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 Puisqu'il le faut. [ Éléonore - Aurel ]

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Puisqu'il le faut. [ Éléonore - Aurel ]   Jeu 10 Aoû 2017 - 3:22




Au cœur du Berthildois bourdonnait une joie de vivre que certains n’arrivèrent totalement à saisir la cause. La roture eut son lot de malheurs durant le long hiver, ça, personne ne pouvait le nier. Tous essuyèrent tempêtes après tempêtes, pelletèrent à s’en faire pousser des cloches sur les mains, bûchèrent à en rompre l’acier de leur hache et endurèrent un nombre aberrant d’ennéade de vache maigre! Alors, peut-être furent-ils guillerets au simple constat qu’il n’avait ni neigé, ni venté depuis trois journées entières ? Tous profitèrent du beau temps comme d’une drache passagère et spontanée lors des temps de sécheresse! Frais, ça, oui, toujours! Mais au moins, la froideur avait-elle l’avantage de ne pas être honnie, puisque les vents semblaient favorables et que, de surcroît, le soleil plombait. Enfants comme adolescents prirent tôt aux matines les jambes à leur cou et dévalèrent la citée jusqu’à trouver endroits propices à la glisse, à la construction de forts et aux envolées de balles de neige. Quant aux adultes, évidemment, ils n’eurent autre choix que de continuer à gagner leur vie, bien qu’en ces trois jours d’agrément, certains s’octroyèrent de changer de métier, passant d’un métier quelconque à marchant. Le troc revint à la mode et nombres y trouvèrent leur compte, échangeant pain et grain contre de douillets vêtements, par exemple. Oui, Cantharel vivait une effervescence telle que l’ombre d’un moment, on arriva presque à en oublier que le long hiver n’était pas ponctué de la sorte par hasard ; loin était encore le moment où on en verrait son dénouement.

Au castel, ce fût presque semblable : à toute chose près que les gens ne crevaient pas de faim, ni plus qu’ils devaient se débattre pour sortir de chez eux, une fois le soleil levé. Là, plutôt que de s’adonner au troc ou aux gamineries, certains entraînements furent à l’extérieur, les petons bien enlisés dans la merdasse immaculée. Ou encore, femmes comme autres bourgeois visitaient quelques coins du passé, oubliés depuis la tombée des premiers flocons ; jardins, sentiers éloignés et autres endroits condamné sous la pesanteur des collines laiteuses. Pour l’unique fois depuis l’arrivée de cette triste saison, l’enceinte du castel semblait se vider de ses gens, le babil incessant s’amenuisait, le charivari des servants et autres obligés faisait preuve de discrétion, tandis que même aux endroits les plus prisés, on aurait pu y voir voler une mouche! Voilà l’hiver auquel le commun du Berthildois était habitué de subir, une température qui ne frôlait guère le ridicule, comparé à la mascarade qu’ils subirent depuis les premiers instants de Vérimios.

Au soir du troisième jour d’allégresse, Louis ordonna que se passe au château un sobre bal, afin que la bourgeoisie puisse célébrer ensemble la miséricorde dont la Damedieu leur accorda. Dans la grand salle, décoration hivernales furent disposées et mises de l’avant afin de rappeler que le printemps sommeillait toujours, en l’attente des fontes. Flocons géants, banderoles immaculées, lustres argentés et autres fioritures agencées au thème, tout sembla paré à l’accueil des convives. Ce ne fût que plus tard, alors que tous commencèrent d’ores et déjà à deviser sur tout et rien, qu’un crieur quémanda le silence afin de faire l’annonce de l’arrivée du Régent.

« Seigneur et Prieur de Saint-Aimé, Seigneur de la Toranne et d’Érignac, Louis de Saint-Aimé, votre Régent! » Alors le jeune Saint-Aimé fit son entrée, non sans être acclamé et enterré sous les applaudissements des riches convives. Armé de son fidèle sourire avenant, le cerf salua à son passage quelques bonnes connaissances, de même que de ses amis les plus chers. Au passage, il attrapa la main d’une jouvencelle qui lui barra le chemin, tant elle cherchait à se faire remarquer. Oh, comme il eut désiré la chasser sèchement! D’une claque sur le pif il l’aurait envoyé valser, qu’elle aille chialer à son père la joue bien rosie, au moins aurait-il connaissance de son manque éducationnel!

