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 [QG Aigle]Une page blanche | Fenris

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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Mer 12 Juil 2017 - 13:29





9e jour de la 8e ennéade de Verimios
9e année du XIe Cycle


Deux hautes silhouettes avançaient à grand pas au cœur de la ville vidée par le froid. Si les rues et les jardins étaient habituellement bondés d'elfes, petits et grands, le vent et la neige qui encroutait la cité blanche semblait être venu à bout des velléités des plus téméraires, ici où le climat restait normalement doux même au plus sombre de l'hiver. Les elfes n'étaient pas très sensibles au changement de température, aussi, une bonne cape ou un épais pardessus faisait généralement l'affaire. Mais tout de même, les grands axes semblaient  moins peuplés aux yeux de la grande femme rousse qui remontait l'un des boulevard menant à la place Tyral au côté d'un homme au regard farouche.

De sous la capuche de lourde cape de voyage qui l'avait protégée durant tout le trajet en bateau puis sur tout le chemins qu'ils avaient du se résoudre à faire à pied à cause du mauvais temps, elle regardait les minces flocons blancs poudrer silencieusement les façades couvertes de lierre mort. Les fontaines avaient été arrêtés. Les parterres étaient couverts de givres. Pourtant leurs pas à Rethiel et à elle ne faisaient presque aucun bruit... au contraire de leurs bouches.

Si le voyage jusqu'à Holimion avait été un havre de silence, le retour avait été aussi chaleureux que le temps avait été froid. Depuis ce fameux jours où ils avaient déjeuné ensemble après les rites des prêtres, ils s'étaient découvert une franche camaraderie basée avant tout sur des anecdotes militaires et un goût prononcé pour l'humour sous toutes ses formes. D'abord, l'Aigle avait été sur la réserve, mais la candeur qui émanait d'Halya lors de sa redécouverte du monde l'avait assez amusé pour qu'il consente à laisser un peu aller sa paranoïa... ou qu'il comprenne que l'état précédent de la protectrice était en effet du à un mal des plus ignobles. Bon, elle n'en restait pas moins assez étrange, mais au moins ce n'était pas un 'étrange' qui vous glaçait la moelle des os.

Le plus dérangeant pour lui, et il s'était moqué de sa protégée à chaque fois qu'elle avait cru bon de le faire, était quand elle s'éloignait un peu de leur camps pour hurler à la lune, chaque matin et chaque soir, dans l'espoir, disait-elle, se de faire pardonner par un ami. Non en fait, le plus dérangeant était d'entendre parfois une ou deux voix lupines répondre à son appel. Elle leur avait aussi évité plusieurs fois des ennuis sur la dernière part de leur voyage en les obligeant à contourner les zones de chasses de certains animaux ou en faisant un brusque détour sans raison apparente. Une fois, après un de ces caprices, il avait du faire un bout de chemin en arrière à la recherche d'un objet tombé de son sac sur la route. Il y avait renoncé en voyant des traces de pas qui avaient à peine craquelés la couche de gel. Des Noss... S'ils avaient suivit la côte comme prévu, il était sûr qu'ils auraient fini par tombé nez à flèche avec eux... Soit disant qu'elle "entendait la Symphonie des Arbres". A croire qu'elle était un peu druidesse...

A côté de ça, elle griffonnait dans un carnet de feuilles blanches récupérées à Holimion contre un coup de main pour la réparation de quelques toits après qu'une violente tempête ait heurté la petite cité. Lui gravait de petites figurines dans du bois mort ou tressait de petit paniers pour s'occuper les mains pendant leurs discussions ou les tours de gardes qu'ils s’astreignaient à faire avec les six autres voyageurs. Seuls trois navigateurs avaient refusés de laisser leur embarcation amarrée dans un replis de la cote pour terminer le voyage avec eux.

Ils avaient vraiment parlé de tout et de rien. Des batailles et des moments de paix. Ni la politique, ni les humains, ni la religion ne furent abordés et le cas de Randil et d'Unmiriel ne le furent que pour répondre aux interrogations guerrières de l'archer. Il confia la véritable raison de sa présence dans cette mission et Halya lui raconta quelques anecdotes sur Sandriel et les corvées dont ils avaient tous écopés à cause de lui. Elle raconta l'accident magique qui avait faillit l'emportée définitivement et en vint même aux faits d'Eteniril lorsqu'ils étaient loin des oreilles des autres, profitant de ce qu'il soit un Aigle pour ne pas avoir à lui cacher la vérité sur ce qui s'y était produit. Ils parlaient de leurs cités natales, Ardamir et Quatrième-Saison et comparaient leurs cicatrices comme d'autres la longueur de leur chevelure, Rethiel était vainqueur et de loin sur ce sujet de toute façon. Une ou deux fois, ils se trouvèrent même à envisager l'avenir proche de la protectrice. Bannissement ? Cloître ? Accompagnement par les prêtre ? Guérison acceptée par le Haut Conseil ? Toutes ces possibilités angoissaient la protectrice, mais elle gardait un sang froid digne des rumeurs courant sur la Dame Louve. A force, il en était même venu à espérer que tout se passe bien pour elle après son retour à Alëandir... Ce qu'il ne pensait jamais espérer au sujet d'une protectrice...

Au delà de leurs conversations discrètes, ils avaient partagés la route avec d'autres personnes, intéressante, ennuyeuses, facile à vivre ou énervantes. Des rires, des coups de sang, des crises de nerfs et des veillées, le froid ne semblait pas capable de briser certaines choses. Du coin de l’œil, Rethiel avait cru remarquer que sa protégée était de plus en plus tendue au fur et à mesure qu'ils touchaient au but. En y réfléchissant, ce n'était pas anormal remarque...

Au final, tout ce beau monde s'était séparé à l'entrée de la capitale et Rethiel avait continué seul avec Halyalindë en direction du QG des Aigles. Ils étaient de retour, les ordres voulaient que son supérieur en soit informé dans les lus brefs délais et avant même qu'ils se présentent au palais.

Arrivé dans les murs de ce qui tendait à devenir une deuxième maison depuis qu'il avait été recruté après Ellyrion, l'archer fit des pieds et des mains pour qu'on lui trouve l'un des deux lieutenants. Comme ni l'un ni l'autre n'était visiblement présent, les deux voyageurs s'orientèrent vers le Mess.

" J'espère qu'il sera vite là parce que si on doit réveiller l'intendant du Palais pour te trouver une chambre ce soir c'est encore moi qui vais trinquer...
- Ne t'en fait pas, au pire vous me trouverez un coins tranquille dans les casèr' et on ira avertir Arnorn demain matin.
- Là c'est le Lieutenant qui me passerait un savon.
- Nan mais forcément, si tu n'y mets pas du tien aussi... "

Elle lui tendit un sourire mi ennuyé, mi amusé tout en dégrafant sa cape. Chemise, pantalon, botte, et un coutelas. Elle était bien loin l'armure du Toer Tamindal... Mais au moins ces vêtements de voyage étaient tout aussi confortable même si elle regrettait l'absence de ses lames.

" Tien. On m'a dit qu'Eteniril devait renvoyé un certain nombre des effets que j'avais sur moi au QG des Aigles pendant mon absence. Tu pourrais te renseigner ? "

L'homme eux cheveux blanc et aux suspicieux yeux gris dévisagea sa camarade.

" Quel genre d'effets ?
- Armes, Armures, objets personnels.
- Arme et Armure des Aigles ?
- C'est important ?
- Oui si tu veux que j'aille me renseigner."

Elle soutint un moment son regard. Après huit ennéades de cohabitations et un voyage loin d'être de tout repos, elle savait pertinemment qu'il ne bougerait pas le petit doigt s'il ne comprenait pas les enjeux exactes de ce qu'elle lui demandait. Elle soupira avant de lui décrire.

- Une lame Aigle, une lame humaine, une lame et une armure forgées par le Toer Tamindal et deux trois babioles. Théoriquement ils pourraient aussi avoir retrouver ma jument mais je doute de la revoir un jour... content ?
- C'est pour ça que tu es tendue depuis notre arrivée ?
- ça c'est personnel et ça n'a rien à voir et... Bon, tu vas te renseigner, oui ou non ?
- Oui oui. acquiesça-t-il visiblement des plus satisfait. J'y vais. Prend moi quelque chose à manger en attendant, l'heure du déjeuné est presque fini et j'ai sacrément faim.
- ça marche.
- Et tu te fais discrète. ajouta-t-il déjà a moitié retourné. Pas envie que ton retour fasse le tour de la cité avant que le Capitaine, les Eperviers et le Régent soient au courant. "

Elle étouffa un rire étranglé. Elle avait la gorge serrée depuis qu'ils étaient entré dans la Cité, mais lui, il était égale à lui-même. Toujours aussi méfiant... enfin d'après lui ce n'était que de la prudence élémentaire.

" Du moment que j'ai quelque chose à me mettre sous la dent ça devrait aller.
- A tout de suite."

Après l'avoir suivit un instant des yeux, elle secoua la tête pour essayer de chasser l'idée qui l’obsédait depuis leur arrivée et passa la porte du Mess dans la quête exceptionnelle d'un repas chaud.

