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 Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]

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Macabre
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MessageSujet: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mar 30 Mai 2017 - 18:25

Deuxième ennéade de Karfiäs
Hiver de l'an 10, XIème cycle


Mac restait là, assise sur le rebord intérieur d'une fenêtre fermée. C'était ainsi qu'elle passait son temps, lorsqu'elle ne s'enfermait pas dans une ombre. Elle regardait les gens défiler sous ses carreaux, la neige tomber entre les branches, le monde se geler, devenant presque aussi fragile que son cœur... Ce cœur qui avait été si malmené presque deux mois auparavant.
La petite elfe ne connaissait pas toutes ces émotions qui l'envahissaient depuis quelques temps. Après le sentiment de rejet et le besoin d'appartenance, elle découvrait la perte d'un être cher. Le manque dû à son absence, la douleur de sa disparition, la culpabilité aussi... Cette impression qu'elle aurait pu faire quelque chose pour éviter ça. Si elle était arrivée plus vite ?...

Toutes les pensées de Macabre étaient tournées vers Hira, bien sûr. Mais pas seulement. Elle avait appris que Laliëmerel et lui étaient amoureux et, même si elle ne savait pas vraiment ce que cela représentait, la honte la rongeait ainsi que la peur de la revoir un jour... Comment la regarderait-elle ? Lui en tiendrait-elle rancune ? Seregon avait beau lui assurer que non, elle ne parvenait pas à y croire vraiment.
Elle avait peur aussi du regard de Fineldor. Peur de ses yeux sévères se posant sur elle, condamnant son rôle dans tout ceci, tel un père désapprouvant sa fille. Mais lui non plus ne lui en voulait pas. Elle n'y était pour rien. Elle avait fait de son mieux pour aider et n'avait rien demandé en retour. Au contraire, elle avait perdu beaucoup...
Et Neraën... Elle ne pouvait empêcher une larme de couler sur sa joue et son ventre de se nouer dès que son esprit se tournait vers lui. Elle l'avait réclamé plus d'une fois mais, en plein hiver, la situation à Eteniril ne pouvait guère évoluer. Elle vivait son absence comme une déchirure. Elle avait accepté de lui ouvrir son âme, ce n'était certainement pas pour le perdre maintenant.

Macabre souffrait et son état s'en ressentait. Elle ne semblait plus avoir goût à rien, restant des heures assises à ne rien faire, et mangeait à peine. Elle ignorait combien de temps s'était écoulé depuis son retour. Des jours, des ennéades. Cela aurait pu être des mois, cela ne l'aurait pas étonné tant elle trouvait le temps long parfois. Beaucoup pensaient qu'il aurait mieux valu pour elle qu'elle retourne à Tethien mais, dans son état et par un hiver aussi froid que celui qui tenaillait tout Anaëh, cela n'était pas pensable. Et puis, elle aurait refusé de partir. De sa fenêtre, son regard ne se portait pas dans n'importe quelle direction... Si la forêt n'avait pas été là et que son regard avait été plus perçant que celui d'un aigle, elle aurait pu contempler Eteniril.

Seregon et Olorin logeaient là eux-aussi. La maison était celle d'un ami de Fineldor, mage de son état. Il leur rendait service en les hébergeant le temps nécessaire. Si les deux gardes partageaient une chambre, Mac avait la sienne. Elle n'était pas très grande mais c'était bien assez pour y mettre un lit une place, une armoire et un petit bureau. Sur ce dernier reposait plusieurs livres sur la magie. Seregon avait demandé à leur hôte de les emprunter dans l'espoir que cela changerait les idées de la petite elfe mais elle n'y avait même pas prêté un seul regard. Ils n'avaient pas bougé depuis...
Désespéré, le garde de Tethien finit par se rendre au Palais pour demander une entrevue avec le Régent. Il ignorait quel rapport lui avait été fait exactement sur les évènements d'Eteniril mais, s'il acceptait de le recevoir, il lui expliquerait tout ce que Macabre avait vécue et pourquoi il réclamait aujourd'hui son aide. D'ordinaire déjà fragile mentalement, les choses étaient bien pires depuis la mort d'Hira. Elle ne supporterait pas que n'importe qui l'approche et elle connaissait déjà Anornedellon qui avait rendu à son corps toute sa solidité. Il espérait qu'il veuille bien lui accorder encore un peu de son temps pour préserver son travail qu'elle négligeait désormais.
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Anorn
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Lun 5 Juin 2017 - 17:50

Le froid, encore et toujours. Naur blotti contre sa poitrine, il sentait ses minuscules poumons se gonfler à chaque inspiration. Il dormait à poings fermés, s’étant complètement abandonné dans les bras de son père. Arwain berçait doucement Noen. Elle fredonnait un air qu’il connaissait, un air qui était de chez eux. Quelque chose qu’on chantait aux enfants en Quatrième Saison. C’était peut-être là une des seules choses qu’il regrettait : que leurs enfants ne grandissent pas où ils avaient grandi. Mais ce n’était pas d’une grande importance, ils leurs transmettraient ce qu’on leurs avait transmis. Et tout irait bien. Se rapprochant doucement de sa femme, il déposa un baiser sur son front avant de lui sourire.

- Je t’admire, tu sais. Il doit te falloir une force surhumaine pour ne pas craquer. Deux enfants, Arwain. Tu peux demander de l’aide, tu peux prendre un peu de repos si jamais tu en ressens le besoin.
- Laisse moi la force et la détermination, Anorn. J’en ai bien plus que toi, c’est pour ça que je m’occupe d’eux tandis que tu exerces tes propres talents là où ils sont nécessaires. La répartition des tâches, l’optimisation des compétences de chacun, je sais que ça te parle.
- Vrai. Je fais juste attention à ce que ça ne t’écrase pas. Je vais devoir y aller bientôt, je le repose dans son berceau. En espérant qu’il ne se réveille pas.
- Noen est bien plus difficile quant il s’agit de sommeil. Naur dort presque trop d’un coup pour ne pas m’inquiéter parfois. Sans doute parce qu’il se dépense plus que son frère.
- Sans doute. Je risque de revenir tard ce soir, ne m’attend pas pour dormir.

Il savait qu’elle serait sans doute réveillée quand il rentrerait. Parce que leurs jumeaux ne fermaient pas encore énormément l’oeil de la nuit. Chaque instant où ils étaient tous deux endormis, il savait qu’Arwain en profitait pour faire de même. Et elle se réveillaient avec eux, pour les nourrir, les changer ou simplement les rassurer. Déposant son aîné dans sa nacelle, il rabattit le linge sur son petit corps, laissant ses doigts s’attarder sur son torse qui se soulevait toujours à un rythme régulier. Embrassant doucement sa femme, il se dirigea vers le salon. Il avait emmené, la veille au soir, la liste des tâches qui l’attendaient aujourd’hui. La toute première était la réception des elfes qui avaient demandé à le voir. Vérifiant sa coiffure dans le miroir, il enfila un manteau noir, brodé de fils verts et bleu. Il se mariait assez bien avec la robe verte qu’il avait passé en dessous, la taille ceinte d’une tresse blanche. L’épais tissu battait ses mollets tandis qu’il parcourrait la liste une dernière fois. Arrivant dans la salle du trône, il salua ceux qui étaient chargés d’introduire les gens qu’il devait voir aujourd’hui.

- Quelques personnes aujourd’hui régent, je vois que vous avez déjà la liste.

Les elfes se succédèrent jusqu’au dernier. Et pour ce dernier, il fut question de Macabre. La jeune femme qu’il avait aidé, celle qu’il avait guéri. Qu’il avait apprécié, parce qu’elle ne l’avait pas un seul instant ennuyé. Il n’avait rien espéré d’elle, alors elle ne l’avait pas déçu comme il était coutume que les autres le fassent. Apparemment, elle était tellement mal qu’elle ne prenait plus soin d’elle, qu’elle s’affamait et restait immobile une grande partie de ses journées. On était désolé de lui dire qu’elle n’avait plus le goût de vivre et qu’elle ne prenait pas soin du travail qu’il avait pu faire sur elle.

- Très bien Seregon. Je vous suis, vous êtes le dernier que je devais voir aujourd’hui. Je ne sais pas si je serai d’une grande aide, parler est plus du domaine de ma femme. Après tout, je suis mage de la vie, je ne touche qu’au physique. Mais voyons ce qui peut être fait.

Ayant donné quelques consignes pour les prochaines demandes d’entretien, il suivit le garde jusque là où Macabre logeait. Il n’était cependant pas parti sans enfiler des gants de cuir blancs et une écharpe de la même couleur par dessus laquelle il avait rabattu la capuche de son manteau long. La liste bien pliée dans la poche intérieure, il évitait consciencieusement les quelques plaques de verglas qui s’accrochaient encore aux pavés. Le soleil ne s’était pas levé depuis longtemps et il n’avait pu réellement réchauffer l’atmosphère. Il pouvait voir son souffle se matérialiser devant sa bouche à chaque expiration. Il fut, de ce fait, assez content d’arriver à destination. Laissant tomber sa capuche, il défit aussi son écharpe qu’il posa sur un porte-manteau avant d’y poser sa lourde cape. Laissant ses gants sur la table, il se tourna vers celui qui l’avait amené jusque ici. Ses gardes qui ne le quittaient pas attendaient devant la porte, il avait tenu à ce qu’ils n’entrent pas.

