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 [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Mer 9 Aoû 2017 - 21:25

Louis de Saint-Aimé a écrit:






À son excellence Aliénor, Régente du Comté d’Arétria,

Si j’étale sur vélin ces quelques mots, c’est que la tragique nouvelle concernant votre frère est parvenue jusqu’au Berthildois. Avant toutes choses, j’ai conscience qu’il n’est guère de mots qui savent panser les plaies que laissent le décès d’un aussi proche parent, mais sachez toutefois, que je vous offre mes plus sincères et profondes condoléances. Comme plusieurs, nous n’avons pas eu le loisir de faire connaissance. Néanmoins, sans être présomptueux et, si vous acceptez que je vous livre un conseil qu’aucun ne me fit lorsque j’en eus le plus besoin : prenez votre temps. En début de l’hiver je perdis mon paternel et, contre mon gré, on me força à prendre ce qu’il laissa derrière lui en joignant le royaume de Tari. Je me crus plus fort que je l’étais à l’époque, la tristesse apporte avec elle son lot de démons tenaces qui harassent sans cesse. Seul le temps guéri et apporte la sagesse nécessaire pour affronter les épreuves qui se dresseront devant vous, maintenant que vous vous devez de poursuivre l’œuvre de votre frère.

Si je vous écris, ce n’est pas en qualité d’ami, car lui et moi, n’entretenions aucune camaraderie. Seulement, je sais reconnaître les qualités d’un homme même lorsqu’il s’oppose à moi. Je n’ai pas à vous décrire les qualités de votre propre frère : vous plus qui que quiconque les connais, mais si je peux me le permettre, sachez que je lui accordais un courage digne des plus illustres, auquel seul une poignée d’homme purent se targuer d’en posséder autant. Un homme dont l’amour pour sa patrie, n’avait d’égal que celle de sa famille ; une noble valeur qui je l’espère, vous a aussi été transmise.

Hélas, ces tristes tragédies sont hors de notre contrôle et il arrive que certaines d’entre elles tombent au moment le plus inopportun. À l’horizon se dresse devant nous des histoires de guerre, d’allégeance, de justice et, de sorte à se préparer décemment, il me faudra quérir votre présence à Cantharel. Là, nous pourrons deviser de l’avenir du Marquisat, car oui, vous êtes maintenant devenue une pièce maîtresse à sa réussite. Prenez le temps qu’il vous faudra, mais acceptez cette invitation que je vous fîtes en ma demeure, afin que nous puissions faire plus ample connaissance.

D’ici à ce moment attendu, votre Excellence, veuillez agréer de mes plus sincères salutations et vous recommande à la dextre de la Damedieu.

Louis de Saint-Aimé, marquis-régent de Sainte-Berthilde, Seigneur de Saint-Aimé, de la Toranne et d’Erignacc.

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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Jeu 10 Aoû 2017 - 16:08

Aliénor de Wenden a écrit:

À son excellence Louis de Saint-Aimé, marquis-régent de Sainte-Berthilde, Seigneur de Saint-Aimé, de la Toranne et d’Erignacc,

Je vous remercie pour votre bon conseil et en prends bonne note. Merci également, mon suzerain pour vos condoléances et pour vos paroles de réconfort. Comme vous le savez, je n'eus pas même le temps de porter le deuil que les affaires du Comté ont retenu toute mon attention mais je garde à l'esprit votre sagesse et prendrai mon temps dans mes décisions qui je le sais, maintenant revêtent une importance qu'elles ne possédaient pas auparavant.

Comme vous le pensez si justement, les propositions et demandes diverses et variées affluent de toutes parts depuis que la mort de notre bien aimé chancelier et Comte d'Aretria s'est répandue mais je ne vous apprends rien, vous qui l'avez vécu avant moi, il y a si peu de temps. J'ai hâte de retrouver l'unité de nos terres et espère que je serai à vos yeux ainsi qu'à ceux de mon frère, à la hauteur de la tâche qu'il s'était lui-même donnée.

Bien que nous n'ayons pas eu le plaisir de nous rencontrer jusque là, j'aurai plaisir à venir vous rendre visite céans à Cantharel afin de représenter Aretria et de prendre par aux évènements qui vous préoccupent et qui nous préoccuperont d'autant plus également.

Dans l'attente de nous rencontrer,

Veuillez agréer, votre Excellence, l'expression de mes salutations distinguées
Aliénor de Wenden, seigneure de Wenden et régente du Comté d'Aretria et de la seigneurie de Karlsburg.





Ainsi, elle était convoquée par son suzerain en son domaine afin de traiter de l'avenir du marquisat. Les choses réellement sérieuses allaient commencer sans qu'elle ne sache si elle était vraiment prête à affronter tout cela. Pourtant, elle avait reçu la même éducation que son frère mais si Aliénor était une véritable femme du nord, son frère n'avait pas hérité du tempérament fougueux de leurs contrées. Il s'était toujours montré plus posé, plus diplomate, même s'il savait autant agir avec finesse qu'avec vigueur. Elle espérait qu'elle serait à la hauteur de ce qu'elle lui a légué, même s'il ne se doutait sans doute pas que ce serait tout le Comté qu'elle reprendrait et non simplement Wenden, leurs terres natales.

Suite à celle lettre reçue et à laquelle elle fit immédiatement réponse, elle convoqua à son tour l'un des plus fidèles conseillers de son père et lui confia le contenu de la lettre de son suzerain. Elle le nomma intendant du Comté le temps de son absence. Elle limita strictement son pouvoir de décision aux éléments de gestion usuel mais elle doutait, maintenant qu'elle était à la tête de deux seigneuries et d'un Comté, que qui que ce soit s'oserait à l'attaquer vu la force de frappe avec laquelle elle pouvait répondre. Une fois ces formalités expédiées, elle alla voir les nourrices de son neveu afin de les prévenir qu'elle s'absenterait quelques jours, le temps du voyage, en espérant que son suzerain n'aurait pas besoin d'elle sur place trop longtemps. Elle leur demanda de leur faire envoyer chaque jour des nouvelles. Depuis la tentative de siège de son oncle Ewald de Karlsburg, le petit Karl était resté sous bonne garde et tant que la menace rodait au-dessus de son berceau, les choses resteraient ainsi. Elle prit ensuite dans ses bras ce petit être que l'on avait placé sous sa protection et l'embrassa sur le front. Elle lui chuchota des paroles apaisantes et plongea son regard vert dans ceux encore bleus du jeune enfant. Elle lui sourit alors qu'il jouait avec sa natte puis le reposa. Elle avait hérité là de bien lourds fardeaux mais personne ne doutait qu'elle saurait se montrer exemplaire dans sa tâche et qu'elle ferait du mieux qu'elle le pouvait.

Ainsi, elle se mit en route, accompagnée d'une poignée de ses hommes parmi les plus fidèles. En chemin la neige avait fondu depuis quelques jours et l'on voyait bien là tous les prémices de la fin de l'hiver. Bientôt le printemps allait régner et avec lui la guerre contre le sud qui se préparait. Malgré ces derniers évènements et suivant l'avis de ses conseillers, Aliénor fit tout ce qu'il était humainement possible pour renforcer ses terres affaiblies par les querelles vassaliques entourant la succession de son frère. Néanmoins elle ne savait pas si ce serait suffisant pour que le Comté d'Aretria soit assez fort pour avoir sa place à la table des négociations à l'occasion du conflit qui se préparait. Il ne leur fallut qu'une journée à cheval pour rejoindre Cantharel. La cité était magnifique et très impressionnante. On voyait bien là la différence entre le marquisat et le Comté (qui avait déjà été en soit une grosse différence avec Wenden). Sur le chemin, les gens qui travaillaient dans les champs la saluaient, comme si son arrivée avait été annoncée. Passer les portes ne fut pas d'une grande difficulté mais Aliénor ne s'attendait pas à ce qu'il y ait tant de monde à attendre son passage. Les gens la fêtaient, comme si elle avait remporté une grande victoire. La même scène s'était globalement passée à son retour à Arétria, même si elle avait été emprunte de tristesse, la Comtesse étant décédée à Karlsburg. Ici, il n'y avait que joie et allégresse, on la fêtait, mais pourquoi? Pour avoir défendu une veuve et un orphelin? N'importe qui d'autre aurait fait pareil à sa place. On jetait des fleurs aux pieds de son cheval, les gens souriaient malgré l'hiver qui fut long et rude mais on sentait qu'ils avaient besoin que le printemps arrive, que les beaux jours reviennent. Si seulement ils savaient qu'avec cette nouvelle saison allait arriver une nouvelle guerre et qu'on leur demanderait encore des efforts. Allant à l'allure du pas, elle mit plus de temps qu'elle n'en aurait eu pour rejoindre le château d'ordinaire. En bas de la majestueuse battisse, Aliénor descendit de son cheval blanc qui fut immédiatement pris en charge par de jeunes écuyers.

