début.
La maîtresse tira légèrement sur l'anneau de mon collier pour m'obliger à me baisser un peu afin que mon visage s'approche du sien.

Des gouttes de sueurs perlaient sur mon front au moment où un échange intense du regard suivi les mots de la maîtresse forgeronne. Que c'était dur. Etait-je aussi faible que j'étais incapable d'assumer ma liberté d'antan ?
Mes mains avec rage attrapèrent ma tunique blanche au niveau du coeur avec une crispation telle que je me faisais mal. Comme si la bulle de savon dont j'avais enfermé ce que je refuser de reconnaître allait éclater. Je ne pouvais plus tenir le regard, alors ma tête se baissa. Mon destin était là ! Sous mes yeux, aux genoux de Griffe-Argent. Libre, j'étais incapable, avec ce collier j'avais cette force d'avoir un but. Sans elle je n'étais rien. -" Je le sais..." Soufflais-je par dépit, exprimant le fait que je comprenais, mais que je n'étais pas tout à fait prêt à l'admettre. C'était la ma douleur. Et je tremblai car je le savais.
Ainsi, tout était du à mon envie d'ignorer. Qui était mon interlocutrice ? Quand elle mentionna qu'elle s'amusait à façonner les êtres, je redressa mes yeux avec surprise. Que voulait-elle dire ?

L'anneau de mon collier tinta quand elle le relâcha. Son souffle sur ma joue leva mon coeur. Mes bras crispés retrouvèrent leur place le long de mon corps. Sans force.
Forge-l'Âme.
Je ravalais ma salive lorsqu'elle acheva en insinuant que je savais ce qu'elle dirait par la suite. Mes jambes flanchèrent petit à petit. La fatigue, nerveuse et physique devenaient insupportable. Je tombais à genoux, le profil de ma tête se colla contre le ventre de la Maîtresse.
Le silence, ce silence me tuait autant qu'il m'apaisait. Mes yeux rougis ne laissaient plus couler de larmes.

Je ne pouvais lutter contre le destin. Contre ce que j'avais fait. Il était trop tard. Même l'amour que je portais pour Lucile était insuffisant. Trop faible, la lueur de ma vie, les fils de mon existence, de mes choix, ils se trouvaient dans la main de Griffe-Argent. Sa grandeur m'avait captivé.
-" Maîtresse." Soufflais-je d'une voix faible.
-" Vous avez balayé ma fierté, mon orgueil, mon arrogance, toutes les murailles m'empêchant d'y voir clair. J'en souffre terriblement. J'en ai souffert. Vous avez réveillé mon âme, et j'accepte volontiers mes faiblesses, ainsi que le fait que je vous adore... Vous représentez mon ciel, mon soleil." Dis-je en tremblant. Pourtant parler me fit être bien. Mes poings serrés je levai ma tête en serrant la main de la Drow millénaire.
-" Vous désirez forger mon âme ? " Demandais-je dans un flot d'angoisse et de panique, avec un regard qui disait que j'étais prêt...







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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Jeu 20 Avr 2017 - 22:06

Il était tombé à genoux. Un fin sourire à la fois satisfait et dur se dessina sur es traits de la drow. De sa main libre, elle caressait ses boucles noires. Lorsqu'il leva la tête vers elle, ses griffes s'égarèrent de nouveau sur son cou d'ivoire.

-" Vous désirez forger mon âme ? "
« Non. »

Elle avait répondu tranquillement avec le calme de la vérité toute nue. Elle expliquait, comme on explique à un enfant que la vie n'est pas toujours juste. Ses gestes tendres et son ton calme rompaient avec l'ironie et la rudesse de ses mots.

« Tu es jeune et faible. Sans grande compétence. Travailler pour n'avoir au final qu'une pièce banale n'a rien de très amusant. La seule chose qui te distingue un tant soi peu du troupeau, c'est ta chance insolente et ta résilience... »


Son regard s'alluma de nouveau d'une flamme joueuse.

