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 Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Sam 10 Juin 2017 - 0:58




Endimanchés à l’instar d’une occasion particulièrement protocolaire –la réception de gratin au petit déjeuner, par exemple-, le marquis-régent de même que son ami d’enfance Rhedgar, déambulaient dans les dédales du château en devisant de tous et de rien. Leur pitance matinale était déjà oubliée, car tous deux s’étaient éveillés un peu avant l’heure des coqs, question de se mettre en forme comme ils le faisaient du temps où, le jeune Saint-Aimé, ne croulait guère sous la pesanteur de ses responsabilités. À l’époque, avant que son paternel ne casse sa pipe, en dehors des entraînements obligatoires auxquels il était soumis, le cours de sa journée lui était pleinement livré, laissée à son bon vouloir. Que s’eut été l’envie d’aider du grouillot qui le tenaillait, ou de faucher les champs agricoles en partenariat avec les misérables, il le pouvait. Le bénévolat était en ce temps, chose bien commune pour le faon, d’autant plus lorsque le prieuré de Saint-Aimé en démontrait le besoin. Non, c’était plus simple à l’époque. Tout du moins, son horaire n’était pas opprimé au point de devoir prévoir ses exercices avant le levé de l’astre diurne!

Enfin, s’octroyant un brin de repos, ils décidèrent donc de parcourir le castel sans réel but précis.

« En tous les cas, tu n’y es pas allé de main molle! J’ai encore des fourmis dans les doigts, tant tes coups étaient féroces. Tu te défendais comme un damné, comment expliques-tu ça ? »

« Je ne sais trop … Ah, si, j’ai souvenance ; c’est ta bouille de bouseux qui m’encourageait à la détruire! » Rétorqua Louis, non sans une pointe d’amusement et de taquinerie. À ça, Rhedgar s’esclaffa, répondant comme il savait si bien le faire.

« M’est d’avis que c’est ton abstinence permanente qui te donne cette vigueur. Comme font les pugilistes, tu sais, en préparatif d’un duel imminent ? » Le sourire hautement perché, en coin, l’œil plissé en quête des réactions de son ami d’enfance.

« Non, Je n'en ai aucune idée. » Préféra en terminer Louis, comme s’il commençait à s’agacer de ce fait.

Son pucelage ne devrait-il pas être cible des félicitions, plutôt que de s’attirer les railleries ? Il approchait la vingtaine et pourtant, il n’avait jamais céder à l’envie d’aller butiner une fleur, quand bien même avait-elle été des plus resplendissante. Sa maladresse avec la gente féminine y jouait pour beaucoup, de même que sa timidité et, jusqu’à maintenant, personne n’avait su montrer suffisamment d’intérêt pour vouloir corriger cette fâcheuse manie. Pour la majorité des femmes qui avaient pour lui un œil, plus que charmée par son apparence, les guenons qui lui tournaient autour en avait d’avantage après sa situation. Pourtant plaisant au regard, musclé et bâti à l’image de son paternel, les femmes n’avaient que peu d’arguments pour ne pas désirer vouloir lui ouvrir la porte de leur cuisses! Les occasions ne manquèrent pourtant guère, seulement l’envie. Son cœur de jeune enfant n’avait rien de volage, icelui attendait deux occasions précises : remplir son devoir en épousant une femme qui donnait avantage à sa famille, ou celle qui saurait conquérir son cœur. Jusqu’à maintenant, ni une ni l’autre n’avait daigné se présenter à lui.

Arrivée à la salle du trône, un groupuscule de jeunes damoiselles –pour la plupart, des donzelles de la cours-, lorgnèrent vers les deux gaillards, leur réservant au passage de leurs plus beaux sourires charmeurs, de même que des révérences bien basses. Louis ne manqua pas de les saluer d’un sourire avenant, mais sans plus, alors que Rhedgar tenta pratiquement d’en hameçonner une d’un regard entendu. Plus loin, le chaud lapin de chevalier ajouta au régent ;


« Ça, c’est de ça que se passent les pugilistes avant de se battre! Je te parle de leurs cuisses, Louis! Quant à moi, je préfère mordre le sable et perdre mes dents le temps d’un combat, plutôt que de me passer une seule soirée de la présence d’une d’elles… » À parler, il en écumait pratiquement. Ses yeux en étaient même rêveurs ! « Si je le pouvais, je mangerais de la gueuse trois fois par jour. Ce serait la diète de Rhedgar ; bonheur assuré ! » Termina-t-il en ricanant bruyamment, d’une bonne tape amicale au dorsal de son ami Louis. « Tu devrais essayer, un jour. Ça te changerait. »

Ils n’en dirent pas plus mais, alors qu’ils se quittèrent pour retourner à leurs besognes respectives, la perspective de la chose tarauda l’esprit du jeune cerf. Le soir, alors qu’il s’octroya un moment de réflexion en ses appartements, il s’arma de vélin, d’une plume et d’un encrier, pour étaler quelques mots à une personne dont le nom, en surprendrait plus d’un …






En ce 3ième jour de la 8ième ennéade du mois de Verimios, an 9
Cantharel
Adressé à madame la Baronne d’Alonna, son honneur Alanya de Broissieux.



En cette lettre de courtoisie, je désire vous témoigner le gage de mon amitié, car le temps me manqua lorsqu’à ma lance, se trouva noué votre ruban satiné. J’ai belle souvenance de vos mots, car en cette journée d’allégresse où joutèrent les valeureux, vos paroles m’insufflèrent le courage nécessaire pour jouter contre les plus illustres chevaliers. Depuis, nous n’avons eu la bonne fortune de nous entretenir tous deux, bien que nous nous croisâmes de près, lors de cette fraîche soirée de la Seimaunios. Sachez toutefois que je n’avais pas dessein à vous éviter ; loin de là! Or, j’aimerais remédier à cette situation en m’invitant en vos contrées, là où nous serons plus à même de faire connaissance.

J’en conviens que la chose peut paraître curieuse, voir même étrange, ainsi annoncée aussi sèchement. En étant fidèle à moi-même, je me dois de vous avouer ceci : vous pourriez m’être d’une grande utilité. Ne le prenez guère comme un reproche mais plutôt comme un fait établi : on dit de vous que vous ne craignez guère tenir tête à votre suzerain et maître, lorsque l’occasion s’y prêtre. C’est cette intégrité, de même que votre sens de l’honneur, que je viens solliciter en bravant la tempête la tête haute. Je vous rassure, n’ayez crainte ; nous ne traiterons ni de complots, ni de sujets qui pourraient vous comme moi, compromettre notre amitié envers monsieur le Marquis de Serramire. Hélas, je ne peux vous en dire d’avantage, car il est des mots qui prennent plus de sens lorsqu’entendus de vive voix.

Entre-temps, j’embrasse l’idée de vouloir vous questionner, quant aux relations que vous aviez jadis avec feu mon père. Il me plairait d’en savoir d’avantage à propos de l’état, dans lesquels il lassa les relations entre Sainte-Berthilde et l’Alonna. Évidemment, il en sera également question de guerre, car la parole des hommes ne peut que rarement s’en dissocier.

En l’attente d’une réponse positive de votre part, je vous prie d’agréer, Dame de Broissieux, l’expression de ma plus haute considération.

Louis de Saint-Aimé, marquis-régent de Sainte-Berthilde, Seigneur de Saint-Aimé, de la Toranne et d’Erignacc.



Dernière édition par Louis de Saint-Aimé le Sam 26 Aoû 2017 - 0:44, édité 1 fois
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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Sam 10 Juin 2017 - 2:41


« Depuis quand marche-t-elle ? »
« Pas moins de trois énnéades votre Honneur »

La baronne posa un regard à la fois si triste et si tendre qu’on aurait su discerner laquelle de ces émotions prenait le pas sur l’autre. Elle avait été absente si longtemps qu’aujourd’hui, elle peinait à reconnaître la petite tête brune qui parcourait vaille que vaille la pièce. Sa nourrice l’observait avec bonté et amour, bien plus que sa propre mère ; elle n’était qu’une étrangère pour l’enfant. Il n’y avait au monde plus gros crève-cœur que de voir sa propre chair grandir sans pouvoir s’y attarder plus qu’on ne le voudrait. Et la Broissieux en était là : elle veillerait toujours sur la petite Pénélope sans qu’elles ne s’aiment tout à fait. Sa gorge se noua devant ce constat trop cruel pour une mère. Elle en vint même – le temps d’un battement de cœur – à en vouloir à la nourrice. C’est elle qui élevait son enfant, elle qui était là lors de ses premiers pas et ses premiers babillages. La servante avait le privilège de recevoir l’amour qu’elle n’aurait point. Ah que la vie était cruelle ! Que le temps était fourbe ! Et ses yeux ne quittèrent pas les jeux enfantins et ses oreilles n’entendirent plus que les rires innocents.
En y regardant de plus près, Pénélope de Broissieux ressemblait fort à son père. Ses mirettes bleues et ses cheveux bruns lui rappelaient combien elle avait été injuste envers lui. Bon sang, quelle épouse tuerait son mari pour si peu ? Alanya était las de tout cela. Ne pouvait-elle se contenter simplement de la fraîcheur d’un hiver et de la candeur de l’enfance sans que l’on vienne troubler sa paix ? Jean se tenait droit dans un coin de la pièce. Il l’accompagnait dans chacun de ses déplacements et tant qu’elle ne le congédia pas, il demeurait auprès d’elle. C’était à la fois une présence rassurante et déconcertante. La baronne n’aspirait qu’à la tranquillité d’un moment avec son bambin, il ne pouvait rien lui arriver de guère grave. La nourrice ne semblait point en vouloir à sa vie et la jeune héritière n’était pas encore capable de la haïr ; aussi elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle n’avait pas eu la force de le faire attendre au dehors. Il était devenu à la fois si essentiel à sa vie et si futile qu’elle en devinait la réelle cause : elle ne l’appréciait point lui, mais elle abhorrait l’idée de se retrouver seule. Car depuis la mort de Duncan voilà ce qu’elle était, seule. Le Corbac la méprisait comme tous ceux qu’elle côtoyait. Elle n’était qu’une femme après tout, une femme avec de trop grandes idées et une bien trop grande gueule.
L’on frappa à la porte et presqu’immédiatement Jean se tendit. Le pauvre homme ne rigolait guère et prenait peut-être son rôle trop au sérieux. Ils avaient parcouru maintes contrées dangereuses lors de leur périple et pourtant, à l’en croire la plus terrible de toute était Alonna les Trois-Murs, son propre et fief et sa propre maison. Cela en devenait ridicule. Elle ne prêta guère d’attention aux quelques mots qu’il échangea avec le trouble-fête, mais il s’agissait d’un homme. La voix grave emplissait la pièce et Pénélope un peu surprise par l’agitation, s’enfuit se réfugier dans les bras de sa gouvernante. Le palpitant du Faucon s’arrêta net.

« Pardonnez ma Dame, elle ne… ». Alanya se leva en levant la main pour faire taire la pauvre qui serrait l’enfant contre sa poitrine.
« Ne vous excusez point. J’étais sur le point de m’en aller, cela ne fait que me faciliter la tâche ». Il avait tant de rancœur et de froideur dans son intonation que la bonne baissa aussitôt les yeux sur le poupon qui jouait avec les cordages de ses guenilles. « Veillez à ce qu’elle ne manque de rien ».

En quelques pas, elle fût dehors, Jean l’attendant sur le pas de la porte en compagnie de son grassouillet d’intendant. Il portait toujours ses drôles d’habits et malgré l’hiver au dehors transpirait comme en été. Elle ne s’arrêta pas pour autant, entrainant dans son sillage les deux hommes vers ses appartements.
« … une lettre votre Honneur ».
« Cela doit être important vu le temps de ces derniers jours. Il ne doit pas venir de bien loin ».
« C’était un pigeon en vrai, votre Honneur. La pauvre bête était prête à mourir lorsqu’elle s’est posé »
Elle rit. « Pour sûr, ça aurait au moins fait un diner plus exotique ». Mais personne ne rit avec elle, Jean cliquetant en silence et le valet préférant s’abstenir de tout commentaire. « Qui est le charmant sot qui nous a pondu une missive en pleine tempête ? »
« La lettre porte le sceau du Berthildois votre Honneur ».

Elle fronça les sourcils, ne sachant trop à quoi s’attendre. Elle avait déjà rencontré Louis par deux fois. C’était un fringuant jeune homme qui avait hérité d’une terre peut-être avant l’heure. Elle ne savait trop que dire de plus, sinon qu’il mangeait dans la main de son suzerain sans même s’en apercevoir. Pour cela, de Brochant était particulièrement doué – un maître en la matière ! – que le pauvre Marquis du Berthildois n’avait su flairer. L’âge lui donnerait certainement les compétences qui lui manquaient céans pour peu qu’il s’entourât des bonnes personnes ; personnes dont elle escomptait faire partie. Il était toujours bon d’entretenir des relations cordiales avec ce genre de godelureau. Cela lui serait certainement utile en temps voulu. Et en un rien de temps, le fil de ses pensées l’emmena jusque devant son logis dont elle ferma les doubles battant pour s’installer derechef au bureau en lisant la lettre avec attention. Lorsque ce fut chose faite, elle n’attendit point que le message refroidisse dans son esprit et se saisit d’une plume et du vélin.




Domaine baronnial d'Alonna

Dame Alanya de Broissieux, baronne d'Alonna et Protectrice de l'Alonnan.




Castel d'Alonna les Trois-Murs,
Elenwënas de la 8èmeennéade de Verimios de la 9ème année du 11ème cycle,

Son Excellence Louis de Saint-Aimé, Marquis du Berthildois

C’est avec beaucoup de joie et de curiosité que j’ai lu vos nouvelles. Nous n’avons pas pu nous entretenir par deux fois, il est vrai, et ne vous en blâmez pas votre Excellence. Il est concevable que les grandes gens telle que vous puissiez avoir quelques impératifs autrement plus important que la causette à une lointaine voisine. Je n’en prends guère ombrage. J’en suis moi-même un peu fautive : voyez Monsieur, je me suis absentée fort longtemps et je n’ai pas eu le loisir de jouir autant que je l’aurais voulu de l’hospitalité de notre très cher ami commun, mon bon suzerain, son Excellence de Brochant.
Recevez aussi par la présente missive mon sincère soutien, bien que tardif, en ces temps douloureux pour vous. Je sais mieux que quiconque l’horreur de la perte d’un être aimé. Votre père était un homme du Nord qui a toujours navigué dans les choses que sont la politique avec diligence. J’ose croire qu’il a fort bien transmis cet art et puissiez-vous jouir d’une longue régence faite de paix et d’abondance.
L’Alonnan se complait à compter le Berthildois parmi ses alliés, bien que les guerres nous ait tenus bien trop loin l’une de l’autre. Et c’est en raison de cette amitié que j’espère vous conseiller au mieux sur les affaires qui vous préoccupent. Sachez que son Excellence notre ami, mon suzerain, goûte de la même amitié : je ne suis point prompt à la rébellion sans raison et s’il me parait juste, je préfère donner à mes proches quelques avis franc plutôt que les choses qu’ils ont déjà entendu de la bouche de ceux qui n’en ont pas le courage.
Alors, Messire, sachez que vous êtes le bienvenu en mes murs. Ce sera pour moi l’occasion d’offrir à ma cour un divertissement que j’espère vous trouverez approprié. Un bal masqué d’hiver où vous serez mon invité d’honneur.
Recevez là ma profonde sympathie,

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Sam 10 Juin 2017 - 5:43




Le 3ième jour de la 1ière ennéade du mois de Karfias, an 10


Après l’envoi de la première dépêche vers l’Alonna, un groupuscule de bleusaille fût sommé de se préparer, en vue d’un voyage qui avait tout d’un périple, voir même d’une promenade suicidaire. « Il est fol, ça ne peut qu’être ça! Le froid, la froidure oui, elle en est venue à bout de sa raison, m’est d’avis. Le misérable veut rejoindre son papa, ouais, il y perdra à tous coups la vie, tout comme nous, pute vierge! » Se disaient entre eux les soudards, tandis qu’ils préparèrent le nécessaire de voyage. Au menu, tous l’avaient décidés à l’unisson : nulle guitoune, ni de velarium ne seront utilisés ! Quel esprit tordu se risquerait d’affronter à la belle étoile les glaciales nuits qui tenaient en otage les terres septentrionales ? Plus célèbre que lui qui tiendrait la tête du manchot du médian, serait l’homme qui braverait la nuit seulement couvert de quelques voilages et qui s’en sortiraient sans engelures! Pour la majorité des pétrousquins sélectionnés, iceux figuraient dans la liste des confidents du régent : des gens de confiance et parfois même, amis chers.

