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 Nouvel An de la 10ième année, Thaar

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Lun 12 Juin 2017 - 22:47

Nouvel An Thaari

10ième année Xième cycle



Tous les partenaires commerciaux, petits ou grands de Faeron Savarius (cela incluant donc tout le beau monde de Thaar) reçu, à la fin du mois de Verimios de l’année passée, l’invitation suivante :

Invitation pour gens aisés...




Compagnies Savarius & Fils

Faeron Savarius

HRP:
 

Chère amie, (Cher ami),

Vous êtes cordialement invité(e), avec tous vos amis, à la fête de la nouvelle année que M. Faeron Savarius donnera le soir du nouvel an.
Donatien Layabel,
Surintendant du palais Maritime






Et fut affiché dans les rues de Thaar la chose suivante :


Affiche publique et tracts




Compagnies Savarius & Fils

Faeron Savarius

A tous les habitants de Thaar,


Dans sa grande bonté et dans son immense bienfaisance, M. Faeron Savarius organisera des bals et des banquets sur les quais de la ville de Thaar possédés par ses compagnies. Des feux de joie seront organisés et enflammés à la mi-nuit.




Les jours précédents…

Les préparatifs avaient été démentiels. Et les frais engagés aussi. Presque une dizaine de milliers de souverains avaient disparus des comptes de Savarius et de ses compagnies pour organiser la petite frasque de leur propriétaire et dirigeant. Il s’agissait du budget annuel de n’importe quelle ville de campagne de Péninsule. Ou du chiffre d’affaire annuel d’un commerce de moyenne importance Thaari. Mais dans cette ville il ne fallait pas reculer à la dépense pour impressionner ses hôtes, la populace, et tenter d’accéder aux postes suprêmes.

Dans cette ville, il fallait aligner.

Tout Thaar était invité. Tout du moins le Thaar qui comptait. Car dans cette ville bien plus qu’ailleurs, la taille des bourses était l’unique clef permettant l’accès à toutes les fêtes, toutes les salles du pouvoir. La nouvelle année se fêterait avec luxe et fracas. Pour quelle cause ? Car Faeron en avait décidé ainsi. Il fallait marquer le coup. Et si l’exercice du commerce intercontinental et des petits coups bas bien Thaaris étaient les principaux vecteurs de l’ascension qu’il espérait, il fallait également savoir se montrer.

Aujourd’hui la ville fêterait. Et elle fêterait car il souhaitait lui donner une idée générale des capacités financières de ses commerces. Ces commerces que beaucoup quelques années auparavant croyaient être une impasse financière. Le palais maritime attirerait toute la grande bourgeoisie marchande de Thaar, et peut-être l’un ou l’autre prince marchand piqué par la curiosité de rencontrer ou jauger celui qui prétendait devenir leur égal. Là seuls les très riches étaient invités.

Au dehors, sur tous les quais de Thaar, des milliers de places assises, des dizaines de pistes de danse avaient été installés. Près d’un millier de bûchés avait été placés à une distance raisonnable des bâtiments et des quais en bois, afin de se prémunir totalement d’un incendie. Les affiches avaient annoncé que chacun pourrait se rendre à la fête. Dans les faits le service de l’ordre organisé par Faeron mettrait bon ordre à ce que les classes moyennes et inférieures ne se mélangent pas trop, pour éviter les débordements.

Tout avait été ficelé avec force de détail, et pour cet évènement spécial on avait tué dans les trois jours précédant la fête presque trois milliers de mammifères, presque cinq mille volailles et l’on avait importé et préparé presque trente tonnes de fruits et légumes. Sans compter les douze tonnes de farines et huit tonnes d’autres ingrédients ayant servis à préparer la fête.

Plus d’un millier de personnes avaient été recrutés ou leurs services commandités pour cette soirée.


A l’intérieur du palais…
Et enfin, tout était prêt. Il y avait dans l’air en cette nuit de nouvel an comme un frémissement profond. Le bruit de la fête se déroulant dans son palais derrière lui, Faeron regardait depuis les jardins la fête se déroulant sur les quais à ses frais. Une masse grouillante de gens. Il était entouré d’une quarantaine d’invité qui se faisaient la conversation et qui s’agglutinaient autour de sa personne pour démontrer qu’ils ‘connaissaient’ Faeron. Cela et quelques gardes du corps dissimulés dans ses invités.

Le millier d’invités à l’intérieur et leur entourage continuaient à bavarder, manger, danser, s’amuser par tous les moyens possibles et imaginables. Il faudrait une semaine de travail des serviteurs et des esclaves pour arriver à rendre les espaces publics du palais où la fête avait lieu à nouveau présentables. Selon les pièces, on allait du bon goût le plus raffiné à la luxure la plus épouvantable. Mais les affichettes, les indications des serviteurs et esclaves et le degré général de tenue des invités permettaient de comprendre quelles zones étaient quoi.

Ce soir la tête n’était pas à la tracasserie du pouvoir. Tout du moins pas pour les médiocres. Eux profitaient comme ils ne payaient pas. Enfin… Pas directement. Mais là était toute l’astuce.

Faeron, lui, gravitait naturellement dans les grandes salles sages. Les endroits de prestige et de goût. Là était sa place. Il aurait tout le temps de se laisser aller à des pulsions plus animales le matin suivant, ses invités partis. En attendant la foule était ivre. Les drapeaux qui flottaient partout à l’image de Thaar, de son conseil et de Faeron étaient ivres. Et, à la fête que célèbrait Thaar, la fraîcheur relative de l’hiver ajoutait le glorieux pavois des feuilles. Car les jardins de Faeron étaient les plus beaux suspendus de la ville, c’était là la particularité de son palais. Chaque conseiller avait son palais avec des caractéristiques mettant en valeur ses particularités. Faeron faisait dans le bois et la construction navale, son palais était donc un immense jardin suspendu sur le port. Logique…

Au-delà des choses qu’on pouvait voir, au-delà de ces grands murs jaunâtres bariolés d’oriflammes flottantes, une clameur immense était suspendue dans les pièces tant le monde était immense et tant la fête battait son plein. Comme le bruit de millions de cloches assourdies qui sonneraient toutes ensemble. Et parfois, pareille au crissement d’un rapace qui monte, trouve sa proie et retombe, c’est tout à coup un tumulte de voix claires qui dominait un instant le grondement des multitudes permanentes. Il s’agissait souvent de femmes hurlant ou rigolant en cœur.



A l’extérieur du palais…
Les banquets avaient débuté et l’on servait de grandes planches de viandes grillées, des légumes soigneusement épluchés et des fruits de tous les horizons. Pour le quidam de Thaar cela resterait sans aucun doute le meilleur repas qu’il puisse espérer avant une longue période de temps. Sans compter que la boisson coulait à profusion. Le tout pour un prix modique, servant surtout à empêcher ceux n’ayant absolument aucun moyen de participer aux festivités. On ne voulait pas que la plèbe la plus crasse, les alcooliques sans le sou, viennent troubler la fête. De toute manière cette plèbe là on pouvait l’acheter autrement.

C’est à l’appel de cette ivresse profusément répandue, et qui est folle et douce à pleurer, qu’Ignace, un homme de main de Faeron ayant quartier libre ce soir de fête avait éloigné de lui le jeu de dés auquel il avait pris part avec des amis.

Ignace avait obéit à l’invitation irrésistible qui l’avait assiégé, et il était descendu, lui aussi, sur les quais. Ah ! Ses rêves de faire fortune d’un soir aux dés pesaient peu par rapport à l’énorme besogne que d’aller fêter avec le reste de ces semblables en cette soirée. Il allait… Il allait devant lui, sans réfléchir. Là où le menait la multitude de ceux qui s’étaient mis en tête de passer du bon temps. Il s’était enfermé dans cette foule diverse et pareille à elle-même. Il s’était pris au jeu de se retrouver enfermé dans le cycle de son piétinement infini.


Dernière édition par Faeron Savarius le Mar 27 Juin 2017 - 0:33, édité 1 fois (Raison : Relecture tardive (orthographe et grammaire))
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Sam 17 Juin 2017 - 9:57


Pour une fois, la Maîtresse des forges n'avaient pas taper dans le gigantisme. Pour les membres de la corporation, jusqu'aux plus petits artisans, elle avait ouvert une somptueuse fête au creux de son palais pour le jour et la nuit du changement d'année, mais rien n'avait été prévu ailleurs dans la Cité... Et plus étonnant encore, si Wik et Elghinn étaient cloitrés dans les étages les plus bas, elle-même n'était pas présente chez elle au moment de la grande beuverie.

C'est pied nus, la plante de ses pieds, brûlée depuis des siècles, se posant sans douleur sur le sol froid, qu'elle se présenta à la demeure du célèbre constructeur de navire Thaari, portant une robe ne comptant pas moins de douze couche de soie et un pardessus de cuir fin fourré d'une toison blanche de petites créatures douces comme un rêve. Ses chevilles et ses poignets étaient parés d'une dentelle de métal aux reflets changeants et sa crinière blanche, entièrement libre, nimbait son dos jusqu'à ses hanches. Elle était venue seule, montant à crue sur son étalon à la robe et aux crins d'or et accompagné d'un humain portant un nombre plus qu'impressionnant de sacoches de cuir et sentant fort les herbes fraichement coupées. Elle détestait le mot "Armateur". Diantra zut! c'était elle qui armait et désarmait les hommes les plus influant d'un simple sourire !

Si elle avait fait le déplacement malgré le froid extraordinaire de cette année et les rares plaques de gel qui criblaient le paysage, c'était à moitié par envie festive et à moitié à cause du goût amère que de telles dépenses venues de quelqu'un ne faisant pas parti du conseil augurait. Mieux valait mettre le nez dans ses affaires maintenant pour vérifier que ses activités n'empiétaient et n'empiéteraient pas sur celle de l'Altesse en vadrouille. Autrement dit : qu'il s'approche d'une mine ou d'un accord sur le métal et mieux valait lui racheter la choses et l'orienter sur autre chose. Comme du tissus, du vin, ou lui ouvrir les cales des navires Sybronds à moindre prix. Il y avait toujours des arrangements à trouvés...

... Encore fallait-il que les débats à mis mots n’ennuie pas l'elfe noire. Elle s'attendait d'ailleurs à finir la soirée en s'amusant avec la populace joyeuse plutôt que de participer à un pince fesse de bourgeois qui ne penseraient qu'à la tuer ou lui lécher les orteils... Surtout que pour la plupart, la dernière fois qu'ils s'étaient vu c'était lors de la soirée qu'elle avait donnée pour son millième anniversaire. Celle là même qu'elle avait écourtée en renvoyant tous les splendides invités.. dont Faeron faisait surement parti d'ailleurs...

Le tumulte du tout Thaar était caractéristique des soirées policées. Ni guindées, ni orgies.

Lorsque la Princesse se présenta à la porte, ce fut, comme à son habitude, sans l'invitation qui lui avait été envoyée. Bien sûr, son visage, comme ceux des autres princes marchands, n'était pas connu de tous, surtout dans ce cartier, mais ce n'était foutrement pas son problème. Et elle ne daigna se présenter que sobrement :

" Ouvrez les portes. " lança-t-elle aux gardes du haut de la richesse de sa monture et de sa tenue, parée de l'absence d'escorte et de chaussure.

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Dim 25 Juin 2017 - 15:51



Citation :
Onglet de sanglier. Mettez dans de l’eau bouillante. Retirez aussitôt. Faites rôtir à la broche. Faites mariner dans de la sauce d’épices, c’est-à-dire du gingembre, de la cannelle, des clous de girofle, de la maniguette, du pain grillé, mouillé avec du vin ou du verjus et du vinaigre. Faites-en un coulis. Faites mariner. Puis quand il sera cuit, découpez en morceaux. Faites bouillir dans la sauce. Que ce soit clair et noir.

Extrait du "Livre Fort Excellent de Cuisine", chapitre IV, Rôtir en chantant



« C'est ni clair, ni noir », murmura l'ineffable Étienne Mare-Sel, dit aussi le tueur de noble, tandis qu'il se servait, se figurant après coup que les estréventins ne pouvaient peut-être pas avoir entendu parler de maître Edouardin Salzheim, et de son épatant codex. Les malheureux! Le monde aurait tant gagné à apprendre d'Oesgard l'art de la table, et la petite sauterie donnée dans l'humble maison du modeste boutiquier Savarius ne manquerait pas de confirmer la chose. Peut-être un jour l'argentier saurait sortir ce pauvre hère de sa maigre bicoque thaarie, et l'inviter à un véritable festin, dans la Cachematte-de-l'isle. Là, il serait reçu!

Étienne, du reste, se félicitait d'être présent, on ne sait trop comment, dans les jardinets de l'armateur. Parti au milieu du mois passé, l'homme vivait une fin pour le moins heureuse à un premier voyage pour le moins mouvementé. Si le temps s'était montré de plus en plus favorable à mesure que le Rodomontesque avait gagné les contrées méridionales, le voisinage, quant à lui, était resté farouche. On avait ainsi frayé entre les rivages incertains de l'Aduram et de l'elferie, avant que l'Olyia ne s'ouvre en un large lit, annonçant les contrées estréventines. Le périple avait alors pris une autre saveur, tandis que l'équipage avait successivement dépassé Sol-Dorn, Essalia, Uldal'Rihz et Baaz'Hima, autant de noms imprononçables et emprunts d'exotisme.

Or c'était bien de l'exotisme que les hommes de Serramire et d'Oesgard recherchaient, mais également apportaient. Car ils avaient été envoyés ici dans le but non seulement d'écouler leurs biens, mais également de trouver sur place des affidés, qui seraient séduits à l'idée de commercer avec le Nord de la Péninsule. Or n'était-il occasion plus favorable pour écouler ses stocks qu'une bringue orgiaque, où coulerait à flot la boisson, où la nourriture joncherait les sols - et elle le faisait déjà. Parti chargé de bière et de suif, Mare-Sel se figurait ainsi que dans chaque coupe se trouvait son produit, dans chaque lampe un peu du septentrion. L'occasion faisant le larron, il avait vendu ses biens aussi vite que l'éclair, et imaginait déjà un destin similaire pour les prochains navires.

Si son succès était providentiel, il n'avait pas manqué d'attirer les envieux, tant il est vrai que tout se sait dans une ville pareille. Aussi n'avait-il fallu longtemps pour qu’apparaissent soudain autour de la coterie péninsulaire une poignée de hères en exil dans les contrées thaaries. Girard de Pomfret, Lohie la Truie, Brandin Luskendale le Noir, ainsi que le moine Josbert n'étaient pas rancuniers. Au service de Flourens, le bâtard de Kahark, durant la dernière guerre oesgardienne, ils avaient été les ennemis de Mare-Sel, rallié au marquis, et s'étaient retrouvés ici-bas après la disparition de Flourens, à vendre leurs épées aux usuriers. C'est Brandin qui avait mis en cheville Mare-Sel avec l'honorable maison Savarius, qui quand elle n'organisait pas de buffet dépravé, versait copieusement dans le prêt et le recouvrement de dettes.

C'était donc en compagnie du même Brandin, qui, quoique bâtard, fustigeait l'usurier pour son mauvais sang, tout en picorant à sa table et bossant pour lui à l'occasion, que Mare-Sel, après avoir vendu son stock entier aux maisons Savarius, avait gagné son sésame pour la kermesse privée - si tant est que privé puisse comprendre plus d'un millier de convives. En entrant dans le palais, il s'était figuré pouvoir parler au riche armateur ; qui sait, peut-être même obtenir un entretient privé ? L’attroupement agglutiné autour de l'homme fit déchanter notre brave, qui en vint à regretter l'époque où il s'était littéralement taillé une place dans l'Hasseroyale.

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Mer 5 Juil 2017 - 21:31

La grille de l’entrée ne mit pas longtemps à s’ouvrir. Les gardes étaient habitués à ce que les personnes arrivent sans invitation. Et dans ce cas il existait deux types de personnes : ceux cherchant simplement à se faire mousser en entrant dans une fête à laquelle ils n’étaient pas invités, et ceux qui clairement avaient toutes les raisons d’être invités à la fête.

La dame qui s’était approchée de la haie de serviteurs et gardes fermant l’entrée appartenait sans aucun doute à la seconde catégorie. Le sous-intendant du palais ne prit d’ailleurs pas plus de cinq secondes à faire signe aux différents obstacles de se lever sur la route de la personne. Lui savait de plus de qui il s’agissait. Les autres n’avaient pas besoin de savoir. Lui était payé pour connaitre à peu près tout le monde et faire preuve de bon sens dans les choix qu’il faisait de garder à la porte ou non. Le maitre des lieux était miséricordieux, mais il n’aimait pas l’échec pour autant.

On couvrit naturellement la personne d’attentions discrètes dès ses premiers pas dans le palais. On ne voulait ni étouffer les invités sous le faste, ni les laisser croire un seul instant qu’on ne reconnaissait pas leurs qualités.

La fête qui régnait dans le palais était indescriptible. Il fallait dire que les lieux en eux-mêmes étaient assez étonnants. Tout avait été changé pour la circonstance. Ce qui n’était autrefois les rigoureux bureaux et comptoirs du rez-de-chaussée du palais maritime, ensemble immense d’une bureaucratie aux atours d’élégances, était devenu une espèce d’immense scène de liesse étonnante. Un immense orchestre jouait une musique attrayante et une foule d’invités dansait à en perdre haleine. De grands buffets de nourriture cintraient les murs au point qu’on aurait pu croire que la nourriture allait tomber sur ceux qui se servaient au pied de ces derniers.

