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 Néris peu(t) beaucoup

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Sangarah d'Orneyad
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MessageSujet: Néris peu(t) beaucoup   Sam 29 Juil 2017 - 10:54

Néris - 10e année, Karfias 2e mois d'hiver.

Jour 1


Ce matin la, le soleil était froid. Ses rayons perçaient entre le défilé de nuages blancs, poussés par le vent de la côte, mais ils ne chauffaient guère suffisamment pour laisser tomber le manteau. Sangarah avait revêtu son cuir, fermé jusqu'au col et bien relevé. Accoudé sur le muret de pierres, au bout de la terrasse, il contemplait le champs d'oliviers qu'il surplombait de quelques mètres. Bientôt, l'étendue s'emplirait de verdure et de coquelicots, agrémentant de rouge et de vert les plants de lavande. Plus loin, le Ner, bleu et calme traversait le pays depuis l'embouchure du port de Berdes.
Sangarah tourna le visage, quand deux grands chiens blancs et musculeux au poil court remontèrent d'un escalier au coin de la terrasse, en trottinant, le souffle rauque. Maÿtan et Wasie vinrent renifler les bottes de leur maître, en remuant la queue frénétiquement. Sangarah les accueillit par quelques caresses et de rugueuses accolades. Le couple de molosses gardait le troupeau de moutons du domaine, lorsqu'il était de sortie dans la plaine. Sangarah saisit sa tasse en gré encore fumante, qu'il termina d'une traite. Puis il se dirigea vers la porte vitrée, tournant le dos aux deux chiens qui l'observèrent partir, assis.
Il entra dans le vaste séjour, sobrement meublé. Il posa la tasse sur une table en bois massif et avisa la servante d'un âge mûr en plein ménage.
- Où est Briac ?
- Messire, aux écuries je crois, lui répondit-elle en patientant debout face à lui.
Sangarah lui sourit, et sortit par la porte d'entrée.

Briac lustrait sa lame avec un chiffon, assis dehors, devant la porte de l'écurie. Il avait laissé le battant entre-ouvert, pour que la chaleur dégagée par les chevaux à l'intérieur lui couve le dos. Son visage juvénile lui donnait à peine son âge. A 15 ans, Sangarah était déjà marqué par ses entraînements au combat libre. Il participait même à son premier tournoi, au sein de la coure privé de Néris. Briac venait d'Ancenis-la-ville, et bien qu'il ait vécu très tôt la mort de son père, il fût particulièrement protégé depuis son recueil par les parents de Sangarah.
- Es-tu prêt ? Nous partons, lui lança-t-il à son arrivée.
Briac se releva, et emboîta le pas de son cousin.
- Oui, les chevaux sont scellés.
Halou était un hongre brun docile. Issu d'un croisement zurthan et ancenois, il était moins rapide que son géniteur, mais plus polyvalent. Sangarah lui flatta l'encolure, avant de se mettre en scelle, sa cape courte sur les épaules et son épée dans le dos. Puis les deux cavaliers chevauchèrent vers la Cité de Néris, située en amont de la maison familiale.

Les hauts murs formaient une enceinte fortifiée autour de la vieille ville. L'unité de miliciens qui tenait la porte Sud reconnu le Chevalier et ils le saluèrent promptement. Il arpenta la rue principale au pas, sur sa monture. Au centre de la ville, s'érigeait au-dessus des bâtisses le donjon seigneurial dominant Néris. La herse était remontée lorsque les deux cavaliers passèrent sous l'alcôve qui les menait dans la coure intérieur du château.

La table de la salle à manger était bientôt prête à accueillir la famille pour le déjeuner. Eïlyn de Néris était vêtue d'une robe longue en laine de qualité, et couverte aux épaules par un foulard finement brodé. Elle détaillait chaque couvert, chaque plat, s'assurant que les servantes ne se trompent pas. Depuis le décès de son propre père, Abriel de Néris, il était devenu plus rare de pouvoir réunir tout le monde autour d'un repas. Sangarah vivait dans leur ancienne maison, avec Briac, tandis que ses filles, Miliane et Sybine avaient pris place au château, avec leur père et elle. Mais Faraj se montrait bien peu présent. Heureusement qu'il avait su reprendre la charge seigneurial, à la mort d'Abriel, car Eïlyn s'était effondrée de chagrin. En trois ans, ses deux parents avaient disparu, la laissant sous le poids de leur héritage, alors que ses sœurs aînées demeuraient à Ancenis. Et voila que l'âge rattrapait peu à peu son époux, après une vie de combats et de chevauchées rudement menés.