Non, l’itinéraire était fort simplet : se faufiler là où les étalons pouvaient enfoncer les sabots l’un devant l’autre sans en perdre la patte. Quant à l’heure du couché, tavernes et auberges deviendront leur campement de fortune, préférant allonger leur quête que de prendre le risque d’être pris en tenaille entre deux citée, contraint à monter un campement en urgence. Alors les maîtres queux ainsi que les tenanciers n’avaient qu’à bien se tenir, car tôt viendraient une pléiade de bons mangeurs, en quête de chaleur et de bon temps. Louis savait que le pays saurait satisfaire cette simple demande d’une manière ou de l’autre, la chaleur d’une bonne flambée, celle d’une souplette bien fumante ou d’une donzelle humide à l’idée de remplir sa giberne.

Lorsqu’ils reçurent l’autorisation du départ ; grand merci, s’exclamèrent tous envers la Damedieu, qui leur avait offert l’une de ces rarissime journée de répit. Le soleil se percha haut et tapa fort, contrairement à la bourrasque qui, impitoyable, n’hésita guère à leur arracher l’un de ces frissons de mort, en les balayant de plein fouet. Qu`à cela ne tienne, de suite après les matines, le groupe enfila leurs affublements les plus chauds et quittèrent Cantharel sans se retourner, fin prêt à l’expédition.

Les premières journées furent clémentes, n’eut été de quelques passages épisodique d’averses verglaçantes, ils arrivèrent à tous coups à bon port, fins prêts à réitérer ce qu’ils firent la veille et la sur-veille : ils levèrent le coude pour réchauffer leurs trachées tout en démontrant au propriétaire des cabanes nocturne quels genre de bon vivants étaient-ils. Pour sûr leurs présences donnèrent sourire aux tenanciers, car les affaires moussèrent à outrance lorsqu’ils furent acte de présence! S’ils n’attirèrent pas la moitié des bourgs qu’ils visitèrent, alors les propriétaires en avaient tout de même pour leur gueule, car les tonneaux se vidaient et les poches des puterelles à leur botte auraient tôt suffisamment pour s’offrir un con en or! Soudards, comme je vous l’indiquai plus tôt, ils l’étaient! Hormis le régent qui, évidemment, ne tapait pas dans la donzelle, deux de ses compagnons à l’âme plus chevaleresque l’accompagnèrent dans son abstinence, au grand damne des coureuses de remparts qui avaient du faon, l’envie de se faire régenter la croupe.

S’aurait été trop beau que de voyager aussi aisément tout le long durant! Oh, les hommes s’étaient enorgueillis de leur performance somme toute fort acceptable : ni la neige, ni le froid, pas plus que le verglas ou les bourrasques n’avaient freinés leur itinéraire. Ils étaient des hommes du nord, nés le cul et la bite dans la neige ! Pour qui passeraient-ils à se faire vaincre par la première tempête ? Pourtant, c’est ce qu’il se passa après la cinquième. Certains chevaux rendirent l’âme en chemin, incapable d’assouvir leurs besoins de sommeil une fois la nuitée venue, même sous le couvert d’un boxe plus ou moins confortable et douillet … La fatigue les gagnèrent, de même que le froid et à la queue-leu-leu, ils s’écroulèrent dans le tombeau qu’ils creusèrent sous leur pesanteur. Poussant quelques hennissements épuisés, leur agonie ne s’étendit pas sur des plombes, car les babines retroussées, ils poussèrent leurs derniers souffles quelques minutes seulement après s’être laissés choir dans la neige. La compagnie était contrainte à passer plus de temps couverte, pour les chevaux, mais aussi pour ceux qui devaient désormais couvrir le chemin à pied, écopant au passage du calvaire des étalons, qu’était de s’embourber à chaque enjambée. Pour certains, comme si le ralentissement qu’occasionnait la perte de leur moyen de transport ne suffisait point, ils héritèrent de la goutte au nez, la gorge serrée et des narines bouchées! Le rhume gagna deux d’entre eux : maintenant non seulement forcés de déployer plus de forces qu’ils en avaient, mais aussi à s’éloigner du peloton, question de ne pas leur donner leur saloperie de pathologie.

Non sans grands mal, deux ennéades plus tard, ils aperçurent les hauts remparts d’Alonna. L’heure qu’il était à leur arrivée leur était inconnue, mais le soleil s’était couché depuis un moment déjà, tandis que la compagnie pouvait au loin voir quelques timides torches s’allumer, rudoyées par le vent tenace. Accueillis seulement par des gardes –car c’était dans la cité, pratiquement et uniquement eux qui osaient braver le temps impitoyable- ils furent conduis vers le Castel sans autres cérémonies aucunes. Leur arrivée nocturne comprenait trois choses l’une : ils étaient affamés, éreintés, mais surtout, tueraient pour le confort d’une bonne flambée ou d’une douillette doucereuse.

L’air moins avenant qu’à son départ, son regard n’avait tout de même rien de menaçant, mais démontrait la lassitude qu’avait provoqué un tel déplacement. Ses joues étaient rosies, ses cheveux un iota plus longs qu’à l’habitude, sa barbe également, mais sa posture n’avait pas changée ; elle était digne et assez rigide, à l’image de ce que devait projet un homme de sa situation. Ses épaules étaient couvertes d’une cape aussi épaisse que le derme d’un ours, mais était recouverte en majorité par la neige et semblait, à la voir lécher le sol de sa pesanteur, bien détrempée. Plusieurs épaisseurs de vêtement l’avait grossit, mais on devinait que sous ceux-ci, sa charpente d’homme fait y jouait pour beaucoup. Ôtant ses gantelets pour les glisser sous son aisselle, le jeune Saint-Aimé déposa sa main au sommet du pommeau son épée, qui sagement, sommeillait dans le confort de son fourreau.


« Va quérir ta maîtresse au plus preste, mon ami. Fais vite, je crois que Robert a perdu son deuxième orteil, le pauvre. » Mais Louis avait lancé sa requête sans empressement, comme si l’état de l’un de ses hommes avait été empiré à la blague. Quoi qu’au regard qu’on lui lançait, la grimace présente à sa vieille trogne de citrouille en disait long sur la douleur qui le harassait …  




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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Dim 11 Juin 2017 - 20:59

Il ne fallut guère de temps afin que tout le monde soit sur le pied de guerre. Le maitre-queue préparait dans sa cuisine une bonne soupe, les servantes s’en allaient préparer les chambres des nobles et les lits des soldats. Le palefrenier avait déjà pris soin des bêtes, leur offrant de l’eau chauffée et du bon foin. L’intendant gueulait de ça, de là un flot ordres ininterrompus, beuglant aux échansons de préparer le vin et aux petites mains de dresser la table. Cette agitation n’avait pas échappé aux couches tard de la cour qui affluèrent discrètement, curieux de voir quel voyageur s’était rendu coupable de pareille folie : se rendre dans le Nord en hiver était déjà courageux mais avec la tempête des derniers jours et la neige, c’était un véritable miracle qu’il soit encore en vie à destination. « En vie mais pas entier ! », s’amusait à dire certains ; car nul n’était à l’abris de la gelure, même dans les épais murs du castel au Trois-Murs. Fort heureusement, les gens qui construisirent la charpente ne négligèrent point la saison froide, car chacune des grandes chambres disposait d’une cheminée et les braseros laissaient échapper une douce chaleur régulière dans les couloirs et bureaux. De toute les ailes, la plus froide restait celle de la Chancellerie. Fort heureusement pour les invités, ce n’était pas là qu’ils seraient logés.
On les accompagna jusque dans la grande salle où se pressait la petite noblesse et la bourgeoisie, les domestiques chargés du repas et Hugues, le grassouillet intendant qui criait toujours autant. Ce n’est que lorsqu’on annonça en grande pompe le Marquis que se leva se son siège la baronne. Le Broissieux n’était point encore couchée lorsqu’on vînt la prévenir. Affichant un large sourire, elle fit taire les conversations les plus bruyantes en s’approchant du faon que la route avait rendu fatigué ; de larges cernes pour lui et ses hommes, des vêtements chauds qui avaient vus de la route et la barbiche broussailleuse. Pour sûr, le trajet entre le Berthildois et l’Alonnan n’avait pas dû être de tout repos, d’autant que les pauvres s’étaient retrouvés confrontés au dur hiver qui tapissait le septentrion de blanche neige et d’épaisses bourrasques.
Lorsqu’elle fût assez proche, elle s’arrêta net, le regard doux et le sourire sincère. « Messieurs, bienvenus en Alonna les Trois-Murs. Avant que nous ne parlions d’avantage, asseyez-vous donc à ma table ! Notre maître-queue vous a fait préparer une bonne soupe avec du lard pour vous remettre d’aplomb ». Elle montra la tablée derrière elle et s’enjoint à eux, ne goutant fort peu des quelques mets mis à disposition. « J’espère que vous saurez pardonner la frugalité du repas mais l’hiver nous a contraint à veiller plus que de raison à nos vivres ».
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Lun 12 Juin 2017 - 5:12





Parce qu’à la clé de leur pérégrinage il n’y avait point seulement que de belles dames à rencontrer, la ripaille était-elle également, garantie et souhaitée! Pendant un moment, alors que la masse de gaillards prenaient leurs aises à l’importante tablée du fort, l’odeur plus qu’alléchante, voir même affriolante, les transformèrent ni plus ni moins qu’en cabots! L’écume au bord des babines, les couverts d’ores et déjà en poigne, c’est sans retenue qu’ils auraient aboyés leur envie d’aborder à grand coup de cuillère la ripaille! Qu’à cela ne tienne, tous se retinrent car lorsque se fit aborder leur maître par la Baronne, ils s’en tinrent au silence, un mutisme des plus révérencieux. C’est que de surcroît, elle également en fit autant pour ses genses qui, d’un seul mouvement de la main avait ravalés leur langue pour ne plus caqueter le moindre son.

Les épaules délestées de son épaisse couche de fourrure –maintenant fort bien inutile, vu qu’elle semblait détrempée à outrance-, Louis n’eut temps d’enfiler une autre tenue, préférant privilégier le bon confort de ses hommes leur autorisant de se repaître, jusqu’à en être francherepu s’ils leur étaient possible. Après tout, leur présence jouait pour beaucoup dans la réussite de cette impétueuse entreprise, ils le méritaient amplement! Enfin, Louis porta un premier regard sur la maîtresse des lieux, lui vouant sans effort l’un de ses plus avenants sourire. Ses souvenirs ne l’avaient trahi, elle était comme il s’en remémorait : belle comme peu d’autres. Qu’elle fut clémente la Damedieu, lorsqu’elle lui octroya la possibilité de vieillir sans en faire souffrir son adorable minois. Elle était l’une de ces femmes à conserver leur fraîcheur de jeune jouvencelle, se préservant d’un revers de la main des ridules et des cheveux blancs. Ah, certes, elle n’en avait pas encore l’âge, mais tout de même, le point reste le même : elle restait l’un des beaux spécimens du nord.

Et … Évidemment, sans qu’il n’ait prévu cette éventualité, le marquis retomba dans ses vieilles habitudes d’homme qui, vis-à-vis la femme, héritait du surnom de fausse-patte de la gente féminine. Sa posture en écopa légèrement, point son port régalien ou l’allure qu’il projetait lorsqu’il se présentait, mais plutôt les mimiques de son visage assez fidèle à ses émotions. Ses yeux avaient dérivés un moment vers ce qui faisait d’elle une femme, une vraie, puis revinrent aussitôt vers les siens, de yeux. Il déglutit, lourdement, comme en cherchant ses mots –chose qui n’avait rien de commun, pour ceux qui le connaissait assez bon parleur en général-, puis se lança finalement.
« Et nous avons plus que notre part connaissance de ce qui menace le nord. Nous mangerons ce que vous aurez à nous offrir, en quel quoi, si le moindre de mes hommes trouve quelque chose à commenter, il ira manger avec les mâtins! » Lancé à la farce, bien que du coin de l’œil, il venait d’avertir les plus expressifs de son escorte, ceux qui n’avaient pas crainte de dire l’exact fin fond de leur pensée, quand bien même eussent-ils été devant le roi. « Il n’est pas plus grand honneur pour moi que de partager votre table, madame la Baronne. » Cette fois lancé plus adroitement, d’un ton qui n’avait rien d’autre que la franchise, alors que son sourire persistait, toujours satisfait et avenant. « Alors, à table? »

Était-il souffrant d'une quelconque affliction, où subissait-il toujours les sévices du froid ? Un trouble certain, bien que subtile et nuancé, semblait hanter le régent. Du moins, cela était d'autant plus vrai depuis qu'il était assis près d'elle. Sa maladresse avec les femmes était une malédiction qu'aucune n'avait sue renversé. Point encore à ce jour.

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Ven 16 Juin 2017 - 0:35

Elle les regarda manger avec appétit. Ils étaient avares en conversations tant ils engouffraient dans leurs gueules autant de mets qu’ils pouvaient. Elle s’en amusa silencieusement, respectant la faim causée par la bravoure de ces hommes du Nord ; affronter l’hiver est bien un mal qu’elle s’évitait – et que chacun consentait à esquiver aussi. Nul doute que ces chevaliers avaient vécu moult péripéties, perdu peut-être un ou deux doigts gelés tout ça pour se rendre en ses murs. Fort heureusement, il faisait doux dans la grande salle où crépitait joyeusement une flambée. Les Berthildois devaient être bien contents de sentir leur cul au chaud et leur panse remplie. Lorsque les mains s’agitèrent moins vite, presque un quart d’heure était passé. Les quelques badauds encore debout regardaient d’un œil circonspect ce noble invité se gaver comme une oie en automne. Ne leur avait-on dit qu’il s’agissait là d’un gentilhomme ?

