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 Avec vue sur mer [Aymeric]

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Avec vue sur mer [Aymeric]   Ven 14 Juil 2017 - 19:33

Avec vue sur mer






Ière énnéade de Karfias 10, XI

Un soleil pâle s’était levé sur la capitale estreventine. Les flots de la mer Olienne venaient se briser avec calme sur les digues du port, générant dans la passe entre les deux digues une onde qui venait frapper encore plus doucettement les quais, se mêlant également aux eaux boueuses du fleuve dont une partie s’échappait de sous le palais maritime. L’excentrique construction dérivait un petit bras du fleuve pour alimenter en énergie les norias utilisées pour rehausser l’eau provenant des aqueducs. Les toits de la ville allaient de l’orange au carmin sous ce soleil d’hiver.

Faeron bailla tout en regardant le paysage par-dessus les parchemins qu’il avait sous les yeux. Il était assis seul dans ses jardins privés, au plus haut du palais, tournant le dos à ses appartements et observant la mer et les reflets irisés du soleil sur l’étendue. La fête d’hier au soir avait été un succès confondant. Sans aucun doute. Au-delà de ce que Faeron avait espéré. Tantôt calme, tantôt excessive, elle avait eu les atouts d’une fête de la capitale et d’une fête mémorable.

Il marquait des points de statut, et dans une ville ou l’apparence était parfois aussi importante que la substance, s’était important.

Il ferma les yeux pour profiter quelques instants du bain de soleil. Il s’était placé sur son banc de pierre préféré, se trouvant devant un bassin encombré de nénuphars et empli d’une petite dizaine de poisson aux couleurs exotiques. Le bruit blanc de l’eau, qui était un ruissellement constant et calme, était agréable. Il était légèrement au-dessus des jardins privés et légèrement en dessous de son immense bassin de natation et de baignade. L’eau circulant dans le bassin aux poissons provenait d’ailleurs de ces premiers bassins extérieurs et des thermes à l’intérieur du bâtiment.

Les rapports qu’il lisait étaient les nouvelles du nord. Elles n’étaient pas bonnes. Il allait certainement devoir se déplacer lui-même à Hanning… Encore… Un jeu dangereux se déroulait dans la cité des ducs et une bataille souterraine avait l’air de vouloir s’engager pour déterminer qui aurait le pouvoir sur l’assemblée de la ville. Faeron avait identifié pour partie son adversaire, mais n’était pas encore certain de sa stratégie.

Le matin même il avait fait l’inspection des étages inférieurs du palais où la fête s’était déroulée. Les séquelles avaient disparus et en quelques heures de jour tout avait disparu. Il avait également compulsé quelques rapports d’information sur des évènements de la fête. Il en avait discuté tout du moins avec un de ses associés. Tous les membres de l’organisation de Faeron à un niveau assez important était des ‘associés’ ceux ayant un rôle plus ambigu, faisant partie de sa Maison était des ‘membres’. Le reste était des employés ou des esclaves.

L’ouïe aiguisée de Faeron l’informa qu’une personne sortait de ses appartements. Son intendante privée. Une femme d’une quarantaine d’année aux traits fins et aux vêtements stricts. Elle l’informa que son secrétaire lui rappelait son entrevue de midi. Il fallait descendre de deux étages vers ses bureaux et ses salles de réception.

Il prit le temps de se changer quelque peu, abandonnant son intérieur de soie noire qu’il portait communément par une chemise en coton d’un gris clair et un pantalon d’un bleu pastel. Il portait par-dessus cela une veste d’un cuir parfaitement ouvragé. A la plus récente mode masculine Thaari, voire un peu au-delà. A cela fut adjoint une paire de bottines noires très plates. L’ensemble n’était pas mirobolant vu de l’extérieur, d’une simplicité reniflant ce qu’il fallait de luxe et de goût.

Les personnes attendues venaient d’Oësgard. Faeron avait eu le temps de refaire le tour avec son associé en charges des affaires péninsulaire de ce qu’il détenait ou qu’il commerçait avec les lieux. Pas grand-chose. Ce n’était pas son principal secteur de chalandise en Péninsule. Il avait également reçu un des membres de sa Maison pour discuter des évènements de la nuit et du comportement de ces messieurs. Les incidents firent sourire Faeron d’un sourire entre la moquerie et le divertissement réel. Pour le reste il n’était pas très bien informé.