«  Et cela m'intrigue... J'aime autant les paris que toi. »

payer pour voir. Une pelote de laine qui l'occuperait peut-être quelques temps. Une bonne surprise si la durée était plus longue.

« Je me serai sûrement lassée de toi d'ici peu. Mais en attendant, la véritable question est de savoir si toi, tu veux abandonner ce qui te pèse. »

Plongeant dans ses yeux suppliant, elle s'écarta d'un pas, retirant sa main de la prise de l'humain.

« Un regard ne suffit pas, fils de la chance. Je veux une réponse. Je veux des mots. Je veux que tu t'entende prononcer ta propre sentence. » susurra-t-elle, un brin d'avidité dans la voix.
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Ven 21 Avr 2017 - 18:23

La Drow millénaire avait un regard dur plein de satisfaction qui mettait parfaitement sa suprématie su mon être. Sa main libre caressa ma tête avec douceur. Un frisson traversa mon esprit je voulais qu'elle mette fin à mes souffrances.
Ses doigts d'argent flattèrent ensuite mon collier de ronce qu'elle avait forgé il y a quelques jours. Le son de ce contact était agréable, et mes yeux grossirent à sa réponse négative. Que voulait-elle donc ? Ou alors n'avait je pas fait assez ?

Je contemplais sa grandeur d'en bas avec des yeux d'enfant je l'admirai comme une représentation sacrée.
Jeune et faible. Sans grande compétence. Je travaillais pour une vulgaire pièce. La seule chose qui me distingue de son troupeau c'est ma chance et ma résilience. Je répétais les mots de la Maîtresse. Elle me jetai en pleine figure du haut de son piédestal ma réalité. Mes yeux vitreux restaient figés dans ceux écarlates de mon interlocutrice. Elle jouait avec moi.

Mais comment contredire ce qu'elle disait.
Jeune, je le suis. Faible, certainement. Mes compétences, elle sont médiocres, ordinaires. Et je ne m'amusais guère à travailler dur pour rien. Et pourtant dans ce malheur, j'avais de la chance, et une capacité de résilience que je possédais involontairement.

Et je l'intriguai. Elle voyait en moi un pari, une pièce à jeter dans l'air. Je tenais sa main, je l'écoutais me dire que mon regard n'était pas suffisant. La Maîtresse me mettait par conséquent juste devant le précipice, un gouffre dont un brouillard beau m'empêchait de voir le fond. Je devais plonger.
Le garde m'avait dit -" Il valait peut-être mieux mourir que de vivre cet entretien ".

Toutefois, je n'avais plus le choix. Je ne pouvais plus reculer. Devant mes yeux se trouvait la lumière, l'être suprême. Je devais l'admettre. Il fallait que je brise mon orgueil pour cela. Un pied jouait avec le vide du gouffre.

Elle voulait m'entendre, elle voulait que de mes lèvres sortent ma sentence. L'avidité de sa voix m'effrayait par sa beauté. Fils de la chance disait-elle. Un surnom ironique sans doute. En cet instant, ma cervelle était dans un état second. J'étais fasciné par ce gouffre qui m'attendait. J'essayai de penser à Lucile, en vain, rien ne faisait plier ma volonté, et mon âme m'hurlait que son écrin se trouvait dans la paume de la main de Griffe-Argent.
La Maîtresse recula d'un pas, sa main s'échappant de l'emprise des miennes et se retrouvèrent contre mon coeur. Ce coeur que j'allais remettre à la merci de la forgeronne. Il n'y avait guère de solutions. Tout ce qu'elle avait dit était juste.
Cette peur de la liberté. Le fait d'avoir gagné au dés, la recherche d'une gloire que je ne trouvais qu'à travers ses félicitations. Et cette obligation que je ressentais de trouver quelqu'un pour avoir un but. Et c'était elle !

