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 Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]

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Glinaina
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MessageSujet: Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]   Jeu 14 Sep 2017 - 19:54

Avec l'éveil de l'autre babouin de roi, cela avait pris bien plus de temps que ce qu'il espérait. Mais il y était. C'était même la seule et unique chose qui lui avait évité d'étouffer Glenn pendant son sommeil : l'idée de ce voyage précis en direction de son avenir à lui et rien qu'à lui. Mais maintenant qu'il y était...

* Hey... Tu es déjà allée là-bas ? * demanda-t-il à l'autre d'une voix un peu trop cordiale pour être honnête.
*J'y suis allée oui. Pourquoi ? Aurais-tu peur qu'on se perde en route ?*
* Non Non. A priori se perdre en suivant une route est assez compliqué. * railla-t-il avant qu'un léger silence ne le fasse trépigner. * Mais je me demandais s'il y avait beaucoup de mages... *
*Non, pas du tout...* Le ton de l'elfe était calme mais relevait une certaine ironie. *Tu sais quand même où on va, j'espère ?*
* L'Aurore... Pour ce que tu en as de souvenir c'est pas ce qui va m'aider tu sais ? *
*Ce n'est pas l'Aurore qui va nous aider, c'est le vieil adorable imbécile qui y habite... Non tu ne vois pas ?*
* ... Si *

Il voyait bien le vieil homme un peu fou qu'elle avait rencontré il y a bien longtemps... Et cela ne l'aidait vraiment, mais alors vraiment pas à se détendre. S'il avait eu une gorge pour déglutir, il l'aurait certainement fait. Pour l'heure, il ruminait la gêne et la douleur qui viendraient d'ici peu... Et ce n'était certainement pas une douleur agréable.

* Mais rappelle-moi encore pourquoi il ne pouvait pas venir à Naélis ? *
*Encore ?!*

Glinaina soupira pour elle-même, en essayant de faire en sorte que cela ne se voie pas trop de l'extérieur. Parce qu'elle était sur son cheval à trotiner jusqu'à l'antre des mages, et n'avait pour n'importe qui que le silence et ses pensées. En fait, elle était contente de revoir ce bougre de Nakor... mais... comment dire... c'est vrai que dans le fond il aurait pu venir à Naelis, comme il l'avait fait pour Glenn. Mais, il y a un grand MAIS, il fallait qu'elle et Ust gardent leur secret... secret, justement. Donc elle était elle-même partie, en sachant pertinemment qu'être là-bas serait une véritable épreuve pour elle et pour le sombre qui partageait son corps avec elle.

*S'il vient, alors les gens se demanderont pourquoi il viendra me voir. Déjà qu'il était là la nuit où Glenn est revenu à lui, ça donnerait des envies d'écoutes et de ragôts à certains. Bon, d'accord, le fait que ce soit moi qui parte peut toujours faire se poser des questions, mais les gens sont habitués que je voyage à travers le royaume donc ils se méfieront peut-être moins... et surtout ils n'entendront pas que derrière leur reine il y a en réalité une elfe et un drow.*
* Pour ce que ça change... * gromela Ust, toujours aussi peu convaincu à la quatrième écoute de ces arguments.
*Nous sommes morts voire pire si jamais ils te découvrent. Et autant je peux avoir une chance de m'en sortir, autant toi ils feront tout pour te détruire. Alors autant que ça ne se sache pas, crois-moi.*
* Ca tu m'excuseras, mais j'en doute ! Tu es la reine. C'est toi qui peut ordonner de leur tordre le cou. Pas l'inverse. Et en plus faudrait encore qu'il m'attrapent moi. En fait non. Ils auraient même pas eu à m'attraper moi parce que personne aurait été au courant. Et... raaah. Je m'en fiche ! Tu verras la tête que tu feras quand on sera tous les deux dans un bain de magie à cause de tes états d'âme. Cette idée est stupide. *
*Ah mais j'imagine déjà ta tête, mon cher... et j'en ris d'avance !* Il y eut un court temps de silence pendant lequel Glinaina sourit pour elle-même. *Je l'ai déjà connu, je te rappelle...*
* Moque-toi, Elfe. * grogna-t-il soudain plus sombre * Tu riras moins que je ne serais pas en état de te sauver la vie une fois de plus. *
*Faudrait-il qu'il y en ait besoin...*

Une sensation de froide distance lui répondit. Drapé dans sa dignité, l'esprit de colère rongeait son frein. Décidément, il le sentait mal. Très mal même. D'autant plus mal que depuis le réveil de Glenn, une angoisse tenasse était revenue à la charge. Une angoisse que quelques mois sans sa présence lui avaient permis de juguler. Celle de voir l'Autre tenter une fois de plus de l'extraire par tous les moyens... Et avec le vieux bouc qu'ils allaient voir, il avait autant de chance d'avancer dans la direction qu'il désirait que de se faire purement rayer de la surface du monde. Il resta un long moment retranché le plus loin possible de la conscience de son hôte, ruminant en silence.

*Ust, ça ne va pas ? Je te sens inquiet...*
* C'est toi qui devrait l'être. * répondit-il, réprimant une pointe de colère qui lui était si caractéristique.
*Pourquoi donc ? Aurais-tu une rengaine contre moi ?*
* Je te rassure : juste une dent. * Il eut une sorte de rire mauvais. * Si le moindre mage tente quelque chose contre moi je nous tue tous les deux avant d'y passer. * lâcha-t-il finalement.
*Si un mage utilise sa magie de façon offensive, je ne suis pas sûre que toi comme moi serons capables de nous contrôler. Mais ne t'inquiète pas, si tu n'essaies pas de tuer quelqu'un il ne nous arrivera rien.*

Une envie aussi raillarde que rageuse et sanguinaire sauta à la gorge de l'elfe tandis qu'Ust ricanait à voix basse. Lui ? Faire du mal a quelqu'un ? Jamais !