_________________
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Mériale de Beaurivages - Dame Louve - Maîtresse des forges

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Dernière édition par Halyalindë Yasairava le Mar 18 Juil 2017 - 15:34, édité 1 fois
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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Jeu 13 Juil 2017 - 20:42


Les deux Lieutenants étaient absents leur avait-on dit. Ce n'était pas tout à fait vrai. L'un d'eux n'était effectivement pas sur place mais le second était tout simplement occupé. Oh, il ne s'agissait pas d'une affaire délicate ou confidentielle mais il ne voulait tout simplement pas être dérangé davantage. La jeune recrue se tenait devant son bureau, droit, la tête haute, les épaules relâchées et les mains dans le dos. La question du jour : l'informer de la suite des évènements pour lui. L'officier avait sous les yeux le rapport qu'il avait demandé à ses instructeurs et achevait de le parcourir, laissant le jeune homme attendre sans que celui-ci ne semble s'en plaindre d'aucune manière. Puis il posa le parchemin sur son bureau et observa le cavalier qui lui faisait face. D'un simple coup d'œil, on pouvait deviner la condition dont il était issu et son potentiel mais on ne lisait pas sur son visage l'orgueil qui faisait parfois défaut à ceux de son âge.

-D'après ce que je lis, vous semblez vous remettre de votre dernière mission, Fenris. Mais je sais d'expérience que certaines anciennes lignées ne montrent que ce qu'elles veulent bien nous laisser voir.

Il plongea son regard dans celui de l'apprenti Tel'sorn, en appelant à sa sincérité.

-Comment allez-vous ?
-Comme vous l'avez dit, je me remets, Heru. Il m'arrive encore d'y penser et de chercher les erreurs que j'ai pu commettre. Cependant, je ressens moins de culpabilité qu'à mon arrivée.

Le Hest'sorn hocha la tête.

-Vous en ressentirez toujours mais c'est ce qui vous poussera à faire d'autant plus attention à l'avenir. Toutefois, je suis d'accord avec Urthel, vous n'avez commis aucune erreur et je ne saurais que trop vous conseiller de ne pas faire d'excès de prudence suite à ce qu'il s'est passé à Eteniril. Il y a un juste milieu à trouver.
-Oui, Hest'sorn.

Un sourire sans joie se dessina sur le visage de l'officier. Les conventions sociales militaires étaient parfois un peu étranges et très différentes de celles que l'on connaissaient dans la sphère civile ou politique. Pourtant, Fenris les maîtrisait toutes et les appliquaient sans jamais commettre d'impair. A croire qu'il était fait pour les trois...

-Je vous devais une réponse pour votre affection. Alors sachez que vous ne retournerez pas auprès de votre tuteur et, si la situation en Eteniril devait perdurer, je vous en choisirais un autre. En attendant, vous resterez ici et suivrez les entraînements matinaux avec vos camarades, comme vous le faites depuis votre retour.
-A vos ordres.

Le Lieutenant se leva, visiblement las, et commença à contourner son bureau. Dire qu'il n'était qu'à la moitié de sa journée... Pourtant, sa bienveillance envers Fenris, comme pour n'importe lequel de ses soldats, était parfaitement sincère. Le corps des Aigles était une véritable famille. On ne les dorlotait pas, il ne fallait pas croire, mais on prenait le temps de s'arrêter pour relever ceux qui étaient mal en point. A peine sorti d'une guerre aux conséquences tragiques, le cavalier était tombé dans une situation plus critiques encore. Il s'en sortait très bien jusque là mais, si le corps des Aigles avait besoin de renouveau après avoir perdu la moitié de ses effectifs en peu de temps, il ne devait pas pourtant bousculer trop vite leurs nouvelles recrues.
Arrivé devant son bureau, il s'assit à moitié et croisa les bras.

-D'après ce que j'ai entendu de vous, je vous imaginais plus chaleureux et plus bavard.
-Je le suis d'ordinaire. Je suis simplement... préoccupé.
-Je vois... Dit-il, peu convaincu par la réponse avant d'ajouter. Concernant Halyalindë, comme vous êtes proches, je vous avais informé de son retour imminent. Il est vrai qu'elle devrait déjà être arrivée mais vous avez pu constater vous-même l'état des routes il y a quelques ennéades. La situation est loin de s'être améliorée depuis donc son retard n'a rien de très surprenant.
-Je le sais, Hest'sorn. Répondit-il avec simplicité.

Fenris qui ne cillait pas. L'officier ignorait à quel point ils étaient "proches". Il savait simplement ce que les rapports disaient et ne pouvait qu'en déduire que les deux elfes étaient au minimum de bons amis, à défaut de frères d'arme ou plus encore. Il semblait donc naturel de lui donner les quelques nouvelles qui lui étaient parvenues afin de le soulager un peu. Cependant, le jeune Nöldorion attendait le retour de la Protectrice avec autant d'impatience que d'appréhension. Il ignorait si elle avait pu être soignée et jusqu'à quel point cela avait été possible. Il ignorait quelles pensés avaient pu traverser son esprit durant tout ce temps. La dernière fois, alors qu'il avait hâte de la retrouver enfin, elle avait émis le souhait de le quitter le jour-même de son arrivée alors que tout allait bien lorsqu'ils s'étaient séparés. A quoi devait-il s'attendre cette fois ?
Devant l'absence de réaction de Fenris, le Lieutenant décida de passer à un sujet plus joyeux et, surtout, de mettre fin à l'entretien.

-Vous avez mangé ?
-Non, Heru.
-Allez-y. Et, rendez-moi service. Passez au mess des officiers pour leur dire de garder une assiette. Dites-leur que j'arrive.
-A vos ordres, Hest'sorn.

Fenris salua son supérieur et quitta la bureau en prenant soin de refermer derrière lui. Il prit sans attendre la direction demandé par le Lieutenant. Dès qu'il avait fait ce qu'il lui avait demandé, il se dirigea lui-même vers le mess des soldats. C'était assez étrange d'être revenu à la Caserne et de reprendre une instruction. Il s'était habitué à la vie en plein air, les longues chevauchées, les campements sur le trajet. Vingt de carrière, c'était peu, surtout lorsque son instruction avait duré quatre fois plus longtemps, mais cela semblait avoir suffit pour qu'il se fasse à se dépaysement constant.
Arrivé dans la grande salle à manger, il se dirigea tout naturellement vers les tables de service pour se prendre une assiette lorsqu'il fut interrompu dans son élan.

-Fenris !

Il tourna la tête et aperçut un de ses camarades Aigles qui lui faisait signe. Sa table était presque complète, à l'exception d'une place en plein milieu puis quelques unes en bout.

-Viens, on t'a gardé de quoi manger.

Sans plus hésiter, il bifurqua dans la direction du petit groupe. Tandis qu'il approchait, il remarqua la bonne ambiance qui régnait là. Il scruta chaque visage. Il les connaissait tous. Peut-être pas de nom mais il reconnaissait à présent ses nouveaux frères qui séjournaient à Alëandir depuis un moment. Sur sa gauche, une discussion assez animée avait lieue. Sans même l'écouter, il savait de quoi on y parlait. L'un d'eux se tourna d'ailleurs assez rapidement vers son camarade fraîchement arrivé.

-Eh Fenris, c'est vrai ce qu'il raconte ? Comment tu as fait ça ?
-Aucune idée. Répondit-il avait sincérité.
-Tu devrais le travailler. Tu imagines, être capable d'endolorir un membre ?
-J'étais même plus capable de tenir mon arme !
-Ça peut être plus qu'utile en mission.
-Et si ça n'endormait pas que les membres ? Pourquoi pas endormir la personne, carrément ? Ça serait possible ?

Passant à la hauteur de sa victime du matin, Fenris passa sa main sur le bras dont il avait visiblement retrouvé l'usage depuis leur mésaventure du matin. Une légère onde électrique se fit sentir à ce contact.

-Tu serais prêt à essayer, Esmélion ?

L'intéressé retira rapidement son bras et Fenris eut un sourire amusé face à sa réaction.

-Eh ! J'ai même pas encore retrouvé toutes mes sensations. Le soigneur que j'ai vu m'a dit que ça allait revenir tout seul mais je suis pas près de vouloir retenter l'expérience !

Une vague de rires parcourut la table. Fenris prit place là on le lui indiquait. Une écuelle s'y trouvait, une seconde écuelle renversée sur le dessus afin de tenir le contenu au chaud. Il souleva le couvercle improvisé et, au seul parfum de l'assiette, il savait que le plat était encore suffisamment tiède pour lui être agréable en cette saison. Il se pencha pour y plonger sa fourchette quand il fut à nouveau interrompu par une voix qui surpassa les conversations.

-Mais c'est... Arava ?!