L’alcool coulait à flot et l’on pouvait voir que pour certains la dose était devenue un peu trop forte. Dans les arrières salles, si tout du moins on s’y intéressait, d’autres ambiances existaient pour d’autres types d’invités. Les choses étaient plus vertigineuses, plus malsaines aussi. Mais là comme ailleurs, le centre de la fête était assez lisse. Les jardins présentaient un attrait plus important. Tout d’abord parce que des parties habituellement non ouvertes au public était à présent à disposition des personnes invitées.

L’architecture du palais était de celles dont on se souvenait. La hauteur des salles était imposante et les décorations intérieures étaient discrètes. Ici le luxe était présenté sous la forme de la taille des pièces. L’architecture était longiforme. De longs axes se croisaient, de longues colonnes s’alignaient, des escaliers se répondaient. La symétrie et les formes géométriques étaient à l’honneur dans ce palais à l’architecture un peu surannée mais aux proportions gigantesques. Pour l’œil exercé, on pouvait néanmoins noter que les roches ayant servies à la construction n’étaient pas locales, preuve que la logistique était le maitre mot de la maison.

En temps normal l’immense atrium d’entrée était une longue enfilade de bureaux et de comptoirs, mais pour l’évènement, tout avait été remisé. Les pièces suivantes, normalement des salons et salles de réception pour les clients les plus prestigieux avaient été transformés en autant de lieux de fêtes. Les seules grandes pièces de décoration qui avaient été conservées étaient d’immenses sculptures de bois massif, toutes placées dans des niches ou le long des colonnes. Ces dernières étaient les têtes de proues des navires décommissionnés par l’armateur ou des œuvres d’arts en bois taillés dans les pièces de charpenterie de ces navires disparus. Les jardins du rez-de-chaussée étaient également assez standards. Mêlant une certaine symétrie dans la composition à un grand conformisme dans les espèces choisies. Ils étaient agréables, certainement. Beaux, sans doute. Mais pas très impressionnants.

L’atmosphère des lieux, qui étaient principalement d’une couleur jaune sable, était d’une certaine forme d’élégance quelque peu austère, de ceux qui ont réussi trop vite ou trop lentement et n’ont pas eu le temps de formuler un penchant pour la luxure. Ou tout du moins avaient décidés de le camoufler. L’étage supérieur était fermé au public, on montait directement vers le second. Au premier les nombreuses salles où dormaient les bureaux de la bureaucratie de l’armateur usurier n’avaient pas été remaniées pour l’occasion.

Le second étage était un lieu d’ivresse lui aussi empli de musique et là en revanche des jeux étaient organisés. A cet étage, où commençaient les salles véritablement pensées pour l’apparat, on pouvait commencer à sentir l’influence esthétique du maitre des lieux. Les salles étaient plus élégamment disposées. Les volumes étaient moins imposants, plus arrondis, et le mobilier était à la fois bien plus beau et bien personnel. On trouvait des toiles au murs, des boiseries aux plafonds, des dallages différents d’une pièce à l’autre.

Là encore le bois était sans aucun doute au centre des attentions. La plupart des meubles étaient décorés de marqueteries aux formes complexes et étonnantes. Les couleurs étaient plus diverses.

La nourriture servie l’était avec beaucoup de prestance pour une escouade de domestique dont ressentait légèrement que cette dimension de fête n’était pas une habitude. En revanche la qualité et la présentation des plats et des buffets était impeccables, et les meilleurs connaisseurs n’auraient rien trouvés à dire. Là aussi on avait fait venir des denrées de partout où Thaar faisait du commerce. Histoire de démontrer qu’on savait de quoi on parlait en termes de relations dans la maison.

A cet étage en revanche les jardins valaient simplement d’être vus. Autant le reste du palais pouvait paraitre d’une certaine banalité pour les habitués de Thaar, autant les jardins suspendus privés du palais étaient uniques en leur genre. Outre l’originalité de leur organisation, le parfait entretien de la flore et l’incroyable complexité du réseau d’irrigation disposé dans tout le jardin qui semblait encercler les invités à chacun de leurs pas, il fallait bien avouer que la diversité des espèces représentés dans le jardin en faisait une curiosité indéniable. Sous ses airs babelesques, le lieu était enchanteur.

Savarius était certes entourés d’invités, pour la plupart des aspirants courtisans. Mais l’armateur n’avait pas de cour. Il était seul. Il avait son organisation. Il n’aspirait pas à avoir une foule bêlante autour de lui. Ce soir était une exception. Mais comme toute exception il fallait une bonne raison. Et la bonne raison était que plusieurs de ses assesseurs étaient chargés, tout en guidant les invités, de séparer le bon grain de l’ivraie et de favoriser ceux qui sans nuls doute pouvaient présenter un intérêt pour qu’ils s’approchent.

C’est ainsi que dans ce labyrinthe pyramidal aux couloirs et salles noyés d’invités que l’on trouva du temps et de l’espace pour qu’au détour d’une allée de jardin se fasse la rencontre providentielle d’un armateur, d’un homme du nord, d’une belle millénaire. Ensemble ou non, cela restait à voir.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Lun 10 Juil 2017 - 15:57


Du moment où on la laissa pénétré dans le palais, la forgeronne n'eut de cesse d'échapper à l'attention des gens de la maison. Pour la première fois dans ces conditions, elle mis en œuvre tout ce que Zaahrian lui avait apprit ou rappelé l'année précédente. Pour se glisser au sein de la foule le plus discrètement et fluidement du monde. Évidement, comme son guérisseur personnel était un manche pour un grand nombre de choses, elle le sema, lui, bien avant d'échapper à l'attention générale, mais c'était tant mieux. Elle ne l'avait accepté à ses côtés ce soir là que pour contenter Wik et Wydrin mais comme à son habitude quelques discret sieurs et dames à sa botte étaient déjà dans la place au sein des serviteurs et des esclaves... Comme cela devait être le cas pour chacun des huit Princes Marchands rescapés.

Ha... Quelle tristesse d'ailleurs. Autant il était difficile de se venger d'un os de poulet, autant les conseillers et les aides du prince de Geresh avaient été montrés en exemple. Innocents ou coupables, ils avaient perdu leur prince et en avait payé le prix en place publique. Il faudrait aussi qu'elle demande à Ascanio ou en était la création de cette œuvre mirifique dépeignant l'infortune du Septamontais dont le nom lui échappait sous les assauts d'un étalon. Ils étaient plusieurs a attendre avec impatience que la statue soit installée dans la Salle du Conseil. Quant aux autres... Elle s'en foutait copieusement.

Dans les jardins du rez-de-chaussée, elle fronçait le nez devant la mise en valeur de la verdure commune, mais profitait surtout des allées pour se perdre en profitant de la froideur de la nuit. Puis elle était retournée à l'intérieur, glissant de pièce en pièce. Son regard caressait l'assistance chaotique. De temps à autre, elle pensait y apercevoir un visage connu de longue date avant de se rappeler que c'était impossible étant donné que la personne en question était passablement décédée. Son bel oiseau par exemple. Ou l'ancienne putain de son ex mari. Enfin non, elle n'était pas morte, elle. Mais cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas vue, que ce soit au Conseil ou ailleurs. Depuis cette histoire de nouveau-né peut-être qu'elle lui en gardait rancune...

Le manteau de la Maîtresse des forges fut abandonné quelque part dans la foule, ne laissant que sa robe au col bateau dont les manches interminables s'échouaient par étages de manière à montrer chacune des soies qui composaient l'ouvrage. Le blanc, et le rouge se mêlaient en un ouvrage délicat, chacune des couche devant être retirée indépendamment des autres par un laçage complexe qui donnait toute sa saveur à la tenue qui ne laissait que les épaules et le cou de l'elfe noire pleinement visibles.

Échangeant quelques mots avec des connaissances de travail et parfois de longues phrases avec ceux et celles qui avaient eu l'occasion d'être plus que cela, Krish se laissait gagnée par l’ambiance festive malgré la température glaciale qui régnait dehors à son humble avis. Après quelques verres de liqueurs eldéennes, elle fureta dans les salles à l’ambiance plus calme pour partager les vapeur de longues narguilés avec une excellente compagnie.

Puis elle s’éclipsa de nouveau, coupant court aux discussions qu'elle jugeait inintéressantes et n'ayant que peu de goût pour les jeux de cour. Electron libre au travers de la foule, elle finit par se retrouver à remonter le courant des escaliers vers le premier étage en fredonnant d'une voix suave. Deux gardes en livrée postés devant les portes du premier étage attisèrent son attention. Elle nota leur armement, leur position, leur visage, leur façon de se tenir, mais continua nonchalamment vers le prochain arrêt possible.

Cela faisait longtemps qu'elle n'était pas sortie pour une fête de cette ampleur. Tout le décor débordait de bois et de plantes ce qui était franchement le pire de la décoration humaine, mais pour le reste, la soirée avait un certain charme... Et elle ne faisait que commencer.

Arrivée à l'étage, elle nota la différence de ton et leva un sourcil. Le maître des lieux avait très clairement hiérarchisé sa fête. Un sourire amusé glissa sur ses lèvres barrées verticalement d'un trait de la même couleur que ses yeux aux iris de lave. Le coquinou devait être sacrément bien organisé pour que les indésirables ne s'en rendent pas compte...

Elle participa un peu aux jeux d'argent et de mots qui se déroulaient là jusqu'à ce que ses partenaires du moment émettent l'idée d'aller se promener dans les jardins suspendus, arguant qu'ils n'en avaient jamais vu de si beaux. A ces mots, elle avait éclaté de rire et avait repris un verre avant de passer vers une autre salle pour saluer d'autres personnes.

Ce ne fut que plus tard, alors que personne ne semblait disposé à quitter la table, qu'elle s'éclipsa pour les jardins. Bon, les plantes, ce n'était pas son truc, mais la tranquillité relative qu'offraient ces coins et ces recoins était tout de suite bien plus appréciable. Elghinn devait être au lit à l'heure qu'il était. Et depuis longtemps. Et elle était là, ses pieds nus glissant sur le sol de ces étranges jardins et ses yeux profitants des jeux de lumières qui mettaient en exergue la beauté des lieux malgré le fait que la nuit empêche d'observer pleinement les différentes essences.

De temps à autre, elle croisait un groupe ou un solitaire. Ils ne s'attardaient pas plus qu'elle.

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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Mar 11 Juil 2017 - 18:21

Letwyn et Rickert avançaient côte à côte en direction du palais maritime, demeure de l’armateur Faeron. Au vue de l’engouement que cette fête suscitait dans la ville de Thaar, l’événement promettait d’être grandiose. Il marquait en tout cas la montée en puissance de la compagnie Savarius & fils dans le jeu Thaarie. Le nombre très important d’invitations distribuées facilita grandement la tâche à Letwyn. Maître espion au service du Roi de Naelis, ce dernier n’eut aucun mal à en subtiliser un au marchand Antonio Phere et même d’assurer le coup en enfermant ce dernier, nu comme un vers, dans une obscure cabane des bas quartiers de la ville. De plus, cette invitation permettait d’inviter « tout vos amis ». Alors c’est à deux que les espions de Naelis s’infiltrèrent à la fête de Savarius, accoutrés de larges toges colorées, tel des marchands thaaris. Rickert avait même poussé le vice en s’affublant d’un turban violet tout en s'amusant à parler avec l’accent du sud de l’estrèvent. Bien sûr, ils ne portaient aucunes armes sur eux ni rien qui pourrait les rattacher à Naelis : le risque était trop grand. Ils arrivèrent devant le grand portail, à la suite d’un groupe de dignitaires. Sans attendre de se faire interpeller par les gardes, Letwyn tendis Le carton signé par Savarius :

- Antonio et Lucio Phere, voici mon invitation. »

Les gardes acquiescèrent et les laissèrent passer. Il se retrouvèrent très vite dans les jardins, l’une des merveilles du palais. C’est là qu’ils se séparèrent, Antonio alias Letwyn prit de l’avance et laissait Lucio alias Rickert le suivre le plus discrètement possible, une vingtaine de mètres en arrière, comme si les deux hommes ne se connaissaient pas. Letwyn apprécia la beauté des lieux à leur juste valeur. Il était rare de voir tant de plantes exotiques de cette taille. Il se promena quelque temps dans les jardins, menant quelques discussions avec des invités et prenant quelques verres. Bien sûr, il ne buvait pas mais l’important était qu’il le faisait croire. Il profita de ces quelques intermèdes pour mieux observer l’assemblée présente. Très nombreux, les invités formaient un groupe des plus hétéroclite : des humains bourgeois, des marchands au sang mêlée, des négociants elfes noirs… Néanmoins, son œil affûté remarqua que quelques gardes se dissimulaient parmi les convives. Leur attitude alerte et surtout le manche d’arme qui dépassait de la toge de l’un d’eux les avaient démasqués. Letwyn fut également surpris de voir quelques nordiques parmi les invités. Que faisaient-ils si loin de la péninsule ? Il n’en savait rien mais préféra s’en méfier et éviter de passer sous leurs regards.

Vigilant, Letwyn quitta les jardins suspendus pour se rendre à l’intérieur du palais. L’infiltration étant réussit, le plus dure restait à faire : localiser le maître des lieux. Par instinct, le maître espion monta au deuxième étage et tomba dans une salle où se pratiquait divers jeux d’argent. Installé à table, il fit un discret clin d’oeil à Rickert. Ce dernier quitta la salle sans attendre. C’est à lui que revenait la tâche de trouver Faeron. Letwyn avait donc du temps devant lui et il décida de s’adonner à son vice le plus fidèle : le jeu. Parfait, la bourse d’Antonio allait servir :


- Je double la mise. Non c’est à mon tour, vous venez de terminer la manche. »

Tout se passait bien pour Letwyn jusqu’à qu’une drow aux cheveux d’albâtre rejoigne la partie. Son visage dit quelque chose au maître espion mais il ne parvient pas à l’identifier comme une princesse marchande de Thaar. La drow se débrouillait tellement bien qu’elle menaçait de lui faire perdre tous ses gains. Il accueillit alors le retour de Rickert dans la salle comme un grand soulagement : c'était ce qu'il attendait pour quitter la table. Letwyn prit congé de ses partenaires de jeux pour suivre son complice, non sans emporter ses gains au passage.

- Il est là, dans le coin de la pièce. Il parlait jusqu’alors avec un groupe de dignitaires. C’est votre chance ! »

En effet, Faerion Savarius, armateur et propriétaire de la compagnie Savarius & fils et organisateur de cette fête gigantesque, était seul. C’était le moment d’y aller. Letwyn ajusta sa toge et s’avança, verre à la main.

- Maître Faeron ! Je suis heureux de vous voir enfin. Il fallait que je vous transmette les salutations de mon ami et associé, le marchand Antonio Phere. Malheureusement ce dernier est cloué au lit et n’a pu se rendre à la fête… Pardonnez-moi, je ne me suis pas présenté, je suis Alessio Calvane, associé d’Antonio. »

Faerion connaissait-il Antonio Phere ? Letwyn n'en savait rien. Mais il ne pouvait pas prendre le risque de se faire passer pour une véritable connaissance de Faeron. Changer de nom aussi rapidement et en fonction des circonstances faisait parti de ses compétences et cela ne lui posait aucun problèmes.

- Si vous le permettez maître Faeron, je me dois de vous parler d’une affaire de la haute importance. Un ami commun voudrait passer un marché avec vous. C’est un homme puissant et mon avis est que vous avez tout intérêt à écouter sa proposition. Si nous pouvions nous isoler dans un endroit un peu plus calme et discret... »

En prononçant cette dernière phrase, Letwyn s’était approché au plus près de Faerion, tout en prêtant bien soin à ne pas entrer dans son espace vital. Il était toujours difficile de prévoir la réaction de l'armateur. Au fond de la pièce, Rickert surveillait discrètement la scène, assurant ainsi la sûreté arrière de son coéquipier.
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Neo
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Mer 12 Juil 2017 - 6:17



Si Raffik avait généreusement rempli d'or sa bourse - et à l'en faire craquer - ce n'était point celle-là qu'il désirait ce soir vider. Bien sûr, vider la première l'aiderait très certainement à vider la seconde. Il avait donc dès le début, et sans prendre le temps de plâtrer sa panse, fait couler un flot incessant de liquides alcoolisés, transformant son gosier en un sempiternel entonnoir. Neo qui lui était d'humeur un peu plus vertueuse, ou un peu moins licencieuse, s'était plutôt accommodé à un tout autre genre de cuisses, celles-ci littéralement comestibles. Il avait de fait sentit l'odeur que charriait la légère brise, poésie de braise et de volaille, divinement cuite. Aux premiers abords de la fête, il avait commencé à saliver, fontaine buccale intransigeante. Bien sûr son estomac répondait aussi à l'appel, dans un  fracas qui se mêlait étonnamment bien aux basses rythmées de tambourins.