Eïlyn embrassa son fils et l'étreignit aussi fort que possible, dès qu'il eut passé la porte.
- Mon fils, comme tu es beau, s'exclama-t-elle en le dévisageant. Aurais-tu encore grandit ?
Sangarah esquissa un sourire en coin un peu gêné, se défaisant de ses affaires, et des bras de sa mère.
- Nous nous sommes vu il y a deux semaines, mère. Et je ne grandis plus depuis mes 16 ans.
Eïlyn feignit une moue, avant de reporter son attention sur Briac, qu'elle accueillit avec les mêmes éloges. Celui-ci bomba le torse, espérant faire honneur aux compliments de sa mère adoptive.
La nouvelle de leur venue se rependant, les deux sœurs vinrent à leur tour les saluer. Miliane, la cadette maniérée s'était apprêtée. Elle voulait faire bonne figure, comme toujours, et ne manquer à aucun de ses devoirs. Elle se fit facilement doubler par Sybine, la benjamine qui n'avait cure des codes. Cette dernière se jeta dans les bras de son frère.
Faraj arriva après plusieurs minutes. S'aidant d'une canne en bois laqué ornée d'une tête en argent, sa démarche demeurait toujours droite. Sa barbe et ses cheveux gris lui donnaient un air austère. A l'inverse de tous, il n'y avait nul chaleur dans son accueil.

- Mère, quand irons-nous à Ancenis ?
Le repas se déroulait tranquillement. Faraj présidait l’attablée, silencieux, tandis d'Eïlyn s'était mise à l'opposé, au plus près de Sangarah.
- Miliane, vous y retournez dans deux ennéades ta sœur et toi.
- Je ne parles pas de nos études, mais tous ensemble. Chez tante Nelly ?
- Moi, j'en ai assez, lança Sybine. Sanga, pourquoi ne pourrais-je pas être ton écuyère, comme Briac ?
Le jeune cousin fût saisi, trouvant le regard taquin de Sybine. Il rougit et baissa les yeux dans son assiette en faisant mine de manger. Sangarah croisa le regard sombre de son père.
- Ce n'est pas à moi d'en décider, ma sœur.