*Il faudra que tu te maitrises. Je te rappelle que tu joues là ta vie, ta liberté. Ne laisse pas cette occasion passer.*
* Je le sais mieux que toi il me semble... * La réplique sembla rendre tout son séireux à Ust. Mais après quelques instants de silence... * Tout de même... Je le sens assez mal. *
*Ne t'inquiète pas, Ust... ne t'inquiète pas.*


~~~~~~~~


L'Aurore, le Firmament. Un bel endroit mais qui pourtant inspirait à Glinaina une appréhension comme elle ne pouvait qu'en craindre. La magie... Depuis qu'Ust avait germé en elle, elle ne la supportait plus, à un point qu'elle n'arrivait qu'à la fuir ou ne plus arriver à faire le moindre geste. Heureusement elle n'avait pas eu à avoir affaire à elle en combat jusque là, mais retourner ici lui rappelait ô combien la magie pouvait être son point faible.

Encore dans la cour, la pression était tout à fait gérable - surtout qu'elle l'avait déjà bravée. On demanda l'archimage Nakor et, apprenant que c'était la reine en personne qui venait le voir, un jeune mage se dépêcha de l'y emmener, après moultes courbettes. Glinaina ne montra pas sa peur grandissante ainsi que l'oppression croissante qu'elle ressentait à chaque pas, notamment une fois entrée dans le château. Elle regarda le grand escalier qui menait jusqu'au bureau de son vieil ami, inspira un grand coup et commença à monter les marches, un pied après l'autre.

*Voilà la partie la plus difficile... Tiens bon !*
* Je ne suis pas un enfant qui a besoin d'encouragement. Tais-toi et avance. Qu'on en finisse. *
*C'est ce que je fais, idiot. Fais bien attention à ne pas te laisser emporter.*

Le premier étage était passé. Déjà je sentais mes jambes trembler, tout comme le reste de mon corps. Un frisson me parcourut et je dus m'arrêter un bref instant pour garder contenance. Heureusement, le guide ne s'en rendit pas suffisamment compte. Les gardes par contre, si.

*Allez, une chanson pour faire passer les marches... une chanson... Ah si ! Depuis l'été derenier, j'entends les cornemuses ! Je les entends sonner, toute la journée ! Je les entends, je les entends... Je les entends, toute la journée ! Depuis l'été dernier, j'entends les cornemuses...*
* Non mais tu es sérieuse... ? * le moins que l'on pouvait dire c'est qu'Ust était aterré. Par la qualité de la chanson ou par la chanson elle-même par contre...
*Propose une chanson alors, ou parle ! Mais occupe-moi l'esprit !*

Une forte pression pesa soudain sur la conscience de l'elfe.
* Laisse moi passer ! Sinon, en haut tu seras même plus capable de lui parler à l'autre vieux bouc. *
*J'ai déjà réussi à monter jusqu'en haut !*
Pour le coup, elle n'était pas rassurée de savoir Ust aux commandes...
*Tu es vraiment sûr de toi là ?*
La pression s'intensifia.
*J'ai compris... DEPUIS L'ETE DERNIER, J'ENTENDS LES CORNEMUSES !*
Sur ce, l'elfe laissa la place au sombre, sans s'être empêchée de taquiner son double.

Glinaina ferma les yeux. Ust ouvrit les paupières et prit une longue inspiration. Un frisson lui courut sur les bras et il se frotta les mains en reprenant la marche, rendant une œillade meurtrière au garde qui semblait sur le point de lui demander si tout allait bien. Ce que ça pouvait gratter... Contrairement à l'Autre, l'arrière fond de magie qui traînait partout, il le sentait et dès qu'il était un peu plus présent que la normale, il avait l'impression qu'une armée de fourmis lui courrait dessus, corps ou pas. Mais même si cela pouvait lui coûter beaucoup d'énergie de rester aux commandes dans un bain pareil, il avait pris l'habitude de ne rien en laisser paraître, merci La Blanche... Tant que personne ne braquait un sort sur lui, il n'avait rien à craindre... ou c'est ce qu'il se répétait. Alors on sert les dents, on garde la rage au ventre et en avant !

« Vous avez dit quelque chose, Votre Majestée ?
- Hein ? » répondit-il fort peu élégamment au guide qui s'était soudain arrêté avant de se rendre compte qu'il fredonnait la chanson que Glinaina beuglait un peu plus tôt. Sa main se ferma sur le pommeau de son épée, son regard se fit plus agacé, le guide se ratatina un peu.
« Non.
- Ah... bon... Hmmm... »

Et ils repartirent d'un bon pas.

* Le coup des cornemuses, tu me le paieras... *
*De rien mon cher... si cela peut t'aider !*

D'où elle était, Glinaina ressentait un peu moins la pression magique. Par contre, dans ce jardin secret, cette chambre immatérielle où les deux esprits avaient pris l'habitude d'être et de s'y croiser, elle voyait ce qui pouvait correspondre à des murs onduler, se teinter de mille et une couleurs de manière difforme et donner l'allure d'une bulle de savon sur le point de se transpercer. C'était la première fois qu'elle voyait cela et le ressenti qui la prit lui glaça le sang et plus Ust'kor montait, plus elle avait l'impression que cette sensation prenait de l'ampleur... et pas que. Elle regarda ses mains translucides et essaya de cacher l'inquiétude qui la gagnait un peu trop du fait de l'anormalité de cette situation.

*Ust... est-ce normal que la zone où on se retrouve toujours devienne complètement difforme ?*
* Normal c'est pas le mot. Mais c'est déjà arrivé. Avant... Comment dire. * Il fit une pose, réfléchissant visiblement à la meilleure façon d'exprimer un souvenir qu'il ne partageait pas avec elle... Ce qui était finalement assez rare. Sans s'en rendre compte, cela l'aidait aussi à ignorer la sensation pesante qui lui alourdissait les membres à chaque marche supplémentaire. * Je sais que c'est déjà arrivé. Avant que nous ne rencontrions mon Créateur. Et encore avant, mais c'est plus flou. C'est plus... C'était des plantes. * souffla-t-il comme une illumination soudaine.
