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 Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]

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Aleth
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MessageSujet: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Mar 2 Mai 2017 - 19:01

-Pourquoi j'aimais ça quand j'étais gamine ?! Sol'dorn me manquerait presque. Brrr.

Aleth marchait en se tenant les bras. Elle avait acheté des vêtements chauds avant son départ d'Itrhi'Vaan car le gel avait même atteint Thaar, chose qui n'était pas arrivé du vivant de la demi-elfe. Cela faisait des décennies qu'elle n'avait pas eu à porter des gants et des bottes fourrés ainsi qu'un manteau. L'épaisseur de chacun de ses vêtements avait au moins triplée, passant du lin et du cuir fin à des matières bien plus adéquates pour la conservation de la chaleur. Ses bottes hautes la préservaient tant bien que mal de l'humidité de la neige qui, en dehors des routes, atteignait les trente centimètres.
Malgré cela et malgré son sang immortel, Aleth commençait à ne plus sentir ses doigts et ses orteils. La nuit était tombée sur la baronnie d'Etherna et elle rageait contre tout à la moindre occasion. Le froid qui la mordait de toute part. Cette cité qui n'avait rien trouvé de mieux que de se trouver en guerre civile EN PLEIN HIVER, l'empêchant donc de trouver un abri pour la nuit et la forçant à reprendre la route quand elle pensait pouvoir enfin se reposer. Cette branche sur le chemin de terre, cachée par la neige, qui avait failli la faire tomber. Et, par dessus tout, celui qui l'avait forcée à partir si loin pour le fuir.
Pourtant, elle troquerait bien toute cette colère contre un feu et un bol de soupe fumant...

Aleth n'avait pas choisi son nouvel équipement n'importe comment. Elle était restée trop longtemps à Naelis. Elle se demandait même ce qui l'avait poussée à rester si longtemps alors que la sédentarité mettait sa couverture en danger. Elle projetait depuis plusieurs ennéades de prendre un bateau pour la Péninsule. Bien que ses oreilles la trahissent, son visage pouvait passer pour humain auprès des non initiés. Une humaine aux traits particulièrement délicats... Alors elle avait pris des vêtements et une cuirasse dans un style qui lui permettrait de se faire passer (au moins de visu) pour une autochtone parmi les Humains de l'Ouest. Même si les femmes ne portaient pas d'armes dans ce pays, elle serait toujours plus discrète qu'habiller en estrevine. Elle portait donc une veste couvrant son buste depuis le sommet du cou jusqu'à mi-cuisse, une capuche doublée de fourrure venant le plus souvent se rabattre sur sa tête. Son pantalon courrait jusque dans ses bottes qui remontaient sur ses genoux. Une dague était fermement attachée à sa cuisse gauche tandis que d'autres étaient toujours dissimulées un peu partout dans son équipement. Comme d'habitude, elle portait ses armes principales dans son dos ainsi qu'un sac contenant tout ce dont elle avait besoin pour subsister quelques jours sans croiser une ville.

Mais elle n'en aurait pas besoin ce jour-là. La neige s'était remise à tomber et le vif ressentiment dont la mercenaire lui fit part ne changea rien à l'affaire. Toutefois, après quelques pas supplémentaires, Aleth aperçut une lueur au débout d'un virage. Pressant le pas, elle découvrit un relais de voyageurs. Enfin ! Ce n'était pas comme si elle l'espérait depuis au moins deux heures !
Elle atteignit la porte, courant presque tant il lui tardait de retrouver la sensation de ses mains et pieds encore vivants. A l'intérieur, il y avait plus de monde qu'elle ne l'aurait cru... L'auberge semblait bondée. Aleth avait peu d'espoir d'obtenir une chambre libre mais il était hors de question de retourner dans le froid tout de suite. Après avoir chassé la neige se trouvant sur ses épaules, elle s'avança vers le comptoir, la capuche toujours sur la tête. Elle héla quelqu'un au service. Un homme d'une cinquantaine d'années, bien que très occupé à répondre aux demandes de tous ses clients, prit quand même le temps d'écouter sa requête sans pour autant d'arrêter de servir les boissons.

-Vous avoir chambre libre ?

-Désolé ma p'tite dame mais on est complet ! Y'a bien une chambre ou deux avec deux lits simples qui sont occupées que par une personne mais j'aurais rien d'mieux.

Hmm... L'idée de dormir dans la chambre d'un inconnu ne plaisait guerre à la demi-elfe. Déjà qu'elle ne dormait pas avec les hommes avec lesquelles elle couchait... C'était pas pour en partager une en toute amitié sur une route de Péninsule.

-Un coin dans étable, peut-être ?

-Si seulement j'avais un box disponible ! Mais on est plein à cause de la guerre civile. Plusieurs habitants ont préférés fuir et venir ici et des marchands attendent simplement de voir si les choses se calment plutôt que d'faire demi-tour par ce froid.

Il servit une chope de plus tandis qu'Aleth commençait à se demander si elle n'allait pas devoir repartir après s'être réchauffée un peu... Finalement, l'homme soupira et s'avança vers l'étrangère à l'accent chaleureux.

-Ecoutez... C'que j'peux vous proposer, c'est d'vous passer une couverture et de dormir dans la salle quand elle sera vide. Au moins vous s'rez au chaud. Vous pourrez même vous installer devant l'feu si vous voulez ! Vous l'entretenez et j'vous fais rien payer pour la nuit.

Entre ça et retourner marcher sous la neige... Le choix fut vite fait. Aleth accepta d'un signe de tête et l'aubergiste lui indiqua la dernière table de libre en lui disant qu'il allait lui faire porter un repas chaud. Une fois près de sa chaise, elle fit tomber sa capuche sur ses épaules, laissant apparaître sa chevelure dorée. Afin de cacher ses oreilles, elle avait changé de coiffure depuis son arrivée, prenant soin d'en dissimuler les pointes sous quelques fines tresses venant se rassembler en un chignon ornant l'arrière de sa tête. Elle commença à défaire les boucles de sa veste et acheva de faire disparaître les quelques traces blanches qui la parsemaient avant de la retirer pour la laisser sécher sur le dossier de sa chaise et de s'asseoir.



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Arthur
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Mar 2 Mai 2017 - 22:58

« Il te faut un nom ! » C'est sur ces mots qu'Arthur décréta le sujet du jour, à un dragon tout juste revenu de sa chasse, s'allongeant pour se lancer dans une sieste digestive que l'humain avait décidé de retarder, se montrant très efficace pour le maintenir conscient et présent à travers le Lien.

A quoi ça sert ? Ça se mange ? Depuis son premier vol et l'intensification soudaine du Lien, la communication avait grandement évolué, et plus que des idées primaires, ils pouvaient désormais échanger bien davantage, tout du moins, lorsqu'ils s'entendaient sur les concepts, ce qui n'était pas toujours évident, et certains passaient à la trappe, considéré sans intérêt par les deux reptiles.

« C'est un mot qui te représentera pour les autres humains, qui leur permettra de te désigner. » C'était un concept inconnu et inutile pour ces créatures, à la base, Monarth le lui avait expliqué, des années plus tôt. Pour interpeller, ils touchaient l'esprit concerné, et pour évoquer quelqu'un auprès d'un autre, ils en transmettaient l'idée, l'image ou les souvenirs directement, là où les humains s'échangeaient des noms supposés susciter une idée de cette personne.
Tout cela, il le transmit à travers le Lien, et tout en considérant la chose curieuse, il l'accepta.