Plus tard, Faraj convia son fils dans un salon. Les murs étaient couverts de bibliothèques aux nombreux bouquins. Deux divans en cuir se faisaient face, séparés par une table basse en bois  sur laquelle se consumait une bougie. Sur le sol, un grand tapis rendait l'atmosphère plus chaleureuse. Faraj s'était installé. Il avait disposé du tabac qui parfumait la pièce, dans une coupelle. Méticuleusement, il bourra sa pipe. Sangarah l'observa. Il vieillissait, s'était empatté. Sa musculature affûtée avait laissé place à de l’embonpoint. Il avait besoin d'une canne pour se déplacer, car il boitait. Ses gestes étaient devenus plus lents. Il respirait plus fort, et le tabac qu'il fumait n'arrangeait rien. Mais il était clair que Faraj pouvait encore coucher beaucoup d'hommes d'une seule baffe. Il souleva la bougie et tira plusieurs fois pour faire partir la combustion. La reposant sur la table, Faraj s'adossa confortablement contre le dossier, un bras sur l'accoudoir du divan.
- Ta mère est fatiguée, annonça-t-il d'une voix pesante.
Sangarah paru à peine surpris. Il hésita à faire la même réflexion sur l'état de son propre père, mais il choisit de se taire.
- Ces deux dernières années, je n'ai fait que la soutenir dans l'espoir qu'elle reprenne les reines de son père. Mais elle s'y refuse.
- Tante Nelly ou Louane ne pourraient-elles pas vous rejoindre ?
- Tu les connais, elles se pavanent à Ancenis chez leurs époux. Il tira une nouvelle bouffée, amer. J'ai mieux connu Abriel qu'aucune d'entre elles. Ni Nelly, ni Louane, et encore moins leur mari ne seraient capable de préserver quoi que ce soit de son héritage.
Sangarah savait ce que son père pensait des sœurs d'Eïlyn, filles aînées d'Abriel de Néris. Ce n'était pas un hasard s'ils avaient recueilli Briac chez eux. A la mort de Logan d'Essulys, Briac s'était retrouvé seul, à 5 ans, avec une mère sans doute malade psychiquement. Elle n'avait eu qu'un enfant, et déjà elle avait été dépassé.
- Entre nous, reprit Faraj, Abriel était un homme bon et respecté. Mais il a aussi fait des erreurs.
Sangarah soutint le regard de son père. Il se demanda ce qu'il pouvait bien sous-entendre. Faraj sourit, avec cynisme.
- Tu l'aimais, ton grand-père. Tu l'adulais même. Tu n'as sûrement pas compris lorsqu'il lui ai arrivé de faire les mauvais choix.
- Vous avez l'air bien catégorique, se risqua le Chevalier.
Faraj effaça son demi sourire.
- Je le suis, quand il s'agit de vies humaines que l'on met en jeu pour la gloire et la cupidité. Il tira de nouveau sur sa pipe, deux fois. Nous sommes humains, reprit-il plus sereinement. La Faiblesse - dit-il avec mépris - fait partie de tous. Mais aimer profondément quelqu'un n'induit pas de nier ses vices.
Sangarah se décrispa. Il reconnaissait la justesse des propos. Faraj étendit ses jambes qu'il croisa sur la table basse.
- On a vite fait de s'enorgueillir. Un château, de l'argent, une armée, des terres, la reconnaissance... et on oublie nos vraies responsabilités: la vie d'hommes et de femmes qui comptent sur nous.
- Vous sous-entendez qu'Abriel n'en avait pas conscience ?
- Non. Je dis qu'Abriel s'est sans doute laissé distraire par les attraits de ce monde, à un certain moment.
- Et vous ? Se permit Sangarah, qui regretta aussitôt.
Faraj le fixa dans les yeux.
- J'ai fauté aussi, par mon immobilisme.
Sangarah eu un moment de réflexion, alors que son père fumait encore.
- Néris est-elle en danger ?
- Néris n'est rien. Il souffla une épaisse fumée. Mais elle peut beaucoup.


Dernière édition par Sangarah d'Orneyad le Mar 1 Aoû 2017 - 9:41, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Néris peu(t) beaucoup   Dim 30 Juil 2017 - 14:21

Jour 2


L'après-midi même, Faraj et Sangarah changèrent de pièce pour s'entretenir encore de longues heures. Le fils fût surpris de voir son père autant l'inclure dans les affaires de la Châtelennie. Visiblement, il avait besoin de lui, maintenant qu'il savait devoir faire sans l'implication de son épouse.
Sur une carte de la Baronnie dépliée sur le bureau, ils ciblèrent trois lieux: le Château des oliviers situé au Sud de Néris, la ville de Forges au Nord, le long du Ner, et Berdes sur la côte.
- Tu devras te rendre labas, expliqua Faraj en désignant la Cité portuaire.

Le plan était simpliste, mais il fallait faire preuve de lucidité. Néris devait revoir ses accords commerciaux, et Berdes était un interlocuteur de choix. Si énormément de marchandises transitaient par le port, dans un sens ou dans l'autre, il était évident que Néris pouvait en tirer avantage, puisqu'elle se positionnait extrêmement bien. Entre la côte et le reste de la Baronnie, Néris pouvait constituer un point de passage incontournable des routes commerciales de la région. Berdes étant libre, il y avait fort à parier qu'elle souhaitait travailler avec les meilleurs partenaires, même si elle demeurait redevable à Ancenis-la-ville. Couplé au potentiel de productivité de Néris, chacun pouvait y trouver son compte.
- J'attendrais ton retour pour contacter les deux autres. Reviens avec les contrats, conclu Faraj sans autre forme d'encouragement.
Sangarah rangea les missives qu'il devrait emporter, et s'en alla après avoir salué son père.

