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 Le vent du nord [PV Alienor]

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Walther Hohenburg
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Walther Hohenburg

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MessageSujet: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 11 Juil 2017 - 14:38

LE VENT DU NORD

Le vent du nord [PV Alienor] P9ok



Wenden ne devait plus être loin. La tempête non plus. Le ciel se faisait de plus en plus menaçant. Assez pour alerter les âmes présentes du triste sort qui allait bientôt s'abattre sur leur tête. Se hâter pour rejoindre la cité au plus vite, telle était la solution la plus envisageable. Rares étaient celles et ceux qui se seraient risqués à prendre la route par ce rude temps hivernal. Il valait alors mieux rester enfoui dans sa chaumière à attendre que le plus gros ne passe. Encore fallait-il prier les dieux que la neige n'ensevelisse point ladite chaumière. Sinon quoi, vous risquiez de mourir, certes à l'abris, mais enterré vif. Ce pourquoi, Walther et les trois frères de l'Ordre du Calice ne désemplirent point l'allure et continuèrent de chevaucher le plus prestement possible. Le reste des frères l'attendaient à Wenden. Ceux-ci ayant prit leur quartier au petit temple néeraïte suffisamment grand pour accueillir la trentaine d'hommes qu'ils étaient. L'endroit était peu utilisé et il avait fallut, paraît-il, quelques gaillards courageux afin de remettre le toit en état.  

Les premiers gros flocons commencèrent à tomber, effaçant toute trace de la route. Ils manquèrent presque alors de se disperser et de prendre des chemins séparés. Un tel déroulement eut une issue forte tragique à n'en point douter. Walther ordonna la halte et fit si-tôt arrêter les cavaliers qui chevauchaient derrière lui.

-Il nous faut nous abriter de la tempête ! gueula-t-il assez fort pour recouvrir le bruit provoqué par les bourrasques de vents.

-Wenden n'est plus très loin, messire Walther, signala Wilfrid qui continuait de faire bouger son cheval pour ne point qu'il se refroidisse.

-Ce sera la mort assurée, je connais la Malelande. Mais il y a une tour en ruine non loin d'ici, nous pourrons attendre la fin de la tempête. C'est par ici, hurla-t-il de nouveau en pointant du doigt ce qui semblait être un chemin encore plus petit et sinueux que celui qu'ils avaient emprunté depuis leur départ.

-C'est vous qui décidez, capitaine. A vos ordres !

-Je ne suis pas votre... ce ne fut guère nécessaire de poursuivre, les frères de l'ordre s'en étaient déjà allés dans la direction indiquée.

Après quelques minutes passées à manger de la neige, ce ne fut non pas les hommes qui guidèrent leurs montures, mais bien l'inverse. Ceux-ci étaient éreintés et trempés de la tête aux pieds si bien que leurs habits commençaient à geler à leur tour. Usant de ses dernières forces pour tenter de voir ce qu'il y avait devant lui, il vit par miracle une vieille tour assez délabrée pour être celle de ses souvenirs. Celle-ci se mit à grossir au fur et à mesure de leur progression jusqu'à ce qu'une vieille enceinte fortifiée sur le point de s'écrouler ne leur barre la route.  

-Vite, rentrons !

La tempête devait en être à son paroxysme pour imposer des vents aussi violents. Un miracle qu'ils aient put atteindre la ruine aussi vite !
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 11 Juil 2017 - 15:48



Comme chaque hiver, Wenden se couvrait d'un épais manteau blanc. Aliénor aimait et détestait à la fois cette période. Elle l'adorait car elle trouvait le paysage de Wenden merveilleusement beau du haut des murailles du château mais elle détestait l'oisiveté que cette période engendrait. Aliénor était une femme active, elle aimait bouger. En tant que dernière héritière de Ganelon sur place, il lui incombait de gérer le genre d'évènement que représentait une tempête de neige. Les plus anciens avaient annoncé qu'elle allait arriver et en femme avisée qu'elle était quand elle devait gérer la maison seule, elle avait donné des instructions pour vérifier que les réserves de blé soient bien mises à l'abris ainsi que pour faire rappatrier au château les paysans les plus éloignés. Tout était prêt avant la tempête. La damoiselle de Wenden décida alors d'en profiter pour faire une petite excursion afin de relever ses pièges à lapins avant que le fruit de sa chasse ne soit gelé et définitivement perdu. Contre l'avis des conseillers de son père, elle s'aventura à l'extérieur du château, prévenant que de toute manière elle serait revenue avant la tempête et que sinon, elle saurait se mettre à l'abris.

Pour être parfaitement honnête, comme c'était le cas bien souvent, Aliénor avait surtout grandement besoin de s'aérer les idées et tant pis pour la prudence. Elle savait très bien se débrouiller toute seule et l'avait déjà prouvée par le passé. Elle alla donc se changer pour porter sa tenue de chasseresse comme elle aime l'appeler (ou autrement dit de femme libre), enfilant un pantalon, des bottes de cuir et surtout son arc et son carquois fêtiche qui s'attache dans le dos, rempli de flèches (au cas où). Elle accrocha à sa ceinture son couteau de chasse dans son étui en cuir marron foncé. Son bustier en cuir lassé à l'avant affinait sa taille malgré la chemise verte sur laquelle il était lassé. Elle protégeait ses avant bras de canons en cuir contre les morsures des animaux éventuellement retrouvés encore en vie et ses jambes par de longues bottes qui remontaient jusqu'aux genoux, en cuir également. Elle terminait sa tenue par une solide cape en fourrure, bien chaude et de gants en cuir fourrés. Le tout lui donnait une allure plutôt guerrière sans pour autant trop trahir son rang du fait de l'usure de l'ensemble. Elle tâchait d'être soigneuse avec ses affaires mais contre les effets du temps et de l'utilité, elle n'y pouvait malheureusement rien.

Pendant ce temps, un des écuyers du domaine avait scellé sa monture, un cheval noir sur le tard du nom de Bottom car il était moins grand que les autres suite à un problème intervenu lors de sa mise à bas. Il n'avait pas vraiment fière allure en apparence mais en vérité, c'était un cheval d'une intense loyauté et plus rapide qu'on ne pouvait le croire. Elle le monta et parcourut ainsi la campagne de Wenden.

Aliénor adorait l'odeur de ses terres avant une tempête de neige. L'air sentait la pureté. Il n'y avait pas d'autre mot. Bien souvent, le ciel gris argenté était certes couvert mais restait assez lumineux et ce paradoxe amusait beaucoup la jeune femme. Elle prenait ainsi son temps, respirant l'air frais à grandes bouffées, ressentant toute la liberté et combien sortir la détendait. Elle n'était décidément pas une femme d'intérieur, ce qui la fit rigoler. Oui la damoiselle de Wenden rigolait toute seule et alors ?

Elle avait pratiquement terminé de relever tous ses pièges quand les premiers flocons commencèrent à tomber. Elle regarda alors au ciel par réflexe. Que voulait-elle donc voir d'autre que des flocons qui tombaient ? Mais ils furent assez rapidement plus nombreux, au point de couvrir le sol. Elle rangea alors ses prises dans les sacs qui étaient attachés à sa selle avant de remonter à cheval. Elle était trop loin pour rentrer à Wenden sans risquer de se perdre et aucune seigneurerie voisine ni hameau n'était à proximité. Elle se trouvait en vérité à l'aurée du petit bois non loin de la frontière nord de son domaine. Non loin de là, elle connaissait une tour en ruine qui était toutefois en assez bon état encore pour l'abriter le temps de la tempête. Elle dirigea alors sa monture au galop vers ce refuge. Il n'y avait pas une minute à perdre sinon elle était perdue.

Arrivée à la tour avec finalement, les plus grandes difficultés (et pourtant elle connaissait cet endroit comme sa poche puisqu'ils y jouaient très souvent avec Roderik étant enfants), elle s'arrêta net en voyant que l'endroit était déjà occupé. Visiblement peu rassurée, elle se demandait qu'elle était la conduite qu'il serait le plus intelligent de tenir ? Devait-elle se montrer fougueuse et menaçante avec son arme ou se la jouer plus subtil ?

Le calcul était rapide, seule descendante de Ganelon ayant la responsabilité de Wenden, quatre chevaux dont il y avait minimum quatre hommes sans doute armés s'ils étaient des hommes de route. Elle pourrait éventuellement en tuer deux avant d'être capturée par les deux autres. Mauvais plan. Mieux valait jouer la prudence.

Elle décida alors d'agir subtilement. Elle attacha alors son arc et son carquois sur le côté de sa scelle et les recouvrit d'une couverture qu'elle avait toujours à l'arrière de sa scelle (c'était plus confortable de pouvoir s'adosser plus ou moins à quelque chose). Une fois prête (ou relativement), elle fit avancer son cheval au pas durant les derniers mettres pour ne pas avoir l'air menaçante et descendit de sa monture. Ses cheveux longs et roux, nattés sur le côté, étaient recouverts d'une lourde capuche recouverte de neige. Elle récupéra le sac où ses proies chaudement récupérées attendaient de trôner dans une cuisine et avança vers le groupe qui la dévisageait à l'entrée de la tour.

- Bonjour à vous voyageurs ! Quelle tempête de neige avons-nous là ! On n'arrive plus à voir ses pieds ! Heureusement que cette vieille tour est encore là ![/b] Dit-elle tout en avançant vers eux avec une assurance folle. Les gens de Wenden n'étaient pas reconnus pour être particulièrement chaleureux mais au contraire plutôt bourrus. Elle les imitait donc en souhaitant de pas éveiller les soupçons des voyageurs sur sa véritable condition.

Sans demander de permission, Aliénor entra dans l'abris en retirant sa capuche, comme si elle était chez elle (ce qui était en fait le cas). Elle fit ainsi tomber de la neigne aux pieds des deux premiers hommes qui ne pensèrent même pas à râler tant ils la dévisageaient d'un air pour le moins ahuri.

- Puis-je ? Demanda-t-elle faussement en entrant à l'intérieur de la tour (comme s'ils allaient dire non avec la tempête qui faisait rage !) avant de lever la tête pour contempler ce qui serait son refuge pour ces prochaines heures ainsi que ceux qui allaient lui tenir compagnie tout en posant doucement son sac à terre. Son couteau était nonchalamment laissé bien à la vue de tous ceux qui s'imagineraient qu'elle est une jeune femme sans défense.


