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 Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Ven 9 Juin 2017 - 22:58




Endimanchés à l’instar d’une occasion particulièrement protocolaire –la réception de gratin au petit déjeuner, par exemple-, le marquis-régent de même que son ami d’enfance Rhedgar, déambulaient dans les dédales du château en devisant de tous et de rien. Leur pitance matinale était déjà oubliée, car tous deux s’étaient éveillés un peu avant l’heure des coqs, question de se mettre en forme comme ils le faisaient du temps où, le jeune Saint-Aimé, ne croulait guère sous la pesanteur de ses responsabilités. À l’époque, avant que son paternel ne casse sa pipe, en dehors des entraînements obligatoires auxquels il était soumis, le cours de sa journée lui était pleinement livré, laissée à son bon vouloir. Que s’eut été l’envie d’aider du grouillot qui le tenaillait, ou de faucher les champs agricoles en partenariat avec les misérables, il le pouvait. Le bénévolat était en ce temps, chose bien commune pour le faon, d’autant plus lorsque le prieuré de Saint-Aimé en démontrait le besoin. Non, c’était plus simple à l’époque. Tout du moins, son horaire n’était pas opprimé au point de devoir prévoir ses exercices avant le levé de l’astre diurne!

Enfin, s’octroyant un brin de repos, ils décidèrent donc de parcourir le castel sans réel but précis.

« En tous les cas, tu n’y es pas allé de main molle! J’ai encore des fourmis dans les doigts, tant tes coups étaient féroces. Tu te défendais comme un damné, comment expliques-tu ça ? »

« Je ne sais trop … Ah, si, j’ai souvenance ; c’est ta bouille de bouseux qui m’encourageait à la détruire! » Rétorqua Louis, non sans une pointe d’amusement et de taquinerie. À ça, Rhedgar s’esclaffa, répondant comme il savait si bien le faire.

« M’est d’avis que c’est ton abstinence permanente qui te donne cette vigueur. Comme font les pugilistes, tu sais, en préparatif d’un duel imminent ? » Le sourire hautement perché, en coin, l’œil plissé en quête des réactions de son ami d’enfance.

« Non, Je n'en ai aucune idée. » Préféra en terminer Louis, comme s’il commençait à s’agacer de ce fait.

Son pucelage ne devrait-il pas être cible des félicitions, plutôt que de s’attirer les railleries ? Il approchait la vingtaine et pourtant, il n’avait jamais céder à l’envie d’aller butiner une fleur, quand bien même avait-elle été des plus resplendissante. Sa maladresse avec la gente féminine y jouait pour beaucoup, de même que sa timidité et, jusqu’à maintenant, personne n’avait su montrer suffisamment d’intérêt pour vouloir corriger cette fâcheuse manie. Pour la majorité des femmes qui avaient pour lui un œil, plus que charmée par son apparence, les guenons qui lui tournaient autour en avait d’avantage après sa situation. Pourtant plaisant au regard, musclé et bâti à l’image de son paternel, les femmes n’avaient que peu d’arguments pour ne pas désirer vouloir lui ouvrir la porte de leur cuisses! Les occasions ne manquèrent pourtant guère, seulement l’envie. Son cœur de jeune enfant n’avait rien de volage, icelui attendait deux occasions précises : remplir son devoir en épousant une femme qui donnait avantage à sa famille, ou celle qui saurait conquérir son cœur. Jusqu’à maintenant, ni une ni l’autre n’avait daigné se présenter à lui.

Arrivée à la salle du trône, un groupuscule de jeunes damoiselles –pour la plupart, des donzelles de la cours-, lorgnèrent vers les deux gaillards, leur réservant au passage de leurs plus beaux sourires charmeurs, de même que des révérences bien basses. Louis ne manqua pas de les saluer d’un sourire avenant, mais sans plus, alors que Rhedgar tenta pratiquement d’en hameçonner une d’un regard entendu. Plus loin, le chaud lapin de chevalier ajouta au régent ;