L'Irascible habitait depuis plusieurs années déjà à Thaar, et il s'y plaisait énormément. La Fraternité avait certes beaucoup voyagé, accomplissant nombreuses besognes et missions jusqu'en Péninsule. Ceci étant dit, les Aegypius revenaient toujours à Thaar et Neo soupirait toujours de bonheur lorsque son derrière venait s'échouer dans un des nombreux divans de Raffik, à La Caze. Seulement voilà, depuis sa blessure en arène, il y avait eu retournement de situation, et s'il restait des heures à lire à la lueur de moroses candélabres puis foulant docilement les doux tapis de ses appartements, Neo rêvait d'ailleurs, de grands espaces. Séjourner à Thaar entre deux travaux avait un coté reposant ; se voir devenir loque de plomb, avait usé le guerrier à n'en plus pouvoir. Il voulait bouffer la poussière que soulevaient les sabots par leur martèlement ineffable. Il voulait telle la voile faisant hâter le navire, se faire gonfler par les cris de guerriers mus par l'algarade.

Neo qui restait assez calculateur dans ses agissements, sans que ceux-là soient pour autant empreints de cupidité mesquine, avait accepté d'accompagner ses Frères pour une seule et unique raison.
Ainsi se remémorait-il en avalant plusieurs plats copieusement garnis, ce qu'avait plus tôt dans la journée évoqué son ami : Si c'n'est point pour gigoter les guibolles avec quelque charmante demoiselle - pour ça point de crainte frérot je m'y colle pour deux - on trouvera peut-être bien un petit contrat salutaire, histoire de se remettre dans le bain hein, qu'en dis-tu gronchon ? Les derniers mots prononcés par Raffik avaient fait tilt dans son esprit. Il s'était vu fracassant allègrement les portes d'un palais, puis balayant tout sur son passage pour y récupérer le bien volé d'un généreux mandarin. Il s'était revu préservant les joyaux de famille d'un vile négrier aux mains trop boueuses pour avoir plus d'ami que d'ennemis. Alors il avait dit oui, oui à la fête, oui à la foule, et si Raffik avait déjà oublié la vrai raison de leur existence, Neo se gardait bien de négliger les attentes du Coléreux.

Salutaire était un trop faible mot, le Damaki voyait la reprise professionnelle comme étant une obligation.
Ils voyaient en lui le meneur ? Alors il les mènerait. Ils voyaient en lui leur nouveau chef ? Alors c'est de rechef qu'ils partiraient guerroyer. Ils célébraient aujourd'hui et sans le savoir, leur nouveau départ. À cette idée il avait sourit puis avalé courageusement la liqueur verdâtre dans laquelle trempaient un ensemble de serpents venimeux.

La fête battait déjà son plein lorsque les Jumeaux, Luka, Matteo et Raffik s'étaient effectivement mélangés ou perdus dans le tohu-bohu allègre, viles chenapans en quête de sexe torride entre deux emplacements ou dans quelque ruelle sordide. Neo était resté en compagnie de Grégoire et de Jim. Il manquait uniquement à l'appel Kenopi qui souffrait d'agoraphobie et avait donc préféré le calme assommant de Chez Maggy. Doucement ils avaient progressés dans la fête et fatalement s'étaient eux aussi perdus de vue dans la foule trépidante.

Sans trop savoir comment, Neo qui avait quelque peu vagabondé au gré des rencontres, s'était retrouvé dans le palais, laissant derrière lui la foule d'énergumènes et trouvant devant lui une foule un peu plus raffinée mais tout aussi déjantée - voire plus ? Il avait en fait pénétré les lieux en même temps qu'Amin Bazmathï, honorable commerçant - ou pas - qui avait à plusieurs reprises fait appel aux Aegypius afin de protéger quelques inestimables convois. Ils s'étaient croisés non loin de l'entrée puis avaient discuté du présent, du passé. En les voyant désinvoltes, l'intendance avait cru bon de laisser passer leur invité en compagnie de Neo, qu'ils​ avaient du prendre pour un ami, un cousin peut-être. Toujours est-il qu'il ne payait pas de mine le guerrier ainsi affublé. Seuls ses bas de soie pouvaient alors trahir une certaine richesse, mais ceux-là étaient dissimulés par une robe noire en laine feutrée. Sur ses épaules reposait obligeamment la fourrure d'un blaireau et il avait hésité à l'ôter, or avant d'arriver non loin des jardins le froid l'en avait dissuadé. Il s'était retrouvé le cœur suspendu à l'instar du jardin de Savarius. Alors il s'était assis sur un banc sculpté dans la roche et avait profité de la quiétude suscitée par l'eau et son ruissellement.

Qui était Savarius et pourquoi l'homme - si tant est qu'il soit un être aux lobes arrondis - avait organisé si somptueuse et princière fête ? Peut-être même et justement que la raison ressortait dans ce dernier adjectif. Oui peut-être que l'hôte convoitait la cime, ou peut-être trempait-il uniquement dans un orgueil mondain ? Toujours est-il que Neo s'était enfin détendu après avoir dans un parcours du combattant, bravé les pédants et les gobes-mouches pour enfin se retrouver en ces lieux mirifiques, les jardins.
Le guerrier allait plausiblement sombrer dans une somnolence indocile s'il n'y avait pas eu, portés par une douce bise, des froissements importuns. Il avait ouvert les yeux et s'était cru dans un rêve. Devant lui une sombre peau au port altier lui tournait le dos, puis derrière elle le ciel étoilé. Était-ce l'alcool décuplant qui avait fait se hérisser les poils du guerrier, d'habitude si rude et détaché ?  Lorsqu'elle se retourna enfin il faillit lacher un juron, trop ahuri pour se contenir.

Était-ce bien elle ? L'avait-elle reconnu engoncé qu'il était dans sa robe de moinillon ? Plusieurs années auparavant ils avaient partagé intimement, plusieurs semaines d'amour torride, mais ils s'étaient un jour perdus de vue, dans la simplicité et le respect. À savoir qu'ils n'avaient jamais vraiment su qui était l'autre, ce qu'il faisait, sa condition : ils avaient seulement vécu l'instant sans savoir ne serait-ce que leurs prénoms. Ils avaient néanmoins trouvé une certaine connivence, si puissante, si invincible, qu'ils avaient décidé sans autre compromis, de s'oublier. Sans regrets ils s'étaient encore entrelacés puis quittés un jour d'hiver comme celui-ci. Et ils ne s'étaient plus jamais recroisés, seuls les souvenirs saumâtres avaient perduré.

Divine créature ? avait enfin murmuré l'homme, abasourdi.
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Mer 12 Juil 2017 - 23:18


Faeron était plutôt satisfait. Il surveillait d’un œil discret son petit caprice de nouvel an. Les choses se déroulaient plutôt bien, et s’il était relativement courtisé, il arrivait à se défaire avec une certaine diplomatie de ceux qui n’étaient là que pour se montrer ou palabrer. Le minuit était encore à quelques heures et avec le souffle rafraîchissant de la nuit, les braseros commençaient à être allumés un peu partout dans le palais et dans les extérieurs pour maintenir une chaleur agréable dans les immenses pièces, autour des tables, des divans, autres coussins et autres fontaines d'extérieur.

Les choses n’étaient ni plus ni moins qu’en bonne voie. Modérément mais sûrement. Faeron était habillé de manière simple mais extrêmement élégante. Il portait une sorte de grande combinaison d’une soie bleue nuit, relevée d’orange très foncé. Aucun bijou si ce n'était une broche dorée et une ceinture ouvragée. Son corps vigoureux et élancé, sa chevelure d’un noir de jais et ses yeux d’un bleu tirant sur le mauve clair faisaient le reste. Il n’avait presque rien mangé de la soirée. Il n’avait pas faim. Il avait à la main un verre de cristal dans lequel un liquide d’une couleur d’un vert presque limpide semblait n’avoir pas été entamé.

En trois heures de fête il avait parlé à des diplomates, des marchands, des conseillers divers, certains politiciens de la ville, des officiers quelconques, et un grand nombre de compagnon de circonstance, certainement des prostitués de luxe. Lui même avait profité de la soirée précédente pour répudier sa maîtresse officielle du moment. Une petite peste fille d'un noblaillon et marchand des septs monts où Faeron avait des intérêts colossaux. Écervelée, peu cultivée et aussi transparente que l'air sec du désert dans ses intrigues. Mais très bien façonnée et facile à remettre à sa place. Et comme elle avait eu l'idiotie de tenter d'obtenir un gamin de Faeron, qui sans l'aide de guérisseurs ou sorciers renommés resterait certainement comme son père quasi-stérile, elle avait beaucoup donnée d'elle même.

Elle était retourné chez son père certainement en larmes. Mais la scène du matin, devenant répétitive, avait eu raison de la patience de Faeron. La veille il s'était rabattu anonymement sur un de ses amis anonymes et simple qu'il entretenait dans la ville, faisant ainsi le grand écart. Il n'était pas homme de convention pour ces choses. C'était ce qui l'amusait sur le moment. Point barre. Et ce soir il dormirait seul, et il dormirait bien...

Il discutait avec un de ses principaux clients Thaari. Un gros porc que Faeron ne supportait pas. Il était au bras de deux jeunes filles qui auraient pu être ses arrières petites filles. Les pauvres gamines, sous leurs dehors souriant, semblaient en dedans terrifiées. A quelles bassesse l'homme se livrait le soir, Faeron n'en savait rien. Des bruits couraient. Il n'avait pas le cœur d’artichaut ou chevalresque. Il avait torturé plus d'un, il avait fait du mal, et il avait parfois trouvé un certain plaisir à la chose. Mais jamais gratuitement. Il aimait la violence, mais pas la violence gratuite. Allez comprendre...

Il avait un peu pitié pour ces jeunes filles... Surtout il était quelque peu répugnant de devoir serrer la main de ce vieux satyre sadique. Faeron espérait qu'un jour l'homme oublierait de jouer franc jeu avec Faeron, ce qui l'obligerait malheureusement de prendre des mesures de rétorsion... Mais pour le moment il honorait ses contrat avec une régularité de métronome. Et dans ces conditions, le client était roi et tant qu'il ne s'amusait pas avec les enfants de Faeron, il pouvait se complaire dans ses vices.

Sa première rencontre hors de l’habituel fut de découvrir que des péninsulaires nordiques étaient présents. Faeron avait été attiré par leur posture et leur façon d’être. Ces gens sortaient de l’ordinaire Thaari et cela était toujours une curiosité. C'était une échappatoire d'autant plus agréable que Faeron rêvait de quitter l'homme encombrant.

Faeron, qui pourtant était habitué à voir les regards tomber sur lui, disposait d’un certain instinct de survie. Ce qui était un atout dans cette ville. Et c’est au travers d’une haie d’invité que Faeron croisa le regard de l’Oësgardien. L’échange de regard fut bref, mais Faeron détecta dans ce bref échange que l’homme aurait aimé lui parler mais était quelque peu dégoûté à l’idée de traverser la foule de courtisan entourant Faeron et son bedonnant client.

Faeron inclina la tête en arrière, ce qui invariablement voulait dire qu’il souhaitait parler à un de ses hommes de confiance. Un homme du protocole fit un pas en avant pour se mettre derrière son patron et écouter sa demande. Faeron demanda à voix basse de qui il s’agissait, faisant un signe discret vers les Oësgardien, et demandant à arranger qu’ils touchent un mot.

L’homme s’éclipsa, se fondant à nouveau dans la foule d’invités pour mettre en route une machinerie invisible et célère. Il fit demander à un chef du protocole qui se trouvait tout proche l’identité des personnes. Ils étaient connus car avaient fait des affaires avec la Maison quelques jours auparavant. L’information mit une minute à remonter aux oreilles du maître des lieux.

On lui souffla à l’oreille que ces gens avaient fait affaire avec la Compagnie dans les jours précédents. Un chargement d’alcool. Faeron était étonné de cela, car il ne faisait que rarement dans le négoce en dehors de son cœur de métier. Mais ses sbires avaient quelques libertés pour poursuivre des affaires lucratives en dehors des sentiers battus si cela en valait la peine. Cette transaction, qui de toute manière coïncidait adroitement avec l’organisation de la fête, n’était certainement pas peine perdue.

D’autant que cette partie de la Péninsule n’était pas de celle dans lesquelles l’homme faisait beaucoup affaire. Et s’il y avait une chose à laquelle Faeron résistait mal, c’était l’appel de nouveaux marchés. Le cœur de métier d’un armateur était d’ouvrir des ports pour servir les intérêts de marchands bien plus habiles ou de construire des navires pour des personnes au portefeuille bien garni. A cela s’ajoutait qu’avec les problèmes structurels que le conseil de Thaari avait créé pour Faeron et ses entreprises, il fallait penser à de nouvelles sources d’approvisionnement pour l’appétit insatiable en bois des négoces de M. Savarius et de ses associés. Diversifier était toujours une bonne chose.


« - Arrangez moi une rencontre. », ordonna Faeron à voix basse sans sourciller. Puis il reprit ses conversations comme si de rien n’était.

La même machinerie se mit en route pour retrouver dans les lieux les personnes et l’on les pria de bien vouloir accepter de prendre un verre avec M. Savarius, qui était curieux de les rencontrer. La chose prit moins de dix minutes en tout, puisque Faeron, au signe que les deux hommes arrivaient remercia donc poliment les personnes qui s’étaient entre temps agglutinés autour de lui et alla directement vers les personnes, invoquant le fait qu’il souhaitait voir des personnes. Un mensonge quelconque fut également glissé pour s’excuser.

Débarrassé de la foule, Faeron redonna à un serviteur son verre plein pour en prendre un frais et glacé d’un autre liquide, plus bleu cette fois.


« - Chers étrangers… Je suis Faeron Savarius… Je suis honoré de vous recevoir dans ma modeste demeure. Je n’ai pas eu l’occasion de goûter vos marchandises, mais il s’agit d’après mon associé d’une délicatesse que l’on ne voit que trop peu à Thaar. Que diriez-vous que nous nous asseyons quelques instants pour que je puisse en retour vous faire partager un autre liquide, d’un autre lieu… En échange je testerai cette cargaison qui semble ravir mes invités. Amal… Apportez moi un verre de l’elixir de ces messieurs. Et pour ces messieurs un verre de liqueur de Patience. »


Il mentait naturellement, on ne lui avait rien dit à propos de la qualité de leur alcool. Il n’avait pas hâte de gouter la chose. Il y tremperait ses lèvres. C’était un fin gourmet, mais il n’était que rarement dans l’excès. Et il ne buvait jamais ou très peu lorsqu’il travaillait. Il fit signe aux deux hommes de le suivre vers une table de jeu. Un plateau arriva avec leurs verres. Faeron attrapa le verre en reposant la boisson bleue, qu’il n’avait pas touchée. Il approcha le verre de son nez et huma rapidement, en connaisseur.

« - Je ne peux pas vous recevoir pour long ce soir chers étrangers, vu la cohue, mais je suis certain que vous comprenez… Mes plus sincères excuses. Mais je pense que nous devrions vous revoir. Je pense avoir le flair pour ce genre de chose. Et je serais infiniment honoré si vous acceptiez de venir me rendre visite demain pour le déjeuner. Nous pourrons discuter plus posément autour d’un narguilé et d’un repas plus équilibré. A midi qu’en pensez-vous ? Amal… Faites noter le rendez-vous par Enir. »

Il eut un sourire agréable pour les dignitaires d’Oësgard. Là encore son instinct autant que le regard d’un de ses hommes dans la foule le guida à regarder en biais vers un homme semblant Thaari. Il ne le regardait pas directement, comme un prédateur entrainé, mais sans aucun doute avait de l’intérêt pour lui. Son regard rejoint celui de son discret garde du corps, ils échangèrent un simple regard et ce dernier disparut.

« - En attendant messieurs. J’entends bien… Que dis-je ? J’exige que vous passiez une bonne soirée. Et une soirée mémorable. Je vous en prie. Je ne sais pas si vous connaissez ce jeu, mais il s’agit d’un jeu typique des Septs Monts. Amal, engagez ces messieurs pour dix souverains que je souhaite leur offrir… Nous aurons peut-être l’occasion de nous revoir ce soir. A bientôt et sinon à demain… »


HRP:
 

Il s’éloigna quelque peu de la table et s’autorisa une simple gorgée du liquide tout en empoignant une sorte de petit pain fourré sur un plateau de nourriture. Un de ses gardes du corps, Armand Delorme, habillé comme un invité et qui était un homme d’une trentaine d’année vint en personne pour prévenir Faeron qu’on allait certainement l’aborder dans les prochaines minutes l’autre homme étant parti prévenir un acolyte. Armand fut remercié et s'éclipsa. La rencontre avait duré moins de dix secondes. Drôle de manœuvre et Armand n’était pas un second couteau dans l’organigramme de protection de Faeron. Le jeu devenait intéressant.

Et à n’y pas manquer alors que Faeron s’avançait vers un coin de la pièce pour accéder à un balcon donnant sur les jardins, il vit un homme s’avancer vers lui. Le nom d’Antonio Phere fut lâché. Un client de seconde importance sur Thaari. Fiable mais sans envergure. Que ce dernier eut des associés était étonnant, et Faeron n’en crut pas un mot.


« - Heureux de vous rencontrer Monsieur Calvane… Je ne savais pas que Phere s’était associé. Je suis heureux pour lui. Je suis étonné qu’Elias Miskaouit ne m’ai jamais parlé de vous. Mon associé ne manque jamais de m’avertir de ces évolutions chez nos clients les plus fidèles. Comme les choses changent vite n’est-ce pas ? »

Faeron eut un regard et un sourire quelque peu amusé. Il n’alla pas poser la question de comment allait Antonio Phere. Il le saurait bien assez tôt, certainement le lendemain. Égorgé ou kidnappé sans nul doute. Il fit face à l’homme, le toisant tout en entendant sa proposition. Un ami commun ? Un homme puissant ? Faeron eut un sourire carnassier pour le jeune homme.