Dernière édition par Aliénor de Wenden le Lun 19 Mar 2018 - 10:03, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeSam 15 Juil 2017 - 13:47



Jonas et Ulrich s'étaient apprêtés à trouver de quoi empêcher le vent de s'engouffrer lorsqu'une inconnue arriva sans prévenir. Tout d'abord surprit par cette arrivée si soudaine, Walther eut le plus grand mal du monde à comprendre ce qu'une jeune femme pouvait bien faire dans une telle tempête, qui plus est seule. La formule de politesse prononcée par la damoiselle rousse n'y suffit guère à tromper sa vigilance. Elle lui rappela sa soeur Hilda, quoiqu'en plus jeune. Ce petit air d’insouciance et d'incroyable sérénité le poussa à se demander si elle n'en faisait pas un peu trop afin d'estomper la moindre menace. Mais s'il devait y avoir une seule menace en ce lieu, il y avait fort à parier qu'elle se trouverait dehors. Wilfrid, tout comme lui, avait eu l'air surprit par ce nouveau compagnon d'infortune. S'il eut l'air ahurri dans un premier temps, l'ancien prisonnier devenu religieux, s'inclina respectueusement comme s'il avait s'agit d'une haute et grande dame. Les deux autres firent de même et l'on assista à une certaine maladresse typique des roturiers voulant jouer les grands seigneurs.

Ne sachant point à qui il avait encore à faire, Walther se contenta d'incliner légèrement la tête après avoir exprimé un sourire complaisant. A la demande de la jeune femme, il inclina de nouveau la tête et l'invita même à venir s'asseoir au centre de la tour. Là où l'on pouvait encore être au sec.

-Après vous.

Lorsqu'elle prit place, il vit une petite dague bien en vue. Comprenant qu'elle la mettait bien en évidence afin qu'ils ne tentent rien, Walther préféra désamorcer tout mal entendu.

-N'ayez crainte, nous ne vous ferons aucun mal. Comme vous, nous avons été surprit par la tempête et je me suis souvenu de cette tour non loin de notre destination. Dit-il, l'air franc. Pardonnez-moi, je manque à tous mes devoirs, voici mes compagnons de route, les frères Wilfrid, Jonas et Ulrich, tous les trois membres de l'ordre du Calice, ajouta-t-il en présentant un à un ses anciens frères d'armes.

-Et celui qui vous parle n'est autre que notre capitaine, messire Walther Hohenburg, insista Wilfrid.

-Ancien capitaine... pardonnez-le voulez-vous. Une certaine gêne put se lire sur son visage. Je suis redevenu chevalier d'Ernal, vassal d'Arnoul de Stern, suite aux campagnes de sgardie.

Les présentations faites, Walther s'attendit à ce que la jeune dame baisse un tant soit peu les armes afin qu'une certaine confiance puisse s'installer. Ne sachant point pour combien de temps ils resteraient cloîtrés dans cet endroit. Mieux valait que les étrangers fassent connaissance afin que l'attente paraisse moins pénible.
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 1 Aoû 2017 - 7:22



Rassurée, Aliénor cacha de nouveau sa dague sous sa cape, montrant ainsi qu'elle ne cherchait pas la bagarre. Toutefois elle ne s'en délestait pas au cas où, ce qui pouvait être compréhensible. Il devait déjà apparaître étonnant à ces messieurs de voir une femme seule sous la neige et il lui faudrait déjà leur donner une bonne explication.

Elle regarda chaque compagnons de route qu'il lui présentait. Des membres de l'ordre du Calice, autrement dit des religieux. Que faisaient-ils donc du côté de Wenden ? Autrement dit, bien loin de leurs contrées... Tout ceci commençait à l'intriguer. Elle inclina poliment la tête après l'évocation de chaque nom. Elle sourit légèrement lorsque l'un deux insista pour présenter son premier interlocuteur comme étant leur capitaine qui n'était autre que le chevalier d'Ernal. Ils avaient eu déjà l'occasion de se rencontrer, notamment durant leur enfance à l'occasion des fameuses joutes d'Aretria où son père participait en général et où à chaque fois Aliénor insistait pour servir de co-écuyer à son père quand sa place était en tribune avec sa mère. Elle partait toujours bouder. Elle se souvient qu'un jour, celui qui deviendrait chevalier d'Ernal était venu lui demander ce qui lui arrivait mais trop indépendante ou ayant trop d'égo, Aliénor l'avait repoussé sans ménagement et était partie vaquer à ses occupations de représentation auprès de sa mère. Ce souvenir glissa sur son visage un léger sourire qu'elle eut du mal à dissimuler mais ils mettraient ça sans doute sur le compte de la situation qui était quelque peu comique. Ainsi donc il était redevenu chevalier. Il avait sans doute dû faire partie de l'ordre à un moment donné. Aliénor avait appris que sa famille avait été ruinée. Elle avait entendu dire que depuis, ce chevalier offrait ses services au plus offrant afin de sauver le peu qu'il leur restait. Autrement dit, la ferme familiale. Arnoul de Stern était un homme sage et voyait sans doute à la fois le potentiel de la situation pour lui d'avoir à la fois une famille dépendante de sa bonne volonté et surtout un homme talentueux, dans la force de l'âge et prêt à prendre l'épée dès qu'il le souhaitait et ce, gratuitement. En tout cas désormais avec son frère Comte d'Aretria, les vassaux de Stern étaient leurs vassaux également. C'était assez bizarre à dire et encore plus à réaliser mais ce n'en était pourtant pas moins vrai.

Elle inclina ainsi une nouvelle fois la tête en signe de salut poli. Ils attendaient sans aucun doute d'elle, qu'elle leur rende la politesse et qu'elle se présente. Elle prit alors le temps de jauger chacun d'entre eux, évaluant ainsi la situation. Il serait assez amusant s'ils ignoraient qui elle était et ça garantirait sans doute aussi sa sécurité jusqu'à ce que le jour soit de nouveau levé sur Wenden et que la neige ait cessé de tomber.

- Je suis ravie de faire votre connaissance. Je me présente à mon tour j'imagine. Je suis Astrid Calaan, fille du forgeron (bien l'un des seuls métiers de la contrée qu'elle connaissait sur le bout des doigts)

Ainsi pour le moment, l'obstacle était écarté. Elle se délesta alors de son sac où se trouvaient ses proies, retira sa cape couverte de neige, la posa contre une pierre qui dépassait afin de la laisser s’égoutter et s'assit enfin au centre à la place que le chevalier d'Ernal lui avait désignée. Elle les regarda alors, les invitant d'un geste à en faire de même.

- Des religieux bien loin de leurs contrées. J'imagine que vous tentiez de rejoindre Wenden. C'est un bien long voyage que vous avez entrepris là.

Pendant que ces messieurs s'installaient en lui expliquant peut être les raisons de leur venue dans son domaine, elle sortit les proies de son sac et les tendit au chevalier d'Ernal.

- En tout cas nous ne mourrons pas de faim, je venais de relever les pièges posés par mon père pour ne pas les perdre.

Elle lui sourit gentiment. Le souvenir de l'avoir méchamment rabroué de manière injuste quand ils étaient enfants l'empêchait à vrai dire de se montrer plus froide. En soit, elle espérait un peu se faire pardonner, même si elle était sans doute la seule à se souvenir de cette infortune.


Dernière édition par Aliénor de Wenden le Lun 19 Mar 2018 - 10:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 1 Aoû 2017 - 22:51


Le vent s'engouffrait sous ce qui formait un semblant de porte. Un couinement semblable à ce qui aurait pu s'apparenter à une tellière bien chaude. Si le blizzard n'avait point eu sa place dans la tour, le froid, lui n'avait guère démérité et persistait à demeurer. Les hommes de l'ordre avaient eu beau s'évertuer à préparer un feu, l'on resterait dénué de toute chaleur jusqu'à ce que le glas ne passe. Sans s'offusquer d'une telle gageure, Walther resta assit bien paisiblement au centre de la tour là où se trouvait leur invité de dernière minute. Cette gente dame, si bien nommée Astrid Calaan, se disait fille de forgeron partie relever les prises de son père avant que la neige ne s'abatte. C'eut été bien entreprise périlleuse que voilà. Comment aurait on put risquer sa vie pour telle chose alors qu'en fille d'hiver l'on connaissait les froideurs de l'hiver ? Walther se le demanda bien mais gagea de garder sa langue pour ne point offusquer son hôte impromptu. C'est que l'arétanne persistait à vouloir garder sa lame enfouie à l'insue de tous. Chose qu'il ne tarda pas à percevoir tellement il avait été habitué à voir des hommes dissimuler nombres d'armes sous leurs habits pour garder leur vie saine. Là non plus il ne s'en offusqua pas. Après tout, la jeune demoiselle avait de quoi s'ébaudir devant pareille assemblée. Pour une tierce fois, il tenta de désamorcer la tension qui pouvait régner. Bien loin forcément de ce que pouvait imaginer ou penser ses pairs de l'ordre.

-Ces hommes ont fait longue route pour venir jusqu'ici, dit-il. Nous avons combattus en sgardie et avons protégés les faibles et les indigents des malheurs de la guerre. Nous avons marchés sur la cité déchue d'Amblère pour la défaire des monstres qui l'habitaient et nous nous sommes quittés le cœur dans l'âme. Ces hommes ci-présents sont venus me chercher afin de retrouver mes frères à Wenden, venus me chercher après avoir contés mes faits.

-Et quels faits ! Réclama Wilfrid. Vous avez devant vous l'homme qui a brandit l'étendard de la sainte mère sur les toits d'Amblère après avoir fait ouvrir la grand'porte afin que l'ost de la coalition puisse y pénétrer.

-Silence, se plaignit-il.

-C'est l'homme qui a préféré sacrifié sa vie pour sauver la gente dame de Stern, capturée par le malveillant Leuze. Retrouvé parmi les morts, il se fait désormais fermier plutôt que héros.

-La gente dame n'a point à écouter de telles légendes, s'indigna-t-il. Demoiselle Astril, n'écoutez pas les récits d'un soldat bercé trop près d'une lame. Si je ne puis contredire ces faits, j'accepte à grand cœur les proies que vous ne nous proposez, quand bien même par cette froideur elles seraient conservées non sans peine. C'est fort aimable, rajouta Walther.