C’est d’ailleurs sans surprise que quelques coquines furent éveillées par l’odeur forte des hommes. Quelques-uns devaient être des seigneurs et puis, il restait toujours le bon marquis. Sa jeunesse et sa fougue le précédait. Si l’on prêta attention aux rumeurs des curieuses, il chercherait un bon parti et un joli minois. Alors, toutes les précieuses gloussantes en arrière de la baronne s’étaient accoutrée en hâte de quelques beaux atours. Elles espéraient par leur con séduire le faon et pourtant, il n’avait point vu ce que l’hôte avait entrevu l’espace d’un instant. Il se pourrait que Saint-Aimé soit bien moins habile avec la donzelle qu’avec une lame. Alors, peu à peu les hommes se détournèrent de leur gamelle pour converser sur le goût de la soupe, la dureté du voyage ou encore la cocotte de vert vêtue. Bref, ils semblaient repus.

« Vos gens, votre Excellence seront logés par Hugues, mon intendant ». Elle glissa un regard vers le gros bonhomme qui observait dans un coin de la pièce. « Si vous le permettez, je vous conduirai moi-même à vos appartements – ils ne sont guère loin des miens ». Elle offrit un sourire poli au chevalier. Il semblait un peu moins souffrir de son périple maintenant qu’on lui avait rempli le ventre. Elle frappa dans les mains et l’on vit bientôt la trogne d’Hugues, toute suante, surgir non loin d’eux. « Une fois que tu auras conduit ces messieurs dans leurs lieux, tu iras envoyer nos invitations pour le bal, si toutefois notre invité y consent ». La baronne le congédia presque aussitôt. Elle n’aimait guère l’avoir dans ses pattes, bien qu’il l’amusa. « Messire, je ne saurai vous retenir davantage. Depuis le Berthildois sous la neige, cela a dû être un véritable périple – je ne souffrirai pas que vous choisissiez la compagnie d’une bonne nuit de sommeil ».
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mar 4 Juil 2017 - 8:05





Ahh! La voilà, cet hymne à la gloutonnerie, l’ode à la goinfrerie! Les phacochères ripaillaient sans commune mesure, cherchant à chasser du revers de la main ces âpres souvenirs de vache maigre! Une mélopée où les débauchés troquaient les mots pour des bruits de déglutitions tous aussi singuliers les uns que les autres, passants du hoquet au rot et même jusqu’à l’étouffement –dans les cas où mastiquer semblait optionnel -. Au moins l’avaient-ils tous mérité, ce festin! Quant à leur maître et marquis, Louis resta plus réservé. Sa conscience prédominait sur son appétit –et tous n’étaient pas sans savoir l’étendue de sa faim, compte tenu des gargouillis incessants qui trahissaient le Saint-Aimé-, car là dehors, de la menuaille économisait chaque bout de pain disponible pour nourrir un tant soit peu la marmaille, tandis qu’eux, veinards au sang bleu, avaient tout pour manger à l’excès jusqu’à ce que le cœur leur lève !

Quant au poulailler qui avait brossé leur plumage pour bien parader devant les yeux du régent, elles étaient loin d’être comblées car n’eut été quelques regards envers chacune d’elles –parfois moins subtiles, lorsqu’il se devait d’admirer ce qu’elles avaient à exposer, naturellement-, il ne leur adressa pas la moindre parole. Non, plutôt, c’est à son hôte qu’il attribuait l’entièreté de son attention. Quant à son habileté avec la donzelle, il est vrai que sa renommée en la matière n’était que peu reluisante. À dire vrai, il ne savait ce qu’on disait de lui en Alonna, mais à Sainte-Berthilde, le bruit courait qu’encore ce jourd’hui, son pucelage était encore conservé et qu’il n’avait pas même embrassé la moindre donzelle, imaginez! Alors, maintenant qu’icelui avait gagné du gallon, que toutes les plus rutilantes juments cherchaient à être montées, le voilà qui était dans de biens mauvais draps!


« Vous êtes bien bonne, madame. Mes hommes commençaient à prendre goût à fermer l’œil étalés sur le confort d’une paillasse. Enfin, le confort d’une couche un brin plus épaisse saura également les satisfaire, m’est d’avis. » S’était-il permit d’ajouter, non sans une touche d’humour, bien que l’air toujours un brin non naturel, comme s’il forçait la chose, non aidé par sa maladresse. Quant à son offre, il n’y donna pas suite mais laissait savoir d’un sourire, qu’il y consentait. Du revers de sa manche il se torcha le bec puis se redressa en invitant sa voisine de la main, donnant suite à sa dernière proposition. Le coude lui étant offert en toute politesse pour qu’elle s’y ancre, il ne s’en fallu guère d’avantage pour que la salle à dîner se voit bien vite désertée par toute cette masse de gens. En chemin, le bras offert à la Broissieux, mais la laissant le guider, il lui témoigna ces quelques mots : « La nuitée est encore jeune, peut-être pourrais-je considérer de repousser l’heure du coucher. J’ai pleine conscience que je me trouve fort bien peu présentable et que la baignoire à elle seule mériterait toute mon attention, mais la route fût bien trop éreintante pour qu’une fois arrivé, j’en repousse le but principal de ma visite. Est-il un endroit où le calme et le confort seraient tous deux mit de l’avant ? » Le voilà qui semblait retrouver ses deux bottes lorsqu’il s’éloignait des toutes ces femmes en pâmoisons devant lui. Ils n’étaient plus que deux, esseulés du restant de leurs gens et cela n’était pas pour déplaire au jeune Saint-Aimé.



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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Dim 16 Juil 2017 - 22:23

Elle lui sourit. Un sourire à la fois tendre et un peu moins révérencieux que plus tôt, car elle tenait une sympathie pour le jeune faon dont elle n’en aurait su déterminer la cause. Elle ne l’avait pourtant côtoyé qu’une seule fois, sans lui parler davantage mais il lui inspirait une certaine confiance. En vérité, il lui rappelait un savant mélange entre ses deux cousins : l’un pour sa douceur, l’autre pour sa droiture. Force était d’admettre que le jeune Saint-Aimé avait pris le bon de sa mère et de son père ; une éducation qu’elle enviait quelque part. Malgré le malaise d’une rencontre il savait nager dans les eaux troubles d’une cour sans s’y faire croquer. Enfin c’était là l’impression qu’il lui donnait alors. La Broissieux n’en restait pas moins vigilante. Elle n’ignorait pas ce que le pouvoir apportait – et si le commun s’accordait à lui trouver la tempérance de jeunes épaules, le seigneur n’en restait pas moins de ceux que l’on aurait tôt mal conseillé.

Le castel retrouvait doucement son calme, laissant la nuit faire son oeuvre. Il restait toujours de ça de là quelques couche-tard mais les donzelles s’en était retourné à leurs demeures et les petites gens à leurs lits. Il n’avait fallu guère de temps pour que la camaraderie se mette à suivre Hugues à travers le dédalle du château. S’ils étaient fatigués, ils ne l’étaient point assez encore pour cesser de se taquiner comme le font les hommes. Et c’est dans ce retour à la normal que la belle entreprit de le conduire dans un endroit propice à une discussion. L’idée lui avait effleuré l’esprit à la minute où il en avait fait mention. Au moins pourrait-elle satisfaire son invité comme il se devait. En avançant, elle fit envoyé une lavandière sans en dire plus au jeune chevalier, préférant poursuivre quelques badines conversations sur leur route. Le chemin jusqu’ici n’avait pas été simple, mais elle se réjouissait de le tenir entier : beaucoup n’auraient pas eu cette chance. Ils descendirent quelques escaliers sombres, où nulles fenêtres ne perçait les épais murs. Il n’en fallait guère plus pour entendre que l’on s’enfoncer dans les boyaux de la terre, juste sous l’aile ouest. Il faisait bien plus humide et chaud si bien que la surprise n’en fut plus une au moment où ils atteignirent les bains.

Il y avait en bain trois bassins de taille respectable dont l’eau sortait chaude de la terre. Une vieille légende Alonnaise racontait qu’un dragon sommeillait encore en dessous de la ville, chauffant de son souffle ardent la petite source qui se jetait plus loin dans le fleuve. Si le conte avait le mérite d’être trépidant, il n’était guère probable qu’il s’avère vrai : les dragons avaient depuis bien longtemps disparus. Elle lâcha le bras du valeureux Faon, le sentant quelque peu décontenancé.

« Nulle bassine ne saurait rivaliser. Voilà bien monseigneur l’un des secrets que je chéris le plus dans mon domaine ». Sur ces entrefaites, la lavandière déboula les mains pleines de vêtements propres et de serviettes à l’odeur de fleur. « Nous ne pourrons être plus tranquille qu’ici – et vous méritez bien de vous délasser après votre voyage ». Elle en attrapa une et lui rendit avec délicatesse. « J’ai fait ramener des affaires de feu mon époux. Il n’était point aussi grand que vous mais elles devraient vous convenir. Et si toutefois mon regard vous dérangerez, voilà de quoi vous couvrir ».

Elle jubilait intérieurement. Il n’y avait d’homme plus docile que ceux que l’on prenait au dépourvu ; et Alanya se complaisait dans cet art. Sans artifice, il ne pourrait guère se dérober sous de longues et pompeuses conversations, aussi, avant qu’il ne puisse refuser elle prit les rênes de la discussion tout en s’asseyant à quelques pas de là au bord de l’eau parfaitement immobile.

« Je dois avouer votre Excellence que votre courrier m’a quelque peu surpris ».
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Lun 17 Juil 2017 - 0:37





Il en fût pareillement pour le jeune régent, un agréable sourire conquis ses lèvres lorsqu’elle donna suite à la proposition du valeureux. Certes, ils avaient pérégriner profusément et rudement, mais cela n’était pas pour freiner les ardeurs de Louis qui s’était résout à jouir de chacune des opportunités qui lui étaient offertes. Délaissant son douillet chez-lui de même que ses responsabilités de chef d’état, son périple ne pouvait s’éterniser et donc, chaque moment passé ici avait son importance car tôt, la compagnie serait contrainte à revêtir derechef les fourrures pour regagner le Berthildois. Bien que ce fût maintenant plus que le soir, c’est grâce aux bienveillantes flammes d’innombrables candélabres, braseros et autres torches suspendues aux mûrs que Louis profita de sa première visite du castel. Loin d’être aussi vaste et abondant en chambres et autres pièces que la maison de Cantharel, la demeure de la Broissieux avait tout de même suffisamment pour satisfaire la vue de celui qui savait apprécier les belles choses. Que ce soit au niveau de la décoration typiquement Nordienne, des ornements toujours fièrement exposés et mis en valeur par l’entremise de quelques tapes à l’œil, c’était pour le nouveau venu une agréable vue que d’admirer chacun des dédales du castel. Qui plus est, en si agréable compagnie, un tas de fumier aurait lui aussi tout autant d’intérêt à être étudier longuement!

Se montrant curieux tout en restant poli, il laissa son hôte le guider au travers les nombreux couloirs, même si à son bras elle était toujours accrochée, posture qui usuellement donnait à l’homme droit de mener la marche, et non l’inverse! En quelques occasions il sentit la délicate poigne de sa compagne se raffermir contre son biceps, chose anodine qui pourtant, ne le laissa pas indifférent. Cherchait-elle à attirer son attention ? Ou était-ce car elle cheminait gauchement et qu’elle se servait réellement de lui comme appuis ? Une routine bien vite naquit, car lorsque se contracta les doigts de sa belle contre son muscle, le regard du Saint-Aimé trouvait quelque chose d’autre à observer, à l’exact inverse d’icelle.

Enfin, leur destination ne semblait plus aussi lointaine car lorsqu’ils butèrent contre un escalier où la lumière se raréfiait et où l’air, agréablement, prenait ses aises en chaleur. Douillet, chaleureux et calme, Louis s’imagina d’ores et déjà le salon dans lequel il allait pouvoir, confortablement, attaquer le but principal de sa venue. Par tans, cette image utopique d’endroit secret, où Alanya pouvait solitairement rêvasser librement ou laisser libre ses pensées les plus profondes, commençait à s’ébranler. À chaque marche franchie un peu plus d’humidité attaqua son museau, éloignant dès lors la possibilité qu’un foyer conventionnel puisse tenir chaud l’air des sous-sols. Alors il se tût, pinçant les lèvres maintenant avec appréhension. En tournant le coin d’un muret de pierre, il s’immobilisa pratiquement, bien pantois. Ce ne fût pas tant par la beauté incroyable des lieux que du fait qu’il venait de comprendre que tôt, un malaise allait bientôt naître et que cette fois, il serait de taille.

Un jeu d’ombres valsait d’un bout à l’autre du vaste endroit, éclairant suffisamment jusqu’aux rebords des bains mais n’étant point suffisant pour enrayer la noirceur au milieu des bassins. Là, dans tous les coins, non seulement y était allumées quelques timides candélabres, mais aussi gisait quelques braseros presque éteints, où des montagnes de braises incandescentes offrait un rouge plus qu’agréable à l’œil, au travers les ténèbres de l’endroit.

Puis les choses se passèrent très rapidement, pour un Louis qui encore s’imaginait le pire. Le pourpre gagna prestement et d’une facilité déconcertantes ses joues, bien qu’heureusement tamisé par la noirceur de l’endroit. Voilà au moins un avantage à ne pas trop s’exposer à la lumière, se dit-il lorsqu’il sentit une bouffée de chaleur lui monter jusqu’à l’arrière du crâne –non point à cause de l’écrasante chaleur, mais plutôt par la gêne et le malaise-.


« Je … n’imaginais pas votre … » Il s’interrompit, comme s’il sentait que le commentaire allait être déplacé et de trop. Plutôt, il tâcha de retomber à l’instar d’un chat, sur ses pattes, en corrigeant sa bévue d’une flopée de remerciements. « Votre générosité me font perdre mes mots, vraiment … Merci milles fois, mon amie. Voilà une politesse que je ne suis pas prêt d’oublier. » La gratifiant d’un sourire grand et avenant, bien que toujours légèrement troublé par la gêne. Son regard maintenant s’attardait à l’eau, puis à la serviette que lui tendait Alanya, alternant entre les deux, puis passait en révision l’endroit d’un regard circulaire, à la recherche d’une solution à l’immense problématique que lui causerait sa prochaine tenue!

« Votre regard ? Pourquoi me dérangerait-il ? » Lança-t-il, après qu’elle ait lancé adroitement la pique. Avait-elle seulement calculé son coup, sachant qu’il serait contraint à ne pas paraître pour ce qu’il était, un timide puceau, qui n’avait jusqu’à maintenant jamais été nu devant une femme ? Il n’en fallut pas d’avantage pour qu’il amorce le délaçage de sa chemise, de même que de se son ceinturon qui retenait ses braies. Aurait-il été un homme, un vrai, qu’il se serait dénuder en claquant des doigts, en affrontant le regard de son hôte, comme pour lui répondre silencieusement : Voilà, c’est ce que tu cherchais ? Mais il n’en fit rien, bien au contraire. On le voyait maladroit dans ses gestes, le poignet presque tremblotant, le regard fuyant … Heureusement, toujours en précieuses alliées, les ombres l’aidaient et atténuaient son malaise. La lavandière quittant, voilà qu’il passait à l’œuvre, laissant chuter ses dernières parures contre le sol humide.  

Son corps n’avait rien de désagréable à l’œil et c’était peu dire. Les jouvencelles et autres cocottes ne cherchaient pas à s’emparer de lui simplement pour sa position, mais aussi pour ses beaux yeux : il n’était pas du Berthildois un moindre homme. C’était une belle pièce de muscle, bien travaillée et entretenue, à laquelle mordrait la première venue, si elle en avait le droit et la possibilité. C’était ironique, au final, qu’il ait tout pour plaire mais qu’il n’en faisait rien : voilà un beau gaspillage !

