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 Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor

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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor   Jeu 8 Juin 2017 - 23:26

Haut Conseil de Thanor
Karfias 10ième année XIième cycle


Fin de la Ière énnéade de Karfias, Xième année, XIième cycle,




Le jour même…

La capitale industrielle du royaume rayonnait d’une aura particulière dans le blizzard de l’hiver. Le grand fjord était totalement pris dans les glaces et pour quiconque aurait tenté une approche en surface de la cité naine, on aurait pu croire que la zone entière était un gigantesque glacier, sans aucune présence. Pourtant dans la soupe blanche qui faisait office de jour en surface, on pouvait voir les traces d’une activité toujours fébrile dans les tréfonds de la terre. En ce moment même, et alors que la journée était presque à moitié révolue, le soleil n’arrivait presque pas à percer. Le vent était si intense, les bourrasques si compactes, le soleil si faible, les montagnes si hautes… Tout était réuni pour que rien ne transparaisse en surface.

Et pourtant si quelqu’un était assez fou pour se rapprocher de la ville, il remarquerait que le blizzard n’arrivait pas à recouvrir de neige certains pans des montagnes. Qu’à ces endroits le blizzard, d’un blanc insupportable, se confondait alors en un noir épouvantable. Car les forges de la cité crachaient leurs suies avec autant de ferveur dans ce froid glacial que dans les tièdes après-midi d’été.

Peut-être même plus encore depuis que la ville s’était retrouvé une raison d’être : devenir le pourvoyeur de la reconstruction d’un royaume. Le départ de la Voix de Thanor avait laissé un certain vide. D’autant que Morek n’était pas réellement en poste depuis bien longtemps. Si l’ingénieur chef de la ville avait toujours eu une aura et une influence sur sa cité, le rôle de Voix était fondamentalement différent. Les arbitrages avaient été laissé en attente. Si la politique de la ville se voulait consensuelle, il n’en était pas moins qu’une autorité paisible existait au pinacle de cet édifice. Et Morek était cette autorité. Un rôle qui, après avoir été difficile à vivre, devenait plus simple pour le nain. Il rentrait dans le rôle. Et son esprit hautement analytique, maladivement maniaque, se coulait dans l’idée qu’il pouvait maintenant utiliser ses dons pour le bien de la cité et de ses nains.




Tout avait commencé quelques jours avant le début de ces grands blizzards…



Le retour dans la cité avait été plus rapide que d’aller à Almis. Et lors du retour, le nain avait quelque peu rêvé – ou plutôt commencé à planifier – les idées d’un réseau de tunnels vers Almis. Pour s’éviter le chemin des cols.

A son arrivée à Thanor, la Voix et ses compagnons avaient été reçus en victorieux héros. Thanor n’avait pas connu une telle ferveur depuis le Voile. Les victoires faisaient du bien à l’âme des nains. Même si cette victoire était contre des frères, et qu’elle aurait dû rendre leurs cœurs pleins de tristesse, à Thanor on ne savait pas ne pas se réjouir d’une victoire.

Le Grand roi et son fil arriverait une énnéade plus tard. Le temps de préparer un peu la cité et de donner l’image d’une quasi perfection au grand Roi. Il devait être impressionné. La grandeur et l’orgueil de la cité devait devenir son orgueil. Le Grand Roi devait être fier de Thanor. Il devait trouver dans la gloire de Thanor sa propre gloire. Et Morek prendrait dès le lendemain la direction des opérations pour que tout soit prêt - absolument tout…

Le soir même il n’y eut pas de fête. Elle serait pour le lendemain. Ce soir-là serait réservé à la famille. Morek n’avait pas vu sa compagne et ses enfants depuis plus d’un mois maintenant. Et s’il n’était pas un sentimental assumé, il était un homme de famille. Le diner fut donc l’occasion de retrouvaille. Jamais Morek n’était aussi normal que lorsqu’il se retrouvait ainsi entouré de sa famille proche. Sa compagne et ses enfants avaient un effet apaisant, faisant presque diversion. Et pendant ces instants de calme et de partage, il arrivait presque à oublier ses soucis, ses pensées obscures… Oublier… Un concept presque abstrait.

L’ennéade fut consacrée donc à reprendre la main sur tous les dossiers du moment, à aller rencontrer l’essentiel des chefs de clans et à faire plusieurs fois le tour de la ville. Le banquet de victoire fut assez imposant. Tous les clans participèrent et pendant quelques heures la ville de Thanor fut à l’arrêt. Chose presque inimaginable en dehors des jours de fêtes annuelles.

Pendant une ennéade, la ville se prépara également. Le grand roi recevrait un accueil digne de son rang, et digne de l’image que Morek souhaitait véhiculer de sa ville.

Le jour J, tout était prêt. La ville avait été nettoyée du sol au plafond. Chaque statue avait été vérifiée, chaque cuivre poli. Pas une trace d’humidité, pas un seul champignon, une seule moisissure. En dehors naturellement des endroits conservés à titre décoratif. Et du décor la ville justement en avait. Outre les banderoles, les fanions et les drapeaux, on avait sorti partout de grands panneaux de bois sculptés, le tout au nom du Grand Roi et de Thanor.

Thanor attendait son souverain, et l’attendait de pied ferme. L’arrivée du Grand Roi fut une grande liesse. Digne des ovations des légendes. Jamais, même pour le triomphe des Voix de Thanor les plus populaires on avait vu telle foule se rassembler et fêter un nain. Morek avait bien travaillé. On avait mis les petits plats dans les grands, et l’on avait fait jouer le suspens, l’anticipation et l’exhortation pour faire monter l’excitation de chacun à l’idée que le grand roi arrive. Jamais Morek n’aurait pu penser que manipuler les foules aurait pu être d’une telle simplicité. Une dose de mystère, une dose de grande pompe, une dose de simplicité affichée, et on laissait la rumeur faire le reste.

Morek ne doutait pas qu’Hardrek fut impressionné. Son fils à son arrivée avait eu le droit à la pompe, sans aucun doute, mais certes pas à une liesse. Le banquet du soir fut mémorable. Et l’on repoussa jusqu’au lendemain soir l’idée même de faire des choses sérieuses. Ni les esprits ni les corps n’étaient capable d’assumer une telle charge après un tel festin.

Il fut décidé le lendemain de l’arrivée de Hardrek qu’un conseil serait tenu le deuxième jour de la présence du grand roi dans la ville. De toute manière les choses ne risquaient pas d’être très pressée, car le blizzard se levait.




Le jour même…


Personne ne pouvait entrer ou sortir de la cité. Et en dehors des galeries souterraines qui reliait la grande Thanor à toutes les petites villes et villages environnants faisant partie de son cercle immédiat de dépendance, les communications étaient coupées avec le reste du royaume. Il n’était pas impossible que Hardrek et son fils se retrouvent obligés de couler quelques jours de plus que prévus invités de Thanor l’industrieuse.

Le conseil avait été appelé, et naturellement comme ils étaient présents, les deux nains étrangers à la cité avaient été invités. L’un parce qu’il était à présent le maitre du royaume entier, l’autre car il était un ami de la ville et un invité de marque.

