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 Fer de lance ou fer à cheval | Valère

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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Mar 25 Juil 2017 - 19:08


3e jour de la 4e ennéade de Karfias
10e année du XIe Cycle
20 jours après le retrait du collier

Depuis deux ennéades, chaque midi, Krish remontait à la surface pour passer deux heures à observer Valère œuvrer dans l'écurie sans desserrer les lèvres pour autre chose que lâcher quelques mots, quelques préceptes au début ou à la fin de ces entrevues, sans aucune explication et sans lien apparant avec ce qui se déroulait sous ses yeux.

" Un geste engendre toujours un changement. Veille à ce que chacun des tiens suivent ta perfection. "

" Si tu ne pense que comme ceux qui sont venus avant toi. Jamais tu ne pourras te trouver, toi. "

" Le savoir sous toute ses formes est le plus grand trésor au monde. "

" C'est pas l'exploration de nouvelles voies que les mortels façonnent le monde. "

" Ta voie est unique et nouvelle. "

" La liberté seule mène à la véritable création. "

" La maîtrise du geste est le meilleur outils pour révélé l'essence des choses et des êtres. "

" L'Inspiration passe par le souffle, prend chacune d'elle en conscience et tes actes seront plus proche de ta véritable essence. "


Elle n'avait donné qu'une unique consigne claire et précise : interdiction d'approcher le box de Tril ou même de le regarder. Son oeil perçant suivait les mouvements du jeune homme et des autres esclaves, rendant fébrile bien des tuniques blanches. Dépourvu de son collier, les autres esclaves observaient le revenant avec une suspicion mêlée de terreur. Pourtant, aucun n'osa lui être désagréable en quoi que ce fut. La plupart évitaient même de croiser son regard, baissant les yeux ou même la tête lorsqu'il était à proximité.

Mis à part ce détail, la vie semblait reprendre son cours. Hassas s'était montré des plus ravis lorsqu'il avait reconnu l'homme qui l'avait soigné. Lorsque Krish n'étaient plus là, Wydrin venait de temps à autre discuter avec l'humain... Mais pas une seule fois elle ne lui demanda ce qu'il s'était passé avec Krish ou comment il se sentait à présent.

En dehors des deux heures qu'elle passait chaque jour dans le mutisme, l'intérêt de la Maîtresse semblait s'être totalement détaché du jeune homme. Il vaquait comme il l'entendait, recevait ce qu'il demandait et mangeait à sa guise. Depuis qu'il avait regagné sa chambre, Krish semblait bien plus occupée qu'avant comme si elle préparait quelque chose, et les deux êtres ne se croisaient plus que lors de ces rendez-vous silencieux ou aux détours des couloirs sans qu'elle ne lui jette le moindre regard.

Elle semblait se moquer de ce que pouvait bien faire Valère hors de ces deux heures journalières... Pourtant lors de ces deux heures, elle le suivait avec assiduité sans poser la moindre question.

Exceptée une...

" Combien de temps passes-tu à prier chaque jour ? "


Après tant d'heures d'observation, elle avait juste poser une question. Il n'y avait aucun rapport avec le lieu. Aucun rapport avec l'activité. Et pourtant c'était la première fois qu'elle s'adressait directement à ce petit humain depuis près de vingt jours...
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Valère
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Mer 26 Juil 2017 - 15:45

Les jours s'écoulaient depuis que je ne portais plus le collier. J'avais depuis retrouvé mon poste dans les écuries, j'apprenais à mieux comprendre les chevaux. Inconsciemment mon esprit s'était élevé avec les épreuves subies. La Maîtresse venait deux heures par jours, mais ne me disait rien, elle me regardait juste faire, parfois elle soufflait une phrase que je devais déchiffrer car souvent, les phrases ne collaient point avec mes gestes.
C'était mon apprentissage.
Je touchais au but, quand ? Je ne le savais pas encore, mais je m'approchais, j'en étais certain. De plus, je fus surpris, et flatté à la fois en remarquant que certains compagnons baissaient la tête devant moi, écoutaient mes conseils en les appliquant de suite.

Que se passait-il ? Etait-ce là, l'aube de mon pouvoir. C'était effrayant. Parfois ils me cédaient le passage, et ne discutaient pas quand j'avais besoin d'un objet, je mangeais même à ma guise. Pourtant je restais humble, et n'en profitait pas. Je laissais juste parfois un instant, l'orgueil chatouillait ma raison.
Jamais je ne m'approchais du Box de Tril, c'était l'ordre de la Déesse, et il faisait loi. Des fois je sentais chez les autres esclaves de la peur. Je n'osais leur demander pourquoi ? Et quand je le faisais, ils répondaient fébrilement :" Parceque" et s'éloignèrent.

Je m'habituais à ces marques de respects. C'était comme si j'étais un simple tigre au milieu des autres félins, et que la Maîtresse me dota de crocs immenses.
De temps en temps, je parlais avec la capitaine quand je m'occupais de sa monture. Je la respectais comme au premier jour, et jamais elle ne me parlait des événements passés. Mais j'étais heureux de la revoir, même si au fond je n'avais pas suivi ses conseils en laissant mon âme s'approcher du soleil divin.

Ma vie avait changé, l'être millénaire ne semblait ne me portait plus aucune importance au-délâ des deux heures, quand je la croisais sur mon passage dans ses appartements ou ailleurs, je respectais le protocole, je m'écartais, m'inclina totalement avant de me relever après son passage.
Je passais mes nuits à récitait le chant, et à répéter les paroles qu'elle distillait de temps en temps... Puis un jour, comme guidé par une force étrange, la lumière divine me fit débuter mon oeuvre, le matin je me levais en implorant la Déesse de m'offrir le savoir, et la nuit, en la remerciant de m'avoir offert une journée de plus en vie.

Quelques temps après, comme toujours, je travaillais dans les écuries, et comme toujours, Griffe-Argent vint me rendre visite, sauf que cette fois, elle me posa une question ! J'arrêtais ce que je faisais, je posai un fer sur l'établi puis m'approcha de la Maîtresse en conservant le même respect du premier jour.
-" Deux fois par jour. Le matin, et le soir ! Une heure les deux fois. Le matin, pour quémander à votre grandeur de m'apporter la lumière du savoir et l'inspiration, le soir pour vous remercier de m'avoir laissé en vie un jour de plus et en vous remerciant pour votre aide. " Répondis-je d'une voix mélodieuse qui depuis le temps s'était, tout comme mon être, bien rétabli.... Sauf que maintenant, elle avait un quelque chose de fascinant.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Jeu 27 Juil 2017 - 23:59


Krish hocha tout juste la tête sans rien ajouter de plus, gardant un sérieux de façade. Alors il priait vraiment... Avait-elle déjà connu un homme aussi naïf ? ... Mauvaise question. Par contre elle n'en avait surement pas vu d'à la fois assez naïf et assez acharné pour arrivé à un tel état. Un état qui commençait à lui paraitre intéressant. Elle était comme une gamine devant un paquet cadeau, rêvant ce qu'il y avait à l'intérieur. Peut-être dans une dizaine d'année aurait-il changé la fasse du monde. Peut-être serait-il devenu un martyre ou un prêcheur itinérant suivit d'une horde de fidèle. Combien d'aventures fantasques aurait-elle l'occasion d'observer ?

Tout en réprimant un sourire impatient, elle le laissa là pour s'approcher du box de Tril. Le farouche étalon s'approcha pour poser son chanfrein sur le front de la noire elfe qui le flatta un instant, murmurant quelques mots en langue sombre à son intension. Puis elle déverrouilla le box d'une main leste et en ouvrit la porte. Aussitôt, il partit au petit trot vers l'extérieur sous l’œil attentif de sa cavalière restée sur place. Elle tournait totalement le dos à Valère lorsqu'elle s'adressa à lui. " Aujourd'hui, tu vas me montrer que tu est digne de mes enseignements, mon cher Prêcheur. Si tu réussis, je te ferais deux présents. Si tu échoue, j'apposerai moi même la marque des esclaves sur son visage, je tuerai Lucile et je reprendrai ta formation depuis le début. " Sa voix était placide, énonçant tout simplement une évidence. Puis elle se tourna pour planter son regard dans les pupilles de l'humain.