-" Je le veux, je désir plus que tout perdre la fardeau qui pèse sur mon âme. Je vous en conjure, faites-le." Suppliais-je d'un ton déterminé. Les deux pieds dans le vide je venais de tomber en fermant les yeux.
-" Ecrasez de votre talon les impuretés qui gangrène ma vie." Poursuivis-je d'un ton plus bas en baissant lentement mon regard.
-" Je serai perdu sans vous... Je m'abandonne à votre volonté afin de pouvoir me révéler."
Ma tête se baissa encore plus, du moins jusqu'à ce que le collier ne me bloque.
-" Je vous en supplie. Je dépose mes espoirs et toute ma vie dans le creux de vos mains, guidez-moi Maîtresse. Eclairez ma fragile existence." Soufflais-je d'une voix cette fois plus faible au milieu d'une tension délicieuse. Je venais de jeter ma sentence. Une chaleur intense m'étouffa, ma respiration se saccada au point que tremblant mes mains se posèrent au sol.
-" Je ne peux contester votre suprématie... Aidez-moi..." Dis-je en me prosternant au milieu de spasmes que je ne pouvais contrôler.
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Sam 22 Avr 2017 - 10:04

Elle retint un soupire déçu. Dans le genre grandiloquent et mauviette, elle avait tiré le gros lot. Elle se souvenait soudain pourquoi elle évitait de ce prendre à ce genre de jeu avec la lie des êtres doués de conscience. Au lieu de se relevé, il attendait encore avec plus de ferveur qu'elle lui marche dessus... Il n'y avait rien à en tirer d'intéressant... Elle faillit s'en désintéressé de suite... mais en le regardant tremblé, face contre terre, une idée nouvelle germa soudain dans son esprit...

" Je t'aiderai. " sourit-elle finalement, semblant apaisée.

Elle s'assit sur ses talon juste devant lui, passant une main réconfortante dans son dos, muette jusqu'à ce qu'il ose lever la tête même si cela devait prendre plusieurs heures. Dans la langue des sombre, elle murmurait des paroles au rythme inhabituelles pour des oreilles oliyannes. La mélopée avait quelque chose de mélodieux tandis que la main continuait son manège, glissant des reins du jeune homme jusqu'à sa nuque en suivant sa colonne vertébrale.

Lorsqu'il releva les yeux, c'est un sourire doux et un regard presque tendre qu'il put croiser sur le visage de l'elfe noire.

" Bienvenu dans ta nouvelle chambre. " l'accueillit-elle lorsqu'enfin, il accepta de relever les yeux.
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Sam 22 Avr 2017 - 15:42

Cette chaleur, elle m'étouffa, saccada mon souffle. Je toussai par période. Mon poing frappait le sol de rage, d'impuissance. Il fallait que cette douleur cesse. Ce saut vers l'inconnu me mettait mal à l'aise. Mes suppliques reçurent une réponse positive. Elle allait m'aider ! Mes yeux fixant le sol versèrent quelques larmes. C'était fini. Une nouvelle existence s'ouvrait à moi, pensais-je sans vraiment m'intéresser des conséquences. Allais-je enfin savoir qui j'étais vraiment ?
Elle s'approcha pour s'accroupir devant moi. Je n'osai point lever les yeux. Pas encore. J'avais trop mal. Ma stupeur persista et s'apaisa un peu quand je sentis la main réconfortante de la maîtresse sur mon dos. Pourquoi ? Me demandais-je. Des gouttes de sueurs s'échouaient sur le sol.

La main sur mon dos, s'appuya avec tendresse sur ma colonne; ma nuque avec un petit quelque chose que je ne pouvais décrire, mais qui agita mon esprit, alors je me demandai pourquoi ne pouvais-je pas me rebeller comme autrefois avec le chevalier ? Pourquoi sentais-je autant de respect pour la Drow ? Pire encore un respect, une peur, une adoration qui allait au-delà du simple respect...
Une douce mélodie dans une langue qui m'était totalement inconnue s'évadait dans un souffle fascinant des lèvres de Griffe-Argent.

