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 [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn

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Estiam Faerin
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MessageSujet: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Ven 18 Aoû 2017 - 18:57


Calimehtarus de la sixième ennéade de Karfias
Dixième année du Onzième Cycle
Frontières du territoire Nain



Le soleil descend lentement sur les berges de l’Oliya, signant la proche fin d’une nouvelle journée de voyage ; l’une des dernières avant que tu ne puisses faire ton retour dans les terres de l’Anaëh des cartes selon les sourds. Encore un peu plus au Nord, encore un peu plus près de la mer. Encore un peu plus près de l’eau. La Folle guide tes pas, et elle refuse de quitter son élément. Mëlien te dirige et tu ne veux pas t’arracher à sa présence. Mëlien a des choses à te montrer avant que tu ne regagnes l’intérieur de la forêt elfique. Mëlien doit te présenter des terres encore sous le pouvoir des Ëalas, des terres sous sa responsabilité, des terres sous lesquelles poussent les racines de l’Estel, des terres qu’elle aide à grandir et à prendre des forces, mais que les elfes ont lâchement abandonnées.

Tu mâchonnes sans grand entrain quelques insectes tirés de ton sac à provisions, à la recherche du dernier sursaut d’énergie qui te tiendrait jusqu’à ce que la nuit soit trop noire pour que tu puisses continuer de mettre un pied devant l’autre. Tu mâchonnes sans grand entrain, mais les coins de tes lèvres relevés dénotent une légèreté d’esprit que les territoires Péninsulaires ne t’autorisaient pas à afficher. Si les Oësgardiens nourrissent une haine sans pareille de la magie, c’est bien parce que leurs voisins et pères des Wandres la craignent comme on craint l’œuvre des Dieux. Elles ne sont pas bien nombreuses les âmes humaines que tu auras croisé si près de la frontière. Les clans Wandrais comme ceux Ornedhels avaient bien appris à éviter ces lieux, de peur de n’avoir à faire couler le sang et à essuyer celui de leurs alliés, mais le peu ayant osé poser le regard sur toi depuis le lointain furent bien intimidées – et pour certaines le mot est faible – par les trois créatures élémentaires ailées en permanente révolution autour de toi. Sous chapeau, cape et armure, impossible pour eux de savoir si tu viens de l’étranger ou de leurs propres terres, et mystère ainsi nourri te garantit tranquillité.
Seules les bêtes sauvages les plus territoriales osèrent s’opposer, mais face aux créatures de l’Aduram, elles faisaient bien pâle figure. Les animaux craignent celui qui s’autorise à les ignorer, et les bêtes folles trouvent la mort quand leurs instincts n'ont pas été respectés. Durant ton temps dans les Wandres tu eus à ton grand bonheur l’occasion de parfois te délecter d’autres viandes que celles de crustacés et poissons. Et les charognards ils volent dans ton sillage, car l’odeur de la mort suit le prédateur que les proies n’attendent pas.

Les oiseaux s’envolent en quête d’un abri, les ondulations des serpents viennent s’ajouter à celles des poissons, le voile du crépuscule tombe sur les marais, mais ce n’est pas l’ombre que jette le ciel celle qui obscurcit ces lieux, mais celle des pierres entassées par des voleurs voulant cacher leur butin à d’autres voleurs. La Symphonie est étouffée, étranglée par la muraille bâtie par les nains, pour se protéger des assauts des Wandrais. La Symphonie lutte depuis le Lörn où elle s'éveille à peine, se bat contre la contrainte avec toute la puissance qu’elle est capable de déployer, mais il est impossible pour les Chants de percer, quand entre les pierres la Sylve est écrasée.

Hommage soit rendu aux travailleurs du petit peuple, car ils accomplissent de grandes œuvres. Honneur à ceux œuvrant à la renaissance de leurs contrées. Honneur aux résilients faisant la force de leur peuple. Le peuple de Calimentar a pris pour sien une part de votre forêt. Le petit peuple s’est approprié une part de l’œuvre. Le Lörn, foulé par les enfants du Dieu guerrier commence timidement à entonner les Chants, mais s’il est entre leurs mains ce n’est la faute que de la faiblesse des enfants de Kÿria.
Tu ne peux que respecter le travail du peuple de la montagne, mais le respecter ne t’empêche pas de rêver à sa destruction prochaine, le jour où les racines de l’Estel seront assez profondément ancrées pour que celles des frères viennent les déloger. Tu ne peux que respecter le travail du peuple de la montagne, et c’est pour cela que Kemercaina n’aura pas forcé le passage, mais que tu auras attendu que les portes te soient ouvertes.

- On passe pas sans payer.

Le guet est tendu, et la langue Péninsulaire t’arrache les oreilles. Le large chapeau dissimule tes oreilles, et certainement ton imposante corpulence, en opposition avec la finesse attribuée habituellement au peuple elfique l’aura induit en erreur, et au vu te ta grande taille et de ton habit rudimentaire, ils auraient presque pu te prendre pour un agresseur venu des Wandres… si tu ne restais pas aussi calmement debout devant la porte fermée.

- J’ai besoin de traverser le Lörn.

À défaut d’entièrement te comprendre, l’emploi du langage elfique et la mention du Lörn devrait suffire à le renseigner sur ton identité et tes intentions ; mais au cas où cela ne suffirait pas, d’une rotation de tes poignets, tu appelles à l’intervention de Luimër, Ruivër et Kemercaina, dont la danse donne naissance à une miniature de pierres de la forêt environnante, traversée de l’Oliya, sur laquelle brûlait un tracé de flammes bleues, tracé du chemin que tu comptais emprunter.

Si seulement les nains avaient choisi l’enseignement de l’Oliyan, de la langue cosmopolite, plutôt que celui du langage tordu des humains.

Pour info:
 

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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Dim 20 Aoû 2017 - 11:29



10° Année - XIe Cycle
Karfias•Hiver
6e Ennéade
Calimehtarus

Quelques jours auparavant, foulant les Plaines du Brissalion...

Pittoresque caravane celle qui avance derrière Haldin Barbedrue. Elle le suit, le poursuit, lui le Bouc de Thanor, le Maître Éleveur des Terres de l'Ouest. Et quelle allure lorsqu'il se hisse sur ses étriers, quelle dégaine dès qu'il pivote son torse et plisse les yeux pour distinguer l'arrière de son troupeau, composé de soixante-dix têtes cornues. Quelle fierté aussi celle qu'il sent réchauffer ses entrailles, chaude douceur qui s'étend jusqu'à son cou et ses larges épaules qui portent le poids d'une vie de Grommtrommi.

Le soleil étincelant en devient aveuglant lorsqu'il miroite sur la mer de glace qui s'étend tout autour du dawi. Pour observer les Plaines du Brissalion qui ne sont ni vertes ni verdoyantes mais plutôt nappées de blanc, la grosse main caleuse de Haldin en visière lui permet de se faire aux virulents reflets... Sous la chaleur des sabots ardents alliés aux premiers rayons de soleil, une buée s'élève dans les cieux ; elle devient brume qui s'attache aux corps chauds... Le troupeau semble ainsi émerger de nulle part, troupeau céleste venu rétablir l'ordre premier... Quiconque assisterait au spectacle verrait là une apparition mythique : Haldin le Prophète et ses Anges Protecteurs. La vérité dans ce bas monde est cependant tout autre... Le Prophète – nous parlons de Dun Eyr – est un fugitif proscrit ayant soulevé des foules fanatiques jusqu'au fratricide ; les Anges ne sont qu'un troupeau de béliers de guerre, dressés afin d'empêcher la vile souillure étrangère d'envahir le Zagazorn.

Hélas point d'apparition céleste.
Tout n'est que reflets de violence.

Seulement Haldin observe sa compagnie hétéroclite avec passion, avc amour, contrastant brillamment avec la réalité du monde cruel.

[url=+]+[/url] d'infos sur la Chivrine

- Passe derrière ! prononce le vieux nain, enthousiaste.
Alors que ses ordres fusent dans l'air glacial des plaines du Brissalion, deux petits becs réagissent à l'appel. Mais qué bécassons ceux-là ! Allez ! Yypi, Toû ! Ces deux prénoms mono syllabiques appartiennent aux deux petites beautés qui agitent leur douce fourrure étrangement parsemée de plumes. Ces deux créatures volantes que Haldin a dressé au gardiennage de bétail, sont deux magnifiques chrivines. Elles roucoulent et s'envolent.

Alors que les Gazan'Grom – énormes canidés endémiques du Zagazorn – protègent férocement un troupeau, les chrivines sont la main qui vient constamment mener, calmer ou titiller le groupe. Elles ont une utilité toute professionnelle, mais elles sont aussi d'adorables bêtes de compagnie, dont même Mirza s'est entichée !

Mais Haldin ! Tu ne vas quand même pas les faire traverser le Zagazorn tout entier avec ce froid ! lui avait fait comprendre son épouse naine – muette rappelons-le.
- Ha ! Ma Mirzou petite coquine didiou ! Va-t-en me préparer un estouffe belle-mère avant que je m'en aille ! Et que je remplisse ma panse de boustifaille qui tienne au corps ! Autrement je commencerai à croire que tu préfères ces petites canailles à ton mari, qui je te le rappelle, va lui aussi braver le froid et les plaines ! Et puis... – avait-il rajouté avant de quitter Thanor – elles feront bien c'qu'elles voudront si elles veulent me suivre tant mieux ! Sinon j'embarque les chiens ! Eux m'aiment, eux ! avait-il conclu en riant.
Bien sûr que les chrivines ont suivi Haldin. Elles sont à ce point proches du nain pour avoir saisi l'intérêt de cet art, celui de mener, de conduire un troupeau à travers bois et plaines. Et elles ont la passion de leur métier, car c'est bien un métier que possèdent ce jeune couple aérien !
De fait, quand l'ordre de passer derrière fuse, les deux plumés s'élancent aussitôt dans les airs, et se retrouvent quelques secondes plus tard déjà bien loin, à plusieurs dizaines de mètres de leur monture. Car oui ! Avant que Haldin n'ordonne quoique ce soit, les deux créatures se reposaient, confortablement assises chacune dans un panier sur un galioth. Car c'est dans sa bonté, que dis-je son amour pour les animaux que Haldin, sous prétexte de n'avoir qu'un cul avait attribué sa deuxième monture, Milos, au confort des petites chivrines travailleuses en aménageant un bât de deux paniers douillets.

Elles s'élancent donc derrière le troupeau de béliers de guerre, que les Barbedrue ont dressés depuis des mois.

Le vol des chrivines est incomparable, accompagné de petits bruits de joie - car elles adorent travailler. Elles filent dans les airs dépassant le troupeau, l'œil averti voit déjà le mouvement qu'elles réalisent pour se retourner et profiter d'un angle particulier pour... Foncer sur les béliers qui ma foi pèsent bien dix fois plus qu'elles, si ce n'est plus ? Mais rien ne les freine, ni le froid mordant, ni les gigantesques ovins. Bien au contraire, elles arrivent à hauteur des derniers gros gaillards et envoient leurs becs pointus sur les monumentales croupes. À cet avertissement les béliers accélèrent leur allure, mais d'autres semblent ennuyés par le dérangement importuns. Encore elles, petites harpies...