Son associé en charge de la Péninsule Fabien de Kaprish participerait au déjeuner de toute manière. Sauf si ces personnes ne souhaitaient pas d’un autre que Faeron à table. La pièce était celle réservée aux hôtes de marque Péninsulaires. La table était déjà dressée et les personnes étaient près d’une fenêtre, on leur avait donné à boire et quelques friandises salées pour faire patienter. La table était dans une grande salle de pierre extrêmement spacieuse et simple. Rien au mur si ce n’était une peinture au style tout péninsulaire, et pour cause la toile avait été commandée à un artiste de Diantra par ses parents. Il s’agissait d’une représentation du premier navire ayant été construit par un chantier naval Savarius pour les armements navals Savarius. La scène présentait l’échappatoire par mer forte du navire d’entre les tentacules d’un kraken.

Le reste de la pièce était exempt de toute décoration. Les grandes fenêtres donnaient sur le jardin du rez de chaussée donnant sur la mer et regardait la mer, en direction de la Péninsule. Les pièces de mobilier entre la table de marbre étaient des grands sièges de bois et de cuir confortables d’un dessin très épuré. La vaisselle sur la table était elle aussi assez simple dans ses décorations mais parfaite dans sa réalisation. Elle provenait de péninsule. Le couvert avait été mis à la mode Diantraise.

«  - Chers étrangers… Bonjour… La paix céleste sur vous et vos amis et milles grâces pour nos retrouvailles. »

Faeron s’inclina légèrement puis serra les mains.

« - Je vous en prise, prenons place. J’aurai avec votre permission aimé faire participer mon humble associé Fabien de Kaprish, qui s’occupe des affaires péninsulaires et qui est un de vos compatriotes figurez-vous... Il est de toute confiance et avec lui nous seront plus à même de discuter avec précision. »


Un petit bréviaire se trouvait sur la gauche de chaque assiette, une liste de plats très longue s’y trouvait. On servit un autre vin d’apéritif, un peu plus moelleux que celui présenté aux deux hommes il y avait quelques minutes.

« - Votre présence hier soir était une faveur rare. J’apprécie toujours de rencontrer des hommes des contrées nordiques. Je ne les connais que bien peu j’en ai peur… Aussi j’étais ainsi curieux de vous rencontrer. Vos terres ne sont pas représentées à leur juste valeur dans le port de Thaar. C’est un bien grand mal. Mon sacerdoce, à la Providence va, est de faciliter les moyens financiers et logistiques aux individus pour qu’ils puissent commercer sur toutes les mers toutes les marchandises de notre continent. »

Il eut un sourire entendu.

« - Et vous nobles étrangers… Que venez-vous faire dans notre ville ? »
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Avec vue sur mer [Aymeric]   Ven 21 Juil 2017 - 23:45


Cela faisait quelques heures seulement que Mare-Sel avait délaissé la compagnie de Brandin, quelque part dans une venelle sinueuse du port. C'était entouré de clercs et de marchands que l'homme avait repris le chemin du palais Savarius, dont il s'était échappé la veille en compagnie de deux nouveaux amis ainsi que d'une pelletée de putains. Seule son oreille sanguinolente lui rappelait que sa soirée avait été gâchée temporairement.

La statue bizarre d'un navire entouré de tentacules lui rappelait quant à elle à son esprit embrumé qu'il se trouvait dans le cabinet de maître Faeron, et qu'il eut mieux fait d'être attentif. Le marchand l'avait tiré la veille d'un mauvais pas ; mais plus encore, il semblait dispos à s'acoquiner avec les oesgardiens, ce qui était une aubaine. S'inclinant gracieusement à l'écoute des dires de son hôte, Mare-Sel prit place. Il se tint coi tant que son interlocuteur causait, saluant à nouveau le dernier venu, et portant son verre aux paroles du marchand.

Tout ce que son hôte avait fait pour le mettre à l'aise dépaysait Mare-Sel, bourgmestre du Nord de l'Oesgardie, qui n'avait jamais vu Diantra ou quelque grand port de Péninsule. L'homme s'y entendait en fermages, en brasserie, en bucheronage et surtout en jacquerie ; voila qu'on le gratifiait de porcelaine fine et de fins vins moelleux. Buvant une gorgée pour réveiller sa voix encore enrouée, Mare-Sel avala de travers et toussa plusieurs quintes.