- Alors, où est-elle ?

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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Lun 5 Juin 2017 - 19:10


Seregon lui expliqua tout. Bien sûr, il avait eu quelques rapports sur ce qu'il s'était passé à Eteniril mais il ignorait si l'un d'eux parlait de Macabre, hormis pour expliquer en quoi elle avait aidé les hommes de Falaedhel. Il lui raconta donc l'histoire de son point de vue, et de celui de la petite elfe. Elle avait fait tout ce qu'on lui avait dit de faire sans rien demander. Elle avait rempli sa mission et sauvé de nombreuses vies en revenant chercher chaque groupe qu'elle avait infiltré. Mais elle avait perdu l'un de ses gardes et l'un des premiers amis qu'elle avait pu se faire depuis son arrivée en Anaëh. Dans sa peine, elle était retourné en ville pour aller chercher le premier être vers lequel son esprit s'était tourné : Neraën. Mais celui-ci avait refusé de la suivre. Halyalindë lui avait expliqué qu'il avait parlé d'un devoir à accomplir mais qu'elle n'avait pas compris. Elle était partie malgré tout, emportant la Protectrice d'Ardamir... Mais cela avait achevé de lui briser le cœur. A peine sortie de la cité, elle s'était mise à pleurer. Epuisée par la nuit qu'elle avait passée, elle n'avait plus une once de magie en elle. Ajouté à cela le chagrin engendré par la mort d'Hiradrilion (tel qu'il s'appelait) et l'absence de Neraën, elle avait sombré dans un autre ombre dont elle n'avait pas pu se tirer seule. Après des heures sans le moindre signe de réveil de sa part, on avait demandé à l'un des tuteurs du Protecteur d'Eteniril se l'examiner. Seule son intervention avait pu ramener l'esprit de Macabre dans le monde des vivants.
Depuis, elle vivotait, ayant perdu tout appétit, passant son temps à regarder par la fenêtre sans éprouver le moindre ennui, réclamant des nouvelles de Neraën au moins une fois par jour. Elle n'avait plus goût à rien et l'on craignait qu'elle se laisse dépérir. Le Régent l'avait soignée, c'était pourquoi il se permettait d'en appeler à son aide. Lui-même ne savait plus que faire pour la tirer de la torpeur dans laquelle elle s'était enfermée.

A sa grande surprise, Anorn lui demanda de le conduire jusqu'à elle. Il s'était attendu à tout sauf à cela... Il pensait recevoir des conseils, le nom de quelqu'un pouvant la prendre en charge... Le mieux auquel il s'attendait était encore de devoir la faire venir au palais. Il ne pensait pas qu'il irait à elle, et encore moins dans l'immédiat. Seregon fut étonné et tâcha de le masquer, se contentant de remercier le Seigneur-Régent pour sa bienveillance. Puis il le conduisit à travers Alëandir jusqu'à la demeure de l'ami mage de Fineldor chez qui Macabre et ses deux gardes logeaient. Lorsqu'ils entrèrent dans la maison, Olorin se leva d'un bond, masquant moins sa surprise que ne l'avait fait son mentor. Toutefois, Anorn ne lui prêta que peu d'attention, réclamant la petite elfe qu'il était venu voir.

-En haut de l'escalier. La porte à droite.

Tandis que le Régent s'en allait dans la direction indiquée, Seregon lui donne une dernière indication.

-Elle ne répondra pas si vous frappez.


**********************


Macabre était toujours sur le rebord de sa fenêtre. Il y avait à peine la place pour elle de s'y asseoir mais elle parvenait à y rester malgré tout des heures durant dans un équilibre infaillible, les genoux cerclés par ses bras. Épuisée par le manque d'attention qu'elle portait à son corps et les tourments qui hantaient son cœur, sa tempe reposait sur ses rotules et elle regardait inlassablement par la vitre embuée qu'elle nettoyait régulièrement afin de mieux y voir.
Lorsqu'on frappa à sa porte, elle releva brusquement la tête et tourna son regard triste et éreinté vers la porte. Le cœur battant, elle regarda la poignée entrer en action et le pan de bois se détacher de son montant. Anorn apparut et les battements de son palpitant revinrent à un rythme lent. Plus lent que la normale.
Ce n'était pas celui qu'elle espérait voir...

Alors, avec mollesse, elle retourna poser sa tempe sur ses genoux. La vitre était de nouveau opaque et elle la nettoya de la tranche du poing avant de serrer à nouveau ses genoux contre elle.

-Pourquoi vous êtes ici ?

La voix de Macabre était un peu rocailleuse, comme usée, fatiguée. Le ton qu'elle employait était à l'image de l'état psychique rapporté par Seregon : sans vie. Sa présence l'intriguait, c'était bien la seule marque de curiosité dont elle ait fait preuve depuis son arrivée...
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Anorn
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Lun 5 Juin 2017 - 21:30

Alors qu’il montait les escaliers, il se demanda s’il n’avait pas fait une erreur en venant ici. Qu’allait-il bien pouvoir lui dire ? Il n’avait pas su redonner le goût de vivre à son frère suite à la mort de Glauriel. Qu’est-ce qui pouvait bien lui faire penser qu’il réussirait avec Macabre ? Visiblement, il n’était pas doué pour ça. Frappant tout de même le battant de la porte, il n’attendit pas de réponse avant d’ouvrir. Clanchant la poignée, il entra dans la pièce et referma derrière lui. L’elfe était recroquevillée sur le bord de sa fenêtre, à peine assez grand pour elle. Elle avait tourné la tête vers lui quand il était entré mais il devinait sans peine que son regard devait souvent se perdre dans le vague. Elle avait sur son visage cette expression qu’il ne connaissait que trop bien. Avec l’impression de revenir un peu moins de mille ans en arrière, il tira à lui une chaise et s’y assis sans réelle conviction. Il regarda un instant lui aussi par la fenêtre. L’hiver se prêtait bien à cela. On pouvait facilement se laisser absorber par la pluie, par la glace ou encore la neige. Quand elle tourbillonnait et qu’on avait l’impression qu’elle nous soulever pour nous emmener vers un monde meilleur. Un monde sans peine, un monde sans doute où il n’était pas nécessaire de lutter chaque jour pour respirer, pour se nourrir, dans l’espoir que tout irait mieux demain.

Pourquoi était-il ici ? C’était une bonne question. Il avait entendu l’urgence et le désespoir dans la voix de Seregon. Les mêmes qui avaient étreints son coeur quand Glauriell était morte et qu’Aldartha s’était effondré. Les mêmes qui l’avaient accompagné jusqu’à ce qu’il n’espère plus voir revenir son frère. Jusqu’à ce qu’il se rende à l’évidence, jusqu’à ce qu’il devienne aigri et amer. Il en avait fait un secret, de l’état de son frère. Parce qu’il ne supportait pas qu’il soit dans cet état intangible entre la vie et la mort. Cet espace inaccessible qui n’appartenait qu’à lui. Il ne voulait pas qu’une autre âme y plonge. Pas une qu’il commençait à apprécier. Pas une qu’il pouvait encore sauver.

- Je ne sais pas. Je ne suis pas sûre de la raison de ma présence. J’ai d’autres choses à faire, d’autres problèmes à régler. Des projets à lancer. Et je suis là, dans cette chambre, avec toi.

C’était difficile de lui parler. C’était difficile de la regarder, de l’entendre. Il entendait le vide, dans sa voix. Il voyait l’absence de vie dans sa posture. Ses muscles étaient engourdies, ses articulations comme rouillées. Si elle se levait, elle sentirait cette douleur. Elle serait ankylosée, comme lorsqu’elle avait recouvert son corps. Elle se l’était réapproprié pour finalement se renfermer dans celui qu’elle avait avant. Celui qu’il s’était donné tant de mal à effacer, ou plutôt à renforcer.

- A quoi tu penses ?

Elle n’avait pas à lui répondre. Il n’avait pas à savoir. Pourtant, il lui demandait. Parce qu’il était curieux penserait-elle sans doute. Parce qu’il avait besoin de sa réponse, lui répliquerait-il. Cette fois il avait appris de ses erreurs. Du moins l’espérait-il. Cette fois il ne laisserait pas Macabre sombrer. Parce qu’il pouvait la ramener, de cela il en était persuadé.