« Ça, c’est de ça que se passent les pugilistes avant de se battre! Je te parle de leurs cuisses, Louis! Quant à moi, je préfère mordre le sable et perdre mes dents le temps d’un combat, plutôt que de me passer une seule soirée de la présence d’une d’elles… » À parler, il en écumait pratiquement. Ses yeux en étaient même rêveurs ! « Si je le pouvais, je mangerais de la gueuse trois fois par jour. Ce serait la diète de Rhedgar ; bonheur assuré ! » Termina-t-il en ricanant bruyamment, d’une bonne tape amicale au dorsal de son ami Louis. « Tu devrais essayer, un jour. Ça te changerait. »

Ils n’en dirent pas plus mais, alors qu’ils se quittèrent pour retourner à leurs besognes respectives, la perspective de la chose tarauda l’esprit du jeune cerf. Le soir, alors qu’il s’octroya un moment de réflexion en ses appartements, il s’arma de vélin, d’une plume et d’un encrier, pour étaler quelques mots à une personne dont le nom, en surprendrait plus d’un …






En ce 3ième jour de la 8ième ennéade du mois de Verimios, an 9
Cantharel
Adressé à madame la Baronne d’Alonna, son honneur Alanya de Broissieux.



En cette lettre de courtoisie, je désire vous témoigner le gage de mon amitié, car le temps me manqua lorsqu’à ma lance, se trouva noué votre ruban satiné. J’ai belle souvenance de vos mots, car en cette journée d’allégresse où joutèrent les valeureux, vos paroles m’insufflèrent le courage nécessaire pour jouter contre les plus illustres chevaliers. Depuis, nous n’avons eu la bonne fortune de nous entretenir tous deux, bien que nous nous croisâmes de près, lors de cette fraîche soirée de la Seimaunios. Sachez toutefois que je n’avais pas dessein à vous éviter ; loin de là! Or, j’aimerais remédier à cette situation en m’invitant en vos contrées, là où nous serons plus à même de faire connaissance.

J’en conviens que la chose peut paraître curieuse, voir même étrange, ainsi annoncée aussi sèchement. En étant fidèle à moi-même, je me dois de vous avouer ceci : vous pourriez m’être d’une grande utilité. Ne le prenez guère comme un reproche mais plutôt comme un fait établi : on dit de vous que vous ne craignez guère tenir tête à votre suzerain et maître, lorsque l’occasion s’y prêtre. C’est cette intégrité, de même que votre sens de l’honneur, que je viens solliciter en bravant la tempête la tête haute. Je vous rassure, n’ayez crainte ; nous ne traiterons ni de complots, ni de sujets qui pourraient vous comme moi, compromettre notre amitié envers monsieur le Marquis de Serramire. Hélas, je ne peux vous en dire d’avantage, car il est des mots qui prennent plus de sens lorsqu’entendus de vive voix.

Entre-temps, j’embrasse l’idée de vouloir vous questionner, quant aux relations que vous aviez jadis avec feu mon père. Il me plairait d’en savoir d’avantage à propos de l’état, dans lesquels il lassa les relations entre Sainte-Berthilde et l’Alonna. Évidemment, il en sera également question de guerre, car la parole des hommes ne peut que rarement s’en dissocier.

En l’attente d’une réponse positive de votre part, je vous prie d’agréer, Dame de Broissieux, l’expression de ma plus haute considération.

Louis de Saint-Aimé, marquis-régent de Sainte-Berthilde, Seigneur de Saint-Aimé, de la Toranne et d’Erignacc.

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Sam 10 Juin 2017 - 0:41


« Depuis quand marche-t-elle ? »
« Pas moins de trois énnéades votre Honneur »