« Maître, votre hospitalité nous honore et votre curiosité me flatte. Je me nomme Étienne, bourgmestre d'Hasseroi, en Oesgard, ainsi qu'argentier de notre bon baron, Geoffroy Falkenberg et de sa douce épouse, Ansleubane Heinster. Leur bon régent, le marquis Aymeric de Brochant, m'a envoyé dans ces contrées étrangères afin de mettre en place le négoce entre la gent thaarie et le Nord de la Péninsule. Votre accueil et votre générosité, les Cinq vous en remercient, ont attesté de votre valeur et de votre prudhommerie, aussi l'heur m'est grand de vous révéler ceci : vous êtes le premier avec qui je négocie. »

Les Dieux avaient fait qu'il était tombé sur une bonne âme ; du moins, une bonne personne ; du moins, pas un puysard. Le marchand était riche et disposé à les entendre. On avait baisé ses puterelles, il avait accordé une audience. Que pouvait-on souhaiter de mieux ? « Apprenez ceci, maître ; par l'Olyia nous sommes venus, d'une manière sûre et leste, sans que l'on attente à nos biens. Or de cette route oubliée de beaucoup, d'autres navires sont voués à venir, et à naviguer de Thaar jusqu'à Lante. Oesgard est le centre de cette grande route, et bientôt, l'Estrévent en entendra parler. »

Il était confiant, le ladre! Orgueilleux!

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Avec vue sur mer [Aymeric]   Mar 1 Aoû 2017 - 22:35

Le marchand fit poliment semblant de ne pas remarquer que son invité manquait de s’étouffer dans son vin. Peut-être aurait-il dû faire servir un peu de la marchandise brassée par les contrées de ces personnes et que l’on avait achetée quelques jours auparavant. Peut-être… Dans tous les cas il se contenta d’attendre que l’homme se remette de cette funeste gorgée avec la politesse d’un sang-mêlé qui de toute manière avait pour lui le loisir de pouvoir attendre une presque éternité.

Il fit encore œuvre de silence en entendant les premiers dires de l’homme. Des mots aimables dans un accent assez pénétrant, presque rugueux à l’oreille du marchand. Ce dernier n’avait pas si souvent l’opportunité de discuter avec des convives de cette partie nordique de la péninsule. Il n’avait que peu d’illusion sur ce qu’il devait représenter pour ces péninsulaires. Mais le fait qu’ils soient venus jusqu’à Thaar pour y trouver des opportunités commerciales était le signe que les choses changeaient dernièrement. Peut-être la péninsule avait-elle faim de commerce ? Si effectivement le nord souhaitait rattraper son retard sur les ports Soltaari et sur les régions sudistes, alors les choses deviendraient d’autant plus intéressantes que nombre des adversaires Thaari de Faeron n’y étaient pas préparés.

La seconde information qui était intéressante et positive –jusqu’à preuve qu’il ne s’agissait pas d’un mensonge- était le fait qu’il avait la primeur de négociation. Il doutait néanmoins en son for intérieur que ces personnes aillent amener leurs affaires chez sa concurrente d’origine puysarde. Le manque de flegme était un défaut répandu et funeste pour les commerçants. L’on verrait ce que cela donnerait dans le futur mais en tout cas dans ce cas précis, l’inconduite extraordinaire de la femme avait d’ores et déjà une réverbération positive sur les affaires de Faeron.

Il avait déjà entendu ces noms venus de l’occident que l’oesgardien mentionna, il se tenait au courant dans les grandes lignes des nouvelles provenant de la péninsule, qui était tout de même son troisième débouché commercial. Et il disposait des notions générales de qui faisait quoi dans ce délicat équilibre que représentait la Péninsule.

Ainsi ils étaient arrivés par le fleuve ? Voilà qui était d’autant plus intéressant. Ce périple avait donc fonctionné. Il y avait bien longtemps que les portes de l’Oliya s’étaient fermées au commerce de gros. La question ici semblait assez simple, si l’Oesgard se voulait être le nouvel axe de transit nord sud via le fleuve, cela modifierait profondément la carte logistique actuelle. Et pour cela il fallait des navires… Et le nord de l’Oliya était une réserve quasi infinie de bois. Faeron croisa ses mains devant son assiette.