Morek était arrivé au conseil après s’être entretenu le matin même avec Haldin. Le vieux nain avait toujours été un proche, mais depuis que Morek avait accédé à la marche suprême du pouvoir Thanorien, leur amitié s’était resserrée. Haldin était un personnage haut en couleur. Comme Morek il ne fallait pas se fier aux apparences ou à son originalité toute relative. De plus Haldin était respecté, et sans aucun doute aurait pu être Voix de Thanor à la place de Morek si ce dernier n’avait récupéré la fonction.

Morek estimait les autres membres du conseil, sans nul doute, et sa fonction l’obligeait à une certaine retenue et à ne pas afficher de favoritisme. Mais entre deux séances du conseil, Haldin était sans nul doute celui que Morek approchait le plus pour discuter des sujets de la cité, ou pour sentir le pouls de la population de la cité. Haldin était plus proche des nains de la cité. Cela avait toujours été le cas, et cela l’était encore plus depuis l’accession à la fonction de Voix de Morek.

Il fallait dire que Morek n’était pas simple à approcher. Il avait toujours été quelque peu… Perché sur son piédestal. A ruminer ses formules, à bricoler ses confections invraisemblables, à mélanger on ne savait quelles substances et à provoquer on ne savait quelles expériences. C’était un nain relativement secret, et passant bien trop vite de l’enthousiasme le plus communicatif à la sécheresse la plus exaspérante. Et son rôle d’arbitre l’avait couvert d’un voile de distance encore plus important.

En ce moment un point ennuyait Morek plus que tout. Il avait reçu bien des Veinedebronze qui critiquaient ouvertement leur Thane. C’était absolument inédit dans la courte carrière politique de Morek. Il fallait dire que l’insatisfaction de Morek envers les choix commerciaux du nain était visiblement partagée. Morek avait toujours respecté le fait que les rôles dans la cité étaient à chaque clan. Il avait un respect infini pour la société clanique au délicat équilibre que Thanor s’était forgée. Mais être Voix était aussi être Guide. Et pour lui qui était un ingénieur de cœur et d’esprit, il était à présent quelque peu délicat de devoir sortir de sa zone de confort et d’analyser les situations des autres clans.

Or les questions commerciales étaient un point politique assez délicat, et d’autant plus que le clan Barazazgal semblait avoir perdu confiance en son responsable. Les deux nains ne s’étaient jamais beaucoup apprécié. Olfar avait toujours été sceptique de Morek et le considérait comme un fou dangereux. Morek quant à lui avait toujours eu le plus grand scepticisme pour les goûts de luxe du nain et pour ses louvoiements trop nombreux. Et son individualisme et égo assez pesants.

L’accession de Morek au titre de Voix n’avait pas dû aider la sécheresse des relations. Il n’était pas impossible qu’Olfar ait été jaloux de la situation. Mais aujourd’hui arrivait l’heure des comptes. Car Thanor allait changer son arbalète d’épaule. Le commerce devrait se recentrer sur le Zagazorn, ce qui ne plairait pas à Olfar, qui chassait toujours ses chimères de commerce avec les humains du Sud. A cela s’ajouterait que devrait avoir lieu la conversation pénible de faire un peu le bilan des politique commerciale d’Olfar. Les Veinedebronze n’étaient pas le seul clan de marchand dans la ville, et leur prééminence prendrait peut-être fin lors de ce conseil. Morek n’avait pas d’avis tranché, il avait l’honnêteté intellectuelle d’entrer dans la réunion avec les idées ouvertes. On verrait où cela mènerait.




LE CONSEIL


Le conseil était dans la salle prévue à cet effet. Morek, selon la tradition, était là avant tout le monde. Il accueillit chacun des membres selon le protocole et autorisa chacun des conseillers à prendre place autour de la table. Le conseil était au complet, ce qui n’était pas arrivé depuis des années. A cela s’ajoutait deux invités de marque, qui étaient arrivés en même temps que Morek.

« - La séance est ouverte. Oui… Ouverte. Qu’il soit dit pour commencer que le conseil reconnait aujourd’hui dans la présence de Son Grand Roi un honneur très grand et pour lequel nous le remercions.

Le premier sujet placé à l’ordre du jour est celui du futur des voies commerciales Thanorienne, et de la potentielle nécessité de recentrer notre commerce sur le Kirgan et Lante.

Que les conseillers souhaitant prendre la parole le fasse librement afin que je puisse, en conclusion, synthétiser nos pensées et affirmer ce que sera la Parole et la Loi de Thanor. »


Dernière édition par Morek Tête-de-fer le Mer 12 Juil 2017 - 21:06, édité 1 fois
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Hardrek Poing-de-Fer
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MessageSujet: Re: Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor   Sam 17 Juin 2017 - 18:30


Hardrek s’installa à la table du conseil, dévisageant attentivement chacun des participants afin de les fixer dans sa mémoire. Il en connaissait bien certains, avait entendu parler d’autres, et une partie lui restait inconnue. Avant sa désignation au trône, le roi n’était que rarement venu dans la cité maritime, passant le plus clair de son temps à Kirgan ou dans les différents fortins enfouis au cœur des montagnes du Septentrion. Mais suite à la victoire acquise sur Almis, Hardrek avait décidé de parcourir son royaume afin de voir ses sujets… et surtout d’être vu d’eux. Bien qu’une décennie sans roi ne soit qu’une période courte dans la vie d’un nain, le choc psychologique que cela entraînait demandait à être soigné. Il suffisait de se souvenir de la liesse avec laquelle les habitants de Thanor l’avait accueilli l’avant-veille pour comprendre le soulagement ressenti en voyant que l’ancienne structure politique revenait à la normalité.

Ayant prévenu Morek qu’il souhaitait s’exprimer avant que ne commencent les débats, Hardrek prit la parole, sa voix caverneuse s’élevant sous les hautes voûtes élégamment sculptées de la salle du conseil.


Nobles dawis, fiers représentants de cette magnifique cité, je tiens tout d’abord à vous remercier pour la loyauté dont Thanor fit preuve dès que l’Althinkalan me confia la lourde responsabilité de porter la couronne. Vos frères se sont battus courageusement dans le Nord lorsqu’il nous fallut ramener à l’obéissance Almis la rebelle. Aujourd’hui, le Zagazorn est pacifié même si la présence d’un dragon ne peut manquer de nous inquiéter. Mais tel n’est pas le but de mon intervention aujourd’hui. Si je tenais à m’exprimer avant de vous laisser poursuivre vos débats, c’était pour vous indiquer quels sont les projets politiques que le Zagazorn devra suivre sous mon règne. Je ne doute pas que sous la houlette de dawis aussi sages que mes amis Morek ou Haldin, vous en serez d’ardents défenseurs. Mon projet peut se résumer en trois axes : famille, autarcie, responsabilité.