La baronne posa un regard à la fois si triste et si tendre qu’on aurait su discerner laquelle de ces émotions prenait le pas sur l’autre. Elle avait été absente si longtemps qu’aujourd’hui, elle peinait à reconnaître la petite tête brune qui parcourait vaille que vaille la pièce. Sa nourrice l’observait avec bonté et amour, bien plus que sa propre mère ; elle n’était qu’une étrangère pour l’enfant. Il n’y avait au monde plus gros crève-cœur que de voir sa propre chair grandir sans pouvoir s’y attarder plus qu’on ne le voudrait. Et la Broissieux en était là : elle veillerait toujours sur la petite Pénélope sans qu’elles ne s’aiment tout à fait. Sa gorge se noua devant ce constat trop cruel pour une mère. Elle en vint même – le temps d’un battement de cœur – à en vouloir à la nourrice. C’est elle qui élevait son enfant, elle qui était là lors de ses premiers pas et ses premiers babillages. La servante avait le privilège de recevoir l’amour qu’elle n’aurait point. Ah que la vie était cruelle ! Que le temps était fourbe ! Et ses yeux ne quittèrent pas les jeux enfantins et ses oreilles n’entendirent plus que les rires innocents.
En y regardant de plus près, Pénélope de Broissieux ressemblait fort à son père. Ses mirettes bleues et ses cheveux bruns lui rappelaient combien elle avait été injuste envers lui. Bon sang, quelle épouse tuerait son mari pour si peu ? Alanya était las de tout cela. Ne pouvait-elle se contenter simplement de la fraîcheur d’un hiver et de la candeur de l’enfance sans que l’on vienne troubler sa paix ? Jean se tenait droit dans un coin de la pièce. Il l’accompagnait dans chacun de ses déplacements et tant qu’elle ne le congédia pas, il demeurait auprès d’elle. C’était à la fois une présence rassurante et déconcertante. La baronne n’aspirait qu’à la tranquillité d’un moment avec son bambin, il ne pouvait rien lui arriver de guère grave. La nourrice ne semblait point en vouloir à sa vie et la jeune héritière n’était pas encore capable de la haïr ; aussi elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle n’avait pas eu la force de le faire attendre au dehors. Il était devenu à la fois si essentiel à sa vie et si futile qu’elle en devinait la réelle cause : elle ne l’appréciait point lui, mais elle abhorrait l’idée de se retrouver seule. Car depuis la mort de Duncan voilà ce qu’elle était, seule. Le Corbac la méprisait comme tous ceux qu’elle côtoyait. Elle n’était qu’une femme après tout, une femme avec de trop grandes idées et une bien trop grande gueule.
L’on frappa à la porte et presqu’immédiatement Jean se tendit. Le pauvre homme ne rigolait guère et prenait peut-être son rôle trop au sérieux. Ils avaient parcouru maintes contrées dangereuses lors de leur périple et pourtant, à l’en croire la plus terrible de toute était Alonna les Trois-Murs, son propre et fief et sa propre maison. Cela en devenait ridicule. Elle ne prêta guère d’attention aux quelques mots qu’il échangea avec le trouble-fête, mais il s’agissait d’un homme. La voix grave emplissait la pièce et Pénélope un peu surprise par l’agitation, s’enfuit se réfugier dans les bras de sa gouvernante. Le palpitant du Faucon s’arrêta net.

« Pardonnez ma Dame, elle ne… ». Alanya se leva en levant la main pour faire taire la pauvre qui serrait l’enfant contre sa poitrine.
« Ne vous excusez point. J’étais sur le point de m’en aller, cela ne fait que me faciliter la tâche ». Il avait tant de rancœur et de froideur dans son intonation que la bonne baissa aussitôt les yeux sur le poupon qui jouait avec les cordages de ses guenilles. « Veillez à ce qu’elle ne manque de rien ».

En quelques pas, elle fût dehors, Jean l’attendant sur le pas de la porte en compagnie de son grassouillet d’intendant. Il portait toujours ses drôles d’habits et malgré l’hiver au dehors transpirait comme en été. Elle ne s’arrêta pas pour autant, entrainant dans son sillage les deux hommes vers ses appartements.
« … une lettre votre Honneur ».
« Cela doit être important vu le temps de ces derniers jours. Il ne doit pas venir de bien loin ».
« C’était un pigeon en vrai, votre Honneur. La pauvre bête était prête à mourir lorsqu’elle s’est posé »
Elle rit. « Pour sûr, ça aurait au moins fait un diner plus exotique ». Mais personne ne rit avec elle, Jean cliquetant en silence et le valet préférant s’abstenir de tout commentaire. « Qui est le charmant sot qui nous a pondu une missive en pleine tempête ? »
« La lettre porte le sceau du Berthildois votre Honneur ».