Il n’en fit pourtant rien. Plutôt, il lui cueilli la main, courba le rachis puis épousa l’extrémité de sa menotte à ses lèvres, afin de lui déposer un candide baisé. Chose faite, il ne se débarrassa de cette main qu’une fois qu’il l’avait guidée hors de son chemin, afin qu’il puisse atteindre son trône, là où il pourrait observer de haut les danses à venir.

Le tout aurait été parfait, si seulement sa sœur pouvait lui faire le bonheur d’arriver avant la fin …


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Eléonore de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Puisqu'il le faut. [ Éléonore - Aurel ]   Jeu 10 Aoû 2017 - 19:47


Enfin un peu de calme. Ou plutôt, avait-on déplacé l’agitation. Mais elle s’entendait de nouveau vivre au sein du château et cela lui faisait un bien fou. Mieux, elle était en joie ! De voir tout ce monde sortir pour profiter des rayons de soleil, ce qu’elle même ferait sans doute un petit moment, ne pouvait plus la ravir. Elle s’était d’ailleurs habillée de telle sorte qu’il n’était pas possible de manquer son enthousiasme. Surtout après le décès douloureux de son père, son deuil qui n’avait semblé pas finir et l’hiver glacial et terne qui s’était installé par la suite. Elle n’avait revêtu que du noir ou du brun, parfois rehaussé de quelques broderies rouges ou bleues, d’une couleur jamais trop vive. Elle aimait perdre son esprit dans la neige, le laisser glisser sur les étendues immaculée et s’envoler avec les flocons qui semblaient danser. Seulement, elle était aussi lassée du froid constant, d’être cantonnée au château avec tous ses habitants parce que l’extérieur était impraticable et elle se languissait de l’arrivée du printemps.

Mais pour cette journée et celles qui les avait précédées, elle avait passé une robe verte, puis une bleue foncée, puis aujourd’hui une carmin. C’était une de ses préférées, qu’elle ne mettait qu’en automne ou en hiver généralement. La couleur se prêtait peu aux saisons chaudes et aux centaines de fleurs qui venaient alors d’éclore. Elle avait demandé à ce qu’on remonte ses longs cheveux en un chignon travaillé et elle avait laissé quelques mèches s’en échapper pour encadrer son fin visage. Eléonore s’était longuement regardé dans le miroir, jaugeant son décolleté, son cou finement dessiné, ses lèvres dont elle avait encore rosie la couleur, son nez délicat, jusqu’à ses yeux profondément bleu. Elle était belle, elle le savait. Ses traits étaient fins, comme si on avait passé des heures à les façonner pour les rendre toujours plus harmonieux, plus élégants. Elle se réjouissait de n’avoir pas hérité de la carrure de son père. Quand elle avait jugé que plus aucune poudre ni que plus aucun bijou ne manquait à sa tenue, elle était sortie avec le sourire aux lèvres et avait salué les quelques personnes qui restaient encore dans les couloirs. Elle appréciait grandement le vide et le calme, tous relatifs, et elle s’était mise en tête de trouver son mestre pour un débat théologique qu’elle désirait depuis le lever.

Elle avait fini par le trouver dans son office et elle l’en avait tiré, sans aucun mal, pour l’emmener dans un coin de la bibliothèque qui était particulièrement lumineux aujourd’hui. Son mestre l’adorait, il la connaissait depuis quelques années maintenant, sans doute sept ou huit elle ne se souvenait plus du début de son enseignement avec lui, et à mesure qu’elle grandissait, il lui cédait de plus en plus de choses. Peu importait ce qu’il faisait alors dans son bureau, elle voulait quelque chose de plus important. Elle était plus importante. S’il avait fait semblant de grommeler, de ne pas être heureux de la voir ainsi débarquer, elle savait qu’il n’en était rien et elle le dérida en quelques petits traits d’humour. Alors qu’elle venait d’en finir avec son mestre et, bien entendu, qu’elle restait complètement pensive, elle se rappela qu’aujourd’hui, Louis avait organisé un bal.