« Je te propose Zéphyr. Une tribu de l'est nommait ainsi les vents d'ouest, qu'ils attribuaient à un dragon. » En disant cela, il lui transmit le principe des points cardinaux, aussi bien que leur position relative sur le continent et les origines de la tribu, et de fait, son raisonnement, ce que lui inspirait ce nom qu'il avait trouvé dans les archives de Thaar... N'y trouvant rien à redire, et impatient de pouvoir dormir, le dragon approuva ce qui, de toute manière, n'avait guère d'importance pour lui, mais flattait son orgueil, héritant du nom d'un de ses ancêtres.

Ainsi fut nommé le dragon.

_____________________


Il avait attendu, et puis... Finalement, s'était remit en mouvement, non s'en offrir à l'aubergiste ayant vu la visite d'une marquise un moyen, ou tout du moins, une personne à qui s'adresser, pour le contacter, et cette personne n'était rien moins qu'un Grand Prêtre.
Il quitta Sainte Berthilde, donc, non sans s'être convenablement préparé avec les économies que lui permit de faire sa chasse pour affronter la vigueur de l'hiver dans le Médian.

Son chemin le conduisit dans une Etherna dont il apprit tardivement l'état d'instabilité, ce qui acheva de le convaincre de rapidement quitter la région avant que ces imbéciles ne déclenchent une guerre en plein hiver. Mais ce jour là, son Idéal le mit face à l'obligation de marquer le pas. Il s'était rendu dans un hameau pour y vendre ses peaux, comme souvent, quand, devant la présence d'un homme d'arme, les habitants lui demandèrent de l'aide. Il apprit qu'une bande venait régulièrement, et que si jusque là, ils avaient su les repousser, les meilleurs combattants étaient morts ou blessés pour défendre les réserves.
La situation était claire, autant que ce que ces gens pouvaient attendre de lui... Les seigneurs trop occupés pour chasser quelques voyous, ne leur restaient que les vagabonds ou les éventuels mercenaires de passage. Ainsi, Arthur s'engagea, non sans avoir récupéré des indices supplémentaires sur la possible cache de cette bande, à les débarrasser de ces nuisibles.

C'est à la recherche de cette cachette autant que d'éventuels alliés pour l'assister généreusement dans cette tâche qu'on le retrouve, ce soir-là, approchant d'un relais de voyageurs. Déposant sa monture dans l'écurie, il constata le comportement nerveux des chevaux, ce qui l'encouragea à se presser, au même titre que le froid.
Quand il entra, ce qu'il vit faisait écho à la situation dans les écuries... Cet hiver serait une aubaine pour les tenanciers de tel établissement car camper au dehors par un froid pareil, c'était un risque inconsidéré de ne pas se réveiller le lendemain. Son entrée capta tout de même l'attention, ne serait-ce qu'à cause du lézard reposant en bonne partie autour de son cou, profitant de la chaleur d'un manteau de fourrure, mais qui décidait de s'en décrocher pour déployer ses ailes engourdies par le froid.

Il jeta un œil, balayant la pièce pendant que Monarth fit de même, chacun des deux faisant attention à des détails propre, mais c'est une jeune femme singulière qui fixa le plus son attention, parce qu'elle ne lui semblait pas appartenir au même tableau que dessinait l'ensemble des autres personnes présentes.
Dans tous les cas, il se rendit au comptoir de l'aubergiste, et passant sur l'idée d'avoir une chambre, scénario improbable avec l'affluence constatée, il demanda et obtint simplement l'autorisation de passer la nuit ici avant d'être servi en boisson et repas chaud, qu'il porta jusqu'à un mur.
Là, après avoir posé le gobelet et écuelle de bois par terre, il défit son manteau de fourrure qu'il posa à terre à son tour, en vue de s'installer dessus, décrocha son épée et son fourreau, mise ainsi à l'abri du froid et la plaça contre le mur, pour finalement s'asseoir au sol et récupéra sa gamelle.

Tout en mangeant, laissant Monarth piocher dedans de temps en temps, son regard scruta à nouveau la salle, cette fois à la recherche d'éventuels individus susceptible de servir dans la mission qu'on lui avait confié avant qu'une chose ne le fasse jeter un œil vers le plafond.
Au dehors, les chevaux – à l'exception de la monture du chevalier – devinrent plus nerveux encore et s'agitèrent instinctivement, et bientôt, les occupants d'une chambre, dans les combles, purent entendre quelque chose se poser sur le toit, grattant et se déplaçant avant de disparaître dans un bruissement d'ailes.

N'attires pas trop l'attention, ces hommes sont déjà suffisamment éprouvés par ce froid pour ne pas avoir besoin de se demander ce qui se trouve sur le toit.

Il n'y eut aucune réponse, mais à travers le Lien, le chevalier constata que le dragon n'avait pas apprécié la remarque... Ce que ces humains pouvaient être sensible et fragile. D'une certaine manière, il put suivre les mouvements du dragon se cherchant un abri où dormir au sec – l'humidité le dérangeait, là où il ne ressentait nullement un froid autrement plus clément que celui porté par les vents d'altitude.
Et pendant tout ce temps, le regard du chevalier sembla perdu, ailleurs.
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Aleth
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Ven 5 Mai 2017 - 19:16


Aleth tendit l'oreille en entendant hennir les chevaux de manière inhabituelle, se demandant ce qu'il pouvait bien leur prendre. Se levant de sa chaise, elle poussa un volet et jeta un œil à l'extérieur. Faisant fi de ce qu'il se passait à l'intérieur de l'auberge, elle guetta le moindre mouvement sur le chemin, entre les arbres et autour de l'écurie. Elle ne vit rien et au bout d'un petit moment les montures se calmèrent.
Quoi que ce soit, c'était parti.

-EH, la donzelle ! Referme c'te f'nêtre. Il gèle dehors !!

La mercenaire s'exécuta, non sans claquer le volet de bois contre le montant de la fenêtre au passage pour faire comprendre qu'elle n'avait pas apprécié qu'on lui parle de cette manière. Donzelle ? Et puis quoi encore ! Elle reprit sa place en fusillant l'homme du regard. Sur sa chaise reposait désormais non seulement sa veste mais aussi ses deux grandes lames. A mi-chemin entre la dague et l'épée en terme de taille, le tranchant partait de la pointe pour s'arrêter à l'extrémité de la garde. Ce n'était pas vraiment le genre d'armes que l'on voyait en Péninsule... Mais elle n'avait pas pu se résigner à les laisser derrière elle. Ses armes allaient de pairs avec sa façon de combattre. En changer était risquer d'être moins efficace, et donc d'être blessé, voir tué.

Le regard d'Aleth se posa à nous sur l'homme qu'elle avait vu rentrer quelques minutes auparavant. Au moins, elle n'était pas la seule à attirer l'attention. Le lézard sur son épaule semblait plus intriguer encore qu'une belle femme portant des armes. C'était loin de lui déplaire d'ailleurs, étant donné sa situation. Moins elle se ferait remarquer...
Comme promis, l'aubergiste apporta un repas chaud à celle qui lui éviterait d'avoir à se relever la nuit pour entretenir son feu. Au menu, il y avait une écuelle de légumes dans leur bouillon, un peu de viande séchée et un quignon de pain. D'un signe de tête, elle désigna le chevalier.