" Je t'ordonne de monter Tril. Tu lui fera traverser la cours pour me montrer que tu maîtrises son tempérament. De la porte de la grange à la porte de l'écurie. Tu n'utiliseras ni cravache, ni bride, ni selle mais à part ça, tout t'est permis. Tu as jusqu'au levé du soleil demain matin. "
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Sam 29 Juil 2017 - 13:26

La maîtresse hocha simplement de la tête. Elle restait avec cette mine sérieuse et froide. Je ne cherchais pas à comprendre. Je parlais humblement, avec ferveur. Je suivais du regard sa marche jusqu'au box de sa monture. Là où elle nous avait interdit d'aller.
Qu'allait-elle faire ? Elle ouvrit le box, et libéra Tril qui s'éloigna à l'extérieur avec une puissance, une élégance rare, encore aujourd'hui j'étais émerveillé, j'avais la certitude que jamais je ne verrais un cheval aussi beau.

La Déesse prit la parole et ne répondit pas pour décrypter mes mots à sa question sur les prières. Elle annonça une épreuve. La réussite, me donnerait deux présents. L'échec serait synonyme d'une marque des esclaves et de la mort de Lucile.
Je ne sais pas pourquoi mais l'évocation de ce nom leva mon âme. Je me disais même que j'avais presque oublié son existence depuis que l'être millénaire avait ôté mon collier de ronce. Pourtant, je sentais en moi cette force de tout faire pour éviter sa mort. Même si ma motivation était tout autre, j'allais le faire pour moi, pour mon rôle, et pour montrer mes progrès à celle qui détenait ma vie entre ses mains.

En l'écoutant j'observais Tril avec effroi, en effet, la tâche était ardue, mais j'étais motivé. J'avais jusqu'à demain et les premiers rayons du soleil. En serais-je capable ? Oui je l'étais ! L'angoisse était naturel. Et me permettait d'avancer. Mon regard ne cessait de fixer le cheval avec des yeux déterminés, comme pour lui dire. Je vais t'amadouer ! Qu'importe la manière !
Je fis face à la Déesse, un sourire sur les lèvres en baissant la tête.
-" Très bien Maîtresse ! " Me contentais-je de dire. Et sans perdre de temps je m'éloigna pour commencer.
Il s'était arrêté au milieu, le pas lent je m'avançais vers lui. Première tentative vaine, je le savais était le geste simple, je pris un coup de tête en plein visage qui me fit tomber. Les heures passèrent, je ne faisais que chuter, jamais il ne me laissais l'approcher, souvent je du même éviter ses coups de sabots. Mais je souriais. J'avais foi en moi. Et cette foi allait m'aider. La nuit tombait, et rien ne changeait.
Un moment je tombais à genoux pour accomplir la prière en hommage à la Déesse, à notre Déesse dis-je en observant Tril qui d'un coup s'arrêta et m'observa de son oeil vif. Comme s'il m'accordait une trêve. Lorsque j'eu fini, je me levais, j'étais essoufflé, mais mon mental non, la nuit était froide, plus que d'ordinaire.

Mes bras étaient recouverts de bleus, ma poitrine de coups. Il fallait dire qu'il me malmenait ce cheval. Sur mes jambes, je le regardais, yeux dans les yeux... Sans bouger, lui non plus. C'était un défi. Combien de temps ? J'étais incapable de dire. Parfois il me donnait l'impression d'être prêt à m'attaquer. Quand je voulais bouger un pas il poussa un gémissement qui déchirait la nuit.
-" Je suis la voix de la Déesse, de ta Maîtresse... Tu dois me croire ! Je suis le Maître des Bêtes, c'est la volonté divine ! Je n'y peux rien et toi non plus ! Qui sommes nous pour juger la parole de l'être divin ?" Murmurais-je assez fort pour que ma voix porte jusqu'aux oreilles de Tril.

Je n'avais plus beaucoup de temps, d'un bon rapide, je montai sur le cheval en attrapant longue tignasse. Il remuait longuement, je restais planté, manquant de tomber à plusieurs reprise.
-" Je suis la voix de la Déesse ! Calme-toi ! Calme-toi ! Je ne te veux pas de mal, je suis juste ce qu'a souhaité ta maîtresse, le maître des bêtes. " Nul violence, nul geste, je répétais cette phrase et l'animal après un long parcours digne d'un rodéo s'apaisa. Je poussai un immense soupir, épuisé, mon buste s'effondra sur la monture, et mes bras entouraient son encolure.

Avec le peu de force, je conduisis le cheval à la porte de la grange, il y avait des témoins, tous sous le choc ! Puis Tril entama une marche au trot, et traversa la cours, alors que les premiers rayons du soleil baignaient la demeure, le cheval avec moi dessus arriva de l'autre côté devant la porte des écuries.
Je souriais bêtement.
-" Tu n'es pas commode toi ! Tu es le plus beau et le plus noble, sache-le. C'est un honneur que tu viens de me faire là ! " Soufflais-je à l'oreille de la monture en descendant, en restant assis au sol pour reprendre ma respiration. La Déesse allait arriver, je le sentais.


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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Lun 7 Aoû 2017 - 10:42


Un sifflement mélodieux se glissa hors de l'ombre de l'écurie. Les oreilles de l'étalon se dressèrent vers l'avant. Sa tête donna un petit coup amical à l'humain qui venait de le dompter une fois, puis il entra dans le bâtiment de son pas puissant.

A quelques pas de là, appuyé sur le mur en bois ouvragé d'une stalle, Krish, en pantalon de cuir, cuissardes et tunique rouge très simple, attendait en silence. Sa main, noire et griffue se posa avec légèreté sur le chanfrein de la bête. Quelques murmures tendres vinrent chatouiller ses oreilles fines tandis que les yeux de lave de la drow cherchaient les billes d'or de l'animal.

Après quelques instant, elle tourna la tête vers le héros du jour, un air de fierté sur le visage. L'amusement qui flottai juste derrière n'était qu'une bribe infime de ce qu'elle essayait tant bien que mal de cacher. Décidément, cet énergumène promettait d'être intéressant. Très intéressant. Elle se prenait même à espérer qu'il accomplisse de grandes choses et lui offre un spectacle magnifique plein de foi, de sang et d'espoir, comme ces grandes pièces de théâtre qui marquent les mémoires de ceux qui n'ont pas le temps de tout vivre en une seule vie.

Mais au lieu de s'adresser directement à lui, tout en gardant les yeux vrillés dans ceux de Valère, elle appela avec clarté :
" Toi, le collier aux fer à cheval.
- Oui Maîtresse ? " répondit craintivement un hybride dont l'âge, bien qu'incertain, devait se compter en siècles bien plus qu'en décennies.
- Combien de temps as-tu passer à t'occuper de Tril ?
- A chaque fois que son soigneur était indisponible, Maîtresse.
- Que t'avais-je promis si tu parvenais à le monter, ne serait-ce qu'une fois ?
- ... La liberté, Maîtresse.
- Combien de temps as-tu essayé ? "

Cette fois, la réponse se fit attendre et la voix de l'homme s'extirpait avec peine d'une gorge serrée par une sorte d'abattement étrange.

" Soixante-quatre ans...
- Et qu'as-tu récolté ?
- La perte de ma main droite et de mon genoux après m'être fait piétiné. "

A bien y regarder, l'esclave en tunique blanche gardait une main contre son ventre. Ce qu'on pouvait prendre pour de la crispation dans l'ombre de l'endroit se révélait être une difformité tout à fait dérangeante. Voyant que la drow ne s'intéressait plus à lui, l'homme s'éloigna à nouveau en boitant. Vu son état, il était absolument certain que sans une intervention magique de haute volée, il ne pourrait plus jamais monter à cheval.