*Des plantes ?*
* Oui. Des plantes. Je fais ce que je peux. Un elfe avec la tronche en biais et des plantes. C'est tout ce que je me rappelle, moi. *
*Le protecteur Timérion Adantar ? Il m'avait aidée lorsque tu commençais seulement à... naître. Ce serait la magie qui ferait cela ?*
Je n'étais pas rassurée... vraiment pas... Et pourtant, cet endroit existait toujours après que le protecteur m'ait aidée.
*Crois-tu que la pièce puisse s'en retrouvée complètement modifiée... avec ce qui est dedans ?*
Elle regarda à nouveau ses mains... Elle avait l'impression qu'elles commençaient à devenir difformes, mais ce n'était peut-être que son imagination, sa peur. Elle "déglutit" sans rien rajouter, espérant sincèrement qu'elle se faisait trop de souci pour rien.

* Sans aucun doute. * répondit Ust, agacé par ce qu'il considérait comme des questions idiotes. Rattrapé par la difficulté de l'ascension, il ne prêtait qu'une oreille peu attentive à son double, aussi mit-il un temps fou avant d'ajouter * Pour la millième fois, ce n'est qu'une projection. Cet endroit est ce que nous voulons qu'il soit. Pas besoin d'y réfléchir un siècle pour se dire qu'une volonté extérieure doit pouvoir le modifier aussi. * Une pointe d'inquiétude l'aiguillonna. Il tourna son attention vers sa source, Glinaina, avant de s'en détourner comme s'il se moquait éperduement de la détresse dans laquelle elle était. Pourtant son ton était un peu radouci lorsqu'il reprit * Concentre toi sur une seule chose pour stabiliser tes pensées. Pense à Elheria et Aldarian. *
Il avait terminé comme si de rien était, l'attention faussement portée sur le monde extérieur et la tâche qui lui incombait. C'était pourtant une astuce bien plus personnelle qu'il ne le laissait croire qu'il venait de donner... Et d'autant plus à propos qu'il se souvenait parfaitement de la présence du vieux barbu qu'ils venaient voir aujourd'hui lors de la naissance des jumeaux. Quoi qu'il en dise, ce jour là, le vieux bouc avait gagné un certain respect de la part du sombre.. ainsi qu'une haine cordiale étant donné l'affection qui offrait à Glinaina et l'autre babouin poilu sans se reconnaitre à sa juste valeur sa présence à lui.

Ce n'était pas faux... Penser à autre chose que ce qui risquait d'arriver, trouver en soi la volonté de confronter son esprit aux forces extérieures. Et quoi de plus fort pour une mère que de penser à ses enfants ? Pas grand chose. Peut-être même rien. Elle essaya donc de se concentrer pour ne plus penser qu'à eux et non pas à la représentation de son propre corps qui vascillait. Etrangement, le chant reprit rapidement sa place sous la forme d'une berceuse elfe qu'elle chantait régulièrement à ses deux petits chérubins. Au départ juste un murmure, il finit par emplir la pièce afin d'avoir son propre effet sur ce qui se passait à l'intérieur d'eux-mêmes. Mais plus que cela, ce chant avait toute sa place dans ce moment d'inquiétude : c'était un chant qu'elle affectionnait particulièrement lorsqu'elle était encore enfant et que sa famille la serrait dans ses bras, la nuit, pour l'aider à dormir alors que les macabres souvenirs du raid drow la terrifiaient. Nuit où déjà le père d'Ust avait installé sa magie en elle...

Avalant les marches à la suite de leur guide, discrètement, Ust sourit.
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Nakor
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MessageSujet: Re: Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]   Mar 19 Sep 2017 - 20:22

Nakor était penché sur son bureau, tout là haut, au sommet de la grande tour centrale de l'Aurore. Il avait enfin trouvé le temps de rédiger un rapport personnel sur son aventure vécu en Naelis voilà peu. Il tentait de décrire avec la plus grande précision possible ce qu'il y avait vécu, ce qu'il avait ressenti loin de la place forte, quand il avait subit ce flot presque dramatique d'énergie diabolique. Il couchait sur le papier comment, pressé au possible de se rendre jusqu'au coeur de l'épicentre magique qu'il captait jusque dans les os, il avait découvert une scène apocalyptique. Le sang, l'odeur, la noirceur, la mort, la puanteur à son état pur et sous toutes ses possibilités d'existence. Il y eut ensuite le lent déchaînement de magie flamboyante, le feu colossale mais contrôlé qui nettoyait la pièce de toute impureté, le pouvoir jusque dans sa plus pure expression. Son amplification, son augmentation et l'appel vers le lointain, vers le monde interdit, relié par l'énergie du monde extérieur afin de ne pas y mettre soi-même les pieds. Le retour impossible et toute la suite qui en avait découlé.

Le vieux fou, comme tout le monde l'appelait, ne s'avérait pas être si malade que cela mentalement. Il avait très bien compris le piège dans lequel le jeune Altiom, désespéré au possible, l'avait fait tomber. Il avait monté un plan incroyable de machiavélisme en compagnie d'un sorcier Zurthan, un plan auquel il n'aurait jamais souscrit s'il avait su par quel chemin tout cela allait les mener tous. Le résultat était certes là, mais au prix de quel sacrifice? Avec quelle conséquence pour leurs âmes et leur salut futur? Cela faisait déjà plusieurs heures que, plume à la main et encrier presque vide, le Magister du Firmament philosophait sur ses propres expériences et leurs possibles intrications avec le reste de sa vie ainsi que de celle des autres personnes de son entourage. C'est ainsi que, le regard dans le vague et ses feuillets en grand nombre sur son bureau, devant lui, il entendit frapper à la porte pour la troisième fois.

"Oui, entrez!
- Grand Maître du ciel et de la terre, je vous supplie de bien vouloir un jour pardonner mon intrusion en ce lieu sacré et ...
- Hooooooo mais par ma barbe pauvre imbécile allez-vous un jour cesser ce genre d'introduction qui me donne envie de mourir? Je hais l'esclavagisme, je vous en ai sorti, ce n'est pas pour devenir mon esclave et ... hooo et puis ça suffit! Qu'est-ce qu'il y a.
