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 Par une nuit calme... [Enrico]

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Faeron Savarius
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MessageSujet: Par une nuit calme... [Enrico]   Mer 30 Aoû 2017 - 18:51

Par une nuit calme...








Fin de la 4ème énnéade de Karfias 10, XI


Le vaisseau de Faeron s’était élancé avec une facilité retrouvée vers le sud. La mer était quelque peu agitée au départ de Naëlis mais les conditions atmosphériques jouaient en leur faveur. La descente vers le sud profitait d’un vent nordique glacial qui soufflait à toute vitesse vers la destination de Faeron. Ce dernier était plutôt content de lui. Une forme de calme satisfaction s’était emparée de tout son être et il passait ses journées à partager le quotidien de l’équipage. Le voyage de retour s’effectuait uniquement avec l’équipage, ses gardes, et aucun passager payant n’était venu s’ajouter. Les personnes avaient certainement eu peur, vu l’hiver difficile dont on sortait, que la mer ne soit encore trop mauvaise pour parcourir les flots. Mais autant le nord ouest de l’Olienne paraissait être très difficilement navigable, autant les côtes de l’estrevent n’étaient a priori que peu concerné par ces blizzards glaciaux dont les nouvelles étaient arrivées jusqu’à Thaar.

Faeron entretenait une bonne relation avec le capitaine et jugeait que l’équipage se comportait correctement. Une bonne discipline et un bon esprit d’équipe regroupait l’équipage. Pourtant quelque chose clochait. Faeron disposait d’une intuition assez importante lorsqu’il s’agissait de gauger les personnes et il sentait que quelque chose n’allait pas. Il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus, mais quelque chose n’allait pas. Un instrument du concert sonnait faux. Il n’arrivait pas encore à savoir lequel, mais quelque chose n’allait pas.

Il n’y avait pas prêté plus attention que cela au début, mais à l’approche du sud et alors que les chapelets d’îles proches des côtes de l’ithrivaan faisaient leur apparition, les choses devinrent plus claires. Faeron identifia un matelot en particulier, plus grognon et plus irascible que les autres que le reste de l’équipage semblait éviter. Il n’en parla pas immédiatement au capitaine. Grand mal lui en prit.



§§§§§§


Le lendemain au soir


Faeron pouvait être comparé à un chat. Il ne dormait que d’une seule oreille. Pour un homme ayant passé l’essentiel de son enfance dans les draps de soie, une telle chose ne pouvait s’expliquer que par une expérience plus récente. Et en effet les nombreuses années que Faeron avaient passé à vivre tantôt de sa vie bourgeoise tantôt  de la vie de ses exécutants des bas fonds lui servait ce jour. Quelqu’un était dans sa chambre, l’obscurité presque parfaite des lieux ne le trompait pas. Il maintint ses yeux fermés mais son cerveau travaillait à toute vitesse. Un minuscule crissement lui donna l’information qu’il recherchait : la personne se trouvait à la porte.

Il tendit ses muscles et dans un geste brutal et d’une rapidité déconcertante, il roula sur le côté et se laissa choir sur le sol pour finir en un mouvement de bras sous le lit à baldaquin qui lui servait de chambrée. Un grand bruit se fit entendre, une personne s’était précipitée sur le lit et avait frappé le lit d’un coup sans aucun doute d’épée. On tâtonnait le lit pour vérifier si le lit avait porté. Un rayon de lune réapparut au travers des carreaux et l’homme émit un grognement en constatant que Faeron n’était pas sous son épée qui avait traversé le matelas et finit figée dans le bois du sommier. Tandis que l’homme lutait avec son épée pour la sortir du bois, la lune disparut à nouveau, plongeant la pièce dans une presque complète obscurité. Faeron sortit de sa cachette avec le silence d’un serpent coulant de sa pierre. Il était nu comme un ver et n’avait pas le droit à l’erreur. Mais son instinct de prédateur s’était mis en route. Du bon côté du grand lit, il ne se montra pas et avec un silence absolu il profita d’une nouvelle ombre devant la lune pour agir.

De quelques pas très lests, digne de ses origines elfique tant ils étaient légers, il se retrouva derrière l’homme qui avait finalement réussi à sortir son épée du bois et s’était accroupis pour donner un coup d’épée sous le matelas. Avec la lenteur et la dextérité d’un oiseau de proie s’apprêtant à fondre, il s’approcha par l’arrière et avec un geste aussi calculé que méthodique, il attrapa le coup de l’homme et le crâne de ce dernier. Il bloqua l’ensemble sans aucun problème, comme un boa attrape sa proie. L’homme était bien plus costaud que lui. Mais sa force n’était pas celle d’un homme. Faeron disposait pour lui de la dextérité à utiliser chaque millimètre de muscle du vieux peuple.


«  - Tu lâches ton arme immédiatement, ou je te brise le cou… »


L’homme se débâtit un instant. Faeron plaça avec un calme presque inquiétant sa main droite sur la bouche de l’homme et cette dernière, telle la ventouse d’un pouple, elle forma une très stressante barrière empêchant la moindre petite bouffée d’air de s’écouler.


« - Nous allons jouer à un jeu… Il s’appelle : je ne mens jamais… Maintenant je vais relâcher ma main et tu ne pourras pas faire mieux que de chuchoter, n’essaye donc plus de crier. Je commence si tu veux ! Si tu dis la vérité : tu vivras. Es-tu seul ?

- Oui,
fit l’homme dans un crachotement étouffé l’homme.

Faeron serra un peu plus, un petit ‘crac’ se fit entendre. L’homme hurla de douleur mais le son se perdit contre la main de Faeron. Tout fut totalement étouffé. Il lâcha l’arme.


« -  Premier avertissement. Ceci était le cartilage. Dernière chance. Et maintenant pas de mensonge. Combien d’autres ?

- Deux… sur… navire… »


L’esprit de Faeron ne fit qu’un tour. Sur le navire ? Il se rapprocha des carreaux. Sous la pâleur de la lune il vit deux navires qui s’approchaient lentement et qui n’étaient plus qu’à quelques encablures. Le silence de mort qui régnait ne disait rien de bon.

« - Combien en tout ?

- Cinq… Ante… »


Un pour deux… La lutte serait rude.


« - Par navire… Peut être... Soixante-dix... »


''Oh oh,'' eut le temps de se dire Faeron tandis que ses poils se hérissaient par l’adrénaline commençant à couler dans son sang à grandes doses.

« - Qui est votre chef ?

- Embauché… Par… Riche… Thaari… Je n’en sais… Pas plus… C’est la vérité… Laissez m…

- Changement de règle du jeu : j’ai menti »


Un ‘CLAC’ très sec fut audible tandis que tout le poids de l’homme retomba sur le bras de Faeron. Ses jambes ne portaient plus, et pour cause, il était mort… L’alarme venait d’être donnée à l’étage sans aucun doute car une cloche sonnait. Une odeur de brulé montait. Faeron sentit une froide rage monter en lui. Il eut le temps de mettre une paire de botte et un pantalon lorsqu’il entendit des bruits de pas précipité dans le couloir. Il avait récupéré ses armes en bandoulière sur son torse nu et eu juste le temps de se jeter derrière la porte. Deux inconnus étaient entrés dans la pièce toutes armes dehors. Un poignard par nuque eut raison de leur précipitation. Il reconnut des hommes d’équipage. Faeron récupéra ses poignards et les essuya sur le matelas.  A pas de loup, il suivit le couloir. Un groupe d’homme arriva au bout. Il s’agissait de ses hommes.