La femme assise à deux place de Fenris, face à l'entrée, se leva et alla vers la Protectrice et son impression se confirma bien vite. De son côté, le jeune Nöldorion avait suivi du regard la direction indiquée par la Tel'sorn. En découvrant Halie, une foule d'émotions avaient déferlé en lui. Son teint était bien plus coloré, signe qu'elle allait mieux. Quant à savoir si elle était parfaitement guérie, il ne saurait le dire d'aussi loin et il serait bien incapable de savoir si cela était permanent de toute manière. Il était heureux de la voir, son cœur en avait fait un bon dans sa poitrine, mais il ne parvenait pas à s'en réjouir. Il avait encore en mémoire leurs derniers échanges et il ne savait pas quel chemin ils avaient fait du côté de la Louve depuis. Il avait peur... Si elle le quittait à nouveau, il saurait y faire face. Cela demanderait du temps bien sûr, mais il n'était pas en guimauve. En attendant, il appréhendait d'entendre sa voix par crainte que cette appréhension devienne réalité. Car, malgré tout ce qu'il s'était passé, il ne voulait pas la perdre.
Observant la conversation qui avait lieu hors de portée de ses oreilles, il put néanmoins comprendre par sa gestuelle que sa sœur Aigle l'invitait à venir partager leur table. Fenris n'avait rien contre et ne ferait rien pour dissuader la Protectrice d'accepter. Néanmoins, entourés comme ils le seraient, il pouvait s'attendre à passer un long moment fait de gêne et d'étrangeté si elle acceptait de venir à sa table.

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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Ven 14 Juil 2017 - 2:27


Elle passa la porte et se retrouva propulsée cinquante ans en arrière. Les murs. Les tables. L’ambiance. Les armures et les armes marqués d'ailes, de becs et de serres féroces. Les rires chaleureux entre deux missions. Seulement aujourd'hui, personne ne s'était retourné à son arrivée solitaire. L'ombre d'Unmiriel et de Randil tels qu'ils étaient à l'époque flottaient dans cette grande salle. Encore fois, un souvenir nostalgique lui vint aux lèvres alors que les gesticulations de Sandriel l'attiraient de nouveau à la table du fond à droite. Contrôlant encore mal ses réactions et peu désireuse de se mettre à pleurer ici, elle ne regarda même pas les Aigles présents et se dirigea directement vers les cuisines pour remplir sa mission... Et eut la surprise de voir une foi encore un visage connu. L'homme qui garnissait les assiettes n'avait pas changé et l'heure filant visiblement à toute vitesse, il rangeait déjà ses affaires.

« Si je m'attendais ! » Ils se serrèrent chaleureusement l'avant bras, la voix du petit homme bavard aux impressionnantes épaules pour un elfe restant mesurer pour ne pas mettre l'intégralité de la cantine sur le pied de guerre. « ça fait bien dix ans...
- Au moins. » Sourit Halya en essayant de se remémorer la date exacte, ne trouvant que les souvenirs de bouteille passé en douce, de rabe de biscuit pour Mirahn et de fourmis dans le plat de Sandriel pour calmer son ego.
- Il y a des rumeurs sur ton compte, tu sais. On dit que tu as des soucis avec une blessure magique et que toi et Randil avaient fini par perdre la boule. Si tu n'étais pas seule, j'aurais tendance à dire que tu n'as pas l'air si mal en point pourtant...
- En fait je reviens d'Holimion. On a trouvé une solution. Et Randil s'est trouvé une meute de vrais loups. » Elle avait mis les guillemets avec les doigts, sachant que cela arracherait un sourire à son interlocuteur. Sourire qui avait toujours quelque chose de contagieux. « Maintenant il ne reste plus qu'à convaincre l'intégralité du Haut Conseil.
- Oh te connaissant, ça ira.
- Tu as confiance en mon éloquence extraordinaire, n'est-ce pas ? Ricana-t-elle.
- Bah t'as jamais eu besoin de beaucoup de mots pour parler vrai. C'est ça qui plaisait. Et je sais que tu me fais répéter juste pour le plaisir, parce que tu le sais très bien en plus. »

Il la regarda par en-dessous tout en finissant d'essuyer son plan de travail, marquant une pose et un regard complice malgré les années. Il lui demanda des nouvelles de Sandriel qui n'était pas repassé depuis Ellyrion et lui avoua qu'il allait de temps en temps prier pour le repos de Mirahn et des autres au temple de la cité puis un silence un peu plus lourd empêcha la conversation d'aller plus loin.

« Bon. Tu dois pas être là pour rien. Tu viens jouer ton rôle d'ancienne ?
- Ha ! Non pas cette fois. Je suis ici avec une escorte et je cherche surtout un repas chaud.
- Oh. Mes excuse Dame Protectrice. Je vais te trouver quelque chose.
- Il en faudrait deux portion ! Rappela-t-elle alors qu'il se détournait déjà.
- Exigeante en plus ! Ça marche. Trouve toi une place.
- Merci. »

Elle se retournait pour chercher une place lorsqu'une nouvelle apparition lui sauta aux yeux, attendant visiblement depuis quelques instants qu'elle finisse de parler au travailleur de force qui devait sustenter tous ces gosiers. C'était une femme faisant à peu près la même taille que la Protectrice mais dont les longs cheveux d'un noir d'encre étaient tressés et ficelés avec soin, de façon à ne laisser aucune prise à un éventuel adversaire. Ses traits étaient un peu plus âgé que ceus d'Halya mais aucune cicatrice n'était visible et son sourire franc dans un visage rond avait du mal à paraître juvénile. Une lourde épée bâtarde avec une poignée en forme d'aigle aux ailes déployées lui barrait le dos.

« Selthia ?!
- Et oui ! J'en crois pas mes yeux ! Avec les cheveux longs, sans ton armure et sans tes loups je t'ai à peine reconnue dit donc.
- cheveux longs... tu devrais voir mon père.
- Oui et bien pour une femme qui m'a dit un jour, pour un cheveu plus de trois centimètres, c'est long. C'est long. »

Les deux femmes se donnèrent l'accolade, l'armure d'écaille de Selthia ne cliquetant qu'à peine contre la chemise tout à fait banale de son ancienne sœur d'arme. Ces retrouvailles laissaient Halya sincèrement heureuse quoi qu'un peu troublée. Certes, sur la centaine d'Aigles qui avaient survécus à Ellyrion, au Voile et au dernier Front, il y avait des chances qu'elle recroise d'anciens compagnons d'arme en revenant ici, mais c'était comme si elle ne le réalisait que maintenant. Comme si elle était trop préoccupée par l'idée de retrouver Fenris pour penser aux autres personnes qu'elle pourrait croiser peut-être. Mais là, en plus d'être l'une des Aigles qu'Halya avait côtoyer de loin durant sa carrière, elle avait affaire à une personne avec laquelle elle avait du réaliser plusieurs missions. Elle ne faisait peut-être pas parti de leur équipe de chasseur, comme aimait la surnommer Sandriel avec enthousiasme, mais Halya avait bien quelques anecdotes qui valaient le détour en commun avec Selthia. Notamment une certaine mission à Linaëh où elles avaient du collaborée avec deux Éperviers pour attraper un mage de l'esprit spécialiser dans le contrôle des pulsions et trempant dans une histoire sordide de test sur des humains. La manipulation mentale avait parfois cela de bon qu'on ne se rappelait pas après coup de ce qu'on avait fait, ni avec quoi... ou avec qui...

Devant les salutations chaleureuses de ses anciennes connaissances, elle se rendait également compte de la violence avec laquelle elle avait coupé les ponds. Depuis qu'elle avait pris la charge de Commandante d'Ardamir, tout s'était tellement enchaîné qu'avant Fenris, elle n'avait plus pris une seconde pour voir ses amis. Même ceux d'Ardamir qui n'étaient pas directement au Palais. Elle était tellement accroc à son travail que les seules personnes avec lesquelles elle se détendait de temps à autre étaient Killen et Feran... Que Tari la garde. Depuis combien de temps n'avait-elle pas rendu visite à Sandriel ?  Ou même depuis combien de temps ne lui avait-elle pas envoyé de lettre ? Comment avait-elle pu croire qu'elle pouvait à la fois se négliger autant en tant que personne et tenir bon indéfiniment ?

« Ren va être ravis de te revoir. » Reprit l'Aigle « Les anciens se font rares.
- Contente de savoir qu'il est toujours là, lui.
- Et pas qu'un peu. Quand tu es parti pour assurer le Commandement d'Ardamir, il y a eu un flottement, mais finalement, c'est lui qui a été promu.
- Tu veux dire qu'après Ellyrion...
- Et oui !
- Toute cette foutue organisation pour reprendre Eraison et tenir le front et pas une personne pour me donner des nouvelles.
- En même temps on est tous à la foire et au moulin. C'est pas comme si tu nous avais donné beaucoup de temps pour nous organiser. Tu sais, les grosses huiles t'ont cordialement détestée à ce moment là.
- Tu m'étonnes !
- Mais dit moi, je vois que tu attends de quoi manger. Partager une table avec d'anciens et de nouveaux frères d'armes, ça te paraît faisable ? »

Tout en parlant, Selthia fit un geste ample pour montrer la tablée qui se trouvait bien plus loin à droite derrière Halya qui se retourna pour jeter un coup d'oeil. Il ne semblait déjà plus y avoir de place, mais si les choses ne changeaient pas trop elle ne doutait pas qu'on trouve facilement comment compresser les plateaux et les soldats pour libérer une petite place de plus à la demande d'un camarade. Elle connaissait de loin un visage. Peut-être deux. Un troisième la laissait perplexe. Les autres étaient de nouvelles recrues. Des vétérans pour la plupart. Les meilleurs de leurs corps respectifs qu'on avait du recruté pour palier les pertes. Les quelques cadets du groupe devaient s'être fait repérer par des actions d'éclat comme...