La jeune demoiselle posa sa proie auprès des braises et une bonne odeur s'en dégagea. Si-tôt, l'on sut que le moment passé dans cette sinistre tour allait s'avérer bien moins indigeste. Lorsque la chaire se fut tendre et cuite, l'on servit les morceaux à tous les badauds présents et les estomacs purent s'apaiser. C'est en cet instant, avant le blizzard ne s'interrompe, que Walther choisit de chanter quelques vers afin de faire digérer le tout. Les braises étaient alors fortes et l'on entendait chuinter les crépitements d'une froideur bien moins austère.

La veuve de sgarde,
pleure à chaude larme.
La veuve de sgarde,
prie pour son âme.

Trop de fils lui ont été prit,
par ces hommes en armes.
Venus en son pays,
Marcher, brandir l'alarme.

La veuve de sgarde,
pleure à chaude larme.
La veuve de sgarde,
prie pour son âme.

D'autres âmes s'en sont prit,
à ravager son pays.
Si brave et si forte,
Elle n'en survécut que morte.

La veuve de sgarde,
pleure à chaude larme.
La veuve de sgarde,
prie pour son âme.

Bien que morte elle en repartie,
En peine elle marcha sans âme.
Sur les seuils de sa mère patrie,
En proie au vide s'en fut finit.


-Arrêtez messire, cela m'attriste... commenta Wilfrid.

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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeJeu 3 Aoû 2017 - 19:54


Aliénor, transit de froid mais un froid encore supportable, écoutait les évocations des exploits de ses compagnons d'infortune et en particulier de leur capitaine. Vantardise ou véritable et sincère admiration? Aliénor ne savait pas trop quoi penser de tout cela.

Ainsi furent évoqués tour à tour de grandes batailles dont elle avait eu vent notamment par les rumeurs mais encore plus précisément par les nouvelles que son frère lui donnait régulièrement par pigeon. Il lui avait parlé très succinctement de la bataille d'Amblère, la seule d'ailleurs pour laquelle il n'avait jamais été très loquasse alors qu'ils se racontaient toujours tout comme des confidents. Tout ce qu'elle avait pu en connaître c'était qu'il s'agissait d'une bataille tellement difficile et horrible que les combattants les plus aguerris avaient tremblé de peur face à l'ennemi. Elle n'avait pas pu en connaître les raisons et elle avait toujours pensé que si Roderik avait toujours gardé le silence sur ces faits, c'était à la fois pour ne pas avoir à les vivre une seconde fois mais également pour préserver sa soeur (bien qu'il la savait peu délicate).

Par contre, elle en avait su beaucoup plus sur la libération de Karla de Stern, la petite fille d'Arnoul de Stern désormais vassal de son frère. Le vieil homme, comme à son habitude, s'était beaucoup plu à conter cette histoire à qui voulait l'entendre et nombreuses furent les oreilles qui s'étaient tendues. Elle avait appris alors comment ce chevalier avait bravé les dangers pour libérer la dame des griffes de Cadoc de Lauzac.

Toutefois ce n'était pas les exploits qui faisaient un homme mais son attitude hors des combats et beaucoup de rumeurs avaient circulé sur le compte du chevalier d'Ernal. On le disait moralement affaiblit, mort de l'intérieur puis revenu soudainement à la vie, blessé mais pas tué pour sauver sa famille de la ruine. Arnoul de Stern les avait beaucoup aidé à reconstruire leur fief et avait notamment organisé le mariage de la soeur de Walther Hohenburg, liant ainsi les deux familles à jamais et donnant à leur fief un nouveau seigneur. On le disait entré dans un ordre religieux, puis redevenu chevalier. La patte du vieux Arnoul avait agi par là sans doute. En tout cas, beaucoup de choses s'étaient passé dans la vie du guerrier. Beaucoup pour finalement que dans celle d'une dame.

Elle regardait les braises crépiter et se laissait bercer par le blizzard sifflant qu'elle connaissait si bien pour l'entendre chaque hiver. Ses yeux étaient perdues dans le vague alors que la douce et claire voix masculine du chevalier d'Ernal s'élevait dans leur abris de fortune, faisant danser sur les braises, les notes d'une mélodie mélancolique que sa voix entonnait.

Et sa vie à elle... Qu'elle était-elle finalement? Qui était Aliénor de Wenden ? Qu'avait-elle fait à part profiter de sa liberté, courir les terres de sa famille qu'elle connaissait déjà par coeur depuis l'enfance. Elle avait appris les mêmes choses que son frère et pourtant on l'avait toujours tenu à l'écart, excepté pour tenir la seigneurerie lorsqu'aucun homme de la famille n'était présent. On attendait d'elle d'être une bonne épouse et dans l'attente de simplement profiter de la vie, ne pas trop réfléchir et surtout de se tenir correctement. Sauf que cette vie qu'on voulait lui faire vivre ne lui convenait pas. Elle le sentait. Elle avait besoin de vivre les choses. Elle ne voulait pas simplement entendre ces récits de bataille, elle voulait en être, être dans la mêlée, courir avec les autres soldats et ressentir tout ce qu'ils ressentaient. La sensation que l'on ressent lorsque sa flèche atteint sa cible et sauve l'un de nos compagnon. La joie d'avoir libéré une ville du joug de l'ennemi après avoir sué pour la conquérir. On lui reprochait son sexe alors qu'elle n'y pouvait malheureusement rien et cette situation l'énervait de plus en plus. Elle le savait, elle avait de la chance. Son frère était clément et ne la marierait pas sans son accord mais en soit, ce qu'elle voudrait au fond est malheureusement impossible, elle en a conscience. Elle voudrait se marier par amour et non subir son mariage, ressentir toute la folie d'un sentiment amoureux et sincère. Toutefois là n'était pas ce que l'on attendait d'elle et finalement, même si elle s'y résignera sous la pression fraternelle elle le sait, elle ne veut pas être contrainte mais choisir la manière dont elle souhaiterait vivre sa vie sans que sa condition ne soit plus un obstacle. Elle vivrait les choses parce qu'elle désire les vivre et non parce qu'on la contraint.

Soudain la mélodie s'arrêta aussi doucement qu'elle avait commencé. Elle plongea alors son regard vert dont la lumière orangée des braises mettait en valeur l'éclat, dans les yeux bleus vifs et pleins de vie de leur ménestrel d'un soir et lui sourit sincèrement, amicalement, sans doute pour la première fois. Son talent pour la musique était un enchantement et pourtant Aliénor n'était pas du genre à apprécier de rester assise sur une chaise à écouter des ménestrels jouer leur art. Le blizzard semblait s'être apaisé.

*Le calme avant la tempête* se disait-elle.

- Je vous propose de profiter de cette accalmie pour nous reposer messires. La journée de demain sera longue si vous souhaitez rejoindre Wenden.

Elle s'allongea du mieux qu'elle le pouvait avec le peu de place dont ils disposaient dans la tour avec les chevaux qui avaient été mis à l'abris, leurs affaires, le repas et leur propre personne. Finalement elle réussit à s'endormir sans difficulté, du sommeil paisible de ceux dont la vie est faite d'insouciance.

Le jour était à peine levé qu'Aliénor émergea d'un sommeil pour le moins réparateur. Elle se redressa légèrement sur ses coudes et regarda les membres de l'Ordre ronfler plus ou moins paisiblement mais également leur capitaine. Il avait un visage tellement doux et apaisé qu'elle en sourit. Elle ne comprenait pas vraiment en quoi ça la réjouissait mais au final, elle sentait qu'elle l'appréciait et puis, elle se souvenait de l'enfant qu'il était, de sa gentillesse en se disant qu'elle ne le lui avait pas très bien rendu, bien au contraire, elle s'était montrée très ingrate. "L'impulsivité de la jeunesse dans toute sa splendeur !" dirait Arnoul de Stern mais l'âge adulte et la perte à la fois de son père bien aimé, la disparition de son frère et la perte de Wenden l'avaient apaisée, forgée.

Elle se leva alors le plus doucement qu'elle le pouvait afin de ne réveiller personne. Elle rangea ses affaires dans les sacoches qui étaient restées accrochées à sa monture. Elle remit sa cape sur ses épaules qui à défaut d'être chaude, était au moins sèche, avant d'ouvrir la porte et de sortir le plus silencieusement possible. Elle prit le temps de prendre une grande bouffée d'air bien frais avant de monter en selle et de chevaucher au pas malheureusement à cause de la hauteur de la neige qui était tombée pendant la nuit, vers Wenden où ses gens devaient être morts d'inquiétude pour elle à l'heure qu'il était.

Elle arriva finalement en début de matinée au château qui l'avait vu naître et dont elle connaissait les moindre recoins. Forcément on se précipita immédiatement sur elle, la sermonnant d'avoir pris un tel risque. Elle prit congés de tous, la tête dans les nuages et demanda à ce qu'on lui fasse couler un bain bien chaud. On tenta de l'informer de la venue peu avant la tempête, de membres de l'ordre du Calice qu'elle coupa son interlocuteur pour finir son propos à son grand étonnement. Elle leur demanda à ce qu'ils soient traités avec toute l'amitié dont Wenden savait faire preuve et qu'on les rassure sur le fait qu'ils étaient les bienvenus au château autant qu'ils le désiraient. Elle monta enfin jusqu'à la salle de bain où elle troqua ses vêtements mouillés et gelés qu'elle affectionnait tant, les confiant à sa femme de chambre et lui demandant de lui rapporter ses habits de damoiselle de la couleur qu'elle préférait (le violet lavande), pour un bon bain chaud et apaisant. Elle s'y détendit avec délectation, repensant aux paroles de la chanson que le chevalier d'Ernal leur avait si bien chanté la veille, laissant à Astrid Calaan encore un peu de répit avant de redevenir Aliénor de Wenden

Une fois l'eau devenue froide, elle quitta son bain, offrant son corps nu où perlaient de transparentes gouttes d'eau qui s'amusaient à caresser sa peau douce et ambrée par le soleil, en tombant au sol à ses femmes de chambre qui la séchèrent, la parfumèrent et démêlèrent ses longs cheveux d'un roux flamboyant afin de revêtir des habits plus appropriés. Ainsi, après avoir caché sa nudité par de délicats sous-vêtements, on ceintura sa taille d'un corset assez serré (je vous fais gré des jurons d'Aliénor à chaque fois que ses femmes de chambre tiraient avec force sur ses lacets pour serrer cet instrument du diable) pour enfin orner son corps d'une belle robe couleur lavande et brodée d'argent. Elle s'assit ensuite pour laisser sa coiffeuse s'occuper de ses cheveux avec talent. Elle en fit une jolie coiffure, attachant les cheveux d'Aliénor sur les côtés en demi-queue pour laisser le reste de sa chevelure libre. Le tout était orné de petites parures de cheveux faites de perles blanches, sans toutefois aller trop loin dans l'ornementation mais en restant simple.