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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mar 6 Juin 2017 - 11:35

Anorn était de ces personnalités que Macabre appréciait. Il était rare de croiser la route de quelqu'un de franc, s'exprimant sans détour. Des personnes qui disaient ce qu'elles pensaient, même si cela ne plaisait pas à leur interlocuteur. Elle savait que le Régent avait bien mieux à faire que de se trouver là et il n'éprouva aucune difficulté à le reconnaître, allant jusqu'à avouer qu'il ignorait pourquoi il était venu exactement. Après tout, elle n'était rien pour lui et il n'avait aucune obligation envers elle. Il l'avait soignée, à la demande de son épouse. Cela ne la mettait sous sa responsabilité pour autant.
Mais, comme il le disait, l'essentiel était qu'il soit là... Tout du moins était-ce ainsi que la petite l'elfe le comprit.

-Vous êtes honnête.

Le ton de sa voix était toujours monocorde, pourtant, ces quelques mots raisonnaient comme un compliment. A ses yeux, être honnête et franc était une qualité. Elle l'était elle-même, mais parce qu'on lui avait appris à se taire plutôt que de mentir.

La silence reprit sa place dans la chambre qui semblait bien morne. Pourtant, elle était semblable à toutes les autres pièces de la maison : soigneusement décorée et entretenue. Mais la présence de cet être qui n'avait plus goût à la vie semblait la rendre plus sombre. La pièce manquait de lumière, les couleurs étaient passées et il flottait dans l'air une odeur de poussière et de sècheresse. Tout ceci pourrait changer en ouvrant simplement la fenêtre devant laquelle Macabre s'installait chaque jour pour tenter de voir Eteniril. Mais il faudrait la faire sortir pour y accéder...
Anorn remplit le vide sonore de la chambre, posant à son tour une question à la protégée de Tethien. Au début, elle n'eut aucune réaction. Puis, réfléchissant à ses mots, elle fronça légèrement les sourcils. En fait, il lui semblait que son esprit s'était vidé pour ne plus se concentrer que sur sa tristesse. Parfois, l'image du corps gisant d'Hira ou la dernière conversation qu'elle avait eu avec Neraën lui revenait en mémoire. Elle sentait alors son cœur devenir plus lourd et les larmes venir souiller ses joues avant de sombrer à nouveau dans le chagrin.
Continuant ses réflexions, elle releva la tête et tourna ses yeux clairs vers l'archimage. Elle ne soutint pas longtemps son regard, posant le sien quelque part sur le sol qui se trouvait entre eux, comme trop fatiguée pour le garder plus haut.

-A Eteniril.

A ce qu'il s'y était passé. A ce qu'elle avait fait ou pas fait pour ceux qu'elle y avait perdu. A comment elle aurait pu faire pour que les choses se passent autrement. A ceux qui étaient responsables de la folie qui avait pris la cité et qu'elle comparait à des drows.

-A Hira... et Lalë.

Maintenant qu'elle savait pour eux, elle ne pouvait plus penser à l'un sans songer à l'autre. Pour l'heure, elle ne savait pas encore tout... Seregon avait pris soin de ne pas lui annoncer toutes les nouvelles provenant de Tethien, craignant d'agrandir encore davantage sa culpabilité. Alors qu'elle n'y était pour rien...
Les yeux de Macabre s'humidifiaient déjà à la simple évocation de ces deux noms. Puis ils se relevèrent à nouveau, cette fois mus par un désir de réponse.

-Où est Nerèn ?

La gorge de la petite elfe se noua alors qu'elle achevait sa phrase. C'était la première fois qu'elle posait la question aujourd'hui mais s'il y avait une personne qui pourrait le lui dire, c'était bien lui.

Tandis qu'elle évoquait les différents sujets qui la préoccupaient, plusieurs émotions passèrent dans les yeux de la jeune mage. La peine d'avoir perdu Hiradrilion, la culpabilité aussi de n'avoir pas été là à temps pour le sauver, la honte de devoir un jour se présenter à nouveau devant celle qui venait de perdre son amant, le manque créé par l'absence du Protecteur d'Eteniril mais aussi la peur... La peur qu'il ne lui arrive quelque chose, la peur de ne jamais le revoir. Il lui avait juré de revenir auprès d'elle mais il aurait pu croiser les doigts en lui faisant cette promesse car elle le savait incapable de la lui faire réellement. Elle avait été plus d'une fois prisonnière, elle savait que sa vie ne dépendait plus de lui...
Elle se demandait encore si elle n'aurait pas dû l'emmener sans entendre sa requête... Elle savait qu'elle avait fait ce qu'il fallait mais elle le regrettait.
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mar 6 Juin 2017 - 16:58


Dans sa voix, pas de surprise. C’était une constatation, peut-être même un compliment. Comment savoir ? Il n’était pas bien doué pour les recevoir, de toutes façons. Il n’avait pas besoin de lui mentir. Il n’avait pas besoin de mentir sur son incertitude, qu’elle ressentirait peut-être. Même s’il était doué pour cacher ses émotions, quand les situations touchaient d’un peu trop près à Aldartha et tous les souvenirs qu’il pouvait en avoir, il pouvait se trahir. Enfin, il ne voyait pas pourquoi il devait cacher qu’il était touché par le sujet. Dans cette chambre, avec cette elfe, cela pourrait être utile. Au moins n’était-ce pas déplacé. Elle lui répondit qu’elle pensait à Eteniril, à son ami qui avait péri et à sa gouvernante. Il lui demanda pourquoi à cette dernière et elle lui répondit. Ils étaient ensembles. Et elle allait souffrir. Elle souffrait sans doute déjà. Quand on perdait la personne à laquelle on avait su s’attacher, celle à laquelle on avait donné son futur, son présent et avec laquelle créait des souvenirs à chérir, le coeur finissait inlassablement par se briser. Pas le lendemain, pas dans l’ennéade ni le mois qui suivait. Mais dans ceux d’après, dans l’année, dans la décennie. Un jour, on se réveillait vide et on contemplait l’absence de notre futur. Le vide. On se rendait au temple de Tari, parce que c’était là et uniquement là que nos pas pouvaient encore nous guider. Nul part ailleurs. Le corps savait alors mieux que le reste ce qu’il fallait faire.

Avant qu’il ne lui réponde, avant qu’il n’ose s’aventurer à lui dire quelque chose, elle lui demanda où était Neraën. Elle prononçait mal son nom, comme elle l’avait toujours fait. Mais c’en était presque plus touchant. Il prit un instant, avant de le lui dire. Comment lui annoncer qu’il était encore là-bas ? Qu’il n’avait pas vraiment de nouvelles parce que son groupe s’était fait prendre par les noss, malgré leurs précautions ? Les dernières choses qu’on avait pu lui rapporter n’étaient pas en faveur de l’ancien Seigneur Protecteur.

 - Il est encore en Eteniril. J’ai entendu parler d’une trêve hivernale. Il ne reviendra pas demain Macabre. Les négociations, j’espère que ce seront elles et non les rixes, reprendront au printemps. J’espère réussir à envoyer un détachement pour récupérer Neraën, parce que sa place est à l’Académie. Le tuer pourrait être dangereux, il faudrait éviter d’en arriver là.

Peut-être ne savait-elle pas qu’il allait être jugé. Et qu’il risquait fortement la peine capitale. Mais elle avait été à Eteniril, lui non. Elle avait du voir bien plus de choses qu’il ne lui en avait été rapportées.

 - Ma petite sœur est morte un peu avant mes trois cents ans. La douleur a été immense, fulgurante. J’étais son grand frère et je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était de mon devoir de la protéger. Alors je m’en suis voulu. J’en ai aussi voulu à mes parents, parce qu’ils devaient veiller sur elle quand j’étais ici, à l’Académie. Cette période de ma vie reste vivement ancrée dans ma mémoire. La douleur ne disparaîtra pas. Elle restera toujours, au fond de toi, elle reviendra parfois plus vive quand tu ne t’y attendras pas. Tu croiras peut-être revoir celui que tu nommes Hira. Tes proches te le rappelleront toujours, parce qu’il vivra encore dans leur coeur, comme il vivra dans le tiens. Dans tes souvenirs, dans ta mémoire. Le tout, Macabre, c’est de ne pas se laisser emporter par elle. Le tout, c’est de l’apprivoiser, pour vivre avec elle. Parce que si tu luttes, elle finira par rompre tous tes barrages pour t’avaler. Parce que si tu te laisses aller, elle t’emmènera tout au fond, dans un endroit dont il te sera impossible de revenir. Je ne crois pas que c’est ce que tu veux.

C’était beaucoup trop frais pour qu’elle sache de quoi il parle. Mais il se devait de lui dire. Peut-être comprendrait-elle un peu, peut-être saurait-elle s’identifier. Après cette petite tirade, il se tut. Attendant qu’elle réponde, qu’elle lui redemande pour Neraën peut-être parce qu’il savait son attachement pour lui. Qu’elle lui dise quelque chose.

