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 Une question de point de vue | Valère

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Valère
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MessageSujet: Re: Une question de point de vue | Valère   Ven 26 Mai 2017 - 10:08

Apparemment ma question l'avait surprise. Je sentais le regard de la Maîtresse sur moi, un regard qui me pesait. Je restai immobile en attendant la réponse. Mon coeur s'emballa quand elle me demanda des précisions.
-" Mais Maîtresse le jeu...Vous..." Ma frénésie se calma soudainement dans un geste de dépit. Que pouvais-je bien faire si elle ne respectait plus le petit jeu dont elle avait elle même décrit les règles.
J'étais troublé sans savoir pourquoi. Peut-être parceque maintenant je ne pouvais plus me défiler, je ne pouvais fuir la réalité de mon destin... Les murailles devant cette lumière tombaient en ruines, l'orgueil, la fierté, tout... Mon entretien, même bref avec Jiph'Kah fut comme un coup fatal.

L'évidence était dans le creux de mon coeur, et sa lumière jaillissait sur mon être tout entier sans que je puisse lutter. Ma tête, sans doute par honte, se baissa encore plus. Je fermai les yeux dans une tentative désespéré de croire que j'étais en plein cauchemar et que j'allais me réveiller, en vain. Tout était vain maintenant.
-"Je..."
Puis un grand frisson frappa mon échine, l'autre fois, je me voyais tomber dans un gouffre sans fond, maintenant je voyais le fond, là où se trouvait ma place, le tout baigné d'un éclat pur.
Inconsciemment, je levai ma tête, comme attiré par les yeux flamboyants de la Maîtresse. Son regard fut une révélation.

-" Je serai incapable de décrire avec exactitude ce que je ressens... Sachez que je ne suis pas le seul possédant ce sentiment à votre endroit. Je crois qu'il s'est révéler plus bruyamment encore dans mon âme " Débutais-je doucement.
Mon regard se reposa vers le sol. Qu'il était dur de révéler sa propre identité... D'y faire face devant sa cruauté.
-" Vous êtes un être millénaire, doté d'un pouvoir immense... Je... Nous sommes un certains nombre à voir en vous une personne à l'éclat supérieur capable de sublimer ou de détruire nos vies." Un silence, bref, en me disant que Jiph'Kah l'avait déjà compris. J'avais mis du temps moi, mais c'était un fait clair. Je fis quelques pas.
-" Vous êtes capable de donner un sens à des vies, de transformer un caillou en un précieux bijou. Là où d'autres se feraient haïr, vous, on vous vénère, un simple geste et vous apporter du bonheur ou du malheur. Votre art est sacré, et vous, Maîtresse, possédait sans nul doute un génie sacré que le destin vous à donné."
Mon souffle se posa lentement avant de terminer...
-" On a cette sensation, ce respect envers vous qui ressemble à peu près à celui qu'il faut porter à ceux des Panthéons divins. Il m'est difficile de l'expliquer." Terminais-je en me taisant, avec un sentiment de joie, en effet la souffrance que j'éprouvais en résistant venait de voler en éclat. C'était le début de mon existence... J'attendais de savoir ce que ma confession aurait comme effet auprès de Griffe-Argent.


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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Une question de point de vue | Valère   Ven 2 Juin 2017 - 15:14

La question de Krish eu l'air de décontenancer l'humain autant que l'avant dernière avait surprise la drow. Une fois la bouche ouverte, il déversa ses tripes sur les tapis brodés et les coussins bariolés. Il avait creusé dans son coeur, dans la moelle de ses os, brisant la gangue épaisse qui cachait le minerait dont il était fait en un élan inattendu. Ce n'était que le début du travail... Mais déjà un pas tellement grand.

Elle se redressa tout a fait, reposant les pieds au sol pour observer l'esclave qui se tenaient près d'elle, son visage hésitant entre la sévérité et l'intérêt.

" Une déesse... " murmura-t-elle

Était-ce pour cela qu'elle n'arrivait pas a entrevoir ce qui se cachait derrière son attitude jusque là? Ce n'était pas lui qui était complexe, c'était elle qui n'avait put discerner l'ombre dont elle était la source et dans laquelle il croissait, toujours plus avide. Elle s'approcha de lui, scrutant son regard en plaçant leurs visage à la même hauteur.