-Où lui dormir ?

-Pour faire court, disons que vous aurez de la compagnie.

C'était faire court ça ?
Aleth ne répondit rien et l'aubergiste retourna bien vite à ses affaires sans plus se préoccuper d'elle. Elle observa le nouvel arrivant un moment tandis qu'il mangeait, laissant sa créature picorer dans son assiette. Lui aussi observait, cherchant apparemment quelque chose, ou quelqu'un. Mais rien ni personne en particulier visiblement. Après tout, ce n'était pas ses affaires.
Finalement, la mercenaire se leva et marcha dans sa direction. Elle s'arrêta à deux pas de lui.

-Chaise mieux que sol. Dit-elle avant de lui montrer du doigt la place disponible en face d'elle. Plus confortable.

Si elle devait partager sa "chambre" avec lui cette nuit, pourquoi ne pas faire connaissance ? Elle n'avait que peu de contacts en Péninsule et devrait s'en faire pour le travail ou simplement sa survie. Elle ignorait qui était cet homme mais qui sait. Elle pourrait être surprise.
Mais autant expliquer sa démarche pour lever toute ambiguïté, oubliant que la générosité pure et simple, ça existait.

-Nous dormir ensemble cette nuit. Hm !

Aleth ferma les yeux en se rendant compte de ce qu'elle venait de dire. Pour éviter toute incompréhension, c'était réussi ! Vivement que la maîtrise du péninsulaire lui revienne... Si elle pouvait éviter de faire des bourdes de langage aussi grosse qu'elle, ça lui rendrait service...

-Moi veux dire : ici. Dans pièce ici. Plus de chambres.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Lun 22 Mai 2017 - 5:58

Ce qui faisait de cette présence une chose singulière s'étoffa davantage lorsqu'elle vint lui parler. Sans se prétendre à aucun moment expert, il savait toutefois reconnaître un accent venu d'Ithri'Vaan quand il en entendait un – et n'en reconnaissait aucun des contrées péninsulaires. Cette femme qui, déjà d'ordinaire paraîtrait comme une curiosité dans pareil tableau appuyait donc les traits en étant étrangère... Une étrangère s'attardant même dans la région en plein Hiver, c'était audacieux.

Cela conclut, il put porter une attention à la proposition... Et là, il ne put s'empêcher de sourire, amuser, mais pas moqueur pour autant, car la maladresse d'une langue qu'elle commençait tout juste à appréhender, probablement, venait de lui faire prononcer une invitation – que nombreux auraient probablement voulu réelle, puisque la jeune femme était plutôt plaisante pour l’œil – plutôt osée. N'offrant pas encore de réponse, il put voir à son expression, sans même avoir le moindre besoin de la télépathie de ses lézards, du fil de la réflexion, de l'oreille entendant ses propres mots et le reste saisir toute l'étendue de la confusion qu'avait apporté sa langue.

Il jeta finalement un œil au comptoir, cela confirmait ce qu'il savait déjà, et là-dessus, sans encore un mot prononcé, il se leva en récupérant son écuelle d'une main, sa fourrure de l'autre, qu'il replia comme il put dans le coin où reposait le reste de ses affaires, tandis que, sans même attendre, le dräke s'était dirigé vers la table.

« J'espère que sa présence ne vous dérangera pas. » dit-il une fois qu'il fut debout face à elle, désignant le lézard qui déjà prenait ses aises sur une moitié de la table. Là-dessus, il prononça un « Bienvenue, et merci. » tel que lui avait apprit l'un des proches de la Princesse-Marchande chez qui, après son voyage dans les Terres Stériles, il s'était reposé, concluant par un léger mouvement de la tête, qui, finalement, paraissait peu de choses à côté des autres détails curieux des deux personnages.

Il lui fit un geste d'invitation à se rediriger vers la table, et la suivit pour s'asseoir face à elle.

« Vous pouvez parler votre langue si parfois les mots d'ici vous manque. » Il avait hésité quelques instants sur le dernier mot, ayant eu davantage l'occasion de lire que de véritablement parler cette langue apprise rapidement sur place. Avec cela, il espérait la mettre plus à l'aise pour la suite, puisqu'elle voulait, et c'était bien normal, faire connaissance. Il risquait de voir apparaître les propres limites de sa compréhension limitée, mais nul doute que l'un comme l'autre s'aiderait alors.

« Je m'appelle Arthur, et voici Monarth. » désignant le lézard qui s'était allongé, le ventre légèrement distendu par la nourriture qu'il venait de manger. Il avait fait dans l'excès, et il allait faire une énorme sieste digestive très bientôt. « Et vous, qui êtes-vous, et qu'est-ce qui vous amène en Péninsule en cette saison ? »



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Aleth
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Mar 23 Mai 2017 - 13:15

Aleth regarda le drôle de reptile s'envoler pour la table qu'elle avait indiqué à son maître. Avec les Princes-Marchands, elle avait l'habitude des bestioles bizarres mais, celle-là, elle n'aurait pas su l'identifier. On aurait dit un minuscule dragon... Pas vraiment effrayant, bien que les personnes présentes dans la pièce semblaient s'en méfier.
Il était vrai que les Péninsulaires avaient peur de tout ce qu'ils ne connaissaient pas...

Lorsque le chevalier lui adressa la parole, elle se retourna vers lui et constata qu'il était debout.

-Pas problème. Connais pire.

Elle allait reprendre sa place lorsqu'elle entendit des mots prononcés dans une langue bien connues qui l'arrêta dans son mouvement. Elle sourit, agréablement surprise de voir quelqu'un parler l'Olyian.

-Oh, un voyageur. Répondit-elle dans le même langage.

Une fois à table, il essaya de formuler une nouvelle phrase. Il était plus doué dans sa langue qu'elle ne l'était en péninsulaire. Néanmoins, on reconnaissait à son accent et à ses hésitations qu'il n'avait pas pratiqué longtemps. Au moins pourrait-il l'aider à retrouver un peu la maîtrise de sa langue natale. Entendre quelqu'un ne pas parvenir à parler correctement revenait souvent à lui accorder moins de crédit... Et, dans son travail, elle ne pouvait pas vraiment se le permettre.
Elle aurait dû se faire donner quelques leçons par Hendrick avant de partir mais l'intérêt qu'elle lui portait était bien différent.

Arthur se présenta et présenta son petit compagnon. Il lui avait donc donné un nom, c'est donc qu'il devait avoir un certain attachement pour l'animal.

-Bonjour, Monarth. Bébés dragons volent pas. Quoi est-ce ?

Aleth n'était pas très portée sur le bestiaire de Miradelphia mais il lui arrivait parfois d'avoir à en affronter. Aussi préférait-elle s'y intéresser un minima lorsqu'elle rencontrait une bestiole qu'elle ne connaissait pas afin de savoir à quoi elle avait affaire.
A présent que le chevalier s'était présenté, il attendait la même chose de la part de la demi-elfe. Rien de bien surprenant à cela. Après tout, c'était elle qui était venu le chercher. Toutefois, elle devait répondre à deux questions à la fois et l'articulation des deux réponses étaient hors de sa portée. Elle ferait donc dans le simple.
Le très simple.

