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 Les premiers pas d'une comtesse

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Cécilie de Missède
Humain
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.: MANUSCRIT :.:
Âge : 21ans - 1m59
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MessageSujet: Les premiers pas d'une comtesse   Sam 3 Juin 2017 - 15:43

<< Le propre du voyage, c'est de faire ding-dong à l'improviste Missive à Irys >>
(Suite de l'intrigue )Sous le parvis >>


Hiver - 6e jour de la 5e ennéade de Verimios
9e année du XIe Cycle
Missède-la-ville



Dans les salles les plus petites de Missède, les courtisans s’agglutinaient sous des couches de laines colorées pour garder au maximum la chaleur. Les cheminées flambaient. Les fenêtres étaient obstruées par des tentures et des tapisseries tout comme les murs et les couloirs. Dans l'un des salons, Cécilie avait ajournée une réunion avec quelques conseillers concernant les pertes économiques pesant sur Missède à cause des instabilités des derniers mois. Les menaces de guerre civile avaient effrayer les investisseurs et le froid avec Nelen devenait quelque peu problématique. Si l'hiver n'était pas si rude, la jeune Comtesse aurait  embarqué pour l'Archipel dans l'heure... Mais hélas elle risquait plus de s’abîmer quelque part entre les deux plutôt que d'arriver à quoi que ce soit et il était hors de question qu'elle meurt avant d'avoir rétablit durablement la stabilité du Comté.

Sire Michel d'Auben avait proposé un jeu de plateau Diantrais rapidement suivit par plusieurs autres courtisans, les messieurs sortant les jeux de stratégies comme autant de joues lorsque le temps ne le permettait pas. Il était amusant de penser que ce genres de jeux faisait partie intégrante de l'apprentissage des chevaliers... Peut-être était-ce pour ça que si peu de femme y prenaient part, préférant la broderie, les jeux de cartes ou les discussions sur tous les sujets qui leurs passaient sous la langue. En l’occurrence, nombre s’agglutinèrent autour des quatre banquettes, discutant déjà du vainqueur.

Près de Cécilie, en plus de Rose dans sa nouvelle robe à la mode des nobles dames de Missède, se tenait la jeune dame de compagnie qu'elle avait prise avec elle quelques jours après son mariage : Augustine. Petite fille de la dame de Roch et choisie parmi ses sœurs et cousine pour sa réputation honnête et probe, il s'agissait d'une demoiselle ronde au visage lunaire et aux longs cheveux noirs dont la gourmandise et la franchise n'avaient d'égales que son goût enfantin pour les futilités. Bien sûr, la Comtesse ne lui aurait concédé aucune confidence d'importance, mais l'enfant de quinze ans était d'une innocence rafraîchissante et sa curiosité limité en faisait une bonne compagne pour passer les jours de pluies.

Lorsque le salon se réaménagea pour permettre aux quatre coqs de s'affronter avec des chevaux et des chevaliers de bois, la Comtesse entendit la voix aiguë et enfantine de sa voisine murmurer, visiblement aussi concentré qu'excitée par ce qui se déroulait sous ses yeux.

«  Le jeune d'Heucville a l'air très confiant. Il paraît qu'il n'a jamais perdu, excepté contre votre frère.

Cécilie étouffa un rire. Il était vrai que Gaël excellait dans la stratégie et la logique bien plus que dans le maniement des armes. Une idée morose lui traversa l'esprit en l'imaginant participer à un duel... Mais elle s'obligea à rester les deux pieds sur terre.

- Edgar ?
- Non non, son frère, Jocelyn.
- Mais n'est-il pas encore bien jeune ? Il ne doit être guère plus âgé que toi.
- Si fait. Rit Augustine.
- Un an de moins il me semble, » sourit doucement Rose en levant enfin les yeux de son nécessaire d'écriture.

Élevée à la position étrange de femme de confiance et de scribe personnel de la Comtesse, Rose ne dépareillait pas dans la foule et ses nouveaux atours lui allaient même mieux que les anciennes robes de toile. Celui ou celle qui aurait pu deviner sa basse extraction aurait été sorcier ou devin... Et pour tous ceux qui se souvenaient de cette femme discrète, la langue de bois était de mise.

«  Son frère vient par ici. » Murmura la noble demoiselle.