Tril vaquait sans grand empressement entre les stalles et mangeant à bien des râteliers qui n'étaient pas les siens. Une main sur sa croupe pour éviter de se faire inopinément botter, Krish soutint encore un peu le regard de l'humain en silence de manière à ce qu'il intègre la valeur de sa victoire. Soudain, sa main se mis à chercher dans le replis de sa ceinture. Elle en tira un objet plat et luisant tenant dans la paume de sa main.

" Approche, Valère. " ordonna-t-elle paisiblement.

Sur sa peau d'encre se détachait merveilleusement un étrange symbole poli et feuilleté forgé dans un argent si pur qu'il tirait sur le blanc. L'objet représentait une main gauche ouverte, curieusement stylisée. Une spirale formait le pouce et la paume et les quatre autre doigts venaient s'y greffer comme des rayons. Au centre de la paume, un rubis sanglant était enchâssé dans le métal et le long de la spirale était gravé trois mots en langue sombre. Doucement, elle déposa l'objet dans la main du jeune homme.

" Liberté Volonté Inspiration. Voilà ce qui est écrit. A partir d'aujourd'hui, tu étudieras la langue de mon peuple durant deux heures chaque matin auprès de Jiph, ma tailleur personnelle. Visiblement vous vous connaissez déjà puisqu'elle s'est portée volontaire. "


Elle n'en dit pas tout de suite davantage, préférant voir s'il comprendrait ce qu'elle voulait faire de cette forme : le symbole de ses enseignements. Quitte à ce que des faibles d'esprit aient besoin de la considérer comme une déesse pour prendre quelques bribes de sagesse, autant qu'elle ait un symbole qui en jette ! Elle continuas plutôt avec ce qu'elle avait promis au début de l'épreuve.

" Ton premier présent t'attend das ta chambre. Mais pour le second nous allons avoir à parler. Suis-moi. Nous serons plus confortablement installés à l'intérieur. "


Laissant là Tril sans même le raccompagner à son box, elle invita Valère à marcher à sa hauteur tout en se dirigeant vers le Palais par l'entrée arrière de l'écurie. Ils échouèrent dans un petit salon où une table basse était déjà chargée de mets de toutes sortes parmi ceux que l'humain avait l'habitude de demander aux cuisines, et d'autres que la Maîtresse des lieux préféraient. Deux divans avaient été installés en face à face et des coussins chamarrés couvraient le sol et leur assise. Tête baissée, deux femmes, des esclaves drows court vêtue, attendaient le bon plaisir de leurs hôtes.
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Valère
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Mer 9 Aoû 2017 - 9:59

Les mains sur les genoux, des gouttes de sueurs perlant sur mon menton avant d'échouer sur le sol, le vent frais glaçait mon visage tout autant qu'il me faisait un bien fou. Je souriais. Je sentais au fond de mon âme cette lueur, cette étincelle façonné par la Déesse, c'était grâce à elle que je pus réussir cette épreuve.
Je ressentais une fierté indescriptible.
Cette étincelle naquit lors de mon séjour dans cette cellule sombre et par ce traitement inhumain. Survivre à cela me faisait penser que j'étais indestructible.

Tril me donna un petit coup de tête amical sur la joue. Ma main glissa le long de son encolure alors qu'il s'éloignait.
Tout était possible ! Je toussotais de temps en temps mais doucement je repris mon souffle. Mon regard était planté sur le sol, je sentais néanmoins les yeux écarlates la maîtresse se poser sur moi. Insufflant dans mon être une plus grande fierté encore.
Je venais de réussir. Je venais de dompter Tril, la monture de Griffe-Argent. Un acte que l'on pensait impossible. Le prix fut une souffrance terrible, mais bien moindre que celle que j'avais pu connaître dans la prison.

Je relevais la tête lorsque la voix de l'être millénaire s'éleva pour discuter avec un autre esclave, celui qui portait un collier aux fer à cheval. J'écoutais leur discussion. Je ressentais un peu de peine pour lui quand il annonça le nombre d'échecs ainsi que des pertes physiques.
Cela fit aussi s'agrandir la lumière sacrée sur mon âme. Etais-je vraiment en train de m'élever ? De sortir la tête du troupeau d'esclaves ?

Je regardais mes mains, comme ça, comme si le fait d'entendre parler de cette perte m'obliger à vérifier si tout était en bon état pour moi. Tout l'était. Je devais sans doute avoir quelques contusions au niveau des jambes et des côtes, mais rien de bien grave.
De toute façon, rien ne semblait pour m'effrayer à présent.
Lorsque la Maîtresse m'interpella, je m'approchai sans discuter, le pas douloureux mais je ne montrais rien. Trop heureux de ma réussite et de la récompense qui m'attendait. Ou plutôt des deux récompenses qui m'attendaient.

Elle déposa dans le creux de ma main un artefact qui illuminait mes pupilles. Au rythme de sa voix je lisais les mots dans la langue inconnue, et que j'allais apprendre. Un souffle souleva mon coeur à cet évocation, en plus avec une drow que je connaissais déjà, avec qui nous avons noué une certaine amitié. Je serrai l'artefact contre mon coeur, avec une émotion non feinte.
C'était une merveille !
-" Je tâcherai de faire de ce symbole l'image de votre grandeur ! Et qu'il trône un peu partout dans le monde. " Soufflais-je simplement dans un air mélodieux.
Puis je relevais ma tête.
-" Je serais honoré d'apprendre avec elle. Je ferais de mon mieux pour apprendre vite ! "

La première récompense se trouvait dans ma chambre, j'irais donc la voir ensuite, pour l'instant je suivais juste la Déesse qui allait me montrer la seconde récompense. J'étais impatient, curieux, je la suivais simplement.
Nous arrivâmes dans ses appartements, dans un salon luxueux. Sur la table, il y avait de la nourriture, et il y avait là ce que je commandais souvent. Puis deux divans, et deux esclaves que je saluais poliment. Après tout, même si je m'élevais, face à la Déesse nous étions identiques, nos trois existences lui appartenaient.
J'attendais qu'elle prenne place pour en faire de même.
Mes mains tremblantes, trahissaient mon impatience.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Mer 9 Aoû 2017 - 13:40


L'elfe noire haussa un sourcil en remarquant les mains tremblantes de l'humain. Etait-il encore sous le choc de la tanné qu'avait du lui infligé Tril ? ou était-ce la fatigue ? ou bien encore autre chose ? Comme la curiosité était l'un des nombreux vilains défauts desquels elle prenait grand soin et que le jeune homme n'était pas en position de lui mentir, elle lui demanda directement pourquoi il tremblait tout en s'affalant de tout son long sur un divan, accoudée de manière à pouvoir tout de même manger d'une main.

Une fois qu'elle eu la réponse, un sourire félin étira ses lèvres. Alors il était impatient de savoir ce qu'elle lui réservait... Il était plaisant de voir que son caractère, tout en restant remarquablement candide et malléable commençait à prendre l'ampleur qui lui faisait jadis défaut. Elle ordonna d'un signe de la main qu'on remplisse leurs verres de la même carafe. Une substance épaisse dans les tons rouge et dégageant une alléchante odeur d'épice et de cuivre. Krish goutta aux deux coupes, un réflexe social dont elle avait du mal à se défaire, puis le serviteur les présenta à Valère pour qu'il choisisse celle de son choix, terminant le rituel Eldéen de bonne santé avec le plus grand naturel.

" Mange, je t'en prie. La nuit a du être longue. " commença-t-elle en s'installant un peu plus confortablement, son opulente poitrine tirant sur le tissus de sa tunique. " Laisse moi te féliciter. Tu n'en as pas forcément totalement conscience, mais ce que tu as fait ce matin est une victoire importante. "

Elle détailla l'humain avec le même intérêt qu'elle avait toujours lorsqu'elle prenait le temps de le jauger, comme pour mesurer des changements imperceptible au commun des mortels. Parmi d'autres détails, elle nota la décoloration caractéristique de son cou, encore présente malgré le temps qui avait passé depuis qu'il avait ôté son collier. Puis, seulement, elle consenti à s'expliquer un peu plus.