« - A peine nous nous rencontrons et déjà vous voulez m’arracher à cette fête ? Les choses doivent être effectivement très pressées. Soit… Vous m’expliquerez donc votre problème sur le balcon. Nous y serons tranquilles, mes hommes y veilleront. J’ai le pressentiment que si nous n’y allons pas tout de suite et que je vous propose un rendez-vous pour demain au nom d’Alessio Calvane, je risque d’attendre longtemps que vous vous présentiez… Pas de geste inconsidéré néanmoins jeune homme. Je suis depuis suffisamment longtemps dans les affaires pour comprendre certaines choses, et je pense que vous êtes également depuis suffisamment longtemps dans votre commerce pour comprendre que si vous souhaitez donner du piquant à notre discussion, vous auriez maille à partir. »


Il fit un signe à un serviteur de passage pour rendre la boisson des Oësgardiens et reprendre une de ses boissons colorées non alcoolisées dont il se gavait ce soir. Les fenêtres s’ouvrirent sur les deux hommes et se refermèrent sur eux. Les faisant passer instantanément du brouhaha au silence relatif des jardins. On entendait l’eau couler dans les nombreux aqueducs, dans les bassins et dans les gouttières. Au loin sur les quais les bûchers commençaient à élever de grandes flammes et la fête battait son plein pour le petit peuple aux frais du riche métis. Il s’était placé contre la rambarde opposée à Letwyn.


«  - Vous avez mon attention la plus complète Monsieur Calvane. »


HRP:
 
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Tao
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Jeu 13 Juil 2017 - 1:15

Hiver, Tariho, neuvième ennéade de Karfias, an neuf, onzième cycle.


Thaar, une cité pleine de vie, colorée et animée d'une flamme toute particulière. Elle faisait partie de ces villes qui respiraient, qui vivaient, et qui vivaient fort même. D'autant qu'en ce dernier jour du mois d'Hiver, l'âme thaarie rayonnerait comme à son habitude du matin au soir, mais aussi du soir au matin. La fin de journée venue, alors que le soleil déclinant sur la mer Olienne en irisait les vagues et l'écume d'un dégradé qui s'étalait de la tangerine au rouge cinabre, la plèbe prit la direction des docks.
Plusieurs petits groupes d'autochtones, et peut-être même d'habitants venus d'autres citées alentours, voire aussi de voyageurs et de marchands de passages, battaient le chemin, riant déjà, chantant pour d'autres. La jeune femme sobrement vêtue, et tatouée de motifs aussi colorés que les vêtements des thaaris suivait les foules populaires. Tao ne savait pas vraiment où elle allait, mais cela n'avait pas d'importance, émerveillée qu’elle était par ces joyeux rassemblements d’hommes et de femmes, petits, grands ou vieux. L’étrangère avançait, son baluchon de jute sur l’épaule, et son bâton qui lui servait d’aide à la marche dans la main droite, poursuivie par quelques marmots qui l’amusaient beaucoup, puisqu’ils ne cessaient de tourner autour d’elle en désignant les motifs colorés gravés dans sa peau sur tout le côté droit.

Le port était plein à craquer. Si bien que l’on pouvait se demander comment personne n’avait encore terminé à la flotte. Chacun était venu pour ses propres raisons, le buffet aura certainement attirés les « crève-la-faim », qui pour un soir n’auront pas besoin de détrousser un passant, comme ceux qui ne se déplaceront que pour l’ambiance festive. Tout le monde y trouverait son compte, et cela ne présageait que du bon pour la nuit à venir.
Approchant des docks, la petite brune se fraya un chemin à travers tout ce monde, pour rejoindre le buffet, puisque son ventre criait famine depuis l’aurore. Impossible ne pas être surprise par tant de mets, la nourriture semblant dégueuler des tables. La boisson coulait à profusion, si bien que certain entamaient déjà la troisième ou la quatrième chope de bière. On épanchait sa soif, et on se remplissait l’estomac sans modération aucune. Sauf pour Tao, qui se contenta de piocher ci et là quelques légumes et crudités, évitant les plats de viandes, sous le regard un peu étonné de certains de ses voisins. Puis elle traversa la foule dans le sens inverse, cherchant un endroit un peu plus calme où déguster son précieux repas, c’est donc à quelques mètres des fêtards, qu’elle partit s’assoir en tailleur au bord de l’eau.

Les derniers rayons du soleil disparaissaient au loin, comme happés par les flots. Alors le port s’illumina de plusieurs brasiers disséminés ci et là aux alentours des docks. On embrasait les torches suspendues ainsi que les lanternes. Thaar s’enveloppait lentement d’une couverture nocturne, mais semblait rayonner d’autant de feux qu’il était possible de compter d’étoiles dans l’immensité des cieux. Et pour quelqu’un qui n’avait jamais visité de véritable ville avant aujourd’hui, c’était un spectacle stupéfiant. Jamais elle ne se serait doutée, qu’ailleurs que dans son chez soi, on pouvait trouver autant d’allégresse, d’autant qu’on lui avait toujours dépeint un monde en proie à bien des vices.
Trêve de rêvasseries, un homme installait une toute petite table munie de rebords non loin d’elle, déposant trois gobelets dessus ainsi qu’une petite perle de nacre.

- Mes sires, mes dames, le ou laquelle d’entre vous se sent-il capable de suivre les mouvements d’Amrah les Doigts Dorés ?!

En quelques secondes à peine, plusieurs personnes s’étaient déjà regroupées autour de l’homme et son jeu.

- Dix écus la partie ! Dix ! Scandait-il en ouvrant les deux mains. Laissez-vous tenter ! Voyons qui est talentueux, ou chanceux !

L’un des spectateurs, aux cheveux grisonnants et l’air tout a fait sympathique, mis la main à la bourse et s’offrit une petite minute de jeu. Car le pauvre bougre ne parvenait pas à trouver la perle. Quelque soit le gobelet qu’il désignait, elle ne s’y trouvait jamais.

- Aller ! Au suivant ! Trouvez trois fois cette perle et elle est à vous ! Vous n’avez le droit de ne vous tromper qu’une seule et unique fois, après quoi, c’est perdu ! Et j’empoche vos écus ! Ajouta-t-il sous les éclats de rire.

Tao s’avança, mais une matrone fut plus rapide. Et là encore, les dix écus finirent dans la poche du meneur de jeu. Il était rapide !

- A qui le tour ? Demanda Amrah en souriant de toutes ses dents, jaunies par les années. N’ayez pas peur, tout le monde peut y arriver ! Personne ?

Il marqua une pause, tandis que les spectateurs s'échangeaient des regards, tentant de deviner qui allait enfin se lancer. L'homme aux gobelets allait devoir faire des efforts pour ferrer sa ligne.

- Aller, la prochaine partie est gratuite !

Tao brandit la main, raide comme un piquet, les yeux écarquillés. Elle voulait vraiment jouer, ça oui.

- La p’tite dame pleine de couleurs qui fait des yeux de merlan grillé ! Beugla Amrah en la désignant.

- Moi ?

- Oui toi !

Ravie, l’étrangère s’avança, déposant son bâton et son sac, et s’accroupit près de la table. Le thaari leva la perle à hauteur d’yeux, observant sa joueuse d’un air de défi, qui lui répondit en souriant.

- C’est parti ! S’exclama-t-il en jetant la perle de nacre sur sa table, avant de la faire disparaît sous l’un des gobelets.

L’homme savait très bien ce qu’il faisait, ses mouvements n’étaient pas si rapides. Il voulait démontrer que l’on pouvait parvenir à la suivre des yeux.
Quand les trois gobelets finirent leur course, la petite brune désigna celui du milieu. Amrah affichait un sourire en coin en le soulevant, la perle était là. La petite assemblée applaudissait, quand d’autres portaient déjà la main à leur bourse, prêt à participer à la prochaine partie. Les poissons mordaient à l’hameçon !

- Et c’est reparti ! La demoiselle n’a plus qu’à la retrouver deux fois !

Ainsi le manège recommença, mais bien plus rapidement. Tao respirait lentement, concentrée sur la perle, ses yeux oscillaient de droite à gauche à une vitesse folle, et l’homme faisait montre de toujours plus d’agilité.
Et le moment fatidique arriva après trente longues secondes. Ne lui laissant pas le temps d’en placer une, Tao referma les doigts sur le gobelet de droite et le souleva : La perle était là ! Un large sourire se dessina sur son visage, elle rayonnait de bonheur, et ses yeux rieurs se posèrent sur Amrah qui ne se démontait pas.

- Bon sang de bon soir ! On a une vive ce soir ! Deux fois mes amis ! Par deux fois elle l’a trouvée ! Alors ne perdons pas de temps !

Le bougre fit disparaître la perle plus rapidement encore, et ses doigts jouaient d’autant plus vite avec les gobelets. C’en était à se demander comment l’on pouvait les manipuler si vite. La jeune femme n’avait pas été aussi sérieuse depuis des jours, impassible, son regard suivait les tours de passe-passe qui s'enchaînèrent presque une minute entière, jusqu’à ce qu’Amrah fasse clocher l’un des récipients entre deux mouvements.

- Aaah… Elle semble perdue la maligne !

Elle secoua la tête, d'un air de dire que ce n'était pas le cas, puis pointa l’index en souriant. L’homme approcha sa main d’un des gobelets.

- Non !

- Ah ! On est plus très sûre ? S’enquit-il avec un air moqueur.

- Si ! Répondit Tao en désignant la manche d’Amrah. Je suis sûre !

Le faciès du thaari changea du tout au tout pendant un instant, c'était bien son bras qu'elle désignait et l’un des hommes de la foule se pencha pour le lui attraper et le secouer. La perle tomba de sa manche et roula sur la table.

- Tricheur ! Il a triché !

- Mais non ! Mais non ! C’est…

- Tao a gagné ? Je gagne ?! Scandait la jeune femme en se redressant, sans vraiment comprendre ce qu'on reprochait à Amrah.

- Ah ! Oui, elle a gagné ! Bravo ! Bravo ! Intervint Amrah en se dégageant de l’emprise qui lui serrait le bras.

Quelques uns applaudirent, quand d’autres s’apprêtaient d’hors et déjà à réclamer leurs dix écus perdus.

L’étrangère referma les doigts sur l'objet de toutes les convoitises, plus heureuse que jamais. Elle avait gagné une superbe perle de nacre. Bien qu’elle n’en connaisse aucunement la valeur, Tao était heureuse. C’était son trophée, un souvenir de cette mémorable nuit.

L’homme aux gobelets en profita pour prendre la poudre d’escampette, s’enfonçant dans la foule derrière lui. Le premier joueur, celui dont les cheveux grisonnent, brandissait le bras en hurlant au voleur. Il allait s’élancer à sa poursuite quand la jeune femme lui mit la main sur l’épaule.

- Il va s’échapper !

- Tu perds.

- Il a triché ! Rétorqua l'homme dont le teint rougissait sous la colère.

- Avant de jouer, il faut apprendre à perdre. Affirma l’étrangère dans un hochement de tête.

Son interlocuteur resta interdit un bref instant, avant de détourner les talons en grognant et jurant. Facile à dire pour quelqu’un qui n’y avait pas perdu dix écus, voilà ce qui lui traversa l’esprit. La foule se dispersa ensuite, dans quelques invectives à l'attention de l'arnaqueur, et Tao s'en alla glisser la perle dans son sac, et récupérer son bâton. Finalement, cette soirée avait un goût moins festif tout à coup. Il semblait bien que les gens d'ici soient plus prompt à la violence qu'elle ne l'aurait cru au premier abord. Et encore, elle n'avait pas eu l'occasion d'oberver l'immoralité du Marché Libre. Elle se décida donc à s'enfoncer dans la foule, espérant dénicher de plus joyeux et plus calmes compagnons pour la nuit.


Dernière édition par Tao le Jeu 13 Juil 2017 - 9:02, édité 11 fois
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Jeu 13 Juil 2017 - 8:04


Citation :
« Au premier jet de dé déjà, la dispute commença. Le premier joueur affirmant qu'il était gagnant, et l'autre qu'il fallait à nouveau tirer les dés. Il fut décidé que le sort ferait son office, et qu'un troisième lancer de dé déciderait de qui avait raison. Les choses se corsèrent à nouveau quand l'un dit à l'autre que le un valait plus que le six, et que par conséquent il faudrait appliquer son règlement. C'est un troisième homme qui mit les deux joueurs d'accord, en déclarant que si ni l'un ni l'autre ne savait jouer au Kjall, il leur en apprendrait les fondamentaux. Finalement, le tout termina en bisbille arrosée, et tous trois furent évacués du tripot où prenait place cette scène »


« J'exige que vous passiez une bonne soirée », avait déclaré Monsieur Savarius. Adonc, que l'on déroule! Mais par les Cinq, un plateau ? Quelle étrangeté que cela ? Laissés en plan par leur hôte, devant un table ornée d'arabesques et de signes indéchiffrables, les deux hommes se retrouvaient pantois. Certes, tout n'était pas noir, et à la première partie - se ménager une entrevue avec le riche armateur - les ladres avaient rivalisé de chance. Mais l'ivresse du jeu faisant succéder une partie à une autre, ils avaient d'ors et déjà oublié le flamboyant Faeron et demeuraient obnubilés par l'énigmatique instrument placé devant eux. Ce fut Brandin qui entama les hostilités, quand d'un geste leste, il allongea la main et empocha les souverains généreusement baillés à leur endroit, à raison qu'il était olysséen, avait ipso facto fréquenté les tripots de Sharas et s'y entendait ainsi cent fois mieux au jeu que son bouseux d'Oesgardien de compagnon.

La suite de l'histoire lui donna tort. Brandin avait d'abord vanté sa naissance pour s'allonger du crédit : il était le fils de feu Agrippa Luskendale (certes, son bâtard, mais ça, il se gardait bien de le préciser), spolié de son légitime héritage par sa marâtre et son avorton ; quand il aurait récupéré ses fiefs en Péninsule, il saurait se souvenir de ses débiteurs. Puis, le Noir avait allégué ses connaissances dans Thaar même : il y était en cote, parmi les pègres, il jouissait de l'amitié des puissants et de la fidélité des petites frappes. D'ici une semaine, d'ici un mois, ses affaires l'auraient remis à flot et il honorerait ses créanciers. Finalement, il avait misé sa chemise.

Voyant que ce manège ne mènerait à autre chose que la ruine la plus certaine, Mare-Sel, entre deux verres, était alors entré en scène, prenant à part l'adversaire, un maquignon venu de Sélynonte, le défiant au Kjall. Un sourire carnassier était apparu sur les lèvres du levantin, pour qui, comme pour tout ceux de sa race, les jeux de marin n'avaient aucun mystère. Il avait vu en Mare-Sel ivre un beau pigeon ; il déchanta un peu plus tard, quand l'argentier d'Oesgard lui opposait quelques subtilités de la règle de l'Hasseroyale. Ces "légères variantes" devinrent en effet rapidement des gouffres béants où s’engouffrèrent les gains précédemment acquis par l'homme. Bientôt, chacun fut de nouveau quitte. Peu après, le Nahlien était à son tour endetté. On en vint fatalement aux mains, quand, excédé, l'homme qualifia la mère de Brandin de pute borgne zurthane bonne à forniquer avec la chiourme. Ce que l'histoire ne raconte pas, c'est que l'offensé ignorait au demeurant tout de sa génitrice, et l'insulte eut bien pu s'avérer.

« J'exige que vous passiez une bonne soirée. » Lequel de ces mots raisonnait encore dans la tête de Brandin, quand finissant son verre cul-sec, il brisa celui-ci sur l'oreille de son voisin d'en face ? S'enjaillait-il au moment d'être plaqué à même le sol par le factotum du marchand, un colosse à la peau cuivrée venu de zurthanie ? La réponse vint d'elle-même, quand dans un rictus hilare, le bâtard se saisit de son poignard de chasse et, quoiqu'à terre, s'en vint trifouiller sous les côtes de l'esclave. Un soupir étouffé échappa seul de la bouche du colosse, bientôt repoussé sur le flanc. « Vous eussiez mieux fait d'accepter ma chemise avant, car la voila toute tâchée », se fendit un Brandin goguenard, sa lardoire dardée au devant du maquignon.

L'algarade, cependant, avait attiré les curieux ; le sang, quant à lui, les avait fait pousser des cris d'orfraie. Avisant son compère, Mare-Sel lui fit rengainer sa lardoire, poussant le ladre titubant à travers la foule. Bientôt, les deux hommes se retrouvèrent dans les jardins du palais, l'un barbouillé de sang, l'autre de vin.

« J'exige que vous passiez une bonne soirée. » On aurait eu mauvaise conscience de désobéir à si bonne inclination, émanant d'un si riche bienfaiteur. Faeron semblait avoir tout prévu : même pour les ivrognes en tapinois derrière les fourrés, il semblait réserver des surprises. Avisant une hétaïre en compagnie de deux gitons, les compères échangèrent un sourire carnassier. Peu de temps après, ils ne portaient plus que leurs deux chemises inopportunément bariolées.

Leur échec dans la première activité avait rasséréné Mare-Sel dans sa nature de chef : il n'entendait ainsi plus laisser son porte-glaive tout foirer comme avant. Prenant les devant, il souffleta sans attendre le mignon qui s'accrochait encore à la dame, bien désireux de besogner celle-ci avant que le con ne s'y fussoy plus fresche. C'est que la belle était demandée, et bientôt, les deux mignons se rebiffèrent. Après des protestations, ils flanchèrent cependant, quand Brandin leur mit le poignard sous la gorge.

