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 Mort dans l'ombre | Valère

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Mort dans l'ombre | Valère   Sam 17 Juin 2017 - 9:07


2e jour de la 8e ennéade de Verimios
9e année du XIe Cycle
10 jours après l'emprisonnement de Valère

Un gémissement de bonheur pur résonna dans la chambre. Krish, sur le ventre, yeux clos, profitait des mains qui labouraient son dos et dénouait chaque muscle avec dextérité. L'esclave elfe en équilibre au dessus d'elle s'autorisait même à fredonner une douce mélodie lorsque le silence se refermait sur elles, connaissant les goûts de sa maîtresse depuis des années.

" Tu es divine... "
roucoula-t-elle entre deux soupires.

Près de là, dans un fauteuil profond, Wydrin fumaient une longue et fine bouffarde tout en lisant un livre à la couverture ouvragée. La journée était déjà bien entamée, et même plutôt proche de se terminer. La drows et sa chef de la garde prenaient un peu de temps pour souffler en privé, échangeant occasionnellement quelques mots. Ces derniers jours étaient plutôt calme et Krish reprenait peu à peu des forces... Bien qu'elle soit loin de son énergie habituelle et encore plus loin du niveau qu'elle avait atteint pendant sa grossesse.

Ce fut dans cette petite bulle de bien être qu'un sujet presque oublié fut ramené à la surface par la militaire.

" Ah...
- Quoi ?
- Vous ne deviez pas rendre visite à Valère aujourd'hui ?"

Un léger froncement de sourcil froissa le visage expressif de la drow.

" Déjà...
- 10 jours tout de même. C'est un humain et pas bien épais avec ça. Si vous continuez à le priver de nourriture, il ne tiendra pas beaucoup plus longtemps.
- Oui, je sais... " elle soupira " Et la petite Lucile, elle est retourné le voir ?
- Deux fois d'après mes gars. Avant hier. Ils sont restés aux écoutes près de la trappe, Il tente de la convaincre que vous êtes un être divin et elle répète qu'elle trouveras un moyen de le faire sortir de là. Ils sont toujours convaincu de faire ça en douce. C'est pas mes gars qui s'en plaignent, ils ont rarement manger aussi bien.
- Parfait. Tu peux les autorisé à demander plus de la part de la gamine. Qu'elle ne doute pas un instant qu'ils soient corrompus jusqu'à la moelle. Et n'hésite pas à leur offrir une prime et de la compassion s'ils se découvrent une conscience ou si tu estime que leur moral est en baisse. Enfin je te laisse gérer comme d'habitude quoi, carte blanche.
- ça marche. Mais pour la nourriture ?
- Non. il faut bien que Lucile se sente investie d'une mission. Si elle veut qu'il survive, il va falloir qu'elle se bouge les fesses. Nous verrons alors à qui va la loyauté de cet humain. Envoie Esk une fois par jour aussi. "

Cette fois Wydrin tiqua. Son livre retomba sur ses genoux alors qu'elle dévisageait sa patronne.

" Vous voulez qu'il le torture ?
- C'est... mmmho oui... c'est ça. " acquiesça-t-elle alors que son épaule droite se posait à nouveau sur les draps de satin, entièrement dénoué.
- Mais pourquoi ?"

Les yeux de la drow s'emplirent d'une flamme étrange, un sourire pensif naissant sur ses lèvres.

" Une foi n'est sûre que lorsqu'elle est mise à l'épreuve... "






A partir de ce jour, chaque jour à des heures aléatoires, la porte du cachot s'ouvrait sur les traits mauvais d'Esk'Oroth, second de Wydrin, déserteur du IVe ost et tortionnaire de l'armée drow dans sa précédente vie. Chaque jour, il poussait un peu plus le corps de l'humain dans ses derniers retranchement. Durant plus de vingt jours, il brisa chacun de ses os, trancha ses chairs, souilla son honneur, ravagea sa volonté de toutes les façons qui soient, ne posant qu'une question : " Veux-tu continuer à vivre ? " . S'il obtenait un 'oui' , il demandait invariablement " Pourquoi ? ".et continuait jusqu'à la fin de la séance. Si d'aventure, il avait obtenu un 'non', il ne serait jamais revenu. Au fur et à mesure, il pouvait aller de plus en plus loin. Et quand il avait la main trop lourde, un mage de la vie le secondait pour éviter que l'humain ne rende son dernier souffle.