-Grace. Travail.

Elle chercha dans le peu de vocabulaire qu'il lui restait et finit par prononcer le mot "mercenaire" dans sa langue pour voir s'il connaissait le terme en péninsulaire avant de continuer.

-Protéger quelqu'un jusqu'à port Etherna. Puis aller Etherna pour chercher nouveau travail mais pas pouvoir entrer cause guerre.

Elle acheva en montrant les lieux pour signifier qu'en cherchant un endroit pour la nuit elle avait atterri ici. Puis elle montra l'épée d'Arthur d'un signe de tête et, forte d'un nouveau mot de vocabulaire, elle parvint à exprimer un peu mieux sa pensée.

-Mercenaire vous aussi ?
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Arthur
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Jeu 13 Juil 2017 - 16:36

« Monarth est un dräke, probablement l'espèce la plus proche des dragons tels qu'ils ont pu être décrit. » Oui, volontairement ou non, il laissait entendre qu'il s'était, d'une manière ou d'une autre, intéressé et instruit au sujet de ces créatures, bien au-delà des mythes, légendes et histoires qu'on pouvait raconter.
Si il ne s'aventura pas davantage sur ce terrain, craignant de laisser filer quelques indices avant l'heure, la discussion se poursuivit sur la profession de l'un et de l'autre. Ce qui intéressa le chevalier errant pour l'engagement qu'il avait prit plus tôt... Il ignorait les compétences de la jeune femme, mais son armement suggérait tout de même une certaine expérience acquise de l'autre côté de l'Olienne... Mercenaire ? C'était ce qu'elle était désormais, mais nombreux étaient ceux qui, en temps de paix, se mettaient au service de quelques marchands, pour les escortes ou les petites luttes privées que se livraient ces gens là. C'était donc une aubaine dont il devait se saisir.

« Quelque chose d'approchant. » fut la première réponse qu'il offrit quand elle lui demanda si il était lui-même mercenaire. Il l'avait été, un temps, et si il demeurait un homme d'arme, il ne se considérait plus ainsi... Mais tenter d'expliquer n'était pas chose aisée, il était déjà une curiosité pour qui maîtrisait la langue, alors devoir employer un langage simple, dans l'une ou l'autre pour définir un Idéal, c'était peine perdue. Aussi préféra t-il rester vague, c'était mieux ainsi.

A la place, il décida de tenter sa chance, puisqu'elle semblait, pour l'heure, à la recherche d'un travail.

« J'ai une offre à vous faire. Dans les parages, une petite bande s'est attaquée à un village plus à l'ouest, et ses habitants m'ont demandé de les aider, puisque l'armée ne semble pas soucieuse de se déplacer pour si peu. » Peut-être se souciait-elle peu de la chose, quand c'était à ses yeux ce qui comptaient le plus. « Que diriez-vous de m'aider à accomplir ce travail ? »

Bien sûr, elle était mercenaire, il connaissait les rouages de ce métier, et les éléments indispensable pour réellement convenir de quoique ce soit avec eux, aussi poursuivit-il sans attendre, avec une proposition curieuse, qui allait en dire plus long sur la nature du personnage que toute explication qui aurait pu précédé.

« Pour salaire, vous pourrez garder tout ce que nous pourrions trouver à leur planque ainsi que tout ce que les villageois pourraient donner en guise de remerciements. » Il renonçait donc, pour lui-même, à toute récompense. « Et en prime, si vous voulez, je vous guiderais plus au sud, gratuitement, où vous pourriez trouver davantage de travail qu'ici. » Il se doutait que sa proposition pouvait paraître des plus étranges, c'est pourquoi il termina son repas, lui laissant la nuit pour réfléchir à cette proposition avant d'aller se coucher.

Le lendemain, assez tôt, il sortit un moment, alors que la plupart des gens dormaient encore profondément. Si la jeune femme avait décidé de le suivre, discrètement, elle put le voir s'éloigner, à l'abri des regards, allant à la rencontre d'un autre lézard qui se fondait presque totalement dans le paysage blanc, déjà bien plus grand que Monarth, resté au chaud.

Attends que nous nous soyons suffisamment éloigné de l'auberge, et qu'aucune personne ne soit alentours.

Et la femelle ?

C'est une étrangère... Elle vient d'un pays que l'existence des dragons façonna autrefois, ça devrait aller.


Et si la jeune femme s'était dissimulée, le dragonnet posa tout de même un court instant le regard dans sa direction, et son intuition se propagea jusqu'à l'esprit d'un Arthur demeuré impassible, avant de disparaître et de s'envoler plus loin et d'être définitivement fondu dans le ciel.
Arthur revint tranquillement à l'auberge, préparant ses affaires avant d'entamer un petit déjeuner chaud, dont il apporta une seconde part à la jeune femme.

« Alors, avez-vous prit votre décision ? »
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Aleth
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Dim 16 Juil 2017 - 12:02

Si Aleth n'avait que peu de souvenirs de sa langue natale, certaines expressions persistaient toujours car elle les avait déjà entendues ou utilisées depuis. Il s'agissait de vocabulaire propre à son métier. Alors, quand il lui annonça qu'il avait une "proposition à lui faire", elle tendit l'oreille avec un intérêt renouvelé. Peut-être avait-elle vraiment bien fait d'aller à la rencontre de cet homme au final. En soi, la mission n'avait pas l'air bien difficile. Il s'agissait de mater quelques malandrins. Elle se renseigna sur leur nombre supposé et l'emplacement de leurs quartiers. Elle sembla même s'exprimer bien plus aisément qu'elle ne l'avait fait jusqu'à lors.
A première vue, la chose était faisable à deux s'ils étaient bien organisés. Cependant, s'il pouvait supposer de son savoir-faire en la matière en observant ses armes faites sur mesure et en repérant quelques unes des lames plus ou moins visibles qu'elle dissimulait sur elle, elle n'était pas totalement certaines de celles du "mercenaire". Elle le détailla du regard sans même s'en cacher. Elle examina son arme, bien entretenue, et son armure de maille et de cuir qui semblait en avoir connue plus d'une. A priori, c'était prometteur, mais elle garderait une réserve pour l'instant.

Concernant son salaire, elle fut assez surprise qu'il ne demande rien et le lui exprima. La réponse qu'il lui donna fut plutôt vague, à moins qu'elle n'ait pas compris la subtilité dans ses paroles. Peu importait. Il avait l'air assez convainquant. Enfin... Aux yeux de quelqu'un qui n'avait confiance en personne.