« J'exige que vous passiez une bonne soirée », avait déclaré Monsieur Savarius. Nos deux compères n’exécutaient ils pas la sainte volonté du grand manitou des lieux, tandis que le premier fourrait la dame ardemment, et que le second s'embrenait le vît sur un giton pleurnichant ? Assurément, l'hôte de ces bois serait comblé de savoir que ses invités avaient appliqué au mieux ses recommandations - que dis-je ? Ses commandements.


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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Jeu 13 Juil 2017 - 20:18


«  Mais n'est-ce pas là un Irascible Guerrier... »

Et ben fallait vraiment qu'elle réponde plus souvent aux invitations qu'on lui remettait. La dernière fois, chez ce Gros tas de Vel'do, elle retrouvait son mari perdu de vu depuis des décennies. Ici elle tombait sur... Et bien elle ne connaissait pas précisément son nom et son visage avait pris le coup de poêle à frire que peut donner le temps aux faces humaines, mais un regard comme ça ne s'oubliait pas facilement, surtout lorsqu'on l'avait vu se colorer de colère et de passion. Cela faisait combien d'années... ? Un sourire de chat étira ses lèvres barrées d'un trait couleur rubis, dévoilant ses dents blanches comme une blessure dans son visage d'encre. Une main sur la hanche, elle s'approcha de l'humain.

« Alors comme ça tu t'invites à ce genres de soirées plombantes... »

Elle allait s’asseoir nonchalamment sur les genoux de l'homme lorsqu'un concert de cris retentirent au loin, parvenant du cœur du second étage. Et cela n'avait rien de cris de plaisir ou de joies...

Elle se redressa aussitôt, son expression se faisant de plus en plus amusée, faisant quelques pas pour  suivre le bordel sans grand succès avant de voir deux maquignons teintés de rouge déboulés dans le jardin et leur passé sous le nez. Elle s'orienta de façon a voir dans quelle direction il parait et les suivit au petit trop sans un regard pour son improbable retrouvaille, ses pieds nus ne laissant qu'un chuintement pour toute trace. Les leçon de son cher assassin étaient décidément très utiles. Derrière un bosquet, elle leva un sourcil en les observant se dessaper puis son faciès se figea en une expression de dégoût lorsqu'ils s'emparèrent de la greluche et de son compagnon pour les troncher à loisir.

Cette fois, elle ne réfléchit pas et fit volte face s’avança en quelques longs pas de l'un des abrutis avec le cul à l'air tout en plongeant une main entre les soieries de sa propre robe. Une lame d'un veiné de bleu apparue entre les doigts de sa main gauche, courbée en demie cercle comme un éventail dont l'un des bord aurait été allongé pour former une pointe. Pointe qu'elle plongea sans ménagement dans le dos de l'humain, sous les côtes basses. Douloureux mais loin d'être mortel. Le mouvement qu'avait eu ce dernier pour se débarrasser de l'encombrant paquet qui lui plombait la queue n'eut pas grand effet hélas. Cette fois, ce fut au porc de crier. Une poigne le tira en arrière par le col et une lame des plus aiguisé lui caressa tendrement la gorge, donnant à son camarade le temps de dégager sa bite et de prendre son couteau.

" Tu ne dois ta vie qu'à l'immense estime que j'ai pour ma robe. Alors donne moi une seule raison de ne pas te tuer sur le champ, porc. "

HRP:
 
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Ven 14 Juil 2017 - 17:06

HRP:
 


Bien après avoir rencontré celui qui se faisait appeler Calvane, Faeron était resté principalement dans la salle des jeux, discutant avec les chanceux ou les moins chanceux, désirant, pour ceux qui étaient à la fois des bons clients ou fournisseurs et mauvais perdants, trouver les mots ou les cadeaux pour qu’ils partent contents de leur sort. L’idée générale de la soirée n’était-elle pas de laisser un souvenir aussi bon que mémorable à tous ceux dont Faeron souhaitait conserver ou obtenir les faveurs. Ce jeu de corruption à grande échelle continua tranquillement une partie de la soirée. Le semi-elfe s’y débrouillait comme un poisson dans l’eau.

Sur le tard il descendit vers les premiers sous-sols du palais qui étaient en cette soirée toute particulière un véritable lupanar. Il n’y resta pas longtemps, se contentant de faire un passage rapide auprès de celui en charge des festivités sous-terraines pour s’assurer que tout allait pour le mieux. Il en fallait pour tous les goûts, et à Thaar tout existait. C’était l’attrait débridé de cette cité où la liberté était aussi enivrante que potentiellement mortelle. Cet oasis dans le désert était une jungle, et la grandeur ostensible des palais avait bien du mal à cacher que ce monde était construit sur une somme de violences diffuses et généralisées.

La soirée s’avançait, et les invités allaient et venaient avec une certaine aisance maintenant entre les salles. Chacun avait trouvé ses marques, et la topographie des lieux commençait à imprimer chacun. Faeron quant à lui n’était plus réellement seul maintenant. Avec la montée du taux d’alcoolémie dans les rangs de nombreux invités, ses acolytes étaient moins discrets qu’avant, formant une barrière plus visible de protection autour du maitre des lieux. Elle ne servait principalement qu’à la dissuasion. Et cela marchait bien. Il était tranquille. Enfin.

Remontant au second pour sortir dans les jardins suspendus, il s’avança jusqu’au bout de ces derniers, bravant la bise qui s’était levée sur la cité portuaire. Comme à son habitude il croisa ses bras sur la rembarde et posa sa tête sur ces derniers admirant la vue.

Il resta là quelques minutes avant de se décider à retourner à l’intérieur. Il avait encore des personnes à rencontrer, il aurait d’autres moments pour admirer cette vue qui lui appartenait.

Les jardins étaient presque vides avec la fraicheur tombante. A part quelques groupes s’adonnant à quelques abaissements ici ou là. Tout en marchant il vit au loin une dame marcher avec un le pas leste et discret d’un assassin vers une destination inconnue mais semblant se diriger vers des cris relevant certainement d’ébats peu flatteurs. Il tourna la tête vers Halars qui marchait à côté de lui. Il lui souffla à l’oreille qu’il était bien possible qu’il s’agisse de la Maitresse des Forges, la princesse s’étant amusé la soirée entière à rester loin du flair des gardes et espions de Faeron.

Les choses étaient plus intéressantes… Il décida donc de se détourner pour aller jeter un œil sur ce qu’il se passait par là-bas. D’autant que rencontrer celle qui pouvait, selon ses informations, être la source de ses problèmes aux Sept Monts était une opportunité à ne pas manquer.

Un cri étonnant, d’homme et de douleur, fut audible par chacun. Et Faeron, au détour du chemin pavé, tomba sur une scène étonnante. La princesse semblait avoir pris en otage la gorge d’un des péninsulaires que Faeron avait gratifié d’un rendez-vous le lendemain. Pour sauver des assauts des deux hommes un triplet de créatures qui devaient être soit des esclaves achetés pour l’occasion soit une location ou un prêt organisé par son maitre de soirée.


" - Tu ne dois ta vie qu'à l'immense estime que j'ai pour ma robe. Alors donne-moi une seule raison de ne pas te tuer sur le champ, porc. "


Que le sort des esclaves fut une préoccupation de la personne était une surprise pour Faeron. C’était quelque peu risible dans une ville où une partie non négligeable de la population était en esclavage et ou le commerce de la chair était aussi important que le commerce des épices. Faeron se racla la gorge pour attirer l’attention sur sa présence et celle de ses quelques acolytes. Il eut un sourire aimable et factice.


« – Parce que ces personnes sont mes invités, que ces jeunes gens ou leurs propriétaires sont payés pour le service qu’ils rendaient avant votre interruption, et parce qu’il ne me viendrait pas à l’esprit de tuer une personne dans votre palais… »


D’une voix très douce, et avec un sourire moins froid et plus charmeur, il poursuivit :

« - Et les compliments que vous faites à cette robe Madame, sont pleinement justifiés, cela serait effectivement dommage de l’endommager… Maintenant je vous en prie. Cessons tout cela. »

Il fit un signe de la tête à l’homme sur sa droite.

« - Halars, soyez assez aimable pour aller aider ces personnes et faire soigner leurs blessures. Renvoyez-moi les grues au sous-sol. Cher étranger, n’oubliez pas notre rendez-vous de demain, et si vous souhaitez finir votre affaire et plus encore, allez donc au sous-sol, vous y trouverez votre bonheur. Quant à vous Madame, puis-je vous proposer de m’accompagner pour un verre ? Une danse ? Ou ce qui pourrait vous être agréable… »
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Ven 14 Juil 2017 - 23:53


L'interruption froide dans le dos de Krish lui arracha un sourire mauvais. Le fil parfait de sa lame appuya un peu plus sur le cou de l'humain, collant le dos du défroqué aux courbes opulentes de la Princesse au point qu'il puisse sentir le souffle de la drow sur son épaule. L'instant fut long, l'arme de plus en plus pesante. Aussi long qu'il fut nécessaire pour que Krish sente la peur s'insinuer dans l'être de ce petit étranger. La fille et le garçon pleurnichaient toujours. Consentants... Bien sûr...

Puis, soudain, elle attrapa l'oreille qui trônait juste à côté de son visage. La lame qui menaçait le cou de l'homme vint y tailler un biseau là ou aurait du se trouver la pointe de celle d'un elfe. Et la drow le poussa d'un coup de pied dans le dos, non loin de la première blessure qu'elle lui avait infligé.

Sans plus se préoccuper des soudards, elle se retourna vers celui qui venait de lui parler comme à une vulgaire sous-fifre avec un sourire des plus aimable.

" Payés. Mais bien sûr ! Que suis-je bête. C'est pour cela que ces hommes les forcent avec un couteau. Je ne savais pas que les humains étaient excités par les pleurs, veuillez me pardonner, cher hôte. " dit-elle en faisant un large mouvement de la main pour chasser le sang de son arme avant de la glisser entre les pans de ses multiples voiles " J'adore aussi la couleur de teinture qu'ils ont utilisé pour leur chemise. Sang et vinasse, c'est bien cela ? Un ravissement pour les yeux dans une maison si bien arrangée. "

Qui ne connaissait pas la loi de Thaar ? La seule et unique loi. Si tu veux faire des affaires, ne te met pas le Conseil à dos. D'autres avant lui avaient payer le prix de leur bêtise ou de leur arrogance. Si les Princes Marchants faisaient peur, ce n'était pas pour leur talent une arme à la main. Leurs ombres et leurs sourires étaient bien plus terrifiants... Ces derniers mois surtout, deux Altesses semblaient avoir trouvé une vitesse de croisière assez inquiétante. Salfaryl et GriffeArgent. L'un discutait avec discrétion de projets d'avenirs. L'autre était entourée de têtes tranchés ou de retraits rapides de la scène publique. La famille des Princes Marchands de Geresh, pourtant ayant eux-même un siège au conseil. Tout comme le Seigneur Vel'Do avec lequel elle avait eu, disait-on, plusieurs altercations. Et l'armée qui avait rétablit l'ordre aux Sept-Monts, celle là même dans laquelle la milice personnelle de la Corporation d'Argent avait été enrôlée avec une rapidité phénoménale, mettant en scène drow du Puy et drow de Thaar dans une parade guerrière qui avait permis au Conseil d'asseoir de nouveau sa position sur les lieux avec l'approbation de la population.

" Je vois que je n'ai pas besoin de présentation..."

Au sourire de séducteur du maître des lieux, la sombre sembla pourtant se radoucir. L'idée de passer au bras de l'hôte d'une si belle soirée avait de quoi plaire à de belles créatures attirés par le luxe et la décadence. A la dernière phrase, le sourire de la princesse se fit plus sensuel. Elle parcourut les quelques pas qui la séparait encore de Faeron se sa démarche outrageuse jusqu'à pénétrer l'espace vital que la plus infime bienséance commandait de garder vis à vis d'une si lointaine connaissance. Ses yeux de lave plongés dans ceux de l'elfe, ses lèvres barrées de rouge à un souffle des siennes, elle posa une main des plus légères sur son torse, minaudant sur le fil du rasoir qui séparait la putrelle de la prédatrice.

" Fait attention, mon cher hôte, tu ne devrais pas poser ce genre de question à la légère... "

Puis, mettant fin à son geste fugace, elle recula dans un nuage de parfum épicé et laissa courir les doigts le long de son col jusqu'à un endroit bien précis ou s'entrecroisait les liens fermant sa complexe tenue. Les griffes enchâssées au bouts de ses doigts bougèrent avec rapidité. Leur tranchant n'eut pas besoin d'un second passage pour que les lien se rompent et que la robe aux multiples couches se désajuste, dévoilant une épaule et une jambe d'un noir profond.

" Et puisque ma robe semble te plaire... "


Elle écarta les bras, faisant tomber l'amoncellement de soie à terre. Sur sa peau d'encre marquée de brulure, seul un étrange harnais d'argent passant sous son opulente poitrine et mourant sur sa taille en soutenant deux lames jumelles, l'une noire et l'autre blanche, lui tenait lieu de vêtement. Des arabesques de métal noir et argent suivaient la découpe de son corps sur ses chevilles et ses bras mais rien de plus ne venait couvrir le corps souple et puissant de la Maîtresse des forges, dévoilant également l’œuvre d'art de son dos pour l'occasion.

" Tu peux la garder. Peut-être qu'elle te donnera suffisamment de tact pour trouver un autre mécène qui t'obtiendra le siège que tu convoites tant. "

Cette fois son visage et sa voix ne laissaient plus trace d’ambiguïtés... ou témoignaient d'une ambiguïté tout autre. Aussi moqueurs que carnassiers, ses yeux et son sourire, souligné par l'éclat du sang qui collait encore à sa lame, n'éprouvaient pas la moindre affection ni la moindre attirance pour le jeune flambeur qui lui faisait face.

" Messieurs. " salua-t-elle d'un mouvement aussi gracieux que théâtral avant de prendre le chemin de la sortie dans le plus simple appareil, ajoutant une fois encore à la réputation aussi sulfureuse que sanguine qui nimbait son nom depuis la création de Thaar.

Elle n'espérait qu'une chose sur le chemin du portail : recroisé ce visage sorti de son passé et dont elle n'avait pas eu le temps de se souvenir à sa guise... Histoire de pouvoir trouver de quoi se réchauffer, peut-être. Parce que pour une fois, le dramatisme de son départ avait un sacré coût... Ce qu'il pouvait faire froid!!
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Neo
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Jeu 20 Juil 2017 - 6:17



Les jardins jusqu'alors paisibles, s'étaient vu octroyer un peu d'animation. Avaient deboulés à cor et à cri, un couple d'ivrognes tapageurs. Ils avaient filés à travers les jardins, puis très vite une piaillerie s'était fait entendre un peu plus loin. L'air faisant bouger le dense feuillage des hellébores, il était difficile de savoir si les cris étaient teintés de joie ou encore s'il s'agissait de râles plaintifs. Peut-être qu'il était question de gémissements coquins, que les joyeux lurons avaient voulu frotter le lard ensemble ? Bref, qu'importait à Neo les agissements étrangers, ou l'homosexualité si courante à Thaar, aussi considérable que le nombre de fleurs de jasmin d'hiver du pittoresque jardin. À l'image d'une ville qui n'avait d'explication que sa présence.

La sombre ayant effectivement reconnu Neo, s'était avant approchée de lui à la façon d'une féline en chaleur, qui soulèverait la queue explicitement devant son mâle. Bien sûr les souvenirs avaient fusés, et même si peu porté sur le sexe, son désir avait gonflé. Hélas il avait vite déchanté et son ardeur s'était vu reléguée au rang d'arrière-souvenir. De fait, dès que la délicieuse créature avait voulu s'asseoir sur ses genoux accueillants, le vacarme l'ayant intriguée elle s'en était allée telle une panthère, rejoindre le raffut. Elle s'en était allée à pas feutrés. Elle s'en était allée offrant néanmoins à Neo, un déanchement gracile qu'il avait suivi comme le bâton d'un sourcier, tremblant assoiffé, à la poursuite de l'instigatrice.

Il y avait à quelques mètres de lui, de l'orage dans l'air, avait-il cru comprendre lorsque, jaillissant des soieries féminines, une lame courbée avait épousé les côtes d'un culbuteur. Ce dernier hurla lorsque la sombre l'attira vers elle, menaçant sa gorge du même sort que celui de son flanc.
L'autre sacripant​, le cul nu, eut le temps d'attraper son couteau, mais il s'y agrippait vainement.

La scène était en suspens. Neo s'était arrêté à onze mètres du drôle de groupe si ce n'était pas plutôt un groupe de drôles, si bien qu'il n'avait pas vu arriver un protagoniste.
Il était arrivé telle une ombre ayant milles fois sillonné les allées de son jardin, parcouru les corridors, foulé les chambres, les salles, les sous-sols d'une demeure beaucoup trop grande pour un si petit être. C'était en effet l'hôte. Et quel pittoresque​ tableau avait vu son essence naître en ce moment présent où l'homme ?, avait ouvert la bouche et parlé.