Nu comme à ses premiers jours, les racines n’eurent pas le temps de prendre, car aussitôt il trouva les marches pour s’immerger dans l’eau, sans jamais croiser ne serait-ce qu’une seule et unique fois les yeux de la Baronne … Seul lorsqu’il fut bien trempé et recouvert jusqu’aux épaules de flotte, qu’il se permit d’affronter Alanya des yeux, en redressant le menton. Il expira longuement et bruyamment, comme si toute la tension du malaise venait de s’évacuer d’une traite, maintenant qu’il n’était aux yeux de la baronne, plus aussi vulnérable. « Quel réconfort… » Et il se fit couper, constatant qu’elle s’était saisit des rênes avec forces, de sorte à diriger la conversation. « Ah vraiment? »

« Eh bien, nous n'avons fait que nous croiser depuis les festivités. Me demander conseil est plutôt surprenant, vous devez avoir des personnes bien plus indiquées dans votre entourage »

Un sourire reconquis son visage écarlate, acquiesçant à sa remarque comme si cela allait de soi. « Vous dites vrai, mais la raison de ma venue demandait l’avis d’une personne dont l’honnêteté surplomberait la fidélité d’une vassale devant son suzerain. Aussi vous épargnerais-je d’étirer le suspens plus longuement, je vous raconte immédiatement : Aymeric, votre Marquis, m’a offert la main d’une de ses sœurs. Du pays Serramirois, tous s’entendent pour me dire qu’elles forment de bons partis. Étrangement, il en va de même de mes conseillers et pourtant, jamais ils n’ont entendus ni même aperçus ces femmes. Ors, je ne sais étancher ma curiosité à leur propos. Il me fallait l’avis d’une personne qui non seulement les auraient connues, mais aussi, qui ne craindrait la vérité, même si icelle n’était pas pour plaire au Duc de Serramire … » Les yeux de Louis cherchaient toujours et incessamment ceux d’Alanya, s’assurant de sa bonne compréhension. « Croyez-vous être cette personne, Alanya ? »


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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Lun 17 Juil 2017 - 21:55

L’air humide et le ploc régulier de l’eau rendait la pièce agréable. Les braseros laissaient danser sur la surface cristalline et sur les murs creusés une étrange clarté. Les ombres jouaient sans honte sur les parois, laissant le spectateur de ce spectacle silencieux dans un étrange sentiment. On n’aurait su dire avec justesse ce que les bassins émulaient, il n’y avait pas de mot pour ce sentiment. A l’orée entre le bien-être et la solitude, l’effroi et la pureté, il ne restait qu’un délectable moment de paix et d’intimité. La Sainte Néera seule savait combien elle aimait s’y retrouver ; ici nul besoin de paraître, l’on ne venait pas brusquer les ténèbres enchanteresses. Alors, dans l’univers aqueux à la fois doux et chaud l’on se laissait aller à quelques instants de repos. Pour sûr, elle chérissait ces moments d’égarement, où elle n’avait plus à réfléchir à rien sinon à ce mutisme à peine troublé pour les gouttelettes d’eau qui s’écroulaient au bas des arches.

Un lieu presque sacré où les palabres venaient s’essouffler dans un léger écho. Un endroit somme toute bien étrange pour converser si sérieusement. La main de la belle chassait nonchalamment l’eau du bout des doigts, observant dans la pénombre le chevalier. Elle l’avait vu hésiter lorsque, bien gauchement, il s’était défait de ses croutes de voyage. Elle l’aurait sans mal vu renoncer. C’est d’ailleurs avec surprise qu’elle l’avait vu se glisser dans l’eau peu après. Le Faon jouait à présent dans la cour des grands et si le pauvre homme n’y avait été poussé que par malchance, il se retrouvait bien obligé de lutter. Pour sûr le temps lui donnerait ce qui lui manquait alors, et nul doute que le Marquis serait bientôt un sage meneur. Le Berthildois avait pour lui la jeunesse et l’esthète, la vigueur et le défi. Il ne lui restait plus qu’à acquérir l’expérience, mère de toutes les vertus.

Et il avait derrière ce ravissant minois, le courage de parler vrai. Il lui tira un sourire. Il avait encore beaucoup à apprendre. Par Tyra, ce petit ne manquait pas d’aplomb maintenant que les ombres l’avaient pour ami. « Il n’y a personne du Berthildois à la plaine d’Oësgard qui n’ignore les différents que j’entretiens avec le seigneur mon Marquis ». Sa voix était limpide et sans hésitation, si bien que beaucoup l’aurait pris pour un aveu de désamour. « Toutefois, ces mêmes gens ignorent ce qui nous lie ». Elle essayer de sonder son visage à travers les brumes ténébreuses mais sans y parvenir tout à fait. La pièce entretenait quelque chose entre eux, une tension mystique qui ne semblait ni bien ni mal. Elle était là, palpable.

« Pardonnez-moi de ne point vous avoir offert mes condoléances. Je sais mieux que quiconque ce que la mort peut prendre, d’autant que j’estime grandement votre mère ». Sa gorge se serra. Non, elle en avait été incapable. Le suicide d’Azénor était encore bien trop douloureux, tout comme la fuite d’Arichis. C’était d’ailleurs le dernier à s’être tenu ici-même en sa compagnie. La baronne n’aurait su dire ce qui bouillait au fond d’elle en y repensant, cependant il était bien plus sage de faire taire sa rancœur un moment.

« Je ne répondrai pas à cette question votre Excellence mais je répondrai à toutes les autres. Il vous appartiendra au terme de votre séjour en Alonnan de déterminer si je suis celle qu’on vous a conté ». Un souffle. « Il se pourrait que je vous surprenne encore davantage ». Dans la pénombre se dessina un sourire sur ses lèvres. Un de ceux dont elle avait le secret, un de ceux dont on ne pouvait déchiffrer le sentiment.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Lun 17 Juil 2017 - 23:21




Quelles alliées extraordinaires qu’étaient les ténèbres, lorsqu’il était impossible de réprimer de tels sentiments. La honte, le malaise! Deux belles putes moqueuses qui n’avaient rien pour aider la situation du régent, lui qui avait les joues si tant rougies, qu’on pourrait croire qu’il venait de courir le marathon! D’autant plus que la voir prendre ses aises, le séant posé contre le sol partiellement mouillé par les vapeurs et l’air chargé d’humidité, alors qu’elle n’était qu’à une distance de bras à peine, n’était pas pour lui insuffler d’avantage de courage. Toutefois, bien malgré ce malaise palpable –à sen unique, apparemment, vu le visage toujours aussi naturellement adorable qu’arborait son hôte- , Louis s’offrit la possibilité d’ajouter un commentaire. « Loin de moi l’idée d’entretenir quelques doutes, en ce qui attrait la solidité de votre fidélité envers votre Suzerain, mon amie. Vraiment, là n’était pas le but. » On sentait en sa voix qu’il était navré, s’il avait soulevé une quelconque ambiguïté.

Lorsqu’arrivèrent les condoléances, ses lèvres se soudèrent aussitôt. Que pouvait-il dire, après tout ? Il s’était pratiqué, depuis. Il avait reçu les vœux et les condoléances de pratiquement tout le continent et pourtant, encore aujourd’hui, il n’arrivait pas à trouver quelques mots agréables, quelque chose qui saurait lui faire oublier la douleur de cet âpre souvenir. « Vous êtes toute pardonnée, je vous assure. » Lui assurait-elle, aussi simplement que ça. Aussi, lui également se faisait poignarder à chaque fois, lorsqu’il se devait d’être la cible de cette macabre pensée, où sa promise s’ôta la vie devant l’autel … Il n’avait su à temps trouver la force de l’aimer et de la chérir, comme un mari se devait de faire envers sa femme, mais au moins, avait-il su pour elle développer quelques espoirs. Il avait tenté d’apposer un baume à son cœur meurtri, espérant qu’elle sache au moins lui accorder ne serait-ce qu’une once de confiance : Louis l’avait mérité, après tous les efforts qu’il avait fait … Surmonter sa gêne n’était pas une menue tâche et pourtant, il avait triomphé. Et le destin est une variable imprévisible, car la mort du frère d’Azénor l’acheva, tuant au même moment tous les espoirs qu’avait fondés Louis à son propos …

Louis se racla la gorge subtilement, puis affronta de nouveau le regard d’Alanya, sans être certain d’avoir la force de le faire. Ce sourire, amusé, constamment perché sur son adorable minois, avait quelque chose d’intimidant, après tout. Ce n’était pas de la moquerie, ou même de la sournoiserie, mais il savait qu’elle préparait un coup.
« J’irai droit au but, cela nous tiendra loin d’éventuels quiproquo. J’aimerais connaître d’avantage des sœurs de votre Marquis, auxquelles icelui m’a suggérer de prendre pour épouse. Auriez-vous quelques informations à leur propos, que vous pourriez partager ? »

Ses yeux bifurquèrent sur les doigts agiles de la Baronne, ceux qui flattaient et caressaient la surface de l’eau, créant à leur passage quelques hasardeux sillages. Il commençait à faire chaud, beaucoup trop, même. Au plus profond de lui, il espérait qu’elle ait rapidement fait le tour, qu’ils puissent passer à autre chose. Comme s’en aller d’ici et se couvrir de vêtement, par exemple …


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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mar 18 Juil 2017 - 1:13


« Est-ce votre véritable question monseigneur ? ».

Elle plongea ses doigts fins dans l’eau, détachant un instant ses mirettes de la silhouette qui trempait à quelques pas de là. La distance était telle qu’elle instaurait une intimité propre à la confidence mais point encore assez pour en devenir lubrique. Ils marchaient tous deux sur un fil tendu, attendant de basculer d’un côté ou de l’autre dans pouvoir se rattraper comme les saltimbanques. Il fallait dire qu’elle se complaisait à ce genre de jeu. Ils étaient le seul divertissement dans ses journées monotones. Et puis, elle n’avait guère de choses à perdre à présent ; tous du Soltaar à Serramire lui prêtait une nature volage et un goût pour les mauvaises choses, lui vantant quelques aventures qu’elle n’avait point encore connu. Si elle fût d’abord blessée de ces affabulations, elle en trouvait ce jourd’hui le moyen d’en rire goulument. Si cela n’avait point fait trop, elle en aurait volontiers distillé quelques-unes, mêlant le vrai et le faux pour en récolter les fruits plus tard. Qu’ils parlent ces marauds ! Après tout, c’était bien là le lot des gens qui s’assument.

L’eau lui procurait la sensation d’une délicate caresse. Elle l’aidait sans doute à oublier qu’un Marquis se tenait si proche, nu comme un ver et si peu assuré qu’il ne bougea plus. Que dirait-il si d’aventure il savait qu’il n’était que le quatrième homme qu’elle avait vu entièrement dévêtu ? Le croirait-il seulement. Si l’Alonnaise avait des défauts, elle restait indubitablement fidèle à ses époux. Bien qu’elle n’en aimât réellement aucun des deux, elle les portait en estime, offrant tout ce qu’une épouse se doit d’offrir. Seul Arichis demeurait dans son cœur comme l’homme qu’elle avait à la fois plus aimé et le plus haït. Et bien que les mois passaient, la cicatrice restait vivace, si bien qu’elle n’aurait su dire comment elle réagirait s’il venait à sa porte le lendemain. Le Régent avait réussi à la conquérir tout à fait. Pour sûr, s’il revenait demain, elle lui offrirait bien plus qu’elle n’avait à donner.

Elle bougeait sa main immergée comme pour chasser sa faiblesse la plus profonde. Ce n’était ni l’heure ni le lieu pour cela, d’autant que le pauvre chevalier subissait les affres de sa souffrance inutilement. Il hésitant, son corps se tendant perceptiblement. « Sont-elles un bon parti, oui ou non ? ». Alanya leva les yeux pour les planter de nouveaux sur un visage qu’elle ne distinguait pas. Il n’avait donc pas entendu sa question. Il était jeune, il apprenait encore.

« Je ne pense pas que votre véritable question soit celle-ci. Vous n’avez pas traversé la tempête pour me demander si votre prétendante est jeune ou belle ou de bonne éducation. Non, je n’y crois pas votre Excellence ». Elle se leva et laissant le silence s’installer, elle laissa choir sur le sol ses vêtements peu à peu, laissant le temps de la réflexion au jeune Saint-Aimé avant de se glisser dans le bassin, à distance respectable du jeune homme. « Voyez mon ami, je n’ai guère de temps à perdre de vous répondre qu’elle lui ressemble, ou qu’elle porte du parfum. Vous êtes venu me chercher non pas pour que je vous parle de ses sœurs, n’est-il pas ? ». Elle lui adressa un sourire.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mar 18 Juil 2017 - 2:29





Non, il ne la croirait certainement pas! Ce n’était plus un secret pour personne, de savoir qu’Alanya avait le cœur léger, capable d’un battement d’aile, de s’envoler d’un jouvenceau à l’autre. À en voir l’aisance à laquelle elle avait affronté l’horrible représentation de l’improvisé gigolo, il allait de soi qu’elle était sûrement habituée à la chose. Quant à Louis, bien qu’il ne partageait pas ce côté –c’est-à-dire l’art de butiner d’une fleur à l’autre avec appétit-, il pouvait comprendre que les choses de l’amour pouvaient devenir atrocement plus complexes, lorsqu’on vivait le veuvage par deux fois. Pour l’instant, de toute façon, loin lui était le temps d’étudier la question puisqu’à priori, elle en était restée là, à être sagement assise à ses côtés, sans oser trépasser cette ligne qui séparait le décent de l’indécent.

Alors, les choses se tendirent, d’avantage encore. Il senti une once de provocation dans la voix de son hôte, comme si elle cherchait à lui tirer des vers du nez. Avait-il derrière sa venue, une raison cachée qu’il ne désirait sous aucun prétexte dévoiler ? Heh! Si c’était le cas, fichtre qu’il aurait aimé être informé! Car pour l’instant, il nageait non seulement dans une flotte atrocement chauffée, mais dans une situation inconfortable à laquelle, il commençait à manquer d’imagination pour se sortir de l’embarras. Pourtant, il le devait bien : il n’était pas pour perdre la face devant une Baronne, d’autant plus une qu’il affectionnait.

Insistante, persistante, elle réitéra sa position, comme pour apporter le pauvre à se questionner sur les raisons de son périple. Et si ce n’était pas pour les sœurs qu’il était venu, mais pour le Marquis ? À savoir si icelui avait ce genre d’habitude, de jouer plusieurs cartes à la fois ? Pourquoi s’unir avec Serramire, alors qu’ils étaient tous deux en de si bons termes ? N’allaient-ils pas guerroyer bras dessus, bras dessous, une fois le printemps arrivé ? Qu’avait-elle à vouloir remettre en question son interrogation ? Le faisait-elle exprès ? Cela l’amusait de le voir ainsi, à être moins certain que jamais ? Voilà une bien jolie flopée de question qui n’aurait sans doute jamais le bonheur d’être répondu, mais qui auraient le loisir d’être interrompue, lorsque sortant de ses pensées, Louis remarqua qu’Alanya n’était plus assise, mais bien debout.