" On prétend souvent qu'il est plus facile de détruire que de créer. Il n'y a rien de plus faux. Tous les être de chairs peuvent être meurtris, tués et oubliés, mais leurs créations et leurs exploits ne peuvent pas être effacés si facilement. Chaque action à un impact qui se répercute à l'infini. Plus l'action est glorieuse, plus la trace qu'elle laisse est palpable. Même en détruisant chaque statue Nisetienne, on ne pourra pas empêcher les sculpteurs d'aujourd'hui de glorifier les noms des plus grands artistes de l'Empire. Et même en exécutant jusqu'au dernier habitant de Faélia, on n'a peu empêcher les gens de tous les horizons de rêver leur civilisation et d'écrire des contes sur leurs civilisation.

Non contents de laisser une trace indélébile, les exploits et les chef-d’œuvre du moment qu'ils sont exposés à la vue du monde, échappent totalement à leurs auteurs. "
Elle but une gorgée pour s'humecter les lèvres avant de laisser tomber une phrase lourde de conséquence sur un ton des plus banals " C'est probablement la dernière leçon que j'ai à t'apprendre avant que tu ne commence a faire tes propres armes seul. "

Elle se redressa et congédia d'un revers de main les ombres qui gravitaient dans la pièce pour pouvoir satisfaire le moindre de leur désirs. " Aujourd'hui, tu as posé la première pierre de ton mythe, et tu l'as fait de manière éclatante. " Elle attrapa un rouleur de viande séché dans lequel trônait une garniture grise mouchetée de points rouges vif. " Tu verras... hmm.. D'ici demain, tous les esclaves et les gardes du palais te regarderont d'un autre oeil. Celui qui a réussit à monter Tril plus de quelques minutes et qui a encore tous ses membres intactes. Qu'ils étaient été là pour te voir ou non, tous ceux qui habitent ici vont en parler, le raconter, le déformer. Dans un an, tout ce qu'il restera de cette traversé sera un homme de lumière dressé sur une monture magnifique et monstrueuse ou un fou se prenant pour un prophète sur un canasson caractériel. A présent, tout dépend de toi. "

Restés seuls dans le salon, les portes closes étouffant tous les bruits de l'extérieur, il ne restait plus que l'odeur des plats, les frôlements de tissus et le grésillement des lampes à huile qui dispensaient une lumière basse presque inconfortable pour des yeux humains lorsqu'elle glissa une main dans son décolleté pour en en tirer un rouleau de papier blanc d'une qualité excellente fermé par trois rubans, noir, rouge et blanc ainsi que le sceau de cire noir de la Princesse Marchande.

" Ceci est un acte signé de ma main qui te rend officiellement ta liberté. Ton nom sera rayé de tous les registres d'esclaves et tu quitteras ce Palais pour aller ou bon te semble, il te suffit de remettre l'une de ces deux copies aux prévôts du Conseil et de garder l'autre sur toi pour parer à toute éventualité. " Son regard était intense et sa voix chaude presque suave. " Que tu désires ou non l'utiliser, il est à toi... Et si tu le veux, je te forgerai un insigne à ta convenance, que ce soit un collier ou toute autre pièce de métal. "
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Jeu 10 Aoû 2017 - 10:27

J'expliquai rapidement les tremblements de mes mains. J'étais impatient d'en savoir plus, de recevoir toutes ces nouvelles compétences.
Lorsqu'elle m'invita à boire, je pris le verre pour goûter à cette boisson délicieuse. Je m'emparai aussi de quelques fruits.
-" En effet, la nuit ne fut pas la plus douce." Dis-je en souriant, tant mes mots étaient une évidence.
Avant cela, la déesse effectua un rituel, et je dus choisir un des verres tendus par l'une des esclaves. J'imaginais sur le coup qu'elle faisait cela pour me prouver qu'il n'y avait pas de poison dans les verres.

Je m'étais allongé à moitié sur le divan, en face de moi la Maîtresse était bien plus à l'aise, j'osais à peine la regarder. Mes joues rougirent quand elle me félicita pour mon exploit. Je restais silencieux, laissant échapper un simple.
-" Merci..." Même si lorsque mon regard croisait le sien, elle put sans nul doute voir que j'étais fier, une fierté rare, jamais je n'avais ressenti un tel sentiment.
Elle se lança dans une explication. J'allais connaître mon premier présent. Je continuais à boire et à manger en remuant la tête de temps en temps pour dire que je suivais.
C'était sa dernière leçon ?! Un gouffre, j'étais devant le fossé maintenant, sauf qu'elle était totalement éclairé. Elle avait d'un geste de la main congédiée les deux esclaves.
La première pierre de mon mythe ? Cette idée me donnait le tournis. J'encrais ses mots dans mes têtes comme toujours. La marque dans l'histoire devait rester après moi, pour cela il fallait que ce soit grand, encore plus grand que ce à quoi pouvait imaginer mon esprit.

Dompter Tril était donc la première marche. J'y étais parvenu avec la foi que je possédais pour la Déesse. Un homme de lumière, dressé sur le plus beau cheval.
-" Ce geste, Maîtresse, l'esclave que vous avez interrogé, il aurait fait s'il possédait la même croyance que moi envers vous. " Clamais-je pour expliquer la raison de ma réussite.
-" L'histoire ne m'oubliera pas." Terminais-je alors qu'elle me tendait un parchemin qu'elle avait attrapé dans son décolleté.
Je l'attrapai, et le déposai à côté de l'artefact, symbole de griffe-argent. Mes yeux se posèrent sur ceux de l'être millénaire, et il était impossible pour moi de l'en détacher tant ils étaient intense. Et plus les secondes passaient, et plus je me sentais fort, investi d'une mission sacrée, la lueur au fond de mon âme rayonnait. Le parchemin était donc le signe de ma liberté.

Je souriais, je me levais je contournai la petite table, avant de venir poser mes deux genoux au sol, juste devant le divan où se trouvait Griffe-Argent. Je relevais ma tête pour lui montrer mon cou.
-" Maîtresse, que vos mains forgent votre symbole autour de mon cou, qu'il recouvre ma peau jusqu'à la fin de mes jours. Que surgissent vos griffes tout autour... Voilà l'honneur suprême pour celui qui sera la voix de votre toute puissance. " Dis-je avec vigueur et force, le regard sacré qui brillait.

Je baissais ensuite ma joue droite sur le divan, juste devant la poitrine de la maîtresse, mais mon regard ne voyait que les griffes sur les doigts de la maîtresse forgeronne.
-" Je ne peux être pas libre, puisque je vous appartient corps et âme... Vous le savez, et je le sais... Cette âme sous ma peau, c'est vous qui l'avez bâti, modelé... Il y a ceux qui fabriquent des marionnettes en bois, vous, vous confectionnez des pantins fait de chair et de sang, j'étais perdu, détruit, et vous m'avez réparé, comme vous avez soigné Jiph'Kah... Sans ce collier je me sentirai perdu.
Vous avez illuminé mon âme, et je tâcherai d'en être digne, et si jamais, je vous déçois, j'accepterai sans peine que vous éteignez cette lueur. "

Je levais légèrement ma tête, comme pour admirer le visage de l'être millénaire. Je restais silencieux un instant.
-" Mais comment pourrais-je échouer puisque je crois en vous ? Celui qui a pu dompter Tril est capable de vaincre les plus rudes épreuves. "

Et je ne bougeais plus. Mes yeux à demi-clos contemplaient la Maîtresse. Il y a quelques temps j'aurais été effrayé de me trouver là. Maintenant, non, bien sûr je me sentais toujours aussi intimidé, impressionné, privilégié, il y avait toujours ce sentiment naturel de voir en elle l'être supérieur, celle qui pouvait décider de mon sort, qui pouvait détruire ce qu'elle avait bâti comme ça juste par envie, mais ce n'était pas de la peur... Une crainte douce plutôt qui se mêlait à l'adoration du sacré.
Inconsciemment, ma main attrapa la main libre de Griffe-Argent, et j'y déposai mes lèvres avec langueur dans un signe de vénération.
Mon coeur battait fort, je ne pensais même plus à ce qui pouvait m'attendre dans ma chambre. Je n'attendais plus que son verdict, qu'elle accepte de poser sur mon cou la pièce finale de son travail.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Jeu 10 Aoû 2017 - 18:22