Elle suivit alors des gardes qui la guidèrent vers la salle du trône où se trouvait son suzerain, accompagnée de ses hommes, elle les devança et s'approcha de Louis de Saint-Aimé avant de ployer le genou. Après avoir beaucoup hésité, Aliénor finalement décida de paraître elle-même et de revêtir sa nouvelle tenue de chasse, faite de cuir noir et flambant neuve. A vrai dire, même si dernièrement, ses occasions de chasser n'avaient été que rares, elle avait tenu à conserver cette tenue afin de l'utiliser pour les fois où elle ne voulait pas être considérer comme une femme mais comme un seigneur à part entière. Même si certains de ses vassaux, les plus conservateurs, s'étaient montrés assez réticents à voir leur dame revêtir un pantalon, ils s'y étaient semble-t-il, finalement fait à l'idée.

- Mon suzerain, comme vous me l'avez mandé, me voici dans votre demeure. Permettez-moi de vous renouveler personnellement l'allégeance du Comté d'Aretria ainsi que des seigneuries de Karlsburg et de Wenden que je représente à la bannière de votre famille et du marquisat Sainte-Berthilde.

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Dernière édition par Aliénor de Wenden le Mar 26 Sep 2017 - 15:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Sam 12 Aoû 2017 - 1:28




« Votre Excellence! Dame Al… » Furent seuls les mots prononcés par le crieur publique, avant que ne débarque une cohorte bruyante et pressée de gens. Au nombre de dix, une clique de sentinelles en provenance du Comté Arétan ceinturait la responsable de tout ce charivari. À ça, s’ajoutait également une valetaille accompagnatrice, celle-ci cette-fois, de la demeure Berthildoise. La salle dans laquelle tout ce joli cortège termina leur course effrénée n’était nulle que le hall des doléances, imposante, éclairée et chauffée d’une multitude de cheminée ardentes et vaste comme nulle autre pièce. Au fond de ladite salle, dominait en vainqueur le trône du marquis qui, pour l’instant, n’avait de séant à accueillir! Néanmoins, son actuel possesseur était là, non loin de ce dernier, devisant avec deux généraux lourdement harnachés, eux trois profitant de l’abondance de chaleur que dégageait l’un des prospères foyers. Évidemment, leurs pourparlers furent pour le moins coupé sec par l’inopinée arrivée de la gendarmerie étrangère.

Il ne fallut point prier le régent pour que l’entièreté de son attention délaisse les deux officiers, au profit de la nouvelle Dame d’Arétria. Ainsi, il s’éloigna du trône, se positionnant au centre de l’allée centrale, fin paré à accueillir leur nouvelle invitée. Une fois à son niveau, les statues de fer ouvrèrent un passage pour que se démarque Aliénor, à laquelle Louis s’approcha d’un pas, afin de démontrer l’enthousiasme qu’il avait de la rencontrer. À première vue, il comprit d’où Roderic tira toute sa laideur : il avait à la naissance laissé toute sa beauté à sa sœur, qui franchement, n’était pas déplaisante à l’œil. Elle s’était pour l’occasion privée de robes et autres artifices féminin, préférant une tenue de monte, voir même d’homme, à laquelle Louis aurait tout à fait imaginé voir l’un des siens revêtir … Il reconnut là l’image qu’elle chercha à projeter, un peu à l’image de sa belle-sœur, lorsqu’elle s’était exprimée à leur prime rencontre comme une femme d’état, forte et capable. Bien qu’elle n’en aurait été que plus séduisante si elle s’était attifée d’un corsage ajusté, Louis dut reconnaître que son accoutrement actuel l’accommodait plutôt bien. Lui qui avait misère à gérer les belles femmes remerciait la Damedieu qu’il ne voit d’elle plus de beau que nécessaire! Au moins serait-il pour le moment adroitement capable de s’exprimer sans bégayer ou s’empourprer les joues prématurément.


« Soyez la bienvenue à Cantharel, ma Dame. » Furent les premiers mots prononcés par le régent qui, sans plus attendre, conquit la distance qui les séparait pour venir à son niveau. Là, il courba l’échine légèrement pour resserrer sa paluche bien chauffée contre les cinq doigts de la belle, ceux-là sans doute bien glacés de leur balade en plein air. Ses lèvres vinrent réchauffer le haut de sa menotte, d’un tiède baisé courtois et candide, en des salutations on ne peut plus respectueuses. « Il me peine que nous ayons à nous présenter en de telles circonstances, derechef, je vous souhaite mes sympathies pour votre frère ainsi que votre belle-sœur. » Il s’éloigna ensuite de quelques pas vers l’arrière, afin de tenir une distance respectable et convenable. « Ces mots que vous me prononçâmes à votre arrivée m’apparaissent comme une douce mélopée et enivre mon cœur. Je les accepte pleinement et vous remercie sincèrement de ce gage de fidélité incorruptible. » Louis porta sa patte contre son poitrail, au niveau de son cœur, tout en offrant à son invitée un sourire affable. « Nous aurons de sérieux sujets à aborder, vous vous en doutez, mais pour l’heure, je ne serai guère prêt à mettre en gage une seule de mes pièces dorées, que vos hommes souhaiteraient se repaître dûment! Les maîtres queux mijotent actuellement de délectables plats qui, je le crois sincèrement, trouveront preneurs en vos genses! Quant à vous, j’ai également quelque chose qui saura alléger le poids de votre dure randonnée. » Envers les deux militaires plaqués là par Louis, ce dernier leur fit signe de déguerpir d’un revers de la main, tandis qu’il s’approcha par la suite d’Aliénor. « Me feriez-vous l’immense honneur de m’accompagner ? » Toujours empruntant le ton courtois et protocolaire, sans toutefois négliger de son sourire avenant. Son bras se leva, fort et robuste, prêt à accueillir l’Arétane, si tant elle accepta l’offre.

La promenade sembla pour le moins fastidieuse, mais le castel avait ce fâcheux défaut d’être aussi immense que vaste, faisant de l’endroit désiré cible d’une bonne marche. Pourtant, ils arrivèrent à destination : ils se trouvèrent dans les hauts étages de l’établissement, où silence régnait en maître, sans être perturbé. La raison de ce mutisme était pourtant simple : seules les chambres les plus notoires étaient ici établies. Celle de Louis, d’Éléonore ainsi que de quelques généraux et autres membres illustres de l’état y étaient installées. À cela, d’autres alcôves semblèrent réservées et, ce fut là le cas des appartements d’Aliénor.
« Voici votre chez-vous, pour la durée de votre visite. Désirez-vous la visiter ? Je serai là, tout prêt à vous attendre au salon. Prenez tout le temps qu'il vous faudra. » Ajouta-t-il finalement, en pointant du doigt l’une des salles attenantes au couloir.


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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Lun 11 Sep 2017 - 13:43


Aliénor accepta bien volontiers les efforts de sympathie de son suzerain. Il avait parfaitement raison, en ces temps troublés, d'autres sujets que la bienséance allaient devoir les occuper et Aliénor voulait faire sa part, jouer son rôle dans tout ce qui allait se dérouler.

Elle prit ainsi le bras offert du marquis, posant délicatement sa main et se laissant conduire. Même si elle aurait voulu derechef traiter des choses importantes, son interlocuteur avait raison. Ses hommes mais elle également, avaient grandement besoin de repos et surtout de se délasser après avoir bravé les derniers souffles de l'hiver qui allait bientôt céder sa place à une saison bien plus charmante. Quoi que...

Après une ballade qui lui parût durer une éternité avec des dédales de couloirs à prendre - un véritable labyrinthe - ils arrivèrent à destination. Aliénor comprenait quelque peu à qui elle avait à faire. Bien que le passage entre la vie à Wenden et à Arétria qu'elle venait d'entreprendre avait été en soit une étape, ce château allait être un véritable supplice pour lui éviter de se perdre. Toutefois, elle tâchait d'accorder une grande importance aux explications que lui donnait le seigneur des lieux afin de tâcher de se repérer. Elle se doutait que de toute manière, tous ses déplacements se feraient sous escorte. Elle était devenue d'autant plus importante qu'elle était à la tête de l'armée de son père qui n'était pas des moindre au sein du marquisat de Sainte Berthilde.