À peine eût-il le temps de réfléchir d’avantage, de s’exprimer ou de réagir, que chuta les derniers remparts à la nudité de la Broissieux. Il l’aurait admiré toute la nuitée, si de bonne fortune on lui avait laissé ce loisir! Diablesse, elle s’empressa à rejoindre la même eau que ce dernier, lui coupant dare-dare accès à ce qu’elle avait de mieux à exposer. Si elle, n’avait vu que quatre hommes flambant nus, lui, n’avait vu qu’une seule femme et elle était à ses côtés. Le croirait-elle seulement, si il lui avouait n’avoir jamais été plus loin qu’à l’instant avec une femme ?!

Là, c’était limite hilarant. Son premier réflexe lorsqu’elle vint le rejoindre, fut de reculer, mais tomba dos à dos contre l’un des murs de la bassine, buté contre l’obstacle fatal de sa fuite. Sa mâchoire se crispait, son front s’humiliait d’angoisse, bien que ses yeux restent planqués dans ceux d’Alanya, comme s’ils ne pouvaient dériver. Ceux-là parlaient d’eux-mêmes : il était fasciné par elle, par sa conduite, son élocution, sa démarche, son corps … Quand fût le temps de répondre à sa question, il n’en fit rien. Ni ne trouva le force de sourire.

Il ne savait plus feinter, les dernières forces qu’il lui restait, afin de préserver un peu la face, venaient de tomber en même temps que les tissus de l’Alonnaise.


Quant à elle, la source de tous ses soucis immédiats, mais aussi de tous ses fantasmes, elle ne bougea plus guère d’avantage, laissant quelques instants pour que le pauvre sache s’en remettre, pour qu’ensuite, elle puisse ajouter sur un ton plus calme et doux : « Vous êtes encore jeune dans ce monde, messire. Il n’est rien dans votre vie qui ne sera méticuleusement décortiqué et mis à nu. Dès lors, si vous souhaitez l’entendre, voici mon premier conseil : ne laissez aux autres que ce que vous voulez qu’ils aient. Voulez-vous les laisser penser pour vous? » Puis se recula, d’un geste lent et calculé, pour offrir un peu d’air au souffrant, qu’il puisse décompresser un tant soit peu. Une fois accoudée contre le rebord, laissant entrevoir un peu de la peau de ses épaules, elle le laissa s’exprimer.

Elle n’avait pas tort, c’était vrai. Mais à bien y penser, lorsque l’idée avait été soulevée par le corbin de Serramire, la chose ne lui avait pas semblée de mauvais goût, bien au contraire. Ironiquement, ce qu’elle venait de dire, avait tellement de sens, qu’il venait lui-même de faire l’inverse de son conseil : il s’était obligé à se dévêtir devant elle, à affronter sa gêne pour garder la face, alors qu’il ne l’avait nullement désiré! Alors, après un moment, tandis que s’envolaient des volutes de vapeur, au travers les nuages d’humidité qui valsaient en les airs, Louis retrouva un peu de son calme. Elle s’était éloignée, elle s’était tut et s’était tamisée dans les ténèbres, ne laissant apercevoir d’elle que sa position, bras étendus de chaque côté d’elle, sur les rebords de la bassine. Alors, il ajouta franchement vers elle, peut-être dans une prime remarque un peu plus assurée :
« Que gagnez-vous à me partager de si avisés conseils ? Nous nous connaissons à peine, notre amitié n’en tient pour le moment qu’à notre proximité de territoire, alors, pourquoi ? »



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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mar 18 Juil 2017 - 14:58


Il se détendit un peu. Les gouttelettes s’écroulaient lentement contre le sol humide tandis que les volutes de fumée habillaient l’air.  C’était à la fois dérangeant et délectable. Voilà qu’ils ne s’étaient jamais fréquenté mais qu’ils se retrouvaient nus, plongés dans une eau chaude et insidieuse. Pour sûr, l’étendu à peine troublée par leurs mouvements jouait un rôle bien plus important qu’elle n’aurait cru. L’aqueuse place était à la fois le dernier rempart à leur pudeur et pourtant aussi fine et malicieuse que les ombres qui dansaient sur leur peau mouillée. Le granit froid dans son dos venait relever la douceur de l’étreinte suintante. Etait-ce une bonne idée ? Elle ne pouvait encore l’affirmer. En haut sans nul doute l’on jasait déjà, car c’était le propre de ces petites gens ; ils n’étaient capables que de ragoter sans savoir, si bien que les apparences étaient pour eux des vérités que l’on n’osait démentir. Pour peu, l’on eut cru parler de religion ! Fort heureusement voilà un sujet qui s’était encore tenu loin des deux jeunes gens immergés. Il n’y avait rien de plus contrariant que de converser sur les bigoteries. Au moins la politique avait cela de bien : elle était assez prenante pour ne point dévier vers des sujets plus fâcheux.

La voix du jeune chevalier s’écrasa contre les voutes du plafond. Il n’avait pas encore ouvert la bouche depuis son petit numéro. Le m’était-elle donc si mal à l’aise qu’il en perdait la chique ? Pour sûr, si le résultat était fort amusant, cela n’était en rien son but. Elle comptait bien faire du Faon un allié, et force était d’admettre que de le repousser dans ses retranchements n’étaient pas forcément la chose la mieux indiquée. Comme Philippe de Broissieux se gausserait après l’avoir tancé comme il se devait. Elle aurait certainement eu la joue douloureuse un bon moment après qu’il eut vent de cette histoire. Que croyait-elle à agir ainsi ? Elle n’était rien, personne. Et les gens comme elle se devaient de courber l’échine bien bas devant les gens importants comme lui. Il aurait juré les Cinq que l’avoir éduqué à ces choses-là n’avait été qu’une perte de temps. Son oncle avait de ces colères qu’on oublie pas, même des années après son trépas. Il aurait tonné après n’importe qui, pour n’importe quoi qui le froissa assez. C’était un homme qui appréciait la rigueur et l’ordre. Les femmes – bien qu’il porta ses espoirs sur la petite Alanya – n’était pour lui qu’un doux nid où pouvait nicher un bambin. Un élève marmaille, une sotte pondeuse. Les choses de la politique appartenaient à ceux capables de réfléchir, aux hommes durs et aux cœurs fiers.

Jamais dès lors elle n’avait compris pourquoi il l’avait prise pour pupille. Pourquoi, au détriment de son propre fils, il l’avait instruite et mené avec lui dans ses entrevues à la cour comme ailleurs. Tout petit seigneur qu’il était, il avait inculqué – peut-être en toute conscience ou peut-être pas – l’envie de grandeur à sa nièce. Elle était à présent telle qu’il l’avait façonné ; elle ne craignait plus les regards, ni même l’opinion de ceux qui l’entouraient. Elle avait réussi, usant de ce que la vie lui avait donné bienheureusement : un esprit et un corps. Et puis, elle n’avait plus depuis longtemps la peur. Sa témérité n’avait point encore trouver sa limite et c’est surement cela qui causerait sa perte. Si l’âge rendait sage, elle n’était pas encore prête à entendre ces leçons. La chute serait rude, voilà tout.

« Votre confiance ». Les mots avaient été prononcés dans un souffle, comme une confidence. Elle tenait à mettre le brave à l’aise, lui laissant reprendre un peu les rênes de l’entrevue, s’effaçant un peu, immobile. « Il n’est pas dans notre Pays plus chère denrée que celle-là. Si je me montre le cœur sincère, alors vous ne douterez plus de moi ». Un vague sourire s’étira sur sa bouche, sans parvenir à savoir s’il le verrait dans la pénombre.

« Vous deviendrez un ami et vous vous confierez à moi. Alors je vous épaulerai encore en vous prodiguant mes conseils ». Elle s’arrêta un bref instant.

« C’est là que j’y gagnerai mon bon seigneur. Car sans le savoir, sans en douter, vous payerez votre dette en écoutant ma vérité ». Elle était honnête. Pour sûr, ainsi avouer sa manipulation n’était pas une entrée en matière des plus subtiles mais au moins, il pouvait juger de lui-même de la véracité de chacun de ses propos. Il la voulait probe, et elle ne pouvait faire mieux pour l’en assurer.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mar 18 Juil 2017 - 22:48




À immortaliser l’air du faon sur une toile, peu sinon personne ne saurait le reconnaître, tant son visage n’avait rien de ses habitudes avenantes et sereines. Ajoutez à cela que de bouillants bains prolongés ne figuraient guère à son quotidien, on devinait que ce dernier détendait, mais qu’il n’y sentait pas aussi à l’aise que sa comparse qui, sans doutances, devait y faire acte de présence par maintes fois ! De bonne fortune certainement, il vivait de malfaisants instants dans l’endroit qui, probablement, s’avérait à être le plus relaxant de la région. Sans savoir l’expliquer, le temps l’aida, il trouva le moyen de récupérer une once de contenance et de calme. Était-ce l’écart flagrant de température entre l’extérieur et cette antichambre humide, l’entièreté de ses muscles qui se dénouaient peu à peu aux bonnes grâces des bouffées de chaleurs provoquées par la flotte, ou simplement ce paysage chatoyant qu’offrait l’Alonnaise, uniquement pour ses deux yeux ?

Lorsqu’elle lui livra sur un plateau d’argent les épanchements de ses intentions les plus sincères, il ne sut pas quoi rétorquer. Cette fois ce ne fût point son malaise constant, harassant et affligeant qui lui cloua le bec, mais plutôt l’étendue de la franchise de l’Alonnaise. Était-elle seulement en train de lui dire qu’elle désirait le manipuler, alors que tout juste à peine, elle venait de lui conseiller de se tenir prêt à ce genre d’éventualité ? Non cela ne se pouvait, voilà qui crevait les yeux, c’était fort bien trop flagrant! Alors l’idée qu’elle se sente orpheline, sans personnes ni confidents à l’écouter livrer ses secrets, ses tourments et ses joies, semblait tout à coup moins absurde que sa prime théorie. « La confiance, elle se mérite durement et se perd si facilement. Vous dites bien vrai, précieuse et onéreuse, voilà quelque chose de plaisant à posséder. » Il patienta, un moment. Depuis le temps, depuis qu’il cuisait comme un artichaut dans l’eau bouillante, sa vue s’était acclimatée aux décors ténébreux, permettant d’y voir un peu mieux. Au loin, il l’apercevait, posée confortablement, prélassée dans son bain comme si la situation n’avait rien d’anodine ni d’étrange, préservée de tous malaises et de tous maux.

Salope. Il l’enviait, pardi!

« Si je ne peux affirmer avoir confiance en qui que ce soit, autrement qu’en ma famille, il me plairait d’apprendre que vous me dites la pure vérité. Le Nord est une région trop fière pour s’abaisser aux coups de couteaux, aux trahisons et autres vilenies. Pourtant, il me désole qu’il en soit tout de même le cas : j’ai pu le constater deux fois plutôt qu’une et ce, seulement depuis mon élévation. » Si elle avait eu vent du coup de maître qu’avait exercé son grand-père, en abusant de la confiance et de l’inexpérience de son petit-fils, elle comprendrait sans doutances immédiatement. Autrement, voilà qui était pour elle quelque chose à découvrir, car il n’était pas pour se vanter de sitôt de sa bévue envers le litige Éthernan.

Voyant que sa phrase pouvait soulever quelques interrogations, voir même d’avantages de malaises, il usa de la technique de sa voisine d’en face, lui ôtant les reines des mains pour prendre contrôle de la conversation et apporter celle-ci, si tant était-ce possible, sur une note plus légère, plus à son image. « Sont-ce là des lieux bien connus de tous ceux et celles qui furent un jour vos invités, madame la Baronne ? » Là, son œil se referma un brin d’amusement, y laissant briller une once d’amusement. Non, ce n’était pas une pique, voir même une insulte aux ragots qui planaient sur elle, mais c’était une belle occasion pour lui de voir s’il bénéficiait d’un traitement privilégié et si, comme il l’espérait, qu’elle reste dans le même ton de franchise.

Il serait son ami, il ne voulait plus en douter.



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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mar 18 Juil 2017 - 23:36

Elle aurait voulu s’avancer juste un peu pour le voir davantage. Non qu’elle prêta quelconque attention à sa physionomie pour le moins harmonieuse et agréable, mais afin de sonder son esprit. La proximité qui avait été instauré était à la fois bénéfique, mystérieuse et dangereuse. Il ne suffirait que d’une parole pour que les ténèbres prennent place, que la douceur de la pièce devienne suffocante. Il fallait manier à la fois la tension et la mesure. Savoir aussi mener les temps de discours, et ceux de silence car chacun avait son rôle à jouer. Elle trouva bien du courage au Saint-Aimé ; après tout, il demeurait novice et pourtant ne semblait pas se laisser démonter par ceci. Pensait-il réellement à tout en cet instant ? Il n’avait le contrôle sur rien ici-bas. La baronne était maitresse de l’échiquier, menant ses pions avec habilité.

Il n’avait point fuit, préférant la tempérance. C’était à la fois avisé et prudent de la part du jeune chevalier que de garder pour lui le fond de sa pensée. Après tout, elle n’aurait pu être plus honnête que l’instant d’avant ; cet aveu était un morceau de pain donné à un oiseau. Il le picorerait au détriment de son champ qu’elle comptait bien rendre fertile sous peu. Le pauvre homme n’allait pas être déçu de son voyage. Au moins aura-t-il pu admirer tous les charmes de l’Alonnan, privilège que beaucoup cherchait encore à atteindre. Il était d’ailleurs curieux que l’héritier Berthildois n’ai point encore pris d’épouse. Serait-il giton ? Voilà une chose qui expliquerait sa maladresse et sa gêne. La belle n’en avait jamais rencontré encore ; non pas qu’ils n’existaient pas mais c’était bien là une chose dont les gens ne se vantaient guère, à moins de vouloir finir sur le buché.
Pourtant, la curiosité du petit Marquis lui arracha un rire franc et cristallin qui s’échoua sur les parois. Allons bon ! Le cran lui était revenu, comme si ses couilles avaient soudainement repoussé – malgré le ton badin qu’il avait emprunté. Avec délicatesse, elle s’arrosa la nuque puis joua avec l’eau quelques instants.

« Une seule fois, et cela s’est fini dans mes appartements. ». Elle se délecta un instant du regard de son ami. Nul ne connaissait réellement la nature de sa relation avec l’Anoszia. Si elle ne s’était guère cachée durant son séjour, personne n’avait la preuve formelle qu’elle eut quelconque penchant pour le patriarche. Et pourtant ! S’ils savaient à quel point elle en souffrait encore maintenant. « Il n’y a guère ici d’endroit plus calme et plus chaud ». Elle laissa ses yeux se perdre sur l’étendu calme ainsi que sur les ombres qui valsaient sans crainte. « Prêteriez-vous une quelconque importance à ce que l’on dit de moi ? ». Elle s’ancra de nouveau sur l’invité, sa bouche s’étirant comme un félin prêt à bondir sur sa proie. Alanya avait cette chose sauvage et indomptable qui la rendait à la fois terrifiante et attirante. Tout comme le feu que l’on souhaitait caresser mais dont les langues enflammées venaient nous brûler.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mer 19 Juil 2017 - 0:13





Maintenant c’était clair, il n’y avait plus l’ombre d’un doute. Elle le faisait délibérément exprès! Ah certes, il n’était pas niais, sa comédie n’avait que peu de chance de couvrir sa gêne, mais tout même, il eut espéré qu’elle n’en abuse pas. Ce n’était pas méchant, ni cruel vous me direz, mais c’était une coquine faiblesse à laquelle sa voisine d’en face se faisait un plaisir d’exploiter avec gourmandise! Si un sourire s’était manifesté, menu et subtile, au coin de ses lèvres, alors qu’il avait questionné la belle de manière mutine, il s’en était retourné définitivement dans sa tombe. Les ombres valdinguaient au gré des fluettes flammes, mais ne semblaient plus aussi menaçantes qu’à leur arrivée : ils se distinguaient franchement mieux. L’œil avait cette capacité à s’adapter dans la nuit, afin de distinguer les choses : ce qui n’était pour l’heure, rien qui saurait plaire au pauvre puceau. De surcroît, une angoisse plus intense que les autres s’était joint à la partie, quelque chose de désormais incontrôlable et qui, si découverte, causerait sûrement sa perte. Ce qui faisait de lui un homme criait et hurlait sa présence, bien éveillé depuis l’arrivée de la maîtresse des lieux et enhardi par ses propos piquants.