Les yeux de la protectrice s'agrandirent un instant.

Son survol se stoppa net en croisant un jeune homme dont les cheveux blancs et la peau pâle mettaient en valeur les traits réguliers indéniablement masculins. La couleur intense de deux yeux asymétriques donnait une profondeur envoûtante à son regard. L'un vert. L'autre bleu. L'ombre projeté par l'un de ses voisins et la disposition des fenêtre assombrissait une part de son visage, accentuant encore l'effet.

Il l'observait.

Et il était impossible à l'Ardamiri de savoir si ce qu'elle voyait dans son œil était de bon ou de mauvais augure...  Il semblait lui-même interdit. Il ne s'était pas levé. N'avait pas fait un mouvement.

Près de lui, les Aigles que connaissait la Protectrice faisaient quelques gestes de la main pour se signaler. Elle le leur rendit distraitement, se forçant à déplacer son regard mais commençant à répondre bien avant de réussir à le reposer sur Selthia.

« En fait Rethiel m'a demandé... »

' … de lui ramener de quoi manger.' Allé ! C'était pourtant pas compliqué bon sang ! ' Rethiel m'a demandé de lui ramener à manger. Désolée. Garde moi une place  pour demain, je reste en ville. ' Voilà. Il n'y avait rien de plus simple.

A deux pas, un plateau chargé de deux assiette apparu grâce à la diligente attention du bien aimé serveur. Ne sachant pas pour qui ou pour quand ils étaient prévu, il avait posé un pseudo-couvercle sur chacune d'elle, cachant en passant la composition du repas, mais une légère vapeur s'échappait délicieusement des interstices.

Halya vint prendre le plateau avec un remerciement et se tourna de nouveau vers Selthia pour reprendre.

« Il m'a demandé de lui ramener un assiette et... »

Et quoi ?! Pourquoi rajouter un et ?! Elle ne savait plus ou se mettre. L'attente de Selthia, pourtant bien courte, lui semblait s'éterniser atrocement. Elle ne pouvait pas s'imposer comme ça a Fenris. Il n'avait visiblement aucune envie de la voir. Mais si elle partait maintenant, qu'est-ce que cela donnerait ? Et puis elle ne pouvait quand même pas risquer de quitter les lieux sans l'avoir vu alors qu'elle n'avait aucune idée de ce que le régente lui réservait. Elle ferma un instant les yeux, sa respiration se stoppant d'elle-même. Elle était en sursit. Mais dans ce cas, avait-elle le droit de mêler Fenris à ça, de le faire espérer alors qu'elle-même c'était pas sûre de ce qui allait suivre ? Non. Elle avait bien vu ce que cela donnait lorsqu'elle essayait de le protéger malgré lui. Rien de bon. Pourtant... Mais...

Et puis zut !

Le plateau émis un claquement sonore lorsqu'elle le reposa sans ménagement sur le plan de travail, sous les yeux surpris des deux personnes qui se trouvaient près d'elle. Puis elle fit volte face et marcha jusqu'à la table d'un pas rapide. Arrivée à hauteur, elle profita du fait que les deux personnes dos à elle s'étaient légèrement décalées pour la voir approcher pour poser un genoux sur une parcelle de ban libre et s'étendre au-dessus des assiettes vides. S'appuyant d'une main sur la table entre deux verre d'eau, elle attrapa sans ménagement le col du jeune homme qui tenait encore ses couverts. En une simple pression, elle l'attira a elle pour poser un baiser sur ses lèvres sous le regard ahurit des soldats attablés.

Lorsque la brève étreinte cessa, le regard que posait la Protectrice sur le jeune Aigle était à la fois aimant, heureux et terrifié.

« Tu m'accordes un instant ? » demanda-t-elle pourtant d'une voix qui se voulait égale.

S'il ne voulait plus jamais lui parler, au moins aurait-elle eu son dernier baiser...

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Ven 14 Juil 2017 - 12:06

Alors qu'elle semblait tout à fait encline à accepter la proposition de Selthia, Halie croisa finalement son regard. Le cœur de Fenris se serra tandis que ses yeux plongeaient à nouveau dans les siens. Doux souvenir qui ne faisait que lui rappeler à quel point les dernières ennéades passées ensemble avaient été pénibles. La Protectrice resta figée un instant puis se mit visiblement à hésiter. Il aurait voulu lui faire signe qu'elle pouvait venir si elle le souhaitait mais il n'en fit rien. Peut-être se serait-elle senti obligée de le faire alors qu'elle n'avait pas envie de passer tout un repas à la même table que lui. Elle ne voulait pas s'imposer à lui et lui non plus, même si son absence de réaction et le fait qu'il ne se soit pas levé pour aller à sa rencontre pouvaient être très mal interprété.

Quelqu'un attira l'attention de Fenris et il détourna son regard d'Halie pour écouter la question qu'on lui posait. Il dut prendre une seconde pour rassembler ses esprits et être capable de formuler une réponse d'un seul bloc. Tout en parlant, il entendit le plateau que l'on reposait bruyamment. Il jeta un coup d’œil, juste le temps de la voir approcher, les mains désormais vides. Il plissa légèrement les sourcils, se demandant ce qu'elle avait derrière la tête, puis revint sur son interlocuteur pour couper rapidement court à la conversation. A son pas rapide et étant donné la direction qu'elle avait prise, il ne faisait aucun doute qu'elle venait lui parler, aussi préférait-il être disponible à son arrivée
Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu'il vit une main se poser au milieu de la table, juste devant lui. Il releva rapidement les yeux pour découvrir Halie, penchée en avant. Il sentit une force le saisir par le col et n'eut pas le temps de réagir qu'il se retrouvait entraîné, obligé de se mettre à moitié debout en prenant appui sur la table.
La seconde suivante, ses lèvres rencontraient celles de la Protectrice.

Le baiser ne dura qu'un instant mais le silence se fit bien vite autour d'eux. Alors qu'elle lui permettait de se reculer, relâchant sa veste, il découvrit le regard qu'elle lui adressait. Il était très communicatif, tout comme son geste. Au moins, elle venait de couper court à cette question qui l'effrayait tant.

-Tu m'accordes un instant ?

Fenris détourna le regard et ferma les yeux. Après une seconde, un sourire étira lentement ses lèvres puis un bref rire amusé lui souleva la poitrine. Les signes étaient très discrets mais pourtant ils étaient clairs. Il était soulagé et heureux car le geste d'Halie ne pouvait signifier qu'une chose : elle était bel et bien de retour. Ses lèvres tout comme la main qui lui tenait le col, effleurant son cou, étaient certes froides au contact de sa peau brûlante mais loin d'être aussi glaciales que ce qu'il avait pu connaître d'elle depuis Eraison.
Après un instant, il secoua lentement la tête de gauche à droite, comme pour se réveiller, et se redressa, essayant de reprendre un peu de contenance. Même s'il resterait sur la réserve le temps qu'ils mettent les choses au clair, elle venait de lui donner un début de réponse, sur sa santé et aussi sur eux. A présent, elle attendait la sienne. Si son visage était désormais moins froid que précédemment, ressemblant davantage à celui qu'elle lui connaissait, il ne serait pas aussi démonstratif qu'elle en public. Surtout entouré de ses récents frères d'arme. Mais puisqu'elle demandait à s'entretenir avec lui...
Il hocha brièvement la tête avant de commencer à enjamber le banc sur lequel il était assis la minute d'avant. Il replaça le couvercle sur son assiette et lui emboîta le pas. Ils s'éloignèrent de la table devenue bien silencieuse, si ce n'était quelques messes basses, puis ils quittèrent la pièce en quête d'un endroit tranquille où discuter. Mais les déboires amoureux, ce n'était pas une chose que l'on pouvait régler n'importe où. Il ne fallait pas se protéger uniquement des oreilles qui traînaient mais aussi des regards indiscrets. Il leur fallait de l'intimité. A cette heure, les terrains et salles d'entraînement ainsi que les dortoirs étaient vides mais quelqu'un pouvait arriver à tout moment. Ce n'était donc pas l'idéal.

A un embranchement entre deux couloirs, Fenris eut une idée. Il s'arrêta et héla Halie. Lorsqu'elle se retourna, il lui fit signe de la suivre d'un mouvement de tête. Il tourna à droite et ils se retrouvèrent dans un couloir muni de plusieurs portes plutôt rapprochées. Ils étaient à l'arrière des cuisines et ici se trouvaient les réserves de nourriture et de couverts. Il ouvrit la première porte et invita la Protectrice à rentrer. Puis il pénétra à son tour dans la petite pièce et ferma avec soin derrière lui.
La main sur la poignée, il prit une seconde avant de la lâcher et de faire à nouveau face à la Protectrice. Si son baiser laissait sous-entendre qu'elle voulait que leur histoire perdure, ils avaient néanmoins des choses à régler. Etant donné ce qu'il s'était passé, il voulait avant toute chose entendre ce qu'elle avait à dire. Et puis, c'était elle qui voulait lui parler, non ?