Famille, car notre peuple est affaibli. Nous devons l’admettre sans nous voiler la face. Des dizaines de milliers de dawis ont péri durant le Voile, causant une saignée dont il nous sera malaisé de nous remettre avant plusieurs décennies. Voilà pourquoi je tiens à ce que chaque thane, au sein de son clan, promeuve la natalité et renforce les structures aptes à accueillir des familles nombreuses. Le célibat ou le veuvage ne doivent plus être des situations pérennes lorsqu’un dawi est encore suffisamment jeune pour procréer. Et pour ceux qui ne trouvent pas filon à leur pioche (un humain aurait dit « chaussure à son pied »), favorisez les voyages vers d’autres cités. Lante, et encore plus Kirgan, seront ravies d’accueillir de jeunes dawis plein d’ardeurs et ambitionnant d’y fonder un foyer. Même Almis saura leur ouvrir les bras, j’y veillerai personnellement.

Autarcie, car nous n’avons pas d’alliés fiables en dehors de nos frontières. Les wandrais restent incontrôlables, les péninsulaires se déchirent depuis la mort de Trystan et les elfes ne pensent qu’au front de l’Anaëh. Nous ne devons pas leur révéler notre état de faiblesse actuel, aussi j’interdis formellement l’entrée du Zagazorn aux longues jambes. Thanor et Lante pourront cependant conserver des enclaves commerciales afin de ne pas fermer l’ensemble des voies commerciales avec leurs partenaires du Sud. Par contre, je vous encourage vivement à renforcer les transactions en interne du Zagazorn. La saison ne s’y prête pas, mais je suis certain des dawis aussi ingénieux que vous trouverez des moyens pour que nos marchands bravent les éléments.

Responsabilité, car le royaume ne peut plus fonctionner comme avant. Garmin régnait en monarque absolu depuis la capitale qui concentrait les trois quart du peuple, décidant de tout et centralisant tous les arbitrages. Au vu des circonstances de ce début de cycle, je ne cherche pas à prolonger cette pratique. Ainsi donc sachez que je laisserai une grande liberté d’action aux différentes cités du Zagazorn tant qu’elles respecteront les lignes de la politique que je suis en train de vous expliquer ou des futurs édits que je serai amené à prendre. Sous mon règne, vous serez plus libres de vos décisions que vous ne l’étiez auparavant. Mais n’oubliez jamais que vous restez tous responsables devant moi de la bonne conduite des affaires de Thanor. Je ne jugerai pas vos paroles, uniquement les résultats que vous obtiendrez.


Ayant fini son discours, le roi laissa les débats entre les conseillers commencer sur les différents points prévus à l’ordre du jour. Il n’interviendrait de nouveau que si cela s’avérait nécessaire, ou si un conseiller l’interpellait directement afin de recueillir son avis.
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor   Lun 3 Juil 2017 - 6:19




10° Année - XIe Cycle
Karfias•Hiver

Haldin était encore une flamme de vie des plus agitée. Il n'était pas bien vieux, car qu'étaient deux cent ans pour un nain qui pouvait facilement s'approcher des trois cent ? Malgré les décennies qui ne pouvaient plus se compter sur les doigts de la main, le vieux dawi était un esprit sain, dans un corps sain. Néanmoins la douce et savoureuse escapade qui avait revigoré son âme, n'avait point estompé son chagrin.
Certes il avait à Lante, trouvé quelques amitiés fortuites, et si celles-là étaient désormais gravés dans son cœur, il n'oublierait jamais feu ses amis d'antan. Impitoyable, la guerre s'était emparée d'eux, et ils reposaient désormais auprès du Père.
Sa mémoire s'était longtemps joué de lui, elle avait de fait extirpé pendant sa jeunesse, moults souvenirs acerbes. Cependant c'était là une sorte de mécanisme qu'elle avait enclenchée, non pas mesquine, seulement protectrice vis-à-vis de lui. Il avait donc uniquement oublié un pan tragique de son histoire, mais cette mémoire sélective n'avait fait qu'accroître.
Si son ami Morek était incroyablement absorbant, lui, était une passoire, parce qu'il oubliait beaucoup de petits évènements ou de petites informations. Par chance il avait prit l'habitude d'écrire quelques gribouillis à la limite du lisible, et ce sur des bouts de parchemins froissés par ses poches. Encore fallait-il qu'il ne les perde pas dans une broussaille ou sous certains bancs ou quelque recoin oublié. Seulement avec son charisme et sa gentillesse, il arrivait à se faire excuser, souvent, très souvent, pour ses retards et ses oublis. D'aucuns faisaient passer cela comme étant une touche de sénilité pas trop méchante ni trop précoce. C'est-à-dire que très peu de nains connaissaient les véritables raisons de ces amnésies.

Les activités ne s'étaient pas faites rares, ainsi Haldin avait réalisé avec zèle ses tournées habituelles, afin d'estimer le rendement des cultures, les rotations des parcelles et bien d'autres sujets relatifs à sa fonction de Maître Éleveur (et tout autant de l'Agriculture). En effet, et plutôt que de devenir Voix de Thanor, il avait opté, pour être plus utile à la cité, en gérant ce qui pour lui était inné. Le Bouc avait donc depuis plusieurs années cédé non seulement sa place de Thane Barbedrue à son neveu, mais aussi appuyé la ''candidature'' de Morek en tant que Voix, car suite à la disparition d'Alaric, tous les regards s'étaient tournés vers lui pour présider le Haut-Conseil. Or il avait préféré endosser le rôle de Conseiller, très au courant des capacités de son cher ami Morek à gérer tout genre de situation. Les dawis pensaient alors que l'âge voulait tout dire, mais Haldin leur avait fait comprendre que seules les compétences prévalaient. Et si lui était un vertueux montagnard et paysan, Morek lui était un génie, un démiurge...

Bien évidemment la rude saison d'hiver autorisait très peu de marge de manœuvre, mais le frongol poussait indiscutablement bien. C'est qu'ils avaient depuis le Voile, amélioré cette culture et augmenté son rendement de façon drastique. Jamais ils n'avaient produit autant de champignons en hiver, depuis qu'ils avaient ouvertement et intelligemment profité de la chaleur des forges pour faire pousser le savoureux aliment qui composait grande partie de leur alimentation. Haldin avait en huit ans réussit à implanter à Thanor, des méthodes et des pratiques propres aux Barbedrue, quand encore ils vivaient en communauté au fin fond des montagnes capricieuses. Il avait alors fait préparer attenants aux forges, des espaces entièrement dédiés à l'agriculture intramuros, profitant non seulement de la chaleur mais de l'humidité des cavités thermales de l'endroit. Depuis bientôt dix ans, et car ils avaient dû subsister en autarcie après le Voile, ils avaient commencé à planter des variétés de tubercules très adaptés au système nocturne. Ils réalisaient depuis des rotations bénéfiques à la terre, qui permettait pendant deux ans au frongol d'apporter à la terre ce que les tubercules ne pouvaient pas. Vice versa, mettons une variété de carotte qui permettait un assolement en régénérant ce que les champignons avaient appauvri.

Quant à l'élevage caprin, celui-ci n'avait en hiver pas trop de débouchés et beaucoup de bergers s'en étaient allé en transhumance inverse, dans des recoins du Zagazorn un peu plus conciliants au niveau du pâturage et de la météo. Bien sûr la neige restait omniprésente mais la végétation était différente là-bas, dans les vastes plaines du Brissalion, semées d'embuches certes, mais également de genêts en graine ou de hauts buissons garnis. Les chèvres y étaient paisibles, alimentées seulement pour l'entretien, les naissances ne seraient programmées que pour le début de printemps, ils avaient donc largement le temps d'entamer la procédure qu'était la ''lutte'', ces nuits de noces entre mâles et femelles...
En cette période les gardes-manger étaient encore pleins de viande séchée et tous les nains pouvaient alors manger à leur faim et ce jusqu'aux beaux jours.

