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 La nuit des témoins

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Ernest de Missède
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MessageSujet: La nuit des témoins   Lun 7 Aoû 2017 - 21:57



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6ème jour de la 4ème ennéade de Verimios
       Hiver de l'an 9 du XIe Cycle

Les festivités formelles continuèrent aux abords du léger souper donné à minuit. Puis, vint l’heure fatidique de la nuit de noces. Les époux furent alors séparés en préparation à leur entrée dans la chambre nuptiale où il avait été convenu que l’acte se ferait en présence de témoins, pour des raisons politiques évidentes. Ernest se retrouva alors dans une chambre avec son ami Roland, son oncle, Alceste de Gwidyr, Guilhem de Tall, cousin de feue sa mère, et Jean de la Herse, son jeune protégé édelysien. Aucun d’entre eux n’eut participé à une nuit de noces publique auparavant et un silence malaisé plana dans la pièce aux riches tentures quelques minutes après leur arrivée. « Je crois que l’on est censé te donner des conseils de dernière minute, » dit enfin Roland en se laissant tomber dans un large fauteuil au dossier rembourré; ses dires provoquèrent le rire de tous les hommes réunis et conclurent toute discussion sur ce qui allait se passer dans la chambre attenante. Au lieu de cela, ils discutèrent de gouvernance. Ernest en profita pour introduire son protégé au reste de ses invités. C’était une opportunité toute aussi importante qu’intimidante pour le jeune garçon que de se retrouver en présence de tous ces hommes de qualité. La question d’Edelys fut bien évidemment abordée même si Ernest se garda pour le moment de révéler les projets qu’il envisageait pour la baronnie. Personne n’était d’ailleurs encore au courant, si ce n’était son épouse à qui il avait confié son idée deux jours plus tôt. Il éprouva un certain amusement à entendre Jean vanter les qualités d’Edelys à de Gwidyr et de Tall. Nul doute que l’intelligence jeune et candide de celui-ci faisait son petit effet. Et pour cette raison ou pour son degré d’avinissement, l’austère vicomte alla même jusqu’à inviter de la Herse à Langehack afin qu’il rencontre le conseil de régence au grand complet.


Les conversations furent interrompues avec l’arrivée du prêtre de Néera et de son entourage. Ernest remarqua que, pour une raison qu’il ignorait, Alden les accompagnait. Le prêtre Horédore était bien originaire du fief des de Béjarry mais Ernest ne voyait pas en cela une raison suffisante pour expliquer la situation. « Votre Grandeur, la procédure d’apprêtement de l’époux en vue d’une nuit de noces publiques nous a été transmise par l’office du Grand Prêtre de Langehack. Si vous le voulez bien, nous allons commencer. » Le Comte acquiesça d’un signe de tête et le vieil homme et sa suite d’ecclésiastiques se répandirent en prières et chants néérites pendant une dizaine de minutes. Puis, Horédore reprit la parole: « À présent, Votre Grandeur, il convient que vous soyez abstergé par l’un de vos témoins. J’ai pris l’initiative de demander à messire de Béjarry de…
- Mais… fit Ernest sans pouvoir se contenir.
- Votre Grandeur ?
- M…Messire de Béjarry ne fait pas partie de mes témoins.
- Toutes mes confuses, Votre Honneur, répondit le prêtre en blêmissant face à son erreur. Lorsque je me suis aperçu de la présence de messire Béjarry, j’ai… Je n’aurais pas dû supposer ainsi et j’implore toute votre rémission. Rien ne vous empêche de choisir un autre témoin pour ce service.
La situation avait atteint un embarras des plus intenables.
- Non, non, fit Ernest, agacé. De Béjarry fera l’affaire. » On amena alors tout le nécessaire à cette prochaine étape et le Comte s’inquiéta de l’amplitude de cette toilette. Le prêtre indiqua alors que tout le corps des époux devaient être minutieusement purifié afin d’augmenter les chances de conception en cette nuit de noces. Il convia le reste des témoins à attendre la venue du marié dans la chambre nuptiale, tandis que lui-même et ses assistants patienteraient dans le couloir avant de revenir pour l’accoutrement et les dernières bénédictions.


Ernest et Alden se retrouvèrent alors seul à seul. La tension était palpable et dans le regard de chacun se mêlait un juste mélange d’appréhension et de défi. Le Gouverneur d’Isgaard s’empara de l’éponge et du seau d’eau savonneuse qu’on lui avait confiés et regarda Ernest en affectant une bravade toute silencieuse. Le Comte fulminait mais, bien décidé à ne rien en laissé paraitre, se dessapa sans broncher. Il laissa tomber son dernier vêtement avec une forfanterie certaine avant de croiser les bras et d’attendre, là, complètement nu, que son ancien lieutenant, frère d’arme et amant tumultueux, s’appliquât à sa tâche. Alden ne se fit pas prier et renversa sans ambages le contenu du seau sur les épaules de son suzerain avant d’entreprendre de lui laver le corps non sans une vigueur exagérée. Ernest roula des yeux face à cet excès de zèle. Mais ce fut toujours en silence que continuèrent les ablutions. Le Comte voulu le briser à plusieurs reprises mais n’en eut pas le courage. Et lorsque, finalement, il réussi à s’accorder sur ce qu’il souhaitait dire, Alden commençait de lui aiguayer les parties. Ernest réprima un sursaut et préféra fixer les tentures du plafond, sommant toutes ses pensées à se concentrer sur autre chose. Pendant un moment, il crut que l’hiver, le froid, la neige étaient autant d’images qui, s’ils les visualisaient avec assez d’attention, parviendraient à contenir les inclinations de sa virilité. Mais très vite, sans même avoir à baisser les yeux, il dut se rendre à l’évidence qu’Alden avait à présent affaire à une tumescence des plus vives. Irrité par l’entourloupe que lui jouait son propre corps, Ernest ne put qu'imaginer le sourire goguenard qui devait se dessiner sur le visage d’Alden en ce moment même. N’y tenant plus, il baissa les yeux, releva ce dernier et le poussa sur le fauteuil le plus proche. À peine Alden avait-il abaissé ses bas qu’Ernest s’engageait dans une débauche de Luxure effrénée, causant le gouverneur de mordre le dossier du fauteuil à pleines dents.



Lorsque le prêtre revint dans la pièce, Ernest s’y tenait debout, nu et propre, tandis que son témoin demeurait dans un coin de la pièce, le souffle court mais l’air béat. La suite de l’apprêtement eut alors lieu. On lui fit une courte saignée au niveau de l’aine afin de rééquilibrer les humeurs affectées par ses coïts passés. On aspergea son sexe d’eau bénite. On lui passa une robe nuptiale dans les poches de laquelle fut versée une petite quantité de sel afin de tenir Arcam à distance. Puis, on lui fit boire une concoction mauve à l’odeur rance, laquelle était supposée accroitre la fertilité de l’époux. D’autres prières furent ânonnées par les ecclésiastiques et le moment de gagner la chambre nuptiale fut annoncé par Horédore après qu’il eut vérifié que tout étant en ordre. Dans la pièce attenante, Ernest retrouva tous ses témoins. Ceux de son épouse étaient également présents et cette dernière gisait sur le lit prête à le recevoir.



