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 Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Mer 19 Avr 2017 - 21:05

Début de la troisième ennéade du mois de Favriüs
An 9 du XIème cycle



L'automne commençait à peine et pourtant la région se parait déjà de ses couleurs si typiques en cette saison. A mesure que le couple progressait en Malereg, leur ciel se teintaient peu à peu de rouge et d'or. Fenris retrouvait avec plaisir ces paysages inoubliables. Il connaissait les environs par cœur pour les avoir maintes fois parcouru tandis qu'il éprouvait son Don pour la Symphonie. Les territoires des animaux avaient sans doute changé mais, à part cela, tout était tel qu'il s'en souvenait. Il se remémorait la route, se rappelant de chaque virage et de chaque bosse, remarquant les réparations sur le pavage de la Longe, reconnaissant le mélange de parfums des arbres alentours.
Il n'était pas rentré chez lui depuis si longtemps... L'année de son entrée à l'Académie militaire. La moitié de sa vie.

En quittant les Wandres, ils avaient retraversés la rivière pour retrouver un terrain connu et la douce mélodie de l'Anaëh. Puis ils avaient suivi le cours de l'eau jusqu'à la cité d'Eldarinwa. Là, ils purent retrouver le confort de la civilisation : des vivres, des vêtements propres, un lit confortable et un bain. Ils ne s'attardèrent qu'une ennéade, le temps de vérifier que tout était rentré dans l'ordre pour l'épaule de Fenris, puis ils reprirent leur voyage en suivant cette fois les sentiers battus et les routes jusqu'en Malereg. Même si cela les éloignait de leurs obligations respectives, il leur fallut une bonne ennéade mais ce n'était rien en comparaison de leur dernier périple.
Et encore, ils avaient eu de la chance de croiser la route de Randil le lendemain de leur arrivée dans les Wandres...

Finalement, au sommeil d'une colline, Fenris arrêta sa jument pour observer le paysage qui s'étendait sous leurs yeux. Là, au bord de la rive, s'étendaient deux îles comme des cités flottantes, savant mélange de nature et de constructions. Cela ne valait certes pas l'Arbre-Palais d'Ardamir mais cette vue si familière et chère au cœur du cavalier lui arracha un sourire plein de nostalgie et de bonheur.

-Bienvenue à Malereg, Nin Meleth.

Il se tourna vers Halie et posa sur elle un regard plein de tendresse. Il était heureux de rentrer chez lui et sa joie était décuplée par sa simple présence. Néanmoins, il n'ignorait pas la crainte qui était la sienne. Après tout, cette visite n'avait rien d'anodine car ils faisaient ce détour pour une bonne raison : annoncer leur relation à sa famille. La Protectrice avait déjà croisé les parents de son compagnon et ses craintes étaient justifiées mais Fenris voulait se montrer confiant. Il n'ignorait pas que le sang Noss de sa compagne pourrait poser problème mais il estimait que son rôle était de la rassurer afin qu'elle se présente avec le moins d'appréhension possible. Il posa donc une main aimante sur celle d'Halie tout en lui souriant avant de reprendre la route.

Pied à terre dans les rues de la cité, Fenris avançait suivi de près par Inysiëis. De temps à autre, il vérifiait que la Protectrice le suivait toujours. Il choisit un itinéraire avec peu d'intérêt touristique mais qui leur permit de progresser plus aisément dans les rues pour se rendre jusqu'au lieu qui les intéressait, à l'autre bout de l'île. Sur son passage, quelques personnes se mirent à chuchoter en le regardant, se demandant sans doute s'il s'agissait bien du cadet des Nöldorion.
Il fallait avouer qu'il avait bien changé en un siècle...

Peu à peu, le nombre de commerces diminua pour laisser place à des habitations toujours plus grandes, belles et anciennes. L'Aigle passa devant un grand nombre d'entre elles sans s'arrêter et sans même chercher à croiser les regards de résidents qui pouvaient s'y trouver. Après une si longue absence, cela aurait été prendre le risque de se faire alpaguer pour un long moment alors que tous deux rêvaient d'arriver, et ce malgré toutes les craintes.
Finalement, Fenris bifurqua au détour d'un sentier, se dirigeant manifestement vers une nouvelle demeure. Un grand bâtiment parmi les plus anciens du quartier se dressait au bout du chemin, entouré d'arbres millénaires aux couleurs dorées. Les pierres choisies pour son érection s'accordaient à merveille avec le paysage automnal. Derrière dépassait du toit un immense nuage de feuilles de bronze, signe de la présence d'un Laurenorn, cet arbre que l'on trouvait uniquement en Malereg et Linoïn depuis la chute d'Aduram.
Tandis que les deux voyageurs approchaient, une certaine agitation se saisit des lieux. Un homme en train de ratisser les quelques malheureuses feuilles déjà tombées lâcha son râteau à la vue du jeune homme et se précipita à l'intérieur. Croisant une servante avec un plateau circulant sous une arcade extérieure à l'enceinte, il la héla, lui demandant visiblement quelque chose. Elle lui répondit, manifestement surprise, et il reprit aussitôt sa course, s'enfonçant plus avant dans le bâtiment et disparaissant de la vue du couple. Puis, la jeune femme observa les environs pour voir ce qui le mettait dans un état pareil et vit les deux cavaliers descendre le sentier. Elle poussa un petit cri de surprise et se précipita à son tour, cherchant visiblement à rejoindre les cuisines pour y déposer son plateau.

Fenris et Halie n'avaient pas atteint les quelques marches qui formaient le perron que deux silhouettes apparurent à la lumière du soleil de l'après-midi. La première était grande et mince, ses cheveux si blonds qu'ils en étaient presque blancs noués en un élégant chignon. Melian, la mère du jeune Aigle portait une robe bleue foncée. Elle tendit les bras vers son fils alors qu'elle descendait l'escalier pour aller à sa rencontre. Son époux, Eölir, lourdement appuyé sur sa canne comme pour soutenir le poids des ans sur ses épaules, demeura au haut des marches qui lui étaient désormais difficiles à descendre.

-Fenris, quelle surprise.

Arrivant à la hauteur de son dernier né qui mesurait quelques centimètres de moins qu'elle, elle déposa un baiser sur sa joue et lui adressa un sourire. Sa joie était sincère bien que mesurée.

-Pourquoi ne pas nous avoir prévenu de ta venue ?

-Le message serait arrivé après nous, j'en ai peur. Lui répondit-il avec un sourire ravi et amusé.

Puis Fenris se tourna vers sa compagne.

-Vous vous souvenez d'Halyalindë Yasairava, la Dame Protectrice d'Ardamir ?

-Bien sûr. Soyez la bienvenue.

Melian adopta une posture plus distance après la présentation d'Halie, non pas à cause d'un quelconque ressentiment à son égard mais par pure forme. Elle lui adressa un sourire poli accompagné d'un signe de tête.
Tandis que la maîtresse des lieux accueillait son fils, quelques serviteurs arrivèrent sur place. L'un d'eux, venant de l'arrière de la demeure, rejoignit directement le petite groupe.

-Erelion, pouvez-vous vous occuper des chevaux s'il vous plaît ? Liniënaël ?

-Oui Madame. Répondit une femme sous les arcades où avait été aperçue la servante un instant plus tôt.

-Veillez à ce que l'on prépare leurs chambres. Erelion y fera porter leurs affaires. Ajouta Melian tout en se tournant à nouveau vers l'intéressé qui s'inclina en guise de réponse.

-Bien Madame.

Tandis que la plupart des serviteurs présents se mettaient à l'ouvrage, la Dame se retourna enfin vers ses invités, leur adressant ce sourire poli dont elle avait le secret.

-J'imagine que vous devez avoir envie de vous rafraîchir un peu et de vous reposer. Nous aurons tout le temps de discuter autour du dîner.

Fenris inclina légèrement la tête en guise de remerciements pour son attention avant d'aller saluer son père qui le serra dans ses bras. Melian intercepta gentiment la Protectrice et l'accompagna auprès de son époux afin de lui poser une question sur le chemin.

-Je vois que vous voyagez très léger. Fenris trouvera tout ce dont il a besoin dans sa chambre mais vous ? Souhaitez-vous que je vous prête quelques toilettes pour votre séjour ?

Evidemment, il ne s'agissait pas vraiment de ses propres vêtements mais, en bonne hôtesse, elle avait toujours de quoi répondre aux besoins de ses invités.


Dernière édition par Fenris Nöldorion le Sam 22 Avr 2017 - 12:30, édité 2 fois
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Jeu 20 Avr 2017 - 16:50

C'est avec un réel soulagement qu'elle avait retrouvé les confins d'Anaëh. Certes, ils ne s'étaient pas aventurés bien loin dans les Wandres, mais Halya était parfaitement contente de ne pas avoir eu à y progresser davantage car les voix qui lui parvenaient dans les terres mortelles étaient tout aussi réelles mais bien moins harmonieuses. Elle n'en avait pas fait part à Fenris mais depuis leur confrontation avec les nécromans, elle avait l'impression d'avoir franchi un nouveau cap dans l'étrange phénomène qui lui collait à la peau depuis Eraison. Ses sens ne lui jouaient plus de tour, mais elle devait parfois fournir un effort conscient pour pour transposer l'information en ressentit. Elle s'écorchait sans avoir mal. Elle sentait la main de Fenris sur la sienne sans en frisonner. Elle sentait la brise sur son visage sans en éprouver d'apaisement. C'était comme être prisonnière d'une cloche de verre à travers laquelle elle pouvait voir, parler, commander des actions, sans jamais être en contact direct avec le monde extérieur. L'explication de Fenris faisait sens... Et ce n'en était que plus troublant. De temps à autre, elle faisait montre d'une certaine mélancolie. Pourtant, elle se sentait plus sereine que bien souvent lors de ces derniers mois et s'appliquait à ne pas inquiéter le cavalier.  Il avait fait et faisait encore tellement pour elle qu'il aurait été cruel de lui imposer ces détails sur lesquels ni elle, ni lui n'avaient le moindre contrôle. Bien sûre, elle savait qu'il n'était pas dupe et elle lui répondait honnêtement lorsqu'il lui posait des questions sur son état, mais ne s'étendait jamais plus que nécessaire, l'heure n'étant pas au patos.

C'était en parti grâce à lui qu'elle avait pu retrouver Randil et c'était là une source de soulagement et de joie qui avait grandement contrebalancer les quelques désagréments de sa santé. Elle aurait cru se sentir plus légère et imaginait retrouver son fils tel qu'il avait été, mais la réalité doucereuse lui suffisait. Même si leur relation était différente, même si Randil se comportait différemment, elle savait que c'était la plus belle chose qui pouvait lui arriver. Il appartenait à une meute plus grande, plus forte que celle qu'ils formaient. Il avait des frères et des sœurs qui n'auraient jamais à choisir entre lui et leur propre nature. Et cela ne l'empêchait en rien de trouver sa place parmi eux ! Laissant Maehgan suivre Fenris, elle passait une heure ou deux chaque jour auprès de la meute, observant, obéissant, comprenant les liens et la hiérarchie que les loups établissaient. Leur organisation était encore souple, ils n'avaient du se regrouper que quelques jours au plus avant les retrouvailles de la Dame Louve et du Vagabond devenu dominant de sa propre meute. Naturellement, les loups restaient à bonne distance tout en suivant globalement les déplacements des deux elfes en route vers Malereg. Cette preuve de l'attachement de Randil suffisait à gonfler d'affection le cœur de la guerrière, mais elle ne voulait pas les brusquer. Ne pouvant y passer que peu de temps, elle restait une étrangère à leurs yeux. Mais elle avait le temps. Tout le temps du monde.

Dans les Wandres elle et Fenris avaient retrouver Randil. Les détails de ces retrouvailles importaient finalement bien peu car un poids immense avait disparu de ses épaules. Cette quête était finie, Randil était en vie et ils retournaient en terre connue, voyageant à un rythme moins soutenu. Les plaisanteries légères pointaient plus souvent le bout de leur nez.  Les regards doux croisaient les sourires dégagés. Elle ne lui avait pas demandé s'il était finalement tombé sur les dessin dont elle avait maculé les dernières pages de son carnet de voyage et elle les avait peu à peu oublié. Une silhouette lupine, quelques croquis de l'étrange squelette wandrais et de son livre et cette double page sur laquelle elle avait quelque peut laisser son esprit vagabonder... Peut-être était-ce mieux qu'elle l'ai oublié en fait.

les avant-dernières pages:
 

Loin des yeux curieux des humains croisés dans les Wandres ou des habitants d'Eldarinwa, les baisers volés au détour d'un camp à plier ou d'une sangle à serrée étaient revenus aux lèvres taquines de la guerrières. Son esprit était prompt à profité de l'instant sans en vouloir davantage, libéré de la traque des plus infimes indices. Et les paysages de l'ouest et du Nord avaient de quoi la ravir ! En haut de la colline, dans une légère trouée, ils avaient put voir la Cité de l'Epine Dorée dans son écrin de feuille flamboyantes. Elle souriait autant devant le spectacle que devant l'expression de son compagnon, heureux de rentrer chez lui pour la première fois depuis des décennies. Ce début d'automne donnait un dégradé tout particulier, ou peut-être était-ce simplement la région. Les essences végétale, les odeurs, les couleurs, le climat. Tout différait d'Ardamir d'une façon à la fois légère et indéniable. Même la symphonie y était différente.

En revenant sur les terres elfiques, elle avait d'ailleurs pu confirmer que les voix qu'elle entendaient prenaient tout l'espace laissé par la Symphonie lorsque cette dernière était étouffée... Et inversement, les chuchotement devenaient imperceptibles à de rares exceptions lorsqu'elle était entourée par l'OEuvre. Cela dit, plus elle les comprenait, moins elle avait envie d'approfondir ce nouvel état de conscience. Elle voulait juste s'en débarrasser. Pour cela, et grâce à l'idée de Fenris, elle avait définitivement arrêté son choix sur Holimion. Maintenant que ceux qu'elle aimaient étaient plus ou moins en sécurité, elle pourrait penser à venir à bout de ces étranges phénomènes et retrouver peut-être un jour un visage un peu moins maladif...

Mais avant tout, ils allaient s'arrêter à Malereg, comme convenu avant de passer l'Olyia. Les pensées de la rouquine s'égaraient souvent sur ce qui allait s'y passer, car contrairement à alors, la rencontre avec les Nöldorion était loin d'être un hypothétique future... et au vu de ce qu'elle avait vu d'eux lors de leur premier furtive rencontre, bien que charmant ils n'étaient pas les personnes les plus démonstratives qu'elle avait eu l'occasion de rencontrer. Certes, elle n'était pas plus effrayée que le jour ou elle avait proposé cette rencontre à Fenris. La peur qui restait à distance lorsqu'elle état près de lui n'était pas revenue au galop pour une raison mystérieuse. Mais quand même... Elle se demandait comment ça allait se passer.

La ville en elle-même était magnifique du point de vue de l'Ardamirie. Du temps où elle avait fait parti des Aigles, elle avait été envoyé aux quatre coins de l'Anaëh. Certes, le moment de se prêtait pas à la visite et elle n'avait vu qu'une infime partie des splendeurs de leur royaume, mais les cités très minérales lui faisaient toujours un petit quelque chose. Quatrième Saison l'avait surprise plus que toutes autres mais Malreg avait déjà un peu de cet esprit qu'elle n'avait découvert que tardivement dans sa vie. Voir la grandeur de ce que les elfes pouvaient créer en total contradiction de la Prime Oeuvre avait quelque chose d'à la fois fascinant et dérangeant. Bien loin du chaos des villes humaines qu'elle avait put voir des siècles auparavant comme Naélis et Thaar, les Cités de pierre semblaient le plus souvent agencées avec soin et passaient des siècles sans subir le moindre changement. Une œuvre savamment étudiée qui perdurerait toujours... ou du moins, aussi longtemps que le permettrait Kÿria. Il était normal que dans de tels bastions, les elfes aient fini par oublié ce détail que le Voile avait rappelé de façon brutale.

Pendant qu'Halya se laissait allé à découvrir les alentours, tournant la tête de-ci, de-là, Fenris les guidaient tout deux sans la moindre hésitation à travers les boyaux et rues de la cité bicéphale que formait les deux îles côtière. Quelques chuchotements, quelques œillades sur leur passage que l'Ardamirie évita soigneusement de rendre tout en ne pouvant ignorer leur existence. Elle avait beau connaître l'importance de la lignée du cavalier, ce genre de réaction l'étonnaient toujours au plus haut point.