Depuis trois ans déjà, le Bouc de Thanor avait fait connaître et apprécier de tous, la délicieuse viande de rongeur. Les Barbedrue s'étaient donc lancés dans l'élevage intensif de lapins et de petits rongeurs péninsulaires, communément appelés cochons d'Inde, et complètement adaptés au style de vie troglodyte dawi. Ainsi aujourd'hui, grâce aux carottes récoltées, et aux déchets de frongol les animaux étaient abondamment nourris, et les dawis pouvaient se délecter de viande fraîche même en hiver. Les délicieux rongeurs fournissaient en plus de ça leur doux pelage, qui étaient devenu une source intarissable de fourrures et de cuirs. Thanor était sans doute devenu depuis peu la capitale industrielle du Zagazorn, et ils en étaient tous très fiers. Les denrées pullulaient aujourd'hui, et ils avaient de quoi substenter le Zagazorn, seulement en avaient-ils assez pour œuvrer à la reconstruction du Royaume, sans pour autant cesser le commerce extérieur ? Le Grommtrommi en savait quelque chose.

Le début du mois était arrivé à grands pas, et il avait eu le temps de retrouver sa femme, sans l'ombre d'un doute ils s'étaient manqués, mais leur relation était surtout basée sur une amitié qui reposait tellement sur la complicité, que malgré la distance ils étaient mentalement liés. Haldin était persuadé que si Mirza venait un jour à souffrir à des centaines de kilomètres de lui, il ressentirait au plus profond de son cœur sa douleur, comme un appel à l'aide. Et il irait la rejoindre malgré guerres ou tempêtes, pour lui tenir la main, et l'accompagner dans la souffrance.

La veille avait été fastueuse, l'arrivée du Grand-Roi et de son fils avait été célébrée en grande pompe. La journée ainsi qu'une bonne partie de la soirée avaient vu Thanor en effervescence, la roche ancestrale vibrante de cris de joie, puis ensuite de murmures enivrés. Rarement, pour ne pas dire jamais, la Cité avait célébré aussi gracieusement la présence d'un Grand-Roi. L'accueil de Morek et de sa ville avait signifié aux dawis, que les temps étaient au changement, que la splendeur était l'adjectif qui devait caractériser le Grand Peuple Dawi.

Ce matin là il avait quitté son lit douillet, et avait rejoint Morek, bien avant que la fourmilière ne s'active. Ils s'étaient entretenus un long moment, bien sûr ils étaient sur la même longueur d'onde et n'avaient fait qu'exposer clairement leurs idées, leurs avis. Ils s'étaient séparés ensuite sans plus de cérémonie, pour se retrouver plus tard dans la majestueuse salle où se déroulerait le Conseil.

Morek s'y trouvait déjà, le regard perdu dans quelque progression mentale, et il ne fit pas le moindre geste, pas le moindre haussement de sourcil lorsque Haldin arriva. Peut-être connaissait-il la démarche de son ami. Ce dernier avait été précédé par les éminences Poing-de-Fer, père et fils se tenaient tout aussi immobiles, comme subjugués par quelque force divine. Haldin se fit la réflexion que tous trois ressemblaient à ces pilliers de roche septentrionale qui soutenaient la magnifique pièce du Conseil, comparant celle-ci au Zagazorn. Oui, ces trois nains étaient indubitablement des pilliers.

Plus tard lorsque les trois membres restant étaient tour à tour arrivés et installés selon le protocole, son​ ami avait ouvert la séance avec le calme qu'on lui connaissait. Le Bouc avait esquissé un sourire, le Tête-de-Fer était définitivement fait pour ce poste. Le vieux nain avait ensuite écouté attentivement le Grand-Roi, et approuvé en silence ses dires. Hardrek ferait de grandes choses pour le royaume, assurément. Il avait la poigne de fer d'un guerrier, mais aussi la prévoyance d'un capitaine cherchant la confiance de ses nains.
Lorsque la parole fût donnée aux membres du Conseil, Haldin tourna ostensiblement son regard vers Olfar, Thane des Veinebronze. Bien que le Barbedrue et son clan étaient ceux qui alimentaient en partie le commerce intérieur comme extérieur, s'était peut-être bien qu'ils entendent d'abord parler le commerçant. Les Barbedrue ne s'occupaient que de la production après tout, mais le Bouc pourrait par la suite expliquer son raisonnement à l'aide de calculs prévisionnels, si toutefois il pouvait trouver ce fichu torchon de misère sur lequel il avait inscrit quelques chiffres !
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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Re: Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor   Mar 11 Juil 2017 - 22:58

Le discours d’un grand roi était un évènement que le Conseil de Thanor n’avait pas connu dans sa forme actuelle. La chose entière était à la fois le retour à un certain ordre millénaire et un brusque changement vers une ère pouvant être considérée comme moderne. Le royaume ne serait plus jamais le même. Thanor non plus. Et il était évident que les choses allaient changer rapidement. Tout du moins cela ne faisait aucun doute dans l’esprit de la Voix de Thanor.

Son esprit disséquait avec l’ordonnancement d’un boulier de comptable chaque mot et chaque tonalité du discours du roi. Pourtant Morek ne jeta pas un seul regard au roi. Il maintint durant toute l’intervention ses yeux sur l’auditoire, chaque tic et chaque expression du visage de son conseil se retrouvant marqué dans sa mémoire presque indélébile. Et pour cause, la suite des évènements allait sans aucun doute être soit un long fleuve tranquille, soit un tantinet houleux.

La vaillante Valya Brise-Etoile semblait portée par le discours. La naine était une fervente défenseuse de la civilisation naine et trouvait que Morek était un nain trop timoré. Elle était directe et courageuse. Morek et elle se respectaient mutuellement pour leurs qualités, mais n’étaient pas sur la même longueur d’onde. Cela n’était pas un problème, car ils travaillaient bien ensemble. Et Valya était une naine toute entière empreinte du respect des hiérarchies. Elle ne remettait jamais en cause l’autorité. Et de ce point de vue, cela donnait une certaine forme de tranquillité à la cohabitation entre Morek et cette dernière. A première vue Valya était en total accord avec le grand roi. A tel point qu’elle opina du chef plusieurs fois durant le discours.

Elle était un peu va-t-en-guerre, et de ce point de vue elle divergeait totalement de la nature plus patiente, plus calculatrice et bien plus diplomatique de Morek. Ce dernier était un politicien nain né. Politicien au sens premier du terme : à savoir celui qui s’occupait des affaires de la cité. Lui n’était pas du genre à aller combattre les gobelins à droite ou à gauche si ce n’était pas l’intérêt de sa chère citée. Valya elle était depuis le départ avec un esprit englobant tout le royaume. De fait la situation actuelle, ou Morek avait appuyé l’éclatement des barrières entre cités pour aider à la recomposition du royaume avait approché politiquement les deux nains.