Le lendemain matin, il ne fallu à peine qu'une demi journée à cheval pour rejoindre Berdes. Sangarah était accompagné de son écuyer Briac, et de trois chevaliers. Si l'épée et le bouclier de Sangarah étaient partiellement dissimulés sous sa cape, la petite escorte devait suffire à prévenir toute tentative d'approche mal intentionnée. Ensemble, ils traversèrent la ville à la recherche de la Guilde des Marchands Berdois. C'est elle qui, aux dernières nouvelles, semblait être à la direction.
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MessageSujet: Re: Néris peu(t) beaucoup   Jeu 3 Aoû 2017 - 8:12

Jour 2


Le petit groupe de Néris avait trouvé l'aide d'un habitant de la Cité. Un homme trapu, le crane dégarni couvert d'un chapeau, les menèrent dans les rues de Berdes. Sangarah le suivit au pas, sur sa monture. Il pleuvait abondamment, détrempant le sol boueux. L'eau ruisselait sur son heaume à la visière relevée, autant que sur sa cape complètement imbibée de flotte. Derrière lui, Briac et les chevaliers ne bronchaient pas. Ils arpentèrent une longue rue peu animée, sans doute à cause de la pluie glaciale. Les commerces étaient ouverts, mais couverts. Par endroits, de véritable flaques s'étaient formées sur le sol inégalement nivelé. Ils débouchèrent devant une passerelle qui traversait le canal où pouvait passer un bateau de petites taille. Les docks étaient un peu plus loin encore.
- Je vais quérire quelqu'un, Messires, prévint leur guide, qui pénétra une taverne à proximité.
Ils se les gelaient. Mais ils patientèrent sans mot dire, sous la pluie. Quand l'homme revint après plusieurs minutes, il était accompagné d'un autre, mieux vêtu, le bouc et la moustache bien coupée. Sangarah jeta une pièce à leur guide, qui repartit à ses occupations.
- Entrez Messires. Prenez un repas chaud à l'intérieur. Je vais prévenir La Guilde de votre arrivée.
Il sourit, dévoilant une dentition approximative. Sangarah descella, et tous l'imitèrent. Briac s'occupa d'attacher les chevaux, avant de rejoindre tout le monde dans l'établissement.

La taverne était bruyante et agitée. En entrant, les chevaliers ôtèrent leur heaume, et suivirent l'homme jusqu'à une table libre. Si certains les dévisagèrent, il ne devait pas être exceptionnel de voir des chevaliers en ce lieux.
- Sire Ottval sera là dans une petite heure, répéta l'homme, se forçant à sourire.
- Qu'il prenne son temps, répondit Sangarah.
L'homme les laissa poliment, et ils purent s'installer à la table.
- Briac, jette un oeil aux chevaux de temps en temps.
- Bien Messire.
Sangarah retira ses gants et défit son équipement, qu'il posa de coté avant de s’asseoir.

Ils mangèrent en silence un potage de poisson et une miche de pain qui atténuèrent leur faim. Pour Sangarah, il s'agissait surtout de prendre son mal en patience. Auraient-ils du être reçu plus convenablement ? Ils n'avaient pas annoncé leur venue, après tout. C'était patienter dans ce vacarme, autour d'un médiocre menu, ou prendre leur quartier dans une meilleure auberge et attendre le lendemain.
Mais une fois l'heure écoulée, l'homme les ayant reçu revint les voir, comme promis. Il leur annonça la prise en charge de la note, et les convia à le suivre dans l'arrière salle. La pièce était bien plus calme, et propre. Assez grande pour y accueillir une quinzaine de personnes, il y avait là quatre types attablés autour d'un jeu de carte, qui jetèrent un regard en coin aux nouveaux entrants. Un individu seul était assis à une autre table, sur laquelle il disposa quelques affaires. Les cheveux longs attachés en queue de cheval, ses tempes grisonnantes et un visage émacié lui donnaient un air peu avenant, mais important. Il se leva en souriant, ses lèvres fines dévoilant une dent en or rutilante grâce à la lumière des chandelles accrochées aux murs. Il tendit une main sertie de bagues vers Sangarah.
- Bienvenue, Messire...?
- Sangarah d'Orneyad, fit le Chevalier en serrant sa poigne.
- Installez-vous, ajouta l'homme, tandis que Briac et l'escorte trouvaient une troisième table libre, près de la porte.
- Je suis seul à avoir pu me libérer présentement, mais je gage de transmettre notre entrevue à mes chers confrères.
Sangarah ignora le sous-entendu. Il tira la chaise et s'assit face au marchand qui croisait ses mains sur la table.
- Je me présente: Ottval. Que puis-je donc, au nom de la Guilde des Marchands Berdois, pour servir les envoyés de Néris ?

