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 Le sens du commerce [Neo, Glenn]

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Faeron Savarius
Sang-mêlé
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MessageSujet: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Mer 30 Aoû 2017 - 18:16

Le sens du commerce








Kÿrianos de la 2ème énnéade de Karfias 10, XI


Un vent du sud à la fois chaud et sec soufflait sur les quais de Thaar. L’hiver finissait à n’en point douter et le printemps pointerait sous peu le bout de son nez. Le soleil se levait avec une certaine difficulté, preuve visuelle que l’hiver n’avait pas dit son dernier mot. Les palmiers plantés à intervalle régulier devant les grandes bâtisses servant de lieu d’acceuil à la très fortunée clientèle des lignes oliennes voyaient leurs feuilles palmées tanguer doucement sous l’effet de la brise. Sur le quai où était planté ce décor se trouvait un navire de taille moyenne, taillée pour la vitesse et non pour le transport de marchandises sans aucun doute. Il n’était pas aussi discret ou aussi bien équipé que le navire personnel de l’armateur en charge de ce petit monde, mais disposait de plus de capacité d’emport de passager dans le confort tout relatif dont pouvait se targuer les navires océaniques.

Le navire était visiblement en fin de préparation pour une traversée et l’on s’affairait encore sur le quai pour finir de charger quelques vivres supplémentaires et des barriques d’eau et d’alcool. La mission du navire n’était pas bien connue de son équipage, mais il en allait toujours ainsi. Les personnes en charge des destinations des navires de passager les géraient d’une manière assez irrégulière au sens où l’on les envoyait là où ils étaient les plus demandés. Lorsqu’on travaillait sur les navires de passager des lignes oliennes, il valait mieux ne pas être de ceux qui aimaient la régularité.

Les navires de Faeron étaient nombreux mais peu se trouvaient à quai à tout moment. Un navire à quai coûtait de l’argent, il fallait faire tourner les navires. Le port de commerce de Thaar paraissait ainsi raisonnablement vide du côté des quais appartenant ou loués par Savarius. Les navires venaient et repartaient en moins de quelques jours. Il en allait de même pour ‘L’Etoile du Sud’ le navire sur lequel Faeron avait jeté son dévolu pour remonter jusqu’à Naëlis.

Le voyage n’était de ceux que Faeron avait le mieux préparé de sa vie, mais peu lui importait. Ils s’agissait d’un voyage d’affaire pressant et les sommes en jeu étaient suffisamment importantes –même pour lui- pour qu’il prenne un peu sur son sens de la préparation et se lance rapidement à l’assaut du nord. Le quai était peut-être parmi les plus beaux des environs, mais ce n’était pas le plus pratique pour charger un navire. On avait sacrifié le côté pratique à l’esthétique. C’était là un mal nécessaire lorsque des gens vous payait des dizaines –parfois des centaines- de souverains pour traverser cette petite marre qu’était l’olienne.

Faeron quant à lui était heureux de retrouver la mer. Il n’était pas devenu armateur par hasard. Bien sûr le fait que ses parents disposent d’immenses chantiers navals avait aidé. Mais au-delà de ce détail de l’existence il avait toujours eu un œil rivé sur l’horizon infini des étendues maritimes. Il aimait le son vif du claquement des voiles, il se passionnait pour le mouvement infini des vagues se brisant sur le navire, il adorait le ciel changeant d’un océan toujours imprévisible.

Faeron était arrivé avant l’aube. Il s’était fait assez discret dans son apparence. Lui changeait d’aspect et  de façon d’être selon les circonstances. A ce titre on ne pouvait pas réellement dire que c’était un homme véritable. Certains de ces employés, parmi les plus élevés surtout, l’avait néanmoins reconnu et le saluait avec déférence. Il trainait pour le moment, accompagné de trois de ses discrets gardes, sur le balcon du bâtiment, sous une arche protégeant du soleil naissant. Au bas, le long du quai, Faeron put rapidement constater que le fameux Néo qui avait été rencontré quelques jours auparavant marchait en direction de l’emplacement du navire. On chargeait justement dans ce dernier quelques caisses de bois représentant les cadeaux emportés pour la monarchie de Naëlis par le prudent marchand.

D’un calme emprunté d’une certaine nonchalance, il descendit les grandes marches de pierre qui menaient vers le quai depuis le balcon du luxueux bâtiment. Son costume noir était assez modeste, ses chausses étaient des bottes de bonne factures, prévue pour la marche, il portait un grand manteau de cuir qui lui descendait jusqu’aux genoux sous lequel une chemise et un pull de laine venait parfaire l’ensemble. Il aurait pu être n’importe quel homme moyen se trouvant sur un quai. Le sang-mêlé fit un sourire un peu pâle au guerrier.

« - Bonjour… Nous voici donc à nouveau réuni. J’ai trouvé un bras à la mesure de cette arme dont vous me parliez tantôt… Sa Majesté de Naëlis recrute en ce moment même des troupes m’a-t-on révélé. Pour un combat digne d’être vécu. Je n’en sais guère plus car je ne me mêle pas aux affres de la politique. Vous voyez, tout en étant très différents, nous nous ressemblons un peu sur ce point je suppose. Vous travaillez pour la gloire de cette arme que votre compagnie représente en la louant au bras le plus fort. Je travaille pour l’amélioration de mes commerces en offrant ce qu’il y a de mieux à ce qui veulent le meilleur. Votre ligne d’activité et vos motivations ne sont pas aussi égoïstes que les miennes mais il y a des similitudes.

Je me rends justement à Naëlis pour d’autres affaires mais je souhaite vous mettre en relation avec les assesseurs de Sa Majesté et permettre de réaliser à mes frais le voyage. Je vous propose de vous avancer un mois de salaire soit 800 souverains. Cette somme couvrira votre premier mois si vous décidez de rester, ou votre retour si vous décidez de partir. Pour ma part j’offre ainsi à Naëlis vos services, un geste commercial à leur endroit… Si vous êtes d’accord, nous embarquons immédiatement. »


§§§§§§
La traversé jusqu’à Naëlis fut d’un calme assourdissant. L’océan aurait voulu y mettre du sien qu’il n’aurait pas fait mieux. Malgré les rigueurs d’un hiver par bien des aspects ennuyeux pour les voyages péninsulaires, les choses allèrent assez bien. Par prudence et pour éviter de rencontrer de manière impromptue l’un ou l’autre iceberg, on fit route à marche ralentie. Cela allait à Faeron. Malgré le froid de plus en plus glacial de l’air ambiant, il passait l’essentiel de son temps sur le pont, à regarder la neige tomber ou à voir l’eau clapoter sous le navire.

Ce n’était pas une personne très prompte à la discussion pour ne rien dire, cela était certain. Ainsi il fut assez réservé durant tout le voyage. Au début l’équipage n’avait pas totalement reconnu son vénéré patron, mais comme le capitaine était au courant et que Faeron ne se cachait pas non plus durant les diners, il fut vite clair pour tous que le rupin incognito n’était autre que le patron et que dix autres des passagers étaient des gardes et aides de ce dernier. La compagnie de Néo en revanche était bien plus dans les passagers pris à bord des vaisseaux de Savarius, donc rien de bien remarquable. Ce groupe d’homme avait de toute manière un segment de la cale pour lui, sorte de grande cabine où étaient disposés des lits auxquels des hamacs pouvaient être suspendus si l’on souhaitait augmenter la capacité de couchage.



§§§§§§

L’arrivée à Naëlis se fit après une grosse énnéade de voyage là où habituellement il ne fallait que deux jours complets de navigation. Malgré le beau temps, on y était allé lentement. Le port de Naëlis disposait déjà d’un chantier naval, ce fut la première remarque que Faeron se fit en constatant les lieux. Il était de taille assez raisonnable, même si Faeron visait plus grand. Le port semblait déjà très construit, il se demanda donc s’il était encore possible de construire sur place. Un autre lieu était peut-être envisagé. Cela était tout aussi bien. Plus discret pour les navires étrangers. Inutile d’exhiber le fait que Savarius s’était implanté ailleurs qu’à Thaar dans la construction navale.

On avait fait monter au pavillon l’emblème de Savarius, ceci afin de manifester aux autorités portuaires l’origine du navire et les raisons de sa présence ici. Il était de toute manière attendu, mais il était toujours bon de faire savoir qu’on était arrivé… L’entrée au port du petit navire ne fut pas un problème. Il serait bien plus complexe de faire entrer un navire de première classe de transport. Il se fit immédiatement la remarque, en bon armateur. Il faudra qu’il pense à signifier à l’homme en charge de la répartition des navires de ne pas envoyer de trop gros navires vers Naëlis. Là encore Faeron se demanda quels quais ont avait imaginé lui donner pour son comptoir de commerce.

Faeron s’était changé et était habillé à présent de manière plus somptueuse. C’était là une marque de respect pour l’hôte bien plus qu’une représentation de l’égo du marchand. Habillé d’un costume d’un marron tirant sur le crème par endroit, quelques détails de vêtements étaient rehaussés par des pièces plus recherchés, brodés par endroit. Mais l’ensemble restait assez sobre. Faeron n’était pas certain de l’état des us à Naëlis, et il ne fallait pas se montrer disgracieux envers ses hôtes non plus en affichant un luxe dont il n’avait peut-être que faire.

Le navire solidement amarré, Faeron fut accueilli avec beaucoup de politesse et de professionnalisme par les officiels locaux. Il fit au-revoir à Néo et à sa compagnie et les remirent eux aussi en les mains expertes de ceux chargés de leur recrutement pour Naëlis, ils pourraient discuter plus avant les plans guerriers de ces personnes. Faeron n’avait pas besoin d’en savoir plus. L’information était toujours à double tranchant dans les affaires, on gagnait la possibilité d’anticiper, mais on perdait la crédibilité de pouvoir nier avoir été au courant. Il savait qu’une escarmouche couvait, il n’avait pas besoin d’en savoir plus. Il en savait déjà bien plus que le reste du conseil de Thaar, et cela en soit était déjà une victoire.

La suite des évènements fut un peu plus confuse. Prirent-ils des montures pour aller rencontrer Sa Majesté bien plus loin ou cette dernière se trouvait-elle dans le port ?