Tarja Main-de-Jade elle s’était enfermé dans le silence. Comme à son habitude. Morek aimait beaucoup Tarja. Ils étaient tous deux les jeunes du conseil. Si Morek n’avait pas trouvé en Fregar Bras-d'Anthracite une compagne dont il ne faisait pas un seul doute dans son esprit qu’elle serait son âme sœur pour l’éternité, il aurait pu aimer Tarja pour son silence et sa patience. Elle était également une joaillière exceptionnelle, et Morek et elle travaillaient sur de nombreux projets. Cela aurait été un choix raisonnable selon son esprit. A cent douze raisons pour contre vingt-huit raisons contre. Mais tout cela était de la fiction. Et Morek n’avait pas de temps pour la fiction.

Tarja regarda Morek et Haldin après le discours du roi. Haldin devait également être proche de la jeune et patiente Tarja. Elle trouvait certainement dans ses deux ainés et collègues une source d’inspiration et était toujours réceptive à leurs arguments. Le conseil de Thanor n’avait pas de ‘camp’, ce lieu n’était pas un lieu de parti. Mais si des lignes politiques devaient être tirées, alors Morek, Haldin et Tarja représentaient sans aucun doute une sorte de front isolationniste tandis que Valya et surtout Olfar représentaient une ligne plus ouverte sur l’extérieur. Surtout Olfar.

Ce dernier ne s’entendait pas du tout avec Morek. Il avait participé à l’élection de Morek à contre cœur, et parce qu’il s’avait la partie perdue d’avance pour sa propre candidature. Alaric Œil-Tempête avait toujours réussi à modérer Olfar, mais avec l’arrivée de Morek comme Voix de Thanor, Olfar s’était fait plus irrespectueux et plus difficile à cadrer.
Tout différenciait les deux nains de toute manière, ou presque.

L’apparence d’abord… Morek était un nain dont l’apparence physique était toujours impeccable mais les vêtements étaient simples et fonctionnels, représentant sa fonction mais avec simplicité. Olfar lui était toujours habillé de manière si fastueuse que l’on aurait pu croire à un prince marchand des terres sudistes. Morek était parfaitement entrainé et grand pour sa race. Il disposait d’un physique qui, sous ses airs pacifiques, en faisait une force digne de ce nom. Si Morek tombait la chemise pour mettre la main à la patte pour les travaux mécaniques, il pouvait rivaliser avec les guerriers de Valya. Olfar était bedonnant et sur le déclin physique. Il ne tomberait pas la chemise pour ramasser sa cape. Morek doutait qu’il n’ait jamais fait autre chose dans sa vie que de négocier.

Sur le plan psychologique, Morek était avide de savoir et disposait d’une imagination inépuisable. Olfar était totalement obtus et ne voyait jamais que les intérêts à court terme. La mémoire presque infaillible de Morek mettait à l’épreuve les nerfs d’Olfar qui était de ceux cherchant à négocier en jouant sur les mots et en revenant légèrement sur ses paroles pour les situer sous un jour nouveau. Une tactique qui ne fonctionnait absolument pas avec Morek et que ce dernier exécrait plus qu’autre chose. La paresse d’Olfar lui avait même fait envoyer son suppléant à l’assemblée des clans pour élire le roi. Morek n’en était pas revenu. D’autant moins qu’en son absence, Olfar s’était senti le droit de tenter de diriger la cité. L’ ‘éclaircissement’ au retour de Morek avait été sans pitié. Et depuis la remise des horloges à l’heure, c’est à peine si Morek et Olfar se parlaient.  

Bref, dire que les deux nains se supportait était à la limite de la vérité. Il s’agissait surtout là d’une alliance de bienséance puisqu’ils étaient par la force des choses à la même table. Le nain était en roue libre et son clan s’inquiétait de la façon dont les choses avançaient. Plusieurs membres étaient même venus voir Morek et Haldin en secret pour tenter de prendre la température. D’autant que le clan Veine-de-bronze ne disposait pas du monopole du commerce, et d’autres clans, plus axés sur le commerce intérieur au royaume nain et moins porté comme Olfar sur le commerce avec la Péninsule ou les elfes, attendaient leur heure.

Olfar était devenu de plus en plus rouge durant le discours du grand roi. Il fusilla du regard Morek, ayant certainement l’impression que ce dernier avait ligué le grand roi dans des idées isolationnistes auxquelles il n’adhérait pas. Il prit immédiatement la parole.


« - Grand Roi ! Je souhaite prendre la parole. »

La question devait être rhétorique car il n’attendit pas la réponse pour exposer ses pensées :

« - Vous voulez faire voyager nos jeunes dawis pour trouver des épouses et augmenter nos rangs. Fort bien, mais j’entends parler de nos jeunes dawis partant pour Almis, Lante ou Kirgan, je n’entends rien sur l’inverse. Je m’étonne que mes co-conseillers autrefois si prompts à défendre les intérêts de Thanor face aux autres cités soient maintenant devenus si généreux qu’ils acceptent de déposséder la force vive de Thanor sans rien dire. Voilà un bien mauvais marché… »

Valya fit une réponse. Assez étonnamment, cette dernière étant d’habitude du côté d’Olfar.

« - Olfar, il est évident que le Roi pense à la chose dans les deux sens. Et il est évident que nous devons mettre du notre pour procréer. Thanor et Lante ont une démographie acceptable, mais il faut bien voir que tout cela n’est pas rutilant non plus. En pensant au niveau du royaume complet, nous ne sommes plus que l’ombre de nous-mêmes. Les autres peuples pourraient se service de cette faiblesse pour assurer notre fin. »

Olfar ne répondit rien, devenant un peu plus rouge.

« - Et que dire de la suite ? Autarcie ? Autarcie ? J’ai l’impression d’entendre dans la bouche de notre grand roi les mots de notre Voix. Ce que le Tête-de-fer n’a pu obtenir en conseil, il l’obtient par voie de la royauté ! Me voilà obligé de constituer une enclave dans le port de commerce, ce que j’avais toujours refusé de faire. Quid de nos relais au sud de Thanor ? quid de l’idée de comptoirs commerciaux vers les humains ? Quid de l’immigration d’humains à Thanor pour monter une flotte commerciale naine opérée par des humains vers la Péninsule ?

Toutes ces idées que l’on m’a repoussé aux calendes Kirgiennes et que maintenant on vient m’interdire tout bonnement et simplement ! L’autarcie est la mort du commerce… La mort de Thanor. Je m’échine à construire des liens commerciaux pour les voir capoter en raison de la mauvaise humeur de notre Voix, puis de l’incompétence commercial de notre grand éleveur chef, puis des deux combinés. Et je voix maintenant que l’alliance a réussi… Je suis la seule voix à m’élever pour le bien de notre cité et nos commerces face à notre Roi ! »


La dernière phrase resta en suspend dans l’air. Morek se contenta de regarder avec calme Olfar. Les autres conseillers semblaient un peu tétanisés dans un premier temps. Jamais auparavant Olfar – ou tout autre nain- avait fait preuve de telle mauvaise humeur en conseil. Morek en lui-même était content que l’abcès soit crevé. Dans une certaine mesure, il fallait surtout capturer ce moment et cette opportunité. Il était peut-être temps de se débarrasser du Veine-de-bronze et de promouvoir plus tard un autre clan, plus axé sur le commerce intérieur du royaume nain. Il fallait à partir d’ici travailler prudemment. Et dans un premier, il fallait se taire et voir ce que les autres répondraient.