Retournant aussi vite qu’elle le put dans ses appartements, elle appela ses servantes pour réarranger sa tenue. Ses cheveux étaient à refaire, plus de bijoux et plus de finesse, elle voulait qu’on lui trouve plus élégants collier et bracelets, qu’on lui remette au cou et aux poignets une touche de parfums, tandis qu’elle repassait de la poudre et de la couleur sur son visage. Elle n’autorisait personne à le faire parce qu’elle le faisait mieux que personne. Sans doute aussi parce qu’elle adorait le faire. Elle ne changea pas sa robe mais il fallut lui mettre un autre jupon, le noir était trop terne et elle préférait adoucir sa tenue avec un vieux rose. Il relevait ainsi les couleurs de son visage et ne le fondait plus dans sa chevelure de jais. Pour tout dire, elle était rayonnante. Comme à son habitude, elle aimait qu’on la voit, qu’on la remarque et qu’on s’émerveille de sa beauté. Elle aimait voir dans les yeux de son frère la fierté qu’il avait à la présenter à tous, même s’ils la connaissaient déjà, et elle savait qu’il la suivrait des yeux tout au long des festivités. Autant qu’elle soit agréable à regarder !

Quand elle arriva enfin dans la grande salle, le bal allait déjà de bon train. Elle jeta un rapide coup d’oeil à la décoration en se disant intérieurement qu’elle aurait pu faire mieux mais que ce n’était pas non plus désastreux. Restant un instant en retrait, elle observa d’abord les convives, essayant de remettre un nom sur les visages. Certains vinrent très rapidement, tandis que d’autres restaient complètement flous. Les connaissait-elle même ? Elle n’aurait su dire. Mais une fois qu’elle eut terminé son repérage, elle se dirigea vers Louis qui venait de lui sourire. Lui donnant une légère révérence en pliant les genoux, elle lui sourit avec joie.

 - Seigneur de Saint-Aimé, mon régent. J’espère que je n’arrive pas trop tard, il m’était complètement sorti de la tête que le bal devait avoir lieu ce soir. J’espère être assez apprêtée, je me suis dépêchée pour venir au plus tôt.

Elle savait pertinemment qu’elle était assez apprêtée. Elle s’était regardée dans le miroir sous toutes les coutures jusqu’à ce qu’elle soit certaine que tout était parfait. Eléonore ne serait pas sortie sans cela et Louis le savait. Mais il y avait dans ses mots une certaine ironie, parce qu’elle savait qu’ils feraient sourire son frère. Et ce soir, comme tous les autres, elle voulait le rendre joyeux. Convives ou non, elle arrivait toujours à ses fins.
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Aurel de Lantenes
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MessageSujet: Re: Puisqu'il le faut. [ Éléonore - Aurel ]   Ven 11 Aoû 2017 - 11:12


La candeur de ce repos en plein milieu de l'hiver, Aurel n'y goûta pas. Ou plutôt, il ne se trouvait pas dans l'état d'esprit qui convenait pour pouvoir en jouir pleinement. Tandis que tous quittaient les murs de Cantharel pour profiter des jardins, son père insistait lourdement pour qu'il rende son insigne et qu'il reprenne sa place de noble aussi rapidement que possible. Pourtant, Richard ne prévoyait pas de rentrer à Lantenes avant encore quelques jours. Le moment venu, il forcerait son fils à cheminer avec lui mais avant cela il souhaitait l'entretenir au plus tôt de la situation actuelle de son domaine et des accords qui étaient en cours ou à venir. Sans oublier les négociations pour faire de lui un Baron...
Aurel n'avait pas eu d'autre choix que de finir par céder après quelques jours. Ses obligations en tant qu'Egide n'étaient pas compatibles avec son nouveau statut de Seigneur, puisque son paternel l'avait déjà nommé. Il avait donc replié ses affaires et libéré son lit et sa malle dans le dortoir de Cantharel. Il avait salué ses frères d'armes ainsi que ses supérieurs, visiblement aussi réjouis que lui de le voir partir. La seule différence pour lui était qu'il était en colère, victime d'un complot fomenté dans son dos ainsi que d'un odieux chantage. Cette colère, il l'avait en partie évacuée lors de ses entraînements quotidiens. Depuis son entretien avec Richard, il n'avait pas croisé Eléonore, ce qui avait permis de ne pas réalimenter les braises qui ne parvenaient pas à s'éteindre. Sans doute les choses iraient mieux lorsque ce serait fait et que Sybille ne risquerait plus rien. Tout du moins, c'était ce qu'il espérait.