Le paroxysme de la honte était aux portes, si elle découvrait son excitation –non justifiée pour l’homme moyen, qui zieuterait couramment sur les reliefs de la gente féminine-, alors s’en serait terminé, elle saurait qu’il est puceau, un homme sans expériences, qui n’a connu ni le con d’une femme ni même les bras. Ce genre de raillerie le poursuivrait, elle pourrait même faire s’ébruiter le mot et là, il serait la cible de tous les quolibets possibles!

Lorsqu’elle répondit du tac au tac ce qu’il était advenu de l’homme qui avait parcouru cet endroit, la nouvelle causa au faon une quinte de toux. Comme si la salive qu’il venait d’avaler, lui avait causé ce mal lorsque se contracta tous ses muscles sous le joug de la surprise. De ses deux mains, il vint couver sa bouche pour empêcher d’avantage de secousses, perturbant par le fait même toute la quiétude du sanctuaire. Alors, s’humectant les lèvres subtilement, après avoir considéré l’idée de quitter, là, maintenant –bien que dans l’impossibilité de le faire, vu le handicap qu’il trimbalait entre ses deux gigots-, il tâcha de lui répondre ce qui semblait le plus logique, quoi que là, lui-même semblait mentir tant il manquait d’assurance :
« Non pas, mais j’ai toujours eu la fâcheuse habitude de trier le bon grain de l’ivraie et ce, même en ce qui attrait les que dira-t-on concernant la Noblesse. »

Il ne portait aucune attention à ce que les gens disaient d’elle. Bien que maintenant, cela pouvait à 'avenir s'avérer être tout autrement. .



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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mer 19 Juil 2017 - 0:56

Dire s’il avait été brusqué n’était pas chose aisée. Si c’était le résultat escompté, il n’en restait pas moins un invité qu’elle aurait tôt fait de ne pas froisser. S’amuser n’avait rien de mal mais voilà qu’ils se connaissaient à peine et surtout, ils avaient encore à traiter de choses importantes. Pourtant, en cet instant s’envola la raison ; le garçon avait passé de longs jours à braver le froid pour simplement se retrouver ici. Il devait être las, une discussion n’était donc que peu envisageable – bien qu’il semblait y tenir profondément. Elle préféra l’observer méticuleusement, comme s’il s’agissait ici d’une quelconque œuvre que l’on se devait d’admirer. Elle souhaitait voir s’il était de ceux qui méritaient son aide, et plus encore, son appui. Le Faon avait gambadé jusque dans les plaines de l’Alonnan avec la fraîcheur liée à sa jeune vigueur. Il était bien naïf de croire que l’on s’en allait quérir son voisin sans y chercher un soutien quelconque. D’ailleurs, elle jugerait de l’implication qu’elle mettrait dans leur entrevue politique au terme de celle-ci.

Bien qu’elle ne le sentait guère assuré, il avait la décence de paraître moins gêné qu’il ne l’était. Cachant tant bien que mal sa confusion – il aurait pu être un très bon comédien avec de l’entraînement – il assurait ses paroles autant qu’il le pouvait. Un geste, même simple, qui conforta la baronne dans son prime avis. Il était encore frais, mais il gagnerait avec le temps et les fréquentations. Il ne serait jamais de la même trempe que le gras Godefroy, et ce n’était pas pour lui déplaire : il avait de sa mère sa réflexion. Pour sûr, si elle ne s’avançait encore quant aux arrangements qu’ils feraient surement le lendemain, elle restait convaincue qu’il y a un filon à exploiter. La belle poursuivait ses caresses, laissant la surface s’onduler sous ses doigts et partir en ondes claires où chatoyaient quelques lumières. C’était un beau spectacle, et elle s’en amusait.

« J’espère dès lors faire partie de l’ivraie Monseigneur ; il a pour qualité de ne point se soucier de ces choses là ». La douce Alonnaise parlait avec calme et douceur et pourtant, ses mots lacéraient l’air, ne laissant au jeune Régent que peu d’illusions. Il en avait certainement entendu un bon nombre à son sujet, autant de ragots auxquels elle ne prêtait attention.

« Et c’est tout à votre honneur d’y parvenir, car les mauvaises langues poussent leur venin avec aisance. Il m’aurait déplut de vous savoir souffrante d’une telle affliction ».

Elle s’arrêta en ricanant légèrement. « Vous gouterez bientôt à l’amertume de la cour mon ami, si ce n’est pas déjà le cas ». Elle marqua une pause, brève mais qui donna à sa réplique quelque chose de profond. « Avez-vous déjà aimé, Louis ? ».
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Mer 19 Juil 2017 - 1:54





Être la cible des moqueries de la diablesse ne l’enchantait guère, c’était limpide, mais allez savoir pourquoi, l’écho de son ricanement, clair et joyeux, lui chatouilla les esgourdes de bonheur. S’acclimatait-il à sa compagnie ou s’était-il fait à l’idée que malgré son âge supérieur, icelle était autant sinon plus encline que lui à la plaisanterie et à la bonne humeur ? Il ne lui devinait pas de malices, simplement un cœur bon, qui aime rire et s’amuser. Voilà de quoi de pur et de saint pour échapper aux pesantes tâches qu’offrait la position de leur noblesse. Leur sang bleu exigeait d’eux qu’ils s’affairent sans cesse aux problématiques de leurs gens et de leur territoire, alors, pouvait-il lui blâmer de vouloir rire, pour s’échapper, ne serait-ce qu’un instant ?

Et voilà que de l’amusement, elle bifurqua vers un sujet plus sérieux, mais non pas moins intéressant. Il était jeune, son cœur était encore tout de velours, intacte et préservé des écorchures que provoquait l’amour. De celles qui se montrèrent intéressées, aucune ne semblaient l’avoir été pour les bonnes raisons. Les coquines s’amourachaient de son beau visage, de ses muscles, de sa position, de ses richesses, mais aucune ne développa de tendresse pour sa bonté, sa gentillesse, sa bienveillance …
« Non, jamais. » Avouait-il, cette fois en empreignant sa voix d’un peu de gravité, comme si la chose n’était pas pour lui une fierté. « Je ne saurais dire si de cela, j’en suis malchanceux ou couvert de bonne fortune. On m’a souventefois dépeint de biens hideux tableau de la chose … »

Il venait d’avouer, oui, mais cela ne jouait pas pour autant comme preuve à l’intégrité de son pucelage. En contrepartie, est-ce que cela ajoutait pesanteur aux suspicions de l’Alonnaise, quant à savoir si Louis jouait du bâton avec les autres garçons ? Ça, c’était possible. Du moins, la chose était possible, puisque sa raideur ne parlait point, étouffée sous l’eau, tapis et muette, sans se faire remarquer. « En toute franchise, j’ai bien voulu aimer, une fois … Mais j’étais jeune, encore plus que je ne le suis ce jourd’hui et, mon père, coupa nette mon envie. » Il lui épargna les détails, mais tout jeune, on devina qu’il était possible que Louis s’attache d’une amitié plus forte, envers une paysanne d’Hardancour. Son père, sachant la chose, s’était arrangé pour que la fillotte se voie contrainte de ne plus approcher l’héritier, sous peine d’y voir sa famille écourté d’un de ses membres. L’effroyable n’était pas son surnom par hasard, icelui tenait à ce que son fils épouse une fille qui soit noble, qui soit profitable à sa famille, mais aussi, à sa patrie. Une leçon qu’il n’était pas prêt d’oublier.

Quant à la suite, il préféra ne pas lui demander si elle avait aimé. La pauvre avait subi suffisamment de peine avec ses deux veuvages pour ne pas avoir à ressasser ces vieux souvenirs. Plutôt, il se pencha sur l’immédiat, qui pouvait être tout aussi triste mais qui, dans l’absolu, pouvait s’avérer être fort plus instructif.« Tous me conseillent de prendre une belle et prospère donzelle, qui saurait me donner des héritiers et ce, au plus preste … Mais la chose me semble plus ardue qu’à tout autre ; le temps ne s’y prête pas et, celles qui me semblent être bon partis s’avèrent après mûres réflexions, bien moins profitables. »Il patienta, un moment, réfléchissant à ce qu’il venait de dire. « J’ai envie d’aimer, mais je crois que la chose est impossible. Les nobles n’ont pas le droit d’aimer, ils doivent se positionner. » C’était une fatalité, hauts-dirigeants devaient assurer leur position en de stratégiques mariages et non pas d’amour. Louis n’était pas fait pour suivre cette ligne directrice, son cœur était trop bon, trop pur.

« N’est-ce pas? » Il ajouta cela non pas pour se faire dire oui, ou non. Mais se faire rassurer, qu’en prenant une femme pour les avantages qu’elle donnait, s’avérait être un choix plus avisé. Il en revenait aux sœurs d’Aymeric, après tout … Des sœurs qu’il n’aimait pas, qu’il ne désirait pas voir partager sa couche et ni offrir son pucelage …




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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Jeu 20 Juil 2017 - 22:02

L’amour était une bien drôle de chose. Il était à la fois inconfortable et douloureux ; du moins c’était là les conclusions tragiques de sa propre expérience. Elle n’avait après tout aimé qu’une seule fois – et peut-être aimait-elle encore ? – c’était bien peu de chose pour se prétendre capable de définir la chose. Souvent évoquée, elle était une entité si éthérée et pourtant si présente dans les vies miséreuses… La question se posait alors si l’étrange ressenti n’était pas à chacun sa peine. L’on savait, pour tout exemple, que les chevaliers étaient bien plus enclin à ces choses-là que les négoces. Les premiers avaient le cœur fragile et le jeune Saint-Aimé en était la preuve. Qu’il n’ait encore trouvé une belle à conquérir, elle l’entendait fort peu : il était beau garçon, d’un beau lignage et avec une bonne éducation. Pour sûr, il devait trouver à ses pieds plus de la moitié du Royaume. Comment avait-il fait pour ne point au moins en choisir une et s’enamouracher ? Ah ! Par certains côtés il lui semblait parler à son cousin, le preux Tancrède. Lui aussi, il lui avait fallu une éternité pour se trouver une douce – et voilà qu’il vibrait comme un enfant à chacun de ses battements de cils ! La coquine avait volé son pauvre cœur et lui, y avait ardemment consentit.

Il toutefois la délicatesse de ne point retourner sa question. Il n’était de secret pour personne que la Broissieux se trainait déjà deux cadavres de pauvres hommes ; certains osaient même l’appeler Veuve Noire. Mais qu’aurait-elle pu pour démentir ? Elle avait après tout empoisonné le premier, et bien vite oublié le second dans les bras de son amant. Quelle garce faisait-elle aujourd’hui pour ses défunts maris. Peut-être l’attendait-ils le pieds ferme à l’entrée du royaume de Tyra. Il arriverait bien un jour où elle payerait le prix de ses actes ; les meilleurs comme les pires. Mais ce jour n’était pas encore là. Elle demeurait impassible dans les volutes humides, le corps immergé se délassant de sa journée en bonne compagnie. A vrai dire, elle n’était plus aussi sûre de l’avoir amené là seulement pour son bon plaisir. Elle ne voulait simplement pas se retrouver seule. Pas ici, pas maintenant. Dégageant une mèche de ses yeux, elle se mordit un instant la lèvre. La peur poussait à faire de bien drôle de choses, comme invité le Saint-Aimé dans son bain.

« Aimer et se marier sont comme le soleil et la lune messire. Il est bien rare que se produise l’éclipse où l’un rencontre l’autre ». L’hôtesse parlait doucement mais clairement et sans détour. Sa conversation semblait alors aussi limpide que l’eau qui les habillait. « J’ai aimé une seule fois et ce ne fût aucun de mes deux pauvres maris ».

Elle avait aimé avec passion l’Anoszia, mais elle oubliait bien vite qu’elle avait beaucoup apprécié le fringuant Duncan. Il lui avait apporté ce qu’aucun autre homme ne lui avait encore apporté : le réconfort. Il était rude et vil, pourtant elle avait su voir ce que personne n’avait même cherché à voir. Le Lys était un homme intelligent et drôle, doux et compatissant. Il avait ses bons côtés malgré son caractère tempétueux. Il avait marqué sa vie d’une façon remarquable et elle lui en serait à jamais reconnaissante. Néanmoins le Saint-Aimé n’avait guère besoin d’entendre cela. Elle ne se confiait pas même à sa sœur, espérait-il qu’elle s’ouvre à lui qu’elle ne connaissait pas ?

« Prenez une épouse pour les choses politique. Un bon mariage avec une pouliche fertile ne vous sera que profitable ». Si elle n’en avait pas fait mention, son regard perçant et son petit rictus laissait formellement à penser qu’elle ne faisait point allusion à la grognasse Serramiroise. Elle ne connaissait pas les tenants et aboutissants de leur arrangement, mais elle savait Aymeric bien trop malin pour que cela vaille autant le coup pour lui que pour le Faon. Non, il avait encore usé de sa bonhomie pour duper la pauvre âme crédule. « Pour ce qui est du cœur, je vous souhaite que votre future épouse soit votre plus tendre amour. Sinon, il vous faudra composer avec… ».

Son rire s’écrasa une nouvelle fois contre les paroi nues de la pièce. « Vous ne seriez pas le premier homme à fréquenter une jouvencelle hors de sa couche maritale. Et je doute que quiconque vous en veuille ! ».
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Ven 21 Juil 2017 - 3:46




Plus que de la flotte bouillante, Louis ressentit une dichotomie ennuyante à en faire mourir. Il l’écoutait, elle, qui semblait si à l’aise, si loin des maux et des soucis, s’exprimant avec légèreté à vous faire sourire peu importe le propos, alors qu’elle énonçait une saignante vérité. Mariage et amour n’allient point de pair, du moins, pas pour ceux qui de leur naissance, héritèrent du bon sang. Alors c’était vrai ? Louis devrait s’en remettre à cette loi, épouser une femme qui lui donnerait des enfants, qui saurait être pour eux un modèle à suivre, qui saurait leur enseigner les bonnes valeurs, sans être capable d’aimer son époux ? C’était un avenir bien trop titre pour que le faon s’y rattache, non. Soulevant quelques réflexions et s’éloignant, par le fait même, des raisons qui firent de son malaise son calvaire, enfin le calme et l’atmosphère sereine de l’endroit savait imprégner le jeune régent. Il en avait même oublié la créature affriolante qui se trouvait là, à quelques coups de nageoire devant lui : devant lui se trouvait la Baronne, une amie –il l’espérait toujours-, qui lui livrait sur un plateau d’argent de son expérience. Ses épaules roulèrent quelques fois, tandis qu’il bomba le torse pour s’étirer, comme s’il avait tenu la position depuis des heures, accoté là, contre le marbre de la bassine.