Neo adorait les conflits. Il adorait les conflits mais n'avait pas forcément besoin d'y prendre part pour s'en délecter, comme s'il s'agissait d'un bon livre plus que divertissant. Alors il restait en retrait, observant l'étrange scène.
Othar était présent dans tous les gestes, dans chaque regard, dans chaque souffle. Il s'était emparé de la sombre elfe qui bouillonnait de colère, mieux encore, d'une rage indicible, qu'elle arrivait cependant à contrôler, relativement. Il avait par le biais des deux inqualifiables compères, soumi les faibles. Ceux-là couinaient encore tels le lièvre pris en chasse. Ou alors ils pleuraient leur chienne de mère, car on leur avait enlevé trop promptement la mamelle nourrissante.
Othar. Il avait insufflée à l'hôte, la force de persévérer, bien que ça soit dans l'acte anodin que représentait une fête. Et puis selon les mots abrupts de la douce noiraude, s'était effectivement un combat que l'hôte menait aujourd'hui, il convoitait le pouvoir, pis, celui du Conseil des Princes Marchands, apparemment. Si ce n'était pas un combat, alors c'était un moment d'égarement ou de folie...

Ce personnage n'inspirait pas confiance au guerrier, qui s'était fait une idée sur les riches commerçants, menteurs à souhait. Mais ce n'était pas en insistant auprès de l'armateur, de laisser la belle perle baroque foutre une rouste aux hurluberlus, qu'il allait trouver besogne qui vaille. Le goût du sang lui manquait, celui qui se mélangeait à la terre brûlante, celui du combat et non pas celui d'ivrognes provocateurs. Alors il avait laissé son regretté coup s'évanouir dans les dédales qu'étaient les portes et étages de l'édifice.

Maître Savarius, se présenta alors Neo qui s'était avancé de quelques pas lorsque la dame était partie, elle aussi, ironiquement, le cul nu. Je suis un ami de Luka Dâahd, sans doute votre famille connaissait-elle son père feu Fœk Dâahd ? Riche, riche commerçant, un des pilliers. Son fils recevait toujours quelques invitations, de quelques registres où la maison Dâahd figurait encore comme entreprise florissante. Il y avait de fortes chances que Luka ait reçu une invitation au nom de son père. C'est qu'il possédait encore quelques échoppes en ville - Chez Maggy par exemple - et que sa vieille mère au visage brûlé maintenait tant bien que mal à flot.
Toujours est-il que lui n'est pas ici, il a préféré se mélanger à la farfoulasse encensée qui gémit à l'extérieur. Il n'aime pas les prêtresses si vous voyez ce que je veux dire. De ce fait je me suis permis de monter ici à sa place, j'espère que cela ne vous a pas offensé. Il fallait être poli, mielleux, à l'instar de son hôte. Je passe une très agréable soirée, cependant, assez curieux de visiter votre sous-sol avant de l'éclipser, avait-il adroitement proposé afin de marcher quelques instants encore aux côtés de Savarius.

Neo avait opté pour une tactique d'approche assez subtile, si bien que l'hôte qui marchait finalement en compagnie des deux péninsulaires, de Halars et de lui-même, ne s'était sans doute pas rendu compte que l'Irascible jouait la comédie. Peut-être sa bure masquait son appartenance à la classe martiale, seulement les cicatrices étaient traîtresses. Et qu'un guerrier veuille sauter des grues n'était point fait étrange.
Il attendait maintenant que le métisse lui demande sa profession et le tour était joué. Il suffisait d'annoncer qu'il était membre de la Fraternité du Roi sous la Montagne, pour que le riche Thaari trouve un contrat​ à mettre sous la dent des Frères. Du moins ainsi avaient-ils procédé depuis quatre bonnes années avant l'accident et ils trouvaient sans chercher tout genre de boulots où leur soif de combat était honorablement assouvie.
Ils étaient un groupe de mercenaires d'élite après tout, des guerriers d'Othar réputés, la crème de la crème disait-on dans le milieu.
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Jeu 20 Juil 2017 - 22:21


La dame n’avait pas apprécié l’intervention de Faeron. Cela n’était pas le but de toute manière. Lui n’avait guère apprécié le comportement de ses invités dans ses jardins supérieurs. Il aurait préféré que les nordiques se pervertissent dans un endroit plus approprié. Mais on n’était pas non plus dans ses jardins privés, donc la situation était tolérable. D’autant qu’il s’agissait d’une fête avec beaucoup d’invités, ce genre de menus débordements était attendu. Il aurait également préféré que la princesse ne se sente pas obligé d’avoir l’arrogance de vouloir tuer ses invités. Quels qu’ils puissent être.
 
Que cela en dise long sur leurs manières était une chose, mais après tout les nordiques n’étaient pas connus pour être les plus racés des occidentaux et d’autre part Thaar était vu par le reste de Miradelphia comme une sorte d’immense cour de jeu. Ils arrivaient ici avec en tête l’axiome comme quoi les conventions n’existaient pas à Thaar. De plus, ceux venant ici pour affaire n’étaient pas nécessairement les plus policés. Pour ce qui était de la dame, on pouvait en déduire qu’il s’agissait donc au final d’une impulsive. 
 
Bref. Les hommes s’étaient encanaillés avec une paire d’esclave certainement loué pour l’occasion, car Faeron n’entretenait pas dans sa maison des hommes et des femmes ayant vocation à ce genre d’activités. Il n’avait pas besoin de forcer les jeunes femmes ou hommes à lui procurer satisfaction. Et cette activité économique était celle d’un collègue de la drow qui lui faisait face.
 
Lui n’appréciait pas en tout cas qu’une dame s’autorise à tuer du monde dans sa fête. Quelle qu’en soit la raison. Il était maitre en sa maison, elle l’avait trouvé pour dit. Et comme la dame semblait ne pas avoir l’habitude d’être contrariée, elle le prit naturellement avec une forme d’agressivité passive tout à fait conforme à l’idée que Faeron s’était fait d’elle.
 
De fait Faeron se retrouvait aujourd’hui face à celle des conseillers dont il n’était pas le plus grand soutien. Bien au contraire. Les rumeurs qu’il avait capté brouissait qu’elle était derrière les dernières péripéties des sept monts. Or lui, tout en n’étant pas au conseil, était celui de Thaar pour lequel les évènements des sept monts étaient les plus pénalisants. On aurait fait cela pour lui scier les ailes qu’on ne s’en serait pas pris autrement. Bien qu’il se doutait qu’il n’était pas la motivation première de la situation aux sept monts – il n’avait pas ce narcissisme- lui mettre des bâtons dans les roues avait dû représenter une cerise sur le gâteau de la part du conseil.
 
Mais Faeron était un homme combatif, et si la fête de ce soir était également une opportunité pour lui et le conseil de faire la paix et de trouver un modus vivendi sur la suite des évènements, il faudrait aussi que ce dernier ne cherche pas non plus à poursuivre vers une confrontation totale. Car Faeron n’avait d’autre maitre que lui-même. Et si le conseil décidait de l’éliminer de la compétition, il comptait bien emporter ce dernier dans sa déchéance.
 
La fête de ce soir n’était que le prélude soit au début d’une phase de coopération, soit au début d’un affrontement.
 
Et au moins une conseillère rendrait dans les secondes à venir clairement son suffrage.
 
Les choses furent claires dès le préambule. Elle commença par dévaloriser la posture de Faeron en lui rejetant une sorte de complexe de supériorité morale à la figure concernant le sort des esclaves. Cela l’amusait quelque peu d’entendre celle pour qui des milliers d’esclaves devaient certainement travailler dans ses forges et ses mines prendre le parti de deux pauvres ères devant certainement appartenir à sa collègue conseillère maitresse des chairs. Dans la chaleur des mines de fer et d’houille, les pleurs des esclaves devaient s’évaporer trop vite pour qu’elle n’en prenne pitié…
 
De plus Faeron aurait été tenté de tuer un esclave devant elle pour simplement lui rappeler qu’il avait le droit de vie ou de mort sur chacune de leurs têtes. Mais Faeron n’était pas de ceux-là. C’était du gâchis de ressource et il était un maitre juste, à défaut d’être un bon maitre. Il laissa donc la drow parler d’une morale qui ne lui revenait même pas en conservant sa pause. Puis elle parla de la classe de ses invités. Agressivité passive… Typique là encore…
 
Il élargit son sourire à la plaisanterie de la teinture. Il fallait bien avouer que le mélange des genres était drôle. Il avait suffisamment d’humour pour en convenir. Les mots là au moins étaient bien trouvés.
 
Les mots de Faeron avaient été pour être poli et se placer à une hauteur différente de celle dans laquelle la scène l’avait plongé. Une hauteur de stature que la dame s’empressa d’essayer de regagner en se redressant et en s’adressant à lui avec plus de tenue.
 
Puis vint l’odieux manège. Faeron observa avec une certaine perplexité le sourire et le déhanchement de la femme qui se rapprocha jusqu’à tourner autour de lui. Faeron la laissa faire, il n’était ni impressionné ni excité à la parade de la dame. Si cette dernière avait compris dans les paroles polies de l’hôte que ce dernier avait des intentions autres que commerciales derrière la tête, elle s’était fourvoyée. Mais Faeron pensait plutôt qu’elle essayait de constituer les éléments d’un malaise. Cela tombait là. Il se contenta de conserver son sourire poli.
 
Puis vint le clou du spectacle – ou du ridicule – lorsque la dame s’arracha sa robe pour la faire tomber à terre dans un geste aussi grandiloquent que burlesque. Faeron ne parvint pas à retenir un très léger pouffement d’amusement. De toutes les choses… Celle-là était la meilleure. Etre arrivé à énerver une conseillère de Thaar en moins de trois phrases. Fallait-il qu’elle soit donc si impulsive et orgueilleuse ? Voilà une information qu’il n’oublierait pas. Soudainement sa propre fierté -ou sa propre arrogance, selon la personne interrogée- remonta d’un cran. Finalement il n’y avait pas de différence de niveau de jeu. Il était tout à fait capable d’affronter une telle personne. Tout en laissant la jeune femme partir pleine de morve et de menaces.
 
« - Je vous remercie de ce cadeau et de vos conseils. Bonne nuit et bonne chance pour cette nouvelle année princesse… »
 
Tandis qu’elle s’en retournait vers l’intérieur, Faeron fit un signe à l’un de ses gardes.
 
« - Faites en sorte qu’elle tombe sur un manteau d’ici à la sortie Armand… Il ne sera pas dit que même dans l’insulte, nous ne sommes pas des gens avec de la considération… Et ramassez cette robe. Faites la porter à Jayourse, qu’elle la répare comme neuf et la conserve. Il faut savoir ménager ses trophées. Elle pourra resservir un jour… »
 
L’homme s’inclina et disparu des regards tandis qu’un deuxième de la suite ramassa la robe qui disparut également instantanément. Ce qu’il devait advenir de la conseillère cette nuit n’était maintenant plus le problème de Faéron. Il classa cette histoire sans suite pour le moment et se remit à marcher vers l’intérieur, comptant bien profiter de la soirée pour continuer la prospection.
 
Ce premier affrontement avec une personne à haute valeur ajoutée dans la ville l’avait remotivé. Rien ne valait une mise au point pour savoir où l’on se situait dans un potentiel conflit larvé. Les deux péninsulaires n’eurent plus le temps de discuter avec l’hôte des lieux. Deux gardes de Faeron les auraient invités à se diriger par un autre chemin vers l’intérieur s’ils avaient eu la volonté de réaccoster le maire des lieux. Il leur avait donné un rendez vous le lendemain. Et pour ce soir ils étaient tout de même deux invités un peu trop actifs dans leur utilisation des jardins de Faeron. Il avait autre chose à faire que d’accompagner le dégrisement de ces personnes.
 
Faeron marchait à pas lents. Il nota qu’un autre personnage était resté en retrait. Ce dernier se présenta. Un ami de Dhâad. Voilà un nom que Faeron n’avait pas trop entendu dernièrement. Les Dhâad n’étaient plus les plus actifs mais certainement d’encore richissime Thaari. De fait Faeron préférait les personnes qui entreprenait aux personnes qui thésaurisaient comme les Dhâad. Mais baste, les riches étaient toujours intéressants, au moins pour ses travaux d’usure.
 
Faeron eut un sourire aimable pour l’homme. Il était d’un autre gabarit et d’un autre bois que les personnes rencontrées jusqu’à présent. Ce dernier était poli. Et cela était un changement agréable. Il n’en avait croisé qu’un seul autre ce soir pour le moment. Le métis s’arrêta pour regarder le guerrier des pieds en cap. Après tout pourquoi pas ?
 
« - Je ne vous accompagnerai pas au sous-sol cher ami. Pas ce soir en tout cas. La nuit est loin de se finir pour moi, et je n’ai pas le cœur de jouer en équipe pour ce genre de chose…  Mettons qu’en restant ici je peux prétendre que j’ignorai ce qu’il s’y déroulait. Certains mensonges sont nécessaires pour conserver l’honorabilité de mes clients ou fournisseurs.
 
Avant d’aller dans mes sous-sols de perdition, souhaitez-vous discuter quelque peu ? J’ai eu mon lot à ce stade de compagnie lassante, entre une conseillère se prenant pour la maitresse de chaque âme de cette ville et ces occidentaux qui ont un peu trop écouté mes conseils… Si j’étais plus émotif, je craindrais la migraine… »
 
Il eut un sourire sympathique. Ils se détournèrent au final de retourner dans le bâtiment et Faeron s’aiguilla vers
 
« - Une petite liqueur de framboise peut-être… Que faites-vous donc dans la vie Monsieur… Monsieur ? »
 
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Neo
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Ven 21 Juil 2017 - 15:21



Le maître des lieux avait gardé tout le long la prestance propre aux riches entrepreneurs qui réussissaient à Thaar ou ailleurs. Il n'avait été ni démonté par l'altercation inopportune de ses invités, ni par les perfides insinuations de celle qui s'avérait être une conseillère marchande, une princesse ! Alors il repensa aux nuits de sueur saumâtres et d'effluves torrides qui avaient suinté de leurs corps agités... Il repensa au corps splendide qu'avait la divine créature. Il l'avait reconnu ce corps sensuel, lorsque devant tous elle s'était dénudée telle une enfant impertinente. Il avait reconnu l'attitude mais aussi les courbes.
Son regard qui s'était fait lointain, surlignant les courbes de l'astre argenté, comme si celles-ci appartenaient à la noiraude, s'orienta nouvellement vers Savarius qui lui aussi comme pour respecter l'absence de son invité, s'était perdu dans la contemplation du ciel étoilé.

Neo toussa en se disant qu'il fallait penser au futur, car le passé n'était qu'une cicatrice comme une autre, une meurtrissure amère emplie par le pus du regret... Alors il secoua la tête encore hilare quand même, ayant apprit l'identité de la chatte qu'il avait un jour caressé. Raffik ou Luka en seraient fous de jalousie. Quel chance avait-il eu diraient-ils, mais lui ne s'arrêtait pas aux ridicules conventions. Un trou restait un trou malgré la préciosité de la chair. Ils avaient partagés dans la sincérité, s'étaient perdus dans l'abime du plaisir, rien d'autre n'avait d'importance. Et puis, il ne reverrait plus jamais la sombre elfe, tout du moins dans les mêmes circonstances, se dit-il en concluant ses pensées insolentes.

Le sang-mêlé refusa d'accompagner Neo aux sous-sols, cependant il l'invita à déguster une liqueur afin de discuter quelque peu avait-il dit. Neo qui n'avait qu'une idée en tête, accepta avec plaisir l'invitation. Et s'il n'arrivait pas à se faire embaucher maintenant, peut-être plus tard ou demain. Les Aegypius n'auraient aucune difficulté à reprendre la course du mercenariat et de la guerre, c'était un marché dont le cours ne fluctuait jamais après tout. Pour l'instant il essaierai l'alpaguer l'usurier, et s'il échouait il n'aurait qu'à déambuler vers la sortie et s'en aller, parce que tous ces riches personnages avaient somme toute un coup dans le nez, empêchant indubitablement toute discussion raisonnable, et encore moins une embauche salutaire.

Je préfère celles de poires... Et il laissa ainsi sa phrase en suspens, ce qui fit soulever le sourcil à son hôte. Parce que je n'en ai jamais goûté à la framboise, ajouta-t-il après avoir fait peser le doute sur sa présumée politesse. Son trait d'humour fit rire l'hôte et comme pour autoriser l'échange, leurs pas rythmés commencèrent à s'enchainer. Bien sûr Faeron était une personne qui faisait nuit et jour surveiller ses arrières, et Neo ne manqua pas de sentir plusieurs présences vigilantes dont les yeux alertes ne le quittaient point. Bref, qu'ils l'observent et le jaugent, leurs regards n'useraient pas sa bure après tout.

Enfin arriva le moment où l'homme se demanda pourquoi un gaillard au visage autant couturé, les mains si calleuses, les muscles si bavards et surtout l'accoutrement si étrange - car il était affublé d'une robe de moine - avait autant d'éducation et de tact.
Que faites-vous donc dans la vie Monsieur… Monsieur ? interrogea Faeron.