« - Patron, il y a du grabuge…

- Tu penses vraiment Alyaron ? Restez avec moi. Il va falloir la jouer fine. Nous avons été trahis. »


Faeron ne savait pas quoi penser du fait qu’une personne à Thaar ait décidé de mettre fin à ses jours. Mais s’il s’en sortait, les choses allaient changer. Le responsable allait payer, même s’il fallait trouver des mois pour connaitre le responsable. Le navire fut la victime d’un choc, puis d’un autre. L’odeur de fumée devenait plus prégnante.


« - Nos assaillants viennent de s’amarrer à notre navire. Et les traitres ont dû mettre le feu aux réserves d’alcool. Le navire va sombrer sans aucun doute. Nous devons nous défendre mieux que cela. Venez… »

Faeron connaissait le navire comme sa poche. Il était à l’origine de tous ses navires. Et peut-être de ses assaillants aussi. Si cela était le cas, cela serait une belle ironie. On se battait sur le pont. Des bruits de plus en plus forts. Ils arrivèrent sur le pont pour constater que l’équipage du navire était aux prises avec les assaillants. Faeron et ses hommes se joignirent au combat. La première vague fut repoussée mais les cadavres commençaient à s’empiler sur le pont. Des flammes montaient à présent clairement de l’arrière de l’ « Etoile du Sud ». Les flammes léchaient le navire de bâbord. Sans aucun doute prendrait-il feu.

La vague avait été repoussée de justesse car l’équipage du navire de babord avait coupé les amarres pour s’éloigner du brasier et reprendre position devant la proue du navire de Faeron. Faeron était monté sur le chapiteau avec ses hommes pour mieux embrasser du regard la situation tactique. Dans le navire de tribord, un autre assaut se préparait, il pouvait voir les pirates s’assembler sous la lueur des flammes. Il nota également qu’au large un autre navire semblait vouloir rejoindre la scène. Il fallait espérer qu’il s’agissait là d’un navire allié et non d’un autre ennemi. Peut-être un navire aux compagnies Savarius ? Ils étaient nombreux à naviguer dans la région.

Pour autant il arriverait peut être trop tard. La deuxième vague commença. Plus violente que la première. Et rapidement le navire de bâbord était passé devant la proue.  L’un des deux navires était d’une classe construite dans ses chantiers sans aucun doute possible… Quelle engeance ! Se faire attaquer par des navires que l’on avait construits. Certes c’était là les risque du métier, mais tout de même…

Il rescendit du chapiteau avec ses hommes. L’équipage de Faeron diminuait à vue d’œil. Les pertes s’entassaient.


« - On se replie,
 cria Faeron à l’équipage qui le suivit à l’intérieur. A l’arrière les flammes étaient hautes et une simple porte séparait le brasier des hommes.

- Ils vont essayer de nous faire cuire dans la souricière, fit l’un des hommes d’équipage.

- Fermez là et suivez-moi. »

Faeron prit le couloir pour aller vers l’avant du navire. Ils traversèrent la cale au pas de course, remontant les cabines des passagers inexistants. La fumée était dense et l’on commençait à respirer lourdement et tousser. Ils arrivèrent dans la cale avant, là où se trouvaient les ancres et leurs chaines. La pièce n’était pas encore envahie par la fumée. Faeron attrapa un cordage et ouvrit silencieusement l’écoutille de l’ancre. Le panneau de bois donnait directement sur le navire qui s’était replacé devant l’ « Etoile du Sud ». Faeron fit un nœud dans le cordage avec un grappin de fortune fait de deux planches de bois.


« - Nous partons discrètement à l’abordage de leur navire. Ils doivent être sur notre pont en attendant qu’on ressorte, repoussés par les flammes. Surtout que personne ne fasse de bruit. Que quelqu’un fasse un deuxième cordage du même genre. »


Faeron lança le cordage et le grappin vers le pont du navire. L’ensemble arriva à bon port. Il tira sur la corde. Elle était correctement accrochée. Il enroula la corde autour de son torse, sécurisant ainsi la prise. Il se lança et arriva les pieds les premiers sur la coque du navire assaillant, amortissant l’arrivée de ses jambes. Il était face à l’écoutille d’ancre de l’autre navire. S’était parfait. Connaitre l’architecture du navire assaillant était bien pratique. Sortant son poignard de sa poche, il enfonça ce dernier dans l’interstice entre le bois de l’écoutille et celui de la coque. Il entendit un bruit de métal. Il joua de toute sa force contre la planche jusqu’à entrendre un ‘Tchac’. Il répéta l’opération de l’autre côté de l’écoutille. Au deuxième ‘tchac’ il donna un grand coup de pied dans l’écoutille qui tomba dans le navire. Par chance pour la discrétion sur un tas de chiffons. Les Dieux étaient avec lui. Décidément sur la classe ‘Ragnar’ les chambranles des écoutilles n’étaient pas le mécanisme le mieux pensé. Tant pis, ces clients-là ne viendrait de toute manière pas se plaindre à Faeron. Il entra dans le navire, personne n’était présent dans la cale. Il fit signe à ses hommes de lancer une corde. Il l’attacha solidement.

Dans un mouvement rapide et silencieux, tout le monde prit la corde et se faufila tel des singes vers l’autre navire. Le plus dur restait à faire. Ils avaient l’effet de surprise pour eux mais il fallait maintenant en profiter. Le navire étranger s’était approché à présent. Les hommes l’avaient repéré et criaient. Visiblement ce n’était pas l’un des leurs. Ouf…

Il fallait maintenant tenir. Malheureusement on cria. Un homme avait vu leur manège. Une épée jetée de toutes les forces tomba sur la corde qui se sectionna, emportant à l’eau glacée deux des hommes de Faeron. Faeron alla à l’écoutille pour voir s’il pouvait leur envoyer une corde mais un poignard se figea à deux centimètre de son visage. Il eut simplement le temps de voir les deux cadavres de ses compagnons flotter. Ils avaient dû se frapper la tête en tombant. Faeron et ses hommes remontèrent aussi vite que possible sur le pont. Un combat s’engagea. Il fut assez long pour que Faeron puisse voir que le navire potentiellement allié s’était mis en position d’abordage. Peut-être tiendraient-ils. Au moment où Faeron se disait cela tout en égorgeant un assaillant il vit le mat de son navire commencer à tomber. Le navire central coulait pour de bon. Entrainé par les cordages, le navire où se trouvait Faeron commençait à prendre de la gite. Le combat s’interrompit tandis que chacun essayait de s’accrocher à quelque chose. Les cordages lâchèrent ensuite un à un et le navire se replaca dans un bruit terrible en position stable sur l’eau, faisant sauter tous les membres d’équipage. Un des cordages ayant sauté avait frappé Faeron à l’arrière de la tête et il était maintenant étendu sur le pont, les bras en croix, l’esprit perdu dans les brumes. Il tentait de s’accrocher à la réalité et de ne pas tomber dans le coma. Sa tête bascula sans qu’il ne puisse rien y faire et il se retrouva à regarder d’un regard embué un combat dont il n’était plus le participant. De toute manière, il ne réfléchissait plus. Son esprit embrumait tenter de lutter contre la secousse que ce choc à la tête et l’épaule lui avait infligé. Il était un semi-elfe, il savait qu’il allait vite se remettre de cette blessure. Mais encore fallait-il qu’on ne l’assassine pas d’ici là.