Malheureusement, son calme tout juste retrouvé allait être mis à l'épreuve. Le jour-même de sa démission, Louis donnait un bal et avait invité son ancien Egide à y prendre part. Une façon de le lancer dans le monde politique maintenant que l'on faisait tant de projets pour lui ? Il espérait que cela se cantonne à ça. Toujours était-il qu'il n'avait pas vraiment la possibilité de refuser et son père avait pris grand soin de le lui faire ce rappel inutile. En plus de l'invitation ouverte à tous, il avait reçu une invitation à son nom. Le Régent tenait donc réellement à sa présence et il ne pouvait se dérober. Que ce soit par respect ou obéissance à son Seigneur ou pour des raisons politiques -Louis devant défendre sa cause auprès du Roi-, il se devait d'y assister.

-Tu te souviens de tes cours de danse j'espère ?
-Si j'étais réputé pour ma maladresse, ça se saurait. Avait-il sèchement répondu, faisant allusion à ses compétences martiales avant toute chose.

Rompu à l'entraînement, il maîtrisait parfaitement son corps. Cependant, il n'avait pas dansé depuis des lustres et il espérait pouvoir y échapper encore aujourd'hui. Son père pensa à voix haute qu'il aurait besoin de petites séances de rattrapage avant le mariage. Aurel ne dit rien, se contentant de soupirer. Son aïeul était bien plus penché sur ce mariage que lui. Mariage pour l'heure toujours hypothétique car encore fallait-il qu'il devienne Baron...
La soirée était déjà entamée lorsqu'il se fit violence pour enfiler la tenue que son père lui avait fait préparer et laissé sur un valet de chambre. Richard savait pertinemment qu'Aurel n'avait que peu de vêtements civils et qu'il ne prendrait pas plus que ça soin de son apparence. Aussi avait-il pris la liberté de lui choisir ses vêtements pour le bal. Il s'agissait d'un costume sombre plutôt élégant et brodé d'argent sur les extrémités de la veste. Une tenue somme toute plutôt sobre et signe de son statut actuel. Il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué... Au moins, il n'avait pas pris quelque chose de trop voyant ou criard que son fils aurait aussitôt troqué contre ses frusques habituelles. Il s'habilla rapidement puis quitta la chambre qui lui avait été attribué en tant que Seigneur invité de Sainte-Berthilde pour rejoindre la salle de bal.

Les festivités avaient commencées et battaient leur plein. On s'activait ardemment sur la piste de danse tant dit que la pièce était emplie de musique, de voix qui jacassent et de rires exagérés. La soirée promettait déjà d'être longue... A peine était-il apparu sur le pas de la porte que son père fusa vers lui (enfin, à la vitesse maximale de ses jambes usées) et l'aborda.

-Te voilà enfin !
-Je suis obligé d'être présent, pas d'être parmi les premiers arrivés. Répondit-il sur un ton sarcastique.

