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 Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Mar 1 Aoû 2017 - 20:31

Autour d'une bibliothèque





5ième énnéade de Karfias de la 10ième année du 10ième cycle


La grande bibliothèque de Thaar était un lieu de perdition pour les plus grands érudits. Elle avait ceci de particulier que l’éthique et les bonnes mœurs n’avaient que peu de valeur à Thaar. Par voie de conséquence l’on trouvait pêle-mêle les ouvrages mêmes interdits dans d’autres civilisations de Miradelphia. Qu’une telle institution puisse exister dans une ville toute entière tournée vers l’accumulation de richesses personnelles était assez singulier.

Faeron avait néanmoins une bonne idée de pourquoi ce singulier établissement fonctionnait à merveille. Il comptait sur l’orgeuil des puissants de Thaar, et surtout des plus riches dans la cité. Car l’entrée de la bibliothèque pluri centenaire se faisait par un hall aux dimensions disproportionnées et sur le sol duquel les dalles de marbres étaient pour certaines ciselées de manière à former les noms de généreux donateurs. Lorsqu’on parlait de ‘généreux’ il fallait être très très généreux pour voir son nom apparaitre au sol. Pour ceux qui l’étaient plus encore, une dalle de marbre elle aussi surplombait la fontaine placée contre le mur du fond de l’atrium. Cette dalle ne comportait que quelques noms. Les noms de ceux ayant non pas donné de l’argent pour que la bibliothèque fonctionne ou acquière des ouvrages. Cette plaque présentait le nom de ceux s’étant occupé de travaux important à leurs frais pour la bibliothèque.

Faeron avait passé l’après-midi à faire des mondanités dans la bibliothèque, la visitant en long en large et en travers avec l’aéropage des tenanciers de la prestigieuse institution. Pour cause, il se lançait ce jour dans la construction d’une aile supplémentaire à ses frais et la restauration de la coupole centrale. Faeron eut une petite pensée émue pour les milliers d’ères qui finançaient par leur dette contractée auprès de Faeron la construction. Autant de petites mains qui profitait du capital de l’armateur et le faisait fructifier autant pour leur propre succès que pour le sien. Pour beaucoup surtout pour le sien… Mais ainsi allait la loi de la jungle Thaari, voire même continentale.

Du haut de sa stature de jeune sang-mêlé, habillé aujourd’hui d’une sorte de grand et élégant kimono d’un gris tirant sur le blanc, il écoutait d’un air poli les hommes, les elfes et autres sang-mêlé qui le menait au travers des bâtiments, des coursives de documents et des tables de lecture. Des rayons d’un doux soleil d’hiver pénétraient les lieux à la manière d’une cathédrale. Dans ces rayons de lumière qui tranchaient avec la relative obscurité des lieux flottait quelques particules de poussières qui donnaient à la scène un aspect d’autant plus onirique.

Les salles de lectures en revanches étaient très éclairées, se trouvant dans des zones plus ouvertes du bâtiment et donnant sur les extérieurs. La vue n’était pas très belle, la bibliothèque se trouvant au cœur de la ville sans aucun vis-à-vis d’intérêt. Faeron n’avait chez lui que peu d’ouvrage. Uniquement les archives de ses commerces. Il empruntait ce qui l’intéressait à la bibliothèque. Il avait toujours été un généreux donateur, mais avec la construction de l’aile Savarius qui devait donner la place à la bibliothèque pour presque une dizaine de millier d’ouvrages supplémentaires ainsi qu’un cloître intérieur avec un jardin, il devenait à présent une personne à qui la bibliothèque ne refusait pas grand-chose.

Le tour du propriétaire était le prélude à la dépose de la première pierre du chantier d’extension. La réfection de la rotonde quant à elle était déjà lancée depuis quelques mois. Les échafaudages étaient déjà construits. Et si l’on avait décompté dix chutes mortelles depuis le début du chantier, les travaux avançaient tout de même correctement, ils coûtaient pour le moment moins que la somme envisagée. Ce qui était plutôt une bonne nouvelle pour les finances de Faeron. Il réattribuerait cette somme à une autre œuvre permettant de se faire valoir.

La bibliothèque était toujours ouverte tandis que la petite cérémonie d’invitation de Faeron continuait et de nombreux érudits continuaient à compulser leurs parchemins tandis que le groupe visitait.
En fin d’après-midi Faeron en eut fini. On décida d’une date pour la cérémonie de dévoilement du nom de Faeron sur la plaque principale. Dans un mois.

Une fois extirpé de ces formalités, Faeron se retrouva sur le parvis de l’immense bâtiment. Le quartier de la bibliothèque n’était pas parmi les plus prestigieux de la capitale commerciale. Il s’agissait d’un quartier de petits marchands et d’artisans. Sans plus mais sans moins non plus. Faeron n’avait plus d’obligation pour la journée. Il s’était levé aux aurores pour avoir le temps de s’entrainer avant d’aller dans un de ses chantiers navals pour discuter de certaines options avec ses ingénieurs de construction. Il avait en fin de matinée rencontré son principal responsable des comptes des opérations d’usure. Un certain gros compte était en difficulté de paiement. Faeron avait discuté avec ses mandataires pour entendre leurs avis. Il avait finalement décidé de rencontrer directement le commerçant, qui était à la tête d’une manufacture textile.

Le difficile hiver péninsulaire était un véritable bonus pour l’homme mais les retombées financières avaient du mal à se faire ressentir, l’argent revenant avec lenteur. Faeron discuterait avec l’homme, étudierait un peu plus en détail les comptes et les montants, et en fonction déciderait soit d’accorder un délai, soit d’entrer en négociation pour dédommagement. De toute manière il n’avait aucun intérêt dans le textile et ne souhaitait pas y entrer. Il fallait savoir se limiter à son cœur de métier.