Elle fronça les sourcils, ne sachant trop à quoi s’attendre. Elle avait déjà rencontré Louis par deux fois. C’était un fringuant jeune homme qui avait hérité d’une terre peut-être avant l’heure. Elle ne savait trop que dire de plus, sinon qu’il mangeait dans la main de son suzerain sans même s’en apercevoir. Pour cela, de Brochant était particulièrement doué – un maître en la matière ! – que le pauvre Marquis du Berthildois n’avait su flairer. L’âge lui donnerait certainement les compétences qui lui manquaient céans pour peu qu’il s’entourât des bonnes personnes ; personnes dont elle escomptait faire partie. Il était toujours bon d’entretenir des relations cordiales avec ce genre de godelureau. Cela lui serait certainement utile en temps voulu. Et en un rien de temps, le fil de ses pensées l’emmena jusque devant son logis dont elle ferma les doubles battant pour s’installer derechef au bureau en lisant la lettre avec attention. Lorsque ce fut chose faite, elle n’attendit point que le message refroidisse dans son esprit et se saisit d’une plume et du vélin.




Domaine baronnial d'Alonna

Dame Alanya de Broissieux, baronne d'Alonna et Protectrice de l'Alonnan.




Castel d'Alonna les Trois-Murs,
Elenwënas de la 8èmeennéade de Verimios de la 9ème année du 11ème cycle,

Son Excellence Louis de Saint-Aimé, Marquis du Berthildois

C’est avec beaucoup de joie et de curiosité que j’ai lu vos nouvelles. Nous n’avons pas pu nous entretenir par deux fois, il est vrai, et ne vous en blâmez pas votre Excellence. Il est concevable que les grandes gens telle que vous puissiez avoir quelques impératifs autrement plus important que la causette à une lointaine voisine. Je n’en prends guère ombrage. J’en suis moi-même un peu fautive : voyez Monsieur, je me suis absentée fort longtemps et je n’ai pas eu le loisir de jouir autant que je l’aurais voulu de l’hospitalité de notre très cher ami commun, mon bon suzerain, son Excellence de Brochant.
Recevez aussi par la présente missive mon sincère soutien, bien que tardif, en ces temps douloureux pour vous. Je sais mieux que quiconque l’horreur de la perte d’un être aimé. Votre père était un homme du Nord qui a toujours navigué dans les choses que sont la politique avec diligence. J’ose croire qu’il a fort bien transmis cet art et puissiez-vous jouir d’une longue régence faite de paix et d’abondance.
L’Alonnan se complait à compter le Berthildois parmi ses alliés, bien que les guerres nous ait tenus bien trop loin l’une de l’autre. Et c’est en raison de cette amitié que j’espère vous conseiller au mieux sur les affaires qui vous préoccupent. Sachez que son Excellence notre ami, mon suzerain, goûte de la même amitié : je ne suis point prompt à la rébellion sans raison et s’il me parait juste, je préfère donner à mes proches quelques avis franc plutôt que les choses qu’ils ont déjà entendu de la bouche de ceux qui n’en ont pas le courage.
Alors, Messire, sachez que vous êtes le bienvenu en mes murs. Ce sera pour moi l’occasion d’offrir à ma cour un divertissement que j’espère vous trouverez approprié. Un bal masqué d’hiver où vous serez mon invité d’honneur.
Recevez là ma profonde sympathie,

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Sam 10 Juin 2017 - 3:43




Le 3ième jour de la 1ière ennéade du mois de Karfias, an 10


Après l’envoi de la première dépêche vers l’Alonna, un groupuscule de bleusaille fût sommé de se préparer, en vue d’un voyage qui avait tout d’un périple, voir même d’une promenade suicidaire. « Il est fol, ça ne peut qu’être ça! Le froid, la froidure oui, elle en est venue à bout de sa raison, m’est d’avis. Le misérable veut rejoindre son papa, ouais, il y perdra à tous coups la vie, tout comme nous, pute vierge! » Se disaient entre eux les soudards, tandis qu’ils préparèrent le nécessaire de voyage. Au menu, tous l’avaient décidés à l’unisson : nulle guitoune, ni de velarium ne seront utilisés ! Quel esprit tordu se risquerait d’affronter à la belle étoile les glaciales nuits qui tenaient en otage les terres septentrionales ? Plus célèbre que lui qui tiendrait la tête du manchot du médian, serait l’homme qui braverait la nuit seulement couvert de quelques voilages et qui s’en sortiraient sans engelures! Pour la majorité des pétrousquins sélectionnés, iceux figuraient dans la liste des confidents du régent : des gens de confiance et parfois même, amis chers.