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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mar 6 Juin 2017 - 19:22


Le temps resta comme suspendu. Le fait que Neraën soit toujours en Eteniril ne la surprenait pas, sans quoi elle aurait déjà eu des nouvelles. Mais lorsqu'Anorn parla de trêve, elle prit une inspiration soudaine et brève avant que sa respiration ne soit bloquée, stoppant un sanglot au passage. Il restait un mois... Un mois sans lui, sans nouvelles, mais aussi un mois où il serait logiquement en sécurité. Où il ne pourrait rien lui arriver. Sa peur était temporairement soulagée tandis que la sensation de manque s'intensifiait soudain. Le temps lui semblait déjà long depuis son retour... Mais il en restait au moins autant d'ici la fin de l'hiver, sans compter le temps qu'il faudrait pour que la situation se décante enfin, libérant Neraën de sa prison.
Le Régent parla de négociations, de combats, de la mort potentielle du Protecteur mais cela ne sembla pas l'ébranler davantage. Après cette fameuse nuit, elle savait ce dont les etenirili étaient capables. Elle était parfaitement consciente de ce qu'il risquait de se passer dans le pire des cas. Elle avait vu trop de situations de ce genre et trop d'horreur pour se voiler la face. Mais, tenter d'aller chercher Neraën...

-J'y étais. Je suis allé le chercher mais il n'a pas voulu.

Elle détestait s'en souvenir, comme en témoignèrent les larmes silencieuses qui perlaient sur ses joues. Mais il fallait qu'elle le lui dise, sa voix se rendant plus audible, comme saisie d'une certaine forme d'agitation. Il fallait qu'Anorn sache que cela avait déjà été tenté et que c'était peine perdue. Neraën avait une chose à accomplir et ne partirait pas tant que cela ne serait pas fait ou qu'il se serait aperçu que la mission qu'il s'était donnée était vaine. Il aurait pu rejoindre l'Académie où le Régent lui réservait une place depuis plusieurs ennéades mais le Protecteur avait décidé qu'il n'en serait pas ainsi. Pas tout de suite.

Puis le calme revint, le dos de Macabre venant prendre appui sur l'encadrement de la fenêtre, comme si elle venait de se fatiguer en parlant seulement un peu plus fort que d'ordinaire. Son masque d'impassibilité tombait un peu plus à chaque épreuve qu'elle traversait. D'abord avec le rejet de Neraën, ensuite avec leur réconciliation et maintenant avec l'absence simultanée de deux de ses amis, pour des raisons différentes. Son visage affichait ce qu'il avait sur le cœur. C'était plus facile pour les émotions tristes car elle n'avait toujours connu que cela. Qu'en serait-il si elle retrouvait la joie de vivre ?

Anorn parla à nouveau. Plus longuement cette fois. Il lui parla de sa petite sœur. Il évoqua sa mort, sans préciser les circonstances mais peu importait. Elle n'avait pas besoin de savoir et la curiosité dont elle faisait habituellement preuve ne s'orientait jamais vers la vie privé des gens. D'autant plus lorsqu'elle les connaissait si peu. Il évoqua sa culpabilité, ce sentiment qu'il n'avait pas su la protéger... Ses paroles firent écho en Macabre. Elle n'avait pas été là lorsque ce mage de la terre avait lancé son sort. Si cela avait été le cas, elle aurait sans doute pu faire quelque chose. Il y avait la mage mystique, c'était vrai, mais elle aurait peut-être pu le sauver tout de même...
Anorn apporta bien des réponses à son chagrin, essayant de lui faire comprendre comment elle pouvait faire pour surmonter ce qui était pour elle une tragédie. La première du genre qu'elle vivait. Mais il ne donnait aucune réponse concernant ce qui lui faisait honte... On lui avait dit qu'elle avait fait ce qu'il fallait. Elle devait s'en aller pour ne pas être découverte en possession de l'Aube. Elle devait cacher Severan pour que leur véritable mission ne soit pas révélée. Elle devait rester dans la Salle du Conseil pour trouver des preuves. Ils avaient fait aussi vite qu'ils avaient pu et, sans l'alerte qui avait été donné, elle aurait pu arriver trop tard auprès de son groupe pour pouvoir tous les sauver.
D'accord, elle n'aurait pas pu faire mieux... Mais, même si elle acceptait de l'entendre, elle n'arrivait pas à s'en convaincre.

-Comment vous avez fait pour vous pardonner ?

C'était sans doute ça la vraie question... Qu'elle ait fait ce qu'il y avait de mieux à faire ou non, cela ne changeait rien à ce qu'elle ressentait. A cette culpabilité qui la rongeait. Personne ne lui en voulait, à part elle-même. Alors, plutôt que de chercher une erreur qu'elle avait commise, elle devait se rendre à l'évidence et se dire que, peut-être, elle prenait le problème à l'envers...


Dernière édition par Macabre le Sam 24 Juin 2017 - 20:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Sam 24 Juin 2017 - 19:08

Il vit les larmes couler sur les joues de Macabre lorsqu’elle lui répondit qu’il n’avait pas voulu venir. Evidemment qu’il n’avait pas voulu venir. Neraën s’accrochait à des principes qu’il n’avait plus, à des valeurs qu’il défendait de temps à autre et à des idéaux qu’il n’atteindrait jamais, faute de tout mettre en œuvre pour les réaliser. Il avait failli mais refusait de le voir. Il avait faibli mais se cachait toujours derrière une prétendue force de caractère. Une noblesse de coeur qui n’était plus qu’un fantôme. Cela, il ne pouvait pas le dire à Macabre, parce que visiblement cet elfe était son ami. Il se demandait bien quel ami pouvait faire un être qui ne rechignait pas à déterrer et user des secrets des autres. A vrai dire, il ne voulait pas vraiment le savoir. Tout ce qu’il voyait, c’était qu’il n’avait pas du quitter sa cité, même si cette dernière semblait perdue. Même si on avait besoin de lui autrement. Comment s’enfermer dans des murs assiégés allait pouvoir régler la situation ? Enfin, lui n’y était pas et ne pouvait vraiment savoir. Elle s’était de nouveau murée dans le silence quand il évoqua sa sœur. Tout ce qu’elle lui demanda, et c’était déjà énorme, fut la manière dont il avait bien pu se pardonner.

- Je pense que je ne me suis jamais pardonné. Je m’en veux moins, la culpabilité ne m’étouffe plus et je ne ressens plus l’envie de me laisser dépérir. Mais le pardon, ce n’est pas chose aisée. Surtout lorsqu’on te crie haut et fort qu’il n’y a absolument rien à pardonne et qu’en l’occurrence personne ne le fera. Nous sommes toujours plus sévères avec nous même qu’avec les autres.

Il ne lui avait pas parlé d’Aldartha mais c’était ce qui lui pesait le plus. De ne pas avoir réussi à sortir son frère de sa torpeur, de l’avoir vu sombrer jour après jour sans jamais pouvoir le relever. Se résoudre à le quitter un jour pour finir ses études, pour leur donner une vie convenable. Pour ne pas gâcher une énième vie dans ce drame qui avait été le leur.

- Peut-être qu’un jour tu réussiras à te pardonner. Peut-être pas. Quoi qu’il en soit tu garderas ça dans ta mémoire, dans tes souvenirs. Ce sentiment actuel, celui que tu as ressenti quand tu t’es aperçu de la mort de ton ami, toutes ces images qui peuvent tourner derrière tes paupières closes, toutes ces odeurs et tous ces sons. Tu as gravé cet instant avec force parce que tu as ressenti avec force. Mais avec le temps, et nous les enfants de Kÿria avons tout le temps du monde, ce sera moins douloureux. Sauf si tu décides de ne pas jouir de ce temps en te laissant doucement mais sûrement dépérir.

Il savait bien que dans cet état, manger n’était pas forcément ce qu’on avait envie de faire. Parce qu’on avait la gorge nouée, parce qu’on pensait ne pas mériter de vivre après ce qui c’était passé, ou encore parce que notre esprit était bien trop occupé à ressasser de désagréable moment pour tenir compte du reste. Doucement, il lui tendit la main.

- Donne moi ta main. Tu me permets de voir comment tu vas ? Je ne voudrais pas t’avoir rendu ce corps pour que tu le détruises si vite.

Il aurait pu le faire sans même la toucher. Il aurait pu ne pas lui demander et peut-être que s’il s’était concentré assez, elle n’aurait rien remarqué, rien senti. Mais il ne voulait pas que cela se passe comme ça. Il voulait qu’elle lui montre qu’elle était prête à faire un pas en avant. Un pas vers la vie.

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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Sam 24 Juin 2017 - 21:26


Les paroles du Régent n'avaient rien de réconfortantes mais elle ne lui en voulait pas. Il était honnête. Et elle n'avait pas le désir d'être réconfortée de toute manière. Elle ne voulait qu'une seule chose, mais ça, personne ne pouvait le lui donner. Par avant le printemps aux dires d'Anorn. Le fait qu'Hiradrilion ait eut un enfant après sa mort n’appesantissait pas sa culpabilité. Elle n'avait jamais vu le bébé qui était né depuis moins d'un mois et ne comprenait de toute manière pas le lien qui unissait des parents à leur enfant. C'était en quelque sorte une chance. Elle n'était pas armée pour supporter tout ceci, alors si son fardeau avait dû être plus lourd...