Dans les moments de fièvre et de délire pendant lesquels Valère questionnait son bourreau, il ne répondait que la plus pure vérité : " La Princesse l'a ordonné. ", laissant l'esprit de l'esclave se débattre avec cette simple donnée.

Et dans l'ombre, Lucile revenait toujours, toujours plus horrifiée, toujours plus dévastée. Si Valère avait put lui demander comment elle obtenait ses laissés passé pour la geôle dans laquelle il était retenu, jamais elle n'aurait répondu. Elle apportait à chaque fois de la nourriture, le maintenant en vie, les yeux éternellement rougis et cernés, le teint plus blafard et les joues plus creuses de jour en jour. Elle 'enjoignait à garder espoir, lui répétant qu'il serait bientôt dehors. Qu'ils pourraient partir ensemble. Que jamais elle ne le laisserait mourir dans cette prison. Qu'elle le préférait qu'il ait la vie sauve plutôt que de garder la vie paisible des habitants de ce palais.

Jusqu'au jour où la porte s'ouvrit sur la silhouette malingre de Lucile, mais celle fois, elle n'avait pas de nourriture...






2e jour de la 1er ennéade de Karfias
10e année du XIe Cycle
30 jours après l'emprisonnement de Valère

" Il faut que tu te lèves, Valère. Nous pouvons partir... "
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Valère
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MessageSujet: Re: Mort dans l'ombre | Valère   Dim 18 Juin 2017 - 8:20

La princesse l'a ordonné ! Me répétais-je sans cesse dans mes moments de répits. Chaque séance voyait la flamme de mon existence s'éteindre de plus en plus. Souvent, je croyais rendre mon dernier souffle, mais je renaissais à l'aide d'une puissance qui m'était étrangère.
Je passais le temps allongé au sol, pansant mes blessures physiques mais surtout morales. Pourquoi faisait-elle cela ? Me disais-je au milieu de la douleur.
Que recherchait la Maîtresse en m'infligeant ce traitement ? Je me posais cette question souvent, sans trouver de réponse.
Je répondais oui, à la question du Bourreau.
Parceque je crois en la Maîtresse, soufflais-je quand il demanda pourquoi.

La porte qui s'ouvrait m'effrayait, je craignais ce tortionnaire qui était l'envoyé de la Déesse. C'était un monstre, cruel. Et sa question l'était encore plus. Voulais-je continuer à vivre ? Dans mon esprit, je devais vivre jusqu'à ce que Griffe-Argent exige le contraire. C'était sans doute là, de savoir ma mort dans la main de la Maîtresse qui fit s'éloigner la peur de ma cervelle.
Je croyais en l'être millénaire plus que tout. Alors, me dis-je, je comprendrai son message plus tard. Les séances passèrent, de plus en plus rudes et voyait en les venues cachées de Lucile du réconfort. Même si le chagrin me guettais en constatant qu'elle doutait de moi, qu'elle ne comprenait pas le message.
La lueur de la bougie qui l'accompagnait me permettait de voir mes bras fins, mes jambes également. Et puis la toge blanche était déchirée à de nombreux endroits, montrant la marque des coups.
Ensuite, plus le temps passait et plus je restais couché au sol, et plus je souffrais pour bouger. Mon visage était creusé, et meurtri.
Au fil du temps je m'habituai à cette existence... Je priais la Déesse de plus en plus afin qu'elle me vienne en aide.

Mon état se dégradait, il n'y avait que la nourriture que m'apportait Lucile qui me permettait de manger un rien. D'ailleurs, là voilà.