Au fond de lui-même son instinct de survie priait pour que le vaisseau arrivé soit réellement du secours. C’était pour Faeron le dernier espoir de survie. Ce que la vie pouvait être ironique tout de même…

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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Par une nuit calme... [Enrico]   Ven 8 Sep 2017 - 9:08

La confusion avait d’abord régné à bord de l’Inferno lorsque le nid-de-pie avait confirmé l’échauffourée nocturne qui se déroulait à quelques encablures. C’était la nuit, beaucoup d’hommes s’étaient déjà endormis, et le capitaine était resté dans sa cabine. Seul Marco s’était levé pour aller remettre un peu d’ordre sur le pont, qui commençait à être noir de monde sous la lune d’argent. Marco Solomeo regardait en direction du combat, triturant l’une des pointes de sa fière moustache tombante. Il se saisit de sa lorgnette, nouvel instrument fort utile par les temps qui courent, et observa de plus près ce qu’il s’y déroulait. Trois navires. Non. Deux navires, et un condamné. C’était un abordage classique, une tactique fort peu honorable qui consistait à flanquer une embarcation par les deux bords, et finir par la couler au cours d’une flambée bien festive. Marco jura. Il n’avait pas envie qu’Enrico…

« Que se passe-t-il ici, Marco ? »

L’épéiste posa sa lorgnette sur un tonneau, la bouche crispée. Il se retourna, prêt à parler à son capitaine, lorsqu’il le vit, debout, sans sa jambe gauche, et se tenant droit grâce à une béquille, Marco resta un peu interdit. Juste assez de temps pour qu’Enrico le tance un peu.

« Quoi ? Oui, je n’ai trouvé que ça, et, oui, ça m’ennuie beaucoup. Mais que veux-tu, je ne vais pas sauter à cloche-pied pour voyager sur le pont de mon navire. »

Un marin pouffa, et reçut immédiatement une gifle à l’arrière du crâne, qui le fit se taire et se tourner vivement vers son instigateur, lui offrant son plus beau regard de tueur.

Enrico s’humecta les lèvres.

« Au rapport, Maître Marco. »

Ce dernier soupira.

« Trois navires, capitaine. Deux corsaires et une victime. Technique classique du double abordage. Un épisode fort commun sur l’Olienne, si près de Thaar... »

Enrico haussa un sourcil.

« Des corsaires, dis-tu ? As-tu vu leur drapeau ? »

Marco fit nom de la tête. Puis soudain, il comprit… Enrico sourit.

« Alors c’est peut-être un abordage illégal et non justifié par des lettres de marque, qu’en penses-tu ? »

Marco resta silencieux. Pas encore…

« Et si, mon ami. Je n’aurai de cesse de combattre ces fils de chiens, je te l’ai déjà dit cent fois. »

L’estropié se tourna vers son équipage, tonnant d’une voix forte et empreinte d’une autorité d’ascendance presque divine.

« Tout le monde à son poste ! Barre à tribord ! Maître Mendes, fourbissez les armes, et allez me chercher les arbalètes portatives. Nous donnerons du travail à Tyra, ce soir. »

Il tapota l’épaule du bosco, qui partit bien vite ouvrir la salle d’armes sous les hourras de l’équipage. Les sourdards d’Enrico aimaient trois choses dans la vie : boire, manger et se battre. Or, cela faisait déjà deux jours que les rations d’alcool étaient parties, et les réserves de nourriture allaient en diminuant. Un bon combat ne pouvait que leur réussir. Enrico fit s’activer le quartier-maître, pour qu’il aille lui-même titiller les marins. L’équipage entier se mit en branle, alors que la puissante coque de l’Inferno fendait la mer en tournant légèrement tribord.

Enrico avait déjà prévu son plan. Ils allaient se déporter sur le navire de droite, et l’aborder pour le nettoyer de ceux qui restaient pour le garder. Ensuite, ils useraient des châteaux qu’il commençait à discerner sur le navire de tribord pour placer quelques arbalétriers, et faire pleuvoir la mort sur l’équipage adverse. Il comptait également sur la fierté du capitaine ennemi, qui essayerait sans doute de reprendre son navire si honteusement perdu. S’il se montrait raisonnable, il y avait encore d’autres façons de le faire plier…

Le bateau d’Enrico se rapprochait de la scène de bataille. Il pouvait entendre les bruits de fer et de chair, les cris et les hurlements, à mesure que les flammes léchaient l’arrière du navire attaqué. Il fallait faire vite…




L’abordage se déroula sans grands accrocs. Apparemment, les cordages avaient sauté, et plusieurs hommes gisaient par terre, certains assommés, d’autres peinant à se relever. Les gardiens du navire tribord encore debout furent décontenancés lorsqu’ils virent une vingtaine d’hommes en lourdes capes noires dégainer une petite merveille de technologie, pour les fumer de quelques tirs bien placés. Leurs minuscules arbalètes étaient en bois sombre, et seuls leurs carreaux avaient un instant brillé dans la nuit. La plupart des marins adverses étaient tombés face à ces armes déloyales. Le reste avait été taillé en pièce lorsque ces mêmes hommes avaient pris le bastingage du navire, et s’étaient aventurés sur le pont pour le sécuriser.

Kamazor le Thaari, l’un des compagnons d’Enrico, s’occupait de trancher les gorges des marins assommés, pendant que les autres tiraient les flibustiers du navire central comme des lapins, ou allaient saborder le gouvernail. Le Thaari, armé de son étrange couteau incurvé, aurait bien aimé scalper chaque homme à terre qu’il croisait. Malheureusement, cela aurait été difficilement justifiable auprès de son employeur… Cependant, quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu’en se penchant vers Faeron, il l’observa d’un regard étonné, avant d’avoir un mouvement de recul. Marco Solomeo, et Enrico di Montecale, qui s’avançaient à présent sur le navire qu’ils venaient de conquérir, regardèrent Kamazor essuyer son couteau en fronçant les sourcils.

« Un problème, Kama ? »

Le soudard acquiesça.

« J’le connais, lui, capitaine… Je l’ai déjà vu quelque part, mais j’saurais pas dire où... »

Enrico di Montecale, qui observait le carnage un peu plus loin, ne fit d’abord pas attention à l’homme que son sbire semblait vouloir épargner. Puis, il s’avança vers lui, et le regarda. Il n’avait pas l’air dans son assiette. Enrico renifla deux fois, puis claqua de la langue. Il regarda Kamazor.

« Bon, si c’est un camarade, ramène-le sur le pont. »

Kamazor secoua la tête.

« J’crois pas que ça soit un camarade, capitaine. Plutôt un type important. »

Enrico agita la main distraitement.

« Alors ramène-le quand même sur le pont ! »

Kamazor acquiesça, puis se saisit du semi-elfe presque inconscient, qu’il emmena par-dessus le bastingage, puis fut aidé par les membres de l’équipage restés sur le navire. Soudain, un homme sur le château conquis du navire pirate se tourna vers Marco et Enrico.