Dans tous les cas quelques temps plus tard le marchand de Thaar eut l’opportunité de pouvoir se présenter devant le roi de Naëlis et de lui présenter ses hommages. Tout en s’inclinant poliment et en se présentant, les quelques caisses de présents ramenées de Thaar, pour la plupart des denrées rares à manger et quelques bibelots aux prix exorbitants furent présentés à Sa Majesté. Et comme la coutume le voulait, Faeron attendit que Sa Majesté s’adresse à lui pour prendre à son tour la parole.
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Neo
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Jeu 31 Aoû 2017 - 14:29

‹‹‹ Son fil émoussé ... ?
Ronronne l'Engrenage ›››


XIe Cycle • An 9 • Karfias d'Hiver
2° Ennéade
 

La Fraternité avait enfin retrouvé Neo. Il ne se terrait pas dans une torpeur bercée par les femmes et l'alcool, il n'avait pas non plus disparu, tué dans une ruelle sordide... Il avait été tout simplement... malade. Ainsi avait-il très brièvement conté à ses amis les quelques jours qu'il venait de vivre. L'intensité d'une fièvre saugrenue leur fut narrée. Il n'en avait pas révélé d'avantage ; rien dit de ces étranges heures, où l'inextricable relation qu'il avait avec Othar, avait été ébranlée, bouleversée à jamais... Que dire en effet à ses frères de bien intéressant, s'il n'avait lui-même guère eu le temps de décanter les informations des évènements vécus. L'esprit tenace, l'homme avait su se contenir... Mais il serait par le suite nécessaire d'analyser correctement cette... Folle aventure introspective. Nécessaire aussi de tout leur révéler. Un jour peut-être trouverait-il explication qui vaille et les mots justes qui sauraient faire comprendre aux Frères l'ampleur de leur mission...

À son retour les Aegypius n'eurent de cesse de frétiller intérieurement, et extérieurement car combien de fois ne parlaient-ils pas de sanglants combats, d'heures martiales incontestables, passées ou à venir. Ils étaient dans le flou cependant, qu'allaient-ils combattre, quelles missions opportunes réaliseraient-ils pour le compte de l'armateur ? Ou bien était-ce seulement un intermédiaire ? Ce Faeron qui avait été mystérieux dans ses propos, nonobstant catégorique quant à la réalisation de travaux certains. Neo avait lu dans les yeux du riche commerçant que besogne il y aurait, maintenant restait à savoir si le jeu en valait la chandelle. Dans tous les cas et dans le mystère, Neo était quasi certain qu'ils quitteraient le sol Thaari, pour d'autres horizons... Certes les Frères avaient beaucoup voyagé, mais leur dernière latence les avait rendu impatients, et l'excitation quasi enfantine rendait la compagnie risible.

Oublis pas ça !
Je n'oublie pas ci !
Prends don' cela !
Emportes alors ceci !

Et ils avaient enfin opté pour une préparation, bien sûr militaire quant à l'organisation, et très policée quant aux bagages. Dans trois petites valises en cuir, ils avaient tout entassé, que dis-je plié et ordonné car Neo avait empêché le brave Raffik de tout fourrer de façon anarchique. De fait l'Irascible guerrier était en tout état de cause, un humain méticuleux, voire obsédé par le rangement. Il avait tout fait plier adéquatement, pour ainsi gagner le moindre espace possible et disponible. Ils n'allaient quand même pas voyager telles des bourgeoises encombrées et encombrantes !

Chaque membre – ils étaient neuf – avait emporté trois chemises, deux pantalons, de quoi se chausser confortablement, entre autre broutille. Du reste ils avaient chacun emporté sur soi quelque bribes d'armure en cuir et le reste avait été également empaqueté. Dans une petite valise, bien que n'ayant plus les savoirs de Kovù – seulement des souvenirs imprécis – ils avaient cru bon d'emporter des herbes médicinales, afin de confectionner onguents et cataplasmes, tisanes et remèdes. Chacun portait son arme de prédilection, à la ceinture pour la plupart d'entre eux, quant aux autres armes potentiellement nécessaires, ils avaient opté pour une caisse en bois ; à l'intérieur deux arcs et leurs flèches, deux arbalètes à carreaux – et leurs projectiles, des couteaux de toute taille, et les produits essentiels à l'entretien de leur équipement. Enfin dans une dernière caisse, il y avait un nécessaire de campement, de la marmite jusqu'à la toile de tente tout y était, en passant par les fourrures matelassées qui protégeraient leurs corps des sols trop froids ou trop durs qu'ils risquaient de rencontrer. Ils avaient tout prévu pour n'importe quelle mission. Quant au reste, sans doute trouveraient-ils sur place ce qui se trouvait facilement, nourriture, boissons, bois, et femmes.
Ils étaient parés.

Les Aegypius s'en allaient à la guerre. Du moins le croyaient-ils.

♦♦♦

Ils arrivèrent contre toute attente dans une petite voiture que tiraient deux ravissantes juments de trait. Derrière eux encore, Felix chevauchait un hongre qui lui tirait une carriole bringuebalante dans laquelle étaient entassés leurs trois ou quatre bagages et leurs deux caisses en bois. Ils descendirent un à un de la voiture, mais comment tenaient-ils à sept là dedans !? Mystère... Toujours est-il que les deux conducteurs sautèrent à leur tour du devant et tous ensemble allèrent à la rencontre de Faeron qui déjà venait vers eux.

Bonjour… Nous voici donc à nouveau réuni. Ils le saluèrent.
En effet... Le silence n'eut guère le temps de s'installer.
J’ai trouvé un bras à la mesure de cette arme dont vous me parliez tantôt… Sa Majesté de Naelis recrute en ce moment même des troupes m’a-t-on révélé.
Par le Coléreux. Le Roi de Naelis !? S'exclama le Cadet. Le regard de Neo suffit pour faire taire le jeune guerrier, encensé qu'il était par la seule évocation du suzerain.
Pour un combat digne d’être vécu, ajouta l'armateur, ignorant l'interruption.
Dites-nous en plus.
Je n’en sais guère plus car je ne me mêle pas aux affres de la politique.
Ensuite Faeron cru bon de préciser certains détails. Cependant qu'il parlait à la Fraternité, de leurs différences ainsi que de leurs similitudes avec lui, les hommes se toisaient, se jaugaient.
Il était simplement vêtu d'un costume noir, agrémenté de cuirs épais. Leurs vêtements étaient fait de tissu et de cuir également. Un peu de laine venait apporter sa chaleur aux dix hommes réunis. Ils ne faisaient pas plus guerriers que lui finalement... Surtout Neo qui portait encore sa bure.
Ils n'aimaient pas attirer l'attention sur eux...

Savarius finit ainsi son dialogue. Ses mots furent bref et concis.
Pour ma part j’offre ainsi à Naelis vos services, un geste commercial à leur endroit… Si vous êtes d’accord, nous embarquons immédiatement.
Embarquons, acceptèrent les Frères sans se concerter – du moins vocalement. Ils ne connaissaient que trop bien leurs regards respectifs...

Quatre valisettes et deux caisses en bois, les Aegypius se rendaient donc à... Naelis ! Les quelques bagages furent embarqués sans trop de souci.
Déjà Felix et l'intendant de la Caze regrettaient leurs maîtres et patrons en conduisant voiture et carriole vides ; vide aussi serait leur demeure, car les Frères étaient partis emmenant avec eux les cliquetis d'armes et les bruits d'entraînements – l'odeur masculine également.
Plus d'entraînement possible hélas pour les glorieux guerriers d'Othar qui reprenaient du service, et peut-être ne reviendraient-ils pas tous vivant car...

Les Aegypius s'en allaient à la guerre. Du moins le croyaient-ils.

♦♦♦

Le voyage qui devait alors durer deux jours, voulut se faire plus long, flirtant avec ce temps incertain, qui ma foi tanguait évitant quelque glace infidèle aux glaciers et le soleil caressant timidement les pâles peaux estreventines, généralement habituées aux hivers rarement indocile. Ainsi le navire charriant les passagers, berçait ceux-là d'un rythme lent, accablant les plus impatients. Ceux qui au contraire se plaisaient à ressentir la dérive, appréciant le temps immobile et l'horizon prometteur, étaient aux anges. Ainsi la moitié des membres de la Fraternité s'était plut à boire et à danser, tandis que l'autre s'était fait un nid douillet aussi bien dans leur cabine que sur le pont...
Aux curieux ils répondirent qu'ils allaient à la recherche de boulot... Aux autres ils ne dirent rien du tout, partageant repas et somnolence.
Enfin la traversée s'acheva sereinement, laissant derrière elle les hamacs, l'alcool et les parties de cartes ayant pour rôle de tuer le temps monotone de la navigation.

♦♦♦

XIe Cycle • An 9 • Karfias d'Hiver
3° Ennéade
 

Naelis... Ce fut le port qui les accueilli. Et quel bonheur d'enfin mettre pied à terre. Pourtant les Aegypius ne purent apprécier les premières impressions qu'offrait la cité, trop occupés qu'ils étaient à éviter de tanguer malgré le stoïcisme du sol. C'est qu'ils n'avaient pas trop l'habitude des voyages en mer, malgré le caractère paisible de ce dernier... Ils auraient le temps de visiter...

Après un bref et reconnaissant adieu à Faeron, c'est un sacré gaillard qui vint à leur rencontre, et se présenta comme étant Erestor de Renir, Commandant des Guetteurs. Ce serait lui leur guide dans cette nouvelle aventure naelisienne. De quoi il en retournait, ils le sauraient bien assez vite.

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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Dim 3 Sep 2017 - 17:40


- Halte au tir ! Lanciers, en avant !"

Le lieutenant instructeur beuglait ses ordres juste derrière sa section. Une pluie de flèches venait tout juste de s'abattare sur les cibles que les soldats s'avançaient au devant des mannequins de bois. Ces derniers trônaient fièrement au centre de la cour, malgré les dizaines et dizaines d'hommes qui les affrontaient chaque jour. Cet exercice pouvait prêter à sourire, mais il avait le mérite de faire travailler les légionnaires en tant que groupe et non en tant qu'individu. A défaut du nombre, la légion devait tirer sa supériorité face aux autres armées par deux points qui guidaient la doctrine d'entrainement des légionnaires : la supériorité physique du combattant et la discipline tactique.