Dans tous les cas sa journée venait de s’achever. Et après l’effort le réconfort. Il monta dans son transport et donna instruction d’aller jusqu’à l’adresse d’un commerce de facade, servant surtout de point de chute à l’une de ses cohortes. Là-bas il se changerait pour quelque chose de moins voyant et le cortège reprendrait ostensiblement la route de son palais sans qu’on sache qu’il l’ait quitté. Ce soir il sortait incognito dans les rues. Comme souvent. Il connaissait un bain privé dans la zone où il aimait aller se faire masser et prendre une suée. Avant cela il ferait certainement une longue marche. Habillé comme ces hommes de la tenue noire des ‘oiseaux de nuit’, cette clique bien organisée était le bras armée et à peine déguisé de Faeron. Bien que les relations soient cachées, elle ne faisait aucun doute aux connaisseurs.

Faeron arriva donc devant le grand hôtel qui servait de base pour ce quartier. Une demeure tout à fait officiellement à Faeron et qu’il ne fit que traverser la salle de gardes à pas lestes jusqu’à arriver dans un couloir menant à un magasin donnant sur l’autre rue. Cette boutique de meuble était le repère de ses petites mains. Il passa quelques minutes à l’étage pour s’habiller le plus simplement possible. Une tenue noire passe partout. Il fourra les gants et la coiffe dans une poche et s’extirpa de la boutique avec quelques-uns de ses discrets hommes pour se fondre dans la foule.

Ce soir, cela serait le quartier puysard… Cela faisait longtemps qu’il n’était pas allé dans ce quartier qu’il appréciait pour son aspect typique et pour son piquant. Les inégalités qui étaient criardes à Thaar l’étaient particulièrement dans ce quartier où une très grande misère traitait avec une extrême richesse. Entre ces deux couches transitait une vie de quartier particulièrement colorée. Il irait donc aux thermes pour prendre des bains de vapeur puis aller se délasser dans les bains soufrés qu’appréciaient visiblement les noirauds. Il irait certainement ensuite diner à la Taverne du Grand Salazare, on y trouvait certaines spécialités qu’on ne retrouvait nulle part ailleurs. Il finirait certainement la soirée par une visite du toit de l’hotel de Sarambor. On y trouvait une vue splendide sur le port. Et pour ce soir Faeron était d’une humeur ouverte et contemplative…

Cette soirée tranquille serait certainement propice à rencontrer de la nouveauté… C’était toujours là quelque chose d’intéressant, et surtout l’on était jamais à l’abris de trouver une porte d’entrée vers les autres régions de ce si vaste mais si petit continent.
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Valsrik'Hrae Zezxyra
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MessageSujet: Re: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Mer 2 Aoû 2017 - 18:16

À quel point voyager seul pouvait-il se prouver être rafraîchissant… tu n’aurais pas pu l’imaginer sans l’avoir fait. Plus d’incapables du C’nros pour jouer les gardes de corps au rabais, plus d’attelage traînassant attirant ton attention, juste Laraxle, toi, traversant les derniers sables vous séparant de Thaar, les tintements des quelques fioles conservées du convoi pour seule pollution sonore, s’il on peut même les appeler ainsi.
Rafraîchissant ; tu en avais besoin de rafraîchissement. L’hiver était à ton avantage, le ciel couvert du Zurthan et les sables s’élevant en travers de la lumière une protection plus qu’une malédiction. À quelques heures seulement de la grande Cité Estréventine, malgré des températures saisonnières encore relativement basses, le règne de l’astre du jour se faisait écrasant. Les foulards, capes, capuches et autres manches longues n’y pouvaient rien, les quelques parties de ton visage blanc forcées de s’exposer pour que tu puisses conserver la vue avaient rougi, te parsemant le visage d’inélégantes et douloureuses brûlures. Restait à espérer qu’au moins l’un des boui-bouis de cet endroit de misère puisse te fournir un onguent qui te soulagerait assez pour ne pas avoir à arpenter les rues bardé du même attirail que durant ta traversée.



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~



Thaar… il suffisait d’y mettre le pied pour comprendre à quel point la culture noirelfique l’avait influencée, ou alors les humains et les nains étaient-ils aussi ségrégationniste que vous Eldéens ? Continuer ta chevauchée au milieu des bidonvilles et autres quartiers extérieurs où se rassemble la vermine, forcé d’empêcher Laraxle d’emporter à l’occasion une ou deux têtes lui rappelant trop ses repas des jours de festin n’était pas sans évoquer les quartiers supérieurs du Puy. Seulement ici l’on n’avait pas appris aux déchets à avoir peur, et beaucoup trop d’entre eux à ton goût, beaucoup trop longtemps, vissèrent leurs yeux crasseux sur ta monture et toi. Probablement les Doeben préféraient-ils le cheval aux dignes destriers du Puy.

C’est quand le Morgal sortit ses pattes de la fange crasseuse des bas-quartiers que le parallèle avec le Volcan devint finalement plus qu’évident. Les abris précaires de bois rongé par les termites et les tentes improvisées au fur et à mesure du trajet prenaient en volume et en solidité. Celui-là avait appris l’intérêt de poser des poutres, celui-ci aurait peut-être la chance de ne pas voir son foyer s’envoler au premier coup de vent, et ceux-ci vivaient dans ce qui était en somme de petites cases à l’air presque vivable. Chaque enjambée de plus du reptile t’emportait vers de plus belles places, comme le ferait une lente descente à travers le Puy.
Ici aussi, là où s’entrechoquent deux niveaux de vie retentissent les tintements des chaînes et les râles d’hommes et de bêtes en cage, baignant dans l’odeur de leurs propres sueur et sang. Tu souris, toujours dissimulé derrière tes drapés, moins dépaysé que tu ne t’étais attendu à l’être, pour cette première visite de la Cité que beaucoup de tes congénères connaissent déjà par cœur.



