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 La Vierge et le Vieux [Aliénor]

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Arnoul de Stern
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MessageSujet: La Vierge et le Vieux [Aliénor]   Sam 30 Sep 2017 - 13:40

L’hiver était parti. Le printemps, lui, venait. Et avec le dégel de la boue, et la reprise du trafic sur les routes de la Malelande, un convoi avait tôt fait ou de s’embourber, ou manquer d’écraser un manant inattentif. C’est ainsi que Rick, petit vagabond sans maître ni attache, eut à se jeter la tête la première dans un fossé à la boue collante, afin de ne pas se faire faucher par la carriole qui avançait rapidement sur le sentier, escortée par une quinzaine de chevaliers et autant d’écuyers. Si le pauvre Rick avait eu de la chance, on ne pouvait en dire autrement de la besace qu’il avait abandonnée en sautant, et qui avait été écrasée par roues et sabots. Almun de Helver, chevalier sternois de son état, avait tourné une tête furieuse en direction du malotru :

« Place, abruti ! »

Car le convoi du seigneur Arnoul n’attendait pas.

Le vieil homme était sorti de son épais donjon par un beau matin, et avait fait le voyage depuis Sternburg jusque sur les terres appartenant au domaine comtale. Il était passé par Karlsburg, où il avait fait une offrande à chaque chapelle, avant de reprendre la route en suivant la Würm. Revoir la ville d’Arétria n’enchantait pas du tout Arnoul, qui avait toujours jugé cet endroit aussi malpropre que ses habitants étaient mesquins. Que dire, dès lors, des Lün et de ses bourgeois patibulaires… Le seigneur de Stern tenaient tous ces endroits de gredins en horreur.

Il avait finalement pénétré en la ville avec son chariot, bien à l’abri derrière une bâche, et emmitouflé dans un monceau de peaux de bêtes afin de ne pas attraper la crève. Dehors, certains s’agitaient. Il se souvenait avoir contraint à l’exil quelques chevaliers et seigneurs déchus dans sa jeunesse… Peut-être leurs bâtards reconnaissaient-ils l’azur au bouc d’argent qu’exhibaient fièrement les étendards de sa maison ?

Au dehors, les chevaliers repoussaient les manants et les colporteurs afin de se frayer un chemin à travers les rues sinueuses, en direction du château comtal, où l’attendait à la fois son principal espoir, et son problème le plus épineux. Aliénor de Wenden.

Le convoi seigneurial déboucha dans une vaste cour, où les attendaient sans nul doute les dignitaires de la cité, et Aliénor elle-même, si elle n’avait pas décidé de faire l’affront à Arnoul de ne pas se présenter à lui. Après un bref regard au dehors, le vieux seigneur put se rassurer ; elle était bien là. Le chariot s’immobilisa, alors que les chevaliers mettaient pied à terre, donnant leurs rennes aux palefreniers ou écuyers qui se présentaient les premiers. Un valet de petite stature, au visage fort ingrat et au nez fort plat, claudiqua vers la carriole ainsi arrêtée pour en ouvrir la porte, afin que puisse descendre son vénérable occupant.

Appuyé sur une canne, Arnoul se releva en soupirant. Quelle plaie qu’il doive ainsi se déplacer à son âge… Il apparut au grand jour, sur le pas de la charrette, juste avant le petit escalier qui l’emmènerait sur le plancher des vaches. Lorsque le valet proposa de l’aider, il lui frappa la main avec sa canne, en le regardant avec des yeux coléreux. Il avait beau être vieux et diminué, il savait encore s’occuper de descendre une marche, par les couilles d’Othar !

Il atterrit donc avec précaution sur les pavés de la cour, le regard braqué sur Aliénor. Encadré par ses affidés, il marcha d’un pas lent en direction de la régente, pour laquelle il affichait une expression neutre et diplomate, ne laissant entrevoir ni joie ni colère sur son visage ridé. Un héraut claironna alors avec un accent jovial :

« Sir Arnoul de Stern, seigneur de Stern et de Lauzac, suzerain d’Ernal et des bordures d’Hedda ! »