Appuyé contre la rembarde du balcon, Glenn Hereon observait cet exercie d'un oeil attentif. Il était accompagné du général Damons, un ancien chevalier de Serramire. Fin tacticien et très apprécié de ses hommes, Damons avait toute la confiance du Roi de Naelis. Erestor, le commandant des guetteurs, était également présent, un peu en arrière des deux hommes.


- Qu'ont-ils de prévu pour cette après midi ?

- Le corps à corps. Tout le monde y passe, même si on y accorde plus d'importance pour les lanciers.

- Très bien. Ils doivent savoir se battre mais aussi être capable se déplacer en groupe, avec tout leur équipement, en obéissant aux ordres de leurs chefs. Qu'ils profitent de ces journées, car les hommes de Potemsk ramassent sévère à Port Jasen.

- Ils seront prêts."


En parallèle de ces entraînements purement terrestres, la légion s'entraînait dans un contexte assez inédit à Port Jasen. Les légionnaires s'entraînaient à débarquer d'un navire et à prendre d'assaut une plage et un bourg. Un exercice difficile pour le légionnaire qui tombait à l'eau de manière assez répétée.

- Votre Majesté, l'armateur Thaari Faeron Savarius vient d'entrer au port."


Les gardes portuaires étaient au courant de l'arrivée du thaari et conformément aux ordres qu'ils avaient reçus, ils s'étaient empressés d'envoyer une estafette requérir le Roi dès que les voiles de l'armateur firent leur apparition dans le port de la cité. Glenn prit alors du congé du général Damons et s'empressa de quitter la caserne, suivit par Erestor et de son escorte de chevaliers. Faeron était un personnage important sur qui reposait le succès de la guerre à venir. Glenn comptait donc bien le recevoir en hôte de marque, voir en ami de la cité. D'ailleurs, rare étaient les amis de la cité. En fait, Glenn n'en comptait que trois : l'archimage Nakor, qui avait percé le bouclier magique qui scellait la crypte des Draycan, l'archonte d'Ydril et l'ancien Baron d'Alonna, Hanegard Kastelord, qui avaient tout deux volés au secours de Naelis à Ruven. Mais ces dernières années, Glenn avait reçu de bien sombres personnages. Il se rappelle encore cette prêtresse noirelfique et surtout ce drôle d'oiseau, Porte la peste. Dans sa fierté, le Roi avait rejetté l'avertissement de ce dernier. Il l'avait même défié à Aduram et avait perdu...

C'est à cheval que le Roi de Naelis arriva sur les quais. Il n'eut aucun mal à reconnaître en ce grand être aux oreilles pointues le dénommé Faeron. En effet, la description qui lui venait de ses rapports d'espions était très précise. Le marchand portait une tunique brune, sobre, qui ne témoignait nullement de sa richesse. Glenn mît pied à terre et confia la bride à un de ses chevaliers qui avait fait de même.


- Bienvenue à Naelis maître Savarius ! Comment s'est passé votre voyage ?"

Glenn avait tendu la main au marchand. Comme à son habitude, le Roi avait revêtu son armure pour se rendre en ville. Ce n'était pas l'armure de mitrhil, qu'il réservait à la guerre, mais une armure d'acier sur laquelle était représenté ses armoiries, deux épées croisées. Mais à la place du casque, c'était une couronne d'or qui avait pris place sur son crâne. Il portait également une longue cape rouge, à l'instar de ses chevaliers, sauf que la sienne était parcouru de broderies d'un blanc éclatant. C'était ainsi que Glenn Hereon aimait se montrer. Mais le guerrier qu'il était n'avait pas retrouvé toute ses forces et ses sorties étaient très rares depuis son réveil.

- Je vois. Ne nous attardons pas ici, allons d'abord vous installer, dans l'Oëstkjord (il montra du doigt l'antique château à flanc de falaise qui dominait le port). Nous partirons dès que vos serviteurs seront prêts. Oui, quant aux mercenaires qui vous accompagnent, Erestor ici présent les prendra en charge, si vous voulez faire vos adieux, c'est le moment."

La suite du marchand rejoignit l'escorte de chevaliers et ils prirent ensemble le chemin pour le château. Glenn continua à pied, pour pouvoir converser plus facilement avec son hôte. Ils empruntèrent des rues larges avec de belles facades de maisons, qui étaient nullement représentatives de la ville. Avant de franchir la porte menant à la ville haute, Glenn montra à Faeron le colisée, dont on pouvait apercevoir le deuxième et dernier palier. Après une bonne dizaine de minutes, la petite troupe arriva au pied du fameux Oëstkjord.

- Je vous laisse entre les mains de Himbert, mon chambellan, il vous installera dans vos quartiers. Nous nous retrouverons pour le dîner, dans la salle du trône."

Glenn s'empressa de rentrer dans ses appartements pour se faire ôter son armure. Il faisait très attention à ne pas faire étalage de son état de fatigue aux autres. Faeron le découvrirai t-il ? Que savait-il au propos du sommeil du Roi ? D'ailleurs, en avait-il quelque chose à faire ?

*

Erestor faisait face aux mercenaires. Ses deux mètres de haut et ses bras croisés aux muscles saillants ne devait certainement pas intimider son auditoire... Il le savait et il trouvait ça très bien. En plantant ses yeux sombres dans chacun d'entre eux, il comprit qu'il faisait face à des guerriers qui avaient côtoyés la mort de près. La fraternité du Roi sous la montagne lui faisait donc bonne impression, pour le moment du moins.

- Bienvenue à Naelis les gars, je vais d'abord me présenter brièvement à vous. Je m'appelle Erestor, je suis le chef des guetteurs, les gardes frontières du Royaume. J'ai commencé dans l'armée de Serramire avant d'intégrer la garde des Ducs. Puis j'ai rejoins notre Roi, Glenn, quand il a fondé la compagnie du centaure et s'est emparé de Naelis. Bon les gars je vais vous la faire courte, on a du pain sur la planche. Le Royaume se prépare à l'expédition militaire la plus importante de son histoire et pour ça le Roi m'a donné une mission : créer et former une unité de commandos, des vrais de vrais destinés à s'infiltrer dans n'importe qu'elle forteresse. Et vous, vous allez m'aider. Parce que là, y a une centaine de gus qui attendent et qui se croient assez bon pour ça. Je vous donnerai tous les détails sur place, à Erlem. Des questions ? Non ? Allé suivez moi on a un peu de route, on bavardera en chemin.

Erestor trouva des montures pour chacun d'eux. Ils en avaient pour plusieurs heures avant de rejoindre la forteresse Erlem, donc il ne s'attardèrent pas en ville. Les aegypius auraient l'occasion d'y revenir, bien entendu. Mais avant tout, Erestor se devait de tester leur réputation. Et quoi de mieux que le nouveau parcours de l'audace, mis en place par ses soins tout autour de la forteresse, pour tester la valeur de la fraternité ?
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Lun 11 Sep 2017 - 20:53

La rencontre avec le souverain de Naëlis selon une étiquette assez décontractée. Il ne fallut pas longtemps à Faeron pour comprendre que c’était ce dernier qui s’approchait de lui à cheval. Le roi n’hésita pas longtemps non plus pour se diriger droit sur l’armateur. Sans aucun doute ce dernier était-il au courant de la plupart des détails de la vie de Faeron. On se faisait toujours beaucoup d’illusion sur ce que l’on pouvait garder de secret. Faeron n’était pas un naïf. Il savait que son organisation permettait une certaine discrétion et permettait de conserver certains secrets, mais ses propriétés et ses commerces étaient trop diffus, trop dispersés géographiquement et disposaient de trop de personnes pour que tout soit conservé sous le sceau du secret.

Ainsi Faeron travaillait à l’inverse de la plupart de ses concurrents. Il ne se cachait que de peu dans ses commerces et dans ses entreprises. Les choses étaient écrites et vu ses activités, cela représentait une masse de parchemin très importante et l’on tuait l’information dans le nombre. Seuls certains projets étaient isolés de manière à ne pas constituer de problème de confidentialités. Mais on les comptait sur les doigts des deux mains. Les projets de location de matériel du maitre des lieux compteraient certainement dans lesdits secrets. La recherche vestimentaire de l’hôte dépassait de plusieurs ordres de grandeur celle de Faeron, et ce n’était pas plus mal.

Tandis Faeron s’inclinait devant le maitre de Naëlis avec une élégance que l’on pourrait imaginer être empruntée à ses ascendances elfiques, l’homme mit pied à terre. Faeron se releva de sa révérence pour accepter la main du roi qu’il serra avec l’exacte même force que l’homme. Il s’agissait ici de démontrer la force de caractère tout en restant révérencieux, ne pas donner l’impression de vouloir s’imposer. Mais Faeron, qui avait serré des dizaines de milliers de mains de commerçants dans sa vie était rodé à l’exercice comme personne.


- Bienvenue à Naelis maître Savarius ! Comment s'est passé votre voyage ?"

«  - Très bon voyage Votre Majesté, merci de votre considération… »


- Je vois. Ne nous attardons pas ici, allons d'abord vous installer, dans l'Oëstkjord (il montra du doigt l'antique château à flanc de falaise qui dominait le port). Nous partirons dès que vos serviteurs seront prêts. Oui, quant aux mercenaires qui vous accompagnent, Erestor ici présent les prendra en charge, si vous voulez faire vos adieux, c'est le moment."

Faeron s’éloigna quelques instants pour saluer le chef de file des mercenaires qu’il avait recruté pour Naëlis.


« - Maitre Néo… Que vos vœux de glorieuses batailles soient exhaussés… J’espère contre d’autres que moi… Je vous souhaite bonne chance, ainsi qu’à vos hommes. »


Il quitta l’équipage et ne fit pas attendre le roi plus longtemps. Il aurait pu planter là le petit personnel et se préoccuper uniquement du roi, mais Faeron avait de l’instinct et ce dernier lui professait que de se montrer poli envers Néo et ses hommes pouvaient être un investissement pour le futur. Au-delà de considération purement intéressées, il aimait se montrer poli en général et par conséquent n’eut pas beaucoup à se forcer.