" Tu as beau dire avoir du mal à expliquer ce que tu ressens, tu viens de répondre à ta propre question il me semble. J'ai vécu plus longtemps que tu ne peux l'imaginer. J'étais déjà là le jour où un petit comptoir a été baptisé Thaar par les nains des environs. Et je serai encore là lorsqu'elle tombera en poussière. J'ai oublié plus de personnes que tu en rencontreras au cours de ta vie. Je façonne les êtres et les choses selon mon désir et mon œuvre transcende l'accomplissement d'une seule vie de chair. Mes préceptes changent peu à peu la face du monde connu..."


Elle n'était qu'à un souffle de lui, ses doigts passés lâchement dans la boucle de son collier. Si près qu'il pouvait surement sentir son souffle sur ses lèvres et sa joue. Si proche qu'elle pouvait compter le nombre de ses cils, ses iris de lave ne s'éloignant pas un instant.

"Je suis une déesse, Fils de la Chance... Et toi, tu crois en moi. "


La main sombre tâchée de cicatrice remonta le long de la gorge de l'humain, appréciant les lianes épineuses qui l'enserrait comme une ironie délicieuse.

" Dit-moi, Valère. Toi qui souhaites si fort mettre ta vie au service de quelque chose de grand, que souhaites-tu accomplir avant ta mort ? "
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Valère
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MessageSujet: Re: Une question de point de vue | Valère   Ven 2 Juin 2017 - 17:15

La Maîtresse se leva. Et dans un murmure qui me ravagea répéta le mot " déesse". Comment expliquer ce que je ressentais, j'avais cette impression de voler, de m'avoir ôté un immense fardeau. Avais-je finalement détruit ce qui me restait de fierté et d'orgueil devant l'être millénaire ? Reconnaître un sentiment pouvait-il vraiment être la clé de ce soulagement ?

Toutefois, je ne regrettai rien puisque le poison qui jusque là hantait mes veines était désormais dissipé. Je voulais dévier mon regard, mais j'étais comme fasciné, comme hypnotisé et les pupilles de Griffe-Argent aimantèrent mes yeux. Je me perdais là-dedans... Avec joie, bien que je le dissimulai. Je restais là, immobile, les mains le long de mon corps, le long de cette tunique blanche.

Ce qu'elle me disait, confirmait sa grandeur, et confirmait ma condition devant elle. Mon existence pour elle n'était qu'un simple battement de cil. Ma vie tenait dans la paume de sa main. Je tremblais légèrement au son de son récit.
Je me sentais tout petit. Tout fragile.
Je ne disais rien, simplement un geste de la tête comme pour dire, vous avez raison.
Elle s'était approché encore plus. Elle était là, tout prêt. Je sentais son souffle, le rouge de ses yeux m'apparaissait comme deux soleils pouvant brûler mon âme.

Les doigts de l'une de ses mains jouèrent lâchement avec l'anneau de collier de ronce. Le bruit pourtant désagréable ne me faisait rien.
Elle est une Déesse ! Me dis-je lorsqu'elle le confirma...
-" Oui..." Soufflais-je au milieu de son affirmation pour appuyer le fait que je croyais fortement en elle.
Les doigts remontèrent alors sur mon cou de métal, en y dessinant les traits. En faisant cela, elle posa ensuite une question qui leva mon coeur tellement fort, qu'au vu de notre proximité elle pouvait sentir le battre.

-" Maîtresse, la réponse est des plus simple maintenant que vous avez su détruire les murailles autour de ma conscience." Dis-je d'un ton qui semblait sûr mais qui masquait bien la crainte de voir son destin se révéler.
-" Je souhaiterai avoir l'honneur de voir mon âme forgé par vos soins. Et mettre mon existence à servir la Déesse que vous êtes, en aidant à la création de votre culte... Là se trouve la gloire de ma courte vie..." Répondis-je avec certitude et angoisse...
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Une question de point de vue | Valère   Mer 7 Juin 2017 - 19:14

Un sourire fin étira les lèvres de l'elfe noire, ouvrant une balafre blanche sur son visage.

" Tu deviendras celui qui révèlera la Vérité à ses pairs ? Tu leur enseigneras que c'est en faisant ce pourquoi est faite notre essence la plus profonde que nous forgeons notre avenir? Tu leur apprendra mon Art ? Tu leur les aideras à développer leur talents pendant que je leur donnerait intuition et inspiration ? "

Elle parlait encore tout bas, les yeux dans les yeux, comme si ce secret n'appartenait qu'à eux. Ses doigts s'étaient lovés sous la mâchoire du jeune homme. Une étrange flamme brûlait dans son regard, l'une de ces flammes qui scrutent jusqu'au plus petit détail de ce que pourrait vouloir signifier le votre.