Sous l'invitation de son suzerain, elle pénétra dans des appartements bien plus chauds, confortables et luxueux que ceux qu'elle avait bien pu connaître jusque là. A son entrée, Aliénor eut la surprise de passer devant une véritable armée de suivantes. Toutes ayant une tâche bien précise à accomplir pour satisfaire son bon plaisir et surtout que son séjour lui soit des plus confortables. Aliénor se demandait à la fois depuis combien de temps ces dames avaient dû rester, plantées là mais aussi si en veille de conflit d'une importance considérable, un tel gaspillage d'argent était bien nécessaire. Elle regarda chacune d'elle en leur faisant un petit signe de tête avant de jeter un oeil sur la chambre où se trouvait un grand lit douillet couvert de fourrure. Devant lui se trouvait un coffre dont elle souleva le couvercle pour y découvrir des vêtements chauds d'hivers, séants pour une dame de son rang. En face se trouvait une sorte de boudoir, une autre un peu plus loin dégageait une odeur très agréable de parfums. On pouvait entendre les femmes de chambre verser de l'eau dans la baignoire au cas où Aliénor souhaiterait prendre un bain.

Aliénor voyait là en effet le gage d'amitié que son suzerain voulait lui envoyer. La rencontre était certes délicate. A la fois parce qu'elle était une femme à la tête d'un Comté qu'elle avait dû reprendre par le glaive et non par la naissance comme se fut le cas de sa défunte belle-soeur. Il ne pouvait donc se permettre de faire comme son père le fut et la marier au plus vite. Aliénor était désormais perçue comme une guerrière sachant manier l'épée et tous ceux qui l'avaient rencontré (ou avait entendu parler d'elle) savait qu'elle ne laisserait personne usurper son rôle et qu'en mémoire de son frère et de la confiance qu'il avait mis en elle, elle serait d'autant plus encline à faire les choses par elle-même. Également, il devait composer avec la mésentente passée entre lui et l'ancien Comte d'Arétria qui voyait les Saint Aimé comme les usurpateurs du marquisat sur la base d'un mensonge éhonté. Sa fidélité au prince avait d'ailleurs été récompensée par sa nomination en tant que chancelier peu avant sa mort. Aliénor était au fait de tout cela et comprenait pourquoi le marquis semblait marcher sur des oeufs et mettait tout en oeuvre pour la satisfaire. Si elle lui demandait un flamand rose dans son salon, s'arrangerait-il pour le faire apporter ? Aliénor sourit à cette pensée. Toutefois, bien plus important la préoccupait pour le moment. Ainsi, elle jeta sur le lit son manteau excellent pour la tenir au chaud durant ses escapades hivernales à cheval mais bien trop chaud pour les nombreuses cheminées du château de Cantharel. Aidée des femmes de chambres qu'elle avait appelée pour l'aider et qui avaient accouru, elle laissa son corps à leurs mains douces et soigneuses afin de la laver, la parfumer, la vêtir et la coiffer. Elle avait choisi pour l'occasion une robe bleue assez chaude avec de la fourrure sur les épaules. Le décolleté en v de cette dernière mettait en valeur le collier de sa mère qui ne la quittait jamais. Une ceinture dorée finissait le tout. Ses cheveux semi attachés, étaient tressés vers l'arrière, dégageant ainsi son visage.

C'est ainsi qu'elle rejoignit son suzerain dans le salon qu'il lui avait montré. Le garde ouvrit la porte à son passage et elle put véritablement regarder l'homme qui lui faisait face. Ce dernier se leva alors d'un bond, semblant perturbé dans ses réflexions ou par l'entrée de la jeune femme qui avait désormais plus l'apparence d'une dame que d'un soldat.

- Avant toutes choses, je tiens à vous remercier de votre hospitalité monseigneur mais de telles dépenses sont-elles réellement nécessaires avec l'époque que nous nous apprêtons à vivre ?

Elle lui sourit poliment et même si en tant que femme, elle appréciait cette délicatesse envers sa personne, en tant que personne pratique et seigneur, elle trouvait tout ceci un peu trop pour être beau. Qu'attendait donc d'elle le marquis ?

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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Mer 13 Sep 2017 - 22:30




Alors, il dû faire preuve de patience. Le long boyau qui donnait sur les éminents appartements achevait en queue de poisson vers un salon des plus distingué. C’était l’un des endroits favori de Louis. Le carré en question, fût en fait pendant nombres d’années l’hôte de ses réflexions les plus profondes. Point au bras d’une donzelle, point à lever le coude en franche camaraderie, là était l’endroit où le jouvenceau désirait le plus se recueillir en silence, se repentir d’une bévue commise, accorder aux cinq ses pensées les plus secrètes. L’endroit était douillet, à l’image des locaux sur lesquels donnait le couloir. Évidemment, on y trouvait un âtre prospère et généreux, vaste et chaleureux, des sièges confortables à outrance, de petits guéridons servant souventefois à accueillir breuvages ou victuailles et enfin, des étagères abondantes de bouteilles alcoolisées. Équipé de son tisonnier, à secouer les braises incandescentes d’un feu qu’il venait de ressusciter d’un carcan de bois,  Louis patientait la venue de son invitée.

Les minutes s’écoulèrent sans qu’un bruit ne vienne perturber sa quiétude. Outre le crépitement incessant des bûchettes qui se consumaient à vive allure, Aliénor brilla de son absence en prolongeant son séjour en ses nouveaux quartiers. Ainsi, sans doutances s’était-elle faite au confort de ses nouvelles possessions, soit! Voilà une chose qui seyait au Régent, le confort de son invitée –ou même eut été n’importe qui d’autre- lui tint à cœur et les délicatesses qu’on réserva à la petiote semblaient abonder dans le même sens. De bonne fortune méritait-elle tant d’attentions qu’au mérite de ses nouvelles prérogatives, que nenni. Tous et toutes subissaient le même traitement, à peu de choses près que certaines délicatesses semblaient plus personnalisés dépendament de la nature de l’invitation. Voilà pourquoi les appartements du Duc d’Érac, qui autrefois aurait été traité en ennemi, furent si sobres et dénudés de saveurs lorsqu’il dû fermer l’œil le temps d’une nuitée. Aliénor, quant à elle, méritait amplement d’avantage : tout était à faire. Ils devaient à eux deux se connaître, partir sur de bases vierges, se forger mutuellement une confiance et à terme, coopérer pour le bien de la couronne. Certes cela n’était pas une menue tâche, mais lors de sa prime rencontre avec la jouvencelle, son regard lui indiqua que la besogne ne sembla pas insurmontable. Certes elle devait avoir du caractère –ils en avaient tous- , mais elle sut tout de même lui insuffler qu’elle était apte à diriger.

Enfin, deux pesants pas ferrés troublèrent le silence des lieux, laissant sous-entendre que la statue armée s’était poussée, afin d’ouvrir le passage à son invitée de marque. D’un bond, il se redressa de tout son long, afin d’enrayer la présence des fourmis qui lui chatouillaient les articulations des cuisses, à force d’être accroupi devant l’âtre. Alors qu’il alla la saluer, ses lèvres s’immobilisèrent lorsque son regard se posa sur elle. Par les cinq! Était-ce seulement la même personne qui se présenta à lui ? Cheveux coiffés –du moins, arrangés-, vêtue de beaux atours, parfumée même, il n’était plus devant lui postée Aliénor de Wenden, mais la Dame d’Arétria. En gentilhomme, il s’approcha d’elle afin de saisir candidement la pointe de ses doigts et de les étreindre en tenaille entre son pouce et son index. Quittant le confort de ses mires, il baissa la tête afin de baiser le revers de sa menotte.
« Cette nuitée me parait moins fade, maintenant que je vous vois. Vous êtes délicieuse. » Lui indiqua-t-il, non sans un sourire avenant au visage, après s’être redressé avec lenteur. Et la petiote avait du mordant, à questionner son hôte d’une question qui ne manquait pas de sens, mais qui pour certains, sans aurait été mal réceptionnée. « Mes gens travaillaient pour moi bien avant que nous soyons contraint à l’austérité. Je n’étais tout de même pas pour les jeter dehors du castel ; aussi bien dire que je les aurais condamnés à devoir se redresser de leur congédiement, à survivre pendant le long hiver! Il me plait d’avantage de leur offrir un toit sur la tête en échange de leur bon travail, même si pour parvenir à mes fins il me faut me priver. » Il relâcha enfin sa main, le visage illuminé d’un sourire bienveillant. « Prenez place, je vous en prie. » Enchaîna le régent, tout en empruntant un ton de voix affable.