Arnoul posa son regard sur le blanc-bec. Des bordures d’Hedda ? Où allait-il chercher ça ? Néanmoins, il reporta vite son attention sur la Dame de Wenden, qui avait été choisie pour occuper la régence du Comté après le tragique accident ayant coûté la vie à Roderik. Il dit d’une voix forte mais légèrement enrouée :

« Mes hommages, Dame Aliénor. Vous êtes radieuse. »

Contrairement au temps gris, bien évidemment. Car l’hiver était parti. Le printemps, lui, venait. Mais Arétria serait toujours et à jamais la même, quelle que fut la saison…

« J’ai fait un long voyage pour avoir un entretien avec vous, et même si la prudence des Néerites me recommandait un dialogue épistolaire, c’est de visu que je tenais à m’entretenir avec vous. »

Il continuait de s’appuyer sur sa canne, tentant de se tenir droit, quand bien même son dos lui hurlait de faire l’exact contraire.
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Aliénor de Wenden
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MessageSujet: Re: La Vierge et le Vieux [Aliénor]   Lun 16 Oct 2017 - 22:12


"Par la Damedieu, qu'est-ce qu'il me veut encore ?" Et voilà! La journée qui avait à peine commencé et s'annonçait sous les meilleurs hospices, allait être irréversiblement gâchée ! Elle ne comptait plus les plis quotidiens qu'on lui apportait entre les preuves d'allégeance, les condoléances et les demandes d'informations de ses vassaux au sujet du ban. A peine avait-on parlé de guerre que ces braves hommes du nord avait déjà revêtu leurs armures dans l'attente qu'on lance un ban. Ils avaient soif d'aventure (ou surtout d'éviter leurs femmes).

Quoi qu'il en soit, elle persifla lorsqu'elle vit le sceau de Stern. Autant le vieil homme avait presque pu se montrer comme un amusant vieil oncle lorsqu'il passait ses soirées à Wenden avec son père (le bon vieux temps vous dirait le vieil homme !) mais depuis qu'elle avait accepté la régence, il était pratiquement devenu son pire cauchemar. Mais quelle idée avait donc eu son frère de lui proposer un jour sa main pour son petit-fils ?! S'il n'était pas déjà dans la tombe, elle l'aurait étripé comme elle l'avait fait lorsqu'il lui avait parlé de ce plan.

"Non mais tu rigoles?! Plutôt embrasser le cul d'un élan ! Et pourquoi pas épouser le vieil Arnoul puisque t'y es ?!"

Elle rigolait encore de ce que lui avait répondu son frère : "Et pourquoi pas si tu continues à me casser les pieds ?!"

Ils étaient un peu comme chien et chat quand ils s'y mettaient mais il avait eu le profond respect de lui laisser le choix et elle savait que c'était une liberté dont peu de femmes pouvaient bénéficier. Non Arnaud, ce pauvre petit nobliot arrogant devenu, il faut le reconnaître, un sacrément bon guerrier avec l'âge ne serait jamais son époux. Par la Damedieu, jamais elle ne supporterait d'être mariée à un rustre pareil. Goujat, sexiste. Avec tout ça Aliénor était certaine qu'il était du genre chasseur de jupons, comme quasiment tous les nobles de son âge et de son importance. Il était de notoriété publique qu'à Stern on voyait régulièrement une petite lavandière s'échapper au petite matin des appartements du jeune homme et elle ne devait pas être la seule ! Aliénor pourrait le jurer. BERK ! Elle faillit vomir à l'idée d'imaginer ce qu'il s'y passait. Pas qu'Aliénor était prude mais il fallait quand même un minimum vital et elle ne concevait pas le mariage autrement qu'un saint partenariat où chaque membre du couple respectait l'autre et surtout, lui était fidèle autant que loyal. Chose dont le sternois n'était visiblement pas pourvu. Et pourtant... tout la portait à y réfléchir de plus près maintenant qu'elle avait les responsabilités du Comté entre ses mains. Il lui fallait faire preuve de prudence et de réflexion.