Tout de même, lorsqu’elle gratta de l’ongle le sujet de l’infidélité, ses sourcils tiquèrent de curiosité. Était-ce monnaie courante pour les nobles que de courir la gueuse une fois l’anel passé au doigt ? Ou alors, serait-ce que normalité de prendre de cœur une autre femme que celle que l’on épouse ? Louis ne pouvait en croire ses esgourdes, non, vraiment ? Sa mère lui avait tant parlé du devoir de l’homme envers sa femme, de même que celle de l’épouse envers son mari, qu’en aucuns moments elle n’avait évoqué la possibilité de la chose : c’était immoral, c’est tout. Mais l’avenue, cette possibilité de juste laisser parler son cœur, le laisser s’éprendre de quelqu’un d’autre, qui ne serait en aucun cas profitable à leur maison, ni à leur patrie, faisait rêver. C’était apaisant, même. Alors il ne resterait plus qu’à choisir une femme parmi le panel disponible, qui soit bien onéreuse en dote, qui ait les hanches larges et prospères au port des enfants et, en contrepartie, attendre que batte son cœur envers une autre qu’elle!

Simple. Efficace. Sans soucis.

Louis laissa entrevoir l’un de ses plus grands sourires, cette fois à l’écho de ce rire de l’Alonnaise, franc et amusé, authentique. Ce n’était pas une coïncidence, l’entendre s’esclaffer lui faisait plaisir et c’était compréhensible : qui de son entourage –de femmes, j’entends- avait cette adorable habitude de s’amuser bruyamment tel qu’elle le faisait ? Sa sœur ? Non, en aucun cas, elle était bien trop sérieuse ou soucieuse de ses journées bien remplies. Sa mère ? L’avait-elle seulement entendue ricaner une fois en sa courte vie ?

Ses bras calquèrent ceux de sa compagne, se déposant de chaque côté de sa personne, contre le sommet du marbre que composait la bassine, faisant se découper du même coup, ses épaules saillantes et découpées. Le voilà qu’il prenait enfin ses aises, que son visage se reposait et se calmait : elle avait enfin droit à un peu de lui au naturel.
« Nous verrons en temps et lieux alors, mais vous confirmez bien ce que je pensais. »

Une réponse qui faisait référence et aux sœurs du Marquis et à cette cruelle fatalité qu’elle avait énoncé plutôt, à propos de l’amour et du devoir. « Est-il un temps maximal pour baigner là-dessous ? C’est que je sens l’intérieur de mon corps bientôt bien cuit! »



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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Sam 22 Juil 2017 - 2:34

Il se délassait enfin. Un sourire accroché à son jeune visage, nul doute que le Saint-Aimé avait trouvé la paix à présent. La vile baronne avait lâché du lest pour son plus grand bonheur, et s’il jouissait d’un quelconque confort pour l’heure, il le devait à elle seule. Le pauvre jouvenceau œuvrait encore avec maladresse et confusion. Il n’y avait à la cour la place pour les hésitants et les vieillards : à chacun son temps. Celui du Royaume était encore loin d’être prospère, et s’il avait fallu blâmer quelqu’un, le belle aurait sans doute désigné son paternel. L’Effroyable avait corrompu le trône avec quelques boniments – et si cela n’en était pas, il avait semé une telle pagaille qu’il n’était pas encore certain que la chose s’arrangerait aujourd’hui. Cléophas n’avait pu la rencontrer : on le disait souffreteux au détour des couloirs du Porphyrion. Lui s’était simplement exprimé sur le poids de sa charge. Pour sûr, le coquin se plaignait de gérer la galère seul mais il tarda bien à nommer le reste du conseil. Il semblait que personne ne veuille avouer les largesses du protecteur du Roy. D’ailleurs Bohémond restait encore cloitré dans son palais, la bouche collée au sein de sa nourrice – si bien qu’aucun sinon le Prince Mervallois l’avait encore apperçut. Cette délicatesse ne rassurait en rien la plèbe car cela cachait peut-être un vice ; l’on ne voulait pas d’un Roy sot ou atrophié !

Pensant à Sa Majesté, l’Alonnaise en vînt à dériver sur sa propre fille. Pénélope aurait bientôt un an et elle ne l’avait encore guère vu grandir. A présent, elle balbutiait quelques syllabes ressemblant vaguement à des mots. Toutefois, si la brave enfant ne parlait toujours pas, préférant crapahuter dans le castel moitié quatre-pattes moitié debout pour peu qu’elle puisse se tenir, elle semblait vive d’esprit. Ses grands yeux bleus étaient semblables à un océan où venait jouer le soleil. Souriante bien que déjà colérique, elle faisait le bonheur des serviteurs du domaine. Même les quelques nobles en résidence semblaient sous le charme. Si la chaleur des épais murs protégeait ses rêves de nourrisson, il adviendrait bientôt le jour où elle l’enverrait vers un lieu bien agité, afin qu’elle y grandisse paisiblement. Il arrivait parfois à la jeune mère de réfléchir sur quelle aurait été la vie de l’enfant si Duncan n’avait point trépassé. Le chevalier du Lys avait tant fait pour elles qu’elle aurait sans doute parié sur l’amour inconditionnel. Oui, l’Ethernan l’aurait bien plus aimé qu’elle n’en serait jamais capable. Non pas qu’elle ne l’aimât point cette petite, mais chaque regard posé sur sa trogne lui semblait pire que dix châtiments. Elle payerait à jamais le prix de ses erreurs.

Tournant le dos à son invité un bref instant, elle se hissa au dehors avec grâce. Sans la réconfortante chaleur de l’eau, elle se trouva ruisselante à l’air qui lui paraissait d’un coup bien plus frais. Alanya s’en accoutumait bien ; fille du Nord, il lui plaisait de sentir la bise froide de l’hiver sur sa peau, bien plus que le cuisant soleil d’été. Se saisissant d’une serviette de lin propre, elle s’y enroula avant de s’approcher du futur Marquis d’un pas léger. Le bain l’avait rincé de sa dure journée, elle se sentait l’âme plus légère à présent.

« Je ne connais aucune contrainte sinon votre propre appréciation. Si vous estimez avoir profité assez longtemps, je ne vais point vous enchaîner au bassin ». Elle n’était qu’à quelques pas de lui, souriant aimablement. « Je vais mander une dame tisserande pour vous demain. Il ne faudrait pas que vous veniez à votre bal sans masque et dans ces croûtes ». Elle eut un pauvre regard de pitié pour la masse puante qui gisait au sol. S’il n’avait tenu que d’elle, elle les aurait déjà envoyés à brûler. « C’était la première fois, n’est-ce pas ? ».

Prenant le jeune homme au dépourvu, sa question avait pourtant été posée avec calme. L’on aurait cru entendre un brin de tendresse, si toutefois l’on ne connaissait pas la belle. Après tout, elle pouvait bien parler du voyage comme de l’entrevue – ou plus exactement d’un femme nue dans son bain.
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Sam 22 Juil 2017 - 7:39





Le ton de leur entretient se devait d’être dédié au changement car, voilà, le comportement de Louis avait eu le luxe de voltiger de tous sens tous côtés, passant du malaise à l’excitation, de la gêne au bien être  et de la joie au regret. Pendant un moment il avait entretenu quelque regret envers son voyage, ou du moins, quelques doutes ou réserves quant au fond de son entreprise. Était-il vraiment venu chercher l’avis de la Broissieux ou s’était-il inventé un prétexte pour tenter de se dissuader lui-même de l’idée de mariage ? Qu’à cela ne tienne, le temps ne pouvait être remonté et, pour l’heure il était là, nu comme un ver, à échanger quelques regards fiévreux avec l’une des plus belles femmes du Nord. Le temps n’aura jamais été aussi bien choisit qu’à l’instant pour dompter ses mauvaises habitudes avec la gente féminine, personne ici, autrement qu’elle, ne pouvait le juger sur les bourdes qu’il pouvait commettre ou sur son ignorance face à la chose.

Alors sa farce n’avait pas fait mouche, car au lieu d’un ricanement ou d’un sourire qu’il avait espéré de tout cœur, sans crier gare, envoûtante sirène lui tourna le dos et se hissa hors de l’eau sans une once de pudeur. Peut-être était-ce toute cette vapeur qui lui avait monté la tête, ou tout simplement qu’il ne s’était point acclimaté à ce genre de paysage, mais à ce moment précis, alors que l’eau fuyait son corps frissonnant, jamais il n’avait trouvé une femme aussi gracieuse. Nulle place alors à la subtilité, non, il la fixait comme le jeune puceau qu’il était, admirant sans vergogne les reliefs du paysage qui s’offrait à lui : les courbes de son fessier, la chute de ses hanches, le creux que formait son dos lorsqu’elle se hissa en dehors du chaudron bouillant … Alors il déglutit lourdement, se sentant idiotement comme le premier homme à avoir autant de bonne fortune ; comme si ce traitement, ou plutôt cette prise vue, avait largement valu le déplacement jusqu’en Alonna. Certes elle couvrit sa pudeur forte trop prestement, mais ses longues gambettes restèrent à l’air frai et, voilà qui n’était pas pour décevoir le veinard de Sainte-Berthilde.

Une fois à son niveau, il redressa le menton, toujours dans l’optique de la suivre des yeux, comme si elle ne s’était jamais couverte, en somme … Elle s’adressa à lui mais, étrangement, aucune réponse ne vint. Du moins, pas dans l’immédiat. Il dût se secouer, papillonner des paupières et retrouver le chemin jusqu’aux mires d’Alanya, comme s’il s’était égaré, l’espace d’un moment, dans le fil de ses pensées –sans doutances non pas des plus pures!-. « Le bal? » S’exprima-t-il, un brin mélangé, alors qu’il reprenait contact avec le fil de la conversation. « Oh, à dire vrai, j’avais moi-même emporté quelques tenues plus respectables, dans le cas où mon séjour devait s’allonger. » Il la remercia tout de même d’un sourire, toujours baignant dans la flotte, sans en être sorti, lui. « Il me faut toutefois vous dire que la mode m’est complètement inconnue; s’il me faut agencer les couleurs ou les motifs pour cet événement, j’irai d’office m’entretenir avec votre artisane. » La réponse allait de soi, mais il l’affirma tout de même, peut-être dans l’espoir de gagner un peu de temps … Pendant ce temps, discrètement, il lorgna aux alentours, à la recherche d’une avenue, d’une solution. C’est que depuis cette affriolante parade, le voilà qui s’était réaffirmé homme, le contraignant du coup, à masquer ce qui cherchait à exprimer sa virilité.

Un seul choix s’offrait à lui …

Plutôt que d’exposer fièrement son étendard masculin, il opta pour une stratégie qui sans doute le vendrait, mais qui au final, laisserait tout de même planer le doute. Bien qu’à ses côtés, Louis oublia que les marches étaient la route par défaut à suivre, préférant suivre un chemin qui saurait masquer l’indiscipliné entre ses deux cuisseaux. Se retrouvant alors à un pas seulement de l’Alonnaise, il cambra son dos vers l’avant puis se propulsa hors de la bassine à l’aide de ses deux biceps, lui tournant d’eau aussitôt –bien que le mouvement parut naturel, mais un iota provocateur, vu la distance à laquelle il se retrouva d’elle-, puis allait quérir sa serviette afin d’y masquer tout le bas de ses abdominaux, y compris son gênant compagnon.

Et tout aurait été pour le mieux, si elle n’avait pas ajouté cet ultime commentaire, une pique qui le grilla sur toute la ligne, court-circuitant tous ses efforts pour que cela ne paraisse… Sur le coup, « Bien sûr que non! » semblait plus tentant que tout, qu’elle s’en aille une fois pour toute, elle et ses jugements! Mais voilà que Louis se retrouva de nouveau acculé contre ses valeurs les plus fondamentales. Le mensonge n’était point envisageable, surtout pas depuis qu’ils venaient de discuter de l’importance de l’honnêteté. Alors, plutôt que de rougir jusqu’à la moelle et de répondre timidement un « oui-dah… », il opta pour le plus pieux des mutismes. Son silence parla pour lui et, sans même lui projeter le moindre regard, il la laissa forger l’avis qu’elle désirait d’icelui, au moins pourrait-elle se targuer d’avoir été sa première à lui!

Il se pencha, ramassant d’un bras ses guenilles laissées là contre le sol, puis se retourna finalement vers elle, épanchant sa soif qu’il avait de lire en ses yeux brillants d’amusement.
« Je sens que je saurai trouver fort prestement les bras de Morphée après un pareil bain … Je me sens aussi détendu qu’à mes premiers jours. » Il libéra son bras fort, la dextre, puis s’approcha d’elle, afin de lui tendre son biceps, comme l’appui qu’il lui avait tantôt offert. « Je pense qu’il est l’heure du couché, du moins, en ce qui me concerne. Je peux vous raccompagner? »

Et la chose était dite sans arrières pensées, aussi surprenant que cela puisse paraître!


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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Dim 23 Juil 2017 - 0:26

Elle le regarda curieuse, le sourire accroché à sa bouille comme une vilaine manie. Elle attendit un peu, espérant une autre réponse que le silence – ou bien qu’il se rendait compte que se trémousser si peu vêtu n’était en rien pour l’aider. Que dirait-on du bel étalon Berthildois si d’aventure on le trouvait, l’hôte pendu à son bras et sertie d’un seul et maigre rempart à sa pudeur. D’autant qu’il ne connaissait la distance entre ses appartements et les bains : il aurait peut-être fallu traverser tout le castel. Fort heureusement pour lui, il n’en était rien. Au sommet des escaliers, le trajet ne durerait que quelques minutes. Toutefois, par égard pour lui et afin que ne jase une nouvelle rumeur à son propre sujet, elle lui montra d’un doigt les vêtements propres que la bonne avait déposé avec délicatesse. Des affaires de Duncan, qui lui pincèrent le cœur un instant. Il n’avait pas la trempe de leur dernier propriétaire, et probablement ne l’aurait-il jamais. Il restait au faon de faire pousser ses bois sous peine de finir en daube plus vite qu’il ne semblait le penser.

« Pardonnez messire, mais je doute que nous balader ainsi dans mon château soit une bonne chose ». Elle allait ouvrir une nouvelle fois la bouche mais se ravisa, pesant des mots moins moqueurs que ceux qui lui avaient traversé l’esprit. « Il ne faudrait pas que l’on pense de mauvaises choses de vous ».

Ou d’elle. Après tout la Broissieux avait hérité du charmant titre de veuve noire et si ce n’était pour lui déplaire lorsqu’il tenait en respect les coquins, il entachait déjà sa lignée d’une histoire atroce. La tueuse d’hommes préférait-elle les femmes ? Peut-être maîtrisait-elle la sorcellerie, et après avoir envoûté ses pauvres victimes, les avait dépouillés jusqu’à leur vie. Certains osaient même prétendre que la belle avait connu d’autres hommes avant cela. Lorsqu’on lui avait appris chacune de ces affabulations, elle avait ri jaune. Alors, gardant pour seul visé sa réussite, elle avait longtemps occulté ces soucis ; et l’occultait encore.