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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Mar 8 Aoû 2017 - 12:59


Petite, elle avait souvent entendu dire le vieux chapelain Grégoire qu'il ne fallait jamais commencer son mariage par un viole.

Prononcée en sous entendant que la DameDieu voyait tout, la locution faisait toujours son petit effet. Sur les jeunes gens en passe de se marier, elle insufflait suffisamment de crainte au mâle et de confiance aux femmes pour que la nuit de noce se passe dans les limites de l'acceptable, que l'alliance soit de leur choix ou non. Aux demoiselles et damoiseaux, elle préparait le terrain d'un minimum de respect mutuel là ou la soumission était bien trop souvent de mise. Aux innocents, elle rappelait que l'éducation se fait en toutes choses. Aux éduqués, que tout le monde ne l'était pas autant qu'eux. C'était le genre de petites phrases prononcées doctement par un vieillard chenu et qui laissait plané dans son ombre toutes les questions que les jeunes et les moins jeunes pouvaient posés dans le secret du Silence des Néerites.

Pour respecter l'adage, chacun avait ses petites traditions. Dans un fief du Nord où elle avait chanté pour un mariage, Cécilie avait appris qu'il était de coutume de cacher une épingle rouge dans la robe de la mariée et que l'époux devait la trouver avant d'avoir le droit de retirer la dite robe. Dans le sud, elle avait entendu des rumeurs selon lesquelles, dans certains fiefs proches d'Ydril, il était de coutume pour les deux époux de s'échapper, seuls, juste après la cérémonie, alors que leurs amis et familles leurs couraient après. S'ils étaient attrapés avant d'atteindre leur demeure, ils subissaient un gage à deux et de toute façon, durant toute la nuit, leur entourage continuait à faire du bruit, leur rendant le plus difficile possible le fait de consommer dès la première nuit dans le but  de les obliger à faire connaissance d'abord.

Beaurivages aussi avait ses petites coutumes. Lorsque le temps de dévêtir sa belle était venu, le fringant jeune marié se devait de défaire chaque nœud présent sur la tenue sans utiliser ses mains. De façon assez drôle cette façon de faire avait amené une seconde tradition selon laquelle plus la mariée est jeune, plus sa robe est chargée en lacets et rubans de toutes sortes. C'était à telle point que la sagesse populaire des grivoiseries, lors des banquets de noce, ne manquait jamais de souligner que si l'époux était charmant, la pucelle de quinze ans soulèverait ses jupons, dans le cas contraire, ils y seraient encore à l'aube.

Mais tous ces petits stratagèmes pour installer un peu de connivences, toutes ces petites taquineries qui devaient mettre les époux en confiance, tout tournait court lorsque des témoins venaient à s'en mêler.

Il n'était pas dans la tradition Missèdoise d'avoir recourt à des témoins lors de la nuit de Noce. Cela ne s'était même jamais vu. Angoissant pour le marié et sa prime performance. Déshonorant pour la l'épouse et son corps exposé. Ignoble pour le couple qui devait se faire violence sous les œillades goguenardes de leurs proches. Les Missèdois n'avaient jamais eu d'appétence pour cela, restant plutôt de l'avis du Fin Amor. Sur une terre appréciant autant le savoir et les arts, riche d'une idée grandiloquente de la culture et de la vertu, les sphères éduquées ne pouvaient souffrir de telles intrusions...

… Mais cette fois, la fiancée laissait bien trop perplexe les personnages les plus proches du pouvoir pour qu'il en soit autrement. Pour défaire son précédent mariage elle avait été examinée par la Grande Prêtresse de Langehack qui avait affirmé qu'elle était encore innocente... au bout de près de deux mois de mariage avec l'un des hommes les plus réputé pour son amour de la gaudriole et auquel on prêtait plus d'aventures qu'il n'y avait de femmes dans la Péninsule. Enrico di Montecale, un nom qui fleurait bon les chaleur du soleil suderon et bruissait des allées et venues entre les rives ondines de l'Olienne. Si Cécilie était frigide au point de rendre impuissant un tel homme, alors cela ne devait pas être sans raison et on pouvait raisonnablement craindre pour le jeune Comte et l'avenir de leur union.

Avait-elle été marquée lors de ses voyages dans le nord au point que son corps emplisse de dégoût le plus gaillard des étalons ? Ou alors elle était poivrée ? Refusait-elle de se donner ? Ou le soucis venait-il d'autre chose d'encore plus mystérieux ? Autant de questions qui faisaient frétiller les oreilles et les queues de la cour de Missède. Et là, plus que n'importe quelle autre précaution pour l'avenir du couple Comtal, était la cause du malheur de la Comtesse. Mais il avait bien fallu s'y résoudre : elle et Ernest ne seraient pas seuls. Mais comme si cela ne suffisait pas,  le conseil des vassaux avait refusé catégoriquement que seuls les quatre chapelains de la cour soient témoins de la première passe d'arme de leurs suzerains. Ils affirmaient que la chose devait être claire et assumée s'ils voulait être sûr et certains qu'elle ne soit jamais remise en doute. Et de cet avis, quels que soient les arguments avancés par la fiancé, ils n'en bougèrent pas. Même lorsqu'elle proposa toute sorte de stratagème, de contournements et de solutions pour ne pas avoir à les subir lors de ce qui serait sa première expérience avec un homme qu'elle ne connaissait en plus pas si bien que ça. Même lorsqu'elle avait proposé qu'ils ne s'invitent que le lendemain soir ou même plus tard dans la nuit, le côté non conventionnel de la chose était déjà assez difficile à gérer pour que tous ou presque refusent. Dans sa croisade, elle n'avait trouvé qu'un appuis en plus de celui de son frère et cet appui se nommait Léona de Faviar. Bien que la vieille femme n'ai pas d'inclinaison particulière pour la jeune Comtesse, l'idée de voir un jour ses filles ou ses petites filles soumises à pareil traitement lui retournait le cœur.

« Alors quoi ! Sommes nous des animaux ? Vous êtes à ce point incapable de saillir vos femme que vous devez vous mettre en jambe avec la jeunesse de celle de votre suzerain comme on envoie un boute-en-train à l'étalon ?! »


Des mots si crus venant d'une femme si correcte avaient choqués bien des esprits et fait le tour de bien des couloirs. Mais malgré tout, la décision avait été maintenue. Des mauvaises langues auraient dit que la quarantenaire leur avait fourni juste ce qu'il fallait de vertu et d'indignation pour pouvoir montrer au monde à quelle point une telle extrémité les révulsait tout en maintenant leur décision...

Au final, après avoir occulté ce détail toute la journée durant, Cécilie devait se résoudre à aller affronter la dure réalité...

Léona, Adèle et Clémence de Faviar, Hortense de Champant, Bathilde de Lavier, épouses ou filles des seigneurs du conseil vassalique, ainsi la chapelaine Berthe, prêtresse de Kÿria et la chapelaine Madeleine, prêtresse de Tyra, avaient cloîtré la jeune mariée dans la chambre nuptiale. Cécilie avait expressément demandé que ni Rose ni aucune personne de sa famille n'assiste à cette catastrophe. Pour une fois, personne n'avait trouvé à y redire.