" Tu accepteras d'être la voix de ceux qui savent que c'est en menant son Art, son Savoir au plus haut, en excellent et en avançant sans jamais renoncer qu'un simple être peu changé le monde. "

Cette fois, ce n'était pas une question, c'est une évidence.

" Tu changeras le monde. "

Un ordre. Sa main remonta le long de sa joue jusqu'à ce que son pouce souligne l'oeil de l'humain du bout de la griffe.

" Tu seras la Voix de la Forgelâme. Déesse des Sciences et des Arts, gardienne de la Liberté qui permet d'aller toujours plus loin. Protectrice de tous ceux qui ont la Volonté de trouver leur propre voie et d'y exceller. Celle qui transforme le plomb en or. Celle qui donne inspiration, espoir et intuition. "

Soudain, alors que les lèvres de la drows allaient frôler celles du jeune homme, elle s'avança pour poser sa tempe contre la sienne, les yeux braqués sur Wik qui finissait le travail qu'elle lui avait demandé un peu plus loin, un sourire étrange sur les lèvres.

" Mais avant d'enseigner, il te faudra apprendre... " dit-elle d'une voix si faible qu'elle n'était plus qu'un simple souffle collé à l'oreille de l'humain " Les dieux sont. Ils n'évoluent pas. Mais nous, nous pouvons forger notre place, conquérir une beauté nouvelle, une puissance nouvelle. Aller toujours plus loin en excellent dans ce pourquoi nous somme né. Vivre l'absolue, la sensation de faire ce pourquoi nous somme nés. Tu connaitras le désespoir le plus profond et la joie véritable. Tu connaîtras la morsure du feu et l'agonie de la glace. Lorsque tu seras seul face à l'Abysse, je me tiendrais à côté de toi jusqu'au dernier moment. Ce moment ou tu devra accepter la vérité ou renoncer. Et si tu renonces, que ce soit de chair ou de nom, tu mourras. Si tu es trop couard pour mettre fin à tes jours, tu demeureras ici, une toge blanche sans visage, sans nom et sans volonté dans la foule de ce palais, jusqu'à ce que la mort vienne te faucher. Je ne me souviendrai ni de ton nom, ni de ton existence. "

Le corps de l'elfe était légèrement pressé contre celui de l'esclave, sa poitrine se soulevant avec régularité contre le torse fin. Les cheveux noirs lui flattaient le front et d'où elle était elle pouvait même sentir l'odeur de sa peau et la chaleur de son être. Pourtant elle continua, imperturbable, sa voix à la fois rauque et distincte.

" Tout le monde n'en est pas capable. Bien peu d'humains figurent parmi eux... Souhaites-tu toujours être celui qui délivrera ce message de courage et de vérité au monde ? "

HRP:
 
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Valère
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MessageSujet: Re: Une question de point de vue | Valère   Sam 10 Juin 2017 - 19:10

Je ne savais pas que penser du sourire qui étirait les lèvres de la Maîtresse. Il m'effrayait autant qu'il pouvait me réconforter.
J'écoutais ses mots, ce qu'elle attendait de moi.
-" Je serai celui-là même Maîtresse..." Dis-je pour répondre au fait que je serai l'être qui ferait connaître à mes pairs la vérité, que je les aiderai à comprendre, à maîtriser l'art...Et l'être millénaire serait la guide suprême, l'inspiratrice absolue des gestes des apprentis.

Elle me parlait intimement, nos regards se fixèrent dans une scène qui montrait clairement l'être divin donnant une mission divine à un mortel éphémère. J'étais sous le charme, subjugué par les pupilles écarlates. Les doigts de Griffe-Argent s'étaient posés sous mon menton, une flatterie qui me donna des frissons. Il n'y avait plus de questions, mais des ordres, des évidences, comme si elle envoyait un animal en chasse.
Puis ses doigts de métal s'amusaient avec mon visage, son pouce vint dessiner le contour de l'un de mes yeux avec cette terrible impression qu'il suffisait d'une simple pression pour le crever