Une fois pomponnée, elle sortit de la torture pour affronter de nouveau la réalité. Le temps reprenait ses droits. Elle resta une seconde à profiter des bienfaits des rayons du soleil qui caressaient sa peau propre et réchauffée avant de retourner à la dure réalité. Elle allait s'enquérir du courrier lorsqu'un garde courut à elle pour l'avertir qu'un petit groupe composé de 4 hommes dont trois religieux et un chevalier voisin, était arrivé au domaine et demandait audience. Un léger sourire s'afficha sur son visage avant qu'elle ne donne l'ordre de les faire entrer dans la grande salle d'audience où elle les attendrait. C'est ainsi ce qu'elle fit, assise sur le siège que son père et son frère avaient occupé avant qu'elle ne prenne l'intérim, entourée d'un contingent d'hommes de confiance, appartenant à la garde personnelle de son désormais chancelier de frère et à qui il avait donné pour mission (et pas la plus facile d'entre elles) de la protéger. Elle attendit là ceux qu'elle connaissait déjà, se délectant à l'avance de leur surprise mais redoutant un peu leur réaction lorsqu'ils découvriraient la supercherie.


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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeVen 4 Aoû 2017 - 9:19


Ce fut un réveil glacial, de ceux que l'on ne souhaiterait jamais connaître. Ni les fourrures, ni le feu entretenu la nuit ne parvint à cesser la froideur hivernale. Pour cela, la Malelande était réputée. Tous savait ici qu'il ne valait mieux s'aventurer sur les sentiers arétans en plein hiver. Réveil douloureux donc. Une personne manqua à l'appel lorsque l'on se rendit compte que la jeune femme s'en était allée. Sa compagnie, si impromptue soit-elle, avait été appréciée par Walther et ses compagnons. Qu'était-il de mieux que la présence d'une femme pour réchauffer les coeurs meurtris ! Sans s'attarder plus longuement dans la vieille tour de guet, ils reprirent la route au petit matin. Si le trajet se passa dans le silence le plus complet, la vue de Wenden les soulagea grandement. C'est en rentrant dans la cité qu'ils la virent recouverte d'un épais manteau blanc. A tel point que l'on n'y distinguait les chaumières qu'à force d'imagination. Au temple de Néera donc ! Là où se trouvait le reste de l'ordre. Il ne leur fallut pas bien longtemps avant de trouver la ruine dont Wilfrid lui avait parlé. De toute évidence, il n'avait point menti. Là se trouvait l'ancien temple de la Damedieu, réduit à la ruine après une tempête. Un autre avait été construit un peu plus loin dans le bourg. Si-tôt arrivé, l'ordre avait eu tout le loisir de s'y installer après que le prêtre de Wenden eut vent de leur arrivée.

Ce n'est non sans pas un sentiment de nostalgie et de joie qu'il revit le frère Ecbert. Cet homme, qui avait désormais la quarantaine, affichait le port noble et la stature fière. Il avait rejoint l'ordre durant la campagne sgardienne. Premier lieutenant, Ecbert avait tenu les hommes en respect et les avait entraîné avec la patience d'un maître d'arme. L'homme était aussi pieux et avait voulu vouer sa vie au service de la dame. Heureux de le revoir, Walther le serra dans ses bras comme s'il avait salué un frère ou un père. Ce fut aussi le cas pour tous ceux qui les entouraient désormais. L'ordre avait grandi. De nouvelles têtes que voilà ! Jeunes et vieux, petits et grands, minces et corpulents. Il y avait de tout, à l'image de l'ordre qui s'était voulu dès le début éclectique. En conversant avec ses anciens frères d'armes, il y apprit bon nombre de récits. Plus ou moins les mêmes que ceux racontés par Wilfrid. Il y a prit par ailleurs que d'autres petites troupes s'étaient mise au service de la dame bien que certaines usèrent du prétexte divin pour faire régner leur loi.

Qu'allait-il faire maintenant ? Certains voyaient en sa venue le retour du capitaine. Ecbert lui-même lui en fit l'écho. Une idée germa alors dans son esprit. Pourquoi ne point les emmener à Ernal et demander au vieil Arnoul qu'il leur trouve une place et une utilité ? La guerre couvait pour le printemps. Trente hommes valides valaient probablement bien la peine qu'on les garde. Restait-il encore à en faire la demande officielle à celle que l'on nommait la dame de Wenden, soeur du comte en personne. L'ordre n'ayant point encore d'existence officielle et légale, le temps était venu d'y remédier.

Accompagné de frère Ecbert, Walther prit la direction de la forteresse en milieu de journée et demanda audience une fois arrivé au guet. L'un d'eux ne mit guère de temps à reconnaître le calice cousu sur la cotte d'arme d'Ecbert. Et il faut le dire, cela permit d'aller bien plus vite dans les démarches.

La forteresse de Wenden n'était point la plus belle, ni la plus grande. Elle était néanmoins pratique et bien construite. C'était une véritable place forte nordienne s'armant de remparts larges et hauts, ponctués d'un donjon et d'un logis épais et sommaire. Un véritable jeu d'enfant à défendre, mais un véritable cauchemar à prendre pensa celui qui s'était intéressé à la poliocertique dès son plus jeune âge. Ainsi on les mena à la grande salle pour l'audience. Salle effectivement haute, faisant apparaître une charpente en coque de bâteau inversé. On trouvait là purement et simplement l'architecture nordienne dans toute sa splendeur. Rustique, mais pratique se répéta-t-il.

Que ne fut pas surprise alors lorsqu'il aperçut au loin, assise sur le trône, la même demoiselle qui avait partagé leur abri de fortune durant la nuit. Que faisait donc la fille du forgeron, si ce n'est être à la place qui ne pouvait être sienne ? Tout d'abord surprit, il comprit petit à petit la supercherie lorsqu'il ne vit aucun garde s'évertuer à faire déguerpir la jeune dame. Prit d'un sourire au coin des lèvres, Walther salua sa prouesse et son mensonge qui n'eut sûrement pas d'autre but que de la préserver de quatre hommes armés. Habile et douée, elle l'était. L'étonnante familiarité qui avait alors sévit durant la soirée ne l'empêcha point point d'oublier les bonnes mœurs. Un genou à terre et une révérence finirent de le présenter. A son tour, Ecbert fit de même, ignorant quant à lui celle qui leur faisait face. Un jeu entre elle et moi, se dit-il.

-Ma dame de Wenden, c'est un honneur de vous rencontrer et un honneur de me présenter... une seconde fois, ajouta-t-il si subtilement que seule la dame et Ecbert furent en mesure de l'entendre. Je suis Walther Hohenburg, chevalier d'Ernal, chevalier lige du seigneur Arnoul de Stern. J'ai combattu avec votre frère durant les campagnes sgardiennes et si je n'étais point dans l'ost arétan lors de la grande coalition, je me suis battu au nom d'une autre cause toute aussi noble : la foi. L'homme qui est à mes côtés se nomme Ecbert, capitaine de l'Ordre du calice de notre très vénérée Dame-Dieu. C'est en son nom que nous avons combattu le drow et protégé les populations d'Oesgard.

-C'est un honneur ma dame, ponctua Ecbert en faisant une nouvelle révérence.

-Vous ne l'ignorez sans doute point, mais l'Ordre est en ce jour installé dans votre cité, à l'ancien temple néeraïte, ajouta Walther. Merci pour votre hospitalité et votre bienveillance. Je parle en leur nom car j'ai été autrefois leur capitaine et qu'il m’incombe désormais de m'assurer du bon avenir de l'Ordre. Ainsi, je vous demande ma dame de reconnaître officiellement son existence.

Par cela, il n'entendait point demander une reconnaissance religieuse. La dame n'y pouvait rien. Mais bien une reconnaissance juridique où l'ordre aurait de facto put être intégré au comté d'Arétria. Les deux partis n'en seraient que gagnants. Les uns trouvant une terre où s'installer, les autres trouvant un intérêt non pas seulement militaire mais aussi religieux. Walther fit quelques pas en afin que la dame ne soit plus qu'à quelques pieds.

-Vous avez bien grandi depuis les joutes d'Arétria, ma dame, chuchota-t-il.
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeVen 4 Aoû 2017 - 15:08


La petite supercherie d'Aliénor fonctionna à merveille pour son bon plaisir. Ainsi elle se délecta de voir Walther marquer un petit moment d'arrêt afin d'accuser la surprise en la voyant sur le trone de Wenden. L'écarquillement discret de ces beaux yeux bleus dans lesquels elle avait eu l'occasion de plonger les siens l'avait amusée au point de lui décrocher un sourire.

Elle fut étonnée de voir qu'il était accompagné d'un homme qu'elle n'avait pas eu l'occasion de rencontrer auparavant. Ils ne venaient sans doute pas pour le plaisir. La partie de jeu était ainsi terminée. Elle le regarda ainsi s'agenouiller respectueusement devant elle et ressentit alors une sensation très étrange qu'elle ne soupçonnait pas : le poids et la charge du pouvoir. Cette toute puissance qu'elle ressentait lui était jusque là, étrangère. En fait elle avait en soit, toujours été là mais Aliénor n'en avait tout simplement pas conscience. Elle se sentait légèrement grisée mais elle revient vite ànses esprit et alors que Walther se présenta à elle pour la seconde fois, elle inclina poliment la tête et le laissa lui présenter son compagnon.

Ainsi donc son ancien ordre recherchait une terre d'accroche... Le seul souci était qu'Aliénor aussi de Wenden aûelle était, n'était pas le seigneur de ces lieux mais n'en avait que l'intendance aussi, elle ne pouvait librement consentir à sa demande sans empiéter sur les pouvoirs de son frère et ànchacun ses pouvoirs (et surtout ses problèmes).

