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 Le Prophète

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Roderik de Wenden
Ancien
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Âge :  27 ans (né en 982)
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MessageSujet: Le Prophète   Jeu 3 Aoû 2017 - 14:40


Dixième année du onzième cycle
Troisième ennéade de Karfias - Hiver
Le premier jour...

Secouée par la houle, la barque s'éloignait doucement dans le léger clapotis des eaux troubles, chaque coup de rame soulevant une nouvelle gerbe d'écume. A peine distinguait-on dans la nuit la carague qui mouillait au large, alors que Roderik voyait peu à peu disparaître le promontoire rocheux qui abritait le Porphyrion, voilé de ténèbres.

« On y voit comme dans les trous d'nez d'un drow », grogna Maltrique tout en s'efforçant de maintenir le cap. « C'pas prudent, s'rtout en plein hiver, vot'Seigneurie. »

Roderik fit la sourde oreille, comme d'habitude. Là où il allait, la discrétion était de mise ; comme à chaque fois qu'il quittait Merval pour mener des négociations secrètes. Comme lorsqu'il avait rencontré Niklaus d'Altenberg pour négocier le retour des domaines royaux dans les possessions de Sa Majesté. Comme à chaque fois qu'il cherchait à précipiter la fin de la guerre. Comme à chaque fois qu'il tentait d'éviter le bain de sang. Il avait bien assez à faire avec les affaires de la couronne, aussi faisait-il confiance à Maltrique, fin pêcheur lünestenais, pour les mener à travers une mer capricieuse. Certes la barque était rudement secouée, mais la carague était un autre morceau ; une fois à bord, ils seraient en sécurité. Du moins l'espérait-il.

« Raah, putain de nom d'une trique de sacrémordieux de couille d'Othar, qu'est-ce qui m'a fabriqué ce frêle esquif de mes deux, c'pas du boulot ça...
- En silence, Maltrique, chuchota Roderik qui tentait de se maintenir sur son banc de nage.
- Oui, Vot'Seigneurie, pardon, Vot'Seigneurie. »

Un vent d'inquiétude se mit à souffler entre les rameurs qui intensifièrent la cadence. Le vent semblait siffler dans tous les sens, si bien que Maltrique peinait à s'orienter entre les vagues. A tout moment, une forte secousse risquait de renverser la barque ; un pêcheur né comme Maltrique parviendrait probablement à regagner le rivage à la nage, voire même la carague, mais Roderik n'avait jamais été bon nageur. L'idée de glisser dans cette écume noire et de s'y enfoncer le saisit pendant une seconde de panique. Il s'efforça à ne pas y penser, comme si ne pas y croire rendait l'éventualité impossible ; il ne pouvait pas faire plus pour influencer le sort. Tout reposait entre les mains de Maltrique. Et dans l'humeur de Tyra. Manque de chance, la déesse noire des profondeurs semblait avoir des bouffées de chaleur cette nuit-là.

Après une périlleuse ascension d'échelle de corde au-dessus des eaux troubles, c'est avec un soulagement palpable qu'il prit pied sur le pont du Coléreux Braquemart. Tout le monde à bord s'affairait à son travail ; au milieu de cette agitation, le Chancelier se sentit soudain bien ridicule, immobile et oisif au milieu du pont.

« Vous vous sentez inutile, hein, Chancelier ? »

Roderik fronça les sourcils, surpris et agacé de l'indélicatesse de l'olibrius qui s'adressait avec une si grande familiarité à un homme de son rang. L'indélicat était un vieux, ce qui, dit-on, rend vachement mystérieux. Mais celui-là n'avait rien de bien impressionnant. Il avait le crâne dégarni et son menton était tout aussi glabre ; point de grande barbe grise comme on en trouve tant auprès des sages ou des magiciens. Celui-là était vêtu de haillons pleins de tâche de gras et souriait en arborant une dentition ravagée et pourrie.