Sa mère n'étant pas présente, les différentes épouses y allaient de leur petit commentaire rassurant tout en la dévêtant comme on s'occupe d'une poupée. Après les « Nous sommes toutes passées par là. » et autres « Au moins nous pourrons faire en sorte de le retenir s'il se précipite » de l'effet le plus médiocre, elles étaient finalement passé à la partie qu'elle trouvait évidement la plus croustillante. Si la jeune femme avait cru pendant des mois que la soirée la plus longue de sa vie serait celle qu'elle avait passé chez la tailleuse Langecine qui lui avait confectionné sa première tenue tout en lui donnant une conférence sur l'expérience maritale obtenue en vingt-cinq ans de vie conjugale, elle commençait sérieusement à se demander si celle-ci n'allait pas être encore plus longue...

« Et surtout, même si cela ne vous est pas agréable ou que vous sentez une gêne au début. Faites votre possible pour rester détendue.
- Oui, tout a fait. Ça passera vite, vous verrez.
- Vous vous prendrez même a apprécié qu'il y mette du sien !
- Un bel homme comme ça en même temps...
- Un peu de tenue je vous prie. »
Tenta de couper Leona... peine perdue face au plaisir de la discussion allié aux boissons festives.
- Oh ! Et si vous sentez qu'il peine, donnez de la voix. Les hommes adorent ça. Même si vous n'êtes pas convaincue, ça le rassurera. Cela peut vous paraître étrange mais c'est important de faire en sorte qu'il se sente bien. Cela fait parti de vos devoirs en tant qu'épouse.
- Et croyez-moi, en ces choses ils sont finalement bien plus fragiles que nous.
- Si vous avez l'occasion, posez une jambe sur son épaule les sensations ont de quoi ravir et ça lui donnera une prise.
- N'hésitez pas à le marquer un peu de vos griffes, cela lui montrera encore à quel point il est doué.
- Mais cela ne risque pas de lui faire mal ?
Demanda timidement la plus jeune admise au sein de cet étrange cercle.
- Pas dans l'instant non. Et après, ils s'en moquent.
- Mon mari exhibe les bleus et les égratignures de nos ébats comme des trophées de guerre. Je soupçonne même que c'est là la raison pour laquelle il affectionne autant l'été ! Mais je le pardonne, avoir pour amant un homme à la langue si bien pendue présente certains avantages...
- Hubert m'a l'air plus sympathique d'un seul coup ! »


Les dames partirent d'un rire haut-perché, les joues rougies par l'alcool et l'inconvenance. Elles étaient arrivées à la chemise de dentelle de la jeune femme. Dernier rempare à sa nudité et n'empêchant nullement les prochains ébat, la jeune femme obtint qu'on la lui repasse après les ablutions rituelles et les chants des néerites sensées consacrer le lieu. Les dames s’attelèrent alors a défaire sa coiffure. Leurs babils étaient incessant, si bien que Cécilie tenta de les raisonner avec douceur.

« Mes dames...
- Mais et vous Madeleine, comment pouvez-v...
- Mes dame ! Reprit-elle, celle fois avec plus de force … S'il vous plaît... »

Passablement agacée par les jacasseries qu'on lui imposait et sa patience quelque peu érodée parce qui allait suivre - et ce qu'elle avait bu durant la soirée - n'aidait pas à adoucir son ton plus froid qu'elle ne l'aurait voulu.

« Je vous rappelle que la présence de témoins a été décidée contre mon gré et que ce n'est pas mon premier mariage. Même si le premier n'a pas été consommé, soyez certaine que ma mère et la prêtresse qui officiait ont tout à fait remplit leur devoir en faisant mon éducation. J'ai déjà eu droit à toutes ces... mise en garde, et bien que je vous remercie pour l'attention que vous me portez, je vous serai gré de ne pas m'infliger plus de ces atrocités qu'il n'est nécessaire à fin de contenter messieurs vos maris. »

Un silence relativement pesant s'installa. Une main saisit celle de la jeune Comtesse.

« Nous ne sommes pas là pour vous accabler d'une quelconque manière. » sourit la voix de Leona avec une certaine tendresse. « Ne vous inquiétez pas. Nous resterons muette tout à l'heure. Vous en oublierez même notre présence. »

Cécilie serra légèrement les doigts de la main fine, reconnaissante et quelque peu rassurée à l'idée qu'au moins une personne détournerait le regard, mais ne répliqua rien. Les discussions reprirent, un peu moins osées, axées surtout sur ce que les unes et les autres trouvaient de séduisant dans le corps masculin. On accompagna la Comtesse jusqu'à lit, l'aidant à se coucher sous les draps au milieu du matelas, la tête et les épaules surélevées par d'épais oreillers de plumes. Seuls dépassaient de la couverture son col, ses épaules et ses bras, gainés de la plus fine dentelle blanche. Ses cheveux, trop longs pour être laissés libres, avaient été rassemblés en une natte lâche qui glissait de son épaule sur les couvertures. Si elle avait été debout, la dite aurait put flatter sans soucis le haut de ses cuisses.

Ainsi savamment empaquetée comme un présent attendant son destinataire, elle attendit que les prêtres vienne bénir la couche maritale et procédé aux derniers préparatifs avant d'aller chercher son époux... Ainsi que toute la troupe d'yeux viriles qui se poseraient sur elle d'ici peu au nom de l'honneur, de la vertu, de la justice et de la foi...

Qu'Arcam les encule !

...

Si seulement elle avait su...
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Jeu 10 Aoû 2017 - 0:07



La touffeur de la chambre était accablante. En sus de cela, il semblait que la décoction qu’Horédore avait administrée au Comte commençait à agir. Des gouttes perlaient sur son front, son souffle se précipitait par degré, à l’unisson avec sa poitrine qui battait chaque seconde, tandis qu’une ardeur bouillonante lui prenait d’assaut le bas du ventre. En outre, avant même qu’il n’ait approché le lit, alors qu’il venait à peine de passer le seuil de la porte, Ernest se trouva sujet à une érection si imposante que sa robe nuptiale ne pouvait plus rien cacher de son inimité. Le jeune homme, trop peu pudique pour se soucier de ce que les témoins présents et le corps ecclésiastique pouvaient penser, ne tarda pas à se dérober sans même y être invité — la tradition voulait plutôt que le couple restât habillé jusqu’à la fin de la nuit de noces. Les gloussements qui émergèrent alors à la vue de la nudité du Comte restèrent imperceptibles à ses oreilles, tout en proie qu’il était à présent à de légers vertiges. Face à la scène, le prêtre et son entourage échangèrent quelques messes basses; ils se demandèrent tout d’abord s’ils n’avaient pas un peu trop corsé le filtre de bandelage, certains allant même jusqu’à chercher une bévue dans les proportions des ingrédients et n’hésitant pas à mettre ces erreurs présumées sur le compte de leurs confrères. Mais Horédore mit rapidement un terme au bourdonnement du clergé, assurant que l’infusion avait été parfaitement exécutée et que ses effets ne tarderaient pas à s’équilibrer.