-Mais avec le temps, et nous les enfants de Kÿria avons tout le temps du monde, ce sera moins douloureux. Sauf si tu décides de ne pas jouir de ce temps en te laissant doucement mais sûrement dépérir.

Le regard de Macabre, qui s'était tourné à nouveau vers la fenêtre, partit en biais pour retrouver le sol. Elle savait qu'elle se négligeait et n'avait pas le désir de prendre soin d'elle. Cette fois, ce n'était pas dû à sa condition d'esclave. Au contraire, c'était la seule chose qui l'avait toujours contrainte à se maintenir en vie, et ce malgré le désir qu'elle avait ressenti à plusieurs reprises de mourir. Seulement, là encore, elle avait été conditionnée... Il était hors de question pour son maître de prendre le risque de perdre tout son dur travail aussi bêtement qu'avec un suicide. Voilà pourquoi Mac ne se tuerait jamais et ne se laisserait jamais totalement mourir, même si elle n'avait plus le goût de vivre.
L'avait-elle seulement déjà eu ? Elle en doutait parfois.

-Ne-RA-ën, fit-elle l'effort de dire malgré un accent toujours aussi déplorable, m'a demandé de continuer à vivre. Il m'a fait promettre. Mais... Je ne sais pas comment faire...

Des larmes fondirent en silence sur ses joues. Cette promesse lui pesait. Elle voulait la tenir mais pas survivre à son ami non plus. Et, pour l'heure, elle ignorait tout de son état et de sa situation. S'il n'y avait pas eu Halyalindë, elle serait restée avec lui plutôt que de le laisser. Il aurait dit non. Elle risquait d'être découverte par la mage mystique et son sort aurait été peu enviable après le vol de l'Aube, mais elle n'y songeait même pas. Tout ce qui importait, c'était Neraën...

Anorn lui demanda de lui donné sa main. Mac releva les yeux. Pas assez pour croiser le regard du Régent, seulement pour voir ses doigts tendus dans sa direction. Elle resta immobile quelques instants. Elle ne cherchait même pas à comprendre pourquoi il lui demandait de venir alors qu'il pouvait approcher d'elle. Elle ne comprenait pas la symbolique de son geste. Elle rassemblait simplement en elle la volonté de faire ce qu'il lui demandait.
Puis, après ce qui sembla durer plus d'une minute, ses bras relâchèrent leur étreinte sur ses jambes. Elle se tint au bord de la fenêtre tandis qu'elle se tournait lentement vers l'intérieur de la pièce. Ses membres étaient engourdis et tombèrent sur le sol dans un son sourd. Elle n'avait pas eu la force de les retenir et ses talons avaient frappés le bois sans même lui faire mal. En appui sur le cadrant, elle poussa sur ses mains pour tenter de se mettre debout mais dû y renoncer. Déjà faible, ses jambes n'étaient pas en capacité de la porter tout de suite. Mais les doigts d'Anorn l'attendaient toujours... Alors elle fit un nouvel effort et parvint à se tenir droite sur ses jambes.
Macabre resta ainsi quelques secondes, stabilisant son équilibre et réfléchissant à la façon dont elle allait pouvoir aller jusqu'au Régent. Dans son état, il valait mieux oublier la magie, cette solution de facilité était contre-indiquée si elle n'était pas sûre elle-même d'être en mesure de s'en faire sortir. Entre eux se trouvait le lit de la petite elfe dont le montant s'élevait jusqu'à mi-taille et dont les coins montaient au-dessus des épaules de la protégée de Tethien. Après une nouvelle hésitation, elle finit par faire un pas, aussi grand que possible, afin d'atteindre le premier pic. Elle s'y rattrapa de justesse et s'y cramponna durant un instant. Puis, se tenant toujours, elle fit un pas de plus. Puis un autre.

Se mettre debout lui avait déjà permis de reconnecter le bas de son corps au reste. Marcher lui permettait lentement de retrouver des sensations. Elles étaient certes désagréables et perturbantes pour se mouvoir mais au moins elle sentait ses jambes et parvenait à les commander.
Arrivée au bout du lit, elle était presque à Anorn. Mais tendre le bras, ce n'était pas assez... Ayant retrouvé une partie de mobilité suffisante, elle franchit le dernier pas qui les séparait. Posant sa main dans celle du mage de la vie, elle perdit l'équilibre et il dut la soutenir afin de l'empêcher de tomber. Sans rien dire, elle s'immobilisa et le laissa l'examiner. Pourtant, se remémorant les paroles du soigneur, une idée lui traversa l'esprit. Enfin, il s'agissait plutôt d'une question.

-Ce n'est pas bien, n'est-ce pas ?

La main sur le bras qu'elle tendait vers le Régent, les muscles de ses épaules contractées par son mal être, elle ne le regardait toujours pas.

-Je devrais prendre soin de ce que vous avez fait pour moi ?

Son interrogation était réelle. Laliëmerel essayait depuis longtemps de l'initier au code de bonne conduite et aux conventions sociales. Cela n'avait que peu de sens pour elle. Mais, cette fois, elle ne savait pas pourquoi elle y prêtait attention. Une attention réelle et sincère. Elle découvrait la volonté de bien faire. Quant à savoir en quoi cela lui importait, elle était encore bien loin de le comprendre. De comprendre qu'elle se souciait de ce qu'elle devrait faire pour ceux auxquels elle tenait un temps soit peu. De ceux qui comptaient d'une manière ou d'une autre. De la façon dont on tissait des liens... et les conservait.
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Dim 25 Juin 2017 - 22:09

Quand elle évoqua sa promesse, elle continua aussitôt sur l’aveu de son incapacité à la réaliser correctement. Non parce qu’elle ne voulait pas mais parce qu’elle ne savait pas. En fait, ce n’était pas tant qu’elle ne savait pas, parce qu’on sait vivre, au plus profond de nous mêmes, mais plutôt qu’elle ne savait pas comment sortir de sa torpeur. Ce qui était logique, quand on s’y murait pour échapper à la douleur il était rare qu’on veuille en sortir. Vivre était pénible. Vivre c’était souffrir. Des larmes roulèrent sur ses joues quand elle lui eut avoué qu’elle n’avait aucune idée de la manière dont elle allait tenir sa promesse. Et elle finit par se mouvoir, lentement, quand il lui tendit la main. Elle eut énormément de mal, ne serait-ce qu’à déplier ses jambes. Quant à venir jusqu’à lui, ce fut un épreuve qu’elle ne termina pas vraiment en équilibre sur ses deux jambes. Elle dérapa quand elle attrapa finalement sa main et il dut la retenir pour qu’elle ne s’effondre pas. Mais une fois qu’il lui eut redonné l’équilibre, elle le maintint sans difficulté apparente. Recouvrant sa main de son autre paume, il fit le tour du corps de Macabre. Ses muscles, ses os, ses articulations. Elle était amaigrie, puisqu’elle ne s’était pas nourrie convenablement depuis un moment et son corps était globalement fatigué. Hormis cela, elle allait bien.

- Ce n’est pas une question de bien ou de mal. Tu ne peux pas ne pas te nourrir parce que tu attends que Neraën revienne. C’est normal que tu n’aies pas faim mais ce n’est pas une raison pour ne pas manger. Ton corps en a besoin. Ton esprit aussi, quoi qu’on en dise.

Sans un corps sain, elle ne pourrait avoir un esprit sain. Il savait aussi qu’elle ne pourrait utiliser la magie si elle était si faible mais était-ce bien nécessaire de le lui dire ? Elle ne comptait visiblement pas l’utiliser, vu la peine qu’elle s’était donnée pour venir jusque devant lui.

- Quant à ce que tu devrais faire, je ne peux pas te le dire. Tu ne dois rien. C’est ton corps, tu en fais ce que bon te semble. Il est conseillé d’en prendre soin évidemment, mais personne n’est en droit de te dire ce que tu dois en faire. Tu en es la seule responsable. Quoi qu’on t’en dise. Il est vrai que j’ai fourni un assez gros travail sur ton corps, j’y ai mis beaucoup d’énergie et j’ai donné beaucoup de mon temps. Mais ça ne m’en donne aucunement la propriété. Il me serait agréable de savoir que tu prends soin de toi et que ce que j’ai fait est utilisé à de bonnes fins, certes.

Ils avaient été nombreux les elfes qu’il avait soigné et qui n’avaient pas vécu un mois de plus. Beaucoup s’étaient laissé mourir, d’autres n’avaient simplement pas eu de chance. A vrai dire, il n’avait pas de suivi exact parce qu’il s’en souciait peu. Il guérissait le corps, pas le coeur. Et quand le coeur est malade, soigner le corps n’est jamais suffisant. C’était dans l’instant que tout se jouait, sur le moment qu’il y avait un véritable enjeu. Réussir à réparer, à prolonger la vie.

- Il va falloir que tu manges quelque chose et que tu boives un peu. Tu as faim, une envie particulière ?