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~




Il te fallut bien plus d’une heure d’errance pour que finalement se dévoilent à toi les joyaux de la capitale, les riches quartiers, bâtis à grand coups d’or et d’argent par les Princes-Marchands, maîtres de ce côté l’Ithri’Vaan. Plus d’évolution graduelle des paysages ici, le changement de voisinage est aussi brusque que les constructions sont de mauvais goût. De la pierre blanche à l’acier, du bois verni aux dorures, des décorations de pierres précieuses aux sculptures à l’effigie de personnages à l’apparence quelconque, tout n’est ici que duels d’’extravagances sans significations, sans âme et sans profondeur. C’est que dans un monde où la richesse fait la valeur à la place de la véritable force, Ilon a vite fait d’oublier à quel point ces riches grassouillets seraient aisément évincés et remplacés.
Si seulement tous ces portraits en trois dimensions avaient pu représenter n’importe lequel des miliciens t’ayant tenu en joue durant tout ton trajet, le paysage peut-être en aurait-il été un peu moins écœurant. Même les humains devaient avoir un assez fin sens de l’esthétique corporelle pour s’en rendre compte, non ? Quoi qu’il en soit, tu devrais apprendre à en faire fi, parce que le temps d’abord de chercher une écurie acceptant d’héberger ton bien aimé Morgal, puis de rejoindre à pied ta destination première, sachant très bien que le peu de visage que tu laissais apparent ferait de toi, sans la monture comme signe distinctif, aux yeux des mille-et-un miliciens patrouillant ces rues, potentiellement un intrus.

Mais qu’ils essaient seulement de te chasser.



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~




- Il vous faudra payer l’entrée monsieur.

La gestuelle des gardes de la Grande Bibliothèque est sans équivoque, et si tu ne comprends ni ne parle de manière fluide l’oliyan, elle aura suffi, couplée aux quelques mots que tu as su gratter de leur avertissement, te laisser comprendre de quoi il en retourne. Te débarrasser d’eux a été ton idée première. À quelqu’un comme toi, on ne fait pas payer la connaissance. On te l’offre à genoux, espérant que tu saches la faire fructifier et la magnifier. La connaissance est ton dû, car pour chaque chose que tu as apprise, tu as été capable d’en enseigner le décuple, et pourtant, des secrets tu en as gardé. Ça Thaar ne le sait pas, et ces gardes ne font finalement que proprement accomplir leur tâche. Heureusement, les pierres semi-précieuses abondant dans les cheminées du Puy - celles vous servant de petite monnaie – sont assez brillantes pour aveugler les imbéciles de l’Ithri’Vaan. Te forcer un sourire et abandonner menue monnaie ne fut par conséquent pas si douloureux.
Première bonne surprise de ta journée, l’accueil en langue Eldéenne fait par une humaine à la peau grisonnante, certainement une sang-mêlée, non loin de l’entrée. Être en possibilité de faire tomber la capuche était la meilleure chose qu’il puisse t’arriver ici.

- Puis-je vous être utile ?
- Il y a bien une chose oui.

Tu te rapproches, sourire carnassier au visage, te penchant vers le sien plus que de raison. Reste que tu te retrouvas par la suite à lui emboiter le pas nonchalamment, libéré de la discrétion pour laquelle tu es connu dans les cavernes d’Elda. Peu furent ceux, entre le bas volume de vos chuchotements et l’utilisation du parlé Noirelfique, attraper les moindres bribes de votre discussion, mais lorsque tombèrent de ta poche les quelques gemmes, et que furent entamées les premières marches de l’escalier en direction du premier étage, il fut aisé de conclure que sciences et magie et furent les maîtres mots.

Tu restas de longues heures à feuilleter avec une déception toute assumée, ton improvisée traductrice à tes côtés, les recueils entassés dans les recoins les plus chers de l’endroit. Trop peu de choses nouvelles, trop peu de concepts t’étant inconnus, trop peu de choses n’étant pas nées dans ton esprit au moins sous forme d’hypothèse ; et même de ce peu, encore plus rares furent celles qui conduiraient à quoi que ce soit de réellement utile. Nouveau n’est pas meilleur, mais ancien venait soudain de perdre son précieux. Seule consolation, un grimoire datant à vue d’œil de la vieille Nisétis, dont tu peines à décrypter les écrits. Si seulement ceux de ton peuple n’étaient pas d’incorrigibles va-t-en guerre, peut-être celui avec qui tu avais commencé ton apprentissage de l’ancien Nisétien t’en aurait-il transmis assez pour que tu fasses déchiffrage suffisant de ces écrits. À la place, tu te verrais forcé de sacrifier encore un peu de ta maigre fortune, pour quitter les lieux avec l’ouvrage, le temps de décoder par toi-même le vieux langage… si tu y arrivais un jour.



~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~



Le soir venu, il n’était plus question de chercher à nourrir ton esprit, mais plutôt à offrir satiété à ton corps, et à trouver couche dans laquelle passer la nuit. Et puisque tu n’es pas de ceux qui aiment expérimenter en dehors des domaines de l’occulte et des sciences, c’est au cœur du quartier puysard que tu fis tes recherches. Hors de question de soumettre ta langue à la cuisine Estréventine dont l’odeur laissait déjà deviner à quel point elle était fade. C’est au gré des senteurs émanant des cuisines se tentant à la réalisation d’ersatz de repas Eldéens que tu te laissas guider, cherchant les fumées portant le parfum le moins mauvais.

La Taverne du Grand Salazare – malgré son nom complètement ridicule – fut celle de ton choix. Choix que tu ne regrettas qu’à moitié, et pas pour sa nourriture. Le soleil tombant t’autorisait à marcher à visage découvert, et à laisser la cape traîner dans ton dos, autorisant enfin tes bras à prendre un peu d’air. Le fort public Noirelfe des lieux était habitué à côtoyer les autres races et leurs sang-mêlés, mais aucune race connue de Miradelphia n’arborait les mêmes marbrures que celles décorant tes avant-bras. Les morceaux de tatouages apparents sur les pans de peau que tu dévoilais enfin laissaient à penser que tu étais un digne Drow d’Elda – du moins le laisseraient-il à penser si ces Doeben se rappelaient ce qu’était l’Elda – et les gemmes, produit précieux dans ces contrées, avec lesquels tu payas le service, au vu de l’apparente quantité en ta possession, vinrent te confirmer comme appartenant aux étages des profondeurs… mais quel genre de Drow pouvais-tu être, quand la suie ne représentait que quelques tâches sur une peau blanche immaculée.

