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 [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]

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Aleth
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MessageSujet: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Jeu 17 Aoû 2017 - 18:38

Milieu de la 8ème ennéade de Karfias
An 10 du XIème cycle


-Et merde !

Rodrigue et Aleth s'arrêtèrent et se tournèrent vers leur compagnon de voyage. Elle soupira tandis qu'il se tenait prêt à lever les yeux au ciel. Ils se demandaient encore régulièrement pourquoi il s'étaient entravés avec ce jeune homme. Il n'était pas mauvais archer mais, en dehors de cela, qu'est-ce qu'il pouvait être mal habile...

-Quoi encore, Eliott ?
-Mes bottes qui lâchent ! Ça doit bien faire la troisième cet hiver !
-On t'a dit : Bottes au rabais, qualité au rabais.
-Ouais, j'aurais économisé quoi... Une paire ?!

Les deux autres se regardèrent, interloqués, s'interrogeant du regard. A priori, aucun d'eux n'avait rencontré les mêmes ennuis que lui. Eliott sembla soudainement comprendre.

-Attendez... Vous en avez usé combien vous ?

Rodrigue se contenta de tourner la tête de droite à gauche pendant qu'Aleth hochait les épaules en se pinçant les lèvres dans une mimique reconnaissable. Le jeune archer jura entre ses dents. C'est sûr qu'il aurait économisé en en prenant une paire plus chère mais qui lui aurait fait tout l'hiver. Celles qu'il prenait étaient bonnes pour les citadins. Pas pour les longs voyages qu'il faisait pour son boulot.

-Dis-toi que la prochaine sera sans doute la dernière que tu t'achèteras avant un moment. Le printemps sera bientôt là. Allez, viens. Plus vite, on arriv...
-Non mais je peux pas continuer comme ça ! Regarde !

Eliott leva alors le pied et montra sa botte béate, la semelle s'étant détachée sur un bon tiers de la chaussure. Pour première réponse, il n'eut droit qu'aux rires moqueurs de ses compagnons. Il pesta contre eux mais ils ne s'arrêtèrent que par compassion. Aleth lui lança alors une longue lanière de cuir.

-Tiens. Répare et on reprend la route.

Tandis que l'archer posait genou à terre, la mercenaire se tourna vers la voie déneigée qu'ils empruntaient. L'hiver s'était radouci. Aux dires de Rodrigue, les températures étaient revenues à la normale. Il avait cru comprendre qu'elle était née en Péninsule. Tout du moins était-ce qu'elle avait lâché une fois mais sans qu'il puisse être sûr que ce soit la vérité. Dans tous les cas, elle ne semblait pas très réceptive au froid ou alors elle le supportait très bien, chose qui aurait été bizarre pour quelqu'un venant de terres aussi chaudes que celles de l'Estrevent. Ignorant encore le mélange de son sang, son histoire lui paraissait donc plausible.

-Tu crois qu'il gèle encore à Naelis ?

Aleth se tourna brusquement vers Rodrigue qui était venu se placer à côté d'elle. Plissant les yeux, elle sonda son regard. Pourquoi parlait-il de Naelis ?! Si c'était sa manière de désigner l'Ithri'Vaan, pourquoi avoir choisi Naelis et pas Thaar ?!! Il était impossible qu'il sache pour Hendrick, elle n'en avait jamais parlé. Elle n'avait même pas lâché une seule fois qu'elle était passé par cette cité.

-En écoutant des gars du port à Pharembourg, j'ai cru comprendre qu'il avait gelé jusque là-bas. Ajouta-t-il.

La demi-elfe respira de nouveau. Elle connaissait un peu Rodrigue maintenant, mais de là à lui faire confiance... Il ne fallait pas rêver. Elle ignorait encore beaucoup de choses sur cet homme et, même si elle avait tout su, était-elle seulement capable de se fier à quelqu'un les yeux fermés ? Elle en doutait. Elle ne faisait même pas confiance à son partenaire régulier de séances privées...

-Il a gelé à Thaar. Répondit-elle, comme pour lui signaler l'étendue de la froideur de cet hiver.

Rodrigue siffla. La saison avait été particulièrement rude mais il ne pensait apparemment pas que c'était à ce point. Thaar qui gèle... Même sans jamais y être allé, il était de notoriété publique qu'il y faisait pourtant une chaleur à crever. Alors que le froid soit parvenu à mordre jusque là-bas...

Après quelques minutes, Eliott acheva son ouvrage et les rejoignit. Ils reprirent donc la route de Diantra où ils espéraient pouvoir décrocher un contrat. Ils avaient entendu dire qu'une guerre allait avoir bientôt lieu, il y aurait sans doute de quoi faire pour des mercenaires. Enfin, il faudrait avant qu'ils se renseignent pour savoir si un camp n'était pas déjà attendu vainqueur. Il ne s'agirait pas de bosser pour finir dans une fosse commune et ne jamais jouir de sa paye... Un mercenaire ne s'engageait pas non plus pour une cause qu'il savait perdue d'avance.
Venant de Scylla, ils avaient pris à gauche à l'embranchement. A peine deux heures plus tard, ils s'arrêtèrent une nouvelle fois, mais à la demande d'Aleth cette fois-ci. Enfin, cela ressemblait beaucoup à un ordre lorsqu'on y réfléchissait bien... Mais les deux comparses ne moufetèrent pas et conservèrent le silence tandis que la mercenaire semblait tendre l'oreille. Si jamais elle entendait quelque chose, contrairement à eux, cela ne ferait que confirmer à Rodrigue le fait qu'elle avait vraiment un très bonne ouïe. Digne des elfes peut-être bien. D'ailleurs, il n'avait jamais vu les oreilles de la belle et, vu ses traits, en fait ça ne le surprendrait pas si elles étaient pointues. Cependant, elle n'aimait visiblement pas parler d'elle alors il se garderait bien de lui poser la moindre question.

-Des combats. Par là.

Sans plus rien ajouter, Aleth se mit au pas de course pour atteindre le sommet de la petite butte que remontait la route qu'ils empruntaient. Les deux autres la suivirent bien assez vite, Eliott traînant un peu des pieds. Et on se demande comment il fait pour abîmer ses chaussures...
En arrivant près de la cime, elle se baissa. D'abord un peu, puis de plus en plus, bientôt imitée par ses compagnons de route. Lorsqu'elle put voir ce qui l'intéressait, elle posa un genou à terre pour observer.

-Une caravane. Chuchota-t-elle.