Si Ernest avait pu percevoir les murmures des prêtres, il aurait sans doute objecté cette dernière affirmation. Il suait abondamment. Son état empirait sans discontinuer. La turgescence de son sexe lui procurait à présent une douleur lancinante. Et, alors qu’on le conduisait vers le lit, il eut un regard pour Alden et Roland qui se tenaient parmi son rang de témoins. Ce-dernier ne semblait pouvoir détacher ses yeux de l’entre-jambe de son ami, visiblement ébahit par la taille de cette érection, tandis que le premier, ravi d’être la seule personne présente à ne pas être totalement surpris par la tournure de la chose, affichait un sourire gouailleur teinté de fierté tout en secouant machinalement la tête de haut en bas. Sur le lit, le Comte retrouva son épouse qu’on avait escambillée sans ambages. Il répugnait à s’imaginer la scène à laquelle il prenait part, heureusement son état ne lui en laissait guère le loisir. À dessein, Ernest évitait le regard de Cécilie, mal à l’aise même à l’idée de s’exposer à sa cécité. Lorsqu’il la prit, quelques témoins triés sur le volet vinrent s’assurer des bonnes conditions de la pénétration puis on laissa le Comte s’engager dans un va-et-vient luxurieux du bassin. Ernest s’assura de ne pas imposer son poids au frêle corps de son épouse et limitait tant qu’il pouvait ses mouvements de reins afin de lui épargner au mieux des douleurs qu’il imaginait être particulièrement déplaisantes vu ce qu’il lui mettait. Mais toutes ces considérations lui laissèrent peu d’énergie pour se concentrer sur l’acte à accomplir.



Ainsi, ce ne fut qu’au bout de près d’une heure, que le Comte déchargea finalement sa semence de vie des suites d’un râle de plus en plus précipité et d’une série de spasmes nerveux et convulsifs qui furent libérateurs, tant pour lui que pour tout le monde présent. Se retirant, il chercha à descendre du lit mais ses forces l’abandonnèrent et il s’effondra lourdement au sol. Des éclats de voix étouffés retentirent tandis que certains s’occupèrent du Comte et que d’autres allèrent immédiatement redresser les jambes de la Comtesse afin qu’elle se trouve dans la meilleure des positions pour l’ensemencement. Roland fut le premier à réagir quant à la situation de son ami en faisant immédiatement mander Maître Obélias, le guérisseur personnel du Comte. Dès son arrivée, on transporta l’époux à demi inconscient hors de la chambre nuptiale. En quelques heures, Ernest avait manqué de claboter à deux reprises. Les plus téméraires augures diront que son règne s’annonçait de courte durée.




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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Jeu 10 Aoû 2017 - 12:09


Lorsque Cécilie sentit une main étrangère se glisser sous sa cheville pour tenter de soulever sa jambes alors que la foule s'était égaillée d'un seul coup après un bruit de chute lourde et massive, le hurlement de surprise qu'elle aurait du lâché en sachant que c'était son mari qui venait de s'effondrer éclata dans la pièce. Mais ce qui, quelques mois auparavant, aurait été un simple cri de détresse terrifié, portait aujourd'hui bien plus de colère contenue. Avec la même intensité qu'à Karras, son instinct l'avait poussée à agir plutôt qu'à rester figée. Le sursaut qu'elle fit propulsa la jeune femme en arrière en un rien de temps... Si bien que son dos heurta violemment la tête de lit et le mur qui la bordait, la laissant à demi a genoux dans les oreillers épars, les jambes ramenées sous elle, la tête rentrée dans le col et les épaules endolories. Déboussolée et effrayé par la débandade qui se se déroulait autour d'elle sans qu'elle n'en comprenne le sens, ses bras enserraient fermement son ventre et sa poitrine tout en étant prêt à se détendre à la moindre tentative d'approche, fut elle amicale ou non. Étrangement, personne ne tenta de réitérer l'exploit avant que le Comte et le blessé ne soit emmenés, car blessé il y avait en effet. Dans le chaos sonore qui l'entourait, elle ne pouvait se douter que le gémissement de douleur aiguë qui surpassait bien des voix était celui du sire gaillard qui avait tenté de l'approcher... Et qui, sonné par un coup de pied reçu lorsqu'elle s'était défendue, geignait maintenant en tentant d'éponger le flot de sang qui coulait de son nez fracturé sous l'impact.

Prostrée dans son coin de lit, les yeux grands ouverts sur le néant et la respiration rapide, celle qui était maintenant Comtesse en bonne et due forme faisait son possible pour ne pas craquer au milieu de cette cacophonie. En d'autre conditions, il lui aurait suffit d'un peu d'attention pour comprendre ce qui se passait autour d'elle mais à cet instant précis, après une éternité d'angoisse, de honte et de douleur, elle n'arrivait pas même à savoir que c'était Ernest qu'on emmenait hors de la chambre. Elle ne comprit pas non plus que c'était à elle qu'on tenta de s'adresser à plusieurs reprises, inquiétés par sa réaction et la posture presque tétanisée qu'elle avait adopté. L'effort le plus prenant qu'elle arrivait à maintenir à cet instant était l'attention qu'elle portait à sa respiration pour ne pas rendre l'intégralité de ce qu'elle avait ingurgité pendant la soirée sur les draps blancs marqués d'une légère trace rouge. L'odeur de sueur qui imprégnait les dentelles de sa chemise la révulsait. Tout comme Son odeur. Celle là même qu'elle avait l'impression de sentir coller à sa propre peau. Les sensations tournaient et retournaient dans son esprit. Ses mâchoires et ses poings, gardés serrés durant tout le processus, lui faisaient mal; mais ça encore ce n'était rien.

Peu à peu, le calme revint. La plus grosse source de tumulte quitta la pièce comme un troupeau. Puis elle cru distinguer la voix de Leona qui enjoignait tout le monde à quitter les lieux, y compris les Souffles de bonne volonté qui n'arrivaient pas à savoir si le malaise du Comte était plus ou moins préoccupant que la prostration de la Comtesse.

Une porte se ferma.

Et enfin ce fut le silence. Un silence quasi parfait qui ne faisait que souligner les battements précipités qui résonnaient dans le crâne de la jeune femme et le vrombissement sur-aiguë qui assaillait ses oreilles. L'esprit blanc, Cécilie sentait son cœur, serré comme si lui aussi voulait lui faire physiquement mal, ralentir doucement.

Un frôlement de tissus lui parvint, la remettant sur le qui-vive. Il y avait encore quelqu'un.

« Qui est-là ? » demanda une voix à la fois rauque et blanche qu'elle ne reconnu pas.
- Ce n'est que moi, Leona. » répondit-on sur un ton d'une compassion confinant à la pitié « Nous somme seules.
- Sortez. »
Le matelas de plume renvoya à la jeune femme l'ondoiement caractéristique d'une personne s'asseyant sur le bord du lit. La même voix blanche avait tranché d'un mot les paroles de la dame, pourtant cela ne semblait pas la dissuader.
«  Il faut que vous vous repreniez, votre Grandeur. Prenez votre temps, je resterai là. Si je peux faire quelque chose pour vous aider, je suis à votre disposition. »

Cette fois la voix ne répondit rien. Cécilie décida d'ignorer la présence discrète et se força a respirer de plus en plus profondément. D'une voix douce, Leona lui expliqua ce qui s'était passé un peu plus tôt, insistant sur le fait que le Comte n'avait rien de grave malgré le fait qu'elle n'en sache rien. Tout en écoutant, rassurée malgré elle par les explications données, ses jambes raides se décrispaient et la jeune femme glissait en position assise. Elle était épuisée... Mais en laissant ses cuisses bouger quelque peu l'une contre l'autre, elle sentait maintenant distinctement une substance moite glisser le long de sa peau depuis son intimité. Une horreur glacial lui perça les entrailles, remontant cote par cote jusqu'à lui serrer la gorge. Portant une main à son front, elle ânonna avec difficulté la seule chose qui avait de l'importance pour l'instant, luttant pour rester compréhensible malgré les tremblements de plus en plus prononcés qui la prenaient.