Grognons, mais surtout têtus, les gros mâles replongent la tête au sol pour de nouveau grapiller quelques touffes d'herbe grossière. Haldin qui continue de chevaucher en amont siffle semble-t-il pour inciter le mouvement. À cet ordre, car s'en est un, les chrivines tombent sur les récalcitrants et enfoncent joyeusement leurs griffes dans les généreux popotins aux queues dansantes. À ce contact un peu plus parlant, les bêtes s'ébrouent puis se mettent à courir afin de rejoindre les premières, qui déjà suivent Haldin, docilement.

L'heure n'est plus à la gourmandise.

Quelques minutes plus tard, les béliers galopent derrière Haldin, force animale incommensurable qui est celle de leur muscles en action. La puissance de leurs pattes qui martèle la plaine est un élément récurrent alors que Haldin pendant plusieurs jours alterne entre pâturage et progression.

Leur destination n'est guère plus loin que l'horizon...

Bélier de Guerre du Zagazorn - Kazakgorun
[url=+]+[/url] d'info
La veille au soir, dans le fort d'Al-Rintalazad.

Le réfectoire est plein. Les choppes pleines se vident à l'instar des têtes préoccupées, laissant au lendemain les soucis d'aujourd'hui.

Dans le brouhaha quelques phrases parviennent à nos oreilles grand ouvertes.

- Wô qué beauté ces bestioles, maître éleveur, disent les uns.
- Pour sûr qu'ils hésiteront à deux fois avant de trépasser nos terres ! rigolent certains.
- Ah pour sûr ! Entre l'Hunzrung Langk et les Kazakgorun des Barbedrue ! remarquent les autres.
- C'est ça la force dawi ! se vantent quelques-uns.
- Reposez-vous Grommtrommi ! Z'avez fait la route tout seul depuis Thanor !? En une ennéade ! Quelle folie ! Mais à quoi pensiez vous ? Et vos neveux ?
- Quoi mes neveux !? s'indigne l'Ancien. Mes neveux sont à Thanor, et moi je suis ici. À chacun sa place, à chacun son rôle. Ou bien me croyez vous trop vieux pour déplacer moins de cent béliers ? Vieux ou incapable peut-être !? Demandez à votre grand-père, Altrommi, si nous ne nous déplacions pas avant seuls et dans de pires conditions ! Avec encore plus de bêtes ! Et plus jeune que vous ! Demandez lui jeune chenapan ! Demandez lui ! Ah, je le vois arriver, maintenant du balais que je discute avec votre ainé. Hache-Rousse...
- Oui oui Grommtrommi, bien sûr que je vous crois ! reposez-vous, nous irons aux portes demain, on vous accompagnera ! Ainsi la jeunesse fût matée.
- Mmh... C'est cela... Puis en se levant il hèle une vieille connaissance. Ehh Bendir vieille canaille !

De sommeil, la nuit est bien trop courte. De bière, la panse est bien trop pleine.

Ce jour là, devant la Porte-de-Fer...
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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Jeu 24 Aoû 2017 - 17:55




De grâce ! Comment se fait-il qu'un nain qui ne soit pas porté sur la boisson, finisse toujours ivre lorsque nos pas croisent les siens ? Le hasard ? Peut-être ! Les explications à ces interrogations ne sont bien sûr pas source tarie, elles sont cascade infinie d'issues trouvables, d'excuses en sa faveur... Haldin possède quelques réponses, lui le sage Barbedrue, l'irréprochable Grommtrommi, le respectable ! Il est certes fautif de ses états induits - de l'ivresse - mais il sait que la pécadille n'est pas uniquement sienne, car lorsqu'il boit une première gorgée, les autres ne peuvent être refusées. La première gorgée reste donc la plus fautive de toutes. Mais il sait aussi que le méfait est tout nain, à perpétuellement faire jaillir sempiternels fûts de bière d'ici de Lante, d'ailleurs dans l'Sud, ou de là-bas dans l'Nord. Oui, s'était bien à cause de ces foutus nains qu'il sombrait dans les délices de l'alcool, à chaque grande réunion, à chaque fichue graille ! Et ce spécialement maintenant que l'âge le rendait trop faible pour résister à l'appel des plaisirs...

À quoi bon refuser une divine gorgée de mousse, si proche des Halles que je suis, s'était-il de nombreuses fois répété, avant de s'attaquer à une troisième cuisse de lapin, un quatrième bout de fromage, une cinquième choppe de bière.

C'était un grand festin dont on l'avait gratifié la veille, de viandes fabuleusement tendres, de pains à peine sortis du four, alors qu'il avait insisté pour qu'on lui serve simplement une soupe au bon bouillon. De la viande il avait pu en manger une vie entière, et ce n'était pas le fait qu'elle soit séchée qui le dérangeait. Mais ils avaient insisté, qu'il fut Ancien ou non, il avait mérité une bonne boustifaille qui vaille afin de requinquer le nain meriteux après le grand effort. Mais le Bouc de Thanor était un être simple et rustique, bien plus que les nains d'aujourd'hui... N'était-il pas né en plein milieu de l'hiver sous des murs aussi fins que la protection qu'ils apportaient ? Les couleurs dorées des rôtis l'avaient cependant vite fait omettre la simplicité d'un casse croute, et l'avaient de suite subjugué par leir odeur. Il avait fait honneur à chaque met, à chaque verre servi.

C'est une grosse gueule de bois qu'on lui avait légué aujourd'hui, tiens voilà ton dessert du Sud !
Mais j'avais d'mandé qu'une soupe..., s'était dit le nain en massant son crâne endolori.
- Allez les loulous, j'vous emmène voir vot' nouveau terrain de jeu ! Ainsi s'adressa t-il aux jeunes béliers de guerre, qu'il installerait dans leur nouvelle demeure, accomplir le devoir pour lequel ils avaient été dressé. Et il avait en compagnie de plusieurs nains, entamé la route qui les séparait du Mur.


♠♣♠


- Bon beh téh. Nous voici nous voilà, dit-il quasiment devant l'Hunzrung Langk. Haldin n'a plus les idées embrouillées ni la conscience vaporeuse, lorsque ses yeux ont entrevus la belle œuvre dawi. Belle œuvre ? Que dis-je majestueuse prouesse architecturale que voilà, celle qui s'étend sur des kilomètres, protégeant ainsi les frontières naines. L'Hunzrung Langk.

Les temps ont changés... Mais Haldin se laisse aller aux réminiscences qui le titillent depuis que ses yeux ont reconnu certains recoins du Lörn. Haldin a traversé un jour ces terres, mais depuis combien de temps déjà ! Les années défilent devant ses yeux jusqu'à ce jour de la huit cent cinquantième année, d'un cycle passé, où en compagnie de sa femme il était revenu au Zagazorn. Depuis ses pas ne l'ont jamais menés en ces lieux oubliés par lui, nous dirons même refoulés. Il en a le cœur tout emballé, les soubresauts rivalisent avec le martèlement de centaines de sabots. Qui s'arrêtent à son ordre.

Les heures qui suivent sont dédiées à la technicité évidente qui doit être adoptée et mise en place afin de s'occuper des béliers de guerre fraîchement arrivés. Haldin se permet de dresser certains dawis, ne pas laisser les bêtes à la merci de l'ignorance...

- Et n'oubliez pas de pailler la bergerie tous les jours, bordel de lune. J'ai vu comment le fumier insalubre prend possession des moindres recoins, sans que vous ayez mis un brin de paille au sol ! Vos montures les pieds dans la merde, peut-être - et encore ! Je vous tirerai les oreilles à vous tous ! Mais écoutez moi bien, ces béliers sont de vrais perles ! Ils sont à bichonner bien plus que vos rejetons m'entendez-vous !? À croire que vous payez la paille sans déconner ! Il y en a des tonnes sous l'appentis ! Mettez-en donc ! Et par un temps pareil en plus ! Je vous ferai dormir dans la caca moi aussi ! Termine t-il de postillonner avant de reprendre plus calmement, mais encore menaçant les jeunes d'un œil sévère.Occupez-vous en bien et gare à vous... C'est ni le Roi ni son fils qui viendront vous pendre par la peau des fesses ! Ça sera moi ! Moi tout seul, j'en prendrai un par un et...
- Grommtrommi, Grommtrommi !
- Quoizencore !
- Parlez-vous l'Oliyan ? Bilald devait être de service mais sa naine l'est en train de pondre l'marmot à l'instant. S'trouve qu'un voyageur comprend fichtrement pas nos questions ! S'trouve qu'y veut passer nos frontières mais on y comprend que dalle à ses chansons ! S'trouve qu'il nous a sorti un tour de trompe-mire, qui nous a d'ailleurs espanté !  S'trouve que..
- Du calme, du calme. Allons voir de quoi il en retourne... Il est seul dis-tu ? Ils entament la centaine de mètres qui les séparent de l'énorme porte. Et vous ! Commencez à sortir les selles que j'vous fasse voir certains détails élémentaires dès mon retour, dit-il en s'adressant ensuite aux futurs cavaliers. Nous avons du travail si vous êtes tous d'aussi bons cavaliers que mon neveu... Bon, allons voir c'que veut le longuet, conclut-il trop heureux de prendre congé de ces incapables. Et ils allaient l'entendre ! Il resterait trois plombes à leur serrer la vis s'il le fallait ! C'était plus que les rudiments que nécessitaient ces incapables !

Tout en raillant les aptitudes de son neveu, Haldin se fait expliquer que l'étranger qui semblait être un grand gaillard venu des Wandres, serait en fait un elfe, mage de surcroît ! De quoi en avoir l'eau à la bouche, lui le friand d'histoires et de cultures. De rencontres... Il prête alors toute son attention aux paroles de l'Altrommi qui lui réexplique la situation.

Haldin s'est fait une place derrière la porte qui n'a encore point été ouverte. Il s'adresse à l'étranger à travers le métal glacé, utilisant les bribes d'Oliyan qu'il possède. Moindres, cependant exercés quelques ennéades auparavant. Son ton est neutre, mais son regard étincelant de... Joie ? Serait-ce plutôt de la curiosité ?

- Shaloutashion, voillajeule. Vous paller l'Oliyan ? Nous lésselon vous passer si esplication lecevable... Vous commelsser ? Venil.. ENCLAVE ?

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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Sam 26 Aoû 2017 - 19:21

Pour autant que l’existence du Petit Peuple ait donné un sens à l’utilisation du mot « art » lorsque l’on parle de la forge, les yeux écarquillés et les inspirations de stupeur rappellent rapidement que ce que Calmenthar leur a offert comme pouvoir sur le monde physique, Kÿria et Tari ne leur ont pas donné sur l’univers métaphysique. Elle est toute particulière la magie naine, et régie par bien plus de contraintes que celle pratiquée par les autres porteurs du souffle sur Miradelphia.