Sangarah se força à la bienséance, s'excusant de sa venue impromptue. Mais l'homme ne lui inspirait aucune confiance. Il expliqua que ses parents, Seigneurs de Néris, souhaitaient faire le point sur leurs affaires commerciales avec la Guilde. Néris possédant le monopole de la production d'olive, et d'huile en découlant, il était évident que la part qui n'était pas redistribuée à Ancenis-la-ville et au reste de la Baronnie, passait forcément par Berdes. En clair, plus de 60% de la production était destinée à l'exportation. L'huile était une denrée importante, pour la conservation des aliments, sa consommation propre, et tous produits en dépendant pour leur confection. Or, l'hiver ayant été difficile, il faudrait prévenir le prochain, car il était fort à parier que la demande augmenterait. Ceci étant aisément admis, Sangarah fit savoir que Néris augmentait ses prix pour les livraisons prochaines. Il y eu peu d'échanges et de négociations à ce sujet. Ottval ne se déperdit pas de son sourire commerciale.
La lavande et ses huiles dérivées, cultivées à moindre échelle par la Seigneurie, servait beaucoup à la confection de savon et d'eaux de toilette. La encore, une partie conséquente de la production était vendue à Berdes. Les prix augmenteraient également.
- Vous nous annoncez augmenter les prix de toutes vos marchandises, la laine aussi ? Ironisa Ottval.
- Non. Vous verrez ça avec Aspremont. Par contre, tous produits sortant et transitant par les routes de Néris seront soumis à des taxes. Si c'était déjà le cas pour les produits miniers de Forges et de Castel sur Ner empruntant le fleuve, nous généraliserons les taxes également sur voie terrestre.
Autant dire que toute marchandise de la Baronnie devait passer par Néris pour atteindre Berdes. Cependant, ils ne taxeraient pas en sens inverse, ne voulant pas nuire au pouvoir d'achat des autres Châtelennies. Ottval ricana sans joie.
- C'est la première fois que nous nous rencontrons, et je dois dire que vous ne prenez pas de gants.
Sangarah ne cilla pas, figeant le sourire d'Ottval. Puis le Chevalier se dérida un peu.
- J'ai toutefois une proposition qui devrait mieux vous plaire.
Jusqu'à présent, Néris se contentait de faire transiter le fer des contreforts de Forges et Castel sur Ner. Or, la Seigneurie possédait une fonderie reconnue. Elle pouvait donc acheter une partie plus importante de la matière première, afin de fabriquer des pièces de métal de qualité. Ainsi, la Guilde n'aurait qu'à passer commande auprès de Néris de ce dont elle aurait besoin, servant d'intermédiaire à ses propres clients. En terme d'armes, la Seigneurie se limiterait toutefois à de l'équipement standard. Il n'était pas question de fournir un arsenal à des étrangers. Mais il était bien possible qu'elle fabrique des portes, des armatures destinées à la construction de bâtiments, et des outils. Ainsi, la plus value serait intéressante, pour chacune des parties.
Briac tendit une besace à Sangarah, qui en sortit plusieurs parchemins. Il les présenta sur la table, face à Ottval.
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Sangarah d'Orneyad
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MessageSujet: Re: Néris peu(t) beaucoup   Jeu 10 Aoû 2017 - 17:23

Jour 4


Kaelig entrait dans sa 40e année. Son corps demeurait toujours svelte, et son visage aussi sec que les muscles longilignes qui rendaient sa démarche martiale. Il menait des hommes depuis des années, lorsqu'Abriel de Néris l'avait promu officier parmi la génération de chevaliers émérites dont il avait fait partie. Et à sa suite, Faraj l'eu promu Capitaine des Chevaliers de Néris, et à la tête du corps de la milice. Respecté de ses hommes, et stratège consciencieux, il était également des plus loyales au Seigneur.
Aujourd'hui, il était dans la salle de réunion, au château. Assis à la droite du siège de Faraj, les coudes posés sur la table ovale, il accueillait d'un sourire aimable chaque personne venant le saluer avant de prendre place. Il y avait là 4 conseillers et un prêtre de Néera, en plus de sa présence. Et pour la première fois, Sangarah, le fils du Seigneur serait présent à la réunion.