HRP:
 
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor   Jeu 13 Juil 2017 - 17:27



Certes chaque membre du Haut-Conseil avait le droit de s'exprimer en ces augustes lieux. La table de granit autour de laquelle ils siégeaient avait bien sûr connue moults dawis mécontents ; par contre la porte massive n'avait jamais été close à la fin d'une séance, sans avoir trouvé modus vivendi qui vaille.
Hélas les temps semblaient avoir changés, car si le Grand-Roi était aujourd'hui présent, cela n'avait jamais été le cas. Jamais non plus il n'avait dans sa courte carrière de politicien, entendu braire de la sorte un membre du Haut-Conseil, à part lui-même bien-sûr et dans d'autres circonstances.
Alors Haldin n'avait que faire des mœurs si un jean-foutre tel qu'Olfar, osait être irrévérencieux à en faire trembler sa moustache. Il avait eu sur le coup, envie de torgnoler la margoulette de l'impertinent. Il s'était retenu.

Le vieux nain s'était retenu car il était de nature pondérée, et n'avait que moyennement envie de se mettre à la hauteur de l'insolent. Particulièrement à l'écoute, il avait tendu l'oreille et absorbé chaque mot, chaque cabriole vocale du commerçant, qui soit dit en passant était gras comme un chantre.
Notre dawi bicentenaire en avait emmagasiné des plaintes dans sa vie, mais il n'avait jamais jugé celles-ci comme étant des gémissements de moujingue contrarié. Dès lors que deux partis n'étaient pas d'accord, il fallait trouver un compromis, et si compromis il n'y avait pas, il fallait faire en sorte de rendre le frongol avarié, plus facile à gober, à digérer, à l'aide d'une quelconque sauce ou d'un bout de viande. Aujourd'hui il commençait à changer d'avis, et il se ferait un plaisir malin de gaver le grassouillet, de putréfaction. Mais pour l'heure il gardait son calme tout relatif après de tels vomissements.

En tant que pragmatique gardien de bêtes vivantes, il avait apprit la ruse et les manières, afin de mater la bête récalcitrante. Faire croire au ruminant, que c'est lui qui décide, alors que habilement vous aviez au préalable choisi le pâturage d'aujourd'hui. Sa façon d'être pris, d'être mangé. Bien sûr  le Bouc de Thanor n'oubliait pas l'importance du rôle qu'avait joué le nain qui aujourd'hui se révoltait contre le Conseil, pis, contre le Grand-Roi.
Le Bouc se souvenait des exploits du Veine-de-bronze qui avait soutenu, ravitaillé, nourri la Cité alors qu'elle n'était que l'ombre d'elle-même. Le commerçant, grâce à son avide goût pour tout ce qui brille, avait participé à la reconstruction de Thanor malgré lui. Haldin lui en était reconnaissant, mais il savait aussi que Olfar, s'il n'avait pas été retenu par les mœurs de son peuple, était près à vendre sa défunte mère pour changer de Clan, et partir à Thaar. De fait notre maître éleveur qui était très proche des habitants, n'avait pas loupé ce ragot qui aujourd'hui pouvait être articulé favorablement.

Ce que Olfar avait prononcé, ils en avaient deja parlé milles fois, ils avaient rabâché le sujet puis mastiqué ses détails. Il n'y avait pas d'autre solution que celle d'éjecter le commerçant qui ne voulait pas entendre raison. Non pas que leur système soit à ce point tyrannique, mais le vieux nain qui avait compris à l'instar de ceux qui étaient venus se plaindre de leur Thane, les vrais motifs de ce dernier.

- Nous connaissons tous ton avis, Olfar, avait aprubtement interrompu Haldin. Aussi, ne nous donnons pas d'autre raison de regretter quelconque alliance avec ces roturiers que t'affectionne tant. Derrière les murs de l'Enclave, ils sont contrôlables. À l'extérieur...

Il avait soupiré. Fallait-il encore débattre sur ce sujet ? Le Haut-Conseil et ses invités observaient Haldin avec attention.

Si nous voulons une paix durable, il va sans dire que batifoler avec les humains serait tendre une joue pour se faire gifler. Il y a eu positives raisons aux échanges d'antan. Et pour cela nous pouvons garder ne serait-ce qu'un peu de reconnaissance envers les longues-jambes. Il fixait Olfar avec l'intensité qu'on lui connaissait. La Péninsule aura aidé le Zagazorn, je concède. Mais combien de fois ont-il bafoué des accords, offensé notre Peuple ? Veux-tu que Morek énumère un à un les actes insidieux dont nous avons étés un jour victime ? Que connais-tu de ces gens, à part l'or de leur bourse ? L'humain est changeant, aléatoire, et si le premier nous a un jour souri, le deuxième ôtera nos bas et le troisième, je vous laisse tous deviner. Et si c'est ce que tu désires, Olfar, nous ne voulons pas être témoins de ces ébats.

Le Zagazorn se suffit, Olfar, avec ou sans toi, et avec tout le respect que je te dois, même s'il n'est pas réciproque.
Nous produisons assez de denrées, et si jamais tu daigne lire mes notes et calculs
- car il avait retrouvé son chiffon - tu pourra constater que nous avons assez de vivres pour nourrir pendant un an tous les dawis de ce royaume ! Imagine si nous échangions entre nous nos cultures et nos produits, il n'y aurait dans nos cités, plus aucune carence !

Mais il y reviendrait plus tard, car le parchemin était désormais plus que froissé dans ses phalanges blanchies par la pression qu'il exerçait dessus.

Si c'est ton Foyer que tu veux convertir en Palais, alors c'est à Thaar que du doit te rendre. Là-bas fricoter avec les malins, puis t'enrichir davantage comme tu le souhaites. Et peut-être, pourquoi pas, aider un jour le Zagazorn. Je ne peux supporter l'irespect, dawi, avait-il conclu avant d'allumer son brûle-gueule, les mains tremblantes d'indignation. Ils étaient là pour approfondir le sujet des voies commerciales dawi. Seulement le commerçant s'entêtait et radotait.
Il avait été à deux doigts de prendre le nain par le col puis à l'aide de sa tête, commencer l'ouverture d'une route commerciale, en trainant par les fesses le coquin, du Nord au Sud puis de l'Est à l'Ouest.
Qu'avait à dire le Grand-Roi de tout cela ?
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Hardrek Poing-de-Fer
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MessageSujet: Re: Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor   Lun 24 Juil 2017 - 12:21


Hardrek avait écouté en silence la diatribe d'Olfar, ainsi que les propos plus mesurés des autres conseillers. A sa grande satisfaction, le vieux dawi constata que par quatre voix contre une, le haut-conseil était en accord avec sa ligne politique d'autarcie vis-à-vis des peuples étrangers. Restait le problème Veine-de-Bronze, dont l'attrait pour l'or lui faisait oublier à la fois honneur et respect. Le roi n'appréciait que modérément les marchands, en particulier les poussas adipeux recouverts de bijoux et s’attifant de tenues plus criardes que celles des catins. Un petit rappel à l'ordre s'imposait donc.