À son tour, il prit place sur un des fauteuils juxtaposant le sien, en patientant qu’elle soit confortablement installée. « Ainsi j’ai cru comprendre que vos appartements vous seyaient ? À la bonne heure! Vous l’avez amplement mérité ; la route d’Arétria au Berthildois en ce temps de l’année relève d’avantage du périple que d’une balade de santé. » Et derechef, Louis réserva à Aliénor l’un de ses sourires sincère, de ceux qui laissaient comprendre le bonheur d’échanger ces quelques mots. « Et bien que j’eus préféré vous entretenir de sujets moins sérieux, nous n’y échapperons pas. De surcroît, je vous sais sortie de moult événements périlleux, éprouvants et forts en émotions, en seulement … Cela n’est pas terminé. La guerre, mon amie, elle arrive. Par tans, nous devrons mettre à exécution ce projet que nous peaufinons depuis la fin de l’automne afin de rétablir l’ordre et la justice sur ces terres. Le … décès inopiné de votre frère fait obstacle à la bonne réussite de cette entreprise qui d’ailleurs, était ardemment défendue par icelui. À titre de Comte, il occupait également la tâche du Sénéchalat et se devait de mener ses osts au combat, joignant les pavois Arétan à ceux du Berthildois et des Olysséens. » Louis marqua une pause, afin de s’assurer du bon état de son invitée. Le départ inattendu de son frère restait récent et la simple évocation d’un tel âpre souvenir aurait pu l’ébranler. « Or le printemps est à nos portes et je suis curieux de savoir ce que la Dame d’Arétria aura à répondre, lorsque son Suzerain ordonnera la levée du ban. » La question sembla détournée, mais n’en était pas moins vilaine ou ponctuée méchamment. Tout le long de son échange, il tâcha de se maintenir sur les mêmes notes : courtoisie et bienveillance.


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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Jeu 14 Sep 2017 - 9:05


Aliénor regarda avec attention le jeune homme totalement changer d'attitude à son encontre. S'il s'était jusque là toujours montré aimable et bienveillant, il s'était surtout montré courtois mais n'avait jusque là pas fait preuve de flatterie. Même si Aliénor y était certes peu habituée, elle ne se laissait pas pour autant tromper. Toujours est-il qu'il était fou l'effet que quelques jupons pouvait faire sur les hommes ! Pourtant ce n'est que du malheureux tissu... Ils n'ont cas porter ces atroces robes qui empêchent de respirer et son peu pratiques pour les tâches quotidiennes si elles leur plaisaient tant ! Elle ne voyait pas bien ce que ça changeait au fond. Toutefois elle lui abandonna quelque peu sa main, le temps qu'il désirait la posséder.

- Vous avez raison monseigneur, je n'avais pas vu les choses sous cet angle et je salue votre bienveillance envers vos gens, c'est tout à votre honneur. J'espère que vous me pardonnerez de vous avoir fait attendre mais mes vêtements étant froids et trempés par la neige, j'ai préféré éviter à mes sujets de s'inquiéter pour moi d'une éventuelle maladie en ne me montrant pas prudente.

Même si à Wenden tout le monde connaissait la bonne condition physique et la résistance à la maladie d'Aliénor et de sa famille, habitués à la rudesse du froid et de la nature, les choses avaient dorénavant changé et ce n'était plus à Wenden qu'elle résidait désormais mais à Arétria dont elle était devenue la dame, ce qui changeait beaucoup de choses. Tout le monde faisait attention à elle, la chouchoutait, ce qui avait le don de l'exaspérer. Ils avaient tellement peur pour l'avenir qu'au moindre éternuement ils étaient presque à appeler le médecin pour l'examiner et s'assurer que le Comté serait resterait correctement gouverné. Elle espérait qu'un jour ça passerait mais les prochains évènements n'iraient pas en rassurant son peuple ni ses conseillers. Seule héritière désormais de la famille de Wenden avec son neveu, la lignée d'Arétria et de Wenden s'était considérablement étiolée. Leur prudence était compréhensible et même si elle avait parfois du mal à le supporter, elle laissait faire par compassion. Elle s'efforçait ainsi de ne pas en rajouter.

- Sans vous mentir, ils sont d'un luxe auquel je ne suis pas habituée mais je saurais m'y faire mon suzerain, rassurez-vous. Répondit-elle avec humour, tout en prenant place sur l'un des confortables fauteuils du salon. Il était assez atypique de voir pareille salle dans un château, surtout à côté des chambres des hôtes de marques. Sans doute était-elle surtout utilisée pour le bon plaisir du seigneur des lieux qui aimait s'y réfugier. Elle ne savait pas trop comment recevoir du coup ce message. Il était vrai qu'ils partaient de rien, tout était à construire, la confiance, les idées, la collaboration. Toujours était qu'ils jouaient pour le moment au même jeu, un jeu que jusque là son frère menait et dans lequel elle était plongée sans crier gare. Vint ainsi le moment de venir aux choses sérieuses. Aliénor écouta le seigneur des lieux avec attention.

- Je ne le sais que trop bien monseigneur. Je n'ai même pas eu le temps d'organiser une cérémonie digne de ce nom à la mémoire de mon défunt frère que je devais déjà prendre les armes pour défendre son leg que l'on posa ensuite entre mes mains avec confiance, ou tout du moins parce qu'il n'y avait pas grand monde de confiance à qui le céder. Je connais parfaitement les idées de mon frère sur la question du ban que vous souhaiter lever. Je n'étais pas seulement sa soeur mais également sa confidente et le premier de ses conseillers. Dans l'ombre toujours bien sûr pour ne pas frustrer tous ces bons penseurs du nord qui considèrent qu'avoir quelque chose de plus entre ses jambes fait une différence.

Aliénor marqua alors une pause à la fois pour jauger la réaction de son interlocuteur sur la question mais également pour reprendre son souffle et calmer la colère qui montait à ses narines. Puis elle continua son propos, ne voulant pas torturer plus son interlocuteur par le suspens.

- Toujours est-il que je compte bien poursuivre l’œuvre de mon cher frère, même si elle déplaisait à certains. Les arétans marcheront aux côtés des berthildois et des olyséens, soyez en assurés car leur dame répondra présente lorsque son suzerain décidera de lever le ban.

Elle avait bien remarqué que son interlocuteur avait cherché à savoir si elle avait déjà nommé un sénéchal pour mener son ost à sa place durant la campagne. Elle connaissait bien la position des nordiens sur la place d'une femme dans leur société et savait que la question serait délicate. Elle savait qu'elle devait oeuvrer sur se terrain avec prudence et amener les choses correctement si elle voulait que les choses soient bien perçues et être acceptée par le plus grand nombre. Elle ne savait pas à vrai dire véritablement comment aborder les choses et la position de son suzerain sur la question serait pour le moins déterminante sur la question.

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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Jeu 14 Sep 2017 - 23:08




Louis maria ses lèvres ensembles et les pinça, retenant une moue désappointée. Si de deuil ils furent tous deux la cible, lui comparé à elle, eut amplement de temps pour s’assurer de bon déroulement des funérailles. La simple pensée de l’imaginer contrainte à s’occuper d’urgentes affaires concernant l’avenir de sa famille, alors qu’endeuillée le soutiens devait se faire plus rare que la verdure, lui brisa le cœur. Lui-même avait vécu cette éprouvante épreuve qu’était la perte d’une proche et il lui fallut du temps pour s’en remettre adéquatement. Pourtant, malgré l’empressement, malgré l’adversité, les épreuves et les conflits ; elle était là, dressée fièrement devant lui à partager son salon. Sans doutance la jouvencelle était d’avantage que ce qu’elle laissait paraître ; le nord et les contrées d’où elle se fit éduquer ne surent l’épargner, a priori. C’était pour le mieux, se dit-il après constat : Arétria était dans le besoin et ne daignerait guère refuser le soutien d’une Comtesse forte et droite.

Le dernier commentaire de son invitée souleva tout de même l’intérêt du marquis, les sourcils se rehaussant sous la surprise d’un tel propos. Il est vrai qu’au septentrion, us et coutumes n’aidaient pas la condition féminine à s’épanouir dans ce genre de travail. La guerre est aux hommes ce que les chaudrons sont pour les femmes, disait-on! Hélas pour l’endeuillée, elle se trouvait sous l’égide de Louis sans même le connaître ne serait-ce qu’une once. Savait-elle seulement que sa mère, la douce et belle Judith, était reconnue pour avoir soufflé à l’oreille de l’effroyable pratiquement tout le temps de leur union ? Au final, à la voir s’encourager elle-même à la colère, Louis tira les joues vers le haut en un sourire compatissant. Il s’imaginait qu’elle soit depuis un moment déjà, victime de quolibets froissants, de remarques désobligeantes ou même, que sa quête au trône ait été ralentie à cause de sa féminité. Normal qu’elle détienne alors pour la chose, un certain ressenti à ce sujet. Moult raisons valdinguaient à l’horizon et il ne lui aurait suffi que de tendre la main pour en saisir une et de l’interrompre aussitôt afin de redresser le tir. Plutôt, il préféra entendre le fond de sa pensée, savoir si elle saurait vider son sac en s’empourprant ou en reprenant son calme.