« Pouvez-vous... Pouvez-vous me trouver de quoi me rafraîchir un peu ? »


Il n'en fallait pas plus de quelques coups d'oeils et un peu de jugeote pour que Leona comprenne la raison de cette demande. D'une voix docte et douce, elle se prépara à expliquer pourquoi c'était une mauvaise idée à la demoiselle qui venait de devenir femme.
« Tout est normal. Votre mari a fait son devoir et pour l'avenir de votre descendance vous devez gardez encore...
- JE M'EN FICHE ! Je veux de l'eau. De quoi me laver. Maintenant ! »
Avec un regard désapprobateur, mais vaincue par l'état pitoyable de la jeune femme, la Dame se leva donc pour s'approcher de la coiffeuse qui soutenait l'aiguillette et la bassine dont elle et les autres témoins s'étaient servi un peu plus tôt pour la toilette de la Comtesse. Après en avoir rafraîchis le contenu, elle ramena le grand bol d'eau vers le lit sur le bord duquel la rivegeoise s'était traînée tout en essayant de se défaire de sa chemise. Elle tirait sur le tissus comme si la garder lui était devenu insoutenable. Après l'avoir aidée à se dégager de sa prison blanche, une main vieillissante lui confia un linge et posa ses longues doigts sur le bord du récipient qu'elle avait demandé à corps et à cris avant de s'éloigner en prenant soin de lui indiquer qu'elle ne la regardait pas. Aussitôt, Cécilie se laissa tomber à genoux sur le tapis qui servait de descente de lit pour se frictionner avec une ferveur prononcée. Une rage sourde lui flambait les entrailles et cette rage augmentait à chaque fois que les derniers évènements lui revenaient en tête. Ce barbare n'avait pas eu un seul mot rassurant à son endroit. Il était resté silencieux, ne l'avait touchée que pour se saisir d'elle sous les yeux goguenards de la foule tout en tenant le reste de son corps le plus loin possible. Il avait bien du se repaître du spectacle.

Même s'il avait fait tout le contraire, la même colère l'aurait surement secouée car le jeune Comte était finalement bien peut en cause dans tout cela. Ignorant la douleur que lui infligeait encore son entre-cuisse, elle insista jusqu'à être sûre que rien n'y restait avant de rincer chaque centimètre carré de la peau qu'elle sentait toujours empoissée de la présence d'Ernest. Elle aurait voulu s'immerger en entier mais pour l'heure ce n'était pas possible. Ses gestes étaient de plus en plus rageurs, sa respiration lui échappait de nouveau alors qu'elle se mordait les lèvres pour ravaler de discrets sanglots. Comme toujours dans ces cas là, elle maudit ses yeux humides qui, non contents de ne servir à rien, prenaient un malin plaisir à trahir ce qu'elle essayait de cacher. Elle était seule. Impuissante. Comme Toujours... Comme Jamais.

* Je serais toujours là pour toi, à tout jamais mon amour. Quoi qu'il advienne. *

Ses gestes nerveux s'arrêtèrent soudainement. Sa respiration inégale s'immobilisa en un hoquet étouffé. Son cœur battait d'une façon bien différente. Le ton grave et rocailleux d'une voix puissante résonnait à son oreille avec la netteté de la réalité. Sa main, suspendue dans le vide, tremblait.

* Cécilie, marions-nous devant les dieux. *

Ô dieux... Comment en était-elle arrivé là ?

Elle avait d'abord refusé ce jour là... La première fois qu'elle avait prononcé ses vœux... Des mots légèrement différents de ceux du matin. Moins engageant dans un sens, tellement plus dans leur véracité. Plus que les mots, elle ressentait avec force la certitude et la paix qu'elle avait découvert au moment où ils avaient liés leurs mains autour de la broche d'or.

Sa Broche …

Le linge émis un clapotement flasque en retombant à moitié dans le bol et à moitié sur le tapis. Elle tâtonna jusqu'à retrouver le lit pour s'y asseoir, son corps nu, fatigué et humide frissonnant dans l'air nocturne malgré la cheminée qui ronflait fort. Calmement, elle appela Leona pour qu'elle trouve à la couvrir. La chemise nuptiale spécialement préparée et finalement rejetée au profit de la fine dentelle trouva enfin une utilité. La jeune femme dut s'appuyer  d'une main lourde sur l'épaule de son alliée du jour pour réussir à l'enfiler sans que ses jambes ne se dérobent, mais ce fut finalement d'une façon assez digne qu'elle se rassit, quoi que toujours recroquevillée sur elle-même. Elle nouait encore le lacet de son col lorsqu'elle parvint à demander, quoi que sa voix tremble suffisamment pour rendre certains mots difficiles à comprendre :
« Où est ma broche ?
- Comment ?
- La broche que je portais à la ceinture. Où est-elle ?
- Avec le reste de votre tenue, ne vous en faite pas, elle n'est pas perdue.
- Apportez la moi s'il vous plaît... C'est un cadeau auquel je tiens. »

Et une fois de plus, la dame s'éloigna. Une fois de plus, une main vieillissante s'empara de celle de Cécilie. Mais cette fois les longs doigts fins se refermèrent sur un métal froid. Les courbes des pétales, elle avait fini par les connaître par cœur. Elle lui avait demandé tant de fois de lui décrire après qu'il la lui ait offerte qu'elle aurait put la dessiner. Son contact même la rassurait comme si elle contenait encore un peu de Sa présence. Le visage et les épaules de la jeune femme se décontractaient un peu. Sur les conseils de la vieille dame, après avoir été escortée sur un fauteuil, elle accepta que les femmes de chambres viennent changer les draps et que les prêtres viennent s'enquérir de son état. La danse repris donc, avec elle comme point fixe, perdus dans ses pensées, muette et transparente. Ses mains glissaient encore et toujours sur le bijou qu'elle tenait avec tendresse.

*  Tu peux user d'autant de magie que tu le voudras, tenter de vriller mon cerveau, annihiler chaque souvenirs. Il suffira que je te vois. Une fois. Une seule fois. Et tout reviendra. J'ai vécu des choses que la plupart ne voudraient pas imaginer. Du haut de mes 20 années, j'en traîne des milliers. Je te l'ai dis. Et je te le redis Cécilie. Pour toujours. *
Comment avait-elle put renier ce que ces mots lui avait fait ? Comment un serment aussi fort et total que celui qu'elle avait prononcé sur les bords de ce lac pouvait être galvaudé au point par la société des hommes pour donner scène grossière qu'elle était en train de vivre ? Comment, aujourd'hui, avait-elle put accepter de se plier à de telles règles ? Des coutumes si rabaissantes ? Alors qu'elle explorait son esprit et sa mémoire quotidiennement pour continuer à en apprendre sur l'Art, un flot de souvenirs lui revenaient à présent en tête comme une cascade rugissante échappant à tout contrôle. Ni ordre, ni raison dans ce qu'elle récupérait. Mais pour la première fois depuis son retour de Langehack, elle ne retrouvait pas seulement les mots, l'absence et les idées, mais également les gestes et les émotions qui avaient tant fait vibrer son cœur. Par delà la haine, la tristesse, la colère et le dénis, il y avait... ça... Une force aussi tendre qu'inébranlable.