Les forces vives de Thanor, Olfar Veine-de-Bronze, sont intimement liées à celles du Zagazorn. Il ne saurait être question d'un mauvais marché lorsqu'il s'agit d'aider vos frères à se remettre de la saignée qu'ils ont subit. Dois-je vous rappeler combien de dizaines de milliers des nôtres ont péri à Kirgan lorsque le volcan s'éveilla ? Thanor n'a pas, et j'en suis heureux, connu un tel massacre.

De par le fait, la population de Kirgan ne représentait même plus le centième de ce qu'elle avait pu être. Alors qu'étant préservé par sa position géographique, Thanor était restée modérément impactée par le Voile, le chaos dans ses rues ayant pu y être contenu. La cité portuaire avait souffert, certes, mais le roi voyait rouge face à quelqu'un osait comparer cette épreuve avec l'apocalypse qui s'était abattu sur la capitale.

Cela étant dit, Valya Brise-Etoile a pleinement raison. Je compte promouvoir l'arrivée à Thanor de jeunes et audacieux dawis venus des autres cités. Créer des liens du sang entre les différentes cités du royaume ne peut que nous bénéficier à tous.

Le roi ne revint pas sur le sujet des comptoirs commerciaux, Haldin y ayant répondu avec la pertinence dont le vieux bouc savait faire preuve. Ouvrir des voies commerciales à travers les montagnes ne serait pas aisé, mais l'ingéniosité naine saurait y parvenir. Des tunnels, peut-être ? Ou alors des systèmes de catapultes, bien qu'il resterait le problème de l'atterrissage. Hardrek se promit d'en parler avec Morek pour que le Tête-de-Fer creuse les différents projets permettant de faciliter les liaisons en interne du Zagazorn. Chassant momentanément ce sujet de sa tête, le roi en revint à son interlocuteur.

Aimez-vous notre peuple, Olfar ?

La question prit par surprise le nain replet, qui fixa son suzerain de ses petits yeux porcins comprimés dans des bourrelets de graisse. N'étant pas idiot, il sentait instinctivement que cette interrogation polie cachait un piège, de même qu'un filon creusé trop profondément peut compromettre la solidité de toute une galerie. Mais une seule réponse pouvait être donnée à la table du conseil.

Euh, oui... oui, bien sur ! Toutes mes actions ne visent qu'au bien de notre peuple et je tiens à...
J'en suis ravi, le coupa le roi d'une voix douce. Mais je crains que le poids de votre charge n'ait trop accaparée votre attention durant ces dernières décennies. Je ne doute pas que vous vous y soyez consacré corps et âme, c'est admirable.
Corps et âme, oui... c'est vrai.

Olfar sentait venir le coup sans pouvoir le parer. Comment se défendre lorsque votre roi vous complimente pour vos efforts ?

Depuis quand n'avez-vous plus quitté Thanor ? Le Zagazorn a changé, un dawi aussi éminent que vous doit en connaître les nouveaux équilibres pour émettre des avis pertinents aptes à aider au mieux sa cité. Aussi, et si le Haut-Conseil ne s'y oppose pas, je souhaiterais que vous m'accompagniez durant les prochains mois, car je compte visiter non seulement les grandes cités du royaume mais également les villages de moindre importance où bat aussi le cœur de notre peuple. Il serait bon qu'un représentant de Thanor soit présent à mes côtés afin de présenter à son retour un rapport sur l'état du royaume.

Sous les apparences d'une promotion, Olfar venait de se faire gentiment pousser vers la sortie du conseil. Cette soi-disant mission de rapport sur l'état du royaume était de l'hypocrisie totale, Morek et Haldin disposant déjà de tous les éléments nécessaires sur le sujet. Par contre, cela allait imposer à l'obèse Veine-de-Bronze des déplacements incessants et épuisants, menés au rythme militaire qu'affectionnait le roi. Hardrek ignorait si Olfar allait acquérir de la sagesse durant cette tournée, par contre il se promit de veiller à lui faire perdre sa couche de lard.
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Morek Tête-de-fer
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MessageSujet: Re: Haut Conseil de Karfias 10.11 – Thanor   Lun 31 Juil 2017 - 22:42


Visiblement Haldin était aussi peu enclin à discuter à nouveau du besoin pour Thanor de se lancer dans une relation commerciale d’importance avec le sud que le reste de l’assemblée. Le vieux nain eut un temps d’arrêt pour soupirer. Cela n’échappa au regard de la Voix du Conseil qui trouvait pour le coup en Haldin un porte-parole plus qu’adéquat. C’était là une excellente nouvelle car il  ne souhaitait pas se mêler du débat immédiatement. Comme le disais l’éleveur, le bilan du commerce avec le sud s’était soldé sur des succès mais aussi bien souvent des véritables échecs. Le principal problème des humains étaient qu’ils étaient aussi instables que les oreilles pointues étaient immobiles.
 
La civilisation naine opérait entre ces deux temporalités. Pour les elfes rien ni personne n’était vieux. Ces créatures voyaient en leur quasi immortalité une raison pour se contenter d’une sorte d’immobilisme béat. Les humains eux changeaient de chef tous les trente ans pour des raisons naturelles, et dernièrement tous les deux ans pour des raisons artificielles. Bref, on ne pouvait pas vraiment imaginer un horizon glorieux à des relations commerciales avec le sud.
 
Lante, de part sa proximité avec le cœur commercial de Miradelphia, pouvait imaginer faire du commerce d’opportunité. Mais Thanor, qui était ouverte sur un océan aussi hostile que vide n’était pas placé géographiquement de manière utile pour un commerce d’opportunité. Il fallait oublier cette folie qui était ni plus ni moins celle d’Olfar.
 
Ce dernier s’enfonçait un peu plus dans son fauteuil au fur et à mesure qu’Haldin répondait point par point à ses arguments. Lorsqu’Haldin eut finit son discours, Morek s’attendait à ce qu’Olfar explose tant sa face était rouge.
 
Puis vint la réponse du roi. Ce dernier se concentra sur l’importance de son projet d’autarcie, sur les véritables avantages que le commerce intérieur donnait au royaume en général et à Thanor en particulier. Puis vint un échange dont l’issue était presque écrite avant de commencer. Morek vit immédiatement là où le roi voulait en venir. En revanche Olfar, qui visiblement n’avait plus sa finesse de négociation habituelle, se laissa embobiner, au moins au début.
 
Il confirma qu’il avait passé beaucoup de temps à se battre pour sa cité et pour son titre. Cela était vrai. Morek eut beaucoup de mal à empêcher les souvenirs, dans un nombre quasi infini, qui remontèrent à la surface de sa mémoire lorsque le roi tint ce discours. La crise du fortin sudiste, les négociations commerciales après le Voile, les innombrables conseils, les assemblées des clans de Thanor… Tant de souvenir de ce nain qui était aussi imprévisible que sournois. Mais son amour pour Thanor était réel. Il était souvent éclipsé par son amour pour l’or, mais c’était malheureusement une caractéristique de beaucoup de nain. Ce métal noble l’était parfois trop. Certains perdaient leur raison dans la contemplation du précieux métal.
 