Richard l'aurait bien rabroué verbalement pour son insolence mais ce n'était ni le lieu, ni le moment. Au moins, ils avaient encore quelques heures devant eux et Aurel ne ferait pas seulement acte de présence. Tout du moins ne lâcherait-il pas son fils afin de s'en assurer. Il toisa le jeune homme une seconde. Les habitudes militaires avaient la vie dure et le port de sa tenue était impeccable. Pas un faux pli, pas un bout de tissu qui dépasse, pas un fil indiscipliné. De ce point de vue, il était parfait. En revanche, il grimaça en montrant du doigt le fourreau accroché à sa ceinture.

-Tu étais vraiment obligé ?
-Je ne me sépare jamais de mon épée.
-Tu n'es plus Egide.
-Je reste un soldat, quelque soit le titre que je porte.
-Hmrf. Lâcha Richard.

Décidément, il y avait certaines choses qu'il n'aurait pas le temps de changer avant que l'inévitable ne se produise pour lui. Au moins, il était là.

-Vas saluer Louis.

Aurel regarda dans la direction du trône. Bon nombre de nobles se pressaient encore pour lui présenter ses hommages. En revanche, le siège à côté de lui se trouvait vide. Eléonore n'était pas encore arrivée.
Le jeune Seigneur détourna le regard vers le reste de la salle, observant les personnes présentes mais sans chercher quelqu'un en particulier.

-Il me fera appeler bien assez tôt, j'en suis sûr. Répondit-il, sûr de lui.

Il devait y avoir une bonne raison pour que Louis l'ait invité directement. Il s'agissait soit d'Olyssea, soit d'Eléonore, si ce n'était pas les deux. Dans tous les cas, il saurait lui faire savoir quand il aurait besoin de lui et il était hors de question qu'il aille s'aplatir devant lui comme tous ces lèches-bottes. Il ne voyait pas cela comme un manque d'un respect dont il ne manquait pas envers son Seigneur, mais plutôt comme une preuve d'intégrité. En attendant, il pouvait vaquer à ses occupations. Richard ne semblait pas d'accord mais n'objecta pas. Le Régent était suffisamment occupé pour le moment de toute manière et il garderait un œil sur lui pour aller s'incliner lorsqu'il serait disponible.
Mais puisque son fils était là...

-Viens. Il y a un certain nombre de personnes que tu dois rencontrer.

Claudiquant, le vieil homme ouvrit la marche, bientôt suivi par un Aurel résigné à faire son devoir envers sa famille, ses terres et sa patrie. Il rejoignit donc un petit groupe d'hommes en train de discuter avec sérieux. Richard introduisit son fils en le présentant de manière très officielle. La discussion alla bon train. On parla de la situation d'Olyssea autant que de Sainte-Berthile mais aussi de Diantra et du trône. Tout le monde s'était rangé sur l'avis prescrit : Bohémond devait reprendre sa couronne. En revanche, il avait hérité de bien trop de terres de ses deux parents et il devrait en céder s'il voulait s'assurer la fidélité de tous. Le marquisat et ses vassaux suivraient le mouvement mais, en contrepartie, la grande majorité espérait la nomination de Louis. Ce fut à ce moment-là que le regard d'Aurel fut attiré par une forme mouvante venant de la porte, passant non loin de lui et traçant aussi droit que possible vers le trône. Il aperçut une silhouette qu'il reconnut pour avoir veillé sur elle à quelques reprises. Mais, si lui l'avait vue et la connaissait un peu, elle ne l'avait probablement jamais vraiment remarqué. Qui prêtait attention aux gardes dont il était affublé ?
Eléonore était parée de toute part. Une belle robe dont elle avait probablement choisie les couleurs avec soin, les joues poudrées, les lèvres reteintées, des bijoux autour du cou, des poignets, des oreilles... Elle n'avait pas besoin de tout cela pour être belle. Ce n'était qu'un moyen d'être remarquée. C'était sûre, l'un comme l'autre aurait pu tomber plus mal d'un point de vue strictement physique mais il n'appréciait guère cette façon d'attirer les regards. Fort heureusement, il savait que la demoiselle n'était pour autant pas une coquille vide. Elle s'intéressait à la religion et à la politique. Elle jouait de son apparence pour orienter les choses en sa faveur. Pour autant, pouvait-on prendre vraiment au sérieux quelqu'un qui semblait si superficiel ? Il savait quel jeu elle jouait et ne s'y ferait pas prendre mais il déplorait ce constat pour elle. 
Alors qu'elle n'avait pas encore rejoint sa destination, il se tourna à nouveau vers la conversation qui se déroulait toujours à côté de lui et qu'il avait suivi d'une oreille. On ne parlait pas du trône vide d'Olyssea et personne n'avait abordé le sujet. Il n'y avait pas de prétendants connus et rien n'avait été officialisé concernant Aurel. Tout du moins, la discussion n'en était pas arrivée à ce stade lorsqu'un homme l'interpela après quelque minutes.