Elle ouvrit ainsi la lettre en soupirant et dû s'asseoir sur le banc de pierre le plus proche. Arnoul de Stern lui annonçait qu'il lui ferait le plaisir de sa visite prochaine à Arétria afin d'évoquer avec elle des questions de la plus haute importance à la fois pour la lignée de Stern mais également pour le Comté. Comment pouvait-elle refuser. Avec son vieil âge, le vieux bougre ne voyageait plus tellement alors se déplacer à elle, même avec toute l'arrogance du monde ne pouvait que relever en effet de l'extrême importance. Espérons seulement qu'il ne passe pas l'arme à gauche en chemin ou à l'occasion de son séjour au château. Elle donna ainsi avec lassitude des instructions pour préparer des appartements qui seraient à la convenance d'Arnoul de Stern, de son âge et de son égo.

Le jour J, alors qu'elle aurait préféré de cette journée pour prendre un peu de temps libre, elle se retrouvait ainsi à faire le pied de grue dans la cour de son château (ou plutôt de celui de son neveu pour être exact) dans l'attente que le convoi venu des terres froides de Stern arrive. Le vieil homme visiblement fatigué tant par les batailles que par la vie descendit de son charriot, non sans affubler son domestique d'un coup de canne, ce que n'a pas apprécié Aliénor et qu'elle ne manquera pas de lui relever d'ailleurs tôt ou tard, avant de le laisser venir à elle. Elle tâcha de se montrer la plus aimable possible compte tenu des circonstances et du profond dégoût que lui avait de nouveau inspiré son petit-fils Arnaud à l'occasion de la défense d'Arétria des griffes d'Ewald le lâche. Elle avait pour l'occasion revêtu une tenu encore chaude mais plus légère en fourrure que ses tenues d'hiver. Aliénor avait désormais pris pour habitude de revêtir des robes, plutôt que ses tenues de chasse plus confortables qu'elle gardait néanmoins bien près d'elle dans ses malles. Elle avait réhaussé celle-ci qui était de couleur verte, de broderies dorées qui rendaient l'ensemble assez riche pour être porté par une dame de son rang. Elle avait toutefois par prudence, encore conservé une cape longue et assortie, retenue par de la fourrure aux épaules afin de rester au chaud et d'éviter les coups de froids. Pas qu'elle soit fragile mais la stabilité politique du Comté tenait tellement à un fil en ce moment que mieux valait faire preuve de prudence. Déjà qu'il avait fallut confier aux yeux de certains, un Comté aussi puissant et important du nord à une femme et un bébé... On n'allait pas pousser. Elle sourit et salua d'une petite inclinaison de la tête le seigneur de Stern, tendant sa main pour recueillir un bref baise main en signe de déférence.

- Oui c'est ce que j'ai cru comprendre. Ne tardons pas dans ce cas et passons-nous de plus de formalités. Beaucoup de choses sont à voir ensemble monseigneur et plus vite nous nous y mettrons, plus vite ce sera derrière nous.

Elle l'invita alors d'un geste de la main à la suivre et prit garde de ne pas aller trop vite sans toutefois donner l'impression d'attendre le vieil homme. Ils rejoignirent ainsi la salle du conseil, échangeant des banalités sur l'agrément du voyage et les vieux souvenir d'Arnoul d'Aliénor quand elle était petite. Après un dédale de couloirs, Aliénor laissa deux gardes ouvrir les portes de la salle du conseil qui était haute et faiblement meublée. A vrai dire il n'y avait qu'une vieil table solide, faite en chêne et des chaises de même aspect. Une partie de l'histoire Arétane s'était écrite ici. Des armes illustres et les blasons des vassaux arétans ornaient la pièce. Celui de Wenden se trouvait désormais au centre de la pièce, le blason sternois à sa droite. C'était l'une des pièces les plus lumineuses du château et elle se trouvait toute prête à les accueillir. Conformément à ses instructions, elle avait été chauffée par un bon feu qui avait été préparé dans l'intention de cet entretien. Elle invita alors le vieux Stern à s'asseoir. A la table avaient été disposés deux chaises, l'une face à l'autre. Dans l'un des coins de la pièce se trouvaient des boissons qui raviraient sans doute le palais aguerri du vieil Arnoul. La régente d'Arétria invita alors son vassal à prendre place et s'assit également à son tour. Elle donna congé à leur escorte et attendit que les portes se fermèrent avant de se lever de nouveau et de se diriger vers les boissons, en proposant une au Sternois.

- J'ai cru comprendre que vous souhaitiez m'entretenir de choses de la plus haute importance. Alors me voilà, je vous écoute messire de Stern.

_________________
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