Confuse, Cécilie se demanda un moment s'il s'agissait d'Edgar ou de Jocelyn mais la voix trop grave pour un jeune homme de quinze an lui appris que c'était le plus âgé des deux qui semblait vouloir lui glisser un mot.

«  Comtesse. Voulez-vous que nous vous aidions à vous approcher ?
- Inutile... A moins qu'il n'y ait une place pour moi à la table de jeu ? 

Rose sourit en remarquant la même expression surprise sur le visage d'Augustine que celle qui venait de prendre place sur celui de l’écuyer. Cécilie n'eut pas besoin d'une description pour qu'un sourire amusé se fraie un chemin jusqu'à ses lèvres. Elle n'était pas encore habituée à tout cela. Vivre au palais de Missède n'avait rien à voir avec la vie à Beaurivages ou à Nelen. Rien non plus avec la vie au château de Lourmel où à celui d'Etherna... Etherna... Tout cela allait de mal en pis... Mais elle avait d'autres choses à penser ! Comme s'habituer à son nouveau train de vie et affermir ses relations avec la bourgeoisie et la noblesse du Comté. L'écuyer revint d'ailleurs de sa surprise pour lui répondre, estomaqué.

- Mais vous pouvez... je veux dire...

- Si vous pouvez énoncer à voix haute les pièces et les emplacement, je pense pouvoir au moins essayer.
- Vous connaissez les règles ?
- J'y ai joué étant enfant, il doit bien me rester quelque chose.
- Et bien je suis sûr que mon frère sera heureux de vous céder sa place. » Puis il ajouta plus haut, « Messieurs, Sa Grandeur a envie de se joindre à vous, y aurait-il un bon Souffle pour lui céder la place? »

Le ton était éloquent, l'intonation cachait mal un léger amusement qui n'avait pourtant pas grand chose de moqueur... Enfin pas plus que la plupart des réflexions innocente de ceux que la dame ne connaissait pas bien. Il y eut débat, non pour savoir qui devrait s'y résoudre, mais à qui reviendrait l'honneur de céder la place. Visiblement l'idée d'une comtesse jeune, belle et fragile jouant avec eux les animaient plus qu'elle ne les rebutaient. Elle avait encore la fraîcheur de la nouveauté... Et puis avec la disparition rapide de Théobald et ce qu'elle avait faillit engendrée, même ceux qui ne voyaient pas son changement de nom ou ses prouesses maritales d'un bon œil commençaient à préférer voir le trône Comtal occupé et stable que de nouveau à la dérive.

Ceux qui avaient réussit à prospérer durant cette période de trouble profitaient de leurs nouvelles acquisitions, ceux qui avaient déchus regroupaient leurs forces dans l'ombre avant de frapper, chacun à son échelle. La fragilité des lignées fondatrice de Missède lors des dernières années et la presque disparition de deux d'entre elles avaient aiguisées bien des dents derrières les sourires affables, les voix polies et les faveurs empressées. Cécilie n'avait aucun doute sur le nid de crabe dans lequel elle était assise, et bien que l’ambiance poudrée invite certains caractères à l'indolence et à la naïveté, elle la préférait mille fois aux agressives discussions du Nord depuis qu'ils avaient perdu l'honnêteté pour laquelle elle les avaient tant admiré dans ses rêves d'enfant. Au moins, ici, elle savait à quoi qu'en tenir et ne baisserait pas la garde. Le poison et les informations faisaient bien plus de ravages que des lames et les enfants n'étaient généralement pas jetées du haut des tours. Aux jeunes Comte et Comtesse de leur montrer à tous que certaines choses étaient irrémédiablement hors de la porté de ceux dont les ancêtres n'avaient pas prouvé leur valeur pour des siècles et des siècles et que leur présence n'était pas nécessairement un mal pour leurs affaires. Avec les événements de Langehack, Ernest avait déjà fait un pas de géant de ce côté là et le temps que passait Cécilie avec les hautes figures de leurs terres ne faisait que renforcer ces premières actions.