-Aurel de Lantenes ?

L'ex-Egide se retourna pour apercevoir un des serviteurs proches de Louis.

-Le Régent vous fait mander.

Aurel leva le regard dans la direction du Seigneur et constata qu'il n'était plus seul à son trône. Il serra brièvement les mâchoires. La raison de sa présence ce soir semblait se dessiner de manière plus précise. Alors qu'il n'était pas passionné par l'échange qui venait d'avoir lieu, il s'excusa auprès de ses interlocuteurs et prit congé à contre cœur, suivi de loin par son père curieux d'assister à l'entretien qui allait se dérouler. Il fallut contourner la piste de danse qu'il était désormais impossible de traverser et zigzaguer entre les petits groupes en train de bavasser de choses et d'autres. Après plusieurs minutes seulement, ils purent atteindre le trône. Aussitôt, le serviteur l'introduisit auprès du Régent.

-Aurel Fribourg, Seigneur de Lantenes.

Aurel s'inclina, penchant le torse en avant, une main sur le pommeau de son épée. Il avait dû retenir son poing afin qu'il n'aille pas frapper son torse comme il l'aurait fait en tant qu'Egide. Il n'était plus l'un de ses hommes mais, indirectement, l'un de ses vassaux. Il devait donc le saluer en tant que noble et plus en tant que soldat. Il resta ainsi quelques secondes, le temps qu'on lui adresse la parole. Lorsqu'il entendit la voix de Louis, il se redressa et posa ses yeux marrons sur lui. Il était égal à ce que le Régent avait pu voir de lui jusqu'alors. Son regard sombre durcissant ses traits déjà durs, le dos droit, la tête haute. Un homme plein dassurance mais respectueux qui semblait difficile à percer à jour. Seule une légère tension dans la nuque aurait pu trahir sa tension. Le prétendant au trône de Sainte-Belthilde avait attendu que sa sœur arrive pour le faire chercher. Il était peu probable qu'il s'agisse d'un hasard. Quant à savoir s'il voulait les présenter officiellement ou simplement le désigner à Eléonore, il devrait se montrer patient. La réponse viendrait bien assez vite.

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Louis de Saint-Aimé
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MessageSujet: Re: Puisqu'il le faut. [ Éléonore - Aurel ]   Mer 16 Aoû 2017 - 21:18




L’entrée d’Éléonore fût telle qu’elle n’aurait su être égalée même par une reine, si le Royaume en possédait une. En ses enseignements avisés et rigoureux, Judith forgea sa fille à l’image d’une œuvre d’art, qui plaisait à l’œil et à l’esprit. Encore une fois, tous pouvaient le constater car lorsqu’elle pénétra dans la salle du trône, alors qu’on annonça son entrée aussi dignement qu’elle se présenta à tous, pas la moindre paire d’yeux n’y échappa! Tous se concentrèrent sur elle, à l’étudier d’haut en bas, à l’admirer et à l’aimer comme la favorite qu’elle était. Sa gentillesse, sa sagesse et sa manière de s’exprimer avait su conquérir tous les cœurs de ceux avec qui elle s’était entretenue et, pour ceux qui n’eurent par jamais cette chance, ils furent séduits par les yeux. Quant au régent, si ses traits n’avaient su jusqu’à présent faire montre de l’ampleur de son enthousiasme, ceux-ci s’illuminèrent comme un ciel sans nuage assailli par un soleil matinal. La vue de sa sœur –qu’elle fût endimanchée comme elle l’était en ce moment même, ou vêtue d’un simple peignoir – avait cet effet de raviver la flamme de son cœur, lui offrant chaque fois un sourire à en avoir mal aux joues.