La salle se vida plutôt rapidement et ils purent se coucher. Ils s'installèrent tous deux près du feu mais en conservant une certaine distance entre eux. S'il n'en était pas à l'initiative, elle l'aurait fait car elle aurait été bien incapable de dormir si près de lui. Elle n'avait jamais dormi avec personne de sa vie car elle connaissait trop bien les risques...
Une fois les premiers rayons du soleil apparus derrière les nuages, il se leva avant elle. Comme durant toute la nuit, elle se réveilla au moindre de ses gestes et l'observa quitter les lieux. Dès qu'elle entendit la porte, elle se mit debout d'un bond et alla jusqu'à la fenêtre où elle le vit s'éloigner discrètement. Elle fronça les sourcils. Ce comportement n'avait rien d'habituel. Que cachait-il ? L'aubergiste entra à ce moment-là et lui demanda si elle voulait faire sa toilette. Se retournant à nouveau vers la fenêtre, elle hésita. Il lui proposa une petite pièce du rez de chaussée qui lui servait de débarras. Ce ne serait pas le luxe mais au moins l'endroit fermait à clé et elle serait tranquille pour se laver. Alors, munie d'une bassine, d'un pichet rempli d'eau et d'un linge propre, elle alla s'isoler quelques minutes. Cela faisait plusieurs jours qu'elle voyageait, elle n'était pas contre se décrasser un peu !

En revenant dans la grande salle, elle constata qu'Arthur était revenu. Face à lui attendait une écuelle encore fumante devant une chaise vide. Sans plus se poser de question, elle le rejoignit et s'installa. Décidément, ce qu'on disait sur la galanterie des péninsulaires était vrai. Cela n'était pas réservé qu'à Hendrick. Elle eut à peine le temps d'avaler une bouchée de son plat que le mercenaire lui demanda si elle s'était décidée.

-Pas avoir action depuis Ithri'Vaan. Pas me faire de mal. Répondit-elle.

En vérité, elle avait sévèrement besoin de se dérouiller un peu. Et si elle devait être sage dans la chambre jusqu'à ce qu'elle retourne à Naelis, autant qu'elle compense au combat. Hormis ses entraînements quotidiens, elle n'avait pas touché à ses armes depuis plusieurs ennéades.
Si tôt le repas avalé, ils quittèrent l'auberge en direction de ce fameux village. Ils suivirent la route un petit moment puis la quittèrent. Aleth n'ayant pas de monture, elle avait dû en louer une à l'auberge sans quoi le trajet dans la neige qui arrivait au-dessus de ses genoux aurait été bien trop éreintant. Après quelques heures, ils arrivèrent près d'un court d'eau où ils s'arrêtèrent pour désaltérer leurs chevaux et remplir leurs gourdes. Ici, la neige était un peu moins importante, probablement à cause des arbres alentours et des animaux qui venaient boire tout au long de la journée.

Alors qu'Arthur achevait de fermer son outre, la demi-elfe sortit ses armes dans un bruit métallique peu discret. Lorsqu'il se retourna vers elle, elle avait une lame dans chaque main et lui faisait face, l'attendant de pied ferme. Il n'y avait aucune animosité dans son regard, elle n'avait pas l'intention de lui faire de mal. Elle avait attendu d'être plus au calme et sur un terrain propice pour pouvoir tester ses aptitudes. Lui aussi devait avoir les mêmes interrogations qu'elle car, si leur expérience se devinait, il n'y avait rien de mieux que l'évaluation réelle pour s'en assurer.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Ven 21 Juil 2017 - 21:15

« Je crains que vous ne gagniez pas grand chose en me détroussant, ma chère » dit-il en plaisantant, à la vue des armes tirées. Il put comprendre à son attitude que ça n'était pas le propos, évidemment, mais la chose aurait pu y ressembler... Et une part de lui-même demeurait sur la défensive. Quelque soit l'intention qu'avait la jeune femme, il devait prendre l'avantage pour couper court aux erreurs d'appréciations... C'était une étrangère, après tout.

Il tira son épée de son fourreau et se mit en garde, prenant le temps d'évaluer la demoiselle, sa posture autant que le reste. Elle n'avait rien de la combattante qu'on pouvait croiser d'ordinaire, loin de paraître miser sur sa force, davantage sur son petit gabarit, sa vitesse et son agilité... Probable. Difficile d'estimer le reste, aussi, et puisqu'elle paraissait sur l'attente, il décida de lui-même préserver quelques atouts en jouant sur les apparences. C'est donc en chevalier qu'il approcha, tout en décrivant une trajectoire légèrement courbe, et c'est très classiquement qu'il engagea le combat, des premières passes sans originalité, sur la retenue, comme voulant ménager la jeune femme.

Bref, il jouait le rôle du guerrier honorable se refusant à rudoyer une femme, même volontaire pour se battre. Il ne la prenait pas au sérieux, du moins en apparence. Il n'y avait dès lors que deux réactions possibles. Ou elle avait deviné le jeu du chevalier mais perdrait patience et attaquerait sérieusement pour qu'il cesse son manège, ou bien elle se vexerait et attaquerait sérieusement pour le punir. Dans un duel de dupe, il fallait laisser l'autre dévoiler ses atouts en premier et maintenir la surprise de son côté.

Pour une raison ou l'autre, elle passa à l'attaque, augmentant soudainement le rythme dans un style acrobatique, frappant ou tenter d'atteindre le chevalier avec ses épées autant qu'avec des coups de pieds ou des crochets. Si tout cela mit le chevalier et sa défense à rude épreuve, il commença à se faire une idée des talents autant que du style de la jeune femme qui semblait davantage chercher à le déséquilibrer qu'à l'atteindre véritablement... Et bientôt, il lui rendit la pareille, des feintes de parade desquelles il se dérobait pour tenter de la faire partir vers l'avant, variant entre l'évitement et le contre. Et si il reçut ça et là des coups de poings, de coudes, de pieds, a plus d'une occasion, elle vit que la galanterie et la retenue du départ n'était qu'illusion, bien qu'il n'usa jamais véritablement de force, n'appuya jamais ses frappes qui se voulaient précise.
De toute évidence, elle était versée aux arts de l'assassinat et connaissait les faiblesses du corps... Il lui faisait ainsi comprendre qu'à défaut d'avoir été à même école, ses professeurs lui avaient fait d'identiques leçons... Et qu'il n'avait rien d'un combattant loyal.

Elle avait l'avantage, néanmoins, il le sentait, même si il lui rendait coup pour coup dès que c'était possible, il la sentait plus expérimenté, façonné plus durement si bien que, malgré les apparences, elle savait encaisser ce qu'elle n'arrivait pas à éviter. De son côté, l'inhabituel style de la jeune femme exigeait beaucoup d'énergie et de concentration, et si il parvenait à suivre, ça ne durerait pas... Elle avait suffisamment d'expérience pour avoir constaté l'évolution du combat en sa faveur, redoublant d'intensité, insistant sur les failles de plus en plus apparentes d'un Arthur de plus en plus sur la défensive.
Elle prenait de l'assurance à mesure que son avantage devenait flagrant, et cela pouvait être retourné contre elle, finalement... Oh, il tenta ça et là des coups bas pour tenter de retourner la tendance, neutraliser les attaques, auquel elle répondit durement, mais tout cela n'était que diversion et détournement d'attention...