Comme il s’y attendit, voilà ce qu’elle fit. D’une respiration, profonde et mesurée, elle reprit contenance puis termina en exposant sa réponse en des propos on ne peut plus clairs. Des propos justement, qui rehaussèrent le sourire du marquis de plus belle.
« À la bonne heure! Jamais je n’ai douté de votre bonne foi et de votre sens du devoir, mademoiselle Aliénor. » Avait-il ajouté de suite à son annonce, tout en se redressant légèrement sous l’excitation, en son fauteuil. « Les journées à venir risque de vous paraître aussi sombres que les dernières qui vous tourmentèrent, mais je vous assure, mon amie, qu’en unissant nos forces en un Marquisat uni, nous aurons tôt fait d’enrayer la menace qui obombre la règne de notre bon Roy. Vous avez fait le bon choix. » Lui certifia le régent, toujours d’une bouille bienveillante et d’un œil brillant. Passionné, il l’était, mais en vérité ce qu’il réalisait, c’est qu’un pas supplémentaire venait d’être franchi à la réunification de Sainte-Berthilde, l’un de ses buts les plus chéri. Et aussi plaisante lui fut sa réponse, Louis se montra dans l’obligation d’ajouter quelque chose aux sous-entendus d’Aliénor.

« Toutefois, laissez-moi vous raconter quelque chose.  Lorsque j’étais jeune –d’avantage que je le suis actuellement, il va s’en dire!-, ma sœur cadette et moi-même, avons entrevu une conversation dans laquelle, elle me témoignait quelques soucis qui étaient les siens. Pour faire histoire brève, icelle se trouvait à détester sa condition de femme ; on lui expliqua que son avenir était tout finement tracé. Brillamment, on lui enseignerait les arts, la religion, la manière de se tenir, de s’exprimer, de plaire, d’enfanter et d’éduquer à son tour sa marmaille … Et c’est tout. Elle serait mariée, bien évidemment, à un seigneur puissant et prospère qui saurait apporter aux Saint-Aimé. Voyez-vous, icelle trouvait à l’époque d’autres sentiers plus alléchants que ceux dégagés pour elle, des chemins plus sinueux mais ô combien plus amusants et satisfaisants. Aujourd’hui, elle est toujours la femme qu’on attendait d’elle, la femme qu’elle se devait d’être, mais de surcroît, elle cherche à prouver sa valeur, à démontrer qu’elle a de talents autres que celui de mettre à bas, comme le ferait une vulgaire bovine. » Louis marqua une pause, toute menue, de sorte à s’assurer qu’elle l’avait bien écouté. Car la suite parlait d’avantage que sa belle histoire.

« Ce que je sous-entend, c’est que parfois les hommes sont bornés et sont inconfortables à l’idée du changement. Le Nord est statique, immuable et imposant, mais il reste à vous d’en faire autrement. Vous avez hérité de prérogatives et de pouvoirs qui vous dépassent, tout pareillement comme il m’est arrivé jadis. On me demanda de prouver ma valeur ; alors imaginez pour vous … Mais … Vous y parviendrez sans doutance, en ceci, j’en suis persuadé. Il faut seulement leur laisser du temps, prendre une bouchée à la fois, leur faire comprendre que vous désirez apprendre, ne pas forcer le taureau par les cornes, car vous y perdrez fatalement. » Louis termina ses explications en se redressant, puis en s’approchant de l’étagère bien garnie, y sortant deux coupes tout en offrant une à sa complice. « Vous buvez? »



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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Ven 15 Sep 2017 - 8:39


Les propos de son suzerain à vrai dire rassurèrent Aliénor mais la firent également réfléchir à la fois sur la conduite à tenir mais également aux obstacles qui se trouvent sur son chemin. L'un d'eux s'était mis d'ailleurs sur son chemin au milieu de ces bouleversements. Un obstacle qu'elle savait devoir refuser, d'autant plus que maintenant, les choses avaient changées et notamment sa position mais d'autant plus du fait que ce choix, si elle venait à devoir l'accepter, lui déplaisait au plus haut point. Il la sortit alors de sa réflexion en se levant pour se servir un verre et en proposer un également à son invitée.

- Oui, merci beaucoup.

Elle attendit alors qu'il lui tende un verre avant de se rassoir face à elle. Après avoir levé son verre à la santé de son suzerain et de leur collaboration, elle trempa délicatement ses lèvres légèrement rosées dans le breuvage dont le doux nectar vint caresser sa gorge et l'alcool réchauffer son âme.

- Je souhaite de tout coeur que vous ayez raison, votre Excellence. Toutefois le chemin sera encore bien long. Pour preuve, certains ne rêvent que de m'attraper dans leurs filets, tel qu'Arnoul de Stern qui ressort des fantômes du passé un vieux projet de mariage avec son petit fils Arnaud qu'ils avaient évoqué avec Roderik et que mon frère avait laissé tomber du fait de ma désapprobation. Il a été jusqu'à avoir le toupet de lui confier la charmante tâche de m'apporter le pli où il me présente ses condoléances pour la perte de mon frère, alors même que je n'étais pas au courant des faits. Ce dernier n'est d'ailleurs pas lui-même resté en reste, se sentant déjà maître des lieux, il s'est permis de pratiquement me prendre le commandement des troupes lors de la poursuite de ce fieffé félon d'Ewald puis a tâché ensuite de s'accorder toute la gloire de l'action que nous avons mené. J'ai été terriblement gênée de devoir le remettre à sa place devant tous nos alliés et vassaux. Vous comprenez aisément que je ne saurais accorder une réponse favorable à une telle demande inappropriée dans les circonstances et après une telle attitude. D'autant plus les évènements qui se présagent. J'ai le sentiment que tous voudraient me mettre la corde au cou, ou plutôt la bague au doigt pour qu'un homme dirige à ma place et se sentir plus tranquille...

Aliénor soupira alors. Étrangement, vider son sac lui avait fait le plus grand bien. Elle était exaspérée par cette attitude. Elle s'en était déjà confiée à Walther de Hohenburg, son désormais plus proche ami qu'elle avait rencontré durant son enfance. Elle pensa alors à lui, à sa situation personnelle et à son devoir envers sa famille d'épouser une femme dont il ne veut pas tout simplement pour montrer de la reconnaissance envers un seigneur qui donnait pour recevoir en retour. Visiblement, avec les Stern, ce qu'ils donnaient un jour devait se payer un autre jour. Désormais, elle était en mesure d'interférer mais ne savait pas encore quelle solution satisfaisante elle pourrait y donner afin d'éviter à son ami une situation intenable et satisfaire les prétentions du vieux Stern et de sa descendance.

Elle repensa alors à l'histoire que le marquis de Saint Aimé lui avait conté et en son fort intérieur, elle appréciait le caractère indépendant de la sœur cadette de son suzerain qu'elle n'avait pas encore eu le plaisir de connaître. D'autant plus qu'elle le partageait elle-même. On l'avait toutefois laissée dans sa tour d'ivoir et surtout de liberté sans la préparer à l'éventualité qu'elle aurait à prendre les rênes des territoires que dirigeait jusque là avec brio son frère. Elle espérait au fond trouver en son suzerain un premier allié pour faire avancer les choses et démêler ce sac de noeuds en trouvant des solutions satisfaisantes pour tous. Au final, ce serait peut être là une manière pour eux de vraiment se donner des gages de confiance et de sympathie. Une chance qu'ils n'avaient malheureusement pas eu avec Roderik qui était tout à fait préparé depuis toujours à ce qui l'attendait. Après tout, les Wenden et les Saint Aimé n'ont pas toujours été alliés par le passé, notamment à cause du père du jeune seigneur. Espérons qu'entre leurs caractères respectifs, ils arriveraient à donner une unité à un marquisat qui jusque là s'est bien divisé.

- Je souhaite leur montrer qu'ils ont tort de me sous-estimer comme ils le font. C'est la raison pour laquelle je suis résolue à mener moi-même mes troupes dans la campagne que nous nous apprêtons à mener, comme mon père et mon frère l'ont fait avant moi. Quel seigneur serait-je si je n'étais pas capable de donner de moi-même, de verser éventuellement de mon propre sang, pour des causes que nos ost défendent ? Comment puis-je exiger de mes hommes qu'ils se battent si la personne qui les dirige n'y va pas elle-même ? Me soutiendrez-vous dans cette démarche monseigneur ?