Il ne pensait pas que c’était déjà le cas. Mais si elle acceptait de manger, ce serait bien. Ce serait bon même. Et si elle avait besoin de temps, il était prêt à attendre. A discuter encore avec elle. Parce qu’après tout, c’était plutôt agréable.

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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mar 27 Juin 2017 - 19:11

C'était vrai, elle avait besoin de manger. Elle avait réduit cette activité à son strict minimum, une bouchée de pain suffisant à remplir son estomac dont la taille avait plus que diminuée. Et puis, si son corps criait famine, son état d'esprit l'empêchait de le ressentir. Deux raisons qui ne lui permettaient pas de se nourrir autant qu'elle en avait besoin pour poursuivre sa vie pleinement. Anorn trouvait sa réaction normale mais ne la bénissait pas pour autant. Pour l'heure, il ne parlait que de manger. Sans doute parce que c'était le plus urgent. Le sommeil, si elle ne parvenait pas à le trouver, finissait tôt ou tard par la rattraper. Malgré la fatigue et le manque d'apports caloriques, cela prenait parfois plusieurs jours avant qu'elle sombre dans le vide pour quelques heures. Pas de quoi la reposer réellement mais juste assez pour lui permettre de tenir quelques jours de plus à veiller continuellement par sa fenêtre.

Après l'avoir examinée, le Régent lui expliqua pourquoi elle ne lui devait pas de prendre soin d'elle. Il avoua qu'il aimerait qu'elle fasse attention à ce corps qu'il avait fait en sorte de réparer -et il y avait eu du travail- mais, et c'était l'idée principale qu'elle retenait de son discours, il ne lui appartenait pas pour autant. Il n'avait pas son mot à dire concernant ce qu'elle en faisait... Le concept était un peu étrange pour une jeune fille qui se pensait éternellement asservie à son maître et qui, par conséquent, ne possédait pas son propre corps. Cependant, il semblait normal à Anorn de ne pas la considérer comme sienne... Cela la touchait, en quelque sorte.

-Je suis désolée... pour le miroir.

Il ne vint même pas à l'esprit de Macabre que, peut-être, le Régent ignorait de quoi elle parlait. Toutefois, le fait d'évoquer ce jour où il l'avait soignée avait fait remonter quelques souvenirs. Elle se remémorait ce qu'elle avait ressenti en se regardant dans la glace... Et les paroles du soigneur qui l'avait pourtant mise en garde.

-Vous aviez raison. Je ne me suis pas reconnue.

Depuis, elle avait évité de s'observer à nouveau. Elle avait du mal à se faire à sa nouvelle apparence, bien qu'à présent moins saillante du fait de la faim et de l'épuisement. Ce qu'elle voyait la dérangeait. Sa beauté la dérangeait... Si son maître la retrouvait ainsi... Dieux savaient ce qu'il lui ferait subir. Et elle ne voulait pas le mécontenter.

Anorn lui proposa de manger et lui demanda si elle avait envie de quelque chose. A cela, elle répondit par un signe de tête négatif. Elle n'avait pas faim alors il lui était d'autant plus difficile de dire ce qui serait susceptible de lui ouvrir l'appétit. Le père de Lalë, en tant que cuisinier du palais de Tethien, lui avait fait goûter plus d'un met délicieux. Elle en avait apprécié plusieurs qu'il avait pris plaisir à lui faire découvrir sous différentes formes et préparations. Pourtant, malgré tous ses efforts, elle n'avait visiblement que peu d'intérêt pour la nourriture. Elle avait à ses yeux un aspect purement utile, bien qu'elle soit capable d'en apprécier les saveurs. Alors, si on lui demandait ce qu'elle aimait, elle serait bien incapable de répondre.
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mer 5 Juil 2017 - 19:07

Des excuses sortirent de sa bouche quand il finissait tout juste de vérifier son état. Elles concernaient un miroir, qu’elle avait sans doute cassé puisqu’il la voyait mal voler quoi que ce fut. Ne sachant pas vraiment pour quoi elle était désolée, il ne releva pas. Cela n’avait pas d’importance. Si un miroir avait été brisé, alors il devait avoir été remplacé depuis le temps. Il se contenta de hocher la tête, pour lui signifier qu’il avait entendu et qu’il prenait ça en compte. Elle lui avoua ensuite ne pas s’être reconnue. Forcément, puisqu’elle n’avait jamais eu d’autre corps que cette carcasse presque décharnée qu’elle traînait jusqu’à son intervention. Retrouver des sensations, réapprendre à tenir l’équilibre et surtout voir de nouveau ses formes et ses courbes comme elles auraient dû alors être ne pouvait être que déconcertant. Qu’elle ait fracassé un miroir, qu’elle l’ait jeté par la fenêtre ou qu’elle n’ait tout simplement pas pu se regarder vraiment, cela n’avait que peu d’importance.

- Tu réapprends correctement ton corps ? Est-ce que tu as des gênes quelconques, hormis celles liées à ta sous alimentation et ton manque récent de sommeil ? Est-ce qu’encore aujourd’hui tu as du mal à percevoir ton corps comme étant le tien ? Si c’est le cas, c’est normal, il a subit un lourd changement et cela va prendre longtemps avant que tu te le réappropries vraiment. Mais dis moi comment ça se passe.

Pendant qu’elle réfléchissait, du moins le supposait-il puisqu’elle se taisait, il ouvrit légèrement le battant de la porte pour demander à ce qu’on lui apporte à manger pour Macabre. Ce qu’on savait qu’elle aimait, ou quelque chose de nouveau, peu importait, il fallait qu’elle se nourrisse. Il demanda aussi de l’eau et du jus de fruits, peut-être passerait-il mieux que la nourriture. Quand ce fut fait, il revint vers elle, mais cette fois-ci ne se rassit pas. Il resta debout, devant elle, écoutant sa réponse. Il déplorait un peu cette allure sans vie qu’elle retrouvait, les trous que creusaient la mal nutrition dans ses joues et les cernes qui bleuissaient sous ses yeux. Elle était vide d’énergie, peut-être avait-elle longuement pleuré d’ailleurs, à son retour. Mais aujourd’hui, elle ne pleurait pas, parce qu’elle ne pouvait peut-être plus. Ou parce qu’elle n’avait jamais pleuré.

Quand le plateau de nourriture arriva, il sortit pour le prendre et referma la porte derrière lui en revenant vers Macabre. Il posa le plateau sur son lit et l’invita à s’asseoir sur ce dernier. Ses pas furent moins saccadés et moins difficiles que les premiers mais elle s’appuya tout de même beaucoup sur le bras qu’il lui avait prêté. Reprenant place sur son tabouret, il piqua quelque chose sur le plateau et le porta à sa bouche, invitant la jeune elfe à faire de même.

- Je sais qu’il est compliqué pour toi de manger, parce que tu n’as pas faim. Ca risque d’être un peu douloureux, quand ton estomac se remettra à fonctionner. Tu ne vas pas pouvoir manger en grandes quantités au début, mais le but est que tu te nourrisses. J’ai fait amener du jus de fruits, il passera peut-être mieux que le reste et il contient du sucre, à défaut de protéines. Et même si au début tes bouchées sont minuscules et bien trop longues à mâcher, il faut que tu fasses l’effort d’aller jusqu’au bout, d’en reprendre encore un peu. Tu crois être capable de faire ça ?

Si elle ne l’était pas, il comprendrait parfaitement. C’était tout sauf facile d’avaler quand on n’avait pas faim, de croquer dans quelque chose sans réellement apprécier le goût. Mais c’était une question de nécessité. Et c’était le second pas, moins littéral, vers un avenir meilleur.

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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Sam 8 Juil 2017 - 20:56

Anorn accepta ses excuses. Tout du moins était-ce ainsi qu'elle interpréta son signe de la tête. Ce miroir ne lui appartenait pas vraiment, il n'était que Régent. Et, de toute manière, pouvait-on seulement dire que tout ce qui se trouvait dans le Palais appartenait au Seigneur d'une Cité ? Cela était vrai partout, sauf chez les elfes où la notion de propriété était bien différente... Mais Macabre était bien loin de le comprendre.

Une fois encore, le mage s'inquiéta de l'état de son corps et de la façon dont elle se le réappropriait.

-Il me surprend parfois.

"Il". Comme si son corps était une entité à part entière, dissociée d'elle-même. La petite elfe n'avait plus tout à fait conscience de ses capacités physiques car elles avaient totalement changé. Elle avait bien plus de force, si maigre soit-elle en raison de sa petite taille. Son équilibre était plus stable mais son centre de gravité s'était légèrement décalé et cela la désorientait pour les déplacements les plus acrobatiques. Ses réflexes étaient meilleurs et ses os n'étaient plus de verre. Elle allait bien.
Enfin, son corps allait bien.

-Il est... beau.

Oui, Mac était belle. Pour peu que l'on mette de côté son attitude si étrange aux yeux de tous, mais aussi qu'elle en prenne soin. Cela était sans doute plus difficile à voir ce jour-là mais elle avait déjà connu tellement pire... Même à présent, elle était bien plus jolie qu'avant l'intervention du mage car rien de ce qui venait ternir sa beauté n'était permanent. Rien qui ne se soigne avec un peu de nourriture et de repos...