« C'est ça, la mer », poursuivit le vieillard. « Vous ne faites rien d'autre qu'attendre, attendre encore et encore, en sachant que votre sort n'est pas entre vos mains. J'imagine qu'il n'y a rien de pire pour quelqu'un comme vous...
- Quelqu'un comme moi ?
- Pour qui gouverne un royaume, rien n'est plus redoutable que de ne plus avoir la main. »

Dégueu, malpoli, et philosophe, pensa Roderik. Nous voilà bien. Il s'avança malgré tout vers le vieil homme, alors qu'une bourrasque de vent glacial ébourriffait ses longs cheveux bruns et hérissait sa barbe de quatre jours. Il le considéra un moment ; le vieil homme, imperturbable, lui rendait son regard de ses yeux troubles.

« Qu'est-ce qui vous permet de croire un instant que vous savez ce que je ressens ?
- Absolument rien, Seigneur. Comme vous le voyez, je ne suis rien de plus qu'un vieux schnoque sur un bateau ; je n'ai presque plus de dents, et je suinte la boucane à plein nez. Tandis que vous, Seigneur, vous sentez fort bon, et votre dentition est impeccable. Nous ne jouons pas dans la même cour, vous et moi ; mais nous sommes fait du même matériau. Tout comme vous, j'ai été conçu lors d'un acte bestial et répugnant...
- Bestial et répugnant ?
- Oui, Seigneur, il en va ainsi pour chacun d'entre nous. Vous-même, lorsque votre père introduisit son chibre dans la fente de votre mère pour y dégorger des hectolitres de...
- J'ai saisi l'idée, vieillard.
- Je sais ce que c'est que de poursuivre des rêves », poursuivit le vieil homme, imperturbable. « Les miens étaient modestes, mais tout comme vous, je courais après une chimère.
- Vous ne savez rien de mes rêves. »
Le vieillard ricana.
« Un navire qui s'en va à la nuit tombée, en plein hiver, si ce n'est pas l'oeuvre d'un contrebandier, je jurerais que le grand Roderik de Wenden s'en va réclamer la reddition de quelque ennemi du roi. Après l'Altenberg et sa clique, qui voulez-vous voir baisser son froc cette fois-ci ? Les Missédois ? Langehack ? Velteroc ?
- Je ne mendie pas les allégeances, répliqua Roderik.
- Non, mais vous aimeriez avoir moins d'ennemis, c'est certain. Pourtant, chaque fois que vous pardonnerez quelqu'un, vous vous attirerez la haine de vos frères du Nord, qui n'ont pas votre mansuétude.
- Vous savez beaucoup de choses, pour un vieux moisi qui ne m'a pas dit son nom.
- Dans cette partie du monde, je suis connu sous le nom de Coloscope le Foldingue. Philosophe, historien, astronome, poète, jongleur et apprenti joueur de flûte.
- Sans blagues. On peut savoir ce que vous foutez sur mon bateau ?
- La même chose que vous, Seigneur. Rien du tout. »

Je rêve, pensa Roderik, et il se pinça le menton pour vérifier. Mais la caresse du froid sur sa nuque, le vent dans ses cheveux, ses genoux engourdis, toutes ces sensations étaient bien réelles.