- Je suis votre serviteur éternel mon puissant seigneur. La reine de Naelis est ici.
- Quoi?"

Nakor venait d'hurler ce dernier mot en se levant de sa chaise, ce qui l'a fit basculer sans ménagement.

"Et c'est maintenant que vous me le dîtes Estiriam! Mais faîte la venir sur le champ et ... "

Puis Nakor, l'esprit toujours aussi vif après plus de six siècles de vie sur ce monde, se rappela d'un si grand nombre de choses à propos de sa si chère Glinaina! Leur première rencontre, leurs aventures magiques communes, la naissance de son double, la naissance de ses enfants, le sauvetage de son mari bien malgré lui ... et surtout son double. Son incapacité à supporter la présence magique et de nombreuses choses auxquelles il avait pensé depuis.

"Ho Estiriam?
- Oui Puissant et Grand ...
- Blablabla! Taisez-vous! Dès que la reine de Naelis sera dans mon bureau, veuillez faire sortir du château l'ensemble des mages de la guilde encore présent.
- Oui Suprématie Céleste ... mais ... euu ... que puis-je signifier aux autres membres de ...
- Je vous ai dis de vous taire! Exercice physique. Que toutes et tous aillent courir jusqu'au bosquet de Zarnalis. Une fois là-bas, méditation spirituelle de connexion à la nature. Sous votre commandement.
- Ho ... vraiment? Je suis votre esclave pour toujours mon lumineux ..."

Mais voilà qu'un formidable coup de vent l'envoya valdinguer contre le mur du couloir, la porte se fermant sur ce pauvre magicien, d'un grand talent mais qui souffrait d'un mal étrange. Il semblait avoir grand besoin de se sentir au service de quelqu'un. Nakor détestait cela mais il espérait lui faire passer cette maladie avec le temps. Il alla alors jusqu'à la fenêtre. Cette chère Glinaina ... et cet autre. Ust'nok? Chust'Chnok'? Ust'Kor? Enfin, cet autre, qui était en elle, naît d'elle. Il concentrait le côté noir de l'elfe, il avait sa personnalité propre, son existence propre, sa manière de voir, penser, vivre les choses. Le vieillard avait finit par se demander si ce n'était pas la peur de ce que la magie pouvait faire subir à cet Ust, qui avait rendu la pauvre elfe des forêts, presque allergique aux arts arcaniques. Comme une idée trop profondément implantée mais pour une mauvaise raison, qui créait une gêne sans savoir pourquoi, si ce n'est une peur inconsciente qui en devenait physique et réelle. Il se demanda pourquoi la jeune elfe venait le trouver ici alors qu'il savait son aversion pour la pression énergétique qui existait et qui agissait sur elle en ce château. Ce devait être pour une raison importante mais forcément personnelle, ce sans quoi elle aurait plutôt invité le vieux sorcier à Naelis. Peu importait, il allait revoir sa chère amie et c'était bien là l'essentiel. Soufflant longuement, il tenta de réduire au maximum les effluves énergétiques qui émanaient de lui. Enfin, il entendit dans le couloir, l'approche d'un petit cortège, il se tourna vers la porte, un immense sourire sur les lèvres et attendit en retenant au possible son envie de courir pour sauter au coup de Glinaina devant tout le monde.

"Magistère, la reine de Naelis est à vôtre porte.
- Faite là entrer et laissez nous."

En même temps qu'il donnait son ordre, il avança vers la porte et décida quasi immédiatement de s'arrêter. Son sourire était toujours intact, sa chaleur totale, son plaisir de revoir Glinaina immense. Mais justement, ce n'était pas Glinaina qui se trouvait fasse à lui. C'est donc une fois la porte refermée, qu'il s'inclina légèrement

"Bienvenue ici à vous deux. J'ai donné ordre de faire évacuer les membres présents dans le château pour quelques heures ... le contingent fort de la guilde était déjà en mission extérieure. Vous devriez vous sentir mieux d'ici peu. Je ne sais pas si je peux vous serrer dans mes bras mais l'envie est forte et sincère. Ma douce Glinaina, je suis heureux de voir que tu sembles en bonne santé. Je vous en prie, installez-vous si cela vous sied. Puis-je vous offrir quelque chose?"

Des fruits et de l'eau était sur le bureau. Il invita d'un geste à prendre place puis, au bout de quelques instants, il prit place lui, dans son grand fauteuil et se saisit d'un verre de vin. Son regard perforateur et profond plongé dans celui de son interlocuteur, il dit simplement

"Je vous écoute."

Il était évident qu'ils étaient ici, pour tout autre chose qu'une simple visite de courtoisie, même s'il regrettait le temps où cela pouvait être le cas, par simple amitié. Mais c'était une autre époque, elle avait moins de responsabilités et lui aussi, finalement.
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Glinaina
Ancien
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MessageSujet: Re: Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]   Mer 27 Sep 2017 - 23:22


En  montant les marches, L'Autre fredonnant cette berceuse aux limites de  ma conscience, je notais avec amusement que le fait de contrôler ce  corps et de se lancer dans l'action nous permettait à l'un comme à  l'autre de mieux gérer nos émotions. Avoir quelque chose a faire était  de toute façon fort agréable, ça je ne pouvait que signer. Je préférais  mille fois avoir les deux mains dans la merde et le sang que de me  planquer dans un coin à me tourner des pouces imaginaires. Nan mais sans  blague.

Peut-être était-ce pour cela que je résistais mieux à la magie que l'autre  elfe... Ou que je faisais très bien semblant de m'en contre foutre...  Bref. En réalité j'étais plutôt étonné. Alors que le début de mon  ascension avait été de plus en plus lourd, comme si une chape de plomb  nous attendait en haut des esclaliers, plus le temps passait, plus  l'irritante et angoissante présence pressante qui grouillait alentours  s'éfilochait.

Pas moi qui allait m'en plaindre.

Laissant  Glinaina a ses chants et m'éloignant de ses pensées malgré l'envie de  voir le visage de mes enfants à travers ses souvenirs, je repartais de  plus belle jusqu'en haut des marches. Avant que la porte ne s'ouvre, je  ricanais, moqueur.

*  Tu peux ouvrir les yeux et arrêter de te boucher les oreilles, ma  chère. Le grand final n'est pas pour ce soir. Je crois que quelqu'un  s'est souvenu que nous n'aimions pas être accueilli en grande pompe. *

Malgré tout, ma main tenait fermement le pommeau de mon épée. Juste au cas où... Le vieux barbu était bien moins sénile qu'il ne voulait le faire croire et beaucoup trop puissant pour mon propre bien, j'avais des souvenirs pour le prouver !

De mon côté, j'avais fini par ressentir ce changement étrange pour ce lieu. Comme si le lieu perdait en puissance magique ou quelque chose dans le genre, ce qui était très étonnant... Je me souvenais que les dernières marches avaient été les plus difficiles pour moi lorsque j'étais venue, il y a déjà une ou deux années. Encore un mystère dans ce château mais qui, pour une fois, n'était pas pour me déplaire. Mon chant n'était plus qu'un chuchotement lorsque mon double s'adressa à moi, idiotement persuadé que j'allais jusqu'à fermer mes yeux pour ne pas voir ce qui se tramait. Bon... d'accord, c'était presque vrai. Bref, il fallait bien que j'en vienne à ignorer sa pique pour aborder un sujet bien plus sérieux.

*Nakor a dû s'en souvenir oui. Que fait-on ? Est-ce que je reprends les commandes le temps de lui expliquer la situation ou bien tu préfères y aller de toi-même ? Sachant que je lui parlerai à un moment donné, de toute façon.*

* J'ai un minimum d'étique. ça ne se fait pas d'espioner quelqu'un sans se présenter avant. * Certes c'était ce que je faisais à longueur de journée... Mais ce n'était pas comme si j'avais le choix. * Laisse moi faire les présentation. Je veux voir s'il me colle une bise. * ajoutais-je, goguenard. Cette baisse de la magie ambiente réussissait plutôt bien à mon moral en fin de compte...
*Que les Cinq nous protègent... Vas-y donc, voir si tu as vraiment un minimum d'étique.* Je me demandais si je ne devais pas avoir peur...

Je soufflais une bonne fois pour reprendre contenance. Mettant mes talents d'acteur (inexistants) à l'épreuve, un sourire que je voulais doux et un peu mièvre se peignit sur le visage de l'elfette. La porte s'ouvrit avec déférence devant la reine. Et devant moi : la magnificence chenue du vieux Nakor.

Sans jeter le moindre coup d’œil à l'un de ces pouilleux serviles qui nous avaient accompagnés jusque là, j'avançais dans la salle, reniflant sans perdre ma joie de façade sous l'odeur forte d'encre et de vieux parchemin sec... A moins que ce ne soit l'odeur de l'homme en face de moi. J'avais à peine penser cela que la réprobation de l'Autre me faisait les gros yeux, et une belle jambe. En attendant, le mage effectuait une petite courbette.

* Raté pour la bise... *

" Trop aimable. "  souriais-je lorsqu'il nous appris qu'il avait envoyé sa clique loin d'ici pour nous éviter un malaise, ne pouvant m'empêcher de trouver ses ronds de jambe à mourir de rire étant donné le temps et les épreuves que le vieux mage avait partagé avec moi... enfin l'autre avec laquelle je partageais bien trop de souvenirs.

Lâchant a grand renfort de volonté la garde de mon épée, j'approchais de deux pas rapides pour saisir le vieil homme dans mes bras. Bon... J'avoue que je suis plus doué en prises de lutte qu'en câlin et quelque chose dans la façon qu'eut le vieux mage d'accuser le coup de notre embrassade me le confirma fort bien.  Mon bras le ceinturait au niveau des reins de manière à ce que ma main ne soit qu'à une phalange de mon propre couteau, l'autre était enroulé autour de ses épaules. " Vous pouvez, vieux mage. " lui glissais-je à l'oreille sans me rendre compte du niveau de menace et de colère contenu que pouvait contenir involontairement mon ton habituel. De toute façon, s'il faisait le moindre geste mental suspect, j'étais mort, mais je m'arrangerai pour que lui aussi. " L'elfe est elle aussi ravit de vous voir. "

Malheureusement, nous ne pouvions pas parlementer à jamais dans cette position et je du mettre fin à cette tendre étreinte. " Et au fait, merci de vous être occupé de moi après la naissance des jumeaux et merci de nous recevoir... elle insiste pour que je me tienne bien. " Comme ça c'était fait. J'avais dit merci, les compteurs étaient à zéro.

A son invitation, je m'asseyais et commençais mon histoire sobrement. " On aurait du venir il y a déjà plus d'un mois mais l'autre bab... Glenn, s'est réveillé. En fait, c'est moi qui ait demandé cette faveur." Faveur... Le mot m'écorchait la bouche mais je savais quels étaient les enjeux pour mon avenir. Tout en parlant, je posais la main sur une orange. Non d'un fern, maintenant que j'y pensais je ne mangeais jamais... * fait moi penser à renégocier notre arrangement jour nuit quand on sera rentré. * lançais-je " J'aimerai savoir s'il y a la moindre possibilité... " Me souvenant vaguement de la méthode nécessaire à la dégustation de cette sphère orangée, je plantais mes ongles dans la peau du fruit... qui me gicla dans l’œil. " ... Salope !" Je portais ma main à l'oeil endoloris. Saleté de fruit !!! D'un geste rageur, je la jetais par la fenêtre avec un cri de colère, faisant tomber à la renverse mon fauteuil dans le geste que je fis pour me lever... Avant de poser de nouveau mon œil valide sur mon hôte...