Lorsqu'Anorn lui fit à nouveau face, la surplombant de toute sa hauteur, des larmes vinrent à nouveau troubler son regard et elle baissa les yeux. L'espace d'un instant, ce ne fut pas le Régent qu'elle vit devant elle mais son maître... L'expression sévère, comme lorsqu'il allait la frapper pour la punir parce qu'elle avait fait quelque chose de mal. Pourtant, elle ne sourcilla pas. Elle n'avait pas le droit d'essayer de se soustraire à ses traitements. Elle ferma les yeux, cherchant à maîtriser ses pensées. Ce n'était pas Don'dar qui se tenait là... Elle pouvait s'exprimer à voix haute.

-Je n'ai pas le droit... Je ne mérite pas. Je suis...

On frappa, coupant la petite elfe dans sa phrase. Tandis qu'Anorn récupérait le plateau, son regard croisa brièvement celui de Seregon. Deux larmes étaient venues barrer ses joues, une fois de plus. Lorsque la porte se referma, le garde poussa un soupire. Au moins, Mac avait bougé et semblait se confier au Régent. Elle n'arrêterait pas de pleurer du jour au lendemain mais cela lui faisait tant de la peine de la voir ainsi.
Finalement, ses pas s'éloignèrent de la chambre alors que le soigneur donnait de nouvelles recommandations à la protégée de Tethien. Il voulait qu'elle se force à manger, et qu'elle ne se contente pas d'une seule bouchée. Macabre détailla le plateau. En plus de l'eau et du jus de fruit, il y avait un petit bol de noisettes, des fruits secs, des tranches de viandes fumées, quelques biscuits et un pot de lait fermenté dans lequel était planté une petite cuillère. Que des choses dont le goût n'était pas trop fort pour ses papilles au repos depuis plusieurs ennéades. C'était un repas aux apports assez complets en fin de compte et la présentation en petites quantités dans des bols lui permettrait de picorer à sa guise plutôt que de se forcer à continuer un plat entier qui ne l'inspirait pas.
En signe de bonne volonté et en réponse à la question d'Anorn, Mac fit un pas en direction du lit. Elle tendit le bras et prit un fruit sec avant de le porter à sa bouche. C'était ce qu'il y avait de plus tendre à se mettre sous la dent, en mettant de côté le yaourt qui ne la tentait pas pour l'instant. Elle le mâcha, quoi qu'avec peine et sans le moindre entrain. Mais elle le fit et finit par avaler au bout d'un long moment. Puis elle but une gorgée du verre d'eau qui était déjà servit, comme pour faire passer le goût de ce qu'elle venait de manger afin de ne pas s'en écœurer. Mais elle ne pouvait boire plus qu'une demie gorgée sans s'en rendre malade et elle reposa le verre alors qu'on voyait à peine que le niveau de liquide avait diminué...
Se forcer à manger sans appétit, ce n'était pas pire que de n'avoir que du pain moisi et de l'eau croupie lorsqu'on meurt de faim et de soif. A bien y réfléchir, cela ne se comparait pas. Lorsque le corps réclame à corps et à cri de quoi se nourrir, on avale ce que l'on a. Même si les aliments sur ce plateau étaient bien meilleurs, c'était très différent.

Tandis que le fruit descendait lentement vers son estomac accompagné d'un peu d'eau, elle en reprit un et le garda dans la main. C'était un geste plutôt symbolique pour faire savoir à Anorn qu'elle ferait l'effort de le manger d'ici quelques instants. Mais la sensation de la nourriture qui pénétrait dans son corps était très étrange. Comme si son œsophage avait oublié cette sensation et que son ventre se mettait en alerte, ne sachant plus ce qu'il devait faire. Cela lui reviendrait bien assez vite... Bien que pas assez aux yeux de la petite elfe qui s'en sentirait barbouillée les premiers temps.
Une bouchée, ce n'était pas assez pour la rendre malade mais, si elle suivait les conseils d'Anorn et se forçait à manger plus que son appétit le lui permettait, cela viendrait bien assez vite. Et elle devrait lutter d'autant plus pour se contraindre à manger à nouveau dans quelques heures tout en sachant qu'elle ressentirait les mêmes gênes et douleurs.
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mar 11 Juil 2017 - 18:49


Elle avait eu dans sa voix un trémolo, en tremblement qui s’était mué en larmes silencieuses. Elle lui disait ne pas avoir le droit, ne pas mériter, mais avant qu’il puisse lui répondre on frappa à la porte. Le regard que porta Seregon sur elle le dérangea et il s’appliqua à bien fermer la porte derrière lui. Il pouvait s’inquiéter pour elle, mais ce n’était pas ce dont elle avait besoin. Elle avait besoin qu’on lui dise ce qu’elle devait faire, ce qui était normal ou non, ce qu’il était possible de faire et ce qui ne l’était pas. Il fut assez content qu’elle avale un morceau et remarqua celui qu’elle gardait dans sa main. Il ne la forcerait pas à manger, ce n’était pas le but. Il voulait seulement qu’elle en ait l’intention, qu’elle ait assez de volonté pour s’y forcer.

 - Parfait, Macabre. Comme je te l’ai dit, ce sera désagréable au début, avant que l’appétit ne te revienne. Je sais que je te demande beaucoup, que je te bouscule un peu. Mais pourrais-je te demander une dernière chose ?

Qu’elle lui dise oui ou non, il le ferait tout de même. Elle avait besoin de repos, parce qu’elle aurait besoin d’énergie. Si la saison se prêtait peu à sortir, il allait falloir qu’elle le fasse, dans les prochains jours, ou dans les prochaines ennéades. Qu’elle ne se cloître plus dans sa chambre pour commencer, qu’elle reprenne possession des lieux dans lesquels elle vivait. Puis passer le pas de porte, faire quelques pas dans le froid. Inspirer profondément avant de dégonfler complètement ses poumons. Sentir l’air vibrer dans sa trachée, emplir ses alvéoles. Avant de rentrer se réchauffer aussitôt près d’un feu ou sous une couverture, où elle serrerait dans ses mains une choppe de lait chaud ou d’infusion. Répéter l’opération en s’aventurant un peu plus loin chaque jour, reprenant l’ascendant sur sa vie et ce que serait son futur.

 - Ce soir, quand viendra la nuit, pense à te coucher. Tu n’es pas obligée de te changer, ni même de te glisser sous les couvertures. Seulement allonge toi et ferme les yeux. Tu ne trouveras peut-être pas le sommeil, certainement pas tout de suite, mais il viendra. Chaque soir un peu plus vite, chaque soir un peu moins douloureusement. Est-ce que tu essayerais ?

Ce n’était pas comme si elle avait autre chose à faire. Il espérait qu’en lui donnant quelque chose à penser, quelque chose pour occuper un peu son esprit, il lui permettrait de s’en remettre un peu plus vite, un peu mieux. Quant à ce qu’elle lui avait dit plus tôt, il se devait de revenir dessus.

 - Je ne sais pas qui tu as vu en moi tout à l’heure et je ne te le demanderai pas, peu m’importe. Mais sache que ton corps t’appartient et qu’il n’appartient qu’à toi seule. Tu es sa responsable, tu es en charge. Tu as le droit d’en user et d’en abuser comme bon te semble. Veille cependant à ce qu’il soit toujours en accord avec ton esprit, parce qu’ils sont étroitement liés. Ta tristesse, ta colère, ton apathie se lisent sans peine sur ton corps. Sa condition général, ses gestes, son positionnement indiquent avec beaucoup d’exactitude ce que tu ressens à l’intérieur. Et inversement, si ton corps se porte bien, s’il est fort et s’il est sain, ton esprit ne s’en portera que mieux. Ils fonctionnent de pair, sont indissociables pour garder une bonne santé générale.

Elle avait sans doute toujours du mal à intégrer qu’elle était la seule en charge d’elle même. Ce devait être difficile, quand elle avait passé tant d’années à apprendre le contraire, quand elle s’était conformée à ce qu’on attendait d’elle. Elle devait parfois être perdue. Réapprendre à vivre n’avait rien de facile, même si certains ne comprendraient jamais à quel point cela pouvait être difficile.

 - Tu es une elfe, Macabre. Une enfant de Kÿria, une sœur pour tous. Voilà ce que tu es à mes yeux, voilà ce que tu es aux yeux des autres. Ni plus, ni moins.

Et ils n’abandonnaient pas une sœur, jamais. Elle avait eu l’infortune d’être victime d’un sombre mais aujourd’hui ils répareraient leur absence, ils répareraient l’erreur qu’ils avaient tous commise. Peu importe le temps que cela prendrait, peu importe l’énergie qu’il faudrait dépenser. Un enfant de Kÿria n’avait pas de prix.