* Je ne veux pas qu'il te touche. Je ne VEUX PAS qu'il t'approche, JE NE VEUX PAS que tu sois la femme de deux hommes : je veux que tu sois MA femme. Au diable ces conneries ! Au diable les Dieux si ceux-ci m'empêchent de t'avoir, au diable mon Destin si celui-ci m'oblige à m'éloigner de toi ! Tu ne comprends pas ? Je ne suis pas comme toi. Je n'ai rien d'autre à perdre que TOI. Tu es mon monde Cécilie. *

Elle se souvenait de chacun de ses mots, de chacune de ses intonations, et priait pour que jamais ne vienne le jour où elle n'en tiendrait plus que quelques bribes. Ces mots qu'il avait prononcé en parlant d'un autre qui n'avait finalement jamais touché la Mériale de Beaurivages, elle s'y accrochait aujourd'hui, surprenamment reconnaissante.

Pourquoi fallait-il que ça se passe ainsi ? Pourquoi fallait-il que ce ne soit que maintenant qu'elle sente, jusqu'aux tréfonds de ce ventre qu'elle venait de vendre à un autre, qu'il aurait suffi à faire son bonheur, qu'importe le nom qu'ils portaient ou le lieu dans lequel ils auraient vécu ensemble ? Ils auraient pu s'enfuir, comme il lui avait jadis demandé. Cela aurait suffis. Où peut-être n'était-ce une certitude que parce que cela ne pourrait être qu'une vie rêvée ?

Il avait survécu à l'Aduram, à Oesgard, aux Wandrais et aux drow, mais il avait suffit de quelques ennéades dans les hautes sphères de Missède pour qu'il perde la vie. Bien qu'elle sache que c'était propres ses ambitions qui avaient fini par tuer Jindanor et bien qu'elle ne se pardonne ni ne tourne la page, en cet instant elle s'accrochait à la mémoire de ce qu'il avait été de son vivant. Cela lui faisait mal. Tellement mal. Mais suspendue sur le fil des souvenirs, elle effleurait de nouveau du bout des doigts ce qu'ils avaient partagé.

Elle n'aurait su dire combien de temps avait duré les gesticulations du beau monde, mais il était relativement court. Une heure peut-être depuis le malaise du Comte ? Moins sans doute. Enfin, on signifiait à la jeune femme qu'elle pouvait se coucher et qu'on viendrait l'avertir dès que l'état d'Ernest se serait amélioré, elle fronça les sourcils. N'avait-il pas juste glissé ? N'était-ce pas bénin comme l'avait répéter Léona tant de fois ? Au lieu de se glisser sous les draps, elle accrocha la broche florale sur sa chemise et attrapa l'une des couvertures fourrées du lit pour s'en couvrir les épaules sous l’œil étonné des dernières personnes présentes. Remerciant Léona pour sa présence, sa discrétion et la prévenance dont elle avait fait preuve, la Comtesse ordonna qu'on la conduise auprès de son époux. Puisque c'était leur nuit de noce, sa place était à ses côtés argua-t-elle pour couper court à toute protestation.


Elle connaissait l'amour inconditionnel

Le présent qu'elle avait choisi était un mariage conditionné

Mais jamais plus elle ne se laisserait bafouer de la sorte par quelque coutume que ce soit


Dans le couloir froid, l'air digne malgré son accoutrement et son corps encore perclus pour bien des raisons, elle avançait d'un pas rapide, le cœur durci par rapport à l'état dans lequel les témoins l'avait laissée. Malgré les interrogations qui flottaient encore dans l'air, les rumeurs allaient déjà bon train dans les vapeurs de la noce qui dureraient jusqu'à l'aube pour les plus téméraires. Ceux qui étaient présents soufflaient à l'oreille de ceux qui ne l'étaient pas les détails croustillants de la soirée.
«  Un étalon ? C'était plutôt comme voir un taureau essayer de saillir une biche. Mon vieux, celle là, elle n'a put que la sentir passer ! Pourtant pas un cris, rien. Tout juste quelques gémissements au début et – bon – on peut comprendre. Par contre vous auriez du voir le coup de talon qu'elle a balancer à ce pauvre homme ! Avec ça et l'état du Comte, on comprend mieux pourquoi les nuits de noce se font en privé chez nous. Entre les mixtures pour bande-mous qui vous retournent les hommes gaillards et les femmes caractérielles ça devient dangereux ces jacqueries...
- Remarque, un mariage comme ça, ça ne s'oublie pas. »


Pour ignorer avec superbe la présence de ceux qu'elle pouvait bien rencontrer en chemin, une vieille rengaine douce-amère, presque oubliée, la soutenait depuis un coin sombre de sa mémoire jusqu'à ce qu'elle chasse du chevet d'Ernest tous ceux qui n'étaient pas médecins.

 Au dos de cette fleur qui jamais ne fane
Tant de mots qui jamais ne sonnent,
Trésor chéri, longtemps fermé,
Ses sens laissés sous clef.

Paysan, roi, prince ou marchand,
D'un simple hère les sentiments.
Simple rencontre. Simple présent.
Pourtant la Belle attend

Sur le rivage, cheveux aux vents
Chante à la mer un air absent
Le vile envieux en instant
Ourdit funeste événement

Les cris de guerre s'envolent au vent
Le Simple Hère au cœur constant
Ses pas le mènent aux terres d'antan
Il la sauva du méchant.

Les maux des cœurs ils ont rêvés
Un regard, il fut foudroyé
Sous le mensonge d'un même élan
Le bonheur est doux aux amants

La juste morale, Heur de leur vie
A tout jamais s'en trouvent punis
Le simple hère offrant sa vie
A cette belle en sursis.

Jamais ne dit la vérité
La bague au doigt, s'en trouve marqué
Face à l'autel, son cœur brisé
Dans la glace resta figé

Au dos de cette fleur qui jamais de fane
Mort au Souffle qui jamais n'oublie
Amour flétri a perdu la clef
Aujourd'hui hors de sa portée.

Paysan, roi, prince ou marchand,
La mort au cœur comme seul présent
Simple rencontre, Simple tourment
Ainsi la Belle attend.
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Jeu 10 Aoû 2017 - 19:46



Texte?