Après quelques minutes de rires de circonstance, ce fut finalement celui qui avait initié le jeu qui donna sa place. Marie-Anne, l'une des femmes présentes, accompagna donc la Comtesse jusqu'au siège près de la table de jeu, les autres courtisans présents s'écartant pour ne pas risqué de percuter l'infirme, cachant parfois leur regard de pitié ou leur moue de dégoût en se rengorgeant dans un pan de tissus bien chaud. Alors qu'Augustine se précipitait à la suite de sa dame pour être au cœur de l'action, Rose regarda Cécilie s'éloigner avec un sourire mesuré, les yeux remplis jusqu'au bord d'un amusement enfantin.

«  Je vous remercie.

- Je vous en prie, Comtesse, rayonna Edgar. Demoiselle, si je peux... ajouta-t-il à l'intention d'Augustine en poussant un siège pour qu'elle puisse se tenir au plus près de Cécilie, la faisant rougir jusqu'aux oreilles. Elle acquiesça et s'installa sans qu'un son ne puisse sortir de sa bouche.
- Si j'osais, je vous proposerais de jouer avec vous, Comtesse, » rit le débonnaire Michel.
- Allons, cela ne serait pas juste pour nos concurrents.
- Je serai simplement votre général dans cette bataille.
- Soyez plutôt mon bras armé et déplacez les pièces à ma place... Et si vous voyez que je suis en détresse, secourez moi. »

Les sourires amusés fusaient, les commentaires sur la partie à venir également. Rose entendit quelqu'un parier un souverain sur la victoire de Jocelyn l'autre tint le pari. Connaissant Cécilie, si son amie de toujours avait put entendre le chuchotement au milieu de tous les bruits que produisaient une dizaine de personne, alors elle aussi, même si elle n'en laissait rien paraitre.

La partie commença. Le premier mouvement fut laisser à la Comtesse. Le bon sire Michel allait lui préciser de quel côté du plateau était son camps et quelles options s'offraient à elle pour un bon départ lorsque son inspiration fut coupé par quelques mots lancés avec détachement.

«  E-3 en E-12. »

Un flottement dans l'assistance.

«  Et bien Messire, ne vouliez-vous pas m'être une main secourable ? Ma première ligne refuse-t-elle de s'avancer ?
- Mais comment avez-vous su quel camp était devant vous ? Demanda la voix estomaquée d'Augustine.
- N'est-ce pas ce camp qui ouvre lorsqu'il y a quatre joueurs ?
- Si fait...
- Vous nous possédez... ajouta Michel en riant. Vous connaissez bien mieux ce jeu que vous ne le laissiez paraître.
- Et bien je...
- A-2 en B-3 coupa Jocelyn, sa voix juvénile empreinte d'un sérieux indéniable.
- Et voilà que notre jouvenceau se pique de gagner ! A en couper la parole à ses aînés.
- Et que gagnez-vous à piquer le jouvenceau, Messire ? » Répondit-elle avant que le jeune homme puisse ouvrir la bouche, sur un ton si simple et doux qu'on ne savait à quoi s'en tenir. « Si nous attendions de savoir qui l'emportera avant de nous gausser ? J'ai entendu du bien de vous Jocelyn, et j'espère que le fait qu'une dame participe à cette manche ne vous poussera pas à la clémence.
- Pourquoi ne pas faire le même vœu à propos de nos autres adversaires, ma dame ?
- Parce que mon frère ne supporterait pas que je gagne contre vous par forfait. » sourit-elle encore.

Les yeux du jeune homme s'agrandirent un peu sous l'effet de la surprise avant qu'un sourire confiant ne revienne sur son visage. Les discussions à voix basse allaient bon train. Chacun avançait ses pièces, hésitant souvent sur la numérotation des cases à annoncer à haute voix. Les actions de la dame semblaient aussi précises que celles des autres joueurs, au point de croire qu'elle y voyait. Après quelques tentatives, Michel arrêta finalement d'essayer de prodiguer ses conseils, bougeant les pièces de la dame selon ses indications et s'exclamant de temps à autres, riant aux remarques provocantes des uns et des autres, participant à la discussion. La Comtesse parlait bien peu, mais elle ne se trompa pas une fois sur l'emplacement de ses pièces et mis en difficulté l'un ou l'autre de ses adversaire autant qu'elle fut mise à mal. Près d'une heure s'écoula avant le premier forfait. Puis encore une demie heure avant le second. Les deux survivants se trouvaient être Jocelyn et Cécilie. Le nombre de pièces réduisait, mais aucun des deux ne semblait prêt à abandonner. Autour, les discussions allaient bon train. Alors que ce genre d'affrontement était normalement l'occasion de joutes verbales dans un tel cadre, les deux concurrents étaient désespérément silencieux. Ils ne faisaient plus que parti du décors au point où en étaient rendues les choses. Certains avaient quittés la pièce, d'autres étaient arrivés. Rose continuait son travail à la lueur de la flambée qui ronronnait dans l'âtre.