L’on prit alors la direction du château situé sur les hauteurs. Le roi lui fit l’honneur de l’accompagner à pied, ce qui ne devait pas être une chose aisée en armure. Faeron nota là une grande faveur de la part du roi qui aurait tout aussi bien pu décider de simplement les retrouver au château.

Le roi et lui-même montèrent avec lenteur vers le château, prenant le temps de regarder ici et là les façades des bâtiments encadrant la rue qu’ils empruntaient. Le roi se fendit de quelques anecdotes et Faeron écouta poliment et répondit par quelques autres généralités. Il s’agissait ici de la phase de prise de contact formelle, et par conséquent il ne se dirait rien de très intéressant, mais pour autant il fallait jouer le jeu avec tact et faire preuve d’une certaine curiosité et d’une certaine culture, histoire de démontrer à l’hôte que Faeron, tout en n’étant pas noble de sang, avait au moins pour lui l’esprit d’un homme éclairé. Qu’il n’était pas un gros porc de Thaari ayant réussi à forcer la fortune par voie de la violence et de la luxure.

On arriva au château et l’on se sépara. Faeron fut renvoyé vers des quartiers très confortables et très spacieux. Naturellement le luxe dont pouvait se prévaloir les palais Thaaris était d’un autre ordre. Mais dans la capitale estreventine l’architecture n’avait pas la vocation militariste du reste des contours de l’Olienne. A ce titre les choses n’étaient pas comparables. On dinerait dans la salle du trône donc ? C’était là une marque également d’un très grand honneur. Faeron retrouva sa suite dans ses appartements. On commençait à défaire les males. Cela prendrait encore un peu de temps avant que ses vêtements soient prêts.

On déballait également dans une pièce à part les nombreux présents ramenés pour Sa Majesté. Trois tableaux de grands maîtres thaari, plusieurs pièces d’artisanat luxueux, quelques bijoux pour les dames de Sa Majesté, s’il en avait… Et beaucoup d’aliments et de boissons exotiques dont les valeurs marchandes dépassaient parfois les tableaux et autres colifichets hors de prix qu’avait ramené Faeron.

Faeron passa environ une heure à relire des notes, fit prendre à la dictée à son secrétaire deux missives. Il relu également quelques autres documents avant de devoir se préparer. Pour le coup il ferait honneur à ses origines Thaaris et serait un digne représentant de la mode de la cité. Étant imberbe, il n’eut pas à se raser mais se fit recoiffer. La coiffure de Faeron était peut-être extrêmement simple, mais l’on prendrait le temps de la reprendre quelque peu. Faeron prit un bain, nettoya chaque centimètre carré de son corps. L’eau était chère sur un navire, et il n’avait pas pris son navire personnel. Il s’agissait pour plus de discrétion du tout-venant. A ce titre aucun luxe n’était présent dans le peu de cabines qu’il  contenait. Ce n’était même pas en temps normal un navire dont la fonction principale était le service passager. Il avait donc partagé le sort du reste de l’équipage et n’avait pas joué à sa diva thaari. Quelques lavages au gant de toilette avait été le summum.

Les habits furent –pour Thaar- assez réservé. Un pantalon lit de vin dans un velours de la meilleure qualité, parfaitement taillé aux mesures élancées de Faeron. Une chemise d’un noir profond, rehaussant la noirceur de sa chevelure, sur le cœur des arabesques brodées d’or. Au torse un gilet très près du corps qu’une dizaine de petits boutons en ivoire blanc retenait. La pièce était d’un rouge légèrement plus sombre que le bas, remontant par-dessus la chemise à peine au-dessus du nombril et dont deux lanières que l’on aurait pu qualifier de bretelles si elles n’avaient pas été aussi bien ouvragées faisaient tenir aux contorsions de Faeron. Ces bretelles étaient invisibles aux yeux de l’extérieur car les deux bras, la partie de la chemise dans le dos de Faeron était recouvert d’une veste amble en cuir parfaitement taillé et traité. Les bordures de la veste ouverte tombaient sur les deux axes de la mi-poitrine de Faeron. Aux pieds deux chausses également en cuir vu la température hivernale des lieux, là aussi parfaitement ouvragées, et dont les lacets d’une couleur brillant relevaient le blanc nacré du cuir. Aucun chapeau, Faeron n’avait pas froid et sa coiffure aussi dense que noire se suffisait à elle-même. Aucun bijou, car là aussi il était fier de sa peau au teint légèrement basané et à la granularité toute elfique.

Les choses sérieuses commenceraient certainement au dîner. On avait dû présenter à Sa Majesté les présents de Faeron. Il valait mieux ainsi, car s’il était déçu ou impressionné, au moins n’aurait-il à le montrer que s’il le souhaitait.  Faeron ignorait si l’on discuterait commerce, militaire ou tout autre sujet d’importance au dîner, ou s’il s’agissait d’un banquet avec de nombreux invité, ou la cour. Dans tous les cas il était habillé pour la circonstance à la mode Thaari. Et que le dîner soit un moment de discussion privée avec Sa Majesté ou un évènement mondain, il ne craignait ni l’un, ni l’autre.

On le guida jusqu’à la salle du trône, on l’annonça, il entra…
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Glenn Hereon
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Lun 25 Sep 2017 - 18:31


- Faeron Savarius, armateur et marchand de Thaar, annonça le chancelier Himbert.

La salle du trône accueillait, comme pour la plupart des midi, la table du Roi. Ce dernier avait pour habitude de ne manger qu'en compagnie d'un cercle très fermé, composé de sa femme, la Reine Glinaina, du commandant de ses chevaliers, Raymond, ainsi que d'un ou deux gouverneurs, selon leurs disponibilités et son humeur. Ce petit nombre était éloquent à plusieurs égards. Tout d'abord, il montrait que le couple royale était seul, sans aucun parents proche. Quid de l'oncle, du frère, ou de la soeur ? Glenn Hereon avait perdu tout cela il y a de nombreuses années. Quant à Glinaina, elle avait bien une famille, mais qui vivait en Anaëh. Ensuite, il montrait que les grands de ce Royaume étaient sans contexte ceux qui occupaient une fonction militaire. A défaut de la robe, l'épée occupait une place proéminente dans la société Naelisienne, comme en témoignait son blason. Faeron était donc invité pour l'occasion à se joindre à ce cercle restreint, à la gauche du Roi Glenn. Les serviteurs ne tardèrent pas à apporter le premier plat, un sanglier rôti dormant sur un tapis de brocolis. Glenn se saisit de la coupe et but une bonne gorgée de vin rouge avant de la tendre à son invité.

- Naelis doit vous paraître bien austère. Je ne suis jamais allé à Thaar mais on ne fait que me vanter la beauté de ses palais... Dont le votre, qui se situe dans le haut du panier, si j'en crois notre ami commun. Mais si vous avez déjà visité la demeure des nobles du nord de la péninsule, alors mon château vous paraîtra moins sombre. Je me suis découvert un certain goût pour l'art et vos tableaux trouveront ici une place de choix, soyez en certains !"

C'était un fait, Glenn Hereon appréciait le luxe de sa position et il prenait goût à s'intéresser à des choses qui lui paraissait auparavant bien futile, tel que l'art. Bien sûr, ce luxe peut prêter à sourire au vue de l'austérité du Royaume, mais il convient de rappeler que Glenn est né dans un bourg frontalier d'Oësgard et a vécu la grande majorité de sa vie sur les routes, en campagne. Il avait revêtu pour l'occasion sa tunique habituelle, sombre agrémenté de broderies au ton ocre.

- Faeron, j'espère que vous saurez apprécier notre nourriture. Mes cuisines s'efforceront de vous servir au mieux, mais je dois dire, encore une fois, que ce n'est pas sur ce point que Naelis pourra devancer Thaar. Oui ce déjeuner n'est clairement pas un étalage de ma puissance, mais nous avons l'après midi pour nous rattraper."


Glenn jouait franc jeu avec son hôte. Il n'était pas là pour l'entourlouper, à coups de basses manoeuvres politique et diplomatique dont il était bien incapable. Le Roi de Naelis avait fait preuve de grand talents en matière de gestion et de stratégie, mais il rester un piètre politicien. Bien sûr, il s'était suffisamment renseigné sur Faeron en lisant avec attention les nombreux rapports de Letwyn et de sa cellule d'espions à Thaar. Ces derniers l'avaient plutôt rassurés quant à la personnalité du marchand Thaarie et le mettait en confiance pour la suite. Contrairement à la princesse Krish, il voyait en l'armateur un allié potentiel pour la suite.

- Je ne pourrais pas vous accompagner cette après midi. Je vous laisserai au soin de Ernst Longévue , mon conseiller en matière de commerce et représentant de la guilde des charpentiers. Il vous présentera le chantier naval de Naelis ainsi que la place que l'on peut vous attribuer sur les quais. Ensuite, je tiens à préciser que vous êtes mon invité ici et à ce titre vous êtes libre de vaquer ou bon vous semble. Néanmoins, je tiens à votre sécurité et je vous adjoins donc une escorte de trois de mes chevaliers pour vos déplacements. La pègre à Naelis est très agressive et cela m'embêterai que vous soyez pris en otage par le balafré... Nous nous reverrons demain, pour 10 heures, où nous partirons pour Port-Jasen. D'ici là, mon chambellan est à votre disposition pour toutes questions."

Ils eurent une tarte en guise de dessert. Durant le repas, ils conversa brièvement avec Raymond qu'il questionna à propos de Erestor et ce qu'il savait sur le fameux parcours de l'audace qui attendait les membres de la fraternité. Il parla peu avec Glinaina. Elle se méfiait de ce Thaarie et voyait d'un mauvais oeil la venue de ce riche étranger. Du reste, Glenn parla surtout à son invité, en lui posant de nombreuses questions sur sa ville. Après une tarte aux pommes fort bonne qu'il apprécia naturellement, le Roi se leva et tous quittèrent la table.
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Mer 18 Oct 2017 - 21:48


C’est avec la solennité d’une personne dont l’éducation toute entière avait été tournée sur ce genre de moment que Faeron entra dans la salle du trône. Cette dernière avait été reconfigurée, sans aucun doute selon la coutume et la convenance de cette cour, en la table du Roi. Il fut annoncé sans erreur et il fut flatté que l’on lui reconnaisse la raison d’armateur. Cette dernière n’était pas naturelle pour l’essentiel de ses interlocuteurs et c’était pourtant bien dans ce métier que Faeron trouvait le plus de satisfaction. Mais tout cela n’était pas bien étonnant puisque c’était en cette qualité que Faeron était venu sous ces latitudes, affrontant les bises hivernales.
 