Non, l’itinéraire était fort simplet : se faufiler là où les étalons pouvaient enfoncer les sabots l’un devant l’autre sans en perdre la patte. Quant à l’heure du couché, tavernes et auberges deviendront leur campement de fortune, préférant allonger leur quête que de prendre le risque d’être pris en tenaille entre deux citée, contraint à monter un campement en urgence. Alors les maîtres queux ainsi que les tenanciers n’avaient qu’à bien se tenir, car tôt viendraient une pléiade de bons mangeurs, en quête de chaleur et de bon temps. Louis savait que le pays saurait satisfaire cette simple demande d’une manière ou de l’autre, la chaleur d’une bonne flambée, celle d’une souplette bien fumante ou d’une donzelle humide à l’idée de remplir sa giberne.

Lorsqu’ils reçurent l’autorisation du départ ; grand merci, s’exclamèrent tous envers la Damedieu, qui leur avait offert l’une de ces rarissime journée de répit. Le soleil se percha haut et tapa fort, contrairement à la bourrasque qui, impitoyable, n’hésita guère à leur arracher l’un de ces frissons de mort, en les balayant de plein fouet. Qu`à cela ne tienne, de suite après les matines, le groupe enfila leurs affublements les plus chauds et quittèrent Cantharel sans se retourner, fin prêt à l’expédition.

Les premières journées furent clémentes, n’eut été de quelques passages épisodique d’averses verglaçantes, ils arrivèrent à tous coups à bon port, fins prêts à réitérer ce qu’ils firent la veille et la sur-veille : ils levèrent le coude pour réchauffer leurs trachées tout en démontrant au propriétaire des cabanes nocturne quels genre de bon vivants étaient-ils. Pour sûr leurs présences donnèrent sourire aux tenanciers, car les affaires moussèrent à outrance lorsqu’ils furent acte de présence! S’ils n’attirèrent pas la moitié des bourgs qu’ils visitèrent, alors les propriétaires en avaient tout de même pour leur gueule, car les tonneaux se vidaient et les poches des puterelles à leur botte auraient tôt suffisamment pour s’offrir un con en or! Soudards, comme je vous l’indiquai plus tôt, ils l’étaient! Hormis le régent qui, évidemment, ne tapait pas dans la donzelle, deux de ses compagnons à l’âme plus chevaleresque l’accompagnèrent dans son abstinence, au grand damne des coureuses de remparts qui avaient du faon, l’envie de se faire régenter la croupe.

S’aurait été trop beau que de voyager aussi aisément tout le long durant! Oh, les hommes s’étaient enorgueillis de leur performance somme toute fort acceptable : ni la neige, ni le froid, pas plus que le verglas ou les bourrasques n’avaient freinés leur itinéraire. Ils étaient des hommes du nord, nés le cul et la bite dans la neige ! Pour qui passeraient-ils à se faire vaincre par la première tempête ? Pourtant, c’est ce qu’il se passa après la cinquième. Certains chevaux rendirent l’âme en chemin, incapable d’assouvir leurs besoins de sommeil une fois la nuitée venue, même sous le couvert d’un boxe plus ou moins confortable et douillet … La fatigue les gagnèrent, de même que le froid et à la queue-leu-leu, ils s’écroulèrent dans le tombeau qu’ils creusèrent sous leur pesanteur. Poussant quelques hennissements épuisés, leur agonie ne s’étendit pas sur des plombes, car les babines retroussées, ils poussèrent leurs derniers souffles quelques minutes seulement après s’être laissés choir dans la neige. La compagnie était contrainte à passer plus de temps couverte, pour les chevaux, mais aussi pour ceux qui devaient désormais couvrir le chemin à pied, écopant au passage du calvaire des étalons, qu’était de s’embourber à chaque enjambée. Pour certains, comme si le ralentissement qu’occasionnait la perte de leur moyen de transport ne suffisait point, ils héritèrent de la goutte au nez, la gorge serrée et des narines bouchées! Le rhume gagna deux d’entre eux : maintenant non seulement forcés de déployer plus de forces qu’ils en avaient, mais aussi à s’éloigner du peloton, question de ne pas leur donner leur saloperie de pathologie.