«  - Vous avez mon intérêt cher étranger… Vous semblez indiquer que la route de l’Oliya est ouverte… Tout du moins qu’elle pourrait se rouvrir… Ce commerce fluvial est de nature à concurrencer de manière presque funeste les convois terrestres remontant vers les cités naines effectivement… Et à capter un plus gros revenu de douane pour vos suzerains sans nuls doutes. »


Il adressa un regard droit et direct à l’homme.

« - Si vous êtes venu me voir cher étranger, c’est que vous devez avoir une idée très précise à l’esprit peut-être –par exemple- pour discuter d’une alliance qui permettrait à votre suzerain et à mes compagnies de lancer ce mouvement. Vous connaissez sans nul doute mes fonds de commerce et les services que je rends ici-bas. Recherchez-vous un armateur, un bailleur de fond, un constructeur naval, ou un partenaire capable d’apporter ces trois services pour une entreprise plus grande encore : celle de cultiver pour notre bénéfice mutuel une nouvelle voie commerciale vers le nord qui devrait, sans nul doute, devenir la référence en la matière par rapport aux convois terrestres ? »
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Avec vue sur mer [Aymeric]   Jeu 31 Aoû 2017 - 22:45


« Tout cela et plus encore! » répondit sans attendre l'invité d'un ton enjoué. « Nous autres Oesgardiens avons su depuis des siècles dompter nos fleuves et nos rivières pour en tirer profit : les aigues-vives actionnent les soufflets et les marteaux de nos forges, charrient les arbres de nos montagnes jusqu'aux villes, transportent les hommes et les bêtes mieux que la meilleure des routes. » Il avait lancé cela avec une pointe de fierté, tant il est vrai qu'en Péninsule, le commerce demeurait dominé par la mer, dans le Sud, ainsi que par la route d'Or ; il faisait peu de cas des rivières et des fleuves.

Ce n'était cependant pour vanter les mérites de l'Ambrie que Mare-Sel était venu auprès de l'ambitieux Savarius. Si ce dernier semblait penser qu'on connaissait l'entièreté de ses prérogatives, à lui et à sa compagnie, c'était non sans ironie que l'oesgardien se retint de professer son ignorance. Ignorance à demi, en vérité, car certes l'ineffable Brandin, ainsi que ses comparses, avaient instruit brièvement l'argentier. « Il est dans le négoce de bois », « Il arme des navires », « Il suce des bites », lui avait-on susurré en substance. Séparant le bon grain de l'ivraie, Étienne Mare-Sel avait espéré déceler quelques points d'accroche entre son entreprise et la puissance compagnie Savarius.

« Tout cela et plus encore, disais-je : je crois que les Cinq vous ont mis sur mon chemin pour que nous devenions plus que des clients mutuels, mais bel et bien des frères en négoce. Mon sire veut naviguer l'Olyia, vous construisez des navires. Des bois commercez vous, nous en abattons les plus grands et les plus droits que la Péninsule voit pousser. Des armes! De l'acier! De la bière et des cuirs : tout ce dont Thaar peut faire usage, l'Olyia peut pourvoir, si bien que devant tout cela le tournis s'empare de mon chef. Aussi parlons peu, bon hôte : moi qui ai vendu ma cargaison en un jour et suis riche de nombreux souverains, que vous achèterais-je avec, qui puisse m'enrichir du double à mon retour en Oesgard ? Et vous, que vous vendrais-je lors de mon prochain voyage, qui fasse jalouser les princes du conseil eux-même ? »

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Avec vue sur mer [Aymeric]   Mar 5 Sep 2017 - 23:13

L’armateur regarda avec une certaine curiosité ceux qui étaient à sa table répondre avec une gaieté à sa question. L’homme tentait de vendre les connaissances en commerce fluvial d’Oesgard. C’était là certainement le cas. Sans aucun doute même. Peut-être n’avaient-ils pas toujours été en Péninsule les plus avancés en la matière, mais en tout cas devait-il être dans le haut du panier en la matière. A cela s’ajoutait que le centre de la Péninsule et le Langehack, les deux autres lieux où de connaissance de Faeron un fleuve s’écoulait de manière plus ou moins contrôlée, les combats semblaient plus répandus que l’ingénierie civile dernièrement.