Une part de son attention, un petit fil dans la trame de son esprit s'égarait un peu plus loin, pas bien loin, non, à l'abri des regards, d'où on pouvait contempler la scène. Car le meilleur des atouts qu'il possédait, c'était la surprise, la véritable surprise... Ça et là, il avait jeté des regards vers un Monarth observant depuis la selle du destrier d'Arthur, et peut-être l'avait-elle intégré à l'environnement dont elle devait se méfier. Mais ce qui se cachait, tapit dans les bois, elle ne pouvait l'anticiper, elle ne pouvait le prévoir.
Au moment opportun, où il afficha une faiblesse plus nette, ouvrant à une attaque décisive, un rugissement puissant se fit entendre depuis les bois, ne ressemblant à rien d'habituel... C'est naturel, elle perdit, même un instant sa concentration, sous l'effet de la surprise, mais pas lui, et il en profita, laissant tomber son épée pour se jeter sur elle, seul moyen, d'après lui, de couper court à tout sursaut d'agilité de sa part, le plaquant au sol tout en tirant sa dague et la portant à la gorge.

« Je crois que la victoire me revient. » Il n'y avait pas de plaisanterie, non qu'il soit sérieux, mais il était encore affecté par ce que ce combat venait d'exiger de lui. Il ajoutait une nouvelle part de mystères, susciteraient une question assurément, mais il lui appartiendrait de lever le voile dès à présent, ou d'attendre encore.
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Aleth
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Ven 4 Aoû 2017 - 20:11

Aleth n'afficha aucune réaction à la plaisanterie d'introduction du chevalier. En partie parce qu'elle n'avait pas compris le sens du mot "détrousser" sur le moment mais plutôt quelques instants plus tard. Pendant ce temps, Arthur se prêta à l'exercice et sortit son arme. A son tour, elle se mit en garde mais dans une position fort peu commune. Les lames parallèles au sol, une devant elle et la seconde derrière sa tête, elle attendit qu'il ouvre les hostilités et fut déçue mais pas surprise de constater la retenue dont il fit preuve. En Péninsule plus que nulle part ailleurs, on considérait les femmes comme un sexe faible. Certes, Arthur avait sollicité son aide, c'était donc qu'il la pensait aussi capable (ou presque) qu'un homme mais cela ne le dispensait pas de vouloir faire preuve de courtoisie. Comme si un véritable ennemi en avait quelque chose à faire des bonnes manières...
Une passe d'arme de plus qu'elle para sans le moindre mal. Elle plongea son regard dans celui de son adversaire durant une seconde. Le combat durait depuis quelques minutes déjà et elle estima qu'il était plus que temps de passer aux choses sérieuses. Elle le repoussa alors rapidement et l'assaillit de plusieurs attaques très rapprochées et bien plus offensives que précédemment. Lorsqu'il bloqua ses armes contre le sol, elle envoya un coup de coude bien senti dans le ventre du chevalier et en profita pour dégager ses lames et reculer de deux pas, lui laissant le temps de se redresser.
Maintenant, le message était passé.

Aleth évita bon nombre de coups car l'esquive faisait partie de son mode de défense bien plus que la parade. Néanmoins, elle en reçut quelques uns. Le premier provoqua même un sourire chez elle, satisfaite de constater qu'il la traitait enfin comme une adversaire digne de ce nom, son égale. Sans doute cela n'avait-il été qu'une stratégie pour la forcer à dévoiler son jeu mais peu importait. Au moins, ils y étaient enfin. Arthur était un véritable adversaire et elle restait sur ses gardes même si elle savait qu'elle dominait le combat. Elle estimait être un peu plus âgée que lui, elle avait commencé son entraînement plus jeune et en tant que simple esclave. Autant dire que personne ne lui avait jamais fait de cadeau. Quant à ses duels avec des gladiateurs, elle s'en souvenait encore même si Salaztan avait fait disparaître toutes les traces pour la garder assez attirante afin de l'employer à d'autres fins. Ses entraînements à elle auraient pu la tuer si elle n'avait pas eu son tempérament méfiant et combatif
Le chevalier avait changé sa façon de se battre et montrait que, s'il avait suivi les enseignements classiques, il avait appris à s'adapter avec le temps. Il était bien moins loyal qu'il en avait l'air et les regards qu'il lançait à son mini dragon la rendait soupçonneuse. Après tout, il était resté très vague en ce qui concernait cette créature et si elle imaginait mal cette petite bête la tuer, elle n'en restait pas moins sur ses gardes.

Mais ce n'était pas de ce côté que résidait le véritable danger...

Un hurlement fit vibrer l'air environnant. Aleth tourna la tête dans sa direction. Elle ne vit rien et se tourna à nouveau vers Arthur. Cela n'avait même pas pris une seconde et, pourtant, tout ce qu'elle vit fut son adversaire en train de lui sauter dessus. Elle eut juste le temps de retenir sa tête tandis que son corps basculait vers l'arrière et venait frapper le sol dans un bruit sourd. La neige l'amortit légèrement mais cela restait assez dur malgré tout. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle avait une lame sur la gorge et un Arthur des plus sérieux se déclarant vainqueur. Elle haussa un sourcil et appuya légèrement sur la petite lame qu'elle avait saisi depuis sous sa manche pendant sa chute. La pointe métallique reposait à l'emplacement exact de la carotide de l'humain qui battait encore fortement suite à leur petit exercice.

-Egalité ?

Un sourire très discret étirait ses lèvres et son regard pétillait d'amusement. Si elle avait gardé son sérieux jusque là, à présent elle se déridait devant ce petit retournement de situation. Ce n'était qu'un test, un entraînement, et il venait de prendre fin. Arthur était un adversaire des plus valables, malgré son coup en traitre. Mais qui n'en avait jamais usé ? Elle ne pourrait être la première à lui jeter la pierre. Et puis, il n'avait fait que faire du bruit, même si elle ignorait encore comment. Hormis la chute, il ne lui avait rien fait alors qu'il aurait pu. Elle ne lui faisait pas confiance, loin de là, et la réciproque était certainement vrai, mais au moins ils savaient ce que l'autre valait.

-Moins vieux que toi en avoir l'air. Dit-elle d'un air satisfait.

Il portait sur son visage le poids des ans et pourtant, il avait bien plus de vigueur à revendre qu'il n'y paraissait. D'habitude, cela lui aurait donné des idées mais il fallait croire qu'elle s'était parfaitement conditionnée à passer quelques mois en Péninsule. Elle n'y vit donc qu'un bienfait pour le travail qu'ils devaient accomplir prochainement ensemble.
D'un signe de la tête en direction du lieu d'où était venu le hurlement et sans quitter les deux émeraudes du regard, elle l'interrogea sur ce qu'il venait de se passer.

-Toi expliquer à moi ou pas ?

Elle ignorait encore comment il avait fait ça. Le fait qu'il n'ait pas été surpris et qu'il en ait profité pour lui sauter dessus sans plus s'y intéresser lui laissait entendre qu'il y était mêlé. Restait à savoir ce qu'il avait fait pour ça. Magie ? Elle n'y croyait pas trop. Ses compétences martiales correspondaient à un humain de son âge ne s'étant consacré qu'au maniement des armes. Monarth ? Il ne se trouvait pas dans cette direction et ce serait très surprenant qu'une aussi petite créature soit capable de pousser un tel cri. Elle restait donc dans l'expectative mais était également prête à s'en contenter. Le fait de vivre dans le secret et le mensonge avait grandement diminué sa curiosité concernant ceux des autres. Elle n'aimerait pas que l'on fouille dans son passé pour tout savoir d'elle. Aussi comprenait-elle et acceptait-elle qu'il en soit de même pour les autres.
Du moment que cela ne la mettait pas en danger...
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Lun 7 Aoû 2017 - 6:49

« Egalité. » Une pointe de déception alors qu'il s'écartait d'elle et se relevait, lui tendant la main pour l'aider à faire de même. Elle avait de sacrés réflexes de survie, cette jeune femme, outre ses autres talents, et avec la précipitation nécessaire, elle lui retirait le goût d'une victoire possible. Ca n'était qu'un entraînement, et l'homme accordait peu d'intérêt à ce genre de petit mérite, même une petite part de lui-même se serait satisfait d'un gain sans partage.