« Ils ont apporté des arbalètes, ils vont répliquer ! »

Enrico acquiesça sobrement, mais attendait toujours que son petit commando revienne de la petite surprise qu’il avait concocté pour l’ennemi. Son regard se porta sur le côté. Il put voir une barque, avec à son bord trois hommes, qui brandissaient fièrement vers lui des pièces importantes d’un gouvernail. Enrico sourit, triomphant. Le plan se déroulait comme prévu… Il se tourna vers les arbalétriers sur le gaillard d’avant.

« Maintenez un tir suppressif, pour couvrir notre retraite. »

Puis, il ordonna aux autres soudards de se replier vers leur navire, pendant que le canot et les trois hommes qui revenaient de la gauche étaient remontés sur le navire. L’équipage était prêt à faire repartir le navire dès que possible, afin de continuer vers Thaar. Enrico fut le dernier à revenir sur le navire, outre les arbalétriers qui commençaient eux aussi à subir des tirs. Galbo della Tora s’effondra en arrière, un carreau lui transperçant la gorge de part en part, figeant son expression mortuaire en un rictus de surprise. Baldini, quant à lui, en reçut un en plein jarret, et c’est à cloche-pied qu’il revint vers le bastingage, et se saisit de la corde lui permettant de revenir sur le navire. Une fois toute l’équipe plus ou moins sauvée, les marins se saisirent de leurs perches, et s’y mirent à plusieurs pour repousser le navire vers le côté, afin qu’ils puissent repartir. L’opération prit assez de temps pour que les flibustiers traversent le navire central en train de couler, et se positionnent sur l’autre navire, certains pour tirer. Deux marins furent tués, et les autres coururent se réfugier derrière des tonneaux et dans la cale. Les soudards répliquèrent, pour couvrir leurs camarades allant se saisir des blessés. Enrico regarda alors doucement les trois navires disparaître peu à peu, et les cris des marins adverses, qui venaient de comprendre qu’ils avaient été dupés. Car pendant le feu de la bataille, censé détourner l’attention des vils pirates, une petite troupe s’était rendue en canot à la poupe du navire, pour y saborder le gouvernail. Rusé comme un renard, Enrico avait encore une fois gagné…

« Félicitations, messieurs. Belle performance, vous avez tous mérité un bon verre de rhum. »

Les marins et les soudards lancèrent ensemble des hourras, tandis que Marco se rendait d’un pas léger dans la cale avec deux mousses, afin de sortir un peu de ce bon alcool de canne. L’heure était à présent au relâchement, et à une petite fête avant d’aller se coucher, pendant que le navire filait dans l’obscurité, cap sur Thaar. Cependant, Enrico se rappela d’un détail...

Il se tourna vers le fameux personnage que Kamazor avait assis sur un caisson. Toujours armé de sa béquille, il marcha jusqu’à lui, et se plaça dans son champ de vision, avant de faire une sommaire révérence.

« Mon ami dit que vous êtes quelqu’un d’important, et s’il ne vous a pas tranché la gorge, cela veut dire qu’en plus de cela, vous n’êtes pas un de ces forbans d’écumeurs. Aussi, pourrais-je connaître le nom de l’homme dont je viens de sauver la vie ? »

Peut-être un petit marchand fortuné de la Grande Cité ? Le ramener à sa famille lui rapporterait une petite somme d’argent dont il se servirait pour équiper son navire, afin de ne pas trop taper dans les frais de la Compagnie Montecale et la Compagnie Aragoste, encore jeunes.

Kamazor, lui, commençait doucement à se rappeler où il avait vu cette bobine-là, et devint soudain blanc comme un linge, ce malgré son teint bronzé, et l’obscurité de la nuit, tranchée par la lumière des lampes...
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Par une nuit calme... [Enrico]   Mar 12 Sep 2017 - 22:14

Faeron n’était pas dans son état normal. Et il le savait. La blessure qu’il avait encaissée au crâne lui avait fait perdre les sens. Son esprit n’était pas non plus d’une clarté absolue, mais il arrivait à avoir une sorte de fil rationnel de conscience. On ne pouvait pas parler réellement d’un résonnement, plutôt de ce genre de pensées rationnelles semi-conscientes que l’on a proche du réveil ou de l’endormissement. Dans sa déchéance il était fier d’avoir passé par le fil de sa lame entre cinq et six de ses assaillants. Au moins s’il devait mourir le serait-il avait la satisfaction d’avoir gagné ses batailles et d’être mort en raison du hasard.

Au-dessus de lui la voute céleste était devenue floue. Les étoiles bougeaient au gré du tangage du navire et se brouillaient tant les yeux de Faeron ne parvenaient plus à mettre au point. Cette absolue noirceur constellée de traces blanchâtre aurait pu être la dernière chose qu’il emporterait de cette terre. Après tout ce n’était pas si mal. Les étoiles étaient ses alliées, ses amies, ses confidentes… Sa fortune était basée sur la navigation et son propre palais était construit de manière à augmenter la surface de jardins. Comme il en avait fait la démonstration quelques ennéades plus tôt en partageant un moment de contemplation nocturne avec un étranger, il trouvait un réconfort dans l’indéchiffrable mystère de la voute céleste.

Mais un intrus vint déranger son macabre spectacle. L’ombre d’un homme se penchant sur son corps inanimé emplis le regard brouillé de l’armateur. L’on ne pouvait pas être tranquille même dans l’agonie ? Ce que le monde pouvait être cruel.

Mais peut-être son heure n’était-elle pas venue. Car plutôt que de finir de se brouiller dans la noirceur de la nuit, les images que renvoyait la vision de Faeron semblaient reprendre de la netteté. A tel point qu’il arriva presque à forcer ses yeux à suivre l’ombre qui s’était éloignée dans un mouvement de recul. Cette impulsion des yeux relevait autant du réflexe que de l’acte réfléchi. Ses oreilles ne donnaient plus signe de vie et il n’entendit absolument rien des discussions d’Enrico et de son sbire.

En revanche son corps se rappela instantanément à lui alors qu’il sentait une poigne énergique se saisir de lui et le porter. Il ne comprit pas bien la scène. D’autant que ce transport sur le dos d’un marin eut pour effet absolument immédiat de ramener l’esprit de Faeron à une toute autre réalité… Car jusqu’à présent la torpeur qui s’était abattue sur lui avait atténuée totalement la douleur. Et d’une seconde à l’autre son corps endolori lui rappela son bon souvenir. Et quel souvenir c’était… S’il avait eu plus de moyen Faeron aurait certainement vomi de douleur tant le haut le cœur qui lui retomba dessus fut important.

On l’assit contre une structure en bois. Mais cette dernière aurait pu être faite d’oursins. L’esprit de Faeron lui indiquait que sa jambe gauche et son bras droit faisaient un mal de chien. L’arrière de la tête de Faeron semblait ne plus être que douleur. Il devait certainement avoir fêlé son crâne. Il sentit un tremblement parcourir son bras gauche tandis qu’il reprenait pleinement conscience de son état. Il ne comprenait pas totalement ce qui s’était passé. Mais il n’était pas mort. Son corps aux origines elfiques répareraient les blessures si elles n’étaient pas mortelles. De cela il avait la certitude. Mais en revanche il ne pouvait pour le moment s’assurer avec clarté de la mortalité de ses blessures.