La fin du jour approchait à grands pas lorsqu'un serviteur vint quérir la Comtesse.

« Pardonnez-moi votre Grandeur, un vagabond s'est présenté au Palais en rapportant un message. Il dit avoir reconnu le sceau de Missède.

- Rose ? »

La jeune femme vêtue de vert se leva et vint prendre le petit rouleau que tendait l'estafette. Le papier était humide et sale, du cachet brisé, il ne restait qu'une vague empreinte de cire noire. Mais à l'intérieur c'était bien son écriture qui bavait le long des lignes. A en saisir quelques mots, elle fronça les sourcils.

« Il semblerait que ce soit l'une des lettres envoyées à Sa Bienveillance Irys. La dernière en date je dirais même. »
déclara-t-elle
- Bien. Veillez à ce que cet homme soit nourrit, donné lui le gîte pour cette nuit et payez le pour sa peine.
- A votre convenance, votre Grandeur. » se retira le jeune homme.
- Alors... Où en étions-nous... hmmm... E-8 en D-2. »

Le jeune homme fronça les sourcils. Michel et Edgar échangèrent un sourire de connivence. De nombreux murmures s'égaillèrent.

« B-2 en B-4... Et il semble que j'ai gagné. »

Les murmures s'intensifièrent. Cécilie fronça les sourcils, ses lèvres formant silencieusement les lettres correspondant aux deux emplacement puis son visage s'illumina de compréhension et enfin son sourire revint, à la fois dépité et doux.

- Diantre, il semblerait oui. J'aurai bien eu besoin d'un général en définitive.
- C'est en perdant certaines batailles que l'on progresse, ma Dame. Très bien jeune homme, je retire ce que j'ai dit tout à l'heure. Mais j'espère bien avoir l'occasion de vous coller moi-même un jour prochain, plaisanta encore Michel, ergotant sur ses prouesses d'esprit pendant encore de longues minutes.

Au milieu des babillages, le jeu fut rangé, les occupations changèrent. La Comtesse retrouvait de la conversation, libérée de la concentration dont elle devait faire preuve pour se souvenir de l'emplacement des pièces. Le dîné n'était plus bien loin. Le repos non plus pour la jeune femme... enfin une fois qu'une dernière entrevue avec l'Intendant eut été expédiée. Mais avant la débandade, alors que le jeune et sérieux Jocelyn d'Heucville passait à proximité, elle le félicita sincèrement, lui donnant quelques nouvelles de Gaël avec l'air de ne pas y toucher et l'invita même à lui donner quelques conseil stratégique pour ses futures parties si l'envie lui en prenait.

- Il semblerait que vous appréciiez la guerre plus que ce que Gaël ne le pense.
- Seulement celle qui peut être gagné avec des hommes de bois. Si vous voulez bien m'excuser...

Malgré le fait qu'elle ne puisse le voir, le garçon se fendit d'une révérence, laissant partir la Comtesse au bras d'Augustine et suivie de Rose. Il quittait a son tour le salon agréablement chauffé lorsque son grand frère se porta à sa hauteur, calant son pas sur le sien.

« Elle avait l'air désappointé, tu aurais put la laisser gagner tout ce même. Un peu de galanterie par Arcam !
- ... Elle a oublié une pièce. répondit le plus jeune sur un ton morose.
- Comment ?
- Je n'ai gagné que parce qu'elle a oublié une pièce. Je ne sais pas ce que cela aurait donné si elle avait pu regarder le plateau une fois cette histoire de lettre terminée.
- Ne soit pas sot enfin. Tu as gagné ta victoire... contre une aveugle, certes, mais je suppose que ça compte tout de même...
- Ne soit pas obtus.
- C'est une femme tarée.
- Et toi un crétin. Pourtant je n'en fait pas toute une histoire. »

Par vengeance, le grand frère ébouriffa les cheveux bruns du plus jeune... ce qui finit par dégénérer en pugilat.
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