Maître Obélias fut le seul rescapé des ordres de dispersion de la Comtesse. Lorsqu’Horédore exprima le souhait de rester au chevet du Comte arguant que son savoir en matière de guérison pourrait s’avéré utile, un simple raclement de gorge d’Obélias suffit à faire déguerpir le prêtre, non sans un échange de regards des plus torves. Obélias déployait cet aura de vieil homme ténébreux, un charisme presque menaçant largement renchéri par les on-dit qu’il trainait dans son sillage. Le vieil homme avait été Vertueux dans sa jeunesse, seul héritier d’une noble famille éthinienne aujourd’hui disparue et oubliée. Ses talents de bretteur étaient tel qu’à peine adoubé on chantait déjà ses exploits dans toutes les cours de la région. Et ce fut ainsi, alors que la gloire lui était assurée et qu’une vie de triomphes et d’honneurs semblaient s’ouvrir à lui, qu’il disparut, sans laisser de trace. Personne ne sut dire ce qu’il était advenu de lui. Ses frères d’arme partirent à sa recherche, le baron lui-même déploya des ressources considérables pour le retrouver, en vain. Ce ne fut que trente ans plus tard qu’un homme se présentant sous la dénomination de Maître Obélias réapparut aux abords du port de Beaurivages. Le visage lézardé de balafres, la pas claudiquant et le bras gauche réduit en moignon au niveau du coude. Il rejoignit alors la Couillure en tant que guérisseur mais de nombreuses rumeurs étendaient son savoir au-delà des seules limites de cette discipline. On spéculait autant sur les raisons de son absence que celles de son retour. Le peu qui osèrent lui poser des questions rencontrèrent un mur de silence qu’aucun ne sut passer. Il vécu dès lors reclus dans le château des Vertueux, s’acquittant de sa tâche de guérisseur le plus efficacement et sobrement possible, ne sortant la nuit que pour se terrer dans les archives les plus obscures de la Grande Bibliothèque. La surprise fut grande lorsqu’Ernest annonça la nomination de Maître Obélias au rang de guérisseur personnel du Comte, tant par le choix de ce dernier que par l’assentiment de l’autre.

 

Le guérisseur se tenait dans un coin sombre de la pièce, la consomption de sa pipe éclairant son visage à un rythme irrégulier. Ernest, lui, était allongé, les draps avaient été tirés au bas du lit pour éviter les suées froides. Son corps luisait d’un onguent aux senteurs de menthe fraiche. Il sommeillait. « Les filtres de bandelage ne sont pas faits pour les hommes aussi bien… pourvu qu’Ernest, marmonna le Maître sans user d’un quelconque prédicat honorifique usuel à l'égard du Comte. La turgescence finira par se résorber mais il ne se réveillera pas avant le petit matin. Son corps a besoin de repos. Le vôtre aussi, Votre Grandeur. »




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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Jeu 10 Aoû 2017 - 22:48


" Mon corps peut-être mais mon esprit, certes pas." répondit la jeune femme d'une voix paisible, resserrant sa pelisse improvisée autour de ses épaules. Le manque de politesse envers le jeune Comte ne la surpris pas outre mesure. Après tout, si Ernest l'avait nommé comme guérisseur personnel alors qu'il était à cent lieux d'avoir un tel poste, c'est qu'ils devaient se connaître depuis longtemps. " Même une teinture d'aubépine ne me ferait aucun effet et le pavot serait peut-être un peu corsé... " plaisanta-t-elle à demi. Le prenait tellement de somnifères depuis deux ans qu'elle avait développer une certaine résistance à ceux qui étaient le plus couramment utiliser. Pour cela, elle regrettait l'expertise de l'herboriste de Lourmel... mais ce n'était pas le moment de songer à cela.

Le serviteur qui s'était trouvé à devoir guider la comtesse à travers les couloirs jusqu'à l'entre qu'avait désigné le guérisseur personnel de son époux avait également été désigné volontaire pour lui trouver de quoi s'asseoir. C'est à côté de la tête de lit que la simple chaise avait été installée. " Merci. " avait-elle simplement déclaré après un court silence. L'odeur forte de la menthe, épicée d'autres plantes médicinales, agressait quelque peu le nez sensible de la jeune femme tout en la revigorant après les senteurs grasses ou âcres qui flottaient furtivement dans tout le palais. " Je suis heureuse qu'il n'ait réellement rien de grave. Des ' témoins ' hésitant entre le rire et la panique ne sont pas particulièrement fiables. " Il fallait aussi dire que les circonstances de cet état avait de quoi être comique pour bien des regards extérieur et elle ne doutait pas que la cour comme les amuseurs en feraient leurs choux gras durant les prochains jours... au grand minimum.

Calée contre le dossier, les pieds et le visage ce Cécilie étaient les seules parties de son corps qui n'étaient pas enrobées dans la couverture fourrée. Dérogeant à la dignité de son rang, elle laissa allé sa tête en arrière contre le mur de pierre avec un soupire de lassitude. Attendre ne la gênait pas, bien au contraire. Au moins elle n'avait pas l'impression de se retourner indéfiniment dans son lit, assaillit de toutes ces pensées étranges qui prennent toute leur ampleur dans le demi-sommeil qui précède l'endormissement. De plus, elle n'avait aucune envie de se retrouver seule cloitrée entre quatre mur qui devaient encore avoir l'odeur des huiles et des encens en plus de celles des parfums de la foule. Elle serait restée la à entendre les passages soit disant furtifs dans le couloir et les rires dans les cours tout en se demandant ce que devenait Ernest, puisque malgré tout elle n'arrivait pas plus à être indifférente à son sort qu'à celui de l'homme qu'elle avait visiblement blessé. Peut-être qu'il restait en elle un peu plus de la Mériale qu'elle ne le pensait...

Ici au moins, la respiration qui flattait l'oreille de la jeune femme derrière les brusques inhalations du vieux guérisseur était égale et profonde.
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Ernest de Missède
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Sam 12 Aoû 2017 - 20:59



Les douces exhalaisons de la pipe de Maître Obélias avait fini par former un nuage de fumée violacée qui courait en entrelacs au plafond, conférant bientôt à toute la pièce une singulière luminosité vaporeuse. Subtil fomentateur de ce spectacle psychédélique, le vieil homme commença alors de marmonner dans sa barbe, de ces mots presque inaudibles qu’on aurait dit sourdre des murs de la chambre. Aussitôt, la voûte fumeuse s’ordonna en un tournoiement envoûtant aux couleurs merveilleusement bigarrées. Ainsi, les paroles lénitives du maître achevèrent de plonger la Comtesse dans le sommeil réparateur qu’elle méritait. Obélias, lui, ne pipant plus mot ni herbe, croisa alors les bras sous sa robe et ferma les yeux à son tour, toujours debout et impassible, après avoir posé un dernier regard sibyllin sur le jeune couple.



À son réveil, Ernest trouva Cécilie endormie près de lui. Il eut des difficultés à se remémorer où il se trouvait. Des bribes de souvenir de la veille lui revenait par à-coups, comme le ressac de la mer sur les rochers. Il espérait avoir accompli son devoir avec dignité, mais il ne lui fallut que quelques minutes pour réaliser qu’il ne saurait se prévaloir d’une quelconque distinction et qu’il entendait bien toucher deux mots à Horédore dès qu’il en aurait l’occasion. Ernest reconnut finalement l’oeuvre de Maître Obélias dans les reliquats des effluves qui traînaient encore dans la pièce. Il devina que le vieil homme s’était occupé de son épouse également car il la savait en proie aux maux du sommeil et, pourtant, la voilà qui dormait paisiblement à son côté.



Le Comte ceignit un drap autour de sa taille et resta assis au bord du lit pendant de longues minutes. Son regard mélancolique détaillant les traits de celle qui était à présent son épouse. Il lui sembla à cet instant que le mariage était une violence qu’aucun homme, qu’aucune femme, ne pouvait endurer, une condamnation aux chaînes les plus infidèles à la nature des êtres mortels qu’ils étaient tous deux, une longue et impitoyable pendaison. La seule chose qu’ils pouvaient faire était de le transcender, sublimer leur union en accomplissant la tâche qui leur était échue. Ce jour appelait de nouveaux engagements qu’ils se devaient d’honorer. Ce fut donc le corps fourbu mais animé d’une résolution retrouvée que le Comte écarta une mèche tombante du visage de son épouse, suscitant le réveil de la Mériale de Beaurivages qui portait peut-être déjà en son sein sa descendance.




