AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les terres d'Oësgard

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Estiam Faerin
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 270
Âge : 20
Date d'inscription : 20/10/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  964 ans - Taille : 2m10
Niveau Magique : Maître.
MessageSujet: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les terres d'Oësgard   Ven 11 Aoû 2017 - 22:00



en suite à l'étreinte du bois maudit

Oglicos de la cinquième ennéade de Karfias
Dixième année du Onzième Cycle
Oliya Oësgardien


Réajuster la large coupelle de fibres végétales tressées qui te servait de chapeau était le seul geste te sortant de la monotone routine qu’était l’enchaînement de tes pas à travers les épais monticules de neiges accumulés sur les berges du fleuve à moitié gelé. En cette seconde moitié du second mois d’hiver revenait peu à peu des temps plus cléments, et malgré tout, les fourrures qui t’enserraient le cou n’étaient pas de trop. Tu plains les humains, les créatures fragiles peuplant les terres des contrées que tu longes. Tu plains les pauvres âmes qui s’acharnent au loin, tentant vainement d’arracher quelconque substance à la maigre végétation poussant en ces lieux, ou de guider des bêtes réticentes vers des points d’eau colonisés ou par la boue ou par la glace.

Tu rêvasses, l’oreille portée sur les échos Dissonance encore proche, et de la Symphonie portant par-delà la berge opposée. Tu souris, apposant, opposant et composant à partir de l’air de la Vie et de celui de la Survie des messages n’appartenant ni à l’un ni à l’autre. Tu t’amuses à chercher un équilibre, à tendre vers l’un puis vers l’autre, fouillant dès à présent les options qui s’offriront à toi lorsqu’il te faudra immanquablement soutenir le sens que personne n’a jamais trouvé aux cris de l’Aduram. Tu t’amuses à chercher quels en sont les reflets déjà présents dans les chants de l’Anaëh, quels sont les notes sur lesquelles il faudra t’accrocher, quels sont les mots qui t’en seront inspirés.
Tu t’accroches à un chant puis à l’autre et aux deux au même moment, sans plus de difficulté que cela, malgré la discorde que vient par instants semer dans ta contemplation le tintement des arcanes. Après tout le Voile aura rendu tant de force à votre forêt – ainsi qu’à sa folle de sœur cadette – que les racines de leurs arbres sont allées jusqu’à faire chanter les brins d’herbes étouffant sous la neige des versants orientaux des terres des petits-peuples.

Tu penches ta coiffe du côté d’où viennent les rayons du soleil, et t’autorise à poser l’œil sur les trois familiers faisant chaotiques révolutions autour de ta personne ; les trois fées, nées chacune d’un des trois éléments sur lesquels tu possèdes main mise et semblant de leur propre chef se livrer à un duel dans trois directions. Elles sont ton bras lorsqu’obstacle se lève et ton refuge lorsque le temps est long. Elles sont le témoin de la permanente activité de tes vaisseaux mystiques, et surtout le témoin du profond ennui qui te prendrait à contempler des paysages sans fin marqués d’un Chant trop jeune, déjà après à peine un jour de marche.

Revenir en haut Aller en bas
Estiam Faerin
Elfe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 270
Âge : 20
Date d'inscription : 20/10/2015

Personnage
.: MANUSCRIT :.:
Âge :  964 ans - Taille : 2m10
Niveau Magique : Maître.
MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les terres d'Oësgard   Mar 15 Aoû 2017 - 1:22


Il est toujours quelques heures dans un jour durant lesquelles la nature prend pitié des vivants. Durant les étés Zurthans, c’était la nuit. Durant les automnes d’Anaëh, ils étaient aussi aléatoires que le trajet des nuages de pluie, et durant l’hiver Oësgardien, il s’agissait de l’arrivée à son zénith de l’astre du jour. Pour autant que le soleil ait daigné rester plus longuement dans à cette position, probablement cette époque de l’année aurait-elle été moins invivable pour d’autres créatures pensantes que les Sylvains et le petit peuple. Les êtres les moins résistants de la création avaient au moins ces brefs instants pour se consoler, et vainement tenter d’accomplir ce qui est habituellement la besogne d’une journée. Et cela tenait autant pour les créatures pensantes que pour les sans-le-souffle.

Tes pas t’ont mené au plus proche des rives du grand fleuve et tes yeux en scrutent avidement la surface alors que tu continues lentement ta marche à travers le pays des hommes. Les heures à traverser les neiges à grands pas, à lutter contre les accès de blizzard, le corps et l’esprit partagés entre l’effort physique et l’ouverture au monde mystique que tu n’as – la présence de tes familier à l’appui – que trop peu quitté au cours de ton pèlerinage ; au zénith, à l’heure où le soleil est doux, viennent mander leur tribut.

Baies ou champignons, ce ne sont pas les quelques denrées d’appoint récoltées au cours de ton parcours qui feront définitivement taire les réclamations de ton estomac. Tu as besoin de plus que de quelques miettes, mais heureusement pour qui sait où chercher, la rivière au zénith est bien généreuse. Friands ou fuyant cette bouffée d’énergie, les animaux à sang froid, discrètement mais sûrement, marquent la surface des signes de leur présence proche, trahissant leur couverture aux yeux du chasseur. De ce côté un banc d’alevins quitte le couvert d’un rocher pour chercher espace où prendre leur bain de soleil entre les blocs de glace flottante, par là une tanche flâne, perdue dans sa routine hivernale, tandis qu’au-dessus de la surface, le prédateur d’un claquement sec du poignet fait tomber la sentence sur ce qu’il a choisi être sa proie.

Luimërcania et Kemercania glissent à travers les airs, mimant à l’exactitude ton mouvement après qu’elles aient pris place. À la demande de l’une les flots s’ouvrirent jusqu’à la fine couche de boues recouvrant les galets du fond. Sous l’action de l’autre les vases se condensèrent en une mortelle aiguille et traversèrent le crâne de l’anguille ayant eu le malheur de les remuer dans sa recherche d’un abri qui la protégerait de l’éblouissant soleil de midi. Ta main se saisit du poisson ainsi mis-à-mort, et par la même occasion signe le retour à leur place naturelle, selon les forces régissant votre monde, des éléments déplacés.

- D'un protégé de Mëlien à un autre. tu souffles à voix basse

Ruivërcania n’aurait même pas pour rôle de rendre la température du poisson plus agréable à tes papilles. Assis sur les abords de l’Oliya en territoire étranger, entamant ta première bouchée de chair crue, trouver un quelconque plaisir gustatif est le dernier de tes soucis, mais il faut bien l’avouer, la saveur de ta prise est loin de te déplaire.
Revenir en haut Aller en bas
 
[Libre] Vers les portes du Septentrion - Les terres d'Oësgard
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» (libre) Vers l'aventure!
» La route vers la mer [Libre]
» Vers un accord de libre échange Sino-Canadien
» Obama en chute libre ...
» Un sous-vêtement dans l'arbre [Libre]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Miradelphia :: Royaume de la Péninsule ~ SUD OUEST :: Marquisat de Serramire :: Baronnie d'Oësgard-
Sauter vers: