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 Le Bouc s'ébroue

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Arnoul de Stern
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Arnoul de Stern

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MessageSujet: Le Bouc s'ébroue   Le Bouc s'ébroue I_icon_minitimeVen 15 Sep 2017 - 10:56

Il faisait froid ce matin, dans les couloirs du castel de Sternburg. Les serviteurs avançaient rapidement, de peur d’attraper méchante fluxion, et de passer la tiers du printemps aux latrines. Fort heureusement, les cuisines et les dortoirs des domestiques étaient chauffés par des âtres rougeoyants, et les chambrées des maîtres et des résidents l’étaient tout autant. Aussi, il n’y avait que le voyage qui paraissait glacial. Mégane la Lavandière, jeune fille au pied menu, avançait à petits pas en direction de l’antre du seigneur Arnoul, dans laquelle elle avait oublié de reprendre une partie du linge. Faire deux fois le chemin l’ennuyait profondément, elle qui craignait l’effet des engelures sur ses charmants petits pieds. Néanmoins, elle n’avait pas le choix.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, ouvrant la porte pour se saisir du dernier bac encore posé au sol, elle tomba nez à nez sur une petite réunion entre le vieil Arnoul, bien matinal, et son petit-fils Arnaud, tous deux regardant la jeune femme avec surprise. Elle s’empourpra, murmura une excuse inaudible, et repartit une fois le linge sale entre ses mains, refermant la porte. Arnoul renifla.

« Joli brin de fille. Je me dis qu’on les prend bien trop jolies, par ici. »

Arnaud ne pouvait qu’acquiescer. C’était avec cette charmante jeune fille qu’il avait passé la nuit avant de partir pour Arétria-la-Ville… Il préféra donc changer de sujet.

« Vous parliez des Karlsburg, bon père. »

Arnoul tenta de se redresser sur sa chaise, avec une certaine difficulté. Il se faisait vieux, très vieux…

« Oui, des Karlsburg… Hum. Lignée fort clairsemée, à présent. Comme la mienne, en fin de compte. Je me suis souvent demandé si les nobles arétans n’avaient pas fait quelque chose d’ignoble autrefois, pour s’attirer autant les foudres du Penthéon. Les Viorel, les Stern, les Lauzac, les Karlsburg, et maintenant les Wenden… Quelle chose abominable avons-nous pu faire dans le siècle dernier ? C’est une question qui peut prêter à sourire pour un jeune blanc-bec comme toi, mon garçon. Mais plus on se rapproche de son heure, plus ce genre de chose devient primordial. Chaque bouffée d’air frais, et je sens Tyra faire un pas de plus. Et comme la mort n’est jamais loin de moi, je pense avoir encore peu de temps... »

Arnaud se crispa légèrement. Son grand-père avait toujours été un chêne, même affaibli et rabougri par la vieillesse. Il était immuable, et intemporel. Penser à sa mort était à la fois étrange et perturbant. Toute sa famille était presqu’entièrement disparue. Seul Arnoul restait.

« Ne dites pas cela, seigneur. Vous allez attirer le mauvais œil. »

Arnoul secoua la tête et la main.

« Le mauvais œil est déjà sur nous. Je ferai construire une nouvelle chapelle. Ou je rénoverai l’ancienne… Si cela peut arranger les choses. Toi, quand tout sera plus calme dans le Nord et la Péninsule, tu feras un pèlerinage guerrier avec le Grand-Prêtre d’Othar. Enfin, je m’égare... »

Il prit une gorgée de son cidre chaud matinal.

« Je ne t’ai pas fait venir ici pour mourir d’ennui sur des considérations de vieille carne. Nous allons un peu parler de ton avenir politique. »

Arnaud plissa les yeux.

« Mon… avenir politique ? »

Arnoul gronda.

« Cesse de te prendre pour un écho, jeune imbécile, et écoute-moi bien. Avec la mort du Comte Roderik, et la petite guerre féodale qui s’en est suivie, les Stern se sont hissés comme vassaux incontournables des Karlsburg. Nous étions les plus grands de la Malelande, à présent même Wenden peinerait à rivaliser avec nous. Nous avons prouvé notre force, mais nous devons encore en récolter les fruits. Aliénor serait trop bête de ne pas nous y faire goûter. »

Arnaud soupira.

« J’ai bien l’impression qu’elle me hait. Quand elle m’a parlé, après la bataille, je pouvais presque entendre son amertume. »

« Et alors ? Anséric me détestait, et je lui rendais bien, ça ne l’a pas empêché de me demander mon aide contre le parti d’Arsinoé. Et moi d’y répondre favorablement. »

Il y avait même perdu un autre descendant.

« Mais, Aliénor m’a l’air bien trop farouche et régie par ses sentiments, bon père. Elle me semble bien jeune et inexpérimentée pour assurer la régence d’Arétria... »

Arnoul se renfonça dans son siège, et accouda ses deux bras sur les côtés, poings joints devant son visage.

« Cette jeune tête de mule sera tôt ou tard ta femme. Cependant, il faut l’aider à assumer sa lourde tâche de régente… Que ce soit à toi ou à moi, je pense qu’elle y gagnerait en nous proposant le sénéchalat. Après tout, nous avons fait de la guerre une institution, dans notre famille. Mais il faudrait que l’idée vienne d’elle, et non de nous. »

Le vieux seigneur de Stern sourit.

« Fais convoquer Walther Hohenburg. Tu m’avais dit qu’il semblait plutôt proche de Dame Aliénor, je me trompe ? »
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Walther Hohenburg
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MessageSujet: Re: Le Bouc s'ébroue   Le Bouc s'ébroue I_icon_minitimeSam 23 Sep 2017 - 14:59

Que lui valait l'honneur d'une telle convocation dans l'antre d'Arnoul le vieil ? A peine était-il rentré à Ernal qu'on l'avait fait mander par l'entremise d'un jeune coq sentant bien plus la rosée du matin que la bouillasse malelandaise. Obligé d'accepter l'entrevue, Walther n'eut d'autre choix que de reprendre armes et habits chauds pour suivre l'impétueux sternois. Si le voyage se déroula sans encombres et qu'il put sentir les prémices du printemps, la route n'en resta pas moins accidentée et clairsemée d'énormes flaques où d'innombrables tas de neige. Ainsi, au bout d'une journée de chevauchée sans interruption, le castel de Stern s'offrit à eux, brute et solide.

Le gamin à l'allure de chevalier fraîchement adoubé le mena ainsi dans la tanière de seigneur et l'y abandonna une fois la grande porte franchie. Le cul vissé dans son grand trône en bois massif, Walther s'en alla le saluer et ployer genou. Son petit fils Arnaud se tenait assit juste à côté, observant la scène qui allait se dérouler. Bien qu'ils ne se soient séparés depuis peu, le départ d'Arnaud une fois la grand-ville prise fut bien plus froid que chaleureux. Autant dire de suite qu'une malfaisante tension régnait entre les Wenden et les Stern.

-Messire Arnoul, vous m'avez mandé et je suis là. Que se passe-t-il ? L'ordre du ban a été ordonné ?
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