Plus grave il ne savait ni où il était, ni qui avait à présent la maitrise de sa destinée. Il n’avait absolument pas la force physique ou la capacité mentale d’envisager de se battre pour le moment. Mais il n’avait pas dit son dernier mot, cela au moins était à peu près clair. S’il avait été fait prisonnier par une autre faction de pirate ou s’il avait été secouru par un navire marchand ou militaire, tout cela restait un mystère, mais dans tous les cas la roue de la destinée tournait toujours, et il comptait bien qu’elle s’arrête à nouveau pour lui face à la bonne case.

Les maux divers qui assaillaient son esprit empêchaient totalement sa réflexion de s’établir correctement. Les choses allaient donc être quelque peu compliquées dans les heures à venir. Le fait qu’il avait été épargné semblait dire que soit il était un survivant de son navire – peut être le seul – soit qu’on avait compris qu’il avait une valeur plus importante que les autres.

Faeron mit quelques secondes à comprendre la silhouette qui avait décidé de lui faire face. Il s’agissait d’un boiteux visiblement à l’aise sur le navire et avec l’équipage. Certainement le chef du navire de sauvetage vu que les quelques autres personnes qui se trouvaient dans son champ de vision encore flou semblaient le regarder avec respect. Faeron comprit un peu tardivement qu’on lui parlait. Comme un homme qui aurait oublié d’ouvrir une fenêtre pour comprendre ce qui se disait derrière, Faeron prit conscience qu’il fallait écouter…

L’ouïe lui revint ainsi, mais également plus étrangement la mémoire de ce que l’homme venait de lui dire. Il lui fallut un peu de temps pour comprendre la question et envisager de répondre. Dans un mouvement qui se voulait naturel et devant lui permettre de mieux prendre son souffle, Faeron posa son bras droit contre le sol pour s’appuyer sur sa main et se redresser quelque peu. Mal lui en prit car à peine mettait-il un soupçon de pression sur le membre que ce dernier se défaussa sous lui. Il avait oublié qu’il était vraisemblablement cassé. Faeron ne cria pas et lâcha contre son gré un tout petit gémissement qu’il étouffa instantanément avec courage. Il garda l’insoutenable douleur en lui. Il se contenta d’un souffle particulièrement lourd et de nombreuses gouttelettes de sueurs couronnèrent immédiatement son front tandis que la douleur rayonnait dans tout son corps, ajoutant à son mal être.

C’est dans un halètement et au travers de ses dents serrées par la douleur qu’il prononça :


« - Faeron… »

Déglutissant avec difficulté, il ajouta au prix d’un effort qui aurait impressionné n’importe quelle personne comprenant l’étendue de ses blessures internes :


« - Faeron... Savarius… »


Il fit un rictus se voulant être un sourire :


« - Merci… Pour toute … à l’heure…»


Faeron n’arriva pas à poursuivre la conversation plus avant. Il dut déglutir à nouveau avec difficulté. Il fit bouger son bras gauche. Ce dernier semblait capable de bouger correctement. Il posa sa main gauche par terre et se redressa avec l’aide de cette dernière, se replaçant contre le caisson. Avec lenteur et les dents toujours serrés, il attrapa son bras droit et le posa contre son torse nu pour pouvoir l’inspecter. Le bras faisait à mi-chemin un angle qui était loin d’être naturel. Cela lui rappelait la fois dans sa jeunesse ou il était mal tombé du troisième étage d’un immeuble dont il faisait l’ascension. L’image de ses parents lui revint à l’esprit, mais pour une fraction de secondes seulement. Dans la pénombre il avait du mal à correctement voir la blessure de sa jambe. Il espérait surtout qu’elle ne présentait pas de fracture ouverte mais la douleur semblait s’estomper et il ne sentait pas de sang couler contre sa jambe.

Plus généralement la douleur au bras et à la tête semblait plus forte qu’à la jambe. C’était sûrement bon signe… Sûrement s’agissait-il d’un coup de lame qui était rentrée pour sortir. Le muscle devait avoir un peu pris. Mais là aussi il se remettrait. Le sang elfique n’était pas symbole d’invincibilité, mais dans le cas de la survie, il mettait toutes les chances du côté de Faeron. La mémoire lui revenait petit à petit.


Il serait plus à l’aise pour faire causette avec l’homme s’il pouvait immobiliser son bras. De toute manière son nom avait été lâché et quelqu’un dans l’équipage l’informerait de qui il était sans aucun doute. Le nom de Savarius ne pouvait être inconnu à tout un équipage de marin. Qu’on décide d’en faire un otage ou un prisonnier ou qu’on le sauve, peu importait, au moins il serait plus probablement épargné que le premier venu. Et tandis qu’on consulterait l’homme d’équipage le connaissant de réputation, au moins trouverait-il le temps de stabiliser ses blessures et la douleur qui allait avec. Une tige de bois et du chiffon trainait à portée de main de Faeron, et tandis que Kamazor devait expliquer au capitaine du navire d’où sortait Faeron se dernier plaça la tige de bois le long de son bras et entreprit de commencer à nouer le chiffon à la tige, se forgeant de facto une attelle, sous les yeux assez impressionné d’un certain nombre de membres d’équipage. La douleur était assez insoutenable. Et c’était un Faeron suant à grosses gouttes qui termina son œuvre dans un soupir angoissé. Il laissa retomber son bras endoloris sur sa poitrine.


« - Capitaine… A qui ai-je… Ai-je… L’honneur… »
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Enrico di Montecale
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MessageSujet: Re: Par une nuit calme... [Enrico]   Mar 10 Oct 2017 - 11:00

Le nom du miraculé fit courir un long murmure au sein de tout l’équipage, alors même que Kamazor le Thaari levait un doigt en ouvrant la bouche, se rappelant soudainement où, et quand il l’avait vu exactement. Marco Solomeo, quant à lui, n’avait jamais vu cette bobine-là, et n’avait jamais entendu parler d’un quelconque semi-elfe se nommant ainsi. En revanche, Enrico, en avait entendu parler. En tant que marin, et ayant fait escale dans de nombreux ports orientaux, il connaissait fort bien cet armateur de renom, qui osait concurrencer les plus brillants constructeurs ydrilotes. Il sourit en entendant cela… Peut-être était-ce la divine providence qui avait placé un tel personnage sur sa route ?

Il frappa de sa béquille sur les planches, et tourna sa tête vers deux marins proches.

« Vous ! Amenez le chirurgien de bord dans ma cabine ! Et transportez messire Savarius à l’intérieur, sur mon lit. Je ne veux pas être dérangé outre-mesure, aussi je laisse le commandement au second. »

Les deux hommes prirent précautionneusement le semi-elfe blessé, afin de l’amener dans la cabine du capitaine avec toute la diligence nécessaire à éviter la colère du Démon à Jambe de Bois. Les escaliers furent sans doute une torture pour Faeron, mais ils étaient nécessaires pour qu’il puisse reposer sur un lit moelleux, et sur des coussins de plumes d’oie. Ils pénétrèrent rapidement dans les appartements d’Enrico, dont l’aspect spartiate notait une préférence pour la sobriété et la fonctionnalité, que pour le strasse et les paillettes qui caractérisaient la plupart des amiraux suderons.

Les marins posèrent délicatement Faeron Savarius sur le lit du capitaine, avant de vite aller chercher le chirurgien, Bertrand La Guindre. En attendant, et afin de faire à la fois plus ample connaissance, le capitaine à la jambe manquante se rendit du côté de l’armoire à alcool, où il entreposait une flasque de rhum au goût subtil, production de la Compagnie des rhums Montecale. Il attrapa deux godets, qu’il remplit sans pingrerie, avant de se rendre compte qu’il ne pourrait et se déplacer, et transporter les deux godets en même temps. Il sourit, et préféra alors traverser la pièce en deux fois, la première pour aller donner son rhum à Savarius, et la seconde pour aller chercher le sien, et se rapprocher du lit afin de converser avec l’hybride.

« Enrico di Montecale. Anciennement, baron de Nelen, ou amiral de Langehack… A présent, vous pouvez m’appeler capitaine. Vous êtes à bord de l’Inferno, messire Savarius, qui fait voile vers Thaar et, comme j’ai cru le comprendre, votre foyer. »

Il leva son verre en l’air, avant d’en boire une petite lampée. Si ce rhum ambré aurait gagné plus à être vieilli un poil plus longtemps, il n’en restait pas moins délicieux. Enrico reprit alors :

« C’est sans doute Tyra elle-même qui m’a placé sur le chemin de votre embarcation en détresse. Je n’ai jamais cru aux coïncidences. Pas plus lorsque c’est sur la route d’un concepteur de navires aussi brillant et renommé, que me conduit la déesse des eaux. »

Il sourit. Juste à ce moment, la porte s’ouvrit en trombe, laissant passer un petit homme chauve aux bésicles proéminentes. Son regard se porta sur le blessé, et il fronça les sourcils.

« Capitaine, vous lui avez déjà fait une attelle ? »

Enrico haussa les épaules.

« Non, monsieur La Guindre. Messire Savarius s’est confectionné une attelle lui-même. »

Le chirurgien haussa ses broussailleux sourcils.

« Ho... »
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Par une nuit calme... [Enrico]   Dim 22 Oct 2017 - 15:47

Il avait préféré être honnête. Après tout il ne savait pas où il était tombé… De toute manière sa situation était d’ores et déjà périlleuse et s’il était tombé sur une bande de pirates, peut-être trouveraient-ils dans la fortune de Faeron un intérêt qui les pousseraient à ne pas lui trancher la gorge dans les quinze prochaines minutes. Mais les choses ne semblaient pas être si sombres, au contraire les choses semblaient aller dans le bon sens et l’on amena l’homme jusqu’à la cabine du capitaine.

Il ne demandait pas autant d’honneur. Le premier hamac venu aurait été suffisant, ou une paillasse où placer ses membres endoloris. On souleva le semi elfe avec une mesure inattendue. Il s’était attendu à un traitement moins agréable. Les corridors du navire ressemblaient à ceux de n’importe quel autre navire de cette taille et sans aucun doute il était bien entretenu. Faeron, un habitué des navires et des chantiers navals sentait une odeur de savon noir bien caractéristique de boiseries bien entretenues par les mousses du navire. Il sentait aussi que la cire avait été d’usage à une époque mais pas récemment. Ses sens olfactifs étaient les seuls à être pleinement utilisable, sa vue s’était embuée sous l’effet de la douleur qui lui sciait ses membres brisés. Il s’avait d’expérience que d’ici à quelques jours il serait à nouveau d’aplomb, son ascendance elfique lui donnait au moins cet avantage. Mais entretemps le processus serait extrêmement douloureux.  

La cabine du capitaine était plongée dans une semi obscurité, de fait la nuit extérieure et le simple fait que l’on ne laissait pas de feux ouverts dans un navire surtout lors d’une bataille étaient des explications suffisantes à ce manque de lumière. Plusieurs lanternes furent rapidement allumées et il put constater qu’on le versait doucement dans un lit simple mais confortable. Il vit le capitaine boiteux repartir vers une armoire de laquelle il tira de l’alcool. Faeron ne savait pas comment remercier cette initiative.

Il vit l’homme chercher l’alcool qui lui était réservé puis vit également que ce dernier allait chercher son propre verre. Il s’assit sur le rebord de son lit où Faeron était lui-même dans une position entre assit et couché. Il apprit que l’homme était Enrico de Montecale. Faeron connaissait et le nom et l’histoire de ce personnage. Tout ce qui se passait sur l’Olienne et l’Eris l’intéressait, et il était d’autant plus intéressé qu’il s’agissait de marin. On devait toujours connaitre sa potentielle concurrence – ou ses potentiels alliés.

L’histoire du baron l’avait d’autant plus frappé qu’il s’agissait sans nul doute d’un de ses marins dont le destin était de ceux dont on tissait les histoires. L’ancien amiral de Langehack aurait pu être une personne dont l’activité aurait pu être favorable ou défavorable aux affaires maritimes qu’il opérait. Mais au final rien de tout cela… Les ambitions de Langehack avaient été celles plus générales de la Péninsule. Une histoire d’une décadence où les personnes pouvant faire la différence se retrouvaient écrasées par l’incompétence des grands dont la propension à la trahison et à des petites guerres inutiles étaient devenue légendaire. Il était amusant de constater que Thaar pouvaient peut-être selon certains aspects rivaliser en moralité et en mérite dans la montée en puissance de ses protagonistes.

C’est avec un petit sourire à cette pensée que Faeron leva son verre à l’homme qui venait de lui sauver la vie. La chaleur du rhum descendant dans sa gorge lui fit du bien mais également du mal. Les fumées qu’il avait respirées avait irrité sa gorge et sans aucun doute l’alcool devait-il écorcher ses plaies ouvertes. Mais l’un dans l’autre cet alcool venait de loin et il en avait grand besoin. Le capitaine n’avait pas tort de dire que Tyra elle-même devait avoir placé les deux hommes sur leurs chemins respectifs.

On lui faisait un compliment sur ses chantiers navals lorsque la porte s’ouvrit en trombe. Il regarda l’homme qui venait de faire irruption. Le chirurgien sans aucun doute. Il fut un peu déçu de constater que Faeron s’était occupé lui-même de ses problèmes. Il était un solitaire et un dur. Pour un nantis de Thaar, il se débrouillait – à son avis – plutôt bien.

Faeron dévisagea le capitaine lorsque le chirurgien fut reparti.

« - Je vous connais messire di Montecale. Je connais vos compagnies, je connais votre histoire dans ses grandes lignes. Si vous me trouvez brillant, votre réputation l’est plus encore… J’ai été navré d’apprendre votre… Disgrâce… »

Faeron but une autre lampée de son verre.


« - Les Dieux ne sont pas toujours cléments. Mais ce soir ils m’ont mis sur votre route et vous la mienne… Ils me donnent l’opportunité de me venger de cette trahison que je viens de subir… Et vous messire di Montecale, ils vous font rencontrer une personne qui est loin d’être ingrate. Je ne suis peut-être pas le moins moral des individus de ce continent, mais je ne dois pas être très mal classé. Si je ne fais pas de cadeau qui ne soit intéressé, je suis quelqu’un d’honnête et qui paie ses dettes. Et celle que vous venez d’inscrire est la plus grande de toute. Je pense M. di Montecale que vous devez être le seul, en dehors de certains de mes employés, à qui je dois la vie. Ramenez-moi à Thaar M. di Montecale, et ce que vous voudrez, je trouverai le moyen de vous le donner… A commencer, si vous le souhaitez, par la meilleure prothèse que Thaar saura vous fournir… »

Il eut un sourire.