Tu détestais ce genre d’attention, manger avec les regards ainsi pesant sur toi ne pouvait pas t’être plus désagréable, surtout quand le plat se révélait effectivement manquer d’épices à ton goût. Ton regard se leva donc un instant, pour parcourir la salle, et alors qu’il se braquait dans le néant, la salle entière fut prise d’un soubresaut, comme traversée d’une onde de choc.
Tu pouvais être sûr de ne plus passer inaperçu après ça, mais au moins maintenant tes convives te craindraient-ils assez pour te laisser finir ton semblant de repas tranquillement.
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Mar 22 Aoû 2017 - 20:24


Faeron était arrivé en début de soirée à la taverne. Il était accompagné de trois ‘amis’ discrets. A les voir de loin on aurait pu penser à une simple bande de jeunes gens d’une quelconque compagnie. Des vêtements assez proches du corps d’un noir presque parfait, sans marques particulières, le bas de leurs visages couverts par un pan de cuir de leurs capuches. On pouvait soupçonner leur appartenance à l’un ou l’autre des gangs de la ville mais l’absence de marque claire, habituellement l’apanage de ce genre de personnages, jetait le trouble.

Les renforts n’étaient pas très loin, mais de toute manière Faeron n’avait jamais rencontré de gros ennuis sur son chemin dans cette ville dont il connaissait le dessus et le dessous du panier. Il se contentait d’y vivre avec un certain détachement, et avec un goût du risque au final très coutumier des gens ayant réussi dans son très nouveau et très réussi commerce de l’usure. Car au final gérer des dettes revenait à gérer des risques… Et Faeron disposait pour lui-même de la conviction d’avoir un certain flair, et n’avait pas peur de pas grand-chose au final… C’était là aussi dangereux que cela pouvait être utile. Mais tout en étant peu prompt à la peur, il n’était pas un téméraire intrépide.

La salle était coutumière à Faeron. Lui avait ses habitudes ici, comme dans beaucoup d’autres endroits de la capitale commerciale du continent. Il alla au comptoir et s’installa au coin de ce dernier avec ses acolytes. Il aimait ce coin de la salle. Certes il n’était pas assis, mais cela n’était vraiment pas grave. Il avait la vue complète de la salle et faisait face à presque à toutes les tables. Loin des fenêtres, loin de la lumière, terré comme araignée dans son coin de plafond, il respirait l’ambiance, il dévisageait les gens discrètement. En conséquence de sa discrète place, il avait défait sa capuche et ce qui lui recouvrait le bas du visage. Ses hommes en avait fait de même. De toute manière vouloir absolument conserver l’anonymat ici aurait été suspect pour les autres. Personne n’était totalement voilé. Se fondre dans la masse était une cachette presque plus efficace que se terrer dans l’ombre.

Deux des hommes de Faeron étaient des drows et le dernier était un elfe tout ce qu’il y avait d’original. La blondeur de ses cheveux tirait presque autant sur le blanc d’un nuage d’été que la noirceur des cheveux de Faeron avait la couleur d’une pièce sans lumière. Ils avaient commandé un alcool fort aux épices dont la taverne avait le secret et un plat de sorte de petits plats désordonnés que chacun picorait de son côté.

Par moment il rejoignait la conversation de ses acolytes, mais le reste de la soirée était consacrée principalement à la l’étude silencieuse de ce petit monde qui défilait sous ces yeux. Lui qui était aux commandes de tant d’intérêts, lui dont les décisions influaient sur la vie de tant de personne, lui dont le sceau et la signature pouvait entrainer l’échange de fortunes, lui prenait le temps… Il aimait ce sentiment de constater que la vie se déroulait avec une régularité de métronome et que pour tout l’or qu’il avait accumulé, pour toute la puissance silencieuse dont il disposait, tout cela n’était finalement qu’une sorte de convention et en ce moment il n’influait pas plus les lieux que les tables ou les chaises. Cela lui allait bien. Cette tranquillité provisoire, cet échappatoire au milieu de la fourmilière.

Une personne retenait l’attention de la pièce et avait retenu naturellement l’attention de Faeron. Un drow qui visiblement venait tout droit du Puy. Faeron, qui disposait pour lui d’une très bonne mémoire des personnes, indispensable dans sa profession, semblait avoir déjà vu passer cette ombre mystérieuse. Il avait l’impression de l’avoir vu roder dans la bibliothèque, au loin, alors que lui ne faisait que déambuler avec la cohorte d’imbéciles qui lui avait graissé la pâte jusqu’au sang durant la journée.

Faeron ne dévisageait pas l’étranger. D’ailleurs il ne regardait que peu les gens dans la salle. Il ne souhaitait pas se faire remarquer par son indiscrétion. Il embrassait toute la salle du regard, ne regardant personne en particulier. D’autres en revanche étaient bien moins discrets et parmi les habitués, que pour certains Faeron reconnaissait, il n’en allait pas de même. Certain allant jusqu’à dévisager de longues minutes l’homme. Ce dernier finit par lever les yeux de sa pitance et le court instant de levée de regard fut également celui où chacun sentit au plus profond de lui-même une sorte de frisson. Le grand blond qui accompagnait Faeron ne bougea pas mais lança un regard à Faeron. Ce dernier acquiesça silencieusement tout en faisant un signe de la main qu’il n’était pas inquiet. La seule raison de la présence de l’elfe aux côtés de Faeron dans le quartier drow était que ce dernier était initié.

Le niveau des conversations baissa brusquement durant le tressaillement généralisé qui arracha, au lieu d’une inquiétude, un sourire aux lèvres de Faeron. Les conversations repartirent mais clairement plus personne n’osa regarder l’homme, à l’exception de Faeron, sourire aux lèvres, qui dans sa pénombre dévisageait à présent l’étranger. Il finit par détourner son regard, le sourire s’élargissant un peu plus, pour lever la main vers le tavernier derrière son comptoir, à présent très occupé à essuyer des coupes d’étain. Ce dernier fut un instant heureux que Faeron ne l’appelle, trouvant ainsi une occupation. Mais son sourire s’estompa instantanément aux mots prononcé à voix basses par Faeron qui s’était penché par-dessus le comptoir pour donner ses instructions à l’homme.

Ce dernier bafouilla quelque chose et Faeron posa le double du prix de la consommation sur la table. L’argument de motivation trouva écho auprès de l’homme. Le pouvoir de l’argent était aussi idiot qu’impressionnant.