« Tu avais oublié de me dire que ton arrivée avait été annoncé par tous les crieurs publiques de la Cité... » souffla-t-elle avec un sourire au détour d'un croisement.

Lorsqu'ils approchèrent d'une ancienne bâtisse parfaitement entretenue, Halya ne put s'empêcher d'ouvrir un peu plus grand les yeux. Déjà, la demeure en elle-même était magnifique. Des pierres finement travaillées. Une allée bordée d'un jardin. Les feuille cuivrés d'un Laurenorn derrière la maison... Et deux serviteurs. De loin, elle vit un jardinier partir en courant, puis se qui ressemblait à une gouvernante. Étant donné son âge apparent, ils auraient été à Ardamir, elle aurait parié qu'elle faisait son apprentissage, mais ici, tout pouvait être différent.

- Ah, tien... 

Un bon mot sur le bout de la langue concernant la débandade que créait leur arrivée – ou plutôt l'arrivée de son compagnon, elle n'en doutait pas – l'Ardamirie resta pourtant muette, se tournant plutôt vers le cavalier pour lui adresser un sourire complice.

Puis les parents de Fenris apparurent sur le seuil sous la lumière d'automne. Sa mère portait une robe dont le bleu rappelait celui d'une des tuniques que Fenris portait souvent du temps de son rétablissement. Sûrement une teinte de la région.

-Vous vous souvenez d'Halyalindë Yasairava, la Dame Protectrice d'Ardamir ?
-Bien sûr. Soyez la bienvenue.
- Merci. C'est un honneur de vous revoir, Heri. Salua simplement l'étrangère avec un sourire, laissant avec plaisir Fenris capté la quasi totalité de l'attention.

Les Nöldorion semblaient heureux... d'une façon mesurée et distante, mais heureux tout de même. Et a voir leurs hôtes évoluer au milieu de la discrète armée des aides qui devaient s'occuper de leur fantasque domaine, Halya voyait le caractère de Fenris éclairé sous un angle nouveau. Elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine curiosité pour les petits détails de ce lieu dans lequel il avait grandi. Tout ici était intrigant, de la raison de leur venue aux mœurs de la Cité en passant par la vue elle-même.

Après avoir saluer le jardinier et laisser Maeghan entre ses mains, Melian adoptant un pas bien plus lent que nécessaire, la guerrière avait ralenti de concert, laissant son compagnon aller saluer son père. La proposition de la maîtresse de maison lui donna l'impression étrange d'être à la fois une exquise politesse, un soucis sincère de sa part et un léger reproche. Non... Pas un reproche. C'était quelque chose de plus nébuleux... Sa remarque était si naturelle qu'elle pointait sans même le vouloir ce qui dérogeait aux habitudes de la maison. Une sorte de respect scrupuleux des convenances, peut-être... En tout cas, cette femme avait quelque chose de Kaëlis, c'était indéniable, et la comparaison fit intérieurement sourire la rouquine.

Mais malgré cette impression curieuse, la proposition de la dame ne froissait en rien l'Ardamirie. C'était sans doute son propre esprit tournant à bonne vitesse qui surinterprétait les choses. Elle était vêtue pour un voyage dangereux à la durée indéterminée, son armure, comme l'ensemble de sa tenue, était fatiguée et cela ne pouvait que se voir. Elle n'en était pas gênée mais il était vrai que quelque chose de plus léger ne serait pas de refus.

Elle acquiesça.

- C'est très aimable de votre part. Cela fait des ennéades que je n'ai pas eu l'occasion de porter quelque chose d'un peu plus léger. Merci.

Une fois en haut des marches, elle inclina respectueusement la tête envers celui qui avait longtemps servit Anaëh le glaive au point.

- Heru Eölir, le salua-t-elle sobrement.

En terrain inconnu, elle laissait ses hôtes donner la mesure.

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Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

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Dernière édition par Halyalindë Yasairava le Jeu 20 Avr 2017 - 18:55, édité 1 fois
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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Jeu 20 Avr 2017 - 18:49

Fenris desserra son étreinte sur son père qui le saisit assez vigoureusement à l'épaule de sa main valide.

-Laisse-moi te regarder, mon fils. Le voyage a été rude semble-t-il.

-Vous ne croyez pas si bien dire. Répondit l'Aigle avec un sourire tout en repoussant délicatement la main qui serrait sa blessure récente.

Le geste ne passa pas inaperçu aux yeux du paternel qui fronça les sourcils, interloqué.

-Ton épaule te fait toujours souffrir ?

Fenris sourit devant la marque d'attention de son père. Malgré son âge qui avançait, il était toujours aussi observateur et perspicace. Il n'avait plus vraiment mal mais il se ménageait malgré tout. Son articulation et ses muscles avaient été trop malmenés depuis quelques temps... Un peu de repos ne leur ferait pas de mal.

-Il s'agit d'une blessure plus récente. Je vous raconterai.

-Mais pas à portée de mes oreilles !

Melian avait légèrement pris les devants d'Halyalindë en entendant la conversation des deux hommes. Le sourire qu'elle avait adressé à la Dame Protectrice avait disparu tandis qu'elle s'adressait à eux. Un sourire de politesse, pour signifier à la Dame qu'elle n'avait aucune honte à avoir ou tout simplement de satisfaction ? C'était difficile à dire. Mais cette fois, son sérieux ne faisait aucun doute. Elle n'aimait guère entendre sa propre chaire évoquer ses souvenirs de bataille et apprendre comment ses fils avaient risqué leurs vies ou avaient frôlé la mort. Aussi, les conversations de cet ordre se déroulaient toujours en son absence.

Halyalindë rejoignit les Nöldorion dans la seconde qui suivit et Fenris s'écarta d'un pas pour lui laisser la place sur la dernière marche. Il l'observa s'incliner et saluer son père avec respect. Jusque là, elle faisait un sans faute mais ils venaient à peine d'arriver.
Eölir sembla apprécier sa démarche et lui rendit son salut.

-Heri Yasairava, c'est un honneur de vous recevoir. Beraïlin va vous conduire à votre chambre. Nous aurons tout le loisir de converser plus tard.

Après que les trois Nöldorion se soient inclinés pour laisser la Protectrice prendre congé et que celle-ci ait emboîté le pas à la servante, le cavalier se tourna vers ses parents.

-Je vais faire de même et retrouver mes appartements pour me reposer avant le dîner.

-Va. A plus tard mon fils.

Fenris déposa un baiser sur la joue de sa mère, inclina la tête en direction de son père et s'éloigna à son tour. Il emprunta un chemin similaire à celui de sa compagne mais dans le sens opposé. Ainsi, il traversa par le couloir central la bâtisse devant laquelle ils étaient arrivés et qui ne contenait que les salles communes, de service et de réception pour se rendre dans les jardins à l'arrière. Le grand terrain arboré était parsemé de petits bâtiments, tels de grands kiosques mais en un peu plus fermés. A sa droite se trouvaient les logements des invités et à sa gauche ceux des parents Nöldorion et de leurs trois fils.
Ses pas le conduisirent à travers les arbres et les bâtiments comme s'ils n'avaient jamais cessés de le faire. Il emprunta les petits chemins pavés au début puis fini par les quitter pour couper à travers les bois. Ses appartements étaient les plus récents, car construits pour lui suite à son arrivée inattendue. Ils se situaient donc en marge du domaine, presque au bord de l'eau. Lorsqu'il arriva, deux servantes étaient en pleine effervescence. Elles avaient tant de choses à faire... Comme dans toutes les pièces, habitées ou non, le ménage était fait régulièrement pour parer à toute éventualité. Néanmoins, il restait à faire le lit, remplir la carafe d'eau et la corbeille de fruits, apporter des linges propres ainsi que le nécessaire à la toilette... Tant de choses qui demandaient d'autant plus de temps que les chambres étaient assez éloignées du reste de la demeure.
En attendant de pouvoir se laver, Fenris sortit une tenue de son armoire et commença à retirer son armure qu'il posa sur un mannequin prévu à cet effet. Lorsqu'une des servantes arriva les bras chargés d'une bassine, d'un grand pichet plein, d'un savon et de linges, il alla à sa rencontre afin de la décharger de ce qui pesait le plus lourd. Ils posèrent le tout dans la petite salle de bain privative puis l'Aigle ferma la porte. Lorsqu'il sortit, les servantes avaient disparu. De son côté, il goûtait à nouveau à la joie de se trouver propre et dans des vêtements confortables. Il acheva de se sécher les cheveux et de se coiffer puis il resta un moment sur la terrasse à regarder la vaste étendue d'eau qui s'étirait à perte de vue. Il emplit ses poumons de tout l'air qu'il était capable d'emmagasiner et expira lentement.

A cet instant, il retrouva la plénitude qu'il ressentait lorsqu'il était enfant. Il en oublia presque son inquiétude quant à la réaction de ses parents lorsqu'il leur annoncerait qu'il avait entamé une relation des plus sérieuses avec Halyalindë. Même s'il n'en montrait rien à sa compagne, il savait que la nouvelle aurait des chances de ne pas plaire à ses parents. Son rang n'était évidemment pas la question et son ancien titre d'Aigle forçait le respect aux yeux d'un militaire comme son père. Toutefois, il restait le petit protégé de la famille, grands frères compris. Comme elle l'avait remarqué elle-même, leur écart d'âge était conséquent pour un homme aussi jeune sans compter que la nature de son sang à moitié Noss aurait un rôle à jouer dans la balance. De plus, il n'avait subi que deux blessures graves dans toute sa carrière et c'était avec elle. Enfin, si les Nöldorion avaient pu obtenir quelques informations de ce qu'il s'était passé après la reprise d'Eraison, cela pourrait ne pas jouer en leur faveur...

Mais tout ceci semblait loin de l'esprit du dernier né de la famille.
Après avoir prit une dernière inspiration, il retourna à l'intérieur et s'allongea sur le lit pour fermer les yeux, histoire de reprendre quelques forces pour la soirée.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Jeu 20 Avr 2017 - 20:40

Melian s'insurgea contre la mention des blessures de son fils... Et si Halya n'avait pas longuement ruminer sa culpabilité avant de la laisser tomber quelque par sur les chemins forestiers qu'ils arpentaient depuis un mois, elle en aurait sûrement perdu son sourire. Heureusement pour elle, à présent elle voyait davantage la préoccupation d'une mère que ses propres erreurs.

Très rapidement cependant, elle s'éclipsa à travers les couloirs et les chemins du domaine, précédé de Beraïlin... Tout en se demandant combien d'aides étaient abrités sous ce toit... Passé un long corridor, elle déboucha dans le parc à l'arrière du bâtiment principal. Celui là même dans lequel devait être planté le Chêne d'or dont ils avaient vu le feuillage de loin. Pourtant l'arbre semblait toujours jouer à cache cache. L'odeur de l'iode qui embaumait ici tranchait avec l'habituel parfum des jardins arborés. Les végétaux côtiers y proliféraient plus que les essences des profondeurs sylvestre. Une légère brise secouait paisiblement les cheveux de l'étrangère et les cimes des arbres dont les feuilles commençaient à se teinter de rouge et d'or. Seules quelques rebelles reposaient pourtant sur le sol, attendant le prochain ratissage qui, au vu de l'absence de la plus petite trace d'humus automnal, devait être des plus réguliers.

Suivant un chemin pavé, les deux elfes ne tardèrent pas à arriver à la chambre d'invité. Adossée à un bosquet, toute proche du bâtiment principal, de larges fenêtre pouvant être obstruées par de fins voilages éclairaient une large pièce intelligemment aménagée. Une fois la porte ouverte, la première chose qui sautait aux yeux étaient un large bureau, juste à gauche, sous la fenêtre, sur lequel trônaient un nécessaire d'écriture complet, de la plume à l'encre en passant par le papier, le buvard. Elle ne doutait pas que dans un tiroir ou une cassette, elle trouverait un cachet de cire, un couteau de taille et quelques menus éléments complémentaires. Sur la gauche, un paravent en papier sur lequel étaient peint plusieurs formes d'oiseaux marins cachait le coin de la salle, sûrement dédié à la toilette. En face, à bonne distance étant donné la place honorable que permettait la taille de la pièce, un jeune homme faisait le large lit, une pile de drap encore à son côté.

Ne voulant pas gêner les derniers préparatifs ni pousser les travailleurs à se dépêcher plus que nécessaire, elle remercia sa guide et entreprit de faire quelques pas à l'intérieur, observant ce qu'elle n'avait pu voir du premier coup d'oeil.

Derrière le paravent, les murs formaient un léger renfoncement, donnant à la pièce une forme de L aplati plutôt que de réel rectangle. Un miroir, des draps, tout le nécessaire de toilette. Poussée dans l'angle le moins accessible, ce qui ressemblait beaucoup à une baignoire vide était couvert d'un drap. Quelqu'un eu même la présence d'esprit d’apporter un mannequin pour son armure. Prise d'un éclair de génie, Halya pensa à demander si, finalement, elle avait à disposition quelques vêtements propres avant que sa guide et les autre ne prennent congé. Non seulement c'était le cas, mais en plus ils étaient déjà dans l'armoire. Quelques robes dans les tons des feuilles d'automne bardés de plus de lacet qu'elle n'en avait jamais vu, sûrement pour pouvoir s'adapter au mieux à différentes porteuses.

Après avoir profité d'un temps infini pour se décrasser d'abord puis pour profiter consciemment du contact de l'eau, même froide, sur sa peau et ses cheveux, c'est avec un soupire d'aise qu'Halya s'assit sur le lit tout juste fait, nue et encore humide, avant de se laisser aller sur le dos. Elle eu une pensée pour Fenris qui devait lui-même profité de ce moment de repos... quoi qu'elle doute qu'il en profite de la même manière... songea-t-elle, un sourire amusé lui venant aux lèvre. Puis une pensée pour Randil et les loups qui tournaient aux alentours de Malereg. Elle ne s'en faisait pas pour eux, mais elle espérait qu'ils seraient là lorsqu'elle ressortirait des murs. La pénombre qu’entraînait les rideaux tirés était assez apaisante mais ses yeux restaient grands ouverts, posés sur le plafond uni pendant qu'elle mâchait quelques feuilles de menthe. Et bien... au final cela ne commençait pas trop mal...

Profitant de ce répit, elle jeta à un coup d’œil à son bras, le vilain bleu au dessus de son coude avait totalement disparu. Pour une fois, et contrairement à Fenris, elle n'avait pas été blessée dans l'une de ses folles entreprises. La seule chose qu'elle sentait lui battre les nerfs, c'était bien la fatigue. Allongée là, comme à chaque fin de mission, à chaque retour à la civilisation, elle redécouvrait une vérité absolue : de toutes les inventions elfiques, celles du sommier, du matelas et de l'oreiller étaient sans nul doute les plus prodigieuses.

Sa respiration était tranquille. Son dos reposait sur le matelas moelleux. Elle sentait une goutte d'eau froide glisser le long de son cou sans en être réellement affectée. Allé... Avant de s'assoupir, il valait mieux qu'elle soit présentable...

Mu par un effort de volonté héroïque, elle se remis sur pied et se confronta au Choix. La verte ou la orange ? La dorée, trop travaillée, avait été écartée de suite. Elle aurait préféré la verte au niveau de ton mais le col difficilement ajustable risquait de lui donner un air inutilement négligée et étant donné la réaction de la maîtresse des lieu lorsqu'il était question de blessure, elle se voyait mal remonter sans cesse le haut de ses manches pour que la morsure de la mère de Randil et Unmiriel qui avait faillit lui arracher un bras ne soit pas trop visible... Aussi, s'était-elle replié sur une chemise de corps aussi blanche qu'informe et une robe orangée qui, heureusement, s'accordait plutôt bien avec sa crinière rousse. Un col montant, des manches longes et évasée pour ne pas avoir à prendre en compte la longueur des bras du modèle... ou dans ce cas, ne pas avoir à délimiter proprement les épaules musclées de la guerrière. Sous forme de rubans et d'attaches savamment décorés, un lacet frontal et d'autres sur les flancs permettaient au haut de s'ajuster avec une grande précision du cou à la taille, suivant parfaitement le corps délié et des hanches larges de l'Ardamirie avant qu'un drapé volontairement flou ne tombe le long des jambes. La seule donné qui ne semblait pas pouvoir être ajustée était la longueur. Bien qu'elle ne soit pas petite, surtout étant donné ses ascendances Ornedhels, Halya n'était clairement pas la plus grande des invités qui auraient pu passer cette tenue. Un bon ourlet reposait sur le sol et le caressait à chacun de ses pas, l'obligeant à tenir doctement les pans de son jupon pour bouger à son aise. Elle chercha également de quoi arranger un peu ses cheveux mais à part quelques rubans, les dompter réellement aurait pris trop de temps étant donné leur longueur... ou plutôt leur absence de longueur. Enfin... elle n'avait pas tant que ça à se plaindre.

L'attente du dîner lui paru duré bien peu de temps, et ce fut finalement les cheveux libres mais soigneusement coiffés qu'elle se retrouva à suivre de nouveau l'un des habitants jusqu'à leur prochain point de rendez-vous.

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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Ven 21 Avr 2017 - 17:53

Lorsqu'Halyalindë entra dans la petite salle à manger, les trois Nöldorion étaient déjà là. Fenris avait fait en sorte qu'elle ne se retrouve pas seule avec ses parents à son arrivée. On échangea les politesses habituelles puis Eölir proposa à tous de prendre place. La Protectrice étant une invitée imposée par le cadet, celui-ci prit l'initiative de la mener jusqu'à sa chaise. Lui tendant une main, il la conduisit jusqu'à sa place où il la salua d'une légère inclinaison du buste avant de la laisser s'asseoir. Toutes ces manières un peu guindées donnaient à cette rencontre un caractère des plus officiels. Presque solennels. Mais c'était l'usage chez les Nöldorion...
Autour de la large table ronde, Fenris prit le siège à droite de sa compagne. Ils n'étaient que quatre mais il y avait de la place pour huit aussi ne se trouvait-il pas juste à côté d'Halie. Il le regrettait un peu mais n'en montra rien car, si la Protectrice pouvait le lire dans son attitude, ses parents seraient capables d'en faire de même et avec bien plus de facilité encore. Or, il n'avait pas l'intention de laisser paraître quoi que ce soit avant l'annonce officielle.

Le dîner commença et les discussions furent quelque peu formelles. Melian ne souhaitant pas connaître les détails de leurs mésaventures, le récit de leur périple fut assez bref : Ils avaient suivi la piste de Randil jusque sur les rives de l'Olyia qu'ils furent contraints de traverser. Le soir-même, ils avaient subi une attaque où Fenris avait été blessé. Le loup et sa meute leur étaient apparus quelques heures plus tard et, dès qu'ils en avaient eu la possibilité, ils avaient pris la route d'Anaëh. L'Aigle préféra omettre le passage avec les nécromanciens et celui où la drow lui avait remis l'épaule en place pour ménager sa mère.
Eölir s'intéressa au lien qui unissait la Protectrice et son loup, ce sur quoi son compagnon lui avait précisé de ne pas évoquer certains passages que ses parents ne pourraient comprendre. Beaucoup voyaient cette relation comme un apprivoisement et l'ex-Lieutenant souhaitait en savoir un peu plus.
Pendant ce temps, la mère de Fenris engagea avec ce dernier une discussion en aparté. Elle lui donna quelques nouvelles de personnes qu'il connaissait et avec lesquelles il avait pu être plus ou moins proche avant son entrée dans l'armée. Parmi elles, il y avait une jeune fille qu'il avait connu alors qu'elle n'était qu'une enfant.

-Oh, te souviens-tu de Maleliana ?

-La fille d'Arimion ? Bien sûr. J'imagine qu'elle a bien grandit depuis la dernière fois que je l'ai vue.

-Elle a fait sa cérémonie du choix il y a presque trente ans déjà. Elle dessine des modèles pour un tanneur de Tethien. Il a confectionné de très belles pièces grâce à elle. Ta cuirasse me semble fatiguée, tu pourras lui demander qu'elle t'en dessine une si tu le souhaites.

Fenris remercia sa mère pour l'idée et ajouta que cela devrait attendre. Avant toute chose, il devait rejoindre les Aigles et commencer son enseignement. Une fois que son mode de combat serait défini, il pourrait chercher un nouvel équipement. En attendant, il conserverait l'ancien.
Ce fut à ce moment-là qu'Eölir et Halyalindë rejoignirent leur conversation. La nomination du jeune homme était assez extraordinaire et la Protectrice était plus que bien placée pour le souligner. Fenris était jeune et sa carrière militaire l'était bien encore. Il avait passé les deux siècles pourtant il n'avait connu le terrain que deux décennies seulement. Il avait certes le potentiel pour devenir Aigle un jour mais cela n'était pas attendu si vite. La guerre y avait sans doute joué pour beaucoup.

La discussion se poursuivit ainsi durant tout le repas. De longues minutes après que les dernières assiettes furent vidées et débarrassées, Melian remarqua que la soirée était assez avancée et proposa aux jeunes gens qu'ils s'en arrêtent là pour l'instant.

-Vous devez certainement avoir hâte de vous reposer après cette longue route, nous n'allons pas vous retenir plus longtemps.

De nouveau, les politesses d'usage reprirent leur droit. Après quelques minutes, Fenris et Halyalindë quittèrent la pièce et, tandis qu'ils se trouvaient encore à portée de voix des parents Nöldorion, il se tourna vers sa compagne avec la même distinction et le détachement amical dont il faisait preuve depuis leur arrivée.

-Souhaites-tu que je te raccompagne ?
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Ven 21 Avr 2017 - 18:45

Toutes ces manières et ces façons... Même lors de l'investiture de Naraën ou lors des dîners précédant le Haut-Conseil elle n'avait pas eu une telle impression d'importance de l'étiquette... Peut-être parce que les Protecteurs étaient habitué à devoir composer avec des elfes aux mentalités différentes de la leur ? Ou simplement parce qu'elle se sentait plus à son aise avec eux qu'avec ses hôtes du jour... Mystère.

Dans tous les cas, elle se prêtait au jeu des saltation distinguées, des places attribués, des inclinaisons solennelles. La conversation des Nöldorion, quoi que restant à la surface de toute chose, était loin d'être désagréable et, tout en omettant la réalité profonde du lien filial qui l'unissait encore à Randil malgré tout ce qui avait pu se passer, Halya raconta avec plaisir quelques anecdotes concernant le comportement des deux frères loups du temps où elle officiait encore réellement dans l'armée et la façon dont elle avait refuser de les dompter pour préserver leur nature profonde en tant que créatures de Kÿria. C'était d'ailleurs souvent ce dernier point qui avait donné lieu aux anecdotes.

Les sujets passaient et Halya du se rendre à l'évidence, malgré leur côté guindé, les Nöldorions étaient des hôtes charmants. Lorsque vint le moment de se séparer, elle ne fut cependant pas surprise du manège de Fenris. Hors de leur champ de vision mais toujours à porté d'oreille, elle s'autorisa un bref demi-sourire de connivence.

- Merci, ça ira. Je devrais retrouver le chemin sans soucis.

Elle se retint d'ajouter quoi que ce soit d'autre, sinon elle n'aurait pu s'empêcher d'y glisser un sous entendu. Après cette rencontre un peu plus poussée cependant, elle comprenait bien mieux pourquoi parler de leur relation était si important pour Fenris et pourquoi il l'associait si fortement au fait de devoir ou non cacher ses sentiments. Lorsqu'ils en avait parlé, elle ne pouvait se douter de l'étrange norme de cette prestigieuse famille.

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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Ven 21 Avr 2017 - 19:48

Fenris respecta la décision d'Halyalindë et s'inclina poliment pour prendre congé, préférant éviter tout contact trop intime dans l'éventualité où ses parents sortiraient à leur tour de la salle à manger. Tandis qu'il prenait la direction de ses appartements, s'éloignant ainsi de sa compagne, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une étrange sensation. Les savoir si proches mais ne pouvant faire montre d'aucune marque d'affection était presque un supplice. Il s'obligea à ne pas se retourner pour voir Halie aller jusqu'à sa chambre puis fermer la porte derrière elle.
Le jeune Aigle n'était pas dupe : il savait pertinemment où sa mère souhaitait en venir avec Maleliana. Elle n'avait pas évoqué son nom et son âge sans arrière pensée. Lui suggérer de prendre contact avec elle pour une raison anodine ne signifiait pas que Melian ne nourrissait pas quelque espoir en ce qui les concernait. Il regrettait presque qu'elle n'en soit pas venu directement au fait car il aurait eu l'occasion d'aborder le sujet qui les intéressait. Certes, la nouvelle risquait de ne pas leur plaire mais, quelle que soit leur réaction, au moins ils n'auraient plus à se cacher, ni cacher leurs sentiments l'un pour l'autre.

Comme à son habitude, Fenris se réveilla aux aurores. Toutefois, il était trop tard pour voir le soleil se lever, la fatigue du voyage l'ayant maintenu au lit une heure de plus que d'ordinaire. A peine levé, il fit une brève toilette, s'habilla et prit une nouvelle fois la direction de la salle à manger. Il espérait qu'Halyalindë ne s'y trouve pas déjà et Il fut soulagé de constater qu'Eölir était seul dans la pièce.
Melian étant déjà parti pour le Palais, père et fils déjeunèrent seuls. Lorsqu'ils eurent fini, Fenris resta encore un petit moment à table, attendant de voir la Protectrice apparaître. Il était assez surpris que sa bien aimée ne soit pas encore levée. La matinée était bien entamée lorsque le serviteur qui s'occupait de la table lui demanda s'il devait tout laisser pour la Dame d'Ardamir.

-Non, faites-lui simplement un plateau et apportez-le dans sa chambre sans la réveiller. Notre voyage l'a visiblement épuisée.

Fenris arborait un sourire qui paru sincère aux yeux du jeune elfe mais ce n'était qu'une façade. Intérieurement, savoir Halie encore au lit l'inquiétait un peu. Toutefois, il se leva pour prendre congé.

-Faites-moi savoir lorsqu'elle sera debout. J'ai cru comprendre que nous serions seuls aujourd'hui, je me dois donc de lui tenir compagnie.

Le serviteur acquiesça et commença à préparer le plateau tandis que son jeune maître regagnait ses appartements. En effet, ils seraient seuls pour la journée. Sa mère n'avait pas pu annuler ses obligations et son père l'accompagnerait à partir du déjeuner. Cela leur laissait plusieurs heures en tête à tête, bien qu'ils ne puissent toujours pas afficher leurs sentiments l'un pour l'autre.

Il jouait de la vielle lorsqu'on vint frapper à sa porte. Pour s'occuper, il avait commencé à faire l'entretien de son équipement mais son regard était passé sur l'instrument qui attendait patiemment sous une vitrine depuis son départ. Il se laissa donc tenter par le désir de le sortir de sa prison transparente avec un jeu de nouvelles cordes. Achevant de l'accorder, il le posa délicatement avant d'aller ouvrir à la servante qui l'informa que la Protectrice était réveillée. Il la remercia poliment puis prit sa veste et ferma la porte derrière lui. Il évolua dans les allées d'un pas serein, arborant un air détaché et posé bien qu'il lui tarde de voir son amour.
Arrivé devant le fameux logement, il frappa trois fois et attendit qu'on lui ouvre ou qu'on lui permette d'entrer.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Sam 22 Avr 2017 - 0:17


Comme prévu, Halya n'avait pas résisté longtemps à l'appel de son lit. Elle ne voulait éviter de se mettre à ruminer la soirée... ou pire, l'absence de Fenris. S'allongeant seule, pour la première fois depuis plus bien longtemps lui semblait-il, elle tourna un moment sans y trouver sa place, la poitrine légèrement alourdie de savoir exactement pourquoi. Mais lorsqu'elle se décida à lire quelques lignes d'un ouvrage emprunté à ses hôtes pour se changer les idées, elle n'eut qu'à tourner les pages deux ou trois fois avant de devoir le reposer sur la table de nuit sous peine de s'endormir dessus en risquant de corner les pages. Elle sombra d'ailleurs tout de suite après.

Son sommeil avait été... mauvais. Comme d'habitude, elle s'était retrouver à observer son propre corps de l'extérieur, une forme de loup noir aux yeux luisant rodant dans les coins d'ombre de la pièce, mais elle avait perdu tout repère temporelle. Les voix, biens que fortes, ne l'avaient pas particulièrement gênées. Pourtant, un léger inconfort persistait. Et lorsqu'elle rouvrit les yeux, sa chambre était toujours plongée dans l'obscurité totale. Se tournant sur le dos en soupirant, ses yeux d'émeraudes scrutaient des détailles informes transformés en silhouettes spectrales par l'absence de lumière. Après une brève hésitation, elle affronta le malaise qu'occasionnait parfois l'obscurité aux imaginations trop fertiles pour s'approcher de la fenêtre et tirer les tentures. La lune n'était même pas au plus haut...

Appuyée sur le rebord de la fenêtre, l'ouvrant au besoin pour laisser entrer l'air de la nuit, elle prit le temps de souffler, l'esprit vide, sans grande envie de retourner se blottir sous ses draps. Elle laissait juste son regard flou se perdre dans les étoiles, incapable de vraiment noter les différence entre ici et son foyer. Elle admirait seulement leur dessins abstraits, distinguant peu à peu la voie lactée derrière les plus brillantes. Il n'y avait personne. Pas un bruit. Pas un animal. Pas un serviteur. Il faudrait qu'elle pense à voir Timerion Adantar avant son départ d'ailleurs, il comprendrait qu'elle ne s'attarde pas des jours à parler politique mais c'était la moindre des choses étant donné le lien qui unissait Ardamir et Malereg... Sans parler de la réactivité dont il avait fait preuve lors de l'attaque d'Ellyrion malgré la disparition de la jeune Protectrice de l’Épine dorée à ce moment là.

Mais il avait bien fallut retourner dormir, ou du moins essayer. Elle batailla un bon moment avant de parvenir à glisser de nouveau, eu la désagréable impression que quelqu'un approchait et l'atmosphère qu'elle en garda au réveil n'était pas beaucoup plus agréable que lors de son premier essaie... Mais la différence la plus notable était la lumière pâle qui baignait les lieux. Encore ensuquée, elle s'assit un instant contre la tête de lit, se passant une main sur le visage pour en chasser l'ombre des pénibles heures précédentes.

Par le rideau laissé gauchement ouvert lors de sa pause nocturne, un soleil maussade mais haut pointait fièrement le bout de son nez. Non loin de là, un plateau avait été laissé sur le large bureau. Quelques fruits. Une théière qui était sûrement devenue tiède malgré le cache en tissus ajouté dessus pour la garder au chaud. Quelques biscuits aux graines.

Alors qu'elle détaillait le contenu, la vérité la frappa de plein fouet : non seulement elle avait dormi bien plu tard que d'habitude, mais quelqu'un était entré sans la réveiller... C'était tellement incongru qu'elle mit une bonne minute à accepter l'idée. Bon... Et bien il fallait croire qu'elle avait dormi plus profondément qu'elle ne le pensait et que ses visions nocturnes ne remarquaient pas tout... Agacée tout en sachant que c'était stupide, elle se leva, s'étira et fit quelques rapides exercices avant de faire un brin de toilette et de passer la même robe que la veille. Il faudrait qu'elle se décide à en porter une moins longue s'ils se promenaient hors du domaine, mais pour l'instant ça irait.

Sans toucher au petit déjeuné qu'on lui avait si aimablement laissé, elle quitta sa chambre, le livre qu'elle avait emprunté la veille à la main. Remontant le chemin jusqu'au bâtiment principal, elle croisa la jeune femme qui l'avait accompagné jusqu'à ses appartements la veille. La saluant respectueusement, elle lui demanda un peu d'aide pour trouver l'emplacement de l'ouvrage qu'elle était loin d'avoir fini mais qu'elle avait suffisamment entamé pour se rendre compte que si son titre l'avait attiré au hasard, c'était qu'elle l'avait déjà lu.

Beraïlin lui proposa de s'occuper du livre... et elle se retrouva de nouveau livrée à elle-même. Bien, il n'y avait plus qu'à s'occuper de façon utile. Elle rebroussa donc chemin dans le but de s'occuper de l'entretien et de la vérification de ses armes et armures... Lorsque quelques coups furent frappés à sa porte.

Elle avait laissé tirer les rideau donnant sur la façade, ne laissant grandes ouvertes que les fenêtres donnant sur le bosquet et le reste du parc. Assise près du mannequin pour vérifier chaque partie de son armure, répertorier les pans de soies ayant besoin d'être changés et en huiler les écailles, elle avait retroussé ses manches en utilisant un ruban pour les lié à son col et éviter de les tâcher.

- Entrez ! Lança-t-elle en se levant pour se laver les mains sans même jeter un œil à la personne qui pousserait le battant. J'en ai pour une seconde.

Les mains trempées mais débarrassées de leurs tâches graisseuses, elle réapparue de l'autre côté du paravent, tirant sur les rubans ajustés à la va-vite pour libérer ses manches amples. Un sourire profond fendit son visage lorsqu'elle pu enfin constater l'identité du visiteur.

- Fenris ! le salua-t-elle alors que la seconde manche retombait maladroitement sur son coude.

Après un premier mouvement la portant à venir l'embrasser, elle laissa retomber le bras qu'elle avait levé vers son épaule, incertaine de la conduite qu'il préférait adopté en ces lieux.

- Désolée de ne pas m'être levée plus tôt. Le nuit a été plus longue que prévue... continua-t-elle plutôt en ajustant définitivement ses manches, tâchant l'ourlet de quelques perles d'eau.

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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Sam 22 Avr 2017 - 12:02

Alors qu'Halyalindë remettait un peu de distance là où elle venait juste de la réduire. Fenris la retint d'une main sur la taille et l'attira à lui. Glissant ses doigts dans son cou puis sa nuque, il l'embrassa avec tendresse. Elle était seule à loger dans cette partie du domaine, elle avait fermé tous les rideaux donnant sur les allées et personne n'entrerait sans avoir frappé au préalable. Les risques qu'on les surprenne ici étaient minimes. Ils pouvaient donc se permettre quelques secondes d'intimité.
Après un long baiser, ses lèvres quittèrent celles de sa bien aimée. Son front se posa sur le sien et il laissa échapper un soupir de bien-être et d'impatience comblée. Puis il la lâcha pour reculer d'un pas. Sur son visage se lisait son regret de devoir ainsi s'éloigner d'elle mais aussi le bonheur d'avoir pu l'embrasser et se tenir si près d'elle, même un bref instant. Il était certain désormais qu'il ne laisserait pas les ennéades s'écouler avant d'annoncer la chose à ses parents. Cela lui serait trop pénible de devoir continuer à brider jusqu'à son regard qui se faisait si tendre chaque fois qu'elle paraissait devant lui. Certes, il ne ferait pas preuve de beaucoup d'émotions en public mais il pourrait légitimement se montrer plus attentionné qu'à l'heure actuelle et se réserver quelques moments seul avec elle sans que se posent sur eux des regards soupçonneux.

-Il vaut mieux que ce soit moi qui déjeune seul avec mon père que l'inverse. Lui répondit-il, un sourire de pardon sur les lèvres. Prends tout le temps dont tu as besoin.

Fenris s’enquit ensuite de la qualité du sommeil de sa bien aimée après quoi il posa un regard rapide sur la porte en entendant quelqu'un passer sans s'arrêter.

-Mes parents ont dû s'absenter. Nous avons le reste de la journée pour nous. La question est : souhaites-tu sortir un peu ou préfèrerais-tu profiter que nous soyons au calme ici aujourd'hui ?

-Nous pourrions sortir un peu. Cela me permettra de passer au Palais pour saluer Timerion et m'acquitter de mes obligations une bonne fois pour ce séjour. Après ça, je serais libre de te suivre où tu voudras.

Fenris accepta d'un signe de tête, esquissant un sourire amusé après les derniers mots de sa compagne.

-Timerion a probablement appris ta présence par ma mère ce matin. Je suis sûr qu'il aurait compris que tu attendes quelques jours avant d'aller à sa rencontre mais je comprends.

Halie émit alors le souhait de se changer pour mettre une robe plus à sa taille. Profitant une dernière fois de l'intimité dont ils bénéficiaient pour un instant encore, il franchit à nouveau le pas qui les séparait pour la prendre dans ses bras. Quelques secondes plus tard, il marchait dans l'allée qui menait au bâtiment principal. Il attendit sa dulcinée sous l'arcade où ses parents les avaient accueilli la veille, au sommet des quelques marches de l'entrée. Lorsqu'il la vit apparaître au bout du couloir central, il ne laissa rien paraître de la joie qu'il éprouvait à sa simple vue.
Lorsqu'il l'eut rejoint, il lui proposa son bras qu'elle accepta. Ce fut donc avec les doigts de sa bien aimée enserrant son avant-bras qu'il quitta le domaine familial. Son autre main dans le dos, il la guida à travers les rues de la cité. Cette fois encore, il évita le chemin le plus fréquenté afin de se rendre sans trop d'encombres au Palais. Là, il attendit avec Halyalindë que Timerion puisse se libérer pour la rencontrer, ce qui ne dura pas plus d'une demie-heure, après quoi il la laissa à ses obligations, lui donnant rendez-vous à l'entrée du Palais lorsqu'elle aurait fini.
Pendant ce temps, il irait faire quelques courses...
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Sam 22 Avr 2017 - 16:23

Un battement de cœur plus profond et un sourire heureux en sentant le soupire de Fenris se perdre sur sa joue. Surprise par son geste, elle n'en était pas moins ravie. Lorsqu'il recula d'un pas, elle se perdit tout son saoul dans son regard asymétrique, de l'amour plein les yeux. Sa main resta un moment sur son épaule avant de s'en décrocher à regret.

- Pour être tout à fait honnête, ton père m'intimide moins que ta mère... rit-elle en réponse. Et ne t'inquiète pas, j'ai juste mal dormis. Je n'ai pas l'habitude d'être seule dans une pièce fermée.

D'une part, il y avait évidement l'absence de Fenris, mais son malaise allait plus loin que ça. Même à Ardamir, Randil ne dormait jamais loin. Lors de ses missions, Sandriel et sa douce moitié chuchotaient pendant quelques instants au moment du changement de la garde. Dans les camps militaires, une légère agitation était toujours de mise. Entendre une autre respiration que la sienne, même lorsque la dite respiration était entrecoupée de ronflements, avait quelque chose d'apaisant. Seule, elle se sentait étrangement vulnérable sans arriver à mettre des mots sur cet état. De plus, la période la plus longue pendant laquelle elle avait dormit littéralement enfermée et coupée de tout contact amical n'était pas vraiment un souvenir agréable et elle était très contente de ne pas s'être laissé allé à revivre bêtement ce calvaire au travers de souvenirs importuns.

La perspective de sortir un peu, par contre, avait de quoi lui mettre du baume au cœur. Bien qu'elle ai souvent accompagné Dragan ou Tiril lors de périple entre les deux Cités, elle n'avait jamais réellement eu le temps de visiter... D'ailleurs ça lui rappelait un détail. Même si Fenris semblait préféré l'idée de repousser la rencontre avec Timerion, elle préférait s'en débarrasser pour de bon. Une fois fixé sur une promenade, elle ajouta avec un sourire espiègle :

- Il me faut juste quelques minutes pour me changer. Mais tu peux rester si tu veux.

Hélas – ou heureusement ? – Fenris déclina et après une étreinte trop brève, ils se retrouvèrent quelques instants plus tard sous l'arche d'entrée, Halya vêtue de la robe verte simple et légère qu'elle avait évité la veille à cause du col lâche qui dévoilait intégralement l'impressionnante cicatrice sur son épaule.

Chemin faisant dans la Cité, passant par des chemins détournés plutôt que d'affronter la foule les grands rues, elle profitait simplement de l'endroit et de la compagnie du cavalier, revenant à l'occasion sur un point de détail qu'elle ne voulait pas laisser en suspend.

- C'est justement parce que tes parents doivent lui avoir appris mon arrivée ce matin que je me dois de passer le voir au plus tôt. J'ai peut-être renoncer à mes prérogatives de Protectrice officieusement, mais aux yeux des autres Cités, je représente toujours Ardamir. Certes, ma convalescence me permet de ne pas avoir à m'étendre sur l'étrangeté d'un voyage non officiel en des temps si troublés, mais autant ne pas creuser ma propre tombe ou risquer de poser plus de problèmes encore à Kaëlis.

        Elle prenait le sujet à cœur. A Eldarinwa aussi, elle avait profité de leur arrêt pour s'entretenir avec le Protecteur et faire acte de bonne volonté. La rencontre avait même été profitable puisqu'il avait été question de ne plus seulement passé par Malereg pour converser mais d'échanger de façon plus directe entre Ardamir et la cité du Nord. Cependant, autre chose poussait Halya à ne pas vouloir trop tarder pour cet entretien...  

- Et puis tu dois connaître sa réputation...


-Nul besoin de la connaître : J'ai eu l'occasion de le rencontrer quelques fois.


Elle hocha la tête avec un sourire.

- Avec un peu de chance, il pourrait m'aider avec mes problèmes d'absence ou m'indiquer quelqu'un qui pourrait m'aider à coup sûr... Enfin je peux toujours rêvé... 

Fenris lui adressa un sourire sincère.

-Je l'espère de tout mon coeur.

Lorsque Timerion put venir à sa rencontre, Fenris s'excusa. Lorsqu'elle ressortie du palais, plus de deux heures s'étaient écoulées et un sourire léger quoi qu'un peu incertain flottait sur les lèvres de la rouquine.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Sam 22 Avr 2017 - 20:48

Fenris se trouvait là. Il attendait depuis un petit moment déjà mais n'éprouvait aucune impatience hormis celle de se retrouver à nouveau aux côtés de sa bien aimée. En son absence, il avait fait quelques courses avant de venir se poster sur le lieu de leur rendez-vous. Les mains chargés d'un petit sac de toile, il se tenait presque dos au porche, observant ce qu'il pouvait apercevoir de la cité depuis sa position. Sachant qu'Halyalindë avait prévu de ne pas passer trop longtemps en compagnie du Protecteur, il préparait mentalement la suite de leur journée.

Lorsque la Dame Louve apparut enfin, Fenris reconnut son pas et se tourna pour vérifier qu'il s'agissait bien d'elle. Il lui adressa un sourire poli et, une fois qu'elle fut à sa hauteur, il lui proposa à nouveau son bras.

-As-tu faim ?

Il ne doutait pas de sa réponse étant donné que la matinée était terminée depuis une bonne demie-heure. Fort heureusement, il avait déjà prévu ce qu'il fallait. Ce fut donc le cœur léger mais égal à lui-même lorsqu'il se trouvait en publique qu'il conduisit la Protectrice à quelques rues de là, dans une petite clairière inoccupée.

-Pour pouvoir passer du temps avec moi sans devoir arrêter ses fonctions, ma mère m'emmenait régulièrement avec elle au Palais. Ma gouvernante me conduisait parfois ici pour me faire changer d'air.

Un sourire amusé étira les lèvres de Fenris puis il désigna du doigt l'objet de sa réaction. Un cerceau de bois avait été abandonné là par un enfant sans doute parti manger après que ses parents l'aient appelé. Visiblement, l'endroit servait toujours... Mais il avait l'avantage d'être vide au moment du repas. Ils s'installèrent donc sur un banc et dégustèrent quelques produits de la pêche accompagné de légumes et des fruits de saison.
Une fois leur repas terminé, Fenris mena Halie dans les dédales d'allées de la cité. Commencée des milliers d'années auparavant, les bâtiments se dressaient sur le sol de calcaire au milieu des arbres dans une grande harmonie. Çà et là, des sentiers se dessinaient dans la pierre, tout particulièrement au niveau de passages à flan de roche où l'on de pouvait pas passer à plus de deux. Depuis l'île d'Ondolaure où se trouvait le Palais, ils se rendirent sur l'île de Malereg ainsi que la partie côtière et récente de la cité pour voir les différents temples élevés en l'honneur des cinq Dieux. Ils firent toute fois un détour pour passer par le Thara-pata. Il s'agissait d'une immense place couverte par un entrelacs de branchages formant un toit des plus efficaces. En ce milieu d'après-midi, il y avait foule. On pratiquait le troc, on venait y rencontrer quelques contacts et discuter de tous les sujets du monde. Quelques marchands de nourriture et boissons y avaient installé quelques stands afin de permettre aux gens de s'asseoir autour d'un verre et grignoter quelques gourmandises. Fenris proposa à sa bien aimée de faire une petite pose à l'une des tables encore libres avant de se rendre au dernier lieu qu'il souhaitait lui montrer.

-Il faut que tu vois le Temple de Calimenthar tant qu'il est encore accessible.

Il avait conscience que sa phrase amenait quelques questions mais il refusa d'y répondre pour l'instant. Toutefois, une fois sur place, Halie put rapidement comprendre de quoi il parlait. En effet, le bâtiment se trouvait au bord du lac, l'entrée publique à quelques mètres à peine de la rive et n'était donc accessible que lorsque les eaux étaient basses. Ainsi, pendant la fonte des neiges et après les pluies d'automne, il était impossible d'y pénétrer. C'était un choix de l'architecte de l'époque ou bien du premier prêtre du Temple souhaitant limiter les entrées aux périodes où les guerres étaient les plus actives.

Le jour déclinait fortement lorsque le couple rentra enfin au domaine des Nöldorion. Melian les accueillit et ils n'eurent d'autre choix que de se séparer une nouvelle fois pour "se débarbouiller avant le dîner". En revenant dans sa chambre, Halyalindë trouverait deux paquets posés sur son lit. L'un contenait une robe en velours dans les tons vert forêt. L'avant était fendu, laissant apparaître un sous-jupon de soie gris argenté. Les bordures de la robe étaient brodés d'un fil de la même couleur. Le second contenait également une robe mais de couleur bleu mer cette fois avec une ceinture blanche s'attachant sur l'avant et retombant jusqu'en bas du jupon. Les dessins et les reflets sur le tissu faisaient penser à la surface d'une paisible étendue d'eau.
Les vêtements étaient neufs et provenaient directement de chez l'un des marchands travaillant dans la partie de la cité se trouvant sur les berges du lac. Ce n'était certainement pas les parents de Fenris qui lui auraient fait pareil cadeau. En quel honneur ? C'était la raison pour laquelle le cavalier n'avait pas pris la peine ni le risque de laisser une quelconque preuve indiquant que cela venait de lui. Pour les serviteurs, Halyalindë pouvait avoir elle-même choisi les robes afin d'en avoir deux bien à elle durant son séjour, et c'était ce qu'il cherchait à leur faire croire.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Dim 23 Avr 2017 - 1:14

-As-tu faim ?
- Ai-je vraiment le droit de dire non ?

En effet, elle n'avait pas faim, mais n'en laissa rien paraître. La journée fut magnifique. Malereg était une ville splendide et Fenris la connaissait bien malgré le temps qu'il avait passé loin d'elle... Et il semblait tant l'aimer que cela ne pouvait qu'être contagieux. Depuis le Palais jusqu'aux temples en passant par ce déjeuné pris à l'ombre d'une clairière où les enfants avaient l'habitude de jouer, elle avait eu tant de fois l'occasion d'admirer les alentours qu'elle en avait perdu le compte. Le dernier né des Nöldorion racontait les choses avec affectation, attirant le regard sur des détails, des atmosphères, des habitudes qui lui avaient sûrement manqué pendant des décennies.

Alors qu'ils passaient sur une promenade côtière à flanc de falaise menant au temple de Kÿria, Halya s'arrêta soudain, se défaisant du bras de son compagnon, pour se tourner vers le large. Inspirant à plein poumon, une légère brise caressant sa peau. Lorsqu'un délicieux frisson remonta le long de sa nuque à cause de l'air frais qui glissait sur son cou et ses épaules, elle eut une pensée reconnaissante pour Timerion. Si elle pouvait choisir d'ignorer les informations perçues, les sentir pleinement n'était plus aussi laborieux. Un changement infime mais qui, elle l'espérait, lui permettrait d'avancer sur la bonne voix... Et un entretien qui lui avait confirmé l'intuition de son compagnon. Mais en parler était trop étrange. Elle n'arrivait pas à mettre les mots sur ce qui se passait en elle. Elle ne voulait peut-être tout simplement pas mettre de mots sur tous les changements qui s'opéraient ces derniers temps.

A la place, elle noyait son regard dans l’immensité de l'océan, replaçant distraitement une mèche flamboyante derrière son oreille pointue, les yeux brillants d'une admiration enfantine.

- C'est tellement beau ! Tu imagines... Il parait qu'on pourrait voyager durant des mois dans trouver le bout de l'Océan... 

Du coin de l’œil, elle aperçu le sourire amusé de son compagnon.

- Je ne suis pas sûr d'être prêt à tenter l'expérience.

- Un jour, peut-être... Si jamais Killen fini par venir à bout de ma patience ! rit-elle en reprenant le bras de Fenris sans quitter l'horizon des yeux. Ce que je me demande, c'est ce qu'il y a derrière...
- Je me suis souvent posé la question mais j'ai préféré laissé cela à d'autres pour l'instant. Si tu décides de partir, préviens-moi. Peut-être t'accompagnerais-je.
- Tu seras le premier au courant ! ... mais ça ne devrait pas être pour tout de suite. Déjà il faudrait que je monte sur une barque avant de me lancer dans une escapades pareille...

Elle retint un léger rire. Ardamir semblait si loin lorsqu'elle observait l'étendue d'eau grise sous le soleil timide. Les nuages moutonnaient à leur rythme. Bien sûr, elle aimait l'eau et sa mère lui avait apprit à nager et à marcher presque en même temps. Mais l'eau douce, celle dont on voit le bord, lui suffisait amplement... Et de toute sa vie, elle n'avait jamais voyagé par bateau, même entre Alëandir et Ardamir, préférant la rive pour ne pas indisposer ses compagnons à quatre pattes. Même dans les terres mortelles, elle n'avait vu les mers du sud que lors de ses brèves escales au comptoir de Thaar et les souvenirs qu'elle en avait étaient si flou qu'elle aurait eu du mal à dire si le spectacle l'avait marqué ou non.

- En réalité, je peux compter le nombre de fois où j'ai eu l'occasion de voir ce spectacle sur les doigts des mains. C'est tellement grand que ça en devient... effrayant. Je ne suis pas vraiment une créature de Tari.

La forêt était bien plus son royaume que n'importe quelle coque de noix ballottée par les flots ou bicoque en pierre dépourvue de chant – quoi que Malereg semblait bercé par un chant symphonique d'une pureté incroyable et écrasant presque tous les autres. Mais parfois, il y avait juste assez de place pour quelques rêves insensés... Rêve auxquels Fenris opposait une passive résistance appuyée d'une sourire tendre et espiègle.

-Pardonne-moi mais je suis ravi de te savoir avec les pieds toujours sur la terre ferme.
- Donc je dois dire aussi adieu à mes idées de vol à dos de dragon je suppose? répondit-elle avec un moue faussement navrée qui fit rire de bon cœur son compagnon.
-Question épineuse. Répondit-il pourtant avec un sérieux de façade. Ce mode de transport aurait l'avantage de pouvoir nous réunir en bien moins de temps que le ferait un cheval. Mais une saute d'humeur de sa part de laisserait de moi qu'un tas de cendres.
- Difficile en effet... le roussi ne t'irait pas au teint. Il faudra que j'y repense la prochaine fois que je croiserais un dragon.

Et elle espérait de tout son cœur que ce ne serait pas de si tôt... Ce n'était pas tant qu'elle craignait la créature de légende, plutôt que pour l'instant, les plus susceptibles d'être considérés comme des dragons étaient les parents de Fenris si leur annonce ne se passait pas bien... Et étant donné que Fenris ne s'était pas senti de le faire de but en blanc, elle se demandait de plus en plus dans quelle mesure ce n'était pas de mauvaise augure. Une réflexion lui traversant la tête, elle faillit ajouter "en parlant de dragon" mais se contenta de poursuivre :

- Tu as parlé d'une gouvernante tout à l'heure. Excuse moi si la question te parait stupide mais ce n'étaient pas te parents qui s'occupaient de toi, enfant?

Fenris retrouva un peu de sérieux mais répondit toutefois sur un ton léger, montrant que la question n'avait rien de dérangeante.

-Mon père si, la plupart du temps. Mais il était déjà blessé à l'époque et ne pouvait pas me prendre en charge tout le temps. Ma mère souhaitant poursuivre ses obligations, ils ont demandé l'aide d'une gouvernante pour pallier lorsque le besoin s'en faisait ressentir jusqu'à ce que j'ai l'âge de commencer mon éducation. Elle a alors été remplacée par un précepteur puis un maître d'armes.

- Et comment était-ils ? Ton précepteurs, ton maître d'arme et ta gouvernante je veux dire.
-La gouvernante était très douce et attentionné. Le précepteur était l'une des personnes les plus intelligents qu'il m'ait été donné de côtoyé et très pédagogue qui plus est. Le maître d'armes était plus sévère mais savait récompenser l'effort à sa juste valeur.

Halya écoutait attentivement les souvenirs de Fenris, admirant du coin de l'oeil le sourire nostalgique qui s'était peint sur ses lèvres. Elle imaginant l'espace d'un instant ce qu'avait du être cette enfance si différente de la sienne. Elle aurait pu juger, faire une remarque comme quoi cela n'avait pas du être facile ni pour lui, ni pour ses parents, mais elle s'en abstint. C'était. Un point c'est tout. Et la famille qui en résultait avait l'air heureuse et soudée... quoi qu'un peu étrange à ses yeux. En réalité, elle était surtout curieuse des personnes que son cavalier avait pu connaître à l'époque mais en entendant ses descriptions succinctes, elle ne put s'empêcher de commenter pensivement :

- Tu retiens toujours ce que les gens ont de bon...

Un doux sourire flottait sur ses lèvres, expression à laquelle Fenris fit une réponse au sérieux implacable.

-Je prends cela comme un compliment.

Mais cela ne dura que quelques instants avant qu'un regard plus espiègle ne le trahisse... Oh très bien. Il le prenait sur ce ton. Les lèvres d'Halya s'étirèrent comme un miroir.

-Oh mais s'en est un Heru Nöldorion. Et tu as également une bonne mémoire... Devrais-je m'inquiéter de Maleliana...?

Le jeune homme fut assez surprise d'entendre ce nom dans la bouche de sa compagne. Il ne pensait pas qu'elle l'avait entendu lorsqu'ils en avaient parlé avec Melian au dîner de la veille. La stupeur laissa place à un sourire qui se voulait rassurant.

-Mes parents tiennent toujours autant à ce que je trouve une épouse. Tu l'as compris, me parler d'elle était une manière déguisée de me présenter une femme de plus. Je n'éprouve de lassitude à ce petit jeu que depuis assez récemment. Non pas que cela me plaisait auparavant mais il m'importait peu. Aujourd'hui, j'ai de bonnes raisons de le trouver ennuyant...
- Une femme de plus... ? Releva-t-elle sans pitié avant de profiter de leur proximité pour lui donner un petit coup d'épaule amical. Ne le prend pas autant au sérieux. Ce n'était que pour te taquiner.

Puis ils repartirent sur d'autres horizons, laissant leurs discussions suivre le gré du vent et les brusques virages des pensées. La plupart concernaient tout de même de près ou de loin la Cité et les souvenirs que Fenris pouvait y avoir. Halya se faisait attentive et curieuse. Les points de vue et l’ambiance du Thara-pata lui plurent tout particulièrement, tout comme le temple de Calimenthar, bien que le culte en lui même la laisse de marbre en bonne Ardamirie qu'elle était.

Lorsque le soleil déclina dangereusement et qu'il fallu se décidé à rentrer au domaine des Nöldorion, la guerrière s'autorisa tout de même à garder un sourire heureux, répondant avec un enthousiasme mesuré aux quelques questions de celle qui les avaient accueilli avant de prendre le chemin de sa chambre, notant au passage que la vue de sa peau couturée de cicatrice n'avait pas l'air de choquer son hôtesse au final.

C'est à la fois intriguée et excité comme une enfant qu'elle ouvrit les deux paquets qui trônaient sur son lit... mais ce fut une expression tendre qui se logea sur son visage lorsqu'elle caressa le tissus. Elles étaient toute deux magnifiques... et surtout assez simple par rapport à ce qu'on trouvait dans la région – ou du moins dans les placards des Nöldorion – bien plus proche des robes qu'elle avait l'habitude de porter en Ardamir. Il y avait pensé... Après s'être rafraîchie, elle passa la robe verte. Elle lui allait à la perfection. Elle en venait presque à aimer ce qu'elle voyait. Pendant qu'elle examinait le drapée, heureuse comme rarement devant son propre reflet portant un cadeau aussi bien pensé, une interrogation amusée germa dans son esprit alors qu'elle essayait de deviner comment il avait pu indiqué au tailleur ses mensurations. Cela n'avait pas grande importance, mais tout de même...

Au moment du dîner, Melian la complimenta poliment sur la pertinence son achat du jour. Si la Protectrice sourit intérieurement, elle n'en laissa rien paraître et remercia son hôte tout aussi pieusement. Le repas, comme la veille, fut animé de quelques discussions agréable qui permirent à Halya de masquer son absence appétit persistante. Bientôt ils dévièrent sur l'art, et tout particulièrement la musique. Évidemment, lorsque les couverts furent débarrassés, Fenris fut sollicité pour jouer un air de vielle. A son plus grand bonheur ou malheur ? Halya n'aurait su le dire...

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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Lun 24 Avr 2017 - 12:07

Fenris était un homme plein de surprises.
Ce fut sans aucun signe d'étonnement ou de satisfaction qu'il vit Halyalindë arriver avec l'une de ses nouvelles robes. On devait croire qu'il était avec elle lorsqu'elle l'avait choisie... Il ne fut pas non plus surpris de voir laquelle elle avait décidé de porter pour la soirée. Il avait rapidement compris quelle couleur elle préférait porter et, de manière générale, quels tons lui plaisaient. C'était pour cette raison qu'il avait sélectionné deux teintes naturelles : la première tombant exactement dans les goûts de la Protectrice et la seconde rappelant la mer toute proche.
Quant à ses mensurations... Un artiste ne révèle pas tous ses secrets.

Le dîner se passa à l'image de celui de la veille. Néanmoins, il se prolongea un moment dans le petit salon où l'on vint à parler de musique. Un morceau fut réclamé à Fenris qui sourit en pensant aux cordes de son instrument qu'il avait changé le matin-même. On envoya quelqu'un le chercher tandis que le musicien se renseignait sur les préférences de son auditoire. Eölir lui donna son morceau préféré, celui qu'il lui demandait presque à chaque fois. Quant à Melian, elle lui demanda de jouer à sa guise. Sans rien dire, le jeune Aigle écarta de lui-même certains titres qui auraient trahi ses émotions du moment. Car un musicien ne joue-t-il jamais avec son cœur ?
Le concerto se termina lorsque la soirée fut largement avancée. Tout le monde s'accorda à dire qu'il était peut-être temps d'aller se coucher. On se salua et le jeune couple quitta la pièce. Ils marchèrent côte à côte le temps de rejoindre l'allée centrale où ils firent mine de se souhaiter amicalement la bonne nuit. Mais, profitant de tourner le dos à la pièce qu'ils venaient de quitter et que ses parents soient trop loin pour l'entendre, Fenris laissa un expression tendre se dessiner sur son visage et ajouta quelques mots tout en s'inclinant poliment comme pour prendre congé.

-Cette robe te va à ravir.

Puis il fit un quart de tour et se dirigea vers ses appartements. Ce serait sûrement la seule chose qu'il aurait l'occasion de lui dire à ce sujet avant un moment.


************************


Sixième jour de la troisième ennéade de Favriüs
An 9 du XIème cycle


La nuit était telle qu'on s'y attendrait en ce début d'automne : fraîche et humide. Il avait en effet plu quelques gouttes la veille mais rien qui empêche de vivre. De plus, les allées couvertes avaient amplement suffi à protéger les passants de cette pluie fine. Le soleil du lendemain avaient tout fait disparaître avant le milieu de la journée, permettant aux deux nouveaux arrivants de profiter un peu de l'extérieur. Mais nulle question de se promener cette fois-ci. Ils profitèrent de la douceur de l'air pour s'entraîner aux armes dans la clairière où Fenris et Delyndil -avant lui- s'étaient entraînés étant enfants. Cela aurait pu être pour eux l'occasion de passer un peu de temps seuls et à l'écart mais ils n'avaient pas les moyens de refuser à Eölir la permission de venir les observer lorsqu'il posa la question durant le déjeuner.
Fenris prit le parti d'éviter d'utiliser son bras droit pour ne pas solliciter son épaule plus que nécessaire après sa dernière blessure. Il préférait procéder par étape et le simple fait de se mouvoir avec son arme en main lui semblait être un bon début. Evidemment, cela faussait un peu l'exercice mais il fallait qu'il reprenne l'entraînement pour être prêt à commencer son instruction chez les Aigles d'ici peu. Son père ne put s'empêcher de lui faire quelques remarques durant l'entraînement. N'est-ce pas l'apanage de tout parent qui se respecte ? Toutefois, en bon vétéran qu'il était, la plupart lui furent très utiles. Tout comme celles d'Halyalindë.

Ce fut ainsi que s'écoula la journée. Quant à la soirée, elle fut semblable aux précédentes, à quelques détails près dus au hasard des sujets de discussion. Une fois de plus, Fenris et sa compagne se quittèrent en se saluant tels des amis. L'occasion d'annoncer leur relation ne s'était hélas pas encore présentée.

Néanmoins, la fin de soirée ne se déroula pas tout à fait comme les fois précédentes.
Halyalindë devait avoir rejoint sa chambre depuis une dizaine de minutes à présent lorsque trois coups furent frappés. Non pas à sa porte, mais sur un bois beaucoup plus dense et épais. A l'opposé de la pièce, face à l'entrée, une arcade donnait sur le bosquet. Le jeune Nöldorion se tenait en dessous, un sourire tendre sur les lèvres. Il avait fait mine de retourner à ses appartements mais ces derniers se trouvaient derrière ceux de ses parents et encore après ceux de ses frères. Il lui fut donc aisé de changer de direction une fois qu'il ne fut plus en vue. Il avait certes dû faire un détour pour s'assurer que ses parents ne pourraient les voir depuis chez eux mais, avec l'absence de serviteurs la nuit, rejoindre les appartements d'Halie était un jeu d'enfant.

-J'espère que je ne te dérange pas.

Il connaissait la réponse à cette question et un brin d'espièglerie pointa dans ses yeux avant de disparaître dans l'immensité d'amour qui inondait à présent son regard.
Elle lui manquait. Un peu trop. Jusque là, ils n'avaient pu se retrouver complètement seuls que l'espace de quelques instants et avec toujours la possibilité qu'on les aperçoive ensemble. Même durant cet après-midi qui aurait pourtant dû leur être consacré. Ils avaient donc conservé leur distance tout ce temps, tant physiquement qu'émotionnellement. Cela ne faisait que trois jours qu'ils passaient ici et pourtant cela semblait être une éternité au cœur de Fenris. Sans doute la proximité de sa bien aimée n'aidait-elle pas à lui rendre la tâche plus facile.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Lun 24 Avr 2017 - 21:57

En refermant la porte, Halya s'arrêta un instant, la main accrochée à la poignée, l'épaule appuyée sur le battant. Un soupire résonna dans l'élégante pièce vide. Elle avait passé une excellente journée.

Enfin excellente mise à part la tension qui continuait de lui user les nerfs : ils n'avaient toujours rien dit. Pourtant ils ne pouvaient pas prétendre que c'était par manque de temps. Eölir avait passé une grande partie de la journée avec eux et ils avaient toujours pris leurs repas avec l'un, l'autre ou les deux parents du cavalier depuis leur arrivée. Certes, aucune conversation n'avait déparée assez pour leur offrir une occasion... Mais enfin, après deux jours, ils ne pouvaient pas simplement passé sur un sujet tendancieux et lâcher '' Au fait,  nous sommes en couple. '' Elle passa une main dans ses courts cheveux roux si loin de la longue crinière de la bru idéale. Haa... Pourquoi cela semblait-il si compliqué... ?

Le lendemain, elle irait passé l'après-midi hors des murs, voir si la Meute était encore là. Courir pour le simple plaisir. Oublier un peu cette tension en demie-teinte qui pointait périodiquement son nez. Se taire et écouter, elle savait faire à force de côtoyer des conseils tendus. Rester calme et ravaler son orgueil, même si cela lui coutait, elle avait bien du s'y résoudre en ayant été dans l'armée. Mais cacher à ce point des émotions si sincères...

En attendant, elle s'assit  au bureau, tirant une page blanche. Il lui semblait qu'une éternité s'était passé depuis la dernière fois qu'elle avait passé du temps à rédiger des documents officiels... Qu'est-ce qu'elle avait pu travailler avec Medherith et celondil pour en apprendre les ficelles durant la dernière décennie ! Mais ce soir, elle cherchait tout simplement à s'occuper un peu, à se changer les idées. En voyant Fenris tenir un journal de voyage, et étant donné les questionnements qui envahissaient de plus en plus sa vie, elle commençait à se demander si tenter de coucher ses idées sur le papier ne lui serait pas profitable à défaut de réussir à les formuler..

Quelques minutes s'écoulèrent sans qu'elle ne fasse quoi que ce soit, l'esprit finissant par vagabonder sur le chemin qui venait à sa chambre et les alentours visibles de l'autre côté de sa fenêtre. Puis elle s'empara de la plume, posant quelques traits abstraits sur le papier. Un bruissement derrière elle. Elle se retrouva debout, tournée d'un bloque vers le fond de la salle, plume dans la main gauche... Et se retrouva étonnée face à Fenris en train de frappé sur l'arcade qui donnait sur le bosquet.

- J'espère que je ne te dérange pas.
- Non...

       Elle se reprit, s'éclaircissant la gorge tout en reposant la plume sur son support. Elle en profita pour poser mine de rien une autre page sur le pâté d'encre noire qui barrait la page d'un bord à l'autre avant de se tourner une bonne fois pour toute vers son visiteur, un sourire aux lèvres. En quelques pas, elle était assez proche pour l'enlacer. Respirant quelques instant, blotti contre son cou, elle souffla avec un sourire :

- Non. Je devrais pouvoir m’accommoder de ta présence.  


Fenris sourit et l'enserra tendrement dans ses bras.

-Tu m'en vois ravi.

Elle n'en sourit que davantage, resserrant imperceptiblement son étreinte avant de reculer pour pouvoir lui faire face.

- Alors comme ça, Heru Fenris fait le mur...

- Techniquement, je ne suis jamais entrer dans ma chambre donc...

Un sourire espiègle se peint sur son visage.

- Je n'en pouvais plus. Te savoir si près sans pouvoir t'enlacer...

Pour toute réponse, elle l'embrassa. Quelle idée de dire des choses pareilles avec la voix et le regard qui étaient les siens... Fenris répondit à son baiser, refermant un peu plus ses bras autour d'elle après l'avoir légèrement libérée de son étreinte l'instant précédent. Il aurait pu demeurer ainsi des heures entières, mais il avait une idée bien précise en venant ici. Aussi, après malgré tout quelque minutes, il finit par détacher ses lèvres des siennes et posa son front contre celui de sa bien aimée, comme pour reprendre ses esprits. Finalement, il se redressa.

-Je voudrais te montrer quelque chose.

Halya fronça les sourcils, intriguée. Fenris lui répondit d'un sourire amusé puis lui prit la main.

-Suis-moi.

L'Aigle l'attira à travers les méandres d'arbres et de petits logements destinés aux invités, sûr de la direction qu'il prenait. Au début, il chercha surtout à s'éloigner de la petite clairière centrale qui s'étendait au pied du bâtiment principal, séparant les appartements des Nöldorion de ceux destinés aux hôtes. Puis il bifurqua pour se rapprocher du bord de mer. Mais avant qu'Halyalindë n'ait pu le voir, son compagnon s'arrêta.

-Ferme les yeux.

- Mais ou est-ce que tu m’emmènes? demanda-t-elle tout de même avec un rire dans la voix, gardant les yeux bien ouvert.

-Si je te le disais, ce ne serait plus une surprise. Répondit-il avec un sourire tendre et assuré.

Après un sourire curieux et une tentative inutile pour regarder ce qui pouvait bien se trouver dans cette direction, elle fini par obtempérer. Fenris arbora alors un sourire satisfait et l'attira à lui tout en reculant lentement. La tenant toujours par la main, il fit ainsi plusieurs pas pour s'assurer qu'elle ne trichait pas avant de faire à nouveau face à la route. Tandis qu'ils avançaient, une mélodie puissante qu'elle entendaient sur le domaine se frayait un chemin dans sa conscience de plus en plus nettement, faisant sourire l'Ardamirie autant que ce petit jeu. Après quelques minutes de marche, il s'arrêta et passa derrière Halie.

-Tu l'as cherché à ton arrivé. Le voici.

Devant eux se tenait un spectacle des plus majestueux. Le Laurenorn s'imposait de toute sa hauteur. Il était large de plusieurs mètres et certaines de ses branches auraient pu porter une petite maison en pierre. Plusieurs racines sortaient du sol en de voluptueuses vagues. Un peu plus loin, la terre s'arrêtait et ce n'était plus que la mer à perte de vue.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle en resta d'abord figée. Bien sûr, étant donné son lieu de naissance, elle avait déjà vu des arbres plus grands et tout aussi majestueux... Mais celui-ci avait quelque chose de magnifique. Ressortant dans toute l'écrasante beauté de sa taille, seul sur le fond bleu gris de la mer et du ciel de ce début du nuit, ses feuilles mordorées ressortaient d'une toute autre façon que les parures d'automne que ses lointains cousins arboraient.  

- Il est magnifique... Murmura-t-elle, la tête levée.

Les mains de Fenris montèrent au niveau des épaules de sa compagne. Puis elles descendirent, laissant ses doigts caresser sa peau si fraîche.

- Je savais qu'il te plairait.

Elle frissonna, se laissant doucement aller contre le torse de l'homme derrière elle.

- Comme tu savais que cette robe me plairait aussi... Merci.

Il sourit. Finalement, ils avaient pu reparler de son cadeau...
Lentement, il baissa la tête pour laisser ses lèvres venir déposer un baiser dans le creux de son cou tandis que ses bras venaient envelopper la belle pour venir se poser de chaque côté de sa taille. Il demeura ainsi quelques instants pour lui laisser admirer le spectacle puis il glissa ses doigts entre ceux d'Halyalindë avant de relâcher son étreinte et passer devant elle pour l'attirer encore une fois.

-Viens.

Ils s'approchèrent un peu plus de l'arbre jusqu'à le dépasser. Enfin, il l'entraîna vers le tronc millénaire sans rencontrer de résistance et vint s'asseoir à une place toute trouvée, entre les immenses racines, l'invitant à se joindre à lui.
Ici, il ne craignait pas d'être découvert. Ils se trouvaient bien loin des appartements d'Eölir et Melian. Ils étaient à l'extrémité du domaine et le Laurenorn leur offrait désormais la meilleure des protections. Elle se glissa donc à son côté, tentant de préserver quelque peu sa robe de l'humidité du sol. Coupé du reste de la propriété, elle lui vola un baiser passionné avant de reculer quelque peu pour profiter une fois de plus de son visage. Elle l'observait avec la même intensité qu'elle avait offerte à la vue de l'océan ou à celle du chêne d'or qu'elle avait tant appréciées... quoi que la flamme qui couve dans son regard soit d'un tout autre ordre.  

- Alors ça, ça me plaît peut-être encore plus. Sourit-elle tendrement.

Fenris fronça les sourcils comme s'il cherchait à savoir de quoi elle parler. De leur emplacement entre les racines ? De la vue magnifique mêlant la terre, le ciel et la mer ? Mais la suite de son discours lui laissa plutôt à penser qu'elle était heureuse de l'intimité qu'ils pouvaient retrouver ici sans que personne ne risque de les y dénicher :

- C'est stupide à dire mais tu m'as manqué...

Il sourit alors et tendit une main vers son visage. Ses doigts glissèrent sur sa joue tendit qu'il approchait pour l'embrasser.

Elle aussi lui avait manquée.

Il est parfois étrange de constater à quel point la présence physique ne fait pas tout. Mis à part les nuits qu'ils passaient séparément, ils étaient restés presque chaque minute de leur journée côte à côte. Ils avaient même partagé des activités bien plus divertissant que de la marche forcée au milieu d'une foret interminable. Et pourtant, Halya s'était parfois sentie aussi nostalgique que lors de leur séparation avant les batailles qui avaient secouées le Sud. Elle retrouvait l'odeur de sa peau et la douceur de ses gestes avec une joie qui confinait à la reconnaissance... Mais une question la taraudait encore.  

Reprenant sa respiration après l'un de ces instants qui paraissait toujours trop court, elle posa son front contre celui de son compagnon, partageant son souffle à défaut de goûter ses lèvres. L'une de ses mains s'était mise à flatter sa nuque, jouant avec douceur dans ses cheveux.

- Combien de temps encore ?

- C'est à peine si nous croiserons ma mère demain... Lui répondit-il avec regret dans un murmure.

Elle soupira, laissant reposer sa tête contre l'épaule du jeune homme, incapable de cacher la déception née de la comédie qu'ils avaient à jouer autant que de l'appréhension qui la tenait à l'idée de la réaction des deux Nöldorion. Ses doigts glissèrent entre ceux de Fenris, resserrant doucement sa prise tout en laissant son pouce en caresser le revers. L'Aigle déposa un baiser sur le sommet du front de sa compagne. Il était aussi désolé qu'elle était déçue. Peut-être même plus en sachant qu'elle n'était pas habituée comme lui à dissimuler ses pensées et ses émotions derrière un masque si bien maîtrisé. Et même pour lui cela devenait difficile à supporter...

Il ne voyait guère qu'une solution pour mettre fin à leur supplice.

-Puisque le sujet ne semble pas venir d'eux, c'est moi qui l'aborderait. Voudras-tu être présente ou préfères-tu que je leur parle seul ?

- Tu les connais mieux que moi. répondit-elle sans bouger. Je ne veux pas te laisser le faire seul, mais si tu penses que ce sera plus simple pour eux de l'entendre de ta part seulement... Enfin bref, je suis là si tu le souhaites mais je ne veux pas être une gêne non plus.

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Mer 26 Avr 2017 - 5:18


Fenris prit un instant pour réfléchir. Il ne voyait guère qu'une solution pour mettre fin à leur supplice.

-Puisque le sujet ne semble pas venir d'eux, c'est moi qui l'aborderait. Voudras-tu être présente ou préfères-tu que je leur parle seul ?

- Tu les connais mieux que moi. répondit-elle sans bouger. Je ne veux pas te laisser le faire seul, mais si tu penses que ce sera  plus simple pour eux de l'entendre de ta part seulement... Enfin bref,  je suis là si tu le souhaites mais je ne veux pas être une gêne non  plus.

-En vérité, puisque tu es prête à m'accompagner, autant que tu sois avec moi. Finit-il par dire.

Fenris connaissait suffisamment sa famille pour savoir que c'était la meilleure option. Si elle n'était pas présente alors qu'elle se trouvait sur place, cela aurait pu passer pour une forme de lâcheté, une façon de ne pas assumer pleinement leur relation. Si elle se sentait capable de supporter le regard de ses parents, alors elle devait venir.

- Ça me va.

Comme pour sceller ce sujet peu réjouissant, elle remonta le long du cou de son compagnon en une série de baisers. Un peu surpris, Fenris voulut tourner la tête vers Halie mais se retint au dernier moment. Au contraire, il étendit son regard devant lui. C'était la première fois qu'elle faisait cela...
En fait, non. Mais la dernière fois c'était lors de cette nuit, la veille de traverser l'Olyia. Depuis, aucun d'eux n'avait plus montré de signe d'un désir quelconque. Leurs mésaventures et l'intimité qu'ils avaient perdue en retrouvant la civilisation y avaient sérieusement contribué. Malgré l'expérience qu'il avait déjà pu avoir, Fenris n'en restait pas moins un novice en matière de vie de couple. Il ne savait pas vraiment comment interpréter le geste de sa compagne, ni comment il était censé réagir.
Cela viendrait, avec le temps.

En tout cas, cette fois-ci l'interprétation fut laissé à son imagination puisque la belle, après s'être attardée quelque peu, reposa la tête contre l'épaule de son compagnon avec un soupire bien heureux. Elle chercha quelques instants la position la plus confortable pour reposer contre lui tout en continuant à pouvoir profiter un peu du paysage. Fenris étendit son bras dans le dos de la belle pour venir poser la main sur son épaule et ainsi l'enlacer tendrement.
Devant eux s'étendait la mer à perte de vue. Sur la surface de l'eau faiblement agitée se reflétaient autant la lumière des étoiles que celle des deux lunes. Une légère brise provenant de l'horizon venait parfois leur caresser la peau au rythme mélodieux des vagues qui s'échouaient tantôt contre la falaise, tantôt sur la petite place à quelques centaines de mètres à leur gauche. Fenirs huma l'air marin. Il ne se sentait pas l'âme d'un aventurier des océans et pourtant tout ceci lui avait bel et bien manqué. Il posa un instant les yeux sur Halyalindë, comme pour s'assurer de quelque chose. Qu'elle n'avait pas froid. Que le spectacle était à son goût. Qu'elle ne s'ennuyait pas à simplement observer le paysage...

Mais non. Tout allait bien. Parfaitement bien. Ils restèrent un moment ainsi enlacés face à la mer. Tournés vers l'horizon plutôt que vers un quelconque passé.

- Enfant, je rêvais de partir à l'aventure. Mes parents avaient une histoire tellement extraordinaire que je me suis construite dans leur ombre. Je voulais découvrir le monde, vaincre des dragons, faire en sorte que mon nom soit gravé dans l'histoire. souffla-t-elle dans un sourire. J'étais turbulente au point d'en rendre mes parents fous. Je crois que je me rappellerai toujours le savon qu'ils m'ont passé quand j'ai voulu grimper tout en haut du Palais. Elle gloussa avant d'ajouter, J'avais réussi à grimper dans les jardins privés du Protecteur Tiril en pleine nuit parce que je voulais voir la pleine lune. Mais je crois que pas une fois je me suis imaginée autrement qu'avec les armes à la main...

Fenris n'était pas vraiment surpris d'apprendre les misères que sa compagne avaient fait endurer à ses parents. Elle avait été telle que ce l'était immaginé. Néanmoins, cela ne l'empêcha pas de s'en amuser.

-Pour ma part, j'étais un enfant très calme et réfléchi. J'ai même donné une leçon de moral à des adolescents qui devait avoir le double de mon âge. Quant à mon Choix, j'ai été plus indécis. Tout aurait pu me correspondre : l'érudition, la politique, les arts... Mais je ne voulais pas être un simple penseur si éloigné de la réalité qu'il en prendrait des décisions parfaitement inadaptées. J'ai choisi de commencer par prendre les armes. Pas seulement pour défendre Anaëh, mais aussi pour la découvrir et acquérir la connaissance du terrain avant de ranger définitivement mes armes après quelques siècles.

- Hmm, je vois, tu fais parti de ces gens qui avaient déjà deux siècles à la naissance... Pourquoi cela ne m'étonne pas ? sourit-elle.

Fenris eut un rire sincère.

-C'est vrai. Je suis un jeune homme âgé.

- Ce qui fait de moi une vieille femme inconsciente ? le taquina-t-elle

-Certainement pas par l'esprit dans ce cas. Lui rétorqua-t-il, un tendre sourire aux lèvres, avant de se pencher pour l'embrasser.

- Flatteur... parvint-elle à articuler lorsqu'il la laissa reprendre son souffle. Mais ta vision des choses est bien plus juste que ne l'était la mienne.

Fenris eut un air soupçonneux durant un instant. Il n'était pas sûr de comprendre ce qu'elle voulait dire.

-Parles-tu de notre retour de la guerre ?

Elle secoua négativement la tête contre son épaule.

- ... Quoi que... Mais Je parlais de savoir ranger un jour sa lame avant d'être passer par le fil de celle de ses ennemis.

-Tu ne penses pas pouvoir y parvenir un jour ?

- Je n'y avais même jamais réfléchi... avant aujourd'hui.

Passant une main derrière sa tête, il déposa un baiser dans sa chevelure cuivrée avant de la serrer contre lui. Il ne lui demanderait jamais de poser les armes si elle ne le souhaitait pas. Pas même s'ils devaient un jour fonder une famille. Si elle devait le faire un jour, ce devrait être son choix.
Elle continua à sourire, tout simplement. Le silence s'installa de nouveau. Il ne fallut que quelques instants pour que sa respiration devienne d'une régularité absolue. Poussée par les deux exécrables nuits qu'elle avait passé et la fatigue des entrainements du jour, elle ne se sentit même pas fermer les yeux.
Fenris tourna son regard vers elle.

-Meleth ?
- Hmmm? gromela-t-elle dans un léger sursaut.

Il sourit tendrement en se rendant compte qu'il l'avait réveillée.

-Je ferais peut-être mieux de te raccompagner.

Le regard ensommeillé, elle fronça les sourcils de dépit. De retour, seule, dans l'appartement qu'on avait mis à sa disposition, elle ne savait même pas si elle parviendrait à fermer l'oeil... Et pourtant il faudrait bien qu'ils se quittent pour cette fois encore.

Elle allait accepter lorsqu'un élan d'égoïsme la submergea.