Et Olfar devait être de ceux-là. Car il eut un moment de perdition, voyant s’échapper de sa vue sa place au conseil et sa capacité à être le maître incontesté du commerce de Thanor :
 
« - Ceci est un guet-apens ! Notre roi cherche ni plus ni moins à m’évincer de ce conseil et à faire en sorte que ma voix tombe dans l’oubli ! Je ne suis pas dupe de ces tactiques… Je reconnais bien là leurs façons de procéder à Lante… Vous voyez bien… Ce conseil ne soutiendra-t-il pas l’un de ses membres face à cette tyrannie ? Alors ? Alors ? »

 
Comme une bête apeurée, voyant l’or échapper de ses doigts, le nain regardait autour de lui avec inquiétude, chacun restant néanmoins sans voix et certains membres détournant les yeux du douloureux spectacle. Morek lui regardait attentivement le nain, de son regard froid et pénétrant, qui aurait pu être celui d’un golem de glace. Olfar se racrocha à cela, pour sa perte.
 
« - Morek ? Nous ne nous sommes jamais apprécié… Mais ne trouves-tu pas logique que le roi cherche à me pousser hors de ce conseil pour me remplacer par une personne partageant son goût pour le commerce intérieur ? N’as-tu pas promis de sauvegarder les intérêts de notre cité, de diriger avec sagesse ce conseil et de trancher dans le respect de l’honneur et du bien de notre cité ? »

 
Morek décroisa les mains pour relever un de ses deux bras. Il passa sa main sur sa barbe quelques secondes. Il savait déjà ce qu’il allait dire, mais il s’agissait plus là d’une action volontairement théâtrale, cherchant à démontrer que sa décision n’était pas encore prise.
 
« - Olfar… Thanor fait partie du royaume. Nous sommes à nouveau unis. L’honneur de notre cité a retrouvé sa place, elle est également celle de notre royaume. J’ai présidé à l’expansion sans limite de notre port. Ce dernier est une merveille pour ce royaume et pour le continent. Ce port pourrait accueillir les flottes commerciales de toutes les races de Miradelphia… Il pourrait résister aux attaques de toutes les escadrilles navales de ces mêmes races. Le tout souterrain… Tu nous as promis de remplir ce port Olfar… Mais nous sommes à l’an dix de ce cycle, et le port est toujours vide… Mes ingénieurs ont mieux à faire que de creuser des quais sous la montagne pour des navires qui ne viendront jamais. Nos politiques commerciales extérieures sont un échec.
 
Il est logique que le Grand Roi cherche à te montrer une autre voix, qui est celle de la raison que tu refuses de constater. Nous savons tous que le commerce interne rapportera des gains moindres que le commerce extérieur, nous t’obligeons à troquer de la marge contre du volume. Et ta paresse refuse de faire cet effort. Ne pense pas que nous  ne comprenons pas le commerce Olfar. Ce n’est pas parce que nous n’y trouvons pas beaucoup d’attrait que nous sommes ignares.
 
Tu l’as bien rappelé, je dois veiller sur notre cité, et sur ses rapports et son intégration avec le reste de notre royaume. A ce titre je considère que ta voix a été entendue, ainsi que celle du reste du conseil. Je puis dire qu’elle est la Voix du conseil : nous abandonnons notre priorité au commerce extérieur pour nous concentrer sur le commerce intérieur du royaume. Avec effet immédiat. »
 
Morek s’arrêta une petite seconde, soutenant le regard d’Olfar. Ce dernier était passé de la colère à l’inquiétude à la peur. Et il semblait se rassurer un peu. Mais Morek décida de ne pas s’arrêter là.
 
« - Ton attitude Olfar n’est pas digne d’un membre du conseil. Encore moins d’un Thane. Et certainement pas celle d’un membre du royaume. Le roi te propose beaucoup d’honneur en te proposant d’entrer dans son cercle et de l’accompagner autour du royaume. Olfar je te laisse le choix : quitte ce conseil maintenant, abandonne ta condition de chef de clan et utilise cette opportunité que te donne le roi pour comprendre et te racheter à nos yeux, ton honneur sera sauf, ou prend le risque que j’appelle ce conseil à voter pour ta destitution devant l’assemblée des clans pour outrage à la couronne, ton clan alors décidera s’ils veulent te garder comme Thane. »
 
Morek vit le nain, qui était assis à une place de lui, bondir de son fauteuil pour sauter sur lui. Certainement pour lui porter un coup à la figure. La vitesse était étonnante vu le physique peu avantageux de l’adipeux Olfar. Morek n’eut pas le temps d’esquiver le coup dans son intégralité et sentit le poing lui emporter légèrement le menton. Perdant l’équilibre, il roula sur le sol pour se retrouver avec Olfar sur le ventre ce dernier cherchant visiblement à le frapper à nouveau. Mais Morek n’attendit pas que le nain porte à nouveau un coup et d’un coup de bassin fit basculer son adversaire pour se relever. Les deux naines s’étaient levées pour s’interposer, comme certainement le reste du conseil. Des gardes qui avaient entendus les cris de fureurs d’Olfar étaient également arrivés, ceinturant le nain. Ce dernier trouva la force de cracher vers Morek. Les bras de Morek se durcirent un instant. Morek sentit qu’une personne avait attrapé son bras, il ne savait pas si c’était Haldin ou un autre, pour l’empêcher de retourner au contact d’Olfar et venger cet affront. Dans tous les cas ce n’était pas nécessaire, Morek avait conservé la tête froide. D’un geste aimable au nain qui le retenait, il fit signe qu’il était calme.
 
« - Aucun vote de nécessaire donc. Qu’on le ramène chez lui. Olfar Veine-de-Bronze n’est plus membre de ce conseil. J’irai discuter avec son clan pour voir comment nous réparerons ce déshonneur. Pour l’heure, qu’ils disparaissent de ma vue avant que je ne trouve un prétexte pour lui rentrer dans le lard… »
 
C’était là un langage inédit pour l’ingénieur, signe qu’il n’était pas dans son état normal. Il vallait effectivement mieux que le nain disparaisse, ce qui fut le cas presque immédiatement. Morek regarda sa tunique en lambeau, en plusieurs endroits son torse et ses bras étaient à l’air.
 
« - Je propose une pause d’un quart d’heure, pour que je puisse changer ces vêtements. Nous reprendrons la séance pour discuter du dragon noir et de la mise en place de la politique présentée par notre roi. La séance est suspendue… »
 
Ainsi en fut-il, les nains eurent peut-être le temps de discuter entre eux de ce terrible évènement qui marquait la fin d’Olfar. Morek de retour, ce dernier donna la parole au roi ou à un des membres pour que l’on puisse aborder la question des activités militaires et civiles à faire au printemps. Pour ce qui était de comment remplacer un membre du conseil, Morek se réservait cela pour plus tard, préférant épargner au Grand Roi ce point interne.
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