Faraj entra à son tour, muni de sa canne, habillé d'une veste croisée en laine. Accompagné de son fils, les deux hommes s'installèrent en bout de table. La réunion pouvait commencer.

- 1105 miliciens de métier et 425 chevaliers au dernier recensement, Messire, avança Kaelig. Il n'eut pas besoin de relire ses notes quand il détailla les unités qui composaient la garnison de Néris. Le Château des oliviers nous assurent disposer de 200 hommes.
- Relancez un programme de recrutement. Il nous faut former 150 miliciens, décréta Faraj.
- Y a-t-il une raison particulière à vouloir renforcer la surveillance en ville ?
- Je veux augmenter les patrouilles dans la Châtellenie, en composant des unités mixtes.
- Y a-t-il eu des exactions dans nos campagnes, récemment ? Questionna l'un des conseillers présents.
- Non. Mais la fin de l'hiver rendra nos terres bien plus praticables. Et je veux préserver nos précieuses récoltes de tout pillage.
L'argument était suffisant. Il préféra taire ses autres raisons. Faraj se leva et déplia une carte de la région. Il fixa un point au Nord de Néris, aux pieds des montagnes qui formaient la frontière avec Olysséa.
- Ici sera construit une tour de guet, dès le printemps.
L’accès par les rocheuses à toute troupe étrangère était peu probable. Là encore, il était aisé de comprendre qu'une tour servirait à se prémunir des pillards isolés. Cependant, Kaelig était peu crédule. Quelque chose devait tracasser le Seigneur. Faraj fit signe à son fils d'intervenir.
- J'aimerais proposer une réforme du programme de formation de nos chevaliers.
Sangarah dépeignit les forces et faiblesses de la Chevalerie. Il souligna le manque d'activité lors des périodes creuses, comme cet hiver. Mais surtout, il pensait que la garnison pouvait gagner en efficacité avec un entrainement physique plus poussé.

- Les routes vers Forges et Castel sur Ner seront bientôt praticable, poursuivit Edern. Il s'agissait de leur acheter du minerai, pour honorer les commandes de Berdes.
Faraj acquiesça. Le fer alimenterait bientôt la forge de Néris. Il aborda ensuite le projet d'élevage de chiens, destinés à la chasse de gros gibiers ou à la surveillance de troupeau.
- Nous avons deux couples de molosses dans la force de l'âge. Ils sont prêts.
Sangarah était concerné car il avait deux des chiens sur le domaine familial. Capables d'immobiliser un sanglier à eux seuls, nul doute que cette race saurait se faire apprécier de la noblesse lors des parties de chasse. Mais ils sauraient également contenter les éleveurs de moutons d'Aspremont, surtout lors des ascensions sur les hauts plateaux Veltres fourmillant de loups.
Faraj présenta enfin son projet principal. Il désirait construire le premier navire marchand de Néris: une Cogue capable de longer le Ner pour relier les villes en amont et le port de Berdes. La voie fluviale pourrait ainsi présenter une alternative intéressante au transport de marchandises terrestre, surtout lorsqu'il faudrait passer au-delà du massif de Grimsel.
- Nous sommes toutefois incapable de fabriquer une telle embarcation, Messire. Nous pourrions plutôt passer commande aux marchands de Berdes, proposa Edern.
- Je ne désire pas passer commande. Je veux un navire Nérissois, construit sur nos berges. Nous embaucherons des artisans Berdois qui viendront le fabriquer ici. Nous en profiterons pour apprendre de leur savoir-faire, et ne plus être dépendant d'eux pour les constructions futures.
L'idée était audacieuse. Tous approuvèrent avec enthousiasme.

Faraj finit par aborder sa sollicitation envers Ancenis-la-ville. Il n'avait pas de réponse sur sa demande de réunion du Conseil d'administration. Il avait envoyé un messager, mais peut-être le régent n'avait-il pas encore pris connaissance du courrier. Il informa ses conseillers qu'il joindrait bientôt les autres Seigneuries, en cas de non réponse d'Ancenis.

La réunion se termina par le traitement des doléances, remontées comme à l'accoutumé par le silencieux prêtre de Néera, présent autour de la table.
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