Sans s'en rendre compte, tant cette demande lui tenait à coeur, elle avait pris la main de son interlocuteur dans la sienne afin d'appuyer un peu plus sa demande. Elle ne le suppliait pas (un Wenden qui supplie a-t-on déjà vu pareille chose ?) mais elle sentait qu'au fond, elle avait autant besoin de lui que lui d'elle afin de parvenir tous deux à leurs objectifs. Leurs deux familles seraient-elles enfin sur le chemin de la réconciliation ?

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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Mer 20 Sep 2017 - 5:34




Ainsi, à peine portait-elle –pour le moment- la couronne de Comtesse, que les soucis lui tombaient sur la tête comme la misère sur le pauvre monde … Une bien triste réalité quand on considère l’ampleur des épreuves auxquelles elle dût surmonter depuis son arrivée en politique. Hélas pour elle, il ne pouvait en être autrement, car pouvoir et discorde sont deux choses indissociables. Et les vassaux, gouvernés non point par leur souverain mais plutôt par les ambitions, agissent par souventefois comme des bambins mal éduqués, cherchant à se quereller à la seconde qu’on ne s’occupe plus d’eux. Louis en avait pour sa part vu les désastres que pouvaient causé la discorde au sein d’un même peuple, lorsque l’ambition démesurée, jalousie à outrance ou soif associable de vengeance pointait le bout du nez. Au fond de lui, Louis plaignait son invitée … Elle ne méritait pas tel sort. Il aurait sans doute mieux valu pour elle qu’elle se contente de Wenden, là, au moins, aurait-il pu s’occuper de ses affaires et la nuitée venue, dormir à poings fermés sans être harassée par ces prenants soucis. Évidemment, il se pouvait qu’elle ait épousé la décision de se faire Comtesse dans le but de s’élever, peu importe le fardeau qu’il en découlait. C’était même plus que probable, se dit Louis … Mais à l’entendre, à étaler là sur un plateau doré, la profondeur de ses tourments sans même se demander s’il était possible que le Saint-Aimé en tire profit, il se dit qu’elle était peut-être propriétaire d’un bon cœur. Un peu comme le sien …

« Arnoul de Stern … » Lança Louis tout bas, en venant gratouiller son menton habité de poils hirsutes, résidus d’une barbe mal taillée. « Ainsi l’antiquaille se sent rajeunir, à tenter un retour en politique. Voilà qui est assez gauchement entreprit de sa part ; n’avait-il pas conscience qu’il avait à faire à une Wenden ? » Chercha-t-il à lui faire s’éloigner l’angoisse qu’elle semblait entretenir au sujet à l’aide d’un trait d’humour. « Vous êtes désormais Régente, rien ni personne ne peut vous tordre la main à accepter telle proposition, mon amie. Quel que soit le levier dont il cherche à user afin de vous faire chavirer, le pauvre ne s’en retrouvera que les lombaires encore plus amochés qu’ils ne l’étaient! Et si de malchance il arrivait toujours à vous faire douter, sachez ceci ; je ferai tout en mon pouvoir afin que règne la paix sur le Marquisat, ceci incluant fort évidemment vos terres que vous chérissez tant. » Louis marqua une pause afin qu’elle comprenne le sérieux de sa réplique, le regard évidemment sincère mais ponctué d’une once de sévérité. « Quant à l’idée de vous brider d’une quelconque manière, disons que la chose est plus délicate. Quel que soit l’amour que vous portera votre peuple, les Nordiens sont attachés aux coutumes ; ici voyez un homme diriger et non une femme, comme le font certains au Sud. Aussi vraie que le jour lèvera demain, ceci est une chose certaine. Cependant, rien ne vous empêche de contenter les apparences sans toutefois restreindre vos envies et ambitions. Vous me dites vouloir diriger, prendre des décisions et participer à l’avancement de votre Comté, alors soit! Prenez époux à votre bras et faites de lui, en arrière-boutique, la femme. Vous contenterez le peuple le jour et dirigerez le soir ; voilà comment procède les femmes fortes, car le jugement des hommes est parfois injuste et fort bien trop cruel pour les affronter pleinement. Judith ma mère, quoi que l’on en dise, faisait ainsi et autant en fût de votre belle-sœur Iselda, pour le peu que j’ai connu d’elle. »

Sa main couvrit la sienne, comme pour la rassurer candidement, puis il poursuivit en inspirant profondément, comme s’il trouvait ses conseils d’une tristesse à mourir.

« Évidemment, cette voie n’est pas tracée pour toutes ; vous pouvez faire comme bon vous semblera et tracer votre chemin tel qu’il vous plaira. Il n’en restera à vous qu’à affronter les embuches qui s’y dresseront. Mais soyez certaine d’une chose ; assurez-vous d’avoir de l’aide, si l’occasion d’en solliciter venait à se produire. »


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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Sam 23 Sep 2017 - 20:23


Aliénor sourit au contact chaud et rassurant de la main de son seigneur. Ses paroles en parvinrent à la rassurer énormément sur des questions qui la hantaient depuis que l'on avait fait d'elle la régente de son neveu. Elle écouta avec intérêt ses sages paroles. Elle s'était sentie jusque là si seule et tellement sollicitée, parfois forcée presque notamment par le vieux bougre de Stern qui semblait profiter du manque flagrant d'expérience de la dame de Wenden pour faire son trou et devenir plus fort. Il était fort agréable de se sentir moins seule sur ces questions et de pouvoir demander conseil.

Elle sourit aimablement en signe de gratitude, tout en retirant doucement sa main. Les histoires de mariage étaient des questions hautement importantes qui pour une femme, et en particulier une femme libre avec autant de responsabilités que celles d'Aliénor, étaient une profonde source d'angoisse. Autant pour un état il s'agissait de renforcer des alliances ou d'agrandir des terres, autant pour une femme il s'agissait de changer radicalement de vie. Une nouvelle maison, une nouvelle terre, une nouvelle famille, de nouveaux gens, de nouveaux sujets, de nouvelles coutumes. Tout changeait alors et Aliénor comptait bien ne pas subir le choix d'un autre mais faire son propre choix. Elle n'était pas une femme romantique mais elle savait exactement ce qu'elle voulait et si ce n'était pas forcément l'amour c'était à la fois la liberté et le respect.

Elle se demandait ainsi ce qu'il en était pour le marquis de Saint-Aimé. Avait-il un projet de mariage en négociations? Etait-ce une question qui personnellement en tant qu'homme, le préoccupait autant qu'elle en tant que femme ? Malheureusement ces questions resteront en suspens car elles n'étaient pas du genre à se demander, encore plus entre personnes qui ne se connaissaient pas et qui se rencontraient pour la première fois.

- Outre vos devoirs, entretenez-vous une passion monseigneur ?

Oui elle passait du coq à l'âne et alors? En vérité, elle voulait éviter que les questions qui taversaient son esprit ne dépassent sa pensée et ne partent au-delànde ses lèvres. Elle se leva alors afin de rompre un peu avec cette proximité qui s'est installée entre eux pour aller trouver la chaleur des braises que son suzerain avait attisé il y a peu. Elle se perdait dans ses pensées. Il était difficile de jouer à un jeu de pouvoir dont elle ne connaissait pas vraiment les règles. La théorie avait l'air bien plus facule mais en pratique, elle sentait que les seigneurs n'en faisaient qu'à leur tête, lui imposant parfois leurs volontés sans qu'elle ne puisse trop rien dire sous peine de la menacer de remettre en cause sa régence. Elle était déjà fatiguée de cette attitude au final plutôt lâche et allant à l'encontre de tout progrés. Elle se sentait bien souvent piégée. Ne pouvait-on pas la gratifier d'un mode d'emploi manuel sur comment tenir une bonne régence?

Elle savait bien que son suzerain ne pourrait lui apporter toutes les réponses mais elle sentait tant qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur que c'en était profondément angoissant.

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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Dim 24 Sep 2017 - 0:16




Que personne ne s’y méprenne, Louis était toujours sous le joug de l’inexpérience et se devait chaque journée qui défilait de composer avec ce défaut. Une chose néanmoins restait, ce dernier s’efforçait de mettre à profit ses maigres connaissances, grappillées sur le volet tandis que s’enchaînaient pour lui aussi les épreuves. Ah, certes, s’il devait comparer son parcours à celui de la belle Aliénor, icelui eut au moins la bonne fortune d’être en mesure de voiler son ilotisme en profitant de la sagesse de son entourage, chose qui hélas, était impossible à son invitée esseulée par le deuil. Elle saurait apprendre bien assez prestement, se dit-il, alors qu’elle joua cartes sur table et qu’en retour des paroles de Louis, elle lui fasse le témoignage de son bonheur d’un franc sourire.