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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Dim 13 Aoû 2017 - 16:24


Malgré l'agitation de son esprit, la tension de la journée n'avait laissé indemne la jeune femme. Les grommellement hypnotiques du vieux guérisseur la firent d'abord sourire, puis elle sentit une présence. Intime. Intrusive. Le silence se fit. Un sursaut de volonté tenta de l'arracher à l'emprise du sort qu'on tissait autour d'elle lorsqu'elle comprit ce qui était en train de se passer. Peine perdue. Elle sombra dans le sommeil.

Un sommeil inhabituellement paisible orné de quelques souvenirs...

Une impression de paix et de sécurité s'évaporait doucement. Un flottement au sein duquel elle n'avait senti qu'un effleurement su son front. Un sourire fleurissant sur son visage tandis que son esprit tentait de rattraper la brume envoutante de son rêve, elle leva une main malhabile pour chasser doucement l'insecte. Elle heurta une masse tiède. Rétractant immédiatement son bras, elle pris une inspiration un peu plus profonde, cherchant un repère qu'elle ne trouvait pas. Ce n'était pas la chambre qu'elle occupait depuis quelques ennéades déjà... Ni même peut-être une chambre puisqu'elle était assise sur un chaise. Elle nota sans avoir le temps de s'y attarder que malgré l'inconfort manifeste de la dites-chaise, elle n'avait mal nulle part... et les événements de la veille lui revinrent.

Elle se redressa un peu et ouvrit les yeux comme elle le faisait chaque matin malgré l'inutilité de ce geste. Portant sans s'en rendre compte une main à sa tempe, elle effleura ce qui avait tout l'air d'être un bras nu. Elle ralentit, s'assurant du bout des doigts qu'elle ne rêvait pas. " Ernest ? " Sa voix encore ensommeillée hésitait autant que son esprit sur l'identité de la personne qui se trouvait là. Il n'y avait guère que la logique qu'elle ne pouvait utiliser pour le reconnaître actuellement, mais fort heureusement, il n'y eut pas de mauvaise surprise. " Comment vous sentez-vous ? " demanda-t-elle alors, sans éloigner sa main.
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Lun 14 Aoû 2017 - 21:38



Ernest laissa son épouse parcourir son bras du bout des doigts comme si elle cherchait à le reconnaître. Lorsqu’elle s’enquit de son état, le jeune homme sentit un malaise poindre au creux de son estomac. Un mélange de honte et d’ennui l’assaillit subitement. Il était peu sûr que son comportement lors de la nuit de noces, quand bien même il n’avait pas été en pleine possession de ses moyens, eût été acceptable. Et si les errements d’Horédore lui avait coûté un semblant de dignité, il ne sut si Cécilie attendait de lui des excuses. Quoi qu’il en fût, il était certain d’éprouver une gêne à se plaindre de son état face à elle. « J’ai connu pire, répondit-il alors. Et vous ? » À vrai dire, il redoutait sa réponse. Le seul réconfort possible résidait dans le fait qu’ils avaient survécu à cette horripilante situation et qu’il leur fallait aller de l’avant. Cette seconde journée s’annonçait longue et comportait de nombreux engagements; heureusement pour eux, ils les affronteraient tout habillés.




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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Mar 15 Aoû 2017 - 19:24


Il n'eut pas un geste. Pas une réaction. Sa voix, mal à l'aise et légèrement distante, éluda la question. Une mise à distance de plus. Cécilie allait finir par s''y faire... Même si elle espérait encore que ce ne soit pas toujours le cas. Elle était peut-être encore trop naïve malgré les événements des dernières années. Si elle ne pensait pas l'aimer un jour, elle aurait au moins voulu qu'ils construise une relation de confiance. Ou - soyons fous - une amitié solide... Mais malgré les premiers choix fait à deux, plus elle lui parlait, plus elle se rendait compte qu'il était un parfait étranger. Le devoir et rien d'autre ne semblait habiter cet être qui n'avait d'homme que le nom et - elle ne pouvait en douter hélas - les attributs.

La jeune Comtesse retira donc sa main, tentant de rebâtir pierre par pierre un mur derrière lequel retrancher les espérance ambiguës qu'elle portait malgré elle en cette relation forcée. " Veillons à ce que l'utilisation de témoins ne se reproduise pas en Missède et promettez-moi que la prochaine fois nous prendrons notre temps." sourit-elle sincèrement, les yeux posés sur un horizon inconnu. "Ne pensez pas que je garde grief de quoi que ce soit. " Enfin elle essaierai...

Elle aurait aimé pouvoir partir dignement en lui rappelant qu'elle appréciait plus la franchise que la distance, mais cette possibilité était hors de sa portée. Elle se contenta donc de demander s'il pouvait trouver quelqu'un pour la raccompagner à leurs chambres et ajouta avant qu'ils ne se séparent " J'espère qu'un jour prochain vous aurez un peu de temps pour discuter d'autre chose que de nos projet pour Missède. Une partie d'échec ou un repas en privé... " Elle aurait apprécié de connaitre le visage de l'homme qui devrait partager sa couche à partir de maintenant mais elle ne parvenait pas à le lui demander.

Bof. l'espoir lui murmurait qu'il avaient bien le temps et qu'elle était sûrement trop défaitiste.
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MessageSujet: Re: La nuit des témoins   Mer 16 Aoû 2017 - 18:55



Ernest acquiesça d’un mouvement de tête avant de se rappeler qu’il lui était nécessaire de répondre à voix haute. Ainsi, il assura à son épouse que la pratique de la nuit de noces avec témoins serait inscrite au livre des proscription dans les jours qui viendraient et que ni leur descendance, ni quiconque sur les terres missèdoises n’aurait jamais à endurer pareille coutume. Malgré cette promesse, le Comte perçut l’effacement progressif de Cécilie, comme si une déception perçait en elle et attiédissait son humeur. Ernest se raidit, les traits de son visage se figeant d’incompréhension. Il commençait à entrevoir que leur alliance politique ne saurait suffire à la Comtesse, qu’elle demandait autre chose. Mais quoi ? Il lui était bien impossible de l’imaginer. Il y avait tout juste un mois, il travaillait encore à atterrer la lignée des de Laval pour le bien du Comté, comment pouvait-il se sentir à même de s’autoriser à s’épancher sur leur union d’une quelconque autre manière que celle légitimée par le devoir de la charge qui en était la raison d’être ? Des dizaines de questions le pressèrent brusquement, d’aucunes le firent réaliser ô combien le coeur des femmes était similaire à l’Estrevent ; dévoyé, capricant et trop éloigné pour qu’il s’y intéresse. Néanmoins, il se hasarda à formuler une proposition qui, il l’espérait, irait dans le bon sens des inclinations voilées de son épouse. Il entreprit de l’inviter aux comices agricoles d’Ethin qui avait lieu chaque première semaine de printemps. Au programme: dégustation de produits locaux, Castells d’Abbarez et tâtage de croupes bovines.




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