La composition de la table ne manqua pas de marquer Faeron. Outre le cercle très restreint de convive, qui montrait une coutume assez différente pour ces choses à Naëlis, Faeron nota avec intérêt que les affaires militaires semblaient revêtir de la première importance à la cour du roi. Un souverain entouré prioritairement de la soldatesque disait quelque chose de sa forme de gouvernement. Pour un autre homme cela aurait pu être vu de mauvaise manière mais Faeron n’en avait cure. Lui n’était pas là pour estimer les méthodes de gouvernement de Sa Majesté ou pour étudier la cour royale. Si ces indices tomberaient dans les méandres bien ordonnés de sa mémoire de marchand consciencieux : il n’était pas un adversaire politique ou un représentant d’une autre nation cherchant représentation auprès du souverain. Il était là pour affaire.
 
Il apprécia en tout cas la marque de confiance et d’honneur que lui faisait le maitre des lieux en l’asseyant à cette table bien restreinte et à lui permettre de s’assoir à ses côtés. Le service fut preste et si le repas était celui d’une tablée normale du roi, alors ce dernier devait avoir de l’appétit, car Faeron, plus habitué aux petites bouchées, n’avait que rarement une bête entière à la broche sur sa table. Il fallait dire que sans être un ascète et sachant de temps à autre manger un repas plus copieux qu’à l’habitude, Faeron était adepte de repas légers et frugaux. Cela était peut-être en contradiction avec sa situation dans le Monde, mais le luxe de sa situation à Thaar ne l’empêchait pas d’entretenir la simplicité et peut-être même une certaine rigueur pour certains des aspects. Il trouvait un certain plaisir à maintenir une certaine ambivalence dans la manière dont il menait sa vie, oscillant entre la sobriété monastique et la luxure tonitruante. Peut-être était-ce là également un moyen pour le semi-elfe de conserver ses adversaires dans l’incertitude de savoir si ses actions étaient paraitre ou être. Au fond c’était une personne secrète…
 
Il accepta bien volontiers la coupe de vin royale. Là encore c’était un réel honneur et il sut montrer silencieusement qu’il était touché par la faveur du roi. Il ne s’attendait pas à un accueil aussi aimable d’un homme qui aurait pu au final le traiter comme un simple sous-traitant. L’homme eut alors une crise de modestie assez étonnante. Il s’excusa pour l’aspect de son château puis pour la nourriture. Certainement ses espions avaient dû décrire les intérieurs du palais maritime. Tout du moins les étages inférieurs dont les aspects monumentaux et l’art omniprésent avaient pour principal objectif de rassurer la clientèle sur l’aspect totalement florissant des affaires des compagnies du semi-elfe. Outre de nombreuses sculptures et œuvres d’art aux murs, les salles regorgeaient de sculpture de bois et illustration des navires construits ou opérés par Faeron, histoire de montrer le savoir-faire et la capacité de la flotte de commerce éponyme. C’était là la coutume autant que le prérequis à Thaar. Pour autant le réseau d’espion du Roi devait être particulièrement bien implanté pour être parvenus jusque dans les derniers étages et en particulier les appartements de Faeron. Ces lieux étaient impressionnants par leur minimalisme et leur confort.
 
Il est vrai que la grande différence pour Faeron était que tout cela était son choix. Il ne connaissait pas l’histoire du souverain, mais le plus grand luxe de sa position n’était-il pas le simple fait qu’il pouvait choisir à son bon vouloir où il pouvait avoir le confort et où se montrer rigoureux ? Après tout il faisait ces choix car c’était là le mode de vie qui lui convenait, que c’était là les besoins de son organisme et de sa condition physique qu’il entretenait avec un soin presque outrancier. Lui n’avait jamais parcouru les routes par nécessité. Il n’avait jamais ressenti la faim autrement que par son propre choix. Il s’était frotté à la misère et s’était roulé dans la boue, mais comme un dauphin venait à la rencontre des navires : par curiosité et non par accident du destin. Son destin était tracé depuis son enfance, sa force, son entrainement, son éducation, son impitoyabilité mercantile, sa diplomatie, tout cela faisait partie d’un plan, celui de ses propres parents qui avaient décidé que Faeron serait la génération qui ferait rentrer les Savarius dans la plus haute strate de la société Thaari. Il était là pour réussir ou pour mourir en essayant. Pas de regrets et de scrupules à avoir.
 
Finalement l’on pouvait être plus royaliste que le Roi… Et c’est là que la différence de culture devenait au final la plus nette. La supériorité morale de l’aristocratie sur l’oligarchie. A Naëlis les armes avaient pris le pas sur l’argent, à Thaar l’inverse s’était produit. Et dans ce négatif presque parfait que représentaient leurs positions, il y avait quelque chose de complémentaire à ce que Faeron et Glenn se retrouve attablé.
 
Faeron fut étonné de ses pensées. Peut-être était-ce là le résultat du fait qu’il était pour la première fois de son existence attablée concrètement à la table d’une royauté.
 
"- Naelis doit vous paraître bien austère. Je ne suis jamais allé à Thaar mais on ne fait que me vanter la beauté de ses palais... Dont le votre, qui se situe dans le haut du panier, si j'en crois notre ami commun. Mais si vous avez déjà visité la demeure des nobles du nord de la péninsule, alors mon château vous paraîtra moins sombre. Je me suis découvert un certain goût pour l'art et vos tableaux trouveront ici une place de choix, soyez en certains ! ", fit le roi.
 
« - Votre palais mérite bien des éloges Votre Majesté. Je vous remercie de vos compliments sur ma demeure. Pourtant il est moins utilitaire que flamboyant.
 
J’ai une conscience aigüe des grandes limites de mes compatriotes. Je me plie aux convenances qui sont celles de mon pays et j’étale ma fortune à la face du monde, car ainsi vont les choses à Thaar. Mais lorsqu’on déplume le paon, il ne reste plus qu’un volatile ridicule. J’ai plus de fierté à présenter mes entrepôts, mes grues de levage et mes cales sèches que mon palais. Mais rarement cette joie m’est donnée. Le respect à Thaar s’obtient par la taille de sa porte d’entrée ou celle d’autres attributs dont je tairai le nom par convenance. Il est étonnant que notre ville n’ait pas encore succombée à des gens plus sages que nous. Il faut croire que les mauvaises herbes ont la vie dure…
 
Faites-moi l’honneur de bien vouloir croire que malgré mes origines je ne m’arrête pas à des simples comparaisons de prouesses architecturales pour juger du mérite. Je suis en effet très honoré d’être à Votre table et en Votre logis et nous travaillerons durs à prouver que tous les commerces et toutes les industries Thaari ne sont pas le résultat de la réussite de bandits. »
 
Il n’y avait rien de faux dans ce que venait de dire Faeron. Il n’avait pas agrandi la fortune familiale sur la malhonnêteté. Il était dur en affaire, il était consciencieux et négociateur, mais plus que tout c’était un véritable entrepreneur. Il s’était diversifié et il avait fait de chaque difficulté une chance de croissance. Il avait un esprit peut être calculateur mais sans aucun doute positif. Il ne s’en cachait pas. Et cela le démarquait grandement des autres grands thaari dont la (dé)fiabilité et la propension aux coups foireux -il n’y avait pas d’autres mots- avaient entaché à jamais la ville. De fait le reste de Thaar ne savait pas comment gérer Faeron. Et cela était amusant à observer.
 
Certes ce n’était pas un agneau non plus. Certains coups bas étaient payé en espèce. Mais cela n’était pas ses méthodes et dans l’essentiel des cas les coups bas étaient répondus par des coups bien visibles -histoire de faire également un exemple-. Bien des faillites s’étaient ainsi déroulées à Thaar.
 
Il avait dû plaire au roi car ce dernier répondit en ces termes :
 
"- Faeron, j'espère que vous saurez apprécier notre nourriture. Mes cuisines s'efforceront de vous servir au mieux, mais je dois dire, encore une fois, que ce n'est pas sur ce point que Naelis pourra devancer Thaar. Oui ce déjeuner n'est clairement pas un étalage de ma puissance, mais nous avons l'après midi pour nous rattraper."
 
Le fait qu’il parle de ‘rattrapage’ semblait être une plaisanterie assez fine sur la réponse de Faeorn et ce dernier ne répondit rien, se contentant d’incliner la tête avec un sourire, répondant plaisamment à la boutade du roi. Faeron comme le Roi savaient qu’il n’était pas question ici de ronds de jambes et de paraitre. Les deux hommes et les organisations qu’ils tractaient chacun derrière eux étaient là pour discuter de choses sérieuses. On garderait les rodomontades pour un autre jour.
 

" - Je ne pourrais pas vous accompagner cette après midi. Je vous laisserai au soin de Ernst Longévue , mon conseiller en matière de commerce et représentant de la guilde des charpentiers. Il vous présentera le chantier naval de Naelis ainsi que la place que l'on peut vous attribuer sur les quais. Ensuite, je tiens à préciser que vous êtes mon invité ici et à ce titre vous êtes libre de vaquer ou bon vous semble. Néanmoins, je tiens à votre sécurité et je vous adjoins donc une escorte de trois de mes chevaliers pour vos déplacements. La pègre à Naelis est très agressive et cela m'embêterai que vous soyez pris en otage par le balafré... Nous nous reverrons demain, pour 10 heures, où nous partirons pour Port-Jasen. D'ici là, mon chambellan est à votre disposition pour toutes questions."
 
C’était naturellement logique… Sa Majesté avait certainement à faire et il n’était pas question qu’il passe un temps trop important avec Faeron. Le repas se termina sur des discussions plus légères. Faeron raconta l’une ou l’autre anecdote commerciale qui valaient le détour et qui mettaient sous une lumière comique les frasques parfois ridicules de Thaar. Avoir de l’humour sur soi-même et sur son pays d’origine était souvent un bon moyen de conquérir des auditoires étrangers. D’autant que Faeron, sous ses airs initialement sérieux et rigoureux se montra être un invité habitué à la conversation et très agréable à côtoyer. La bonne humeur fut particulièrement de rigueur sur la tarte aux pommes où Faeron évoqua les déboires comiques d’un couple Thaari ayant cherché à se faire prendre pour une royauté d’un pays lointain et inconnu.
 