De manière générale Faeron écoutait avec un optimisme tempéré l’homme. Lui était toujours quelque peu suspicieux de ceux qui se targuaient d’un fait de haute volée. De manière générale il était toujours mesuré dans ses jugements concernant les dires des personnes mais n’avait de toute manière pas peur de prendre des risques, et ce gens pouvaient être un risque rentable.

Le dénommé Etienne Mare-Sel semblait faire grand cas de Savarius et de ses commerces. En cela là encore le sang-mêlé était prudent. D’autant que l’homme semblait vouloir faire feu de tout bois. Or Faeron ne serait pas celui qui commercerait ces biens avec l’Oesgard. Tout au plus jouerait-il le rôle de transporteur mais il n’était pas de ceux qui négociaient les marchandises. On ne pouvait pas être sur tous les marchés, ou bien c’était le début de la ruine. Et Faeron se concentrait sur ce qu’il connaissait et sur les segments rentables de ces marchés choisis avec soin. En revanche il pouvait devenir l’entremetteur zélé entre commerçants Thaari et Oesgardiens. Cela oui était possible.

Construire des navires pour l’Oesgard était possible. Négocier du bois l’était également. Le reste pourrait être transporté mais il ne s’occuperait pas de le vendre ou de l’acheter.


« - Eh bien… Il ne m’est qu’assez rare de me mêler du négoce de vins, d’armes, de minéraux ou de manière générale de la plupart des biens. Le bois que vous soulignez est naturellement une denrée que je négocie de manière plus importante, et pour cause j’en suis un consommateur important. De fait ouvrir le commerce nordique via l’Oliya est naturellement une chose dont nous pouvons profiter mutuellement. »


Il croisa ses mains.

« - Vous qui connaissez maintenant la rivière pour l’avoir parcourue de bout en bout, quels types de barges pensez-vous pouvoir utiliser. Jusqu’à quel tonnage ? Si votre Sire souhaite ouvrir cette route et que nous mettions en commun des efforts pour y parvenir, je suis tout disposer à me lancer dans une telle entreprise. Jusqu’à Sol’Dorn la navigation nous est connue, mais votre connaissance de la rivière en amont de cette ville pourra être d’un grand secours.

Une fois la route ouverte et la promotion réalisée, je suis certain que nombre de commerçants Thaari seront intéressé pour louer des tonnages pour remonter ou descendre vers Oesgard...

Supposons que je sois disposé à investir dans une ligne fluviale et dans la construction d’un port fluvial digne d’un comptoir commercial sur les terres de votre Sire, serait-il possible d’obtenir de Son Excellence quelques garanties de sécurité des biens, et quelques garanties fiscales en particulier une clause d’un alignement systématique des taxes de cette ligne sur celle du commerçant le plus privilégié ?

Cette ligne initiale mise en place, et afin d’amortir mon investissement, il me faudra promouvoir à Thaar le commerce avec vos terres naturellement, ce qui sera un bénéfice mutuel… Pour échange de vos connaissances de navigation fluvial, nous pourrions imaginer adosser à cette première proposition une fourniture à des prix très concurrentiels de navire fluviaux à vos commerçants…

Est-ce un accord de cet ordre d’idée que vous aviez en tête et pour lequel vous disposez des pouvoirs de négociations de la part de votre souverain ? »
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Aymeric de Brochant
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MessageSujet: Re: Avec vue sur mer [Aymeric]   Jeu 5 Oct 2017 - 17:56


« Oui-da, en temps venu. » La réponse de l'estréventin l'avait surpris. Mare-Sel était un homme pragmatique ; il avait adressé une question résolument matérielle, à laquelle on lui avait répondu taxes et garanties fiscales. Le prenait-on pour un commis de la compagnie du Ponant ou des Trois-Saisons ? À la tête de sa modeste galère fluviale, l'homme, s'il nourrissait de profondes ambitions, embrassa tout d'un coup l'immensité du monde dans lequel il aspirait à frayer. Oesgard, pour ainsi dire, était naine face au commerce Thaari.