Le tavernier prit donc son courage à deux mains et trouva au fond d’un placard l’alcool que Faeron avait fait demander. Il alla jusqu’à la table de l’inconnu et dans un mot d’excuse risible cachant mal sa peur posa une petite bouteille sur la table ainsi qu’un verre.


« - De… Hum… De la part de l’homme au comptoir Messire… »

Le tavernier avait fait un simple signe de la tête vers le coin de pénombre où était terré Faeron. Ce dernier leva son verre à l’intention du drow.

L’alcool en question était rare et aussi fort qu’il était fin. Provenant d’un village perdu au milieu des forêts du grand ouest. La plante servant de base au curieux liquide était totalement inconnue des régions de l’Ithri’Vaan, encore moins du Puy. Sans aucun doute l’homme trouverait-il là une curiosité à la hauteur de sa science en botanique appliquée. Faeron avait brisé la glace, il laissait le choix à l’irascible personnage de venir lui parler à sa convenance ou de passer son chemin. De toute manière Faeron avait son temps… Tout son temps…
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Valsrik'Hrae Zezxyra
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MessageSujet: Re: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Ven 8 Sep 2017 - 2:47

Maudite soit ta curiosité. Maudites soient les trop longs pavillons de tes oreilles. Maudite soit l’articulation atrophiée t’autorisant encore à les soulever. La cadence avec laquelle tes couverts montent à tes lèvres ralentit sensiblement, et ton attention est ailleurs. Tu épies, te tente à écouter les murmures rasant le parquet et les murs. Tu te tentes à entendre ce qu’ils disent maintenant de toi. Tu cherches à savoir quelle sera la première impression que tu laisseras à Thaar… et tu espères qu’elle soit à ta hauteur. Que tu ne prennes personne à t’affubler d’un quelconque surnom idiot, qu’aucun ne vienne croire que ton dernier geste fut une démonstration de l’entière étendue de tes talents, à la recherche d’un coup de gloire. Qu’aucun ne pense de toi que sous tes airs renfermés se cache un fanfaron, car tu n’es rien de cela.

Jamais tu ne te vantes de ce que tu es incapable de faire.
Jamais tu n’as menti ni ne mentira sur l’étendue de ton pouvoir.
Jamais tu n’exposeras à l’œil indigne ta magie dans toute sa splendeur.

Mais si Thaar ne l’avait pas encore compris, les afficionados du Salazare semblaient avoir intégré ton besoin de tranquillité, et le danger auquel s’exposerait quiconque la perturberait. Tous, sauf un. Tous, sauf l’imbécile de paon faisant la roue dans la pénombre, comme si le contraste des nuages de ténèbres suffisaient à dissimuler son affriolant plumage d’or. D’or non pas comme le soleil, mais d’or métallique, d’écus et de souverains, de miel et de vins, assez enivrants et sucrés pour te fiche la nausée sans que tu n’aies à consommer la moindre goutte de boisson.

Tu hais la boisson. Tu détestes l’alcool comme tu hais toutes les drogues. Tu voues une haine viscérale à toutes les substances potentiellement nuisibles au contrôle, à toutes ces liqueurs et vapeurs qui n’apportent rien, privent les êtres vivant de leur pouvoir au point qu’ils perdent pouvoir sur leur propre corps. Tu détestes avec passion la boisson, et l’énergumène baignant dans l’orgueil faisait son propre éloge intérieur, fier d’avoir pu généreusement t’offrir tel grand cru.

Et l’on dirait que le sang Anëdhel n’est pas source de toute stupidité… heureusement que les hommes étaient là pour te le rappeler.

S’il t’avait été donné moins de patience, tu aurais pris plaisir à lui montrer comme il n’y a en réalité aucun pouvoir dans la richesse, comme l’argent n’efface pas sa faiblesse, comme toute la protection que peut lui offrir les fortunes qu’il s’autorise à dépenser à la table des autres ne représente rien face à la puissance véritable. S’il t’avait été donne un peu moins de patience, tes pupilles maladives transperçant les siennes n’auraient pas eu à supporter son sourire, mais se seraient plutôt délectées de l’arôme de la panique, des larmes de douleur, et de la saveur de l’angoisse. Autant de goûts bien plus exquis que ne le serait jamais aucune boisson.
Mais parce que dans le prix d’une liqueur il y a celui de la plante dont il est issu, tu laisses un instant tomber le couvert, et les mains toujours posées sur la table regarde lentement le goulot de la bouteille perdre son bouchon. Tes spinelles font un jeu de va-et-vient entre l’homme et la boisson, tandis que tes narines s’ouvrent, analysent, recherchent… Une goutte se soulève, s’arrache à la surface du liquide coloré, flotte fébrilement à travers les airs jusqu’à ta langue, et là, cueillie par des papilles d’une sensibilité peu commune à la gente Noirelfique, elle termine de confier les secrets de la boisson.

Tu souris. Satisfait. Après autant de score dans les négatifs, l’homme marquait au moins un point. Si ta personne refusait le présent, que le mage n’y voyait aucun intérêt, et que le physicien s’en cirait le bout des ongles, l’alchimiste trouverait quoi en faire. Tes yeux perdirent définitivement de vue le charmeur, car il te fallait maintenant inverser les rôles. Il fallait que lui s’intéresse à toi. Il fallait que lui se prenne d’envie d’acheter ta confiance, ton soutien, ton savoir, ou quoi qu’il puisse t’imaginer avoir à vendre. Il fallait que son esprit continue de gonfler la valeur qu’il t’avait accordé lors de ce premier regard, pour que tu obtiennes de lui un maximum.

La richesse n’est pas un pouvoir, mais elle est un excellent vecteur pour le servir.

Ton plat terminé, sans plus lui accorder d’attention, tu t’en étais allé observer les étoiles… espérant que l’odeur de son propre vin l’attire jusqu’à toi.
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Lun 11 Sep 2017 - 21:59

L’orgueil des hommes est souvent mal placé. Faeron l’avait noté depuis longtemps. Il s’agissait là d’un trait de caractère récurrent et que Faeron appréciait grandement. Il y avait quelque chose d’axiomatique dans ce comportement humain. Chez certain il était plus prononcé que chez d’autres, mais même les plus pieux et les plus humbles avaient tous un égo pouvant être susceptible de chatouilles. Restait à trouver le bon angle.