Plusieurs charrettes soigneusement recouvertes étaient à l'arrêt sur la route. Un combat faisait rage tout autour. Des hommes, apparemment des soldats de province, défendaient comme ils le pouvaient les marchandises que l'on transportait vers les Dieux savaient où. Face à eux, quelques brigands mal embouchés mais plus que vindicatifs. La route était moins fréquentées avec l'hiver qui semblait vouloir traîner encore un peu et la faible escorte avait dû rendre les bandits confiants quant à leur chance de réussite. Ils étaient bien plus nombreux et l'assaut serait fini en quelques minutes.
Ou plutôt, auraient dû se finir en quelques minutes.

-Eliott, trouve un point de mire. Rod, avec moi.
-Attends Prime, tu te ranges de côté là ?
-Celui qui paie, pardi.

Sans plus rien ajouter, Aleth (ou plutôt, celle qu'ils connaissaient tous les deux sous le nom de Primerose) se leva et commença à dévaler la pente à toute vitesse pour rejoindre le lieu des combats. L'archer, de son côté, n'était pas sûr d'avoir bien compris. Il retint son compagnon d'une main sur le bras.

-Attends, elle parle de qui là ? Des brigands ?
-Parce que tu les vois vraiment partager leur butins avec nous ?

Eliott resta perplexe un court instant tandis que Rodrigue se dégageait de la poigne du jeune homme et partait à la suite d'Aleth. Lorsqu'il percuta enfin, les deux combattants au corps à corps étaient presque à mi-chemin du lieu du combat. Il balança alors un juron et partit en courant vers un point de mire adéquat.
Elle se trouvait encore à quelques dizaines de mètres de la caravane lorsque la demi-elfe sortit une dague et la lança. Celle-ci vint se ficher dans la nuque d'un brigand, sauvant par la même occasion le soldat visé par son attaque et qui se trouvait déjà aux prises avec un de ces forbans. Cependant, l'homme ne manqua pas l'action et, après s'être débarrassé de son adversaire, il accueillit les deux nouveaux arrivants sans pour autant interrompre le combat (Comme s'il avait moyen de faire autrement...).

-Un peu d'aide ? Demanda la mercenaire en sortant ses armes et en venant se placer aux côtés du soldat, prête à recevoir un des bandits.
-Je pense que je parle au nom de tous en vous disant... Il esquiva une frappe au niveau de la tête. ...que ce n'est pas de refus. Il para une nouvelle attaque et profita de la proximité de son assaillant pour lui asséner un violent coup de genou. Quelque soit votre prix d'ailleurs. Mais je ne suis pas sûr que deux personnes suffisent pour nous sortir de là. Ils sont au moins quatre pour un.

C'est à ce moment-là que le son d'une flèche qui fendait l'air passa près du soldat. Le projectile alla se ficher dans le corps d'un brigands à sa droite, évitant à son frère d'arme de se retrouver submerger. L'homme n'eut pas le loisir de chercher d'où cela provenait mais il n'avait pas besoin de plus.

-Notre protecteur veille au grain.

Perché dans un arme lui permettant d'être à l'abri des attaques tout en ayant vue et sur les bandits qui arrivaient encore parfois et sur la zone de combat, Eliott connaissait sa mission. Il devait faire en sorte de limiter le flot des arrivants, éviter les coups en traîtres et s'assurer que les combats restent suffisamment équitables. A moins d'être à terre, Aleth pouvait gérer deux à trois adversaires en même temps. Rodrigue préférait se limiter à deux autant que possible. Pour les autres, il allait essayer de faire du un contre un mais il devait également rationner ses flèches pour tenir durant toute l'embuscade.
Déjà, l'unique femme armée faisait des prouesses. Elle ne cachait pas son style de combat acrobatique, jouant sur son agilité et sa rapidité pour esquiver les attaques plutôt que de les parer. Cela avait le don d'énerver ses adversaires en plus de les fatiguer. Utilisant la charrette qui se trouvait derrière elle, elle grimpant et réalisa une pirouette qui la plaça derrière son ennemi, désorienté. Il n'eut pas le temps de se retourner... Une flèche d'Eliott protégea la belle tandis qu'elle achevait le brigand avant de se retourner. Le petit groupe était relativement bien organisé et l'aide des deux mercenaires et de leur ange gardien n'était pas de trop. Ils s'en sortaient relativement bien mais cela deviendrait bientôt difficile à tenir car quelques soldats étaient déjà tombés. Les autres tenaient encore bon. Tout du moins pour l'instant.


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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Dim 20 Aoû 2017 - 16:56

<< Au pied des mursBal de Soltariel >>



Le voyage, loin d'être aussi catastrophique que la courte chevauchée qui avait menée la jeune comtesse et son époux de Missède à Edelys pour la consécration du sanctuaire, se passait d'une façon inhabituellement paisible pour la noble dame. Les essieux de la calèche n'avaient pas été brisés par de trop hautes congères et ils n'avaient pas été pris dans des vents froids chargés de brume. Rien que cela faisait toute la différence. Habituée à courir les routes du Nord du temps ou les Wandrais et les drows étaient un problème à peine plus important que les bandits jetés dans la nature par les guerres civiles de toute la décennie, suivre la route d'or, même en hiver, sonnait comme une promenade digestive. Les brigands du Sud, s'ils étaient autant à craindre en fin de compte, lui paraissait moins impressionnants que ceux de Serramire, allez savoir pourquoi...

Elle se mettait même à apprécier cette sortie. Cela faisait près de trois mois qu'elle n'avait pas effectué un si long trajet, elle dont la vie se déroulait en grande partie sur les routes deux ans auparavant. Le pavage approximatif et les voix chaotiques des caravanes que croisaient de temps à autres leur attelage donnaient du relief à un paysage pailleté des bruits de la nature. Son époux n'étant pas  là, elle ne s'était pas claquemurée dans l’habitacle, préférant de très loin le dos de Poudreuse et le vent cinglant à l’exiguïté d'un tombeau à partager avec son oncle et Rose, une simple corde reliant son pommeau à celui d'Anthoine pour éviter les considérations de directions qui auraient été hors de sa portée. Renard n'avait jamais aimé monté à cheval... Et à ses propres dires, il avait la prestance d'un sac de farine sur le dos de l'une de ces créatures, si belle soit-elle. Quant à Rose, elle était toujours plus confortablement installée sur une banquette. Il est vrai que les premiers jours, les jambes de Cécilie avaient accusées le coup mais cela valait cent fois le coup.