Non sans grands mal, deux ennéades plus tard, ils aperçurent les hauts remparts d’Alonna. L’heure qu’il était à leur arrivée leur était inconnue, mais le soleil s’était couché depuis un moment déjà, tandis que la compagnie pouvait au loin voir quelques timides torches s’allumer, rudoyées par le vent tenace. Accueillis seulement par des gardes –car c’était dans la cité, pratiquement et uniquement eux qui osaient braver le temps impitoyable- ils furent conduis vers le Castel sans autres cérémonies aucunes. Leur arrivée nocturne comprenait trois choses l’une : ils étaient affamés, éreintés, mais surtout, tueraient pour le confort d’une bonne flambée ou d’une douillette doucereuse.

L’air moins avenant qu’à son départ, son regard n’avait tout de même rien de menaçant, mais démontrait la lassitude qu’avait provoqué un tel déplacement. Ses joues étaient rosies, ses cheveux un iota plus longs qu’à l’habitude, sa barbe également, mais sa posture n’avait pas changée ; elle était digne et assez rigide, à l’image de ce que devait projet un homme de sa situation. Ses épaules étaient couvertes d’une cape aussi épaisse que le derme d’un ours, mais était recouverte en majorité par la neige et semblait, à la voir lécher le sol de sa pesanteur, bien détrempée. Plusieurs épaisseurs de vêtement l’avait grossit, mais on devinait que sous ceux-ci, sa charpente d’homme fait y jouait pour beaucoup. Ôtant ses gantelets pour les glisser sous son aisselle, le jeune Saint-Aimé déposa sa main au sommet du pommeau son épée, qui sagement, sommeillait dans le confort de son fourreau.


« Va quérir ta maîtresse au plus preste, mon ami. Fais vite, je crois que Robert a perdu son deuxième orteil, le pauvre. » Mais Louis avait lancé sa requête sans empressement, comme si l’état de l’un de ses hommes avait été empiré à la blague. Quoi qu’au regard qu’on lui lançait, la grimace présente à sa vieille trogne de citrouille en disait long sur la douleur qui le harassait …  




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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Dim 11 Juin 2017 - 18:59

Il ne fallut guère de temps afin que tout le monde soit sur le pied de guerre. Le maitre-queue préparait dans sa cuisine une bonne soupe, les servantes s’en allaient préparer les chambres des nobles et les lits des soldats. Le palefrenier avait déjà pris soin des bêtes, leur offrant de l’eau chauffée et du bon foin. L’intendant gueulait de ça, de là un flot ordres ininterrompus, beuglant aux échansons de préparer le vin et aux petites mains de dresser la table. Cette agitation n’avait pas échappé aux couches tard de la cour qui affluèrent discrètement, curieux de voir quel voyageur s’était rendu coupable de pareille folie : se rendre dans le Nord en hiver était déjà courageux mais avec la tempête des derniers jours et la neige, c’était un véritable miracle qu’il soit encore en vie à destination. « En vie mais pas entier ! », s’amusait à dire certains ; car nul n’était à l’abris de la gelure, même dans les épais murs du castel au Trois-Murs. Fort heureusement, les gens qui construisirent la charpente ne négligèrent point la saison froide, car chacune des grandes chambres disposait d’une cheminée et les braseros laissaient échapper une douce chaleur régulière dans les couloirs et bureaux. De toute les ailes, la plus froide restait celle de la Chancellerie. Fort heureusement pour les invités, ce n’était pas là qu’ils seraient logés.
On les accompagna jusque dans la grande salle où se pressait la petite noblesse et la bourgeoisie, les domestiques chargés du repas et Hugues, le grassouillet intendant qui criait toujours autant. Ce n’est que lorsqu’on annonça en grande pompe le Marquis que se leva se son siège la baronne. Le Broissieux n’était point encore couchée lorsqu’on vînt la prévenir. Affichant un large sourire, elle fit taire les conversations les plus bruyantes en s’approchant du faon que la route avait rendu fatigué ; de larges cernes pour lui et ses hommes, des vêtements chauds qui avaient vus de la route et la barbiche broussailleuse. Pour sûr, le trajet entre le Berthildois et l’Alonnan n’avait pas dû être de tout repos, d’autant que les pauvres s’étaient retrouvés confrontés au dur hiver qui tapissait le septentrion de blanche neige et d’épaisses bourrasques.
Lorsqu’elle fût assez proche, elle s’arrêta net, le regard doux et le sourire sincère. « Messieurs, bienvenus en Alonna les Trois-Murs. Avant que nous ne parlions d’avantage, asseyez-vous donc à ma table ! Notre maître-queue vous a fait préparer une bonne soupe avec du lard pour vous remettre d’aplomb ». Elle montra la tablée derrière elle et s’enjoint à eux, ne goutant fort peu des quelques mets mis à disposition. « J’espère que vous saurez pardonner la frugalité du repas mais l’hiver nous a contraint à veiller plus que de raison à nos vivres ».
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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Lun 12 Juin 2017 - 3:12





Parce qu’à la clé de leur pérégrinage il n’y avait point seulement que de belles dames à rencontrer, la ripaille était-elle également, garantie et souhaitée! Pendant un moment, alors que la masse de gaillards prenaient leurs aises à l’importante tablée du fort, l’odeur plus qu’alléchante, voir même affriolante, les transformèrent ni plus ni moins qu’en cabots! L’écume au bord des babines, les couverts d’ores et déjà en poigne, c’est sans retenue qu’ils auraient aboyés leur envie d’aborder à grand coup de cuillère la ripaille! Qu’à cela ne tienne, tous se retinrent car lorsque se fit aborder leur maître par la Baronne, ils s’en tinrent au silence, un mutisme des plus révérencieux. C’est que de surcroît, elle également en fit autant pour ses genses qui, d’un seul mouvement de la main avait ravalés leur langue pour ne plus caqueter le moindre son.

Les épaules délestées de son épaisse couche de fourrure –maintenant fort bien inutile, vu qu’elle semblait détrempée à outrance-, Louis n’eut temps d’enfiler une autre tenue, préférant privilégier le bon confort de ses hommes leur autorisant de se repaître, jusqu’à en être francherepu s’ils leur étaient possible. Après tout, leur présence jouait pour beaucoup dans la réussite de cette impétueuse entreprise, ils le méritaient amplement! Enfin, Louis porta un premier regard sur la maîtresse des lieux, lui vouant sans effort l’un de ses plus avenants sourire. Ses souvenirs ne l’avaient trahi, elle était comme il s’en remémorait : belle comme peu d’autres. Qu’elle fut clémente la Damedieu, lorsqu’elle lui octroya la possibilité de vieillir sans en faire souffrir son adorable minois. Elle était l’une de ces femmes à conserver leur fraîcheur de jeune jouvencelle, se préservant d’un revers de la main des ridules et des cheveux blancs. Ah, certes, elle n’en avait pas encore l’âge, mais tout de même, le point reste le même : elle restait l’un des beaux spécimens du nord.

Et … Évidemment, sans qu’il n’ait prévu cette éventualité, le marquis retomba dans ses vieilles habitudes d’homme qui, vis-à-vis la femme, héritait du surnom de fausse-patte de la gente féminine. Sa posture en écopa légèrement, point son port régalien ou l’allure qu’il projetait lorsqu’il se présentait, mais plutôt les mimiques de son visage assez fidèle à ses émotions. Ses yeux avaient dérivés un moment vers ce qui faisait d’elle une femme, une vraie, puis revinrent aussitôt vers les siens, de yeux. Il déglutit, lourdement, comme en cherchant ses mots –chose qui n’avait rien de commun, pour ceux qui le connaissait assez bon parleur en général-, puis se lança finalement.
« Et nous avons plus que notre part connaissance de ce qui menace le nord. Nous mangerons ce que vous aurez à nous offrir, en quel quoi, si le moindre de mes hommes trouve quelque chose à commenter, il ira manger avec les mâtins! » Lancé à la farce, bien que du coin de l’œil, il venait d’avertir les plus expressifs de son escorte, ceux qui n’avaient pas crainte de dire l’exact fin fond de leur pensée, quand bien même eussent-ils été devant le roi. « Il n’est pas plus grand honneur pour moi que de partager votre table, madame la Baronne. » Cette fois lancé plus adroitement, d’un ton qui n’avait rien d’autre que la franchise, alors que son sourire persistait, toujours satisfait et avenant. « Alors, à table? »