« Vivre au jour le jour doit aider à maintenir la forme. »

Il ne répondit que de cette façon à la suggestion qu'il ait pu avoir l'air vieux, il l'était sans l'être, pour un humain, mais il savait depuis plus d'un an que cet âge ne signifiait plus rien, ne pèserait plus sur sa propre existence ou sur ce corps voué à changer, empruntant une voie différente de ce qu'il était prévu le jour de sa naissance.

« Vous vous débrouillez pas mal non plus. »

Pas mal, mais dit avec une certaine plaisanterie, elle était meilleure que lui, avec ou sans ruse, sans son atout maître, en l'état, elle l'aurait vaincu. Il n'était pas un guerrier, n'avait emprunté cette voie que tardivement, mais il estima ne pas s'en être trop mal tiré, finalement. Elle devait avoir été formé de manière bien plus rude, et malgré ses traits fortement humain, certains indices trahissaient un métissage... C'est tout le problème avec les sangs-mêlés, ils vieillissent moins vite... Telle qu'elle était, il était tout à fait possible qu'elle soit plus âgé que lui.

« Je ne vais pas expliquer, non... »

Non qu'il n'ait pas l'envie, mais quels mots ? Elle comprendrait une fois qu'elle aurait l'explication sous les yeux, et elle l'aurait. Elle était d'Estrévent, quelque soit ses affinités avec les héritages de l'Ancien Culte Nisétien, elle saurait et comprendrait les enjeux. Il fallait de toute manière la prévenir au cas où – même si il ne le souhaitait pas – il aurait besoin de refaire appel à Zéphyr contre les brigands, comme diversion toujours... Que les brigands seuls soient surpris, et qu'ils ne puissent exploiter la chose contre elle.
Il se détourna, commençant à retourner vers les montures tout en lâchant un mystérieux « Je le laisse faire. » accompagné d'un sourire.

Tu peux te montrer, si tu veux.

Un nouveau cri, non un hurlement, se fit entendre, des bruits et des craquements dans les bois, un mouvement plus loin, un bruit d'ailes s'éloignant. Un nouveau cri provenant du ciel, cette fois, et il se détacha du ciel. Le dragonnet avait déjà bien grandi, et le voilà qui paraissait aux yeux de la jeune femme, semblant même parader, désormais dans son élément et d'une habilité sans pareille dans les airs. Elle avait du entendre bien des choses sur les dragons, par les histoires et les mythes, mais c'était probablement là une première rencontre. Le dragonnet tourna autour d'eux quelques instants, en altitude, poussant régulièrement des cris avant de finalement descendre en piqué et ralentir au dernier moment pour se poser non loin des deux individus, projetant une bonne quantité de neiges.
Il faisait la hauteur d'un grand chien, déjà, mais sa morphologie affûtée, sa queue autant que la présence des deux ailes le rendaient déjà impressionnant quand bien même il était encore loin de sa maturité. Il jeta un œil à la sang-mêlée, approcha sa gueule d'un Arthur qui le gratta quelques instants à un endroit précis, par reconnaissance, émettant quelques sons, même si la communication se passait ailleurs, et l'humain, plus que le dragonnet qui regardait autour, faisant preuve d'une certaine prudence vis à vis de l'inconnue, semblait ailleurs jusqu'à ce qu'il cesse sa petite manipulation et en revienne à sa compagne de route.

« Il est bien ce à quoi vous devez penser... Je vous présente Zéphyr, le Vent d'Ouest naissant. » La manière de le présenter lui vint spontanément, on ne présentait pas un dragon comme on présente un animal, moins encore à une étrangère dont ses ancêtres avaient façonnés la culture et la région dont elle était originaire, par la même occasion, et ayant emprunté à la mythologie de certains groupes son nom, il montrait un intérêt et une certaine connaissance de ce savoir, et l'importance qu'il y attachait.
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Aleth
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Lun 7 Aoû 2017 - 20:31

Aleth accepta la main qu'on lui tendait, estimant qu'il ne serait pas opportun pour elle de la refuser après cet entraînement forcé et cette égalité qu'elle lui imposait malgré son élément de surprise plus qu'efficace. Elle le sentait légèrement contrarié sur ce dernier point, ignorant si cela venait de son sexe, de son âge apparent ou tout simplement de l'orgueil de son adversaire. L'assentiment passa relativement vite malgré tout et il se laissa aller à un trait d'humour sur les compétences de la jeune femme. Amusée, elle répondit avec un discret sourire en coin. Elle savait pertinemment ce qu'elle valait mais elle n'avait rien contre un peu de légèreté dans cette ambiance devenue quelque peu tendue suite à son geste. Elle l'avait rendu plus méfiant et ce n'était pas vraiment ce qu'elle recherchait. Sans pour autant vouloir le mettre en pleine confiance, ils avaient besoin de s'entendre un minimum pour parvenir à leurs fins avec ces brigands.
Arthur lui annonça qu'il ne lui expliquerait pas. Cela ne la surprenait pas mais il y avait quelque chose dans son regard et son attitude... Quelque chose mystérieux. Comme s'il voulait se dévoiler mais garder son secret encore un peu. Elle plissa légèrement les yeux, cherchant à comprendre mais il lui tourna le dos et commença à s'éloigner avec cette phrase énigmatique. Elle allait demander à en savoir plus mais n'en eut pas le temps. Un cri, moins fort que le précédent, retentit dans le même carré de sous-bois. Par réflexe, Aleth se baissa soudainement sur ses appuis et suivit l'enchaînement de bruits suspects du regard. Lorsqu'elle vit la forme volant dans les airs, elle devait bien admettre qu'elle ne s'attendait pas à ça. Elle savait par Azhar que les dragons n'avaient pas disparus -ou alors étaient réapparus- parce qu'il en voulait un. Mais si elle s'était attendue à en croiser vraiment un jour, cela n'aurait certainement pas été ici et encore moins en compagnie d'un homme qui n'avait pas la tête d'un grand aventurier souhaitant obtenir la puissance d'une telle créature.

L'animal volant fusa vers le sol, non sans mettre la demi-elfe sur le qui vive, prête à esquiver l'attaque au dernier moment grâce à une roulade sur le côté. Mais le dragon se posa simplement sur le sol en balayant la neige de ses ailes. Aleth plaça un gras replié devant son visage pour se protéger des projections glacées qui parvenaient jusqu'à elle. La brise glacée semblait transpercer les épaisses couches de ses vêtements, atteignant jusqu'à sa peau. Heureusement, il ne fallut que peu de temps à la créature pour se poser et le froid cessa sa progression à travers le tissu. La mercenaire secoua ses bras blanchis par la neige et épousseta brièvement son corps tandis que l'animal et elle se toisaient du regard et qu'Arthur flattait la queue qui parvenait jusqu'à lui. Elle les observa quelques instants avant que le dragonnier ne fasse finalement les présentations.
Dragon et maître étaient visiblement méfiants à son égard et elle ne pouvait que comprendre pourquoi. Les Humains de Péninsule étaient réputés pour être très spiritueux et superstitieux. Aleth appartenait à plusieurs cultures et avaient vu tant de choses bizarres qu'elle ne se formaliserait pas pour si peu. Après tout, s'il avait voulu la tuer, il l'aurait fait depuis longtemps. De plus, il prenait un risque en lui avouant l'existence de cette créature. Un risque calculé, certes, mais un risque quand même.