Par conséquent, elle était seule des trois 'passagers' à se trouver à l'avant du cortège, entre Edgard et Anthoine, ne rentrant que lorsque l'absence d'étape obligeait les deux dames à dormir tassées sur les banquettes. Les conversations et les rires succédaient aux silences, le chevalier partant de temps à autre en éclaireur pour éviter les embuscades à leur protégée. Après tant de temps entre les murs du Palais, Cécilie redécouvrait peu à peu l'amusement d'une conversation légère avec des personnes de son âge. Elle rattrapait les mondanités et les grandes nouvelles de Missède de ses années d'absences, chacun racontant quelques anecdotes, Anthoine moins que les deux autres étant donné son rang.

Alors qu'elle avait toujours considéré Edgard comme un beau parleur vantard et inconséquent, elle commençait à apprécier quelque peu sa compagnie... Et ce même s'il était en effet beau parleur vantard et inconséquent. Dans un excès de bonne humeur, la Mériale alla même jusqu'à leur promettre à tout deux de les introduire aux salons de Madame de Clairmont une fois de retour, après une discussion enarcamée sur les plus belles voix du comté. En retour, outrepassant de beaucoup les prérogatives de son nom, Anthoine avait lancé l'idée d'une chasse dans le Bois aux Dames lorsque la saison le permettrait. Au bout de quelques jours, ils s'étaient retrouvés à faire des plans sur la comète comme si les lendemains ne pouvaient être que paisibles et joyeux. Elle avait par ailleurs appris qu'Anthoine était plus âgé qu'elle de deux ans alors qu'Edgard était né précisément le même jour qu'elle à l'heure près. Le Chevalier avait aussi été le rival de Gaël concernant la place d’écuyer de Théoblad avant qu'ils ne deviennent d'excellents camarades malgré leur écart d'âge.

Ils n'en étaient qu'à une journée de plus sur cette longue route morne. Edgard était une fois partit au galop pour l'un de ses fringants allé-retour. « Il est temps de me dégourdir un peu. A ce rythme, je m'empâte et je ne puis faire cela aux cœurs de nos Dames. » Tout en écoutant le rire cristallin de Cécilie après la bravade de leur chevaleresque compagnon, Anthoine l'avait regardé disparaître en se demandant pourquoi il en faisait toujours des caisses alors que la seule femme à portée de vue se trouvait atteinte de cécité.

« Je m'étonne de vous voir si encline à passer ses frasque. » finit par sourire le garde en voyant la comtesse secouer la tête avec cette mine d'abattement affectueux qui lui venait de plus en plus souvent lorsqu'elle écoutait leur grandiloquent comparse. « Fut un temps ou vous l'auriez envoyé à Soltariel avec une journée d'avance pour vous en débarrasser.
- Fut un temps ou je me serais enfermé dans la calèche qui nous suit et où je me serais angoissé tout au long de la route. Comme quoi, tout change... Et s'il ne se jette pas de fleurs, qui le fera ?
- Vous êtes sans pitié, Votre Grandeur. »

Le rire du garde se cristallisa lorsque la silhouette d'Edgard reparut presque aussi sec à l'angle du bosquet qui bordait la route. Le chevalier grandissait son épée ver le haut. Une sueur froide empoissa le dos du jeune homme qui avait déjà survécu à bien trop de mauvaises situations à son goût. Un goût d'humus et de bout lui revint en bouche alors que l'adrénaline déferlait sans ses veines, le faisant régir au quart de tour. Immédiatement, il stoppa sa monture, mis pied à terre et arracha Cécilie de sa selle pour la poser prestement sur le sol. « Edgard a vu quelque chose. » En quelques pas, il la poussait à l'intérieur de la diligence, laissant Rose s'occuper d'elle sur un simple regard sérieux. Un signe et les trois cavaliers qui fermaient la marche se mettaient en triangle autour de la calèche et le garde qui roupillait à côté du cocher sautait sur le dos de Poudreuse. A peine étaient-ils en formation qu'Edgard arrivaient de nouveau à leur hauteur.

«  Une caravane se fait attaquer. Ils ne tiendront pas seul.
- Nous...
- Allez-y ! » tonna la voix de la Dame, coupant sans une hésitation la voix tendue d'Anthoine.

Très vite, les chevaliers furent coupés en deux groupes. Deux pour rester avec Anthoine. Deux pour suivre Edgard au front. Trois chevaliers armés et en-armurés chargeaient, épée au clair et en formation. A peine était-il en vue de la bataille rangée qu'une clameur déchirait le ciel de la part de l'homme de tête.

« POUR NEERA ET POUR MISSEDE !! QUE TRIOMPHENT LES VERTUEUX !! »


Si le cri de guerre était des plus traditionnel, l'utilisé dans une simple escarmouche contre des bandits de grand chemins était peut-être un peu... excessif ? C'était du moins ce que soutiendrait Cécilie si son escorte en ressortait indemne. Mais pour le moment, la calèche approchait à pas comptés de la zone, les clameurs de la bataille ne tardant pas à se faire entendre pour la jeune musicienne qui pour une fois tenait quelque peu ses comparses au courant.

Dans tous les cas, une charge de cavalerie ne laissait que rarement indifférent. Les trois hommes fauchèrent les brigands sur leur chemin et coupèrent la route aux – pas si – téméraires renforts. Le panache des Médianais aurait put être sans tâche si, en faisant volter leurs montures pour une nouvelle salve, le destrier d'Edgard n'avait pas fait un écart, portant son cavalier droit sur la trajectoire d'une flèche destinée à l'un des brigands et heurtant du même coup la cavale de son voisin. S'en suivit une étrange échauffourée de laquelle ne s'extirpèrent que deux cavalier encore en lisse, portant hauts les couleurs de leur Missède natale en combattant fièrement. Edgard, si impressionnant qu'il avait pu être lors de son cri de guerre, était sobrement tombé sur le sol et tentait de ne pas piailler en serrant la hampe de la longue flèche qui dépassait de son flanc, son destrier fuyant à toutes jambes vers la calèche qui approchait, circonspecte.