Silencieux je me laissais guider par sa voix, une voix qui semblait me donner de la force. Elle pouvait m'ôter la vie, et me la donner, elle pouvait m'écraser ou m'élever... Me donner le costume de son choix, sauf que là le costume était une évidence, il habillait mon âme depuis ma naissance, et je venais seulement de le reconnaître.
Mon coeur se souleva alors que les lèvres de la déesse s'approchaient des miennes. Mes yeux grossirent soudainement quand son visage passa à côté du mien et que sa joue se colla contre ma joue.
Le souffle de la Maîtresse était faible et atteignait péniblement mon oreille malgré la proximité. Des paroles qui me firent baisser la tête même s'ils étaient justes, je devais apprendre, j'avais beaucoup à apprendre. Mais j'étais prêt à faire les efforts.

Son monologue s'achevait sur une menace, sur ce que je sentais, sur sa toute puissance sur ma vie. Elle me sortait du troupeaux même si ma condition ne changeait pas, mais aussi vite elle pouvait me faire tomber dans l'oubli de son esprit.
Je sentais ensuite sa poitrine contre mon torse, la chaleur traversait le tissu blanc de ma tunique. Je ne savais plus où mettre mes mains dans cette situation. Clairement, je ravalai ma salive.
-" La tâche est immense, mais la volonté divine ne se discute pas... " Dis-je en me laissant lentement glisser à genoux. Mes bras s'enroulaient autour de la taille de la maîtresse jusqu'à ce que ma joue droite se colle contre son ventre lorsque mes rotules se plantaient sur le sol.
-" Je serai le premier, je serai votre voix à travers les ignorants et j'apporterai l'espoir... Votre voix deviendra loi. Je suis sans doute incapable de juger les risques, mais je suis prêt à les surmonter parceque c'est ce que je suis. Je suis prêt à connaître les tourments, et à les combattre en pensant à vous, Maîtresse. Mon âme a trouvé dans le creux de votre main son écrin, elle est faite pour être forgé par vos soins. Votre puissance rayonnera au travers la peninsule et plus encore si tel est votre désir.
Je suis la voix de forgelâme. Mais Maîtresse avant cela..."
Une larme coulait alors que j'exerçais une petite pression.
-" Je dois apprendre pour être digne du travail que vous faites sur moi, mon potentiel est en train d'éclore grâce à vous. Soyez certaine que jamais je n'abandonnerai, seul la mort m'arrêtera. Mais ensuite votre présence existera partout... Et vous régirez l'inspiration de nombreuses personnes..." Soufflais-je avec admiration et révérence.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Une question de point de vue | Valère   Mer 14 Juin 2017 - 23:33


Il glissa le long de ses courbes pour s’affaisser à genoux. Alors il acceptait... D'une main extrêmement douce, elle l'obligea à lever suffisamment le menton pour que leurs regard se croise de nouveau... Mais alors que sa main se posait avec tendresse sur sa joue, le sourire qu'elle lui offrit à ce moment précis était d'une réelle bienveillance emprunte d'une certaine... fierté ? Un regard fort, rassurant et approbateur. Un regard d'une extrême douceur...

Quittant sa joue, la main griffue vint rejoindre sa jumelle sur la taille de leur propriétaire, dénouant les mains de l'humain pour mêler leurs doigts, elle lui servit d'appui pour reprendre pied.

" Lève toi. Ce qui veulent se révéler à eux-même ne devraient pas si facilement tomber à genoux. "

Elle s'exprimait posément, son regard toujours aussi patient. Puis, lorsque l'humain fut à sa hauteur, elle lâcha ses doigts et l'observa avec plus de minutie, curieuse et douce comme on inspecte un enfant pour être sûr qu'il va bien. Sa main noir peigna rapidement les cheveux du jeune homme, terminant sa course sur le bord de sa mâchoire... avant d'empoigner de l'anneau de son collier.

Marchant d'un pas rapide, elle traina littéralement l'humain hors de ses appartements et continua le long du couloir jusqu'à un escalier plongeant encore plus profondément dans le sol. Pourtant il n'était pas sensé y avoir un autre étage en dessous de celui-ci... En bas de l'escalier de pierre taillé à même la roche qui les entourait et dont les bords étaient couverts de poussière, une grille en fer forgée. Derrière la grille? Une porte en métal semblant si lourde qu'elle n'aurait put bouger. A mis chemin, elle bifurqua vers la droite. Une porte à peine visible en gros bois était fichée dans la paroi. Tirant un trousseau de son décolleté, elle ouvrit la porte et la grille qui se trouvait derrière avec une seconde clef avant d'entrer dans le couloir étroit en tirant l'humain derrière elle. Ici, pas de lumière, pas de décoration, juste les murs à nus.