-Tricheur. Lança-t-elle avant de jeter un bref regard sur Arthur pour lui faire comprendre que sc'était à lui qu'elle s'adressait.

Puis elle esquissa un sourire lui laissant entendre qu'elle ne lui en voulait pas vraiment. Seulement, au royaume des coups bas, c'était lui qui remportait la couronne. Elle, n'avait fait qu'utiliser son corps et ses armes. La petite dague qu'elle tenait toujours n'était pas rangée en vue, certes, mais un œil expérimenté pouvait distinguer quelques unes de ses armes cachées et ainsi supposer qu'il y en avait d'autres que l'on ne pouvait voir.
Aussi surprenant que ça puisse paraître, la mercenaire retourna sa dague et la rangea à son emplacement, quelque part dans un renforcement de cuirasse, au niveau de son abdomen. Puis elle plia les genoux et se baissa de manière à se retrouver accroupie. Ainsi, sa tête était en dessous du niveau de celle du dragon. De là, elle l'observa quelques instants, mi méfiante, mi fascinée. Une main posée sur son genoux, l'autre effleurant le sol, elle paraissait très calme et admirative mais se tenait néanmoins prête à bondir si jamais il prenait l'envie à l'animal ou à son maître de l'attaquer, bien qu'elle n'en voit pas la raison pour l'instant. Elle avait vécu à Sol'Dorn trop longtemps pour ne pas avoir entendu bon nombre de choses sur les dragons et s'être imprégnée de cette culte.
Tout en étudiant Zéphyr, elle se remémorait son intervention récente mais aussi l'agitation des chevaux de l'écurie la veille et l'absence momentanée d'Arthur le matin-même. Certaines choses trouvaient enfin une explication tandis qu'elle essayait de comprendre le reste.

-Vous, vous comprendre sans parler. C'est ça ?

La petite interjection en estrevin lui avait échappée mais, étant donné l'intonation qu'elle avait prise, n'importe qui aurait pu en faire la traduction sans jamais avoir entendu un mot de cette langue. Il semblait évident qu'ils communiquaient autrement qu'avec la parole. Quand à savoir s'il s'agissait de télépathie ou simplement d'empathie, c'était plus difficile à identifier. Cependant, elle devait comprendre un tant soit peu comment cela fonctionnait si elle voulait être efficace avec ce duo.

-Zephyr... Dit-elle comme pour retenir son nom ou attirer son attention. Toi comprendre ton nom ou ce que moi dire ?

Pour le peu qu'elle savait sur eux,, il lui semblait évident que ce dragon n'était pas un adulte. Ces créatures étaient bien plus grandes qu'un homme et pouvait en porter dans les airs sans aucune difficulté. Ce qui était impossible dans le cas présent. Arthur devait être un "jeune" dragonnier. Sans doute n'avait-il pas encore réponse à tout. Néanmoins, cela expliquait ce qu'il savait des reptiles ailés et ce qu'il lui avait expliqué sur Monarth la veille.
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Arthur
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MessageSujet: Re: Un flocon porté par le vent [Arthur/Aleth]   Lun 14 Aoû 2017 - 12:28

«  Tricheur ? Je n'ai enfreint aucune règle. » Bon, il savait ce qu'elle voulait dire, et il jouait exprès sur les mots. Il s'était battu sans honneur, il est vrai, mais survivre l'exige parfois, et elle devait le savoir. Elle rangea sa dague et la tension se réduisit après cet échange de coups improvisés.

Elle tenta ensuite de comprendre la manière dont les choses fonctionnaient, au terme d'une séance d'observation qui fut réciproque - le dragonnet n'étant pas habitué à faire l'objet d'une telle attention tentait de comprendre le manège de la jeune femme, attentif aux moindres signes et à la moindre menace -, et donc, au delà de l'origine du bruit, comment ils avaient pu coordonner les actions de chacun pour réussir ce petit tour. Piochant probablement dans un résidu de savoir – ou une déduction simple, après tout, c'était assez évident -, elle avait comprit qu'ils communiquaient sans « parler », et il lui donna raison.

« C'est ça. »

Il n'entra pas dans les détails jusqu'à ce qu'elle tente de s'adresser à Zéphyr directement. Le dragonnet ne comprenait évidemment pas par lui-même, bien qu'il ait apprit, avec Arthur, à reconnaître ce nom, ces sons, comme étant la manière dont ces créatures le désigneraient autant que le concept sur lequel une telle idée reposait, mais tout comme Monarth, il exploitait ce Lien qui, jour après jour se développait.

« Il te comprend sans vraiment le faire... » Ça n'était effectivement pas une réponse, mais il devait réfléchir à ses mots, non qu'ils veuillent cacher quoique ce soit à cette mercenaire – de certaine personne, il aurait tu un certain nombre d'informations pour se garder des atouts, mais elle ne faisait pas parti de cette classe qui exigeait de telles dispositions – mais qu'il fallait des mots simples. « Nous sommes liés, ce que j'entends, ce que je comprend, il peut s'en servir... Pour peu que la chose lui parle. » Cette dernière phrase pouvait sembler obscure, et c'était le cas, un des points essentiels, un des obstacles les plus délicats pour un humain lié à deux lézards. « Certaines idées n'ont pas de sens pour eux... Il est parfois dur, voir impossible d'en donner un qu'ils comprennent. Comme un mot dans ma langue que tu ne comprendrais pas et que je ne pourrais pas t'expliquer. » Il ignorait si la chose était plus claire, mais ne voyait pas comment l'expliquer autrement... Et c'est Monarth qui l'assista, dans un élan de générosité, avec la finesse et la description qui le caractérisait, aussi le contact fut-il léger, subtil.

Il véhicula la chose, non sous la forme de mots, mais d'une idée dans sa forme la plus simple, dans l'esprit de la jeune femme, s'affranchissant de la barrière des langues. Et il prit l'exemple d'un nom, car toutes ces créatures parlantes en avaient autant l'usage que la nécessité pour se comprendre... Pour un dräke comme pour un dragon, les noms n'ont pas de sens, car il suffit de communiquer l'idée d'une chose ou d'un individu très précis pour le désigner, sans recourir, ni à la connaissance, ni à la mémoire de celui à qui on s'adresse.

« Zéphyr est le nom que je lui ai choisi... Monarth est le nom qu'on lui a donné avant notre rencontre. Eux n'en ont pas besoin, mais nous oui. » Compléta-t-il avec ses mots, créant une situation probablement curieuse et inédite pour la sang-mêlée qu'il ne s'étonnerait pas de voir perdu devant la tentative de complémentarité des deux comparses.
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