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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Mer 12 Juil 2017 - 20:56

Macabre regarda le fruit dans sa main tandis qu'Anorn reprenait la parole. Elle ne ressentait pas de nausée mais elle avait déjà la sensation d'avoir trop mangé. Elle se rendait parfaitement compte que ce n'était pas normal mais ne parvenait pas à s'en inquiéter. Simplement, elle comprenait qu'elle devait faire des efforts pour se maintenir en vie. Elle l'avait promis... Mais elle s'était trop laissé aller et elle survivait à peine désormais.

Lorsque le Régent lui posa sa première question, elle releva son regard fatigué sur lui et lui répondit positivement par un signe de tête. Il lui prodigua de nouveau quelques conseils mais, cette fois, sur le sommeil. Il voulait qu'elle se mette au lit... Qu'elle ferme les yeux. A cette pensée, ses épaules se contractèrent. Il lui demanda si elle voulait bien essayer. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas...

-Quand je ferme les yeux, je vois son visage... A Hira.

Le regard de Macabre était braqué sur celui du Régent. Sans un mot, elle le suppliait. Elle le suppliait de ne pas la forcer à faire ça. Si elle souffrait de l'absence de Neraën, elle n'en oubliait pas pour autant celui dont elle était sûre qu'il ne reviendrait jamais. Sa crainte de perdre le Protecteur était d'autant plus forte qu'elle angoissait à l'idée de le voir mourir à son tour. Elle ne parvenait pas à supporter cette première perte alors comment pourrait-elle survivre à une seconde ?
Ce qu'elle voyait en fermant les yeux, ce n'était évidemment pas des images joyeuses mettant en scène son ami... Mais bien sa dernière nuit parmi les vivants. Elle revoyait le sol meuble se solidifier autour de lui, elle entendait ses os se briser les uns après les autres, ses tympans vibraient encore de ses hurlements de douleur. Et ce visage, livide et inanimé... Ses yeux clos qui ne se rouvriraient plus jamais... Elle ne pouvait pas dormir parce qu'elle ne pouvait pas fermer les yeux. A peine son esprit sombrait qu'elle revivait cette scène et se réveillait aussitôt.

Anorn évoqua les minutes précédant l'interruption de Seregon. A partir du moment où il lui dit que son corps lui appartenait, sa tête commença à se balancer de gauche à droite sans discontinuer. C'était à peine si elle écoutait sa tirade sur l'association entre santé physique et santé de l'esprit. Non, son corps ne lui appartenait pas. Il n'avait jamais été à elle, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne. Elle avait le droit d'en faire ce qu'elle voulait ici, en Anaëh, parce que jamais son maître ne viendrait la chercher si loin de la frontière et dans cet environnement si hostile aux drows et à n'importe quel intrus. Mais c'était un droit que lui avaient octroyé des gens qui ne le possédaient pas. Elle avait fini par accepter une ou deux choses mais savait qu'elle ne devait pas s'y attacher. Elle ne prenait d'ailleurs pas soin d'elle outre mesure. Elle était propre, les cheveux démêlés et portait une robe, c'était tout ce qu'elle acceptait de faire. Elle n'aimait pas qu'on la coiffe ni qu'on la pare de beaux bijoux et vêtements. Elle n'en était pas digne. C'est ce que l'on avait inscrit en elle au fer rouge.
Et puis, ses mouvements de tête s'arrêtèrent. "Tu es une elfe" et "Macabre", dans la même phrase... Ce mot qui lui servait de nom était la preuve qu'elle ne l'était pas. Pourtant, elle écouta ce qu'il avait à dire là-dessus, regardant à quelques pas devant elle. De nouvelles larmes embrumèrent son regard mais cette fois ce n'était ni pour Hira, ni pour Neraën. Anorn s'attaquait à ce que personne n'était parvenu à changer dans son esprit. A cette partie de son conditionnement qui était ancrée si profondément en elle qu'elle n'avait pas cillé en onze ans. Elle pleurait parce que son esprit luttait contre cette idée. Une partie d'elle le voulait mais l'autre lui hurlait qu'elle n'en avait pas le droit. De cette bataille perdue d'avance, ses larmes furent tout ce qu'Anorn put voir.
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MessageSujet: Re: Corps solide mais cœur brisé [Anorn/Mac]   Jeu 13 Juil 2017 - 13:18

Il arrivait à un point de non retour, il le sentait. Les premiers pas avaient été difficiles, mais ils avaient été possibles. Ceux là prendraient du temps à être fait et ils étaient surtout bien plus douloureux. Il voyait dans ses yeux qu’elle le supplier de ne pas l’obliger. Elle lui disait qu’elle le revoyait, quand elle fermait les yeux. Il se doutait que c’était son corps sans vie et non tous les bons souvenirs qu’elle pouvait avoir de lui qui venait se plaquer contre ses paupières closes. Lui même revoyait encore parfois Glauriell, dans les bras de son père. Etendue là, son visage rendu paisible quand il savait que son corps avait tant souffert. Elle n’avait pas non plus rejoint Tari dans les meilleurs conditions et son passage dans son royaume avait été douloureux et éprouvant. Mais il arrivait à chasser rapidement ces images, laissant place à des souvenirs plus agréables, ou des rêveries qu’il savait irréalisables. Il pensait parfois à ce qu’ils auraient pu être, tous les trois, voire même tous les cinq. Même si la mort de ses parents n’avait pas été un si grand bouleversement, non parce qu’ils n’avaient pas été aimants mais parce que c’était dans l’ordre des choses, il aurait souhaité quelque part qu’ils vivent encore un peu. A l’époque, il souhaitait qu’ils rencontrent ses enfants, mais à la vue aujourd’hui de leur arrivée tardive, il était peu probable qu’ils aient eu ce privilège. Toujours était-il qu’elle n’oublierait jamais ce visage froid et inexpressive, vide de vie et d’existence.

Cela, il ne lui dit pas. Il lui accorda juste, accompagné d’un signe de tête, le droit de ne pas exhausser son souhait. C’était sans doute trop tôt, elle aurait besoin de plus de temps. Ce non seulement pour oublier, ce temps là serait bien long, mais surtout pour accepter, quelque part peut-être se résigner. Les elfes n’oublient pas et c’était bien là tant leur force que leur faiblesse. Ce qui les touchait les marquait à vie, tant mentalement que physiquement, et elle l’était désormais. Seulement c’était un peu plus compliqué pour elle que pour les autres, parce qu’elle réapprenait tout juste à vivre, à être une personne à part entière pourvue de libre-arbitre et de capacité de décision. Ses dernière paroles firent couler sur ses joues des larmes silencieuses. Il n’énonçait qu’une vérité et elle ne savait l’entendre. Sans doute devraient-ils être patients, parce qu’on l’avait atteint trop profondément. Toujours était-il qu’elle se rendrait un jour à l’évidence. On l’aiderait, on lui donnerait ce dont elle avait besoin. On détruirait peut-être son maître, un jour. Mais cela changerait-il quelque chose ? Elle n’oublierait jamais, elle aurait toujours au fond d’elle l’impression d’appartenir à un autre et la certitude de ne pas avoir l’entière liberté de ses actes et de ses pensées.

- Ce n’est pas grave, oublions. Je ne vais plus rester très longtemps, je pense avoir donné à peu près tout ce que je pouvais te donner. Je repasserai, plus tard, ou tu pourras venir me voir au palais. Tu y es la bienvenue. Je ne suis pas toujours disponible mais dans ce cas demande Arwain. Prends soin de toi, exactement de la manière dont je t’ai dit de le faire, tu devrais te porter mieux la prochaine fois qu’on se verra.

Se levant, il lui fit un léger signe de tête en guise d’aurevoir et sorti de la chambre. Fermant consciencieusement la porte derrière lui, il rejoignit Sergon en bas. Il avait l’air inquiet et n’osait pas lui poser de questions mais si elles lui brûlaient les lèvres. Il remit son écharpe et ses gants et attrapa son manteau.

- J’ai bon espoir pour elle. Elle se plie assez bien à mes demandes, elle mangera, bougera un peu. De là à ce qu’elle dorme par contre, il y aura encore un peu de temps. Elle n’a pas besoin qu’on s’inquiète sans cesse pour elle, elle va mal et n’ira pas mieux demain. Veillez seulement à ce qu’elle mange et à ce qu’elle ressasse de moins en moins. Avez-vous pensé à lui faire reprendre les cours de magie ? Il me semble qu’elle est plutôt douée dans ce domaine et, si elle ne peut pas pratiquer dans son état, elle peut au moins apprendre. Penchez-vous là-dessus, cela occupera son esprit. Faites moi savoir s’il est nécessaire que je revienne, au-revoir Heru Seregon.

Quand il sortit, ses gardes lui emboîtèrent aussitôt le pas. Silencieux, dans le vent glacé, ils étaient pourtant entourés d’elfes qui s’affairaient dehors. Leur souffle créait un nuage chaud devant leur bouche et devant leur nez. Celui d’Anorn était enfoui dans son écharpe et de sa capuche n’échappaient que ses yeux. Il faisait bien plus froid que d’ordinaire et le temps n’allait pas en s’arrangeant.

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