" Hmmm... " Me frottant toujours la paupière, je redressais le siège et m'asseyais de nouveau. " Pardon... Je disais... oui. J'aimerai savoir si vous accepteriez de m'examiner - avec prudence, hein, je ne tiens pas à mourir - pour savoir s'il y a la moindre possibilité que je trouve un jour un corps à moi seul. " J'hésitais un moment avant de me décider, ignorant la présence de Glinaina pour dire un mensonge qui n'en était pas tout a fait un en montrant mon oeil endolori " La cohabitation ça va bien un moment... "
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Nakor
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MessageSujet: Re: Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]   Dim 22 Oct 2017 - 13:57

Nakor avait une vraie envie de serrer celle qui se trouvait physiquement devant lui. Mais il avait bien senti la légère différence et la présence de l'autre. Il s'était donc retenu, ne sachant pas trop comment il aurait prit une accolade chaleureuse. Mais il fut encore plus étonné quand Ust décida de lui-même prendre Nakor dans les bras. Un très bref instant, il eut le souffle coupé autant par la surprise que la prise militaire dont il était l'objet. Il resta donc là une ou deux secondes, les bras dans le vide, entouré par une Glinaina à la force redoublée. Finalement, il lui rendit son accolade avec chaleur et profita quelques instants du bonheur que cela lui amenait dans son vieux coeur épuisé. Les deux elfes lâchèrent le magicien et c'est encore Ust qui le remercia pour avoir sauvé Glinaina après la naissance des deux enfants. Il se rappela alors cet imbécile de médecin humain qui tentait d'appliquer vainement ses préceptes à une elfe sylvaine. Cela laissa d'ailleurs le maître de la guilde, une fois de plus, étonné. Ils prirent place et avec un léger rire, la longue barbe blanche se permit de placer

"Mais dîtes moi ... vous me serrez dans vos bras, vous me remerciez ... y a-t-il vraiment suffisamment de place dans ce corps pour un troisième être?"

La blague ne ferait sans doute pas effet, mais le Ust ravageur, qui souhait la mort et le meurtre, semblait avoir véritablement évolué. Tant et si bien que le vieux fou se demandait si ce n'était pas une nouvelle entité qui lui faisait face. Ils parlèrent alors plus sérieusement, de la raison de leur venu ici. Il évoqua le réveil effroyable de Glenn mais ce n'était pas pour cela qu'ils venaient. Ils venaient pour ... Nakor esquiva alors une orange qui vola dans sa direction!

"Mais enfin! ... Elle semblait si mûre pourtant! Quel effroi!"

Et il fit de même, se saisit de l'orange devant lui et la balança par la fenêtre, puis se mit à glousser comme un âne, en sautillant sur sa chaise le temps que Glinaina-Ust se re positionnent et finissent de répondre. C'est à ce moment là que Nakor redevint très profondément sérieux. Il posa son menton sur ses deux mains qui étaient liées devant lui et respira longuement, son regard perçant dans celui de son interlocuteur. Un silence de plomb s'installa sans que plus personne ne bouge dans la pièce. Plus personne ne semblait même respirer. Glinaina finirait peut-être par croire qu'il n'avait pas entendu la question? Au bout d'un très long moment, Nakor se recula bien au fond de son siège, levant le visage vers le plafond et souffla par le nez, tranquillement.

"Peut-être que cela pourrait marcher oui."

A qui donc répondait-il? A Ust? A Glinaina? Au plafond? A lui-même. Il était évident que le vieux fou avait réfléchi à de très multiples possibilités pendant son temps de silence. Les magiciens étaient connus pour justement réfléchir plus vite et plus fort que la moyenne lorsqu'ils étaient bien concentrés. A quoi donc avait-il pensé? Qu'avait-il imaginé.

" Votre comportement ici est significatif du changement qui, lentement, s'opère en Glinaina. Votre personnalité est de plus en plus définie, singulière, différenciée et concrète. Au départ, et j'espère ne pas être désobligeant, mais vous étiez plutôt une idée, une forme globale de pensée, une émotion voir plusieurs, une impulsion. Comme si l'esprit de Glinaina laissait libre cour à des volontés profondément enfouie puis reprenait le contrôle. Mais je vois que ce n'est plus tout à fait le cas. Vous êtes réellement devenu un deuxième être enfermé dans un premier. Vous avez rassemblé tout ce que l'on pourrait appeler "le mauvais côté" de Glinaina. Mais pas seulement, puisque vous faite preuve de raison, de reconnaissance, de souvenir. Oui, en quelque sorte, si au départ vous n'étiez qu'une émotion, vous êtes devenu une personnalité à part entière, un être complet. Ce qui me laisserait penser que nous pourrions peut-être finir par réussir à vous faire sortir sans tuer ni l'un, ni l'autre."

Nakor se leva et alla prendre l'air jusqu'à sa fenêtre, le regard plongé dans l'infinie.

"Retirer tout le "mal" à l'intérieur de quelqu'un, de force, peut revenir à le tuer, comme si je lui arrachais le coeur. Je ne pouvais donc pas vous faire sortir de là sans détruire une grande partie de Glinaina. Mais maintenant il semble que vous soyez réellement différent, vous n'êtes plus une partie bien définie de Glinaina qu'il faudrait lui ôter. Vous êtes ... vous! Enlever à quelqu'un, quelque chose qui n'est pas lui, semble moins dangereux déjà. Au début de votre création, vous soustraire d'elle serait revenu à amputer de plusieurs membres Glinaina, alors que maintenant, vous soustraire d'elle ressemblerait plus à un accouchement en quelque sorte."

Ce n'était évidemment qu'une théorie, mais le magicien avait l'impression que le lien entre les deux entités était vraiment différent. Le fameux Ust avait évolué, après des émotions brutes, il était apte au contrôle, à la pensée raisonnée et même à la gratitude. Il n'était donc plus une boule de méchanceté, mais une entité réelle et complète. Il fallait qu'il se penche sur eux deux et qu'il analyse leur lien interne, qu'il sente au niveau énergétique à quel point l'âme était ou non lié. Il faudrait ensuite réfléchir au corps qu'il demandait pour lui seul. Là était une toute autre complication. Une complication majeure même. Mais chaque chose en son temps. Il fallait déjà voir comment Glinaina et lui réagissaient aux nouvelles annonces du vieillard.