-Je t'écoute.

Dans sa voix, elle pouvait reconnaître la douceur et la sincérité qu'elle lui avait toujours connu mais aussi la retenue dont il voulait faire preuve pour le moment. Il était attentif, impatient malgré tout encore anxieux devant l'imminence du discours d'Halie. Il n'était ni sec, ni agressif, mais il ne voulait pas considérer leur relation pour acquise et souffrir comme il avait souffert après le front. Si elle souhaitait continuer leur route ensemble, il devait l'entendre de sa bouche. Il savait que les mots n'étaient pas son fort mais cette situation en requérait afin de lever toute ambiguïté.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Ven 14 Juil 2017 - 20:17


«  Protectrice, tu parles. Celui qui la changera en politicienne est pas né. Ronchonna Selthia.
- Ah ça... »

Après avoir jeté un bref coup d’œil renfrogné à son plateau malmené, le serveur croisa le regard atterré de la militaire. Ils étouffèrent tous les deux un rire et la femme en armure retourna vers sa table... Sous les questions et les suggestions qui se déchaînait depuis que Fenris et Arava avaient quittés la pièce. Tu parles d'une vision du passé... Si elle s'attendait à ça...






Lorsque Fenris s'était détourné d'elle, Halya avait bien cru que son cœur allait se briser en mille morceaux. Elle n'avait jamais réfléchis à la possibilité qu'il refuse même de la regarder en face... En fait si. Elle l'avait retournée dans tous les sens. Elle avait imaginer toutes les catastrophes les plus tordues. Elle avait même poussé le vice jusqu'à imaginer un Fenris suffisamment cruel pour lui rire au nez alors l'hypothèse qu'elle avait sous les yeux était tout de même revenue bien plus souvent durant ses longs moments de ' et si... ? '.

Puis un rire. Un sourire. Et elle avait recommencé à respirer tout en se redressant, jetant un regard dépourvu de gêne aux convives. Elle salua ceux qu'elle connaissait de la tête avant de s'éclipser, devançant son compagnon de quelques pas.

Tout n'était pas régler, loin s'en fallait. Elle n'avait pas été là lorsqu'il en avait réellement besoin alors que lui avait toujours été un indéfectible soutien. Cela faisait plus d'un mois qu'ils ne s'étaient pas vu, presque deux qu'il ne l'avait pas vu autrement que comme une coquille vide et d'après les Grand-Prêtres, cela faisait encore bien plus qu'elle n'était plus entièrement elle-même. Mais au moins, il n'y avait pas rien, ce qui étai de loin plus angoissant que toute autre chose.

L'idée de Fenris concernant le coin tranquille dans lequel ils pourraient discuter la laissa assez perplexe... Une remise... Réellement ? Elle l'interrogea du regard et leva un sourcil mais il avait l'air convaincu. Après tout, du moment qu'elle pouvait lui parler, étant donné que c'était lui qui passait le plus de temps en ces lieux il pouvait bien choisir comment se protéger des indiscrets.

A l'intérieur entre les étagères chargées et les armoires fermées à clef, Halya passa une main sur ses cheveux roux grossièrement tressés en une courte natte à l'arrière de sa tête avant de se retourner vers l'homme qui semblait avoir quelque difficultés à se décider à lâcher la poignée... Et elle fut totalement prise au dépourvu par son assertion.

« Je... »


M'excuse pour tout à l'heure ? Je t'aime ? Je suis guérie ? Je suis heureuse de te voir ? Je ne pensais pas que ça se passerait ainsi ? Je suis désolée de ne pas avoir put gérer les choses d'une meilleure façon ? Je ne voulais pas te laisser endurer seul ce qu'il s'est passé à Eteniril ? Je n'ai jamais su ce que je voulais parce que j'étais trop occupé à faire ce que les autres attendaient de moi, mais c'est fini ?

« Je ne sais pas par où commencer... » s'excusa-t-elle en un soupire, replaçant derrière son oreille une mèche rebelle tout en étouffant un rire nerveux. Elle détourna les yeux et prit une long inspiration pour arrêter de ressembler à un jeune chien fou qui s'agite sans aucune logique et reposa son attention, plus paisible sur Fenris. Depuis ce jour à Holimion, Rethiel lui avait souvent dit qu'on pouvait voir les émotions passées sur son visage aussi facilement que des vagues sur la surface d'un lac. Ce n'était sûrement que la partie émergée de l'iceberg, elle savait que plusieurs changements avaient eu lieu et ne pouvait qu'espérer que cela ne changerait rien à ce qu'il y avait entre Fenris et elle... Et il n'était clairement pas le seul à être anxieux à l'idée de cette conversation.

Elle s'assit à demi contre un tonneau, les bras croisés sur sa poitrine. Bras qui ne tardèrent pas à s'animer au rythme de ses phrases.

« Je voulais faire les choses bien et venir te voir une fois qu'Anornedellon et le Doyen m'auraient examinés mais Rethiel, l'Aigle chargé de m’accompagner, » ajouta-t-elle avec un moulinet de la main « voulait avertir ses supérieurs avant d'aller au Palais. Tout à l'heure quand je t'ai vu à la table de Terren et Selthia... »

Elle hésita un moment, avant de souffler longuement pas le nez, plongeant dans les yeux de son vis à vis.

« Tu m'as manqué. »

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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Sam 15 Juil 2017 - 7:09


Elle ne savait pas pour où commencer ? Lui le savait pertinemment mais il ne fit rien pour l'aider. Elle ne devait pas dire ce qu'il voulait entendre simplement parce qu'il le lui demandait. Cela devait venir d'elle. Alors il attendit qu'elle mette de l'ordre dans ses idées, sans rien dire ou faire pour la mettre sur la voix. Lorsqu'elle repris enfin la parole, ce n'était pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Elle voulait lui préciser pourquoi elle était là, comment elle s'était imaginé leurs retrouvailles et que personne n'avait encore pu confirmer sa guérison... Il ne pensait pas que ce serait la première chose qu'elle aurait voulu lui dire.
Il haussa un sourcil quand elle parla de "faire les choses bien". Il était vrai que son geste n'avait rien de conventionnel mais le contraire venant d'elle l'aurait étonné. Ou plutôt, inquiété. Même s'il savait s'affranchir des conventions sociales, il restait quelqu'un d'assez protocolaire. Cependant, il supportait sans mal les écarts de sa compagne car c'était justement sa différence qui l'avait interpellé lors de leur rencontre. Et c'était aussi ce qui lui plaisait chez elle : qu'elle se révèle toujours pleine de surprises. Même si les dernières n'avaient pas été très bonnes...

-Tu m'as manqué.

Le coeur de Fenris manqua un battement et se serra. Il ferma les yeux tandis que ses épaules se détendaient dans un soupire. Que ces mots étaient doux à son oreille... Ils venaient parfaitement compléter son baiser de tantôt. Puis il plongea à nouveau son regard dans celui d'Halie.

-Tu m'as manquée aussi.

Voilà, maintenant, elle savait. Elle savait qu'il n'attendait que son retour. C'était même sa seule préoccupation depuis quelques temps. Avant même qu'il n'apprenne qu'elle était sur la route. Il avait trouvé comment se remettre de la mort d'Hiradrilion, à présent, elle était sa dernière source d'inquiétude et de souffrance.
Maintenant elle savait. Enfin... Pas tout à fait.

-Ne pas savoir où tu étais, comment tu allais et quand tu reviendrais... était un véritable supplice.

Cette fois, ses mots étaient plus justes. Elle n'avait pas fait que lui manquer, il était mort d'inquiétude et plus qu'impatient d'avoir ne serait-ce que la moindre nouvelle. Même après ces ennéades passées à ses côtés où elle n'éprouvait plus la moindre émotion et où il souffrait toujours plus chaque jour de son indifférence, il l'aimait toujours. Ces sentiments semblaient infinis, inconditionnels et sans limites. Il avait supporté tout cela pour elle. Jusqu'à son absence puisqu'elle n'avait pas voulu qu'il la suive. Qu'aurait-il pu faire de plus de toute manière ? Prier chaque jour pour qu'elle tienne bon jusqu'à Holimion et lui revenir enfin ? Il n'avait pas eu besoin de l'accompagner pour cela. Et, comme elle le lui avait si justement et si froidement fait remarquer, il devait reprendre son instruction chez les Aigles et ne l'avait déjà que trop repoussé pour elle.

A présent, ils se tenaient là, l'un en face de l'autre (enfin plus ou moins), chacun sachant désormais ce que l'autre ressentait. Mais cela ne réglait pas leur passif et ne présageait pas non plus de l'avenir de leur relation. Et il était encore trop tôt pour qu'il fasse un pas vers elle. Il était allé trop vite la dernière fois, trop heureux de la voir revenir sur sa décision. Il avait mûri sur ce sujet depuis.
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Sam 15 Juil 2017 - 14:14


Mais comment pouvait-il dire ce genres de choses en restant à ce point stoïque… ? Voilà un mystère qu'Halya mettrait peut-être des siècles à percer si elle le perçait un jour. Mais pour l'heure, l'aveu était à la fois douloureux et salvateur à entendre. Elle ne détourna pas le regard. Son cœur se serra. Sa respiration fit un écart.