Faeron ne s’amusait pas à énerver les gens. Tout du moins pas en règle générale. Il était un homme posé et qui se réservait un jugement parfois cruel sous des dehors polis. D’aucuns auraient prétendus qu’il était un hypocrite. C’était certainement vrai. On avait rencontré des personnes plus franches. Mais dans cette ville ou chaque rue avait son truand, il était plutôt dans le haut de la moyenne. Et si Faeron était un marchand dont l’hypocrisie pouvait être honnie, le secret de sa réussite ne pouvait se résumer en un seul trait aussi répandu.

Dans tous les cas la réaction de l’homme qui se voulait être tranquille tout en étant une présence aussi indiscrète que méfiée au présent de Faeron fut assez étonnante et dans une certaine mesure la preuve absolue d’un égo dont il n’était pas certain que la coupole du Joyau serait suffisante pour le contenir. Sous les airs d’un grand détachement de l’elfe noir d’âme mais blanc de peau Faeron put sentir tout l’agacement de voir un inférieur comme lui oser lui offrir quoi que cela soit.

Il était toujours amusant de constater que quel que soit le cadeau, quel que soit la curiosité que l’on pouvait présenter à certains, ils trouvaient toujours matière à n’apprécier qu’un pan misérable de ce que l’existence pouvait offrir. On pouvait être misanthrope. Mais l’on pouvait être un misanthrope curieux. Les premiers n’avaient aucun intérêt pour Faeron, les seconds étaient encore ceux dont on pouvait espérer la rédemption à la curiosité de Faeron. Les autres ne méritaient pas qu’on s’y arrête.

Faeron laissa son regard se perdre dans l’eau aromatisée à la fleur d’agrume qu’il avait choisi comme repas du soir. Il avait dîné de quelques fruits avant de partir de son palais et ne buvait de toute manière presque jamais les boissons des estaminets où il allait prendre le contact des ouvriers de la fourmilière. S’il le faisait, c’était alors dans des conditions plus importantes de sécurité ou de discrétion. Simple question de survie à Thaar.

L’elfe noir blanchâtre, dont il ne faisait aucun doute qu’il devait être un initié puissant, certainement maître dans sa pratique, donna tous les signes extérieurs de la première population sus décrite avant de se décider au final à au moins étudier le problème qu’on lui avait posé. Dans un premier temps le drow avait dû croire qu’il s’agissait là d’une sorte de bravade d’un homme trop argenté pour ses propres poches. Dans la contrition à peine contenue de l’homme on pouvait lire dans livre presque ouvert pour qui avait l’habitude de traiter avec les puissants. Or Faeron n’avait pas offert la boisson pour son prix ou pour son intérêt gustatif. Il l’avait offert car il savait que si une seule boisson de tout le lieu méritait qu’elle transite sous les yeux de cet homme au fait des arts naturels c’était celle-là. Si ce n’est pour la découverte, au moins pour le jeu de découvrir sa composition.

Le regard que lança le noirelfe au moment de l’annonce du tavernier aurait mérité qu’on en fasse un tableau. Faeron connaissait l’extraordinaire haine que vouaient tous les hommes de pouvoir aux hommes d’argent. C’était là bien compréhensible, car de nombreuses personnes disposant d’une accumulation suffisante de richesse ne disposait d’absolument rien d’autre. Et comme une poule devant un poignard, il n’utilisait cet objet d’aucune manière digne d’être décrite. Au contraire la stupidité si répandue parmi ces personnes à la richesse indescriptible avait fait le lit d’un stéréotype qui maintenant était partagé par toutes les personnes dont le pouvoir n’était pas issu de l’argent.

C’était pour le mieux. Faeron n’avait pas le besoin maladif qu’on le prenne pour un puissant, tout du moins pas tout le temps. Paraitre avait parfois son importance et tout comme l’elfe noir avait décidé de jouer un peu à sa mijaurée pour mieux faire comprendre qu’il était curieux de Faeron, Faeron avait parfois besoin de mettre en place des apanages grotesques. L’important était que l’on reconnaisse que le pouvoir effectivement n’était pas affaire de statut et de chiffres comptables. Il était affaire d’avoir une compréhension plus aigüe que les autres de son environnement. A tel point que ce maitre dans les arts obscurs comprenait certaines forces que d’autres ne pouvaient maitriser. Pour Faeron, ses dons étaient tout autres.

Car obtenir de l’argent pouvait être le fait du hasard autant que le fait d’une véritable capacité. Obtenir le pouvoir politique dans certains lieux ne relevait souvent pas moins du hasard. Mais cette discussion intérieure-là était pour plus tard car l’invité avait décidé de se lever et de partir. Faeron n’était pas habituellement du genre à se prêter au jeu du chat et de la souris. Contrairement à ce que la convention pouvait attendre de lui, il ne courrait pas après les marchés et les bonnes affaires. Il ne voyait pas en chacun un potentiel tas d’or en devenir. Car il avait bien des défauts mais il n’était pas cupide. Et cela plus que tout autre le mettait peut-être à part dans le grand jeu d’échec Thaari.

Pas cupide, mais curieux… Le trait des gens intelligents paraissait-il… Un vilain défaut selon les autres…

De plus il était d’une humeur amusée ce soir, et se sentait prêt d’une part à prendre le risque de s’intéresser à ce personnage pouvant être dangereux, et d’autre part à supporter une conversation qui sans nul doute aurait pu risquer de mettre des nerfs moins calmes à l’épreuve. Mais Faeron ne partit pas tout de suite à la poursuite de l’homme. Il se laissa cinq minutes pour finir avec tranquillité sa boisson. Il rendit la coupe à son homme qui la rangea sans son sac et après avoir remis sa cagoule et avoir laissé payer ses hommes leurs propres boissons, ils s’en furent.

La rue était vide. L’homme n’avait donc pas décidé de l’attendre ou de discuter avec lui… Eh bien tant pis… Il prit donc la décision d’aller comme prévu sur le toit en terrasse d’un hôtel particulier proche où il avait ses habitudes clandestines. Il était mal gardé et les maitres n’étaient jamais là. L’ascension en était simplifiée par le simple fait que les habitations alentours se trouvaient toutes à portée d’un bond dans les cordes du premier enfant venu. Et de toute manière peu d’exercice physique ne lui faisait peur.