Un des gardes estomaqués une partie file en direction des profondeurs des bois, ronchonnant à voix haute des choses que tu ne comprends pas, probablement la raison pour laquelle ils filent, probablement te demandant d’attendre qu’ils reviennent. C’est un pari risqué. Chaque sentinelle de moins, c’est une faille de plus dans la défense de l’édifice, et une opportunité pour toi de passer au travers sans avoir à en demander les droits. Heureusement pour eux tu es d’humeur à patienter. Tu n’es pas pressé. Le changement s’installe lentement, l’influence de Mëlien n’a pas transformé l’ancien Linoïn en un jour. Le Lörn pourrait attendre quelques instants de plus.

Les fées élémentaires semblent s’amuser, comme le feraient trois véritables petites créatures. La carte est vite effacée, l’eau, les roches et les flammes rapidement condensées en de nouvelles formes, pour la majorité d’entre elles complètement abstraites, des arabesques, des points et des traits de couleur comme il t’en passe par l’esprit lorsque l’ennui te prend. Le temps grignote autant la patience des gardes que la tienne, au point que bientôt, suivre des yeux tes tours de passe-passe ne fut plus assez pour les distraire. Au moins cela était-ce moins pénible que de scruter vainement l’horizon en attente d’une menace qui ne viendrait pas.

Eux, comme toi, furent sortis de votre torpeur d’abord par le bruit des pas, puis par le début d’une discussion qui t’était toujours impalpable, et finalement par des mots qu’il te fut enfin donné d’entendre. Une prononciation approximative, te forçant à te demander si ce que tu entendais était bien ce qu’il voulait dire ; des salutations, une question, des conditions, une autre question, qu’il n’aurait certainement pas posé s’il avait pu poser la moitié d’un œil sur toi, et une dernière question t’ayant tiré un feint grognement.

- Je n’ai rien et vous n’avez rien qui m’intéresse. J’ai seulement besoin de traverser les bois que vous appelez le Lörn.

L’Oliyan te vient aussi facilement que s’il eut été ta langue natale. On oublie pas l’enseignement de plus d’un siècle en Ithri’Vaan si facilement, même après plusieurs autre à ne plus le pratiquer.

- Je ne fais que voyager, ni plus ni moins.

Et à travers des terres revenant de droit à ton peuple, des terres qui chantent encore et méritent d’être écoutées, mais ça tu ne le leur dirais pas. À quoi bon ? Déjà les Taledhels ont du mal à saisir l’essence de la Symphonie, alors des nains…

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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Dim 27 Aoû 2017 - 10:12




Haldin n'a que faire des justesses d'idiome tant que quiproquo s'en éloigne... Pourtant les mauvaises interprétations sont monnaie courante lorsqu'il s'agit de langues déformées, car vilainement parlées. Si parfois cela peut mener à de drôles de situations, les quiproquos peuvent faire des ravages, détruire des couples, pis, des royaumes.

Il ferme les yeux et se masse les tempes engourdies. Il sent ses paupières palpiter à l'instar de son cœur aérien... Après tout que fait-il ici à garder les Portes du Sud, alors que ses préoccupations sont tout autres, que son rôle dans ce foutu imbroglio est tout autre, et que l'âge indocile le rattrape de jour en jour... Trop bon, trop con, à constamment conseiller, aider, le voilà écarté de ses occupations, lui qui a tant à faire... Tant à accomplir, lui le vieux nain de deux siècles, le partisan d'un Zagazorn édifié, chasseur d'antique splendeur...

Ses yeux bleus vrillent sur le chapeau de l'étranger. Devant une porte fermée, et dans le désir de pénétrer chez autrui, n'est-il pas de bon sens et d'élémentaire bienséance, d'ôter le capeo, ainsi montrer son éducation et ses bienveillantes intentions ? Il attend sa réponse.

- Je n’ai rien et vous n’avez rien qui m’intéresse. J’ai seulement besoin de traverser les bois que vous appelez le Lörn.
En réponse à ses interrogations, l'individu s'exprime en Oliyan et celui-ci est irréprochable. Or ne lui a-t-on pas dit que l'étranger serait vraisemblablement sylvain ? Qu'il a prononcé cette langue sybiline avant d'exprimer une requête faite de roc et de feu ? Le Bouc de Thanor commence à douter des dires de ses congénères... Ont-ils exagéré sur le fût ? Son crâne endolori sent rejaillir quelque réminiscence de la veille, sous forme de houle, et son cerveau tangue comme sur une mer agitée. Cette foutue bière...

Il ignore la première phrase plus que malpolie de son interlocuteur et enchaîne.
- Payez et vous entlez. L'accès au Zagazorn uniquement poul commelce. Dans Enclave. Lante. Nouvelles lois.
Son ton agacé, et ses mots d'un Oliyan plus que mastiqué, résonnent contre la roche centenaire qui retient dans ses rainures la herse de fer forgé. Érigée entre eux comme une bouche intransigeante, aux lèvres pincées, aux défenses infranchissables... A moins d'être convié.

La herse ne bouge pas d'un millimètre.

Il se retourne et d'un air sévère s'adresse en khazalid aux gardes en faction. J'en parlerais aux gradés. Lorsque l'on tient une place forte, celle d'une frontière, toutes les langues sont utiles, que dis-je, NÉCESSAIRES, afin de communiquer et d'entendre et de réagir en conséquence. Merde alors. Maintenant... Faites-vous payer, et laissez le entrer. Alors qu'il commence à tourner prestement les talons, pour aller entraîner son monde aux rudiments animal, il lui semble juste et correct de prévenir l'individu. Il revient vers la porte et précise, donc. Vous payez. Vous entlez. Vous voil ça avec galdiens. Moi, Haldin, seulement tladucteul hein !? Si vous ne pas rendle vos pas à Enclave, que vous êtle tlouvé à vagabonder, detluire ou chasser dans Lörn ou ailleurs dans Zagazorn, vous selez abattu sans sommation. Compli ? Derrière lui les gardes hochent la tête comme s'ils avaient compris la langue cosmopolite que Haldin essaye tant bien que mal de prononcer. Ont-ils seulement approuvé le ton irrévocable de l'Ancien ? Le silence se fait lourd alors que le Grommtrommi s'approche une dernière fois un peu plus près des barreaux de cette majestueuse porte métallique, qui non seulement ferme l'accès terrestre, mais qui vient s'enfoncer à plusieurs mètres dans l'eau, permettant aux nains de contrôler aussi l'accès fluvial de leurs terres.

- Je ne fais que voyager, ni plus ni moins.
- Et poulquoi Lörn ? Zagazorn ? Vous étudiez géoflaphie ? Dit-il, ironique, une main sur sa hanche massive.

À ces mots, les formes pittoresques qui jusqu'alors tournoyaient aux pieds de son interlocuteur - et que Haldin n'a toujours pas eu la chance de voir - s'élèvent un peu plus dans les airs, à hauteur des épaules trop carrées pour être sylvaines. Lorsqu'elles virent, volent et se mélangent pour créer une image en profondeur à la demande tacite de l'étranger ; à la demande également tacite de Haldin, le treuil silencieux est activé et la herse se soulève. À chacun sa magie.

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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Sam 2 Sep 2017 - 14:22


Dans un soupir s’égara un peu plus de ta patience, durement mise à l’épreuve par une interaction sociale comme tu n’en pas eu depuis quelques temps déjà, et comme tu ne souhaitais pas en avoir avant plus longtemps encore. Mais ainsi étaient les nains, jaloux des terres qu’ils s’approprient à la manière des fils conquérants d’Elenwë, trait sans doute offert par Calimenthar leur flamboyant Dieu-Père. À quoi bon attendre d’eux qu’ils comprennent, eux qui malgré leur longue vie ne cultivaient pas leur histoire à la manière du peuple de l’Anaëh ? Pourquoi s’attendre à ce qu’ils comprennent la légitimité de pèlerinage d’un elfe dans le Lörn, anciennes lieues de l’Anaëh, quand ils n’ont jamais compris de quelle magie étaient imbibées les terres de Kÿria ? Pourquoi ne pas leur parler dans un langage que leur Père comprendrait, et prendre des vies pour t’ouvrir le passage ?

Même toi, enfant de Mëlien, héraut de l’Aduram, tu reconnais la valeur d’une vie. Toi en particulier, ayant fermé l’œil dans les bois mortels, sait qu’il n’y est aucun souffle arraché sans raison.

- Autrefois les Chants de l’Anaëh s’étendaient jusqu’ici et même bien au-delà créature de terre et créature de feu joignent leurs forces alors que tes mains décrivent d’ésotériques arabesques, moulant sans la toucher une représentation plus vraie que nature, sculptée dans la pierre et la terre d’argile, de l’ancienne Anaëh. Puis les fils d’Elenwë sont arrivés par le Sud Des milliers de minuscules formes humanoïdes, comme une légion de fourmis, haches en main, déferlèrent sur ta sculpture vivante, emportant avec elles la santé des bois du Sud, jusqu’à ce que la légion venue de l’intérieur ne la repousse, et qu’une part des bois perdus ne se relève vers le ciel, à jamais changée Et ainsi est né l’Aduram, dans le chagrin de la perte des arbres du Sud, mais au moins encore l’Ouest appartenait à Kÿria. La fée des flammes prit la direction de l’Ouest, et lorsqu’elle fut au-dessus de l’ancien Lörn, elle abandonna sa féminité au profit d’un corps masculin, de la représentation d’un guerrier en armure, flamboyant de rage, l’une des nombreuses que fait le peuple elfique de Calimenthar. Et le petit peuple comme les précédentes légions, se rejoignit aux pieds de leur Dieu, avant d’engager la guerre aux enfants de Kÿria. Las d’échanger, ils voulaient prendre, conquérir des terres que les gardiens de la forêt refusaient de leur offrir, et lorsque les batailles se terminèrent, ils prirent le Lörn, et à coups de haches, firent de ces bois une malheureuse ombre de leur glorieux passé Jusqu’à ce que le petit peuple s’en empare, et nous en chasse. Sauf que malgré la distance d’avec ses gardiens, la forêt continue de chanter, elle continue de nous appeler. La magie d’Anaëh existe toujours dans les bois que vous appelez le Lörn, je ne fais que répondre à son appel. Et l’ondine abandonnée durant le spectacle de ses sœurs prend place sur la sculpture, fait de ses bras des branches et de sa chevelure des feuilles, elle s’érige en un arbre immense, au centre de l’Anaëh, elle se fait l’image de l’Estel, et étend ses tentacules aqueux à travers le monde que tu dessines à l’image des racines de l’Arbre-Maître sous le sol de la Forêt. Elle étend ses racines jusque sous l’Oësgard. Elle étend ses racines jusqu’aux limite du Brissalion, elle étend ses racines jusque dans le vide où devrait se trouver la mer Les Chants se sont encore renforcés depuis le Voile. Les racines de l’Arbre-Maître courent sous la terre jusqu’ici. Je ne fais que mon devoir en venant écouter les esseulés de la bordure. Tes doigts se crispent et des mains décrivent un rapide mouvement les amenant finalement à se loger dans les creux de tes bras, croisés sur ta poitrine. Que tout cela vous dépasse, je veux bien le comprendre le petit peuple porte après tout bien son nom mais c’est à travers ces bois que me mène mon pèlerinage, et c’est par respect plus que par nécessité que j’attends votre accord pour y pénétrer. Je ne possède rien que vous ne désiriez, et seule m'intéresse les Voix de ces bois. Je ne suis pas un ennemi, et soyez-en certains, vous perdriez beaucoup à me considérer comme tel.