Quelques mètres plus loin, dans le boyau semblant appartenir à une caricature de donjon drow, ils débouchèrent sur une salle large illuminée d'une cheminée et de quelques torches. La pénombre régnait pourtant en maître. Une autre salle était visible derrière une arche, en bas de quelques marches. Plusieurs larges trappes étaient alignées contre le mur. Assis à une table, un paquet de carte à la main, deux gardes elfes noirs se levèrent d'un bond en voyant arriver la Maîtresse des lieux.

Elle passa près d'eux en les saluant de quelques mots sans même s'arrêter, passant dans la pièce annexe, dégringola un escalier raide en visse dans lequel il était clairement impossible de tirer une arme et arriva dans un couloir, près de quatre mètres plus bas, où s'alignaient plusieurs portes de fer. Elle tira la première et l'envoya à l'intérieur d'un geste violent.

Dans l'encadrement de la porte, baignée par les ténèbres, elle le regarda avec une extrême froideur.

" Voyons si réellement la mort peut t'arrêter. "

La porte se referma dans un claquement funèbre. Une clef. Deux clefs. Elle remonta l'escalier, le bruissement de ses pas se répercutant contre la pierre. Dans la salle de garde, elle jeta tout juste.

" Donnez lui de l'eau au minimum par la trappe mais pas à heure fixe. Je veux qu'il perde tout repère temporel. Interdiction de le nourrir. Interdiction de lui parler. Interdiction de descendre dans sa geôle. Et pas de lumière, c'est clair ?

- Oui votre Altesse.
- Je reviendrais dans... dix jours. "

Puis elle tourna les talons, soufflant au creux d'un sourire :

" Nous verrons bien de quel métal il est fait. "


Durant son absence, après un temps infini, une ombre fluette apparue dans l’entrebâillement de la porte.

" Cinq minutes." souffla la voix mâle et rude d'un homme autoritaire.

La petite silhouette hocha la tête et tendit la main. On déposa entre ses doigts d'une courte bougie qui sentait fort la graisse. Dans le noir, son éclat semblait irréel. Mais ce qui devait paraitre plus irréelle encore était ce qui flottait juste au-dessus. Un visage qui écarquilla les yeux d'horreur.

" Par les dieux... " murmura la femme d'une voix blanche.

Puis elle entra dans la geôle, se jetant au cou du prisonnier.

" Tu es vivant! Valère... Mes dieux... Valère... "

Posant sa petite lumière, Lucile prit le visage de son amant entre ses mains pour venir l'embrasser, les larmes roulants sur ses joue pâles. Elle ne pouvait s'empêcher de répéter son nom, encore et encore.
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Valère
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MessageSujet: Re: Une question de point de vue | Valère   Ven 16 Juin 2017 - 10:13

Que se passait-il ? Cette sensation... Combien de temps s'était-il écoulé avant qu'elle ne revienne frapper mon âme. Je n'osai pas y croire. Ce regard, cette bienveillance ? Etait-ce possible ? Lentement, avec l'aide de la Maîtresse je me relevai.
Etait-elle fière de moi ? Pour la première fois je ressentais cette joie, cette orgueil d'avoir pu accomplir un devoir correctement. Dans ses pupilles je lisais une attention particulière.

Elle posa sa main dans mes cheveux comme pour les peigner avec une douceur incroyable. Mes yeux se plissèrent exprimant une certaine forme de soulagement, d'être bien tout simplement. Ce moment fut éphémère. En effet la déesse empoigna l'anneau de mon collier pour me traîner hors des appartements. Je remarquai juste que nous descendions vers des lieux qui m'étaient inconnu mais plus nous descendions et moins il y avait de richesse.