Avant qu'elle aligne deux pensées raisonnables, son corps avait comblé les deux pas de distance qui existaient encore entre eux. Ses bras se refermèrent sur l'Aigle pour l'enlacer avec force.

« Je suis désolée… Désolée que tu aies eu à endurer ça et désolée de ne pas avoir put donner de nouvelles. Comme nous ne savions pas quelles dispositions Eteniril avait prises contre moi, Rethiel ne voulait donner que le minimum d'informations. »

Elle logea sa tête dans le creux de son épaule avec d'autant plus de ferveur qu'elle avait l'impression que quelque chose le retenait encore de faire le moindre véritable pas vers elle. Il ne l'avait pas empêcher de s'approcher, mais il répondait à peine. Il restait là, aussi distant dans son attitude que ses mots pouvaient être touchants. Cette dichotomie n'était pas inhabituelle chez lui, loin s'en fallait. Mais elle était toujours aussi étrange à gérer pour la protectrice.

Halya n'osait pas vraiment reculer, par peur qu'il s'écarte réellement. Ça faisait près d'un mois qu'elle rêvait de ça… Sa présence, son regard, ses bras, sa voix, son odeur. Mais les redécouvrir était totalement différent. Elle inspira longuement pour ne pas avoir à renifler, retenant des larmes d'émotion.

« Je suis guérie. » articula-t-elle avant de s'éclaircir la gorge pour tenter de défaire le nœud qui la crispait. « Timerion avait raison. Le Pergaën a trouver quoi faire. C'est fini. D'après les prêtres je ne garderai qu'une sensibilité accrue à la magie. Cette fois c'est vraiment fini. »

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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Sam 15 Juil 2017 - 20:36


Une fois de plus, il ne put anticiper ses actions et n'eut pas le temps de réagir. Mais peut-être ne voulait-il pas se dérober non plus... Lorsqu'elle l'enserra, Fenris lâcha un soupire de surprise. Il était saisi tant par la rapidité d'Halie que par son geste et la force avec laquelle elle le tenait dans ses bras, ne lui laissant pas la possibilité de s'en défaire. Pourrait-il seulement en avoir le désir ?...
Elle s'excusa, pour tout ce qu'il avait dû endurer en son absence. Elle lui donna même des explications qu'il ne lui demandait pas, une fois encore. Mais sa réaction en apprenant qu'il avait tant souffert... Cela lui fit chaud au cœur et dénoua quelques nœuds dans son dos. Il eut un nouveau soupire. Il était soulagé et heureux, une fois encore. Plus encore même, car cette fois elle réagissait à une émotion, faisait preuve d'empathie, chose qu'il ne l'avait pas vu faire depuis plus d'un mois.

Alors qu'elle avait ses bras autour de son cou, il ne put se retenir. Il posa ses mains sur elle. Sur ses flancs tout d'abord. Puis ses doigts glissèrent dans son dos. Elles poursuivirent leur chemin jusque l'autre bord de la silhouette d'Halie. Tout du moins pour l'une d'entre elles, l'autre remonta sa colonne pour venir se loger dans sa nuque. A son tour, il la serra dans ses bras. Le contact du corps de la Protectrice contre le sien, sa chaleur entre ses bras, le velouté de sa peau sous ses doigts, l'odeur de ses cheveux... Il eut un nouveau soupire. Un soupire de bien-être. Cela lui avait tant manqué... Elle lui avait tant manqué.

Halie n'osa pas bouger tandis qu'elle lui annonçait être définitivement guérie. Avait-elle peur de ce qu'elle pourrait voir dans ses yeux ? Il était resté distant mais ce n'était que pour se protéger d'une éventuelle seconde rupture. A présent, il doutait très sérieusement que ce soit ce qu'elle voulait. Son baiser était un indice relativement clair mais cette étreinte l'était plus encore. Elle recherchait du réconfort auprès de lui... Qui ferait une telle chose pour rompre ensuite ? Pas la Halyalindë qu'il connaissait. Et il semblait bien l'avoir retrouvée.
La main dans la nuque de la belle s'immisça jusqu'à son menton. Là, il l'invita à le regarder. Elle n'opposa aucune résistance et il plongea son regard dans le sien. Ses doigts vinrent finalement glisser sur sa joue, comme pour immobiliser tendrement son visage.

-Je ne sais pas ce qui était le plus dur. Ton absence ou te côtoyer chaque jour en ayant l'impression de t'avoir perdue...

Cette fois, c'était à lui d'être plus explicite. Alors, après quelques secondes, il se pencha en avant et l'embrassa. Son baiser fut bien plus long que celui de la Protectrice tout à l'heure. Et moins platonique aussi. Cela l'étonna lui-même... Mais c'était sans doute le meilleur moyen d'éclaircir la situation alors il ne se brima pas et fut surpris de voir qu'elle lui rendait son baiser.
A présent, il pouvait penser à juste titre qu'ils étaient fixés sur la suite de leur relation.

Ce baiser emprunt de sensualité dura un petit moment avant qu'il ne se décide à le rompre pour reprendre, parlant presque à voix basse, comme pour ne pas briser ce moment. Son souffle était un peu plus rapide et plus court qu'auparavant.

-J'avais tellement peur que tu es encore pris une décision nous concernant...
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Dim 16 Juil 2017 - 12:06


Fenris avait fini par lui rendre son étreinte, timidement d'abord, plus chaudement par la suite, apaisant un peu ses craintes le concernant. Un soupire de soulagement glissa entre ses lèvres. Elle en profitait pour noter cette foule de détails que sa mémoire ne lui donnait pas. C'était... exactement comme elle se l'était imaginé et tellement plus beau à la fois. Puis elle du lui faire face, au sens propre du terme.

Suivant l'ordre des doigts sur son menton, ses mains se dénouèrent pour glisser le long de son col jusqu'au haut de son torse. Sous la droite une pulsation à peine perceptible venait chatouiller sa paume. En plongeant dans les yeux asymétriques du jeune homme, elle avait encore une légère appréhension... Qui ne dura pas longtemps. Il était presque amusant de constater à quel point leur façon d'aborder les choses était différente. Dans une situation qui la touchait personnellement, l'une se jetait à l'eau, corps et souffle, tandis que l'autre retrouvait le parfait contrôle dont il était capable. Il n'y avait rien de visible, ou si peu. Le léger rire au moment où elle l'avait embrassé ou la seconde de trop qu'il avait mis à lâché la poignée étaient criants pour quelqu'un qui le connaissait bien. Halya y avait trouvé plus de réconfort qu'en un long discours. Mais cela restait si ténus que même elle doutait parfois de la force des sentiments qu'il fallait pour produire un tel effet, surtout quand elle était elle même sous le coup de l'émotion.

Il était ainsi. Jamais la protectrice n'aurait pensé pouvoir accepté ce genre de comportement, et pourtant il reflétait une force stoïque qu'elle ne pouvait qu'admirer. Car aussi contrôlé qu'il soit, en voyant peu à peu les saisons passées sur son visage, elle avait rarement connu de regard capable d'exprimer avec une telle emphase ce que le reste taisait. Et elle avait l'impression de ne discerner encore qu'une infime part de ce qu'ils pouvaient dire.

Elle couvrit de la sienne la main qui glissait sur sa joue, s'y appuyant comme pour détourner la tête lorsqu'il lui parla de nouveau de la douleur qu'il avait ressenti. Il l'en empêcha, doucement, l'obligeant à soutenir son regard.

« Je suis désolée... » murmura-t-elle de nouveau.

Elle se souvenait de tout avec une exactitude terrible. D'Eteniril. Du long voyage vers Alëandir. De Macabre. Et du comportement qu'elle avait eu. Jusqu'ici, elle n'en éprouvait ni honte, ni regret, ni remord, si ce n'est ceux qu'on peut ressentir pour un autre en l'entendant raconter son histoire. Mais sentir à quel point cela avait touché son compagnon... Elle avait beau savoir que ce n'était pas sa faute et qu'elle était autant une victime que lui, son cœur se serrait douloureusement et elle en devenait incapable de l'articuler.

Elle comprenait... Elle comprenait tellement... Mais elle, elle n'avait pas eu à enduré ça. Et une fois de plus, elle avait blessé Fenris. Pour la combientième fois ? Elle avait arrêté de compter et s'en était plus difficile encore.

Mais ça ne dura qu'un instant. Elle ouvrit des yeux ronds lorsque des lèvres brûlantes s'emparèrent des siennes. Mais... … Et elle laissa tomber ses paupières. Les bras de la protectrice passèrent de nouveau autour du cou de son amant. Une main se faufila jusqu'à sa nuque, retrouvant le contacte lointain de ses cheveux courts. L'autre descendit sur son dos, le serrant davantage contre elle tout en le caressant du bout des doigts. Ses sens remis à neuf pour l'expérience d'Holimion et son esprit dégagé des dernières bribes d'hésitation par ce geste imprévu, une fois la surprise passée elle se laissa simplement aller à ses retrouvailles tant qu'il n'y mit pas fin.