Alors il se leva, interrompant une futile conversation qu’il avait avec l’un de ses chevaliers, pour patienter la venue de sa tendre cadette. Arrivée à son niveau, elle ne fit point exception à ses habitudes et se présenta en bon et due forme, cela même si elle se trouvait à être la personne la plus importante à ses yeux. Plus amusé cette fois, son sourire tenait bon, tandis qu’il s’approcha d’elle les allonges s’ouvrants de sorte à l’accueillir contre son poitrail en une étreinte chaleureuse, accompagnée de deux baisés aux joues. Au passage, il souffla à son oreille ces quelques mots :
« Comme tu es protocolaire, ma jeune sœur … » Puis il fit deux pas vers l’arrière pour s’adresser à elle plus franchement, que les curieux puissent l’entendre. « Magnifique, ravissante, éblouissante! Le temps vous a fait défaut et pourtant, nulle n’a su se montrer plus belle que vous l’êtes en ce moment. » Les présentations achevées et la plupart des convives arrivées, nombres de corvéables retentirent avec des plateaux touffus de coupes généreusement remplies de pinard. Ainsi, Louis conquis deux marches du piédestal de son trône pour lever son breuvage, haut, afin de s’exprimer envers tous : « À nous, levons notre verre afin de souligner la bravoure de tous ceux et celles qui ont affrontés ce rigoureux hiver la tête haute! »

Bardes et ménestrels reprirent avec harmonie là où ils avaient laissé leur envoûtante symphonie. Aucun ne pouvait prétendre ne pas avoir l’envie de sourire gaiement : l’alcool coulait comme l’eau pendant les giboulées, les danses s’enchaînaient avec aisance et tous trouvèrent partenaire à leur bras, les discussions fusaient et allaient de bon train, et il en fut autant pour la famille des Saint-Aimé. Louis discutait avec sa mère, tandis qu’Éléonore était préoccupée à entretenir quelques mots à certains de ses précepteurs.

Puis, il aperçut, au loin, au travers la masse tassée de jouasses jeunes gens, l’homme qui allait bientôt faire pour le Régent, s’assombrir sa soirée. Les minutes s’écoulèrent, jusqu’à en devenir dizaines puis, sous l’inspiration de quelques mots avisés, Aurel vint se présenter devant Louis, face au trône.
« Il m’est bon de vous revoir, Général. Vous avez bonne mine ; vos nouvelles prérogatives vous sied-t-elles ? » Et la question n’avait pas tout à fait à être répondue, bien sûr qu’elles lui allaient. Il avait le cœur bon et grand, toujours à désirer vouloir défendre l’opprimé! Sa nouvelle position lui donnait des bottes qui sauraient botter les culs de ceux qui sortaient du rang et qui sévissaient à Olyssea.

Mais il n’était guère plus temps aux politesses et autres obséquiosités, ce qui devait être fait … Se doit d’être fait.
« Éléonore, ma sœur … Venez par ici, voulez-vous ? » Dit-il en direction d’icelle, sans se soucier des propos qu’elle traitait avec son interlocuteur. « Il me faut vous entretenir quelques mots ... » Ce ne fut que lorsqu’elle arriva que Louis perdit un peu de son éloquence, du moins, de son air jovial et immanquablement avenant. « Je souhaiterais vous présenter Aurel de Lantenes, le Général des armées Olysséennes. » Il marqua une pause, assez menue, mais suffisamment allongée pour qu’iceux puissent s’adresser un regard premier. « Et … possiblement votre prochain époux. »

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MessageSujet: Re: Puisqu'il le faut. [ Éléonore - Aurel ]   

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Puisqu'il le faut. [ Éléonore - Aurel ]
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