Autre chose qui perturbait Aliénor, sa demande n'était en rien anodine et demandait réflexion. Soit il s'agissait de mettre un ordre religieux au service d'un seigneur et dans ce cas, autant tout va pour le mieux tant que les actions de l'un s'accorde avec les idées de l'ordre. Dans l'autre cas, à quoi servirait cet ordre si d'aventure leur seigneur leur demande de se battre pour une cause contraire à leurs idées? Etaient-ils prêts à faire oeuvre de compromis ou deviendraient-ils les instigateurs d'une révolution pour destituer leur seigneur, au péril de leurs vies? Soit il s'agissait d'une demande de terres pour s'abriter et oeuvrer en toute indépendance et elle ne pensait pas qu'aucun seigneur en veille de grande bataille prendrait le risque de voir un ordre religieux s'implanter ainsi gratuitement en ses terres sans caution de lui être utile à quoi que ce soit. Quoi qu'il en soit, là n'étaient pas ses oignons en quelque sorte.

- Je crains de ne pas être le bon interlocuteur pour une telle demande messires. N'étant pas seigneur de cette demeure, même si j'y suis liée par le sang, je ne suis pas en mesure de prendre des décisions d'ordre à engager nos terres de quelque manière que ce soit. Je peux vous assurer néanmoins que je porterai votre requête à la connaissance du Chancelier qui ne manquera pas de vous faire connaître sa réponse dans des délais raisonnables. Quoi qu'il en soit, soyez assurés que tant que vos intentions seront pacifiques et que vous vous montrerez loyaux envers cette maison et les membres qui la composent, vous serez les bienvenus à Wenden. A moins bien sûr que mon bien aimé frère n'en dispose autrement, cela va de soit.

Elle ne pouvait leur apporter meilleure réponse. Alors qu'elle allait aborder un autre sujet, elle vit le chevalier d'Ernal s'approcha alors d'elle, n'étant plus qu'à quelques pas du trone de Wenden. Aussitôt, les gardes de son frère commencèrent à sortir les épées avant qu'Aliénor ne leur donne signe de cesser, autorisant ainsi ce dernier à approcher.

A lui de la surprendre. Ce qu'il lui chuchota lui prouva qu'il se souvenait d'elle. Sans doute son nom l'y avait aidé puisque trop de temps avait passé depuis leur dernière rencontre pour qu'il soit à même de la reconnaître physiquement mais elle n'avait pas quitté sa mémoire.

Et vous êtes devenu un homme paraît-il. Chuchota-t-elle également, sur le ton de la plaisanterie en lui faisant un petit clin d'oeil malicieux et amical.


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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeDim 6 Aoû 2017 - 1:45


Bien sûr que non. Sa demande n'allait pouvoir être que retransmise. Cela ne l'offusqua point. Qu'avait-il franchement à médire ? Cette douce et belle fille qui s'était dite fille de forgeron n'allait être que le premier maillon de la chaîne. Hors de cela, il vit une jeune dame comme il l'eut connu lors de ses première jeunesse. Qu'il se le rappela bien, une jouvencelle s'était montrée bien rude à son égard. Il n'avait été qu'un gamin en quête de connaissance à ce moment-là. Une rouquine, fière et hardie lui avait alors dit de déguerpir au plus vite pour ne point assister à sa grande tristesse. Cette petite rouquine, maintenant devant lui, avait alors bien grandie. Grande et belle dans sa tenue d'hiver, il n'osait point plus l'imaginer comme la forgeronne qu'il s'était imaginé.

Une femme du nord, voilà tout. Dans toute sa splendeur. N'y avait-il point plus de douce chaleur en ce moment d'hiver ?

Il l'a vit alors non pas comme la jeune fille pleureuse mais bien comme une dame d'Etat. Sa révérence n'en fut plus que démonstratrice. Il n'y avait guère là de quoi tergiverser.

-Je comprends et approuve vos dires, ma dame de Wenden, répondit-il le plus simplement du monde. Je resterai dans vos parages assez longtemps pour que vous puissiez me donner une réponse. fusse-t-elle négative, je l'écouterai et l'accepterai sans sourciller. A cela j'ajoute, dame Aliénor, que je me tiens à votre disposition.

Quant à la dernière parole donnée, Walther osa lever les yeux. D'un seul échange, il comprit à qui il avait à faire. La dame qui lui faisait face était la petite fille de ses souvenirs. Une fille devenue dame. Une dame, devenue grande.
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeDim 6 Aoû 2017 - 10:02


Aliénor regarda le chevalier d'Ernal se reculer pour retourner à sa place avant de se lever, les invitant à leur tour, d'un geste de la main, à se relever également, eux qui étaient restés agenouillés devant elle, comme le voulait l'usage. Quelque chose d'infiniment doux et de rassurant se dégageait de lui. Les choses avaient bien changées depuis le temps où ils s'étaient rencontrés petits. Aliénor était une fille assez arrogante dans ses jeunes années et ne s'embarrassait pas avec les enquiquineurs. Or ce jour là, sa tristesse de ne pouvoir assister son père dans les joutes comme le faisait son frère et d'être une fois de plus, rabaissée à sa condition de sexe faible l'avait rendu à la fois folle de tristesse et folle de rage. Elle avait toujours regretté, une fois la colère passée, ce geste car au final, ce jeune garçon n'avait fait preuve que d'une infinie gentillesse avec elle et il s'était pris en retour toute la colère et la tristesse de la jeune fille en pleine poire. Il y avait mieux comme première rencontre. Elle savait que ce n'était pas elle et depuis, s'était toujours attachée à rester maître de ses émotions afin de ne pas encore jeter sa colère, sa tristesse et ses frustrations sur de pauvres innocents qui ne lui avaient rien fait.

Ainsi debout, Aliénor se tenait droite de manière assez naturelle et dégageait à la fois une grâce et une prestance qui imposaient le respect en sa présence. Nul ne pouvait ignorer sa position et son rang et ce qui tranchait énormément avec la véritable Aliénor qu'elle avait pu laisser entrevoir sous le nom d'Astrid la veille au soir. Celle qui se montre au naturel, sans protocole, sans responsabilité, sans rien d'autre que la liberté. Elle s'avança alors vers les deux hommes en leur tendant la main droite, celle de la justice et de la droiture, afin de prendre congé d'eux, maintenant qu'ils avaient reçu une réponse à leurs questions et préoccupations.

- Il ne me reste plus alors qu'à vous souhaiter un bon séjour au sein de nos contrées. Puisse Wenden vous être agréable.

Elle attendit alors qu'ils prirent congé d'elle et au moment où elle allait proposer à Walther de rester un peu plus longtemps en sa compagnie afin d'échanger dans un cadre plus informel au cours d'une ballade pour rattraper le temps perdu, le jeune écuyer de l'un de ses conseillers arriva en courant dans la grande salle. Elle eut tout juste le temps de dire "Walther..."que, souhaitant passer entre les deux hommes plutôt que de les contourner, il les bouscula, manquant tout juste de tomber avant d'atterrir aux pieds d'Aliénor à genoux, lui tendant un petit message dans les mains et courbant la tête.

- Un pli de la plus haute importance d'Arnoul de Stern madame. Le messager était accompagné de sire Arnaud de Stern, de Musard de Krald et d'Almun de Helver

Aliénor jeta un regard surpris à la fois vers le jeune écuyer mais également vers les deux hommes qu'elle venait de quitter et qui tout aussi surpris qu'elle, regardaient la scène en se frottant l'épaule avant de se retourner pour leur laisser de l'intimité, le suivant ayant pris place en manquant de la politesse la plus élémentaire.

Que se passait-il donc pour que le vieux seigneur de Stern lui envoie autant d'hommes accompagner un simple message ? D'autant plus celui qu'il rêvait de voir épouser Aliénor et qu'elle se refusait à accepter. En général, le vieux bougre connu pour sa franchise et sa sagesse, ne s’embarrassait pas avec les détails et n'était pas connu pour gaspiller son temps et encore moins celui de ses hommes pour aller déposer du courrier. Aliénor craqua à la hâte le sceau de Stern et ouvrit la lettre fébrilement :

"Par la présente missive, monseigneur Arnoul de Stern, tient à vous faire parvenir ses plus sincères condoléances pour la perte de votre bien aimé frère, Roderik de Wenden, Comte d'Aretria et seigneur de Wenden et de vous assurer de son soutien en ces instants pénibles."

Aliénor avait lu tellement vite le pli qui la choquait qu'elle dû relire la lettre une seconde fois pour bien assimiler les choses et seuls quelques mots restèrent gravés, les plus importants : Roderik perte. Elle sentit alors un très grand vide se créer immédiatement en elle, un puits de tristesse sans fond. Elle voulait crier mais aucun son ne put sortir de sa bouche. Elle suffoquait, cherchait l'air à grande respiration. Elle laissa alors tomber la missive négligeamment et recula en arrière. La grande salle avec son toit peu commun en forme de bateau renversé, tournait dans sa tête. Elle sentit alors la terre se dérober sous ses pieds et de ne souvint plus de rien, pas même de la douleur que lui provoqua le sol lorsqu'elle tomba à la renverse et qu'elle se cogna la tête devant le trône, ni même des cris d'effroi de l’écuyer lorsqu'il la vit tomber à la renverse alors que Walther de Hohenburg et son ami Ecbert étaient arrivés aux portes de la salle pour prendre congés.


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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 8 Aoû 2017 - 9:51



Qu'avait-elle voulu lui dire avant qu'un brutal écuyer étrangement familier les percute. Dans le silence, ses dires disparurent pour laisser place à une énigmatique et surprenante présence. Il tenait un vélin dans ses mains à l'adresse de la dame de Wenden. Walther se sentit en trop et entreprit de quitter les lieux. Lorsqu'il reconnut enfin le visage de l'écuyer, il comprit que le vieil Arnoul était de la mise. Ne sachant point si cela pouvait bien avoir à faire à lui, il resta sur ses gardes et s'avança lentement vers la sortie. Il vit ainsi l’engeance du Sternois, Arnaud, avec qui il avait combattu maintes fois, puis d'autres capitaines du vieillard. A regarder leurs trognes, solennelles et tristes, il ne lui fut guère compliqué de réaliser qu'une chose n'allait pas. C'est à ce moment précis qu'il entendit quelqu'un chuter juste derrière lui.

La dame Aliénor était à terre, comme abattu par mille carreaux. Sans réfléchir, ni même comprendre ce qu'il venait de se passer, Walther se jeta à son chevet et fit en sorte de passer la main derrière son crâne afin d'y déceler du sang. Rien. Toujours inerte et inconsciente, il n'osa la bousculer devant ses gardes, ni la gifler. Que nenni, il n'aurait osé !