« Je suis sur ce navire pour une raison qui ne vous regarde en rien, rappela Roderik.
- Oh, le métier de philosophe consiste précisément à se mêler de choses qui ne nous regardent en rien, doux Seigneur. Mais peut-être devriez-vous vous demander, vous-même, pourquoi êtes-vous sur ce navire.
- Je suis là où le service du royaume m'appelle.
- Pourtant, vous avez décidé de cela tout seul.
- Qu'en savez-vous ?
- Cela importe peu. Ce n'est point le régent qui vous l'a demandé ; cela fait un moment qu'il vous fixe les grandes lignes et vous laisse mener la barque à loisir. Si vous croyez obéir à qui que ce soit, vous êtes bien le seul à vous fourvoyer, Seigneur. Dans le royaume, ils disent tous que c'est vous qui êtes aux commandes. N'est-ce pas vous qui avez nommé le Sénéchal ? Tout le monde sait que cela ne peut venir que de vous : seul un Nordien confierait l'armée royale à un Nordien.
- Je ne fais pas cela pour moi.
- Sur ce point, je vous crois, Seigneur. Vous êtes un bourreau de travail, et ne tirez aucun plaisir du pouvoir ; et pourtant, vous faites tout pour le conserver. Pourquoi vous infligez-vous une telle torture morale ?
- Je ne cherche pas à conserver le pouvoir.
- Certes non, vous tenez surtout à ne pas le laisser tomber entre les mains d'une brute sanguinaire... voilà pourquoi vous êtes enclin au pardon, alors que tant d'hommes réclament à cors et à cris les têtes des Missédois, des Langecins, du Boucher du Médian et de la baronne de Hautval... vous voulez sauver tout le monde, Chancelier, mais ne croyez-vous pas qu'en épargnant leurs têtes, la guerre restera inévitable ?
- Je n'épargnerai pas les traîtres, vieil homme. Nimmio de Velteroc affrontera la justice, croyez m'en.
- Et si le royaume n'était pas rassasié du sang de Velteroc, combien de morts faudrait-il encore ?
- Ceux qu'il faudra.
- Le moment venu, les Nordiens vous réclameront les têtes que vous avez cherché à préserver, Seigneur. Votre protégé Niklaus d'Altenberg... et même votre grand protecteur Cléophas d'Angleroy, que d'aucuns accusent d'hérésie coupable. Leur donnerez-vous leurs têtes pour sauver la vôtre ? Ou peut-être leur livrerez-vous Blanche d'Ancenis, Dame du Val, épouse de traître et mère de princesses de sang...
- Aucun mal ne sera fait à Blanche d'Ancenis.
- Aaaah... sauver Blanche d'Ancenis, oui, une action noble, miséricordieuse, et totalement désintéressée. »

Roderik haussa les sourcils. Les allusions du vieux philosophe commençaient à devenir bien indiscrètes, et le bougre avait l'air de savoir des choses que nul n'était censé connaître. Il considéra un instant l'éventualité de jeter cet importun par-dessus bord.

« Mais tout ceci ne répond pas à ma première question, Seigneur. A savoir, ce que vous faites sur ce navire.
- Je vous l'ai dit : je suis là où le service du royaume m'appelle.
- Pourquoi vous, Seigneur ? Pourquoi un vavasseur arétan, d'une région obscure qui n'a jamais célébré la cause royale, s'en vient protéger un enfant-roi que même la noblesse du pays royant persiste à bouder ? Vous ne faites pas cela pour le pouvoir ; vous ne le faites pas pour l'honneur, du moins, pas vraiment. Alors, pourquoi ?
- Vous aimez réfléchir ; devinez.
- Vous fuyez, Seigneur.
- N'importe quoi.
- Vous fuyez. Vous cherchez à le faire depuis toujours. Vous fuyez depuis l'âge où votre père Ganelon vous collait des roustes parce que vous traîniez trop près des gamines de fermes, et que vous vous cachiez dans les granges pour ne pas prendre de coups de ceinturon. Le jour où le comte Anseric vous a adoubé chevalier, vous préfériez partir à l'aventure plutôt que de servir ; vous n'avez pas fui, mais regrettez de l'avoir fait. A Cantharel, vous avez fui le champ de bataille quand les flèches des Odélians pleuvaient au-dessus de vous. Vous auriez voulu fuir, quand le comte Wenceslas vous a demandé de prendre la citadelle d'Erbay et de massacrer la populace. Vous auriez voulu fuir, à Nebelheim et à Amblère ; vous auriez voulu fuir, lorsque par devoir vous avez épousé Iselda de Karlsburg, alors que tout votre être en désirait une autre. Quand Cléophas d'Angleroy vous a proposé la Chancellerie, vous y avez vu une occasion de déserter le Nord et tous vos problèmes ; vous n'imaginiez pas, candide que vous êtes, que vous étoufferiez encore plus à Merval, et que cela sera encore pire à Diantra. Non, au contraire, vous vous êtes plongé à corps perdu dans la cause du petit Bohémond ; vous l'avez aimé et défendu comme s'il était votre propre sang ; en fait, vous en avez fait plus pour lui que pour n'importe quel enfant issu de votre sang, pas vrai ? Vous l'avez fait parce que vous aviez besoin d'une bannière à laquelle vous accrocher ; vous l'avez fait, parce que, si les dieux n'existaient pas, vous les auriez probablement inventés. Et pourtant, cela vous dépasse déjà. La charge vous tue à petit feu, Roderik, vous le voyez, vous le craignez ; vous cherchez déjà une nouvelle porte de sortie. N'étiez-vous pas prêt, il y a quelques ennéades, à renoncer à vos titres et à vos terres pour fuir avec votre maîtresse ? Quel chevalier ferait cela, je vous le demande ?
- Aucun chevalier ne ferait cela. Vous délirez complètement, vieillard.
- Bien des chevaliers le feraient, Seigneur. Ils le feraient s'ils l'osaient. En vérité, fuir demande un courage dont peu d'hommes sont capables.
- Qui êtes-vous vraiment ? Comment... qui vous a raconté tout ça ?
- Je vous l'ai dit, Seigneur. Coloscope le Foldingue. Philosophe, historien, astronome, poète, jongleur, apprenti joueur de flûte. Et j'ai oublié de dire chirurgien-anatosmiste autodidacte - métier qui m'a valu mon nom - conteur, dramaturge, prophète, et auteur d'une biographie en cinq volumes du roi Gorman. Je vous recommande celle-ci, d'ailleurs : j'y dresse un portrait au vitriol de ce monarque aux moeurs pour le moins libidineuses : un vrai satyr, un véritable chibre sur pattes celui-là ; s'il avait consacré autant d'énergie à gouverner qu'à baiser, le royaume vivrait un âge d'or... »