C’est avec bonne humeur que Faeron quitta donc la table du roi et alla faire le tour de propriétaire avec M. Longévue. De nombreux sujets furent abordés et comme souvent avec les elfes et semi-elfes, l’apparente jeunesse de Faeron fut en décalage avec les connaissances dont il disposait. Il montra sans aucun doute qu’il n’était pas un financier enfermé dans ses livres de compte et qu’il connaissait comme sa poche les industries dont il faisait le commerce. Pas grand-chose échappa au regard inquisiteur de Faeron qui pour le coup s’était tout de même armé de son secrétaire pour prendre des notes.
 
On discuta beaucoup des méthodes d’abattage et de transport des bois. La visite du chantier navale fut l’occasion pour Faeron d’étudier les divergences dans les méthodes de travail et les discussions furent très poussées avec M. Longévue et avec les ingénieurs navals qu’ils rencontrèrent et autres contremaitres de chantiers. Faeron visita le chantier avec une grande attention pour les détails. Il insista même pour visiter les ateliers de production du goudron à l’odeur aussi désagréable qu’indélébile, endroit le plus probable pour partir entaché du chantier naval. Faeron ne laissait rien au hasard, mais c’était aussi là parce qu’il n’était pas là que pour donner des critiques constructives ou pour apprendre des choses. Il était aussi et surtout là pour se faire une idée de la qualité de la main d’œuvre de Naëlis. Après tout il s’apprêtait à faire un investissement très important sur ces terres et de la qualité de la main d’œuvre dépendrait le niveau d’implication qu’il se réservait de mettre sur cet investissement. A minima si ces gens étaient incapables, à maxima s’il sentait que la sauce pouvait prendre.
 
Il sortit de la visite de ce chantier avec beaucoup de beaume au cœur. Outre le fait que ces gens paraissaient travailleurs il était assez impressionné des réalisations faites pour ce chantier dont les moyens n’étaient pas aussi importants que d’autres chantiers de cette nature. Ces gens étaient économes de leurs moyens et intelligents dans leur effort. Par ailleurs il n’avait pas montré beaucoup de réticence à entendre les critiques de Faeron et à répondre avec justesse. Ils avaient reexpliqué leurs méthodes à Faeron pour qu’il comprenne mieux là où ses critiques étaient venus de sa mécompréhension et avaient pris en compte avec beaucoup d’intérêt ses remarques là où elles avaient un véritable intérêt. Sans aucun doute ils n’auraient pas de mal à travailler sous contremaitre d’une race ou origine différente.
 
C’était bien. Très bien même. Le lieu était réellement propice à l’investissement. Faeron n’avait plus trop de doute sur la main d’œuvre, restait à voir le lieu géographique…
 
On passa la fin de l’après-midi à visiter le port et à discuter de l’emplacement de quelques quais pour le comptoir Savarius. On lui proposait deux emplacements, l’un au cœur des marchands existant, assez réputé mais plus petit, un second plus grand mais dans un lieu moins bien famé. On lui suggéra grandement le premier choix, mais l’armateur se décida pour le second. Le lieu était plus loin du centre-ville certes, un peu plus en proie à la pègre certes, et les bâtiments y étaient abandonnés depuis longtemps, certes… Mais à cet endroit Faeron pourrait accoster quatre navires de première ligne au lieu d’un et l’entrepôt qui tombait en ruine était sur un terrain immense. Il suffisait de réhabiliter le bâtiment. Il suffirait également d’engager des gardes - de préférence parmi la faune locale - et d’employer de nombreux locaux à un salaire décent. Les affaires tourneraient toutes seules à partir de là. Dans dix ans les lieux seraient pacifiés et le quartier en plein essor. Faeron n’en doutait pas. Il fallait de la conviction et du travail, mais rien n’était impossible.
 
De plus, son avoué et gérant sur place trouverait bien une petite échoppe sur le déclin en plein centre de la ville pour qu’un bureau de négoce ayant pignon sur rue puisse permettre aux plus trouillards de faire affaire loin des bas quartiers.
 
Cela lui rappela qu’il fallait qu’il touche un mot au roi sur le sujet de trouver un homme de confiance à Naëlis. Faeron était habitué à débaucher. Tant qu’à faire autant que le maitre des lieux lui pointe du doigt une personne de confiance – quitte à ce qu’elle rapporte au roi également -. Fareon n’avait pas peur d’employer des espions pour gérer des commerces extérieurs. Ses affaires étaient ainsi faites que la main gauche ignorait ce que faisait la main droite. Il préférait largement un homme aux deux allégeances ici mais ayant la connaissance du terrain pour piloter ses affaires Naëlisiennes (il ignorait si le terme était propre) qu’un parachuté de Thaar lui étant attaché mais incapable de se forger un réseau ici-haut.
 
On termina la journée, en remontant au château, par la visite d’une scierie et d’un lieu de coupe forestière. Le travail était correctement réalisé mais toutes les essences d’arbres n’étaient pas au goût de l’armateur. Tout n’était pas de qualité maritime… Il faudrait être vigilant. Il expliqua la chose Ernst qui ne put que se contenter d’acquiescer.
 
On revint au château pour la nuit. Le lendemain à l’aube il était debout et faisait ses étirements matinaux dans sa chambre. A l’heure dite il était prêt et fut menée à Sa Majesté. Venait maintenant l’heure de vérité. Il allait voir l’emplacement qu’on envisageait pour le chantier naval…
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Ven 3 Nov 2017 - 9:02


Le lendemain, Glenn attendait son invité dans la cour de l'Oëstkjord. Cette fois, il avait délaissé l'armure pour arborer une tunique semblable à celle qu'il avait porté pour le repas. La route jusqu'à Port Jasen était assez longue poour qu'il décide de ne pas en rajouter. On laissa à Faeron le choix de la monture, entre deux destriers serraminois. L'un, bai, avait fière allure mais ne cachait pas sa réticence à être monté tandis que l'autre, alezan, moins fringant mais plus calme. S'il est bon cavalier et surtout s'il est de nature confiante et aime prendre des risques, il prendra le bai. Ils avaient également la possibilité de voyager en calèche, si Faeron avait quelque réticence pour monter à cheval.

C'est donc accompagné d'une dizaine de chevaliers de Naelis que les deux hommes quittèrent la cité de Naelis, par la porte Ouest. En traversant le quartier du voile, Faeron pouvait se rendre compte de la disparité sociale existante dans le jeune Royaume. Les rues sales et boueuses étaient occupées par d mendiants aux membres mutilés d'un côté et par de jeunes enfants grelottant de froid de l'autre. Tous tendaient la main, malgré les regards inquisiteurs des chevaliers. On pouvait aussi apercevoir, dans l'ombre des ruelles, des silouhettes inquiétantes guettant l'avancée des cavaliers. Ils prirent la route des sables, une longue route qui reliait Etherna, dans le nord de la péninsule, à Thaar. Sur la portion qui reliait Naelis et Port-Jasen, la route était correctement entretenue. Une route agréable  au côté de l'Olienne, mer calme qui s'écrasait lentement contre les falaises.

- Vous avez beaucoup voyagé Faeron ? Peut être en Anaëh ? Même si je sais que les elfes ne sont guère accueillants avec leurs cousins... Pour ma part, je n'ai fait que peu de voyages. Je connais bien le nord de la péninsule, La Dross aussi tiens... L'Itrhi'Vaan ? A part mon Royaume, rien."

Glenn savait que pour un sang mêlée, aborder la génétique pouvait être une question sensible. Mais en tant que père de deux sang mêlée elfe, il s'était permis de poser cette question, en toute bienveillance. Durant le voyage, il n'hésita pas à répondre aux questions de Faeron sur les moeurs et coutume des nordiques et des péninsulaires en général. Mais il resta evasif quand à son passé et sur les raisons qui l'ont conduites à Naelis.

Après plusieurs heures, les premières maisons du bourg de Port Jasen étaient maintenant visibles. Eparses, sans de véritable plan d'urbanisme, les chaumières en bois de l'ancien port de pêche côtoyaient maintenant des maisons plus récentes, en brique et qui prenaient place sur les hauteurs. La ville comptait près d'un millier d'âmes. Une haute tour de pierre  surplombait le bourg. Elle faisait partie de la maison forte qui accueillait une petite garnison de légionnaires. Ces derniers, reconnaissable de par leur tunique rouge et blanche, patrouillaient régulièrement dans les rues du bourg et ses alentours. Sans prêter plus d'attention à la populace qui s'affairait ci et là, Glenn amena directement Faeron au port, puisque c'était avant tout cela qui l'intéressait. Là, le marchand et entrepreneur Thaarie pouvait voir que Port Jasen ne comptait que trop peu d'embarcadères. Seulement deux étaient utilisables par de navires de taille importante mais le reste était destiné à n'accueillir que de petites embarcations, des bateaux de pêche. Mais la plage étaient très large à cet endroit et on pouvait facilement imaginer un agrandissement. Le côté Ouest était occupé par les exploitations salines.

- Quand j'ai pris le pouvoir il y a huit ans, il n'y avait que trois cabanes de pêcheurs. Depuis, le bourg ne cesse de se développer. Au vue des conditions géographiques, je pense que Port Jasen a de sérieux atouts. Au niveau de la gestion, il y a un bourgmestre ici que je vous présenterai, mais c'est plutôt le gouverneur qui représente mes intérêts dans cette partie du Royaume. Enfin LA gouverneur, il s'agit de Mérissa l'ardente. Sa résidence est à Fort Eleric, une ruine que nous avons valorisé, à l'Ouest d'ici, je vous y conduirai. Là regardez, toute cette partie à l'Est est inexploitée. Il y a beaucoup de places et nous sommes vraiment proche des camps de bûcherons."