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Haldin Barbedrue
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Dim 3 Sep 2017 - 10:58






Pendant que la herse se soulève, les mots jaillissent de la bouche du pédant quidam. C'est un elfe à n'en point douter, lorsque l'étranger évoque les Chants de l'Anaëh. Haldin distingue alors des traits trop féminins pour être wandrais et croit deviner sous le chapeau des oreilles filiformes propre à cette race des bois. Rarement ces êtres ont côtoyé le passé du dawi, mais il ne garde d'eux aucun préjugé. Contrairement au cuistre sylvain qui joue de l'art pour s'exprimer... Nul doute aussi que l'elfe pourrait en deux temps trois mouvements, inciter son feu à le carboniser, sa roche à l'écraser, voire remplir ses poumons d'eau et noyer Haldin debout sans qu'il comprenne ce qui lui arrive. Or le nain ne ressent pas la peur que ses congénères ont laissé s'accaparer de leurs corps, reculant face à l'ésotérique langage de l'étranger. Le Bouc de Thanor reste stoïque face à la magie qui peint, métaphore de l'Histoire Sylvaine, création de l'Aduram et ainsi de suite... Nonobstant, d'un geste discret le Grommtrommi fait signe aux couards de se tenir prêts, face à l'imprévisible. Lorsque le curieux personnage cesse sa diatribe puis voit l'allégorie de l'Arbre-Maitre étendre ses racines jusque dans le vide qui serait la mer, de son interlocuteur un soupir d'ennui se dégage et s'envole vers le Sud.

- Vous, m'écouter, maintenant. Sa voix est grave, et le ton catégorique. Seulement votl tête dépasser moi. Ou alors vous croire que moi rien comprendre ? Que palsque moi mâchouiller Oliyan, moi ignorant ? Losque vous paller de l'espect, vous connaîtle notion … ?

Le respect... Celui qu'un dawi inculque à la jeunesse croissante, celui qui forge un être peu importe son âge ? Le respect de la terre, cultivée, choyée pour récolter ses fruits ? Celui des animaux, des soins prodigués, de l'amour apporté ?
Croit-il vraiment que Haldin soit dépourvu de toute sensibilité ? Lui l'éleveur ? Lui qui a trimé une vie entière pour élever, cultiver : travaux empreints de noblesse d'âme et de cœur ; sublimité de l'être !? Lui qui a composé avec le temps, le temps des intempéries, mais également celui qui passe inlassablement voyant les rides apparaître non seulement physiquement ? Croit-il que parce qu'un être n'entend pas ce... cet appel, ce chant, alors est-il dépourvu d'amour pour autrui, autre que son Peuple ? Et qu'il ne respecte justement pas ce qui n'est pas sien ? Si les dawis se protègent c'est qu'ils ont trop subi. Si le Lörn appartient désormais au petit peuple, ce n'est certainement pas Haldin qui est venu le lui arracher. Alors acidement il lui fait savoir.

Vous croire que moi etle venir ici pour voler terre de votle peuple ? Vouloir apprendre à moi Histoire que Zagazkronni écrire dans nos grimoires ? Avoir oublié que Peuple Dawi avoir payé son erreur avec nombreuses nombreuses vies ? Son ton est celui du Grommtrommi narrant l'Histoire aux jeunes Garaz ; ce ton par la suite devient plus tranchant alors que les mots s'enchaînent.
Vous semblez ignorant que l'Histoire est ainsi faite. Que Histoire passée. Passée depuis plusieurs cycles... Nombreuses génélations écoulées depouis. Votle Peuple, beaucoup opportunités de retrouver ces forêts, dans récentes Alliances avec Dawi. Vous revendiquer chimère... Ne pas attendrir Grommtrommi.

Ce n'était pas en ressassant le passé que l'elfe arriverait à traverser le Lörn, et encore moins en menaçant un ancien.

Vous proférer menace ? Moi capable aussi, seigneur sylvain. D'un geste on ne peut plus adroit pour un nain de son âge, Haldin s'écarte d'un pas. Ce doit être un signe car aussitôt trois arbalétriers forment un triangle autour de l'étranger. Ils se tiennent à distance respectable, n'affichent aucune hostilité, mais sont prêts à tout pour défendre l'Ancien. Croire vous tout puissant ?

Au-dessus de leurs têtes insouciantes, les chrivines volent et forment dans les airs de nombreux cercles au rythme battant de leurs ailes. Elles aussi sont prêtes et attendent la suite... De nature peu violente pourtant, elles adorent Haldin et le défendrait becs et griffes en avant, face au moindre danger...

Soit vous fichez le foutre d'ici, traverser Lörn, promener où vouloir. À vos rizques et pérsils une fois que vous décider de vagabonder sur nos terres sans lespecter nos lois. Soit vous vlaiment lespctueux et parler moi un peu devant infusion ? Dit-il alors en montrant aimablement les tentes dressées de ce côté-ci du Mur. Était-ce une invitation ? Sans doute. Alors moi peut-être pouvoir aider vous ? Et vous expliquer moi certains choses que moi ignorer ! Vous entendre Voix de la Nature ?

A moins que vous connaîtle destinée ? Vous sorcier divin ?
Était-ce de l'humour ? Certainement.


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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Mer 6 Sep 2017 - 14:16

Prime exemple de fierté naine dans la montée du ton de ton interlocuteur. L’écouter ? Bien sûr, s’il a quoi que ce soit d’intéressant à conter… seulement s’il voulait piquer ton intérêt il faudrait qu’il résiste à l’envie de cracher les inepties que lui inspire son orgueil. Si c’est le dessous de ta première rangée d’abdominaux qu’il appelait ton menton, alors certainement, ce n’est que ta tête qui le dépasse, et pas la nature profonde d’une forêt dont il ne sait absolument rien, pas l’une des plus spectaculaires formes prise par l’essence arcanique parcourant votre monde, pas ce dialecte de la sylve vers la sylve et de la sylve vers les Sylvains, que nombre même d’elfes peinaient à comprendre, pas ce qu’il ne pourrait, quoi qu’il puisse en penser, jamais comprendre, malgré toutes les explications que tu pourrais lui apporter, car il ne vivra jamais rien qui ne soit le moindre brin similaire. Non, quoi qu’il en dise, tu n’as rien à redire face à son Oliyan approximatif, et pas un seul instant tu n’as douté de son instruction. Tu considères ces choses le dépasser simplement parce qu’il n’y a pas, et qu’il n’y aura jamais accès. Telle honnêteté n’était-elle pas un gage de respect ?

- À ceux qui ne meurent pas plusieurs cycles sont comme deux jours. La méfiance du peuple Anedhel est difficilement effacée. Quant aux alliances, vous ne les avez jamais traitées qu’avec ceux des enfants de l’Anaëh qui ne l’entendent plus. Ce sont les clans et pas ceux des Cités qui pleurent la perte de la forêt du Nord, et eux ne la considèrent pas comme un bien à négocier.

Tes yeux quittent ceux de ton interlocuteur pour se poser avec dédain sur ses compères. Tu soupirerais encore une fois si tu n’avais pas eu l’occasion de voir à quel point le précédent avait offensé tes hôtes. Non tu ne te penses pas tout-puissant, et non tu ne le menaces pas. Tu ne fais que prévenir, car tu ne connais que trop peu les limites de la patience du peuple des montagnes. Ce voyage, tu ne l’as pas commencé dans l’optique de te salir les mains, alors tu aimerais autant que l’on ne t’y force pas, voilà tout. Tu ne te penses pas tout-puissant, mais tu te sais assez puissant pour ne pas avoir à faire grand cas des forces en présence. Ils ont tout à perdre, et tu les as mis en garde. Encore une fois, l’honnêteté n’est-elle pas gage de respect ?

Tu fais un pas vers ton interlocuteur, ignorant tout bonnement les trois arbalétriers qui se crispent chacun sur leur arme. Ficher le foutre d’ici et traverser les bois en solitaire était tentant… mais aller à l’encontre de la loi naine ferait certainement de toi à leurs yeux une forme de fugitif. Il y en aurait certainement lancés à ta recherche, et à défaut d’une traque, les habitants des villages du Lörn profiteraient certainement de leur position pour épier tes faits et gestes, dans l’espoir de stopper la potentielle menace que tu représentes. Ficher le foutre d’ici était tentant, mais c’était courir le risque d’aller à l’encontre de ton idée première. Ne pas verser de sang.

- Mon temps n’est pas compté. Alors ce que vous voulez savoir des esprits de ces bois vous êtes libre de me le demander. À défaut d’entendre, peut-être sera-t-il suffisant d’apprendre.


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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Jeu 7 Sep 2017 - 12:56





Un pas vers Haldin ne peut que crisper l'âme des gardes dawis qui surveillent la scène. Craignons certainement que leurs mains tendues puissent par erreur actionner la gâchette et tirer sur l'elfe insouciant. Or supposons encore le pire, que leurs mires imprudentes puissent aussi bien lâcher le trait sur Haldin, ainsi abbattre accidentellement celui qu'ils cherchent à protéger ; cet ancien Barbedrue qui ne se trouve là que par hasard. Non les gardes ne protègent plus, seulement viennent-ils additionner le poids des probabilités à celui des aléas, colibris battant des ailes au-dessus de la balance. Haldin rassure ses colibris à l'aide d'une main soulevée nonchalamment à leur intention. Puis d'un pas il s'approche également du sylvain.

- Mon temps n’est pas compté. Alors ce que vous voulez savoir des esprits de ces bois vous êtes libre de me le demander. À défaut d’entendre, peut-être sera-t-il suffisant d’apprendre. Haldin esquisse un sourire outrageusement ridé, seulement sa blanche pilosité protège jalousement ces sillons creusés par la vie, le temps, et leurs turpitudes.
- Mais... Peut-être que temps que je possède : être compté, mon brave. A-t-il compris l'allusion faite à son âge avancé ? Je heureux que vous accepter. Elfe des bois. Bien sûr Haldin ne pense pas si bien s'exprimer,  ignorant encore tout des mœurs sylvaines, puis de leurs césures sociales. En se tournant vers les arbalétriers qui encore le visent tantôt lui tantôt l'étranger... Vous... Allez arrêter de me viser comme ça bande de kerkands !? Bien sûr c'est le khazalid tranchant qui perturbe le silence. Ou c'est ma cervelle que vous voulez répandre au sol ? Didiou ! Alors ils visent avec précision le crâne étranger. Dawis ! Baissez. Le  longue-esgourde est désormais mon invité.

Les arbalètes s'abaissent toutes penaudes, et les gardes se regardent entre eux, dubitatifs. Mais Haldin déjà s'est retourné et se dirige vers une tente qui semble vide. Et en l'effet lorsqu'il rabat la toile qui découpe proprement l'entrée, seul règne à l'intérieur un calme placide, dans une petite pièce spartiate. Dans le poêle, réminiscences d'un feu ; très peu de lumière tâche d'imposer sa présence. Or les yeux sylvains et dawis peinent un court instant avant de se faire à la pénombre. Puis la magie doucement se fait savoir.