Et si elle croyait avoir les deux pieds dans des bottes moins promptes que les siennes, par rapport aux questions du mariage, elle se trompait. Car Louis aussi avait pour sa part son lot de pesants soucis. D’une part, la question avait été soulevée par l’éminent Brochant, supposant qu’il n’était pas impossible que la main de sa sœur soit encline a être livrée à Louis, liant de facto, leurs deux puissantes maisons. D’une autre part, les conseils de sa maintenant bonne amie Alanya, firent leur bonhomme de chemin en se frayant une place confortable entre sa raison et sa fougue et son sens du devoir. Il devait lui aussi prendre pour épouse quelqu’un, de manière imminente même! Car là était-ce la seule bonne chose qu’il se devait d’être fait : obtenir un héritier et du même coup, le soutiens d’une famille notoire qui saurait soutenir la sienne, autant monétairement qu’en hommes armés de piques. Couronnez ces deux sentiers peu désirables par les efforts qu’il se devait de fournir afin de freiner les ardeurs de son cœur, qui battait son plein pour une paires de gambettes qui ne saurait rien lui apporte autre que d’avantages de soucis!

Mais trêve de bavardage, ces propos lourds de sens ne méritaient plus d’être soulevés aussi tardivement. Aussi préféra-t-elle se redresser pour noyer ses pensées dans les braises incandescentes de l’âtre, se recroquevillant devant la source chaleureuse. Là, lui faisant dos, son regard tantôt bon et bienveillant changea, devenant du coup un brin plus analytique. Des restants de gêne à propos de la gente féminine, sans doutances, faisaient derechef surface pour l’empêcher d’en faire autant lorsqu’il se devait de soutenir le regard de la jouvencelle. La lumière qui se dégageait du foyer agissait comme un halo autour de son athlétique silhouette, aiguayant au même instant ses courbes brillamment atténués par son délicieux affublement. Puis, il papillonna ses cils, comme s’il venait d’entendre l’écho de sa question à retardement.
« Oh … Des passions, dites-vous? Et bien … » Il réfléchit, car la question demandait tout de même de s’y pencher. Qu’aimait-il faire qui ne concernait en rien ses obligations, son devoir ainsi que ses responsabilités envers et devant le peuple ? « Je me passionne des techniques de bretteurs. Je sais, le régent et possible Marquis de Sainte-Berthilde ne devait pas un jour de son vivant devoir lever l’acier, mais cela me passionne tout de même. Du plus loin que je me souvienne, feu mon père –que la Damedieu le garde- m’expliqua que la chose était dans la famille une tradition plus ancienne encore que ne l’est ce castel. Alors … Peut-être, sous les encouragements de mon père, ais-je inconsciemment désiré performer en la matière. »

Ah, nombres d’autres activités lui vinrent à l’esprit, mais en choisissant celle-là, il se demandait s’il n’allait pas attirer l’intérêt de celle qu’on connaît comme fougueuse et impétueuse, prompte elle aussi à se guerroyer, comme un homme s’il le fallait même. « Qu’en est-il de vous, ma bonne amie? »

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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Lun 25 Sep 2017 - 20:00


Aliénor se tourna légèrement vers son suzerain pour écouter sa réponse. Un bretteur ... sérieusement ? C'était en effet assez inhabituel comme passion. De manière générale, ceux qui passaient leur journée à user de ce domaine en avaient leur métier sans forcément en avoir fait le choix d'ailleurs mais bien souvent pour reprendre une affaire familiale ou tout simplement par manque d'argent. Il était inusuel qu'un seigneur en fasse une passion. Toutefois celle-ci n'était pas tellement différente puisqu'en vérité il s'agissait de perpétrer une tradition familiale. Aliénor toucha alors son collier tout en regardant de nouveau les braises. Ses yeux se perdaient dans le crépitement du bois partiellement carbonnisé. La famille... Parfois ses parents lui manquaient terriblement. Ils n'étaient désormais plus là pour la guider, lui prodiguer leurs sages conseils ni même pour tout simplement la soutenir et lui montrer leur affection. C'était dur, si dur maintenant que Roderik n'était plus là non plus. Si encore elle avait pu garder espoir... Toutefois l'ouverture et la communication de son serment avaient tout dit. Il n'y avait aucun espoir à conserver contrairement à sa disparition au champs de bataille qui avait emporté leur père avec beaucoup d'autres pères, maris, fiancés et frères... Que restait-il des Wenden aujourd'hui? Plus grand chose... Du noyau dur de la famille seulement elle était encore là comme si une mauvaise malédiction plannait au-dessus de leurs tête. Mais heureusement l'avenir au moins était sauf pour le moment avec son neveu. La lignée n'était pas éteinte et elle fera tout ce qui lui sera humainent possible pour l'éviter.

Soudain la question du maître des lieux appela son attention. La réponse était quelque peu une évidence. Elle se tourna alors vers son interlocuteur. La lueur du feu venant s'accorder avec la couleur pourpre de ses cheveux, d'aspect bien disciplinés mais en vérité sauvages. Ses yeux verts reflétaient la chaleur rebelle du feu, contrastant nettement avec son aspect conventionnel. Sa personnalité brillait commenune aura malgré en dépit de son apparence des plus sages.

- J'adore la chasse. Je chevauche pendant des heures dans la nature, relève mes pièges. Je marche aussi souvent dans les bois quand les pièges ne sont pas accessibles à cheval. Je me sens ... (prend une bouffée d'air) libre... (souffle) tellement libre. C'était comme si rien n'avait d'importance. Tous mes soucis, les poids qui pèsent sur mes épaules, n'ont plus aucune importance. Je n'y suis pas dame de Wenden ou régente d'Arétria. Je suis juste Aliénor et ça le fait un bien fou. Mon père m'avait appris à chasser et je vous avoue qu'au début j'utilisais la chasse comme une excuse pour passer autant de temps que je le pouvais près de lui, lui montrer qu'il n'avait pas besoin d'un garçon, que j'étais là. Puis avec les campagnes j'ai peu à peu commencé à apprécier de continuer seule mais en soit mon père est toujours avec moi. Là... (elle désigna de sa main fine et gracieuse le rubis de son collier sous lequel se trouvait son coeur) Maintenant j'y trouve beaucoup plus de plaisir mais depuis que je suis régente, je n'ai eu que peu de temps libre. J'ai été beaucoup sollicitée. J'espère qu'avec le temps, après la guerre, les choses se tasseront. Surtout ces questions de mariage qui me hantent, je vous l'avoue.

Elle sourit légèrement à son suzerain avant de retrouver sa tristesse précédente. Elle se retourna alors vers le feu mais cette fois comme pour cacher sa faiblesse.

- Vous au moins, vous avez le choix. Vous croulez sous le propositions et vous n'avez plus qu'à retirer du lot celle qui vous convient le plus. On tente de m'imposer un mariage qui ne me convient pas et vu le personnage, il ne faudra que peu de temps pour qu'on ne mette au-dessus de ma tête la remise en question de ma régence comme épée de Damoclès si jamais j'ose faire l'affront de refuser. J'aimerais avoir un autre choix, assez avantageux dans un sens comme dans l'autre pour contrecarrer ces plans et je me sens tellement impuissante de ne pas en avoir... Ces questions viennent bien trop tôt, précipitées par la levée du ban... Je sens que je vais devoir accepter... Malheureusement, je ne vois pas d'autre issue. Je dois préserver l'unité d'Arétria pour garantir à mon neveu de diriger une terre pérenne et solide.

Quelques larmes alors coulèrent silencieusement le long des joues halées par le soleil de ma jeune dame de Wenden. Elle se sentait désespérée de devoir ainsi sacrifier sa vie et sa liberté pour le bien d'un petit être dont on ne savait même pas s'il allait survivre à l'âge adulte...