- Restons encore un peu... Juste un peu.

Un nouveau sourire étira les lèvres de son compagnon. Elle était décidément incorrigible... Toutefois, il avait quelques soupçons concernant ce qui la motivait à rester alors qu'elle tombait visiblement de fatigue.

-Est-ce pour la vue ou pour ma compagnie ?

- Pour la vue bien sûre. répondit-elle en s'approchant pour l'embrasser.

Il répondit à son baiser, effleurant sa joue des doigts.
Pour la vue... Evidemment.
Il recula très légèrement. Si elle voulait pouvoir profiter encore un de lui dans l'intimité, alors soit. Il n'avait rien contre, bien au contraire. A ceci près qu'il ne souhaitait pas qu'elle se néglige pour lui et elle avait visiblement besoin de repos. Il lui proposa donc un compromis, comme il aurait sans doute régulièrement besoin d'en faire.

-Que dirais-tu si nous retournions à ta chambre et que je restais un peu avec toi ? Le temps que tu t'endormes par exemple ?

- Je dirais que la vue m'irait tout aussi bien là-bas.

Il lui adressa un sourire et se détacha d'elle pour se lever. Il se tourna ensuite vers Halyalindë et lui proposa sa main pour l'aider galament à se mettre debout. Ils rebroussèrent tranquilement chemin, la rouquine au bras de son compagnon. Comme à l'alléer ils prirent des chemins détournés. Chemins qu'Halya put voir cette fois-ci. Retrouver le petit pavillon abritant la chambre d'invité semblait totalement naturel pour celui qui avait passé la moitié de sa vie en ces lieux. Une fois à l'intérieur, les rideaux tirés, le silence des lieux n'avait pourtant rien de l'oppressante atmosphère que la dame redoutait.

Indécise, elle jeta un coup d'oeil au paravent.

-Les seules personnes encore présentes sur le domaine à cette heure se trouve de l'autre côté de la clairière et ils ont la décence de ne pas venir importuner leurs invités lorsque ceux-ci sont censés être en train de dormir.

- C'est plutôt tes yeux que les leurs que je ne voulais pas incommoder, rit-elle à demi, légèrement gênée qu'il ait surpris son regard.

-Oh...

Fenris ne s'y attendait pas vraiment. La vie de couple était une chose encore méconnue pour lui. Toutefois, si elle hésitait, cela signifiait sans doute que l'intimité ne se limitait pas seulement au lit.
Il s'avança vers elle et prit sa main sur laquelle il déposa un baiser.

-J'ai encore beaucoup à apprendre. Ne te préoccupe pas de moi et fais à ton aise, nin meleth. Lui assura-t-il avec un sourire tendre.

Elle se rappelait l'échange qu'ils avaient eu après avoir traversé l'Oliya, elle lui avait dit qu'elle ne le fuirait pas par simple précaution, mais elle le prenait malgré tout en compte. Elle se rappelait son expression lorsqu'il hésitait à la regarder... et au final, l'idée de le mettre un tant soit peu mal à l'aise l'avait fait elle-même hésiter.

- J'en ai pour une minute.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Mer 26 Avr 2017 - 20:06

Elle lui rendit son sourire alors qu'il laissait doucement filer ses doigts. Il lui suffit de quelques pas pour récupérer la simple chemise de corps laissée dans l'armoire et la poser sur le lit. Puis, avec un désinvolture de façade, elle retourna vers coiffeuse. Après s'être rincé le visage, elle mastiqua quelques graines et feuilles de menthe, une vieille habitude qu'il lui avait déjà vu, en voyage ou non, pour prendre soin de ses dents.

Tandis qu'elle se trouvait dans l'espace de toilette, Fenris observa les lieux. Il connaissait toutes les chambres d'hôtes, bien sûr, mais il regarda celle-ci avec un œil nouveau. Elle était belle, spacieuse, bien décorée et suffisamment meublée. Pourtant, quelque chose le rendait insatisfait quant à cette chambre. Elle était impersonnelle. Parfaite pour un invité de passage, même de marque, mais pas suffisamment appropriée pour celle tant chéri par l'un des maîtres des lieux.

Après quelques coups de peigne, Halyalindë revint vers le lit. Fenris posa aussitôt le regard sur elle tandis qu'elle se mettait dos à lui pour ôter méthodiquement la robe qui lui avait offerte, libérant peu à peu sa peau blanche à la vue de l'unique spectateur. Dans un premier temps, il détourna le regard. Par politesse ou par pudeur, il ne savait pas vraiment. Peut-être un mélange des deux. Puis il trouva sa démarche ridicule et releva les yeux vers la silhouette qui se mouvait dans la pénombre. Ils s'aimaient, au point d'avoir consommé leur amour une première fois. Il ne devait plus craindre de voir une partie de peau mise à nue. Alors il prit une grande inspiration et s'approcha lentement. Lorsqu'Halie voulut saisir les lacets noués dans le bas de son dos et qui ajustaient le haut de sa robe, elle n'y trouva que les mains de son compagnon déjà à l'œuvre.

- Merci. dit-elle simplement d'une voix guillerette en le laissant à sa tâche, un fin sourire sur les lèvres.

Fenris défit le nœud sans un mot avant de desserrer délicatement les lacets, donnant un peu de mou à la robe. Lorsque le vêtement lui sembla suffisamment ample, il attendit une seconde puis il remonta les mains au niveau des épaules de la belle. Doucement, il exerça une pression sur le tissu qui descendit sans la moindre difficulté pour venir chuter sur le sol. Ce qu'il ressentait en se tenant si près d'elle pour l'aider à se déshabiller était à la fois fort et confus. Son coeur battait à tout rompre et il devait produire certains efforts pour contrôler sa respiration. Il eut un sourire amusant en constatant une fois encore à quel point elle parvenait à le toucher.
Finalement, il saisit la chemise qui se trouvait sur le lit et la tendit à Halie toujours de dos, contournant son corps et prenant soin de ne pas la toucher pour la lui proposer.

Dire que l'air frais l'indisposait était le plus grand des mensonges, pourtant elle passa la chemise qu'il lui tendait, sans discuter. Elle la plissa pour pouvoir la passer autour de ses épaules sans s’empêtrer dedans avant d'y passer les bras. Puis le tissu glissa le long de sa silhouette. La pointe de ses cheveux restaient tout juste prise entre le col et sa nuque. Pour ne pas la rendre trop informe et éviter que le col ne retombe, un lacet très simple était présent sur l'avant. Elle allait s'en saisir, mais les laissa finalement retomber pour se tourner doucement vers Fenris, un sourire aimant sur les lèvres.
L'Aigle lui rendit un sourire à demi embarrassé.Il voulait néanmoins lui assurer que cela passerait. Il avait seulement besoin de temps. Et peut-être un peu de pratique mais cela devrait attendre qu'ils puissent officiellement partager la même chambre.
Elle lui offrit un baiser des plus chastes, caressant un instant sa joue avant de reculer d'un pas, se passant une main sur la nuque pour libérer ses cheveux. Sa jambe cognant le bord du lit, elle faillit écraser du pied la robe qu'elle venait d'ôter et se baissa pour lui épargner un sort funeste, voulant aller la poser sur le dossier de la chaise qui faisait face au bureau.
Fenris l'arrêta, posant une main sur la robe avant de s'en saisir délicatement.

-Je m'en occupe. Mets-toi au lit. Lui proposa-t-il avec un sourire.

- Oui maman, se moqua-t-elle gentiment en s'asseyant sur le matelas avant de se glisser sous les draps jusqu'au côté droit du lit.

Tournée sur le flanc, elle l'observa faire ses quelques pas dans l'ombre.
Après avoir soigneusement posé le vêtement sur le paravent, le jeune Nöldorion fit demi-tour pour aller rejoindre Halie. En chemin, il retira sa veste qu'il laissa sur l'un des montants du lit. Puis il s'assit à son tour sur le matelas pour défaire les attaches de ses bottes. S'il devait rester le temps qu'elle s'endorme, autant s'installer confortablement. Pourtant, la vision d'eux chacun d'un côté du lit avait quelque chose d'assez inhabituel...
Une chose qu'Halya aimait particulièrement.
Elle ne dit pas un mot jusqu'à ce qu'il en vienne à s'étendre mais ne perdit pas une miette du spectacle pour autant. Ses yeux le détaillaient, sereins. Elle n'aurait pu cacher son sourire, même si elle l'avait voulu.

-Qu'est-ce qui t'amuse ainsi ? Lui demanda-t-il en se tournant vers elle, une fois venu à bout de sa dernière botte.

- ça ne m'amuse pas. ça me fait plaisir, c'est tout.


Elle tendit une main pour frôler sa joue.
Fenris lui adressa un sourire tendre avant de venir s'étendre à côté d'elle. Il étandit un bras pour l'inviter à venir se blottir contre lui, comme ils l'avaient fait durant toute la durée de leur voyage. Même a travers la couverture, elle sentait sa chaleur. Son souffle profond et régulier à son oreille. Les légers mouvements qu'il faisait pour trouver une position confortable. Avant de réellement se pelotonner, elle tourna son visage vers lui, l'observant un instant sans ouvrir la bouche, passant encore le dos de ses doigts sur l'angle de sa mâchoire.

- Je t'aime.

Imitant le geste de sa compagne, sa main vint frôler la joue d'Halyalindë.

-Je t'aime, Ly'li.

La respiration d'Halya se creusa sur le moment, le souvenir d'une autre nuit flottant dans l'air. Elle aimait réellement qu'il l'appelle comme ça. Prenant appui comme elle pouvait, elle se redressa pour venir l'embrasser longuement avant de retomber entre ses bras, retenant un bâillement.

C'était triste à dire, car elle n'avait absolument pas envie de laisser ces quelques instants lui échapper... Mais elle était réellement morte de fatigue. Sa présence. Sa chaleur. Son odeur. Et, détail inhabituel, un lit moelleux. Elle se sentait si bien que cela devenait difficile de résister. Fenris n'eut pas à attendre longtemps avant de la voir s'endormir. Pourtant, il resta un moment à la regarder dormir.
Les minutes s'écoulèrent tant et si bien qu'au bout d'une heure il réalisa qu'il était peut-être temps pour lui de s'en aller. Avec toute la délicatesse du monde, il parvint à se dégager pour se redresser. Sans un bruit, il remit ses chaussures puis fit le tour du lit pour effleurer le front de sa compagne de ses lèvres. Enfin, il prit la directement de l'arcade par laquelle il avait fait irruption, emportant sa veste au passage.

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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Lun 1 Mai 2017 - 14:56

Huitième jour de la troisième ennéade de Favriüs
An 9 du XIème cycle



Une journée de plus s'était écoulée. Une journée où, une fois encore, ils n'eurent pas l'occasion d'annoncer la nouvelle aux parents de Fenris. L'Aigle avait bien croisé sa mère le matin mais elle était seule et pressée par le temps. Ce n'était pas le moment pour lui dire une chose pareille. Il l'avait donc embrassée avant qu'elle ne s'absente pour la journée entière.

De son côté, Halie était allée en forêt pour passer du temps avec Randil. Son compagnon ne s'était pas proposé pour l'accompagner, estimant qu'elle avait certainement besoin de se retrouver seule avec son ami à quatre pattes. Le fait qu'elle ne le lui suggère pas non plus lui laissa entendre qu'il avait probablement eu raison.
Aussi, le jeune Nöldorion avait passé sa journée à tout autre chose. Tandis qu'Eölir était parti vaquer à ses occupations, son fils avait rendu visite aux deux juments. Il était resté un moment à leur parler. Surtout à Inysiëis qui avait alors partagé avec lui la difficulté de la situation qu'il était en train de vivre. La distance qu'il devait s'imposer lorsqu'il se trouvait avec Halyalindë n'avait rien de naturelle et, pour la première fois de sa vie, il ne voulait pas avoir à s'y contraindre. Tout en parlant, Fenris avait pris soin des juments lui-même, renvoyant Erelion à ses autres obligations.
Après le déjeuner, il été retourné dans ses appartements et avait enfin pris le temps d'entretenir son matériel. Installé sur la terrasse, il avait aiguisé et traité ses lames avant de cirer tout son matériel en cuir. Les heures s'étaient écoulées tant et si bien que les rayons du soleil s'étaient parés d'une teinte orangée. L'Aigle était en train d'achever de ranger son équipement prêt à l'emploi lorsqu'on était venu frapper à sa porte pour lui dire que la Protectrice était de retour.

Une soirée de plus... Une soirée qui n'avait pas vu revenir Melian. Elle devrait rentrer tard. Bien trop tard pour que Fenris puisse espérer l'entretenir. Alors il avait laissé les heures le conduire au lendemain.

Et le lendemain, ils y étaient désormais. Ce fut avec plaisir que le jeune Nöldorion apprit que ses deux parents avaient décidés de consacrer leur journée à leur fils et à leur invitée. L'occasion était belle. Trop belle pour qu'il la laisse lui échapper. Malgré toute son impatience, sa raison lui commandait d'attendre le bon moment. Non pas une conversation qui se prêterait à l'annonce mais plutôt une seconde de silence à un instant propice. Instant où ses parents leur accorderaient toute leur attention.
Au petit déjeuner, Melian proposa qu'ils passent la journée près de la plage, non loin du Laurenorn, comme lorsque leurs enfants vivaient encore chez eux. Tous les Nöldorion s'isolaient alors pour passer une journée ensemble, loin de toutes leurs obligations. En l'honneur du séjour de leur fils cadet et de ces heures que ses parents avaient décidé de passer avec lui, ils se proposèrent de renouveler cette ancienne habitude. Fenris accepta avec joie, y voyant une occasion rêvée de se retrouver dans un contexte approprié afin de mettre ses desseins à exécution.

Ainsi, on procéda aux préparatifs, rassemblant tout ce dont ils avaient besoin : Une petite table, quatre chaises, une couverture pour ceux qui voudraient s'étendre dans le sable et un panier de victuailles et boissons. On se répartit équitablement les charges, Fenris en prenant plus compenser le fait que son père ne puisse rien porter. Puis on se rendit sur place à la vitesse d'Eölir, les deux jeunes se trouvant à quelques dizaines de pas devant eux.
En arrivant sur place, le jeune Nöldorion s'arrêta et observa la plage qui s'étirait devant la Protectrice et lui. Une discrète expression de nostalgie se peignit sur son visage tandis qu'il repensait à ces journées passées ici, que ce soit avec ses parents seuls ou avec l'un de ses frères. Les fois où les deux furent présents en même temps étaient très rares...
Comme au pied du Laurenorn, Fenris huma l'air iodé du large, plus puissant ici que sur la falaise de l'arbre millénaire. Il s'en rempli lentement les poumons avant d'expirer sur un rythme plus doux encore. Finalement, il sembla sortir revenir au moment présent et posa ce qu'il avait dans les mains, aidant Halie à tout installer le temps que ses parents, en vue sur le chemin de pierre, ne les rejoignent.
Le temps que le groupe soit réunit, que l'in achève de tout installer et que l'on profite un minimum des lieux, la journée était déjà entamée de moitié.

Alors on s'assit pour manger. Quelques crustacés, des crudités, du pain, des fruits et des biscuits en dessert. Voilà qui était parfait. Durant tout le repas, le jeune homme chercha le moment tant attendu... Une fois encore, la conversation ne s'orienta pas vers la vie amoureuse de Fenris. Sans doute évitaient-il le sujet devant leur invitée. Alors il cherche l'occasion de tenter une autre approche. Il guetta cette petite seconde de silence... Et, lorsqu'elle vint enfin à la fin du repas, il posa ses couverts. Ce petit bruit si reconnaissable dans un instant aussi calme attira irrémédiablement l'attention de sa mère. Elle n'eut besoin que d'une seconde pour comprendre.

-Pourquoi ai-je l'impression que tu as quelque chose à nous dire ?

Eölir leva les yeux à son tour. Tandis que son cœur commençait à battre de plus en plus fort, Fenris esquissa un sourire satisfait et se retint de poser les yeux sur Halyalindë. Enfin, il avait capté leur attention.

-En effet. J'aimerais vous faire part d'une nouvelle qui me touche de près. J'ai attendu plus d'une fois que l'occasion se présente mais, voyant qu'elle ne viendrait pas, j'ai décidé de la provoquer.

Melian montra un intérêt assez inhabituel bien que contenu. Son fils la connaissait suffisamment pour savoir qu'en elle bouillait une impatience dont elle faisait rarement preuve. Mais elle était trop bien éduquée et enracinée dans les conventions sociales pour en faire la démonstration.