Dernière édition par Cécilie de Missède le Ven 25 Aoû 2017 - 13:49, édité 1 fois
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Aleth
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Mar 22 Aoû 2017 - 20:50

Eliott avait lâché un juron en voyant le chevalier se prendre la flèche qui ne lui était pas destiné tandis qu'Aleth pesta contre l'archer en découvrant l'homme à terre après que le bruit de sa chute ait attiré son attention. Les renforts avaient été plus que les bienvenus mais ils n'avaient pas fait long feu... Au moins, leur premier passage avait allégé la tâche de ceux qui défendaient les carrioles, réduisant la force du prochain assaut et semant une certaine confusion parmi les brigands. Quelques uns s'arrêtèrent en entendant le son des camarades fauchés derrière eux et d'autres en voyant la cavalerie passer à à une distance trop faible à leur goût... Quelques frileux firent même marche arrière avant même de voir les chevaliers tomber.

Les deux rescapés se mirent bien vite debout pour tenter de protéger leur compagnon tandis que la monture de ce dernier se carapatait à toute jambe. Dire qu'il avait fait une si belle entrée... Suivant la trajectoire de l'animal du regard, Aleth découvrit bientôt un petit groupe arriver par le même chemin que les trois mercenaires et les trois chevaliers précédemment. Rodrigue avait apparemment eu la même idée qu'elle.

-Un peu plus d'aide !
-Rêve pas. Y'a un carrosse derrière. Ils vont pas abandonner leurs seigneurs.

Le guerrier se renfrogna avant de recevoir un nouvel adversaire. Il était bien obligé de reconnaître qu'elle n'avait pas tort. Les trois hommes qui les avaient rejoint portaient les mêmes couleurs. Ils leur avaient envoyé du renfort et ne concéderaient pas une lame de plus pour leur venir en aide. Surtout maintenant que l'un d'eux était à terre. La seule chose qu'ils seraient peut-être susceptibles de faire, c'est tirer leurs gars de là, si cela ne mettait pas leurs protégés en danger.
Mais avant qu'il ait pu en finir avec son adversaire, Rodrigue vit une silhouette bien connue lui passer devant. Aleth était en train d'avancer parmi les brigands, se chargeant prestement de ceux qu'elle rencontrait au passage, aidée par quelques tirs d'Eliott.

-Putain... PRIM' ! QU'EST-CE TU FOUS ?!! N'obtenant pas de réponse de sa part, il l'appela une dernière fois après s'être défait de son gaillard. PRIMEROSE !!

Mais elle ne lui répondit pas. Pour entreprendre ce qu'elle s'évertuait à faire, elle avait besoin de toute sa concentration. Ainsi déterminée, elle progressa assez rapidement vers les deux chevaliers. Excentrés comme ils étaient, ils étaient beaucoup trop exposés et ne tiendraient pas longtemps. Une fois arrivée, elle assista l'un d'eux aux prises avec un malfrat alors qu'un second lui arrivait dessus. Ils en finirent tous deux en même temps et elle le prit par le bras pour l'attirer vers l'arrière, et vers le blessé par la même occasion.

-Traînez-le jusque sous les charrettes. On vous couvre !

Comprenant son idée, le chevalier ne chercha pas à discuter une seconde et, prenant son compagnon sous les bras, il le tira comme il put. Mais il y avait le poids d'un homme, de son attirail... et de la neige qui venait avec. Bien vite, Aleth intima au second homme d'arme d'aller lui prêter main forte. Il valait mieux qu'ils rejoignent le reste du groupe rapidement plutôt que de prendre leur temps et devenir une cible facile. Ils n'étaient pas assez nombreux pour tenir deux fronts en même temps et les brigands ne tarderaient pas à trop s'intéresser à eux...
Alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques pas, Rodrigue vint aider les deux chevaliers et le fameux Edgard fut rapidement sous une des charrettes. Le mercenaire ne manqua pas de lancer un regard envers sa comparse, la traitant de folle tout en admirant son idée et son exploit. Ainsi le blessé à l'abri, leurs dernières forces rassemblées, le prochain flot de brigands qui arrivait aurait davantage d'armes à affronter, même si un des soldats de province était mort ou grièvement blessé. Les autres blessures à déplorer n'empêchaient pour l'instant pas les combattants de tenir une lame. Ainsi, l'action d'Aleth était stratégique mais aussi intéressée car il valait mieux se faire bien voir d'un Seigneur... Cela pourrait leur servir.

Aleth reçut un nouvel adversaire, un peu plus coriace que ceux qu'elle avait croisé en partant en expédition de sauvetage. Il se servait de ses épaules larges et de sa force pour essayer de la briser. Elle avait beau esquiver, il ne cillait pas. Son seul point faible, c'était ses appuis. Alors, profitant d'une nouvelle attaque, elle l'évita une fois de plus en se baissant dans un mouvement de rotation. Étirant une de ses jambes, elle mit à mal les chevilles de l'armoire à glace qui tomba dans un bruit sourd. Il n'eut pas le temps de prendre ses esprits qu'une botte vint s'abattre sur sa tête, le mettant hors d'état de se relever pour un petit moment.
Un instant de répit. La demi-elfe releva la tête et observa autour d'elle. Cette vague avait été bien moins importante que les précédentes et cela n'était pas seulement dû au nombre d'épées de leur côté. Une rapide analyse de la situation avait de toute manière déclaré les assaillants perdants. La moitié de leurs hommes étaient tombés et il restait encore suffisamment d'adversaires en face pour tenir bon un moment malgré les dégâts infligés. Le manque à gagner était trop important. Alors un ordre avait été donné, la dernière attaque couvrant la retraite du reste du groupe. Certains ne finirent même pas le combat avant de fuir au signal qui leur avait été donné.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Mar 22 Aoû 2017 - 23:09


Cécilie n'avait pas besoin d'y voir pour constater que les combats s'effilochaient. Il y avait bien plus de bruits de bottes que de chaos d'arme. Pourtant Rose commentait chaque action, chaque détail, une habitude qu'elle ne perdrait sans doute jamais tant elle était encrée dans son comportement. Renard, lui trépignait sur son siège sous l’œil attentif du chevalier qui gardait son côté de la calèche. Un peu plus et il aurait sauté au dehors ! Il ne savait peut-être pas monté à cheval mais il avait reçu plus d'un abordage lorsqu'il était capitaine ! La main serrée sur le pommeau de son sabre le démangeait furieusement. La seule chose qui l'empêchait de se lancer à vrai dire... C'étaient les remontrances qu'Eulalie lui avaient faites la dernière fois qu'il s'était battu en duel pour apprendre à un jeune importun à respecter ses aînés. Il avait gagné mais au prix fort, ses tripes s'en souvenait douloureusement. La peur de sa femme avait été si forte qu'il avait du lui promettre de ne plus dégainé à moins que sa vie ne soit directement menacé... Et l'idée que son Souffle soit maudit par une descendante de Sainte Aliénor ne lui disait rien, étrangement. Alors il trépigna... Jusqu'à repérer le cheval désorienté. Cette fois il bondit, prenant de court son garde chiourme pour se jeter sur le chemin de l'équidé et lui choper les crins, manquant de se faire trainé sur quelques mètres.