Roderik resta silencieux. Scié par l'étrangeté des propos du vieil homme et par ce portrait de lui qu'il venait de dresser, il ne savait plus quoi dire. Il est fou. Fou à lier. Et pourtant...

« Ça ne sert à rien de lutter contre le destin, Seigneur », reprit Coloscope le Foldingue. « Laissez-vous aller au lieu de chercher constamment à y échapper. Ça ne sert à rien d'essayer de faire ce pour quoi l'on n'est pas fait. Ça ne sert à rien de se débattre ; on n'y réussit qu'à s'entraîner plus au fond. Il y a des moments où il faut savoir accepter ce qui nous attend. Parfois, en se laissant couler, on trouve le bon moyen de flotter à la surface... »







Troisième ennéade de Karfias - Hiver
Le sixième jour...


« Qui d'autre est au courant ? » lança la voix rocailleuse du vieux Caragus, clerc de la Chancellerie, foulant de ses sandales le sable fin du rivage en maintenant sa robe de bure au-dessus de ses genoux.
« Pour le moment, seulement nous, déclara Maître Semaphorios. Je vous ai fait avertir en priorité dès que j'ai su la nouvelle ; mais cela va se répandre, Messire, et je ne puis l'empêcher. Je dois faire jouer mes assurances, et mes créanciers m'attendent au tournant ; le navire m'appartenait. »

C'était une matinée fraîche, avec la même grisaille qui obscurcissait ces tristes jours d'hiver et réduisait la ligne d'horizon. Le marchand guida les clercs entre les amas de rochers, tachant de ne pas montrer son impatience devant la lenteur des plus âgés.

« Ici », dit-il enfin, montrant un tas de bois mouillé et moisi qui pourrissait contre un récif. « C'est un de mes petits neveux qui l'a découvert.
- C'était un bateau, ça ? s'étonna Caragus.
- Une partie seulement ; le reste s'est forcément abîmé en mer, et la marée en a ramené une partie.
- Comment savez-vous qu'il s'agit du... hem, du Coléreux Braquemart ?
- Pour ça. »

Maître Semaphorios s'avança vers le tas de bois ; écartant quelques vieilles planches en évitant soigneusement de se blesser avec les clous rouillés, il extirpa ce qui ressemblait à un linge sale, couvert de boue, décoloré, malodorant. Il l'éleva à la vue des clercs. Caragus et les autres vieillards mirent un certain temps à comprendre, mais le jeune Lysandus, qui avait encore de bons yeux, le reconnut tout de suite.

« La bannière au cheval cabré », dit-il d'une voix blanche. « L'emblème de la maison de Wenden... l'emblème de notre Chancelier. »

Caragus haussa les épaules et fit une moue désabusé.

« Eh bien, on dirait que notre cher prince de Merval va devoir nous trouver un autre Garde des Sceaux.
- Et pour mon navire ? » demanda Semaphorios. « Je l'ai prêté grâcieusement à la Chancellerie, mais je n'en ai pas des dizaines. Comment on s'organise pour le dédommagement ?
- Vous verrez ça avec le futur Chancelier », répliqua Caragus, qui n'avait pas son pareil pour éluder les problèmes de seconde importance.

Les clercs reprirent le chemin de la ville, suivis par un Maître Semaphorios rouge de colère serinant les innombrables complications juridiques que pouvaient poser le remboursement d'un navire et la malhonnêteté de certains assureurs. Seul le jeune Lysandus demeura quelques instants sur le rivage, silencieux devant ce qu'il restait de la bannière de Wenden.






DISPOSITIONS TESTAMENTAIRES
PAR RODERIK DE WENDEN,
COMTE CONSORT D'ARETRIA, SEIGNEUR DE WENDEN DANS LE PAYS ARETRIAN, SEIGNEUR DE CHIRON DANS LE PAYS MERVALLOIS,
CHANCELIER DU ROYAUME,
ILLUSTRISSIME,
AUTHENTIFIE PAR CARAGUS, DOYEN DE LA CHANCELLERIE ROYALE A MERVAL, EXECUTEUR TESTAMENTAIRE AD HOC
,



Au nom de la Très Sainte DameDieu, Mère Protectrice des Hommes,
Aujourd'hui septième jour de la sixième ennéade de Verimios du onzième cycle,
En les murs du palais du Porphyrion, en la cité de Merval,
Moi Roderik, premier du nom, comte d'Arétria, seigneur de Wenden, Illustrissime Seigneur Chiron et Chancelier pour Sa Majesté le Roi Bohémond Ier, n'ayant que les Cinq pour témoins de mes pensées, je déclare ici mes dernières volontés et sentiments.

Je recommande à la DameDieu mon épouse Iselda, mon fils Karl et ma soeur Aliénor, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang ou par quelque autre manière que ce puisse être.

A mon fils Karl, s'il devait connaître le malheur de succéder à sa mère, je recommande la miséricorde et le courage auquel se doit tout chevalier ; je recommande la modération et la vertu, si ignorée de notre peuple, si prisée par la DameDieu. Puisse-t-il faire le bien, tant qu'il aura l'autorité nécessaire, en inspirant respect et amour à ses gens. Je lui lègue mon épée Roideflamme, trophée du Grand Tournoi de Serramire, afin qu'il en hérite le moment venu comme de l'adresse de son père.

A ma sœur Aliénor, je concède la seigneurie de Wenden, où nous sommes nés et avons grandi, ceci afin qu'elle en tire profits et bénéfices et perpétue notre sang et la mémoire de nos ancêtres ; je lui lègue également mon meilleur cheval, Tonnerre d'Ivoire, cadeau du seigneur Arnoul de Stern. Je lui recommande de demeurer dans la droiture et la force d'esprit qui la caractérisent, dans la tenue de son domaine comme dans la fidélité à la comtesse mon épouse.

A mon épouse Iselda, je pardonne le ressentiment et demande pardon pour tous les maux dont elle put souffrir de mon fait.

A Cléophas d'Angleroy, Régent du Royaume, Prince de Merval, je restitue le Sceau de la Chancellerie ainsi que le domaine de Chiron qui m'a été confié à titre viager, et tous biens qui me furent confiés dans l'exercice de ma fonction et pour le service du royaume.



Note de Caragus, exécuteur testamentaire ad hoc : la fameuse épée Roideflamme semble malheureusement avoir coulé avec son porteur. Le petit ferait mieux de se contenter d'une épée en bois, ce sera plus prudent.

Note 2 : contrairement à ce qu'affirme avec véhémence un certain Semaphorios, Roderik de Wenden n'a jamais promis de lui léguer un nouveau bateau.

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