" Ta ferveur est louable mais tu te trompes. " rit-elle lorsqu'il prétendit qu'un autre aurait fait aussi bien que lui. " Même en croyant en moi il n'aurait jamais put dompté Tril, comme tu ne pourra jamais coudre comme Jiph'Kah. Ce n'est tout simplement pas ce qui le fait vibrer. Créer le talent de toute pièce n'est pas mon affaire, je permet juste d'en révéler tout le potentiel. "

Une petite piqûre de rappel ne faisait pas de mal. Si sa grandiloquence n'était du qu'à une humilité exacerbée tant mieux, mais dans le cas contraire il risquait d'être rapidement désillusionné. Mais lorsqu'il jura que l'histoire ne l'oublierait pas, elle hocha simplement la tête avec un sourire de fierté... Jusqu'à ce qu'il se lève pour venir se jeter à ses genoux, lui faisait levé un sourcil surpris dans le bon sens du terme.

Alors ils y étaient. Même avec sa liberté aux creux des mains, il la rejetait, préférant vivre selon les lois dictées par un autre que lui. L'exemple même de cette masse informe n'attendant que quelques ordres pour vivre comme on leur avait appris. L'exemple même de cette masse ennuyeuse qu'elle exécrait et raillait à longueur de temps. Peut-être était-ce la le plus paradoxal dans l'affaire : c'était parce que sa nature était servile qu'il aurait sans doute l'occasion d'accomplir de grandes choses au nom d'une femme qui se jouait de lui pour cela. Mais confortablement installé sur le mépris, un mélange d'amusement et d’excitation le rendaient un peu plus attrayant que ceux qui qui reprenaient simplement le collier sans se poser de question.

Il s'empara de sa main, l'embrassant avec une ferveur toute religieuse. Les deux genoux sur le sol et la tête baissée, ses yeux clos ne cherchaient même plus à distinguer les traits de la divine. Le sourire félin se teinta d'une cruauté moqueuse sur les lèvres carmins de la forgeronne. Ses iris de lave, libérées de l'obligation de communiquer une sorte d'affection désuète induite uniquement par le jeu qu'elle entreprenait avec cet être éphémère, se laissèrent simplement aller à détailler le spectacle pas si banal qui se présentait à elle, profitant de l’hommage que l'humain lui rendait avec une forme de désinvolture satisfaite. Tout son être suave rayonnait de la supériorité qu'elle estimait avoir sur cet esclave. Mais elle n'aurait jamais fait l'erreur de le sous-estimer et rien de tout cela ne filtra dans le ton de sa voix vibrante. " Tu devras le montrer autrement qu'avec des mots. "  

Elle se redressa sans tirer ses doigts de l'étreinte fanatique du jeune homme jusqu'à ce que ses pieds touchent de nouveau le sol. Sa main, libérée, se posa sur le crâne de l'humain, caressant doucement ses cheveux d'ébène jusqu'à sa nuque mise à nue, repoussant les cheveux qui y étaient encore collés par un voile de sueur. " J'observerai chacun de tes actes. J'écouterai chacune des rumeurs te concernant. Ou que tu sois, mon ombre te suivra. Je saurai si tu fais honneur à tes serments. " murmurait-elle en continuant ses caresses. Doucement, suivant la courbe de son trapèze, flirtant avec le col de son vêtement, elle contourna son oreille et remonta sur l'angle de sa mâchoire. D'une pression, elle l'invita à relever la tête pour regarder en face le visage noir qui le surplombait. Après un instant, elle se pencha à son oreille. " Et tu porteras ma griffe autour du cou pour te rappeler que tu as choisis de ne jamais arrêté de t'élever. "

Du coin de l’œil, il put percevoir un sourire espiègle avant qu'elle ne descende encore un peu pour poser ses lèvres au creux du cou qui ne serait plus dénudé bien longtemps. Un frôlement qui aurait put se confondre avec son souffle chaud tout d'abord, puis de façon plus langoureuse, l'émaille de ses incisives accompagnant sa langue pour flatter l'épiderme délicat. De l'autre côté du visage de Valère, la main d'un noir charbonneux l'obligeait toujours à garder la tête vers le haut.
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Ven 11 Aoû 2017 - 9:44

Elle avait raison, je devais cesser d'être humble en toute circonstance, ce sentiment ne devait s'exprimer que devant la Déesse, où lorsque je parlerai d'elle.
L'être millénaire venait de révéler mon talent, à m'aider à l'exprimer, car je crois en elle. Là était la certitude; et ce talent là, les autres ne l'avaient pas. Il serait de mon devoir d'aider ceux qui seront capable de s'élever de révéler le leur.
Je tenais cette main, sombre, ornée de bijoux, je l'embrassai avec tendresse, et ferveur. Toutes mes souffrances venaient de trouver leur fortune. Cette main était ma délivrance, c'était le symbole de toute ma vie, celle qui m'ouvrit la porte de mon destin.
Et humblement, j'acceptai ce qu'elle m'offrait, et je mis tout mon être dans le creux de la main de la Maîtresse.

En un instant je revis tout mon passé. Tout passait en un soupir, et puis voilà, la naissance, la vraie, lorsque mon cou fut habillé de ronce.
C'était l'accomplissement. J'étais épanoui, ma respiration était joyeuse.
Je caressai le revers de la main de la Maîtresse lorsqu'elle m'indiqua attendre des gestes maintenant. J'allais les accomplir. Maintenant que je tenais les armes nécessaires, j'étais prêt à agir...
-" J'en ai conscience Maîtresse, je connais l'ampleur de la tâche qui m'attend... Mais l'honneur que j'éprouve à l'accomplir surpasse les difficultés. Je n'ai plus peur, ma seule crainte est d'attiser votre colère." Murmurais-je dans un souffle comme si je ne voulais pas briser cet instant de douceur.
Je bougeais un peu, le nécessaire lorsque la Déesse se redressa pour poser les pieds au sol. Je restais à genoux, et mon bras retombait quand elle ôta sa main de mon étreinte et qu'elle vint poser sur mon crâne.

Ses doigts jouaient avec mes cheveux, mes yeux brillaient, j'avais l'impression de m'élever encore. Je souriais en l'écoutant me dire que rien ne pourrait lui échapper, que mes actes seront comme un livre ouvert devant ses yeux.
Sa main dessina ensuite mon trapèze, puis mon col, jusqu'à remonter sur ma mâchoire, je n'opposais point de résistance, je la laissai manipuler mon visage à sa guise. Son geste m'obligea à relever la tête. J'étais aux pieds de l'être sacré, je l'admirais, j'étais fasciné, elle me surplombait de toute sa grandeur. Ses yeux, ses traits, ses lèvres aussi, tout en elle m'inspirait une perfection irréelle et sublime.
Mes yeux d'être éphémère vénéraient cet être millénaire, ils étaient incapable de trahir mon sentiment, j'étais incapable de trahir quoi que ce soit pour elle. Elle savait tout, elle connaissait tout mes secrets, mes peurs, et mes joies.