Du côté du sang, du gel et de la bourbe, Julien rengaina, ôta son heaume avec un soupire de soulagement et une grimace bien sentie, plissant les yeux pour vérifier rapidement qu'aucun des hommes à terre n'était en train de se relever pour prendre les vainqueurs par surprise. Son confrère était déjà retourné vers Edgard pour vérifier son état, aussi se permit-il un brin de savoir vivre. L'homme près de lui était un porte lame, à n'en pas douté mais lui et son compagnon avaient été des plus compétents.
" Merci. Avec le coup que m'a porté celui-ci j'aurais eu du mal à défendre mon flanc. Je m'appelle Julien de Charmeroux. Moi et mes camarades voyageons vers Soltariel." Avec un sourire franc, il tendit la main gauche pour prendre l'avant bras du mercenaire dans un geste de camaraderie, son bras droit ayant visiblement subit quelques désagrément étant donné la position légèrement difforme de de épaule " Votre caravane est... " Son regard tomba enfin sur le visage du second mercenaire " ... entière ? " Une femme ?! Dans le feu de l'action, il avait bien eu d'autres choses en tête, mais là... Tentant de se reprendre après son regard appuyé, il se redressa un peu et ploya le dos autant qu'il le pouvait sans se décoller la chair des os " Votre sortie nous a été salutaire, Demoiselle. Notre camarade vous doit beaucoup. " Ne sachant pas que la flèche venait d'un tir allier, il parlait avec la plus grande sincérité. Le mot ' demoiselle ' avait bien souffert d'un peu d'hésitation mais la qualité féminine de la guerrière désarçonnait quelque peu le chevalier. Quoi, il n'allait tout de même pas l'appelée 'Dame', elle n'était clairement pas mariée et il ne voulait pas lui manquer de respect en sous-entendant quoi que ce fut.

Il fallut peu de temps pour que la calèche s'immobilise à côté de la caravane. Les trois hommes mirent pied à terre et, tandis qu'Anthoine argumentait avec la comtesse sur le bilan de cet affrontement, le chevalier qui n'était pas chargé de tenir les chevaux vint de suite s'enquérir de l'état de ses camarades. La voix d'Yvain, le chevalier le plus âgé de la troupe, s'éleva tout aussi vite.
" Son armure a dévié la flèche mais il ne vaut mieux pas pousser. S'il a de la chance, elle a percer que du gras et de la barbaque. S'il en a moins, un boyau ou deux. Rien qu'un bon charcutier ne répare mais s'il pouvait éviter de monter à cheval, ce serait aussi bien. " De loi, Anthoine acquiesça, reprenant à voix basse une discussion assez vive avec la personne dans la calèche. Contrairement à tous les autres qui portaient le blason d'une famille sur un bouclier ou un pan de leur tenue en plus de leur tabar rouge sang portant une salamandre d'or sous une couronne, on pouvait facilement s’apercevoir que l'équipement d'Anthoine était plus... règlementaire. D'une qualité toute à fait acceptable, il était tout de même loin d'être brodé d'or et d'argent. Il ne portait également que les couleurs de la salamandre.

Les brigands morts furent trainés sur le bas côté. Ceux qui étaient toujours en vie rassemblés et ficelés. L'homme qui était mort en protégeant la caravane fut dignement allongé dans l'un des chariot et l'un des marchands, bon bougre, sacrifia un pan de laine pour le couvrir. Cela dura un petit moment, laissant potentiellement le temps aux mercenaires de régler leurs affaires avec les caravanier sans trop attirer l'attention de nobles oreilles qui auraient pu s'outrager... Et de retrouver le troisième larron archer qui aurait sans doute sous peu à s'expliquer.
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Aleth
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Sam 2 Sep 2017 - 18:52

Aleth s'était accroupie pour vérifier que son dernier adversaire était vivant. Parfois, un mauvais coup sur quelqu'un ayant déjà une fragilité à la nuque pouvait avoir des conséquences inattendues. Mais celui-ci était aussi robuste qu'il en avait l'air. Cependant, il ne se relèverait pas tout de suite.
Entendant la voix du chevalier derrière elle, elle se retourna avant de se mettre debout et d'approcher des deux hommes en pleine accolade masculine. Lorsqu'elle arriva, ledit Julien la regarda plus attentivement et se figea un court instant avant de finir sa phrase. Devant ses yeux interloqués, elle croisa les bras, plongeant davantage son regard dans le sien tandis qu'un sourire amusé se dessinait au coin de ses lèvres. Dans les bas fond, les réactions concernant son sexe étaient bien moins fréquentes et remarquables. Lorsqu'on vivait dans cet environnement, on s'en sortait comme on pouvait... Mais les nobles étaient habitués à plus d'ordre et la surprise était plus que visible dans ses yeux. Elle riait intérieurement en observant l'armoire de métal chanceler sensiblement en constatant son sexe.

-Pour ça, faudra demander aux soldats et aux marchands. Finit par répondre Rodrigue à la question sur l'état de leur troupe. On n'est comme vous : on s'est arrêté pour prêter main forte. Mais les dégâts ont pas l'air aussi terribles qu'ils auraient pu l'être.

Un mort à déplorer et plusieurs blessés qui devraient s'en remettre à moyen terme. C'était bien peu comparé à ce qui se serait passé si mercenaires et chevaliers n'étaient pas arrivés au bon moment. Evidemment, les premiers n'avaient pas fait ça par charité et ils iraient bientôt réclamer leur dû mais mieux valait attendre que la noblesse se soit éloignée.
Julien se tourna de nouveau vers Aleth qui haussa un sourcil devant ses remerciements. Ça devait lui arracher la bouche d'avoir à prononcer ces mots à une femme... Et l'utilisation du "Demoiselle" aurait pu la faire rire si elle ne s'était pas retenue. Le moment était assez mal choisi. Alors qu'elle se réjouissait d'être en vie et de pouvoir être payée, elle savait que les péninsulaires s'accableraient de leur unique mort. Autant ne pas faire de vague... Elle n'était pas là pour se faire remarquer plus encore. Alors elle lui répondit d'un simple et bref hochement de tête et sans ajouter un mot.