Vous excuser sombre boldel. N'être pas chez moi ici, moi venil des montagnes qui plus à l'Ouest. Moi etle ici pour missi... Raison de l'interruption ces deux boules intrépides qui font irruption dans la tente, par le conduit d'air du poêle à bois, l'esquintant quelque peu. Leurs poils recouverts de suie ont également apporté l'odeur nauséabonde avec la matière noire s'accroche même aux plumes de leurs ailes.

Haldin s'esclaffe, sans se soucier de l'elfe qui littéralement – ou presque – se doit de tordre son cou pour ne pas faire office de mât à la tente. Celles-ci êtres mes... noires... petites chéries ! Les chrivines poussent des petits cris de joie en sautillant sur place, avant d'aller râleuses, tourner autour de l'elfe. Il explique. Elles pas être habitude des campement. Ni d'Elfe. Elles beaucoup connaître troglodyte.

De fait les chrivines ne connaissaient pas ces tentes qui abritaient les sentinelles de l'Hunzrung Langk, en attendant la suite des travaux. Mais surtout cela justifiait-il leur entrée fracassante ?
Haldin ne leur tient pas rigueur et s'amuse de voir les petites ailées, inspecter le géant d'un air inquisiteur. La lumière vacille quelque peu. Celles-ci, Ypi et Toû. Je crois qu'elles pas aimer drôles de petites fées pirouettante lumière, dit-il alors que les petites préférées de Haldin roucoulent, teigneuses.

Avait-il décelé  une once de sincérité dans l'œil de son ''invité'' ? Toujours est-il que Haldin pouvait bien avoir envie de discuter avec le sylvain, si toutefois l'autre daignait rester quelques instants. Pour tout vous dire, le Bouc de Thanor savait déjà qu'il laisserait passer l'étranger, ne lui refusant pas la sente que traçait son... appel. Après tout qui était-il pour refuser une sincère requête ? Peut-être même qu'il lui trouverait un alibi... Seulement il se promit​ qu'avant de le laisser partir, il demanderait un service à...

Et vous... Vous avoir nom d'usage ? Dit-il en offrant un siège à l'elfe, ou plutôt une belle toison ovine sous forme d'agréable coussin molletonné. Sans doutes les gardes se reposaient-ils dessus entre deux gardes. Bien sûr le village n'était pas bien loin pour se ressourcer...


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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Lun 11 Sep 2017 - 21:52

Tu as l’éternité devant toi. Le reste de son temps se compte en paires de saisons. La dure réalité de la mortalité des autres races donne à chacune des heureuses rencontres sylvaines en dehors des frères de la forêt l’amer goût des regrets. Le don de Tari que vous chérissez tant est à la fois cela et une malédiction, une raison à ajouter au peu de respect qu’ils portent à l’œuvre, de vous garder éloignés d’eux. Attachez-vous aux étrangers et vous les verrez mourir. Vous verrez aussi probablement leurs enfants mourir, ainsi que leurs petits-enfants. Attachez-vous aux étrangers et leur temps vous filera sous les yeux en un battement de paupière. Et votre cœur est fragiles, enfants de la Sylve. Votre cœur conçu pour être rassuré par la forêt, votre cœur conçu pour être sensible au point de vous permettre de toucher du doigt votre Déesse Mère. Attachez-vous aux étrangers et ils prendront votre cœur, et en prenant votre cœur, ils vous forceront à renier le don de la Voilée.

Tu as l’éternité devant toi, et si tu en es si certain, c’est parce que tu as gardé entre tes mains les restes de ton cœur brisé. Tu n’apprécies plus rien d’autre que le fait de vivre. Tu n’aimes plus, et tu ne te sens plus capable d’aimer rien d’autre que La Folle, ta dernière amante. Tu n’aimes plus, mais les restes de ton cœur sont encore capables de s’émouvoir, et c’est dans un soupir seulement moitié impassible que tu regardas s’affairer ton hôte dans son habitat bas-de-toit.
Autrefois, tu aurais ri de ta propre situation, le dos courbé pour ne pas remplacer de ton corps les piliers de la tente. Autrefois, tu aurais ri des compagnons du Dawi, couverts de suie car incapables de faire différence entre les fenêtres troglodytes et le poêle des campements.
Aujourd’hui, le poids de ta mission t’empêche de pleinement profiter de ces moments. Les commandements de la Dissonance sont durs. Les complaintes des abandonnés du Lörn sont déchirantes. La seule perspective de ce qu’il te faudra faire pour que l’Anaëh continue marche digne de celle que le Voile lui a fait entamer suffit à te rendre le cœur lourd.

C’est le poids de la solitude. Une que les voix des frères ne combleront jamais, celle que vivent les hommes ayant d’abord perdu leur moitié, puis s’étant égarés eux-mêmes. Les jeux des chrivines, l’apparente complicité avec le Dawi, leur manière de houspiller les manifestations de ta magie… tu as fermé l’oreille à l’éther, et chassé les fées… et voilà que tout maintenant te ramenait à cette solitude. Tu changes légèrement de position, raffermissant ton assise, comme pour chasser cette pensée de ton esprit ; ou alors est-ce la question du nain qui te perturbe ?
Es-tu toujours la même personne qu’il y a un an ? Es-tu toujours la même personne qu’à ta naissance ? L’Aduram ne t’a-t-il pas trop changé pour cela ? Mais si tu y réfléchis, c’est qu’une part de toi s’accroche encore au passé, et que tu ne peux réellement t’affubler d’un nouveau patronyme. Ta renaissance n’est pas complète, tu es toujours…

- Estiam. Et si ce n’est pas indiscret, permettez-moi de vous renvoyer la question.


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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Sam 16 Sep 2017 - 14:00




- Je déjà plaisenter moi plus tôt... Moi j'appaltenir à Clan Dawi. A-t-il prononcé « clan » en Khazalid ou en Olyian ? Toujours est-il qu'il pèse ses mots tout en fixant la silhouette de l'elfe de ses billes d'avantage profondes que l'océan. L'obscurité à en rendre la scène étrange se lie à la circonstance présente. Deux êtres aux spiritualités disparates ; dont les personnalités se rencontrent et s'accordent dissonants. Si tout en eux est vaste, tout en eux est différent. Leurs voix déjà possèdent plusieurs soubresauts distincts ; leurs gabarits, leurs silouhettes se toisent et interrogent leur gestes et leurs mouvements respectifs. Composés par une multitude de particules néanmoins similaires, car humanoïdes, leurs histoires sont discordantes.

« Leur cerveau est-il de la même taille ? Et le cœur ? Voit-il aussi bien que moi dans l'obscurité ? » Tant de questions inexprimées que trahissent leurs regards. Il est possible que Estiam ai pu fréquenter des nains dans une vie semble-t-il une fois bercée dans l'Oliyan et le cosmopolite qui en découle. Haldin malgré vingt années passées par erreur en péninsule, n'a jamais eu l'occasion de voyager bien loin, et encore moins de rencontrer un elfe. « Combien ? Cinq ? Six ? » Estiam était peut-être son Septième ? Ciel, qu'en savait-il !?

Ils se comprennent sans vraiment le faire, ils partagent un instant leurs vies : seule l'éternité les séparera, mais aujourd'hui ils sont en somme liés par leur échange par leur rencontre, aussi courte soit-elle.

« Le sylvain est triste. Il est ailleurs, comme emporté. Est-il seulement avec moi ? Se demande Haldin amèrement. Ses yeux là reflètent la solitude. Ses... Petites fées... Sont-elles vraiment réelles ? Probablement pas s'il les a fait disparaître. Bref. Ce n'est pas vraiment ça qui m'intéresse... Revenons à nos mouton, conclut le Maître Éleveur de Thanor. »

Haldin Balbedlue. Il dit ça sur le ton monotone d'une personne qui a répété des dizaines de fois son prénom et clan. Il lui sourit sincèrement autant que brièvement, cherchant déjà d'autres mots  : comment expliquer sa sensibilité, aussi moindre soit-elle.
Nous... Avons savoirs dans mon Clan, avons connaissance que... nature posséder beaucoup de droits sur êtles vivants. Vous, moi, longuets... Animaux. Toute légion de ce monde.

Il fait une pause cherchant dans l'obscurité les yeux de son interlocuteur, ainsi que les mots propices afin de poser les bonnes questions.

Avec nos besognes clanique, Balbedlue, nous êtles dawis beaucoup plus proche de terre mère, que congénère commelçant. Nous savoirs que chaque arbre chaque plante posséder vie, son aliment étant l'apôtre du soleil, de l'eau et de leurs forces. Certes les Barbedrue savaient traiter les animaux mais aussi les plantes avec dévotion, connaissant autant leurs besoins, que leurs maladies ou leurs bienfaits. Tout mais pas vraiment, ayant pour eux seul l'aspect physique et chimique comme proposition de leurs savoirs. Les Nains étaient fils de Mogar, malgré l'infanticide qu'il avait perpétré. Ni les dawis ni Haldin entendrait jamais la Symphonie, cependant son existence pouvait être acceptée, mieux, comprise ; si ce n'était pas une évidence, du moins serait-ce une réalité inconnue.

Avide d'instruction il ne voyait plus Estiam comme étant Estiam. Ou dangereux. Ou elfe. Mais plutôt comme une histoire venue d'une autre région de Miradelphia, d'un autre pays d'une autre culture. Et il avait voulu saisir l'histoire, bien sûr elle s'en irait, éphémère ou volatile, mais au moins l'aurait-il attrapé au vol quelques instants et la perpétuer aux enfants dawis, instruire la jeunesse. Sa curiosité était saine, et aussi une de ses plus belles qualités. Plus tôt il avait été intrigué par les dires et sans d'autres tergiversations.

Vous entendle voix. Est-ce chant ? Est-ce parole de votre dieu ? Est-ce perception connue ?

Entre temps, entre toutes ses questions et les silences entre elles, il avait enflammé à l'aide d'un silex un amalgame de mousses sèches. Quelques instants plus tard il avait rajouté des brindilles de buis séché. L'eau contenue dans la petite casserole qui reposait sur un trépied commençait à chauffer tranquillement tandis que parfois Haldin rajoutait une brindille. Les deux tasses reposaient par terre entre eux, quelques pétales de jasmin au fond de celles-ci.
La lumière était stable mais faible mais c'était sans importance pour le couple incongru. Les chrivines s'en étaient allées de reposer derrière Haldin et déjà ronronnaient-elles paisiblement.

Vous avoir paller plus tôt de cités et de clans comme différents ? Sur condition que vous entendre mais pas tous ? Vous êtes peuple divisé ? Par chant ? Par quoi ?

Il regardait son interlocuteur avec intérêt. Il espérait que celui-ci réponde sincèrement, il n'était pas un espion après tout : que pouvait-il faire de cette information à part la narrer comme une connaissance quelconque de cette civilisation si étrange qu'était que celle des longues esgourdes que voilà. Puis celui-là était particulièrement pittoresque.