Elle approcha ses lèvres de mon oreille pour répondre à ma requête, elle acceptait ! Un immense frisson de plaisir foudroya mon être. Les lèvres de la Maîtresse s'étiraient en un sourire qui amplifia l'effet de mon frisson.
Je restais silencieux, comme si ce coup de tonnerre m'avait quitté la parole, et ensuite je soupirai, mon visage ne pouvait plus se baisser à cause de la main qui tenait mon cou et ma tête, mes yeux ne regardaient plus que le haut.
Un gémissement de plaisir quand je sentis les dents de la Déesse jouer avec ma peau, une peau qui bientôt serait recouverte par le génie de celle qui possédait mon existence. Je n'essayais plus de bouger la tête, elle restait là, légèrement sur-élevé.
-" Quel honneur. Vous devez le sentir, mon coeur qui bat comme jamais, qui s'est illuminé et qui brûle pour vous."
C'était là l'illustration de ce qu'elle venait de dire. Je porterai ses griffes pour ne jamais oublier mon choix, celui de toujours chercher le mieux.
-" Je serai le symbole de votre idéal... Rien ne pourra plus s'emparer de mon esprit, m'élever de jour en jour sera mon unique désir, et de jour en jour votre influence grandira. Et le soir, je saurai que vous savez tout !" Dis-je avec ferveur.
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Ven 11 Aoû 2017 - 21:23


L'effet qu'elle produisait sur le jeune homme était prévisible, mais ça n'en était pas moins amusant. Elle le sentait frisonner sans même tenter de retenir le plaisir qui changeait le rythme et l'intensité de son souffle. Sa pomme d'Adam s'agitait le long de sa gorge légèrement tendue par la position de son crâne alors qu'il se laissait aller à murmurer avec ferveurs des phrases dépourvues de sens. Les rêves passionnés du même fou qui était venu joué sa vie conte la liberté d'une femme. Seulement aujourd'hui, il avait à sa disposition des armes qu'ils n'avait pas alors.

Elle entendait pour la première fois le fanatisme gagner la voix de cet homme. Elle le sentait danser au creux de sa main comme rarement quelqu'un l'avait fait de sa propre volonté. Il s'y complaisait. Il s'y vautrait. Et c'était à elle qu'il offrait les accents d'une foi éperdue. Les mêmes qu'elle avait si souvent entendu aux lèvres des fidèles Eldéens aux pieds des hautes statues ornant les temples de la Cité. Rien n'était plus facile à manipuler que quelqu'un qui avait besoin de croire pour vivre. Rien n'était plus dangereux non plus, quoi que pour celui-ci, elle avait encore beaucoup, BEAUCOUP de marge avant de s'en inquiéter. Aujourd'hui, elle jouait avec une nouvelle sorte de feu qu'elle avait elle-même allumé. Il était comme une pelote de laine que le destin lui avait mis entre les pattes. Heureusement pour elle, si l'une finissait par être décevante, il y en avait pleins d'autre dans le panier.

Le genou de la forgeronne se glissa entre le sofa et l'humain pour passe de l'autre côté de son corps, de manière à ce qu'elle puisse être réellement face à lui, sans cesser de couvrir son cou de lents et langoureux baisers. Puis reculant la tête pour se redresser, elle glissa jusqu'au bord de l'assise, comblant l'espace entre leurs corps, sans que sa main ne quitte la mâchoire de Valère, l'obligeant à regarder par en-dessous les yeux flamboyant qui le toisaient. Des hanches et du geste, elle l'obligea à se tourner sur le côté dans l'espace qui existait entre le divan et la table. Suivant le mouvement qu'elle avait elle-même amorcé pour quitter son trône, elle fini par se retrouver à son tour à genoux, suspendue au dessus de ceux de cet esclave. La main qui le tenait au visage le poussa fermement vers l'arrière jusqu'à ce qu'il s'écroule sur le dos, comme lors de leur première rencontre. Mais cette fois, au lieu de l'écraser de son pied sur sa poitrine pour le regarder avec mépris, sa main quitta le menton du jeune homme pour rassembler ses deux poignets au-dessus de sa tête. Il n'y avait plus que l'ombre d'un sourire sur les lèvres carmins illuminées d'un regard à la fois espiègle et supérieur. Presque terrible. Un regard qui semblait dire avec amusement qu'elle le prenait au mot.

Le surplombant au niveau de la taille, sans un mot, elle s'abaissa de nouveau jusqu'à lui, recommençant à courir lascivement sur son cou. D'abord sur le côté où elle avait commencé, puis sur l'autre, avant se tourner lentement vers l'avant. Elle prenait son temps, comme si elle mesurait ainsi l'endroit, qu'elle en testait la tendresse, qu'elle jaugeait la résistance de sa peau, qu'elle cherchait l'attache et la proportion de chaque muscle. Ainsi perchée, le buste de l'elfe noire effleurait sans cesse le torse du jeune homme à travers leurs deux tuniques. Sa crinière blanche retombait sur le côté, flattant l'épaule de l'humain et se répandant sur le sol. Sa main libre s'insinuait entre les pans de sa tunique pour permettre à la pulpe rêche des ses doigts de découvrir la peau dépourvue d'imperfection du gamin qu'elle tenait là. De langoureux, ses baisers étaient devenus appuyés. D'appuyés, ils avaient fini par se transformés en marques à la limite de la morsure.

Après un long moment, elle glissa à son oreille " Brûle, Valère. Brûle. Je jugerai ta flamme. " puis elle se remis sur pied d'un mouvement fluide, le laissant là pour quitter la pièce sur un simple : " J'ai à faire. Présente toi à mes appartements dans deux jours au couché du soleil, je fixerai ton collier. "
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Sam 12 Aoû 2017 - 13:54

Ses lèvres sur mon cou, ses dents qui parfois me donnaient la sensation de morsure, tout me faisait frisonner. Ce serait là certainement les derniers instants de libertés pour cette peau qui bientôt porterait le symbole de la toute puissante Déesse.
Mes yeux se fermaient à moitié, emportés par l'ivresse des baisers de la Maîtresse. Celle-ci d'un geste langoureux quitta le divan, en gardant toujours cette main qui m'obligeait à conserver mon regard vers le haut, là-haut il y avait les deux pupilles de laves qui me toisaient toujours, et qui me poussaient à voir en grand, toujours plus grand.

Je restais immobile, serein, mon visage radieux pendant que la forgeronne continuait son mouvement pour se retrouver en face de moi. Soudain, elle exerça une pression sur ma mâchoire qui me fit basculer en arrière. Je en m'y opposai pas.
L'étreinte sur ma mâchoire venait de disparaître, mais elle tenait mes poignets au dessus de ma tête. Elle souriait, un sourire supérieur, effrayant, qui illustrait bien nos positions respectives.
Mes yeux ne se baissaient pas, ils se complaisaient dans la contemplation de l'être divin comme s'ils se disaient que plus jamais ils ne verraient chose aussi fantastique. Que la source de tout se trouvait dans ce rouge profond, vif et implacable que j'idolâtrais.

Mes pupilles brillaient, honorés, flattés par les gestes qu'accomplissaient leurs propriétaires, l'être millénaire. Elle reprit ses douceurs sur mon cou, sur ma chair comme si elle accomplissait un rituel avant d'ôter la lumière. Je soupirais d'aise, mon âme vibrait à sa guise, encore plus lorsque je sentis sa poitrine flirter avec mon torse, mon coeur s'emballa. Et puis avec sa main, elle jouait avec ma peau sous ma tunique blanche.
Ma peau devait rougir, je poussais parfois des petits gémissements lorsque les dents me donnaient la sensation de mordre.
Quand elle me souffla de brûler, je frémissais...
-" Je brûlerai Maîtresse, et ma flamme portera votre grandeur partout dans le monde. Ma vie brûlera pour votre gloire, et laissera mon nom dans l'histoire... Elle flambera et laissera en s'éteignant des braises éternels, que les fidèles que j'engendrerai allumeront..." Dis-je en haletant tant je me sentais bien, j'avais même honte d'être là mon corps contre celui de la Déesse, honte mais je me sentais pousser des ailes, la lueur dans mon esprit illuminait encore plus mon être. Mon génie était là, mise en route par le pouvoir de la Maîtresse, et j'allais l'utiliser pour accomplir mon destin.