Une voix qui me charmait sans que je ne sache pourquoi, et était en train de confondre mon angoisse. La main d'argent de la maîtresse se posa sur mes reins, et dessina le trait de ma colonne avec toujours des mots incompréhensible. Sa course une nouvelle fois s'acheva sur ma nuque vêtue du collier.
Combien de temps ? Je n'en savais rien tant j'avais plus ou moins perdu la notion du temps.
Doucement le poison et les maux qui m'habitaient s'évanouirent, ce fut à ce moment que je levai les yeux pour admirer les billes vermeilles de la forgeronne. Son regard était doux, et tendre... L'une de main frotta mon front vivement comme pour ôter de ma cervelle les mauvaises pensées. Qui hélas en tarderaient pas à venir s'accrocher brièvement lorsqu'elle m'annonça que j'étais dans ma nouvelle chambre.
-" Comment ? " M'exclamais-je en pensant de suite à Wydrin et ce qu'elle m'avait raconté. Allais-je devenir un esclave personnel de la drow millénaire...
Je remuai ma tête frénétiquement, puis plus calmement pour observer la chambre. Elle était d'un luxe que je n'avais jamais imaginé auparavant.

Mes genoux plantés sur le sol, je me redressai fièrement.
-" Je serai bien ici. Merci." Dis-je en souriant timidement, en me disant qu'en effet, j'avais quand même de la chance. Je ne regretterai pas le dortoir, seulement la présence de Lucile. J'espérai pouvoir la retrouver plus tard. Même si étrangement, cette scène avait grandement entamé ma passion pour elle.
-" Et la suite Maîtresse ?" Demandais-je avec curiosité en retrouvant mon souffle. Cette chambre avait un prix je n'en doutais pas. La merveilleuse chute commençait.
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mar 25 Avr 2017 - 19:16

Krish tourna les talons, lançant simplement par dessus son épaule :

" Il me semble que tu voulais travailler aux écuries, non ? "


Atteignant la porte sans un regard en arrière elle, elle l'ouvrit d'un mouvement ample, faisant sursauter le garde.

" Applique toi, fils de la chance. je t'appellerai lorsque je le jugerai nécessaire. "
puis au garde " Prévenez les autres. Cette chambre est à lui maintenant. Qu'il mange comme il le désire et quand il le désire. "
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MessageSujet: Re: la Morsure du froid   Mer 26 Avr 2017 - 9:56

La drow millénaire passa à côté de moi, simplement en me lançant une réponse simple.
-" Effectivement..." Répondis-je instinctivement. Une moue sur le visage, je ne savais absolument pas ce que je devais penser de tout cela. Toutefois, je me disais que je ferais mieux de ne pas trop réfléchir. En effet, pouvoir travailler aux écuries me plaisaient, et je n'allais pas m'en plaindre.

Je ne me retournai pas, je l'écoutai simplement; me nommer encore, fils de la chance avec un rictus amer tant ce surnom me semblait fort ironique dans un certain sens. Mais j'avais l'esprit plein de candeur, alors je me consolai comme je le pouvais en m'accrochant aux moindres petits signes positifs. Je ne répondais plus rien. Je l'entendais annoncer au garde ce qu'elle venait de m'affirmer. Cette chambre luxueuse était à moi... Je ne savais même pas où elle se situait dans le domaine.
Je devais attendre un signe maintenant... La porte se referma sur misère, ou sur ma fortune ?
Chancelant, je me relevai, je marchai dans la chambre en posant mes doigts sur le haut du lit, sur les murs... Puis je ramassai le ciseau, avec haine je le contemplai, il représentait ma faiblesse, j'essayai de le tordre, inutilement, alors avec fracas je le posai sur la coiffeuse en m'admirant dans le miroir.

Ma main glissa sous mes yeux, mes joues, dans mes cheveux. Je me haïssais, j'étais tombé dans le piège de mon orgueil. Sentant la fatigue m'emporter, alors je m'allongeai sur le lit.

Les jours suivants rien ne semblait avoir changé, je travaillai aux écuries, auprès de Tril et Hassas... Etrangement je sentais que mes compagnons, et Lucile m'en voulaient un peu, en m'avertissant du danger... Je leur répondais juste; nous verrons bien ! Pour l'instant tout va bien.
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la Morsure du froid
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