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Haldren Baenfere
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MessageSujet: Re: Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]   Mer 25 Oct 2017 - 12:34

La digue du cul en revenant de Thaar (bis)
De Thaar à l'Aurore,
La digue la digue
De Thaar à l'Aurore
La digue du cul


Juché fièrement sur un superbe étalon noir piaffant et caracolant, l'archimage Haldren Baenfere chevauchait en direction de l'Aurore avec l'élégance d'un sac de patates qu'on aurait juché sur la selle. Son orgueil l'obligeait à repousser l'usage des carrosses comme de vulgaires cageots tout juste bon à transporter ces poussahs obèses de princes-marchands, toutefois les crampes qui lui martyrisaient les cuisses et la crainte d'une poussée d’hémorroïde amenaient dans son esprit tourmenté l'idée qu'il aurait mieux valut utiliser un moyen de transport plus confortable qu'une selle.

Mais que faisait donc là ce preux chevalier du bon goût et de la subtilité ? Tout avait débuté quelques jours plus tôt lorsqu'un de ses sbires avait mentionné l'archimage Nakor au détour d'une conversation. Cela avait réactivé la mémoire du drow qui s'était brutalement souvenu de sa promesse d'aller à l'Aurore afin de constater par lui-même si cette institution magique en méritait véritablement le nom. Accessoirement, Haldren se promettait d'en profiter pour y donner quelques cours aux étudiants sur les vortex magiques. Etant autoritaire, agressif, pédant et méprisant, l'enseignement attirait depuis toujours notre héros.

Première surprise : à l'approche du bâtiment, l'archimage n'y aperçut aucun étudiant, aucune toge de mage salit par de l'encre à parchemin ou brûlée par des expériences de pyrotechnie trop osées. Juste quelques gardes et serviteurs qui n'osèrent pas bloquer le passage à ce seigneur drow flamboyant doté d'une monture digne d'un roi et de vêtements issus des meilleurs couturiers de Thaar. Les taches de bière et les restes de repas qui souillaient le dragon brodé d'or se déployant sur le torse du drow gâchaient certes l'harmonie de l'ensemble, toutefois les gueux de l'Aurore savaient fort bien que les puissants mangent souvent comme des porcs.

Mais où se trouvaient donc les mages ? Lui aurait-on menti sur l'Aurore ? S'agissait-il simplement d'une vulgaire ferme pastorale ? Dans ce cas, encore fallait-il espérer qu'il y trouverait quelque bergère ou brebis pas trop farouche. Haussant les épaules face à ce mystère insoluble et s'engageant dans la cour principale, le drow reprit sa chanson :


La digue du cul, je rencontre une belle (bis)
Qui dormait le cul nu
La digue la digue
Qui dormait... aïe !


Une sphère orangée venait de jaillir d'une des fenêtres de la tour centrale et de la frapper à la tête. Une agression ? Une tentative de meurtre ? Un redoutable sortilège mortifère datant des arcanes secrètes de Nisétis ? Constatant qu'il s'agissait d'une orange, le drow fulmina en se persuadant qu'il s'agissait d'une blague de potache avec laquelle on devait accueillir les nouveaux venus.

Ah vous trouvez ça drôle, bande de petits morveux ? rugit Haldren avec le juste courroux de l'offensé.

Saisissant l'orange, il la gorgea d'énergie télékinésique tout en visant la fenêtre. Le fruit fut projeté de sa main avec la puissance d'une catapulte et disparut par la fenêtre d'où il avait jaillit, s'écrasant violemment au plafond de la pièce où se trouvaient Nakor et la reine de Naelis.


Attendez un peu, mes mignons. Je vais vous apprendre des blagues de mon cru ! maugréa Haldren en commençant à grimper les escaliers.

Une gabegie cette institution, oui ! De son temps au C'nros jamais personne n'aurait osé jeté de la nourriture par les fenêtres, mais apparemment ce vieux débris de Nakor manquait de la poigne nécessaire pour inculquer la discipline à ses élèves. Heureusement que le drow avait décidé de venir, il allait pouvoir y mettre bon ordre en déployant tous ses talents de tyran pour renvoyer à leurs études ces étudiants qui préféraient blaguer plutôt que d'étudier leurs grimoires. Quelques tours des univers parallèles à coup de pied dans le fondement leur enseignerait l'importance du respect des aînés, pour sur.

Vous sentez venir la catastrophe ?
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MessageSujet: Re: Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]   Lun 6 Nov 2017 - 14:55

Je levais un sourcil devant le calambour du vieux bouc. Un troisième être ! Certainement pas ! A moins qu'il ne dise ça sur un ton métaphorique ? Hmmm.... Je n'avais décidément pas l'habitude de parler à d'autres gens que l'Autre et cet homme était assez surprenant... Mon sourcil monta d'autant plus lorsqu'il se mit à sautiller sur sa chaise. Il faisait un peu flipper aussi...

*Tu es sûre qu'il est... Pas un peu trop vieux... ?
- Ca dépend du point de vue. Pour un humain, si... pour un elfe, non. Il a encore toute sa tête donc tout va bien.*


Mais visiblement, il restait trois neuronnes sous la tignasse blanche puisque la mage retrouva un sérieux plein et entier à ma dernière demande. Au moins, il ne prenait pas ça a la légère, c'était déjà un bon point ! Malgré moi, je ne pouvais m'empêcher de le scruter, le coeur de cette enveloppe se mis même a battre étrangement vite, une sensation aussi nouvelle que peu rassurante. Heureusement, j'avais déjà observé ça chez Glinaina et ça ne l'avait pas tué, elle, donc ça ne me turait pas... normalement. A force de soutenir le regard du vieux bouc sans cligner des yeux, une forme de sècheresse me tirait désagréablement sur la cornée.

Et enfin le verdicte tomba.
Mon coeur ratta un battement tandis que je prenais une grande goulée d'air par pur réflexe. Oh! Mais ça suffit hein ! C'est mon corps c'est moi qui commande ! C'est pas toi, Corps, qui doit décidé tout seul !