Lorsqu'il s'éloigna, laissant les deux mercenaires seuls, Aleth se tourna vers Rodrigue.

-Je suis pas mariée mais je suis loin d'être une "Demoiselle".
-Ouais bah garde-le pour toi devant eux... Le fait que tu portes des armes, ça joue déjà pas en ta faveur.
-J'avais remarqué. Dit-elle en observant le groupe de Chevaliers qui s'étaient attroupés près de leur carrosse. En parlant de ça, je te laisse récupérer notre salaire. Je m'occupe d'Eliott...

Rodrigue acquiesça à la première proposition. Il était d'accord : autant que son sexe n'en perturbe pas d'autres. Les marchands pourraient être moins enclins à les payer correctement ou à les payer tout court si jamais c'était elle qui se pointait. Il aurait déjà suffisamment à faire avec le tir manqué de leur archer. Aucun d'eux n'ayant bien vu ce qu'il s'était passé, il devrait jouer sur le fait que le blessé n'était pas grave et ne faisait pas partie du convoi.
Les deux mercenaires se séparèrent donc. Aleth s'éloigna du groupe pour aller dans la direction d'où provenaient les flèches, non sans avoir signalé auparavant à ceux qui rassemblaient les brigands survivants l'homme qu'elle avait assommé. Tout en marchant, elle repéra vite l'arbre qui abritait le jeune archer, celui-ci étant en train de descendre. Il atteignit le sol une seconde avant qu'elle n'arrive à sa hauteur.

-Bordel, qu'est-ce que t'as foutu ?! Lui demanda-t-elle en colère mais sans crier afin qu'on ne les entende pas.
-Il était pas dans ma ligne de mire quand j'ai lâché la corde ! C'est pas ma faute s'il sait pas maîtriser son cheval. Répondit-il sur le même timbre de voix.
-Va dire ça à ses copains qui nous attendent là-bas. Ils vont sûrement voir un responsable quand ils comprendront que le seul archer à des kilomètres à la ronde, c'est toi.
-Je sais, c'bon !

Eliott était énervé sans vraiment l'être. A bien l'observer, Aleth comprit vite qu'il était surtout angoissé et qu'elle en remettait une couche. Elle le regarda quelques secondes en train de s'agiter, ne tenant pas en place. Ouais, il avait pas besoin qu'elle l'engueule... Il avait fait une connerie ou tout du moins il appréhendait le fait de s'en prendre une prochainement par tous ces types en armures brillantes. Alors elle soupira pour se calmer et reprit, plus calmement.

-Tu dis que c'est son cheval qui a fait un écart.
-C'est c'que j'dis.
-Bon... Les soldats de la caravane savent déjà que tu étais avec nous et Rodrigue est encore là-bas donc pas question pour toi de te barrer. Apparemment, le gars n'est que légèrement blessé. On va espérer qu'il soit pas de mauvaise foi et que sa version sera la même.

Eliott joua brièvement de la mâchoire avant d'acquiescer. Il n'avait pas le choix, fallait qu'il rejoigne le groupe mais il risquait de passer un mauvais quart d'heure. Et si le mec mentait et que personne d'autre n'avait rien vu, il était dans la merde parce que les nobliaux allaient certainement vite choisir entre la version du mercenaire et celle de leur copain. Aleth lui enserra l'épaule d'une main et l'invita à commencer à avancer vers la route. Elle le lâcha au bout de deux pas et l'accompagna, restant à faible distance derrière lui.
Sur place, il retrouvèrent Rodrigue qui leur indiqua d'un signe discret qu'il avait pu récupérer l'argent comme convenu. Le soldat qu'ils avaient accosté en arrivant l'avait un peu aidé. Même s'il y avait un mort et un blessé causé par leur propre gars, le groupe n'aurait pas pu s'en sortir aussi bien sans eux et les chevaliers seraient sans doute arrivés trop tard pour les sauver. Les trois compères leur avait permis de tenir bon jusque là et la caravane leur devait leur salut.
Maintenant, il fallait encore tirer Eliott de se mauvais pas... Tous les trois firent le point pour accorder leurs violons sur la version d'Eliott en attendant qu'on vienne leur réclamer des comptes.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Mar 5 Sep 2017 - 15:08


En comprenant que les mercenaires s'étaient arrêtés alors que la caravane n'était pas sous le protection, Julien fut encore plus étonné que de l'arrivée de la femme combattante.

" Vous avez eu de la chance, Edgard. Nous sommes tombés sur des mercenaires avec des principes. Ils ne travaillent pas pour la caravane."
annonça d'ailleurs le chevalier lorsqu'il en vint à mettre un genou en terre près de son compagnon défraichi, lui arrachant un grognement étranglé.
-Ne me faites pas rire, je risque d'y rester..."

Alors que Renard ramenait le cheval fuyard avec autant de difficulté que de fierté, avec l'aide de ses compagnons, le blessé fut remis debout et soutenu jusqu'à la calèche. Une jeune femme mince aux cheveux bruns et au regard inquisiteur descendit en ordonnant aux chevaliers de le mettre directement sur l'une des banquettes. De l'autre côté, Anthoine aida une autre femme à descendre. Beaucoup plus petite, plus ronde, elle portait une tenue de nordienne et ses cheveux aux reflets roux étaient simplement rassemblés en une tresse qui lui battait les cuisses, échevelée comme si elle avait marché dehors pendant longtemps. Raide, la tête haute et le regard fixe, elle resta près du jeune homme, continuant de converser avec lui à voix basse pendant qu'on installait Edgard. Mine de rien, le garde avait fait en sorte de placer la jeune femme entre la calèche et lui pour éviter toute tentative de tir.

" Il suffit Anthoine. "
finit-elle par couper sans élever la voix. " Il est hors de question que nous prenions des risques inutiles pour un simple bal.
- C'est en les prenant avec nous que vous risquez inutilement nos vies.
- Balivernes. ils ont aidé une caravane avec laquelle il n'avaient aucune affaire.
- Tous les voyageurs ne sont pas aussi honorables que Jindanor !"

Julien leva le nez. Anthoine respirait fort. Cécilie se figea en une statue de marbre.
...