Je manquai de tomber plusieurs fois, je gémissais de temps en temps aussi. Il n'y avait personne. Enfin jusqu'à ce que nous passions devant deux drows en train de jouer aux cartes, ils s'étaient levés d'un bond en voyant Griffe-Argent.
Celle-ci les salua rapidement pour poursuivre sa route avec moi derrière.  Nous descendîmes ensuite un escalier raide en escargot. Je prenais garde à ne pas tomber encore en inclinant mon buste pour aussi ne pas ralentir le rythme de l'être millénaire.
En bas, de nombreuses portes en fer, lourdes et morbides. L'endroit l'était également. Il n'y avait plus rien du faste d'en haut. D'un coup sec elle me poussa à l'une de ses cellules, ma course s'arrêta contre le mur et en me retournant, la porte était déjà fermé. Par l'encablure, je vis le regard froid et dur de la Maîtresse, une mine qui était opposée à celle qu'elle avait il n'y'avait même pas cinq minutes. Tremblant en écoutant sa phrase funeste... Le son des pas de la maîtresse forgeronne s'éloignèrent.
-" Pourquoi... Pourquoi...." Répétais-je en frappant la porte, jusqu'à ce que la douleur mette à mal ma volonté et m'obligea à me résigner.

Me voilà, dans le noir le plus complet, assis sur les pierres froides. Je repensai aux paroles de la Maîtresse, à mon destin. On me distribua de l'eau de temps en temps. A un rythme irrégulier. Il arriva ce moment où, j'étais incapable de savoir s'il faisait jour ou nuit. Je fermai les yeux des fois en luttant contre mon angoisse, et en laissant dans mon coeur germer la toute puissance de la Déesse. Si elle m'enferma ici, me dis-je, cela devait être pour une raison qui m'était inconnue. Qui suis-je pour remettre ses choix en doute ? Me demandais-je en pensant au fois où j'avais osé remettre en cause ses paroles.
Voyons si la mort peut t'arrêter ! M'avait-elle dit ? Avais-je mal parlé en insinuant que seule la mort pourrait arrêter la mission qu'elle m'avait confiée ?

Petit à petit, je n'avais même plus la conscience capable de dire que le temps était long ici. La fatigue me frappait; et la famine encore plus. Mon ventre gargouillait, et je me recroquevillais sur moi-même en murmurant que la mort ne m'aurait pas... Elle ne peut pas me vaincre tant que je n'aurai pas accompli ce pourquoi je suis né.
J'étais en train de perdre cette notion temporelle, j'étais là, seul, dans cette pénombre effrayante, dans un silence angoissant.
Lorsque l'eau arriva, j'essayai de l'économisait, mais souvent je buvais tout rapidement tant ce que l'on me donnait atteignait péniblement le strict nécessaire. J'avais beau en réclamer plus, les gardes me répondaient toujours négativement.
Rapidement, je ne possédais plus la force pour tenir sur mes jambes, alors je m'assis au sol contre le mur, en dominant du mieux possible ma respiration. Ce qu'il me restait ? La foi en Griffe Argent. Si j'étais ce que je prétendais, alors, je ne pouvais pas crever maintenant.
Des fois je me posais des questions innocentes comme savoir si mes yeux résisteraient à la lumière ? Je les frottais en y pensant.

Je passais le temps à réfléchir, à dormir aussi et à lutter contre l'état d'hypoglycémie qui commençait à poindre. Mon esprit se perdait, ma raison aussi, allais-je devenir fou ?
Alors que j'essayais de dormir, la porte s'ouvrit. Et une lueur sortant d'une bougie s'approcha.
Cette voix ? C'était Lucile. Immobile contre le sol je bougeai faiblement la tête. Elle m'embrassa avec fougue, en pleurant.
-" Que... Que fais-tu là ? " Soufflais-je d'une voix basse en essuyant avec tendresse les larmes sur le visage de sa dulcinée.
Chaque mouvement, je les effectuais en tremblant en souffrant en gémissant. Je savais qu'en bougeant je grignotais le peu d'énergie qu'il me restait.

-" Tu ne devrais pas..." Dis-je en repoussant un peu la jeune femme, sa venue me troublait, en effet j'avais l'impression que le sentiment amoureux que je ressentais pour elle ne brillait plus.
" Ne t'inquiète pas. J'ai un arrangement avec les gardes. tiens..." Me dit-elle en fouillant dans les pans de sa toge blanche pour sortir un morceau de pain qu'elle plaça dans le creux de ma main. En reculant je remarquai de la surprise, et la peine que mon geste venait de lui occasionner.
" Je ne savais pas si tu avais de quoi manger alors je t'ai apporter ça. "

Je la dévisageai timidement, tiraillé par cet amour qui se faisait doucement dompter par le pouvoir de la Maîtresse et la vénération que je lui vouais.
Combien de jours étais-je là enfermé avec pour simple divertissement, le bruit de la gamelle d'eau qu'on posait au sol ?
Rapidement je portai le morceau de pain à ma bouche d'une manière qui montrait clairement que j'étais affamé et mort de faim.
-" Merci. Je n'ai plus rien mangé depuis que je suis ici. " Dis-je au milieu de de deux bouchées.
-" Mais c'est simplement la volonté divine..."
-" La volonté divine ?" répéta-t-elle incertaine sans obtenir de réponse.

J'achevai la dernière miette puis à l'aveugle je m'appuyai sur le mur pour me lever péniblement en faisant attention à ne pas regarder la flamme de la bougie d'en face car elle agressait mon oeil.
-" Oui ma douce. J'espère que ton acte ne mettra pas en colère la Déesse... Tu n'aurais peut-être pas du faire ça."Dis-je d'une voix qui s'enrouait parfois.
- "Mais de quoi tu parles, Valère... ?" Me demanda-t-elle pleine de surprise en se relevant aussi, sur son front une ride soucieuse se dessina. Je remarquai que son visage me scrutait. Elle posa sa main sur mon torse avec tendresse, sans me brusquer. Mais mes paroles étaient une énigme pour elle.
Je portai l'une de mes mains contre mon front, comme si je luttai contre une force invisible, comme si je cherchai à lutter contre mon état de faiblesse et ne pas divaguer.
Mon autre main empoigna faiblement le poignet de ma bien-aimée. Mon dos contre le mur, et mes jambes qui chancelaient.
-" Lucile... La Maîtresse..." Gloussais-je en toussotant des fois.
-" C'est une Déesse, et je crois en elle, comme elle croit en moi en me confiant une mission sacrée. N'as-tu jamais compris que par sa simple volonté, elle pouvait façonner ton existence ? " Demandais-je en caressant son visage avec bienveillance.
-" Mon devoir est de transmettre à nos pairs sa volonté, de guider ceux qui cherchent la vérité dans leur art." Continuais-je en balbutiant de plus en plus avec des yeux vitreux.
Je manquai de tomber, et avec ses bras elle me soutint afin de m'éviter une mauvaise chute, elle avait les larmes aux yeux.
-" Dieux... Mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? " murmura-t-elle.
-" Valère... dit moi ce qu'il s'est passé.. "
Elle ne comprenait pas, à mon grand désespoir. Je savais que la seule chance de la garder auprès de moi était de la convaincre.
Un regard fébrile dans lequel brillait une flamme pleine de conviction, malgré ma voix faible je lui clamais.
-" Lucile. Tu dois me crois... Suite à un affrontement avec un autre esclave, l'intendant proclama la mort pour lui et moi. Mais alors que ma tête se trouvait sur le billot, la Maîtresse me gracia, allant même jusqu'à punir l'être en qui elle a sans doute le plus confiance.
Ensuite elle me fit m'installer dans les appartements de ses esclaves personnels. Je ne savais pas pourquoi ? Elle vint discuter avec moi, mais le trouble persista. Puis un jour, elle me convoqua, et je compris mon ignorance devant sa grandeur. Lucile, l'orgueil est parfois mauvais conseiller. La raison aussi. Nos vies sont éphémère comparés à la sienne, elle est éternelle. Son art pour nous est indéchiffrable.
Cherche dans ton coeur comme je l'ai fait. "
Dis-je l'air grave avec un ton qui pouvait facilement alarmer sur ma situation.

-" Elle ne m'a jamais forcé, c'est de ma propre conscience que j'ai pu saisir la réalité, l'évidence... Elle capable d'exprimer le potentiel des êtres de chairs que nous sommes. Comment crois-tu que je puisse encore survivre dans cet état ?
C'est parceque je crois en elle. Cette situation qu'elle m'inflige a un but qui m'est encore inconnue, mais je sais qu'elle le fait pour façonner mon âme et afin que je puisse devenir plus fort pour accomplir ma mission. "

J'attrapai les deux mains de mon amante avec remuant mes pouces pour caresser le revers de ses mains.
-" Tu dois me faire confiance. Laisses Forgelâme modeler ton esprit, pour que tu puisses te révéler, et que tu puisses utiliser tout ton potentiel. "

- "Qu'est-ce que tu raconte, Valère... Tu me fait peur..." Dit-t-elle en retirant ses mains.
-" C'est la Maîtresse qui t'as enfermé ici ? Mais pourquoi ? Qu'as-tu fais pour la contrarié ? Je ne comprends rien à ce que tu dis... "
Je tombais au sol en écoutant les mots de Lucile. En larmes, mon visage se plongeant dans le creux de mes mains, en soufflant.
-" Oui c'est elle. Mais elle le fait avec un but précis comme je le te l'ai dit... C'est moi qui lui ai dit que je voyais en elle une divinité. Je ne l'ai pas contrarié. Au contraire, avant d'être conduis ici, j'ai lu dans son regard de la fierté, de la bienveillance même. Des sentiments qu'on pensait ne jamais voir chez elle. Elle flatta ma chevelure avec un amour digne de celui d'une mère envers son enfant."
Je levai mon visage pour regarder Lucile. Mes yeux étaient marqués par la fatigue tant physique que nerveuse, une fatigue qui grandissait à cause de mon exaltation.
-" La Maîtresse est la déesse des arts... Tu ne dois pas la craindre. Tu dois ôter de ton esprit ce qui te fait dire qu'elle me fait du mal. En refusant mes dires, tu resterais à jamais au milieu du troupeau. Je t'en supplie Lucile, l'amour que je te porte ne pourra plus vivre si tu ne le comprends pas. Ta vie lui appartient." Dis-je en fermant les yeux.
-" Crois en elle, et nous pourrons changer le monde." J'attrapai péniblement l'une de ses mains pour lui transmettre de la sincérité et de la force.
-" Je ne veux pas te perdre... Mais pour ça il faut que tu te libères de tes simples pensées d'être éphémère. Je t'en conjure. Réfléchis, pourquoi es-tu là ? Que t'inspire notre Maîtresse ? Dis-moi que rêves-tu de devenir ? "

Malgré tout, je ressentais que ma folie mettait mal à l'aise la jeune femme. Pourquoi ? Je ne savais pas, je n'avais plus toute ma tête. Et m'emportait comme je venais de le faire me fit craquer nerveusement.
-"Si je suis là c'est pour toi Valère. Pas pour elle. Elle m'a offert une vie que j'appréciais... que j'apprécie. Mais regarde toi... mes dieux regarde toi..." répéta-t-elle au bord des larmes.
" Ce qu'elle t'as fait... Je t'aime, Valère... Je.."

La porte lourde s'ouvrit dans un mouvement brusque et un son désagréable. La silhouette massive de l'un des garde apparue dans l'encadrement.
-" C'est fini ! "
-" Encore une minute." réclama-t-elle sans détourner ses yeux de ceux de son amant.
Des yeux que je regardais avec tendresse et chagrin.
-" J'ai dit c'est fini ! " Répéta d'une voix de plus en plus menaçante le geôlier.
Lucile m'embrassa rapidement.
-" Réfléchis, tu comprendras... J'en suis certain. Détruis ce qui t'empêche de me croire."
" Je reviendrais, je te le promets. Je t'apporterai de quoi manger." Murmura-t-elle dans le creux de mon oreille. Elle ramassa sa lampe, fit demi-tour, et la porte se referma, la clé de la porte tourna dans la serrure. Puis le bruit d'une claque. J'entendais un corps tomber et un cri de douleur et de surprise, c'était Lucile. Je pleurai en fermant les yeux crispés.
Pourrais-je la sauver ? Je n'avais qu'une certitude, rien ne pourrait m'arrêter dans la réalisation de ce que je voulais devenir.
- "Je t'avais dit de faire attention à la bougie, traînée ! Tu la laisses traîner. Tu veux qu'on se fasse prendre c'est ça?" C'était la voix rugueuse du garde.
- "Je suis désolée... " Implora Lucile.
Ainsi, la Maîtresse n'était pas au courant.

Un froissement de tissus. Des pas précipité, déséquilibrés. Tout redevint silencieux.

Mes yeux dans le noir je restais là à attendre, cette visite m'avait bouleversée même si je n'avais pas l'énergie pour le montrer. J'étais certain qu'elle allait comprendre... Ma main glissa le long de mon collier, symbole à la fois de ma captivité et de mon potentiel en train d'être façonné.
Lentement, je devenais une coquille vide, je restai au milieu de ces ténèbres, couché au sol en attendant la délivrance de la Maîtresse. Je n'allais pas mourir, c'était impossible ! Me répétais-je.







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Une question de point de vue | Valère
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