Il ne s'était pas présenté, mais cela faisait partie d'un stratagème qui avait été étudié et mis en pratique des dizaines, des centaines de fois. Certes il avait souvent essuyé de décevants échecs, mais aujourd'hui la technique faisait ses preuves après tant de mois restée poussiéreuse au placard.
Ne me suis-je donc pas présenté ?, s'excusa le guerrier en joignant à ses mots une main sur le cœur et une moue désolée. Ahh les sorties mondaines et moi..., dit-il sincèrement. Je me prénomme Neo, Maître Savarius. Neo Damaki, hélas mon nom ne vous parlera point. Il est celui d'une famille déchue. Sourire. Si l'homme voulait discuter, alors soit, ils discuteraient. Maintenant si​ je vous disais que fût un temps j'étais adepte néerite, me croiriez-vous ? Qu'il était à deux doigts d'être ordonné prêtre avant qu'il ne tue son père incestueux ? Nul besoin de rentrer dans les détails, Savarius semblait déjà surpris. En fait... j'oeuvre aujourd'hui, en compagnie de mes frères, dont le jeune Dâahd, pour un seigneur des plus puissants et... Je dirais... beaucoup plus coléreux que vous-même. Puis laissa aux mots le temps de faire leur effet.

Le silence fit mouche car ils s'étaient arrêtés de marcher, leurs regards entrelacés.

Othar. Le nom résonna dans l'immensité. Peut-être avez-vous un jour entendu parler de la Fraternité ? Nous avons plusieurs fois lutté en arène à Thaar comme à Sol'Dorn... Il était même fort possible que Faeron ai assisté au dernier combat qu'avaient livrés les frères un an plus tôt. Qu'il ai vu Neo se faire déchiqueter la jambe. Puis les frères solidaires qui, protégeant l'Irascible, avaient terminé d'achever les vagues restantes de monstres impitoyables, pour qu'aucun de leur frère ne soit à l'instar de la cuisse, arraché à cette terre. Imperceptiblement, Neo se frotta la cuisse.

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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Ven 21 Juil 2017 - 21:13


Tout cela s'était enchainé bien vite. Occupé à défourailler dans la rombière, l'argentier d'Oesgard n'avait entendu se glisser dans son dos la ménesse du Puy. Celle-ci l'avait malmené, sans qu'il sut son identité. Il n'avait appris que celle-ci lorsque la drôle s'était fendue d'un curieux manège : c'était une puysarde, une engeance noirelfique, dont on l'avait prévenu que Thaar regorgeait. Peut-être une puterelle, ébaudie par la condition de sa consoeur ? Mare-Sel se figurait pourtant l'avoir roidement besogné - jusqu'à ce qu'on l'interrompe, du moins.

Quelques minutes plus tard, l'oesgardien et l'olysséen devisaient en chemin vers les sous-sols, où maître Savarius leur avait promis monts et merveilles. « Une catin esclave du Puy, m'est avis que c'était. Le drow vent cela, je l'ai entendu. Sa nature barbare aura pris le dessus, voila tout ; n'oubliez pas que ce sont des bêtes sauvages.
- elle en avait l'odeur, certes, répondit Mare-Sel, qui d'aventure n'avait jamais vu d'elfe noir de si près.
- On dit que leurs dieux impies les enhardissent dans la couche, et que leurs nonnes-putes n'ont pas de rivale dans l'art d'aimer.
- On dit cela ? Tu vis ici depuis plusieurs moin, le Noir, as tu déjà consommé avec ces animaux ?
- C'est chose rare, et trop chère pour moi. J'ai tronché bon nombre de mulâtres, cependant, ceux là pullulent ici bas. Leur race abâtardie ne vaut rien : ils se vendent au plus offrant, pour la guerre, pour l'amour, le service... De la chair à l'état brute.
- Un pays d'incurie, Brandin, voila tout.
- La chose a ses attraits ; vous devriez essayer. »

Essayer, c'était bien la dernière chose dont Étienne Mare-sel, dit le tueur de noble, voulait s’acquitter. L'homme avait été interrompu dans ses menées avec une première danselette et il entendait finir son affaire. Puisque son acolyte du soir lui avait vanté les charmes des putains puysardes, il s'était résolu à en consommer la chair, et laver l'offense subie tantôt en se vengeant sur quelque compatriote de la première catin.

Peu de temps après avoir pris congé de leur hôte, les deux compère gagnaient ainsi les sous-sols du palais, que le maître de maison avait transformé en un gigantesque lupanar. « Trouve m'en une, Brandin. La plus noire, le mieux ce sera. » Il ne fallut pas longtemps au curieux binôme, non sans avoir marché sur quelque paire de couille pour progresser à travers la salle, pour trouver une esclave noirelfique. La drôlesse était occupée : un scylléen, reconnaissable entre mille à son accent, ainsi qu'un zurthan la besognaient. La garce, quant à elle, semblait s'ennuyer. « Sont-ce là des mortecouille, Brandin, pour que la drôlesse ne s'égaille ?
- Là, je l'ignore ; on dit qu'un paysard vaut trois hommes au combat, bien que je n'y croie guère, pour en avoir estourbi quelques uns. Peut-être leurs femelles ne s'ébaudissent qu'une fois besognée par une foule entière ?
- Nous verrons cela. »

Se portant au devant des deux hommes, Mare-Sel se versa une rasade dans le gosier et la tendit à ses nouveaux comparses. Ce quatuor cosmpolite devait ainsi passer les heures suivantes à faire goûter au terrible envahisseur drow la courtoisie de la race humaine.

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Sam 22 Juil 2017 - 1:21


Faeron allait proposer de remplacer la liqueur par une poire lorsque la phrase de termina. Il n’ajouta rien, se contentant d’un petit rire. Il était étonnant de tomber sur un religieux ayant de l’humour. Mais cet homme devait être aussi religieux que lui de toute manière. A ce titre Faeron se contenta de regarder l’homme… Faeron avait ce don de pouvoir lire dans les gens avec une certaine aisance. Il ne se trompait que rarement. Un don très utile pour une personne de sa profession. Mais il restait un homme prudent.
 
Il avait le goût du risque. Non pas qu’il soit une personne démunie de sens commun et prête à foncer pour un rien, mais il aimait sentir les choses et prendre une décision. Il aimait trancher et prendre un chemin, se lancer dans une aventure en naviguant à vue et en arrivant à éviter les écueils. Il aimait cette sensation d’avoir un certain contrôle sur sa destinée, sur sa vie. Lorsqu’on avait pour lui un temps bien plus long que le reste des êtres vivants. Quand on touchait du doigt une sorte d’immortalité, soit on se décidait à vivre sa vie comme un sage reclus et cherchant à comprendre les mystères de la vie et de la nature, comme ses ancêtres elfes avaient dû le faire pendant des millénaires. Soit on se décidait à démontrer aux Dieux que l’on avait la pleine capacité de sa vie.
 
A vivre trop longtemps on pouvait mourir d’ennui. Le péril valait la peine. Et pourtant Faeron était très jeune. Mais il savait en lui-même que son horloge biologique était partie pour le faire vivre très très longtemps. Il avait hérité de la lignée de son grand-père paternel pour la longévité, mais était proche de son grand-père maternel pour le physique. Etonnant comme les choses allaient.
 
Pourquoi tout cela traversait l’esprit de Faeron tout en discutant avec l’homme qui lui faisait face ? C’était un mystère.
 
Il écouta l’homme lui expliquer avec plus de précision ses origines. Il y avait quelque chose de logique à entendre se présenter l’homme. Car le grand homme au regard attentif avait tout d’un guerrier. Son profil rude, presque paysan, devait être celui d’une personne ayant vécu une période ouvrière ou agraire avant de se convertir aux métiers des armes. Quelqu’un dont l’intelligence et la force -physique et de caractère- avait extirpé à sa maigre condition très certainement. Car l’on sentait que sous les angles arrondis de la politesse et derrière le regard joyeux de l’homme se cachait un esprit scrutateur et qui sans aucun doute jugeaient Faeron.
 
De ce point de vue ce déguisement religieux lui allait à ravir. Car pour qui connaissait les hommes et leur mécanisme, on pouvait vite comprendre que l’interlocuteur avait la stature du confesseur. De celle qui vous juge avec un sourire aimable voire sincère et des yeux ayant la joie d’avoir rencontré une autre âme à balayer.
 
Mais il fallait se méfier de l’eau dormante… Faeron à ce titre disposait moins de l’effet de surprise. Car il ne cachait ni sa très grande correction avec les intègres, ni sa très grande férocité avec les antagonistes. On devinait sans trop de problème que le métis disposait d’un complexe de supériorité à faire pâlir les montagnes mais circonscrit par l’éducation et un instinct de survie rappelant souvent à lui l’humilité de la condition de mortel. La fortune, la jeunesse continuelle, une certaine intelligence déductive, le succès et une habitude de se battre avait aidé ce complexe, mais l’expérience, les erreurs, la découverte de la cruauté du monde, tout cela avait influencé son instinct de survie.
 
Et tandis que certains en appelaient au premier pilier de la psyché de Faeron, c’est au second que Néo faisait appel ce soir. Car on avait toujours besoin d’un plus fort que soi pour se protéger. La nature était ainsi faite que les forts et les faibles n’étaient pas nécessairement tous positionnés de manière très justifiée sur l’échiquier. La force physique et guerrière n’allait pas toujours aux plus riches, et inversement.
Des sièges en osier autour d’une table de bois firent leur apparition au bout de quelques mètre supplémentaire, au détour de quelques arbres. Il tourna la tête en arrêtant de marcher après les mots « …plus coléreux que vous-même… ». C’était une drôle de phrase, car Faeron se trouvait d’un colère plutôt froide. Mais peu importait. Il fronça les sourcils dans un air interrogatif.
 
Ah… Un Dieu… Faeron n’était pas un fanatique de l’idée. Il n’aimait pas les Dieux. C’était plus fort que lui. Si les Dieux existaient, alors ils l’avaient ainsi construit. Car Faéron n’aimait ces créatures mythiques se permettant d’avoir des pouvoirs plus grands que le règnes des races ayant pied sur Miradelphia. Il n’aimait pas savoir qu’il existait la possibilité qu’une personne contre laquelle il ne pouvait absolument rien vienne imposer sa volonté sur lui. Faéron était un esprit trop libre, un corps trop indépendant, pour accepter un tel compromis.
 
Faeron eu un sourire tandis que le nom résonnait. Il avait entendu parler de la Fraternité, mais de loin. Faeron n’était pas un grand amateur des combats d’arène. Il préférait les sports ou les jeux de stratégie. Il était descendu aux arènes quelques fois naturellement. Mais la plupart du temps ces combats n’étaient pas de son goût. Lui aurait pu être un assassin, mais pas un guerrier. Il n’avait ni la puissance ni l’attitude.
 
« - Je vous en prie… Prenez place. Et voilà la liqueur promise. »
 
Effectivement, elle était arrivée. Faeron n’allait pas dire directement à l’homme qu’il était intéressé. Il n’était pas du genre à se précipiter. Et de plus, n’était-il pas un très honnête bâtisseur… Peut-être pas très honorable. Mais en tout cas honnête.
 
Il leva la main et un de ses gardes resté en retrait s’approcha, comme toujours habillé de noir. D’un signe de doigt, il fit signe à l’homme de s’approcher de son visage pour qu’ils puissent échanger à voix basses. La chose prit environ trois phrases. Faeron acquiesça à la dernière phrase et le garde retourna à son poste disparaissant presque dans l’obscurité relative des lieux.  
 
Faeron passa trois des doigts de sa main droite sur son visage imberbe, suivant les contours de son anguleuse mâchoire, comme pour aider à réfléchir.
 
« - Et de quels travaux peut s’occuper votre Fraternité ? Je pense que je n’en aurai aucun besoin mais dites toujours… J’ai la chance d’avoir un certain réseau… Des ‘connaissances’ pourraient être intéressées… »
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Neo
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Sam 22 Juil 2017 - 18:24




On pouvait faire de la magie avec seulement un peu d'improvisation.
C'est sans avoir eu le temps de réagir que Neo s'était retrouvé attablé, comme par magie donc, et confortablement assis. Maître Savarius avait le don - ou les moyens - d'avoir une palenque d'yeux, d'oreilles et de bras à sa disposition. Neo pouvait en déduire que l'argent faisait des miracles, et tel devait être le crédo du riche armateur, pour qui les désirs étaient semblait-il, exaucés sans le moindre claquement de doigt, le moindre clin d'œil. Le sang-mêlé devait être un professionnel du langage corporel discret car ce n'était pas faute d'avoir observé attentivement ce qui l'entourait, Neo n'avait pas saisi le moindre mouvement probant la cautèle du maître des lieux... Le guerrier qui en était resté pantois, n'avait cependant laissé transparaître que la satisfaction procurée par le siège.

Son visage inexpressif n'allait pas aujourd'hui s'épanouir seulement pour les beaux yeux tirants sur le violet de Maître Savarius, non. Il garda son faciès naturellement clos par les rides de froncement entres les sourcils, néanmoins il n'empêcha pas un sourire poli de faire surface aux commissures de ses lèvres afin de remercier son hôte.

Neo était bourré de principes.
Il y avait beaucoup de spiritualité martiale dans ses moeurs, qui lui avaient offert la discipline du corps en tant qu'art. L'honneur, le respect étaient de ces choses qu'il plaçait au-dessus de la loi et des règles. Il y avait beaucoup de croyances dans l'histoire aussi, ce qui martelait sans cesse son crâne à la recherche de l'absolu. Homme pieux, aux couleurs de savoir et de tradition. Homme saint à l'égard et aux regards de l'Aveugle...

Dans le fond, s'il n'avait pas été intellectuel ou guerrier, aux yeux de Néera peut-être aurait-il été un homme de bien. Or son cœur s'était empli de Colère et il appartenait désormais au Dieu guerrier. L'Irascible était un tueur, de ceux qui pouvaient occire sans sourciller. Il était le responsable du trépas de centaines d'êtres, et qui avaient eu pour dernière vision les yeux de l'Aegypius, vautour faucheur de vie. Mais pour chacun il avait eu un regard, une prière... Sauf peut-être pour le premier... Son géniteur.

Neo Damaki, n'avait jamais perdu l'éducation qui lui avait été inculquée de moeurs de bienséance. Issu de famille paysanne, sa mère avait néanmoins su soutenir intellectuellement ce fils qui était né si vif, si spécial. Elle l'avait vu emprunter avec joie la voie de Néera. Neo était et resterait une personne qui, avec ses proches tout du moins, était le plus amical, le plus serviable possible. Il avait un bon fond après tout. C'était toujours lui qui aidait, qui prêtait, qui donnait. S'il n'était pas un petit garçon maintenant, il l'avait été​ un jour.

Alors il avait débouché la bouteille de liqueur, avait servi les verres, puis avait trinqué avec Faeron. À croire qu'il était le seul invité ce soir, car les cris semblaient provenir uniquement de au-delà des murs. Il était marrant de savoir qu'après les jardins, à quelques mètres seulement, derrière une dizaine d'arbres pas plus, la fourmilière remuait encore avidement. Si l'hôte avait la prétention de recevoir chaque invité de la sorte, il allait sans dire que la fête durerait des mois. Neo était un privilégié ce soir... Alors il allait en profiter pour relancer la Fraternité. Car si le jeune armateur ne semblait pas intéressé par la Fraternité - acceptable vu la populace qu'il embauchait pour une fête, et pas que - il devait avoir beaucoup de contacts, et c'était ce qu'il fallait aux Frères pour réussir leur retour, un réseau nouveau, fiable, que pourrait éventuellement lui apporter Savarius.

J'aimerais me permettre une comparaison, avait-il commencé par dire. Othar serait pour nous ce que l'argent ou le profit serait au commerçant lambda. C'est un exemple. Et c'est pour cet argent que l'homme se lève et vend ses produits ou ses services, hmn ?

Maintenant si je vous disais qu'un guerrier n'avait pour motivation que l'argent et qu'en face, l'adversaire serait juste avide de gloire, de quel côté vous rangeriez-vous ? Du côté de l'affamé ou de l'exalté ? Du côté de celui qui serait prêt à mourir au combat juste pour atteindre la gloire et les lauriers, par acquis, pour son Dieu... ? Ou risqueriez-vous votre peau pour celui qui lutte pour remplir ses garçons...? Et quand on parle de gamins, il y a à mon sens l'aspiration de les revoirs. A défaut de les élever...
ricanna-t-il en achevant sa phrase. Il reprit une gorgée avant d'ajouter une suite à ses idées. Nous c'est facile nous n'avons pas de marmaille encombrante sur qui veiller...

La liqueur était délicieuse et effective car elle avait réchauffé l'homme bien plus que les précédentes, ou était-ce un cumul ? Toujours est-il que l'assise l'avait détendu, et son hôte avait su le mettre à l'aise. Bien sûr il ne resteraient pas des heures à palabrer, mais le moment était serein.

Bien sûr si j'avais voulu vous convertir, sans doute aurais-je dû m'y prendre autrement. J'essaie plutôt de convaincre. Ainsi sommes nous obligés de procéder aujourd'hui. Avant ma blessure, nous n'avions de carte de visite que notre renommée.

Mais... Pour en revenir à votre question...  Nous pouvons aussi bien protéger un convoi, qu'une dame ou sa forteresse. Nous sommes des protecteurs en somme...
En disposant d'un groupe mercenaires incohérents, en une semaine nous pouvons monter une petite armée digne de ce nom, pour réaliser un raid par exemple. Je vous parle de faits réels, que nous avons mis et pouvons mettre à disposition de nos clients. Nous ne volons pas, nous récupérons. Nous attaquons, mais nous défendons. Nous avons nos techniques et nos tactiques. Nous maîtrisons la violence grace à la discipline... La Fraternité est un danger pour qui la croise et l'affronte, elle est une arme pour celui qui la manie.