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Dernière édition par Aliénor de Wenden le Mar 26 Sep 2017 - 15:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Mar 26 Sep 2017 - 2:40




La vénerie, la tenderie, la fauconnerie même, avaient en commun non seulement d’appréhender un animal afin de le dépecer et à terme, de le dévorer, mais aussi étaient tous métiers d’homme! Voilà qui ne vint guère désorienter le jeune Saint-Aimé, car avant même qu’elle n’eut l’audace de se montrer sous son vrai jour, icelui entretenait en son encontre quelques doutes sur le sujet. La fougue qui brûla en ses yeux d’ailleurs en avait fait frissonner plus d’un, lors du conflit auquel le trône d’Aretria fut soumis récemment, disait-on! Un homme était enchaîné en elle, prisonnier et garrotté de la tête aux pieds dans un corps exquis et féminin à souhait. Elle s’exprimait comme une femme, agissait comme tel, mais pensait comme un homme. Pouvait-on le lui reprocher, elle qui avait été élevée au cœur de la Malelande? Cela faisait sans doute parti de son charme, crut-il, à la voir s’exprimer avec autant de passion. « Vous aurez tout le temps du monde pour récolter vos collets, une fois notre sainte entreprise achevée. Je vous en donne ma parole, mon amie. » Son sourire s’étira derechef, toujours aussi avenant qu’il savait l’être, tout en terminant le contenu de son godet. « C’est une noble activité et quoi que l’on en dise, cela est tout à votre honneur. Je m’imagine bien vous voir chevaucher non pas aux côtés des traqueurs, mais devant eux, fin parée à leur démontrer une part de votre savoir-faire. » Plus doux, son sourire s’attendrie à cette idée, comme s’il n’avait en lui jamais entretenu d’idées misogynes à ce sujet. « Et que dire de la fierté de votre père, s’il voyait les efforts que vous fournissez pour honorer la mémoire de votre patronyme … Les mots manqueraient probablement, pour décrire la joie qu’il vous témoignerait, de vous voir là où vous êtes, confortablement assise sur le trône d’Arétria. »

Enfin, qu’importait les mots qu’il lui témoigna, ils ne seraient ce soir-là d’aucune utilité et n’agiraient pas en baume sur les maux qui mutilaient son pauvre cœur d’orpheline. Au moins serait-il bonne oreille pour elle. L’écoute à elle seule pouvait paraître bien pauvre, mais trouvait tout de même moyen d’apaiser la douleur de quelques tourments. Ainsi elle récita plus longuement la teneur de ses soucis, sans qu’il ne pipe le moindre mot. Lorsqu’elle acheva, il désira venir à sa rencontrer, lui offrir un peu de soutiens : n’était-il pas son devoir d’empêcher toute femme de verser les moindres larmes? Son cœur le désira franchement, mais la raison prima : ils n’étaient à ce point pas encore de vrais amis et, une proximité abondante aurait sans doute compromis leur relation de vassalité. Sa mâchoire se crispa tout de même, sans feinter d’être touché par les émotions qu’elle tenta vainement de maquiller. Alors, après un moment il chercha à lui faire comprendre ces quelques mots à saveur rassurante : « L’on n’a que très rarement les mains liées, Aliénor. Chaque choix que vous ferez en votre vie sera le vôtre, qu’importent les conséquences. En ce sens, si vous vous sentez oppressée par cette demande, rien ne vous empêcher de la décliner d’un revers de la main. Plutôt que de vous pencher sur le choix à prendre, penchez-vous d’avantage aux conséquences et aux manières de les amoindrir ou de les esquiver. Le ban n’est pas pour demain et cela, je vous le dit céans car je suis celui qui l’ordonnera. Il vous reste du temps. De surcroît, dans la mesure où je peux m’assurer de votre allégeance envers le Berthildois et de quiconque y détient la couronne –en l’occurrence, le Roi régenté par un Saint-Aimé-, soyez assurée que mon soutient sera des plus total envers vous. L’unité d’Arétria ne doit pas tenir sur des menaces éhontées, mais plutôt sur de plus saines bases. »


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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Mar 26 Sep 2017 - 16:18


Sous les propos se voulant rassurants du marquis, Aliénor passa du doute à l'amusement à la tristesse. Son père... qu'aurait-il pensé de ses dernières actions ? A vrai dire, Aliénor n'avait même pas pensé cela lorsqu'elle avait pris les armes. Il était tellement logique de prendre les armes pour défendre sa famille qu'elle n'avait pas hésité un seul instant. Est-ce que son père aurait été fier? Elle ne saurait le dire car de son vivant, le paternel de Wenden avait toujours été dans l'idée qu'une femme devait rester à sa place. Peut être aujourd'hui se dirait-il qu'Aliénor avait justement bien fait d'être partout sauf à sa place à Wenden? D'aller s'entraîner avec le maître d'arme en même temps que Roderik afin d'apprendre elle aussi l'art de la guerre, de chasser avec les vassaux de son père, de jouer petite avec les paysans. Elle avait fait tout cela et pourtant, contrairement à son frère avant elle, elle ne se sentait pas prête à ce qui lui arrivait. Sans doute au fond que lui non plus mais il avait appris aux côtés de père qui l'avait tenu en observateur des frands évènements se déroulant à Wenden. Il était parti en campagne avec lui pour voir comment une guerre se gagnait ou de quelle manière on relevait le moral des troupes en cas de défaite. Tout ceci avait été tenu étranger à Aliénor et au final, elle aurait bien aimé en être elle aussi car aujourd'hui elle se sentirait beaucoup plus prête à affronter les Stern et autres vassaux à l'âme guerrière. Elle écouta d'une oreille assez distraite les paroles de celui qu'elle tâchait d'apprendre à connaître sans avoir pour autant l'impression de véritablement y arriver. Soudain ses paroles sur l'unité d'Arétria la tirèrent de ses pensées. Elle se redressa alors et se retourna vers lui. Elle plongea alors une nouvelle fois son regard dans le sien et retourna s'asseoir face à lui, comme électrocutée.

- Monseigneur, c'est justement ce que je tente de faire, préserver l'unité du Comté d'Arétria sur de bonnes bases. Néanmoins le problème ne vient pas seulement d'Arétria, le problème vient de tout le nord qui n'attend qu'une chose : la guerre. Afin de s'occuper, de partir aussi à l'aventure. Contre cela je ne peux rien. Je vous remercie beaucoup de votre soutien mais je voudrais simplement éviter qu'Arétria ne sombre encore dans les abymes des conflits vassaliques pour la couleur de mes jupons. Que feriez-vous donc si vous étiez à ma place?

Elle se montrait des plus sincères envers le marquis. Peut être n'était-ce pas là une attitude des plus convenables envers son suzerain mais elle sentait que l'on se jouait cruellement d'elle et de son manque d'expertise à des dessins plus personnels et elle ne l'acceptait pas. S'il y avait une chose qu'Aliénor fustigeait au plus haut point, c'était bien l'injustice et le manque d'honneur. L'un provoquant généralement l'autre.

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MessageSujet: Re: [ Wenden ] Une invitation cautionnée par le deuil.   Mar 12 Déc 2017 - 20:13




L’odeur de l’ironie planait dans l’endroit, alors que la toute jeune régente demandait conseil au tout aussi jeune régent de Sainte-Berthilde. Tout à coup, il se sentit vieillir de quelques années, insufflé par un élan de maturité auquel il se ferait plaisir de faire le partage à son invitée de marque.

« Nos places échangées, je crois que je resterais intègre. Je vous ai vue, arriver la tête haute et digne, prête à prendre vos responsabilités en mains et les mener à terme avec brio. Vous êtes faites pour diriger, du moins, vous le paraissez. Mais ce trait de personnalité n’en reste pas moins problématique, vu le bout de chair qui vous fait défaut entre les cuisses. » Le ton était gras et les propos tout autant, mais s’y était pris de la sorte afin de souligner l’idiotie de ce préjugé envers la gente féminine. « Néanmoins, la tâche bien que délicate, est surmontable. La solution si je peux vous la suggérer, est de tempérer vos ambitions. Point d’y faire une croix, mais de prendre le temps qu’il faut afin que petit à petit, vos gens vous connaissent d’avantage et que, naturellement, ils commencent à vous voir comme la dirigeante que vous êtes. Entourez-vous de conseillers, faites belle figure à leurs côtés et témoignez leur de l’intérêt. Ils y verront alors que vous n’êtes pas née de la dernière pluie et qu’ils pourront par tans, vous accorder la confiance que vous souhaitez tant. »

En bref, il y avait possibilité pour elle de devenir la femme qu’elle désirait, mais elle devait donner le temps à ses gens d’accepter l’idée. Elle ne pouvait se résoudre à faire passer la bouchée à un peuple aussi dédaigneux de la chose, cela était pour l’instant bien improbable. Néanmoins, apprendre à aimer et apprécier était la capacité des humains, quels qu’ils soient. « Mais tout cela, vous le saviez sans doute sûrement. J’ai raison? » Louis se douta de la perspicacité de son interlocutrice et ne cherchait en rien à la prendre de haut. Sans doute était-ce la manière du faon à démontrer ses intentions amicales.


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