En effet, la route du nord menait directement à l'Aduram, dont les premiers arbres étaient visibles depuis les points hauts du bourg. Cette frontière naturelle était un atout pour le Royaume, bien que refermant de sombres dangers... L'armateur était libre de visiter le bourg et ses abords. S'il désirait manger avant de parler affaire, la table était réservée dans une taverne locale, sur la place centrale qui faisait face à la maison forte.
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Ven 10 Nov 2017 - 23:18


Faeron eut une nuit des plus courtes. Comme toutes ses nuits d’ailleurs. Tel le nom de l’organisation qu’il avait fondé pour remédier aux manquements sécuritaires de ses trop peu ambitieux parents, il était un oiseau de nuit. Il passa l’essentiel de cette phase nocturne à la fenêtre à regarder la lune et la voute céleste jouer avec les nuages portés par l’océan hivernal. Il ne se glissa dans son lit qu’alors que la nuit était bien avancée. Ce qu’il aimait par-dessus tout était de se concentrer sur les nombreux craquements, bruits de pas et autres ronronnements que la bâtisse émettait de nuit. Il fallait dire que les bâtisses construites sous ces latitudes plus nordiques et dans un style plus martial et plus fonctionnel que son palais Thaari étaient toujours un moment de passionnant mystère dans l’analyse de leurs frissons sonores. Tantôt il s’agissait d’un page remettant du bois dans des cheminées, tantôt certainement un ou plusieurs gardes en ronde. Certains allaient peut-être se trouver une miche de pain ou un broc d’eau en cuisine, d’autres allaient-ils peut-être chez leurs amants secrets.

Dans le palais Thaari de Faeron, rien de tout cela… La beauté clinique des lieux étouffait tout son humain sous la verdure éclatante des jardins ou dans les amas de tissus suspendus aux grandes arches. Au dernier étage des jardins suspendus, dans les bureaux et appartements privés du négociant, rien ne transparaissait de l’activité tranquille des gestionnaires, responsables et dirigeants de ses principaux intérêts thaaris se trouvant dans les étages intermédiaires de l’imposant édifice jeté sur la mer. Dans ces lieux se négociaient et s’administraient l’essentiel des transactions internes à ses propriétés. Rien ne transparaissait non plus des activités fébriles des premiers étages où une nuée plus grande de clercs s’occupait de retranscrire les comptes de ses transactions. Rien ne filtrait non plus au niveau de la mer où les gardes veillaient et s’entraînaient et où les esclaves travaillaient à satisfaire les ordres de leurs contremaîtres. Rien ne filtrait non plus des plus absolus soubassements du palais où, dans les mauvais jours où les circonstances empêchaient tout autre recours, les gémissements de ceux qui payaient pour un sale coup se perdaient en écho contre la pierre sous-marine des fondations du palais.

Faeron n’était pas un homme cruel. Il n’était pas non plus de ceux qui utilisaient les exactions comme une conduite normale de leurs affaires. De ce point de vue il devait être vu comme un marchand des plus droits pour Thaar. Mais malheureusement on ne pouvait pas non plus laisser croire à de la faiblesse, tare pouvant être fatale dans la cité estreventine. A ce titre il devait parfois faire œuvre de rétorsion. Et malheureusement tous les arguments ne pouvaient être doux, il fallait parfois utiliser la manière forte. Mais Faeron détestait en venir à ces extrémités. Il trouvait plus civilisé et plus jouissif (peut-être était-ce là une forme de perversion) de mettre ceux qui avaient tenté de le posséder sur la paille.

C’est sur ces pensées quelque peu bizarres pour un être normalement constitué que le semi-elfe décida de se remettre au lit quelques heures seulement avant le petit jour. Il fallut quelques secondes seulement au demi-homme pour s’endormir d’un sommeil sans rêve.

Il ouvrit les yeux comme s’il les avait fermés quelques secondes auparavant. Le soleil pointait son nez à l’horizon. Dans ces latitudes plus nordiques les nuits étaient plus longues en hiver, sans aucun doute possible. Il était amusant de constater que quelques jours de navire pouvaient changer bien des choses au temps et aux saisons. Il se leva en quelques gestes précis et simples, étirant son corps selon un rituel du saut du lit tout aussi répété que convenu.

Il alla immédiatement jusqu’à la fenêtre pour constater qu’un brouillard épais du matin montait déjà. Il était difficile pour lui de considérer avec précision l’heure qu’il était, il lui semblait que ses repères temporels Thaarii étaient totalement effacés dans ces lieux étrangers. Et c’est légèrement en retard qu’il arriva dans la cour de l’Oëstkjord. Il n’était pas bon de faire attendre les rois, et il s’en voulu de cette incongruité crasse.
La ponctualité était la politesse des rois, et lui qui habituellement n’était en retard à rien se retrouvait à faire attendre celui qui le recevait chez lui et lui permettait d’envisager de s’échapper d’une dépendance assez désagréable à la cité de Thaar. Il pria l’homme de l’excuser avec politesse et à peine eut-il choisi le plus impétueux des deux chevaux qu’on lui proposait qu’il fût parti sur les routes de Naëlis en compagnie de son souverain. Faeron était un homme n’ayant pas peur des risques et l’équitation faisait partie de son éducation autant que de son quotidien. S’il était plus leste à pied qu’à dos de ces montures parfois difficiles, il n’en était pas moins de ceux qui, par l’action combinée de leur cambrure et de la fermeté de leurs cuisses, savaient faire comprendre au quadrupède que l’Homme était tout à la fois le supérieur et l’ami de l’animal.

Le cortège – car avec l’escorte il s’agissait presque d’un cortège – partit presque immédiatement, ce qui fit d’autant plus regretter à Faeron d’être arrivé en retard (bien qu’il ne se fût pas douté d’avoir été autant attendu). La remontée du quartier dit du voile fut assez étonnante tant la misère des lieux semblait nette à cet endroit. Faeron n’était pas réellement de ceux qui se souciait outre mesure des inégalités. Il était né dans une famille dont les deux parents étaient à des opposés absolus. Son père était un elfe issu du plus horrible des viols et avait constitué sa fortune sur un pari et un tissu de mensonges. Sa mère était l’héritière d’une fortune envolée mais dont le nom résonnait dans tous les palais de Thaar. Il était à la croisée des chemins de la fortune. Son éducation n’avait offert aucune forme de place à l’empathie. Et s’il n’avait pas un cœur de pierre ce n’était pas grâce à ses parents mais grâce à une forme toute personnelle d’éthique qu’il s’était forgé au travers des années.

Il n’avait pas honte de sa fortune, il n’avait pas honte de ses origines, il n’avait pas honte d’avoir plus de chance que les autres. Le hasard avait voulu qu’il soit né au bon endroit. Le hasard avait voulu qu’il soit né dans une famille qui avait de toute part un besoin de revanche sur le monde entier. Sa mère avait eu le besoin de revanche sur la mauvaise fortune de son nom qui était tombé dans l’ombre de l’Histoire malgré ses fortunes passées. Son père avait eu le besoin de prouver que malgré la honte de ses origines et malgré les péchés impardonnables de son père dont il était issu, il prendrait sa revanche sur le destin.

Lui était le réceptacle de toutes ces attentes et à la mort de sa mère, suivie du suicide de son père, s’était retrouvé seul face à l’héritage d’une famille aux mœurs et aux motivations étranges. Par respect, par éducation et par inertie, il avait repris le flambeau de cette course contre le destin. Il prouverait pour ses parents au monde que leur vie n’avait pas été pour rien. Quelle autre destinée pour un fils prodigue ? Une fois cette revanche prise, il s’occuperait de se forger sa propre lignée…

Il n’en parlait jamais, et il se garda bien d’en aborder le moindre mot avec Sa Majesté. D’une part cela ne le regardait pas, d’autre part l’essentiel de tout cela était secret et inconnu du monde. Car si l’on savait beaucoup sur Faeron et sur sa famille, l’essentiel et l’intime restait caché. Et c’était peut-être là l’un des plus grands apprentissages que lui avait donné ses parents : noyer le public sous les informations pour cacher l’essentiel. En montrer trop de manière à ce que l’on ne sache finalement rien. Quand les autres richissimes marchands de Thaar se complaisaient dans le secret, quand les autres hommes et femmes étant ou prétendant devenir princes marchands étaient discrets, lui criait bien des choses sur les toits, mais au final l’on ne savait que bien peu de chose sur lui et ses motivations.

Les quartiers qu’ils traversèrent ne paraissaient pas tous très sûrs. Et à ce titre Thaar avait des similitudes avec Naëlis. Peut-être les inégalités étaient-elles plus grandes encore à Thaar où le luxe des palais était bien plus ostensible qu’à Naëlis. A vrai dire la principale différence était que le climat Thaari semblait plus agréable à vivre pour un miséreux que l’hiver de Naëlis. N’existait-il pas des chansons affirmant que la misère était plus douce au soleil ? Ici plus qu’ailleurs Faeron en eut la conscience, bien que cela ne le marqua plus que cela. Il était assez détaché de ces scènes et ne prenait pas pitié facilement.

Le reste de la route une fois sortis de la ville fut plus agréable. Faeron avait toujours eu un faible pour les scènes maritimes. Pour son père les navires étaient une manière d’écouler du bois de charpenterie. Pour sa mère s’était un simple commerce familial issu de générations de Savarius. Pour lui la mer était bien plus que cela. Et ce n’était pas pour rien que son palais avait été nommé le ‘palais maritime’. Son attachement à la mer était novateur pour la famille, aussi étrange que cela puisse paraitre pour une famille de constructeurs naval. Au final il était le premier Savairus depuis longtemps à avoir une passion pour ce qui avait fait la fortune familiale. Et peut-être cet attachement expliquait sa réussite bien plus criante que ses ancêtres proches.

La vue de cette étendue calme de liquide venant battre à coup flegmatiques de butoir contre les rochers de la côte était appréciable. Et c’est avec le bonheur d’un homme dans son élément que Faeron discuta avec le roi de ses expériences passées.


« - J’ai beaucoup voyagé Votre Majesté… Enormément même. Mais j’ai la chance de na pas faire mon âge, d’avoir toujours disposé depuis un très jeune âge de moyens financiers importants et d’avoir des intérêts extrêmement… Mobiles…  Ce triptyque m’a toujours permis de réaliser bien des choses. Ajoutez à cela le fait que je ne suis pas d’une nature très douillette ou peu décidée… Il y avait là tous les ingrédients pour que je courre le monde à la recherche d’opportunités.