" Il faut que tu te lèves, Valère. Nous pouvons partir... "

Mon corps zébré par les blessures, le souffle lent, le visage meurtre, mon regard avait de la peine à quitter le raz du sol. Je toussai devant sa phrase.
-" Qui l'autorise ? Et ne me mens pas ! " Dis-je d'un ton qui se voulait autoritaire mais dont la faiblesse ne pouvait causer que de la de peine.
Lucile vint prendre mes mains pour les embrasser, pour caresser mon front. Je sentais en elle dans sa voix et dans son oeil le rayonnement d'un espoir, d'une joie folle.
- Ne t'inquiète pas. Les gardes ne diront rien. Une amie nous attend dehors, elle nous conduira chez elle. Son mari est herboriste, il s'occupera bien de toi. Et après ça nous pourrons partir, comme tu le voulais. Nous pourrons aller ou tu veux..."

Les attentions de Lucile me firent frissonner. Je tremblais encore plus en essayant de me remettre aussi de la frayeur que me causa l'ouverture de la lourde porte. Le soulagement de savoir qu'il s'agissait de Lucile était grand. Néanmoins la proposition de celle-ci transforma un souffle de réconfort. Péniblement je me mis à genoux, comme prit d'une folie mystique j'agitai les bras devant moi comme si je cherchais à faire fuir cette pensée.

-" Non Non Noooon... Je dois rester là ! On ne peut pas lutter contre la volonté de la Déesse ! Je ne sortirai d'ici que lorsqu'elle le souhaitera." Puis mes mains se reposèrent au sol.
-" Tu risques de t'attirer sa colère !" Des mots qui s'échappèrent frénétiquement.
- "Ne dit pas ça ! Tu ne peux pas rester ici !"
Mon regard sombre, je voulais lever une main en vain.
-" GARDE ! A l'aide..." Hurlais-je d'une voix qui dérailla et fut trop faible pour attirer l'attention des geôliers.
- "Mais qu'est-ce que..."
-" Traîtresse ! Traîtresse ! Je te faisais confiance... "
- "Calme toi! je t'en prie! "Soufflais-je en tremblant de plus en plus.
- "Mais je constate que tu es incapable de t'élever. Pars si tu le veux. Ma vie est faite pour être la voix de la Déesse des arts. Je ne peux t'aimer si tu es incapable de comprendre que toi aussi tu peux le devenir avec moi. En refusant tu ne pourras que me perdre." Clamais-je les yeux rougis et déformé par un sentiment de colère et d'impuissance.

- "TU VAS MOURIR ! ELLE T'AS CONDAMNE A MORT !" Explosa-t-elle en ayant elle aussi des larmes aux yeux. De fureur ou désespoir, elle même ne le savais sans doute pas.

Puis le silence, et elle reprit péniblement.
- Je l'ai entendu de Wydrin ce matin... La Maîtresse a dit que tu avais échoué. Ton exécution est prévue pour demain. Quelques heures Valère... C'est tout ce que tu as si tu restes ici... "
Mon état ne me permettait même plus de crier. L'exclamation de ma douce m'arracha un bref instant un geste tendre avant de m'effondrer une nouvelle fois.
-" Qui es-tu ? Qui sommes-nous pour lutter contre sa volonté ! Ne tente pas l'impossible Lucile. Regarde-moi..."
Ma voix se perdait parfois dans des crissements désagréables. Dans mon regard brillait un éclat convaincu.
-" Lucile, Lucile... J'aurais du mourir l'autre fois ! Notre esprit et notre conscience sont incapables de comprendre l'être millénaire. Je perdrai la vie en ayant sublimé mon existence en comprenant pourquoi j'existai. Toi, tu ne le sais pas encore ! Tu n'as pas voulu comprendre.
JAMAIS je ne m'opposerai à la Maîtresse. Ma vie lui appartient, et ma mort aussi. C'est sans doute pour cela que je ne le suis pas déjà, et que je n'ai pas peur. "
Ma main glissa sur le sol jusqu'à atteindre la cheville de Lucile.

-" Si jamais tu m'aimes, tu dois rester auprès de moi jusqu'à demain. Et ensuite tu comprendras où es ta place."
Lucile me dévisagea, et murmura dans un souffle.
- "Tu préfères mourir plutôt que d'abjurer cette croyance idiote ?"
Des sanglots, sans doute causé par des nerfs mis à rude épreuve.
-" Comment oses-tu injurier notre Déesse ? " Dis-je d'une voix qui retrouvait curieusement son éclat un bref instant.