" Pardonnez-moi...
- Préparez-vous a partir. " répondit-elle sur un ton si neutre qu'il en était glaçant. " Rose !
- Je suis là, votre Grandeur ! "

Anthoine sourit pauvrement à la suivante en la voyant arriver au pas de course. Elle n'avait visiblement pas entendu le dernier éclat du jeune homme mais la distance tendue qui existait entre Cécilie et le garde lui fit froncer les sourcils. Cécilie tendit la main et elle s'en empara pour la déposer sur sa propre épaule, laissant là ses conjectures suivre les pas lourds du garde.

" Mène moi à ces mercenaires.

- Ils sont trois à présent, madame... Et l'un d'eux est un archer. "

La nouvelle rendit un peu de mouvement au visage de la noble dame.

" Raison de plus pour leur parler. Mais finalement va chercher mon oncle et demande leur de venir. "


Une fois qu'on lui signifia que les trois étranger étaient à sa hauteur, Renard veillant à ses côtés, Cécilie inclina poliment la tête en signe de reconnaissance malgré leur basse extraction.

" Je suis la Comtesse Cécilie de Missède. Je vous présente l'Emissaire Renard d'Orman et ma dame de confiance, Rose... Vous me mettez tout trois dans une position inconfortable, savez-vous ? J'ai d'un côté quatre chevaliers qui voudront sans doute venger leur camarade et de l'autre un archer qui a participé au sauvetage d'un certain nombre d'innocents et ne résisterait certes pas à un duel contre Yvain... Puis-je savoir ce qu'il s'est passé ? "
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Aleth
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Jeu 7 Sep 2017 - 13:49

Alors que les trois compères achevaient de se mettre d’accord, le regard d’Aleth fut attiré par une légère dispute du côté des chevaliers. En observant le groupe, elle avait pu détailler un peu mieux sa composition et distingué les hommes d’armes des simples nobles. Au vu des comportements de certains, elle comprit bien vite qui était la personne à protéger, qui l’accompagnait et qui l’escortait. Le centre de ce petit monde, c’était une femme de petite taille, aux cheveux roux et à l’attitude étrange. Tout le monde la traitait avec déférence, même si certains ne semblaient pas être de son avis sur un sujet que la demi elfe n’avait pas pu saisir à cause de la distance et de la conversation qui se déroulait déjà près d’elle.
Ce ne fut que quelques instants plus tard que les mercenaires furent interrompus. Voyant la suivante descendre le chemin et, finalement, venir dans leur direction, Aleth donna un coup de coude à Eliott, qui parlait avec vigueur, afin qu’il se taise. Ladite “Rose” les invita à la suivre tandis qu’elle revenait vers son groupe. La demi-elfe échangea un regard avec Rodrigue avant de se tourner vers l’archer. Elle ne voyait pas d’autres raisons pour qu’on leur demande de venir que sa bourde précédente… Cependant, ils n’avaient pas trop le choix. Ils auraient pu fausser compagnie à tout ce beau monde plus tôt mais Rod était un ancien soldat. Des trois, c’était lui qui avait le plus de principe. Il n’était devenu mercenaire que pour prendre de l’indépendance et être libre de faire ses propres choix. Alors les trois comparses suivirent la jeune femme qui les mènerait droit à sa maîtresse.

-Elle s’appelle Rose… Chuchota Eliott à moitié mort de rire en pointant un doigt dans la direction de la dame en train de s'éloigner.
-La ferme, Eliott.
-Bah quoi ?... Puis, se tournant vers Rodrigue. Elle est bonne non ?!

Mais il n’eut que des yeux levés au ciel pour toute réponse. Si eux avaient compris qu’il était amusé par la similitude entre le prénom de cette femme et celui de leur compagne de route, il n’en était certainement pas de même pour Rose. Et sa dernière phrase pouvait être très mal interprétée en prime !

Arrivés devant la Dame, celle-ci se présenta et leur fit même une révérence. Sans doute une faveur pour leurs actions que tous autour d’eux pensaient nobles alors qu’ils venaient de se faire payer pour ça. Elle leur présenta même les personnes qui l’entouraient. Ils connaissaient déjà Rose mais Aleth resta à détailler le fameux “Renard” quelques instants. Son nom était aussi curieux que son titre. Emissaire de quoi, on se le demandait.
A la première question de la dame, la demi-elfe croisa les bras. Les palabres et la diplomatie, ce n’était pas son truc et ça l’agaçait déjà. C’était pour cela qu’ils avaient défini que ce serait Rodrigue qui parlerait pour eux si besoin. Tandis que Cécilie achevait son propos, Eliott fut interloqué et dévisagea la Comtesse. Si ses deux compagnons avaient compris qu’elle était aveugle, ils n’en avaient rien montré. Lui en revanche était très explicite et fit même un pas vers elle comme pour aller voir de plus près. Il fut cependant aussitôt arrêté par l’ex-soldat qui lui barrait la route de son bras. Puis, tournant son visage vers lui, il lui fit comprendre qu’elle attendait son explication sur les derniers évènements.

-C’est pas lui que j’visais. J’avais un brigand en ligne de mire et j’avais bien vu que vos chevaliers allaient refaire une charge. J’ai attendu qui soient passés pour lâcher ma flèche. Elle devait passer à la gauche de vot’ gars mais son ch’val a fait un écart et y c’l’est prise.

Eliott expliqua avec des gestes, l‘une de ses mains jouant le rôle du chevalier sur sa monture pendant que l’autre incarnait la flèche. Il n’arrivait visiblement pas à prendre en compte le fait que son interlocutrice ne pouvait pas le voir…

-Ensuite, Eliott a fait tout ce qu’il a pu pour aider vos hommes depuis sa position. Intervint Rodrigue pour élever un peu le niveau de la conversation. Et Primerose s’est avancée parmi les ennemis pour venir leur prêter main forte et leur permettre de se replier tous les trois pour se mettre en sécurité.

On reconnaissait sans mal l’empreinte militaire dans les paroles du mercenaire tandis qu’il contait les exploits de ses camarades, et plus particulièrement d’Aleth. Tous trois espéraient que, s’ils ne parvenaient pas à faire entendre que la responsabilité de l’incident revenait autant à l’archer qu’à sa victime (ou à son cheval en cas de mauvaise foi), les actes qu’ils avaient accompli par la suite les sauveraient.