-Qu'on lui apporte de l'eau céans !

Si l'un des gardes rechigna à accepter son ordre, un autre sorti de son ceinturon une petite gourdasse.

-Ne serait-il pas plus prudent de... sans mot dire de plus, Walther lui arracha son outre des mains et versa le contenu sur le visage de la dame.

L'eau fraîche eut l'effet de faire réagir la Wenden jusqu'à ce qu'elle recouvre peu à peu conscience. Sous les regards penauds des gardes, d'Ecbert et des Sternois, Walther lui réchauffa ses mains glaciales, quitte à braver les interdits. C'était qu'elle les avait fichtrement froides.

-Ma dame, vous êtes tombée à la renverse et  êtes transie de froid. Vos gardes vont vous mener en vos appartements pour que vous puissiez récupérer, ajouta-t-il avec douceur. Vous ne craignez plus rien.
,
Les gardes prirent le relais et aidèrent la jeune femme à marcher. De son côté, son attention se porta tout aussi tôt vers le Sternois. Il lui fallait comprendre ce qu'il venait de se dérouler. Les Sternois avaient été les détonateurs, ils ne réussiraient à le lui refuser.

-Que s'est il passé ?  s'enquit-il au près d'Arnaud.

Ce dernier, l'air grave et austère, ne mit guère de temps avant de cracher le morceau.

-Le comte est mort, Walther.
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 8 Aoû 2017 - 14:26


Aliénor était perdue dans les limbes de ses pires cauchemars. Sans Roderik qu'allait-il advenir de Wenden, de tout ce qu'elle avait connu, d'elle-même? Elle se sentait perdue dans un immense vide et le vieil Arnoul qui venait de nouveau à la charge avec ses foutus projets de mariage. Que pensait-il donc ? Qu'alors qu'elle perdait l'être dont elle était la plus proche au monde, avec qui elle avait grandit, appris, bataillé pour récupérer par le glaive ce que le sang leur avait donné puis reconstruit pierre par pierre. Ils avaient vécu tellement de choses ensemble et les derniers évènements, sa nomination en tant que Chancelier du royaume, la confiance que le Roy avait placé en lui, n'était qu'à la hauteur des talents et n'était que justice. Qu'allait-il donc advenir de tout cela ?

Elle avait froid... tellement froid... Elle se sentait mourir, elle voulait mourir et ne pas affronter le reste, la vie sans son frère, sans Roderik. Maintenant elle allait devoir accepter l'inévitable, se marier pour ne pas finir indigente. Ne plus connaître l’insouciance et la liberté, voilà ce qui l'attendait et son corps tout entier s'y refusait.

Soudain, elle sentit une douce chaleur envahir ses mains et la ramener quelque peu à elle. Elle entendit cette voix si douce qui la veille la berçait de chants de guerres d'une autre époque, d'un autre monde, un monde avec Roderik. Cette voix qui hier se voulait douce, aujourd'hui se voulait rassurante. Elle ne craignait rien... Comment se pourrait-il quand au contraire, tout était à craindre ? Elle aurait voulu ouvrir les yeux, parler. Elle entendait et bougeait la tête mais ses yeux refusaient de s'ouvrir et sa bouche d'émettre le moindre son. C'est alors qu'elle sentit des bras la soulever et bouger. Les gardes de son frère l'emmenaient sans doute dans ses appartements à la vue de toute l'assemblée. Elle les sentit monter les étages, entendit des voix féminines, ses femmes de chambres sans doute indiquer aux hommes où la déposer. Elles prirent soin d'elle, la mirent dans ses draps, rajoutèrent des peaux de bêtes fourrées pour qu'elle ait bien chaud, s'enquérir que les oreillers étaient bien moelleux et le tout bien douillet.

Roderik n'était plus... et bientôt tout Wenden serait au courant. La seigneurerie reviendrait à Iselda qui en disposerait comme bon lui semblerait. Elle n'avait pas le plaisir de bien la connaître. A vrai dire, elle n'avait jamais eu l'occasion de la rencontrer. Tout s'était enchaîné si vite. Les batailles, le mariage, l'attribution du Comté à Roderik, sa nomination en tant que chancelier... ils n'avaient eu le temps de rien. A peine de correspondre. Elle aurait dû laisser à l'un des conseillers de son père la gestion de la seigneurie de Wenden pour aller rejoindre son frère, l'aider, passer du temps avec lui. Ou même aller voir Iselda, la rencontrer... Toutefois son frère avait été si peu chaleureux dans ses propos au sujet de sa femme... elle n'avait pas osé la déranger. Maintenant toute cette inaction allait sans doute se retourner contre elle...

Puis elle plongea dans un intense sommeil, fait de cauchemars, de batailles, de la mort de Roderik sous toutes ses formes, des souvenirs également lorsqu'elle avait appris que Wenden allait être assiégée, de la première femme de Roderik et son premier enfant qui venaient lui demander des comptes, ou rire de ses malheurs, selon les versions. Quelques heures plus tard, elle revient à elle, ouvrit doucement les yeux et regarda autour d'elle. Ses femmes de chambre avaient une mine à la fois inquiète et triste. Aliénor se redressa dans son lit malgré la migraine qui la tiraillait. Elle eut en un sens la surprise de constater qu'on l'avait un peu dévêtue pour qu'elle n'ait pas trop chaud. Elle demanda ce qui s'était passé pendant qu'on la rhabillait quelque peu, elle avait autre chose à faire que de se prélasser dans le lit, même si elle avait conscience qu'elle devait le garder encore un peu tant sa tête tourna lorsqu'elle voulut se lever contre les réprimandes de ses dames de chambre. On lui raconta alors la missive (mauvais souvenir, elle s'en serait bien passé) ainsi que la réaction du chevalier d'Ernal. Elle demanda alors à ce qu'on fisse appeler le messire Hohenburg et qu'on alla chercher une petite boîte dans le bureau de son père qu'elle indiqua tout à fait précisément. Pour ce qui était des messagers de Stern, elle s'en occuperait plus tard. Elle donna en attendant l'ordre de bien les traiter et de leur accorder s'il le fallait vraiment, l'hospitalité qui était de mise pour des alliés de Wenden, sans en faire trop non plus. Elle n'avait pas envie de voir Arnaud de Stern se sentir trop vite chez lui, même si elle allait sans doute devoir accéder à la requête de son grand-père et l'épouser, maintenant que Roderik n'était plus... Cette supposition lui donnait envie de vomir, à moins que ce ne soit la migraine qui la tiraillait?

Lorsque ce dernier, qui avait dû rester dans les parages visiblement vu le peu de temps qu'on mit à le trouver et à le faire venir à elle, entra dans sa chambre, tout penaud qu'il était, elle lui sourit poliment en lui tendant sa main et l'invita à s'asseoir afin de lui faire comprendre que ce n'était pas la dame de Wenden qui s'adressait à lui mais Aliénor.

- Merci d'être venu si vite messire Hohenburg. On m'a relaté ce qui s'était passé tout à l'heure et je tenais à vous remercier pour votre aide précieuse tout à l'heure dans la grande salle. Recevez ma plus profonde gratitude et ceci en présent. C'est modeste mais j'espère que ça vous plaira.

Elle lui tendit alors la petite boîte qu'on lui avait apporté quelques minutes plus tôt. Elle la tendit à Walther qui y découvrit en l'ouvrant un collier fait d'une chaîne solide mais discrète en argent et un pendentif représentant un cheval cabré, insigne de Wenden.

- Acceptez ce modeste présent en gage de reconnaissance et d'amitié de Wenden.Elle chuchota alors pour que lui seul puisse l'entendre. En espérant que vous le porterez aussi en mémoire de moi.

Elle le gratifia d'un sourire sincère et amical mais elle perçut une certaine tristesse dans son regard et de gêne. Sans doute avait-il été mis au courant de la mort de Roderik par les sternois. Elle se sentit obligée de clarifier un peu la situation.

- Arnoul de Stern a cru bon en geste d'amitié de faire porter un tel message par son petit-fils Arnaud avec qui il a pour projet de me marier. Cela fait des mois qu'il tanne Roderik pour qu'il lui donne ma main mais je m'y refusais jusque là et avec Roderik, ma volonté était reine en quelque sorte. Il a cru bon dans les circonstances et pensant sans doute que j'étais déjà au courant, de me rappeler cette alternative au besoin.

A elle maintenant de se sentir un peu gênée. Elle savait que d'ordinaire, on n'évoquait pas ces choses là à d'autres qu'à sa famille proche mais elle n'en avait plus. Elle ne le réalisait que maintenant. Elle était la dernière des Wenden, mise à part son neveu qui venait de naître et Iselda par alliance (ce qui ne comptait pas vraiment aux yeux de la belle rouquine). Elle n'avait plus personne de qui se sentir proche désormais.


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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 8 Aoû 2017 - 16:21



Si le Sternois s'était étonné de sa venue, il n'en eut cure. Leur entretien fut cordial et bref, assez pour qu'il apprenne que le fils d'Arnoul était aussi venu pour demander la main à la dame Aliénor. Rusé comme un renard, le vieil Arnoul n'avait point perdu de temps. Pourtant il vit là une grande maladresse d'annoncer la mort d'un frère et de demander des épousailles. Sans juger le sire Arnaud, il le laissa vaquer à ses occupations tandis qu'il s'affairerait aux siennes. Il avait promis à la dame qu'il ne quitterait Wenden sans une réponse. A quoi cela l'avait-il engagé ? Une énnéade, un mois ? Que dirait sa soeur et les siens tandis qu'il était parti quémander une chose pour des fantômes revenus du passé ? Ensemble alors, au sein du temple de Néera, ils mirent genoux à terre au nom du comte défunt. Leur prière resta silencieuse, comme pour celle que l'on donnait aux morts. Lui-même se refusa d'administrer la messe, préférant se recueillir dans la plus grande solitude. Perdu dans ses pensées, il chercha à se souvenir du comte Roderik. Un homme discret et loyal. Capable du meilleur dans les pires circonstances. S'il n'avait vraiment combattu à ses côtés lors de la prise d'Amblère, il avait néanmoins apprit que l'homme s'était blessé. Lui aussi avait du avoir le cœur meurtri par ce chaos. Lui aussi avait du avoir ses propres démons contre lesquels lutter. Mais il était mort loin de chez lui, loin des siens. Sa soeur en avait perdu la conscience. Qu'adviendrait-il alors de ses terres ? Qu'adviendrait-il d'Arétria tout entière ?