-" Ouvres les yeux ! Ou pars, tu as un plan, sans moi ça sera plus simple pour toi. Mais que feras-tu ensuite ? "
- ... Tu préfères m'abandonner... " répéta-t-elle, sous le choc. Elle reculait doucement vers la porte.
-" C'est toi qui préfère m'abandonner..." Dis-je en tendant ma main vers elle.
-" De plus... Je...Je... Je suis certain que la Déesse m'épargnera... Fais-moi confiance, je ne sais pas pourquoi mais c'est mon intime conviction." Je m'affaissai encore plus au sol. Ma tête, elle ne pouvait le toucher, les ronces du collier maintenait ma tête à quelques centimètres des pierres froides/
-" Demain je serai encore en vie. Je t'en prie restes là pour le voir, et si j'ai raison, alors tu devras te rendre à l'évidence. Si tu la croises, supplie là..."

Lucile plaqua sa main contre ma bouche, puis la frêle silhouette s'échappa en courant. Son pas une nouvelle fois dans l'escalier. Mon corps squelettique n'avait rien mangé aujourd'hui... Je ruminai, avec encore la foi pour Griffe Argent. Et dans un coin de ta tête avec l'espoir de voir Lucile prendre conscience de tout cela.
Je ne pouvais pas croire qu'être encore en vie dans cet état n'était pas le fruit de mes certitudes...
Lentement je fermai les yeux...
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Mort dans l'ombre | Valère   Hier à 1:14


Ce jour là, son bourreau le laissa en pas.

Ce ne fut que le lendemain que la faute et large stature d'Eshk'Oroth apparaisse enfin dans l'encadrement de la porte. La flamme qu'il portait à la main éclairait par en-dessous un visage mâle toujours aussi dur. Ses yeux rouges et ses cheveux blancs tranchaient sur sa peau d'encre couturée de cicatrices.

" Debout. " ordonna-t-il simplement, attendant aussi longtemps qu'il le faudrait pour que l'être au corps brisé qui lui faisait face se mette sur pieds.

Indifférent à la faiblesse du garçon, il se planta devant lui et le jaugea d'un oeil torve, un léger sourire sur les lèvres.

" la Princesse m'a demandé de te proposer un marcher aujourd'hui. Accepte le et tu seras soigné par les meilleurs médecins de Thaar, ton collier sera retiré et tu sortiras d'ici en homme libre avec assez d'argent pour commencer une nouvelle vie et lui donner le sens que tu désires. Refuse et tu mourras dans l'ombre de ce cachot. Tombe à genoux avant d'avoir répondu et je t'abrège comme le chien que tu es."

Le drow appuya son épaule contre le linteau de la porte, prenant le temps de profiter de l'expression du jeune homme à ce moment précis. Il ne comprenait décidément pas à quoi rimait tout ce cirque... La patronne avait pété un boulon ce coup ci. Mais en attendant, cela lui passait le temps et lui permettait de s'amuser avec un tendron qui s'était révélé mentalement plus robuste que prévu.

" Dit que Krish Al'Serat n'est ni une déesse, ni un guide spirituel et tu redeviendras un homme libre "
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Valère
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MessageSujet: Re: Mort dans l'ombre | Valère   Hier à 9:39

Une éternité...
Plus de visites, sauf celle du garde apportant la gamelle d'eau avec un mépris qui me fit vomir. Celui là ! Il le regrettera ! crachais-je. Lucile reviendra-t-elle ? Me demandais-je en suppliant pour que son destin puisse éclairer sa cervelle.
Lorsque la porte s'ouvrit, j'ouvrai un peu les yeux, faible comme tout, une seconde était déjà toute une épreuve, toute une torture. La faim grandissait et faisait gémir mon ventre.

Le bourreau ! Avec son incroyable stature, et son aura funeste. Il était là ! Tout fier de son oeuvre. Couché au sol, mon poing se serrait en le voyant. Un mélange d'angoisse, de peur et de rage m'envahissait en le voyant. Le flambeau que le tortionnaire tenait dans sa main ne fit qu'accroître son image terrible. Son ombre vacillante sur les dalles flirtait avec mon visage.
Mon coeur se leva quand il m'ordonna de me lever. Il se moquait bien de m'avoir détruit. Grognant, je gémissais alors en essayant de bouger.
Toi aussi tu le regretteras ! Pensais-je entre deux cris de douleurs.

Un mouvement me coûtait tant. Je tremblotai de plus en plus. La fatigue s'empara de mon être rapidement. Mon corps squelettique s'appuyait contre le mur. Mes jambes me donnant l'immonde sensation de pouvoir se briser à tout moment. Pourtant mon visage était droit, mes yeux se posèrent sur le visage du drow. Qu'allait-il encore me faire ? Me dis-je. Que pouvait-il me faire de plus ? Pensais-je avec effroi en remarquant son oeil louche.

Un marché ? Répétais-je intérieurement. Sans un mot j'écoutais le récit de ce marché. Mon coeur s'emballait et je baissai la tête en fermant les yeux tellement fort que je crispai mon visage déjà fort creusé. Je levais les bras avec douleur pour porter mes mains sur mon collier lorsqu'il le mentionna.
Je crachai au sol. Ma tête remua comme pour déjà donner une réponse. Je ne savais pas pourquoi mais une voix dans mon crâne me susurrait que cette lueur était feinte.
Manquant de tomber au sol je criai d'une voix qui s'éteignait.

-" Jamais !" Puis je repris mon souffle en cherchant l'air, en haletant en tirant la langue.
-" La vie qu'elle m'offre là est fictive est vise à me détourner de la réalité. J'ai confiance en la Déesse... Et en ce que je suis. " Une nouvelle pause en reprenant une inspiration en m'accrochant au mur pour soutenir mes jambes.
-" Je resterai ici dans ce cas, partir d'ici serait me mentir. Ma mort comme ma vie lui appartiennent. Je suis certain que tu n'oseras pas me tuer car je le sais, je ressens qu'elle ne le souhaite pas. Et tu n'oseras pas aller contre sa volonté car toi aussi tu la crains n'est-ce pas ?" Dis-je avec un ton d'ironie en pensant brièvement au sort de Wik quand il était à deux doigts d'en finir avec mon existence, un acte qui lui valut une sanction de la Maîtresse.
-" J'ai foi en elle et en à sa divine volonté. Et... Je dois être sa voix auprès des inconscients incapable de faire briller leur talent." Soufflais-je en commençant à tomber.

Tombant au sol les bras remuant, la tête bougeant de manière désarticulé par le manque d'énergie, j'achevai en ricanant comme possédé.
-" Vas-y... Je n'ai plus de force. Seras-tu capable de briser le destin que la Déesse à façonner pour ma vie. Ah Ah... Je ne peux pas mourir comme ça ! "
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Mort dans l'ombre | Valère   Hier à 18:46


Une ombre s'allongea dans la petite cellule alors que cascadaient en échos humides les claquements lents des bottes de cuirs sur la pierre froide. L'odeur de cave, de sang, de pisse et de sueur prenait à la gorge. Il avait laissé la torche sur le support à l'extérieur de la porte, comme il le faisait toujours lorsqu'il venait s'occuper lui-même du prisonnier. A contre jour, grandit par la la position de ce pantin de chair, on ne distinguait que des cheveux d'un blanc éclatant et une silhouette sombre dans un halo de lumière bien trop criarde pour ces yeux qui ne connaissaient plus que l'obscurité. Arrivé à côté de l'humain qui se gondolait en riant comme un forcené, une botte le poussa implacablement à se mettre sur le dos sans que le geste ne se transforme en véritable coup.

Puis, un craquement de cuir. Un froissement de tissus. Le juge et bourreau de ces lieux posa un genou en terre près du corps meurtrit. Une main à peine visible dans l'ombre de l'endroit vint se poser à côté de la tête de Valère, prenant appuis pour le geste qui ne manquerait pas de venir. D'un mouvement rapide, il se pencha. Sa main vola vers la gorge de l'esclave dans un raclement de tissus.

Mais les doigts noirs ne se refermèrent ni sur le collier de métal, ni sur l'infime parcelle de peau encore visible entre l'argent et le menton. Un claquement sonore retentit de l'autre côté de la tête du jeune homme. Le claquement d'une paume sur le sol.