Elle se leva. M'annonça qu'elle avait à faire, et elle me donnait rendez-vous dans deux jours en soirée, pour la pose du nouveau collier. Je me souvins de la première fois, des cris que j'avais poussé, de la frayeur que j'avais ressentis, j'en riais maintenant, j'étais naïf. Cette fois, je lui souriais avec fierté, comme si j'attendais ce moment avec une impatience folle.
-" Très bien Maîtresse ! " Dis-je simplement en l'observant s'éloigner.

***

Les deux jours furent pour poursuivre mon oeuvre, je priais soigneusement le matin et le soir, puis je me rendais aux écuries. Aussi, j'observais l'artefact sacré, ce symbole qui représenterait le culte de Griffe-Argent. Je suivais également les leçons de Jip'Kah pour apprendre la langue drow.
C'était dur, mais elle faisait preuve de patience, et je voyais aussi que petit à petit elle fut troublé par mon changement, et se disait que ma vision de notre Maîtresse était peut-être bonne. Bien qu'elle s'y refusait pour l'instant, je gardais l'espoir qu'un jour elle puisse complètement ouvrir les yeux.

Toutefois, il y en avait certains qui eux avaient plus que des doutes. La nuit du premier jour, trois esclaves m'interpellaient alors que j'allais entrer dans mes appartements.
-" On dit que tu es parvenu à dompter Tril ! C'est un miracle.
- Est-ce vrai que notre Maîtresse est une Déesse ?" Me demanda l'un d'eux.
Le regard haut, je toisais mes trois compagnons, un à un, un sourire sur les lèvres je compris alors que mon geste avait crééé une brèche dans leurs esprits.
-" J'en suis la preuve ! Comment croyez-vous que j'ai pu accomplir ce geste ? En avouant sa toute puissance, en priant son aide, elle m'a permis de révéler mon potentiel. Mais il faut y croire, fort, plus fort encore que ne le permet votre conscience." Je parlais avec une telle conviction que mes trois interlocuteurs me regardaient avec une fascination certaine.
-" Vous vous occupez des jardins n'est-ce pas ? Vous aimez le jardinage, et pourtant vous êtes souvent sujets aux critiques des supérieurs. Je peux vous aidez à révéler votre talent ! " Poursuivis-je en prenant la direction de ma chambre.

A l'intérieur il y avait Lucile. Elle était le second cadeau pour mon exploit, la Déesse en avait fait mon esclave. Je la regardais de haut, elle me suppliait de l'écouter je n'en fis rien, le soir elle priait aussi, mais je sentais qu'elle le faisait sans ferveur. Mais cela viendrait.
Suivi des trois autres, nous entrâmes dans mes appartements, Lucile était là, d'un geste de la main je lui demandais de partir.
-" Tu vas voir la puissance de notre Déesse. " Lui soufflais-je simplement alors qu'elle me regardait avec des yeux larmoyants.
Sur le mur j'avais accroché le symbole de Griffe-Argent, devant je posais mes deux genoux au sol, les trois esclaves en firent de même, puis ils accompagnaient ma prière, répétant ce que je disais.
Une heure durant, puis je leur parlais des préceptes, ils étaient chamboulés. Mais il considérait notre Maîtresse comme celle qui dirigeait leur art, elle allait les inspirer, enfin, ceux il fallait avoir la foi.

Le lendemain, seul un, semblait avoir progressé considérablement, il était le seul à y avoir cru vraiment. Ce qu'il faisait dans le jardin était d'une beauté agréable qui surpassait ces deux compagnons.
Lucile en voyant cela tremblait, elle n'osait toujours pas croire que l'être millénaire était une Déesse, et voyait en moi un être pris d'une démence incurable.
Mais désormais nous étions deux, l'esclave au collier de rose, un humain jeune, était ravi, il vint me voir, souriant, il me prit dans ses bras en pleurant, il se croyait bon à rien et le voilà avec la main verte, possédant un talent qu'il devait encore peaufiner. Je lui disais alors de continuer à croire, de ne plus résister, d'être fier d'être un dévot de la Déesse des arts, et qu'avec son aide, il pourrait s'élever sans crainte, en laissant sa vie être guidé par Griffe-Argent.

Oui, me disait-il, j'ai priais ce matin, et ce soir je le ferai encore, et les autres jours aussi. Il me regardait avec un respect qui me donnait cette impression d'être supérieur et qui me grisait. Il était le premier fidèle...
J'attrapais l'une de ses mains.
-" Merci... Tu m'as cru, tu as vu le résultat, mais tu ne me dois rien, tout ça était dans ton coeur, rien de plus, maintenant, tâche de poursuivre cette voix, de respecter la volonté divine, et cherche toujours à progresser. La Déesse a illuminé ton potentiel caché dans ton âme, tu l'as accepté, le reste dépend de ton courage."
Soufflais-je en posant ensuite ma main sur son front comme si je lui offrais la bénédiction du représentant de la voix de Griffe-Argent.

Il baissa la tête, je l'admirai un sourire touchant sur les lèvres. Puis je le laissai repartir à son travail, quant à moi, le soir arriva.
Je me rendis alors dans les appartements de l'être millénaire, comme prévu.
Les esclaves qui pourtant était de mon rang me laissaient passer, certains s'inclinaient en me disant que j'étais grand d'avoir pu monter le cheval de la Maîtresse.
On m'ouvrit la porte après avoir averti de ma venu la Déesse.
-" Maîtresse, je suis là comme vous l'avez demandé ! " Annonçais-je humblement en glissant l'une de mes mains sur mon cou comme pour lui dire adieu.
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Krish Al'Serat
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MessageSujet: Re: Fer de lance ou fer à cheval | Valère   Dim 13 Aoû 2017 - 10:48


Confortablement calée dans son divan, Elghinn dans ses bras, la poitrine dénudée, Krish écoutait avec une attention relative le compte rendu que Wik lui faisait avec le flegme rigide d'un soldat au rapport.

" Et Hephtet a été récompensé comme vous l'aviez demandé. Il est parti ce matin pour Qiryah avec les prospecteurs pour votre prochaine acquisition."

Bien qu'elle ne lève pas les yeux, Wik put distinctement voir la drow froncer les sourcils.

"Hephtet ?
- L'homme au collier en fer à cheval.
- Ah... T'aurais aussi bien put l'étriper sur place pour ce qu'il a réussi à sortir cet abruti... Soixante-quatre ans pour un cheval... Tesso... Même moi j'en avale pas d'aussi grosses !
- Mais la magie que Tril...
- Je sais. Tu compte me contre-dire ?
- Non, Maîtresse. "

Bien que sa voix était égale, il venait de se recroquevillé de façon infime... quoi que tout a fait visible. Krish lui jeta une moue moqueuse. Son corps se souvenait mieux de ce qu'il risquait que sa langue. Il lui faudrait encore du temps pour que les séquelles psychologiques ne soient plus qu'un mauvais souvenir à ajouté sur la pile qu'il gardait soigneusement. Alors qu'elle cherchait son regard sous prétexte de pouvoir encore le chahuter un peu sur son comportement bravache, un pincement ramena l'attention de la forgeronne sur le petit être qu'elle nourrissait. Avec un sourire tendre, elle caressa sa joue du revers de la main avant de reprendre à l'intension de son intendant.

" J'aurai besoin de toi ce soir Wik.

- Bien Maîtresse.
- J'ai décider de poser un collier-fil à Valère."

Cette fois, un silence parfait lui répondit. Un silence différent des précédent. La respiration mesurée et égale de Wik avait disparue. Curieuse, Krish lui jeta un regard. Juste à temps pour intercepter le voile de trouble qui était passé dans ses iris dorées. Mais le bougre se reprenait vite. Quelques battements de cœur suffirent à lui faire retrouver sa distance flegmatique.

" Qu'est-ce que tu as ?
- Rien Maîtresse. J'attends humblement de recevoir vos ordres.
- Vraiment, tu avais l'air troublé...
- ...
- Oserais-tu mentir à ta Maîtresse ?
- Jamais je ne permettrai une telle chose. "

A chaque réponse, le sourire de Krish s'était pas plus rayonnant. Il semblait avoir repris du poil de la bête mais il était si rare qu'elle parvienne a le faire craquer qu'elle ne pouvait laisser passer pareille occasion. Elle continua a l'asticoter jusqu'à ce que, vaincue, elle finisse par lui ordonner de parler, li damant le pion dans cette joute dont ils avaient l'habitude.

" Je pense qu'il est indigne de lui faire porter autre chose qu'un simple collier de plomb. Surtout l'un de vos bijoux les plus raffinés. "

Damé... Pas tout à fait finalement. Un mélange de mépris et de haine avait filtré de ses lèvres au dernier moment, teintant sa froideur distinguée d'une passion flamboyante. Un véritable trophée en soi. D'un oeil expert, elle passa sur l’entrera soyeux qui coulait de la gorge de l'intendant pour descendre sur le haut de son torse comme un pectoral. Il était si fin et suivait si bien ses mouvements que la toile d'araignée semblait gravé dans sa chair... Ce qui était partiellement le cas pour cet homme en particulier. Créé de façon à ce qu'il soit à jamais en cage sans pour autant le sentir au quotidien.

" Isten t'habite aujourd'hui... Serais-tu jaloux ?
- Il n'est pas possible pour un esclave d'éprouver une telle chose. "
Un soupire accueilli sa déclaration guindée. " Tu n'es pas drôle Wik..." Elle se redressa un peu, glissant l'une de ses jambes sous elle avant de le chasser de sa main libre. " Je m'occupe d'Elghinn pour l'instant. Va faire chauffer les foyers.
- Bien, Maîtresse. " murmura-t-il sur une inclinaison profonde avant de s’éclipser.

___________________


Le soir dit, Krish avait entrainé Valère dans les tréfonds de sa forge. Wik y était déjà, ne portant qu'un pantalon de cuir. Sans son manteau finement travaillé pour masquer la largeur de ses épaules, il était beaucoup plus impressionnant... Et plus étrange, il semblait parfaitement à l'aise dans ce saint des saint où personne n'avait le droit d'entrer si ce n'était la Maîtresse elle-même. L'endroit gigantesque étant donné sa profondeur, et sculpté comme une cathédrale obscure, rougeoyait des flammes de la forges sans que l'intendant n'en semble le moins du mon impressionné. De la main et du pied, il actionnait les soufflets et avait rassemblé près de l'âtre quantité de longues tuyaux de métal blanc, brun et noir.

une fois les potes refermées derrière elle, Krish s'approcha de l'un des établis où trônait quantité de fioles, de vasques et de bouteilles. Après quelques instants de recherche, elle en choisit une avec un sourire satisfait et en versa quelques gouttes dans le fond d'une coupe ouvragée en métal noir. récupérant de l'eau dans un baquet non loin, elle fini de remplir la coupe avant de la tendre à son hôte du jour avant de lui expliqué lentement qu'elle allait tiré le métal directement autour de son cou et qu'il n'y aurait par conséquent ni fermoir, ni anneau lourd. Elle tisserait, tout simplement. Et tandis qu'elle lui expliquait, il sombrait peu à peu. En quelques minutes, il avait totalement perdu connaissance.

" Relève lui les cheveux et badigeonne lui le cou avec ça. " Ordonna-t-elle à Wik en lui tendant un produit qui protègerait un tant soit peu son épiderme de la chaleur. Certes avec cette méthode, il suffisait de chauffer suffisamment l'alliage pour le tordre et elle avait suffise ment d'expérience pour ne se contenter des plus basses températures, mais étant donné qu'elle voulait qu'il soit rigide comme de la pierre une fois froid, et même au contact de la peau sous le soleil de l'Ithri'Vaan, elle l'avait prévu un minimum résistant à la chaleur.

Allongé sur une table, la tête posée sur une enclume sur-élevée de façon à laisser libre accès tout autour de son cou et de sa nuque, Valère en garderait des marques si Krish n'avait pas prévu de demander à ses guérisseurs de faire disparaitre toute brûlure de son cou à fin que son œuvre ressorte le mieux possible sur une peau pâle et unie. Ce qu'il n'aurait pas en revanche, c'est le souvenir de la douleur extrême qui lui vrillerait les nerfs. Ce n'était pas une considération particulière qu'elle avait eu pour lui en l’assommant à coup de drogue, mais une fainéantise latente. Œuvrer sur un homme gesticulant, elle ne l'acceptait que lorsque le dit homme était digne d'un minimum de considération. Pour celui-ci, elle n'allait pas se donner plus de mal que nécessaire.

Valère ne se réveilla qu'une trentaine d'heure plus tard, dans son lit, la tête lourde et la bouche pâteuse, perclus comme s'il avait passé une journée entière à courir... ou une nuit à se tordre de douleur dans les cachots qu'il avait jadis connu.

Non loin de lui, sur un linge de soie, un étrange objet semblait composé d'une longue colonne vertébrale d'un métal noir et mat sur laquelle était accrochés quatre attaches à bonne distance l'une de l'autre. De haut était orné de plusieurs crochets. Avec les quelques explications laissées en langue drow sur un feuillet tout proche, il comprendrait bien vite que l'objet, en plus d'être d'une ironie mordante, était un présent de la part de la Maîtresse des lieux. Le haut se fixant à la dentelle métallique à l'arrière de son crâne et les deux paires d'accroches l'enlaçant l'une juste au dessus des hanches, l'autre juste en dessous des pectoraux, l'objet barbare formait une sorte de corset qui, bien loin de l'empêcher de respirer, l'obligeait à arborer un maintien droit et fier, bombant le torse et levant la tête, la pression légère exercée par l'engin rendant difficile même de la garder simplement droite.

S'il réussissait à se trainer jusqu'à un miroir malgré la faiblesse et la rigidité extrême qui lui enserrait le cou, l'empêchant de pencher la tête en avant, il verrait que ses heures d'inconscience avaient laissées une marque bien particulière.

Le résultat était bien différent de celui auquel il avait eu droit en entrer dans ce palais. De sa clavicule à son menton courraient de fines arabesques de métal. Si fine qu'elle semblaient être de simples fils formant une dentelle complexe couvrant le col d'un vêtement et capable de suivre à la perfection les mouvements de son porteur, laissant respirer la peau pâle qui apparaissait en dessous... Et pourtant.

Le motif délicat, à la limite de l'abstraction, agaçait l’œil jusqu'à ce que la forme de longs doigts sveltes terminés par des griffes d'un alliage luisant aux reflets rougeâtres apparaissent clairement à l'observateur attentif. Ces mains, comme enserrant avec délicatesse la gorge du jeune humain, étaient constituées d'un alliage noir et mat qui semblait absorber la lumière plus que la réfléchir. Sur chacune d'elle était gravé le sceau de Griffe-Argent, celui qui marquait les capes et les armures de sa garde personnelle et ou figurait son nom ainsi que l'inscription 'Forgelame' en langue drow. Le fond, moins épais encore et aux mailles plus lâches faites d'un alliage plus terne s'approchant de la carnation de Valère, était constitué de motifs ressemblant à s'y méprendre aux griffes que la forgeronne portaient en toute occasion. Ici, son long couperait, là une courte dentelle ornée de pierres.

Mais l’œuvre ne s'arrêtait pas là. Il y avait un détail de plus dont seul le porteur pouvait réellement mesuré l'ampleur. Aussi fin que soit le métal l'agencement et les alliages avaient été choisis d'une telle façon qu'il soit aussi rigide et léger que possible. Si on gardait la tête droit, l'objet se faisait oublié. L'humain pouvait tourner la tête sans aucun soucis, les dentelles se réajustant sous la torsion, et la pencher dans une certaine mesure en arrière, à droite et à gauche. Mais le bijou reposant en plusieurs points stratégique sur l'os de la clavicule et le haut de la dentelle se terminant en une série de dessins aux arrêtes désagréables, baisser la tête demandait un effort douloureux, comédie cruelle pour un prédicateur esclave.
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Fer de lance ou fer à cheval | Valère
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