Un messager du castel vint le trouver et le quérir de toute urgence. La dame l'appelait. Aussi-tôt crut-il qu'on avait dû lui conter ses faits. Y avait-il seulement là de quoi s'enorgueillir ? La bonté était innée chez tous les hommes. Seuls les plus immondes décidaient de l'oublier. Il reprit ainsi la route de la cité forte, accompagné des gardes de Wenden arborant fièrement sur leur plastron le cheval cabré. On le mena dans la chambrée. Au fond de la pièce, allongée sur le lit, il la vit et vint à ses côtés. Ne sachant pas quelle posture adopter, il s'agenouilla comme il l'avait fait auparavant, attendant qu'elle lui parle.

L'honneur le frappa lorsqu'elle le remercia et lui donna en récompense un cadeau. Gêné par cette si brusque gentillesse, il ne put décliner. Et lorsqu'il vit le collier à l'effigie du blason des Wenden, la gêne n'en fut que plus visible. Il le serra pourtant de ses mains en l'écoutant parler. Jamais on ne lui fit si grand cadeau hormis celui d'avoir jadis trouvé en la Damedieu la rédemption. Sans lui laisser le temps à la réponse, il entendit prononçer de la bouche de la jeune Aliénor les doutances qui la tiraillait.

Les responsabilités lui était tombée dessus comme une hache sur le cou d'un prisonnier. Le lien avec la présence des Sternois dans la cité ressurgit brusquement. Si brusquement qu'il se vit être dans la position du confident et du commanditaire à la fois. Arnoul étant son seigneur lige, qui était-il pour se voir répondre à de tels engagements ? Son devoir de bon vassal l'obligeait à intercéder en faveur de son suzerain.

-Toute personne devrait être libre de ses actions, dame Aliénor... dit-il dans un murmure avant de se raviser. Le seigneur de Stern est un homme de bien, je ne puis aller à son encontre...

Que valait pourtant un Comté avec à sa tête une veuve épleurée et un héritier à peine né ? Que vaudrait la Malelande après un tel coup porté ? Ce ne fut alors pas la dame qu'il vit lorsqu'il la regarda dans les yeux, mais la jeune fille arétane pleurant son triste sort lors des joutes. Elle qui avait un nom et une posture bien plus grande que la sienne, se référait à lui pour une question si épineuse. Eut-il était son frère défunt qu'il l'aurait protégé contre de telles craintes. Hors, il n'était qu'un piètre chevalier sans terre et sans fortune, bien incapable d'une telle prouesse.

-Qu'aurait voulu votre frère  ? Ajouta-t-il sans véritablement vouloir quérir de réponse. Que vous dit votre raison et votre cœur ma dame ? C'est là tout ce qui importe.

Son sourire se voulut rassurant bien qu'il ignora si sa présence y changea quoi que ce soit. A son tour, il ne fut plus que le gamin voulant apaiser la tristesse d'une petite fille.

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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 8 Aoû 2017 - 18:23


Aliénor le remercia du regard d'être passé visiblement du vassal loyal à celui d'ami. Elle n'avait pas besoin de plus que quelqu'un qui lui parlait à coeur ouvert, comme son frère l'aurait fait. Bien évidemment à la différence près qu'il avait toujours vécu près d'elle et que Roderik la connaissait tout simplement et littéralement par coeur au point de devancer parfois ses pensées. Elle réfléchit ainsi intensément à sa question, profitant de ce temps pour doucement poser sa main sur celle de son interlocuteur, l'incitant à ouvrir sa main dans laquelle il serrait le présent qu'elle lui avait offert. Elle saisit le pendentif logé au creux de sa main avec douceur, touchant au passage cette main ferme et quelque peu rugueuse du fait des combats menés depuis ces dernières années. Elle écarta silencieusement la chaîne du collier pour le faire passer par la tête de cet homme qu'elle connaissait depuis l'enfance. Elle plaça le pendentif au centre, avant de caresser le cheval cabré, symbole de sa famille. Sa famille ? Il n'en restait plus grand chose. Leurs terres étaient dorénavant assez affaiblies par la perte de son frère. Une veuve et un bébé à la tête du Comté n'allait pas dissuader les plus viles charognes. Elle réfléchissait à cela aussi.

Qu'aurait voulu Roderik ? Il aurait tout simplement voulu qu'elle soit heureuse. Toutefois l'attitude d'Arnoul était terriblement déplacée et provoquait en elle-même la colère d'Aliénor. Comment ce vieillard pouvait s'imaginer une seule seconde qu'elle avait la tête aux projets de mariage alors qu'elle venait d'apprendre la perte de l'être le plus cher qu'elle avait en ce monde ? A cela, son frère la tempèrerait également. Il connaissait son impulsivité, il l'apaiserait (ou plutôt lui gueulerait de se calmer un peu et d'arrêter de faire l'oiseau courroucé pour rien). Il la ferait réfléchir. C'est là sa chance d'échapper à tout cela. Ce n'est pas le moment, elle a besoin et de temps et de voir plus clair dans les intentions du Comté et des vassaux. Allaient-ils laisser Iselda redevenir Comtesse d'Aretria étant donné l'existence de Karl ou allaient-ils chercher à immédiatement la remarier ?

Que lui disait son coeur ? Son coeur n'était pas à cet homme, son coeur était libre et n'appartenait qu'à elle et pour le moment son coeur ne le guidait pas vers celui qu'Arnoul ou même que son frère avaient prévu pour elle. Son coeur était actuellement touché par quelqu'un d'autre pour qui elle avait suffisamment de sympathie pour lui avoir offert un présent que rares furent les hommes qui pouvaient se vanter de le porter. Quelqu'un pour qui elle avait assez d'amitié pour sentir qu'elle pouvait se confier et qui s'ouvrait à elle de la même manière, sachant que pourtant son intérêt était ailleurs. Elle posa alors sa main contre le torse de Walther de Hohenburg, les armoiries de sa familles étant le seul rempart entre sa main et les vêtements du jeune homme agenouillé devant elle. Aliénor pouvait pratiquement sentir les battements du coeur de son interlocuteur. La fine et délicate main parsemée de discrètes cicatrices laissées par la chasse se nourrissait de la chaleur que le corps sur lequel elle était presque posée dégageait, cette même chaleur qui l'avait réchauffée un peu plus tôt dans la journée. C'était comme si elle déposait tout son coeur dans ce blason que sa famille avait tant chéri et pour lequel ils avaient tant sacrifié. Elle leva alors ses yeux verts dans les siens et y plongea comme si elle pouvait lire son âme. Une flamme alors brilla de nouveau dans ceux de la rouquine et ils surent l'un et l'autre qu'elle avait des réponses à ses questions et qu'elle savait comment procéder.

- Merci beaucoup Walther, encore une fois. Lui parlant désormais comme à un ami des plus proches.

La porte s'ouvrant, Aliénor retira lentement sa main, comme si elle ne voulait pas rompre ce chaud contact. Un messager de sa maison s'inclina avant de s'approcher du lit de la dame des lieux. Il lui apportait deux nouveaux plis. Walther se leva alors, pensant qu'il était temps pour lui de prendre congés. Elle le retint en posant avec douceur sa main sur la sienne.

- Non restez s'il vous plaît, s'il s'agit encore de mauvaises nouvelles, vous pourriez bien m'éviter de me faire plus mal encore, mon ami.

Elle lui sourit amicalement mais toujours tristement (elle ne savait pas si elle rirait encore de nouveau) et inspecta les plis qu'on L'un marqué du sceau du Roy, l'autre de celui d'Aretria. Elle ouvrit le premier, échangeant avec le chevalier d'Ernal un regard surpris. Elle le parcourut et écarquilla des yeux béants. Il s'agissait de deux parchemins en vérité.

- Oh Roderik... Chuchotta-t-elle d'une voix aimante et pleine de nostalgie. Elle regarda Walther et vit de l'interrogation dans ses yeux. Elle lui expliqua alors avec douceur et une once de joie (juste une petite).

- Ils ont procédé à Merval à la lecture du testament de mon frère... Il me lègue la seigneurie de Wenden... Le document qui l'accompagne est le titre de propriété modifié.

Elle le regarda, rassurée et en soit soulagée, Wenden resterait entre de bonnes mains et elle pourrait librement garder son indépendance.

- En tant que seigneur de Wenden je peux ainsi vous répondre messire Hohenburg et accéder à votre demande. Je reconnais officiellement et juridiquement l'ordre du Calice. Les membres qui le composent seront libres de s'installer à Wenden et d'entretenir le temple de Néera. La seule chose que je demande en contrepartie est leur allégeance au seigneur de Wenden et à ne jamais porter atteinte à leur protecteur.

Elle regarda avec insistance Walther, elle savait qu'il parlait pour eux, même s'il était un ancien membre de leur ordre.


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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeJeu 10 Aoû 2017 - 8:41



Allégeance ? Le mot résonna brusquement en sa caboche. Les hommes qui avaient rejoint l'Ordre depuis la campagne d' Oesgard avaient été d'anciens soldats, chevaliers où même simple genses. La plupart avaient connu le servage et l'allégeance prêtée à un seigneur lige. Tous avaient renoncé à leur ancienne vie pour se dévouer à la Sainte Mère. Celle-ci se voulait être au dessus des Rois eux-mêmes. Comment prendraient-ils alors le fait de ployer de nouveau le genou ? Si l'Ordre avait pour vocation désormais de venir en aide au petit peuple, n'irait-il point contre sa volonté de servir un seigneur et d'obéir à ses quatre volontés ? Tant de questions qui l'assaillirent et l'empêchèrent d'exprimer sa joie à l'écoute de ces dernières paroles prononcées. Il lui faudrait en aviser les frères du Calice avant d'acquiescer. Lui-même n'étant plus le capitaine, c'eut été bien mal venu d'accepter aussi docilement. Voyant que la dame avait déjà souffert de la triste nouvelle qui lui était parvenue, il décida de choisir ses paroles avec le plus grand soin pour expliquer la situation telle qu'il la voyait.