Je ne suis jamais allé en Anaëh… Je ne suis pas certain que ma place soit de m’y rendre… Si mon héritage vient pour partie de ces forêts lointaines, bien des raisons me pousse à ne pas vouloir tenter de reconstruire les ponts qui se sont coupé entre moi et ces lieux légendaires... »


Il n’ajouta rien à cela. Tout était dit…

Les deux hommes continuèrent à discuter de bien des choses. Faeron se contenta de suivre le faisceau de conversation proposé par le roi sans jamais trop s’en écarter. Il ne s’agissait pas ici de le mettre mal à l’aise. De toute manière Faeron n’était pas un curieux maladif.

L’arrivée à Port Jansen marqua le début d’une phase différente de leur excursion. Il s’agissait maintenant de bien étudier le terrain et de juger en quelques heures seulement si la proposition qui était faite à Faeron était de celles qui pouvaient réussir. Faeron prit la chose avec le sérieux d’un investisseur prudent et attentif au moindre détail. Ils visitèrent donc tout ce qui était humainement possible de visiter.

Ce qui frappa immédiatement Faeron était la taille très réduite de la ville. Elle accueillait un millier d’homme. Mais les chantiers Savarius de Thaar accueillaient presque trois milliers d’ouvrier… Il n’était pas clair que la ville choisie soit totalement en adéquation avec les ambitions de Faeron qui souhaitait constituer un chantier capable de délester au moins un tiers de la production de ses chantiers Thaarii. La ville devrait donc grandir… Mais vu la pauvreté des quartiers qu’ils avaient passé en quittant la capitale, Faeron n’aurait pas du mal à motiver des âmes à émigrer vers ce port si la paie et les infrastructures suivaient.

La proximité avec des forêts aux essences diverses et adéquates était un point extrêmement positif. Le point plus négatif était que le transport ne serait pas facile pour commencer. L’autre problème était que le bourg ne constituait pas une hanse naturelle mais plutôt une sorte d’ouverture sur une grande plage naturelle. Cela permettait à peu de frais la construction d’un chantier de lancement. En revanche cela rendait la construction d’un radoub plus complexe car cela nécessiterait de draguer un chenal qui sans aucun doute reviendrait s’ensabler régulièrement. L’absence de nombreux quais pour de larges navires démontrait d’ailleurs que les lieux semblaient avoir bien du mal à démontrer le fait que l’eau soit profonde.

Avant d’aller parler affaire Faeron insista pour que soit organiser une petite promenade le long de l’océan. Il souhaita également faire un tour de barque à quelques encablures du bord de mer afin de juger la pente sous-marine et des profondeurs locales.

Il revint sur la terre ferme avec un sourire pour Sa Majesté, et une fois qu’elle eut fini de lui expliquer l’historique des lieux, il répondit :


« - Votre Majesté… Nous pouvons allez rencontrer votre gouverneur en ces lieux où aller déjeuner à votre convenance. Ces lieux ne sont pas les plus appropriés maritimes mais ils fonctionnent. Et ils ont visiblement en revanche un intérêt très important par rapport à leur environnement terrestre. Je n’ai pas de grande inquiétude… Tout cela va fonctionner… Reste à discuter de la ville, car sans aucun doute la population actuelle de Port Jansen ne saurait suffire. Et l’on ne double pas la taille d’une ville de manière anarchique. Il nous faudra trouver un modus vivendi sur le partage des responsabilités dans l’extension de la ville, car je souhaiterai conserver une réserve foncière autour du chantier naval pour des extensions futures avec Votre persmission… »
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Dim 3 Déc 2017 - 18:07


L'armateur Faeron, au delà du sérieux dont il faisait preuve quand au projet de chantier naval, fit montre d'une grande capacité technique en présentant les atouts et faiblesses de Port-Jasen.  Glenn lui posa de nombreuses questions durant le repas, à l'auberge du bourg. Bien que néophyte sur la construction des navires, le Roi de Naelis avait tout de suite saisie l'importance stratégique pour la cité de se dotter d'une flotte conséquente. Une collaboration avec cet homme ne pourra être que positive pour notre flotte, comme l'aura été celle avec les marins ydrilottes. Au delà même du développement de la flottte naelisienne, il s'agissait de l'urbanisation du bourg de Port-Jasen et donc de la dynamisation de toute la province Ouest. Glenn, en bon adepte de l'adage "commander c'est déléguer", amena donc Faeron rencontrer la gourverneur de cette province en la forteresse de Fort Eleric.


Antique fortin prenant pied sur une colline rocheuse assez semblable au plateau de Ruven, Fort Eleric se dressait là, fait de pierre et de bois. Véritable ruine à l'arrivée des nordiques, les nombreux trous et autres pans de mur écroulés avaient étés remplacés par des fortifications faites en bois. En effet, l'effort de reconstruction avait principalement concerné l'Est du Royaume avec la rénovation d'Erlem et même la construction de murailles autour de Ruven. Cela n'empêchait toute fois pas à Fort Eleric de remplir son office en accueillant une petite garnison de légionnaires ainsi que la gouverneur, Merissa l'ardente. Prévenus par missive de la visite de l'armateur, Merissa les reçut sur la terasse de ses appartements. L'on pouvait aisément voir s'étendre la mer et l'Aduram. Un observateur avisé remarquerait sans nul doute la tour de la maison forte de Port-Jasen. Une belle vue de la province, un endroit calme du royaume. Tu l'as méritée Merissa. Un observateur averti remarquerait également la légère tension planant sur le regard que se lancèrent les anciens amants. Il fallait dire que malgré les années, Mérissa restait une femme de toute beauté.

- Voilà ce que je vous proposer comme plan d'urbanisation. Il faut également prendre en compte la construction d'une muraille pouvant englober également le chantier naval. Même si à l'Ouest nous sommes moins exposés à la menace drow, il faut se préparer à toute éventualité. Concernant les travailleurs pour le chantier, je pense que nous n'aurons pas de mal à en trouver dans les bas quartier de Naelis. Ce serait le meilleur coup que nous pourrons porter à la pègre."


Ils restèrent là un moment pour discuter autour du projet. Glenn resta globalement en retrait, ne posant que quelques questions sur la porte d'Hamori, petite fortication tenue par les guetteurs sur la route des plages et qui marquait la frontière Ouest du Royaume. Le Roi était fatigué, encore sous le choc de son réveil des morts. Parfois, sa vision se troublait et il se voyait alors combattre à nouveau ces choses dans la forêt maudite. Mérissa, qui continuait de parler à Faeron tout en lui mettant de nombreux documents traitant de la région sous la main, ne put s'empêcher de sourire : Glenn venait de s'endormir.
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MessageSujet: Re: Le sens du commerce [Neo, Glenn]   Sam 30 Déc 2017 - 11:04


Faeron passa bien du temps à continuer à discuter avec le gouverneur et avec encore bien des officiels locaux. Faeron écoutait avec attention leurs remarques, leurs peurs, leurs difficultés. Il comprenait que ces personnes n’étaient pas de celles qui avait construit des infrastructures de la taille de ce que Faeron envisageait. Il gaugeait au fur et à mesure les capacités de chacun à comprendre ses problèmes et à pouvoir travailler dessus, plutôt que de simplement refuser. Au global il fut agréablement surpris, les personnes furent constructives et ne remirent pas trop en cause les plans de Faeron. Peut-être que la caution royale y était pour beaucoup, il ne doutait pas que ces hommes et ces femmes puissent être réservé à ce qu’un étranger se lance dans un pareil développement de leur ville et par conséquent dilue leur pouvoir et leur autorité sur ces lieux.

Il préférait être clair dès le départ. Il était certes aimable et à l’écoute, mais il ne souhaitait pas bercer d’illusion non plus les personnes présentes. Si l’autorité de tutelle aurait les droits de tout souverain sur ses terres au niveau du chantier naval, la propriété et surtout les opérations au jour le jour de ce dernier seraient commandées par des assesseurs de Faeron. Il ne savait pas si la propriété privée avait largement cours à Naëlis, mais il entendait bien que les choses soient claires. Ce chantier prendrait les commandes locales en priorité, et se tiendrait à tous les accords contractuels qu’il avait engagé avec la royauté. Il se plierait à la loi locale, mais il n’était pas là pour financer un chantier royal. Il était là pour financer un chantier Savarius à Naëlis.

Les plans furent rapidement décidés en termes d’aménagement général. Il fut également décidé que Faeron reviendrait ou enverrait un navire avec une première équipe d’arpenteurs et d’architectes dans le mois. Il fut également convenu qu’une personne spéciale serait nommée à la capitale pour organiser les efforts de recrutement d’ouvriers pour le chantier. Un moment de flottement fut la question de la construction de baraquements pour les ouvriers de construction. Faeron souhaitait que soit réalisé l’accord suivant : que le gouverneur local prenne à sa charge la construction et l’entretien de baraques en bois pour donner une habitation de fortune et provisoire aux constructeurs.

Faeron prendrait à sa charge l’extension d’un quartier d’habitation en maisons en dur aux côtés du chantier naval pour le millier de famille environ qui viendrait sous peu travailler dans le chantier. Il serait ainsi logé par le chantier naval, ce qui faciliterait certainement l’implantation dans la ville de ces ouvriers et permettrait à Faeron de négocier les salaires un peu plus vers le bas. Lui préférait loger et blanchir ces familles et intégrer aux frais de fonctionnement du chantier l’entretien d’un quartier de ville entier plutôt que de devoir surpayer des ouvriers pour que ces derniers aient l’argent de se construire une maison. En construisant en masse il tirerait les prix vers le bas, contenterait les ouvriers et s’amménagerait une gestion plus apaisée des coûts.

On finit sur la question du calendrier. Faeron étonna tout le monde en affirmant qu'il souhaitait que les travaux soient réalisés en moins d'un an. Il souhaitait que les travaux de terrassement et de maçonnerie soient terminés dès l'été et que les bâtiments soient construits à l'automne et en hiver. Il voulait que les ouvriers de Naëlis soient recrutés dès le printemps pour que l'été et l'iver

On se quitta sur un accord dans ces termes en fin de journée. Faeron et le roi rentraient à la capitale, le départ de l’armateur serait le lendemain.
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