« - Et qui sait… Même les gens de notre trempe sont autorisés à appeler d’autre personnes ‘amis’… Cette expérience trouvera peut-être le moyen de nous connaitre et de nous apprécier. Je suis toujours à la recherche de nouveau talents… Je connais votre histoire, et je ne souhaite pas vous forcer la main, mais sachez que mes compagnies sont toujours à la recherche de capitaine ou d’amiraux… Je ne resterai pas un ‘simple’ armateur longtemps. Je ne me cache pas de viser bien plus haut. Et Thaar n’a jamais eu de prince intéressé autant que moi par la mer. Si je deviens prince marchand, trouver de bons amiraux sera un de mes premiers soucis… Vous connaissez la qualité de mes navires, et vous connaissez l’étendue des richesses de Thaar. Les moyens dont vous disposiez à Langehack seront un hors d’œuvre en comparaison… Pensez-y… »


Faeron récupérait vite aurait pu se dire le capitaine. Sans aucun doute le semi elfe n’était pas un entrepreneur pour rien… Effectivement il entreprenait.
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MessageSujet: Re: Par une nuit calme... [Enrico]   Dim 29 Oct 2017 - 11:17


Une nouvelle prothèse semblait un bon début. Depuis l’incident de Merval, Enrico sentait son aisselle le lancer de devoir tout le temps marcher avec sa béquille. Un homme aussi actif que lui souffrait de devoir clopiner çà et là, affublé d’un grand bâton de bois soulignant la honte de sa perte. Qui plus est, il n’avait plus de compartiment secret pour cacher son rhum !

Ce qui lui donna le vertige, en revanche, furent les autres propositions de Faeron Savarius. Il avait effectivement secouru l’un des grands pontes de Thaar, et un armateur de renom. Pendant un instant, il s’imagina à la tête d’une immense flotte de navires, fonçant vers le Couchant en brûlant la côte scylléenne. Une armada de vaisseaux dernier cri, aux équipages de matelots vétérans, et de mercenaires surentraînés. Tout marin dans le monde baisserait les yeux devant son fier pavillon, et chaque brigand, chaque pirate, craindrait de murmurer son nom, de peur qu’il n’apparaisse au détour d’un infâme récif.

Tout cela, il pouvait le réclamer d’un simple signe de tête, d’un seul mot. C’est d’ailleurs ce qu’il s’apprêtait à faire, devant toute ces possibilités qui lui étaient données ! Mais voilà… C’était bien cela le problème. Elles lui étaient données. Or, depuis son réveil, depuis qu’il était revenu d’entre les morts, il n’avait plus envie que d’une chose ; prendre. De ses propres mains.

Il sourit alors à Faeron, et avala une gorgée de rhum afin de lui donner le courage de dire ces phrases.

« Je crois que de ma vie, je n’ai jamais pu entendre une si alléchante proposition. C’est un peu comme la concrétisation des rêves de feu Enrico di Montecale. Si j’avais été plus jeune, même, si je ne m’étais pas rendu à Merval il y a quelques temps, je vous aurais tout de suite mangé dans la main. »

Le capitaine reprit encore un peu de rhum.

« Mais pour la première fois depuis ma naissance, je peux choisir librement mon destin. Nul suzerain ne se tient au-dessus de moi, et je mène mon navire là où bon me semble. Je m’étais entravé aux destins éphémères d’hommes plus grands, qui m’apportèrent autant de prestige que de disgrâce. Je n’ai jamais vraiment eu le Choix, en fin de compte. »

Il rit doucement.

« Si vous avez entendu parler de moi, peut-être avez-vous entendu la rumeur de ma mort ? A dire vrai, je le suis bel et bien, Maître Faeron. La Péninsule entière le croit, ma famille le croit… Vous êtes le seul, avec mon équipage, qui me sache en vie. Ou le suis-je vraiment ? Car à côté de vous se tient un homme libéré de ses chaînes. Un homme nouveau. »

Enrico reposa son verre sur l’un des rebords en bois près de lui, puis tourna à nouveau son visage vers le semi-elfe.

« Mon destin doit m’amener dans le Grand Sud. Là-bas, je sais que je trouverai ce que je cherche désespérément, et que je n’ai jamais trouvé. Vers l’éternel midi, telle est ma destination… Cependant, pour ce faire, j’aurais besoin de deux trois bricoles. Alors, si je ne peux devenir votre associé, peut-être ai-je une autre proposition à vous faire, Maître. »

Son sourire agrandissait ses lippes, tandis que dans ses yeux grandissait la lueur des flammes de son inexorable fortune.
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Faeron Savarius
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MessageSujet: Re: Par une nuit calme... [Enrico]   Lun 30 Oct 2017 - 23:06


Les deux hommes n’avaient pas grand chose d’autre en commun que leur goût prononcé pour la mer et les navires. Mais finalement cela suffisait… Faeron aimait la mer et aimait le bois des navires. Il n’était peut-être pas fin marin mais il était fin armateur et fin concepteur de ces merveilles flottante. Il était un homme qui faisait de l’argent du bois sous toutes ces formes, mais surtout sous ses formes flottantes… L’usure s’était ajouté par le simple fait qu’il aimait les chiffres et qu’il avait une mentalité de ceux aimant le risque calculé.

Mais l’homme lui parlait de quelque chose d’autre, de quelque chose de plus simple… Et de plus viscéral aussi… Il lui parlait de liberté…

Cela Faeron le comprenait bien. La trajectoire de feu ses parents et surtout de son père était finalement celle de la recherche de la Liberté la plus absolue. L’histoire du père de Faeron n’était connue que de lui seul, et ce lourd secret expliquait sans aucun doute la psyché dans laquelle il avait été élevée.

Lui n’avait jamais connu que la course effrénée pour devenir un grand. Lui avait rebondi de chacun de ses échecs pour agrandir un peu plus son tas d’or. Un navire chavirait perdant une cargaison hors de prix ? On créerait un système de division des risques entre plusieurs navire et on vendrait le système au reste des armateurs de l’Olienne. Les chantiers navals n’avaient plus de commande ? On utiliserait ces mains pour construire des entrepôts. Moins de demande pour transiter des marchandises sur l’Olienne ? On ferait des passagers…

Cette course l’avait amené aux portes du Joyaux. Il les enfonçerait sous peu. Mais il était vrai qu’il avait toujours vécu sa vie avec l’objectif que lui avait donné ses parents. Lui même qui vivait sa vie en donnant l’impression d’une totale liberté n’était pas libre. Lui aussi avait un maitre : c’était son héritage. Il était là pour gagner la revanche sur la vie de son père. Et en acceptant tacitement cette mission il avait également accepté de prendre la responsabilité des milliers de gens qui travaillaient pour ses propriétés. Des milliers de familles comptaient sur sa dextérité pour avoir leur pain du soir.

Le rire du capitaine le ramena de ses pensées sur le Choix et sur la liberté.

Faeron n’avait pas encore eu vent de la mort mise en scène par cet homme providentiel. Mais avec son départ pour Naëlis son courrier n’était pas à jour,ni ses rapports. L’information devait l’attendre sur la pile importante de documents que ses secrétaires avaient sans nul doute accumulés et correctement rangés sur ses trois bureaux. Une information de cette importance devait sans nul doute se trouver sur la pile de son bureau privé.