-Eh bien parle, nous t'écoutons.

Les regards des deux Nöldorion étaient tournés vers Fenris, si bien qu'ils ne semblaient plus voir Halyalindë. Elle n'existait même plus dans leurs esprits. Ils avaient de si grands espoirs concernant cette "nouvelle" qu'ils en oubliaient de se demander si la dame devait prendre congé pour les laisser entre membres de la même famille.

-Je n'aurais pas à prendre contact avec Maleliana pour les raisons que vous aviez à l'esprit.

Le temps semblait comme en suspend tandis que l'Aigle faisait une courte pause. Même pour lui, cela semblait être une éternité mais il devait se contraindre à freiner son impatience pour faire les choses dans les règles.

-Mon cœur a déjà ses inclinations. Cela fait quelques mois déjà. Et, étant donné le tournant qu'a pris notre relation, nous avons estimé qu'il était temps pour nous de nous montrer au grand jour. A commencer par nos familles.

Les parents de Fenris se redressèrent, soulagés d'entendre qu'il avait enfin trouvé quelqu'un. Quelqu'un pour qui il avait des sentiments. Mais eux aussi trépignaient d'impatience d'en apprendre davantage, bien qu'ils continuaient de se montrer des plus mesurés.

-Pouvons-nous savoir de qui il s'agit ?

Fenris commençait à sentir le poids du regard de ses parents sur lui. Toutes ses craintes concernant ce moment l'assaillirent, provoquant un pic de stress comme il n'en avait encore connu qu'au combat. Mais de quoi s'inquiétait-il finalement ? Bien sûr, il espérait que sa famille prenne la nouvelle avec enthousiasme ou, au moins, une certaine satisfaction. Ne serait-ce que pour son propre bonheur. Mais, même s'ils réagissaient mal, qu'est-ce que cela changerait pour Halyalindë et lui ?
Rien. Absolument rien.
Alors le jeune homme prit la parole, plus assuré et serein que les minutes précédentes. Il allait le leur annoncer. Et advienne que pourrait.

-Vous la connaissez, pour l'avoir déjà rencontrée à plusieurs reprises.

Un nouveau silence. Une nouvelle pause.
Fenris se tourna vers Halyalindë. D'un geste, il l'invita à lui donner la main. Son regard avait subitement changé, se faisant plus tendre. Enfin, il pouvait laisser ses propres émotions -qu'il s'efforçait de contenir depuis presque une ennéade déjà- le trahirent.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Lun 1 Mai 2017 - 22:24

La veille avait été une pause salutaire. Maintenant qu'ils en était arrivé à l'instant fatidique, elle était encore plus heureuse de se l'être accordée. Dans le cas contraire, elle aurait sûrement explosée sur place. La tension qui lui tirait les côtes et lui serrait le cœur... Depuis quand ne l'avait-elle pas connue ? Elle préférait ne pas chercher.

Depuis le matin, lorsqu'il avait été décidé que tous iraient sur la côte, l'idée qu'ils arrivaient à l'obstacle était autant un soulagement qu'une angoisse de font. Celà ne lui avait imposé une réelle confusion qu'à partir du repas de midi. Après un bref moment d'oubli lorsqu'elle était arrivé face à la mer au côté de Fenris, découvrant l'horizon gris et bleu comme elle n'en avait jamais eu l'occasion, l'étau s'était doucement resserré. Elle ne dirait rien pourtant. Elle continuerait à porter le masque amical et léger qu'elle avait adopté depuis le premier soir au contact des parents de son cavalier. Et cela même si cela devenait de plus en plus difficile.

La gorge serrée au point d'avoir du mal à déglutir, elle fit pourtant honneur au repas sans parvenir à lui trouver le moindre goût. Même les crustacés à l'étrange saveur iodée qu'elle avait du mal à supporter d'habitude ne lui posaient pas plus de problème que du pain ou quelques fruits de saison. Malgré tout, elle se prit à émettre un rire d'apparence sincère, se surprenant elle-même de la façade détachée qu'elle pouvait garder. Les heures passées à se dévouer en tant que Protectrice lui avaient donc permis d'en arriver là...

Le vent du large qui ébouriffait légèrement ses cheveux était son principal secours. Puis vint le silence de trop. Le cliquetis des couverts de Fenris lui donna une vague nausée. Pendant que les Nöldorion regardaient leur fils, elle posa ses propres couverts le plus silencieusement possible avant de glisser un instant le revers de ses doigts sur ses lèvres sans que ses hôtes ne le remarquent. Une éternité s’étendit comme un gouffre entre les deux prises de parole de Fenris. Même en combat, elle n'avait pas l'impression que son estomac s'affaissait progressivement. Sa poitrine était si serrée que son cœur avait forcément cessé de battre.

-Vous la connaissez, pour l'avoir déjà rencontrée à plusieurs reprises.

Le regard tendre de Fenris se posa sur elle. Le contact de ses doigts lui offrit le pic d'adrénaline dont elle avait besoin pour sortir de sa tétanie. Une chaleur. Celle de ne pas être seule face à l'obstacle. Laissant le masque se craqueler enfin, ce n'est ni le doute, ni l'angoisse qui firent surface, juste un sourire doux et aimant en réponse à ses iris asymétriques. Elle serra les doigts du jeune Aigle, son pouce glissant sur leur revers en une furtive caresse.

- Nous aurions voulu vous le dire plus tôt, mais nous n'étions pas certain de la manière de vous l'annoncer. Vous êtes les premiers à l'apprendre de façon si officielle.

Tout en parlant, elle s'était peu à peu tourné vers Eölir et Melian, prête à affronter plus ou moins paisiblement ce qu'il y aurait dans leurs yeux.

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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Mer 3 Mai 2017 - 20:18

Après avoir déposé un baiser sur les doigts d'Halie, Fenris sourit tendrement à sa bien aimée. A son tour, elle se déclarait et il s'imaginait qu'elle devait avoir la même sensation à cet instant. Car il se sentait comme libéré. Libéré de ce poids qui pesait sur leurs épaules depuis qu'ils avaient pris la route de Malereg. Ce poids qui s'était fait de plus en plus lourd à mesure que les jours passaient. Jours qui s'étaient faits des heures après leur arrivée.
En cet instant, il ne le sentait plus du tout. Comme s'il avait disparu.

Mais cette sensation de légèreté ne devrait durer qu'un instant...

Finalement, l'Aigle tourna le regard vers ses parents. Si Halyalindë ne pouvait percevoir qu'un léger changement dans leur attitude, rafraîchissant quelque peu l'atmosphère, lui en détectait chaque détail imperceptible. La joie discrète qui illuminait leur visage et leur regard s'était éteinte comme si le vent était venu la balayer d'un revers de brise. Leurs épaules étaient plus tendues et leurs mâchoires à peine contractées. Ils avaient presque insensiblement relevé la tête, regardant d'un peu plus haut sa compagne, comme s'ils s'étaient faits plus grands encore.

-Depuis combien de temps as-tu dit ?

Eölir s'était tourné vers son fils tandis que Melian fixait toujours la Dame Louve en face d'elle, l'observant avec un certain intérêt. En silence, elle la détaillait avec soin. Ses cheveux mi-longs et roux, son visage aux traits marqués, sa carrure peu élégante et sa cicatrice géante sur l'épaule... Elle notait tout mais elle n'affichait aucune expression au point qu'Halyalindë n'aurait su dire si elle était approuvée ou non.

-Tout a réellement commencé durant ma convalescence à Ardamir, vers la fin du mois de Bàrkios.

-Pas pendant une mission ? Demanda-t-il comme s'il voulait s'en assurer.

-Nous avons connu la paix comme la guerre ensemble. Les deux n'ont fait que nous rapprocher.

Fenris répondait le plus calmement du monde. Son père l'interrogeait sur un ton très neutre, presque posé. Vu de l'extérieur, on aurait pu croire qu'il s'intéressait un tant soit peu à cette relation. Toutefois, l'absence de phrases construites correctement, avec un sujet, un verbe et un complément, trahissait ses véritables pensées aux oreilles de son fils. Bien sûr, Eölir avait raison de s'inquiéter de la façon dont leur relation avait vu le jour. Le cavalier lui-même s'en était préoccupé avant lui, s'assurant que les sentiments qui avaient pointé leur nez durant la mission des Noss perdureraient dans un contexte plus paisible. Et c'était le cas...
Evidemment, il tairait l'épisode de leurs retrouvailles après la conclusion de la guerre, lorsqu'Halyalindë avait décidé de le quitter. A l'heure où ils devaient prouver la sincérité de leurs sentiments, évoquer cet élément de leur histoire d'amour ne ferait que les desservir. Sans doute le tairait-il à jamais. Tout du moins en ce qui concernait sa famille.

Fenris aurait espéré jusqu'au bout... Jusqu'à la dernière seconde. Ses parents voulaient que l'un de leurs fils trouve une compagne mais pas à n'importe quel prix visiblement. Halie avait pourtant été Aigle. Elle était Protectrice d'Ardamir. Pouvait-on recevoir plus d'honneur encore en une vie ? Mais cela ne leur suffisait pas. Ils ne l'avoueraient jamais mais il savait pourquoi... Il le lisait dans leurs yeux. Et pour l'instant, il ferait comme eux et ne montrerait rien de sa déception face à leur réaction muette.

-Bien. Interrompit Melian.

Elle se tourna vers son fils, arborant un sourire qui semblait sincère.

-Si nous allions faire quelques pas au bord de la mer en guise de promenade digestive ? Proposa-t-elle.

Son époux accepta la suggestion avec une joie presque authentique et elle prit son assiette pour commencer à débarrasser. Fenris les observa un instant, tendant même son propre couvert à sa mère alors qu'elle le lui réclamait d'un geste. Puis il posa son regard sur sa compagne et lui adressa un sourire. C'était fait. Même s'ils n'étaient au bout de leurs peines...
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MessageSujet: Re: Ce jour tant attendu...[Halie/Fen]   Ven 5 Mai 2017 - 8:01

Sereins... et légèrement en retrait.

On dit souvent que les animaux ont un sixième sens en ce qui concerne les intentions des gens. Ils fuient le menteur et accourent au côté des personnes de bien. Certains pensent que ce n'est qu'une superstition, d'autres que l'instinct animal leur permet de se préserver avant toute autre chose. Et puis il y a celles et ceux qui ne se sont jamais posé la question et qui se contente de regarder les bêtes courir où bon leur semble. Ceux-là, justement, sont peut-être ceux qui se rendent le moins compte de ce don car ils en sont plus proche que les autres.

Parmi tous les maux qu'Halya avait affronté durant sa vie, la trahison était en tout point absente. Sans même en avoir conscience, elle se contentait de maintenir des relations cordiales ou même d'éviter purement et simplement les personnes qui auraient pu finir par lui faire du mal. Jamais elle n'avait du choisir entre un deux proches ne s'entendant pas. Et jamais elle n'avait du souffrir de relations conflictuelles dans sa sphère privée... si on omettait toute sa lignée paternelle... mais ce n'était pas exactement pareil.

La réaction des parents de Fenris lui avait tout d'abord parue légitime. Elle n'avait craint ni les phrases courtes, dictées par la surprise ou une certaine réserve, ni le regard inquisiteur de Melian. Mais la façon que la dame aux cheveux blancs avait eu d'orienter tout de suite la conversation sur un autre sujet sans le moindre mots d'encouragement ni le moindre sourire envers son fils était criant de vérité pour la rouquine. Cette famille n'était certes pas très expansive, mais des marques d'affections légères étaient pourtant bien visibles depuis leur arrivée. Qu'il s'agisse d'un intérêt réel au détour d'une conversation, de temps passé en compagnie de leur fils ou de regards amplis de fierté ou de douceur, Halya n'était pas assez aveugle pour avoir totalement ignoré ces petits signes. Signes absents dans la situation présente.

Ils semblaient sereins... Mais également dans la retenue, plus encore que ce qu'ils avaient montrer jusque là.

Peut-être avaient-ils du mal à digérer le fait qu'ils aient mis plusieurs jours avant de leur en parler. Peut-être qu'ils étaient moins préparé qu'ils ne le pensaient à voir leur cadet trouver une compagne. Peut-être qu'il s'agissait d'autre chose. Peut-être qu'être l'une des sept personnes les plus influentes de toute l'Anaëh ne suffisait pas. Dans tous les cas, l'idée toucha l'Ardamirie qui, malgré tout, n'en laissa pas paraître grand chose si ce n'était une certaine mesure dans les gestes.

Elle aida à débarrasser la table sans insister, restant  attentives aux éventuels signes de Fenris, avant de se tourner vers la  mer. Le ressac faisait un drôle d'effet à l'elfe des forêt. Un effet  hypnotique. Commençant la promenade groupé, les deux plus jeunes prirent  peu à peu de l'avance sur Eölir et sa compagne. Une dizaine de pas, pas  plus, mais suffisamment pour pouvoir parler à voix basse.

« Il faudra que tu leur parles seul à seul, non ? »


Elle avait gardé un visage serein et sa voix ne montrait aucune trace d'inquiétude. Un léger sourire flottait sur ses traits.


-Lorsqu'ils y seront prêts. Répondit posément son compagnon. Même s'il est vrai que j'aime me promener sur la plage...

Fenris esquissa un sourire espiègle à l'attention de son compagne. La proposition de sa mère n'avait qu'un but : interrompre la conversation pour le moment.

-Ils ont besoin de temps pour définir clairement ce qu'ils en pensent. Nous serons très vite fixés.

- Je te crois sur parole.

   Elle prit une profonde inspiration et lissa quelques mèches ébouriffées par le vent derrière son oreille pointue.

Fenris posa sur sa bien aimée un regard intriguée. Il l'avait rarement vue aussi calme. C'était d'autant plus surprenant que la situation les touchait de près. Mieux valait qu'elle le vive ainsi et il s'en serait voulu de l'inquiéter pour peut-être rien. Alors, tout en marchant, il se rapprocha sensiblement d'elle. Leurs mains se frolèrent puis il étira les doigts pour les passer sur la tranche de la main de la Protectrice et glisser sur sa paume. Il descendit, jusqu'à entremêler ses doigts aux siens.

Elle sourit, répondant en serrant les doigts du cavalier.

- Tu venais souvent ici, petit ?

-En famille, quelque fois par an. Lorsque la saison le permettait. Mais mes appartements ne sont pas loin.

Il posa sur Halie un regard en coin. Ils étaient passés devant un bâtiment quelques dizaines de minutes auparavant avec vue sur la mer. Un bâtiment suffisamment grand pour accueillir plusieurs pièces, et pas seulement une chambre.

- Je vois... La vue doit être magnifique. Ils ont vraiment bien choisi l'endroit.


-Tu finiras par en profiter à ton tour.
Dit-il avec un léger sourire en coin.

Elle glissa un regard interrogateur à son compagnon, le nez légèrement froncé.

- Qu'est-ce que tu veux dire... ?

Fenris se tourna vers Halie, lui-même surpris par la pensée qui lui avait traversé l'esprit. C'était... assez incongru de penser à une telle chose après seulement quelques mois.

-Eh bien... Tu ne seras pas toujours considérée comme une invitée. Pas si nous continuons dans cette voie.

Halya ne put cacher sa surprise, ouvrant de grands yeux, incertaine du sujet dont il était question ici. Mais sa surprise se mua rapidement en une expression heureuse. Joyeuse même. Son pas la rapprocha de lui, mais elle se retint à temps pour ne pas l'enlacer, se souvenant brusquement des personnes qui les suivaient de près. Elle ne savait trop quoi répondre, il avait décidement le chic pour lui couper le souffle...
Fenris observa les expressions sur succéder dans les yeux et sur le visage de sa bien aimée. Il eut un sourire attendrit.

-Je suis aussi surpris que toi d'avoir de telles pensées. Cela me serre le coeur... Et le fait battre plus fort à la fois.

- Idiot... Parent ou pas, si tu continue comme ça je vais vraiment finir par t'embrasser.
lui glissa-t-elle a voix basse avant de s'éloigner légèrement avec un rire frais.

Il répondit à son rire en écho, la laissant prendre de la distance. Ses parents venaient seulement d'apprendre qu'ils étaient ensemble, et ils accusaient seulement le coup. Ce n'était pas vraiment le moment.

-Dans ce cas, changement de sujet. Comment as-tu dormi cette nuit ?


- Moins bien que la nuit dernière et mieux que celle d'avant.

-Je vois. Nous y remédierons.


- Avec grand plaisir...

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