HRP: je me relis PP lus tard et j'efface le mot. Merci bisous Stiam
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Estiam Faerin
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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Ven 22 Sep 2017 - 15:12



C’était une chance, une chance inouïe. S’il y avait un seul clan parmi les Ondur capable de tendre la main vers les elfes, de comprendre une fraction de ta psyché, de porter le moindre intérêt envers cette Nature Mère dont tu es l’un des gardiens, ce serait peut-être les Barbedrues, le clan de celui qui te fait face, joyeusement taquiné par ses deux chrivines de compagnes. Et pourtant… pourtant quoi qu’il puisse te dire, quoi qu’il puisse faire pour te tendre la main, ce ne serait pas assez, parce qu’il est un enfant de Mogar. S’il sait quelle vie coule dans les frères, s’il sait quelle énergie leur insufflent le soleil et la terre, il n’entend pas leur chant, il n’entend pas leur cœur, il ne comprend pas leur essence. Il est un enfant de Mogar, et en conséquence, à la manière des Citadins elfes les plus ignares, il ne verra en eux qu’une vie à exploiter, et non pas à côtoyer, quel que soit le respect qu’il puisse lui porter.

- Lorsque Kÿria fit la Sylve, elle donna à chacun une voix, sauf que les premiers-nés, sans bouche, ne purent s’exprimer comme nous le faisons. Seule la Mère et l’Anaëh son premier enfant en avaient le secret, et puisqu’ils étaient encore seuls sur la Terre, précieusement ils le gardèrent. Tu marques une pause, t’enquérant de l’attention d’Haldin Mais vint un jour où la puissance des Chants d’Arcamenel son frère fit l’Aînée rêver à un Ôde qui lui serait offert plutôt que rendu, alors elle nous fit nous, le premiers peuple. Elle nous fit un visage pour voir nos joies et nos tristesses, elle nous fit une bouche pour que nos voix s’expriment mais surtout elle demanda à sa sœur de nous offrir la liberté. Contrairement à l’Anaëh, nos bouches avaient le pouvoir de rester silencieuses et notre liberté nous autorisait à nous détourner d’elle. Elle était notre Mère et l’Anaëh notre sœur, alors nous avons adoré l’Anaëh, mais dans notre inconscience nous voguions loin de notre créatrice, car sa voix et celle des premiers-nés étaient un secret. Tu fermes les yeux, emporté par ton propre récit Les enfants de la montagne cherchaient le ciel, ceux du vent n’avaient pas encore trouvé naissance, et attristée par l’ignorance de ses enfants, Kÿria plongea le monde dans un profond sommeil, et nous offrit de rêver d’elle, de ses sœurs, de ses frères, et de leur Œuvre. Alors, nous la reconnurent comme notre Mère, et de nos voix montèrent les Chants les plus touchants, car ils étaient nés du Choix. L’Aînée fut autant touchée qu’effrayée par le pouvoir du Choix, alors de peur que le rêve ne suffise plus, et que l’inconscience nous gagne à nouveau, elle nous lia aux premiers-nés d’un esprit, et cet esprit brisa leur secret en offrant sa bouche aux voix de l’Anaëh pour guider nos esprits libres. Ainsi naquit Liltalaima, l’Harmonieuse, qui chante à elle seule les mille voix de la Symphonie des Arbres.

Le patriarche Ondur était comme un enfant, probablement après tout un elfe de son âge n’aurait-il pas entièrement abandonné la naïveté de l’enfance, mais malgré son palpable émerveillement, ses questions restèrent dures, plus qu’il ne pourrait l’imaginer. À ceux qui entendaient toujours les Chants, la surdité des frères, malgré tout l’amour qu’ils puissent leur garder, avait l’amer goût d’une trahison. Toi qui as vécu une part de ta vie avec les sourds, toi qui a vu le respect qu’ils vouent toujours à la Mère, mais qui sait à quel point il peut être de tradition plus que de cœur, toi qui as violemment vécu la déchirure entre les deux faces d’une même pièce, conter l’éloignement des elfes de la Dame Sauvage t’est particulièrement douloureux.

- Nous le premier peuple avons d’abord été rassemblés par la Mère pour lutter contre la nature elle-même, porteuse de la promesse qu’elle avait faite d’un jour rendre nos souffles à Tari. Ainsi naquirent les clans. Ton regard s’illumine d’une lueur de cynisme, et tes prunelles dorées plongent profondément dans celles sombres de ton hôte Mais les clans ne furent pas assez fort lorsque le peuple de la montagne, votre peuple, portant dans son cœur le désir de vengeance de votre Père, descendit sur l’Anaëh. Pour la première fois nous nous virent forcés d’user de notre liberté, parce qu’il nous fallait continuer de vivre, et craignant que l’Anaëh ne souffre un plus grand mal si nous ne faisions pas ce sacrifice, de notre main furent fondées les premières Cicatrices au milieu de la forêt. Tu soupires Les premières Cités furent nos bastions, une protection érigée de notre propre main. Les premières Cités nous sauvèrent du peuple des montagnes, alors elles furent décidées bonnes, et leurs murailles se firent de plus en plus hautes. Les Cités aux murailles élevées nous protégèrent ensuite du peuple des vents qui engendra tant de destruction, alors elles furent décidées indispensables. Les murs grandirent, s’épaissirent, nous séparèrent d’avec les premiers-nés, et lentement mais sûrement, les Chants de Liltalaima n’y devinrent plus qu’un lointain et désagréable murmure, déformé par la pierre. L’oreille des elfes est comme la vôtre, et bien vite, lorsqu’un son lui déplaît, s’il n’est pas accablant, elle s’en sépare. Les elfes restés fidèles au premier plan de Kÿria virent leurs frères arrachés au lien et s’en offusquèrent, mais il était trop tard. Les sourds continuaient d’aimer leur Mère, mais sans la voix des frères pour les guider, ils se perdirent, faisant tantôt la joie, tantôt la tristesse de l’Aînée… mais ces instants où ils attristèrent la Mère, ceux des clans jamais ne leur pardonnèrent. Tu relèves la tête, dirigeant ton regard bien au-dessus de celui du nain Seule Kÿria est capable de réparer le lien, et durant le dernier Voile, elle l’a prouvé, seulement le cœur de nombreux de ses enfants était déjà si loin qu’elle-même se trouva incapable de le toucher, et ainsi s’embrasèrent de plus belle les conflits déjà présents au sein de mon peuple.

Mais tu avais beaucoup parlé, et dans ton discours, plusieurs fois tu l’avais porté en accusation, pas lui directement, mais son peuple. Aujourd’hui était l’occasion de comprendre. Comment les nains avaient-ils été aveuglés par la rage de Calimenthar ? Que leur avait offert le Dieu de la guerre pour s’approprier leur amour ? Ou alors, n’étais-ce que la jalousie et le désespoir qui motiva leur premières années ?

- Mais vous ? Calimenthar vous a-t-il donné quoi que ce soit ?


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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Sam 30 Sep 2017 - 13:43



Estiam d'amûr:
 

Puis les mots commencent à s'écouler paisiblement dans ton conduit auditif, et font sens en toi. Tu es ce que tu as toujours voulu être, un nain curieux : l'enfance malgré les épreuves ne t'a jamais vraiment quitté, d'ailleurs elle t'a constamment bercé. C'est dans ce puit sans fond qu'est la mémoire, que tu cumules, accumules les histoires, sorte de vieux toc que tu nourri autant par habitude que par avide instruction. Et par générosité, écouter, entendre, répéter, raconter, rendre hommage... La générosité d'une bibliothèque serait très représentative de la tienne, alors tu laisse déferler en toi les mots de ton invité comme la meilleure bouffée de tabac que ton brûle-gueule peut fournir.

Tu rêves intensément. Ces mots sont de l'eau bénite et pendant quelques instants tu es l'Anaëh, tu es le Chant...

Lorsque le temps de l'émerveillement s'évanouit et s'échappe de toi dans un soupire de satisfaction, tu veux aller plus loin encore dans ce conte qui n'est que préambule d'histoire. Hélas comme dans chaque recherche de la vérité, de celle qui donne le frisson mérité, il te faut à tout prix caresser les cicatrices, comprendre d'où elles viennent, ressentir ces souvenirs, le plus souvent amères. Et tes questions, sont dures comme le roc de ta souche, tant et si acerbes qu'elle retombent sur toi. Indubitablement. Or tu ne te vexes pas. Tu prends sur toi, car prendre ses responsabilités est digne de toi et de ta race.

Mais tu ne peux comprendre... Toi qui as vécus si longtemps dans tes montagnes, loin de toute civilisation ; vivant harmonieusement dans ces éléments que toi et les tiens savaient manier et respecter, tu as finis par accepter une vie citadine lorsque le flot destructeur de gobelins jaillit des séismes. Alors ces remparts dont il parle, sont aussi précieux pour toi que pour les elfes dits sourds... Tu n'entendra jamais ce Chant, car celui de ton Père, est celui de la Guerre. Tu n'entendra jamais ce Chant, au moins le respecteras-tu... Et respecteras son appel. Estiam d'ailleurs doit le voir dans tes yeux et dans ce sourire docile que tu lui lances. T'aimerais pouvoir poser une main sur la sienne, mais l'éthique t'en empêche, toi pourtant si tactile prouvant ainsi ta gentillesse, ton amour, ta sincérité...

Tu es un être simple et ne peut t'empêcher d'apprécier le fait de prolonger un peu plus la discussion. Oui tu te régales... Mais tu ne pourras peut-être pas satisfaire sa curiosité aussi bien que lui, la tienne. Pour cela tu t'excuses d'un regard sincère muni de sourire, et un haussement de sourcil à l'intention toujours de ton interlocuteur. Tu ne veux pas approfondir l'Histoire de tes Ancêtres, et ne pourrais excuser les maux causés, bien qu'ils ne soient qu'un grain de sable infime sur les berges d'aléas.

- Estiam milles complimentations car vous m'avoir fait rêver et complendre... Vous avez tlouvé nourriture à mon âme. Tu insinue par là que le Chant conté et toutes les Perturbations qui te sont présentées, t'ont fait voyager. À n'en point douter le Sylvain est en transe, encensé par une magie mythique que tu n'as pas saisi... Son peuple désuni doit être une des tristesse que tu crois lire dans ses yeux, mais pas la seule...

Les minutes se font immensément longues, enfin tes yeux plongent sur lui – en lui ? – rappelant l'abysse mais aussi les turquoises d'une mer sans fond.

Je et nous sommes peuple blessé par notle Dieu. Les mots sont enfin sortis. Pendant... Tu cherches d'autres mots pour exprimer ce que tu veux. Des mots toujours des mots, qui t'empêchent de décrire ce que tu ressent vraiment. Lors de « Malnouideclipse » nous avons recevoil de Père Créateur insulte profane. Dawi avons été avilis pal Père. D'entre nous, beaucoup etle tués par nos propres mains dans folie de sombre temps. Beaucoup ont répondu à appel sauvage... Ne sont plus etle Dawi. Cela etle nain sauvage violent sans parole sans souvenirs d'antan. Dans nos montagnes... Guerre faire encore beaucoup de cadavres et de Clan sans suite, sans progéniture. Nous etle uni contrairement à vous... Mais subir les assauts du destin.