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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Mar 1 Aoû 2017 - 21:46

Faeron s’était assis avec plus de confort dans le fond de son siège. Lui pensait que les motivations d’un homme ou d’une femme étaient bien insondables et que bien des choses restaient à dire sur un tel sujet. Lui-même n’était pas capable de tirer une conclusion unique et universelle sur ce qui motivait un individu. Vaste champ d’investigation que celui de la nature humaine et des motivations que l’on trouvait à mener sa destinée dans un sens ou dans un autre.

Faeron sirota quelques gouttes supplémentaires de la liqueur. Il regardait intensément le guerrier, cherchant à savoir à quoi revenait ce cri du cœur qu’il semblait lancer. Parlant de ses guerriers, d’une gloire ancienne semblant à présent retombée dans une certaine forme de déclin pour sa compagnie. L’homme paraissait être à la fois malheureux de sa situation et très enclin à vouloir retrouver sa gloire d’antan. Voilà qui était intéressant.

D’autant que la violence était une denrée facilement accessible pour qui avait les réseaux. Voilà qu’un homme était demandeur… Faeron s’empresserait de mettre de l’offre. Lui-même engageait souvent des compagnies d’appoint pour les plus difficiles de ses parcours commerciaux. Sur Thaar ou dans les lieux demandant des opérations plus discrètes, il se tournait vers ses employés directs.

Il était normal que l’homme en fasse un peu trop pour tenter de ferrer le poisson et amener de l’eau à son moulin. Mais baste, c’était là de bonne guerre. Car le commerce, comme les batailles que cet homme menait, était une guerre violente où bien des coups étaient permis. La principale différence était que si certaines personnes avaient une vision chevaleresque et honorable des combats, le commerce était un nid de requin où l’honneur était une marchandise dévaluée depuis les origines.


Faeron croisa ses jambes pour permettre de poser son verre sur son genou, le tenant d’un doigt.

«  - Je pense qu’il me sera facile de vous trouver des gens intéressés pour manier cette arme que vous me proposez. A titre personnel et immédiatement je dispose de ce qu’il me faut. Mais les choses pourraient rapidement changer. J’ai des plans pour des expéditions dans plusieurs lieux pour lesquelles votre compagnie pourrait offrir un appoint agréable. J’ai pour habitude de tester mes fournisseurs avant de leur donner une commande d’importance, mais mes lieutenants ont apparemment déjà entendu parler de vous, vous me paraissez être une valeur sûre…

Dans un premier temps je serai intéressé pour connaitre vos exigences auprès de ce bras qui vous manierait… Ensuite je vous proposerai une modeste avance, ceci afin de placer une option sur vos services et de les proposer à certaines de mes connaissances. Selon les retours que j’aurai, soit je vous offrirai une proposition d’escorte pour l’une de mes expéditions, soit je vous proposerai un contrat auprès de l’un de mes clients, certainement plus glorieux…

Quel serait votre prix pour une option d’exclusivité de vos services sur les deux prochaines énnéades ? Il ne s’agit pas encore d’engager vos services, mais de m’aménager deux énnéades où je serai certain d’avoir la primeur de ces derniers… »
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Neo
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Ven 4 Aoû 2017 - 17:23



Neo darda sur son hôte un regard habituel, nous dirons crépusculaire. Ce dernier répondait et soumettait certaines hypothèses que Neo acquiesçait sans esquisser le moindre mouvement pour. Ainsi il ne ressentait pas le besoin d'éprouver la Fraternité ? Neo pouvait en conclure  que Faeron était un gérant prudent. Sans doutes les grands pas qu'avait un jour su faire ce grand et riche armateur, étaient un composite de petits pas précautionneux. Ces petits pas devaient être ce moment où le félin prenait son élan, attentif et sensoriel à tout élément extrinsèque, avant de bondir. Bondir pourquoi ?

J'ai longtemps côtoyé les nobles péninsulaires et autres... variétés de malandrins débonnaires... son sourire s'illumina un instant d'un air plutôt narquois. Il va sans dire qu'il en est très peu de ceux-là qui seraient capables aujourd'hui de me convaincre ou de me rallier à leur cause... Celles-ci sont souvent biaisés voyez-vous...? Il but une gorgée en conséquence en plus d'être conséquente... Ses traits tentèrent de s'adoucir imperceptiblement mais il fallait avoir vu l'homme ivre ou sobre des centaines de fois pour s'en rendre compte.

Nous. Nous battons pour les forts, afin de les rendre encore plus forts... Nous. Travaillons pour les méritants, les guerriers du quotidien, en somme les prédateurs...

Vint le temps des négociations. Le sang-mêlé voulait s'assurer de l'exclusivité des services de la Fraternité ! Quelle blague lui sortait donc ce sympathique personnage ! Ils n'étaient l'exclusivité que d'Othar voyons... Seul lui pouvait se targuer d'avoir une quelconque mainmise sur les guerriers. Mais la blague avait un goût néanmoins sucré de par la teneur des propos entiers. Cette possibilité de... prérogative possédait le goût d'une assurance de contrat. Partant. Oui, Neo avait décidé que les Aegypius étaient partants, et c'est le lendemain qu'il les instruirait de cette affaire.

Pour cent quatre vingt quatorze souverains et des poussières vous pourriez prétendre engager dix bons mercenaires pendant deux ennéades, ni plus ni moins. Nous aurions pu vous demander un quart de cette somme afin de poser une option sur nous comme vous le dites si bien. Maintenant, je dirais personnellement que nous n'avons pas besoin de faire intervenir l'or pour honorer une parole. D'ici deux ennéades dites-vous... Nous tiendrons jusque là, et de fait arrêterons dès aujourd'hui de chercher besogne les semaines à venir.

Maintenant Savarius avait intérêt à trouver besogne qui vaille ! De grâce l'être semblait honorer sa parole, seulement l'avenir en attesterait. Pourtant l'Irascible préférant toujours avertir se permit d'apporter une netteté supplémentaire.

Quelques précisions sont cependant nécessaires... Viendra bien entendu le temps d'honorer le contrat que vous nous promettez ? Parlons alors honoraires si vous le permettez... Nous prenons entre un et trois souverains par guerrier et par jour, cela dépendant de la difficulté ou dangerosité de la mission imputée. Si les services escomptés sont dûment remplis, le client pourra récompenser d'avantage le service selon son appréciation. C'est-à-dire que nos services coûtent plus que ceux de vulgaires mercenaires... Que vous en payez neuf pour le prix de vingt voire de trente ! Le double ! À cela je ne pourrais vous répondre que ça... : Imaginez-nous comme étant ambidextres.

Il avala le peu qui restait dans son verre. Peut-être se servirait-il encore un troisième verre ? L'alcool et la promesse d'embauche lui avaient donné des ailes.

Nous n'avons besoin ni de matériel ni d'armes, quel que soit la teneur de notre mission. Seulement, s'il venait à y avoir déplacement de longue distance, ce serait à vos frais. Et nous laisserions nos montures à Thaar.

Il avait ajouté, sur le ton de  à la conversation :

Généralement nous prenons un souverain symbolique par perte humaine. Et notre frère décédé ne perçoit pas son salaire. Après tout personne ne peut emmener son or avec lui lorsqu'il se rend au royaume de Tari... Personne...
Sachez qu'un Aegypius n'a qu'une parole, Maître Savarius. J'espère qu'il en sera de même pour vous, et avec tout le respect que je vous dois en tant qu'hôte mais aussi en tant que futur client...?
Il fit une pause puis convint. Vous ferez parvenir un messager chez mon Frère Dâahd, autrement vous réussirez bien à me retrouver dans Thaar, je suppose, dit-il enfin tout en regardant les ombres multipliés du riche entrepreneur, veiller à chaque fleur, à chaque pilliers de ce magnifique jardin qu'il s'apprêtait à quitter.

Dès que Faeron accepterait, il remercierait son hôte et se dirigerait vers la sortie, cherchant éventuellement la sombre qui l'avait enchanté, mais sûrement pas se rendre au présumé lupanar souterrain. Très peu pour lui ces endroits de perdition ou chaque effluve risquait de vous faire glisser sur des peaux moites et milles fois manipulées.

Il se regardèrent intensément avant que Faeron ne réponde. Bien sûr qu'il accepterait.

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Jeu 24 Aoû 2017 - 22:43


Faeron se concentra sur les minuscules vaguelettes qui apparaissaient à la surface de son verre tandis qu’il tapotait d’un air calme le flanc de ce dernier. Une tempête dans un verre d’eau en somme… Quoi qu’il ne s’agissait pas de d’eau mais de liqueur… Et quoi qu’il ne s’agissait pas non plus de verre mais de cristal. Mais là n’était pas la question. Il écoutait naturellement les paroles de son interlocuteur, mais passer son temps à fixer les gens était malpoli, donc il se contentait de relever le regard à intervalle régulier, montrant ainsi poliment qu’il continuait à accorder son attention à l’homme.

Faeron ne répondit pas à la question rhétorique sur le biais intrinsèque aux expéditions militaires péninsulaires. Lui n’était pas convaincu que cette compagnie ne puisse trouver du travail si elle se mettait en tête de ne jamais soutenir que ceux n’ayant pas de biais dans leur action… Faeron n’avait ni affection ni dégoût pour la péninsule. C’était une zone de chalandise, et ils avaient l’avantage de payer de manière assez régulière. Le commerce y avait sa place, et par conséquent Faeron ne pouvait être totalement obtus aux charmes d’un lieu où l’on pouvait commercer.

Pour lui comme pour bien d’autres, les armes étaient un moyen d’action et non une fin en soi. Cette compagnie semblait avoir choisi de vénérer ces choses. Grand bien pour eux. Faeron lui n’était pas un grand croyant. Il ne comptait provoquer ni les Dieux ni les hommes vénérant ces derniers, mais lui n’avait ni peur des Dieux, ni ne ressentait un grand respect pour ces êtres qu’il voyait comme de mauvais, encombrants et puissants voisins. Ceux-là étaient au-dessus de ses forces, et en termes de mauvais voisinage, il avait déjà fort à faire à Thaar, qui en était certainement la capitale universelle.

Faeron ne fut pas tout à fait sûr de comment comprendre l’allusion aux guerriers du quotidien. En tout cas l’allusion au fait qu’ils cherchaient à rendre les forts plus forts encore lui parla. Lui aussi aimait bien être dans le camp des vainqueurs. Au moins avaient-ils cela de commun.

Vint la question du prix et des conditions. Ils n’étaient pas donnés. Mais cela n’était pas le problème de Faeron, à vrai dire il s’était attendu à un prix de ce niveau. En revanche les conditions temporelles ne lui allait pas. Puis vinrent les menaces prises sur le ton de la plaisanterie. Faeron se sentit légèrement insulté mais n’en montra rien. Pour qui cet homme se prenait-il ? Et pour qui prenait-il Faeron ? Certainement il ne s’était pas renseigné sur son compte. Faeron était peut-être impitoyable en affaire, mais il respectait ses contrats.


« - Messire, un Aegypius n’a peut-être qu’une parole, pour ma part j’entends les conseils mais peu les menaces. Restons en donc là de vos conseils sur la parole donnée, pour le bien de nos relations. Pour ce qui est du tarif, je vous propose un forfait mensuel, car pour des expéditions au long court, cela me parait plus réaliste de comptabiliser de cette manière. Je vous propose 800 souverains par mois pour votre compagnie de dix hommes payable d’avance tous les mois. Avec une prime de 100 souverains au retour à Thaar. Je ne vois pas d’inconvénient à ce que les frais de transports soient à la charge du commanditaire, les autres frais sont à votre charge, excepté le logement, le blanchissement et la nourriture –hors consommations personnelles-. »


Faeron posa son verre au sol, sans le finir, et se leva de son fauteuil.

« - Si ces conditions vous vont, présentez-vous sur le quai quarante-deux des compagnies Savarius dans une énnéade au matin. D’ici là j’aurai pour vous quelque chose, libre à vous de le refuser le jour venu. Mais votre refus entrainera de n’avoir aucun paiement de ma part puisque nous ne parlons plus d’option. »

Il tendit la main à l’homme.


« - C’est à prendre ou à laisser Messire, et une fois votre décision connue, je vais vous laisser, sans aucun doute souhaitez-vous encore profiter de la soirée. »
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Neo
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Ven 25 Aoû 2017 - 13:23




Ce Savarius restait un commerçant comme tous les autres. Malgré sa parole donnée - qu'il défendait ardemment - celle-ci s'était transformée à plusieurs reprises au cours de leur échange. Peut-être était-il trop péroreur pour se rendre compte des fluctuations de ses dires alors que Neo n'avait fait que préciser la justesse de ses attentes et l'assurance d'une promesse tenue.

De deux ennéades il avait raccourci le délais à une seule. Et pour un homme qui avait affirmé ne pas avoir besoin des services de la Fraternité, il avait bien vite changé d'avis. Du peut-être il était passé au sûrement. Faeron Savarius était-il un être succeptible à souhait ? Ou bien était-ce une façon de marchander ? Qu'importait à Neo le caractère de l'armateur, en fin de compte ces manières n'étaient pas du tout appréciées de l'Aegypius qui commença à bouillonner en réponse aux mots du sang-mêlé. Honnête ne voulait pas dire honorable, et vice versa.

Bref !

Neo se garda bien de foutre trois claques à l'impertinent. Sous prétexte d'être l'employeur, le métis s'était cru supérieur et avait essayé de le démontrer par des phrases sèches et des gestes froids ?

Soit !

Neo n'avait que faire des attitudes étriquées de l'être en face de lui, tant que ses Frères et lui pourraient à souhait défouler leurs muscles engourdis... Après un bref instant de réflexion l'humain se détendit volontairement. Les Aegypius lui avaient apprit à relativiser. Non... L'armateur n'était pas mesquin ni prétentieux - ou alors très peu. S'était quelqu'un de correct, à n'en point douter... C'était un bon commerçant, qui avait oeuvré au bon déroulement de ses... Négociations. L'irascible se reprit à temps, bien qu'il ait hésité à se lever en lachant un "foutez vous l'option là où j'pense".

Souple, il avait plutôt opté pour un semblant de résignation, et avait dit d'un ton sec mais point dénué de respect.

Ne vous inquiétez pas, ça sera pris. Ou laissé. Dit-il en prenant la main qu'on lui tendait. Les Aegypius n'avaient que faire de l'argent, surtout avant de l'avoir mérité. Mais ils accepteraient l'avance et la prime, si toutefois ils acceptaient comme l'avait sous-entendu le maître des lieux. Tout en secouant la main fermement. Nous seront au quai quarante-deux, le dix de ce mois-ci, comme convenu. Ces yeux cherchèrent ceux de Faeron. La soirée aura été agréable, en vous remerciant cher hôte pour ces repas et leurs boissons, liant à ses derniers mots une très légère révérence. Tout en laissant aussi sur la table une plume de vautour que Faeron ne manquerait pas de remarquer. Et pour finir avec un trait d'humour afin de détendre les deux hommes somme toute ressemblants il ajouta. Je ne laisserai par contre pas ma robe... Puis il traversa la soirée intérieure qui commençait à s'étioler, et l'extérieure qui elle commençait à dégénérer. Les bagarres éthyliques n'étaient absolument pas ses préférées... Ses pas légers l'emmenèrent à la Caze, alors que lui pensait au corps sublime de la princesse... Peut-être qu'il se taperait une queue en rentrant... Quelle heureux premier jour de l'an !
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Nouvel An de la 10ième année, Thaar   Lun 28 Aoû 2017 - 21:57

Faeron regarda l’homme se lever et lui serrer la main. Il eut un sourire aimable pour le guerrier. Faeron remplirait sa part du contrat, il n’y avait pas de problème là-dessus. Il n’avait pas de besoin qui lui venait à l’esprit immédiatement, mais déjà une idée derrière la tête. Dans le pire des cas Faeron souhaitait financer des équipes d’exploration vers certaines destinations exotiques pour prendre des nouvelles de ce que le commerce pouvait donner dans ces régions inexploitées de Miradelphia qu’était le nord-est et l’est. On aurait certainement besoin de mercenaires pour la sécurité.

Faeron soutint le regard du guerrier sans sourciller tandis que ce dernier lui confirmait qu’ils seraient là le jour dit. Faeron n’en doutait pas. Fallait-il de toute manière que les choses soient complexes ? Faeron donnait un lieu de rendez-vous et le prix était maintenant clarifié. Resterait que la proposition serait faite et que la compagnie de l’homme pourrait ainsi choisir sa destinée en tout état de cause.

Faeron eut un petit signe modeste tandis que l’homme remerciait pour la soirée. ‘Ce n’était rien’ était le signe universel qu’il avait formé de sa main, comme pour repousser une avance.  Il eut un sourire poli tandis qu’ils se dirent définitivement ‘au-revoir’.

La soirée d’affaires était pour ainsi dire finie pour Faeron. Restait à présent à se trouver quelqu’un pour finir cette soirée de manière plus décontractée. S’il ne trouvait personne à son goût d’intéressant, autant par le corps que par l’esprit, Faeron remonterait dans le haut de sa demeure et se mettrait au lit avec le goût satisfait du travail accomplis. La grandeur était souvent synonyme de solitude, et Faeron savait être seul. Il verrait bien. Le moment n’était plus aux soucis, maintenant il partait simplement s’amuser.

Oui… Cette soirée était pour ainsi dire finie.


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