Son front appuyé contre le sien, elle s'accorda un instant pour reprendre son souffle. Même l'incongruité de l'endroit n'avait plus cours.

-J'avais tellement peur que tu es encore pris une décision nous concernant...
- Plus jamais. » Répondit-elle du tac au tac, se ton paraissant plus tranchant qu'elle ne l'aurait voulu à cause de sa rapidité de réponse. Elle reprit donc en s'écartant d'un souffle pour pouvoir regarder Fenris dans les yeux. « Je ne prendrais plus jamais de décisions de ce genre sans t'avoir fait part de mes doutes avant... Et sans avoir eut une conversation d'un bon mois avec toi. Ou même de deux ou trois. »

Elle vint poser un baiser de plus sur ses lèvres avant d'ajouter toujours à voix basse :

« J'ai été assez stupide pour faire l'erreur de vouloir t'éloigner de moi une fois. Il est hors de question que je la reproduise. »

Le revers d'une main glissa sur la joue du jeune homme avant qu'une paume ne s'y pose.

«  Du moment que toi, tu ne veuilles pas t'éloigner non plus, bien sûr... »
elle lui sourit tendrement en allant glisser ses doigts entre les siens, abominablement consciente du bras qui lui barrait encore le dos. « … mais sur ce point je crois que tu as rarement été aussi explicite. » ajouta-t-elle, un peu plus taquine et toujours aussi agréablement surprise par son baiser impulsif. Elle craignait de ne pas savoir comment se comporter une fois qu'elle serait devant lui, encore une angoisse qu'elle pouvait laisser s'évaporer, laissant son habituel sourire en coin prendre ses aises.

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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Dim 16 Juil 2017 - 12:59

-Plus jamais.

Ces deux mots répondus aussitôt lui arrachèrent un sourire heureux, amusé et soulagé. Elle compléta ses paroles en lui expliquant que désormais cela ferait l'objet de longues discussions entre eux le cas échéant. Mais la rapidité avec laquelle elle avait parlé montrait qu'elle n'avait pour lors aucun doute dont elle souhaitait lui faire part.
Un nouveau baiser et elle évoqua à son tour ce pénible souvenir en le décrivant comme une erreur. Ils n'en avaient encore jamais reparlé. Pas en de tels termes en tout cas. A présent, Fenris pouvait réellement se détendre. Tout allait bien. Elle ne doutait pas de ses sentiments cette fois et voulait le garder à ses côtés, plus que jamais. Après ces quelques mois écoulés, leur relation pouvait renaître de ses cendres tel un phœnix plus brûlant qu'auparavant.

Si le visage d'Halie était orné d'un fin sourire, le sien était désormais plein d'amour qui se déversait sur elle à travers son regard et sa tendre étreinte qu'il resserra un peu plus lorsqu'elle lui fit remarquer qu'il n'avait apparemment pas l'intention de s'éloigner d'elle.

-Jamais...

Si les doigts de la belle parcourraient son visage, ceux de Tel'sorn n'étaient pas en reste et l'imitaient avec joie, redécouvrant les contours de la mâchoire de sa compagne, la douceur de sa peau, la finesse de ses pommettes, son cou, sa nuque, ses cheveux... Il n'était qu'à un souffle d'elle et ne voulait pas s'en détacher le moins du monde, sauf pour plonger son regard dans le sien.

-Ly'li... Souffla-t-il avant de l'embrasser de nouveau.

Le contact de ses lèvres... Il aurait presque pu oublier.
A présent, il avait évoqué toutes les peines, toute la souffrance qu'il avait enduré devant son état et pendant son absence. Elle s'était excusée pour tout mais elle était loin de connaître sa véritable pensée. Il était tant qu'il s'ouvre à elle. Il posa à son tour son front contre le sien, ramenant sa main sur sa joue.

-Tout ce que tu as dit ou fait depuis Eteniril... Ou que tu n'as pas dit ou pas fait alors que tu aurais dû... Ce qu'il s'est passé avec Macabre...

Il marqua une pause avant de reprendre, se redressant légèrement pour voir ses yeux. Il appuya ses premiers mots pour faire ressortir toute sa sincérité.

-Je ne t'en veux pas. Tu as bon nombre de qualités : tu es passionnée, attentionnée, soucieuse de ceux qui t'entourent, volontaire dès que quelqu'un a besoin de ton aide... Quand j'ai dit que j'avais l'impression de t'avoir perdue, c'est parce que tu n'étais plus tout cela. Ce n'était pas toi. Je ne peux pas t'en vouloir pour ce que quelqu'un d'autre a fait.

Il chassa une mèche invisible de son visage, longeant son front pour passer derrière son oreille. Ainsi, il avait l'impression de voir l'entièreté de son visage qu'il détailla quelques instants. Dieux qu'il pouvait l'aimer...
De son côté, les choses étaient réglées. Mais il n'avait pas été le seul à souffrir de son comportement. Il y avait eu des dommages collatéraux... Il soupira et son expression se fit un peu plus sérieuse et triste en repensant à la petite elfe aux cheveux de jais et au teint d'albâtre.

-Macabre est toujours à Alëandir. Je lui rends parfois visite... et elle ne va pas bien. Personne n'a encore su trouver quoi lui dire qui la soulage un peu. Si tu en as la possibilité, va la voir. Tu devras peut-être recoller les morceaux avec ses gardes auparavant. Je leur ai expliqué la situation. Ils comprennent mais cela ne suffira pas pour qu'ils te pardonnent.
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Lun 17 Juil 2017 - 1:14


Elle secoua la tête en soupirant, baissant un moment le regard sans s'éloigner de lui. C'était là que le bas blessait.

" Évidement que ça ne suffira pas... "

Elle cala son front sur l'épaule de Fenris en respirant profondément. Son cœur avait du mal à effectuer le changement entre le soulagement qu'elle trouvait entre les bras de son compagnon et la gestion du monceau de problème qu'elle avait a régler dans cette cité alors même qu'elle était sensé en faire le moins possible.

" Je pensais leur faire parvenir un message une fois que le Doyen aurait rendu son verdict pour éviter qu'ils apprennent mon état par quelqu'un autre mais s'ils sont encore là je vais pouvoir aller les voir en personne une fois que j'en aurait l'autorisation officielle. " elle releva la tête pour regarder Fenris, son expression redevenue celle qu'elle arborait toujours lorsqu'elle parlait de travail ou d'affaires sérieuses qui ne la touchaient pas le si nombreuses failles de sa personnalité. " Le Pergaën n'a aucun doute sur mon état mais le passage par la case Académie faisait partie de mon accord avec Anornedellon. Je ne suis même pas sensé être ici. Enfin... "

Ajouter qu'elle n'était pas sûre de sa liberté de mouvement d'ici quelques heures, ou même qu'elle ne savait rien de ce qui se passerait après la prochaine réunion du Haut Conseil - que le régent n'avait sans doute pas manqué d'organiser - n'était pas exactement le sujet sur lequel elle avait envie de s'étendre. Fenris avait raison, elle avait blessé bien d'autres personnes que lui. Ses excuses à Rethiel n'étaient qu'un début. Faire la liste de ce qu'elle avait à remettre en ordre avait été l'une de ses premières occupations lorsqu'elle était à Holimion... ça et le fait de goûter absolument tous les plats qui lui passaient sous la main. Mais la liste lui avait pris plus de temps et s'étendait bien plus loin que quelques excuses à la poignée de personne lésée par ses absences. Bien plus loin... et pourtant cela n'empêchait pas l'étape des excuses d'être déjà relativement complexes sur quelques aspects. Bon, surtout sur un aspect... Deux.

Le premier, que Fenris ne pouvait imaginer, était une discussion qu'elle avait eu avec un chef de clan aux abord d'Eteniril. Celui qui lavait intercepté et qui lui avait pris Maeghan. La seconde n'était autre que Macabre. Mais pour celle là...

Son nez se fronça de nouveau sur son visage envahi par l'incertitude.

" ceci-dit, je doute que Macabre ai besoin d'une visite de ma part après ce que j'ai dit... Surtout si elle ne va pas bien. "

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Fenris Nöldorion
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Lun 17 Juil 2017 - 20:15


Fenris suivit du regard la tête d'Halie se posant sur son épaule. Il l'écouta mais sentait qu'il n'y avait pas que Macabre dans son esprit. Elle en avait froissé plus d'un. Et si elle était redevenue elle-même, elle serait certainement appelée à reprendre son protectorat en main, en fonction la décision prise la concernant. Tout comme il avait été appelé à reprendre sa place dans l'armée deux mois auparavant. Il y avait un certain nombre de choses sur lesquelles il ne pouvait l'aider. Mais s'il n'était pas en mesure de l'accompagner, il n'était pas inutile pour autant. Surtout maintenant qu'ils s'étaient retrouvés.
Lorsque la Louve exprima le fait qu'elle n'aurait pas dû se trouver là, il se rappela qu'il était convenu qu'elle se rendre directement auprès d'Anorn à son retour. Il sourit de nouveau mais avec plus de sincérité cette fois.