Des lèvres tièdes et pleines se posèrent sur celles de Valère.

Un long instant.

Puis s'éloignèrent de quelques centimètres pour que les deux personnes puissent se faire face. Loin derrière cette silhouette penchée sur Valère, le tortionnaire portait toujours la torche, debout dans l’entrebâillement de la porte. Venue avec lui, elle avait entendu chaque mot et noté chaque phrase, chaque intonation de la réponse du jeune homme.

Les cheveux blancs de Krish retombaient sur le côté, flattant l'épaule du jeune homme et tombant jusqu'à la pierre. Ses yeux rouges cherchaient ceux de l'humain. Assombris par l’absence de lumière, c'était surtout de la fierté qu'on pouvait y lire. Sa main se posa en silence sur sa joue drue.

Un léger sourire se dessina sur son visage.
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Valère
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MessageSujet: Re: Mort dans l'ombre | Valère   Hier à 20:11

Mon corps chancelait, mes yeux rieurs se fermaient lentement, ma vision floue n'avait absorbée que l'obscurité, et la flamme de la torche m'agressait. Mes lèvres douloureuses s'étiraient un peu, narguant le bourreau. De ma gorge s'échappait quelques ricanements.
Soudainement, le faible contact d'une botte me fit basculer sur le dos. J'arrêtai de rire, un gémissement remplaçait le ricanement lorsqu'une épine de métal arrêta ma course en heurtant le sol.
Mes yeux ne distinguait plus grand chose. Je ne pus qu'entendre un bruit sourd se poser au sol. Et une odeur qui semblait effacer celle dont je m'étais habitué. Mon coeur se lança dans un rythme effréné.
C'est elle ! Me dis-je en essayant d'ouvrir les yeux. En vain.

Une mine heureuse sur la figure les bras le long de mon corps, j'avais même de la peine à émettre un son. Mon état s'était dégradé rapidement ces derniers jours. Enfin, j'étais incapable de savoir depuis combien de temps j'étais ici. Ma notion du temps s'était perdue. Une main se posa à côté de ma tête, puis effleura ma gorge. Etait-ce le bourreau hésitant à répondre à mon ironie ?
Un claquement sonore arrêta le geste, et une main se posa de l'autre côté.
Des lèvres se posèrent sur les miennes. Plus de doute ! C'est elle ! C'est la Maîtresse, l'être millénaire... La Déesse !
Un baiser qui me fit frisonner. Je restai là immobile, serein, incapable de décrire ce qui traversait mon esprit.

Un geste me donnant de l'énergie. Une étincelle d'espoir...Une larme coulait le long de ma joue creusé. Je ne devais être qu'un tas d'os avec un peu de chair. Une vision immonde certainement. Lorsque les lèvres se détachèrent de ma bouche, je soufflai plus fort, cherchant de l'air.
Les cheveux de Griffe-Argent se posèrent sur mon épaule, titillant ma peau meurtries par de nombreuses lésions.
Et sa main caressa ma joue, jouant avec ma peau blessée. Ouvrir les yeux me coûta un terrible effort, je grimaçais jusqu'à ce que mon effort me permette de contempler les pupilles écarlates de la Maîtresse.

La faible lumière et l'ombre donnait un air étrange et beau au visage de l'être millénaire. Dans son regard, je pouvais y lire de la fierté ! Je voulais lever les bras, mais en essayant j'abandonnai rapidement. Le silence était majestueux, magnifique.
-" C'est vous ? " Soufflais-je d'une voix faible et rocailleuse en essayant de stabiliser mes paupières.
-" Comme je suis heureux..." Poursuivis-je en faisant un violent effort pour bouger ma main afin de guider celle de la Déesse contre mes lèvres pour les embrasser avec dévotion qui pouvait se ressentir malgré des gestes fragiles.

-" Jamais je n'ai cessé de croire en vous. Ô Déesse... Vos outils ont permis de créer ce que je souhaitais être. Votre pouvoir a révélé mon potentiel. J'ai vaincu toutes les tentations grâce à la foi que j'ai pour votre être..." Un sourire puis je m'arrêtai ayant besoin d'un répit pour pouvoir parler à nouveau.



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