« Parce que vous tenir compagnie, qu’elles en soient les circonstances, serait mal reçu de vos gens ? ». Elle laissa s’aventurer ses mirettes sur son torse nu, puis sur le lin qui couvrait son intimité. La question avait été posée avec un tel aplomb qu’elle aurait été tenté de répondre sur le champ qu’il n’y avait aucun problème. Toutefois, elle s’en garda bien ; elle l’appréciait assez pour ne pas risquer de le compromettre si tôt arrivé par sa propre réputation.

« Se promener tous les deux sans vêtement n’est guère approprié, pour mes gens comme pour n’importe quels autres ». Elle eut un large rictus amusé. Sa naïveté était attendrissante. « Dès lors, il pourrait se méprendre sur nos activités ».

« Peut-être en effet, vaudrait-il mieux s’abstenir d’encourager les ragots… ». Il semblait bien moins à l’aise avec l’idée tout à coup, comme s’il avait fait une chose interdite. Son jeune âge rayonnait tant dans ses traits et sa candeur, qu’il était sincèrement touchant. L’Alonnaise ne le connaissait guère plus après cette entrevue mais il lui inspirait la sympathie. Il avait cette chose, entre la franchise et l’égard envers quiconque croisait son chemin.

« En effet, il serait préférable ne pas ajouter à notre compte des choses que nous n’avons jamais fait ». Cette fois-ci, ses lèvres s’étirèrent bien contre son gré, et son ton qu’elle avait d’abord voulu assuré s’était mué en quelque chose proche du défi. Il semblait avoir de la trempe pour peu que l’on y pousse, et elle mourrait de savoir jusqu’où il serait capable d’aller. Se balader nu ne semblait, pour le moment, pas l’offusquer outre mesure. Où était donc partis les préceptes Pentien dans tout cela ? Egarés pour sûr.
Au lendemain.

La moitié des heures du matin s’était déjà enfuie loin, laissant d’épais nuages dans le ciel. Par chance, il ne neigeait plus. Il restait néanmoins la caresse froide du vent d’hiver, qui caressait de ses doigts glacés les malheureux. Elle se déplaçait dans les couloirs avec la grâce d’un oiseau. Polie, elle souriait à chacun des nobles qu’elle trouva sur sa route, jusqu’à s’arrêter devant la porte de la chambre du prestigieux invité. Le cœur battant, elle serra son petit point, hésitant un instant. N’allait-elle pas regretter son geste ? Il était encore bonne heure à tout bien réfléchir, le preux devait encore se remettre de sa route, surtout qu’il n’avait point trouvé sa couche de suite. Mais elle tenta, cognant le bois. Elle attendit. Et recommença. Trois fois.

« Si vous cherchez M’sire Saint-Aimé, l’est parti dans la garnison tôt M’dame ».

Elle tourna un visage mi paniqué mi soulagé de voir qu’il ne s’agissait là que d’une lavandière. La servante portait un paquet lourd de draps, se rendant dans les appartements alloués au faon très certainement. Elle n’avait pas pour habitude de venir importuner les hommes, surtout depuis son retour en Alonnan. Prenant le rouge au joue, elle baissa la tête en balbutiant quelques remerciements à la hâte et se rendit, d’un pas déterminé, hors du castel.

La garnison se trouvait non loin de l’écurie. Elle était grande, donnant sur une cour enneigée presque déserte. Refermant les pans de sa cape, elle regretta aussitôt de ne point s’être davantage couverte. A courir ainsi dans l’hiver, elle attraperait sans doute mal mais qu’importe ! Elle avait mieux à penser pour l’heure. C’était un beau divertissement qui se préparait et elle n’y échapperait pas non plus D’ailleurs, elle en était plutôt satisfaite et pour cause ! C’était elle qui s’occupait des préparatifs. Elle ne laissait rien au hasard ; s’étant levée aux aurores, elle avait remis ses instructions à tous les corps de métiers. Chacun s’affairait à présent à réaliser ce rêve d’enfant, tandis qu’insouciante de sa propre santé, elle courrait à droite et à gauche pour trouver le beau chevalier.

L’on entendait, alors qu’elle entrait dans la bâtisse à l’odeur de musc, le bruit du fer. Les hommes étaient ainsi ; a peine avait-il quitté les champs de batailles et l’horreur de la guerre que déjà ils rêvaient d’y retourner. Fort heureusement pour eux, les femmes étaient bien moins belliqueuses et surtout moins sotte ! A voir se faire couper la jambe, l’on ne les y reprendrait pas deux fois. C’était surement pour cela d’ailleurs qu’elles ne prenaient pas les armes.

« Fourre-y lui dans l’lard Jean ! »
« Allez m’sire ! Fais deux fois vot’ âge ! »

Chacun y allait de son encouragement quand elle pénétra dans la pièce. Vide, à part quelques râteliers d’armes et une meule à aiguiser, quelques bons gars s’étaient rassemblés autour du combat qui faisait rage. Les deux participants étaient en sueur mais la lueur qui luisait dans leur regard n’avait rien de sensuel. S’il ne s’agissait que d’un entraînement, ces deux-là ne l’avaient pas encore compris. Elle s’approcha doucement pour ne point couper une si belle lutte. Derrière le troupeau de mâles, elle n’arrivait guère à voir grand-chose mais elle resta ainsi un temps, laissant les muscles se tendre et porter leurs coups plusieurs fois sans qu’aucun ne se départage. Elle ignorait qui était le bel-âtre mais elle connaissait assez Jean pour savoir que son pauvre adversaire n’était pas tombé sur le plus facile. Après tout, c’est lui qui avait été la garde rapprochée de la baronne.

« Messire Saint-Aimé ? », s’essaya-t-elle de sa petite voix. « Messire Saint-Aimé ? ». Elle fut un peu plus assuré la seconde fois, laissant se tourner quelques soldats, qui la voyant, firent des yeux ronds.
« Pa’don M’dame, on vous avez point vu ! C’pas un endroit pour vous ici, vous pourriez prendre un coup ! Eh ! L’Marquis, la sœur de son Honneur veut vous voir ! ».
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Lun 24 Juil 2017 - 16:59





Pianissimo, Louis pinça de l’index et de son pouce le bout des doigts de sa tortionnaire, sur lesquels il posa tièdement une bise avant de refermer le portail qui menait à ses appartements. À l’unisson avec le « toc » sonore que provoqua le claquement du battant et le cliquetis du pêne, Louis écrasa son front contre le bois de la porte puis claquemura sa vue en fermant amèrement les paupières. Son poing de même que sa mâchoire se crispèrent autant sous le regret que la colère. Ah, certes, tout n’avait pas été couronné d’échecs. Des fondements de sa visite de courtoisie, le faon Berthildois était ressortir de son entrevue avec la veuve noire, bien francherepu! Son idée était maintenant faite ; il se devait de prendre une épouse et ceci, plus tôt que tard. Sa descendance devait être assurée, même si elle devait faire ombre sur ses fantoches espoirs d’amour. Quant à l’offre du corbin, elle semblait tout à coup fort bien moins affriolante, tant bien que sa saveur lui avait laissé un âpre goût en bouche, c’était alors dire qu’elle ne serait sans doute pas remise sur la table de son plein gré. Non, c’était sur un autre plan que l’héritier des Saint-Aimé buta de plein fouet : celui de son incompétence à gérer son comportement en présence de la gente féminine. De quoi puisait-il sa gêne, par tous les Dieux ? Les occasions ne manquaient plus, car souventefois on lui avait laissé sous-entendre qu’il pouvait, d’un claquement de doigt, conquérir les douves d’une donzelle en pâmoison devant lui. De surcroît, non seulement l’avait-on averti quant à la facilité d’accès à la jouvencelle, mais en plus icelles le démontraient sans une once de gêne, pratiquement à l’instar des coureuses de remparts qui seraient en quête de nouvelle clientèle.

Qu’à cela ne tienne, jamais il n’avait donné suite à ces grotesques avances. Était-ce à cause de son cœur tendre, qui n’aspirait qu’à l’amour véritable, ou aux rigoureux enseignements rigoureux qu’on lui livra sur la morale et l’honneur ? Qu’importait, à la fin, le temps s’était écoulé et approchant la vingtaine, quelques regrets quant à son prude comportement commençaient à germer. À quoi bon lui avait servi toutes ces années d’abstinence, si au final, ses efforts l’avaient récompensé des railleries de ses comparses et d’une multitude de malaises sans commune mesure en compagne des femmes ? C’est que vu sa position, son rang et son titre, tous s’attendaient à croire qu’il n’était pas fait de bois, qu’à l’instar de ses homologues au sang bleu, les plaisirs de la chair n’auraient pour lui plus de secrets et qu’il en aurait, même du haut de ses vingt piges, plus que son lot d’expérience à ce sujet. Il n’en était pourtant rien et, Alanya plus que toute autre, savait désormais jusqu’où s’était son inexpérience. Avait-elle abusé de ce secret ? Sans l’ombre d’un doute. Avait-il apprécié ?

Évidemment …





« Et comment d’est-ce qu’on peut aller zigouiller du Ligard, si on a à la tête de not’ armée une petite pupucelle! » Hurla poing sur la table et la gueule débordante de viande à moitié mâchée, l’un des grivetons présent à la ripaille : dernier festin offert aux méritants, avant le départ imminent pour Diantra. Geline, poulardes, cailles, lardon, pâté, saucisson et plus encore formaient une montagne au centre de la tablée, de laquelle avaient pour mission les soldats à la désintégrer jusqu’à ce que leur bide implose! Au commentaire salé du prime gémisseur, un autre ajouta son grain de sel : « Que quoi! À jamais tâter de son p’tit bâton, le jeunot risque bien de s’en manger une pendant qu’on ira se guerroyer, y risque même d’perdre pied à cause de ses baloches trop pesantes! » Et voilà qu’une cacophonie sans pareille de soudards beurrés et moqueurs survint, gloussant et ricanant sans retenue. « P’tet pas mon gars! Et si le Louis avait appétit pour du bonhomme, hein ?! Ah ça, se serait pas de bol, pendant qu’on se prendra le médian par l’devant, faudra aussi pas louper à regarder nos arrières pour pas qu’on se prenne le régent dans le crépion! » Tous s’esclaffèrent derechef, pointant la même direction, la même personne, qui sous les moqueries n’avait plus de sortie que les pleurs.




Il se réveilla en sursaut, détrempé jusqu’à la moelle de sueur, la bouche sèche et les lèvres tremblotantes. Il venait de vivre un mauvais rêve, plongé dans une géhenne sans pareille. Jamais il n’expira aussi lourdement toute l’angoisse qui l’avait tenaillé. Ses grands yeux s’ouvrèrent pour détailler le plafond qui, maintenant éveillé, semblait par milles fois plus intéressant que de revivre cette humiliation. Alors la nuitée ralentit, tant et tant que le pauvre en vint à se demander si la nuit n’avait pas un problème : qu’elle s’était arrêtée en sa course pour se suspendre à tout jamais là-haut, dans les cieux. Si tant longue, que tôt, il s’était remémoré de A à Z tous les détails, aussi insignifiants furent-ils, de son entrevue avec la maîtresse des lieux. Il se souvint de son hospitalité, de sa générosité, de son grand sourire, de son inclinaison au jeu … Des courbes de sa poitrine et de sa croupe …

Ses songes devinrent rêves et le voilà qu’il était de retour dans les bras de Morphée, cette fois non pas harassé par le mauvais rêve, mais plutôt par ceux qui tenaillent les nuits des adolescents, ces rêves où se joignent érotisme et décadence, prêtes à assouvir les besoins les plus primaux de ces jeunes garçons. Alors elle était servie, Louis n’avait plus l’once d’un malaise, il était l’homme qui lui fallait et il n’importait plus de leur provenance, de leur lignage ni de leurs engagements : seules les découvertes, les expériences, le plaisir et l’euphorie comptaient. Ils étaient devenus des animaux, des bestiaux qui ne voulaient guère, ILS DEVAIENT le faire, un besoin primal qui se devait d’être consommé.

Un rêve lubrique comme il ne s’en faisait plus, le genre de rêve qui ne pouvait ni être décrit, ni être étalé sur papier … Voilà que Louis se sentait tout à coup, bien plus proche d’elle qu’il ne le fut jamais.





Aux matines, jamais plus robuste et herculéenne protubérance tenailla le régent du Berthildois! Il en était presque en souffrance, tant icelui avait profité de son sulfureux mirage nocturne. Ce garde à vous dès plus tenace, l’avait d’ailleurs fait tirer de sa couche désordonnée et l’avait motivé à rester fidèle à ses habitudes quotidiennes : il irait à l’exploration, puis trouverait la salle d’arme pour croiser le fer avec le premier venu. Là, pourtant, ne tardèrent pas d’arriver quelques vaillants bras, prêts à faire chanter l’acier. Tous purent, à leur grand plaisir, tester ce qu’avait au ventre le régent Berthildois et, aux détours de quelques passes, ne furent point déçus! C’est que son temps libre abondait, jadis. Les entraînements étaient rigoureux, strictes et franchement constructifs, car jour après jour, s’enchaînaient les coups, les gnons et les ecchymoses. Ah certes, son baptême des champs de batailles n’avait pas été fait, aussi pure que l’était son pucelage, jamais il n’avait goûté à la guerre. Néanmoins, la technique ne lui manquait pas et la fougue de son jeune âge jouait en sa faveur ; c’est d’ailleurs avec la main forte d’icelle qu’il se trouva face à face avec un combattant, qui n’avait rien d’un moindre homme. La rixe opposait deux hommes qui en avaient au ventre et qui, personne n’en doutait, n’épousaient pas l’idée d’embrasser la défaite.

Il était fort trop tôt pour un spectacle d’une telle envergure! C’était là un combat digne des plus beaux tournois, qui saurait satisfaire même le moins intéressé à la chose. Le genre d’affrontement qui n’avait plus rien de l’entraînement et qui avait tout d’un combat officiel. Le visage des deux partis avait changé ; la hargne leur avait monté au nez, si tant bien que leurs yeux crachaient la haine. D’un côté, la technique et la force : les coups du Saint-Aimé ne pardonnaient guère, ils étaient à l’image de son paternel, dévastateur, puissant et hargneux. Quant à Jean, loin d’être à sa première danse, il n’était pas sans savoir qu’un faux pas lui serait fatal, préférant jouer sur l’adresse et la rapidité de ses estocades. Probablement aurait-il eu le dessus, si la frustration du jeune faon ne lui avait pas offert ce coup de pouce qui lui manquait pour dominer. Ses échecs d’hier au soir, ses cauchemars et ses pensées obscènes lui avait conférer une détermination de roc, pouvant pratiquement mettre en déroute quiconque se dressait devant lui. Hélas, le temps lui manqua, car avant d’en démontrer l’étendue de son talent, on le stoppa en l’interpellant.

Alors, il jeta les armes, échangea un regard somme tout respectueux envers son adversaire, puis s’approcha de la femme en question. D’une main, il se saisit d’un linceul afin d’éponger sommairement son front, puis tendit son allonge dextre pour s’abreuver d’une généreuse goulée de flotte.
« C’est à quel sujet? » S’exprimant certes de but en blanc, mais non sans un sourire avenant et bienveillant.


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Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]
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