-Fais-moi penser à remercier Rethiel quand je le croiserais.

Fenris ne connaissait pas cet Aigle. Il était parti accompagner Halyalindë presque aussitôt après son retour d'Eteniril. Il ignorait encore ce qui l'avait poussé à retourner auprès de ses supérieurs plutôt que de ramener sa protégée au Régent ou à l'Académie. La faim ? Non, il en doutait sérieusement. Mais quelque soit ses raisons, il était heureux qu'il l'ait fait car cela lui avait fait gagner quelques jours. C'était certes peu aux yeux des elfes mais si précieux à ceux de Fenris qui endurait tout ceci depuis déjà trop longtemps. A présent, tout était réglé de leur côté et il ne pouvait qu'espérer que les choses se termineraient bien pour sa compagne. Il restait à régler son sort après l'acte qu'elle avait commis à Eteniril... Et, jusque là, rien ne laissait présager de la décision de l'assemblée qui l'avait entretenue.

Quant à Macabre, il montra clairement qu'il n'était pas inquiet.

-Tu l'as compris toi-même : elle a les réactions d'une enfant mais elle réfléchit comme une adulte. De plus, la magie est bien la seule chose qu'elle comprend sans le moindre effort. Je ne pense pas qu'elle t'en veuille.

D'une caresse sur la joue, il l'invita à conserver son regard dans le sien.

-Quoi qu'il en soit, tu n'es pas obligée de gérer tout, toute seule. Je ne peux pas faire ce que tu as à faire à ta place mais je suis là si tu as besoin de quoi que ce soit.

Il eut un sourire emprunt de nostalgie avant d'ajouter.

-Une oreille pour t'écouter. Une épaule pour pleurer. Des bras pour t'étreindre. Des mots pour te faire rire.

Il n'avait pas besoin d'en dire plus. Cette phrase, il la lui avait dite le jour où il lui avait avoué ressentir à ses premiers émois pour elle. Puis elle les avait réutilisé sur les rives de l'Oliya pour lui faire comprendre qu'ils étaient réciproques. Aujourd'hui, il soulignait que rien n'avait changé. Depuis le premier jour, et ce malgré toutes les épreuves qu'ils avaient traversé ensemble, il resterait celui dont elle avait besoin. Ces simples mots étaient une promesse.
Il rapprocha son visage et lui susurra quelque chose qu'elle seule pourrait jamais entendre.

-Pour aujourd'hui... Pour demain... Et à jamais.

Son regard plongé dans le sien était plus intense qu'il le l'avait jamais été. Il ne cillait pas, ne doutait pas. Quoi qu'il arrive et pour toujours, c'était ce qu'il voulait être pour elle. Et peu importait que d'autres ne comprennent pas. Ils n'avaient aucun secret l'un pour l'autre, et ce n'était pas anodin dans le cas d'Halie. Il avait tout entendu d'elle et pourtant, ses sentiments n'avaient pas faibli. C'était dire à quel point il tenait à elle...
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Halyalindë Yasairava
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MessageSujet: Re: [QG Aigle]Une page blanche | Fenris   Mar 18 Juil 2017 - 19:59


Elle sourit en pensant à la tête suspicieuse que Rethiel servirait à Fenris si ce dernier arrivait et le remerciait tout de go. Le pauvre risquait de subir les œillades curieuses du paranoïaque cherchant à savoir s'il avait été au cœur de discussion entre l'Aigle et sa moitié pendant des mois. D'un autre côté c'était surement à cause de cette paranoïa que le voyage de retour s'était déroulé aussi bien malgré tous les imprévus et encore grâce à elle qu'elle était au QG aujourd'hui, puisque Rethiel ne voulait, d'après lui, pas risquer la vie de leur régent sans en avoir informer ses supérieurs.

Mais le reste fit rapidement disparaitre son compagnon de route des pensées de la protectrice. Oui... Il allait falloir qu'elle trouve un moyen de se rattraper auprès de Macabre et elle avait comme l'impression que des gâteaux au miel ne suffiraient pas... Quoi que cela puisse être un bon début.

Elle sourit à Fenris lorsqu'il lui rappela qu'elle n'avait pas à porté tout cela toute seule. Oh, elle n'en doutait pas. Même si cela semblait appartenir à une autre vie, comment oublié le temps qu'ils avaient passés au Palais de chêne, même en tant qu'amis ? Même alors, ses conseils et sa présence étaient une véritable bouffé d'air dans la routine dans laquelle elle s'enfermait. A présent, elle voyait à quel point elle s'était laissé entrainer par le courant et à quel point elle s'était coupé de tout en devenant Commandante puis Protectrice. Les relations de travail étaient devenues ses seules relations. La gestion des crises successives le centre autour duquel tournait toute sa vie. Mais maintenant que les drows leur donnaient un peu de leste et que leur plus épineux problème se trouvait à l'autre bout de l'Anaëh, elle comprenait bien mieux le comportement des Protecteurs qui n'avaient pas accepter de se mêler des problèmes de protection des frontières avant que l'irréparable ne soit commis... Et même si elle espérait ne pas tomber dans le même schéma, trouver un nouvel équilibre dans sa vie était nécessaire. C'était même déjà en route étant donné l'homme qui la serrait contre lui en ce moment précis.

Des mots d'un autre temps approfondirent sa respiration, son cœur ratant un battement avant de se serrer délicieusement. Avec le temps, cette déclaration avaient finit par prendre un sens bien plus profond que celui de ses mots. Elle n'appartenait qu'à eux et remettait tant leur parcours en perspectives. Ils avaient vécus tant de chose depuis cette soirée qu'ils avaient passé dans la maison familiale, depuis ce jardin dans l'ombre des cimes d'Ardamir. Pourtant, à chaque fois que l'un ou l'autre prononçait ces quelques mots, ils n'en devenaient que plus vrai.

A un souffle de son visage, le regard intense de Fenris se vrilla dans le sien. La main dans son dos la maintenait fermement contre lui. Celle qui errait sur sa joue lui arracha un long frisson alors qu'elle était captivée par ce qui se déroulait dans les iris de son compagnon.

A jamais…

Deux petits mots qu'elle n'avait pas envisagé une seule fois dans sa vie. Elle était probablement l'une des seules elfes pour qui l'éternité n'était qu'un mot dépourvu de sens. De ses premières années aux derniers événements, le temps s'était amusé à lui faire comprendre une vérité fondamentale : rien ne perdure à jamais. L'innocence, la soif d'aventure, la famille, la vie, les amis. Les périodes de joies et de peines de sa courte existence se succédaient avec la mort de ceux qui y étaient associés. Quelques dizaines d'années et le temps finissait par prélever son lot. Il était la seule guerre perdue d'avance.

Et pourtant…

Malgré sa raison qui lui criait que c'était absurde et son cœur qui était à deux doigts de la panique à l'évocation de cet abysse sans bord qu'était l'éternité, chacun de ces mots lui inspirait une certitude paisible.

Fenris ne parlait jamais à la légère. Ils venaient à peine de se retrouvé après deux mois difficiles. Bien plus difficile que leur séparation pour le front. Et pourtant, il n'avait pas besoin de plus pour lui jurer qu'il serait toujours ses côtés. Plus. Qu'il désirait rester pour toujours à ses côtés.

Loin ou non. Par temps de guerre ou de paix relative. Parmi les devoirs qu'imposaient leurs deux vies de Citadins ou le long d'un voyage loin de toute civilisation. Il était ce qui ne changeait pas.

Alors peut-être que, tout simplement, si l'éternité pouvait avoir un nom, c'était celui de Fenris…

« Je t'aime. »

Un sourire immense fendit son visage, rayonnant de plus en plus jusqu'à confiner au rire. Ses mains s'emparèrent du visage de l'Aigle et elle vint l'embrasser fougueusement. Légèrement déséquilibrés malgré la proximité qu'ils avaient déjà, ils firent un pas en arrière. Le dos de Fenris heurta la porte sans que cela ne décide Halya à s'interrompre. Serrée contre lui, elle sentait toute la longueur de son corps contre le sien. L'une de ses mains s'était posée sur le battant de bois juste au dessus de l'épaule du jeune homme tandis que l'autre s'était glissée dans son cou. Ce ne fut que lorsque ses poumons réclamèrent un peu plus d'air qu'elle ne voulait bien leur en fournir que le baiser pris fin.

« Je pourrai le jurer devant tous les dieux que tu voudras. »


Ses lèvres frémissaient d'un souffle profond. Elle était encore assez proche pour sentir la respiration de Fenris, juste assez loin pour que ses yeux si particuliers emplissant son champ de vision. Cela n'avait été qu'un murmure, comme si les prononcer plus fort aurait été dangereux, mais il n'y avait rien d'autre que la certitude empreinte de paix qu'il lui avait mise au cœur et l'amour dont elle était plus que jamais certaine... Quoi que rapidement tinter d'un peu de cette surprise gênée qui la rattrapait toujours face à lui lorsqu'elle se laissait aller à de grandes déclarations.

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