Ta voix trébuche mais tu acceptes avec honneur les réponses de ton corps, aux pénibles amertumes de ton passé.

Nous expions péchés ancestraux... Encore un silence significatif. Vos yeux ont du mal à se séparer. Quant à... Question... Ce que nous a donné Seigneur de Guerre... Persévérance. C'est dans quotidien que nous perpétrer enseignement. Nous sommes peuple meurtri. Peu importe pour nous raisons que nos Ancêtres ont eu pour Lörn ou autre. Nous devons protéger ce qui a été légué. Êtle notle histoire... Maintenant nous assumer. Nous voulons Paix et poul cela nous devoir lever armes... Être tristesse de fatalité.

Malgré l'obstacle que représente la langue, tu as trouvé les mots justes afin d'exprimer vôtre condition. Tes yeux se font lointains, et tu imagines, toi partisan de la paix, toutes ces vies trépassées... Si ton Clan nourrit la nanité, la guerre nourrit les Halles, mais à chacun son rôle, tu ne peux perturber l'ordre établi.

Tu observes ton invité, curieux de savoir si tes explications ont suffit. Curieux aussi de savoir s'il est temps pour lui de partir...

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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Lun 9 Oct 2017 - 1:38



Drydry:
 

Si seulement… si seulement tous les cœurs pouvaient-ils être aussi faciles à atteindre que celui du petit homme te faisant face. Si seulement les cœurs de tes frères pouvaient-ils être aussi réceptifs que celui de l’étranger dont l’histoire n’a que si peu à voir avec la vôtre. S’il en était ainsi alors peut-être l’Anaëh ne s’effondrerait pas lentement sur elle-même. Peut-être Kÿria n’aurait-elle pas à attendre sagement que les Cycles passent pour un jour se déchaîner avec assez de virulence pour que les endormis se réveillent. Peut-être Aduram n’aurait-il pas été nécessaire. Peut-être votre part sombre n’aurait-elle pas eu besoin de s’exprimer si puissamment. Laissez l’adversité prendre trop d’ampleur et elle fera remonter les plus hideux de vos traits. Vous vous étiez montrés laxistes par le passé, aujourd’hui il était temps d’y remédier.

Le Barbedrue ne connaît pas assez les histoires de l’Anaëh pour s’en rendre compte, mais le Dieu guerrier qui jalousant votre Mère s’est fait leur Père, du jour où il les a fait naître à celui où il leur a offert persévérance digne des combattants qu’ils sont n’aura jamais rien fait que sa sœur n’ait pas fait avant lui. Les péchés qu’expient son peuple, les effusions de sang entre ces nains sauvages, dénués de raison et les premiers des enfants de Calimenthar, c’est une guerre que vous connaissez depuis longtemps vous aussi.
En ne vous montrant pas à la hauteur de la sylve dans laquelle elle vous a modelé, et en abandonnant son commandement pour se laisser guider par les Souffles qu’elle vous a accordé, il y a de longs Cycles déjà, vous avez autorisé les peuples mortels à trop profondément blesser son Œuvre. Depuis longtemps déjà l’Anaëh saigne, et si, moins spectaculaire dans ses punitions que son jeune frère, Kÿria ne vous a pas châtiés sur l’heure, elle a fait naître de ces blessures à la fois la malédiction qui vous prendrait et son remède. Elle a laissé lentement germer les graines de la discorde, et les fleurs de votre punition, espérant tout du long que vous écraseriez la mauvaise herbe avant qu’elle n’éclose.

Malheureusement vous avez été trop orgueilleux, trop lents, et trop pris par des valeurs que vous vous êtes inventés pour comprendre, et pour vous sauver. Les Daedhels sont à vous ce que ces nains sauvages sont aux habitants du Zagazorn. Votre épreuve est la même que la leur, seulement voilà des siècles et des siècles déjà qu’elle dure. Vous êtes vous aussi un peuple blessé par votre Déesse, seulement vous reconnaissez votre culpabilité.

- Nos sorts ne sont pas bien différents. protéger ce qui a été légué, reprendre ce qui a été dérobé Mais je vous en prie, surtout vous qui êtes mortel, ne voyez pas de tristesse dans l’inévitable. Nous vivons dans un monde fini. À chaque pièce, les Cinq ont fait sa place. Les pièces peuvent changer, les cartes peuvent être redistribuées, mais le jeu est toujours le même. Si le petit se fait grand alors soit le grand l’étouffera soit il se fera petit à son tour. Nous ne pouvons créer si nous n’acceptons pas de sacrifices, seul nous reste de savoir ce qu’il est bon de détruire, et ce qu’il est bon de créer. Et sans le dire de vive voix, tu laissais cependant entendre que ton peuple, et toi surtout, aviez ce savoir J’aime que nous puissions nous comprendre. J’espère qu’il en sera toujours ainsi la prochaine fois que nos routes se croiseront.

Tu te lèves, prends positon inconfortablement pliée à cause du bas plafond de la tente du Dawi, et prends la direction de la sortie, contemplant déjà le reste de ton parcours. Tu n’entames pas la marche de suite cependant, jetant l’espace d’un instant l’œil derrière toi. Si ton bienfaiteur voulait entendre à travers tes lèvres le Chant des forêts soumises par le Petit-Peuple, il serait volontiers ton invité.

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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Mer 11 Oct 2017 - 14:51



Hélas, vos « sorts ne sont pas bien différents » ...

Immortels ou pas, les Dieux ont fait en sorte que vous sachiez qui ils sont : ni plus ni moins que vos créateurs. Et ils ont tout prévu semble-t-il. Cependant vous restez libres. Libres de choisir, libres de créer, de détruire. Libres de vous tromper, de croire en eux ou pas.

Et toi... Tu ne crois plus en rien... Ou tu ne veux plus croire en quelque chose... Bien sûr ce n'est que la foi traîtresse qui a quitté ton cœur, hélas le fidèle respect persiste encore dans ta raison.. Par tradition. Tu ne peux pas t'opposer au céleste, alors tu te conformes. Et dans la persévérance, celle qui t'a été inculquée, tu n'oeuvres plus que pour ton prochain et l'accomplissement de ton Clan. Bientôt tu mourras et les problèmes perdureront encore et toujours, et tu n'y peux rien ou du moins pas grand chose. Tu acceptes ta condition, point barre. Si vous ne pouvez expliquer les raisons qui poussent vos peuple à jongler entre erreurs commises ou fautes graves, au moins pouvez-vous comprendre la teneur de ce qui vous est fatalement imposé. Et si cela est un jeu comme le dit si bien ton invité, et que vous êtes seulement pièces ou cartes, alors la tienne bientôt rejoindra l'ossuaire.

Tu acceptes avec un sourire bien triste les derniers mots de ton interlocuteur et ta pensée un moment s'extirpe du carcan temps, puis s'évade au-delà des limites de l'espace tel que nous le connaissons. Tu vas loin, très loin, te projettes dans l'histoire et ses travers, dans le sens du devoir et ses sommets, dans l'orgueil et son escarpement. A seulement observer ton regard vide, tu erres dans le néant assaillis par plus d'un sujet : la relation que vous entretenez avec vôtre Père par exemple, n'est pas du tout la même que celle qu'ils entretiennent avec leur Mère, et tu te penches sur la nature de la croyance et des symboles. Tu te dis ensuite en pleine synergie cosmogonique que la parenté des Dieux ne peut signifier qu'une chose : quoique longtemps ennemis, vous êtes en quelque sorte cousins, puisque dans leur royaume ils sont frères et sœurs ? Cela te fait rire intérieurement tout en invitant ces pensées à s'éloigner de toi...

Ton esprit divague encore un bref instant puis rapidement tu reviens aux affres de ton corps : la douleur qu'engendre la vieillesse. Tes articulations ne grincent pas encore mais le froid lié à une position trop longtemps adoptée te fait grogner, l'engourdissement est une chose que tu détestes. Tu sautes donc sur tes deux courtes guibolles, celles-là même qui pourraient supporter le poids de plusieurs corps : tes muscles à l'instar de ton humour et de tes humeurs n'ont jamais souffert de ton vieillissement.

Le sylvain s'est redressé à moitié, et lentement déjà il se dirige vers la sortie. La tente vous voit nonchalamment sortir à tour de rôle, suivis par les chrivines qui ont eut cette fois l'intelligence de sortir adroitement.

- Je... Suppose que vous savoir où aller... Et tes yeux apprécient le Lörn, du moins sa silhouette imposante. Si pas avoir besoin de guide, vouloir compagnie ? Certain quand même de ton utilité, tu espères que l'elfe accepte. Bien sûr ton devoir empêchera que tu t'eternises, au moins pourras tu souffler un peu quelques heures avant de revenir former les nouveaux cavaliers de vos frontières...

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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Ven 13 Oct 2017 - 12:25

De longues heures maintenant que tu fredonnes cet air mélancolique, que tu infliges à ton accompagnateur contraste dérangeant avec la légèreté de ton timbre. Jamais tu ne pourras le lui retranscrire tel quel, et jamais il n’aura l’occasion de comprendre l’entièreté du cortège d’émotions, de savoirs et de sensations véhiculés par la Symphonie des Arbres, mais au moins à travers tes lèvres pourrait-il en apercevoir une part de la musique. Et la musique à elle seule parlait déjà beaucoup. Ici dans le Lörn, les sons étaient graves, forçant le larynx de ton haut ténor vers bas plus longtemps que de raisonnable, t’obligeant à murmurer à l’octave ce que les bois étranglés par la culture Khuzdule grognaient. La mélodie ne montait rarement, mais évoluait à travers les graves avec cet air débonnaire de ceux qui n’ont plus de responsabilités, de ceux qui ont échappés au pire et n’ont plus que le mieux à attendre. La forêt elle-même semblait marquée dans ses Chants par l’influence naine, comme tentant désespérément de communiquer avec des êtres qui lui seraient à jamais sourds, jusqu’à ce que ta présence ne leur parvienne, et que les harmonies ne s’agitent en un faste contrepoint. La forêt septentrionale attend patiemment l’heure de sa nouvelle alliance avec l’Anaëh.

Tu souris, malgré le discours musical conflictuel te traversant les lèvres. Tu souris car l’espérance n’a pas quitté cet endroit. Il n’est pas mort. Loin de là. Il vit loin des oreilles et loin du cœur, mais à jamais il attendra. C’est ta mission que d’alléger sa patience.
En dehors de leurs Chants, les rives de l’Oliya dans les territoires du Zagazorn sont une vision bien particulière. Les sapins et autres conifères se battraient jusque dans la ripisylve, si seulement Al Rintalazad n’était pas tout près. Qu’elle soit très active ou pas, on a vite fait de démarquer les territoires d’exploitations d’une scierie, mais plutôt que d’en faire vive reproche au petit homme, tu te contenteras de le lui faire comprendre au travers de la mélodie que tu fredonnes depuis longtemps déjà.