Enfin… Sauveraient Eliott quoi.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Ven 8 Sep 2017 - 15:08


Un - très - jeune homme, une femme et ce qui avait tout l'air d'être un ancien soldat étant donné la façon clair qu'il avait de faire son rapport. Voilà qui était curieux... Ce qu'ils racontaient concordait parfaitement avec ce que les chevaliers avaient dit et vu comme les deux guerriers avaient réagit à l'erreur de l'archer, elle n'était clairement pas volontaire, il aurait été absurde de se cramponner à une autre version qui n'aurait aider personne. Mais avant que la Comtesse puisse dire le moindre mot, un bruit d'armure surmonté d'une tête revêche aux cheveux blanchie arriva à proximité. " Du temps de feu Théobald, nous n'aurions pas tergiversé. Appliquons la coutume. Volontairement ou non, il a blessé un noble. Je me chargerai de lui couper la main.
- Non sens, Yvain. Ils se sont conduit en bon pentiens en secourant ce convois et ils méritent notre respect pour cela. Je ne tolèrerai pas qu'un acte de barbarie soit commis à leur encontre. Vous pouvez le dire aux autres. "

Alors que le dénommé Yvain, celui qui s'était tout de suite occupé du blessé, s'éloignaient, visiblement très mécontent, Cécilie s'excusa de cette soudaine rudesse. Renard, après avoir rendu son regard curieux - et respectueux - à la jeune mercenaire, glissa à sa nièce:
" Ce jeune homme m'a l'air surtout quelque peu inexpérimenté... et nous connaissons tous la fougue d'Edgard, ma chère. " son ton était léger par rapport à la menace qui venait d'être faite et Cécilie lui en était assez reconnaissante. Elle acquiesça en silence avant de reporter toute son attention sur les trois voyageurs, ignorant le regard à la fois désolé et mécontent qu'Anthoine posait fréquemment sur elle.

" Eliott, c'est bien ça ? Aucun grief ne sera retenu contre vous si vous tenez la place d'Edgard dans mon escorte. La route n'est visiblement pas sûre et je suis attendue à Soltariel. Si vos deux compères veulent se joindre à nous, c'est avec un salaire que je les accueillerai volontiers pour le voyage. Qu'en dites vous ? "
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Aleth
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Dim 10 Sep 2017 - 18:24

-Euh... Ben...

Une main vint à la rencontre de l'arrière du crâne du jeune homme. Pas de quoi lui faire vraiment mal mais assez pour le faire légèrement pencher en avant et entendre le bruit de la petite claque sur sa tête. Eliott protesta en se tournant vers Rodrigue mais son regard lui coupa toute envie de répliquer quoi que ce soit d'autre que ce qu'il voulait visiblement entendre.

-C'est ça ou perdre ta main.

Evidemment, Rodrigue n'aurait pas laissé faire ça, d'autant que la dame semblait être rigoureusement contre. Mais il fallait que le jeune Eliott comprenne qu'il avait déjà beaucoup de chance d'avoir si peu de comptes à rendre. Il n'était qu'un roturier et eux étaient tous nobles. Ils auraient pu le tuer si l'envie leur en avait pris et sans qu'on ne vienne les réprimander par la suite. Eliott pouvait s'estimer heureux que la Comtesse se contente de lui demander de remplacer l'homme qu'il avait blessé en dédommagement.

-C'bon, j'ai compris ! Pesta l'archer avant de se tourner vers Cécilie. Je vous suis. Je vais voir si je peux récupérer quelques flèches sinon je tiendrais pas une nouvelle attaque.

Tandis que leur jeune compagnon s'éloignait en direction des cadavres et de la zone de combat, Rodrigue se tourna vers Aleth pour l'interroger du regard. Toujours les bras croisés, la jeune femme demeura un moment silencieuse. Ce n'était pas vraiment la route qu'ils avaient prévus de suivre mais c'était un boulot facile. Entre ça et partir en rude campagne d'une durée indéterminée au milieu d'hommes qui allaient baver de plus en plus en se trouvant en compagnie d'une femme...

-On va pas le laisser tout seul, il serait capable de se retrouver cloué à un arbre avant la fin du voyage.

Rodrigue eut un petit rire amusé à la remarque de la mercenaire. Elle n'avait pas tellement tort, même s'il était évident que ce n'était pas sa seule motivation. Il se tourna donc vers les nobles qui leur faisait face.

-Nous nous ferons donc un plaisir de renforcer votre escorte, Votre Grandeur.

Il s'inclina avec respect tandis qu'Aleth resta immobile. Si Rodrigue semblait suivre les convenances, ce n'était pas le cas de la jeune femme. Elle ne saluait déjà pas Azhar alors une noble péninsulaire... Elle n'aurait sans doute pas courbé l'échine devant le roi lui-même si elle l'avait croisé. Elle ne reconnaissait pas leur autorité. Comme si plus personne n'en avait sur elle, ce qui n'était pas totalement faux.
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Cécilie de Missède
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MessageSujet: Re: [A la frontière]Entre femmes, on se comprend. Enfin... presque.[Cécilie/Aleth]   Dim 10 Sep 2017 - 20:14


Étonnée par la réaction du jeune archer, oui, Cécilie l'était et même plutôt deux fois qu'une. Elle avait l'impression d'entendre les soupire excédés de Lyanna lorsqu'elle avait quinze ans et que Mathilde lui demandait de ne plus courir le pays sans garde ni chaperon. Mais la comtesse n'était pas du genre à se battre pour faire respecter des convenances sensé poser son autorité auprès de personnes sauvant comme ils pouvaient un sentiment de liberté. Ceux là auraient suffisamment de problème avec les chevaliers de sa suite s'ils n’alignaient pas trois sous de jugeote pour qu'elle n'en rajoute pas.  

Renard, lui, semblait de plus en plus intrigué par le comportement des trois lascars. Ou plutôt des deux lascars. Le jeune et la donzelle. Et si la curiosité avait tué le chat, le goupil y avait risqué sa vie bien des fois. Ses yeux sombres détaillaient le dos de l'archer jusqu'à ce que cela ne serve plus à rien et qu'il n'ait qu'à se rabattre sur la jeune étrangère. Il y avait quelque chose chez elle qui le titillait. Non ! pas dans ce sens là. Mais quelque chose de peu courant. D'étrange aurait dit certains. En un mot : de Curieux.

" Tout le plaisir est pour moi. Si certains d'entre vous savent monter à cheval, nous avons un destrier qui ne demande qu'un cavalier et un coursier un peu plus léger. Ils feront le chemin à l'avant du convoie avec le Lieutenant Anthoine et moi. "

Le mouvement fut rapidement donné. Il fallait repartir vite car l'étape du jour était assez longue et ils risquaient d'avoir du mal à y arriver avant la nuit s'ils trainaient encore.
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