Un esprit sain dans un corps sain.

Arrivé sur place néanmoins il ne resta pas. Car ses yeux affutés virent que dans le jardin en terrasse tout proche se trouvait l’homme qui avait quitté quelques minutes plus tôt la taverne. Il contemplait les étoiles mais sans aucun doute avait dû voir Faeron et ses hommes. Ils étaient discrets, mais pas assez pour tromper un mage.

Vu que le hasard voulait qu’ils se recroisent, Faeron prit sans même trop y réfléchir la décision d’aller à sa rencontre. Redescendant son toit, remontant deux escaliers. Et voilà qu’il était dans le même jardin terrasse que l’homme. Il s’avança et s’assit sur le banc de pierre qui lui faisait face. Il ne prononça pas un mot et se contenta lui aussi de lever les yeux au ciel.

Ils parleraient si l’homme souhaitait sortir de sa contemplation. Avant cela Faeron l’accompagnerait silencieusement et patiemment dans sa promenade visuelle cosmique. Lui-même appréciait particulièrement de contempler le ciel, donc l’activité ne serait pas le moins du monde un fardeau en attendant que l’homme prenne contact, ou décide de s’en aller définitivement, Faeron le laisserait alors à ses démons… Il n’insisterait pas. En attendant il respecterait le ciel et le silence. Car lui même trouvait que cette activité étaient de celles dont on pouvait décider qu'elles étaient parmi les plus sacrées qui soient.
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Valsrik'Hrae Zezxyra
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MessageSujet: Re: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Jeu 21 Sep 2017 - 21:37


- Magnifique, non ?

En une fraction de seconde tu brises à la fois le silence et l’attente que pourrait avoir celui qui te fait face des moindres prouesses dans le langage Vaani. L’accent Eldéen est extrêmement prononcé chez toi, au point que les quelques mots prononcés, bien que simples, en deviennent presque difficiles à déchiffrer.

- Et pourtant juste gaz en feu.

Tu te lèves, du haut de ce que les Drows appelleraient petite taille. Tu étires ce que beaucoup de tes semblables appelleraient une frêle silhouette et lève à nouveau ton regard vers le voile céleste. Tu n’es pas une étoile. Tu n’es pas de ceux qui brillent d’une vive mais simplette lumière et se contentent d’attirer à eux les insectes. Tu es le vide interstellaire. Tu es cet espace méconnu, sombre, incompris, et pourtant omniprésent. Tu es cet espace dont la poigne se referme silencieusement sur tous et sur toutes, attendant patiemment le jour où la mort de l’un d’entre eux te permettra de prendre plein pouvoir et de tous les aspirer. Tu es une singularité, tu tires vers toi les étoiles, et tu les avales. Faeron est une étoile, restait maintenant à savoir à quel point il était brillant.

Tes doigts claquent dans un bruit sourd, et la gravité leur répond, intimant d’une sentie impulsion à l’elfe de quitter son assise, de se lever. Tu n’attends pas qu’il s’approche, au contraire, tu fais le premier pas cette fois. Tes pieds quittent le sol, et tu flottes à un peu plus d’une dizaine de centimètre de hauteur, portant ton visage exactement au niveau du sien. Tu glisses autour de lui comme un prédateur, refermant dangereusement la distance, lentement, tentant de lire à ses réactions ce qu’il attendait de toi, mais ces fortunés Vaanis trop confortablement assis sur leurs richesses sont bien difficiles à intimider.

- Ce que tu voulais, là-bas ? Ou alors offrir de l’alcool aux étrangers est ton péché mignon ?

Tu demandes, ton visage à une coudée du sien, dans ton parlé approximatif. Tes dents sont serrées d’ailleurs, l’utilisation d’un dialecte dont tu n’es pas expert, et le ridicule que tu savais en découler te portant sur les nerfs, toi qui aimes t’ériger en puits de sciences et détenteur de myriades de savoirs. Le seul fait que l’Oliyan soit le vecteur de votre échange te portait sur les nerfs, et à ta mine retroussée il était évident que cela te portait sur les nerfs, au point qu’avant même qu’il ne prenne la parole, tu ne t’en trouves à te laisser aller à monologuer à demi-ton dans ta langue natale.

- Ordures de Doeben, faire main mise sur l’Ithri’Vaan et pour quoi ? Pour que des idiots d’elfes et d’humains y fassent bombance sans même prendre la peine de se soumettre à la langue d’Elda. Honte aux Daedhels qui osent encore clamer tout ça une victoire jusque devant la face d’Uriz.

Tes doigts remuants traduisent ton impatience, tandis que tes yeux plissés communiquent aisément ton attente de quelconque gestes ou mots du semi-elfe qui donneraient le moindre sens à cet impromptu rendez-vous.
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Mar 17 Oct 2017 - 20:32

Au final l’être qui faisait plus ou moins face à Faeron avait bien de la curiosité, car il brisa le silence, acceptant ainsi de faire un pas vers Faeron, au sens métaphorique du terme tout du moins dans un premier temps. Faeron détacha son regard du ciel étoilé et le laissa retomber ce dernier sur ce mage Eldéen. Son accent ne pouvait tromper ses origines. Mais Faeron n’était pas homme à se moquer, car sa prononciation dans la langue de ces ancêtres elfiques devait être approximativement comparable à celle de son interlocuteur en Oliyan.

De gaz et de feu…

L’analogie qui sans aucun doute traversait l’esprit du mage était intéressante. Faeron en tout cas se contenta d’hocher la tête silencieusement. L’heure n’était pas nécessairement à un grand débat. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une façon de rompre la glace pour le mage. Et de ce point de vue il fallait savoir rester humble. Car Faeron était au final l’instigateur de cette conversation, son interlocuteur acceptait certes de participer, mais il ne semblait pas convaincu de son utilité. A ce titre il ne s’agissait pas de lui faire perdre son temps ou d’être oiseux.

Le mage qui sans aucun doute avait pour lui un savoir-faire et certainement des siècles de vie de plus que Faeron n’avait sans aucun doute pas pour lui la modestie. Pour certains êtres la Terre entière semblait être une source de mécontentement, et les autres, au sens large, une source d’énervement inépuisable. Il faudrait donc se montrer quelque peu digne de ce premier pas, et tout du moins très diplomate.

Au claquement de doigt et à la force comprimant légèrement Faeron ce dernier ne lutta pas. Ses gardes étaient loin, sur le toit d’en face, la conversation se voulant privée. Et l’arcaniste dans le lot ne ferait pas nécessairement le poids. De toute manière Faeron avait donné des consignes claires. Peut-être avait-il tort de ne pas avoir peur. Mais s’il ne recherchait pas la mort, il n’était pas non plus inquiet outre mesure avec cette dernière. Il acceptait les risques.

Il se laissa porter donc par cet ordre extérieur lui incombant de se lever. Il laissa son interlocuteur lui intimer de répondre à la raison de son insistance pour cette entrevue. Faeron ne comprit qu’à moitié les baragouinements du mage. Non pas que son Eldéen fusse rouillé, mais il s’agissait de paroles dites pour partie dans la barbe de l’homme et son ouïe ne fut pas suffisante. Dans tous les cas les bribes qui en ressortaient n’était pas flatteuses. Il comprit en tout cas que le mage n’était pas content de tenir la conversation en Olyian.

Il n’était pas là pour le contrarier. Bien au contraire. La conversation serait donc en Eldéen. Faeron avait un léger accent qui trahissait ses origines Thaarii dans la langue du Puy, mais au moins sa grammaire et son vocabulaire étaient-ils justes.


« - Certains d’entre nous l’apprennent. »


Faeron croisa les bras.

« - La curiosité m’a poussé à vous suivre, Maitre… Et pour ce qui est de la boisson, j’estimais qu’un homme que j’ai vu à la grande bibliothèque puis dans ce caboulot serait intéressé par une essence d’une plante très rare. J’ai pris le pari, peut-être idiot, de pense que vous deviez être intéressé au moins tant soit peu par la botanique ou peut-être l’alchimie. Ce qui me permet de venir à la raison de ma curiosité : j’ai la chance d’être à la tête d’un commerce qui voit transporter un peu de tout venant de partout. Peut-être seriez-vous intéressé pour que je vous procure et renvoie les herbes ou ressources rare d’autres contrées qui pourraient être utile à votre art ? »


Il parlait dans un premier temps de l’intérêt de son interlocuteur, histoire de bien lui faire comprendre qu’il ne cherchait pas à simplement lui faire perdre son temps par un brin de causette ou par une curiosité mal placée. Viendrait dans un second temps la discussion de discuter un peu plus du Puy.
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Valsrik'Hrae Zezxyra
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MessageSujet: Re: Autour d'une bibliothèque [Valsrik'Hrae Zezxyra]   Mar 7 Nov 2017 - 3:00


Tu soulèves un sourcil. Un coin de ta bouche le suit volontiers. À ton grand bonheur cette fois, tu te trompais. L’Eldéen coule comme entre les lèvres du semi-elfe, à l’accent près, comme s’il fut élevé en digne esclave Puysard. Tu étouffes un rire, à peine vexé de le savoir plus fluant dans ta langue que tu ne l’es dans la sienne. Tu étouffes un rire, constatant que non content de parler ta langue, il semble savoir exactement quels mots prononcer pour attiser ton intérêt. L’alchimie, un art malheureusement bien sous-estimé devant la magie pure plus noble chez tes confrères du Puy. L’alchimie, un art nécessitant des ressources que vous ne pouviez pas toujours vous fournir, parfois à cause du temps, parfois à cause de l’espace, parfois à cause de l’économie, parfois à cause des caprices du climat… et des raisons, tu aurais pu en trouver des centaines. Seulement l’alchimie, pour un physicien tel que toi, c’est l’art passionnant de tirer de votre Monde les essences le plus précieuses pour les assimiler, et ainsi nourrir l’expression plus noble des énergies qu’est la thaumaturgie. L’un sert l’autre et les deux progressent. C’est cette philosophie qui a fait de toi celui qui a dépassé la grande majorité de ses pairs.

- Si tu dois faire autant d’efforts pour que je m’intéresse à ton offre tu relâches finalement complètement la pression que tu lui infligeais, te contentant de glisser autour de lui à quelques centimètres au-dessus du sol c’est qu’elle doit être bien malhonnête.

Probablement te pense-t-il plus bête que tu ne l’es, plus crédule que de raison. Après tout en digne étranger au pays Vaanis, tu te devais d’être une cible facile pour les riches escrocs. Malheureusement tu es un penseur, doué d’un minimum d’esprit d’analyse, et le fait qu’il n’ait jusque-là pas même fait allusion à ce qu’il aurait à gagner d’un tel échange force ta méfiance. L’expérience t’a appris qu’autant d’assurance cache toujours de mauvaises intentions, et la culture générale veut que l’on sache que l’on ne devient pas un riche marchand en Ithri’Vaan en faisant cadeau d’essences précieuses au premier Maître-Mage venu.

- Loin de moi l’envie de tourner le dos à quelconque essence précieuse, mais qu’as-tu à y gagner ? Fils d’elfe ? tu t’arrêtes à nouveau juste en face de lui, ton visage cette fois dangereusement près du sien, tes yeux d’une pâleur maladive vrillés dans les siens Tu sais notre fierté à nous les Eldéens, j’imagine que tu conçois qu’il serait bien mal vu que je fasse affaire avec un bâtard, qui plus est le bâtard d’un fils de Kerhel. Un rictus macabre se dessine sur tes lèvres alors que ton nez en vient à toucher le sien Si nous devons trouver un accord, tu comprendras donc que je ne peux me permettre de t’accorder une quelconque faveur en retour qui ne soit considérée comme disproportionnée devant ton offre, et malheureusement, non seulement ce que touchent tes congénères au Puy a tendance à perdre de sa valeur, mais l’alchimie n’est pas la science la plus révérée d’où je viens. Tu te recules, remettant un espace plus confortable entre vous deux Mais ça, en bon commerçant, tu dois déjà le savoir. Alors je te redemande : qu’as-tu à y gagner, Fils d’elfe ?
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