- Je sais que plus loin au Nord il y a ce que vous appelez les pierres gardiennes, tu arrêtes brusquement ton travail de traducteur parle m’en un peu.

De ce que tu en savais, elles étaient une frontière entre ce qu’ils considéraient être leurs terres et les vôtres, un avertissement pour les téméraires qui voudraient se tenter à franchir la barrière… mais l’entendre dit des mots d’un nain en personne changerait peut-être ta manière de le concevoir.

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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Lun 16 Oct 2017 - 13:45




Ce que tu vis est unique, tu le sais et tu le sens, c'est une joie immense qui te met en état de transe. C'est d'abord l'euphorie qui t'a transporté, celle de savoir qu'il acceptait volontiers ta compagnie. Emporté tout de suite par le goût de l'aventure mais celle ayant un goût d'ironie ; tu suis un étranger à travers le Grand-Royaume Dawi que tu pensais n'avoir de secrets que pour autrui. Tu te rends compte à quel point le monde est complexe voire cruel et Ô combien blessé par la main des créatures de Dieux. Si vous êtes là aujourd'hui c'est bien parce que vos Mânes s'y sont côtoyées...

Il a refusé les montures donc tu le suis aveuglément à travers la forêt. Tu le suis et te laisse emporter par son fredonnement car c'est cheminant en Symphonie que vos pas foulent le sol. Toi tu t'imagines des heures de gardes caprines en compagnie de ce Chant ; lui se rappelle d'autre chose peut-être, mais pas vraiment car son temps, est présent. Alors que toi tu te plais à entendre un air entonné virant la plupart du temps aux graves puis volant parfois aux aigus, lui suivait un cortège que tu ne pouvais atteindre... Toi te laissais emporter insouciant au rythme du sylvain. Mais il y avait un sens dans ce que vous faisiez malgré que milles et unes personnes puissent en être retournées. La rivalité de vos races n'était que chose abstracte devant la sincérité qui émanait de vous, devant un tel acte vous vous sublimiez ensemble. Dans vos cœurs gravés resteraient ces moments de partage, bien que sur plus d'un sujet vous soyez adverses : ces sujets n'avaient aujourd'hui plus aucune raison d'être retournés seulement pouvaient ils être évoqués. Provoquer certains malaises mais rien que vous ne puissiez surmonter tant il est vrai que vous passiez un vrai instant de justesse... Qu'ensemble vous méritiez.

Lorsqu'il cesse son interprétation, tu sens une boule d'amertume peser sur tes entrailles. Assaillis de tristesse tu te demandes pourquoi il a arrêté, toi le seul nain peut-être qui un jour a pu entendre bribes de Symphonie, tu lui en redemande tacitement. Rassuré lorsqu'il sourit parce que tu sais qu'encore il chantera, tu l'écoute attentivement.

C'est à propos des Pierres Gardiennes qu'il s'interroge, cherchant à travers toi une réponse, liée à l'histoire des tiens, des siens, des vôtres. Le silence pèse plus que la conscience alors qu'ensemble vous vous apprêtez à rouvrir des plaies de votre perfide mémoire...

Enfin, tu réponds à sa question, tu lui expliques que ces pierres ont été dressées il y a plus de cinq milles ans après la Bataille des Milles-Souches qui opposa vos deux peuples. Terrible bataille. Tombait un arbre pour chaque nain abattu, mourrait un elfe par chaque souffle dawi ôté. C'est pour avertir les nains que ces bornes avaient été érigées en pleine forêt croissante, les prévenir du danger qu'ils risquaient de rencontrer en trépassant la frontière quelles explicitaient. Tu lui racontes qu'elles étaient empreintes de runes signifiant aux dawis que la mort attendait plus loin au-delà de leurs terres durement acquises. Tu sais ou du moins penses-tu savoir que les raisons d'algarade qui lia vos peuples à jamais dans le sang, n'avait pas comme seule raison la conquête et la terre, hélas bien plus profonde était la raison. C'est pourquoi dans l'ignorance ou le doute tu gardes ta bouche close, se n'est après tout pas à toi de tout endosser. Tu rajoutes quand même que sur l'énorme réseau de pierres runiques avaient été gravé le nom des morts de ladite bataille, aujourd'hui bien sûr les pierres n'avaient rien de bien reluisantes ; elles étaient ruines comme le souvenir de ce qui les engendra. Il fallait savoir que la guerre entre Elgis et Dawis avait été sépulcrale, dans les deux camps. C'est pourquoi tu baisses la tête rappelant que tu es conscient que les pertes avaient été communes...

Comme pour chasser ces images de destruction autant sylvestre qu'en terme d'âmes, tu soupires. Tu lui proposes de continuer d'avantage et si vos pas vous menaient audites pierres alors ensemble peut-être vous feriez le deuil, entendre ce chant fluctuant lui raconter autant de souffrance que d'espérance. Vous discutez un peu du chemin qu'il vous reste à faire ensemble car tu lui demandes où compte-t-il se rendre précisément et s'il a un jour déjà posé les pieds dans le Lörn ou est-ce la première fois.

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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Ven 20 Oct 2017 - 2:21


Tu réprimes un rictus satisfait, de peur de plus troubler ton accompagnateur. Il est terrible oui, le conte de cette bataille, comme le sont les contes de toutes les guerres, mais il ne sert plus à rien maintenant de pleurer des souffles déjà depuis longtemps confiés à Tari. Le deuil des elfes est long, parfois mortel, mais lorsqu’il est complet il ne laisse plus place aux émois inutiles. S’il est une seule raison pour toi de t’émouvoir face à l’issue de ces batailles, c’est la perte de la forêt, pas celle de tes frères. Tu ne peux plus rien pour tes frères, mais la forêt est encore debout, à attendre le jour où ses enfants daigneront venir la chercher…

Et les nains savent, au plus profond d’eux-mêmes, que vous reviendrez la chercher un jour. La manière dont le Dawi évoque ces pierres en est le testament. Le petit peuple se méfie, il sait que vous n’êtes pas loin, que vous grattez la frontière à défaut de pouvoir la traverser. Le petit peuple sait que ce n’est qu’une question de temps avant que les tirs de vos flèches ne gagnent en portée, et que la mort vienne cueillir les imprudents d’un peu plus loin. Ecoutez vos instincts vengeurs, et vous ne verriez là que justice rendue. L’envahisseur nain n’est pas l’homme, mais il vous a tant pris… en quoi serait-ce criminel que de vouloir reprendre ce qui est vôtre, de faire payer la perte de la force du lien d’avec votre Mère ? En quoi serait-ce criminel que de donner la mort à celui qui s’est présenté à vous sans autre façade que celle de meurtrier ?

Tu allais plus loin en bonté encore, car tes intentions sont loin d’être vengeresses. Il n’est aucunement dans ton intérêt d’alimenter les tensions déjà existantes avec le petit peuple. Tu aimerais revenir à ce temps béni mais trop court où vos deux peuples purent librement échanger leurs savoirs… seulement tu voudrais que cette fois ils vous offrent réellement le respect que vous méritez. Ils avaient tout à y gagner après tout, après que leur Père les ait trahis. Partager avec vous le Lörn ne leur coûterait guère plus que l’arrêt de l’éhonté gaspillage de bois qu’ils appelleraient sûrement une saine exploitation. Quelle est la valeur de ce sacrifice devant ce que peut leur apporter le peuple sylvain ? Quelle est la valeur de ce sacrifice devant rien qu’une fraction de vos savoirs, devant votre médecine, votre herboristerie, votre connaissance de la nature et de ses denrées, votre connaissance de la magie ? Quelle est la valeur de ce sacrifice devant la promesse de Chants renouvelés.

Tu reprends tes fredonnements, perdu dans tes pensées, te comportant presque comme un solitaire. Tu serais bientôt solitaire à nouveau de toute façon.


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MessageSujet: Re: [Libre] Vers les portes du Septentrion - Les murs du Zagazorn   Ven 20 Oct 2017 - 11:26





Il fredonne et tu fredonnes avec lui...
Tes notes sont de toute évidence fausses et faussées car tu crées : sur quelque chose de déjà existant. Pour atténuer ta faute tu essaies de t'y calquer, tu accompagnes son chant tant bien que mal –, tant est si vrai que tu ressent la Symphonie comme le plus sourd Talhedel d'Alëandir : c'est-à-dire qu'à peine tu l'acceptes, tu la reconnais quand même, tu... Envies l'Ouïe.
Il n'y aura jamais similaire tableau, à part l'exception...
Un jour de nouveau le Lörn sera frontière belliqueuse, Terre qui pleurera aux milles malheurs et au vile sang ... Terre blessée que vous achèverez ensemble Elgis et Dawis, ainsi clore le spectacle qu'un jour vous commençâtes. Une Terre qui versera larmes acerbes et larmes de joies, dont tu préfères ignorer autant les raisons que les choix. Le jour venu, tu seras mort, auprès de tes Mânes, de ceux que tu as vu partir un jour – l'oncle, la cousine, le frère –, et ce n'est qu'à ce moment là, las, que peut-être tu poseras tes milles et une questions à la recherche d'autant de réponses. Ou pas.
Il sautille et tu sautilles avec lui...
Tes pas sont aussi léger que les siens. Tu t'en inspires lorsque tu effleures son bras. S'il ne s'est pas encore arrêté, c'est qu'il n'a pas encore aperçu tes larmes. Oui tu pleure de joie, toi enfant maudit ; mauvais cousin. Que peux-tu faire à part poursuivre ce pour quoi tu as été forgé ? Tu es un roc après tout... Ce n'est pas toi la racine, ni toi la branche ou la feuille ou le vent. Tu n'es ni saison ni poison. Tu es ce que tu es. Lui aussi, il est. Tu le laisses « être ». Tu t'en vas. Tu as penché ton torse en avant, très bas, et tu as tiré une dansante révérence, commune. Ce n'est pas pour le jeu social qui attend chaque geste et chaque parole pour les décortiquer : c'est du respect pur et dur.
Tu es roche, sa composition, et ses fissures...
Au-delà de race et de présemption, tu vois l'etre s'éloigner comme un triste son de lyre qui s'éclipse dans la sylve blessée ; il s'éloigne puis disparaît. Heureux d'avoir connu un si grand être, tu le sais tu le sens, voué à se confronter aux aléas ; tu souris et t'en retournes chez les tiens achever ton devoir toi et ton futur beaucoup trop tracé. Sur le retour tu espères que jamais ne soient​ opposés les Barbedrue à sa magie ou à celle de son Peuple.

« Oh pôvre de moi, j'ai oublié de m'entretenir avec lui de Chrivines communes ou couronnée... De comment vivent-elles, chassent-elles entre autre différences ou similitudes avec Ypï et Toû ! FICHTRE de Foutre de Seigneur de Misère Troglodyte, vindiou, qué vie, j'm'en r'tourne à mes nains, j'm'en r'tourne à mes galioths... Bonne chance à toi voyageur... Sois-tu l'Hérault de ton Peuple... Paix ou Guerre seulement toi en verra les possibilités, telles des nervures sur une feuille... ».


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