-Je vous suis gré d'avoir accepté ma demande, ma dame, dit-il calmement. Mais je crains de m'être fourvoyé dans ma requête et qu'une incompréhension en soit née. Les hommes de l'Ordre ont tous prêté serment devant la Dame-Dieu. Prêter allégeance à un seigneur mortel serait comme faire passer le royaume des hommes au dessus de celui des dieux, me comprenez-vous ? Ce que je vous demandais dès lors n'était donc point que l'Ordre rejoigne votre coterie comme une simple compagnie de reîtres, mais bien que vous puissiez tolérer leur présence afin qu'ils ne soient point considérés comme des fanatiques et un danger potentiel. Reprit-il. Jamais cet Ordre n'ira à votre encontre, ni ne fomentera une rébellion, ni ne marchera contre vos gens. Leur vie est dévouée à Néera et cela est bien la vie qu'ils défendront et non la mort. Pour ce, je puis vous en donner ma parole d'honneur.

Telle était en réalité la raison de sa demande. Que l'Ordre ne soit plus reconnu comme une troupe de mercenaires, mais bien comme un Ordre religieux à part entière. Bien que la dame n'ait alors aucun pouvoir religieux, elle pouvait désormais tolérer leur existence afin qu'ils ne soient plus vus comme des fanatiques religieux. A la gardienne de Néera elle-même de leur accorder une place au sein du clergé et de reconnaître leur juste cause divine.

-Si vous refusez, je le comprendrai et demanderai à ces hommes de poursuivre leur chemin. Aussi je vous demanderai pardon de vous avoir fait perdre votre temps avec cela alors que d'autres préoccupations vous assaillent. Ce n'était point dans mon intention.

L' histoire du vieil Arnoul refit surface. Lui et son mariage alors... Pourtant, il savait la dame désormais sans véritable allié. Roderik mort, bons nombres chercheraient le meilleur parti. Qu'adviendrait-il de Wenden alors si sa dame se refusait un allié suffisamment puissant pour qu'elle ne soit plus inquiétée ? Il était de son devoir de l'en informer, bien qu'il s'imagina remuer de nouveau le couteau dans la plaie.

-Il semblerait que je sois moi aussi dans la même angoisse que vous concernant des épousailles. Arnoul souhaite que j'épouse sa petite fille Karla, celle-là même que j'ai délivré du joug du seigneur de Lauzac. Il ne m'a guère été donné la possibilité d'apprendre à aimer cette dame comme mes souvenirs d'icelle ne sont que trop faibles. Je me retrouve pourtant dans une situation telle que je ne puis refuser pour ne point brusquer mon seigneur, mais aussi pour pouvoir subvenir aux besoins des miens. Car c'est ce vieil Arnoul qui m'a délivré de mes geôles serramiroises et c'est ce même homme qui nous a fournit du bétail et des pierres afin que notre demeure ne soit plus une ruine.

Il ne s'était jamais livré de la sorte. Ses préoccupations étaient siennes mais faisaient pourtant sens avec l'histoire que vivait Aliénor.

-Mon cœur n'y est pas, mais la raison m'oblige.

A son tour, il toucha le collier qu'il avait reçu en présent. Voudrait-elle le lui reprendre après les mots qu'il venait d'utiliser ? Ils avaient été sincères pourtant, comme à son habitude. Il ne parlait pourtant pas une simple dame. Elle était celle qui portait le même sang que le défunt comte, celui-là même qui avait mené son ost par delà les murailles d'Amblère. Alors il sentit tout le poids de ce collier et ce qu'il représentait. Etait-ce ainsi qu'Aliénor avait voulu lui faire part d'une plus grande affection ? Ses yeux percutèrent les siens et il dut lutter au plus profond de lui pour ne point tomber sous le charme de la belle.
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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeJeu 10 Aoû 2017 - 17:52



Aliénor sourit quelque peu, visiblement ils s'étaient bien et mal compris. Ils désiraient la même chose mais l'exprimaient différemment, ce qui provoquait quelques malentendus. Aliénor allait devoir faire attention à être bien plus claire à l'avenir.

- Non messire, vous vous trompez. Je n'ai sans doute pas été assez claire. J'ai parfaitement conscience qu'il serait inconcevable à vrai dire, de demander allégeance à l'ordre du Calice. Je n'ose imaginer ce qu'il se passerait si d'aventure, le seigneur de ces lieux venait à leur imposer une action que dame Néera ne saurait accepter. Je ne souhaite pas mettre l'ordre ni les seigneurs de Wenden dans un tel embarras. Toutefois, je me sens rassurée par votre promesse que l'ordre n'attentera jamais à la seigneurie de Wenden qui ne saurait les solliciter pour autre chose que la défense de ceux qui sont placés sous la protection de la Damedieu. Si nous pouvions seulement l'acter, ce serait parfait à la fois pour l'ordre du Calice que pour les seigneurs de Wenden à venir.


Aliénor écouta avec attention la confidence du messire. Elle comprenait mieux la situation. Il se sentait redevable et comme à son habiture, Arnoul profitait de ses forces pour imposer ses volontés. Le vieux bougre s'en sortait bien en général. Néanmoins elle voyait que la position de Walther de Hohenburg était pour le moins difficile et ne savait comment y remédier pour le moment pour aider son ami.

- Comme je vous comprends Walther... Lui souffla-t-elle.

Elle le regarda parcourir le collier qu'elle venait de lui offrir tout en réfléchissant à une solution mais alors son regard plongé dans le sien interrompit tout mécanisme dans sa tête.

- Néanmoins, il est nécessaire que vous vous laissiez du temps. Peut être qu'avec un peu de chance, une nouvelle porte s'offrira à vous, vous permettant d'échapper à ce triste destin.


Elle disait presque ça autant pour l'un que pour l'autre. Elle aurait pu succomber à son charme immédiatement si le contact de ses doigts sur le sceau de la seconde missive de l'avait pas ramenée à la réalité. Elle revint alors à la réalité et ouvrit la seconde missive, celle qui venait d'Aretria et ce qu'elle y lut fit soudainement monter la colère en elle. Elle sauta du lit en oubliant totalement la douleur que lui provoquait sa tête pour filer derrière le paravent et enfiler sa tenu de chasse.

- On vient de m'informer qu'Iselda est retenue prisonnière contre son gré par son frère Ewald au château de Kalsburg. Ce dernier aurait envoyé un message à Aretria pour demander à ce qu'on lui attribue le titre de Comte d'Aretria qu'il a jadis refusé. Toutefois mon neveu ne serait heureusement pas sous son joug mais aurait été laissé à ses nourrices au château d'Aretria. En mémoire de mon frère, je dois aller la libérer. On ne peut le laisser faire impunément. Souhaiteriez-vous, vous joindre à mes hommes ?


Elle ressortir du paravent habillée dans sa tenue de prédilection mais les cheveux toutefois en bataille, qu'elle nattait en s'adressant au chevalier d'Ernal. Elle réfléchissait également à un plan d'attaque. Le château de Karlsburg n'allait pas être une mince à faire et elle ne disposait que de peu d'hommes pour réagir. Elle espérait que ses vassaux alentours allaient lui prêter main forte. Toute aide serait la bienvenue. Soudain, une idée lui vint à l'esprit.

- Walther, pensez-vous que les chevaliers de l'ordre pourraient nous prêter main forte pour cette cause ?

Une fois sa coiffure ainsi faite, elle regarda le chevalier d'Ernal avec toute la détermination qui pouvait être donnée à une femme du nord. Elle irait avec une armée ou seul car elle ne concevait pas une seule seconde de laisser un membre de sa famille, fusse-t-il par alliance.


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MessageSujet: Re: Le vent du nord [PV Alienor]   Le vent du nord [PV Alienor] I_icon_minitimeMar 15 Aoû 2017 - 17:22



Malgré l'hiver, Arétria était décidément en pleine efferverscence. Si l'affirmation faite par la dame, concernant l'Ordre, le rassura quelque peu, les nouvelles qui suivirent rajoutèrent une couche de mêlasse sur un tas déjà bien haut. Le comte mort, voilà que son épouse était partie se faire embastiller par son frère au château de Karlsburg. S'il vit là la tentative grossière d'un frère cherchant le pouvoir à tout prix. L'ambition démesurée mêlée à une action lâche et injurieuse ne fit que le pousser à la colère et à la plus grande indignation. Que ne fut alors pas sa réaction lorsque la dame Aliénor l'enjoignit à la suivre pour réclamer la libération de l'otage ? Il se retrouvait là dans la même situation que lorsque la petite fille du seigneur de Stern avait été faite prisonnière par le sire de Lauzac. Il n'y avait donc point de raison à tergiverser plus longtemps, Walther resta agenouillé et hocha la tête sans sourciller.

-Mon épée est vôtre, ma dame.

Quant à l'implication de l'Ordre, si Walther ne put parler en tant que leur capitaine, il parla en leur nom.

-La demande leur sera soumise, mais je gage déjà qu'ils vous rejoindront pour mettre un terme à cet acte lâche. Je vous en fais la promesse.

Aussitôt dit, Walther laissa un baiser sur la main de la jeune femme et fit une dernière révérence avant de repartir du château d'un pas pressé. C'est qu'il lui fallait encore plaider en la cause de l'expédition hivernale. Il retrouva ainsi Ecbert et les autres frères de l'Ordre au sein du temple. Les uns s'affairant à des corvées, les autres étant en prière. Ecbert ne manqua point de remarquer sa grande détresse et l'écouta ainsi parler durant une courte minute. A l'écoute de son récit, il fut tout simplement hors de question que l'Ordre reste les bras croisés. Une femme, qui plus est comtesse, était enfermée contre son gré, leur combat ne serait donc pas politique, mais bien religieux.

Décision prise, les frères remirent les épées à leurs ceinturons et entreprirent de rejoindre la troupe armée qui s'était déjà réunie sur la grande place du marché. Là-bas, Walther y retrouva la seule femme qui était en arme et montée sur un destrier. La vision fut saisissante car il réalisa à ce moment-là qu'elle n'avait vraiment plus rien de la petite fille. En la rejoignant, il vint se mettre à ses côtés et se surprit à laisser paraître un rare sourire.

-L'Ordre marchera à vos côtés, Aliénor.

S'ajouta ainsi à la troupe trente hommes parés de leur calice sur leur poitrail. L'allure était fière. Tous savait pourtant qu'ils s'engageaient à une expédition hivernale et que si les hommes de Karlsburg ne les tuaient pas, la neige le ferait.
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