"Le mauvais côté, mal... La colère et la passion n'ont rien de mauvais vieux bouc. C'est moi qui la tiens en vie..." gromelais-je à voix basse avant de me rendre compte que je n'avais pas que pensé ces mots, ce qui fit réagir l'Autre... *Comme ça Monsieur est le seul à faire survivre le corps, vraiment ?! Non mais tu n'as pas les chevilles enflées par hasard ? Je te rappelle que sans moi tu n'existerais même pas !* Hmmmm... Bon il arrivait au bout de ses tirades que j'écoutais tout de même avec une attention certaine. "Donc vous pensez que c'est possible !"

J'avais parlé avec un peu trop d'emphase. Sans m'en rendre compte, je m'étais à moitié levé, les mains appuyées sur le bureau, tourné de trois quart vers le mage. Je n'en pouvais plus. *Tu as entendu ça ?! C'est possible ! C'est vraiment poss... !*

- PAF – SPROTCH -

Pafsprotch ? Mon regard ne pouvait se détourner de l'orange qui avait éclaté sur le plafond pour s'écraser sur le bureau en plein milieu des papiers. J'avais beau ne pas être particulièrement expérimenté en matière de jet de fruit, j'étais presque sûr qu'ils n'étaient pas sensés revenir se venger... mais dans le doute, mes réflexes de défenses avaient pris le dessus. C'est surement avec une certaine perplexité que l'homme qui fit exploser la porte me verrai tenir en joug une orange écrasée, avant de me voir tourner lestement ma lame vers sa gorge, ma seconde main sur le pommeau de ma dague.

*Ust, calme-toi, c'est juste une orange... et évite de braquer mon arme sur un mage, s'il est puissant ça va plus nous attirer d'ennuis qu'autre chose !*

Elle était là, près de moi, se voulant... rassurante. Je la chassais sans la repousser comme on fait un mouvement d'épaule pour retirer une main malvenue. ça ne me disait vraiment rien. Je tenais bien mieux la magie qu'elle mais ce mage... N'était pas normal. J'en avait des sueurs froides, ne pouvait-elle pas sentir ce que je percevais ? Un archimage du côté de la fenêtre, un autre à la porte. J'étais fait comme un rat. Ces réflexions n'avaient pas durées un instant pourtant, et j'étais loin de paniquer. Je cherchais par réflexe une échappatoire tout en me redressant, la lame toujours au clair, pour jouer le jeu face au nouveau mage dans l'espoir de me tirer d'un étau que je n'avais pas exactement anticipé.

Mais le karma...

Le mouvement que je fis pour me redresser s'accompagnait d'un pas en arrière. Déjà déséquilibré par mon mouvement d'humeur pour suivre les déplacements du vieux mage puis l'entrée intempestive d'une orange, je heurtait le bord du bureau, crochetais mon propre genou et me sentais chuter à grande vitesse vers le sol de pierre.

Je ne me suis pas même demander pourquoi ni comment, un mouvement leste me permis d'éviter la casse. Au final, j'étais un genou en terre à côté du fauteuil, une main sur son accoudoir et l'autre, tenant toujours mon épée, écarté dans un gracieux geste semblable à celui d'une présentation. La tête légèrement baissée par l'à-coup, je serrais les mâchoires pour ne pas jurer, inconscient du fait que ma posture était semblable à une sorte de gracieuse et respectueuse révérence avec un quelque chose de guerrier.


Dernière édition par Glinaina le Lun 6 Nov 2017 - 15:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parler d'avenir et de liberté [Gli/Ust/Nakor]   Lun 6 Nov 2017 - 15:43

Non mais... Non mais... NON ! Quel abruti fini, ce n'était pas possible ! Comment faisais-je pour le supporter jour et nuit, celui-là, franchement ? A cet instant précis, je me posais sincèrement la question... Mais quel boulet ! Déjà s'en prendre à une pauvre orange, et ensuite se montrer hostile devant un mage qui dégage plus de magie qu'il n'en faut pour être certaine - certains, même - que s'il venait à user d'un quelconque sort nous serions bien loin d'être en position de force. Que les Cinq me protègent, cette situation me faisait honte ; d'autant plus que le nouvel arrivé devait être persuadé qu'il avait affaire à moi et non à Ust.

*Puisque c'est comme ça, tu ne me laisses pas le choix. Allez, dégage que je reprenne la main !*

Après l'avoir fermement bousculé de manière éthérée, je rouvris les yeux sur la pierre qui constituait le sol du bureau de ce cher Nakor. Je me relevais dignement, n'acceptant aucunement de me retrouver à genou face à un Sombre, rangeais ma dague dans son fourreau tout en gardant un oeil discret sur celui qui venait de pénétrer dans la pièce et fis mine de m'épousseter. En réalité, je prenais ce temps pour être pleinement maîtresse de moi-même malgré l'horrible oppression que la magie exerçait sur mon être tout en expirant avec un maximum de clame. Bon, maintenant, il allait falloir que je rattrape le coup... En fait j'aurais dû laisser Ust dans son propre merdier ! Quoique... non, il aurait pu faire encore pire. En attendant je ressentais le bougre ne pas être content, s'appliquant à me le faire comprendre même. Une partie de moi, que je comprenais venir de lui, ne pouvait s'empêcher d'être prête à sauter par la fenêtre ou à prendre les armes au moindre mouvement suspect. Vu l'étage auquel nous étions, heureusement que c'était moi aux commandes... vraiment !

"Excusez-moi pour ma maladresse, cher Nakor. Le manque d'habitude se fait parfois sentir..."

J'adressais un fin sourire de connivence au vieil archimage, lui montrant ainsi que c'était désormais moi qui m'adressais à lui et non Ust'kor. Puis, le port altier, je me tournais vers le drow avec une pointe d'interrogation autant sur mon visage que dans le ton de ma voix.

"Glinaina Hereon. Puis-je avoir l'insigne honneur de faire votre connaissance ?"

Autant mettre de beaux mots dans une phrase quelconque. C'était toujours ça de gagné - ou pas. Je regardais un instant Nakor, lui demandant du regard s'il était normal que cette personne soit venue alors que nous étions en train de converser d'un sujet que je préférais garder uniquement entre nous...
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