Mais les nains ne sont ils pas connus pour faire tomber les géants ? À force de persévérance, se dit l'homme, il ferait qu'un jour sa fourmi faite entreprise serait l'égale des grands compagnies suderones. Le terrain lui était favorable et le temps porterait ses fruits, quitte à passer en premier lieux pour un pégus auprès des grands de Thaar. « Las, mon bon monsieur! entreprit-il de répondre, vous me prêtez une richesse que je n'ai point! De tout cela, je gage que nous aurons loisir de causer longuement, avec le temps, mais présentement je ne suis que le modeste capitaine d'un unique navire, et avant qu'il ne fructifie en une véritable armada, il me faudra œuvrer longuement. En cela, je me remets entièrement à votre conseil! »

Il vida d'un trait sa coupe, la faisant tinter au moment de la reposer. « Ma prochaine cargaison vous est assurée : les plus hauts pins de l'Überwald. Cependant que les temps redevinssent cléments et propres à la navigation, je vous demande aussi humblement votre aide pour ramener dans mon pays les meilleures denrées. Oesgard, hélas, souffre de la faim ; mais l'Estrévent lui est riche et populeux, il ne connait le froid de l'hiver et l'Olyia fait pousser inlassablement le blé au rythme de ses crues, m'a-t-on dit. Je serais votre obligé si vous m'indiquiez quelque négociant de confiance, à qui acheter du grain en masse ; je gage qu'en retour, eux le deviendraient également envers vous. »

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Avec vue sur mer [Aymeric]   Sam 28 Oct 2017 - 0:43


La réponse du marchand nordiste fut intéressante. Sans pour autant dénier la demande de Faeron, elle la repoussait à une échéance future et non jalonnée. Pour une personne aussi matérialiste que le marchand Thaar, ce fut la confirmation que le marchand nordiste n’envisageait pas la montée en rythme du commerce sur l’Oliya aussi vite que le semi-elfe. L’information était aussi intéressante que cruciale.

Mais l’on ne pouvait faire un verger d’une seule graine. Il fallait savoir se montrer patient et savoir récolter et replanter. Pour l’homme avide de jardins qu’était Faeron, la métaphore était parlante. Il fallait voir ces premiers échanges comme un investissement dans l’avenir. A cela s’ajoutait que l’homme semblait être un minimum ambitieux, ce qui suffirait à donner au moins une part de chance au succès sur le long terme de l’opération.


« - Vous pouvez compter sur moi pour vous racheter tout pin de qualité maritime à 32 souverains pièce. Je paierai 38 souverain pièce le chêne maigre, idem pour l’orme. Si vous parvenez à mettre la main dessus, nous manquons de frêne pour la constitution de gaffes. Aussi négligeable que cela puisse paraitre, une récente commande étrangère risque de m’en utiliser tout le stock… Je paierai donc 45 souverains pièce pour un maximum d’une vingtaine de frênes… Je crois savoir que le nord regorge de cette essence, vous feriez une excellente affaire en m’en trouvant… »


Il réfléchit un instant.

« - Plusieurs noms me viennent à l’esprit quant à la constitution d’une cargaison de grains. Mais si vous voulez un conseil gratuit, je vous recommande d’acheter de la farine… Surtout auprès des fournisseurs que je vous citerai, ils seront fiables quant à la qualité. Je sais que nous transportons pour eux de grandes quantités de farines en sacs de jute huilés imperméables au travers des mers. Vous transporterez plus de marchandises pour un même volume et d’une valeur plus importante. Fabien de Kaprish, mon second pour les lignes Oliennes s’occupera de vous trouver celui de nos amis qui dispose à l’heure actuelle du meilleur prix… »


Faeron qui n’avait pratiquement pas touché aux denrées et aux liquides qu’on leur présentait, s’autorisa à lever son verre pour l’homme. Il s’agissait du vin d’accompagnement du plat principal, un grand classique très charnu et d’un équilibre agréable. Il le leva délicatement et élégamment, faisant ainsi signe à son invité que l’affaire était faite.


« - Un dernier point… Je souhaiterai savoir si je pouvais vous adjoindre pour votre voyage un individu. Pour aller et retour. Naturellement je vous dédommagerai pour cette tâche… Il s’agit d’une personne de mes connaissances qui souhaitait justement se rendre en Oesgard et quelle meilleure coïncidence ? Le hasard fait bien les choses… Rassurez-vous vous n’aurez pas à vous en plaindre, je le connais suffisamment pour savoir que cela ne sera pas un poids. »
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