L’armateur aimait être informé, et par sa profession il disposait d’associés dans presque tous les ports de Miradelphia, et si ce n’était des associés, au moins des contacts presque partout. Il fallait dire qu’être armateur avait ses avantages et ses inconvénients, mais sans nul doute le fait d’être au carrefour des passages de marchandises et des personnes était une position privilégiée pour sentir la température du commerce, de l’économie et pour prendre connaissance des nouvelles du continent.

Cela était d’autant plus vrai dans le cas de M. di Montecale que ce dernier disposait d’une certaine aura dans la profession. Et au delà de cela, Faeron gardait un oeil attentif sur tous ceux qui auraient pu devenir un poid pour son organisation. L’archipel de Nelen était le point d’entrée maritime de l’Ithri’Vaan et de fait di Montecale aurait pu devenir un ennemi très ennuyeux pour les organisation Savarius s’il s’était mis en tête de mettre son nez dans le traffic commercial Olien vers Thaar.

Mais les hasards de l’Histoire faisaient que Nelen était redevenu le cadet des priorités pour la Couronne, que l’archipel n’était à présent plus géré que par une bande de petits aristocrates sans envergures et sans aucune connaissance profonde du milieu maritime. Aucun amiral, aucun grand marin de guerre à Nelen. Si cela faisait le malheur d’Enrico di Montecale, cela arrangeait bien les affaires de Faeron.

Aux dernières nouvelles Faeron savait que ce dernier était retourné sur le continent, depuis il en avait perdu la trace avec sa déchéance. Ce qui était certain était que le Langehack avait lui aussi la vie dure et que le grand amiral choisi par le conseil de Sa Majesté était sudiste, ce qui n’avait rien d’étonnant. Mais Ydril et Soltariel étaient bien plus loin que Nelen… Cela serait plus gérable. D’autant qu’il avait toute confiance dans les péninsulaires pour continuer à être le principal moteur de leur propre déchéance.

Non vraiment, le commerce maritime Thaari n’était pas en risque immédiat de déclin. Si une personne aurait pu en devenir la cause pourtant, c’était l’unijambiste qui lui faisait face.

Ce que le destin était ironique…

Faeron était absolument honnête dans ses propositions. Lui n’était pas aussi idiot que ceux de Péninsule qui avait pu rejeter et humilier l’homme. Comment ce dernier avait pu perdre sa jambe de bois, cela restait un mystère dont Faeron se doutait qu’il ne devait pas être reluisant. Décidément la Péninsule était une terre d’opportunité sans fin. Sa pauvreté auto-infligée, ses inégalités de production liées à des décennies de politiques erratiques et ses intrigues permanentes étaient le parfait incubateur d’un besoin de commerce permanent par des sources extérieures. Et voilà qu’elle jetait encore un personnage aux immenses capacités par dessus bord…

Pour autant l’homme ne cherchait plus une revanche sur la vie. Visiblement son passé l’avait grignoté et recraché au point qu’il ne souhaitait plus réellement prendre le large pour un inconnu ou pour un puissant. Faeron écouta sans rien dévoiler les aveux de cet homme qu’il ne connaissait que par les échos lointains de la rumeur et des informations collectées.

Faeron secoua la tête lentement pour avertir l’homme qu’il n’était pas au courant de sa ‘mort’. Secrètement Faeron se demanda si le fait que ce dernier souhaite conserver son réel destin secret le mettait en danger. L’homme voudrait-il tuer le témoin de sa survie ? Il jugea que cela ne serait certainement pas le cas. Pourquoi se serait-il donné le mal de le sauver autrement ?

L’homme voulait partir dans le Grand-sud… Faeron respectait sa décision. Il n’allait pas insulter la descence du capitaine en insistant sur sa proposition.

Ses blessures firent un petit retour à son bon souvenir. Il serra un peu les dents en étouffant dans sa gorge le moindre gémissement. Il se contenta de souffler fortement.


“- Votre secret est en sécurité avec moi. Arrivés à Thaar je mettrai à votre disposition tout ce dont vous pourriez avoir besoin…”


Il termina son verre et le rendit au capitaine.

“- Merci pour ce verre, c’était là une délivrance… J’écoute votre proposition capitaine…”
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MessageSujet: Re: Par une nuit calme... [Enrico]   Ven 10 Nov 2017 - 9:16


Enrico se releva du lit en s’appuyant sur sa longue béquille. Son regard se tourna inexorablement vers une pile de cartes et de documents sur son bureau bien rangé. D’un pas nonchalant, si tant est qu’il fut possible de le faire sur un pied, il se dirigea vers cette colonne de paperasse sur lesquelles figuraient aussi bien des rapports que des cartes. Et c’est cela-même qu’agrippa Enrico. Une carte. Pas n’importe laquelle. Il se tourna ensuite vers Faeron.

« Connaissez-vous Asapis le Nisétien, Maître Savarius ? »

Toujours avec la carte dans une main, il se rapprocha de Faeron pour la poser sur le lit, à l’endroit où il s’était assis auparavant. Cette carte des côtes nisétiennes, très abîmée, montrait des bouts de côte et des itinéraires peu orthodoxes. Voire inconnus. Le regard d’Enrico brillait en observant ces minces traits ravagés par le temps.

« L’un des cartographes de l’Empire, tombé dans l’oubli avec la destruction de Nisétis par les Drows. Il a servi deux Empereurs différents, et a dessiné nombre de cartes sur lesquelles sont basées les nôtres aujourd’hui. Mais celle-ci... »

Il tapota doucement la vieille fibre, comme un bien précieux.

« C’est une carte unique. Une carte inachevée, mais qui nous donne énormément de précisions sur ce que j’aimerais accomplir. »

Enrico reprit la carte pour la mettre sur le côté, et se rasseoir.

« Les cités du Sud regorgeraient de richesses inviolées, voire même de pays sauvés de la fureur des Elfes Noirs. Dans l’épaisse canopée, dans la cambrousse, je chercherai ces terres prodigieuses. Et pour cela, j’aurai besoin que ce… navire soit amélioré, réparé. J’ai quelques idées intéressantes d’optimisation. »

Il sourit, regardant ce qui fut autrefois sa jambe.

« J’aurais également besoin d’une jambe et de plus d’hommes. De vivres, d’armes de bonne qualité. Des choses que l’on trouve à Thaar en quantité... »

Son regard se concentra à nouveau sur celui de Faeron. Les lueurs conquérantes louvoyant dans ses orbites étaient toujours là, peut-être plus intenses encore. Nul doute que sur cette aventure en terre inconnue était réellement ce qu’Enrico avait entrevu comme son destin. Son éternelle fortune. Mais dans ses yeux brillaient également une certaine malice. Une malice toute nouvelle, et qui portait en elle les germes d’une idée sournoise et vengeresse.

« Et si cela n’est pas trop vous demander, ou même, si cela est dans vos cordes, j’aurais bien aimé emmener dans mon périple un homme en particulier. Un homme qui ne souhaiterait venir sous aucun prétexte, si vous voyez ce que je veux dire ? »

Un sourire envahissait le visage du marin. Il savait exactement qui il voulait voir sur son bateau. Quelle créature de Péninsule pouvait donc être assez digne d’intérêt pour rejoindre l’expédition ?
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