Était-il souffrant d'une quelconque affliction, où subissait-il toujours les sévices du froid ? Un trouble certain, bien que subtile et nuancé, semblait hanter le régent. Du moins, cela était d'autant plus vrai depuis qu'il était assis près d'elle. Sa maladresse avec les femmes était une malédiction qu'aucune n'avait sue renversé. Point encore à ce jour.

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Alanya de Broissieux
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MessageSujet: Re: Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]   Jeu 15 Juin 2017 - 22:35

Elle les regarda manger avec appétit. Ils étaient avares en conversations tant ils engouffraient dans leurs gueules autant de mets qu’ils pouvaient. Elle s’en amusa silencieusement, respectant la faim causée par la bravoure de ces hommes du Nord ; affronter l’hiver est bien un mal qu’elle s’évitait – et que chacun consentait à esquiver aussi. Nul doute que ces chevaliers avaient vécu moult péripéties, perdu peut-être un ou deux doigts gelés tout ça pour se rendre en ses murs. Fort heureusement, il faisait doux dans la grande salle où crépitait joyeusement une flambée. Les Berthildois devaient être bien contents de sentir leur cul au chaud et leur panse remplie. Lorsque les mains s’agitèrent moins vite, presque un quart d’heure était passé. Les quelques badauds encore debout regardaient d’un œil circonspect ce noble invité se gaver comme une oie en automne. Ne leur avait-on dit qu’il s’agissait là d’un gentilhomme ?

C’est d’ailleurs sans surprise que quelques coquines furent éveillées par l’odeur forte des hommes. Quelques-uns devaient être des seigneurs et puis, il restait toujours le bon marquis. Sa jeunesse et sa fougue le précédait. Si l’on prêta attention aux rumeurs des curieuses, il chercherait un bon parti et un joli minois. Alors, toutes les précieuses gloussantes en arrière de la baronne s’étaient accoutrée en hâte de quelques beaux atours. Elles espéraient par leur con séduire le faon et pourtant, il n’avait point vu ce que l’hôte avait entrevu l’espace d’un instant. Il se pourrait que Saint-Aimé soit bien moins habile avec la donzelle qu’avec une lame. Alors, peu à peu les hommes se détournèrent de leur gamelle pour converser sur le goût de la soupe, la dureté du voyage ou encore la cocotte de vert vêtue. Bref, ils semblaient repus.

« Vos gens, votre Excellence seront logés par Hugues, mon intendant ». Elle glissa un regard vers le gros bonhomme qui observait dans un coin de la pièce. « Si vous le permettez, je vous conduirai moi-même à vos appartements – ils ne sont guère loin des miens ». Elle offrit un sourire poli au chevalier. Il semblait un peu moins souffrir de son périple maintenant qu’on lui avait rempli le ventre. Elle frappa dans les mains et l’on vit bientôt la trogne d’Hugues, toute suante, surgir non loin d’eux. « Une fois que tu auras conduit ces messieurs dans leurs lieux, tu iras envoyer nos invitations pour le bal, si toutefois notre invité y consent ». La baronne le congédia presque aussitôt. Elle n’aimait guère l’avoir dans ses pattes, bien qu’il l’amusa. « Messire, je ne saurai vous retenir davantage. Depuis le Berthildois sous la neige, cela a dû être un véritable périple – je ne souffrirai pas que vous choisissiez la compagnie d’une bonne nuit de sommeil ».
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Elle est bonne, sa sœur ? [ Alanya ]
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